HISTOIRE

GENERALE

DE LANGUEDOC

ÉDITION

ACCOMPAGNÉ E

DE DISSERTATIONS & NOTES NOUVELLES

CONTENANT

LE RECUEIL DES INSCRIPTIONS ANTIQUES DE LA PROVINCE

DES PLANCHES DE MÉDAILLES, DE SCEAUX, DES CARTES GÉO GR APH I aU ES , ETC.

ANNOTEE PAR

M. Charles ROBERT

MEMBRE DF l'INSTITUT

M. Paul MEYER

PROFESSEUR AU COLLEGE DE FRANCE

M. Anatole de BARTHÉLÉMY

MEMBRE DU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORiaUES

M. ALLMER

CORRESPONDANT DE L INSTITUT

M. CHABANEAU

PROFESSEUR A LA FACULTE DKS LETTRES DE MONTPELLIER

M. Auguste MOLINIER

CONSERVATEUR A LA BIBLIOTHEQUE SAINTE-GENEVIEVE

M. LEBÈGUE

ANCIEN MEMBRE DE L ÉCOLE FRANÇAISE DATHÈMES, PROFESSEUR A LA FACULTÉ DES LETTRES DE TOULOUSE

M. GERMER-DURAND Fils

CORRESPONDANT DU MINISTERE DE L INSTRUCTION PUBLIQUE

M. Joseph ROMAN

CORRESPONDANT DU MINISTERE DE L INSTRUCTION PUBLiauE

CONTINUÉE JUSQUES EN 1790

M. Ernest ROSCHACH

CORRESPONDANT DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES

Tous droits réservés pour ce qui concerne La nouvelle rédaction,

même partiellement.

HISTOIRE

GENERALE

DE LANGUEDOC

AVEC DES NOTES ET LES PIÈCES JUSTIFICATIVES

DOM CL. DEVIC & DOM J. VAISSETE

RELIGIEUX BÉNÉDICTINS DE LA CONGRÉGATION DE SAINT-MAUR

TOME OUINZIEME

TOULOUSE

rnfM'AK'l) PRIVA'I\ I I1'>R \IRH-HDn'HUR

MDCCCLXXXXII

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RECUEIL

INSCRIPTIONS ANTIQUES

DE LA PROVINCE DE LANGUEDOC

PRÉPARÉ PAR

Edward BARRY

PROFESSEUR d'hISTOIKE A LA FACULTÉ DES LETTRES DE TOULOUSE

EUGENE GERMER-DURAND

BIBLIOTHÉCAIRE ET CONSERVATEUR DU MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE DE NIMES

PUBLIE PAR MM.

Albert LEBÉGUE

ANCIEN ÉLÈVE DE l'ÉCOLE d'aTHÈNES

TROFESSEUR d'aNTIQUITÉS GRECQUES ET LATINES

A LA FACULTÉ DES LETTRES DE TOULOUSE

François GERMER-DURAND

CORRESPONDANT DU MINISTÈRE DE l'iNSTRUCTION

PUBLIQUE POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES

ARCHITECTE DÉPARTEMENTAL DE LA LOZÈRE

Auguste ALLMER

CORRESPONDANT DC l'iNSTITUT

IMPRIME sous LA DIRECTION DE M. AUG. ALLMER

MDCCCXCIII

AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR

L'ÉTAT peu avancé des études épigraphiques dans la première moitié du dix-huitième siècle, époque parut la première édition de l'Histoire générale de Languedoc, n'avait pas permis aux Bénédictins de donner à cette partie de leur œuvre le développement nécessaire. Ils pla- cèrent en tête des preuves du Tome premier quatre-vingts textes épigra- phiques, occupant quatorze pages '. Les onze premiers y sont reproduits avec la forme du monument inscrit Se sont gravés en taille-douce j les soixante- neuf autres sont imprimés en lettres majuscules.

Quarante-deux provenaient de Narbonne, vingt-sept de Nimes. Un texte de Narbonne avait été trouvé à Saint-André de Suréda, en Roussillon. Deux furent relevés dans l'église Saint-Martin-de-Cart, entre Beaucaire 8c Massillargues. Un autre dans l'église de Cureboussot, sur le chemin de Beaucaire à Manduei. Trois étaient tirés de Saint-Paulhan en Vêlai; Carcassonne & Uzès en fournirent chacune un. Enfin un texte fut pris dans Gruter sans indication de provenance.

Le Recueil des inscriptions antiques trouvées dans la Province de Lan- guedoc, dont le plan a été conçu il y a environ vingt-cinq ans, est aujourd'hui terminé après de laborieux Se de coûteux efforts. U embrasse une étendue considérable de territoire allant de Toulouse au Rhône en passant par Nar-

I. Une table de concordance de ces textes, indiquant le numéro ancien sous lequel ils avaient été publiés dans la première édition & le numéro nouveau sous lequel ils sont donnés dans ce volume, se trouve à la suite de cet Avertissement.

viij AVERTISSEMENT DF, L'ÉDITEUR.

bonne, Béziers & Mimes, &, en remontant ensuite au-delà d'Aps & du Puy, les territoires des Helvii, des Cabales 8c des Vellaves, c'est-à-dire le Viva- rais, le Gévaudan Se le Vêlai'.

L'œuvre entièrement nouvelle de la publication dansJa__pjcésente_édition_ de l'Histoire générale de Languedoc du Recueil des Inscriptions antiques trouvées danV^cTtte Province fut confiée dès la première heure aux regrettés Edw. Barry Se Eug. Germer-Durand. Ils décidèrent que leurs domaines scientifiques seraient séparés par la rivière de l'Orb. L'œuvre était si minu- tieuse 8c si étendue qu'ils ont été surpris l'un 8c l'autre par la mort avant d'avoir pu achever leurs manuscrits. Edward Barry avait imprimé quatre- vingt-dix inscriptions 8c Eugène Germer-Durand cent deux.

La continuation du travail de Barry fut donnée à M. Albert LebÈgue 8c celle de Eugène Germer-Durand à son fils, M. François Germer-Durand. . L'exécution de la partie échue à Edward Barry était d'une extrême difficulté. Il lui fallait déchiffrer des inscriptions souvent très frustes, encore encastrées en grand nombre dans les remparts de Narbonne 5c presque inaccessibles. Les lectures faites par Barry étaient si consciencieuses que la même inscription a été étudiée par lui jusqu'à cinq Se six fois. Ces lec tures, les dernières surtout, sont en général excellentes. En outre, Barry avait minutieusement dépouillé tous les manuscrits narbonnais 8c fait de nombreuses recherches dans les bibliothèques de la France.

Pour les inscriptions non publiées, les copies 8c les commentaires de Barry, souvent pénétrants 8c précis, ont été mis en œuvre par iM. A. LebÈgue.

Nous faisons, pour rendre hommage à la mémoire de Barry, figurer .en tête de ce recueil les pages qu'il avait achevées.

MM. LebÈgue 8c Fr. Germer-Durand étaient chacun en possession de a tâche qui leur incombait quand M. Allmer accepta une part de collabo- ration dans cette publication.

Avant d'être associé au travail commun, M. Allmer avait dessiné les textes Se dépouillé plusieurs manuscrits des inscriptions de Narbonne; il avait communiqué son recueil à M. Albert LebÈgue, qui en prit copie.

I. Le nombre des inscriptions contenues dans ce volume est de dix-sept cent trente-six pour Nar- bonne, le Roussillon, Carcassonnc, Toulouse, Béziers & Agde, y compris Vinstrumentum, & de deux mille deux cent trente-quatre pour Nimes, le Vivarais, le Gévaudan & le Vêlai, les inscriptions de l'ins- framentum' extrêmement nombreuses à Nîmes, non comprises. Le nombre total est de trois mille neuf cent soixante-dix inscriptions.

AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR. jx

Celui-ci eut donc entre les mains, outre tous les manuscrits anciens qu'il avait collationnés à Paris, à Leyde 8c dans le midi de la France, le manuscrit de Barry & cette copie du manuscrit de M. Allmer. Il collationna en face des monuments toutes les inscriptions existantes 8< copia ensuite directe- ment celles qui furent découvertes depuis l'année 1880. Pour chacune d'elles M. LebÈgue a donné la lecture considérée comme la meilleure. Quand les copies étaient identiques, il a choisi indifféremment l'une d'elles. Dans les cas douteux, il a donné les variantes ; celles de M. Allmer ont. été insérées à partir du chapitre V.

Les Fastes de la Narbonnaise sont l'œuvre exclusive de M. A. LebÈgue ainsi que toutes les tables de son recueil & l'histoire des manuscrits, pour laquelle il a usé de notes nombreuses communiquées par M. Fr. Germer- Durand.

Plusieurs savants ou amateurs ont fourni à M. A. LebÈgue de précieuses indications : MM. Souriau, Henri I.ebègue, Lafaye, Barrés ont bien voulu copier des manuscrits Si résoudre des questions souvent difficiles St délicates. Le bibliothécaire de Leyde, bien connu du monde érudit, M. Du Rieu, a communiqué avec autant d'affabilité que de compétence les documents de la riche collection confiée à ses soins.

M. Noguier, qui possède à fond les inscriptions de Béziers publiées par lui, & dont le libéralisme scientifique n'est jamais en défaut, doit être remercié ici de son bienveillant concours.

M. BoNNEL, de Narbonne, a confié tous ses manuscrits à M. LebÈgue. M. Berthomieu, successeur de Tournai au Musée épigraphique, a fourni d'excellentes copies tenues toujours au courant. Si donné les conseils d'une expérience consommée. Le zèle de M. Thiers est infatigable; il connaît à fond l'épigraphie narbonnaise, Si plusieurs fois ses investigations pénétrantes l'ont conduit à de vraies découvertes. Notre Corpus en donne des preuves.

Les difficultés de la publication des textes antiques de Narbonne ont surtout tenu à la grande quantité d'inscriptions détruites aujourd'hui Si consignées dans des manuscrits nombreux, mais fautifs. Celles qui ont été conservées sont parfois très frustes Si presque toujours mutilées. La plupart

X AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR.

des pierres inscrites ont été brisées £< leurs débris sont restés durant trois siècles encastrés dans les remparts récemment démolis. Pour reconstituer une inscription , il faut le plus souvent rapprocher de nombreux frag- ments. Cette œuvre de patience a occupé Barry durant plusieurs années; mais elle a permis de connaître S<. de mettre en lumière beaucoup de faits intéressants & nouveaux.

Ajoutons que plusieurs textes de premier ordre figurent dans cette pre- mière partie du recueil, par exemple l'inscription de l'autel de Narbonne, la lettre de Fadius Si le règlemeiu relatif aux flamines.

Le Recueil des inscriptions antiques de Narbonne avait été communiqué à l'Institut en mars 1887 ; ces inscriptions Si celles de Nimes étaient presque toutes imprimées cjuand le Corpus de M. Hirschteld a paru. Les auteurs en ont tiré grand parti pour les derniers textes, les suppléments & les tables.

Depuis de longues années Eug. Germer-Durand s'était occupé de réunir les éléments de l'épigraphie nimoise, soit directement, soit par des copies ou des estampages que lui fournissaient des correspondants aussi habiles que désintéressés : MM. Gratien Charvet, à Alais ; Léon AlÈgre, à Bagnols-sur-Cèze ; H. Revoil, Albin Michel 81 Aug. Aurès, à Nimes; l'abbé Teissonnier, à Saint-Gilles; J. Rochetin, à Uzès ; A. Ricard, à Montpellier ; Goudard, à Manduel ; Robert Mowat, à Paris.

Lui-même avait estampé à Nimes 81 dans le département du Gard des centaines de textes dont la plupart, successivement envoyés au Ministère de l'Instruction publique, forment le noyau le plus considérable (457 sur 1222) du futur cabinet d'estampages projeté à Paris dans les nouveaux bâtiments de la Bibliothèque Nationale.

Au moment de sa mort, Eug. Germer-Durand avait imprimé com- plètement le chapitre des dieux Si déesses; le travail était préparé pour une partie des autres inscriptions, qui toutes possédaient leur texte, leur biblio- graphie, quelques-unes leur lecture Si de nombreuses remarques. Ces divers matériaux ont été mis en œuvre par M. François Germer-Durand, corres- pondant du Ministère de l'Instruction publique, architecte départemental de la Lozère. Mu par un sentiment de piété filiale 81 par attachement à un travail

AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR. xj

auquel il avait déjà participé durant plusieurs années, il a voulu, bien qu'é- loigné de Nimes, mener l'œuvre paternelle à bonne fin.

M. Allmer a fourni, aussi bien pour les inscriptions de Narbonne que pour celles de Nimes, l'ordre dans le]uel elles sont classées, &, à l'épi- grapbie de Nimes, pour une très large part, les lectures, toutes les traduc- tions 8c presque tous les commentaires; il a tait le travail complet pour les Helvii Se les Vellaves, a copié sur les monuments & dessiné tous les textes encore conservés à Nimes Se dans beaucoup de localités du Gard, de l'Ardèche 8<. de la Haute-Loire. Il a donné les bons à tirer après revision des dernières épreuves &, par ce fait, a eu la direction de l'impression.

Les inscriptions de Nimes sont importantes, non seulement au point de vue politique, mais aussi au point de vue du culte des dieux topiques, des inscriptions dites gauloises, de l'organisation municipale, des jeux scéniques ou de l'amphithéâtre & de l'onomastique en général.

Outre le grand nombre de textes païens découverts dans ces dernières années, ce recueil contient aussi plusieurs textes chrétiens jusqu'ici inconnus, laissant ainsi une lacune moins importante dans une région voisine des bords du Rhône ces derniers textes se rencontrent très nombreux.

Les tables de la partie du recueil comprenant Nimes, le Vivarais, le Gévaudatj, le Vêlai, ont été faites par M. Fr. Germer-Durand.

Les détails matériels de l'œuvre ont été très soignés. Des caractères de grandeurs Se de tormes différentes permettent de reproduire l'aspect d'une inscription &, par conséquent, d'en déterminer l'époque. Rien n'a été négligé pour que ce livre fût, à ce point de vue, égal Se même supérieur aux meilleurs recueils.

En outre, pour répandre le goût de l'épigraphie dans le midi de la France 8c rendre cette science plus abordable, les auteurs ont traduit les textes en français : une transcription latine peut laisser dans l'ombre de nom- breuses difficultés, 8c ils se sont efforcés d'expliquer les cas douteux. Leur œuvre est à la fois un recueil Se un enseignement. Ils espèrent ainsi lui susciter des continuateurs; Nimes 8c Narbonne n'ont pas encore

xii AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR,

livré toutes leurs richesses; sur d'autres points du territoire, il y a beau- coup à trouver, & il est fort à souhaiter que ces découvertes futures tombent tout d'abord sous des regards compétents. Nous avons cité quelques noms d'épigraphistes qui inspirent une entière confiance; ce recueil contri- buera peut-être à en augmenter le nombre & à répandre le goût de ces études, sévères au premier abord, ensuite vraiment attrayantes par la préci- sion, l'intérêt & souvent la nouveauté de leurs résultats.

Paul ÉDOUARD-FRIVAT.

Table de concordance des inscriptions de l'édition des Bénédictins (tome I^''. Preuves") avec celles du recueil donné par l'édition nouvelle.

Le premier chiffre indique le numéro ancien, le second chiffre le numéro nouveau.

1 = 5, Narbonne.

2 = 7, Narbonne.

3 = 10, Narbonne.

4 = 28, Narbonne.

5 = 118, Narbonne.

6 = i5o, Narbonne.

7 = 1284, Narbonne.

8 = 14, Narbonne.

9 =z 126Q, Narbonne.

10 = 96, Narbonne.

11 = 117, Narbonne.

12 = 24, .Narbonne. i3 = 2f), Narbonne. 14 = 820, Narbonne.

i5 = *2i70, Nimes. Fausse.

16 = 16, Narbonne. Dans la première édition

manquent les trois oremières lignes.

17 = 140 (r), Nimes. Voir à la fin de la présente

table, 2235.

18 = 1 16, Nimes.

19 = 121, Nimes.

20 = i37, Narbonne.

21 = 137, Nimes.

22 = 137 (ï), Nimes. Voir à la fin de la présente

table, n' 2236.

23 = i38, Nimes.

24 = i56, .Nimes. 23 = i5i, Nimes.

26 = 8, Narbonne.

27 = 167, Nimes.

28 = 169, Nimes.

29 = 168 & 173, Nimes. Les Bénédictins n'ont

fait qu'un numéro des deux inscriptions.

30 = 176, Nimes. 3i = 12, Narbonne.

32 = 1343, Narbonne.

33 = i3i8, Carcassonne.

34 = 179, Nimes.

35 = 2029, Saint Paulien.

36 = * 2216, Uzès. Fausse.

37 = 75, Narbonne.

38 = 108, Narbonne.

39 =: 120, Narbonne.

40 41 42 4-3 44 45 46

47 48

49 -So

5i

52

54 =

55 =

56 =

57 58 59

60 :

61 :

62 :

63 : 64

65 :

66 : 67: 68: 69: 70

7' 7' '

72 : 73^

74

73 76

77 78

79 80

1 12, Narbonne.

127, Narbonne.

320, Nimes.

23q, Nimes.

309, Nimes.

314, Nimes.

3i3, Nimes.

2141, Arles.

2148, Arles.

104, Nimes.

*2i7i, Nimes. Fausse.

47, Narbonne.

2o3, Nimes.

2161, Atinia, in valle Dianae in Lucanis, au royaume de Naples.

91, Narbonne.

82, Narbonne. : Labitolosa (Puebla di Castro) en Espagne,

voy. C. /. L., II, 3oo8 & 5837. ; 247, Nimes. = 78, Narbonne. = 86, Narbonne. = 294, Nimes.

- 295, Nimes.

= 3o, Narbonne. = 93, Narbonne. = 279, Nimes. = 225, Nimes. = 254, Nimes. = 194, Nimes.

- 264, Nimes. = 263, Nimes.

= 48, Narbonne.

= 2i5, Nimes ^les sept premières lignes).

= 254, Nimes (les cinq dernières).

- 2145, Arles. : 270, Nimes.

= 2 16, Narbonne.

- '2202, Nimes. Suspecte. = 38, Narbonne.

r 69, Narbonne. = 2044, Saint-I'aulien. = 2045, Saint-Paulien. = 575, Nimes.

X)V

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC.

SS35

N" 17 des Bénétiictins :

La même inscription d'après M. Aurès (Bornes, p. 166) que celle de Claude, 149. Différente d'après M. Hirschfeld.

Borne milliaire d'A uguste sur la voie de Nimes à Narbonne.

Bernis. In ecclesia vici Bernis juxta viam an- tiquam quain vocant « le Camin de la Moneda » (Peiresc, Bergier) ; disparue au temps d'Astruc ; enregistrée par Ruinian parmi les inscriptions de Nimes; « Nismes, à la Maison quarrée » (Bénéd.).

IMP

DIVI F. A....

MAXV

COS DESIG..

IMP XIII

PoTesT. ...;..

Peiresc, ms. SgSS, t. 17 & 56. Bergier, p. 713 ; éd. Il, p. 758. Astruc, p. 23i, 4. Kui.MAN, ms. 43. Hist. de Languedoc. I, Preuves, 17, avec une première ligne : M. DIVE AVG . MATJ£R .... prise par erreur à l'inscription précédente dans Rulman. Hirschfeld, C, xii, 5633. ;

Imp. [Caesar], divi /., A[ug. pontif\ maxu[mus COS. xii], COS. desig. [.v///|J, imp. XIII[i tribuni- cia\ pot€St\ate xx].

S236

N" 22 des Bénédictins.

Peut-être la même inscription, d'après M. Aurès [Bornes, p. i83) & M. Hirschfeld, que celle du Pont-de-Quart, iSy.

Peut-être différente.

Borne milliaire de Tibère sur la voie de Nimes à Beaucaire.

Saint-Laurent (Scaliger); peut-être Saint-Lau- rent de Jonquière (Hirschfeld) ; Ampuriis in Pro- vincia (Muratori); Nimes (Bénéd. & les autres).

TI-CAESAR

DIVI AVG. F. AVG

PONT-MAX.

TRIBPOTXXII

REFECITAC

RESTITVIT

ScALiGER, cod. Britann. f. 3, n" i. Grutkr, 187, i5.— Rulman, ms. Hist. de Languedoc, \, Preuves, 22. Astruc, p. 234, g. Muratori, 443, 6. Herzog, 629. Hirschfeld, C, xii, 5588 & 56o6.

BÉNÉDICTINS, ligne 4, XXII à corriger par XXXIII, ligne 5, AC à corriger par ET.

Ti Caesar, divi A ugustifilius, A ugustus pontife.x ma.ximus, tribunicia potestate XXXIII, refecit & restituit.

K V

INSCRIPTIONS DE NARBONNE IMPRIMÉES PAR EDWARD BARRY.

PLACÉES ICI POUR REN'OaE HOMMAGE K S\ MÉMOIRE ET INSÉRÉES ENSUITE A LEUR PLACE DANS LE RECUEIL

EPIGRAPHIE ANTIQ.UE

LA NARBONNAISE

L'AQUITAINE

NARBONNAISE

NARBONNE

CHAPITRE PREMIER

MONUMENTS PUBLICS OU PRIVÉS DÉDIÉS AUX DIEUX ET AUX DÉESSES, AUX DEMI-DIEUX

ET AUX GÉNIES

Gravée en deux lignes sur les deux faces d'un autel carré, détruit ou disparu depuis longtemps.

DEIS propitIs

DEIS

propitIs

Deis propitiis.

Ant. Raynouard; Ch. de Romieu [mss. du P. La- porte); Gruter [a Scaligero), 4, lo; P. Garrigues; Rullmann, Recueil mss., n. 3; dom Martin, t. 2, liv. 5, p. 358; Viguier, t. i, p. 80; Bousquet, t. i, p. 66.

Gruter & ses cnpistés (Rallman, dom Martin. &c.) lisent DEIS PROPITIS c:i une seule ligne & sans la rsipiiter.

