Google This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project to make the world's bocks discoverablc online. It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the publisher to a library and finally to you. Usage guidelines Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. We also ask that you: + Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for Personal, non-commercial purposes. + Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. + Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. + Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. About Google Book Search Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web at |http: //books. google .com/l Google A propos de ce livre Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en ligne. Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression "appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont trop souvent difficilement accessibles au public. Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. Consignes d'utilisation Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. Nous vous demandons également de: + Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un quelconque but commercial. + Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. + Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en aucun cas. + Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. A propos du service Google Recherche de Livres En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl .,;. >'^^ ^1 m > ■■- i '- '' ■ V , Li- <.-^ f ./^'^m^^ ' ^' %-■■ f^\:' •^^ y s«» wnftwmnnmmm il MUSÉE DE U CORÉOlE-niAlICtlSE /t* ^ — ^VJ". C« tîlre pariillra sans doute un peu brétflUtieUK au plus grand nombre des Qhtrisiens et deâ ^IraDgers qui sont on- Lti^s 11 In Comédie-Fraii>;aise. Un masée, lu ifeunion d'une dizaine de bustes, de sîx. ou 'pt elittues qui décorent le foyer public et j« couloirs! Malgré le mérite de certaîiius le ces ojiivres, cela ne justifie ^uâic cette k^noDÙtulioii qui implique l'idée d*UQe lollection considérable. Quelle imaginatJoa ic celle de ces écrivains ! A ce eomplâ-U, ^arîa posséderait dix mille musées, et Isa iltent» de Cook et C ne sauraient plus i\- luel guide bc vouer et se contenteraient [ans la crainte de ne pouvoir les visiter . [ou9i de parcourir les Halles et de faire "ascension de la colonne Vcndi>me. VoiU ■tainement quelqi "'^unes des réflesîons 'il nous semble dej^'î '"îndre. Or, rien _i'est plus exact ; la Coni^-iie-Frainjaifie lipossêde bel et bien un œusée particulier, Un musée pi'écieu-t, original, fort curîeui, amU parfaiteaient ignoré, hormis des rares privilégiés qui ont la bonue fortune d'ftre Admis dans l'iiitimité de U m-jîson de Mo- lière : un muBJe qui a fourni ^ un de nos unis et confn'res, M. René Delorme, le iDJet d'un ouvrage des plus intéressafitâ, ' lité a\-ec un très grand luje par un jeune iteur, M. OlIendorfF. Ce musée> dont les éléments sout dlssé- un peu partout dans l'édifice, sous le éristyle d'entrée, dans les esc.iUers, au lyer du public, dans les couloirs du ihéà- I, dans quelques It^es, au foj-er des .ir- t«s, dans les salles de l'administration, M les gaierieSi etc., etc., ne compte pta moins de 171 peintures, C3 dca^ii», aquarûlK'S ou miniatures. 110 sculptures : jûitue^t bas-iMîefs, bustes en marbre, plâ- M(pe, bronzes et terres-cuites, figurines eu cé- '-TWDiqve. Les peintures sont signées : Mignard, Cé- r V;m Loo, Largiilière. Notscber, d« Troy, Lcnoir, Charles Lebrun, Jouvenet, Fra^onard, Lagrenée, Nattier, David, Dela- croik. Boilly, Gros, Nonnotte. Ingres, Du- bulft. Geoffroy, Picot, Robert Fleury, Lch- mann. L6rè\-re, Gérom?, PerignoB, Boutan- Lflr, Vigée Lebrun, Chaplin, Muller, Coi- gnet, etc. Au bas des statues et des bustes, nous lisons les noms suivants : Houdon, CBllIeri.Pajou, Clésinger, Galteaus, Oliva, David d'Angers. Etex, Dantan aSud. Chapu, Durct. BaMboldi, Feuchères. Coysevox, Dantan jeune, Jouffroy, etc. ijuandi! s'agît de tels noms et d'un cbifTre d'œuvres aussi sérieux, le terme de musée n'est certaine- ment pas prét«ntieux. Tn dehors de la valeur artistique d'un certain nombre d'œuvres, telles que le T Voltaire et \e Molière de Iloudon, k»\a- S inv t)e ' JfPrcc Sand, de Cliiainaer, 'f la Coi!iédif-l''rnn.;-aise par M. È, .Jli portrait de Wle Duelm par Lar^ïîjre! de cctaî do Mlle lolj par David, du B(ww da de Troy, dea portraits réunis d* h Chnmpiii«.ilé et de Mlle Desmarcs, par Fi'9l| >;*!B de Troy, du Pn't'Hk de César Vm l.oo: du />/.Yun de Lcnoir, du bualaj Uiitreny par l^jou. de« biulcs de Rotd de Corneille. Piron, Th. Corneille par flB tieri, etc., ce qui donne su mus^ do la 19 raédi»-Fran<:ai>e un prix ineslimAhl*! un trO'B vif înlcrêt, c'est que loui* ksi* l.leaux, sculptures, detsina, etc., «ont de documenta historiques d'une autheoUriU indiscutable, oencernant exclus! venm^ Couiédia- Frsai;«ise. le^ artistes célébre^fl •n ont fait partia depui» aa nwdotioni'fl ron, Fleury, Talma, Mole, Poiiïon, Lel^| Lai'iv«i, Fù-min, Monval, Ugfitr, HîoflH Grandmesnil, IVéville, Dapti^le atoé, 13 jraïoni Dufrosny, Joanny, Mîcbot, Afin V.r^trbt CUampmeslé, Ouclos, Joly. FletuS I}uniesn\li Rachel. Mars, Reucourt, etc.» « Jes éi^rivains dont les oi^uvres forment sm répertoire incomparable. V'n des tableaux les plus prûcîoux at point de vue historique, est uno compoai n d'auteur, datée do 1U70, pr* I, gami ■nnadi vidëa lolS 1. U»\a-; ot\;« •. c6ûèfti\ Uo'v deG\rac^\ \*^ venant de la galerie du cardinal de Loyoet archevêque de Sens, et donnée en l^Jir> à b Corné die- Française par un amateur, M. Af t'redLorne- D'upri\s une inscription, placéi en haut de la toile sur un écussoa. elle re présente les Farceurs françaU et italien, depuis soixaiUe aru H piaa. La scijne es un décor de place publique, au milieu du- quel paradent tous I« ty^ies de la comédb française et de la eomédie italienne, gr — badaut et grimaçant. Ti-ois personnt ont iSté traiiésavec une déférence évïdb par l'arlistô : Jodelet, Poisson et MoliJ-, Le grand poëte, dans le costume d'Araoli phe de VEco!e des fcrrtm's, calmn ot dign» et debout à la gauche du tableau, montri du doigt les fantoches de la conurdic ils Tienne. 3a physionomie correspond exacte ment au signalement qu'a laissé de l'iin mortel artiste Mlle Poisson. Oo est do]i< autorisé à considéi'er ce portrait comme al) solument authentique. Les tableaux de Gefïiroy : la CotnédU Française en 18J>0 et la 'ComédicFrfm çaiêe en ISGJ,. sont également du plu haut iotéft't au point de vue historique; U noua offrent les porlraîLs des artialos coin posant la Iroupe de la maison de Jloliép et de Corneille il ce» deux époques et dan les costumes typiques de leurs princîpau: rôles. Nous citerons aussi dans lo mSia genre l'esquisse du Dn-nier moment d Talnia. de RuLeit-FIeurv, où doue ifijS vons réunis dana cette sct-ne émsuvaufl de Jony, Amault, Pînnia, Caroline Vanhove; .Marchais, Nicault, Paul et Jules "lalnu. Oos documents, pour U çtuqai-t w^i4ya d^ ïMtfWrt^ft-œiftti.VS. ^î*tV Comddie-l''rani;aise et sur la vie de quel- ques artistes et écrivains. Nous signalons entre antres une pétilion collective adres- sée en 1780 au préaident de l'Assem- blée nationale par les arlistei pour ré- clamer lours droits de citoyens français : K Des hommes honnêtes, " y est-il dit, » peuvent braver un préjugé que 1*"' loi » désavoue ; maïs personne ne peut braver H un décret ni même le silence de l'As- ji ssemblée sur son état, n Le musée de la Corné die -Franc aise eat un musée assez important et assez intéres- sant pour que l'on doive reâretter qu'il no soit pas plus connu, et que le public si in- telligent qui se presse chaque soir dans notre premier théâti-e dramatique ne puisse le voir et l'admirer. Nous nous associons complètement au vœu fermé par M. René Delorme pour la création au théâtre l'Vaa- çais d'une galerie spéciale, d'un fojertrés vaste, où toutes ces œuvres précieuses, tous ces documents artistiques si curieux, dissé- minés, enfouis et perÂus dans des salons et des couloirs mal éclairés et exigus, seraient exposés aux regards du public. Cette ga- lerie des ancêtres et des gloires de la Co- médie-Française formerait une annexe toute naturelle et très utile du théâtre où le culte de leur mémoire et l'étude de leurs œuvres, constituent une des traditions les plus religieusement conservées. Makil's Vacoon. DOCUMENTS HISTORIQUES SDR LA COMÉDIE FRANÇAISE l'AKIS — TVPOGHAPHIE DK FIIIMIX DIIHIT KI'.KHHS, KrKyAllOB, Mr». DOCUMENTS HISTORIQUES SUR LA. COMÉDIE FRANÇAISE PENDANT LE BÈGNE DE 8. 1. L EMPEREUR NAPOLÉON V% rilCIDBS De toas les actes constitutifs qai régissent la société da Théitre-Fraiçais , depuis sa fondation , le 25 août 1680 , jusqu*à nos jours , PAR fiVCïBlVK IiAreifiR. PARIS, LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, RUE JACOB, 56. TRESSE, SUCCESSEUR DE BARBA, 1853. *. f L 3*=! b% \ -L •:»• habvaho coiieee libraiy fROM THE KQUEST OF EVCRT JAN8CN WENDELL 1918 A SA MAJESTÉ L'EMPEREUR NAPOLÉON ffl, HOMMAGE RESPECTUEUX DE SON TRÈS-HUMBLE, TRÈS-OBÉISSANT ET TRÈS-FIDÈLE SERVITEUR ET SUJET EUGENE LAUGIER. b V Je n'ai pas la prétention d'écrire une his- toire du Théâtre-Français, même celle d'une époque partielle. Seulement , la pensée qui a présidé à ce livre est la même qui déjà une fois m'a inspiré. Lorsque j'écrivais, en i844> un petit livre, intitulé : De la Comédie française' depuis i83o, je n'avais pas d'autre but que de jeter un coup d'œil rapide sur des événements ré- cemment accomplis , sur des faits contempo- rains, que je pouvais avoir l'ambition de pré- senter sous leur vrai jour, embarrassés cju'ils étaient peut-être, pour l'intelligence du plus grand nombre , dans les discussions du mo- ^ — 8 — ment. Ce léger travail , tout de circonstance, était bien imparfait, et je ne Tai jamais con- '-' sidéré que comme un jalon préparé pour un chroniqueur futur. J'y reviendrai sans doute moi-même, si une plus grande tâche, dont je rêve l'accomplissement , peut se réaliser ja- mais. Aujourd'hui, une ère nouvelle s'ouvre pour la Comédie française comme pour la France. Un grand règne , que l'avenir proclamera il- lustre , va faire revivre pour l'art les tradi- tions impérissables du règne auguste qui a inauguré le dix-neuvième siècle. La Comédie française , qui a revu , sous Napoléon P% ses plus beaux jours de gloire et de prospérité , espère en Napoléon III une même grandeur et une même fortune. Cette grandeur, cette gloire , cette fortune sont inséparables de la protection du souverain. Je n'ai donc qu'un but bien simple : ce- lui de remettre autant que possible en évi- dence quelques années écoulées, mais non pas complètement oubliées, de la Comédie française, de 1802 à i8i4, alors que le maî-^ tre du monde dictait ses lois. -V. — 9 — . Dans les préoccupations si vastes du grand génie dont la France aura. toujours à s'enor- gueillir, la Comédie française, notre première institution dramatique , fut l'objet d'une prédilection toute particulière , on pourrait ^même dire d'une sérieuse affection. Cette af- fection et cette estime ont inspiré le grand homme jusqu'au milieu des neiges de la Rus- sie , et ce sont ces sentiments de haute pro- tec|;ion et de bienveillance qui inspirent , nous en sommes convaincu , le digne héri- tier de son nom et de son trône. Je crois donc devoir bien humblement sou- mettre à Sa Majesté l'Empereur ce modeste travail. Il ne se compose guère que de sim- ples notes ; mais ces notes émanent de sources officielles qui disent les faits dans leur simpli- cité naïve , tout en leur laissant le caractère de grandeur qui est inséparable du temps. Je le répète , je ne prétends pas écrire une histoire. L'histoire de la Comédie française, depuis son origine jusqu'à nos jours, n'est pas autre chose que l'œuvre tout entière de la vie d'un homme, d'un écrivain savant, assidu et érudit; encore ne pourrait- il accom- • — 10 — plir ce labeur immense qu'aidé par les tra- vaux antérieurs de ses devanciers. Je publie donc seulement des documents, dont la plupart sont inédits , pour prouver que 4a Comédie française est un monument impérissable , et que le plus grand génie des* temps modernes a mis une de ses gloires les plus chères à consolider ce monument et à en perpétuer la durée. Voilà pourquoi je mentionne les actes cons- titutifs de la Comédie française , depuis son organisation jusqu'à! nos jours ; vpilà pour- quoi j'insiste sur les années écoulées de 1802 à 181 4. C'est non pas l'histoire, mais le ta- bleau de l'histoire d'un règne pour le Théâ- tre-Français. LES REGLEMENTS DU THEATRE-FRANÇAIS, Depuis son établissement, en 1680, jusqu'à l'acte de société di27geniinalanXli(17avriM804). La trace des origines de la Comédie française se retrouve partout. On sait que l'existence légale de notre premier théâtre , tel qu'il existe encore au- jourd'hui, date de l'acte de réunion des deux troupes de rhôtel de Bourgogne et de l'hôtel Guénégaud. Le théâtre de l'hôtel de Bourgogne remonte à 1552. En 1658, Molière commence ses représentations au faubourg Saint-Germain, près de l'Abbaye, et plus tard dans la salle du Petit-Bouii)on, sur l'emplace- ment du Louvre, sous le nom A' Illustre théâtre. En 1660, Molière et ses acteurs entrent en possession de la salle du Palais-Royal, à peu près dans la direc- tion de la rue des Bons-Enfants actuelle , et pren- nent le titre de troupe de Monsieur j pour devenir enfin troupe du Roi en 1665. Molière mort, ses co- — 12 — médieus réunis, le 9 juillet 1673, aux acteurs du Marais, s'installent à l'hôtel Guénégaud , rue des Fossés - Saint - Germain-des-Prés , aujourd'hui rue Mazarine. C'est là que la jonction de cette troupe ayec celle de l'hôtel de Bourgogne s'opère, en 1680, par la volonté suprême de Louis XIV. La Comédie française est fondée. Cent dix années s'écoulent jusqu'au moment où, en 1790, la Comédie française entre, par la force des événements, dans une voie nouvelle, celle du désordre, résultat d'une liberté sans limites. L'his- toire dramatique de ce grand siècle , qui est le dix- huitième, n'existe pas ; ou plutôt les fragments en sont épars çà et là dans les correspondances du temps, celle de Voltaire, par exemple, celle de Grimm, et d'un grand nombre de littérateurs de tous les rangs, qui préludaient, dans leurs épanche- ments intimes, aux journaux qui naquirent avec la révolution. Les frères Parfaict n'ont qu'ébauché cet immense travail, et d'ailleurs ils ont écrit bien plutôt les origines du théâtre en France que l'histoire de la Comédie française proprement dite. Le dictionnaire deLéris, celui du chevalier deMouhy, très-inexact, le catalogue de la Vrillière , Cailhava et quelques autres, ne sont que des compilations, des nomen* clatures ou des aperçus dans le genre de ces petits almanachs de spectacles, si précieux, qui ont dis- paru avec le dix-huitième siècle, où l'on ne trouve ■ f-^t/' .' — 14 — Il existait, avant la réunion émanée de la volonté de Louis XIV , un acte de société, en date du 1 2 avril 1679. Cet acte rappelle que, le 3 mai 1673, un peu plus de deux mois après la mort de Molière, les sieurs Guérin, Varlet de la Grange, Hubert, de Rosimont, Gassot de Groisy, et mesdames Armande Béjart la veuve.Molière, Ragneau de la Grange, An- gélique Gassot et Catherine Leclerc la veuve de Brie, formèrent une convention pour continuer à repré- senter le répertoire de Molière dans la salle de spec- tacle située rue Mazarine, appartenant aux sieurs Alexandre de Rieux, marquis de Sourdéac, et Champron ; que Tachât du mobilier, décors, ma- chines, etc., fut stipulé moyennant la somme de 30,000 livres, dont 14,000 livres payées au comp- tant, et les 16,000 livres restant, représentant deux parts dans les bénéfices alloués aux sieurs Sourdéac et Champron. Quelques années plus tard, des con- testations s'élevèrent entre les vendeurs et les so- ciétaires, qui s'étaient adjoints, pour compléter leur troupe, les sieurs Dauvilliers, Dupin, Vemeuil, et mesdames Poisson Dauvilliers , Louise Jacob et Ju- dith Guyot. Ces contestations amenèrent pour résul- tat la stipulation nouvelle de servir au marquis de Sourdéac et à Champron une pension viagère de mille livres. C'est alors, le 12 avril 1679, qu'inter- vinrent M. de Champmeslé et Marie Desmares, sa femme, tous deux appartenant au théâtre de l'hôtel — IS — de Bourgogne, et venant prêter l'appui de leur talent et de leur grande influence à la troupe de Molière. Le nouvel acte de société fut arrétéipour vingt ans, et l'hôtel de Bourgogne ne devait pas résister long- temps au coup fatal qui venait de lui être porté. Il n'y avait plus qu'un mot à dire pour opérer d'une manière définitive la fusion des deux troupes. Ce mot, c'est Louis XIV qui le dit. Les ordres de Louis XIV, pour la réunion des comédiens français des hôtels de Guénégaud et de Bourgogne, sont en date des 1 8, S3 et 26 août 1 680, et une lettre de cachet du roi, du 22 octobre 1680, dont voici le texte : c( Sa Majesté aïant estimé à propos de réunir « les deux troupes de comédiens établis à l'hôtel de « Bourgogne, et dans la rue Guenegaud à Paris, c( pour n'en faire à l'avenir cpi'une seule , afin de « rendre les représentations des coifiédies plus par- ce faites par le moyen des acteurs et actrices ausquels « elle a donné place dans ladite troupe. Sa Majesté « a ordonné et ordonne qu'à l'avenir lesdites deux « troupes de comédiens françois seront réunies pour « ne faire qu'une seule et même troupe, et sera j ladite société à acquitter ladite portion iiu\ époques ci-dessus A terminées, et sauf aux créanciers saisissants à faire valoir leur M sie a compter du jour desdites retraites ou ûéeta. — 36 ARTICLE 26. Dans le cas où, par tel événement que ce soit, lesdits capitaux éprouveraient des réductions ou viendraient à être perdus en tout ou en partie, il sera fait un prélèvement de sommes suffisantes pour compléter un capital productif de cinquante mille francs de revenus, et ce sur les recettes de la Comédie, dans la même pro- portion que celle indiquée en l'article dix-huit ci-dessus. Dans tous les cas, les pensions seront payées sur les recettes de la Comédie, sauf à la société à se couvrir, s'il y a lieu, sur les fonds dont le prélèvement a été ci-dessus énoncé. ARTICLE 27. Arrivant la dissolution de ladite société, le fonds des pensions appartiendra aux artistes alors en exercice, et néanmoins conti- nuera de servir les arrérages des pensions, tant des artistes reti- rés que ceux alors en exercice qui y auront droit. ARTICLE 28. Au fur et mesure des extinctions, les fonds devenus libres ser- viront à remplir les sociétaires des retenues à eux faites qui leur resteront dues; en cas d'insuffisance, ils supporteront la perte au marc le franc, et en cas d'excédant, ils partageront le bénéfice au prorata des parts qu'ils avaient dans la société. 2 ITADMIIVIMTRATIOIV. AHTICLK 29. ïjtê fonetloM du coiiiité, nom le rapport de l'administration ntmt ', d'in«p«itlofif de «urydllanc^e et de proposition; elles sont r^^>e», «iffirf i\m \u paWm ile« aMembléen et de tout ce qui con- emm VnAmSn'^ritSSnn^ \m \u% rè^lemetit piirticulier. — 37 — AaTIGLB 30. Les membres ne pourront, sous peine de responsabilité person- nelle, ordonnancer aucune somme au delà de cent francs sur le même objet sans l'aveu de la société assemblée , ni faire aucune poursuite judiciaire sans l'avis signé des membres composant le conseil de la société. ABTIGLE 31. La police, tant des assemblées du comité que des assemblées de la société, ainsi que de détails d'administration, sera fixée par un règlement particulier. ARTICLE 32. Comptabilité. Les recettes seront faites et les dépenses de la société acquittées par un caissier choisi par la société et agréé par le gouvernement. ABTIGLE 33. Aucun parent de comédien en activité ne pourra en remplir les fonctions. ARTICLE 34. Sans rien préjuger sur le cautionnement des soixante mille francs foiumi en inscriptions par le sieur Cormeîlle, caissier actuel , ses successeurs seront tenus de fournir un cautionnement de soixante mille francs, en immeubles de valeur double. ARTICLE 35. Dans le cas où les immeubles qui seraient offerts à titre de cau- tionnement seraient grevés d'hypothèques , ils ne seront reçus qa!atttant que leur valeur sera du double des hypothèques qui^ mÉftoront et des soixante mille francs de cautionnement. » ♦ *& — 38 — ABTIGtB 36. Ce c&utioimeineiit ne sera reçu qu'a|nrèfl examen préalable des titres de propriété des immeubles et du certificat du eonservateur des hypothèques, et sur le rapport qui en sera fiôt par le notiûre de la sodété ou un autre membre du consefl. ARTICLE 37. Celui qui se rendra caution du caissier sera tenu de fournir aux- dits sociétaires, aux frais du caissier, copie collationnée en bonnes formes des titrés de propriété desdits biens; ces copies seront dé- posées entre les mains du notaire de ladite sodété, et ne seront remises à la caution que lorsqu'elle sera entièrement déchargée de son cautionnement. ARTICLE 38. Les inscriptions et actes nécessaires pour la conservation dudit cautionnement seront faits et renouvelés, quand il y aura lieu, aux frais dudit caissier. ARTICLE 39. Ladite caution ne pourra obtenir la mainlevée desdites inscrip- tions, oppositions ou autres actes conservateurs, qu'après l'apure- ment des comptes du caissier retiré ou décédé. ARTICLE 40. A la fin de chaque mois , les états de recettes et de dépenses seront visés et arrêtés par le commissaire du gouvernement et du comité. ARTICLE 41. Le caissier prélèvera, en la présence du commissaire du gouver- nement et des membres du comité, sur la recette : — 40 — PIKCBS :VOrVEl.EiBli. ARTICLE 46. Aucune pièce ne pourra être représentée, sur le théâtre desdits sociétaires, que revêtue de l'approbation du gouvernement. DISCIPIiEVE. ABTTCLE 47. Sera exclu de la société tout sociétaire qui aura été absent ou aura cessé son service six mois sans le consentement par écrit de la société, le tout sans préjudice des autres moyens de répression portés au règlement pour ces cas ou autres pareils. EMCOURAGKlIE^nHi ET RÉCOMPEIVSBS. ABTIGLE 48. Lorsque le gouvernement et les sodétaires jugeront convenable de prolonger au delà de vingt-cinq ans le service d'un sociétaire, le sociétaire vétéran joindra à son traitement d'activité le tiers de la pension de la société depuis vingt-cinq ans jusqu'à trente, la moitié depuis trente jusqu'à trente-cinq, et la totalité depuis trente- cinq jusqu'à sa retraite. Cette mesure n'aura son exécution qu'à l'époque où les parts de la société seront réduites à vingt-trois, ainsi qu'il est prescrit ci-dessus. ABTICLR 40. Tout «odétaira ayant servi trente ans aura droit au produit d'une représentation, h son choix, donnée par ses camarades lors de sa retraite de ladite société 42 — DUVEBGIER, GOMSL. (Ces deux 'derniers avoués au tribunal de i" instance.) Ce fait en présence de François-Réné Mahérault, commissaire du gouvernement près le Théâtre-Français, demeurant à Paris, à FËcole centrale du Panthéon, division du même nom, et encore en présence et de l'avis des sieurs : Gaspart-Crilbert Delamalle, Raimond Desèze, Nicolas-François Rellart, Louis-Ferdinand Bonnet, Glaude-Emest Denormandie, Vincent-Gallican Decormeille, Duvergier, Gomel. Fait et passé à Paris en Thôtel du Théâtre-Français, en l'assem- blée desdits sociétaires , rue de la Loi, le 27 germinal an xii de la République française. Ont adhéré au présent acte les suivants : Le 16 thermidor an xii. M™«» Bourgoin. Georges Weimer. Raffin Duchenois. Le 7 frimaire an xiv. Chevetel, née Noues Fleury. Le 13 mai 1809. Leverd. Le 27 avril 1811. MM. Perrin Thénard. Lechauve de Vigny. Le 3 mars 1812. Michelot. Le 10 août 1816. Dépôt des pièces concernant la rente de 100,000 fr. 5 0/0 sur l'État. Le 17 octobre 1816. Modifications aux articles 19 et 23 de l'acte de société. Ont adhéré à ce dernier acte les suivants : Le 23 décembre 1816. MM. les commissaires des pensionnaires du Théâtre-Français. r^ 27 janvier 1817. M. Cartigny. 