PURCHASED FOR THE
UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY
FROM THE
HUMANITIES RESEARCH COUNCIL SPECIAE GRANT
FOR
Libretto col lections
i
ALCESTE,
TRAGÉDIE-OFÈRJ,
EN TROIS ACTES ,
Représentée par l^Académîe Royale de Musique.
A P A R I S ,
Chez Delormel , Imprimeur de ladite Académie, rue du Foin, à Timage Sainte-Geneviève.
M. D C C. L X X X I V, Avic Approbation,
ACTEURS.
ADMETTE, Roi de TheJJalie.
ALCESTE , épouje d' Admette.
Deux Enfans d'Admette et d*Alcesti*
HERCULE.
APOLLON , Protecteur de la Mai/on d' Admette. LE GRAND-PRÈTRE D'APOLLON. ÉVANDRE, un des Chejs du Peuple de Phere. Officiebs du Paxais d'Admetm. Femmes d'AlcfsTe. Un Dieu infei^.;. Divinités infernales. Peuples de Pheke.
/
La Scène eJî dans la Ville de Phere en TheJJalie,
A L CES T E,
TRAGÉDIE-OPÉRA.
ej^ ejjls»
ACTE PREMIER.
Le Théâtre reprêjente 'une place publique. Sur un des côtés on voit en avancement le Palais (T Admette, fur la porte duquel efl un balcon en Jaillie : le fond du Théâtre repréfente le portique du Temple Âf'/f- pollon. Une Joule de peuple • Vagitation & dans L* attitude de la crainte & u à'^douleury remplit la place. )
SCENE PREMIERE. Un Héraut d'Armes, ÉVANDRE, Chœur. Le Chœur.
D
Ieux ! rendez-nous notre Roi, t>ptre pere. Le Héraut fur le balcon. Peuple, votre Roi touche à fon heure dernière, ^L'impitoyable mort eft prête à le faifîr.
4 Alcejle y
Et nuls fccours humains ne peuvent le ravix A fa main meurtrière. Le Choeur. O Dieux ! qu allons-nous devenir ? Non, jamais le courroux célefte^ Sur des mortels qu'il veut punir , N'a frappé de coup plus funefte.
EVANDRE. Sufpendçz vos gémilTemens, X-e Palais s'ouvre.
Plusieurs Voix.
Ah ! je frémis, je tremble, EVANDRE. La Reirr^ vient à nous > vous voyez fes enfàns. Dieux', que d'infortunés ce lieu fatal raffemble J
SCENE IL
Ijis Scieurs de la fcent précédente ^ ALCESTE & fes Enfans,
CH(EUR à deux parties.
o Malheureux Admette! 6 malheu-reufe Alceftel O prop cruel deftin! ô fort vraiment funefte 1 * Tous.
Objets fi tendrement chéris , EnÉms infortunes 5 feul efpoir qui nous refte! Nous fes fujets !,... ou plutôt fes amis , Pour qui cent fois il expofa fa vie.
Q Dieux! qu allons-nous devenir?
Malheureufc patrie! O Dieux ! qu'allez-yous devenir? Non, jamais le courroux célefte. Sur des mortels qu'il veut punir ^ N'a frappé de coup plus funefte.
Tragédie- Opém. ALCESTE. Sujets du Roi le plus aimé. Vous répandez des pleurs , hélas l trop légitimes. Par fbn amour pour vous , par fes vertus fublimes , Il faifoit le bonheur de Ton peuple charmé j Il faifoit le bonheur d'une époui'e chérie. Qui ne fçauroit vivre fans lui. Foibles enfans, fans efpoir , fans appuF, Les yeux à peine ouverts au néant de la vie, O Dieux ! (ju allez-vous-devenir? Le Ch<eur. Malheureufe patrie ! O Dieux! qu'allez-vous devenir?
ALCESTE. Hélas! dans ce malheur extrême. Nous n*avons plus d'efpoir qu'en leur bonté fuprême Eux feuls peuvent nous fecourir.
A I R.
Grands Dieux! du deftin qui m'accable Sufper.dez du moins la rigueur , Et fur l'excès de moQ malheur Jetez un regard fecourable.
Rien n'égale mon défefpoir , Mes tourmens , ma douleur amere : Si l'on n eft pas époufe & mere. On ne fçauroit les concevoir.
O vous, dont les tendres appas Sont l'image, à mes yeux fi chère. Dé mon époux, de votre pere. Venez , jetez-vous dans mes bras,.,,.
Quand je vous prefle fur mon fein , Mes chers fils, mon cœur fe déchire 4 Je fens augmenter mon martyre , Çn penfant à votre deftin.
6 Âlcefle ,
CllŒUR à deux paniês» O malheureux Admette ! ô malheureufe Alceftel O trop cruel deftin l ô jour vraiment funeftc !