<eiMmt!a.KS»im ARAH * VOLCAKO * HACERIAd AREAH * SAEPIENDAM * PISCIKAM » Q.VE ' EX - D - D DE * PECVNIA »VBL1CA » FACIEKDA * COER

...aram Volcano, maceria q[ue) aream saepiendam piscinam que, ex d[ecreto) d[ecurionum), de pecunia publica facienda coer[averunt pour curaverunt)

Cet autel au dieu Vulcain dominant une piscine c'est-à-dire un réservoir entouré d'un mur, est

II.

mentionné dans une inscription dédiée par deux des magistrats municipaux de la ville {praetores II viri), & que nous reproduisons plus lom.

Grand autel de marbre blanc, avec sa base & son chapiteau. On remarque au sommet de ce chapiteau une cavité rectangulaire, destinée pro- bablement à recevoir le soubassement de la statue mentionnée dans la dédicace. Haut. i"i7; larg. du fût, 0-33.

Encastré < dans un mur i (Garrigues), d'autres disent t dans les murs de la ville » (Dumège), jus- qu'au milieu du dix-septième siècle, cet autel ne présentait extérieurement que l'une de ses faces inscrites. C'est ainsi qu'on le trouve reproduit chez les épigraphistcs du seizième siècle (Ray- nouard, Romieu, Scaliger), jusqucs à Garrigues & Catel inclusivement. L'archevêque P. de Marca l'ayant fait extraire, en lô.Sq, du mur il était enfoui', on reconnut que les huit lignes gravées sur le devant de l'autel n'étaient que le début d'une inscription dont la phrase incomplète s'ache-

Le siège archiépiscopal de Najbonne se trouvait va- cant par la mort de Claude de Rebc, dont M. de Marca. alors archevêque de Toulouse, s'était trouve le suppléant à la présidence des Htats. (Voyez, à ce sujet, Histoire i?is. Je Narbonne du P. Louis Piquet, minime, p. 66.)

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE,

vait sur le revers du monument. Les lattraux, sculptés en fort relief, présentaient d'un côté la massue du dieu recouverte de la peau du lion de Némée; de l'autre, un vase à deux anses, d'où s'ébranchait une jeune tige de peuplier. Rap- porté à Toulouse par le savant prélat, ce monu- ment aurait passé de son hôtel dans celui du pré- sident de Caulet Graignague (Mo.n-tfaucon, /./.), qui le laissa lui-même à l'académie des sciences. Il figure aujourd'hui dans les galeries du Musée de "foulouse.

CN " PORPEIvS

CN - L' HYLA

HERCVLI

ILVNNOANDOSE

V V S ■<- L V M

DEVS H E R C V L I S

INVICTVS

SIGN Wl

A R G E N T WI

•P-XII'DE SVA

PECVNIA FE

GIT

Dciis Hcrculis (p. Hercules) invictiis. Siqnum argentum p[urum, i. e. ex argento puro), p{ondo) duodeciin, de sua pecunia fecit Cn[eius) Pompeius, Cn{eii] l{ibertus), H^da, Herculi Ilunno Andose. V{otum) s[olutum) l[ibentcr] m{erito).

Montfaucon, t. 2, i''«part., pp. 25i,252, pi. 104; Piquet, pp. 10 & 11; Dumcge, Monuments reli- gieux, Cat. du Musée de Toulouse, & Arch. Pyr. 3, p. 3i 5) unde plures; Roschach, Cat. du Musée de Toulouse, qui intervertit l'ordre des deux inscrip- tions; Viguier, t. i, pp. 41, 42 [unde Bousquet); d'André, Mém. soc. arch. du Midi, t. i, p. 287.

.\RGEN l'EV\\l chez tous les éditeurs, excepté Dumège (Monum. relig. p. 238) & Roschach (Catalog. p. 80, 87); P. P. XII (peJum diiodecim, pass.), ILVMNO (Piquet). Ces deux mots ilvnno andose ne peuvent guère être que des épithètes topiques ou locales, dont Tune {Ilunnns) pour- rait se rattacher au culte des dieux solaires, M>,v, lumis, deus itinus ou llituus ^connu par une inscription des Pyrénées), & dont l'autre s expliquerait par le radical and, andos, andoss, commun à tous les dialectes de la Gaule.

Cet autel, du meilleur temps & du meilleur style (marbre blanc), a été découvert, avec beaucoup d'autres débris antiques, « dans les fondements de la Tour Moresque » (Garrigues, Guiran), démolie €n iG3g '. Transporté à l'archevêché, avec les prin- cipaux de ces monuments (voir plus loin n"* 1 1 & 29), il a passé, au dix-huitième siècle (1707), du jardin dans la cour intérieure du palais, il est resté jusqu'aujourd'hui encastré « dans le mur méridional de ladite cour » (Pech), entre « le grand & le petit escalier » (Viguier). ^ Hauteur, i'"2o; larg. du fût, o»35; du clypeus, o'"3o.

PACl

AVG

Ces deux mots sont gravés en grands & beaux caractères, dans le champ d'un clypeus votivus, en-

' Cette tour, de date relativement récente, puisqu'elle était bâtie de débris antiques sculptés ou inscrits, avait fait partie du palais de la vicomte, résidaient, avant la croisade des albigeois, les seigneurs temporels de Narbonne. Elle formait probablement une des tours de la porle Aiguière (porta Aquaria), qui conduisait à la rivière d'Aude, & qui séparait jadis le palais des vicomtes de celui des archevêques, situé de l'autre côté de la rue Droite, transformée depuis en un marché étroit.

touré d'une couronne de chêne, à lemnisques flot- tants (voir, à ce sujet, les revers bien connus des monnaies fi des monétaires d'Auguste, avec la légende : ob cives servatos). Le revers de l'autel, que l'on croyait à tort noyé dans la maçonnerie, est décoré aussi d'une lourde guirlande de chêne suspendue par deux boucrans aux deux angles de l'autel,

T-DOMITIVS-ROMVLVS VOTVM'POSVIT'aVOD

FIDECOMMISSVMPHOEBVMLIBERV R E C E P I T

Paci Aug[ustae) T(itus) Domitius Romulus votum posuit, quod fldecotnmissum Phoebum liberu(m) re- cepit.

Il s'agit évidemment dans ce texte d'un de ces hdéicommis que l'empereur Auguste avait rendus obligatoires. L'objet de ce fidéicommis aurait été un esclave [Phoebus) légué par son maître en vertu d'une disposition testamentaire % & que l'héritier institué (T. Domitius Romulus) avait reçu de qui de droit, libre de toute charge ou redevance. De cet élégant votum à la Pax Augusta, c'est à dire au bon ordre & à l'administration vigilante des pre- miers temps de l'Empire.

A. Guiran, Rec. mss. [ap. Fr. Séguier), fol. i2q; Garrigues, (Mss. fortia d'Urban, p. 141); Guill. Lafont (Mss. p. q); L. Piquet, p. 48; chanoine Pech, Mss. de Narb., pp. 2 & 3; Séguier, Mss. p. 6; Muratori [a Bimardo), pp. 90, 3; Piquet, Hist. mss., p. 48; Viguier, t. r, p. i25; Bousquet, t. I, p. 128; Orelh, n. i823; Cénac-Moncaut, Voyage arch. S- pitt. p. 594; Tournai, Catal. du Musée de Narb., p. 1 28.

Pech, POSVTT C0.MTSV.\1_- PHOEBV LIBERV.

Muratori, CO.MlSVM PHOEBV LlBERTV. Piquet,

COMISSV.M I.lBBERVM. Viguier. CO.MTSVM

... LIBERViM. Orelli, COMISVM PHOEBV LlBERTV.

Tournai, COMISSVM.

' directo testamento hoc modo : Stichus, servu-;

meus, liber esta vel Stichum servum meum liberum esse jubeo. Gaius, Instit. Mb. 2, § 267. Voir sur ce texte laco- nique, qui soulèverait plusieurs questions de droit intéres- santes, les nombreux passages relatifs nu%Jide ou Jideicom- missa.

« Au ravelin de la porte Roy (de Béziers) » (Gar- rigues); 8 devant le premier corps de garde, du côté de la campagne » (Piquet); gravée en petits caractères (o'»o4), sur une dalle sans encadrement. Haut. o'"55; larg. o'°5o.

;.. - ÛNCORDIAE PIETATIS

Concordiae pietatis T.'

Garrigues, Mss. fortia d'Urban. p. 80. Piquet, Hist. mss. p. 69; Viguier, t. i, p. 81; Bousquet, t. I, p. 67.

6

« Perdue; elle était de marbre » (Viguier & Bousquet). Le dessin de Viguier indiquerait un bandeau allongé sans encadrement. Légende iné- dite; mutilée aux deux premières lignes.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

SEVIRU . :

c-^sALivs^sTE .;;)

LARIBVS-MAGïiS'ET-VlATOR DE-SVO-RESTITVIT

Sevir^orum AVG(ustalium) decreto ri. C. Salius, Ste'phani libertus :|, (Hennés?) Laribiis magnis & viator{ibus) de suo restituit.

Remarquer incidemment les épitliètes magni & viatores (si le mot est bien lu), associées au nom des DU Lares, car on ne connaissait jusqu'ici que les Lares viales (pass.) ik les Lares victores, dont le nom figure dans une inscription reproduite par Orelli, n. 1673.

Viguier, t, i, p, 88; Bousquet, t. i, p. 68.

Viguier & Bousquet, RESTIT VTI. Bousquet, M.A.GNIS.

Dalle de marbre sans encadrement, découverte en 1871, dans les travaux de démolition du bastion de la citadelle, alias de la poudrière. Gravure & conservation exceptionnelles (au Musée, salle de la Mosaïque). Haut. o-Sg; larg. o"73.

LARIBVS ^ AVGVSTlS

EX VOTO L'CORKELIVS'SENEXS L-CORNEUVS'CAPRARIVS L-CAESELLIVS-PHOEBVS

Emile Eggcr, Comptes-rendus de l'académie des inscriptions £■ belles-lettres, année 1872, p. 455; Ed. Barry, note sur les Cultes augustaux de la Narbonnaise, t. I de cette édition, p. 277, note 4.

Il s'agit cette fois du culte des Lares domestici, réorganisé par Auguste dans les quartiers de Rome (vici, regiones), &. que les grandes villes provinciales s'étaient empressées d'imiter.

8

Fragment de dalle en marbre blanc, découvert tout récemment (1877), dans les fouilles pratiquées à la butte des trois Moulins [dos Moulinasses). Au Musée, salle de la mosaïque.

MAVILLSS

\ G I s T R I L A i.-.;

-ÎOMPEIV V sa O V A »

AHarci) Avilli'n], lm]agistri Lafrum] [P]om-

peiu{s) ou Af. Avillius, précédé lui-même de

deux autres noms au nominatif (voir n. 7), magistri Larum.

g

Dalle de marbre blanc assez épaisse découverte cette année (1877), dans les démolitions du bastion Saint-Cosme. Inédite, comme la précédente. La légende, gravée en retrait dans le champ de la dalle, est entourée d'un large bandeau plat for-

mant saillie au-dessus de l'inscription. Lar- geur, o"3o; épaisseur, o'"io. Brisée par le bas.

LvMANLIO

R' M I G E N I O ' MAG'IIl ■<IGENIVS

L[ucio) Manlio [P]rimigcnio, mag{istro) ter (ou tertium), [Pri]migenius... Il ressortirait de ces documents tout nouveaux

3ue la colonie de Narbonne avait aussi son culte es dii Lares ou Lares Augusti, avec un petit tem- ple (sacellum) affecté à ce culte. Il était desservi, comme dans la plupart des grandes villes de l'Oc- cident, par des magistri (& des ministri ?) au nom- bre de trois, choisis le plus souvent dans la classe des affranchis (voir le n. 7). Ces fonctions devaient être annuelles, puisque le même personnage pou- vait les exercer trois fois.

10

« Au bastion Saint-François, sous la vieille gué- rite » (Garrigl-es, Piquet). Encore en place.

GENIO PATROKO

Gravée au-dessus d'un bas-relief représentant le patron déilié [genio patrono). Il est debout sur un petit autel, vêtu de la toge et tenant de la main droite un rouleau de papyrus ou de parchemin,

3ui pourrait fort bien être l'acte d'émancipation u dédicant anonyme.

Manque chez les épigraphistes du seizième & du dix-septième siècles. .Montfaucon, t. 1, p. 32'i,

>1. 202; Séguier, Mss. p. 21 ; Piquet, Mss. p. 12;

'iguier, t. i, p. 5o; Bousquet, t. i, p. 48; Du- mège, Monum. relig. & Arch. Pyren.; Millin,

Voyage, t. 4, p. 389, note.

Ç'

AUTELS OU C1PPES DÉDIÉS AUX DU ManCS, SANS NOM DE DESTINATAIRE ÉNONCÉ. On pCUt SUppO-

ser que la plupart de ces monuments, assez com- muns à Narbonne, étaient encastrés au-dessus de la porte [...itus, aditiis, pass.) ou dans le mur d'en- ceinte [maceria, maceriola) du locus, au centre duquel s'élevait le tombeau proprement dit [monu- mentum sive sepulcrum, scpulcretum). On sait que quelques-uns de ces loca, assez restreints d'ordi- naire, atteignaient des dimensions & une étendue considérables, quand ils étaient destinés à des inhumations collectives, à la domesticité de mai- sons riches [familia,familia urband], ou aux mem- bres quelquefois nombreux de telle ou telle corpo- ration {collegium, sodalitium. amicitia), constituée en société de prévoyance {collegia salutaria, fune- ratitia). Voir plus loin le chapitre des inscrip- tions tumulaires. Nous réunissons ici ces monu- ments anonymes, à cause des affinités intimes aui unissaient le culte des dieux Mânes à celui des dieux Lares.

11

DEIS

M A N I B V S SACRVM

f Dans une couronne d'olivier » (Séguier), à lemnisques flottants, sculptée en fort relief sur

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LAMGUEDOC. NARBONNAISE.

la face antérieure de l'autel. (Hauteur, o^SS; lar- geur, o"'64.) Sur les latéraux, l'aiguière et la patère décorées de larges godrons.

Cet autel, découvert en lôSo, dans les substruc- tions de l'ancienne Tour Moresque, avait passé de là, « dans l'église des carmélites, maintenant Saint- Sébastien, du côté de la rue, » & de cette église « dans la cour de l'archevêché, au pied du grand escalier » (Piquet, Bousquet). Il figure aujourd'hui dans la salle basse du Musée.

A. Guiran, Rec. mss. fol. 129; Garrigues, Mss. Fortia, p. 141 ; chanoine Pcch, p. 45 ; Piquet, Hist. mss. p. 10; Séguier, Mss. p. 4; 'V'iguier, t. i, p. 281 ; Bousquet, t. 1, p. 3o5 ; Dumège, Monum. relig., p. 330; Tournai, Catal. pp. 24, i5.

13

DEIS

MANIBîa*

En deux lignes, sur le devant d'un assez grand autel sans couronnement aujourd'hui (hauteur actuelle, o'"65; largeur, o^So). Il a été découvert en 1873, dans la courtine de l'ancienne porte de Perpignan (Connétable jadis). Remarquer inci- demment la forme Deis pour diis, dis, que Mura- tori croyait à tort insolite & suspecte.

13

DIS

M A N I B V s

Dans le champ d'un petit autel tris-simple (hauteur, o'"()6; largeur, o'"44), retrouvé récem- ment dans le blocage des murailles. Inédit, comme le précédent.

14

MANIiiaS SACRVM

3/a)!i[bus] sacrum.

Dans le champ d'un assez grand cippe carré sans couronnement & sans encadrement; deux des angles sont mutilés (hauteur, o'»64; largeur, o"44).

15

DEVM

M ANIVM

SACRVM

« Au bastion Momorency » (sic, Bousquet), je l'avais relevée jadis (en 1839 & 1869). Je ne la retrouve plus au musée de Lamourguier, figu- rent les trois autels précédents. Associé, comme il l'est ici, à deux génitifs, le mot sacrum signi- fierait non plus terrain consacré aux dieux Mânes, mais terrain sacré devenu la propriété des dieux Mânes.

RELIGIONS orientales. CULTE DE LA Mugna Mater.

16

«; In uno vetustissimo lapide... in quo multa boum capita, mirae pulchritudtnis, » disent Ant. Rav- NouAUD, Ch. de Romieu fi Scaliger, en reprodui- sant textuellement la phrase de Raynouard. « Cette inscription se voit au bastion Saint-Fran- çois » (Garrigues, Mss. Fortia). On ne sait pas ce qu'elle est devenue (Dumège).

IMPvM^^D^-TATRO

POLIVM y PROVINCI^

(Deux biicrancs en relief & alignes.)

NARBONENSIS

FACTVM y FER >- C>-BATONIVM

5 PRIMVM^FLAMINEM V AVGG

PRO-'SALVTE^DOMINORVM

IMPP^'L^SEPTIMIvSEVERI

PIIrPERTINACISvAVGr ARA

BICI^ ADIABENICI vPARTHI

10 ClrMAXIMI^ET^M^AVRELI

ANT^AVG

[Ex] impierio) M{atris) D[emn) : Tauropolium Provinciae Narbonensis, factum per C{aium) Bato- nium, primum Jlaminem aug{ustorum) pro salute dominorum i)>'p[cratorum) L{ucii) Septimii Severi PU, Pertinacis Aug[usti), Arabici, Adiabenici, Parthici Maximi H- M(arci) Aurelii Ant{onini) Aaug[usti) (Ann. Christ. 199-211.)

Voir Raynouard, Romieu, Gruter [a Scaligero, p. 29, 12); Garrigues & Catel, qui aliènent l'ins- cription tout autrement que nous, en lui donnant pour début le mot imperio - .m - d écrit en toutes lettres. La seconde lecture, celle à laquelle nous nous sommes arrêtés, remonterait comme point de départ à RuUman, Mss. n. 4. Elle a été repro- duite, presque sans variantes, par le chanoine Pech, Mss. de Paris, p. 34, & de Narbonne, p. i5; par le P. Piquet, Mss. p. 8; par Viguier & l'aébé Bousquet, t. i, p. i35, & tout récemment par .M. Herzog, Appendix epigraphica, n. 7. Les his- toriens de Languedoc (Preuves, n. 32) & M. Du- mège {Arch. Pyrén. t. 3, p. i38) sont restés fidèles à la lecture de Scaliger.

Catel. l.MPERIVM. Vaissete, INPERIO. Herzog,

ex IMP(erio). Pijuet, Bousiiuet, BATANIV.M. Rul- Imann, AVG pour AVGG. Pech, Piquet, Bousquet. IPP pour IMP. Romieu. Scaliger, Garrigues. Calel. Dumège, ADIABENI, H.ADIABEMCL CLADIABEMCI, CL. ADIABENICI. Romieu, Garrigues, Catel, ET M. AV- RELIANl AVG. Dumège, A\"RELI AVG, Voir sur la date du monument, qui soulève elle-même certaines diffi- cultés, quelques remarques judicieuses de M. Herzog, Ap- pend. n. 7,

17

f. ...au jardin de la maison de M. de Ville-Mar- tin, chanoine & précenteur en l'esglise Saint- Just » (Garrigues, Pech). Depuis chez un « sieur de Caldagues, avocat en la cour » (Piquet). « Elle ne se trouve plus » (Bousquet).

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC.

NARBONNAISE,

MAll DEVM

T A V R O P O L I V M - I N D I C T V M IVSSV-IPSIVS'EX'STIPE-CONLATA CELEBRARVKT'PVBLie-MARBON

Manqiie chez tous les épigraphistes du seizième siècle. Garrigues, unde Catel, Mcm. de l'histoire du Lang. p. loX; Muratori (a Bimardo\ pp. i3o-3; Mss. de Lafont, pp. 2 & 12; du chianoine Pech {unde .Vlillin.); du P. Piquet, p. Ô4; Donati, 201; Van Dalen, p. 786; Vaissete. t. i, pr. 12- Kautz, p. 41, unde Orelli, 2327-663?: Bousquet, t. i, p. ()o, unde Dumège, Nist. du Lang. t. i, p. 611; Mém. & arch. Pyrcn. t. 3, p. 137; Herzog, Append. n. 12.

Garrigues, I.afont & Piquet. T.AVROBOLIVM. Du- mège. ïlist. du Lang.. INDIC.UVM. Herzog. ET S'IIPE.

A défaut de date formellement énoncée dans ce nouveau texte, on peut affirmer au moins qu'il appartenait aussi à un monument officiel dédié cette fois au nom & aux frais de la ville {Cclebra- runt publiée Narbon{cnses) ex stipe conlata), au lieu de l'être au nom de la Province. Les mots ivssv - ipsivs rappellent la formule iMp(er/o) Wyatris) D(eum) du texte précédent.

18

e A la courtine du bastion .Saint-Cosme & Saint- François » (V'iguier). Aujourd'hui à Lamourguier.

MATRI-DEVM TAVROBOLIVM

avOD FEC IT

AXIA-C-F-PAV1.INA

(Têtes de taureau & de bélier sculptées en relief & alignées.)

5 SACERD

a' PAavio cmEsTo

Matri Deum. Taurobolium quod fecit Axia, C{aii) f[ilia), Paulina, sacerd[pte) Q{utnto) Paquio Chresto.

Raynouard; Romieu; Gruter (a Scaligero) 3i, 4, & Ruilmann {Mss. n. 3), ciui alignent autrement la légende & lisent, comme Dumège {.irch, Pyrcn. t. 3, p. I 3q), q - PASQVio CIRES To ; Garrigues {Mss. Jallabert & Fortia d'Urban), dont nous reprodui- sons la lecture prise, à ce qu'il paraît, sur la pierre encore lisible (iiirfc Catel, p. 92), & Uumé^e, pass., la donnent en six lignes & suppriment, à la tin de l'inscription, les trois mots : matri - devm | tavro- BOLivM, que Pech [Mss. de Paris, p. 35), V'iguier (i, 62) & Bousquet (i, 61) y répètent. Remar- quer le nomen Axius, inconnu jusqu'ici aux lexi- cographes.

19

f A la courtine des bastions Saint-Cosme & Saint-François » (Bousquet).

MATRI-DEVM TAVRIPOLIVM IMPEKS^sa ACCEPIT- LIGVRIA-TYMELE A'M-SACRIS POSV

Au-dessous & dans le champ, le mont Ida ou le mont Sipyle, couvert de pins, accosté de deux tympana (tambours de basque), l'instrument fa- vori de la déesse; sur les latéraux, l'aiguière & la patère.