28 id. id. H"" Rom Dupuis. id. id. id. M™ Rougeault Dupont. 3 février id. id. id. id. M. Bartoin Monrose. 24 id. id. M. Baudrier. W. id. id. M. Bequetelle, dit Finnin. S avril 1818. M. Robin, dit Saint-Eugène. 26 août id. 28 octobre 1819. M. Brimebarre, dit Joanny 4 juillet 1822. M"* Touaez, née Régnier de ta Briè«. 3 mat 1823. M. Grandville. id. id id. M"" Prévost Paradol. id. id. id. M»* Mante. 24 novembre 1824. selme et dite Baptiste. 16 mars 1821. rant la sodété purement anonyme. 10 mat 1883. Dépôt d'un écrit S. S. P. &it entre le comité duTbéStre-FrançaisetH.Talma.' Ont adhéré : 8 mars 1824. M.Lafond. 3 sept. 1825. M. Pagnon, dit Saint- Aulaire. II février 1826. M"« Boutet Mars, à l'acte du lo mai 1823. 29 mars 1838 M. David. 12 avril 1838. M»' Lecomte, dite Vabnonsey. id. id. id. M. Bernard Brissebarre, Joanny. id. id. id. id. id. id. M. Menjaud. id. id. id. M"' Brocard. id. •id. id. M. Samson. id. id. id. M"' Macaire, dite Hervey. 2 décembre 1839. M. Ligîer. 1" août 1831. M. BaUiy, dit Armand DaJIIy. 8 juillet 1833. M. Beauvallet. 12 id. id. M™' Anaïs Aubert. id. id. id. M. Guiaud. . _ 44 — Le 20 août 1835. id. id. id. 21 avril 1837. 8 octobre 1838. 24 décembre 1838. \0 octobre 1840. 14 janvier 1841. 7 avril 1842. 4 février 1843. 9 id. id. 9 avril 1846. 24 juin 1846. 28 juin 1846. 3 août 1846. 14 janvier 1847. 25 avril 1851. id, • id. id. id. id. id. 10 juillet 1852. id. id. id. 12 id. id. erf. id. id. 24 id id. 30 id. id. M. Geffiroy. M. Régnier de la Brière. M"«Noblet. M"« Rachel Félix, mineure, sous Fassis- tance de ses père et mère. M. Provost. M^i® Plessy. M. Guyon. M*i« Rachel Félix, majeure. ]y|me Mélingue. M^^^ Augustine Brohan, mineure émanci- pée, assistée de M™^ sa mère. M"« Denain. M"« Augustine Brohan, devenue majeure M. Brindeau. M. Leroux. M. Maillart. M. Got. M. Delaunay. W^ Rébecca Félix. M. Barizain, dit Monrose. Maubant. M"« Bonval. M"«Juditk Bernât. Mii« Nathalie Martel. M^« Madeleine Brohan , mineure émanci- pée, assistée de madame sa mère. MO 1083. — Bulletin des liols, M^« 460. DÉCRET IMPÉRIAL SUR La SonreillàBce, POrganisation, ridministratMD , la Conptabilité, la Police et la Discipline DU THÉÂTRE-FRANÇAIS. »e4 Au quartier impérial de Moscou, le 15 octobre 1812. NAPOLÉON, Empereur des Français, roi d'Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin, Médiateur de la Confédération Suisse, etc., etc., etc., Sur le rapport de^notre Ministre de l'Intérieur; Notre Conseil d'Etat entendu, Nous AVONS DÉCRÉTÉ Ct DÉCRÉTONS CC qui Suit : TITRE PREMIER. De la direcHoii et sarrelllaiice dn Théâtre-Prançats. 1. Le Théâtre-Français continuera d'être placé sous la sur- veillance et la direction du surintendant de nos spectacles. 2. Un commissaire impérial , nommé par nous » sera chargé de — 46 -- transmettre aux comédiens les ordres du surintendant. Il surveil- lera toutes les parties de l'administration et de la comptabilité. 3. Il sera chargé , sous sa responsabilité, de fiadre exécuter, dans toutes leurs dispositîous, les règlem^its et \fis ordres de service du surintoidant. A cet effet , il donnera personnellement tous les ordres néces- saires. 4. En cas d'inexécution ou de violation des règlements , il en dressera procès-verbal, et le remettra au surintendant TITRE IL De l'Aisociattoii du filiéÂtre-Praiiçats. SECTION PBEMIÈBE. De la Division en parts. 5. Les comédiens de notre Théâtre-Français contmueront d'être réunis en Société , laquelle sera administrée selon les règles ci- après. . 6. Le produit des recettes, tous les frais et dépenses prélevés, sera divisé en vingt-quatre parts. 7. Une de ces parts sera mise en réserve, pour être affectée par le surintendant aux besoms imprévus : si elle n'est pas em- ployée en entier, le surplus sera distribué, à la fin de l'année, entre les Sociétaires. * 8. Une demi-part sera mise en réserve pour augmenter le fonds des pensions de la Société. 9. Une demi-part sera employée annuellement en décorations, ameublements, costumes du magasin, réparations des loges et en.- tretien de la salle , d'après les ordres du surintendant. Les réser- ves ordonnées par les art. 7, 8 et 9 n'auront lieu que successive ment et à mesure des vacances. 10. Les vingt-deux parts restantes continueront d'être réparties entre les comédiens sociétaires , depuis un huitième de part jus- qu'à une part entière, qui sera le maximum. 1 1 . Les parts ou portions des parts vacantes seront accordées ou distribuées par le surintendant de nos spectacles — 47 — SECTION II Des Pensions et Retraites. ^ § I. DU TEMPS NÉCESSAIRE POUR ORTENIR LA PENSION, ET DE SA QUOTITÉ. 12. Tout Sociétaire qui sera reçu, contractera rengagement de jouer pendant vingt ans; et après vingt ans de services non in- terrompus, il pourra prendre sa retraite, à moins que le surin- tendant ne juge à propos de le retenir. Les vingt ans dateront du jour des débuts, lorsqu'ils auront été immédiatement suivis de Tadmission à Fessai et ensuite dans la Société. 13. Le Sociétaire qui se retirera après vingt ans aura droit, \^ à une pension viagère de deux mille francs , sur les fonds af- fectés au Théâtre-Français par le décret du 13 messidor an x; 2^ à une pension de pareille somme sur le fonds de la Société dont il est parlé à Fart. 8. 14. Si le surintendant juge convenable de prolonger le service d'un Sociétaire au delà de vingt ans, il sera ajouté, quand il se retirera , cent francs de plus par an à chacune des pensions dont il est parlé à l'article précédent. 15. Un Sociétaire qu'un accident, ayant pour cause immédiate le service de notre Théâtre-Français ou des théâtres de nos pa- lais, obligerait de se retirer avant d'avoir accompli ses vingt ans , recevra en entier les pensions fixées par l'art. 13. 16. En cas d'incapadté de servir, provenant d'une autre cause que celle énoneée en l'art. 15, le Sodétaire pourra, même avant ses vingt ans de service , être mis en retraite par ordre du surin- tendant. En ce cas, et sH a plus de dix ans de service, il aura droit à une pension sur les fonds du gouvernement, et une sur les fonds des Sociétaires; chacune de ces pensions sera de cent francs par année de service, s'il était à part entière, de soixante-quinze francs s'il était à trois quarts de part , et ainsi dans la proportion de sa part dans les bénéfices de la Société. 17. Si le Sociétaire a moins de dix ans de service, le surinten- — 48 — dant pourra nous proposer la pension qu'il croira convenable de lui accorder, selon les services rendus à la Société et les circons- tances où il se trouvera. 18. Toutes ces pensions seront accordées par décisions rendues en notre Conseil d'État , sur Tavis du comité , comme il a |été statué pour notre Académie impériale de musique , par notre dé- cret du 30 janvier 1811. § II. DES MOYENS DE PATEHENT DES PENSIONS. 19. Les pensions accordées sur le fonds de cent mille francs de rente accordé par nous à notre Théâtre-Français seront acquit- tées, tous les trois mois, sur les fonds qui seront touchés à la Caisse d'amortissement. 20. En cas d'insuffisance , il y sera pourvu avec la part mise en réserve pour les besoins imprévus. 21. Pour assurer le payement des pensions accordées sur les fonds particuliers de la Société , il sera prélevé chaque année , et mois par mois, sur la recette générale , une somme de cmquante mille francs. 22. Cette somme sera versée entre les mains du notaire du Théâtre-Français , et placée par lui à mesure pour le compte de la Société, selon les règles prescrites par l'art. 32. 23. Aucun Sociétaire ne peut aliéner ni engager la portion pour laquelle il contribue au fonds de cette rente. 24. A la retraite de chaque Sociétaire, ou à son décès, le r^n- boursement du capital de cette retenue sera fsdt à chaque Socié- taire ou à ses héritiers, au prorata de ce qu'il y aura contribué. 25. Tout Sociétaire qui quittera le Théâtre sans en avoir obtenu la permission du surintendant, perdra la sonune pour laquelle il aura contribué, et n'aura droit à aucune pension. 26. Jusqu'à ce qu'au moyen des dispositions ci-dessus une rente de cinquante mille francs soit entièrement constituée , les pensions de la Société seront payées tant sur les intérêts des fonds mis en réserve que sur les recettes générales de chaque mois. 27. Quand la rente sera constituée, s'il y a de l'excédant après le payement annuel des pensions, il en sera disposé pour l'avan* tage de la Société, avec l'autorisation du surintendant. — 49 — SECTION II T. De la Retraite des Acteurs aux appointements et Employés. 28. Après vingt ans ou plus de service non interrompu par un acteur ou une actrice aux appointements, après dix ans de service seulement ei^ cas d'infirmités , enfin en cas d'accident , comme il est dit pour les Sociétaires (art. 15), le surintendant pourra nous proposer d'accorder, moitié sur le fonds de cent mille francs, moi- tié sur celui de la Société, une pension ; laquelle, tout compris, ne pourra excéder la moitié du traitement dont l'acteur ou l'actrice aura joui les trois dernières années de son service. 29. Le commissaire impérial pourra aussi obtenir une retraite ou pension d'après les règles établies en l'article 28; mais elle sera payée en entier sur le fonds de cent mille francs. TITRE IIL SECTION PREMIERE. De C Administration des intérêts de la Société, 30. Un comité composé de six hommes membres de la So- ciété, présidé par le commissaire impérial , et ayant un secrétaire pour tenir registre des délibérations , sera chargé de la régie et admini3tration des intérêts de la Société. Le surintendant nommera , chaque année, les membres de ce comité. Ils seront indéfiniment rééligibles. Trois de ces membres seront chargés de l'expédition de ses ré« solutions. 31. Le surintendant pourra les révoquer et remplacer à volonté. 32. Les fonctions de ce comité seront particulièrement : l» De dresser , chaque année , le budget ou état présumé des dépenses de tout genre, de le soumettre à l'examen de l'assemblée générale des Sociétaires et à l'approbation du surintendant; 2<^ D'ordonner et faire acquitter , dans les limites portées au 4 — 50 — budget pour chaque nature de dépenses, celles qui seront néces- saires pour toutes les parties du service; à l'effet de quoi un de ses membres sera préposé à la signature des ordres de four- niture ou de travail, et dés mandats de payement; 3<* De la passation de tous les marchés, obligations pour le ser- vice, ou actes pour la Société^ 4^ D'inspecter, régler et ordojjpier dans toutes les parties de la salle, du Théâtre, des magasms, etc. ; 5® De vérifier les recettes, d'inspecter la caisse et de Mte effec- tuer le payement des parts, traitements, pensions ou sommes mises en réserve selon le présent règlanent; 6» D'exercer pour tous recouvrements, ou en tout autre cas, tant en demandant qu'en défendant , toutes les actions et droits de la Société, après avoir toutefois pris l'avis de l'assemblée géné- rale et l'autorisation du surintendant. SBGTION II Des Dépenses, Payements, et de la Comptabilité. 33. Le caissier sera nommé par le comité, et soumis à l'appro- bation du surintendant. Il fournira en immeubles un cautionnement de soixante mille francs , dont les titres seront vérifiés par le notaire du Théâtre , qui fera faire tous les actes conservatoires au nom de la Société. 34. A la fin de chaque mois, les états de recette et dépense seront arrêtés par le comité, et approuvés par le commissaire impérial. 35. D'après cet arrêté et cette approbation, seront prélevés sur la recette, d'abord les droits d'auteur, ensuite toutes les dépenses, V pour appointements d'acteurs, traitements d'employés ou ga- gistes; 2^ la somme prescrite pour le fonds des pensions de la So- ciété; 3® le montant des mémoires, tant pour dépenses courantes que fournitures extraordinaires. 36. Le reste sera partagé conformément aux art. 6, 7, 8, 9 et 10. 37. Le caissier touchera , tous les trois mois , à la Caisse d'a- mortissement, le quart des cent mille francs de retite affectés au — M — Tliéâtre-Français, et soldera, avQc ces vingt-cinq mille francs, et, au besoin , avec le produit de la part dont il est parlé à l'art. 7, sur les états dressés par le commissaire impérial, et arrêtés par le surintendant : V les pensions des acteurs retirés ou autres pen- sionnaires; 2® les indemnités pour supplément d'appointements accordées aux acteurs; 3<^ le traitement du commissaire impérial ; 4^ le loyer de la salle. 38. A la fin de chaque année, le caissier dressera le compte des recettes et dépenses, pour les fonds de la Société. 39. Ce con^»te sera remisau comité, qui Texaminera et donnera son avis. Il sera présenté ensuite à l'assemblée générale des Sociétaires, qui pourra nommer une commission de trois de ses membres, pour le revoir, et y faire des observations, s'il y a lieu, dans une autre assemblée générale. Enfin, le compte sera soumis au surintendant, qui l'approuvera s'il y a lieu. , 40. Le caissier dressera également le compte des cent mille francs accordés par le Gouvernement, et des parts mises à la disposition du surintendant. Ce compte sera visé par le commissaire impérial, et arrêté par le surintendant. 41. Sur la part réservée aux besoins imprévus, il pourra être accordé par le surintendant, aux acteurs ou actrices qui se trou- veraient chargés de dépenses trop considérables de costumes ou de toilette, une autorisation pour se faire faire par le magasin des habits pour jouer un ou plusieurs rôles. SECTION III. Des Assemblées générales, 42. L'assemblée générale de tous les Sociétaires est convoquée nécessairement par le comité, et a lieu pour les objets suivants : 1» Au plus tard, dans la première semaine du dernier mois de l'année, pour examiner et donner son avis sur le budget de l'année suivante, conformément au paragraphe premier de l'art. 32 ; 2^ Au plus tard dans la dernière semaine du premier mois de chaque année, pour examiner le compte de l'année précédente, 4. — 52 — «t ensuite pour entendre le rapport de la commission, s'il y en a une nommée. 43. L'assemblée générale doit être, en outre, convoquée par le comité toutes les fois qu'il y a iieu à placement de fonds, actions à soutenir, en défendant ou demandant, dépenses à &ire excé- dant celles autorisées par le budget : cas auquel l'assemblée géné- rale doit donner son avis ; après quoi le surintendant dédde, après après avoir vu l'avis du conseil, dont il est parlé au titre 7. 44. L'assemblée générale peut, au surplus^ être convoquée par ordre du surintendant, quand il juge nécessaire de la consulter, ou avec son autorisation, si le comité la demande, pour tous les cas extraordinaires et imprévus. TITRE IV. De P Administration théâtrale. SECTION PBEMIÈBE. Disposition générale. 45. Le comité, établi par Tart. 30, sera également chargé de tout ce qui concerne l'administration théâtrale, la formation des répertoires, l'exécution des ordres de début, la réception des piè- ces nouvelles , sous la surveillance du commissaire impérial et l'autorité du surintendant. SECTION If. Des Répertoires. § 1. DE LA DISTRIBUTION DES EMPLOIS. 46. Le surintendant déterminera, aussitôt la pub'ication du présent règlement, la distribution exacte des différents emplois. Il fera dresser en conséquence un état général de toutes, les pièces, soit lues, soit à remettre, avec les noms des acteurs et ac- trices sociétaires qui doivent jouer en premier, en double et en troisième, les rôles de chacune de ces pièces, selon leur emploi et — 53 — leur ancienneté, afin qu'il n'y ait plus aucune contestation à cet égard. 47. Nul acteur ou actrice ne pourra tenir en [Nremier deux em- plois différents , sans une autorisation spéciale du surintendant, qui ne l'accordera que rarement, et pour de puissants motifs. 48. Si un acteur ou actrice tenant un emploi en chef veut jouer dans un autre : par exemple, si, tenant un emploi tragique, il veut jouer dans la comédie, ou si, jouant les rôles de jeune premier, il veut jouer un autre emploi, il ne pourra primer celui qui tenait l'emploi en chef auparavant; mais il tiendrait ledit em- ploi en second, quand même il serait plus ancien que son cama- rade. Notre surintendant pourra seulement l'autoriser à jouer les rôles du nouvel emploi qu'il voudra prendre, alternativement avec celui qui les jouait en chef ou en premier. $ II.» DE LA FORMAtlOR DU RÉPERTOIRE. t. 49. Le répertoire sera formé dans le comité établi par l'art. 30, auquel seront adjointes, pour cet objet seulement, deux femmes sociétaires , conformément à l'arrêt du conseil du 9 décembre 1780(1). 50. Les répertoires seront faits de manière que chaque rôle ait un second ou double désigné, qui puisse jouer à défaut de l'acteur en premier, s'il a des excuses valables , et sans que, pour cause de l'absence d'un ou plusieurs acteurs en premier, la pièce puisse être changée ou sa représentation retardée. 51. Pour veiller à l'exécution du répertoire, deux Sociétaires seront adjoints au comité, sous le titre de semainier^ ; chaque Sociétaire sera semainier à son tour. 52. Si un double étant chargé d'un rôle par le répertoire tombe malade, le chef, se portant bien, sera tenu de le jouer, sur l'avis que lui en donnera le semainier. 53. Un acteur en chef ne pourra refuser de jouer ni abandon- ner tout à fait à son double aucun des premiers rôles de son em- ploi ; il les jouera, bons ou mauvais, quand il sera appelé par le répertoire. (f ) Cet arrêt se trouve au Dépôt des Lois. — 34 — 4. Aucun acteur en chef ne pourra se réserver un ou pltisîetirs rôles de son emploi, j Le comité prendra des mesures nécessaires pour que les doubles soient entendus par le publie dans les prin- cipaux rôles de leurs emplois respectifs trois ou quatre fois par mois. II veillera également à ce que les acteurs à Fessai soient mis à portée d'exercer leurs talents et de faire juger leurs progrès. Les acteurs jouant les rôles en second pourront réclamer en cas d'inexécution du présent article; et le surintendant donnera des ordres sans délai pour que le comité s'y conforme, sous peine, envers l'acteur en chef opposant et chacun des membres du co- mité qui n'y auront pas pourvu , d'une amende de trois coïts francs. Notre conimissaire près le Théâtre sera responsable de l'inexé- cution du présent article , s'il n'a dressé procès-verbal des contra- ventions, à l'effet d'y faire pourvoir par le surintendant, et de faire payer les amendes. « 55. Nos comédiens seront tenus de mettre tous les mois un grand ouvrage, ou du moins deux petits ouvrages , nouveaux ou remis. Dans le nombre de ces pièces seront des pièces d'auteurs vi- vants. 11 est enjoint au comité et au surintendant de tenir la main a l'exécution de cet article. 56. Les assemblées de^ samedis de chaque semaine continue- ront d'avoir lieu; et tous les acteurs seront tenus de s'y trouver pour prendre communication du répertoire. 11 continuera d'être délivré des jetons aux acteurs présents. 57 . Tous acteurs ou actrices pourront faire des observations, et demander des changements au répertoire pour des motifs vala- bles, sur lesquels il sera statué provisoirement par le commissaire impérial , et définitivement par le surintendant. 58. Le répertoire se fera , la première fois , pour quinze jours. 11 en sera envoyé copie au préfet de police. Le samedi d'après se fera celui de la semaine eu suivant , et ainsi successivement. 59. Quand le répertoire aura été réglé , chacun sera tenu de jouer le rôle pour lequel il aura été inscrit , à moins de causes lé- gitimes approuvées par le comité présidé par le commissaire îm- *. — 53 — périul , et doot it sera rendu compte au Eurintendant , sous peiue de cent tinquante fraftes d'amende- 60. Si un acteur ayant &itt changer la représentation pour cause de maladie , est aperçu dans une promenade, un spectacle, ou s'il sort de chez lui , il sera mis à une amende de trois cents francs. Det Débuts. 61 . Le surintendant donnera seul les ordres de début sur notre Théâtre-Français. Les débuts n'auront pas lieu du f novembre jusqu'au 15 avril. 62. Ces ordres seront prcsentés au comité, qui sera tenu de les enregistrer, et de mettre au premier répertoire tes trois pièces que les débutants demanderont. 63. Le surintendant pourra appeler pour débuter les élèves de notre Conservatoù« , ceux des maîtres particuliers, ou tes acteurs des autres théâtres de notre Empire ; auquel cas , leurs engage- ments seront suspendis, et rompus s'ils sont admis à l'essai. 64. Les acteiuti et actrices qui auront des rSles dans ces pièces ne pourront refuser de les jouer, sous peine de cent dnquante Irancs d'amende. 65 On sera obligé indispensablement à une répétition entière pour chaque pièce où les débutants devront jouer, sous pdne de vingt-cinq francs d'amende pour diaque absent. 66. Le comité ^posera ensuite d'autres râles à jouer par te débutant; et le surintendant en déterminera trois, que le débutant sera tenu de jouer après des répétitioiis particulières et une répé- tition générale, comme il est dit à l'art. 6â. 67. Les débutants qui auront eu des succès et annoncé des ta- lents seront reçus à l'essai au moins pour un an, et ensuite comme Sociélab^ par le surintendant, selon qiill le jugna con- venable. TITRE V. Hé* nè«c« noNvellM cl de* Aatcan. 68. La lecture des pièces nouvelles se fera devant un comité — Dé- composé de neuf personnes choisies parmi les plus anciens So- ciétaires, par le surintendant, qui nommeA en outre trois sup- pléants, pour que le nombre des membres du comité soit tou- jours complet. 69. L'admission a lieu ù la pluralité absolue des voix. 70. Si une partie des voix est pour le renvoi à correction , on refsdt un tour de scrutin sur la question du renvoi , et on vote par oui ou non. 71. S'il n'y a que quatre voix pour le renvoi à correction, la pièce est reçue. 