ALCESTE au Peuple. Suivez-moi dans le Temple , allons offrir aux Dicuij;
Nos facrifices & nos vœux. Au pied de leurs Autels, arrofés de mes larmes.
Ils verront une époufe en pleurs. Des enfans menacés du plus grand des malheurs : Tout un peuple accable des plus juftes alarmes.
Peut-être à cet afpeâ: touchant.
Ces Dieux , notre unique efpérance. Ces Dieux, dont la bonté réclame la clémence, LailTeront-ils fléchir leur courroux menaçant?
{Elle fort,)
Le Chœur. Non , jamais le courroux célefte. Sur des mortels qu il veut punir , N'a frappé de coup plus funefte. O Dieux! qu'allons-nous devenir?
SCENE III.
(Le Théâtre repréfente le Temple $ Apollon : la. Statut colojjale de ce Dieu par oit au milieu du 1^ empli.)
Les Frêtr£S & les Prètrejfes danfant les danf es f ocrées*
LE GRAND-PRÊTRE (S- LE Chceur, alternativement,
D Ieu puiffant, écarte du Trône, De la mort le glaive effrayant 5 Perce d'un rayon éclatant Le voile affreux qui l'environne. LE GRAND PRÊTRE. EeîTouviens-toi que fur ce bord fertile.
. Tragédie-Opéra. 7 Banni des Cieux, dans ta courfe incertain, Admette t'offrit un afyle Contre les rigueurs du deftin.
Le Chœur. Dieu puiflant, &c.
LE GRAND -PRÊTRE. Difpenfateur de la lumière , Toi qui fais fornement des Cieux, Et qui de ton char radieux , Répands dans ra vafte carrière , Autant de bienfaits que de feux. D'un Peuple gémifTant daigne écouter les vœux : Rends-lui fon Roi , fon protedeur, fon pere. Rends-lui le plus grand des bienfaits Dont le Ciel ait jamais favorifé la terre , Un Roi j l'ami de fes Sujets.
Le Chœur. Dieu puifTant , écarte du Trône , De la mort le glaive effrayant j Perce d'un rayon éclatant Le voile affreux qui l'environne.
Les Prêtres & PrêtreJJes continuent les Ceremonlei facrées pendant le Chœur,
LE GRAND- PRÊTRE. Sufpendez vos facrés myfteres j La Reine vient mêler fes vœux à nos prières.
S C E N E I K
ALCESTE.
I Mmortel Apollon , toi dont Tosil pénétrant , Des replis de nos cœurs perces la nuit obfcure ;
Si dans le mien , à ton culte confiant , Tu napperçus jamais qu'une piété pure.
$ 'Alcefle y
Un chaftc amour , des defirs innoccns >
Daigne prendre pitié du tourment qui m'accabla. Et jme un regard favorabJe Sur cette offrande & ces préfens.
On porte des préfens au Dieu , on brûle des Parfums ; les Prêtres & Prètreffes vont chercher la Ficlimey le Grand-Prêtre l'immole & en examine Us entrailles»
LE GRAND -PRÊTRE. Apollon eft fenfiblc à nos gémifTemens , Et des fignes certains m'en donnenr raffurancc. Plein de l'efprit divin qu'infpire fa préfence , Je me fens élever au-delTus d'un mortel.
Quelle lumière éclatante Entoure la Statue , & brille furT Autel !
L'horreur d'une feinte épouvante Se répand autour de moi j La terre fous mes pas fuit & fe précipite *, Le marbre eft animé , le faint trépied s'agite , /
Tout fe remplît d'un jufte effroi j Tout m'annonce du Dieu la préfence fuprême , Ce Dieu fur nos deftins veut s'expliquer lui-même. Il va parler j faifi de crainte & de refped , Peuple obferve un profond uience, Rçine dépofc à fon afpe^t Le vain orgueil de la puilfance. Tremble.
L'ORACLE fortant de la Statue.
Le Roi doit mourir aujourd'hui , S\ quelqu'autre au trépas ne fe livre pour lui. tE GRAND-PRÊTRE & le Chœur , à la fois.
LE GRAND-PRÊTRE. Tout fe tait ! qui de vous à la
mort veut s*ofFrir ; Perfonne ne répond, notre Roi va mourir.
LE Chceur. Quel oracle funerte ! Fuyons , nul efpoir ne nous refte;
Admette , du de^^ io tu vajs lubir les coups. Fuyons î
SCENE i :
o
Tragéâie-Opérâ, $
S C E N E F.
A L C E S T E, feuU.
_ 'U fiiis-je, malheureufe Alceftc! Voilà donc le fccours que j'actendois de vous , Dieux puiflans! cher époux , tu vas perdre la vie,
Sans efpoir elle t'eft ravifc , Si quclqu*autre pour toi ne fe livre à la rhort.
11 n'eil: plus pour moi d'efpérance ; Tout fuit y tout m'abandonne à mort Funefte fôrc i
De Tamitié , de la reconnoilfancc 5 J*erpérerois envain un fi péniblé cfFort.