Matri Deum. Tauripnlium impelno ipsius] acce- pit Liguria Thymele a m{agnis r) sacris : posu{it) ou posu.erunt) (ille aut illa illi aut illac).

Raynouard ; Romieu ; Gruter {a Scaligero), p. 20, 8; Garrigues {Mss.], dont nous reproduisons le texte; Catel, p. 108; RuUman, p. 2; Vaissete, f" édition, pr. n. 12, édit. t. i, p. 611; 'Viguier, Bousquet, t. i, p. 61 ; Dumège, pass.

Catel, Ruilmann, Vaissete, T.WROPOLIVM. Catel & Vaissete. I.MPP. Rainouard. TÏMEE. Catel & Du- mège, ....MELE. Scaliger & Dumège, POST.

30

« Entre les bastions Saint-Cosme & Saint-Fran- çois » (Piquet & Viguier). Fort altéré comme les précédents & presque illisible. Aujourd'hui à La- mourguier. L'autel étété mesure actuellement o'"45 de hauteur sur o"'8d de largeur. L'un des latéraux a été martelé ; l'autre a conservé sa patère.

aT FECIT SSaSA MARCIANW SACER

DOTE

(Tètes de taureau & de bélier en relief intercalées entre ces quatre lettres.)

IVLIO-EVEREPEDO

[Tauropolium) ^(«o)(/eei7 [Ur]ia ? Marcian[a], sacerdote Iulio Èverepedo.

Viguier, t. i, p. Ci, & Bousquet, t. i, p. G3, qui donnent seuls ce nouveau texte, en l'empruntant probablement, comme le P. Piquet qui l'indi- que (p. <'i4), au Mss. de Guill. Latont, lisaient ou croyaient lire sur la base de l'autel les mots tavropoi.ivm matri devm dont il ne reste point trace aujourd'hui. Remarquer, s'il est bien lu, car il n'en reste que trois lettres, le nom tout celtique du gailus hverepedus (un allranchi aussi), qui avait présidé au taurobole de Marciana.

SI

« Entre les bastions Saint-Cosme & Saint-Fran- çois » (Piquet & Viguier). Aujourd'hui à Lamour- guier. Assez grand autel de pierre, brut (ou mar- telé) de trois côtés (hauteur actuelle, i"'i3; lar- Peur, o"?*')). La légende, disparue en partie avec épiderme du monument, était gravée en deux lignes, sur le devant du chapiteau & se déroulait ensuite sur le fût de l'autel, dans une sorte de cartouche en retrait, décoré intérieurement du bucranc & de l'égicrane (au-dessous, le bonnet phrygien accosté de deux tympanons). Nous la reproduisons d'après la lecture qu'en a donnée le chevalier Viguier, en la corrigeant autant que nous l'a permis l'état actuel de la pierre.

^ l-L' IVlJo 9> OVPFXII

NVMIO-BALBINO-FV LVIO-AlIU^»iCoS

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

Le chiffre xii, dont la lecture est certaine', ne peut guère s'appliquer qu'au mois de l'année indi- quée par les consulats de M. Nummius Senecio Albinus & de L. Fulvius Rusticus yEmilianus, dont le lapicide estropie les noms. Le monument répondrait ainsi à l'année 201") de notre ère, la trei- zième du résine de Septime Sévère, & l'inscription restituée se traduirait par une phrase analogue à celle-ci :

[M(atri) D(eum)| : Iii;n\]a Sabin[a) ffecit sibi e,*

L. Iiinio onp '. f(ilio), xii [duodecima die ante

kalcndas) ....: Numio Balbmo, Fulvio Aemililano] coin'jSÎulibus)'.

Piquet, qui la signale sans la reproduire tex- tuellement, Hist. de Narb. p. 64; Viguier, Mss. t. I, p. Tio; Bousquet, t. i, p. ôli, uyide Dumège, Mém. de la soc. arch. du Midi, t. 5, p. 71, & Arch. Pyrén. t. 3, p. 140.

Viguier traduisait ce chiffre xii par denarios duodecim, qu'il enchâssait dans celte plirase au moins singulière : ïttnia Babilla & Junio Juno deJerunt di'iiarios duoJecim... l.l.

» Elle rappellerait alors, comme fond h comme forme, certaines inscriptions tauroboliques dont i! nous suflira de citer un exemple : l cornelivs scipio orfitvs | v-c.avgvr

TAVROBOLIVM | SIVE CREOBOLIVM FECIT | DIE III KAL MART | TVSCO ET ANVLLINO COS (IMoNTFAUCON, t. I, p. 10, pi. 3.)

Piquet. Viguier, Bousquet & Dumège, BABINA— Bous- quet & Dumège, AELIS.

82

« Entre les bastions Saint-Cosme & Saint-Fran- çois j (Piquet et Viguier).

MATRIrDEVM TAVROPOLIVM

Raynouard (f. 3), Romieu (f. 3), Gruter (a Scali- gero, p. 3i, (3), Dumège, /./. Viguier & Bousquet, qui nous ont laissé un dessin de ce monument, avec le bucrane & i'égicrane au centre de l'au- tel (t. I, p. 64), représentent la légende par quatre lignes de points, ce qui prouve que le monument était déjà fort adiré de leur temps. Il figure pro- bablement parmi les quatre autels récemment extraits des anciennes murailles de la ville (au- jourd'hui à Lamourguier), & qui proviennent tous, comme on l'aura remarqué, de la courtine ou des bastions Saint-Cosme & Saint-François. Deux d'en- tre eux y sont arrivés complètement dépouillés de leur épidémie inscrit.

»'a2«"a2»'S^'»a*"3^*"ae*"S2#-a2«-ae*'»i^^

CHAPITRE II

MONUMENTS PUBLICS OU PRIVES DEDIES AUX EMPEREURS ET A LA FAMILLE

IMPÉRIALE

23

Le monument que nous allons décrire est connu à Narbonne sons le nom populaire d'Autel d'Auguste. Il a été découvert en id6G, aux environs de la porte Royale (aujourd'hui la porte de Béziers), dans les travaux de fortification qui ont transformé ou détruit, au seizième siècle, la vieille enceinte romane & romaine de la cité. Un mot du chanoine Pech, qui puise ses informations à des sources dignes de confiance, autoriserait à croire qu'il avait été trouvé non point dans le massif du mur antique, comme on l'a dit & répété bien des fois', mais dans le fossé qui précédait ce mur à l'époque romaine & que l'on travaillait alors à élargir'. Ce qui paraît certain, en tout état de cause, c'est que la partie de l'enceinte il avait été relevé appartenait aux archevêques, restés seigneurs temporels d'une partie de la ville, & dont il devint ainsi la propriété.

Le titulaire de l'archevêché était à cette époque le célèbre cardinal de Ferrare (Hippolyte d'Esté, deuxième du nom), qui résidait beaucoup plus « en cour de Rome » (Bousquet) ou à Fontainebleau, chez nos derniers Valois, que dans sa ville métropolitaine. Mais il y était représenté par un « grand vicaire procureur » (Piquet), un monsignor Tudeschi ou Tedeschi', qui défendit chaudement les droits de son maître contre les gens du roi, représentés par le viguier, & contre ceux de la ville, représentés par les consuls. Ce fut par les soins de ce prélat étranger que le nouveau monument fut placé au pied d'une des tours extérieures de l'archevêché, « du cousté de la place » (Garrigues), il resta exposé pendant plus d'un siècle à l'admiration des érudits & aux outrages des enfants de la ville, qui le criblaient, après

' Garrigues, Piquet, Bousquet, Hcrzog.

' u Lorsqu'on fit le fossé pour la porte Royalle » (Cha- noine Pech, Mss. de Narbonne, fol. i. On croit, non sans vraisemblance, que \& forum de la ville romaine était situé à peu de distance de ce fossé, entre le plan Saint- Bernard Ot la place Bistan, connue au moyen âge sous le nom de mercatum vêtus.

3 De le nom de Jérôme Tédesque, sous lequel le dési-

fnent les écrivains narbonnais (Piquet, Bousquet). La tour ont il est ici question servait & sert encore de base à l'ar- ceau de la Poissonnerie, connu alors sous le nom d'arc ou d'arcade de l'Ancre.

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE. 7

l'école, de projectiles variés. Un prélat éclairé, M" Le Goux de la Berchère, consentit, sur les remontrances de quelques savants locaux, à le faire transporter dans la cour intérieure du palais (octobre 1716), il fut encastré « à droite du grand escalier » (Bousquet), à l'angle du mur maître qui servait & qui sert encore de soutènement à la salle du synode. C'est de qu'il a passé (en 1839) dans la salle d'honneur du musée actuel, ses deux légendes ne sont rien moins que faciles à étudier, adossé comme il l'est contre une porte condamnée & placé à contre jour (d'un côté au moins), sur un socle beaucoup trop bas.

Ce que l'on n'a point assez remarqué au sujet de ce monument, dont on parle le plus souvent sans l'avoir vu, c'est qu'il n'a rien de commun ni comme forme ni comme taille avec les innombrables autels votifs que nous a laissés le polythéisme antique. Il consiste, en eft'et, en une longue dalle de marbre blanc, qui ne mesure pas moins de i"!! de hauteur sur o'°26 d'épaisseur seulement, & dont deux des côtés (le revers & le latéral gauche) n'ont jamais été travaillés ni polis. On peut même affirmer que cette dalle n'a jamais eu de chapiteau ni de base, comme on l'a supposé dans des dessins de pure fantaisie, & que ses deux extrémités, mutilées aujourd'hui, se terminaient à l'origine par des moulures transversales, identiques à celles qui encadrent encore verticalement les deux inscriptions. I1 ressortirait donc de ces indications que l'autel dédié par les Narbonnais à Auguste, se composait originairement d'un massif rectangulaire de maçonnerie, revêtu sur ses quatre faces de bas-reliefs ou de dalles de marbre ajustées les unes aux autres'. Celle que le hasard nous a rendue, en i56«), n'aurait été qu'un des angles de ce revêtement de marbre. Mais elle en était certainement la partie la plus intéressante, historiquement parlant, puisque c'est sur les faces extérieures de cet angle qu'étaient gravées les deux inscriptions mentionnées dans le texte (...Auic arae titulisque ...infimiim solum liujiis arae titulorumque), d'un côté, la dédicace, de l'autre, la lex du monument. Ce sont ces deux inscriptions à leur tour qui nous ont appris tout ce que nous savons sur l'histoire de cet autel monumental, dédié exclusivement par la plèbe de la ville {... a plèbe Narbonensium ... plebs Nartonensium)s, pour remercier l'empereur d'une mesure ou d'une faveur dont le vrai but & même le vrai sens ont été discutés plus d'une fois, dans ces derniers temps surtout '... tjuod iudicia plebis decurionibus coniunxit)^.

Quant à l'érection du monument, que l'on a fixée longtemps à la onzième année de l'ère chrétienne répondant elle-même au consulat de T. Statilius Taurus & de L. Cassius Longinus, nous devons rappeler au moins que cette date a été remise en question par un épigraphiste éminent, M. J.-B. de Rossi, qui ne voit dans nos deux inscriptions que la restitution d'inscriptions plus anciennes, détruites probable- ment dans le terrible incendie qui avait dévasté la ville sous le régne d'Antonin (voir n" 24)'. Cette opinion, dont l'examen nous entraînerait beaucoup trop loin, a été reprise plus récemment par M. Herzo'^, qui paraît surtout frappé du caractère de l'écriture, étrangère, suivant lui, au temps d'Auguste, & des irrégularités que présentent la grammaire & l'orthographe des deux textes, les formes archaïques sont bizarrement mêlées aux formes régulières, & le même mot se trouve souvent écrit de deux manières différentes. Il en serait de même de l'accentuation des voyelles, qui varie, non-seulement d'une inscription à l'autre (la lex n'en offrant que trois exemples, tandis que la dédicace en compte vingt & un), mais de ligne en ligne & quelquefois de mot en mot. Il faut dire pourtant que chacune de ces assertions soulèverait à son tour des objections de plus d'un genre", & que l'on ne s'explique guère, en y réfléchissant, les effets destructeurs de l'incendie en question sur un monument de pierre ou de marbre, bâti en plein air, au milieu du Forum (... Narbone in Foro, l.l.). Comment admettre d'ailleurs que les restaurateurs du monument & de ses deux inscriptions se soient imposé la loi de les reproduire sous leur date & sous leur forme primitive, en laissant à la ville le nom qu'elle portait sous le règne d'Auguste', & sans faire allusion à cette restitution qui valait au moins la peine d'être

rappelée par un mot (restituit de suo restituit), comme on le faisait, à Narbonne même, pour des

monuments beaucoup moins importants que celui-ci ;

* Il aurait ainsi ressemblé matériellement au ?«)ii45 diiao-oç « Il est certain par exemple, quoi qu'en dise M. Herzog,

du K&tv^v des trois Gaules, à la pointe d'Ainay, & aux grands que les caractères de notre inscription ressemblent infini-

autels sub dio que possédaient, à l'exemple de Rome {ara ment plus à ceux du bel autel pacI AVG(us/ae), contempo-

Herculis ara Pacts ProviJentiae), toutes les grandes rain d Auguste ou de Tibère, qu'à ceux de l'inscription de

villes de l'Empire, à commencer par celte de Tarragone, qui Fadius SÏusa. se muitiplient les ligatures & les superpo-

avait aussi son autel & son temple des Augustes (voir pass. silions de lettres particulières à l'épigraphie du second siècle

ses monnaies, dans le beau Recueil de M. Alols Heiss), de notre ère. Quant aux inconsistances d'orthographe ou

' Ce qui explique, pour le dire en passant, comment elle d'accentuation dont il paraît si vivement fnippé, il ne faut

restait exclusivement chargée de son culte & de ses nom- pas oublier non plus qu'on les trouve tout aussi marquées

breuscs cérémonies annuelles, auxquelles présidaient : très dans d'autres inscriptions du temps d'Auguste, à commen-

equites romani a plèbe & très tibertini {l.l.) ccr par celles des cenolaphia Pisana, dont le souvenir se

6 Voir, k ce sujet. Keiler, Roem. civil process. p. 41. présente le premier à notre mémoire.

Rudorir. Roem. Redits itesch. il, p. 40. Herzog, Gall. 'C'est-à-dire en supprimant l'épithèteC/iiurfm, qu'elle avait

S'arb. p. 106 scqq. Elle en aurait été du moins le motif prise sous le règne de Claude.

déterminant, puisque c'est à l'occasion de celte faveur qu'avait '"Voir par exemple l'inscription du sacellum des dieux

été instituée la dernière des quatre fêtes annuelles mention- lares rebâti ou restauré (de suo restituit) par le sévir C. Sa-

nées dans l'inscription. lius (voir n" 6), & celle d'un tombeau des Cornelii, qui sera

' J.-B. de Rossi, Annal. delV Institut, di corrisponden^. publiée dans un des chapitres suivants. archeolog. ann. 1857, p. 32b & suiv.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

T*STATlLIO*TAv xll

L*CASSIO*LONGlNO

COS*X*ï<*OCTOBR N VMIN I ^A V G VSTI VOTVM 5 SVSCEPTVMrÀ^PLEBEvNARBO

NENSIVM INPERPETVOM

avOD-rBONVM ^ FAVSTVM^FELIXQ.VE-' SIT-'IMP-'CA.ESArI dIvI "^ F - AVGVSTO » P * p » PONTIFICI » MAXIMO •' TRIB -' POTEsT XXXIIII *CONlVGl-'LlBERls-'GENTiaVE-'ElVS''SEN aTv I

lO pOPVLOaVE-'ROMANO ETTCOLONls^INCOLlsaVE

C''I-P'-N'M'Q.V1-SÉ-'NVMIKI''EIVS''INPERPETVVM«- COLENDO-'OBLIGAVERVNT''PLÉPS-'NARBONEîJ S1VM'ARAM''N\RHOSE''INFORO''POSV1T-'AD'- QVAMrQVOT'ANNÏs-'VlIU-'K'' O cTo BR-'Q.VA-DIE--

l5 eVM''SAECVLI''FEL1cITAS'-ORBI'-TERRAKVM»

RÉCTOREM * ÉDIDIT^T RES ^ EaVITES ^ ROMAnI À-^ PLEBE* ET'TRES ■'LIbERTINI »■ IIOSTIAS ■» SINGV LAS-'INMOLENT-ET*COLÔn1S''ET-INCOl1S''AD S\'PPLICANDVM-'NVMINI-'EIVS*THVS>'ET-'vInW

20 DÉ''SV0*EÀ*DlE»PRAESTEN2r;r;ET-VlIl*KOCTOBR

thvs'-vIhvm-'ColonIs-' ET" incolIs*item*prae

STENT'I* »^Q,VOaVE * IANVAR'THVS^ET-'VInVM COLONls-rET»^INCOLlS''PRAESTENT*VIl*aVOa IdVS*IANVAR' aVÂ-'DIE ' PRIMVM-'IMPERIVM

25 ORBIS'TERRARVM'AVSPICATVS'EST-'THVRE

vIkO ^ SVPPLICENT''ET»HOSTIAS-'SiNGVL » IN MOLENT'-ET'COLONlS'-INC0LlsaVE-'THVS*vI NVM^'EÀ'rDIE-'PRAESTENT eTtPrIdIE ▼!<■' IV NIAS ■' aVOU'EA-'DIE "TSTAtIlIO*

3o TAVRO*m'aEM1L10''LEPID0-'C0S»IVDICIA

PLEBIS■'DEC^■RIO^•IBVS•'CONI■<■NXIT»HOSTIAS SINGVL-'INMOLENT-'ET»THVS-rET''VlNVM*AD SVPPLICAN DVM-'NVMINI-EIVS " COLOnI ET ikcolIs* PRAESTENT

35 EXaVE''lIS''TRlBVS*EaVITIBVS'' R O M A «ff;;.-?;;^

libertiniS'''C'1 ^m'/^iw^o' •■myA!;'Km<yA

T. Statiîio Tmi{ro), L. Cassio Longino co{n]s{ulibits)f x {décima die ante) k{alendas) octobres.

Numini Augusti votinn susceptitm a plèbe Narbonen- suon in pet-petiiom.

Qiiod boniim,faustwn felixque sit imp[eratori) Caesarij divi f{iîio)y Augiisto, p{atri) p[atriae), pontifici maximo, trib[unicia) potestyate) xxxmi. conjiigi, liberis gentique eiuSj senatui popiiloque Romano & colonis incolisque c[oîoniae) I{uliae) P[atentae) N{arbonis] M[artii), qui se numini eius m perpetuum colendo obligâverunt, pléps Narbonensium dram Narbone in foro posuit ad quam quoi annis, vint [nona die ante) k{alendas) octobr[es), qud die eum saeculi félicitas orbi terrarum réctorem édidit, très équités Romani â plèbe & très libertini hostias sin~ gulas inmolent 6'- colonis & incolis ad supplicandum numini ejus tliûs & vinum sua ed die praesten[x]f £■

a.lSINARBONESIS^/ ES NVMINIS^AVGVSTl^DS

CAvrr ; : :

5 S/aSLEGIBVS^lISva^IrS^Sv

N VME^•»CAESARlS'AVG'-P'■P*aVA^■DO''TIBI*■ HODIE*-HANC''ARAM'' DABO^OEDICABO

Q.VE» hIs^legibvs-'hIsq.ve'^regioni

B VS-'DABO'DEDIC AB0(1VE*Q.VAS*hIC' ÏO HODIE-PALAM-'DIxERO'-VtI'-INFIMVM

S0LVM-'HVIVSQ.VE»*RAE*TITVLOBVM aVE'EST* slaVIS'TERGEHE'-ÔRKARE'' B EFICERE •'V01.ET''Q.V0 D-'BENIFICiI'- CAVSÂ^fIaT'IvS-FASQ.VE^ESTÔ-'SIvE'' ï5 Q.V1S " H o ST I A ^ SACR VM » FAXIT" Q.vl*

MAGMENTVM''NEC''PR0T0LLAT*- 1D CIRCO''TAMEN''PROBE>'FA cTv M E sTo " S I Q.VIS -r H Vie "ARAE-'DONVM-'DARE -rAV GEREa\E» VOLET" LICETO-EADEMQ. 20 LEX'teI'-DOKO-ESTO'Q.VAE'ARAE "EST

CETERAE'-LEGBS''HVIC'-ARAE-TITVlIsQ. EAEDEM' SYNTO^aVAE" SVNT'ARAE DlANAE'rIN"AVENTlNO-rUlsCE'rLEGI BVS''HlsaVE»RECIOKIBVS''Slc "VTl »

25 dIxI*hanc"Tibi*aram*pro*1mP''

CAESARE*AVG--P''P"P0KT1F1CE''MAXI MO*TRIBVNICIA-'POTESTATE''XXXV CONlvGE-LlBERlS'GENTEaVE-ElvS» SENATV" POPVLOaVE" COLOnIS" 30 INCOLIS aVE »CQL'-1VL-»PATERN*NARB

M A R T - Q.V 1 "SE-'NVMINI ■'E1vS''IN»PER PETVVM'COLENDO-'OBLIGAVERVNT* D O av E ■'DEDlCOaVE" VTI *S1ES''V0LKÎ<S PROPITIVM

[Plebs] Narbonesis a\râm] numinis Au- gusti dled{]cavit

legibus lis q[uae) i{nfra) s[cripîae) s(unt),

Numen Caesaris Aug{usti), p[atris) p{a- triae), quando tibi hodie hanc aram dabo dedicaboquc, his legibus hisque regionibus dabo dedicaboque quas hic hodie palam dixero : uti injimum solum hujus arae titU' lorumque est, si quis tergere ornare, refi- cere volet, quod benificii causa fiai, jus fasque esta ; sive quis hostia sacrum faxiî, qui magmentutn nec protollat, idcirco ta- men probe factutn esta; si quis huic arae domtm dare augereque volet, liceto eadem q[ue) lex ei dono esto quae arae est; cete-

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC.

NARBONNAISE.

VIII [octava die mite) k{alendas) octobr{es) thus, vimim colonis i? incol;s item praestent, k[alendis) quoquc iamia- r{iis) thus S- viiiiim colonis S- incolis praestent, vu {sep- tinta die) qiioq{i<e ante) idus ianuar[ias), qiiâ die primum imperium orbis terrarum auspicdtus est, thure, vino sup- plicent S- hostias singul[as) inmolent S- colonis incolis- que thus, vinum die praestent.