72. La part d'auteur dans le produit des recettes , le tiers pré- levé pour les frais, est du huitième pour une pièce en cinq ou en quatre actes , du douzième pour une pièce en trois actes , et du seizième pour une pièce en un et en deux actes; cependant les auteurs et les comédiens peuvent faire toute autre convention de gré à gré. 73. L'auteur jouit de ses entrées du moment où sa pièce est mise en répétition , et les conserve trois ans après la première représentation, pour un ouvrage en cinq et en quatre actes, deux ans pour un ouvrage en trois actes, un an pour une pièce en un ou deux actes. L'auteur de deux pièces en cinq ou en quatre actes, ou de trois pièces en trois actes, ou de quatre pièces en un acte, restées au théâtre, a ses entrées sa vie durant. TITRE VI. De la Police. 74. La présidence et la police des assemblées, soit générales, soit des divers comités, sont exercées par le commissaire impérial. 75. Tout sujet qui manque à la subordination envers ses su- périeurs , qui , sans excuses jugées valables , fait changer le spec- tacle indiqué sur le répertoire, ou refuse de jouer soit un rôle de son emploi, soit tout autre rôle qui peut lui être distribué pour le service des théâtres de nos palais , ou qui fait manquer le service en ne se trouvant pas à son poste aux heures fixées, est con- damné, suivant la gravité des cas, à l'une des peines suivantes. 76. Ces peines sont les amendes, l'exclusion des assemblées — o8 — de cinq centè francs, qui sera versée dans la caisse deé pauvres, à Ja diligence du préfet de police. 84. Tout Sociétaire ayant trente années de service effectif pourra obtenir une représentation à son bénéfice, lors de sa re- traite : cette représentation ne pourra avoir lieu que sur le Théâ- tre-Français, conformément à notre décret du 29 juillet 1807. 85. Tout sujet retiré du Théâtre-Français ne pourra reparaître sur aucun théâtre, soit de Paris, soit des départements, sans la permission du surintendant. 86. Toutes les affieures contentieuses seront soumises à Texamen d'un conseil de jurisconsultes ; et on ne pourra faire aucune pour- suite judiciaire au nom de la Société sans avoir pris l'avis du conseil. Ce conseil restera composé ainsi qu'il l'est aujourd'hui , et siéra réduit à l'avenir, par mort ou démission , au non^re de troîâ Ju- risconsultes, deux avoués, et au notaire du Théâtre. En cas de vacance, la nomination se fera par le comité, avec l'agrément du surintendant. *^ 87. Le surintendant fera les règlements qu'il jugera nécessaires pbur toutes les parties de l'administration intérieure. 88. Les décrets des 29 juillet etl^^ novembre 1807 sont main- tenus en tout ce qui n'est pas contraire aux dispositions ci-dessus. TITRE VIII. Des élèves du Théâtre-Français. § I. NOMBRE, NOMINATION, INSTRUCTION ET ENTRETIEN DES ÉLÈVES. 89. 11 y aura à notre Conservatoire Impérial dix-huit élèves pour notre théâtre-Français, neuf de chaque sexe. 90. Ils seront désignés par notre mim'stre de l'intérieur; ils ' seront âgés au moins de quinze ans. * 91 . Ils seront traités au Conservatoire comme les autres pen- sionnaires qui y sont admis pour le chant et la tragédie lyrique. 92. Us pourront suivre les classes de musique; mais ils seront plus spécialement appliqués à l'art de la déclamation , et suivront exactement les cours des professeurs , selon le genre auquel ils seront destinés. 93. A cet effet, indépendamment des professeurs, il y aura, — 59 — pour l'art dramatique, deux répétiteurs d'un genre différent, les- quels feront répéter et travailler les élèves, chaque jour, dans les intervalles des classes, à des heures qui seront fixées^ 94. 11 y aura, en ojutre, un professeur de grammaire, d'his- toire et de mythologie appliquées à l'art dramatique , lequel en- seignera spécialement les élèves destinés au Théâtre-Français. 95. Les élèves seront examinés tous les ans par les professeurs et le directeiu* du Conservatoire; et il sera rendu compte du ré- sultat à notre ministre de l'intérieur et au surintendant des théâtres. 96. Les élèves qui ne donneraient pas d'espérances ne conti- nueront pas leurs cours, et ils seront remplacés. 97. Ceux qui ne seraient pas encore capables de débuter sur notre Théâtre-Français pourront, avec la permission du siu;inten- dant , s'engager pour un temps au théâtre de l'Odéon , ou dans ies troupes des départements. 98. Ceux qui seront jugés capables de débuter pourront rece- voir du surintendant un ordre de début , et être , selon leurs moyens, mis à l'essai au moms pendant un an, et ensuite admis comme Sociétaires, comme il est dit article 67. § IL DES DÉPENSES POUR LES ÉLÈVES DE L*ART DRAMATIQUE. 99. La dépense pour chacun des élèves est fixée à onze cents francs; Le traitement pour chacun des répétiteurs, a deux mille francs ; Le traitement du professeur, à trois mille francs. 100. En conséquence, notre ministre de l'intérieur disposera, sur le fonds des dépenses imprévues de son ministère, d'une somme de vingt-six mille huit cents francs en sus de celle allouée pour notre Conservatoire impérial de musique. 101 : INos ministres de l'intérieur, de la police , des finances , du trésor, et le surintendant de nos spectacles, sont chargés, chacun en ce qui le concerne , de l'exécution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des lois. Signé NAPOLÉON Par IT.mpereur : Le Ministre Secrétaire. (tÈtat par intérim^ S'Kjnv Duc DE CâDORë DOCUMENTS HISTORIQUES RELATIFS A LA COMEDIE FRANÇAISE SOUS LE REGNE DB li'iainPERKlJil MAPOUBOM I**. Il est incontestable que la période qui s'est écou- lée depuis le commencement de ce siècle jusqu'à la fin de l'Empire, et pendant les premières années de la Restauration, a été une grande époque pour la Comédie française; mais époque remarquable, il faut bien le dire, surtout au point de vue de l'exé- cution de nos chefs-d'œuvre dramatiques. Le Théâ- tre-Français était grand seulement par l'admirable ensemble de son personnel, composé des premiers artistes du monde ; et quant à la littérature drama- tique du temps, elle n'a pas jeté un bien vif éclat. Le génie de Napoléon pouvait bien reconstituer une institution grandiose; il né pouvait pas créer des poètes, lorsque toutes les intelligences supérieures étudiaient l'art de la guerre et n'aspiraient qu'aux — t>2 — suprêmes honneurs militaires que l'Empereur savait prodiguer. Depuis le 31 mai 1799 , jour de l'ouverture du Théâtre par tpus les comédiens français réupis. Van- cienne Comédie française commençait à exister : elle avait pris possession, comme nous l'avons dit, de la salle de la rue Richelieu, embellie et restaurée ; et, en attendant de nouveaux ouvrages, les comédiens sociétaires attiraient la foulé ravie d'assister à la re- naissance de la Compagnie illustre qui avait traversé bien des orages pour se retrouver reconstituée sous la main puissante d'un grand homme. De 1800 à 1803, le personnel de la Comédie française se com- posait ainsi : MoLÉ, l'acteur le plus accompU, la plus grande illustration de l'ancien Théâtre-Français; Momvel, reçu en 1772; Dcgazon, 1772; Dazincourt, 1778; Fleury , de la même année ; Vanhove ; Florence , 1779; Saint-Prix, 1784; Saint-Fal , de la môme année; Naudet, 1786; Laroghelle, 1787; Talma, 1785; Grandménil, 1791 ; Alexandre Duval; Cau- MONT ; MiCHOT, venu du théâtre des Variétés du Pa- lais-Royal au Théâtre de la République ; Baptiste Cadet, du Théâtre de la République; Damas; Bap- tiste aîné, qui avait fait partie du théâtre du Marais en 1791, et qui était entré au Théâtre de la Répu- blique en 1793; Armand et Lapon, nouvellement reçus ; — 63 — Mesdames Laghassaigne , reçue en 1769; Suin, 4776; Raucourt, 1773; Louise Contât, 1777 Thénard, 1781; Devienne, 1785; Emilie Contât Vanhove, 1785, depuis M'^rTalma ; Fleury, 1791 Mezeray, de la même année; Mars cadette (la célè- bre), venue très-jeune du théâtre Montansier ; Bqur- goin et VoLNAis, nouvellement admises ; Tous sociétaires. Les pensionnaires étaijent Des- prez, Lacave, Dublin, Marchand ; mesdames Gros, Desrosiers, Patrat. Le commissaire du Gouvernement était M. Mahé- rault, agissant sous les ordres de M. de Rémusat, préfet du palais. Sous le règne de la Terreur, la Comédie française n'avait pas été plus épargnée que tout ce qui exis- tait à cette époque : institution royale , elle devait périr ; propriétaire de biens meubles et immeubles, il fallait les lui confisquer, le tout pour le salut de la patrie. La Comédie française fut, par conséqueat, dépouillée de tout ce qu'elle possédait. Il ne suffisait donc pas de réunir ces magnifiques talents dispersés par les fureurs révolutionnaires, il fallait encore rendre à la maison de Molière une partie de son ancien éclat. C'est cette pensée répa- ratrice qui inspirait le Premier Consul, lorsque, le 2 juillet 1802, il dotait la Comédie française d'une rente annuelle de cent mille francs. Jusque-là, les rapports de la Comédie franç2(ise avec le Premier hv — 64 — Consul avaient été ceux de la reconnaissance, d'un côté, d'une haute sympathie de l'autre. Les comé- diens sentaient que leur destinée dépendait de la protection du chef de l'État ; ils ne laissaient pas échapper une occasion de lui témoigner leur dé- vouement respectueux, et, le 8 octobre 1801, une députation de la Comédie avait été admise à pré- senter au Premier Consul des félicitations au sujet des préliminaires de la paix avec l'Angleterre : quant à Napoléon Bonaparte, l'Empire existant déjà dans sa pensée, il comprenait que la gloire du Théâtre-Français devait être une de ses gloires, que la Comédie française serait son théâtre ; et, par quel- ques actes d'autorité, il commençait pour ainsi dire à prendre possession. Ainsi, le 6 janvier 1802 , Talma, Desprez, M""^ Petit Vanhove etM^^^ Raucourt recevaient l'ordre de se rendre à Lyon. C'était comme un prélude des spectacles de la cour. Enfin^ l'acte de dotation du 2 juillet 1802 vint consacrer des liens indissolubles . Comme ce document est un des plus importants dans l'histoire du Théâtre- Français, nous le transcrivons ici textuellement : Paris, le i3 messidor Tan x delà République française, une et indivisible. Les Consuls de la Republique ^ sur le rapport du ministre de l'intérieur^ Arrêtent : Article premier. Au premier vendémiaire — 65 — prochain , rinscription au grand-livre de la dette publique, n** i423i, volume 24, somme 100,000 fr., sera transférée à la Caisse d'a- mortissement par le ministère de l'intérieur, et le produit en sera versé dans la caisse du Th éâtre-Français . Article 2. Au moyen dudit versement, les comédiens français acquitteront : I** Le loyer de leur salle ; 2** Les pensions de retraite qui seront ac- cordées avec l'agrément du gouvernement ; 3** L'indemnité annuelle qui a été promise à quelques artistes, à l'époque de leur réunion au Théâtre de la République , et qui a été payée jusqu'à ce jour sur les fonds du minis- tre de l'intérieur. Article 3. La recette journalière de la Co- médie sejra employée à payer les parts et di- visions ou fractions de part des comédiens, conformément à l'état qui existe aujour- d'hui. Il sera pareillement pourvu , sur les mêmes fonds, au traitement de ceux qui ne sont pas reçus à part, et à toutes les autres dépenses. Aucun comédien ne recevra, à l'avenir, ni — 66 — supplément , ni indemnité sur les fonds du ministère de l'intérieur ou de la police. Article 4- A compter du i ^^ vendémiaire an XI , le prix des loges , par quelques per^ sonnes quelles soient occupées, sera versé dans la caisse du théâtre. Article 5.* Il sera soumis incessamment aux Consuls, par le ministre de l'intérieur, un règlement de police et d'administration pour tout ce qui intéresse la Comédie fran- çaise. Article 6. Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté. Le Premier Consul, Signé : BONAPARTE. Pour le Premier Consul : Le secrétaire d'État , Signé : Hugues B. MARET. Pour ampliation : Le ministre de Vintérieur, Signé : Chaptal. Pour ampliation : Le commissaire du gouvernement y Signé : MahérauH. — 67 — A partir de 1802, les rapports de l'autorité avec la Comédie firançaise deviennent de plus en plus fréquents^ Le théâtre une fois reconstitué et doté, il fallait le réglementer. Nous allons suivre pas à pas cette réglementation intérieure, pleine de sollicitude et de détails, et nous bien convaincre que M. de Ré- musat, premier chambellan de l'Empereur , n'exer- çait pas seulement une simple surveillance, mais aussi qu'il gouvernait et administrait, absolument comme le premier gentilhomme de la chambre du roi sous l'ancien régime, et, on doit le dire, avec les mêmes sentiments des convenances, des droits et des devoirs de chacun, avec cet esprit de la légalité, d'équité et des intérêts bien compris du Théâtre- Français. Suivons l'ordre chronologique ; c'est une route tracée, infaillible, et qui nous mène droit au but. Alexandre Duval, auteur dramatique et artiste sodétaire du Théâtre-Français, venait de faire re- présenter sa comédie X Edouard en Ecosse^ lorsque, le 2 février 1802, un ordre supérieur vint en dé- fendre la deuxième représentation. Les allusions politiques fourmillaiei^t dans cet ouvrage, et le mo- ment était mal choisi pour les provoquer. Le 5 avril, mort d'Etienne Dubus-Champville, sociétaire qui peu de temps auparavant avait joué, pour la dernière fois, le rôle du marquis dans \e Joueur. Une inscription fut placée sur la tombe de Ghampville aux frais de 5. - 68 — M"*^ Devienne. Une autre perte, plus sérieuse, me- naçait la Comédie française ; le 24 avril, le célèbre Mole jouait son dernier rôle, celui de Dubriage du Vieux Célibataire. Il ne devait plus remonter sur la scène qu'il avait illustrée par son inimitable talent depuis tant d'années. Mole mourut le H décembre suivant, à l'âge de 69 ans, et après 48 années de services. Cette mort produisit l'effet d'un grand événement. Paris tout entier s'en émut. Les obsèques du doyen de la Comédie française eurent lieu le 13 décembre, au milieu d'un concours immense. Mole était membre de l'Institut. La Comédie fran- çaise tout entière, la Comédie italienne, les artiste» de l'Opéra, du Vaudeville, de Louvois, des Bouffes italiens, une députation de l'Institut, dans laquelle on distinguait M. Bigot de Préamenéu, le général Jubié, au nom du Premier Consul, trois cents per- sonnes de toutes les conditions, assistèrent au convoi, composé de plus de trente voitures de deuil. Le cor- billard était attelé de six chevaux. Un service so-. lennel eut lieu à Saint-Sulpice , et le curé de cette, église y prononça le panégyrique de Mole, en s'é- levant contre le préjugé qui pèse sur la classe des comédiens. Le convoi revint ensuite au domicile du défunt, rue Corneille, pour se diriger du c6té de la barrière d'Enfer, et gagner de là Antony,oii Mole avait voulu être enterré. A Antony, le corps fut en- core présenté à l'église, où il fut reçu par le curé et — 69 — lé maire, qui prononcèreDt chacun un discours sur les grands talents, la gloire, la célébrité, les qualités publiques et particulières de Mole ; Monvel, Auguste Mole et M. Mahérault prirent ensuite la parole, et Mole fut inhumé au milieu d'un champ qui était sa propriété, dans un tombeau entouré de fossés bordés de peupliers et de cyprès. Il nous semble curieux de transcrire ici la pièce suivante qui a tout Tattrait d'un document his- torique : 12 décembre 1802. « Dépositaire des derniers sentiments de Fran- « çois-René Mole, c*est avec satisfaction que je re- « çois sa dépouille mortelle, pour la conduire au « lieu de repos qu'il s'est choisi lui-même. Ainsi, la « commune d' Antony se glorifiera longtemps de pos- « séder un homme justement célèbre , un des plus «'beaux génies de l'art dramatique. « Et tandis que la piété filiale s'empresse de lui « élever un monument sacré, tandis que ses collè- « gués et ses amis en pleurs, que la France renais- tf santé attache à ses longs travaux et à ses rares « talents les regrets les plus sincères et les plus tou- « chants souvenirs; « Nous, ministres des autels, au nom de la reli- ef gion, nous prierons le Seigneur notre Dieu qu'il « lui fasse paix et miséricorde et qu'il daigne l'àd- — 70 — « mettre aa nombre de ses élus dans le séjour dé « l'immortalité glorieuse. Baptiste aîné, est chargée d'être l'organe de la Co- médie auprès du gouvernement. Vers le même temps , on met sur le tapis la re» prise du Mariage de Figaro. Dugazon refuse for- mellement de jouer le rôle de Figaro, affirmant qu'il n'en serait jamais l'interprète au Théâtre-Français. Ne pardonnait-il pas à l'auteur d'avoir destiné ce rôle à Préville, et, sur le refus de Préville en raison, de son âge, ne pouvait-il pas oublier que Dazincourt l'avait créé? Pendant l'année 1803, la Comédie française avait perdu M"® Dumesnil, décédée à l'âge de quatre- vingt-dix ans, et Vanhove, mort dans la maison et dans le lit de Talma , et inhumé à Brunoi , sous un gros noyer, dans la propriété de son gendre. Talma avait épousé, l'année précédente. M"® Petit Vanhove. Enfin , M™® Elisabeth Gontier, veuve Drouin, était morte le 2 août, à Verrières, à l'âge de quatre-vingt- trois ans. Le 2 juin 1803, la Comédie donne à l'Opéra une représentation A'Esther, au bénéfice et pour la re- traite de M™® Vestris. Cette représentation produit une somme de 20,000 fr. — Le 5 juin, au Théâtre- Français, une représentation de Gahrielle de Vergj — 74 — bution des rôles et à la confection du répertoire. De ce jour date le rétablissement de la hiérar- chie et des droits acquis par l'ancienneté dés ser- vices rendus. L'ordre porte qu'il ne peut jamais y avoir plus de deux acteurs doubles ou en second dans une même pièce. En même temps, le comité faisait respecter ses privilèges, et nous le voyons qui proteste, de son côté, contre une représentation 6i Andiomaquej annoncée comme devant être jouée par M"® Duchesnpis à la Porte-Saint-Martin. Une guerre réelle, implacable, une rivalité ayant de nombreux partisans dans les deux camps, et qui n'offrait d'exemple que la lutte de M"® Sain val et de M™® Vestris, s'était élevée entre M"® Georges et W^ Duchesnois. Toutes deux promues au grade de sociétaires par arrêté de M. de Rémusat, du 17 mars 1804, élevaient la même prétention à la prio- rité ; et si une grande beauté plaidait en faveur de M"® Georges, il est demeuré incontestable que les gens de goût et les amateurs éclairés préféraient le jeu passionné, la sensibilité et la diction de M"^ Du- chesnois. Il fallait cependant mettre un terme à cette guerre intestine, beaucoup plus nuisible au réper- toire et au service intérieur du théâtre qu'aux plai- sirs du public, qui y trouvait un aliment de curio- sité. En conséquence, en vertu de la décision prise le 5 mai 1 803 pour le rétablissement des droits hiérarchiques, M. de Rémusat, par un nouvel arrêté — 75 — du 9 juin 1804, voulut régler la position respective des deux actrices rivales. M"* Duchesnois eut la priorité sur le registre des sociétaires aux assemblées, où elle était la première à donner son avis, aux droits de choisir sa loge et de nommer à un poste vacant, et, comme ni Tune ni l'autre des deux concurrentes n'étaient alors chefs d'emploi, il fut décidé que M"® Duchesnois doublerait la première les grandes princesses, et M"* Georges, la première, les rôles de rein^. — Le même jour, Lacave et M"* Desrosiers étaient nommés sociétaires. Le 4 juin 1804, la Comédie française, M. Mahé- rault, commissaire du gouvernement, en tête, prête, à l'Hôtel de ville, le serment prescrit par le sénatus- consulte pour l'Empire. Cet usage pour les comé- diens français est tombé en désuétude, mais cela voulait dire alors que le Théâtre-Français était con- sidéré officiellement comme une institution inhé- rente à l'Etat. — Le 20 juin, mise à la retraite de Florence, so- ciétaire. — Le 3 juillet, la formule des comédiens ordinaires de F Empereur remplace sur les affiches celle des comédiens français sociétaires. — Le 5 octobre, mort de M*"* Vestris, ancienne élève de Lekain, retirée depuis deux ans, après trente ans de services , et âgée de soixante-deux ans. — Le 21 , dernière représentation de M™* Lachassaigne, — 76 — qui parait encore une fois, après trente-neuf ans de services, dans le rôle de Dorilée de Mélanidej^i le M novembre, représentation de retraite et au béné- fice de Dupont; on joue Phèdre au théâtre deTIm^ pératrice (Louvois) : recette 7,300 fr. Pendant ce temps, M. de Rémusat, nommé pre- mier chambellan de la maison impériale, poursuivait son œuvre réglementaire. Le 3 novembre 1804, pa- raît une ordonnance sur les congés, en vertu de la- quelle, et attendu les abus existants, il demeure interdit d'accorder plus de deux congés à la fois. Mais ce n'est là, au bout du compte, qu'un détail! M. de Rémusat comprend qu'un règlement général est devenu indispensable, et, le' 21 novembre, il signe les dispositions suivantes : A partir de ce jour, le répertoire étant fait, les distributions proclamées, les lectures çt les répétitions fixées , les semainiers ne peuvent rien changer, sans motifs sérieux, sous peine pour eux de SO francs d'amende. Aucun aô- teur ne peut annoncer la veille qu'il ne jouera pas le lendemain, à moins de 150 francs d'amende s'il a part entière. Tout chef d'emploi forcé de ne pas jouer le lendemain .doit avertir son double la veille ; l'amende comme la première. Faire manquer un' spectacle équivaut à Une amende égale au produit de cette représentation. Un comédien restant deux mois et demi sans faire son service iest privé pendant un an du titre et des appointements de sociétaire; — 77 — en cas de récidivç , pendant deux ans ; la troisième fois, il est exclu de la société sans pension. Aucun comédien ne peut voter aux lectures que six ans après sa réception, à moins qu'il n'ait eu trente ans d'âge accomplis au moment de sa réception ; mais il est admis aux lectures et reçoit son jeton. Tous les bulletins votants doivent être motivés. Tout comé- dien sociétaire doit savoir son répertoire en entier,' et nul ne peut être reçu aux appointements sans en connaître au moins la moitié. Il suffit de lire de pareilles dispositions pour en apprécier toute la portée, et les développements sont bien inutiles. L'année 1805 s'inaugura par un nouvel ordre qui imposait à tous les sociétaires, sans exception, Tobli-^ gation de paraître dans les cérémonies des ouvrages de Molière, le Bourgeois gentilhomme et le Malade imaginaire : hommage rendu à l'immortel créateur de la Comédie française. Rien de plus remarquable cette année que le début de M"® Amalric Contât (4 février), dans les rôles de Donne de Tartufe, et Lisette du Cercle; et celui de Michelot (29 mars), dans les rôles de Britannicus, dans la tragédie de ce nom, et de Dormilli des Fausses Infidélités . — \jd 15 avril, représentation A'Esther, à l'Opéra, pour la retraite de M™® Suin, après 30 ans de services; la recette s'élève à 17,000 fr. — Le i" juin, représentation, à l'Opéra, ^Olympie et des — 78 — Mœurs du temps , pour la retraite de M"** La- chassaigne. Le 29 avril 1806 , Monvel, Dazincourt, ïleury, 3aintrPrixse rendent auprès de S.M. l'Empereur, pour lui adresser une pétition ccmcemant les inté- rêts de la Comédie française. L'Empereur aimait à s'occuper lui-même des affaires