Ah ! l'amour (eul en eft capable. Cher époux ! tu vivras , tu me devras le jout , Ce jour dont te privoit la parque impitoyable $ Te fera rendu par l'amour.
Air.
Non , Ce n éft point un Hicrificc : Eh ! pourrois-je vivre fans toi ? Sans toi , cher Admette -> ah \ pour itioî La vie éft un affreux fupplice.
Effort cruel ! o défefpoir ! 11 dut donc renoncer, cher objet de ma fîamie. Renoncer pouf jamais à régner dans ton ame , Au plaifir de t'aimer^ au bonheur de te voir.
O mes enfans ! ô regrets fuperflus î Objets fi chers à ma tendreffe extrême.
Images d*un époux que j'adore & qui m^aime !
Q mes fils ! mes chers fils , je ne vous verrai plusî
Nôn j ce a eft f oint un facxifice, &c«
xo Alcejlc i
RÊCiTATIir.
Arbitres du fort des humains , Terribles Déïtés j qui tenez dans vos mains
Nos fragiles deftinées , J'invoque vos fermens , ne les trahifTez pas l
Tranchez le fîl de mes années , Pour mon époux, je mé livre au trépas.
SCENE FI.
ALCESTE , LE GRAND-PRÊTRE 1 rentrant
in/piré,
T Es deftins font remplis , déjà la mort s'apprête A dévorer fa proie , U plane fur ta tête -, Et ton époux refpire aux dépens de tes jours. Dès que l'aftre brillant aura fini fon cours ,
Et que le jour fera place aux ténèbres , Du Dieu des morts les miniftres funèbres Viendront t attendre aux portes de l'çnfcr, ALCESTE.
J'y volerai remplir un devoir qui m'cft cher. *
SCENE VIL ALCESTE.
A I K.
J)lvinités du Styjt , miniftres de la mort » Je n'invoquerai point votre pitié cruelle. J'enlève un tendre époux à fon funefte fort; Mais je vous abandonne une époufe fidellc*
Tragédie-Opéra. ii Mourir pour ce qu pn aime , eft un fi doux effort ,
Une vertu fi naturelle ! Mon cœur eft animé d'un plus noble tranfport.
Je fens une force nouvelle , Je vole où mon amour m'appelle. Mon cœur eft animé d'un plus noble tranfporc.
Divinités du Siyx y miniftres de la mort. Je n'invoquerai point votre pitié cruelle.
Fin du premier Acie,
ACTE II.
Le Théâtre représente un vajle fallon du Palais d' Admette,
SCENE PREMIERE.
ÉV ANDRE , Peuple qui entre en danfant & en chamanL
Le Chœur,
C^Ue les plus doux tranfports fuccedent aux alarmes î Le Çicl vient de tarir la fource de nos larmes.
Vive Admette , vive à jamais ,
Un Roi, l'amour de fes Sujets.
Reprife du ChœUR avec la. danfe. Que les plus doux tranfports fuccedent aux alarmesil Le Ciel vient de tarir la fource de nos larmes. Le plus ^imé des Rois à nos vœyx eft rendu ^
Alccfie j De« îTïîirts de la mort implacable , Les Dieux ont arraché le glaive redoutable , Sur lui , fur tout fon peuple à 1^ fois furpendu.
S C E N E Jt l
ADMETTE &: jles A cteu?is pitéçEDÉNSî plujîeurs etnhrajfent Us genoux d^Admtne.
O Mon Roi î... notre appui !.,. notre pcrc !... ô mo»
maître !
O Roi le plus chéri , le plus digne de Têtre l ADMETTE.
O mes cnfans 1 6 mes amis ! Vous enchantez mon cofcur de la plus douce iyrcfle -, Je verfç dans vos bras des larmes de tcndrelTe.
Q mes epfans ! ô mes mçs amis !
Vous m aimez, mes vœux font rernplis. Majs par quel art nouveau , par quel heureux miraclct Des portes du trépas ramené parmi vous , Goûtai-je des piaiiîrs fi fenfibles , lî doux> EVANDRE. Sur vos deftins sV.ft expliqué l'Oracle. Vous jours alloiénr finir, fi quelqu'un à la more
Ne s'ofFroit pour viéiime. Un héros inconnu, par un effort fublimc , h fatisfait pour vous à la rigueur du fort,
ADMETTE, Oracle affreux ! 6 rigueui^ inouic \ De vos faveurs, grands Dieux ! font-ce là les effets? Croyez-vous qu'à ce prix je puiffç aimer la vie , Moi qui confentirois qu'elle me fut ravie pour le dernier de mes Su^jçrs? J^ES CoRiPHÉÉs 5 alternativement avec LE ChœUK. Vivez , aimez des jours digneis d'envie \ Joutfliz du bonheur ^e combler tous les vcm%
Tragédie-Opéra. 4,5 pc Tépoufe la plus chérie , De rendre tout un peuple licuroux* Àfe ! quel que foit cet ami généreux , Qui pour fon ftoi Te facrifie , , Mourant pour vqus, pour la Pàtrie, Son fort efi: affez glorieux,
{àn danfe. )
ADMÉTTe. AlceOe, chère Alcefte , sfh I qu*il m'eft: doux de vivrç , Pour adorer encôr vos ver'tus , vos appas!