Et pridie k[alendas) iunias quod ea die, T. Statilio Tauro, M{anio) yEmilio Lepido 'co[n)s{ulibus) ' iûdicia plebis decurionibus coniitnxit hostias singul[as) inmolent & thus S- vinum ad supplicandum nùmini ejus colonis & incolis praestent

Exque iis tribus equitibus Roma[n\s & tribus] liber- tinis «[nus] »

» Il ressortirait de cette nouvelle indication que le consul L. Cas- sius Longinus. sous lequel l'autel avait été dédié (le lo avant les kalendcs d'octobre), n'aurait été qu'un consul subroaé, puisque nous trouvons ici en charge, la veille des kalendes de juin, un nouveau consul dont le praenomen aurait été non point Marcus (M), comme l'écrivent jusqu'ici tous les épigraphistes, mais Nlanius (i\V), comme le donnent tous mes estampages.

' !I s'agit Irés-probablement ici du le^atus chargé de porter & de remettre a l'empereur le récit de ce qui venait de se passer (^libella reJJito), en lui demandant la ratification des mesures prises & des institutions fondées en son honneur (eti omnia facere exscquîqut? pcrmittat, comme dit la première inscription des Cenotaphia Pi- san.1, Oreuli, Inscr. sel. n. 642.

rae leges huic arae titulisque eaedcm sunto quae sunt arae Dianae in Aventino : hiscc legibus hisque regionibus, sic uti dixi hanc tibi aram pro imp{eratore) Caesare Au- g{usto), p{atre) p[atriae), ppntifice ma.vimo, tribunicia potestate xxxv ', conjugc, liberis, genteque ejus, senatu populoque R{omatto), colonis incolisque col[oniae) Iul[iae) Pater- n[ae) Narb{onis) Martyii) qui se numini ejus in pcrpetuum colendo obligaverunt, doque dedicoque uti sies volens propitium.

' Si cette date est exacte, comme il y a toute raison de le croire, il faudrait en conclure que le titulus de la lex aurait été gravé postérieurement à celui de la dédicace. La trente-cinquième puis- sance tribunicienne d'Auguste répondrait, en elTet, à la onzième année de notre ère (-65 de Rome), c'est-à-dire au consulat de Germanicus César & de C. Fonteius Capito, dont on aurait alors mar- telé les noms pour éviter une discordance dans le titre des deux inscriptions.

Parmi les innombrables lectures que l'on a données de ce texte depuis longtemps célèbre, une des plus exactes, sinon la plus exacte, est encore celle de Janus Gruter, que reproduisent du reste, en l'altérant plus ou moins, la plupart des érudits des deux derniers siècles '. Citons pourtant entre une foule d'autres : Merula, t. 3, c. Sy; Andoque, ffist. de Languedoc, p. (33; Duchesne, Hist. de France, p. 690; Brisson, de Formul. t. i , pp. 1 15, 124; Thomassin, de Donat. c. 9; Bouche, Chorogr. de Provence, p. 465 ; dom Bouquet, Script, rer. Gall. t. i, p. i33; Belley, Mém. des inscr. 6- belles-lettres, t. 19; dom Vaissete, I" édition, Preuves, p. i, 2' édition, t. i, p. 604; Dancl, Dict. d'antiq. p. 1 123; Tassin, Traité de diplo- mat. t. 2, p. 365, & tab. 23, &c., &c. Millin, qui en a donné (en 181 1) une nouvelle édition (Voyage, t. 4, p. 374, unde Orelli, n. 193), relevée sur le marbre original, comme celles du Lyonnais Artaud [Autel de Rome & d'Auguste) & de quelques autres savants étrangers (Wiener Jahrbuch, ann. 1821, p. lOy) supprime, comme tous ses devanciers, les accents, que Gruter donnait avec une exactitude remarquable deux ou trois exceptions prés). M. Herzog, qui les donne assez exactement & qui relève chez Millin huit ou neuf erreurs de lecture, en commettait à son tour, quand il lisait : svspicatvs pour avspicatvs est; beseficii pour benificii; qve pour qvae (qvae arae est); sicvti poursiC'VTi; iVDICIA pour ivdicia, & plusieurs autres. On comprend par le peu que nous venons de dire que nous nous interdisions cette <ois le dépouillement de ces variae lectiones, qui nous eussent pris quatre ou cinq colonnes de texte, sinon plus. En fait de lectures manuscrites, moins nombreuses il est vrai que les lectures imprimées, nous nous contenterons de rappeler celles des épigraphistes narbonnais : Ch. de Romieu; Garrigues, Mss. de Narbonne [unde Catel, Mém. p. 89) & Fortia d'Urban; G. Lafont, Rec. mss. [unde Piquet); chanoine Pech, Mss. de Narb. pp. i & 2; Viguier, t. i, pp. I23, 124 [unde Bousquet, pp. ii5, 120) relevées aussi sur le marbre original & quelquefois avec un certain soin *.

' Gruter, 1616; Gruter-Gudius, 1707. f" 219. Il la devait lui-même au bordelais Elle Vinet, qui l'avait publiée en 1572 {Sarboncnse votum & arae dedicatio, in-8"), & à un cpigraphiste inconnu (Franciscus Cicereius), qui en avait pris une copie manuscrite. Ce serait alors à Vinet que l'au- raient empruntée Jean Rosin (Rosinus, Antiq. roman, corp. Baûlcae, \Wi) & les épigraphistes antérieurs à Gruter : Lipsius, Auctar. n. 18, &c.

* De les noms plus ou moins exacts de tabula marmo- rea (Gruter. a Scalifrera), de pierre de marbre » (chan. Pech^; de « marbre blanc à deux faces » (Piquet), & de « tables votives'» (.Millin), sous lesquels le désignent les épigraphistes ojTôiî-at. en le distinguant des arae proprement dites, l.e P. Piquet ajoute même, sur la foi des Lafont très- probablement, que " ce marbre à deux faces devait être placé a l'un des angles de l'autel » (Hisl. mss. de Nartonne, p. y.)

II*.

lO

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

S4

Dalle l'e marbre blanc, anciennement « dans l'église abbatiale de Saint-Pau! en Bourg, » elle servait de palier au marche-pied du maître-autel, « du côté de répltre » (Garrigues, Lafont, Piquet). Elle en a été retirée (en i~i5), par un abbé de Samt- Paul (Jean-François de Primaux de Macheco, neveu de l'archevêque de la Berchère), qui la fit trans- porter & encastrer, avec les égards qu'elle méritait, a l'entrée de la cour de sa maison abbatiale. C'est de qu'elle a passé d'abord (en i83i) dans la col- lection de M. Germain Jallabert, plus tard dans celle du Musée, elle figure (salle de la mosaï- que} à côté du célèbre autel d'Auguste. La dalle sur laquelle était gravée l'inscription, dont il ne reste que la première moitié, mesure encore o^GS de hauteur sur i'"5o de largeur, encadrement & mou- lures compris.

La restitution de ce texte historique, que con- naissaient & que reproduisent (plus ou moins exactement) tous les episraphistes narbonnais', a été tentée, au dix-septieme siècle, par Pierre de Marca {Marc. Hisp. pp. 36-37), 'ionl le chanoine Lafont & plusieurs autres acceptaient la lecture, au dix-huitième par le marquis Mafiéi {Antiquit. Gall. Sel. ep. x, p. 5o. Voir Muratori, p. 453, 7), par M. Léon Renier, dans une lettre adressée à M. Tournai [Catal. n. i3q) & par M. Ernst Herzog, dans l'Appeiidix de sa Gallia Narbonensis, n. 3.

iMPCAESDiVIHAD Uani filius divi TRAIANIPARTHICI^ N<?pos divi Nervae PRONEPOSrT-AELIVSvH^irw«»s Antoninus AVG ^ PIVS ^ PONT r MAXIMms Mbun pot

LMP-rlI^COS-IIIIrPrP^THELmas incendia 5

CONSVMPTASvCVMPOR(ic/iKs

ET BASILIClSrET^OMNI ornatu impensa S VA Restituit.

Imp[erator) Caes[ar), divi Hadriani filius, divi

Trajani Parthici nepos, divi Nervae pronepos,

.T. Aelius Hadrianus Antoninus augUistiis) plus,

pont'Jfex) maximus, tribun{icia) pot\estate ),

imp[erator) n, co[n,s:ul) ini, p{atcr) p{atriae), ther-

mas inceiidio ? consumptas cum porticibus S-

basilicis & omni ornatu, impensa sua restituit (ab anno 145 ad annum 161 J.-C.).

Raynouard, Romieu, Scaliger, Garrigues & Catel, ADR

PART- Hl CIN. Garrigues, Mss. Jallaberl, CO.M.

Raynouard & Catel, THEL.

On a supposé, non sans vraisemblance, que les divers monuments désignés dans ce texte auraient été détruits lors du terrible incendie qui avait dé- vasté la ville sous le règne d'Antonin^ (... & Nar- bonensis civitas arsit : A el. Capitolin. A ntonin. plus, c. 9). Le marbre qu'ont foulé si longtemps les abbés & les chanoines de Saint-Paul ne serait alors qu'une partie de l'inscription commémorative pla- cée par ordre de l'empereur à l'entrée des thermes {thermos cum p{orticibus <S basilicis), rétablis

Ant. Raynouard, fol. i53. Ch. de Romieu, fol. i5.f. Gru- ter, a Scaligero, 171, 5. Rullmann, n. 11. Garrigues Mss Fortia dlrban, p. 81, Mss. Jallabert, fol. 35, i (undé Catel. p. 106). Marca, Lim. Hisp. pp. 3fi, 37 (M«rf<? Vaissete I" édit. t. I. pr. 26). Maffci, Anttq. Gall. Sel. p. 55 (itndè Muraton, p. 453, 7. Chanoine Pech, p. 3i, 4. Piquet, Hist. de Narb. p. 55. Viguier, t. i, pp. iSy-iSS. Bousquet, t. i] p. 187. Dumége, Vaissete, 2' édu. t. 1. p. 61 2 & rijss. Tour- nai. Catal. n. i3i). Herzog, Gall. Xarb., Append. n. 3.

De les mots iffnc ou incendia qui figurent dans la plupart des restitutions proposées par les épigraphistes à l'exception pourtant de Maffei & de .Muratori, qui lisent rclustate consumptas.

à ses frais. L'inscription, à en juger par la régu- larité de la fracture, aurait été gravée sur deux dal- les de la même taille & de la même forme, ajustées ou rajustées bout-à-bout. Mais on en est réduit à des conjectures sur l'emplacement de ces thermes, que Pierre de Marca croyait situés au voisinage de l'église Saint-Paul (où l'inscription parait avoir été découverte), c'est-a-dire en dehors & à quelque distance de la ville proprement dite. (Voir tome I notre étude sur la topographie & les monuments antiques de Narbonne, livre II, p. 120, note 2.)

25

Sans indication de provenance ni d'époque. L'inscription, perdue depuis longtemps, paraît avoir été gravée aussi sur une dalle de marbre blanc, tronquée cette fois du côté gauche. Nous en empruntons la lecture au recueil de Garrigues {Mss. Fortia d'Urban, p. 48), que reproduisent sans variante & sans examen les épigraphistes de date plus récente : P. Piquet, Hist. de Narb. p. 56; Viguier, t. i, p. i32; Bousquet, t. i, p. i33.

{•"'-'iAE^FAYSTINAE-r AVG

',1 '..,ia2a.li2AELI >■ CAES>-

l^lilANI^AVG

^XIMI^PII

La restitution un peu cavalière qu'a proposée M. Herzog {Append. epigr. n. 4) de ce texte mutilé {& probablement mal lu ?) est empruntée presque textuellement à une inscription de Rome, que nous reproduisons sans y rien changer : divae favstinae

AVGVSTAE I I.MP - CAESARlS . T » AElI - HADRIANI ] AN- TONINI AVG » Pli - MAXIMI | TRIB » POT » îïïï COS ÏTÏ

p - p {Romae, in Hadrianio, Orelli, 85 i . Il s'agit évidemment ici de la première Faustine, morte en l'année 141 de notre ère & dont les Narbonnais au- raient associé le culte à celui d'Antonin, le restau- rateur {restitutor) de leur ville.

26

Base de statue en forme d'autel (inarbre blanc), équarrie au moyen âge pour être misq en œuvre. L'inscription, gravée sur le devant de l'autel, dans un grand cartouche encadré de moulures (o"77 de hauteur sur o"56 de largeur), « est aussi nette & aussi entière que si elle venait d'être faite » (Vi- guier). Elle a été trouvée « le 29 de décembre 172g, » dans l'un des murs de l'ancienne église Saint-Eutrope, que les chanoines de Saint-Just faisaient démolir pour en utiliser les matériaux, & donnée par eux à }A--' de Beauvau, qui la fit placer à l'archevêché « sous le degré du grand escalier » (Séguier, Viguier, Bousquet).

I M P V C A E S A R"

DlVI^rANTONlNI

piIfIl'DIvihadriatJ

nepoti-dIvi-tr.\iani

5 parthici' pronepoti

D I V I K E R VA E A B N E P oTi

LAVRELIO'VERO-AVG'AR

MENIACO-PONT-MA X I M

TRIBVÎJIC-POTESTAT-IIII

'O IMP'II COS-II'PROCOS

D E C V M A N I

X A R B O X E s E s

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC.

NARBONNAISE.

1 1

Imp{eratori) Caesari divi Antonini pii fil(io), divi Hadriani nepoti, divi Traiaiii Partnici proncpoti, divi Nervae abnepoti. L. Aiirelio Vcro Aug{usto), Armeniaco, jiont{ifici) maxim'o), tribunidja] potes- tatle) rm , imp[eratori] n, co{n)s{iili) ii,proco{n)- s{u)i) decumani Narboneses. (Anno J.-C. 104.)

Séguier, ilss. p. 5, n. 6; MafFei, Antiq. Gall. sel. ep. XIII, p. 65 (unde Muratori, Thesaur. p. 242, i); Bouhier, Mém. de l'acad. des inscr. S- b.-l. Hist. t. 5, p. 119; Chanoine Pech, Mss. de Narb. P- 11; Vaissete, 2" édit. t. 1, p. 618; Viguier (unde Bous- quet), t. I, p. 134; Orelli, 873, 3682; Cénac-Mon- caut, Voy. arch. p. 594; Tournai, Catal. n. 170; Herzog, Append. n. 5.

Orelli, IMPERATORF. Muratori & Orelli, NARBO- NENSES. Pech A Viguier, TRIBVMTLA POTES- TATE. Remarquer le titre de pontifcx maximus, donné par les Xarbonnais à L. Verus, quoiqu'il appartînt réellement à Marc-Aurêle (voir Henzen, 54H3). Les decumani Narbo- neses, ioni Muratori expliquait mal le nom {publicani qui decumas exigebant, &c.)^ sont, ici comme ailleurs, les habi- tants de la colonie renouvelée sous Jules César par des vété- rans sortis de la dixième légion (voir pass, les notes de notre édition).

27

Les empereurs syriens, qui succèdent presque immédiatement aux Antonins, sont représentés à Narbonne par quatre monuments, dont le premier en date, celui de Septime Sévère, le fondateur de la dynastie, a été publié au chapitre précédent (n. \(>). Le second, par lequel débute la nouvelle série, est dédié à Julia Domna. femme de Septime Sévère; & le troisième à son fils aîné Caracalla (M. Aurelius Antoninus). L'empereur désigné dans le quatrième, le plus maltraité des quatre, ne serait, comme nous allons le voir, que le jeune Elagabale (un petit- neveu par les femmes de Septime Sévère), dont les monuments, mutilés ou renversés après sa mort, sont plus rares encore que ceux du jeune Géta. Tous ces monuments, a l'exception du premier peut-être (n. 16), ont servi de soubassement ou de piédestal a des statues.

ivLiA DOMNA. Base de statue Jmarbrc blanc), sans provenance connue. Elle était, au temps de Garrigues (de iGoo à idio), t chez un sieur de Pal- mes, I d'où elle aurait passé d'abord « dans la mai- son de M. Léonard, docteur & advocat aud. Nar- bonne « (Mss. foriia d'Urban), t au quartier du cloître Saint-Just » (Gabr. Bosnei.); plus tard, dans celle d'un autre < .VL Léonard, chanoine de Saint- Paul, près la cour du Roy 1 (Guill. Lafont, vers 1700). Un « M. Lamotte, chirurgien, » auquel elle appartenait, en 1725, la donna à M'' de Beauvau (chan. Pech), qui la fit placer à l'archevêché, « sous le degré du grand escalier 1 ^Séguier, Piquet, Vi- guier, Bousquet). Aujourd'hui au musée, salle de la mosaïque. Hauteur totale, o"85; largeur, o"39; le fût & la base écornés par le bas, du coté gauche.

I V L I A E ^ D O M NAE -rA/GVST.E

IMP-CAES-L'SEP TIMI-SEVERI-PlI-PK 5 TINACIS-AVG-ARA

BICI-ADIABENICI F - P ' P-_M-TRIB- POT' lîil I M P ' V 1 1 1 ' C O S n ' E T M 'AVRELI'ANTONI '" NI-CAES-MATRI

ITEMaVE CASTROR\M

DECVMAN'^NARB

Juliae Domnae augustae imp{erjtoris) Caes{aris) L. Septimii Severi pii, pertinacis Auf;usti, Arabici, Adiabenici, p{atris) p[atriae), p[ontificis) >n{aximi), trib[uni£ia) pot{estate) lui, i»ip{eratoris) vin, co[n)- s{ulis) II é' M. Aurelii Aiitonini Caes[aris) matri itemque castroruni. Decwnan[i) Karb[oncnscs). (Anno P. Cil. 196 ou 197, comme le veut M. Her- zog, en_substituant, il est vrai, le chiffre iïïïï au chiffre lui de la tribunicia potestas.

Raynouard & Romieu (Recueils mss.); Gruter (a Scaligero), pp. 26(5-7; Garrigues (Mss. Jallabert, fol. 18, n. I, unde Catel, Mém. p. 99; Mss. Fortia d'Urban, p. 16; Rullman, Rec. tn's's. n. 12; Guil. Lafont, Mss. p. iq; Séguier, Rec. mss. fol. 5, n. 5; chanoine Hecn, Mss. de Narbonne, p. 19; de Paris, p. 1 1 ; Piquet, Hist. mss. p. 53 ; dom Vaissete, Hist. gén. de Languedoc, t" édit. ^r. n. 3i, édit. t. i, p. 6i3; Viguier & Bousquet, t. i, p. i36; Cénac- Moncaut, Hist. des Etats pyrén. t. 3, p. 594; Tour- nai, Catalog. n. 176; Herzog, Append. ep'igr. n. 6.

Scaliger. Garrigues, Catel & fere nmnes. AVGVSTAE. Fere omnes excepté Séguier. PERTINACIS, sans liga- ture. — Catel (qui supprime de plus les lettres liées, débor- dantes, & intervertit l'allinéation) . TRIE- POT- II. Herzog, TRIB POT i"ïïïï. Lafont, Vaissete. &c., CAS- TRORVM, sans ligature. —Tournai, Herzog, DECVMANl.

28

CARACAI.I.A. Grand autel de marbre blanc, avec sa base & son chapiteau. Hauteur, i'"63; lar- geur, o'"59. Il a été trouvé, en 1639, dans les fon- uements de la tour, moresque, « tenant le palais comtal, ï & transporté de dans la cour, puis dans le jardin de l'archevêché (Garrigues, Lafont, SÉGUIER, Piquet). Il y est resté jusqu'en l'année 1705, .Ms"^ de La fterchère le rit sceller dans le mur méridional de la cour, « entre le grand A le petit escalier » (Viguier); à quelques pas de l'au- tel : PAcI AVG, on le voit encore.

Imp-caesari- m-avrelio antonino-avg- pio-Felici-arab-

5 ADIABEN'ICO-PAl

TiCO-MAXIMO'

BRITANKIC'MAX'

GERMANIC'MAX'

PATRl-PATRI AE-

•o NARBONENS

Imp(eratori) Caesari M. A urelio A ntonino, A u- g(usto) pio, fclici , Arab(ico), Adiabenico, Par- thico maxime, Britannic[o) max(imo), Germanic[o) max(imo], patri patriae, Aarboncns(es]. (Ann. 203-217.)

A. Guiran (Recueil mss. des Inscr. de la tour Mo- resque, copie de Séguier, fol. i2C)); Garrigues, Mss. Fortia d'Urban, toi. 143, i; Séguier, toi. 5, n. 2; Muratori (a Bimardo), p. 161, 3; Guill. Lafont, Mss. p. 10; Pech, Atss. de Narb. p. 10; de Paris, p. 14, 4; Piquet, Hist. de Narb. p. 54; Vaissete, 1730, t. I, Preuves, p. 3, n. 8; Dumège, t. i, p. 610; Viguier, t. i, fol. i33; Bousquet, t. i, fol. 134; Cénac-Moncaut , /./. p. 594; Tournai, Catal. n. 167; Herzog, Append. epigr. n. 8.

Pech. M. AVREEI ANTONIANI. Piquet, PARTIC ... BREIANIC ... NARBONENSIS. Guiran, PARTIC. Cénac-Moncaut. ANTONIO. M. Herzog. qui parait, quoi qu'il en dise (^descripsi titulum), copier ici l'abbé Bous- quet, omet comme lui (& comme d'autres. Cénac-Moncaut) une ligne entière du texte : GERM.\NIC MAX . Il conclut de cette omission que l'inscription serait antérieure à l'année 21 3. Caracalla n'ayant pris qu'en cette année le titre de Gcr- inanicus maximus, l.l.

12

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

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ELAGABALE. Basc inscrite, aujourd'hui perdue ou détruite. MalVei, qui en a publié le texte en 1732, l'avait trouvée sous le porche de la cathé- drale (Saint-Just), alors en restauration. Elle pro- venait, comme l'autel de L. Verus, de l'ancienne église de Saint-Eutrope, beaucoup de marbres antiques avaient été mis en œuvre : inscriptionibus obversis S in muriim abditis (Maffei, Antiq. Gall. sel. p. 63 SÉGuiER, Rcc. mss.]. Les deux mots divi Scveri ncpoti ne permettent point de douter, comme l'avait vu Maffei, que le monument ne fût dédié au jeune Elagabale, dont le nom officiel {M. Aurelius Antoninus) aura été effacé ou martelé {era- suin, consulto erasum) après sa mort (mars 22-2).