intérieures du Théâtre-Français ; et, malgré les règlements rendus, il existait encore des abus qu'il s'agissait de ré- primer. Un nouveau décret ne se fit pas attendre, et le 6 mai suivant, le premier chambellan décidait que chaque samedi le comité et deux semainiers arrête- raient le répertoire, qui serait soumis à l'assemblée générale le lundi suivant; que tout acteur refusant déjouer, sans cause légitime, serait passible d'une amende et soumis à un rapport constatant les motife dn refus, lequel rapport adressé au commissaire impérial ; — que tout acteur absent serait censé prêt à jouer, à moins de maladie ; qu'enfin les lectures auraient lieu une fois par semaine. Le 1®*' mai 1806, mise à la retraite de Naudet. — Le 1®' juillet, premier début d'Auguste Thénard, par les rôles d'Hippolyte de Phèdre et d'Auguste de C Amour et la Raison. — Le 13 août, début àe SaintrEugène, dans Polyeucte. — Le 20 ^septembre, le tragédien Lafon aborde, pour la première fois, la comédie , en jouant Glitandre des Femmes sa- iHinlesy et Détieulette de la Gageure imprévue. — 79 — Nous ne constatons ici, comme toujours, que les débuts et les faits importants. Le 7 février 1807, représentation à TOpéra, pour la retraite de Florence, après 30 ans de services. On y joue Bérénice et la Belle Fermière devant une re- cette de 22,000 fr. — Le 14, Larochelle paraît , pour la première fois, dans le rôle de Saint-Germain de XAmani bourru. — Le 1**" mars, mise à la re- traite de Monvel, dont la part entière, par ordre supérieur, est distribuée, ainsi que cela se pratiquait à l'ancienne Comédie française, entre Desprez, La- cave, M"* Mars et M"* Desrosiers. — ^ Le 9 avril, mort de Larochelle, après vingt-cinq ans de ser^ vices , à Fàge de 57 ans. — Le 20 mai , début de Mainvielle, dans le rôle de Xipharès de Mithridate. — Le 10 juin , ordre de se rendre à Paris, expédié à Joanny et à Thénard, l'un tra- gédien et l'autre premier comique au grand théâtre de Lyon. C'était là un des plus anciens et des plus précieux privilèges de la Comédie française de s'ap- proprier tous les talents partout où ils se trouvaient. Sous l'Empire, on conserva un usage qui avait force de loi, et qui contribuait à maintenir le Théâtre- Français à la hauteur de sa mission. Aujourd'hui, en 1853, on prétend que le Théâtre-Français doit rester supérieur à tous les autres, et on a supprimé ses privil^es. Qui veut la fin, cependant, doit vou- loir aussi les movens. r « — 80 — Donc, le 11 juillet 1807, début de Joanuy, dans le rôle de Cinaa, et ensuite dans Rodrigue du Cid •et Oreste ^ Andromaque. — Le 7 août, mort de M^^® Desrosiers , âgée seulement de 32 ans. — ■ Lé 3 novembre, début de Thénard aîné, dans le rôle de Pasquin dû Dissipateur ^ et ensuite dans les rôles de Desmazures de' la Fausse Agnès ^ de Cliton du Menteur^ et de Pasquin des Jeux de V Amour. C'est à Fontainebleau, le l®*" novembre 1807> que l'Empereur Napoléon signe le décret sur la surin- tendance des théâtres impériaux. M. de Rémusat est nommé surintendant général avec pleins pouvoirs administratifs sur les sociétaires du Théâtre-Fran- çais, du Théâtre-Feydeau et du Théâtre de Tlmpé- ratrice. L'Académie impériale de musique obéit à une autre juridiction. M. de Rémusat préside à toutes les admissions, aux règlements des pensions, aux retraites^ à l'obtention dçs gratifications, à la rédaction deâ répertoires, à la fixation des budgets^ aux transactions, aux permissions de congé. C'est le pouvoir central et souverain allié au respect de tous les droits. Le même jour, l'Empereur arrête la suppression, au Théâtre-Français, de tous les billets gratis et de toutes les entrées de faveur. Chaque sociétaires deux grandes entrées et trois places dites de parents ; chaque pensionnaire n'a droit qu'à une place. — La liste des entrées est soumise à l'approbation du — 81 — surintendant. — Les auteurs, pour les six premières représentations de leurs pièces seulement, ne peuvent obtenir que trente places pour un ouvrage en quatre et cinq actes, vingt places pour trois et deux actes, quinze places pour un acte. — Chaque débutant n*a que douze places à sa disposition. On voit qu'à mesure que les années s'écoulent. Tordre se fait. Du reste, on conviendra qu'avec un pareil système, et les claqueurs n'existant pas (il n'y avait pas de claque organisée à cette époque), les succès et les chutes avaient au moins le cachet de la vérité. Bien que ce soit peut-être un hors-d' œuvre dans le travail qui nous occupe, nous ne pouvons résister an plaisir de mentionner ici une décision du comité des sociétaires prise vers le même temps. Il s'agit du chansonnier Laujon, très-âgé alors, et qui ap- portait constamment une pièce nouvelle pour la lec- ture. Par égard pour les 82 ans dé Laujon, et re- connaissant qu'un refus pouvait lui être funeste, le comité décida qu'on simulerait la réception des élucubrations du vieux poëte, en ayant soin de constater que ses héritiers ou ayants cause ne pour- raient jamais en poursuivre la- représentation. II y a dans cet acte si simple une délicatesse touchante qui plait. Le 17 février 1808, début de M"' Rose Dupuis dans le rôle d'Androraaque et celui d'Isabelle de 6 — 82 — X École des Marisy ensuite dans le rôle d'Iphigénie et celui d'Agathe des Folies amoureuses. — Le 30 juillet, début de M"® Emilie Leverd, dans le rôle de Célimène et celui de Roxelane' des Trois Sultanes, — Le 31, dernière représentation dans laquelle Da- zincourt ait paru, à cause de sa santé. Il joue le rôle de Fabrice de V Assemblée de famille^ et Figaro, du Barbier, — Le 19 septembre, départ pour Er- furt. Dazincourt était à la tête des comédiens, en qualité d'ordonnateur des spectacles de la cour, et c'est lui qui fit construire en quelques jours un théâtre digne de recevoir tous les souverains réunis. A Toccasion de ces représentations splendides, les comédiens français reçurent des gratifications dignes de l'Empereur et Roi ; Talma , pour sa part , eut 10,000 francs, et M"^ Rose Dupuis, qui n'avait joué qu'une fois, 3,000 francs. Encore n'obtintrelle de jouer Palmyre de Mahomet que sur l'ordre de M. de Rémusat, M"^ Bourgoin étant chef d'emploi et s'y opposant. Inutile de faire entrer en ligne de compte les cadeaux que tous les artistes reçurent des autres souverains. — Le 10 octobre, début de Devigny dans le rôle de Lisimon du Glorieux^ et^ plus tard, dans les rôles de Francaleu de la Métro- manie^ de M. Rémy des Fausses Confidences^ de Géronte du Bourru bienfaisant. C'est dans le cours de cette même année 1808 que M"^ Georges, au mépris de ses engagements, — 83 — crut devoir partir pour la Russie, laissant la (Co- médie française dans l'embarras à la quatrième re- présentation ^ Arta.rerce de M. Delrieu. Le 13 mai, M''^ Georges est condamnée à une amende de 3,000 francs; le 30, sa part est mise en séquestre; le 17 juin, l'artiste transfuge est rayée du tableau des sociétaires, en perdant tout droit à la pension. Le 7 janvier 1809, translation des archives de la Comédie dans le bâtiment même du Théâtre-Français. Où étaient auparavant ces documents précieux , et combien de pièces inappréciables n'avaient-elles pas été perdues ou soustraites? et qu'on s'étonne après cela que l'écriture de Molière, nous ne disons pas sa signature, soit introuvable? Le 6 mars, représentation de retraite de M"® Louise Contât. {Voir y pour les détails, la aonienclature des spectacles de la cour,) — Le 28, mort de Dazin- court, après trente-trois ans de services. — 1®"^ avril, réception de M"® Leverd comme sociétaire. Le 24, Dugazon joue pour la dernière fois le rôle de Figaro du Barbier île Séifille. — M"® Bourgoin obtient un congé d'un an pour se rendre à Saint-Péters- bourg, la[^ de temps pendant lequel le payement de sa part est suspendu. — 1*"^ mai, représentation de retraite de M"* Fleury, après vingt ans dé services; on reprend le Comte de Warwick et les Deux Pages; la recette s'élève à 8,500 livres. — Le 11 octobre, mort de Gourgaud, dit Dugazon, à l'âge de 6. — 84 — 66 atîs et après trente-neuf ans de sociétariat. — Le 27 novembre, le roi de Saxe et le roi de Wesiphalie viennent voir Athalie et le Legs. — Le 6 décem- bre, \ Enthousiaste^ comédie en cinq actes, en vers, fait une chute complète en présence des rois de Hollande, de Wurtemberg , de Naples et de West- phalie. Le 14 mai 1810, début de M"® Dupont dans les rôles de Finette du Dissipateur ^ et de Lisette des Folies amoureuses. Le 9 juillet, début de M"® Demerson dans les rôles de Nérine du Joueur^ et de Toinette du Malade ima- ginaire. .— Le 7 août, ordre de jouer toutes les pièces mentionnées au rapport du jury pour les prix décennaux. — Le 1®^ octobre, réception de Thé- nard aîné comme sociétaire. — Le 17 janvier 1811, début de Dumilâtre par le rôle d'Achille à'Iphigé- nie. — Le 7 mars, M"*^ Dupont s'essaye dans la tragédie, mais n'y réussit pas. — Le 25 mars, mort deCaumont, ancien sociétaire, à l'âge de 62 ans. — 1 ^^ avril, retraite de Grandménil et de M"® Talma. RéceptioBi de Devigny comme sociétaire. — Le 28 mai, début de Cartigny dans le rôle d'Hector du Joueur, et celui de Labranche de Crispin rii^al. — Le 24 juin, représentation de retraite de Monvel, après trente ans de services; on joue Esther par Talma, et les Deux Gendres par Fleury ; la recette est de 10,000 francs. — 27 juin, début de Baudrier i^i*. — 85 — 1 dans le rôle de Fraucaleu de la Méliomame. — Le 3 juillet, début de Firmin dans le rôle de Séide de Mahomet^ et celui de Dormilli des Fausses Injidë^ lités. — 1®"^ octobre, réception de Michelot comme sociétaire. — Le 13 février 1812, mort de Boutet- Monvel à l'âge de 67 ans; une députation de douze membres de l'Institut assiste à son convoi. — Le lo avril , représentation au bénéfice de la veuve Du- gazon. On reprend Œdipe chez Admèle et les Trois Sultanes^ jouéeis par Talma, Lafon, Baptiste cadet, ftf^Bourgoin, Rose Dupuiset Branchu, de l'Opéra. La recette se mont^ à 20,000 fr. — Le 1®"^ juin, ré- ception de M"® Rose Dupuis comme sociétaire. — I^ 18 août, début de Desmousseaux dans le rôle de Tancrède, et le lendemain dans celui de Rodrigue du Cid. Le 9 septembre, début de M"^ Régnier dans Hermione ^ Andromaque^ et ensuite dans Camille A'Horace. Finissons l'année 1812. Le 11 novembre, repré- sentation au bénéfice delà veuve Caumont. On joue le Misanthrope et la Jeunesse de Henri V. La recette n'est que de 5,200 francs. Caumont, dont nous avons enregistré le décès , s'était retiré avec de graves infirmités sans avoir fait son temps, mais il était fort estimé. Arrêtons-nous un moment. En cette année, si fu- neste pour la France, l'empereur Napoléon était en Russie, luttant avec son génie contre tous les élé- — 86 — ments, la neige, la glacé et le feu. C'est de Moscou, en octobre 1812, qu'est daté T impérissable décret ayant force de Id, et qui est venu constituer d'une manière définitive la grande institution de la Go- médie française. Quoi qu'on ait pu faire, le décret de Moscou est resté debout comme un monument de granit. On a modifié quelques-unes de ses parties , on en renouvellera d'autres ; mais l'esprit de cette charte unique restera la base de toutes les r^le- mentatiôns à venir. Toutes les ordonnances promul- guées depuis lors sont venues se greffer sur le décret impérial, qui ne périra pas. Nous l'avons détaché pour lui donner, dans ce volume, la place d'hon- neur qui lui convient. Le décret de Moscou n'est que le complément, la consécration, inscrits au Bulletin des Lois, de toutes les dispositions adoptées depuis 1802. Aussi, le 28 janvier 1813, la Comédie française, qui ne pouvait pas méconnaître les liens de recon- naissance qui l'unissaient à la fortune et à la des- tinée de l'Empereur, et jalouse de signaler son dévouement à son souverain et à la France, délibé- rait-elle, approuvait-elle, en assemblée générale, le don de trois chevaux pour le service des années. Le 6 février, M. Bernard est nommé commissaire impérial, 'en remplacement de M. Mahérault, appelé à d'autres fonctions. Les succès obtenus par M"^ Emilie Leverd avaient ^ ^ — 87 — été si grands, que la lutte de M"* Ducliesnois et de M"® Georges menaçait de se renouveler avec M"® Mars , rivalité que , malgré tout le talent de M*^ Leverd, rien ne semblait justifier. Par un arrêté en date du 20 février , on s'empressa de remettre chacun à sa place , et M"^ Mars fut laissée en pos- session de remploi en chef des grandes coquettes, des premiers rôles et des premières amoureuses de la Comédie, M"® Leverd venant en double immédiate- ment après. Le 9 mars 1813, mort de M"*® Louise Contât, devenue M"* Pamy. Elle était âgée de 53 ans et avait vingt-sept ans de services. La fin de cette artiste célèbre ne fut qu'une longue suite de souffrances et une cruelle agonie. — Le 1®^ avril, mise à la re- traite de M"® Devienne , après vingt/-sept années de services ; le même jour, réception de M"* Demerson comme sociétaire. Le 12 juin 1813, départ pour Dresde de la plus grande partie du personnel delà Comédie française. A Dresde, les magnificences d'Erfurt se renouve- lèrent, et la magnificence de l'Empereur se surpassa. Fleury et M"^ Mars eurent chacun une gratification de dix mille francs, et Talma de huit mille francs, la comédie ayant eu le pas sur la tragédie, cette fois-là. Le 18 septembre, début de M"**" Louise Thénard, dans le rôle de Dorine du Tartufe^ et celui de Lisette du Jeu de V Amour et du Hasard, — 88 — M"** Georges, depuis longtemps, était reveûue de son expédition. en Russie. Elle avait repris possession de son emploi, qu'il fallut encore réglementer. Le 26 octobre 1813, on arrêta que les premiers rôles tragiques seraient tenus en chef par M"® Duchesnois, M"® Georges les doublant, et que M"^ Georges serait, pour les reines, le double de M"® Raucourt, sauf les rôles de ce genre déjà joués par M"® Duchesnois. • Ici, notre plume s'arrête en présence des événe- ments politiques , n'enregistrant que quelques notes rapides sur le Théâtre-Français du temps de l'Empire; l'année 1814 rentre dans le cadre d'une histoire générale,que nous n'avons pas la prétention d'écrire pour le moment. Le 20, mars 1815, l'Empereur faisait sa rentrée dans Paris, entre huit et neuf heures du soir. Ce soir là on jouait au Théâtre-Français Y École des femmes et V Esprit de contradiction. Deux cent vingt-cinq francs de recette, que. l'on parvint à réaliser, sont encore un chiffre énorme, eu égard à l'anxiété gé- nérale assistant à la marche triomphale de Napoléon. Le 27 mars (l'Empereur ne perdait pas de temps), M. le duc de Montesquiou était nommé surintendant des théâtres impériaux et M. Bernard confirmé dans son poste de commissaire impérial près le Théâtre- Français. Le 21 avril, l'Empereur assiste au spectacle ; il vient voir Hector et le Legs. — Le H mai, Mon- rose commence ses débuts. Il joue successivement k — 89 — Mascarilleder^/of/rd/'^ Pasquin du Dissyjaieur, Du- bois des Fausses Confidences, Pasquin de V Homme à bonnes fortunes ^ l'Olive du Grondeur^ Scapin des Fourberies^ Sganarelle du Festin de Pierre , Des- mazures de la Fausse Agnès, le Mariage de Fi- garo, etc. — Le 5 juin, M'** Mars aînée débute par les rôles d'Orphise de la Coquette corrigée, et d'A- raminte du Cercle, et c'est là le dernier fait que nous aurons désormais à constater. L'ennemi était à nos portes, la France en deuil^ l'Empereur succombait malgré une défense héroïque, plus grand qu'il ne l'avait jamais été. Paris était dans la consternation ; le 22 juin, le Théâtre-Fran- çais réalisait 65 fr. de recette; le 23, 132 fr. ; le 26, 94 fr. ; le 27, 165 fr. Le 28 juin, il faisait re- lâche : les alliés entraient dans la capitale, tout était consommé. PROGRAMME OFFICIEL DES SPECTACLES DONHSS à la Cour, par la Gmnédie frai^ise, depuis 1802 josqi'ei 181 S, AVKC LU RRPRSSEITTATIONS DU THRATRE-VRANÇAIS AUXQUKI LES SA MAJKSTK l/Emperear ^APOlitiOM 1«' m aMisté. PROGRAMME OFFICIEL. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 14 août 1802. Spectacle gratis, la veille de la naissance du Pre- mier Consul. (Adélaïde du Guesclin. — Crispin médecin.) THÉATRE-FRANÇAIS. 15 août. Relâche à cause de la fête du Premier Consul. THÉATRE-FRANÇAIS. 20 août. Le Premier Consul et M™* Bonaparte assistent à la représentation d'ÂNDROMAQUE y par Talma et M"** Duchesnois, et du Legs, par Fleury etM"*Talma. — 94 — THÉATRE-FRANÇAIS. 24 janvier i80S. Le Premier Cousul assiste à la première représen- tation du Séducteur amoureux ^ comédie en trois actes et en vers, de Longchamps, et jouée par Fleury el M?"^ Mézeray. THÉATRE-FRANÇAIS. 3 mai 1803. Le Premier Consul assiste à la reprise de PoLnoKTrB^ avec Talma, dans le rôle de Sévère. THÉATRE-FRANÇAIS. 5 mai 1803. Le Premier Consul assiste à la représentation du Jeu de l'Amour et du Hasard, par Baptiste aîné, Da* zincourt et M"* Desrosiers, et des Trois Sultanes, comédie jouée par Lafon,Dazincourt, Baptiste cadet, M™** Bourgoin, Mézeray et Gros. THÉATRE-FRANÇAIS. 14 mai 1803. Le Premier Consul assiste à la représentation de PoLYBucTE, par Talma. — 95 — THEATRE-FRANÇAIS. 35 mai 1803. Le Premier Consul assiste à la représentation de Tartufe, joué par Baptiste cadet; Grandménil, Orgon; Fleury , Valère; Elmire, M"® Contât; M"** Mars, Marianne. On a fini par les Militaires, fait historique en trois actes, en prose, de M. Fa- vières. SAINT-CLOUD. 12 juin 1803. Première représentation donnée comme service de la cour : EsTHER, avec les choeurs; la tragédie de Racine est jouée par lUma, Monvel, Lafim, 11"*^ Duchesnois, Volnais, etc. Les mi- ûtres, les amlMmadeuis, tous les officiers de la suite du Premier Consul assistent à cette représentation, qui sert d'inauguration à la salle dn châtean. Après la tragédie, Lafon fiait la lecture d'une eaniaie de M. Fontanes, relative à la guerre avec FAngleterre. Le 18 juin 1803, Monvel part à quatre heures du mâtm et se rend à Bruxelles, pour le voyage du Premier Consul. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 14 août 1803. Spectacle gratis, la veille de la naissance du Pre- mier Consul. (l'Intrigue épistolaire. — les Héritiers.) — 96 — THÉATRE-FRANÇAIS. 15 août 1803. Relâche à cause de la fête du Premier Consul. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 27 septembre 1808. Le Premier Consul assiste à la représentation de Bajazet , par Saint-Prix et M"® Talma , rôle de Roxane. THÉÂTRE-FRANÇAIS. I 29 septembre 1803. Le Premier Consul assiste à la représentation de CiNNA, joué par Mpnvel, Talma^ M"®Geoi^es; le spectacle finit par TÉcole des Maris, par Grandménil et M"" Mars. SAINT-CLOUD. 8 octobre 1803. Représentation d'ANDROMAQUE, avec la distribution demandée par le préfet du palais d'après les ordres du Premier Consul : Oreste, Talma; Pyrrhus y Lafon; Pyladcy Des- prez ; Phénix y Lacave; Hermioney M"® Georges; Andromaque, M"® Duchesnois; Cléoney M"® Thé- nard ; Céphise, M"® Patras. — 97 — SAINT^XOUD. 29 octobre 1803. AGAMEMNONy tragédie en cinq actes, de N. Lemer- der, jouée par Saint-Prix, Talma, Desprez, Lacave, Florence ; M"" Duchesnois, Talma, Bourgoin. M. de Rémusat, après la représentation, vient chercher le ma- niKcrit de la pièce pour le Premier (Consul, qui veut la lire. THÉATRE-FRANÇAÏS. 16 août 1804. Spectacle gratis, jour de la fête de TEropereur Na- poléon. (l'étourdi. — M. DE crac). TOYACiB DB MAYEMCE. Un ordre de l'Empereur a appelé auprès de lui, à Mayence, la plus grande partie des acteurs tragiques pour y faire le service pen- dant son séjour dans cette ville, où Sa Majesté est restée quinze jours pendant le voyage de trois mois qu'elle a fait dans les quatre dépar- tements réunis. Les^ acteurs particulièrement 7 — 98 ~ désignés pour ce service extraordinaire étaient : Saint-Prix, Damas, Lafon, Desprez, Lacave; M"®' Raucourt, Thénard, Bôurgoin, Duchesnois et Gros. Ils étaient accompagnés du secrétaire de la Comédie , du premier garçon de théâtre , du magasinier, du chef des gardes et du perruquier du théâtre. Partis de Paris du lo au lâ septembre 1804, ils étaient arrivés à Mayence du 16 au 18 sep- tembre. On a joué à Mayence : Iphigenie en AuLiDE , le 22 septembre ; Phèdre , le 24 ; CiNNA, le 25; Andromaque, le 27 ; Horace, le 29, et Bajazet., le 3o. L'Empereur a déclaré le service terminé le 2 octobre. — Le 1 1 oc- tobre, tous les artistes étaient à la disposition du Théâtre-Français, à Paris. THÉÂTRE-FRANÇAIS. l" décembre 1804. Spectacle gratis , la veille du sacre et du cou- ronnement de TEmpereur. (le FESrm DE PIERRE^ SQANARELLE.) — 99 — THÉÂTRE-FRANÇAIS. 2 décembre 1804. Relâche à cause du sacre et du couronnement par le Pape Pie VIL SAINT-CLOUD. 24 mars 1805. âthàlie, jouée par Saint-Prix , Talma, Baptiste aîné, Varenne, Lacave, Desprez,Gontier ; M"^ Rau- oourty Duchesnois, Bourgoin, Yolnais, Thénard, Louise Théuard. SAINT4]L0UD. 27 mars 1805. NiGOKÈDEy tragédie de Corneille, jouée par Talma [Niœmèdè)y Baptiste aîné [Prusias), Damas, Des- prez, Varenne ; M"®* Georges {Arsinoé\ Fleury et Gros. THÉATRE^FRANÇAIS. 23 mai 1805. Spectacle gratis, à Toccasion du couronnement de l'Empereur Napoléon, comme roi d'Italie. (bSTHBR. — LES DEUX FRÈRBS). 7. r>-.. ■ .i — 100 — SAINT-CLOUD. 25 juillet 1805. Les Templiers , tragédie en cinq actes , de Ray- nouard^ jouée par Saint-Prix {le grand maitre\ Lafon {le roi)^ Baptiste aîné {Marigny- père)^ Talmç {Marignj fils)^ Desprez, Damas, Lacave, Varenne; M"* Georges {la reine), SAINT-CLOUD. 27jmUetl805. > Le Tartufe de moeurs, comédie en cinq actes et en vers, de Chéron, jouée par Damas, GraDdménil, Armand ; M™®* Mézeray, Voinais, Devienne. L'Empereur avait demandé cette pièce, la veille, à trois heures après-midi; M^** Desrosiers étant absente, M^*' Mézeray a appris le rôle de W^^ Gercourt du jour au lendemain, pour le jouera Saint- Gloud. SAINT-CLOUD. 30 juillet 1805. Le Mariage secret, comédie en trois actes, en vers, de Desfaucheretz , jouée par Saint-FaI, Ar- mand, Lacave, Caumont, Dazincourt ; M™** Contât et Mézeray. Après la comédie, on danse le ballet de la Ro- — 101 — siÈRE par les premiers sujets de l'Opéra^ et arrangé par Gardel. THÉATRE-FRANÇAIS. 14 août 1805. Spectacle gratis , la veille de la fête de l'Em- pereur. (le distrait. — l'aveugle glairvotaut.) THÉATRE-FRANÇAIS. 15 août 1805. Relâche à cause de la fête de l'Empereur. SAINT-CLOUD. 10 septembre 1805. Phèdre, tragédie de Racioe, jouée par Saint- Prix, Damas, Desprez; M™** Duchesnois, Yolnais, Thé- fiard, Gros et Patrat. SAINT-CLOUD. 19 septembre 1805. Le Mbuteur, comédie de P. Corneille, jouée par Fleury {Dorante), Dazincourt {Cliton)^ Armand, La- cave, Naudet, Dublin; M""' Talma {Clarisse\ Emilie Contât, Mars et Devienne. i — 102 — THÉÂTRE-FRANÇAIS. 26 novembre 1805. Spectacle gratis, à Toccasion de rentrée des Fran- çais dans Vienne, capitale de TAutriche. (l'orphelin de la .chine. — GRISPIN MÉOECIN). THÉATRE-FRANÇAIS. 21 décembre 1805. Spectacle gratis, en réjouissance de la bataille d^ Austerlitz, gagnée le 2. (le légataire universel. LA FAUSSE AGNÈS/j THÉATRE-FRANÇAIS. 