Mais, pourquoi ne vient-elle pas Partager les tranfports où tout mon coâur fe livre ? EVANDRE. Cefl: à fes cris , c*eft à fes pléuts puilTans, Que les Dieux en courroux ont calnié leur coletev ^ A ces Dieux adoucis fa touchante prière AdrefTc en ce momeiit des v&ux reconnoifSins. < i
SCENE III.
Les Acteurs PiiécéDENs , ALCESTE , avec Ja Suitt.
ADMETTE vlvment , en courant à Alcejle. ,A.Lceftel
ALCESTEv Cher époux !
Ensemble.
O moment fortuné ! ADMETTE.
Je te revois !
ALCESTE. Tu vis ! les Dieux m'ont exaucée. Ensemble. Je ne crains pllis du fort le courroux obïlinc^ Et mâ douleiiït eft effacée.
H Alcejle ,
LeCh(eur. Plus de pleurs , plus de trifteffc y Livrons-nous à Palégreffe. Quel moment plein de douceur? Admette va faire encore , De fon peuple qui l'adore , Et la gloire & le bonheur,
ALCESTE. Ces chants me déchirent le cœur.
Le Chceur. Plus de pleurs, plus de triftefle, &:c,
ADMETTE. Tranfports flatteurs que tout mon cœur partage , Qu'il fent bien tout le prix d'un auflî tendre hommage l Oui , les Dieux adoucis , après tant de rigueurs , Me font enfin jouir de iqixtts leurs faveurs.
Un Coriphée, le Chœur & la Danse. Parez vos fronts de fleurs nouvelles. Tendres amans , heureux époux -, Et rhymen , & l'amour, de leurs mains immortelles, S'empreiïent d'en cueillir pour vous.
Puiflentvos belles deftinées Se prolonger au gré de vos deflrs, ! PuifTent la gloire & les plaifîrs , Compter feuls les inftans de vos longues années.
Parez vos fronts de fleurs nouvelles, &c.
Une Coriphee. Heureufe époufe 5 tendre Alcefte , JouilTez, dans cet heureux jour , De tous les dons de la faveur célefte , Et des bienfaits que vous offre l'amour.
Parez vos fronts de fleurs nouvelles, &c,
ALCESTE. O; Dieux! foutenez mon courage ; Je ne puis plus cacher Texcè?, de mes douleurs ,
Tragédie-Opéra. 15 Et malgré nioi des pleurs S échappent de mes yeux , & baignent mon vifagc.
Le Chœur. Parez vos fronts de fleurs nouvelles, &c* ADMETTE. O momens délicieux ! Aicefte 5 cher objet de toute ma tendreffe *, Ceft toi , c'cft ton amour qui me rend précieux !... Mais que vois-je, & pourquoi la fombre triftcffe Se peint- elle encor dans tes yeux? ALCESTE.
Hélas î
ADMETTE. Air.
Bannis la crainte & les alarmes -, Que le plaifir fuccede à la douleur: Ceft à lui de fécher nos larmes j Ceft par toi qu'il plaît à mon cœur.
La vie cft un bienfait de la bonté célefte ;
Mais ce qui me la fait chérir , Mais tout le charme d'en jouir , Eft un don de l'amour d'Alcelle.
Bannis la crainte & les alarmes, &c.
ALCESTE.
Dieux
ADMETTE. Tu pleures !..* je tremble.,, à de nouveaux malheur
Seripns-nous réfervés encore ? Mes enfans , où font-ils ? diflîpe mes frayeurs.
ALCESTE. Le Ciel n'a point fur eux étendu fes rigueurs.
ADMETTE. Ils refpirent , tu vis , tu fçais que je t'adore ,
Pourquoi donc verfcs-tude$ pleurs? Tu ne réponds pas ?
I o Akejlc ^
Af-CESTF,
pieux ! qqe puis-jc lui dirc>
ADMETTE. Je cherche tes regards , tu détournes les yeux \ Ton cœur me fuit , je l'entends qui (bupirc. ALCbSTE. O douleur ! ô tourment affreux ! ADMETTE. Ce cœur pour ton époux n eft-il donc plus le mêmt I
II verfoic dans le mien fcs peines , fes plaifirsg
ALCESTE. Les Dieux ont entendu mes vœux & mes fonpirs Ilsfçavcnt, ces Dieux, fi je t'aime.
Air.
Je n ai jamais chéri la vie , Que pour te prouver mon amour* Ah l pour te conferver le jour , Qu elle me foit cent fois ravie.