I M P v C A E S

aasMia o n i

DlVI SEVERI NEPOTI

NARBONENS

Imp[eratori) Caes[ari) [M. Aur(elio) Antjo«î[no pio, t'el(ici) Aug(usto), divi Antonini pii Ipu magni) tii(io)] ; divi Severi nepoti, Narbonens[es).

Séguier, Mss. fol. 6, n. 2; Maffei, Antiq. Gall. sel. ep. i3, p. 65, unde Muratori, Thés. 1061, 5, Viguier, t. i, p. 137, & Bousquet, t. 1, p. i38, qui attribuent à tort le monument à Caracalla, le tils aîné de Septime Sévère; Herzog, Append. epigr. n. g.

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Cippe inscrit (marbre blanc). Anciennement dans l'église du village de Saint-André de Suréda', il a servi (jusqu'en i8i3) de support à la table du maître-autel. De les hypothèses plus Sm moins hasardées à l'aide desquelles les érudits roussillon- nais expliquaient la présence de ce monument offi- ciel, égaré au pied des Pyrénées, dans un village inconnu dont on le croyait originaire'.

Il ne faut point oublier pourtant qu'il rappelle exactement, comme taille & comme forme, les beaux autels inscrits que nous venons de décrire & qu'il servait comme eux de soubassement ou de piédestal à une statue impériale, renversée ou dé- truite depuis longtemps. A en juger par le texte de l'inscription qu'il nous a conservée, cette statue au- rait été dédiée aussi par les Deciimani Narbonenses, c'est-à-dire par les habitants de la ville de Nar- bonne', qui avaient certainement le droit d'élever en leur nom ^ à leurs frais des statues dans tel ou tel viens dépendant de la civitds. Mais il était rare dans ce cas que le corpi des habitants {cives, coloni & incolae) ne fut pas représenté par le conseil mu- nicipal de la cite {ordo, ordo decwiomim), dont l'intervention était nécessaire pour légaliser de pa- reilles fondations, en dehors de la métropole sur- tout, & il serait plus singulier encore que le village devait être érigé le monument ne fût même pas

Entre Argclis & le Boulou, ancien Roussillon.

' Les voir réunies & discutées plus longuement qu'elles ne le méritaient, dans un savant chapitre du livre de .M. de Bon- nefov, Epigraphie Rouisillonnaise, n. 237, pp. 192-208.

> Voir supra, w 26, 27.

mentionné dans le texte de l'inscription destinée à en rappeler le souvenirs Est-il bien certain d'ailleurs que le village de Saint-André existât déjà au troisième siècle de notre ère, comme le suppo- saient très-gratuitement les érudits dont nous par- lonss, & qu'il fît partie à cette époque du territo- rium iXarbonense, qu'il avait fallu démembrer pour créer un ager k la petite colonie de Rusctiio, très- voisine, elle, du village de Saint-André. 11 y a donc plus d'une raison de croire, en tenant compte de ces indications, que ce bel autel, revendiqué à tort par les érudits roussillonnais, appartient réelle- ment à la ville de Narbonne, d'où il aura été em- porté, comme l'ont été tant d'autres monuments antiques, à une époque & par des mains incon- nues*.

Baluze, qui a publié ce texte le premier (en 1680), n'en connaissait, comme Muratori, que les sept dernières lignes. Le reste de l'inscription était alors caché dans le sol de l'église, le monument avait été enfoui sens dessus dessous, pour servir de sup- port à la table du maître-autel. Ce n'est que de nos )ours (en i8i3) qu'il a été complètement remis en lumière &cju'onya lu le nom du jeune Gordien III, le dernier des empereurs aujourd'hui connus aux- quels les Narbonnais aient élevé des statues. Le titre de tribun pleb. II [iterum), associé à celui de COS. (primum), reporterait l'érection du monument à l'année 239 de notre ère (voir Eckhel, t. 7, pp. 3io- 3ii).

IMP'-CAESAri M>-ANTONIo G O RD I AN O PIOFELICIr 5 INVICToAVG

P^'M^TRIBVN POTrlI-rCÔS-'

P Y p r

D E C VM AN I

'O N.-iRBONEXS'

Imp{eratori) Caesari M. Antonio Gordiano pio, felici, imncto Aug{usto), p[ontifici) m{aximo), tri- bun[icia) pot[estate) 11, co\n)s[uli), p{atri) p[atriae), Decumani Narbonens[es].

Baluze, Marca Hispan. col. 35o; Muratori (e.*- Balu^io), Thesaur. 161,7; Vaissete, Hist. de Lang. t. I, Preuves, n. 16; Gispert V)a\ca\., Observations sur le traité de 1 258; Carrère, Voyage pittoresque, p. 25; Carbonnel & Puiggari, Calendrier de Thuir, 18 14, p. 42 (les premiers qui aient publié le monu- ment complet); Fortaner, Notic. ecclés. p. 3; Tay- lor. Voyage pittoresque ; Henry, Hist. de Roussillon, Introd. p. L, & Guide en Rouss. p. 144; De Gaza- nyola, Hist. de Rouss. p. 26; Dumège, Hist. de Lang. t. I, p. 612 ; De Barthélémy, Bulletin inonum. t. 22, p. 53 ; Cénac-.Moncaut, Hist. des peuples & des Etats pyrénéens, t. 3, p. 523; De Bonnetoy, Epigraphie Roussi llonnaise, p. 193 & suiv.; Herzog, Append.

^ C'est au moins de cette manière que les choses se pas- saient de l'autre côté du Rhône, comme le prouvent de nom- breuses inscriptions découvertes chez les Allnbroges & chez les Helvetii (voir pass. Orelii, n™ 341, 352, 36o, 36i ; Her- zog & Mommsen, Inscripl. Hetvetic).

5 Puisque l'on n'y trouve, à notre connaissance, ni ruines ni vestiges antiques, & que l'on ne sait pas même sous quel nom il était connu à l'époque romaine.

6 A commencer par le bel autel d'Hercule, dont les pérégri- nations sont connues (voir supra, n. 3), comme celles de la pierre tombale des deux flaminiques que nous publions en tête du chapitre suivant.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

i3

31

A ces inscriptions complètes, ou peu s'en faut, il faudrait rattacher un certain nombre de fragments impossibles à classer, puisqu'ils nous sont parve- nus sans noms propres & sans dates. Deux de ces fragments, à en juger par le peu qu'il en reste, au- raient fait partie "d'autels votifs ou de soubasse- ments inscrits analogues à ceux que nous venons de publier :

.IV S

.SAR

deux finales vagues que Viguier complétait sans hésitation par les mots : [C. lulji'ui [Cae]sar.

Viguier, t. i, p. 122; Bousquet, t. i, p. 12g. IP CAES

Imp[eratori) Caes{ari).

Viguier, t. i, p. 140; Bousquet, t. i, p.

IMPvCAESAR

126.

Imp{erator) Caesar ou Imp{eratori) Caesar{i).

Garrigues, Mss. Fortia; Piquet, ///^f. mss. p. 12; Viguier, t. i, 121 ; Bousquet, t. i, 1 18; Millin. Voyage, t. 4, p. 3go, note.

Ce dernier fragment, originaire du bastion Saint- François, « prés du flanc retiré » (Viguier), y était encastré à côté d'un buste viril, représentant un certain Caninius : casisio (/./.). d^nt 'e nom parait avoir fort intrigué les épigraphistes narbonnais, toujours à l'affût d'allusions ou de souvenirs his- toriques [voir, à ce sujet, les écrivains & les pas- sages indiqués plus haut).

C'est aussi à une inscription impériale qu'au- raient appartenu, suivant toute apparence, ces deux mots' :

gONTIFEX

DAT

qui rappellent involontairement la célèbre inscrip- tion de Nimes relative aux murs & aux portes de la ville bâtis ou rebâtis aux frais de l'empereur Auguste : ...portas, muras Col[oniae) dat (voir plus loin notre Recueil des inscriptions de Nimes). Ils sont gravés en lettres énormes (o~i7, 0-09), sur un large bandeau de pierre (o-55), qui a servir de frise ou d'architrave à quelque grand monument.

Courtine Saint-Cosme & Saint-François. Aujourd'hui è Lamourguier. Séguier, M$s. p. 14; Viguier & Bousquet, t. I, f"' 101 & 94-

Monuments privés. Les monuments dédiés aux empereurs & à leur famille par de simples particuliers {privati) sont beaucoup moins nom- breux à Narbonne que les monuments publics, dédiés au nom de la ville [publiée) ou de quel- qu'une des classes distinctes dont se composait la population de la ville. Ils se bornent à trois ins- criptions complètes, ou peli s'en faut, & à deux fragments d'inscriptions, appartenant pour la plu- part au premier siècle de notre ère.

3S

aSE^I V s L F ' P AP - .MO D E ST V s

ius, L[ucii) f{ilius], Pap{iria), Modestus, d[e-

dit, donavit, deaicavit' ou d[& suo posuit r]

Cette courte inscription est gravée, en petits ca- ractères d'une élégance remarquable, sur l'archi- trave d'un édicule de marbre, que surmontait un fronton triangulaire, brisé aujourd'hui, comme l'inscription , a ses deux extrémités'. Ce fronton représentait deux capricornes afl'rontés, tenant entre leurs pattes le globe de la terre, un des sym- boles préférés de l'empereur Auguste, dont les monuments le reproduisent fréquemment'. On sait, en effet, que le fondateur de l'Empire avait conservé une sorte de vénération pour ce signe du zodiaque sous lequel il était (thema suiiin, SuET. Div. Aug. c. 94) & auquel il attribuait les hasards heureux de sa destinée.

Tournai, Catal. du Musée de Narb. n. 277 : PAP(w)

SIC.

Ce fragment, jadis encastré dans la façade de l'église de Lamourguier, a passé de dans la salle basse du musée de l'Hôld-de-ville (ancien archevéchi;).

" « numiimque argentctim quo natus esl? percusse-

rit » (SuÉTON. Div. Aug. c. 94-). Voir notamment les monnaies de son sixième consulat (726 de Rome, 28 av. J.-C.) & le célèbre denier d'argent de l'année 743 (11 av. J.-C), décrit & commenté par tous les numismatistcs.

33

Autre fragment d'inscription découvert, en 1860, en creusant les fondations de la nouvelle gare. Il y était enchâssé, à une faible profondeur, dans une sorte de dallage qui paraissait avoir servi long- temps de pavé, car le marbre en était usé par le frottement. A en juger par le peu qu'il en reste, l'inscription dont ce fragment faisait partie aurait été dédiée aussi à l'intention d'un empereur & très-probablement de l'empereur Claude, qui prend, dans la quatrième année de son règne (43 de l'ère chrétienne), les titres simultanés de tribunus plebis m & d'imperator v. Remarquer aussi l'accent très-nettement marqué du mot VICTORIA, qui classe ce fragment dans la catégo- rie des inscriptions accentuées, dont l'épigraphie narbonnaise ne nous offre que deux autres exem- ples.

lovi Marti A L V S L

Pro salute et V I C T Ô R I A

Ti Claudi C AESARISAVG

Germanici p. M-TR-P-ÏU'IMP-V-P'P

5 Ex voto sus C E P T O

Desuofecit OSCELLIA'SECVNDA

(lovi Marti)al{i) : viotum) s[olutum) l{ibenter pro salute &) Victoria [Tiberii Claudi i C)aesaris Au- g{usti, Germanici, pontificis) m{aximi\, tr(ibunicia) p{otestate) iTT, imp{eratoris) v, p[atris) p{atriae : ex voto sus)cepto, [de suo fecit ou posuit) Oscellia Sccunda

Tournai, Catal. du musée de Narb. 1864, n. 166, qui omet tome la première ligne, ... ICTORI ...IMP VII (p. IMP. V P. P.) ... ET O (p. susCEPTO) ... CELLIA. - Elle manque chez M. Herzog, Gall. Narb.; Append. epigr. Lip- siae, 1864.

' Suétone avait remaraué déjà qu'il ne se donne jamais dans ses inscriptions le titre i'imperator sans un numéro d'ordre : ... praenomine imperatoris abstinuil. Div. Claud. c. 12.

14

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC.

NARBONNAISE.

Le seul cvcnemcnt du règne de Claude {41-54) auquel puisse s'appliquer le mot de Victoria, quel- que flatteur qu'on le suppose, est une expédition en Bretagne», dont l'histoire, peu connue d'ail- leurs, ne toucherait que de très-loin à celle de Nar- bonne & de la Narbonnaise. Contentons-nous de rappeler incidemment qu'elle n'a pas duré plus de seize jours pleins (Dio, 1. lx, 19), &. quelle s'est terminée sans effusion de sans, (...sine iillo praelio aut sanguine, Suet. Div. Claiid. c. 17), par la soumission volontaire des populations de l'est & du sud de l'île, dont une partie fut érigée en province romaine [in provincme formain reaacta). Mais il paraît certain que l'empereur, au retour de cette courte campagne, a fait un assez long séjour dans les Gaules, dont les trois nouvelles provinces (très provinciae Galliae, très Galliae, pass.) relevaient directement de lui, administrées comme elles l'étaient par des legati Aiig{usti) pro consule ou pro practore. Suétone, qui évalue à cmq ou six mois la durée totale de ce séjour (sexto quam profectus erat mcnse Romam rcdiit, l.l.)' ne nous apprend absolument rien des circonstances qui l'avaient motivé, ni de la manière dont l'em- pereur aurait quitté la Gaule pour retourner en .talie. Il est bien difficile pourtant de supposer qu'il ait traversé de nouveau la Narbonnaise sans s'arrêter quelques jours au moins à Narbonnei, sa présence aurait été l'occasion de démonstrations publiques ou privées, analogues à celle d'Oscellia Secunda, dont le votum coïncide avec les événe- ments que nous venons de résumer'. Nous en trouverions au besoin une nouvelle preuve dans l'épithète de Claudia que la ville aurait prise cette même année, à l'occasion probablement du pas- sage de l'empereurs. Elle est restée depuis attachée à celles de Julia Paterna, qui remontent, comme on le sait, à l'établissement de la seconde colonie, fondée par le grand-père de l'empereur : Colonia Iulia Paterna Claudia Narbo Martius.

Ft

» ... expeJitionem unam omnlno suscepil eam^u? mndi- cam (SuETON. Div. Claud. c. 17). I.'historien a|oiite qu'il l'avait entreprise pour obtenir riioimeur du triomplie (... iusti triumphi Jecm, l.l.) que le scnat lui marchandait.

3 Ce fut pendant cette absence, dont on s'étonnait à Rome, que le sénat lui décerna les honneurs du triomphe (aiourné lorcément à l'année suivante), le titre de Britannicus qu'il ne prend pas non plus dans ses inscriptions, des luJi anmii en mémoire de sa victoire, & deux arcs de triomphe, dont l'un devait être érigé à Rome, l'autre dans le port barbare il s'était embarqué (Dion. 1. lx, uj).

4 On sait de source certaine, en effet, qu'il était arrivé en Gaule par mer, après une traversée difficile, & par Maisitia, d'0'1 il avait remonté [aîv tï:^^, Si xat 4ià zw iroia^wv jus- qu'à Gessoriacum (Boulogne-.sur-Mer), fattendaient la flotte & les troupes de débarquement (Sueton. l.l.; Dio. /./..-Tacite, Agric. c. i3).

5 On peut amrmer au moins qu'il est le seul monument contemporain qui y fasse allusion, puisque la célèbre mon- naie (or & argent) qui porte pour légende les deux mots

DE DRITANN., DE BRITANNl. OU DE BRITANNIS, giavés SUr la

frise d'un arc de triomphe surmonté d'une statue équestre, n'a été frappée que deux ans plus tard (v. c. 709 p. x. 46), & que le fragment relatif au même événement ...quod reges

BM'Janniae) si«e vlla lACTv(rj) suorum (Fabretti,

p. 728; Orelli, p. 71 5) appartient, lui, aux derniers temps du règne de Claude.

6 Et peut-être à l'exemple de T.yon (Colonia Copia Claudia- I.ugudunum), dont la colonie 'narbonnaise était devenue jalouse.

34

AD^VRNAM-'POTEaaii

Ad urnam ;;o/?[statis]

Le petit fronton de mtrbre blanc' sur l'archi- trave duquel est gravée cette mystérieuse légende

Il mesure o"6o de hauteur.

est resté longtemps encastré « dans la maison pres- bytérale de Notre-Dame de la Majour, » Garri- gues l'a relevée le premier (avant 1(140). On le re- trouve, au commencement du dix-huitième siècle, « chez un monsieur Morel, advocat » (chanoine Pech), d'où il a passé peu de temps après « dans la cour de l'archevêché » (Séguier, Viguier, Bous- quet). Il y servait de linteau, disent les contempo- rains, à la porte du petit escalier connu alors sous le nom d'escalier du Secrétariat. Aujourd'hui au Musée, salle de la mosaïque".

L'arceau du fronton, encore intact au temps de Garrigues, qui donne en toutes lettres le mot poTESTATis (Mss. Fortia d'Urban, p. 16), avait été probablement brisé dans ces déplacements multi- pliés. Mais ils avaient eu le résultat inattendu de remettre en lumière une seconde inscription, ados- sée à la première & plus explicite qu'elle. C'est cette nouvelle inscription qui nous a conservé quelques détails, les seuls que nous possédions, sur l'auteur de ce petit monument élevé aux frais d'uri pauvre sévir augustal (de sua mediocritate) & dédié, après sa mort (testamento), à l'empereur Trajan. Elle est gravée en cinq lignes dans le tym- pan, sur l'architrave & sur les plates-bandes du fronton qui reposait lui-même sur deux colonnet- tes cannelées dont on aperçoit encore les amorces :

Imp

CAESARl^DlVlvNERVAE^F

K»aAlA>JO-AVG-GERM-PONT-MAX-TRlB-POT-Cos u

■.y/-y/yi:V//\K-!i\ StIiI1iIv1R*AVGVSTAL-'DE'SVA''MEDI0CRITA '/y&yyli.^///.^ ENTOvFIERI-'POnIq.VE-'IVSSIT

Imp'^eratori) Caesari, divi Nervae f(ilio), [Ner- vae '\i\aiano Aug(usto), Germ(anico) , pont(iJici) max(imo), trib(unicia) pot[estate), co[n)s(uli) iterum,

ianus, sévir augustal(is), de sua mediocrita[Xe,

tesla]mento Jieri panique jussit.

Baluze, Salviani opéra, Paris, 1O84; Muratori (a Bimardo), p. 21g, 5; Séguier, Mss. 5, i ; Pech, Mss. de Pans, p. 23, 3; P^iquet, Hist. mss. p. 55; Viguier & Bousquet, t. i, f"' i3o à i32 ; Vaissete, t. i,pr. p. 2, n. 2, 2' édit. p. 6to; Tournai, Catal. n. i35.

Vaissete, Muratori, Piquet, Bousquet, ITTTïr -VIR AVG

Dumège, AD VERNAM. —Tournai, (mona)MENTO.— Herzog, Append. epigr., C 1 1 (pour C°' 1 1).

Les indications chronologiques de la seconde ligne répondraient à la première année du règne de Trajan (85 1 de Rome, 98 de notre ère), qui ve- nait de succéder à l'empereur Nerva, son père adoptif (dm; Nervae /.), mort au commencement de cette année : Simul filius, simul Caesar, mox imperator S- consors tribuniciae potestatis & omnia pariter S- statim factus est (Fiank, Panegyr. c. 14).

Le mot urna, qui s'applique le plus souvent au vase ou à la corbeille d'osier (cista, inscr. pass.), dans lesquels on déposait les bulletins de vote (voir H. hstienne, Facciolati <S; Freund), ne ferait- il pas allusion aux assemblées électorales (com/îia) d'où sortaient ce que nous appellerions encore aujourd'hui le pouvoir ou les pouvoirs légalement constitués : Potestatis verbo plura significantur; in persona magistratuum imperium ; in persona libe- rorum paterna potestas, in persona servi dominium (Paul, Digest. 5o, 16, 2i5).

' Il y a été maladroitement placé à plat sur le sol & sans support d'aucun genre, ce qui en rend la lecture aussi difficile au moins que celle de l'autel d'Auguste.

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC.

NARBONNAISE.

i5

35

L'autel de marbre blanc sur lequel était gravée cette belle, inscription paraît avoir été découvert aussi « dans les anciennes murailles de la ville » (Piquet), au commencement du dix-septième siè- cle. L'ingénieur Pierre Garrigues, qui nous en a laissé un dessin fort élégant, reproduit bien des fois depuis & d'après lui, nous apprend que « ce beau piédestal » avait été « rompu en l'année mil six cens cinq, > très-peu de temps par conséquent après sa découverte. Mais il a oublié d'ajouter que c'était sous ses yeux & par son ordre qu'il avait été débité, pour servir, avec d'autres marbres antiques, à la décoration extérieure de la porte Connétable (de Perpignan depuis\ que l'on cons- truisait alors d'après" ses plans, & l'on vient d'en retrouver les débris. Quelque mutilés qu'ils nous sofent parvenus, ils nous ont permis de constater au moins l'exactitude de la copie qu'il en avait prise '.

a.3", :;: ; ï;i avg

Ui.Z'iU IN I

avgvsTorvm sacrvm

'' .^DIECTO-TETR.\STI

i^O-ET-AERAMENTIS O M N I B V S

IVLIArNATALIS

D'S-P-F-C-IDEMaVE lO EDIC'T-T'L-D-D-D

[Numinii Auf^'usti) ou Aug{usto) f& nu]m/«i Augustorùm sacrum; adiecto tetrasti[\\o & aera- mcntis omnibus, Iulia Natalis d{e) siua) p{ecunia) f\ieri] c'uravit) idemquc (pour item) dedic{avit ?) : I{oco) d[at<>) d[ecreto) d[ecurionum).