29 janvier 1806. L'Empereur assiste à la représentation de Man- Lius, tragédie de Lafosse, jouée par Talma, Saint- Prix, Damas, Naudet, Desprez; M™** Fleury, Thé- nard. L'Empereur, qui paraissait pour la première fois en public depuis son retour d'Autriche, est reçu avec enthousiasme. La première scène était jouée au moment de son entrée dans sa loge, mais le public fait recommencer la pièce. THÉATRE-FRANÇAIS. l^'février 1806. L'Empereur assiste à la représentation d'IPHiGÉNiK — 103 — n AuLWE, tragédie de Racine , jouée par Saini- Prix, Lafon, Deaprez^etc. ; M"^ Dochesnois, Fleary, Bonfgoin, etc. THÉATR&FRANÇAIS. 24 féfrior 1806. L'Emperear assiste à la représentation d'ArnAus, tn^gédie de Racine , jooée par Saint-Prix {Joad)j Talma {Abner\ Baptiste aine {Naihan)\ M^ Rao- court {JlhaUe)y VP^ Dachesnois {Josabelh). Eatoe le pramiaret le d wii i ^i i e acte, l'Ea4Wfeiir cnvoieroitire d'anoneor as pabBeFcntiée de Faraiée française dans Naplei. THÉÂTRE-FRANÇAIS. l*' mars 1806. * L'Empereur arrive an Théàtre^rançais au mo- ment où lé premier acte de Merope yetaii de finir. Le public a £ait recommencer la pièce. CestM Rau- court qui joue le rMe de Mérope. SAINT-CLOLD. 13 anil 1806. Athaue, tragédie de Racine. Même distribution que le 24 mar^ 1805. — 104 ~ SAINT-CLOUD. 24 avril 1806. Le Misanthrope, comédie en cinq actes, en vers, de Molière, jouée par Fleury {Alceste\ Baptiste aîné {Philinté)^ Desprez {Oronté)^ Armand i^ caste) j Mi- chelot {Clitandre)^ \)\xf^9zoxï {Dubois) ^ hdxocheWe {le garde des maréchaux)*^ M^^® Contât {Célimène)^ M"' Thénard {^rsim^e% M"" Mars {Éliante). SAINT-CLOUD. l*"^ mai 1806. La Mort dé Pompée, tragédie en cinq actes, de P. Corneille, jouée par Talma {César) j Damas {Pto- lémée)^ Desprez {Photin), Varenne {AchiUas\ Mi- chelot(*S'^///w. Âlonzo\ Baptiste aîné {D. Gormxis). Les Projets de mariage, comédie d'Alexandre Duval, jouée par Michot, Damas, Armand, Dazin- court, et M'**^ Mars. SAINT^LOUD. 5 juin 1806. Le Philosophe sans le savoir, comédie en cinq actes, en prose, de Sedaine, jouée par Baptiste aine {Vunderck père)^Y\^w\^ (Vanderckfils\ Gaumont — 107 — {(PEspatville père)^ Armand {d EspcavilU Jils\ Da- ûx!LWm\{Antoiné)^ Desprez {JLe président)^ Larochelle {Champ€Lgnè)j%à!^Kvs\A CdAQ\{domestique)\ M"*Thé- nard (^W** Fanderck\ M"* Contât' ( la marquise ) , M»* Mare (Ficiorine) , M^ Bourgoin («^ Fan- dercK). SAINT-CLOUD. 8 juin 1806. SsRTORius, tragédie en cinq actes, de P. Corneille, jouée par Saint-Prix , Talma , Damas , Desprez ; HP*** Raucourt et Georges. L'Épreuye nouyelle, de Marivaux, jouée par Tleory, Larochelle, Michot; W^ Thénard, Emilie Contât et Mare. SAINT-CLOUD. 19 juin 1806. Lb Philihte de Molière, comédie de Fabre d'É- glantine , jouée par Fleury , Damas , Larochelle, Baptiste aine, Dazinconrt, Lacave, Baptiste cadet, et W^ Talma. Minuit, comédie en un acte, en prose, de Desau- dras, jouée par Caumont, M""^ Thénard, Mars, De- vienne et Mézeray. — i08 — SAINT-CLOUD. 22 juin 1806. Andromaque (Lafon, Desprez, Damas; M™®* Geor- ges, Duchesnois, etc.). Là Jeunesse de Henri Y, comédie en cinq actes, en prose, de M. Alexandre Daval , jouée par Damas {HenrjX Fleury {Rochester), Michot {Copp)y Ax^ mand (^r/oweircO; M^'Talma {Lady Clara), M"*^ Mars {Betty). SAINT-CLOUD. 26 juin 1806. L'Inconstant, comédie en cinq actes, en vers, de Collin d'Harleville, jouée par Fleury, Lacaye, Da- zincourt, Baptiste cadet; M™** Mézeray el Emilie Contât. Le même jour, les Fausses Confidences, de Ma- rivaux. Fleury {Dorante)^ Caumont {M. Rémy)j Dazincourt {Dubois) j Desprez {Dorimont), Baptiste cadet {Lubiny, M"« Contât {Araminte),W^ Thénard {M^ Argante)^ M"* Devienne {Marton). SAJNT-aOUD. 29 juin 1806. La Mort de Henri IV, tragédie en cinq act^s de — 109 — Legouvé, jouée par Talœa [f/enri ly)^ Damas, La- fon, Desprez ; M"* Duchesnois. Les Fausses Infidélités , comédie en un arte, en vers, de Barthe, jouée par Fleury, Armand, Baptiste cadet; M™* Ck)ntal et Mars. SAINT-CLOUD. 3 juillet 1S06. BRrrANNiGUs, tragédie en cinq actes de Racine , jouée par Talma {Néron) ^ Damas, Baptiste aine, Desprez; M"*" Raucourt i A^rippine j^ Bourgoin, Thénard. L'Amouk et Là Raison, comédie en un acte, en prose, de Pigault-Lebrun, jouée par Lacave, Dazin- court, Armand, Baptiste cadet; M™** Mézeray et Devienne. SAINT-CLOUD. 6 juilleC 1806. L'Intrigue épistolaire, comédie en cinq actes, en vers, de Fabre d'Églantine , jouée par Dugazoïi , Grandménil, Armand, Baptiste cadet, Desprez; M"^ Thénard, Mars, Emilie Contât, Desbross^^. SAINT4X0UD. 10 juillet 1806. Zaïre, tragédie en cinq acte^ de Voltaiii^, jouéi^ — 110 — par Lafon {Orosmane\ Damas^ BapUste aîné, Des*- prez ; RP*^ Bourgoin {Zaïre). Les Originaux, comédie en un acte, en prose, de Fagan, jouée par Dugazon, Armand^ Baptiste atné, Lacave ; M™^ Desroziers et Émitie Ck>ntat^ SAINT43LOUD. 13 juillet 1806. Rhadàmiste et Zénobie de Grébillon , avec Talma dans le rôle de Rhadàmiste^ et M^^ Géoi^es dans celui de Zénobie. Les Rivaux d'eux-mêmes, comédie en un acte, en prose, de Pigault-Lebrun. SAINT-CLOUD. iTjmllet 1806. Le Festin de Pierre, arrangé par Thomas Cor- neille, joué par Fleury, Baptiste aine, Dugazon, Baptiste cadet, Armand, Caumont, etc., et MT** Des- roziers, Emilie Contât, Desbrosses, Mars, Thé- nard, etc. SAINT-CLOUD- 20 juillet 1806. Œdipe, tragédie en cinq actes de Voltaire, jouée — m — par Talma {Œdipe), Lafon, Desprez, Baptiste atné; M"* Rauoourt (Jocasté). Heureusement, comédie en un acte, en vers, de Rochon de Chabannes, jouée par Caamont, Armand, Larochelle; VP^ Talma, Devienne. saint4:loud. U jrallet 1806. Lb8 Femmes sâVAirrEs, comédie en cinq actes^ en v«ps, de HoUère , jouée par Fleury {CUtandré) , Grandménil {Chrysale)^ Dazincourt {Vadius)^ Bap'- tiste cadet (Trissotin), Lacave (^risie), Yarenne (Je noêaire); »P Contât {Phitaminte), W^ Thénard {BéUse), W^ Talma (Arnumde), M"* Mars {Hen- riette), M"* Devienne {Martine). SAINT^LOUD. 27 juillet 1806. Mahomet, tragédie en cinq actes de Voltaire, jouée par Lafon {Mahomet), Baptiste atné, Desprez, Da- mas ; M** Volnais. Le Legs, comédie de Marivaux, jouée par Fleury {te marquis), Michelot {le chevalier), Dugazon {Lépiney, M"* Ck)ntat {la comtesse), M"* Volnais {Hortense), VP^ Emilie Contât {Lisette). Les ambassadeurs de la Porte Ottomane ont assisté à la représentation. — 112 — SAINT^LOUD. 31 juillet 1806. NiGOMÈDE, tragédie en cinq actes de Pierre Cor- neille, jouée par Talma [Nicomèdé)^ Baptiste aîné, Damas , Desprez ; M"® Duchesnois ( Arsirvoé ) , M"® Georges {Laodice). L'Aveugle clairvoyant, comédie en un acte, en vere, de Legrand, jouée par Fleury, Armand, Dugazon, Baptiste cadet; M™** Thénard, Mars. SAINT-CLOUD. 3 août 1806. L'Amant bourru, comédie en trois actes, en vers, de Monvel , jouée par Fleury, Armand , Baptiste aîné, Dugazon, Larochelle ; M™®* Talma et Contât. SAINT-CLOUD. 7 août 1806. Hékaglius, tragédie en cinq actes de Pierre Cor- neille, jouée par Talma {Héraclius\ Damas, Saint- Prix, Desprez ; M™** Raucourt iLéontine\ Georges {Pulchérié)^ Volnais. Les Héritiers^ comédie en un acte , en prose ,' d'Alexandre Duval, jouée par Dugazon, Michot, Armand, Baptiste cadet ; M™** Thénard et Mars. • — HZ — SAINT-CLOl D. 10 aoAt 1806. Bajazbt, tragédie en cinq actes, de Racine, jouée par SaintrPrix, Damas, Desprez; M^ Duchesnois {Roxane\ Boiirgoin, Thénard, etc. La Pupille, comédie en un acte, en prose, de Fagan , jouée par Grandménil , Lacave , Armand ; M™* Volnais, Emilie Contât. THÉAtR&FRANÇAIS. 14 aodt 1806. Spectacle gratis , la veille de la fête de l'Empe- reur. (lBS ■éHEGHMBS. LK5 HÉBmERS.) 15 aodt 1806. Relàdie à cause de la fête de TEmpereur. SAINT^LOLD. 28 aoAt 1806. Iphké!! iB EX AcuDE, tragédie en cinq actes de Ra- cine, jouée 'par Talma {Achille) , Saint- Prix , Des- prez; M"* Raucourt Cl)rtemnesire), M*** Georges {ÈriphHe\ W^ Bourgoin (Iphigénié). 8 — 114 — SAINT-CLOUD. 31 août 1806. La Métromanie, comédie en cinq actes, en vers, de Piron, jouée par Fleury {Damis)j Grandménil (Francaleu) , Baptiste aîné (Balweau) , Armand (/)om/i//?), Dazincourt (Mondor); M"® Mars (/.wc//^), j^iie Devienne (Lisette). SAINT-CLOUD. 4 s^tembre 1806. Le Mariage de Figaro, comédie en cinq actes, en prose, de Beaumarchais, jouée par Fieury(/e comte)^ Dugazon (/i^tf/o), Caumont (^«r/Ao/o), Baptiste cadet {Basile) j Michot {Antonio)^ Larochelle {Bnef- oison)y Lacave [Doublemàin)^ Armand {rhuissier\ Gontier {Grippe-soleit), Dublin {Pédrille) ; M"« Con- tât {la comtesse)^ M"® Devienne (5wza/2/iéf),M"*Mars {Chérubin), W^ Thénard {Marceline), M»«Bour- goin {Fanchette). Danses par les premiers sujets de TAcadémie impériale de musique. SAINT-CLOUD. 18 septembre 1806. Omasis, tragédie en cinq actes de Baour-Lormian^ ^ 115'— joQée par Talma {Joseph) . Damas, Baptiste aîné, Desprez; M"** Yolnais, Mars. L'Esprit de contradiction ^ comédie en un acte , en prose, de Dufrény, jouée par Gaumont, Micbot, Armand, Baptiste cadet ; M™^ Thénard, Mars. SAINT-CLOUD. 6 août 1807. Ésope a la cour, comédie en cinq actes, en vers, de Boursaait, jouée par Flenry {Ésope) ^ Damas {Crésus\ Leclerc(7Yr/v/ie), Desprez {^rhrasybule\ Lacàye{Iphis)j M.iche\oi{P/exgpp€)y Armand (C/), Dazincourt {L)rcas)*j M"* Bourgoin {Arsinoé)^ W^ Mézeray {Laïs), W^ Devienne {Rhodope), M"^ Thénard {Léonide). SAINT4]L0UD. 13 août 1807. Bérénice, tragédie en cinq actes de Racine, jouée par Damas, Lafon, Desprez; M"® Georges. Le Parleur contrarié, comédie en un acte, en vers, de Delaunay, jouée par Damas, Baptiste aine, Caumont, Baptiste cadet, Dazincourt; M™^^ De- vienne et Volnais. 8. — 116 — THEATRE-FRANÇAIS. 14 août 1807. Spectacle gratis , la veille de la fête de TEmpe- reur. (GASTON ET BATARD. S6ANARELLE.) THÉATRE-FRANCAIS. 15 et 16 août 1807. Relâche à cause de la fête de l'Empereur. SAINT-CLOUD. 17 août 1807. Andromaque, par Lafon, Damas^ Desprez; M^^^ Du- chesnois, Georges, Gros, etc. La Gageure imprévue, par Baptiste aîué, Fleury, Dazincourt, Baptiste cadet; M^^ Contât, Bourgoin, Devienne. SAINT^LOUD. 3 septembre 1807. Bajazet, par Saint-Prix, Damas, Desprez; M"**Du- chesnois, Vol nais, Thénard, Gros. Le Procureur arbitre , comédie eu un acte , en vers, de Poisson, jouée par Fleury {Âristé)^ Du- — H7 — gazon {Desquivas)^ Dazincourt {Verdas)^ Lacave {Lisidor\ Caamont {Géronté)\ M"** Gros (la veu\fe\ Thénard (Ja baronne). Devienne (Lisette)^ Bonrgoin {/4g€nor)j Yolnais {Isabelle). SAINT-CLOUD. 17 septembre 1807. Héraclius, par Talma, Damas, Saint-Prix, Desprez; M*" Raùcoart, Georges, Yoinais. L'Heureuse erreur, comédie en un acte, en prose, de Patrat, jouée par Fleury, Armand, Baptiste cadet; M™* Mézeray, Bourgoin, etc. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 19 septembre 1807. L'Empereur et l'Impératrice assistent à la repré- sentation de CiNNA, pour la rentrée de Talma, et du Cercle, comédie de Poinsinet, jouée par Fleury, Dazincourt, Caumont, Desprez; M™** Contai, Méze- ray, Yolnais, Bourgoin, Devienne. Cest la [Nr^ère fois que TEmpereur parait au théâtre à Paris, àeçfim son retour de l'armée. H8 — 25 septembre 1807. Horace, tragédie en cinq actes de Pierre Corneille, jouée par Saint-Prix {le vieil Horace)^ Talma {Ho- race)^ Damas (ûiriace), Baptiste aîné (Tulle\ Des- prez {Falère}^ Lacave (Flaçian); M"f Duchesnois {Sabine), M"« Georges {Camille^ M"* Gros {Julie). 28 septembre 1807. Tartufe, comédie en cinq actes, en vers, de Mo- lière, jouée par Fleury ( 7Vir/w^}, Grandménil {Ch*- gon)j Damas {Valère^^^ Armand {Damis) ^ Lacave {Cléanthe), Dugazon {Loyal) y Baptiste cadet {t exempt) ; M""^ Thénard {M"^ Pernelle\ M"« Con- tât {Elmire)y M^^^Mézemy {Marianne) j M"® Devienne {Donne), M"* Amalric Contât {Flipote), 30 septembre 1807. Iphigénie en Aulide, par Saint-Prix, Talma, De&- prez; M™** Raucourt, Georges, Bourgoin, Thé- nard, etc. • 2 octobre 1807. Le Philinte de Molière, par Fleury, Damas, Mî- chot, Baptiste aine, Dazincourt, Lacave, Baptiste cadet; M"* Mézeray. — 119 — 5 octobre 1807. Rhadaiiiste kt ZtpoBiE , par Taima , Saint-Prix , Damas, Desprez; M'^ Georges. 7 octobre 1807. L'Imtrigde ÉPisTOLAiRE, par DugazoD, Grand mé- nil, Armand, Baptiste cadet, Desprez ; M"*^^ Mars, Tbénard, Emilie et Amalric Ck)ntat. 9 octobre 1807» Œdipe, par Talma , Saint-Prix, Baptiste atné; M"« Raucourt. 14 octobre 1807. Le Cid, par Baptiste atné, Talma, Lafon, Saint- Prix, Desprez; M^^ Duchesnois. 16 octobre 1807. Le Jodedr, comédie en cinq actes, en vers, de Regnard, jouée par Fleury {Falère)y Baptiste atné {Géron£e)y Dogazon {le marquis)^ Dazincourt (Hec- tor), Baptiste cadet (Tout'ri'bas\LacRwe{Galonier), Desprez {Dorante)-, M"* Mézeray {Angélique), M"* Tbénard [la comtesse)^ M"* Devienne {Nérine), W^ Emilie Contât {M^ la Ressource), M"* Amalric Ck)ntat {M^ Priant). •.•l e 120 — •!> 19 octobre 1807. Les Vénitiens, tragédie en ciêq actes, de M. Ar- nault, jouée par Baptiste atné, Damas, Talma, Des* ^f prez ; M"®* Duchesnois, Thénard . • % 23 octobre 1807. Mfthridate , tragédie en ciniq actes de Racine, jouée par Saint-Prix (^//Arifi/a^^), Lafon {Pharnaeé)^ Damas {Xipharès)^ Desprez i^Arbate)^ Yarenne {Arcas) ; M"* Georges [Monime) , M"® Patrat {Phca- diméy 26 octobre 1807. Les Châteaux en Espagne, comédie en cinq actes, en vers, de Collin d'Harleville, jouée par Fleury {Dorlangé)^ Lacave {DorfetUlle)^ Armand {Flonfillé)^ Dugazon (Victor)^ Baptiste cadet {François)^ Dublin [Olwier)\ M'»« Mars {Henriette), M»« Emilie Contât (Justine). 28 octobre 1807. La Mort de Pompée, même distribution que le \ ^^ mai 1 806 à Saint-Cloud . 2 novembre 1807. IpHioÉNiE Ev Tauride, tragédie en cinq actes, de ^ — 121 — Goymood de la Touche, jooée par Talma {Oreste)^ Damas {Pjriade\ Desprez (Thoas), Main vielle {fes- cUwé)j Yarenne (j^rbas) ; M*** Raacourt {Iphigénie)j yp^ Gros {Ismène\ W^ Palrat (Eumène). 4 novembre 1807. L'Optimiste, comédie en cinq actes, en vers, de Collin d'Harleville, jouée par Dugazon {M. de Plin- viUé)j Baptiste aioé {Morinvat), Lacave (Dorfeuit)^ Armand {Belfort)^ Dazincourt {Picard)^ Baptiste ca- det {Lépine)\ M^ Thénard (J/"* de Plinvillé) , W Mars {Angélique), W^ Mézeray {M^ de Rose/le), VP^ Âmalric Contât {Rose). 6 novembre 1807. Hahuus, par Talma et M'*' Dnchesnois. 9 novembre 1807. RoDOGUHK, tragédie en cinq actes, de Pierre Cor- neille, jouée par Talma (Jntiochusjj Damas, Des- prez, Lacave; M"* Raucouri Cléopdtre\ M*** Du- chesnois {Rodogune\ W^ Patrat. 11 novembre 1807. Les Peécspteurs, comédie en cinq actes, en vers, de Fabre d^lautine, jouée par Baptiste atné, Da- — 122 — mas, Caumoni, Grandinénil, Baptiste cadet, M"^^^Thé- nardy Devienne, Talma, Mars, Patrat. 13 novembre 1807. NiGOMÈDE, même distribution que le 31 juillet 1806àSaint-Gloud. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 36 novembre 1807. Spectacle gratis pour la rentrée à Paris de la garde impériale. (GASTON ET BAVARD. — LES FOLIES AMOUREUSES.) LES TUILERIES. 16 janvier 1808. CiNNA, parTalma,Saint-Prix,DamasetM"^6eorges. On devait jouer Bruéis bt Palaprat; mais, après la tragédie^ l'Empereur est obligé de sortir de la salle, dont la température est gladaie. Le théâtre des Tuileries, restauré, ouvrait pour la première fois. LES TUILERIES. 23 janvier 1808. Brutus, tragédie en cinq actes, de Voltaire, jouée par Saint-Prix {Brutus\ Talma {Titus), Lafou, Des- prez, Baptiste aîné; M"* Ouchesnois {T^uUiey — «23 — Bitoiis ET Paiaprat, comédie eu un acte, en vers, de M. ÉtieoDe, joaée par Lafon {Bruéis)^ Fleury KJPalaprat\ Damas {yendàmé)^ Baptiste cadet {Gra- j)m) ; M"« Mars {Af^ Beauval). LES TUILERIES. 6 février 1808. PoLTBUGTE, par Talma, Saint-Prix, Baptiste atné; M"» Georges. L'OaiGmALy comédie en un acte, en vers, d^Hoff- mann, jouée par Fleury, Armand et M^*^ Contât. LES TUILERIES. 13 février 1808. Le Comte d'Essex , tragédie en cinq actes , de Th. Corneille, jouée par Talma {le œmié)j Desprez, Leclerc, Varenne;M"* Raucourt {Elisabeth)^ W^ Du- chesnois {la duchesse)^ M"^ Gros. Le Legs, joué par Fleury, Armand, Dugazon; M"^ Contât, Yolnais et Emilie Contât. LES TUILERIES. 20 février 1808. Yengbslas, tragédie en cinq actes , de Rotrou, jouée par Saint-Prix {Venceslas)^ Talma {LacUslai), \i9ma& {le duc\ Michelol(/^/(^.rtf/irfr^); M"* Georges — 124 — {Cassandré)\, M"® Volnais {Théodora)^ M"* Gros {Léonoré). L'Épreuve NOUVELLE, jouée par Fleury, Michot, DugazOQy Thénard; W^^ Mars et Emilie Contât. LES TUILERIES. 5 mars 1808. Iphigénie en AuLiDE, jouée par Saint-Prix, Talma, Desprez; M™®* Raucourt, Georges, Bourgoin, etc. LES TUILERIES. 12 mars 1808. Œdipe, par Talma {pEdipe\ et M"* Raucourt [Jocasté). Caroline od le Tableau, comédie en un acte, en vers, de Roger, jouée par Grandménil, Damas, Du- gazon ; M""^* Mars et Thénard. SAINT-CLOUD. 31 mars 1808. Electre, tragédie en cinq actes, de Crébillon, jouée par Talma {Oresté), Saint-Prix, Baptiste aîné, Michelot, Varenne, Leclerc ; M"*" Raucourt (^/^c^re), Thénard, Bourgoin, Palrat. Le Florentin, comédie en un acte, en vers, de — 125 — la Fontaine, jouée par Caamont, Micbelot, Dublin, Yarenne ; M*"" Bourgoin, Thénard, Emilie Contât. THÉÂTRE-FRANÇAIS. # 14 août 1808. Spectacle gratis, ia veiiie de la fête de TEm- pereiir. (le GID. LE MERCURE GALANt). THÉ\TRE-FRANÇA1S. 15 août 1808. Relâche à cause de la fête de TEmpereur. SAINT-CLOUD. 18 août 1808. Artaxsrge, tragédie en cinq actes, de Detrieu, jouée par Saint-Prix, Lafon, Damas, Desprez, Le- clerc; M"* Bourgoin. Le Legs, joué par Fleury, Armand, Baptiste cadet ; Emilie Leverd, Rose Dupuis, Devienne. SAINT-CLOUD. 25 août 1808. L'AssBiiBLÉE DE Famille, comédic en cinq actes, envers, de Riboutté, jouée par Fleury, Damas, — 126 — Michot, Armand, Tbénard, Lacaye; M™®* Hézeray, Mars, Rose Dupuis, Devienne. Minuit, par Lacave, M™®* Tbénard, Mars, De- vienne, Bourgoin. SAINT-CLOUD. ' l«r septembre 1808. Philogtète, tragédie en cinq actea, de la Harpe, jouée par Talma (Philoctète)^ Damas, Desprez, Le- clerc, Varenne. SAINT-CLOUD. & septembre 1808. Oreste, tragédie en cinq actes, de Voltaire, jouée par Talma {Oreste)^ Damas, Baptiste aîné, Leclerc, Varenne; M™** Julie Damas {Clrtemnestré) j Du- chesnois {Electre) y Bourgoin. L^Épreuve nouvelle, jouée par Fleury^ Dugazon, Michot ; M"^' Thénard, Mars, Emilie Contât. SAINT-CLOUD. 15 septembre 1808. Electre, jouée par Talma, Saint-Prix, Baptiste aîné, Michelot, etc., et M™*' Duchesnois {Electre) j Ju- lie Damas {Cljrtemrvestrê)^ Rose XSxxpx^iJphiancLssé)^ Thénard [Mélite). — 127 — Le Rbtodr imprévu, comédie en un acte, en prose, de Regnard, jouée par GrandméniKMichelot, Fleury, Lacave, Dugazon, Baptiste Cddet; M"™** Thénard, Rose Dopais, Mézeray, Devienne. TOYAfiE A WmWUT (Saxe). Le 19 sq[>tembre 1S08. La Comédie ayant reçu l'ordre de se rendre en partie à Erfurt, pour y jouer pendant le sé- jour de l'Empereur, quatorze artistes sont partis dans la matinée. Voici le personnel pour cette excursion : Saint-Prix, Talma, Damas, Lafon, Desprez, Lacave, Varenne; M""* Raucourt, Talma, Duchesnois, Bourgoin, GroS| Patrat, Rose Dupuis, tous sous la di- rection de Dazincourt , comme ordonnateur des spectacles de la cour. (Un secrétaire, souf- fleur, et un garçon de théâtre.) On a joué une représentation de la Mort de César, à Weimar, et quinze représentations à Erfurt, composées de : CiNNA, Andromaquë, Mithridate, Iphi- GÉNIE EN AULIDE, ZaIRE, BrITANNICUS, ŒdIPE, Rhadamiste, Rodogune, Mahomet, le Cid, Ba- JAZET, Horace, Manlius, Phèdre. — 128 — Les comédiens sont rentrés à Paris le r" novembre. SAINT-CLOUD. 20 octobre 1808. L'Empereur , arrivé le 18 octobre dans la nuit, fait, le 19, demander à onze heures du matin, par M. de Rémusat, un spectacle pour le lendemain, à Saint-Cloud.Ën conséquence, on a joué : Tartufe, parFleury, Grandménil, Saint-Fal, Ar- mand, Vanhove, Thénard, Baptiste cadet, M™®* Con- tât, Thénard, Mars, Devienne, et les Héritiers, par Dugazon, Michot, Yanhove, Baptiste cadet, Armand, Dublin, M""' Thénard, Mars. LES TUILERIES. 19 janvier 1809. Les Femmes savantes, comédie jouée pari^eury {Clitandre\ Grandménil {Chrysalè)^ L3i(^ve{Jnsee)y Dugazon {Vadius\ Baptiste cadet (Trissotin)^ Du- blin (Julien), Thénard {F Épine) , Varenne {le notaire); M™®* Contât {Philaminte\ Talma {Armande\ Mars {Henriette\ Thénard {béUse\ Devienne [Martine). LES TUILERIES. 23 février 1809. La Mère jalouse, comédie en trois actes, en vers. — 129 — de Barthe, jouée par Fleury, Baptiste aine, Armand, Michot, Desprez, Dublin; M*""^ Contât, Talma, Mars. LES TUILEWES. 3 mars 1809. Rome sauvée, tragédie en cinq actes, de Voltaire, jouée par Saint-Prix {Cicéron\ Talma {Catilina\ Lafon (César) y Damas, Lacave, Desprez, Va renne, Michelot, Leclerc, et M"® Duchesnois {^urélie), THÉÂTRE-FRANÇAIS. 6 mars 1809. L'Empereur et l'Impératrice assistent à la repré- sentation de retraite de M"® Contât atnée, après trente et un ans de services. Celle représentation se comffose, 1^ de la reprise d^ÛTHELto, par Talma {ptheUo) et W^ Talma [Hédelmone) ; 2^ Des Deux Pages. M"® Contât joue le rôle de M^ Philips pour la dernière fois ; les autres rôles sont joués par Fleury [le roi\ Michot {Philips), La- cave {l'allemand) , Baptiste cadet {le Français), Dublin {C Anglais) , Thénard [Vltalien) , Varenne {le cocher)^ M"« Raucourt {Riesberg), M"^ Thénard {Usbeth\ W^ Mars {Auguste), M"« Bourgoîn {Théo- dore)j W^ Volnais {Caroline). Toute la Comédie pa- rait dans la suite des Deux Pages ; 9 — 130 — 3^ D'an divertissemeot dansé par les premiers sujets de l'Académie impériale de musique. La recette s'est élevée à 24,000 francs. LA MALMAISON. 19 mars 1809. La Gageure imprévue , jouée par Baptiste aine y Fleury, Dugazon, Baptiste cadet ; M™^ Contât atnée, M"« Mars, M>»« Devienne, M"« Thénard. THÉATRE-FRANCAIS. 6 mai 1S09. Spectacle gratis en réjouissance des victoires remportées , par l'Empereur en personne , sur l'armée autrichienne, commandée par l'archiduc .V Charles : ( 1PHIGÉK1E EN AULIDE. — LES PLAIDEURS.) THÉATRE-FRANÇAIS. 14 août 1809. « Spectacle gratis la veille de la fête de l'Empe- reur. (rHADAMISTE et ZÉNOBIE. LES FOURBERIES DE SGAPIN.) — 131 — THÉÂTRE-FRANÇAIS. 15 août 1809. Rel&che à cause de la fête de l'Empereur. FONTAINEBLEAU. 3 novembre 1809. Le Secret du Ménage , comédie en trois actes j en vers 9 de Greuzé, jouée par Armand, M°^Hars et Mézeray. FONTAINEBLEAU. 6 novembre 1809. Lk RsYAiiCHE, comédie en trois actes, en prose, de MM. Roger etCreuzé, jouée par Fleury, Damas, Baptiste aîné, Devigny ; Michelot, Michot, M"*" Vei- nais et Emilie (]ontat. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 18 novembre 1809. L'Empereur, qui n'avait pas encore paru au théâ- tre à Paris , assiste à la représentation d'HoRACE et de Bruéis et Palaprat. 9. - 132 — THÉÂTRE-FRANÇAIS. 2 décembre 1809. Spectacle gratis pour Tanniversairô du couron- nement de TEmpereur. (iPHIGÉNIE EN AULIDE. GRISPIN MÉDECIN.) LES TUILERIES. 25 janvier 1810. Zaïre , par Lafon , Baptiste aine , Damas , Lacave, Barbier, Michelot; M"** Volnais et Patrat. L'Aveugle clairvoyant, par Fleury, Thénard, Michelot , Baptiste cadet , Barbier ; M™** Thénard , Volnais, Devienne. LES TUILERIES. l** février 1810. PoLTEucTE, par Talma, Damas, Baptiste atné, Desprez, Barbier, Lacave, Michelot; M™** Volnais, Thénard. LES TUILERIES. 