Je t aimerai jufqu'au trépas, Jufqucs dans la nuit éternelle , Et de ma tendrefle lidelle La mort ne triomphera pas.
Je n'ai jamais chéri la vie , &c,
ADMETTE. Xu m aimes, je t'adore , & tu remplis mon cœur Des plus vives alarmes. ALCESTE. Ah! cher époux , pardonne à ma douleur j Je n'ai pu te cacher mes larmes. ADMETTE. Et qui Tes fait couler?
ALCESTE. On ta dit à quel prix Les Dieux ont confenti de calmer leur colère , Et t'ont rendu ces joue* fi tendrement chéris.
ADMETTE.
Tragédie-Opérd^ ADMETTE. -Conndis-tu cet ami, vidime volontaire ?
ALCESTE. Il n âurpit pu furvivre â ton trépai. ADMETTE. Nomme-moi ce Héros \ .
ALCESTE.
Ne m'interroge pasà ADMETTE.
Répdiids-moi ?
ALCESTE. Je ne puis.
ADMETTE.
Tu ne peux? ALCESTE.
Quel martyre ï
ADMETTE. Èxplique-toi ?
ALCESTË.
Tout mon Cœur fe déchiré* ADMETTE.
Alceftè!
ALCESTE
Je frémis !
ADMETTE.
Alcefte ! au nom des Dieux^ Au nom de cet amoiir fi tendre ^ fi fidèle , Qiii fait toiit mon bonheur y qui comble tous mes vœiix^
Romps ce filence odieux , Dilîipe ma frayeur mortelle
ALCESTE,. Mori cher Admette, hélas !
ADMETTE.
Tu me glaces d'efftôij Parle. Quel eft celui dont ta pitié cruelle L'entraîne à s'immoler pour moi ?
C?
i8' Atceficy ALCESTE.
Peux-tu Je demander ?
ADMETTE, O filence funcitei Parle. Enfin je l'exige.
ALCESTE.
Etî ! quel autre qu'A iccftc Devoit mourir pour toi ? Le Chœur.
O Dieux î
ADMETTE. Toi I... Ciel L.Alceftel Lè Chœur.
O malheureux Admette Que pourfuit le fort en courroux ! O géiiireax efil)it d'une vertu parfaite!
Alcefte meurt pour ion époux î ADMETTE.
O coup affreux.
ALCESTE. Admette î . ADMETTE.
Ah ! laiffe-moi , cruelle!
Laiffe-moî.
ALCESTE. Cher époux !... ( ADMETTE.
Non, Jaifle-moi mourir! Laiffe-moi fuccomber à ma douleur mortelle , A des tourmens que je ne puis Ibuffrir. ALCESTE. Calme cette douleur, ce défefpoir extrême. Vis , confervc des jours fi chers à mon amour.
ADMETTE. Tu veux mourir , tu veux me quitter fans retour ? Et tu veux que je vive ? & tu dis que tu m'aimë^s? Qui t'a donné le droit de difpofer de toi i Les fermens de lamour & ceux de l'hyménée.
Tragédie- Opéra. \ 9
Ne te tiennent-ils pas à mes loix encl^aînée? Tes jours, tous tes inomens ne font-ils pas à moi? Peux-tu me les ravir fans être criminelle ?
Peux-tu vouloir mourir, cruelle l Sans trahir tes fermens , ton époux & ta foi î Et les Dieux foufFriroient cet affreux facrificc î
ALCESTE. Ils om été fenfîbles à mes pleurs.
ADMETTE. P*un amour infenfé , ;leur barbare caprice Approuveroit les fureurs ? Non , je cours réclamer leur fuprême juftice , lis tourneront fur moi leurs coups. Ils reprendront leur première vid:ime , Ou ma main ne fuivant qu'un tranfport légitime « , Satisfera doublement leur courroux. ^ALCESTE. Arrête , ô Ciel î Ah ! cker époux,
ADMETTE, A 1 K.
Barbare î non , fans toi je ne puis vivre ; Tu le fçais , tu n'en doutes pas -, Et pour fauver m^s jours , ta tendrelfe me livre A des maux plus cruels cent fois que le trépas.
La mort eft le feul bien qui .me refte à prétendre. Elle eft mon feul recours dans mes tourmens affreux , -JEt Tunique faveur que j*ofe encore attendre De l'équité des Dieux.
Parbare ! non, fans toi je ne puis vivre.
( // (oru )
ALCESTE. Oppofez à fes vœux un invincible obftàcle , Grands Dieux l pour mon époux , j'implore vos fecourSj Calmez fon défefpoir , &: confervez les jours. Laiffez-moi feule accomplir votte oracle.
Alcefle ,
ij II L— 1 r . 'm;
SCENE IV. ALCESTE , Peuple. Une Voix, & le Ch<bur-
iTT Ant de grâces!
Une Autre.