Garrigues, Mss. fortia d'Urban, î' 5; chanoine Pech, liiss. de Narbonne, f- 3 ; Piquet, Hist. mss. f" i'');'Guill. Lafont, Rec. mss. [Congrès arch. de Narbonne, ann. i8.S8, p. 306-7); Vaissete, ly^o, t. I, pr. p. 3, 2' édit. t. i, p. Oio; Viguier, t. i,

' Le fût de l'autel, scié (verticalement) en deux moitiés (îgalcs, avait été martelé &. dégrossi, de manière à en tirer deux colonnettcs engagées, destinées à servir d'encadrement u aux armoiries du roy » (Garrigues, Mss. Fortia d L'rban^ p. 5).

i" 125; Bousquet, f" 127; Herzog, Append. epigr. n. 1 1 ; L. Berthomieu, Bullct. de la comm. arch. de Narb. t. i (ann. 1876-77), p. .î8o.

Le mot NVMiNi, que Garrigues écrit en majus- cules, & que reproduisent d'après lui tous nos anciens épigrapfjistes (jusqu'au père Piquet in- clusivement), ne serait qu'une restitution, s'il faut en juger par l'état actuel du monument, au- quel il manque prés de deux lignes. Mais cette restitution vaudrait certainement celle de M. Her- zog, qui s'est arrêté au mot victoriae, sans tenir compte de l'i très-lisible, qui terminait le mot disparu (voir, ù ce sujet, la grande inscription de l'autel d'Auguste, dédié lui aussi au niimcn Au- gtisti : ...aram numinis Augusti)'. Le nvmini AVGVSTORV.M des deux lignes suivantes s'applique- rait, par opposition, à tous les successeurs d'Au- guste & non point à tels empereurs régnant deux a deux ou trois à trois, comme le suppose un épi- graphiste contemporain (voir le Bulletin de la comm. arch. de Narbonne, t. i , p. 58o).

» Resteraient les variantes paci, marti ou deo marti, viRTVTi AVG, dont aucuiie ne répondrait, soit à l'espace à combler, soit au sens de la plirase à parfaire.

36

i V M I N ^ A^FEC

iOR

Js,uinin,\ Div]or[um Augustorum & Au-

gustorumj [de sua pecuni]a, ou [sua impensla

/cc[it]. (Inédite.)

Légende & formule analogues à celles du votum précèdent, avec cette diflérence pourtant que l'ins- cription est gravée en très-gros caractères (c'iS de hauteur), sur un large bandeau de pierre, qui devait servir d'architrave à quelque monument de dimensions considérables. Il était encastré ja- dis au pied du mur de la courtine Saint-Cosme & Saint-François', à l'entrée d'une casemate avec laquelle il a été comblé, lorâ du remblai des fossés qui a suivi la démolition des murailles. La lacune des quatre lettres i div paraissait avoir été produite par une large encoche, pratiquée verti- calement dans le champ de la dalle inscrite, & destinée à recevoir soit la vanne d'une écluse, soit la herse d'une porte.

Oi je l'ai relevé à deux reprises, en iSSg & en i86g.

%^^^^^^iii:^:i;,iiii

-^^iî-.S^

CHAPITRE III

MONU.V1ENTS RELATIFS AU CULTE DES E.MPEREURS ET DE LA FAMILLE I.MPERIALE FLA.MINES AUGUSTAUX FLAMI.NES PROVINCIAUX SEVIRI AUGUSTALES

37

C'est au culte provincial des Augustes que pa- rait se rattacher le bel autel taurobolique (il est aujourd'hui perdu) dont nous avons publié le texte dans un des chapitres précédents (ch. i, n. 16). Le flamine C. Batonius, qui présidait à ce

taurobole offert par la Province ( tavropolivm

PROViNciAE NARBONENSis) à l'intcntion de Septime Sévère & de Caracalla, y aurait figuré cette fois comme mandataire & comme représentant de la ville de Narbonne, puisqu'il ne se donne point comme celui d'une des villes secondaires ae la Province affiliées à l'association. Il est à remar-

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HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

quer pourtant qu'il ne prend point dans ce texte le titre formel de Jlamoi Provinciae Narboyiensis \, qui lèverait toute indécision à cet égard, <!<; qu'il n'ajoute point à ce titre la formule : omnibus ho- noribus m patria, in civitate sua fiinctus, qui en était comme le complément nécessaire. Son nom lui-même, énoncé sans le nomcn tribus & sans le nomen patris, serait plutôt celui d'un affranchi, comme l'étaient souvent les Galli & les Archigalli de la Magna Mater, que celui d'un homme con- dérable, investi par ses concitoyens de hautes fonctions municipales & religieuses.

U y est désignii sous celui de primus ftamen Aiigusto- rum.

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Indépendamment de ce culte collectif dont elle s'était trouvée naturellement le centre, la ville de Narbonne avait fondé, en son nom cette fois & à ses frais, un culte spécial des Augustes, dont l'histoire ne nous est guères mieux connue que celle du culte provincial dont nous venons de parler. A en juger par les inscriptions locales, qui redeviennent ici nos seuls guides, les prêtres de ce nouveau culte y étaient désignés sous le titre de /lamines Aug[usti ou Augg}^&. même de /lamines, sans complément d'aucun genre'. Comme les Ha- mines de la Province, ils étaient élus par le con- seil municipal [ordo decurionum), qui les choisis- sait parmi les magistrats en fonctions ou sortis de charge : ce qui explique, pour le dire en pas- sant, comment le titre de Jlamen Augusti était devenu, à Narbonne comme ailleurs, le complé- ment, ou peu s'en faut, du titre de duumvir an- nuel ou quinquennal, auquel on le trouve cons- tamment associé. Rien ne prouve pourtant qu'ils aient été tenus, pour l'obtenir, de parcourir tout le cercle des magistratures de leur ville natale, à l'exemple des flamines provinciaux, qui sont & se disent toujours : omnibus honoribus m civitate, in patria, in r-p- sua/unctus.

VSVLENO-VEIENIO^

IIVIR'a'FLAMINI'PRlMVM«S

Usuleno Veiento[n'■|^ , ou Veie)ito[n\s fj

duumviro quinquennali, /lamini primum

B^M ^VIRrlIrFLAM A^oPR'fJ

[C. T)\umius ? C. [F. Pap. Rufus r, duu]mi';> bis, /lam[en) A ug[usti) primum (Inédite'.)

Si c'est au titre de flamen que se rapporte, comme tout l'indique, l'adverbe primum, qui re- paraît à la suite du même mot dans chacun de ces deux textes, il faudrait en conclure encore que le flaminat municipal diflérait, même par sa du- rée, du Haminat provincial, puisque au lieu d'être viager il était annuel, comme le duumvirat, ou tout au moins limité à un certain nombre d'an- néesî.

' « ... apparet Jlaminium Au^iisti idem esse acjlaminium mère dictum ... 6'i in uno opptdo Jïaniines suttt mère dicti, non duo gênera Jlaminum ibi haies, sed unum flaminium, scilicet Auguslalium (Enist Herzog, Gall. Narb. p. 235).

^ Ces deux IVagmenls, que nous réunissons ici sous le même numiiro, seront reproduits & expliqués comme textes municipaux dans !e chapitre consacré à l'organisation muni- cipale de la Colonie.

î Cette assertion serait confirmée directement par les titres de Jlamen bis, ter, quater (mi), assez communs dans les

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Une belle inscription, dont le texte nous est parvenu à peu près intact cette fois, nous a con- servé les noms de deux flaminiqucs vierges (ou veuves) l'une & l'autre, s'il faut prendre au sérieux le texte de l'inscription, il n'est question ni de maris ni de parents énoncés sous leurs divers noms. La dalle de marbre blanc sur laquelle elle est gravée figure depuis longtemps déjà dans l'église du village de Quarante', elle servait jadis de maître-autel dans une des chapelles de réplise'. Mais on sait de source certaine cette fois qu'elle est aussi originaire de Narbonne, « elle a été trouvée, dans le courant de l'année iSOg » (Garrigues), trois ans après la découverte du cé- lèbre autel d'Auguste.

PISENTIAE'T'F FIRMINAE-FLA CN-ME'ELLVS-C TESTAMENTO

METELLAE-CN-F STIC'LLAE-FLAM A M A N D V S ONI-IVSSIT

Pisentiae, T{iti) /{iliae), Firminae /la[m(^\nica.e)] Metellae, Cn{eii) /{iliae), IRu sticillae, /lamljni- cae) : Cn{eius) MeteUus, C[n(eii) lib'^ertus)!, Aman- dus testamento [pJoHi iussit.

Garrigues, Mss. Fortia d'Urban, 128, unde Viguier, t. 3, 172, & Bousquet, t. 3, f" 182; M. Léon Renier, Bulletin des comités, Se. t. 3, i855-i856, p. i5i, d'après une communication de M. Chaudruc de Crazannes & un estampage en- voyé par feu M. Boudard; Louis Noguier, Bulletin de la soc. arch. de Béliers, ann. 1870, pp. 184- i85, & pi. II, fig. 4.

Garrigues, qui a relevé le premier ce beau mo- nument & qui le relevait très-probablement à Narbonne, car son dessin ne présente pas trace de la cavité rectan^^ulaire dont nous venons de parler, lit, à la troisième ligne, cn - Lin(ertii^) au lieu de cn-fil(i«s) que propose M. Léon Renier. L'auteur du tombeau des deux Haminiques ne serait donc qu'un affranchi de la famille, éman- cipé par le père de Métella, dont il avait pris le nom en conservant son cognomen servile amandvss, & qui acquittait envers la feinme & la fille de son ancien maître la dette de reconnaissance qu'il avait contractée avec lui (testamento poni ivssit). De encore l'absence du nomen tribus, qui ne

inscriptions espagnoles (voir Em. Hûbner, n"" 34, 3571. 37Q2), & indirectement par ceux de Jlamen perpetuus (ou in perpetuimi) & de Jlaminales (pass.), qui impliquent une exception à un principe posé; mais tout cela n expliquerait qu'à moitié le ùtre prinmm que sous entendent dans ce cas la plupart des inscriptions antiques.

' Situé sur les confins mais dans les limites du diocèse de Narbonne, à quatre lieues au nord de la ville.

= Dans celle de Saint-Sébastien, suivant Garrigues; des quarante martyrs, suivant Viguier. Les quelques lettres que I inscription a perdues à ses trois dernières lignes ont été enlevées au ciseau, pour pratiquer au centre de la dalle ins- crite une excavation rectangulaire, destinée à recevoir la pierre sur laquelle reposaient les vases sacrés pendant le sacrifice de la messe. Elle serait aujourd'hui, si nos ren- seignements sont exacts, détachée du maître-autel qu'elle recouvrait & adossée contre le mur de l'église, dans une des chapelles de l'abside.

3 il Test au moins à Narbonne, comme le prouve l'épitaphe en huit vers de l'affranchi C. Offilius, C. lib.. Amandus, découverte & publiée par nous en 1873. En Espagne, il figure cinq lois dans Vlndex cognominum du recueil de M. Emile Hubner, il est porté cinq fois par des affranchis ou par des esclaves. .ajoutons à ces diverses raisons que la formule testamento poni (ou Jieri) jussit se retrouve, à Narbonne même, dans l'inscription du petit arcus trium- phalis (voyez supra, n. 34), dédié a l'empereur Trajan par un affrancfii dont le nom ne nous est point parvenu complet.

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC.

NARBONNAISE.

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s'expliquerait guères chez un homme considé- rable, père & mari de deux Haminiques. Quant à ces deux prêtresses, que revendiquaient de leur côté les archéologues biterrôis, il est impossible de douter, après ce que nous venons de dire, qu'elles n'aient appartenu à la colonie de Nar- honne, qui devait avoir s,e&JIainiiiii]iies, puisqu'elle avait ses flammes, nommés les uns & les autres par le conseil des décurions.

SEVIRI AUGUSTALES

L'institution des sévirs augustaux, sur laquelle on a beaucoup disserté', parait remonter, à Nar- bonne, aux premiers temps de i'Empire. Ils y for- maient, comme dans la plupart des grandes villes romaines de la Narbonnaise, une corporation [cor- pus]' vouée aussi au culte des empereurs, mais qui n'avait rien de commun avec les cultes pro- vinciaux ou municipaux dont nous venons de f)arler, puisqu'elle se recrutait exclusivement dans a classe des atlVanchis [ordo Hbertinorum], très- nombreuse, il est vrai, à Narbonne.

A en juger par les inscriptions que nous allons publier, les scviri augustales auraient été les di- gnitaires, & probablement les seuls dignitaires de la corporation; car elles ne font mention ni de auesteurs (ijuoiquc la compagnie eût sa caisse), ni de patrons, comme en avaient ailleurs les augus- tales &. les seviri, ni même de quinquennales^. Comme les seviri du célèbre autel d'Auguste [ires équités â plèbe S- très libertini; voyez n. 23), aux- quels nos anciens historiens les rattachaient-', ils étaient, à Narbonne, les prêtres plébéiens des em- pereurs. C'étaient eux qui présidaient, à ce titre, aux cérémonies & aux fêtes annuelles que l'on continuait à célébrer autour de cet autel, élevé, comme on le sait, par la plèbe de la ville (... a plèbe Xarbonensium; l.l.'j. Mais il y a toute raison de croire qu'ils restaient membres du sodalitium après cette année de sacerdoce ou de présidence'

> Voir à ce sujet les récents travaux de MM. Bor^hcsi (Bolletino deîl' Institut, di corriip. arch. ann. 1842, pp. 101-108), E. Egger (Examen critique des liistoriens d AufTUste, 1S44). A. W. Zumpt (de .\uifustjlibu.s , &c., Beru;itii. iSi.6), .Marquardt {tlandbuclt der Altert/iunu 3i, 373 & sqq.). Heiizen {Zeitsclirift fur .Mtertliuman'. 18^8, & Imcr. sel. 7089 & 71 55). .M. Henzeii v prouve, coiilrai- rement à la théorie de -M. I-gger, que le sevirat ^ l'aiisusta- litc n'avaient rien de commun avec le culte des dieux Tares, as.-iertion quj confirmeraient chez nous quelques inscriptions récemmciil J^vouvertes (voyez ch. i, n"» 7 à 9, & Herzog. Oall. Sarb. p. ifi'i Si suiv.).

' De là, ù S'imes & à Arles, les titres de teviri aug{us- tjles) corporati nemausenses , arelatenscs , sous lesquels on les trouve souvent dé.îifînés.

' Les decurioncs sevirorum, dont .\L Herzog admettait l'existence pour expliquer le nom des neviri, qui n'auraient <Mé, dans cette hypothèse, que les iex primi des six dé'ciiries dont le corpus se composait (fortassc seni in noi"> cotli'gio crant decurioncs, p. 190. ne reposent, comme nous allons le voir, que sur une double erreur de lecture. Gîttc opinion ne ferait du reste que reproduire, en les précisant, celles de .Muralori & de M. Heiizen. qui ne voyaient dans les seviri. l'un que les sex primi (Ttiestiur. 701 à 705),* l'autre que les mafcistri (très ma^stri & très ministri) d'un corpus d'iiiifitstates, choisis, eux, par les dôciirio-is.

^ Voir, à ce sujet, un passage de noire / ill,

ch. II, pp. 271-277) ^ Her/oj;, dont lescoii. ent

moins qu'il ne paraît "e croire de celles d. ms ;

ûuin etuim f.crt po-^ il ut primum in hac pr^.i'uui.i « .\'ar- hone ad rèliqua provinctae nppiJa transierit. deinde in provincias vicinas, ubi item iiiycniuntur non stniplices au- gustales seJ seviri augustales (Hall. \'arb. p. 190).

5 Ne serail-ce point a cette année de présidence" « d'admi- nistration que s'appliquerait le mot cwrLi d:ins une inscription d'Ostie. dont nous citerons au moins un paswi(;e ; ... Huic VI viri I auf,' post curam | i}uin.fucunali\tatem oiluler | qui c^it annis\ continuis mi (Ou.-He.vzes, 7109). Les

II*.

& qu'ils y conservaient tout au moins leur titre; car on ne s'expliquerait point autrement le nom- bre considérable de seviri dont les inscriptions locales nous ont conservé les noms*. Il est à re- marquer de plus que l'on n'y trouve point trace de la distinction établie ailleurs entre les seviri proprement dits (les prêtres en exercice) & les simples augustales, qui auraient formé le com- mun (pnputus) de la corporation ?.

Quant à l'organisation intérieure de la compa- gnie, tout semble indiquer qu'elle devait ressem- bler, dans ses grands traits, à celle de la plupart des corporations légalement autorisées {collegia licite coeuntia). Il ressort au moins de témoignages positifs q^u'elle avait, comme elles, ses revenus (n°" 3o & ()!)), sans parler de ses immeubles qu'elle pouvait vendre ou aliéner à la suite de décrets régulièrement rendus {dec{reto) sevir{orum) au- g[ustalium). De ces allusions fréquentes à des terrains cédés par elle pour l'érection de statues, qu'elle s'engageait de plus, moyennant hnances, à surveiller & à défendre».

Ceux de ses membres auxquels ne suffisait point le titre sonore de seviri augustales, suivi du nom de la colonie & de ses nombreuses épithètes», pouvaient y joindre, en les payant il est vrai, le sévirat d'une & même de plusieurs autres grandes villes (n- 37 à Oo). .-V Narbonne, ils prenaient part à toutes les distributions de vivres ou d'argent (sportulae, n" & 0(3; qui étaient faites aux divers ordres de la ville, & siégeaient, vêtus de leurs insignes, après les décurions, aux spectacles ou dans les repas publics cjui formaient le complé- ment de toute libéralité. .-V ^simes, les plus riches ou les plus remuants d'entre eux obtenaient de loin en loin les insignes du décurionat, dont leur titre d'affranchi leur interdisait les fonctions'".

mots quinquennalis & quinqnennalitas, qui ont ici leur importance, n'impliquent-ils point d'ailleurs un emploi an- nuel ou à terme limite prorogé pour cinq années? Ils seraient devenus, en sortant de ioiivUon. les assesseurs des nouveaux sévirs, avec lesquels ils auraient continué d'aJorer (^colère) le nouveau dieu jusqu'à leur mort, comme nous l'apprend une inscription de Fouzzoles, relative, il est vrai, à un cor- pus d'jMrHsf.i/t's ; D' .\I \ Q* Imteio \ Diadumeno ) au^us- tait I coluit annis \ xxxxv | lixit annis | lxxxiui | heredcs (Putcol. Or.-Henz. 7093). Une inscription de Genève (un vicus des Allobroges a cette époque) nous a conservé les noms de ces six prêtres en exercice, qui app.irtenaieiit tous il la classe des aliraiichis tS: qu'elle désigne sous le nom com- mun de liiiil viri (^Mom.wsen, Inscr. helv. n. 02 Her- zoo, Afpeiid. n. on.-'). Songer encore aux expressions : adlcctt supra numcrum sevirorum au^ustalium, augus- talis perpétuas décréta decurionum, iyc, Ce.

6 11 s'élève, dès aujourd'hui, au chitfre de trente-trois ou trente-quatre, en y comprenant les tragments.

7 Voir pourtant, à ce sujet, une note de M. Henzen, le savant épigraphiste nie que tous les membres du corpus aient passé par le sévirai, en s'autorisant d'un texte de Ve- rulae, chez les Herniques, les sevirales & les auiiustates sont désignés comme deux classes distinctes dans le même

ordre ( ordo seiiralium & augustalium (Ob.-Henz.

7101).

* ... Intal(is) arcae scvtror(um) ob locum & tuitionem statuae HS n{unimum) un (quatuor viillibus). \'oir, au chapitre suivanl, n. (3'5. l'inscription de la st,ilue dédiée à L. Acmilius Arcanus par son atfraiichi. le sévir Aemilius .Moschus. Ne peut-on pas conclure de ces indications que les terrains dont nous parlons ici étaient situés près du local {aedes,/anum, voyez plus loin les textes relatifs aux/abri subaediani) la compagnie tenait ses séances, sous la pré- sidence des seviri, tV elle devait conserver son album, ses registres (^acta) & ses archives?

s Voir /'ttssi'm les inscriptions locales, qui écrivent ce mot sous des formes diverses •. lim ! Wri, vi viri, seviri, & même sous celle de lim! au^(ustales) (ii'" .19, 56, 61), que l'on comprenait de reste dans la ville.

"* Kn Italie, certaines villes décernaient à tel ou tel d'entre eux l'honneur du bisellium. le siège à deux places des an- ciens consuls, dont ils prenaient quelquefois les faisceaux (sans la hache), portés par deux licteurs au lieu de douze. 0:i riait, en Gaule coninie à Rome (voir le Satyrîcon de Pétrone), de la vanité insatiable de ces parvenus, qui se

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HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

Tous ne pouvaient point faire élever à grands frais des thermes son^ptueux, comme ceux du sé- vir Chrysanîhus (n. 46), ni dédier des monuments publics'aux dieux ou aux empereurs, auxquels les 5Ci'/ri témoignaient un dévouement sans distinc- tion & sans réserve". Mais ils tenaient au moins à se faire bâtir, de leur vivant, au bord de la voie Domilia, un de ces tombeaux massifs et solides, dont les débris sont parvenus jusqu'à nous & dont les in-criptions [tituli], intactes ou mutilées, for- ment aujourd'hui le plus net de leur histoire.

A'. B. Celles de ces inscriptions le titre de sévir augustalis se trouve associé à celui de quelque profession industrielle ou mercantile (sordidi qttaestits) Hgurcront au chapitre des opifi- cia £■ arles. Elles achèveront do nous donner une idée de ce qu'était, Narbonne, le personnel de cet ordo de parvenus {Iwmines novi, teniiioi-es ho- mmes), où l'on voit figurer un marchand d'habits (vcstiarius), un aubergiste (ospitalis), à l'enseigne battante du coq; un orfèvre [L. Cornélius ? Opta- tus. aurifex); un lermier des mines ou des forges (ferrariarum) situées au bord de la lagune, ;ur la rive droite de l'Atax, & plusieurs capitaines du port [nauclarii, navicidarii marini). On n'y trouve, en revanche, aucun des nombreux médecins, af- franchis pour la plupart, que possédait la ville à cette époque.

payait ainsi de formes & d'apparences hiérarchiques. Mais l'institution du sévirat n'en avait pas moins eu pour résultat de réhabiliter politiquement la classe méprisée des affranchis, en lui donnant pour représentants les seviri augustales & en lui assurant, .i leur profit H est vrai, un rang (ordo sevi- rorum) entre celui des décurions {ordo decuriotium) & la plèbe proprement dite (voyez les innombrables inscriptions ces distinctions sont nettement indiquées).