8 février 1810. Bruéis ET Palaprat , par Fleury, Lafon , Damas, Baptiste cadet et M*'^ Mars. — 133 — LES TUILERIES. 15 février 1810. MoLiÈBE A.TBC SES Amis, comédie en an acte, en vers, d'Andrieux, jonéepar Fleury {Molière), Saint- Fal {la Foniaine)j Damas {Boileau), Baptiste atné {Chapelle), Lacave {Mignard), Michot {Luià); W^ Devienne {Laforest), M"* Volnais {M^ Béjard). THÉÂTRE-FRANÇAIS. 19 février 1810. L'Empereur assiste à la représentation du Ma- riage DE Figaro. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 31 février 1810. L'Empereur assiste à la représentation d'HÉiu- CLIUS. THÉATRE-FRANÇAIS. 7 mars 1810. L'Empereur assiste à la représentation de Brdne- HAUT. SAINT-CLOUD. 31 mars 1810. Zaïre. L'Impératrice Marie-Louise étant arrivée — 134 — de la veille , c'est la première représentation qui a été donnée devant S. M. THÉATRE-FRANÇAIS. l**^ avril 1810. Spectacle gratis , veille de la célébration du ma- riage de VEnipereur. (tartufe. LA FAUSSK AGNÈS.; SAINT-CLOUD. 1" avril 1810. Iphigénie en AuLiDE, jouée par St-Prix , Talma , Desprez , Lacave , Barbier ; M™** Raacoart , Duches- nois, Volnais , Thénard, Patrat. Le Legs, par Fleury, Armand, Thénard; jyjmes Xalma, Volnais , Devienne. C'est le jour du mariage civil de l'Empereur, cé- lébré à Sainl-Cloud. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 2 avril 1810. Relâche à cause des réjouissances publiques re- latives à la célébration du mariage de l'Empereur. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 3 avril 1810. Spectacle gratis : Le Cid, Monsieur de Crac. — 135 — Entre les deux pièces on a chanté des couplets relatifs au mariage de TEmpereur, composés par Bouilly. Sti^OUB A COMPIÊCSIVE. 6 avril 1810. Le Cib, par Baptiste aîné, Talma, Desprez, Saint- Prix, Michelot, Lacave; M"™* Voinais, Patrat. 7 avril 1810. Phèdre, par Saitit-Prix, Damas, Desprez; M™** Du- chesnois, Thénard, Fontanier, Voinais, Patrat. 8 avril 1810, Akdromaque f par Talma , Damas , Lacave , Michelot; M™^ Duchesnois, Voinais, Fontanier, Pa- trat. 9 avril 1810. Britanmicos, par Talma, Michelot, Saint-Prix, Desprez ; M"^ Raucourt , Voinais , Patrat. 23 avril 1810. Le Misanthrope, par Fleury {Mcesfe)^ Desprez ' _ 136 — (Pronte\ Lacave {Philinté)^ Armand {Jcaste)y Mi- cfaelol (Clîtandre)y Devigny {l'exempt )j Michot (Dubois), Thénard (Basque); MP»» Leverd (Cé/i- mène); M"* Mars (Éliante); M"* Pélicier [Àrsinoe). 24 avril 1810. Tartufe , parFleury (Tartufe), Grandménil (Or- gon), Pesprez (Cléantè), St-FaI (Valère), Armand ( Datais ) ; Thénard ( Li)yal ) ; Damas ( t exempt ) ; pelles Leverd (Elmire), Pélicîer (M"^ Pernelle\ Mars [Marianne), Devienne (Dorine). 25 avril 1810. • La Gageure imprévue^ par Baptiste aîné, Th^«, nard, Fleury, Dublin, Devigny; M™** Talma, Voi*'^v^- ' nais, Devienne, Pélicier. La Jeunesse de Henri V, par Damas, Fleury, Michot, Thénard, Armand; M™** Volnais, Mars. 26 avril 1810. Le Secret du Ménage , par Armand , M™** Mars et Mézeray. Les Projets de Mariage, par Damas, Armand, Michot , Thénard, M"« Mars. ifA. - 137 — • THÉATREFRANÇAIS. 20 juin 1810. L^Ëmpereur et l'Impératrice assistent à la repré- sentation de CiNNA et des Fausses Infidélités. C'est la pranière fois que Marie-Louise paraît au Théâtre-Fran- çais. SAINT-CLOUD. 33 juin 1810. Lbs États de Blois, tragédie en cinq actes, de Ray- nouard Jouée par Talma (duc de Guise\ Lafon {Henri de Bourbon) j Damas (duc de Mayenne) y Desprez (duc [if^umale)j Baptiste aîné (Crillon)^ Si-Prix (Bussjr ? Clerc)j Michelot (Menneçille\ Lacave (Marillac)^ Colson (^ubry), Barbier (Loignac)\ M"* Raucourt (Catherine de Médicis), SAINT-CLOUD. 28 juin 1810. Hector , tragédie en cinq actes , de Lace de Lan- cival, jouée par Talma (Hector)^ Damas , Lafon, Baptiste aîné, Barbier, Lacave, Michelot; M"® Du- chesnois [^Andmmaque)^ M"* Patrat. — 138 — SAINTCLOUD. 5 juillet 1810. Joseph en Egypte, tragédie en cinq actes, de Baour-Lormian , jouée par Lafon, Baptiste aine, Damas, Desprez, Barbier, Lacave, Michelot, Col- son; W^ Yolnais, Mars, Patrat. SAINT^CLOUD. 19 juillet 1810. Le Philosophe sans le savoir, joué par Baptiste aîné (Vanderck père) , Damas {Vanderck Jils)^ De- vigny {d^Esparville pèré)\ Armand {^d Esparville fils)y Michot [Antoine)^ Desprez (le président)^ Du- blin '\taquais de dEspar^^ille)^ Thénard {Oicanpa" gne) ; M*** Leverd {la marquise) , M^** Mars {Victo^ rine)y M"«Rose Dupuis {M^^ Fanderck), M«* Thénard {M"^ Vanderck), LES TUILERIES. 22 juillet 1810. Le Cercle, comédie en un acte, en prose ^ de Poinsinet, jouée par Fleury, Devigny, Armand, Thénard, Dublin, Desprez; M™®^ Leverd, Mézeray, Boissière, Mars, Devienne. AiX^ — 139 — SAINT-CLOUD. ■ 26 juillet 1810. Le Tyran domestique ^ comédie en cinq actes , envers, d'Alexandre Du val, jouée parFleury {Val- mont), Saint-FaI {Derbain^y Baptiste cadet {Dupré), Armand ( Charles), Thénard {Picard) ; M"^ Leverd {M^ Valmont\ Mézeray {M^ Dupré)^ Mars [Eugé- nie), SAINT-CLOUD. 2 août 1810. Le Bourru bienfaisant, comédie en trois actes/ en prose, de Groldoni, jouée par Saint-Fal {Géronté)^ Fleury {Donnât), Michelot {Valère), Armand (Da- lancourt)j Baptiste cadet {Picard):, M™" Mézeray {M^ Dalancourt), Mars {Angélique), Devienne {Marton). Le Parleur contrarié, comédie en un acte, en vers, de Delaunay, jouée par Damas, Baptiste aîné, Devigny, Baptiste cadet , Thénard ; M™^ Volnais , Devienne. * TRIANON. 5 août 1810. Le Barbier de Séville, comédie en quatre actes, en prose, de Beaunïarchais, jouée par Fleury (co////^ — uo — Jlmaifiva)^ Thénard {Figaro)^ Devigny {Bartholo\ Baptiste cadet (Basile)^ Salpêtre {le bâilleur)^ Du- blin {réternueur)y Lacavé {V alcade)^ Vanhove (le notaire)"^ M^^Mézeray (Rosine), Les Héritiers, par Devigny, Michot, Baptiste cadet, Lacave, Armand, Dublin; M™^ Thénard, Mars. TRIANON. 9 août 1810. Les Femmes savantes par FJeury (Clitandre) ^ Grandménil {Chrjsale)^ Lacave [Aristé)^ Michot {Vadius\ Baptiste cadet [Trissotin). Dublin {Ju- Uen)y Thénard {Lépinè)y Barbier [le notaire)*^ M"«Mézeray {Philaminte), M"* Thénard {Bélisé), M"® Leverd (^rma/i^) , M"* Mars {Henriette)^ M™* Devienne {Martine). THÉÂTRE-FRANÇAIS. 14 août 1810. Spectacle gratis, veille de l'anniversaire de ta naissance de l'Empereur et de la fête patronale de l'Impératrice. (HECTOR. — LES FOURBERIES DE SCAPIN.) THÉATRE-FRANÇAIS. 15 août 1810. Relâche le Jour de la fête. — m — SAINT-CLOUD. 16 août 1810. Les D£Ux Gendres , comédie en cmq actes , en vers, de M. Etienne, jouée par Fleury, Saint-FaI, Damas, Devigny, Michelot, Thénard, Faure, M ichot ; HP^ Leverd, Mars. SAINT-CLOUD. 26 août 1810. Athalie, jonée par Saint-Prix (Joad), Talma {4bner)y Desprez, Lacave, Michelot, Barbier, Col- son; M™** Raucourt {Athalie)^ Dachesnois {Josa- beth)^ Maillard, Dapuis, Patrat, la petite Adèle. SAINT-CLOUD. 30 août 1810. L'Avare, par Grandménil {Harpagon)^ Armand (Cléanté), Saint-Fal {Falèré), Michot {M^ Jacques\ Vanhove {M^ Simon), Lacave {Anselme), Thénard {Laflèchê)y Devigny {le commissaire), Faure {La- merluche), Dnblin {Brindavoine) ; M"« Mézeray {Use), M"* Rose Dapuis {Marianne), M"* Devienne {Frosine). — 142 — SAINT-CLOUD, 13 septembre 1810. Le Joueur , comédie en cinq actes, en vers , de Regnard, jouée par Fleury [Valère\ Desprez (Z)o- rante), Baptiste aîné {Géronte), Thénard { Hector) j Faure {le marquis)^ Baptiste cadet {Tout-à-has) ^ Vanhove {Galomer)\ M"* Mars {Angélique) , M™® Thénard {la comtesse). M"® Devienne {Nériné)^ M»« Emilie Contât {M^ la Ressource), W^ Félicien {M^^ Adam). THÉÂTRE-FRANÇAIS. 22 septeminre 1810. L'Empereur et Tlmpératrice assistent à la repré- sentation de MA.HOMET. On commence le spectacle par le Conteur, LL. MM. n'étant arrivées qu'à huit heures. 28 septembre 1810. La Mort de Pompée, par Talma [César)îfiW^ Du- chesnois {Corhélie). Minuit, par Lacave, M™** Pélicier, Yolnais, Mé- zeray. Devienne. — 143 — 3 octobre 1810. L'École des Bourgeois, comédie en trois aeies^en prose, de d' Allainvaly jouée par Fieury {marquis de Moncdde\ Michot {Pot^e'vin\ Devigny [Matthieu)^ Michelot {DamU\ Faure [le coureur)^ Lacave (le commandeur) , Biaptiste cadet (Je commissaire) , Marchand [le notaire), Desprez {le comté)\ M™® Thé- nard {M^ Abraham), M"* Devienne {Marion)^ M"* Boissière {Benjamine), Les Étourdis, comédie en trois actes, en vers, d'Andrieux, jouée par Lacave, Armand, Michelot, Michot, Baptiste cadet, Dublin ; M™^ Pélicier, Mars. 6 octobre 1810. Le Tartufe de mceurs, comédie en cinq actes, en vers, de Chéron, jouée par Damas, Armand» La- cave, Grandménil, Dublin ; M"®* Leverd, Emilie Con- tât, Yolnais. L'Épreuve nouvelle, par Armand, Thénard, Mi- chot; M""** Thénard, Mars, Emilie Contât. 10 octobre 1810. Œdipe, par Talma {OEdipe\ et M"* Raucourt {Jocasté). Le Parleur contrarié; même distribution que le 2 août 1810, à Saint-Cloud. t — 144 — 13 octobre 1810. Le Ma.ria.6e de Figaro, par Thénard {Figaro), Fleury {le comté), H&w'x^^ {Bartholo), Michot(y^/i/o- nio)y Lacave {Basile), Baptiste cdAeX{Brict oison), etc.; M™** Leverd {la comtesse), Mars {Suzanne), Bois- sière {Chérubin) j Thénard {Marceline), Boargoin {Fanchetle). 15 octobre 1810. EsTHERy par Talma^ LafoD, Saint-Prix; M°*«* Du- chesnois, Boargoin. 17 octobre 1810. L'AMANT BOURRU, par Fleury, Damas, Desprez, Michot, Thénard; M™^ Volnais, Mézeray. Les Folies amoureuses, comédie en trois actes, en vers, de Regnard, jouée par Deviguy, Thénard, Armand ; M™** Mars, Deviennç. 20 octobre 1810. PoLYEùCTE, par Tal ma {Séifère), Damas {Polyeucte) ; M"® Duchesnois {Pauline). Les Rivaux d'eux-mêmes, par Armand, Michelot, Baptiste cadet ; M"^ Devienne, Mézeray. .V — 145 — 31 octobre 1810. Les trois Sultanes, par Lafon, Baptiste cadet; M"^ Leverd, Mézeray, Maillard. Cette représentation est accompagnée de chants et de danses par les premiers sujets de l'Opéra. 24 octobre 1810. Les Fausses Confidences, par Fleury, Thénard, Grandménil, Michelot, Baptiste cadet,etc.;M™^Mar8, Tbénard, Devienne. Le Retour imprévu, par Grandménil, Fleury, Mi- chelot, Lacave, Thénard,- Baptiste cadet ; M"** Bour- goin» Boissière, Devienne. 27 octobre 1810. Horace, par Saint-Prix, Talma, etc. ; M"* Du- chesnois. Crispin rival de son Maître, comédie en un acte, en prose, de Lesage, jouée par Devigny {Oronte), Lacave (Org'o/i), Thénard(Cm/?//i), Michot (LaAra/i- che)j Michelot {Falère); M"* Thénard (M'^Omnte), W^ Emilie Contât ( Lisette ) , M"* Boissière {Angé- lique). 31 octobre 1810. Le Distrait, comédie en cinq actes, en vers, de 10 — 146 — Régnai dy jouée par Saint-FaI [Léandré)^ Armand [le chevalier)^ Thénard {CaHin)^ Lacave {yalèré)\ W^ Mézeray (Clarissc\ Mars \lsabeUe\ M™* Thé- nard [M^ Grognat\ M"® Devienne (Uselté). Les Plaideurs , comédie en trois actes, en vers, de J. Racine, jouée par Baptiste cadet {Dandin)^ Thénard [C Intimé) ^ Michot [Petit^Jean)^ Armand {Valere)j Grandménil [Chicaneau) ^ Faure {le sauf - Jleur) ; M™** Thénard (la comtesse de Pimbêche!) , M"* Boissîère {(sabeJle). 2 novembre 1810. RoDOGUNE , par Talma [/i ntiochus) et M"* Rau- court (^Cleopdtré), Monsieur de Crac, comédie en un acte, eu vers^ de Gollin d'Harleville , jouée par Thénard , Faure , Armand, Saint-Fal, Vanhove, W^ Mars, Bois- sière. On avait choisi les Templiers; niais M^<^ Duchesnoîs étant ma- lade, tout le personnel de la tragé^e s*étaît transporté à Fontai- nebleau pour offrir à Sa Majesté le choix de la pièce qu'elle désirait. L'Empereur désigna Rodogune 7 novembre 1810. Le Philinte de Molière, par Fleury , Damas^ Baptiste aîné, Michot, Thénard, Lacave, Baptiste cadet: M*'*Mézerav. L'Esprit de gontradigtion, par Lacava, Michelot, — 147 — Baptiste cadet, Michot, Salpêtre, Théoard; iT^ Thé- oard. Mars. 10 novembre 1810. Les Templiers, par Saint-Prix, Lafon, Baptiste aîné, Desprez, Damas, Talma, Lacave, Michelot; M"* Duchesnois. Le Babillard, comédie en un acte, en vers, de Boissy, jouée par Saint-Fal, Michelot, Faure; M™®* Mé- asray, Thénard, Pélicier, Bourgoin, Voinais, Bois- sière, Dartaux, Devienne. 14 novembre 1810. La FAUSbE AGNÈS, comédic en trois actes, en prose, de Destouches, jouée par Devigny (le baron) j Thénard Desmazures)^ Armand [Léandre)^ Faure {Lolive\ Baptiste cadet {le président)^ lacave {le comte) ; W^ Thénard {/« baronne)^ Mézeray {Angé^ lique\ Pélicier {la présidente^ Boissière {la com^ tessé). Le Conteur, comédie en trois actes, en prose, de Picard, jouée par Devigny, Michelot, Armand, Bap- tiste cadet, Lacave, Faure, Vàhhove, Thénard, Sal- pêtre ; M™®* Mézeray , Boissière , Pélicier , Emilie Contât, Desbrosses. THÉATRE-FRANÇAIS. 26 novembre 1810. L'Empereur et l'Impératrice assistent à la repré^ 10. — 148 — sentation de Y engeslas et du Babillard. LL. MM. étant arrivées au moment où la première scène du premier acte de Venceslas finissait, le public a fait recom- mencer la pièce. LES TUILERIES. 27 novembre 1810. Les Fausses Infidélités, par Saint-FaI, Armand, Baptiste cadet; M"*®* Leverd, Bourgoin. THÉÂTRE-FRANÇAIS. l'"'* décembre 1810. Spectacle gratis, la veille de l'anniversaire du couronnement de TEmperenr et de la bataille d'Ans- teriitz. (^ALZIRE. GRISPIN RIVAL DE SON MAITRE.) THÉÂTRE-FRANÇAIS. 3 décembre 1810. L'Empereur et Flmpératrice assistent à la repré- sentation des Trois Sultanes, jouées par Desprez, Baptiste cadet; M™** Leverd, Maillard et Gercy du théâtre de TOpéra-Comique. — 149 — LES TUILERIES. 9 décembre 1810. Le Somnambule, comédie en un acte, en prose, de Pont-de-VeyIe , jouée par Saini-Fal, Devigny, Michelot, Thénard, Bapjiste cadet; M"**Thénard, Bourgoin. LES TUILERIES. 18 décembre 1810. Shàkspearb , comédie en un acte, en prose, d'A- lexandre Duval, jouée par Talma i^Shakspeare ) ^ Barbier; M"« Mars et M"« Emilie Contât. LES TUILERIES. 3 janvier 1811. Le Jeu del'Amouk et du Hasard, par Armand {Do- rante), Thénard [Pasquin), Lacave, Michelot, Des- prez; M*** ^^x%{Syhid), M"* Emilie Contât (Zi>wa), M™®* Volnais, Gros, Patrat. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 20 mars I8ii. Après la représentation du Bourru bienfaisant, qui termine le spectacle, M"^ Mars et M. Thénard viennent chanter trois couplets relatifs à la naissance dnRoi de Rome, né le matin, à 9 heures 10 mi- nutes. .» . — 152 — SAINf-GLOUD. 35 avril ISll. Bajazet, avec M^*^ Duchesnois dans le rôle de Roxane. C'est la (nremière représentation donnée à la cour depuis l'heu- reuse dâivrance de l'Impératrice. THÉATRE-FRANCAIS. 8 juin 1811. Spectacle gratis, la veille du baptême du Roi de Rome. (ZÀIRE. LE BARBIER DE SÉYILLE.) THÉATRE-FRANÇAIS. ' 9 juin 1811. Relâche à cause des réjouissances publiques, mo- tivées par le baptême du Roi de Rome, célébré le matÎD à Notre-Dame de Paris. THÉATRE-FRANÇAIS. 16 juin 1811. Relâche à cause des fêtes données par TEmpe- reur pour l'ouverture du Corps législatif. • A — 153 — SAINT-CLOUD. 37 juin 1811. Lbs Deux Pages, par Fleury {le roi), Michot, La- cave, Devigny, Cariigny, Faure, Desprez ; M"™* Thé- nard, Patrat, Boissière, Duchesnois ( Théodore)^ Rose Dupuis, Leverd. SAINT-CLOUD. 4 juillet 1811. La Revanche, par Fleury, Damas, Baptiste aine, Devigny, Michot, Micbeiot ; M™* Volnais , Emilie Contat« THÉÂTRE-FRANÇAIS. 14 août 1811. Spectacle gratis, la veille de la fête de S. M. l'Em- pereur et Roi. (le père de famille. LE MARI RETROUVÉ.) THÉÂTRE-FRANÇAIS. 15 août 1811. Relâche le jour de la fête de TEmpereur. t — 154 — TRRNON. 25 août 1811. Les Projets de mariage, par Damas, Michot, Armand^ Thénard et M"® Mars. COMPIÈGNE. 3 septembre 1811. Le Menteur, par Armand {Dorante)^ Baptiste aîné {Gérante)^ Thénard (Cliton), Miçhelot, Lacave, Colson; M™** Mars, RoseDupuis, Desbrosses, Emi- lie Contât. COMPIÈGNE. 5 septembre 1811. Les Étourdis, par Lacave, Armand, Michelot, Michot, Baptiste cadet, Vanhove ; M^^ Thénard et M"* Mars. COMPIÈGNE. 19 septembre 1811. Le Parleur contrarié, par Damas^ Baptiste atné, Thénard, Devigny, Baptiste cadel ; M""** Mars, î)e- merson. Les Héritiers, par Devigny, Michot, Baptiste cadet, Arnjand, Lacave, Thénard; M"*®* Thénard, Mars. — 155 — 31 septembre 1811. Départ pour Bruxelles de Talma» Uamas, M"^ Du- chesnois et M^^^ Boui^oin, d'après Tordre donné par le maréchal Duroc, pour se trouver au passage de S. M. rimpératrice dans cette ville. SAINT-CLOUD. 14 novembre 1811. Le Méchant, comédie en cinq actes, en vers, de Grasset, jouée par Fleury (Cléon)^ Devigny {Gé- ronte)j Armand {}'alère\ Desprez {Arisie)^ Thé- nard {FrorUin)\ M™*»Mézeray {Fhorine)^ Mairs(Chloé)^ Emilie Contât {Lisette). SAINT-CLOUD. 21 novembre 1811. Le Cid^ par Baptiste aîné, Lafon et M"^ Bourgoin. THÉATRE-FRANÇAÏS. l»" décembre 1811. Spectacle gratis, la veille de l'anniversaire du couronnement de TEmpereur. (IPHIGÉNIE FN AULIDE. LES PLAIDEURS.) — 1S6 — THÉATRE-FRANCAIS. 2 décembre .1811. Relâche à cause de Tanniversaire du couronne- ment. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 4 décembre 1811. L'Empereur et l'Impéralrice assistent à la repré- sentation d'OBoiPE, pour la rentrée de Talma. LES TUILERIES. 12 décembre 1811. L'École des Bourgeois, par Fieury {marquis de Moncade\ Devigny, Michot, Armand, Faure, La- cave, Desprez, Baptiste cadet ; M"" Tbénard, Rose Dupuis, Devienne. LES TUILERIES. 23 décembre 1811. La Gageure imprévue , par Baptiste aine (M. de Clainsfille), Fieury {Détieuleité)'^ M"« Mars (^If^ de ClainvUle). . LES TUILERIES. 2 janvier 1812. Hector, par Talma, Lafon et M"® Duchesnois. # \ — 157 — LES TUILERIES. 6 janvier 1812. La Reyanche, par Fleury , Damas, Baptiste atné, etc. LES TUILERIES. 16 janvier 1812. Les Étourdis, par les mêmes acteurs que le 12 septembre, à Compiègne. LES TUILERIES. 27 janvier 1812. La Jeunesse de Henri Y, par Fleary {Rochester\ Damas, Michot, Armand, FirmiD , M"^ Mars, Rose Dopuis. PALAIS DE L'ELYSÉE. 17 fiéviier 1812. Le Sourd, mêmes actears que le 31 janvier 1811 , aux Tuileries, à l'exception de M*^ Bourgoin et Yolnais, qui sont remplacées par M"^ Boîssière et Rose Dupnis. L'ÉLYSÉE. 24 février 1812. Le Distraie , par Saint-Fa! {Léandre) , Armand, - 158 — Lacave, Thénard, Cartigny; M""Mézeray, Mars, Devienne. M™® Thénard, qui joue le rôle de jM^ Gro- gnacj étant indisposée, e&4 obligée de le laisser finir par M"® Pélicier. PALAIS DE UÉLYSÉE. 2 mars 1812. Le Conteur , par Devigny , Baptiste cadet, M i- chelot , Armand , etc. ; M™^ Thénard, Rose Dupais , Mézeray, Emilie Contât, Devienne. PALAIS DE L'ELYSÉE. 9 mars 1812. La Fausse Agnès, par Devigny, Thénard, Carti- gny, Armand, Baptiste cadet, Lacave; M™®* Thé- nard, Mars, Demerson, Boissière. LES TUILERIES. 12 mars 1S12. Andromaque , par Talma ; M™® Duchesnois , Bourgoin, etc. L'ELYSÉE. 30 mars 1812. Le Joueur , par Fleury {Falèré) , CAriigny {Hec-- — 159 — tor)^ Baptiste aine, Thénard, Baptiste cadet , Beau lieu, Desprez, Firmin {les quatre laquais)^ M"** Thénard , Mars,' Emilie Contât, Demerson, Pélicier. SAINT-CLOUD. 13 avril 1812. L'Amant bourru, par Fleury, Araiand, Michot; j^mes Voinais, Mars. SAINT-CLOUD. 27 avril 1812. Les Fcmmes 8àv/iirT£s, par Fleury {CJitandre)^ Devigny {Chrysale)^ Lacave {Aristé), Michot {Va^ dàis), Baptiste cadet {Trissotin,, etc.; M"** Méze- ray [Philaminté)^ Mars {Henriette), Leverd (//r- mande), Théuard {Bélise), ÈmWve Coniaii {Martine). SAINT-CLOUD. 6 août 1812. Le Mariage secret, par St-FaI, Armand, Devi- gny, Lacave, Thénard; M™*^ Leverd, Rose Dupuis. — 160 — THÉÂTRE-FRANÇAIS. 14 août 1812. Spectacle gratis, la veille de la fête de S. M. l'Empereur et Roi. (mithridate — le tambour nocturne.) THÉÂTRE-FRANÇAIS. 15 août 1812. Relâche le jour de la fête de l'Empereur. SAINT^LOUD. 27 août 1812. L'École des Bourgeois , par Fleury {marquis de Moncade). SAINT-CLOUD. 24 septembre 1812. La Jeunesse de Henri Y, par Fleury, Michot, Armand, Thénard; M"** Dupuîs, Mars. SAINT^LOUD. 22 octobre* 1812. Les Châteaux en Espagne, par Armand, La- cave, Mîchelot, Thénard, Gartigny; M"** Mars, Emilie Contât. .é — 161 — SAINT-CLOUD. 19 novembre 1812. Lk Revanche, par Fleury , Damas, Baptiste aioé, Devigny , Michelot , Michot ; M"** Volnais , Emilie Contât. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 5 décembre 1812. Spectacle gratis eo T honneur de l'anniversaire du couronnement de TEmpereur et de la bataille d'Austerlitz. (TURCARET. LE JEU DE l'aMOUR.) LES TUILERIES. 17 décembre 1812. Les Dehors trobipeurs, comédie en cinq actes, en vers, de Boissy, jouée par Fleury, Armand, Devigny, Thénard; M™^Leverd, Mézeray, Mars, Emilie Contât. LES TUILERIES. 4 janvier 1813. L'École des Bourgeois, par Fleury {piarquis de Moncade), — 162 — THÉATRE-FRANÇAIS. 9 janvier 1818. L'Empereur et Tlmpératrice assistent à la repré- sentation d'HECTOR , par Talma et W^^ Duchesnois. LES TUILERIES. ' 18 janvier 18}3. Avis ikV\ Mères ou les Deux Fêtes , coipédie en un act0, en vers, de Dupaty, jouée par Fleury, Armand, Thénard, Baptiste cadet; M""** Leverd» Mézeray , Mars, Emilie Contât. LES TUÏW2RIES. 4 février t8|3. Tippo-Saeb, tragédie en cinq actes, de Jouy, jouée par Talma {Tippo-Saèb) ; W^ ^oy\v%om{Aldéis\ etc. LES TUILERIES. 16 février 1813. Le Tartufe, par Flenry {Tartufe) ^ Devigny (Orgon), Armand {Fatère)^ Michelot (£>rt/ww\ La- cave {€léanté)y Baptiste cadet {Loyal) ^ Thénard {V exempt) , M"« Thénard [M^ Pernelle) , M^'^ Mars — 163 — (Elmre), M"^ Bourgoin {Mariatme), M"« ÉmiUe Contât {Doriné). LES TUILERIES. 1er loars 1813. Les Héritiers , par Devigny, Michot, Baptiste cadet, etc.; M™* Thénard, Mars. Le Parleur contrarié , par Damas , Baptiste aîné, etc. ; M™* Mars, Demerson. LES TUILERIES. 25 mars 1813. CiNNA, par Talma, Saint-Prix, M"' Dachesnois, etc. L'I^LYSÉE. 29 mars 1S13. L'Irtrigante, comédie en cinq actes, en vers, de M. Etienne, joaée par Fleury, Micheiot, Baptiste cadet, Damas, Michot, Cartigny; M™** Leverd, Mé- zeray. Mars. L'ELYSÉE. 5 avril 1813. Le Misanthrope , par Fleury (Jlceste) , Lacave {PhiUnte\ Desprez {Oronté), Armand {Âcaste)^ Mi- chdot {Clitan€be)j Thénard {Dubois\ Yanhove ii. — 164 — {F exempt), Faure {Basque); M""*' Mars {Célimène), Volnais(jé'/i!"fl«te),Thénard {Arsinoé). SAINT-CLOUD, V 19 avril MSIS. La Suite d'un Bal masqué, comédie en un acte, en prose, de M"^® de Bawr, jouée par Armand, Michelot, Faure ; M"®* Mars, Leverd, Emilie Contât. SAINT-CLOUD. 3 mai 1813. La Jeunesse de Henri V, par Fleury, Damas, Mi- chot, Armand, Thénard; W^ Mars, Bourgoin. SAINT-CLOUD. 10 mai 1813. Les Étourdis, par M"® Mars, Armand , Baptiste cadet, Michelot, etc. THÉATRE-FRANÇAIS. 22 mai 1813. Spectacle gratis en réjouissance de la bataille de Lutzen, gagnée par l'armée française commandée par TËmpereur en personne : (GASTON ET BATARD. — LES FOURBERIES DE SCAPIn). — 165 — THEATRE-FRANÇAIS. 23 mai 1813. Relâche à cause du Te IJeuni chanté à Notre- Dame pour le même motif. SAINTCLOUD. 31 mai 1813. L'Intrigue épistolaiu , par Armand , Baptiste cadel et W^ Mars. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 13 juin 1813. - Spectacle gratis, en réjouissance de la victoire remportée par l'Empereur a Wurtschen, à la suite de laquelle a été signé un armistice : (les femmes savantes. LES HÉRITIERS). THEATRE-FRANÇAIS. 