Tant de beauté ! Une Autre. Son amour ! ■ • Une Autre. ■
Sa fidélité! Une Autre. Tant de vertus 1
Une Autre.
De fi doux charmes î Tous.
Nos vœux , nos prières & nos larmes. Grands Dieux ! ne peuvent vous fléchir ; Et vous allez nous la ravir! ALCESTE.
pérobçï-moi vos pleurs, ceffez de vn^xxtviànt. Air,
Ah ! malgré moi , mon faible cœur partage Vos tendres pleurs , vos regrets fi touchans 4 Et \t fens trop dans ces cruels inftans Que j'ai befoin du* plus ferme courage.
Voyez quelle eft la rigueur de mon fort 3
Époufc , mere &: Reine fi chérie
Rien ne manquoit au bpnhçur de ma vie , Et je n'ai plus d'autre efpoir que la mort.
Quel fupplice ! quelle rigueur! Il faut quitter pour jamais ce que j'aime.,
Tragédie- Opéra. ^ ^ %l
Cet effort , ce tourment extrême | Èt me déchire , &: m^arrache le coeur. Le Chœur. O ! que le fonge de la vie Avec rapidité s'enfuit l pomme une fleur épanouie Qu un foufïle des autans flétrit. Aicefte, fi jeune, fi belle. Meurt au plus brillant de fes jour?, Et la Parque injufte & cruelle De fon bonheur tranche le cours^.
Fin du fécond Acie,
^ l^^i i*"^^, '^l^:! ^^Èî^l^fj
ACTE I I I.
( Le théâtre repréfente la même décaratîoi} quau fécond Acie y mais moins éclairée ^ parce que le jour com- mence, à (omben)
SCENE PREMIERE. EVANDRE, CoRiPHÉEs, Peuple. EVANDRE & les Coriphees.
N
Ous ne pouvon$ trop répandre de larmcsj^ Alcefte touche au moment du trépas y ^ Son époux ne furvivra pas
^ la perte de tant de ché^rmes. EVANDRE, p 1 Peuple infortuné !
Un Coriphée
Quel funeftc avenir 1...... ,
Alcefte ^
Tous. Pleure , ô Patrie •!
O Theffalie ! Alcefte va mourir.
SCENE II
Lès Acîeurs de la Scène précédente , HERCULE & fa fuite.
A
HERCULE au fond du Théâtre.
Près de longs travaux entrepris pour la gloire , L'implacable Junon me lai (Te refpirer. Hercule à l'amitié pourra donc fe livrer , Et jouir dans fes bras du fruit de la viiStoirc. {Au peuple)
Mais que vois-jc? Pourquoi répandez-vous des pleura? EVANDRE. Vous ignorez donc nos malheurs,. Admette.... Alcefte ...
HERCULE.
Admette! •*«* ÉVANDRE.
Hélas l
Nous ne pouvons trop répandre de larmes, Alcefte touche au moment du trépas. Aux portes de la mort; elle a porté fes pas. Malgré nos pleurs, nos cris. Admette la fuiviç, Pleure , ô Patrie i O Theffalie ! Alcefte va mourir. / HERCULE avec tranfport. Au pouvoir de la mort je fçaurai la ravir, Repofez-vous fur un ami fenfîble. Repofçz-vous fur ce bras invincib^ç^
Tragédie* opéra. Au pouvoir Ae la mort je fçaurai la ravir. Mais tandis que Phébus brille fur rhémifpheres Efclave du deftin, à qui tout obéit, La mort n'ofe franchir la fatale barrière Qui fépare le jour de l'éternelle nuit;
Air.
Ceft en vain que Tcnfer compte fur fa vidimc. Non , vous ne perdrez point l'objet de votre amour. Je defcendrai plutôt au ténébreux abyme. J'en jure par le Dieu q^ui m'a donné le jour.
{Ils Jortent.)
s C E N E 1 1 I.
\ Le Théâtre repréfente un Jite affreux : le fond eji rempli par des arbres defféchés & brifés. Sur un des côtés on voit des rochers fuf pendus & menaçans, de l'autre une caverne d^oii il fort de temps en temps un feu obfcur ; c^ejl Centrée des Enfers, En avan^ cernent des arbres ^ & un peu de côté ^ tjl V Autel de la mort ^ il efl de pierre hrute,^ & paré d'une faulx» Ee jour efl pale & tombant ^ & il diminue progrefjî^ rement.)
ALCESTE , Dieux infernaux quon ne voit pat. ALCESTE entrant,
G Rands Dieux , foutenez mon courage E Avançons, je frémis!.... confommons notre ouvrage.
Cieli quel affreux féjourl où fuis-je, juftes Dieux? Tous mes fens font faifis d'une terreur foudaine : Tout de la mort dans ces horribles lieux Reconnoît la loi fouveraine. Cjs arbres defféchés, ces rochers mcnaçaus.