•' Voir, au chapitre !. n. 6. l'inscription du sacellum des dieux lares, rebâti par le sévir C. Sahus, & au chapitre n, celle de \'arcus triwiwhalis en miniature dédié à l'empereur Trajan par le sévir [Trii]ianus ? (n. 34).

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« Entre les bastions Saint-Cosmc & Saint-Fran- çois. » Fragment d'inscription tronqué par le bas, & peut-être par le haut.

N^ANNIVS-'NICI^L EVGENIVS^SEVIR

N{umeriHs) ou M{arcus] Annius, A^icii l[ibertus), Eugeniiis, sévir [augustalis].

"Viguier, Mss. t. i, 117. Le nom de Nicius, qui manque dans la plupart des grands diction- naires, existe dans une inscription de Calama (co- lonia Calamensis), ancienne Numidie. Il yest porté par un personnage, appartenant lui-même a la tribu Papiria, & descendant d'un Annius :

Q . NICIVS Q MCI PVDENTIS (/) P.-VP ANNIANVS.

(Voir Ci.ARAC, Musée du Louvre, pi. lxxx, n. yB, & Orelli-Henzen, 5667.)

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Sans provenance indiquée.

L>-APONIO>-HOMVL irrni v i r o - a v g v s t a a

APONIAE ' ■NEPHELE VXORI- APOKIAE-FAVST- L

L{ucio) Apoiiio HomuUJo), sévira augusta{li), Aj>oniae Nephele (pour Nephelae) uxori, Aponiae i-aust[ae), l{ibertae) ou Faust{i) l{ibertae).

Raynouard, 22, n. 145; Ch. de Romieu, f" i, n. i; Gruter (a Scaligero), p. 35g, 2; Garrigues, Mss. Jallabert, f" 25, n. i (in-de Câtel, p. 22, n. 2); Mss. Fortia d'Urban, f" 11; RuUmann, f" 14; chanoine Hech, Mss. de Narbonne, fol. intercal.; Vaissete, lyBo, t. i, pr. p. 8, n. 38; 2" édit. t. i, p. 614; Séguier, Rec. mss. 107; Bousquet, t. i, p. 114; Herzog, App. epigr. n. jb.

Garrigues (;l/.ss.ya/i7iierO, Vaissete. Bousquet, ITTïTI VIR. Catel it Pech, UII AVGVST.A., Garrigues Ualabert), Catel Si Pech. NIPHELE. Gruter, Rullmann & Herzog, NEPHELAE. Gruter, FAVSTAE (sans le sigle L, que donnent tous les mss. Narbonnais. M. Herzog, qui divise l'inscription en cinq lignes, lit à la cinquième ligne : Faustae f(tUae).

4S

Fragment d'inscription gravée en très-gros ca- ractères (o"'i2), sur le champ d'un long & lourd bandeau de pierre calcaire (longueur, i'°i8; hau- teur, o"'3o; épaisseur, o"Go), encastré jadis dans un des flancs « du bastion Montmorency » (aujour- d'htai à Lamourguier). Ce bandeau, dont le som- inet est taillé en biseau arrondi, formait évidem- ment la crête d'un de ces murs massifs [maceriae, maceriolae) qui entouraient extérieurement le /o- cus du tombeau (voir un des chapitres suivants):

p^jaThenioni-olYm^ ^viro - avgvsm^

Athenioni, OIym\p\ lib(erto), se]v/ro Augus-

[tali]

Séguier, iîec. mss. p. i3;Viguier, t. i, 112; Bousquet, t. i, f" n6.

Séguier, OLI ... VIR. - Viguier & Bousquet, OLIA.

43

« Entre les bastions Saint-François & Saint- Cosme » (ViGtuER, Bousquet); aujourd'hui à La- inourguier. L'inscription, qui ne compte plus que trois lignes, en avait quatre (Se même cinq au sei- zième siècle, s'il faut en juger par la lecture uni- forme qu'en donnent les épigraphistes de cette époque. Elle est gravée en caractères lourds & mal assis, sur le devant d'un cippe tronqué par le haut & éraillé du côté droit:

0

AVCTVS-L

L V L O R I N

FELIXrvTva

AVGVST

0 AucUts, L[ucii) l[ibertus), Lorinu[s,] Félix, se- v[\r] august[alis).

Remarquer incidemment le cognomcn Auctus, transformé ici en nomen gentilitium, & le surnom redoublé de Lorinus Félix, dont l'épigraphie nar- bonnaise ort're peu d'exemples.

Raynouard, f" 11, n. 70; Romieu, f" lo, n. 83; Grmcr[a Scaligero), q82, 10; Garrigues (Jallabert), 88: iit0e Catel, p.'iog; Séguier, 37; Viguier, t. 3, 100; Bousquet, t. 3, f" 70.

HISTOIRE GI.NÉRALE DE LANGUEDOC.

NARBONNAISE.

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Garrigues, I. L L- ORINVS: Catel, AVCTVS I; Rav- nouard, Romieu, Scaliger, Garrigues. &c., VIVVS- A^'- GV'ST, que Gudius corrigeait avec raison par V'I VIR, qS2, 10. Viguier& Bousquet. VIVIT A\'GVSTVS.

44

Cippe cintré, tronqué par le haut, brisé par le bas; extrait, en juillet 187IJ, de la courtine Saint- Cosme & Saint-François, il était noyé dans lus blocages. Largeur actuelle, o"j8; l'écriture indiquerait le second ou le troisième siècle de notre ère.

V 1 V ET

C^CALlClVS^C^L

svrvs^paTroo

"««i V I R O A ^' r r T n

Vivet (pour vivit) Oaius) Caliciiis, Caii] I{:bcr- *ui\ Surtis patron.^o] [s]e (ou vi) viro aug[ustali) doloniae) Ii^uliae), p(aternae), (Claudiae, Narbonis Martii].

Remarquer encore le mot svRvs écrit par un v, comme on l'écrivait souvent à Narbonne : in sv- Ki{ae) oppiDo,i?c., & pass. Ce cippus mutilé, dont l'inscription ne contient que les noms du dédicant, supposerait, dans tous les cas, l'existence d'un cippus aiiticus, sur lequel devaient être énoncés \ci noms du patronus (un C. Calicius lui-même), au- quel le tombeau était certainement dédié.

45

« Au bastion Saint-Cosme, vers l'Orient » (Vi- guier). Moitié d'inscription perdue aujourd'hui & probablement mal lue. Elle a été relevée, à la tin du siècle dernier, par le chevalier \iguier {t. 3, 2 1 1), auquel l'a empruntée l'abbé lîousquet (t. .S, 1 73), en la gâtant suivant son habitude (nai.i, &c.), A en jujîr par ce qu'il en reste, l'inscription au- rait été dédiée à un sévir augitstalis & composée en majeure partie de noms propres.

m ■■ M V N I s - L - c 1 N>1

m l A 1. 1 ' c I - P c N M

m ^.'JPRISCI AE ' VXORI

BSÏ) . ; .,., ..r-ii!/9 J - CON - C E S S AE

5 m issfvtmsitmwsa p r i s c i a e

H-M-H'K'S'N'H'H

fCom]»iH(i/i l{iberto), Cjn)i[amo, scx augus|-

tali c[otoniae) liuliae], P\ater>tae), C{laiidiae), S{ar-

bonis) M[artii) [h] Prisciae uxori 0 Coii-

cessae Prisciae d... Prisci.

H{oc) m{onwncntum) h\eredes) n[on) s{eq::etur) n[ec] h{eredes) h[credum).

Remarquer le cognomen Priscia, d'où dériverait assez naturellement le composé Priscianus.

46

Grande dalle de marbre blanc, aujourd'hui brisée du côté gauche; largeur actuelle, 0"4O, encadre- ment & moulure compris". Elle avait été « tirée des fondements de la murailhe de la vieilhe enceinte de la ville, à l'endroit de l'csglizc des pères minimes, lesquels pères prindrent la pierre pour servir au bastiment de leur cloistre' en l'année mil six cens six > (Garrigues, Mss. Fortia d'Urban, p. 7?). t Elle y était placée, dit le père Piquet (minimej, à l'arceau de leur infirmerie, vis à vis la porte chartière [Hist. mss. de Narb. p. 88). C'est de la qu'elle fut enlevée, en 1723, à la demande « de l'archevêque de Beauveau, » qui la fit sceller t dans la cour de l'archevêché, au pied du grand esca- lier', > ou l'ont relevée les épigraphistes du dix-huitième siècle; aujourd'hui au musée de l'hôtel de ville, salle de la mosaïque.

La restitution que nous proposons de ce texte intéressant modifie sur plusieurs points graves celle qu'en avait donnée le chanoine Jérôme Lafont, acceptée par plusieurs epigraphi.^te» narbonnais. M. Herzog, qui ne parait p)int connaître cette restitution, suppose, on ne sait sur quelles données, que le monument désigné dans l'inscription était exclusivement destiné aux seviri augustales de la ville : sevir'Js) aiigiistaïibus) C. I. P. C. N. M loco dato, Se.

CL. C H R Y S A N T H V S -

iTirri vir. au.i. C. /. /'. C. ,V. M ^ E T v C L G D I A ^ A G AT H E ^ V X G R »

balincum loco siM -DATO-EXDECUETO'1 57771 V I R O R V M - A V G '

de sua impensa cî-M ARM ORIBVS'EX-STRVCTVM-ET-DVCTV-

5 aquaejieri lass^runT-ET- SPORTVlIs DATIs ' DEDICAVERVNT-

C{aii) Uibertus), Chrysanthus, ITTîTI vir aug{iistalis) coloniae I{uliae), P(aternae), C{laiidiae), N(ar-

bonis) M[artii) S Clodia Agathe, uxor, balineum, loco sibi dato ex décréta Iiml virorum aug{ustalium\, de sua impcns3. S- marmoribus ex structum S- ductu aquae {instructum, l.ni'onl] Jieri iusserunt, S- sportulis datis dedtcaverunt.

Garrigues, aWss. Jallabert, (• 24, n. i [unde Catol, Mém. p. ioï), Mss. Fortia d'Urban, (' 73; Guill. & Jérôme Lafont {vers 1700); Rec. mss. & Congrès arcli. de Narbonne, année i8.t8, p. 3i4; Vaissete (1730), t. I, pr. p. 8, n. 40; 2" é lition, t. i, p. O14; Séguicr. Rec. mss. (' 4, n. 3; Muratori, Tlies.

g. i323, 3; chan. Pech, Mss. de Narbonne, f" 3o, de Paris, f" 32; Piquet, Hist. mss. de Narb. pp. 88, ri; Viguicr ^ Bousquet, t. 1, pp. i85, 181"); Tournai, Catal. iô.i; Herzog, Append. cpigr. n. b-j. Garrigues (Mis. Jallabert) & Gaîei. qui brisent l'allinéation & n'indiquent point les lacunes, CRISANTVS. Gar- rigues (Fortia di:rbm), CRISANIHVS. Piquet, CHRlSAN IHVS. Garrigues, Catel, N'aisscle, AGATAE. Catel, VXORI. Jérone Lafont. .. RI; unde plures. à l'exception de Tournai. ...Bl.— Garrigues & Catel, STRVCTVM ET DVCTVS. Dumige (_Hitt. de iMuguedoc), EX STRACTVM.

* Ce qui indique, comme la taille des lettres, que l'inscrip- tion était placée à une certaine hauteur au-dessus du sol. L'iJcriture régulière iS élégante rappellerait le premier siècle de notre ère ou le commencement du second.

» Le père Piquet va même iusqu'à nommer par son nom

(il s'appelait le père Auge) celui de ses confrères qui avait consenti à cet acte de complaisance, « comme si ce prétieu.x monument n'eût point été aussi assuré dans un monastère, il se trouve pour l'ordinaire quelque amateur des lettres, 'i (Piquet, /./.)

20

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

47

Découverte, au mois de juin 1877, à la butte des ^tollliltassès. L'inscription était gravée au re- vers d'une demi-colonnette cannelée', qui paraî- trait avoir servi de base à deux statuettes d'argent, dédiées par notre sévir dans quelque sacclliim de la ville (voir n°' 6, 7, 8 & g ?). La colonnette me- surait, avant d'être mutilée, o'"ii ou o^alî de dia- mètre.

CoRKELIvs

/naCHVS ITTïTI vn ' A V G

Larzi ' ARG " Il

Cornélius Inachus (ou Moschus), ITTTTI vir

aug(ustalis), Lares ? argenteos n.

Le musée de Narbonne possède (salle des Gardes & ailleurs) plusieurs colonnettes de marbre, de taille (S; de forme dilTérentes : torses, cannelées ou unies, dont ce texte mutilé laisserait entrevoir au moins la destination.

' Le marbre de la colonnette est une broche rougc-jaune, qui rappelle, comme teinte, les brèches de Saint-Béat.

48

« A la courtine de la porte Royalle » (Bousquet). Aujourd'hui au musée de Lamourguier. Frag- ment de cippe inscrit. Hauteur actuelle, o"53; largeur, o'-Gz.

T^FADIO^TvL^A\SCi-o ITrnIVIRO>- AVG

F A D I A E'T' F'MASCLIN T'FADIO'T'L' VEGeTo 5 SEVIRO'AVG

FADIO-T'L'VERECVN

T(ito) Fadio, T{iti) l(iberto), Masclo (p. Masculo), Iiiiil l'/ro auginstali), Fadiae, T(iti) f{iliae), Mas- cliniae), Tiit&j Fadio, T{iti) l(iberto), Vegeto, sévira auginstali), Fadio, T(iti) l{iberto), Verecun{do).

Viguier, t. i, ii3; Bousquet, t. i, f" 108. Voici comment Viguier & Bousquet lisaient (aux murailles il est vrai) ce texte aujourd'hui si clair : Fadio Simasio | seviro aiig | Fadiae temantin \ Fa- dio fi vegcio I Fabio [Fadio, Bousquet) Fi verc- cun.

49

Sans indication de provenance; on ignore ce qu'elle est devenue.

Q'FVLLONIO TOLOS ANOlTiTTl

A V G V S T CAECILIA'L'F 5 TERTVLLIAN

V X O R

QUiinto) FiiUonin Tolosann, ITTTTI aiigust[aU), Caecilia, L{iicii)f{ilia], Tertullian[a), ii.xôr.

Ant. Raynouard, f"2i, n. 146; Ch. de Romieu, t" I, n. 2; Gruter (e Scaligeranis), 413, 5; Garri- gues, Mss. Fortia d'Urban, sans numéro; RuU- mann, Rcc. mss. n. iC>; chan. Pech, Mss. de Xar- bonne, feuille intercalée; Vaissete, i" édit. t. 1, pr. p. 4, n. 1 1 ; édit. t. i, p. 611 ; Viguier, t. i, 108; Bousquet, t. i, f" 96; de Montégut, Mém. de l'anc. acad. de Toulouse (1782), t. 11, p. 29; Herzog, Append. epigr. n. 56.

Pech, Bousquet, FVLVIO. Gruter (a Scalisero) & Herzog, THOLOSAXO. Garrigues, CAECILIAE. Pech & Vaissete, CAECILIE. Garrigues, Viguier. TER- TVLl AN. Romieu, Pech, Vaissete, de Montégut, TERTV- LIANI, Le mot Tolosann est bien ici un cognomen, accusant, il est vrai, une origine étrangère.

50

Grand & bel autel de marbre, avec socle & cor- niche, le encadré, comme le socle, de moulures élégantes. Hauteur totale i'"f)5; largeur du dé, o'"fi2 ; dimensions de la pagina laevigata, o"'88 sur o'"52. Elle était, au temps de Garrigues, « au quar- tier du cloistre de Saint-Just, » dans la cour d'une maison appartenant alors à M. de Bunis (Fabre) & qui a depuis changé plusieurs fois de maître'. La forme des caractères déjà mêlée de quelques ligatures indiquerait le commencement du second siècle.

a^ivLio

SERVANDO ITTÏTI VIR V AVG

C-I-P'C'N-M

LICINIA^-PALLAS marito-optimo inlatIs ARCAE iTTiTlVIR'OBTVITIONEM STATVAEh N 00 L D D -ITTril VIR

Qfuinto) Iiilio Servando, Iiuil vir[o) aug[ustali) c[oloniae) Ihiliac], P{aternae), Qlaudiae), i\(arbonis) M{artii) , Licinia Pal las, mariio optimo, inlatis arcae lu ni vir{orum , ob tuitionem statuae, sester- tium nummum piille. L[ocus) d{atus) d{ecreto] iTïTïI vir{orum).

Ant. Raynouard, f" 3o, n. i8g; Gruter (e schedis Gundelachi], p. 424, 12; Garrigues, Mss. Jallabert, 7, I (unde Catel, Mém. ^. io5); Mss. Fortia d'Urban, {" H; chan. Pech, Hist. mss. de Narbonne, n. i3; de Paris, p. 25, n. 40; RuUmann, n. 18; Spon, Carnet, 43 ; Vaissete, i" édit. t. i, pr. p. 3, n. 5; édit. t. i, p. 610; Séguier, Rec. mss. 7, n. I ; Piquet, Hist. mss. de Xarb. p. 5i ; \'iguier, t. I, io3; Bousquet, t. i, p. 102; Paul Lafont, Congrès arcli. de Xarb. ann. i858, d'après le cha- noine Lafont, Dissert. mss. sur Saint-Paul Serge; Tournai, Catal. n. 238; Herzog, Append. epigr. n. 5.

Point de vnriae Icctiones, l'inscription a^'ant été bien lue par toutje^ monde, à l'exception pourtant de Catel, qui donne partout iiii vir au lieu de ITTTTI vir. & supprime le chiffre po, que les épigraphistes locaux traduisent souvent par dix. IVl. Herzog, au contraire, aioute un troisième D aux trois sigles de la dernière ligne, qu'il traduit par : L(pcus) d(atits) d(ecreîo) diecurionum) ? sevirorum.

Elle appartient aujourd'hui à M. Poulhariès.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC.

NARBONNAISE.

21

Nous ne mentionnons ici que par un scrupule d'exactitude l'inscription ferc despcrata d'un autre affranchi des lulii, relevée par Séguier en i'^32 {Rec. mss. 27, -i). Elle était, dit-il', à la courtine Saint-Cosme & Saint-François, je l'ai retrouvée (en novembre 1877) plus illisible encore que de son temps :

C-iVLIVS C.

.lA.

.ASTAl

J'ai lu, moi, ou cru lire : c ivlivs omni, en m'ar- rêtant complètement à la troisième ligne. Je dois ajouter^ pour achever de m'absoudre, cjue le titre de sevir augustal y est écrit ou y a été lu d'une manière insolite : lui a, au lieu de luiil A{ug), sex augustalis, comme on le disait à Narbonne.

' Elle manque chez tous les épigraphistes narbonnais.

51

Connue des plus anciens épigraphistes narbon- nais, qui l'indiquent « à la courtine Saint-Cosme & Saint-François". » Elle était perdue dès le temps de V'iguier & probablement de Séguier, qui ne la donne point dans son recueil.

C-PELLIO-AGATHODORO C'PELLIO- ANTHO

C'PELLIVS- SILVANVS

VI-rVIR^AVC

Clain) Pellin Agathodoro, C{aio) Pcllio Antho, C[aius] Pellius Silvanus, vi vir aug[ustalis).

On. de Romieu, 1574, t 3, n. l'i; Gruter (a Sir- miindo, qui place le monument in Gallia narbo- neiisi), p. 1098, 7; Garrigues, Mss. Jallabert, f" 4, n. 2 (iiiide Catel, Mém. iC33, p. 91, 3); Mss. For- tia d'Urban, sans numéro; Vaissele, 1" édit. t. i. pr. p. 8, n. 3o ; 2* édit. t. i, p. 644; Viguier, t. i, l" loô; Bousquet, t. i, 109.

Catel, PETILIO ... PETILIVS ... VI AVG. Vaissete, Dumége, AGATHORODO.

' Je ne la retrouve point pourtant dans l'excellent recueil du chanoine Antoine Ka^'nouard, rtidigé en i339.

52

Légende fort adirée dès le temps de Séguier, qui n'en lisait que quatre lignes entières & quel- ques mots incohérents. Elle est gravée en petits caractères, d'apparence semi-cursive, sur un grand cippe rectangulaire (hauteur, i"ot); largeur, o"67; épaisseur, o"4Hi, encastré jadis dans le mur de la courtine Saint-Cosme & Saint-François, d'où il est sorti très-maltraité aussi par les vents humides & salins de la mer. .Nous la restituons, en contrôlant sur le marbre antique, tout maltraité qu'il est, les deux lectures qu'en ont données Séguier ^ Viguier. Il existe à Lamourguier une seconde édition du même texte, gravée sur un autre cippe de la même forme & plus maltraitée encore que celle- ci, car Séguier n'en lisait que les trois mots

FESTO ITÛTI-VIR-AVG

Il forrrmit, suivant toute apparence, le cippus pos- ticus 'in agro) du tombeau dédié a nos deux sé- virs & à leur famille.

viv

A'POMPEIO'FF. STO iTiTTl- VIR- AVG

a-pomPeIo'Alexi-Pompe-^

VXORI

5 «PomPeIO'Diadvmeno

iTTTîI VIR- AVG

MIF-P-XU-IN kQMAÂ,.A

Viv[imtj : A{ulo) Pompeio Festo, ITTTTI vir[o) au-

g[ustali), A{ulo) Pompeio Alexi, Pompe[iae]

u.rori; [.Vulo] Pompeio Diadiimeno, ITTTTI vir[o) au-

g[ustali), [Poml;jeio [\]nfj-onte)

p{edes) XII, in ag[To\

Séguier, Rec. mss. p. 27, 3, & p. 2G, 10; Viguier, t. I, f" 114 & ii5 (a Guill. La/ont ?) ; Bousquet, t. I, f"- 112 & ii3.

Séguier, ALEXI POMPEA ... DIADVLENO. Viguier & Bousquet lisent dans la seconde inscription, celle du ctppus Foslicus .POMPEIO RIEXI- ET | PO.MPEIAE VXORI -j CARIHOTE DVMENS, que Bousquet traduit : Dumens a

fait ce tombeau à Pompeius Riexi & à Cariliote, son

épouse ('.'.).