14 juin 1813. Relâche pour le même motif. .--- ■■« -166 — VOYA«E A DRESDE. 13 juin 1813. Une grande partie de la Comédie^ par ordre de TEmpereur, part pour se rendre à Dresde et y jouer pendant le temps que doit durer l'armistice. Les artistes désignés sont : Fleury , Saint-Prix , Saint- Fal, Talma, Michot, Baptiste cadet, Armand, Des- prez, Thénard,Devigny, Michelot, Barbier ;M"^Thé- nard, Emilie Contât, Mézeray, Mars, Bourgôif); Colson, chef des gardes. THÉATREFRANÇAIS. 14 août 1813. Spectacl(^ gratis , la veille de la fête de l'Em- pereur. (le tartufe. — LES FOURBERIES DE SGAPIN). THÉATRE-FRANÇAIS. 1^ août 1813. Relâche à cause de la fête de l'Empereur. 24 août 1813. Retour à Paris des acteurs partis pour Dresde. — 167 — SAINT-CLOUD. d septembre 1813. La Suite d'un Bal masqué. Même distribution qae le 19 avril. SAINT-CLOUD. 23 septembre 1813. Les Fausses CœfPiDENCES, par Armand (^Dorante)^ Théoard {Dubois)^ Devigny {M. Rémf)^ Miebelot {le comté)y Baptiste cadet {Lubin)\ M"® Mars {Ara- minté)jW^^ Thénard {M"^ Argante)^ Emilie Con- tât {Marton). SAINT^LOUD- 14 octobre 1818. La Nièce supposée , comédie en trois actes , en vers, de Planard, jouée par Fieury, Armand, Mi- chelot, Baptiste cadet, Thénard; M"*""* Thénard, Mars, Bourgoin. THÉATRE-FRANÇAIS. 4 décembre 1813. Spectacle gratis pour l'anniversaire du couron- nement de l'Empereur. (ZAIRE. - — CRISPIN médecin). -^ ^ 168 — LES TUILERIES. 5 décembre 1813. NiNus Ily tragédie en cinq actes de Brifaut, jouée par Talma {Ninus\ Baptiste aîné, Desmousseaux, Dumilâtre, Valmore, Firmin ; M™** Duchesnois {El- zire\ Boargoin. LES TUILERIES. 13 avril 1815. La Nièce supposée , par Fleury, Armand, Miche- lot, Baptiste cadet, Thénard; MT^ Thénard, Mars, Bourgoin. Première représentation donnée à la cour depuis le retour de l'Empereur. THÉÂTRE-FRANÇAIS. 31 avril 1815. L'Empereur assiste à la représentation d'HECTOR, par Talma et W^ Duchesnois. C'est la première fois que S. M. vient au théâtre depuis son retour. L'ELYSÉE. 4 mai 1815. La Suite D^tN Bal masqué, par Armand^ Micbelot^ Thénard; M™®*Leverd, Mars, Demerson. _ 169 — > THÉÂTRE-FRANÇAIS. 31 mai 1815. Spectacle gratis à l'occasion de l'acceptation de la Constitution au Champ de Mai. (maRIUS a MINTURNES. LE BARBIER DE SÉYILLE). I THÉÂTRE-FRANÇAIS. l"- juin 1815. Relâche à cause de la fête de la Constitution. THÉATRE-FRANCAIS. 4 juin 1815. Relâche pour le même motif. f. LISTE GÉNÉRALE DE TOUTES LES ŒUVRES DRAMATIQUES DU lÉPBBTOUB DB LA COMÉMB FIAHÇAISB, lepésaitées à h diar iapérâk, dus les résidoKes de SûbC-CM, de FeilaiieUeai, des Tuileries, dehUaiisai, de Co^ièpe, de Triaioi el de TÉljsée. Tragédies. Agamenmon. Andromaqoe. Artaxerce. Aliialie. Bajazet. Bérénice. Britannicus. Brutus. ad (le). Cîima. Comte d'Essex (le). Goriolan. Electre. Esther. États de Blois (les). Hector Héraclius. Horaëe. Iphigénie en Aulide. Iphigénie en Tauride. Mahomet. Mahomet II. Manlius. Mithridate. Mort de César (la). Mort de Hemî IV (la). Mort de Pompée (la). Nicomède. Ninus II. Œdipe. Omasis. Oreste. Othello. Phèdre. Philoctète. Polyeucte. Rhadamiste et Zénobie Rodogmie. Rome sauvée. Sertorius. — 172 — Templiers (les). Tippo-Saëb. Venceslas. Vénitiens (les). Zaïre. Comédies* Abbé de TÉpée (F). Amant bourru (!'). Amour et la Raison (1')- Assemblée de famille (F). Avare (1'). Aveugle clairvoyant (F). Avocat Patelin (1'). Barbier de Séville (le). Babillard (le). Bourru bienfaisant (le). Brueis et Palaprat. Caroline ou le Tableau. Cercle (le). Châteaux en Espagne (les). Consentement forcé (le). Conteur (le). Crispin rival de son maître. Deux Fêtes (les). Deux Gendres (les). Deux« Pages (les). Distrait (le). École des Bourgeois (F). Épreuve nouvelle (F). Esprit de contradiction (F). Ésope à la cour. Étourdis (les). Fausse Agnès (la). Fausses Confidences (les). Fausses Infidélités (les). Femmes savantes (les). Festin de Pierre (le). Florentin (le). Folies amoureuses (les). Gageure imprévue (la). Héritiers (les) Heureusement. Heureuse Erreur (F) . Homme du jour (F). Inconstant (F). Intrigue épistolaire (F). Intrigante G')- Jeu de F A mour et du Hasard (le) . Jeunesse de Henri V (la). Joueur (le). Legs (le). Mariage de Figaro (le). Mariage secret (le). Méchant (lé). Menteur (le). Mère jalouse (la). Métromanie (la). Minuit. Misanthrope (le). Molière avec ses amis. Monsieur de Crac. Nièce supposée (la). Optimiste (F). Original (F). Originaux (les). Parleur contrarié (le). Philinte de Molière (le). Philosophe sans le savoir (le). Plaideurs (les). Précepteurs (les). 173 — Procureur arbitre (Iç). Suite d'un bal masqué (la). Projets de mariage (les). Tartufe (le). Pupille (la). Tartufe de mœurs (le). Retour imprévu (le). Trois Sultanes (les). Revanche (la). Tyran domestique (le). Rivaux d'eux-mêmes (les). Secret du ménage (le). Tragédies 45 Shakspeare. Comédies 79 Somnambule (le). Sourd (le). Total.... 124 t.- LA LITTÉRATURE DRAMATIQUE sous L'EMPIRE. ' Il faut l'avouer une fois de plus, la littérature dra- matique du commencement de ce siècle ne fut nul- lement empreinte d'un caractère de supériorité. Les grands hommes fondent les grandes institutions , mais ils ne donnent pas le génie à qui ne le possède pas. Tout ce qu'ils peuvent faire, c'est d'en favori- ser l'essor, d'encourager le talent et de Thonorer, et Napoléon n'y manqua pas. L'Empereur était d'une munificence prodigue , et ce n'est pas sa faute si les poëfes de son temps n'ont pas enfanté des chefs- d'oeuvre. Avec toute une organisation à refaire d'une société bouleversée par les révolutions et no- tre lu^te homérique avec l'Europe, le théâtre devait pâlir et s'effacer. Les hommes de tôte et de hautes conceptions étaient dans la magistrature^ au conseil d'É|tat ou aux armées, et l'art dramatique n'avait guère pour soutien que des intelligences de second f — 176 — ordre. Aujourd'hui que la postérité est ve|pe pour cette époque, on peut hardiment signaler le fait. Mais l'Empereur Napoléon ne l'entendait pas ainsi. Il aurait voulu que rien ne manquât à l'illus- tration de son règne, et pour féconder l'imagination des auteurs, il avait, dès 1804, fondé les grands prix de 10,000 francs et de 5,000 francs à décer- ner au meilleur ouvrage dramatique, soit comédie, soit tragédie, représenté sur le Théâtre-Français. La première distribution de ces prix ayant eu lieu en 1810, il nous semble que, pour donner une idée de la portée des ouvrages dramatiques représentés* antérieurement, nous ne pouvons mieux faire que de rendre d'une manière succincte l'expression de la décision du jury, qui était composé d'un certain nombre de membres de l'Institut. Voyons d'abord pour la tragédie. Étéocle et Polynice de Legouvé , ayant eu dix représentations. On y trouve des situations drama- tiques, un bon goût de style ; mais le sujet est peu favorable, l'intérêt faible, l'effet triste. Les Templiers de Raynouard, le plus grand suc- cès obtenu ; trente-cinq représentations consécutives et toujours reprises avec honneur. Le sujet, qui est puisé dans l'histoire de France, le caractère du grand maître, si noble, si imposant ; le rôle du jeiine Ma- rigny, d'une très-heureuge conception, un style pur et élégant, plaident en faveur de cet ouvrage. On y — 177 — vou()$it cependant plus d'abandon, et de variété, plus de mouvement dans le dialogue. La Mort de Henri IF de Legouvé, quatorze re- présentations. L'intérêt y est plus naturel, plus doux, plus national que Taction des Templiers. Le style est pur, facile, harmoaieux sans efforts; on y vou- drait plus de force, de grandeur, et le dénoûment manque d'effet pathétique. Omasis de Baour-Lormian, vingt et une repré- sentations. C'est l'histoire de Joseph racontée avec des sentiments aimables et touchants, et quelques situations très-dramatiques. Mais il y a peu d'inven- tion dans le plan, le style manque d'énergie, et on croit plutôt entendre une idylle qu'une pièce de théâtre. Pyrrhus de Lehoc, sept représentations. L'action en est trop tissue, elle manque d'intérêt et de vrai- semblance. ^ ' Artaxerce de Delrieu, vingt^natre représenta- tions; succès brillant. L'idée fondamentale de la pièce est empruntée à Métastase, et Delrieu y a été plu$ heureux que Lemierrè. L'ouvrage se distingue par une situation forte et neuve, mais ;peu habile- ment préparée. Le dâ^ioùment a Tinconv^ient de rappeler celui de Rodogune^ et le style, assez noble, manque de couleur et de précision. ; \ Donc le^ Templiers obtmrent le prix. Nous allons voir maintenant que les poètes co- — 178 — iniques étaient moins bien inspirés que les Magi- ques. Écoutons le jury : Mathilde, comédie eD cinq actes, en prose; quinze représenlatioDs. C'est un genre qui n'a pas besoin d'être encouragé. Les Deux Frères, copie d'un ouvrage étranger. Les Précepteurs^ cinq actes en vers, de Fabre d'Églanliné; vingt-cinq représentations. Il y a de l'originalité dans l'intrigue, mais le tout manque de caractère et de style. V Abbé de CÉpée^ cinq actes en prose, de Bouilly ; trenle-six représentations. €'est plutôt un roman qu'une pièce. Les Mœurs du jour ^ cinq actes, en vers, de Collin d'Harleville ; seize représentations. L'exécution est trop au-dessous du sujet et du talent de Tauteur. Le Tyran domestique , cinq actes , en vers , d'Alexandre Duval ; quatorze représentations. Le caractère du principal personnage est fortement conçu ; il y a de la vérité dans la peinture des mœurs, de l'art dans la conduite de la pièce; malheureu- sement rintrigue s'affaiblit eu se développant, le style est négligé et la versification peu soignée. L'Assemblée de famille^ cinq actes, en vers, de Riboutté; trente-neuf représentations. Tableau de mœurs où il entre de la vérité et de l'intérêt, mais où on ne rencontre ni originalité d'idées, ni verve comique. — 179 — Le jury ajoute que la comédie est la plus digue de fixer l'attention du gouvernement ; qu'elle a plus besoin que la tragédie d'être ramenée aux vrais principes de l'art, et que les poètes comiques sont plus loin de Molière que les tragiques de Racine et de Voltaire (le rapport ne parle pas de Corneille); enfin, qu'en général les auteurs comiques se signa- lent par l'absence du style et du travail patient. En conséquence, la comédie n'eut pas de prix. Pour nous résumer, voici le bilan dramatique de 1803 à 1815. Nous nous bornons aune simple no- menclature, la plupart des ouvrages dont nous don- nons la liste étant aujourd'hui complètement oubliés. On pourra se convaincre de l'indépendance et de la sévérité du public d'alors, qui enregistrait plus de chutes que de succès. s mars 1803. — Le Roman d'une heure^ comédie en un acte, en prose, d'Hoffinann. — Représentation unique. 30 mars 1803. — Le P^euf amoureux, — Succès. 17 mai 1803. — Les MiUtaires, fait historique, trois actes ^ en prose, de Favières. — Succès. 23 juillet 1803. — Le Tasse^ de Cidle. — Chute. 10 novembre 1803. — La Botte volée ^ de Longchamps. — Chute très-prononcée. 39 novembre 1803. — La Dédaignpisey de Duret. — Chute com- plète; quatre représentations. 1^ janvier 1804. — Shakspeare amoureux^ d*Alexandre Duval. — Chute; douze représentations. 13 janvier 1804. — Polyxène, tragédie en trois actes, d'Aignan. — Chute épouvantable; quatre représentations 8 février 1804. — Guillaume le Conquérant, drame en cinq actes, m prose, d'Alexandre Duval. — Représentation unique. 12. — 180 — 1 1 avril 1804. — La Fausse Honte ^ comédie en cinq actes, en vers, de Longchamps. — Chute; trois représentations. 19 mai 1804. — PUrre le Grande tragédie en cinq actes de Car- rion de Nisas. — Chute complète. 5 juillet 1804. — Molière avec ses nmis^ comédie en un acte, en veips, d'Andrieux. — Succès. » 5 novembre 1804. — La Leçon conjugale^ comédie en trois actes, en vers, de Chazet et Sewrîn. — Succès. 8 décembre 1804. — Cyrtis^ tragédie en cinq actes de Chénier. — Chute. ' 16 février 1805. — Le Tyran domestique^ d'Alexandre Duval. — Succès contesté à la 1" représentation. 4 avril 1805. — Le Tartufe de mœurs, comédie de Chéron. — Succès. 14 mai 1805. — Les Templiers, de Raynouard. — Grand succès. 6 juin 1805. — Madame de Sévigné, comédie en trois actes, en prose, de Bonilly -^ Chute complète; se relève à la deuxième représentation. 9 août 1805. — Astyanax, tragédie en trois actes de M. Aima. — Chute cdtnplèté. ^ : -* < r 10 septembre 1805. — Amélie Mansjkld, drame en cinq àetes^ en prose, de Bellin. — Chute complète. 1^^ février 1806. — Les Français dans le Tyrol, comédie de Bouilly. — Demi-succès. 26 février 1806. — Le Politique eh défaut, comédie de Chazet — Demi-succès. 12 mars 1806. — L'Avocat, comédie en trois actes, en vers, de Roger. — Succès mérité. 21 mars 1806. — Antiochus Épiphane, tragédie en cinq actes, de Chevalier. — Chute complète. 9 juin 1806. — La Jeunesse de Henri f^, comédie en trois actes, en prose, d'Alexandre Duval. — Beaucoup de succès. 25 juin 1806. — La Mort de Henri IV, de Legouvé. — Beaucoup de succès. 30 juillet 1806. — La Capricieuse, comédie en un acte, eu vers, d'Hoftmann. — Chute ; se relève à la deuxième représentation. 1 3 septembre 1 806 . — Omasis, de Baour-Lormian . — Grand suc- cès. 26 novembre 1806. — Les Faux Somnambules, com^Ke en' un acte, en vers, de Révérony de Saint-Cyr. — Chute très-complète. — 181 — 9 ëécembre 18O6. — Octavie^ tragédie en cinq actes, de Souri- guère. — Chute très-complète. 3 janviar 1807. — Le Parleur contrarié^ comédie de Delaunay. — Succès. 97 février 1807. — Pyrrhus^ tragédie en cinq actes de Lehoc. — Chute. 12 juin 1807. — Les Projets cTeniépemetU^ comédie en un acte, en vers, de Th. Pein. — Représentation unique. 27 juin 1807. — La Mort de DuguescUn^ drame en trois actes, en vers, de Dorvo. — Tombé. 28 novembre. — Brueis et Palaprat^ comédie en un acte, en v«rs, dIÊtienne. — Succès. 12 décembre 1807. — Le Paravent^ comédie en un acte de Pla- nard. — Demi-succès. 20 janvier 1808. — P/aute ou la Comédie latine^ trois actes en vers, de Lemerder. — Mal accueillie. 26 février 1808.— V Assemblée de famille, de Riboutté Grand succès. 13 avril 1808. — C Homme aiiijc convenances, un acte, envers, de Jouy. — Deux représentations. 30 avril 1808. — Artaxerce, de Delrieu. — Grand succès. (L^Empereur accorde à Fauteur une pension de 2,000 francs.) 29 octobre 1808. — Ixi Suite du Menteur, arrangée par An- drieux. — Mauvais travail. 14 décembre 1808. — Louise ou la Réconcilialion, drame en cinq actes, en prose, de M*""^ Simon Candeille. — Chute. 1*' février 1809. — Hector, tragédie en cinq actes , de Loice de Landval. — Grand succès. (L'Empereur accorde à Fauteur une pension de 6,000 francs.) 21 février 1809. — La Fontaine chez Fouquet, un acte, en prose, de Dumolard. — Chute. 13 avril 1809. — Le Chevalier d industrie y comédie en cinq actes, en vers, d'Alexandre Duval. — Demi-succès. 25 mai 1809. — Le Secret du ménage, comédie en trois actes, en vers, de Creuzé de Lesser. — Succès. 7 juin 1809. — l^s Capitulations de conscience , cinq actes, en vers, de Picard. — La pièce n'est pas achevée. 15 juillet 1809. — La Hrcanche, trois acte§, en prose, de Roget et Creuzé. — Succès. — 182 — 10 novembre 1809. — f^itelUe, tragédie en cinq acte» de Selve. — Chute. 6 décembre 1809. — L' Enthousiaste ^ cinq actes, en vers, de Valmalette. — Pas de succès. 29 janvier 1810. — Le Prisonnier en voyage^ trois actes, en vers,, de Delaunav. — Pas de succès. 24 février 1810. — Brunehaut,Mdigédîe en cinq actes d^Aignan. — Ilemi-succès. 6 juin 1810. — Le Fieux Fat, comédie en cinq actes, en vers, d'Andrieux. — Succès contesté. 11 août 1810. — Les Deux Gendres, comédie en cinq actes, en vers, d'Etienne. — Très-grand succès (1). 16 janvier 1811. — Un Lendemain de fortune, un acte, en prose, de Picard. — Succès contesté. 20 février 1811. — Les Jeunes Amis, comédie en trois actes, en prose, de Souque. — N'est pas achevée. 9 mars iSlt^-^ Mahomet II ^ tragédie en cinq actes, de Baour-* Lormian. — Retirée à la septième représentation. (i) On sait la polémique ardente que souleva rapparilion des Deux Gendres, M. Etienne fut accusé de s'être servi d*un manuscrit de Conaxa, ou plutôt de ne pas être l'auteur réel de sa comédie. La lutte fut très-vive, au Théâtre, dans la presse et dans les salons, et nous connaissons une très-curieuse collection de plus de trente bro- chures, plus ou moins spirituelles, publiées pour ou contre l'auteur des Deux Gendres, A cette époque, les nouveautés littéraires qui avaient quelque importance étaient de véritables événements. Pour la curiosité de nos lecteurs, nous leur donnons ici une liste de quelques-unes de ces brochures les plus remarquées : 1. Épitre à l'auteur des Deux Gendres sur la préface de la 4e édi • tion de sa comédie. 2. Critique raisonnée de la comédie des Deux Gendres, précédée d'un examen de la préface supprimée de cette pièce et de réflexions sur l'avis des frères Michaud* éditeurs de Comixa, suivie de l'errata de la préface de M. Etienne, à l'usage des personnes qui en ont des exemplaires. 5. Appel à l'impartialité dans le procès intenté à l'auteur des Deux Gendres. A, Petite Lettre sur un grand sujet. 5< Mes Révélations ^ur M. Etienne, les Deux Gendres et Conoxa, par Lebrun-Tossa. 6. Lettre d'Alexis Piron à M. Etienne, académicien, ou Examen — 183 — 2S man MU— L'Uemnmse Gmfemrt, rini liifl ée Dean- 22 awii ISll. — La Femume mU$amikrope, cmnédie en trois ades, en vcn. — Chute. t9 a q u é mbie ISll. ~ La Mamiede timdépemdamce^tmaéÊitm cinq adeSfCn WK^éeGraDééeLessor. — ITesl pis aèhevée. ciilî^ae de U coMiuJii de Commrm, rcme, corrigée, ■ugtnle<, et ■ÛM «I IVâtie pu* M. Étiene. 7. Ëpitre mt U coMédie des Dnuc Gemént, par Raovl. 8. Le Faateml de M. ËtieBiie, oa^nge presque acadêmîqae^ par Cholet de ietphort. 9. Le Mai^ de Saut-Ëtiene, par Violet. 10. Histoire abr^ée d'an jemie boane persécuté, ou les îbooa- véuesls de U gloire et des amb, pol-ponni en flsaiiière de ^ers, par il. GhansoB de Désangiers, ou Petite Histoire d'un auteur Tani 12. Lettre à M. Étieniie par un habitant de Bar-sur-Oniain, suivie du Bère, ou la Dernière Apparition de M. Etienne, par Doublât. 13. Le Secret de M. L^run-Tossa, ou Lettre à Fauteur de Mes RéTélations. 14. Lettre de Nicolas Boileau à M. Élienne, en lui envoyant sa 7« Épître à Racine^ sur le profit à tirer des critiques. 15. Lettre d'un babitant de Versailles à Tauteur de la Réponse de M. Hoffmann. 16. L'Étiennéide , poème épieo^«ilirique en deux cbauts, par Rnthiger. 17. Vives escarmouches avec M. HoffioDann. 18. Apologie de fauteur des Deux Gfmdres^ dialogue entre ma muse et moi. 19. L'auteur des Deux Gendres pris en flagrant délit, par Delpech. 20. Gmp d*œil impartial sur les Deux Gendres^ par Tiepler. 2i . Observations sur le jeune homme qui a écrit la comédie des Deux Gendres^ par Lemaitre. 22. Nouveau éclaircissements en forme de conversation sur Co- naxa et les Deux Gendres, 25. La Stéphanéide, ou Conaxa, les Deux Gendres et le Journal de Paris. 24. Réponse à M. Hoffmaiin, ou Dernier Examen du procès in- tenté par le public à M. Etienne. 25. Bataille gagnée et perdue, tant tués que blessés, personne de — 184 — 3 octobre 181 i . — Les Pères créanciers, comédie en un acte, en vers, de Planard. — Représentation unique^ 13 déo^nbre 1811. *^ VAmteur et la critique^ comédie en un acte, en vers, de Chéron. — Succès. 30 décembre 1811. — Annibal^ tragédie en trois actes, de Nor- mandie. — Représentation unique.' 26 février 1812. — Le Ministre anglais, comédie en cinq actes,en ver^, de Riboutté. — Cinq représentations; luttes au par- terre. 24 avril 1812. — Mascarille ou la Sœur supposée, comédie en cinq actes, en vers, de Charles Maurice. — Pièce de Rotrou refaite; une seule représentation. 13 octobre 1812. — La Lecture de Clarisse, comédie en un acte, en prose, de Rog«p. — Représentation unique. 17 novembre 1812. — UIndéciSy comédie en un acte, en vers, de Charbonnière. — Succès. 14 janvier 1813. — Avis aux mères, comédie en un acte, en vers, d'Emman. Dupaty. — Demi-succès. 27 janvier 1813. — Tippo-Saêb, tragédie en cinq actes de Jouy. — Succès, 6 mars 1813. — L'Intrigante, comédie d'Etienne. — Succès. 9 avril 1813. — La Suite d'un bal masqué, comédie en un acte, en prose, de M"»* dé Bawr. — Grand succès. mort, ou Réflexions impartiales, spirituelles et piquantes sur les Deux Gendres et Conaxa, par Mordai. 26. Les Gouttes d'Hoffmann, à l'usage des journalistes petits- maitces, ou suite provisoire de la Stéphanéide, par Bou?et. 27. Conaxa et les Deux Gendres, ou Résumé des débats, servant de réponse à M. Hofïmann, défenseur officieux de M. Etienne, par Desquison de Saint-Agnan. 28. Histoire de Jean Conaxa, riche marchand d'Anvers, suivie du parallèle de Conaxa, des Deux Gendres, des Fils ingrats et du Roi Lear. 29. Fin du procès des Deux Gendres, par Hoffmann. Hn est-ce assez? et tout cela dans la seule année de 1812, au moment des plus grandes préoccupations politiques. Au bout du coniple, c'était encore mieux que l'indifférence littéraire dont nous jouissons. — 185 — 19 avril laiS. ^ Ntius Ily tragédie en cinq actes, de Brifaut. — Demi-succès. 22 septembre 1813. — La Nièce supposée, comédie en prose, de Planard. — Succès. 17 mars 1814. — La Rançon de DuguescUn , tragédie en cinq actes, d'Amault. — Une représentation. 26 avril 1815. — Racine et Cavoie, comédie d'Etienne. — Une représentation pendant les Cent Jours. Total, 75 pièces nouvelles dans l'espace d'une douzaine d'années, et dont un très-petit nombre, parmi celles qui ont réussi, pourraient être reprises honorablement. Trois ou quatre seulement sont res- tées au répertoire courant. La Comédie française , que l'ère impériale fit si grande, était donc surtout un théâtre d'exécution. Mais quelle exécution ! Quelle perfection dans l'in- terprétation de nos chefs-d'œuvre impérissables. On peut dire que jamais le répertoire du premier, du second et du troisième ordre n'a été mieux repré- senté. La Comédie française possédait une réunion incomparable de talents illustres; mais Napoléon pensait à Favenir, et, dès le 3 mars 1806, il créait, au Conservatoire de musique, une classe de décla- mation en désignant comme professeurs Dugazon, Monvel, Fleury, Dazincourt, Talma et Lafon. Ce n'était donc pas essentiellement les"^pièces nou- velles qui attiraient la foule au Théâtre-Français; c'étaient Molière , Corneille , Racine , Marivaux , Regnard, Destouches, Beaumarchais et tous nos maîtres interprétés par Fleur\ , Saint-Prix , Saint- — 186 — Fal, Talma/Michol, les deux Baptiste, Damas, Ar- mand, Lafon, Thénard, Devigny , Michelot ; M"*'Rau- court, Thénard, Contât, Mézeray, Desbrosses, Mars, Bourgoin, Volnais, Duchesnois, Leverd, Diipuis, Demerson, etc.; ce qui n'empêchait pas les pièces nouvelles de concourir à la prospérité générale. Bonnes ou mauvaises, elles piquaient la curiosité, il fallait les connaître et les juger. On ne remplissait pas alors la salle d'un public ami, et les premières représentations étaient très-fructueuses. La Mort de Henri IV di fait le premier jour 5,608 fr.; le Tjran domestique j 3,825 fr.; les Templiers^ 5,075 fr.; et les vingt premières représentations de cet ouvrage 74,074 fr. ; les Deux Gendre.