24 Akejîe ,
La terre dépouillée, aride & fans verdure j
Le bruit lugubre & fourd de Tonde qui murnlurcj
Des oifeaux de Ja nuit les ténébreux accens.
Cet antre , cet Autel.;., ces Spev5bres efFrayans; ^
Cette pâle clarté dont la lumière obfçure ,
Répand fur ces objets une nonvelle horreur i
Tout de mon cœur glacé redouble la terreur.
Dieux ! que mon entreprife eft pénible &c cruellé
La terre fe refufe â mes pas cnancelatià.
Et mes genoux tremblaris , S afFaiffent fous le poids de ma frayeur niôrtellc.
( Elle tombe fûr ùn rocket* ) ( Elle fe relevé i & fait un pas vers V Autel de la fTiort, )
Ah ! Pamour me redonne une force nouvelle y A TAutel de la mort lui-même il me coriduit ^ Et des antres profonds de féternelle nuit^
J'entends fa voix qui m*âppelié; * '
Çh(SUR des Divinités infernalesi Malheureufe I où vas-tu ?
ALCESTE.
Dieux ! je fuccombc.
( Elle retombe, )
Le Chœur.
Attends^
tour tenter de defcendre aux rivages funèbres , Que le jour qiii te fuit falTe place aux ténèbres i Tu ^attendras pas long-temps.
• ALCESTE.
Air.
AH ! Divinités implacables \ Ne craignez pas que par mes pleurs Je veuille fléchir les rigueurs De vos cœurs impitoyables.
La mort a pour moi trop d'appas ,
Elle
Tragédie-Opéra. 25
Elle efi: mon' unique efpérance : Ce n'eîî: pas vous faire une ofFenfe , Qué de vous conjurer de hâter mon trépas.
H ' u. ' , , "i"
SCENE IF.
S^LGÈSTE, DiÈux INFERNAUX ^u'on ne voit pah
( Admette qui entre égare'. )
ALCESTE.
llel , Admette ! ô moment terrible !
( Elle retombe, )
ADMETTE. Qu^ vois-je ? Alcefte , Alcefte !.,. juftés Dieux î Aux jportes des Enfers , Alcefte i ALCESTE.
Ah! malheureux i Eh ! oue viens-tu chercher dans ce féjour horrible? ADMETTE. La mort... Les Dieux ont rejèttë mes vœux ^ Apollon même eft infenf.ble , Et fourd à mes cris douloureux : Là mort... la mort... éft tout ce que^ je veux» ALCESTE.
Que dis-tu ? Ciel.... Admette ! ô défefpoir affreux i 'Tes Sujets 1 nos enfàns ! n'cs-tu donc plus leur per«^
Air.
Vis pour garder le Ibuvenît ï)'une époufe qui te fut chère , Qui ne vivoit que pour té plaire ^ Et qui) pour toi , voulut mourir* ADMETTE. Vivre fahs toi! raôij vivre fans Alcéfte t
D
25 Alcejle y
Vivre pour abhorrer la lujaiiere céleftc I
Et ces barbares Dieux , auteurs de tous nos mâux^
Sans cefTe déchiré par des tourmens nouveaux...
J'irois traîner des jours que je dételle ! Je pourroisl... Ciel !
Air.
Akefte l Alcefte , au nom des Dieux t Sois fenfible au fort qui m'accable ; Ah ! prends pitié d'un époux miférablc , Et ne le livre point à ce fupplice affreux.
Errant dans ce Palais, qu'embellifToient tes charmes , Je cherchois en vain la trace de tes pas , En proie à la douleur , les yeux baignés de larmes , Je poulferois des cris que tu n*entendrois pas.
Pour adoiicir l'excès de ma mifere , J'irois cmbralfer mes Enfans s Je les verrcis frémir à l'afpeét de leur pere;
J*entendrois leurs plaintifs accens , Me reprocher ta mort , me demander leur inere,
Alcefte î Alcefte ! &:c. UNE DIVINITÉ INFERNALE .
A I R.
Caron t'appelle , entends fa voix. De la Parque un de vous doit être le partage. Alcefte 1 c'eft à toi de décider fon choix \ Révoque le vœu qui t'engage. Admette de la mort fubira feul la loi.
ADMETTE. Alcefte , lî pour moi ta tendrelfe eft extrême , Alcefte , il faut me le prouver.
ALCESTE. Cruel l tu voudrois me priver Du bonheur de fauver les jours de ce que j*aimeî
Tragédie" Opéra, ADMETTE. Ciel ! aux dépens des tiens !
ALCESTE. ( Ne font-ils pas à toi ,
Ces jours que je te facrifie ? Ail î depuis que Thymen nous lie. Admette , tu le fçais , ils ne font plus à moi..
ADMETTE.
Duo EN DIALOGUE.
Et 9 cruelle , tu veux renoncer à la vie ?
ALCESTE. Le devoir & l'amour m'en impofent la loi.
ADMETTE. Si tu meurs , crois-tu donc qu'Admettte puifle vivre
Non , fi je ne puis t'attendrir. Si ton barbare cœur ne fe iaifle fléchir , Ton malheureux époux aux Enfers va te fuivre.
ALCESTE. Calme la douleur qui te prelfe , Et fur les gages précieux De notre hymen & de nos feux , Réunis toute ta tendrelfe. Chœur des Dieux infernaux. Alcefte , Alcefte, le jour fuit , Et le deftin qui te pourfuit, A marqué ton heure fatale s Suis-nous dans la nuit infernale»
ALCESTE.
Duo EN DIALOGUE.
Adieu , cher époux.
ADMETTE.^
Arrêtez \ ALCESTE.
C'en efi; fait.
ii Alcejle y
ADMETTE. Arrêtez, barbares Déités> Exercez fur moi feul votr e rage inhuniaîne , Enreveliffez-moi dans la nuit du trépas.
Chœur des Divinités infernales. L*Enfer parle , obéis à fa loi fouvciaine.
ADMETTE. Vous n*arracheî;ez point Alcefte de mes bras ^ Cruelles! i
ALCESTE. Un pouvoir invincible m'entraîne.
Le Ch(eur. L'Enfer parle , obéis à fa loi fouveraine.
S C E N E V.
Les Acteurs précédens , HERCULE.
HERCULE vole a Alcefte , la remet dans les bras ' £ Admette , cS* combat les Dieux infernaux,
Ï^Uyez troupe inhumaine^ Craignez mon bras veno-eur. ' Chœur des Divi vîtes infernales.
Non , non, ta rage eft vaine,. jSous bravons ta valçur,
ADMETTE aux Divinités,
Qàe rien ne nous répare, ' Je me livre ^ vos coups,
ALCESTE. Que votre main barbare Epargne mon époux.
HERCULE, paos la nuit du Tartare 5
Tragédie- Opéra, 2 f
Rentrez 5 replongez-vou5 > Fuyez troupe inhumaine , Craignez mon bras vengeur, &c. Chœur des Divinités s abîmant avec V Autel de la mort.
JLc fils de Jupiter de l'Enfer eft vainqueur.
SCENE VI.
HERCULE, ADMETTE, ALCESTE. APPOLLON dans fon char.
I^Ourfuis , ô digne fils du fouverain des Cieux ! Et l'immortalité deviendra ton partage. Le Ciel , qui te regarde , admire ton courage , Et ta place eft déjà marquée au rang des Dieux.
{A Admette & a Alcejle. ) Yivez , heureux époux , pour fervir de modelç Aux mortels que l'hymen enchaîne fous fes loix. Que ce féjour affreux difparoiffe à ma voix ! Le Théâtre change , & reprê fente une avant-cour du. f atals d! Admette, Le Peuple entre en fo,ule*
SCENE VIL
Le5 Acteurs précédens , & le Peuple.
APOLLON,
^jT vous 5 qui vous montrez à vos Rois fi fidèle, ^ Peiiple , venez , accourez dans ces lieux ; Et pour des Souverains , objets de tous vos vœux. Redoublez d'âmoùr bc de zélé. *
50 Alcejle ^
HERCULE , ADMETTE , ALCESTE à Apollon f qui remonte au Ciel. Dieu bienfaifant ! 6 puiffance éternelle l
SCENE FI I& dernière.
HERCULE,ADMETTE,ALCESTEy Peuple.
ADMETTE , au Peuple.
o Mes amis : Alcefte m'efl: rendue.
ALCESTE , courant à /es Enfans , qui entrent. O nies enfans î
ADMETTE.
Les Dieux font adoucis,
ALCESTE , ADMETTE , aux Enfans. Je vous revois , nos malheurs font finis.
Le Chœur. O bonheur inoui 1 faveur inattendue!
ADMETTE, ALCESTE, montrant Hercule. C'cft ce Héros qui nous a réunis.
ADMETTE, ALCESTE. Reçois , digne Héros , l'hommage de deux cœurs. Dont le bonheur furpafTe l'efpérance. Par les tranfports de leur reconnollFancc , Juge du prix de tes favèurs.
HERCULE. Tendres époux , c'eft dans votre bonheur Que je trouve ma récompenfe. Qu'il foit le prix de ma valeur.
Tragédie- Opéra. Le Chœur. Qu'ils vivent à jamais , ces fortunés époux , Le Ciel les a fauves pour le bonheur du monde. Qu'à nos vœux, qu'à nos chants tout l'univers réponde. L art de nous rendre heureux fait leur foin le plus doux.
FIN.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Garde des Sceaux , Alcejle ^ Tragédie Opéra , en trois Actes ^ 6t je n'y ai rien trouvé qui m'ait paru devoir en empêcher i'impreffion. A Paris, ce j ^ Mars 1784.
CRÉBILLON.
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