^j 4,116 fr.; et les vingt premières représentations 77,229 fr. Il est vrai que, lorsqu'une pièce tombait, on ne persistait pas à la jouer en l'absence du public, et en dépit de la re- cette, on passait à une autre nouveauté, ou l'on re- venait à l'ancien répertoire immédiatement. En 1804, année du couronnement, le Théâtre- Français a encaissé 559,671 fr., dont 111,494 fr. de location. — En 1808, 666,798 fr., dont 120,329 francs de location. — En 1810, 781,800 fr., dont 133,152 fr. de location. En général, la moyenne de chaque année était de 5 à 600,000 fr. Les auteurs modernes recevaient en moyenne 40,000 fr. par an. Le droit des pauvres était du onzième de la recette brute. Les artistes sociétaires^ — 187 — n'avaient pas tous droit à la part entière : ils étaient classés par catégories de part, trois quarts de part, une demi-part et un quart de part. Les pensionnaires peu rétribués ne grevaient pas le budget ; cinq ou six suffisaient dans des emplois subalternes. Pour rester au Théâtre-Français, il fallait être Sociétaire de toute nécessité. n est vrai que l'Empereur récompensait dignement et royalement. Les grands talents recevaient des subventions particulières sur sa cassette, et le ser- vice de la cour était largement payé. Nous avons constaté qu'un séjour de quelques jours à Saint-Cloud a coûté 29,000 fr., un autre à Fontainebleau 24,300 fr. Le voyage d'Erfurt a oc- casionné une dépense de 25,920 fr., sans compter les gratifications aux artistes; de 1810 à 1811, après le mariage de l'Impératrice Marie-Louise, la cour impériale a dépensé plus de cent mille francs, rien que pour les spectacles donnés par le Théâtre-Fran- çais. Mais voici qui est encore explicite. C'est une lettre de l'Empereur adressée au comte de Rémusa t. « Dresde, 12 août 1813. « Je vous envoie un état des gratifications que j'accorde « aux acteurs de la Comédie française qui ont fait le voyage « de Dresde ; cet état monte à la somme de 111,500 francs* « Vous ferez solder ces gratifications par la caisse dés « théâtres. » 188 — Ciratlficatlons accordées aux comédiens français qui ont fait le ToyafT® A® Dresde. Desprez 6,000 Saint-Prix 6,000 Talma 8,000 Mi^Georges. 8,ooo Fleury. : . . . 10,000 Saint-Fal 6,000 Miehoti . 4,000 Baptiste cadet 6,000 Annand 6,000 Thénard 4,000 Vigny 6,000 Michelot 4,000 Barlner 3,000 M"« Thénard 4,000 ]Vpï« Emilie Contât 6,000 M^*" Mézeray. .^ 4,000 M^« Mars 10,000 M**« Bourgoin 6,000 M. Maignien 2,000 Les frères Frechot 1,500 Colson... .f 500 Gombre 500 Bouillon 500 Mongellas 500 Ces derniers figurants, «ouffleur et perruquier. Enfin, à ce document d'un si grand intérêt, nous pouvons joindre cette seconde lettre de l'Empereur adressée au général Drouot : « Dresde, 12 août 1813. « J'approuve que vous fassiez payer aux comédiens fran- « çais les 44,800 francs auxquels vous évaluez leurs frais de « retour ; ces frais de voyage doivent leur être payés ici « avant leui' départ. » L'Empereur entendait que tous les membres de sa famille et les grands dignitaires de la couronne eussent leur loge au Théâtre-Français. Lui-même donnait Texemple, en payant sa loge 21,000 fr. ; la reine flortense, pour la sienne, 3,280 fr. ; S. A. Tarchi- — 189 — chancelier, 5,280 fr. ; le prince de Neufchâtel , 8,800 fr. ; le gouverneur de Paris, 2,400 fr. ; le prince de Bénévent, 9,048 fr. ; le duc de Cadore, 6,518 fr.; la princesse de Ponte-Corvo, 3,280 fr.; le duc de Rovigo, 5,280 fr. ; la duchesse de Casti- glione, 2,112 fr. ; et le duc de Valmy, M™® de Beau- fremont, M. Rœderer, tous les ministres, la prin- cesse de Suède, le roi Joseph, le prince Lucien, le prince de Talleyrand, le prince architrésorier, M. de Pontécoulant, M. de Montalivet, le prince d'Essling, M™® Récamier, le duc de Massa , le duc d'Albuféra, le prince de Neufchâtel, la princesse de Gallitzin, M™® de Noailles, et toutes les sommités de ce temps-là. Nous avons pu nous assurer que la moyenne de la location des loges était de 12,000 fr. par mois, soit 144,000 fr. par an. Si l'art doit avoir des protecteurs, c'est aux plus hauts degrés de l'échelle sociale. L'Emper«ur le comprenait et le voulait ainsi. . ■ ii. CONCLUSION ** 9 ^- *■ CONCLUSION. IaA €>»Hi»IE FBAMÇ AUE AVTWJEJILMàR. PoovoDS-nous croire notre tâche accomplie , oo ao moins la modeste mission que nous nous étions imposée y celle de réunir, à Faide de documents épars, de simples notes devant servir à écrire plus tard une histoire complète du Théâtre-Français? Notre ambition serait satisfaite si le travail que nous publions pouvait être utile à titre de renseigne- ment. La vérilé est que les regards que Ton jette sur le passé ont toujours pour résultat d'amener une comparaison avec le temps présent. Le Théâtre- Français sous TEmpire de 1804 attire donc l'at- tention sur le Théâtre-Français sous TEmpire de 1853 9 et Ton est conduit naturellement à penser que l'œuvre commencée et achevée par Napoléon P', Napoléon III la continuera. Le fait est que depuis 1815, mais surtout depuis — 194 — 1830, lesbasesdelaconsiitulion de la Comédie fran- çaise ODt élé fortemenl ébranlées. La Restauration avait respecté le décret deMoscoD, en promulguant de nouveaux décrets calqués sur cette loi mère; mais, après 1830 , le système de l'interprétation en^*abis- sant toutes choses, et toutes choses étant remises en question , la Comédie française a élé livrée intérieu- rement à l'anarchie administrative, et les minis- tres substitués au surintendant, l'État mis au lieu et place du Souverain, la position du Théâtre-Fran- çais a dépendu chaque année de la volonté minis- térielle ou d'une simple majorité dans la chambre des représentants du pays. On invoquait bien ton- jours Tesprit du décret de Moscou, mais on ne le respectait pas. Depuis plus de trente années, la Comédie fran- çaise n'a pas en un seul instant de repos, et elle a marché constamment ballottée entre Tordonnance de la veille et le décret du lendemain. Au lieu et place des institutions de l'Empire, qui , tout en vou- lant être obéies, ne confisquaient cependant au pro- fit du pouvoir aucune des libertés ni des franchises de la société des comédiens, nous avons les deux ordonnances de Louis XVIII, de 1816 et de 1822^, qui laissent plus de latitude au libre arbitre et au bon plaisir. Les comédiens avaient bien signé, le 17 février 1823, des conventions particulières à an- nexer à Tacte de germinal an XII ; ces conventions — 195 — avaient bien été approuvées par ordonnance royale du 17 juillet 1823; mais déjà, quelques années plus tard , on sentait le besoin de régulariser la si- tuation d'une manière plus complète , et l'ordon- nance de Charles X, du 19 août 1829, avait été longuement élaborée par le comité de l'intérieur du conseil d'Étai. Il est vrai que cette ordonnance n'a jamais vu le jour, et les 4&jiemplaireâl inédits qui en existent sont autant de curiosités bibliographiques fort difficiles à rencontrer. Après la révolution de 1830, on va jusqu'à por- ter devant le conseil d'État la question de savoir si les artistes du Théâtre-Français sont Constitués en Société commerciale; si le Gouvernement a le droit de dissoudre cette Société; si l'État est responsable des chargés et des dettes de Tentreprise. Le conseil d'État répond : oui , la Société du Théâtre-Français est commerciale ; non, le Gouvernement n'a pas le drok de dissoudre cette Société ; oui, le Gouverne- iDent est responsable comme intervenant dans les faits d^administration intérieure du Théâlre-Fran* çais. En 1833, on permet aux comédiens de proposer au choix du ministre un directeur gérant de la So- ciété ; et c'est en vertu de cette autorisation que M. Jousiin de la Salle est nommé directeur le 8 juin 1833; révoqué le 18 janvier 1837, M. Jousiin de la Salle est remplacé par M. Vedel, en vertu de la 15. — 198 — présenter, chaque année, à Vapprobation du ministre de Tinté- rieur, le budget du Théâtre , dressé par le comité d'administra- tion et soum(is à l'examen de l'assemblée générale des Sociétaiies ; 2<» D'ordonner, dans les limites portées au budget pour chaque nature de dépenses , celles qui seront nécessaires pour toutes les parties du service , et de signer, à cet effet , tous ordres de four- nitures et mandats de payements ; 8<* De passer les marchés, souscrire les obligations pour le ser- vice , et signer tous actes dans Tintérêt de la Société , conformé- ment aux délibérations du comité : ceux des actes dont la durée excédera une année devront être approuvés par le ministre de l'in- térieur ; 4*^ D'exercer, tant en demandant qu'en défendant , conformé- ment aux délibérations du comité , toutes .les actions et tous les droits de la Société des comédiens , après avoir pris l'avis du con- seil de la Comédie , de l'assemblée générale , et l'autorisation du ministre; de faire tous actes conservatoires et tous recouvre- ments ; 5» De faire les engagements d'acteurs pensionnaires dont la durée n'excède pas une année; &* D'inspecter, régler et ordonner, dans toutes les parties de la salle et des magasins, et de déléguer, à cet effet , s'il le juge né- cessaire, un ou plusieurs membres du comité d'administration ; 7» De prendre toutes les mesures relatives au service intérieur, aux entrées, loges et billets de faveur, à la convocation et à la tenue des comités et des assemblées générales , aux affiches et annonces dans les journaux ; 8<> De distribuer les rôles , sauf les droits des auteurs, et sans pouvoir imposer aux Sociétaires des rôles en dehors de leurs em- plois ; 9» De statuer définitivement sur la formation du répertoire et sur les débuts; 10^ De donner les tours de faveur, lesquels ne pourront être accordés à plus d'une pièce sur deux ouvrages reçus; 11» De donner les congés, en se conformant, pour leur répar- tition, aux dispositions du règlement , et sans pouvoir en accorder plus de six mois à l'avance, ni pour des époques périodiques ; 12" De prononcer des amendes, dans les limites du maximum et du minimum fixés par le règlement. — 199 — 11 exerce, en outre^ les fonctions attribuées par le décret du 15 octobre 1812 au commissaire du Gouvernement prés le Théâtre- Français. Art. 3. L'administrateur, après avoir pris l'avis du comité d'ad- ministration, propose au ministre de l'intérieur : P Les admissions des Sociétaires ; 2» Les accroissements successif de la part d'intérêt social , en ayant égard tant à la durée et à l'importance des services qu'à la nature de l'emploi; ces augmentations pourront être, à l'avenir, d'un douzième de la part sociale; a® Les engagements d'acteurs pensionnaires dont la durée ex- cède une année ; 4^ Les décisions relatives au partage des bénéfices et à la fixa- tion des allocations annuelles distribuées aux Sociétaires; 5" Les règlements relatifs aux congés , aux amendes et autres peines disciplinaires, ault feux, à la composition du comité de lec- ture, à la nomination de ses membres et à la tenue de ses séances. Art. 4. L'administrateur donne son avis au ministre de l'inté- rieur sur tous les objets non compris dans- les articles précédents concernant le Théâtre-Français. Art. 5. Toutes les personnes attachées au service du Théâtre, le caissier et le contrôleur général exceptés , sont à la nomination de l'administrateur. Art. 6. L'admhiistrateur présente au ministre de l'intérieur, le 1"' avril et le 1" octobre de chaque année, un rapport détaillé sur sa gestion , dans lequel il fait connaître les pièces reçues à l'étude ou jouées, les travaux des acteurs et les résultats généraux de l'exploitation. Art. 7. Les rapports semestriels de l'administrateur sont com- muniqués avec toutes les pièces justificatives au comité d'admi- nistration , qui , sous la présidence du membre le plus ancienne- ment reçu Sociétaire , est admis à les discuter et adresse directe- ment ses observations au ministre de l'intérieur. Art. 8. L'administrateur ne peut faire représenter aucune pièce n'ayant pas encore fait partie du répertoire du Théâtre-Français , si elle n'a été admise par le comité de lecture. Art. 9. L'administrateur a droit : 1" A un traitement égal au maximum de l'allocation annuelle d'un Sociétaire ; — 200 — 2^ A une part dans les bénéfices nets 9^^ égale à deux fois le maximum d'une part de Sociétaire. Il lui est alloué en outre, pour frais de service, une indemnité dont la quotité est fixée par le ministre de l'intérieur. § II. DU COMITÉ d'administration. Art. 10. Le comité d'administration, composé conformément à l'art. 30 du décret du 15 octobre 1812, dresse le budget du Théâtre. Il délibère : 10 Sur les comptes du Théâtre , sur les marchés à passer, sur. les obligations à souscrire , sur les crédits extraordinaires et pla- cements de fonds; 2^ Sur les actions à intenter ou à soutenir au nom de la So- ciété; 3<^ Sur les objets compris dans l'art. 3 ; 4^ Sur les rapports semestriels de l'administrateur ; 5^ Sur la mise à la retraite des Sociétaires après dix ans de service. § III. DE l'assemblée générale. Art. 11. L'assemblée générale des Sociétaires délibère : i^ Sur le budget et les comptes du théâtre, sur les crédits ex- traordinaires et placements de fonds ; 2^ Sur les actions à intenter ou à soutenir au nom de la Société. TITRE II. Des Sociétaires. Art. 12. Chaque Sociétaire a droit à une allocation annuelle, à des feux, à une quotité dans les bénéfices nets, à une représenta- tion à son bénéfice, à une pension. L'allocation annuelle , calculée proportionnellement à la quotité — aci- de la part sociale, ne peut dépasser le manmiini des allocations fixes, précédemment accordées aux Sociétaires ; elle sora payable par douzième. La quotité des feux, suivant les services et emplois, sera déter- minée par le règlement. La quotité dans les bénéflces nets est proportionnée à la part ou portion de part de chaque Sociétaire. Une moitié est mise en réserve et soumise aux dispositions des art. 22, 23, 24, 25, 26 et 27 du décret du 15 octobre 1812. La représentation à bénéfice est accordée au Sociétaire à Té- poque de sa retraite définitive , après vingt ans au moins de ser- vice en qualité de Sociétaire. La pension de retraite ne sera acquise à l'avenir qu'après vingt années de service, à partir du jour de l'admission au titre de So- ciétaire. Elle est fixée et liquidée conformément au décret du 15 octobre 1812. Elle ne peut, dans aucun cas, sauf les droits acquis, dépasser la quotité déterminée par l'art. 13 dudit décret. Art. 13. Après une période de dix années dé service à partir du jour de la réception, il sera statué de nouveau sur la position de chaque Sociétaire reçu postérieurement à la promulgation du présent décret. Le ministre , après avoir pris l'avis de l'adminis- trateur et du comité d'administration , pourra prononcer la mise à la retraite conformément à l'art. 16 du décret du 15 oc- tobre 1812. Dans ce cas le Sociétaire aura droit au tiers de la pension qui lui aurait été due après vingt ans de service, et sera libre d'exercer son art, soit à Paris, soit dans les départements. Art. 14. Tout Sociétaire qui, après vingt années de service, n'aura pas été, en vertu de l'art. 14 du décret du 15 octobre 1812, mis en demeure de continuer à jouer sur le Théâtre-Français, sera libre de jouer sur les théâtres des départements. Il ne pourra jouer sur des théâtres de Paris qu'avec l'autorisation du ministre de l'intérieur, et sauf interruption du payement de sa pension de retraite, pendant la durée des engagements qu'il aura contractés sur ces théâtres. Art. 15. Les acteurs seront tenus, sous les peines qui seront déterminées par le règlement, de se soumettre aux ordres de ser- vice donnés par l'administra teur. Ils ne peuvent, sous les mêmes peines, I. — 202 — 1» Refuser anciuii rôle de leur emploiv, ni s^opposer à ce qu'un autre acteur le partage avec eux; 2<> S'absenter sans congé ni dépasser le terme du congé obtenu. Les peines d^ciplinaires autres que les amendes ne peuvent être prononcées que par décision du ministre de Tintérieur, sur la pro- position de Tadministrateur. TITRE III. De la Comptabilité. Art. 16. Le budget des recettes et des dépenses du Théâtre- Français est dressé chaque année et approuvé dans les formes pres- crites par l'art. 2. Il comprend les prévisions de recettes et de dépenses afférentes à toute la durée de l'exercice. Sont seuls considérés comme appartenant à un exercice , les services faits et les droits acquis à la Société ou à ses créanciers, du V janvier au 31 décembre de l'année qui donne son nom audit exercice. Art. 17. La subvention accordée par l'État est versée, chaque mois et par douzième, dans la caisse du théâtre. Art. 18. Il est ouvert, au budget de chaque exercice, un cha- pitre spécial destiné à pourvoir aux dépenses que le ministre de l'mtérieur croirait utile d'autoriser, dans l'intérêt du théâtre, en dehors ou en supplém^t des prévisions portées aux autres chapi- tres du budget. La quotité du crédit ouvert par ce chapitre est déterminée chaque année par le ministre ; elle ne peut excéder le cinquième du montant de la subvention. Il ne peut être imputé de dépense sur ledit chapitre qu'avec l'autorisation du ministre. Art. 19. Les placements de fonds et les dépenses extraordinai- res, non prévus au budget ou excédant les crédits alloués, ne peu- vent être proposés et autorisés que dans les mêmes formes que le budget. Art. 20. Le caissier ne peut faire aucun payement que sur un mandat signé de l'administrateur. Pour les dépenses extraordinaires prévues par les art. 18 et 19^ — 2a3 — larfnnmaffft m pou s^ék in ^ cb icrtH d ine autorisa- tk» ipécûde éi Hrâlre de n^mnr. La iqmtîlk i des J t far é n Bg entre les Soriftwfi ne pent avoir Ueu que snKant on état Aessr par radnbiîslrateiir et appravré par le mmirtre de nmérieur. Alt. 21. La mnnnA i itr di caisBar est tenw en partie doiÉile. Iljra DB jonal^ an prand-tivre. et autant de fines amiliaîres qnH j a sur le grand-fi^ie de eonples donnant lien à des déve- Chnqne opmlion inscrite dans la eomptattlitr dn Théâtre doit être ^ipnviée de jnrtfiralions regniières. ArL 22. L'adminîstratciir tient enregistrement des maidats de reeette et de dépense quH défirre^ des nuffchés et engageoMnts qull souscrit^ des entrées, lo^es et hillets de ^Tciir qull aeoorde, des ordres généraux de senrîce, et de tous les actes qull ait ou ordonne dans rinterét de la Société. Art. 23. Le 1^ de chaque mois, pour le mois préeédoit., Tad- ministrateur adresse au ministre de ^Intérieur le compte des re> œtles et des dcpwtses de la Société , avec toutes les justifications rédamées pv le ministre. Art. 24. La comptabilité au Théâtre est soumise, sur la de- .mande éa ministre de llntérieur, à la Ténfieation des inspecteurs généraux et particuliers des finances. La gestion de radministratrar est soumise aux inspections ad- mimstratÎTes que le ministre juge utUe d^ordonner. Art. 2d. Il sera procédé, dans le délai de trois mois, par un agent du ministre de llntérieur, oonéurrenunent avec Tadminis- trateur et le plus ancien des Sociétaires, à un récolement général de tous les objets composant le matériel, le mobifier, la ooUeetion de tableaux et de sculptures, les archives et la bibliothèque du Théâtre. Les mouvements de ce matériel sont soumis à une compta- bilité d'entrée et de sortie. Chaque année, les résultats de cette comptabilité sont constatés dans un inventaire, ^ il est procédé à un récolement général, dans les formes indiquées ci-dessus. Un double du procps-verbal de récolement est remis au minis- tère de rintérieur, après avoir été communiqué au comité d'ad- ministnition. — 204 — Art. 26. Le compte de l'exercice de chaque année reste ouvert jusqu'au l*"^ avril, pour le complément des opérations engagées avant le 31 décembre de Tannée précédente , conformément à l'art. 16. Il est définitivement arrêté le l^** mai de l'année suivante. 11 comprend toutes les recettes réalisées et les droits acquis dans la période de l'exercice ; toutes les dépenses faites ou enga- gements contractés, pour des services faits, pendant la même pé- riode, et constate l'excédant de recettes , formant les bénéfices à répartir, conformément aux art. 9 et 12 ci-dessus. Art. 27. Ce compte est certifié par l'administrateur, soumis par lui à l'examen de l'assemblée générale et à l'approbation du mi- nistre. A l'appui dudit compte sont joints : 1° Un état présentant la situation des valeurs de caisse et de portefeuille, à la date de la clôture de l'exercice ; 2« Un état des engagements contractés ; 3° L'inventaire du matériel. Art. 28. Les dispositions encore en vigueur du décret du 15 oc- tobre 1812 auxquelles il n'est pas dérogé par le présent décret , continuent à recevoir leur exécution. Le ministre de l'intérieur continue à exercer ceux des pouvoirs conférés au surintendant à l'égard desquels il n'est point statué par le présent décret. Art. 29. Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent décret. Fait à Paris, à l'Elysée National , le 27 avril 1850. Louis-Napoléon Bonaparte Le Ministre de Vintérieur^ J. Baboghe. — 205 — Est-ce assez d'inslabriitê , Je revirements et d'in- conséquences ? Dans des conditions aussi mouvantes, une institution sérieuse peut-elle'prospérer ou seu- lement exister qu^au moyen des plus grands sacri- fices? On pourrait foire un gros volume de Béné- dictin avec les notes, mémoires, réquisitoires et consultations éVoqués depuis quelques années sen- lem^it à propos de la Comédie française : M** Ri- pault, Marie, Paillet, de Vatimesnil, Ch. Du pin , Odilon Barrot, toutes les lumières du barreau con- sultées, sans parler des procès et des difficultés de toutes sortes aboutissant à l'ordonnaDce de 1830. Cette ordonnance doit-elle être le port où Ton vent atteindre, le calme que Ton espère. Tordre, la régula- rité, rissueà laquelle tendent tons les vœux? Nous ne le pensons pas, parce que nous avons la convic- tion intime que ce que le Président de la République a pu préparer , l'Empereur Napoléon III le complétera. Le Théâtre-Français est aussi nécessaire à la gloire de notre civilisation que les musées qui font notre orgueil : « Les destinées de la Comédie française c( importent à Thonneur littéraire du pays, » disait M. Samson , Thonorable doyen actuel des Sociétai- res, dans un excellent travail publié en 1846; et il ajoutait : « La Comédie française a pris sa part de K la gloire du grand siècle. On se souvient encore « de Féclat quelle a jeté sous TEmpire. La réduc- « tion des théâtres, ordonnée par un décret impé- — 206 — a riai da 8 aoûl 1 807 , servit puissamineDt les idté- c< rets des Sociétaires. Napoléoa aimait à détourner sur leurs travaux , sur « leur avenir... Les hauts fonctionnaires de TEm- c( pire avaient mis au nombre de leurs habitudes « la représentation de nos chefs-d'œuvre^ obéis* « saut ainsi à l'exemple et aux désirs du souverain;