53

Découverte l'hiver dernier (1877-78), dans les blocages du bastion Saint-Cosme. Elle est gravée en beaux caractères, sur un cippe carré. (hau- teur, i"22; largeur, o"6o), encadré latéralement de deux demi-colonnettes cannelées.

a^RAMMIO

Q - L

^ronTon I iTTTTl V I R O *

■'' î^vgvsTali

Qjuinto) Rammio, Q{uinti) l[iberto), Frontoni, Iiiiil viro [ajugustali [in fr'ontc) ou in a{gro)) p{edes) XV.

54

t A la courtine des bastions Saint-Cosme & Saint-François » (Viguier). Fragment de cippe cin- tré, tronqué par le haut, scié par le bas, au-des- sous de la quatrième ligne (largeur, o"57).

LSCANlANIO

ATTICO

matroko-sevIro

avgvst- et

L{ucio)Scanianio Attico, [p]atrono, sévira aiigus-

t[ali) &.

Inscription dédiée par un affranchi à un sévir augustai, son patron. Remarquer le diminutif Scanianius, dérivé, suivant toute apparence, du cognomen Ascanius.

22

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

Séguier, p. 2?, n. 8; Bousquet, t. I, f" 1 10.

Ségaier, ISCANIANIO. -

Viguicr, t. I, f" iiG {undc - Viguier, I, SCAMANIO.

55

« A la courtine de la porte Connestable » (Gar- rigues). L'inscription, qui paraît complète", est gravée dans un cartouche en retrait, ménagé dans le champ d'une grande dalie de pierre, qui mesure encore, toute tronquée qu'elle est (du côté droit), i"37 de longueur sur o"6o de largeur & o"53 d'épaisseur Elle figurait, suivant toute apparence, dans le munis inscriptus de quelque grand sepul- chruin.

P-SEPTIMIENC SABVLAE-L NKDYMO-'VÎvVIR AVG

Plublio) Septimieno, Sabulac IJberto), Nedymo, VI vir[o) aug-{usta!i).

Garrigues, Mss. Fortia d'Urban, p. 52 [unde Vaissete, i" édit. t. i, pr. p. 8, n. 41 ; 2" édit. t. i, p. 614); Séguier, Rec. mss. 8, n. 11; Viguier, t. I , f" 1 1 1 ; Berthomieu, Main courante, p. iGS.

Garrigues, Vaissete. S&uier, C- SEPTIMEN. Bertho- mieu, T (Tito) ... APVLaE. Garrigues & Vaissete, SAPVLAE .. NEDMO. SiSguier, ARVLLAE L NE- DIMO.

Le surnom grec Nedymtis (de Xrlî'jnoî) était connu déjà par d'autres inscriptions antiques (voyez Ma- rini, Frat. arv. p. 448), comme le surnom latin Sabula (voir Eckhel, Doctr. n. v. t. 5, p. 197) dérivé, lui, de sabulum, sabulo (sable, gravier, sa- blon dans le vieux français : Èerrie de Sablons, la plaine des Sablons, près Paris).

' A part un O entamé. Nous devons dire pourtant que Garrigues & mêine Séguier lisent, avant la première ligne, la formule VIV, dont je ne trouve trace ni dans mes lec- tures anciennes ou modernes ni dans celles de M. Berthomieu.

56

« Au bastion Montmorency » (Viguier). Aujour- d'huy à Lamourguier, à l'entrée du chœur. Grande & lourde dalle sans encadrenient, mesurant i'"20 de largeur sur o'°89 de hauteur & o"55 d'épais- seur. La légende, gravée en gros caractères (espèce de capitale rustique), a soutTert, aux deux pre- mières lignes surtout.

'^FANNIA-I-L-CL^S^

S I B I ET

Ctrebonioabvnjo

VIRO s V o 5 rinTI rAVGvN^M

[V(iva)l Fannia, T[iti) l[iberta), G/|'yccris] ou G/[ycera] ' sibi et C{aio) Trebonio Abundo, viro suo, sex aug(ustali], N{arbone) M[artio).

' L'épigraphie de Narbonne (voir plus loin) nous offre d'autres exemples de ce cognomen, qui répondrait assez exactement au nombre & à la forme des lettres à suppléer.

Séguier (qui n'en lit que les deux dernières lignes), Mss. ï' i3, n. 10; Viguier, t. i, f" 110 {unde Bousquet, t. i, iiô);' Herzog, Append. epigr. n. 54.

■,r,^D?."'î^\-^°.^i5ai'"- Herzog. C-L-CELIA. - Séguier, VIRO QV I inni A- R- M. •*

On pouvait être à la fois & en même temps sevir augustai de deux ou de plusieurs villes dis- tinctes, comme le prouveraient au besoin les quatre textes suivants.

57

Le premier, qui a beaucoup souffert, était en- castré dans la courtine de la porte Royale, à gauche & à peu de distance eu pont-levi>'. Sé- guier, qui l'avait étudié, sans grand succès comme nous, n'en lisait complètement que le mot Chry- sogonus, qui forme la cinquiè.me ligne de l'inscrip- tion'. Il n'a fallu rien moins que la démolition de la courtine & le tran .fert du monument au musée de Lamourguier (septembre 1873) pour nous per- mettre d'en étudier de plus près les passages obs- curs & d'arriver à une lecture que nous croyons exacte.

aV^lD R o N I ^

FIDE^^VI'VIR-AV» C'I-P-C-N'M C-I-AC^MaSEXTga 5 CHRYSOGONVS

^IFPXX-I^''A•P-XV

rCaio] Qu\a.\droni\o] Fide\\\], vi vir{o) aul^V^us- tali) c{olonia) I{u!ia), P[atenia), C(laudia), N[ar- bone) M[artio) e\t] c[olr)ma) I{ulia) Aq\ux&] sext[\is\. Chrysogonusl'ic\\\ccl C. Quadronius Chrysogonus). \l]n /{ronte) p{edes) xx, j)i a[gro) p(edes) xv.

Il est gravé, sans encadremement, sur le devant d'un cippe mutilé, qui ne mesure plus que o"56 de hauteur sur o"'55 de largeur.

" Il manque dans les recueils de Viguier & de Bousquet.

58

Autre fragment d'inscription dédiée au même personnage tk provenant probablement du même tombeau. Elle a été publiée, en 1870, par M. Tour- nai, dans sa lettre au congrès de Lisieux (De Cau- MONT, Bulletin moiiiimenial. année 1870, p. 72)'.

ITTTTI VIRO AVG aaaaaaaj

ET-^ c OL ^ I VL ; i 3

;.3j;2a.acrQyADRONivs.,<,....«:^

[Caio Quadronio Fideli] Imi 1 viro aug{usiali) fC. l. P. C. N. .M.] S- col{onia) Iul[a, Aquis Sex- tiis] C(aius) Quadronius [Chrysogonus]

A en juger par la disposition de ces trois lignes, qui ont perdu chacune huit ou dix lettres, faciles du reste à rétablir, l'inscription dont ce fragment faisait partie aurait été gravée cette fois sur une dalle allongée, au lieu de l'être sur un cippe élancé comme l'inscription précédente. Cette dalle, muti-

Elle figure aussi dans le carnet de M. Bru, concierge du musée, qui donne fort exactement les dimensions de la dalle sur laquelle elle était gravée (hauteur, o"'6o; largeur, o^iS).

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC.

NAREONNAISE.

23

lée aujourd'hui, aurait figuré dans le munis ht- scriptus du tombeau élevé à Caius ': Quadronius Fidelis par Caius Quadroniu^ Chrysogonus, son affranchi.

59

L'inscription suivante, que M. Herzog attribue à tort à Tolosa {Append. epigr. p. 280), est originaire aussi des environs de iNarbonnc (Dumège). Elle a été donnée, en i8j>, au musée de Toulouse, par M. Germain Jallabcrt, que la société archéologique du Midi venait d'admettre au nombre de ses mem- bres correspondants. L'inscription est gravée, en caractères réguliers & presque élégants, sur une dalle de marbre (o"'40 de hauteur sur o^hCi de lar- geur), qui a perdu un de ses angles & une partie de son encadrement.

L VERCIOPRISCO

ITTTTl V I R .\ V G C-I'P-C-N-M-ETAaVlS

sextIs 5 MAYRVNCEIVSaia

AllICOOPT l;:,i.,v;rî

L(ucio) Vercio Prisco, sevirM aug{ustali) c(pIo- ina) I{ulia), P(aterna], C{laudia), N[arbone) M(ar-

tio) S- Aquis Sextii^is), M{arcus) Aurunceius

amico opti[mo].

Dumège, Catal. du musée de Toulouse, i835, n. 417; Cénac-Moncaut, Voyage arch. i8()i, p. ôio; Herzog, Append. epigr. n. 280; E. Roschacn, Ca- tal. du musée de loulouse, i8')5, n. 201.

Cénac-.Moncaut, M AVRVNCEIVS SV... Dumiige, OP ll.M. Céuac & Herzog, OPTl.MO.

Le nom de la colonie d'.Vix [Aquae Sextiae), que nous trouvons associé dans ces trois textes à celui de Narbo .Martius, reparaîtra plus d'une fois en- core dans l'épigraphie de Narbonne; ce qui sem- blerait indiquer entre les deux villes des relations assez suivies d'affaires ou d'amitié [hospitalitas]. Elle y est désignée deux fois sous l'épithète de lulia, que suppriment en revanche les inscrip- tions gravées ou découvertes à Aix même.

60

Une inscription, originaire de Nimes, nous a conservé le nom d'un aff'ranchi cjui avait poussé plus loin la vanité, car il avait brigué & obtenu le titre de sévir dans quatre des principales villes de la Province, sans payer dans aucune les droits qui frappaient les nouveaux admis. Nous ne repro- duisons ici ce texte étranger que parce que la colonie de Narbonne figurait parmi les villes dont nous venons de parler.

C^AVRÉLIVS

PARHENIVS ÔRNAMEKTIS DEC HONÙRATVS'COL-AVG 5 NEMAVSl-IîTûI-VIR-AVG

col-côpia'clavd-avg-lvgvd item-kArbône-xiArtio

ET FIR'lVL-SECVro-ARAVSIÔNE

et-foro-ivliI-pAcAto

10 VBiaVE-GRATVITlS-HONÔRIBVS

C[aius) Aurclius Parthcnius, ôrnâmcntis dec[u- rionalibus) honoratus col[onia) Aug(usta) Nemausi, sévir aug(ustalis) col{o>na) Copia, Claud(ia), Au-

f{usta) Lugud{uno), item Nârbone Màrtio, S- 'ir'^ma) Iiil(ia) Secund[anorum) Arausiône, & Fora lulii Pàcdto, ubique grdtuitis honôribus.

W. Henzen. Bullet. iiist. arch. 1848, p. 21, & luscr. sel. n. 023 1 .

61

C'est à la mcine série que se rattacheraient aussi les fragments suivants, les titres de sévir & d'augustalis ne sont plus asociés à des noms pro- pres, comme dans les textes précédents. Us pro- viennent, pour la plupart, des anciennes murailles de la ville, en partie démolies aujourd'hui.

ITTIII vAVGVS

En lettres de o'"i5 de hauteur.

SEVIR ET

Sur un fragment de marbre blanc.

VGVSTALI Courtine de la porte Royale.

S MVR AVGVST

Courtine Saint-Félix (Viguier & Bousquet, comme les précédents).

Et peut-être ces trois lettres (o^iG) :

'.?c;VIR >

Sur une pierre carrée récemment extraite du bastion Saint-François.

AVGVST

Courtine de la porte Royale.

AVG-T

Porte tic Perpignan.

Les deux derniers gravés en lettres énormes (m 20 cent.;, sur d'énormes blocs de pierre, détachés de monuments considérables.

P.'S. Nous n'avons point osé classer à son rang dans la liste de nos seviri le destinataire de l'inscription suivante :

\iv I L AEHiLio I PHiLOMvso | SEVERO le cogHomen

5e)'f ro ressemble singulièremenl au mot SeWro, placé surtout après un autre surnom d'apparence scrvile. Mais avions-nous le droit de rétablir ici répithètc kWGfustali) k la suite du mot seviro, ik de corriger ce mot lui-même, que tous les épïgra- phistes narbonnais écrivent par deux e, Severo?

24

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE,

jlb jtb jik jtc jiSb jtb jfk. j£k #Zt. jSb«s^

CHAPITRE IV

TEXTES RELATIFS A LA MAISON PRIVÉE DES EMPEREURS (SERVI, LIBERTI DOMUS AUGUSTAE, DOMUS

IMPERATORIAe), A l'administration GÉNÉRALE DE LA PROVINCE (mAGISTRATOS PUBLIC!,

OFFICIA PUBLICA MINORA), ET AU RÉGIME MILITAIRE DE l'eMPIRE (mILITIA PEDESTRIS ET

equestris).

Il suffira de rappeler, pour expliquer la pauvreté relative de ce chapitre, si intéressant d'ordinaire, que les hauts fonctionnaires de la pi-ovince {pi~o- consules, Icgaii proconsuluyn, miaestores) étaient le plus souvent étrangers à la Oaule, & qu'ils sont morts presque tous hors de la province, sans laisser a Narbonne ni trace ni souvenir de leur passage. Il n'y aurait d'exception à faire à cette assertion qu'en faveur d'un préfet (anonyme) du prétoire des Gaules, dont le tituhis (le voir au cha- pitre suivant) intéresse plutôt l'histoire de la ville que celle de la province.

Les magistrats de l'ordre sénatorial n'y sont re- présentés que par un personnage considérable {L. Aemilius Arcanus, n. 66), auquel succèdent, sans transition, des employés du plus bas étage [tabellarii, 6-c.). Les procurateurs, {magistratus ordinis equestris)', si nombreux & si variés à Lyon (procuratores provinciae, annonae, qiiadra- gesiinae Galliarum, vicesimae hereditatum, liber- tatis), y manquent tout à fait, comme la hiérarchie d'assesseurs (judicas arcae Galliarum), de caissiers (arkarii), de teneurs de livres (tabularii), de répar- titeurs ou de percepteurs [inquisitores, censitores, exactores tributorum), qui se groupaient autour ou au-dessous d'eux. L'armée ou les armées n'y comptent que deux ou trois tribuns militaires, un primipile & un centurion (n"" 69, 70, ■^i), après lesquels arrivent les simples soldais (équités, mili- tes, veterani), & leurs inscriptions sans intérêt, deux exceptions près (n. 70 & n. 71, relatif à un curator militum). On n'y trouve pas même trace de la cohorte provinciale (cohors provinciae nar- bonensis), qui aurait tenu momentanément garni- son à Narbonne, s'il faut en juger par une inscrip- tion d'Urbinum, remise en lumière par M. Herzog [Append. epigr. n. 676).

6S

LIBERTI DOMUS AuGUST.^E. Fragment d'inscrip- tion sans provenance indiquée. Il a du être décou- vert & relevé par le chevalier Viguier, qui l'aura ajouté après coup à son recueil, t. 3, f" 386, sub fine.

m^m irp-rM^N^vivos^^si 'A:: îi

.IC^..< MPC r C A E s A RV M ^LI ,.™. ,./.

' C est à cctfL classe de fonclionnaircs qu'appartiendraient aussi les eqm publia {cqiin vublico donati ab ...) ^ les judices quinquc Jecurîjrum Romae judicantium). Nous avons vu pourtant, sur un fragment récemment découvert (aujourd'hui ù l.aniourgu/erp. le mot pvblic. qui pourrait s'appliquer îi l'un de ces dignitaires. Les lettres t!t le bloc qui les porte sont de trop grande taille pour convenir à un des servi aut libcrti (pabliaix, publici) appartenant aux compagnies de spéculateurs qui affermaient les diverses bran- ches de l'impôt {pubUcaui).

[... Sévir aug(ustalis) ou lictor viator c(oloniae)] I{uliae), P{aternae), N{arbonis) M(artii), vivos si[h\ et Theopolm/jo t-*, Caesarum //[berto].

Remarquer le titre de Caesarum libertus, qui ne se concilierait point chronologiquement avec le nom de Narbonne, écrit sans l'épithète Claudia.

63

Grande dalle encadrée de moulures. Elle figu- rait encore, au temps de Séguier (1732), quoique fort adirée déjà, dars le Hanc « du bastion Saint- Cosme, vers l'Orient, » Viguier l'avait retrou- vée. Nous la restituons, en corrigeant & en com- plétant l'une par l'autre les lectures diflerentes qu'en ont données Garrigues [Msi. Fortia la plus incomplète des trois), Séguier {Recueil mss. p. 28, 7), & Viguier (t. 3, 232).

CLAVDIA-TI'Cae^iaWs lib. sibi ET-M-ANTONIO M. l. SintichO viro SVO- et VRS;E FADI^'ET-lSlDE'SINTICHI'MATRI'ef A/-A>ITONIO-SINTICH(i')'LIB-TlB'CLAVDIO

H^M^N SvH^H

Claudia, Ti(berii) Cacsaris lib'erta), sibi et M[arco) Antonio, M{arci) IJbcrto), Syntycho viro ? suo, et Ursac Fadiae (pour Fadiae Vrsae, v. n. 20J et Iside [Fadiae Isidi), Syntychi matri, et M[arco)

Antonio, Syntychi lib{crtn), Tib[erio) Claudio

Syntycho Claudio. H[oc) m{onumentum)- n[on)

s(equetur) h[eredes) h{credum) : ce qui réduisaif la jouissance du tombeau aux héritiers directs de la fondatrice, nommés probablement dans l'inscrip- tion. — La date du monument serait indiquée approximativement par les noms de l'empereur Tibère & de l'empereur Claude, auxquels appar- tenaient plusieurs membres de cette famille ser- vile.

L. 1. Viguier. TICE.SERI 'E. L. 2. Viguier, E.SSEO- NIO ET SVRS/E. - L. 3. Viguier, ET ISISE. L. 4. Viguier, SINTIXIO. L. i. En blanc chez Scguier.

64

Nous rejetons au chapitre des opificia £■ artcs l'épitaphc d'un autre affranchi de l'empereur, qui joignait à ce titre l'emploi de peseur-jaugeur atta- ché aux Kannabae du port : d m | m vlpio ev-

TICHE Tl (sic) I AVG LIB | MF.SORI | LIBERTI | PA-

TRONO I MERENTissiMO (c Sclicd. mss. m). Mais nous retenons pour celui-ci le texte suivant, qui a été reproduit ou cité bien des fois depuis le seizième

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

siècle'. La dalle de marbre blanc (m quodam mar- moreo saxo. Raynouard), sur laçjuelle elle était gravée [elegantissimis charactcrihus. Id.), vient d'être retrouvée dans le massif du bastion Saint- François, elle était enfouie depuis le temps de Garri'gues'; ce qui nous permet d'en donner une lecture exacte, relevée cette fois sur le marbre original, que l'on croyait perdu (haut. o"6o; larg. o'°45; épaiss. o"'23).

D * M

aeliaerestitvt» akimaedvlcissKe bellatoravglib

5 COll ValRARl SS I iE

BEN EMERENTI

A M I C I

D V M V 1 V I M V S

V I V A M V S

rXiis) M{anibus) Aeliae Restitutlae], animae dul- cissimae , Bellator, Aug[usti) lib(ertus), conju\g]i rarissimae, bene merenti. ^ Amici, dum vivimus, vivamus'.

Raynouard, f" 4, n. 18; Ch. de Romieu, f* 3, n. 20; Bibl. nation, mss. fonds latin 10807, "• '49; Gruter (a Scalig. Gog, 3); Rulman, Kec. mss. n. 27; Garrigues, MssI Jallabert, (' 4, i {unde Ca- tel, Mém. p. 91, 2), & Fortia d'Urban (mss. non paginé ; Vi^uier, t. i, f" 374; Bousquet, t. i, p. 3oi ; OreUi, Inscr. sel. 4807.

Garrigues {Fortia;, COIVGI. Catel, DV pour DV.M- Garrigues {Fortia), Rulman, Viguier, Bousquet, K.\- RISSIMAE.

' Un court fragment, que Gruter tenait aussi de Scaliger; c-IVLlvs I AVG- L-EROS... est donné par lui sous la rubrique vague de la Province narbonnaise (Grut. 614, 9).

* Et probablement par Garrigues lui-même, qui traitait sans façon, comme on le sait, les monuments antiques (voir supra, h. 351. On s'était servi du revers de la dalle pour tailler la niche destinée à la statue de saint François, qui figurait jadis dans le saillant du bastion, & l'inscription s était trouvée ainsi enfouie, pour deux ou trois siècles, dans l'cpaisseur du mur. Garrigues, qui ne parle nulle part de ces méfaits épigraphiques. s'était contenté, suivant son habitude, d'en relever une copie à peu prés exacte (car il lit aelinae au lieu de aeliae, &c., voir ci-dessus, en supprimant partout les enchâssements & les ligatures) & un dessin, que l'on trouve, en effet, dans son recueil.

' Nous retrouverons, à Narbonne mSmc, d'autres exemples de sententiae du même genre, énoncées en prose ou en vers, à la fin d'épitaphes quelquefois très-sérieuses. Voir plus loin le titulus d'un certain Runnius Potlio. qui se ter- mine par ces mots : cvpidivs pebpoto monvmento mec 1

qvOD DORUtENDVM ET PERMANENDVM | HtC EST MIHl.

65

« A la courtine Saint-Félix t (Bousquet).

:i :...., \ A \ D .z

m i'i. •i'GENVS'r.J -i ......^ -.. 1.^ E S A R...£

l Ale]jf<jnJ;er Litu ou Matu]eenus

(ou ingenuus écrit par un seul v r), [C\aesar[is) o\x [C\aesar[um] [lib(ertus) ou lib(erti) rri.

Séguier, i' 14, n. 4; Viguier, t. i, f" 173 (...le- Nvs); Bousquet, t. i, i' lOi.

n*.

66

MAGISTRATUS PUBLICI. OFFICIA PUBLICA MINORA.

Grand & < beau piédestal de marbre blanc » (Garrigues), qui a servir de support à une statue de grandeur naturelle ; car on aperçoit encore, au sommet du couronnement, la trace des mortaises & des tenons destinés à la maintenir en place. Il mesure encore, tout équarri qu'il a été pour être mis en œuvre, i"75 de hauteur (soubas- sement & chapiteau compris), sur o"'7o de largeur moyenne; la pagina, encadrée de moulures, dans laquelle l'inscription est gravée, a o"84 de hau- teur sur o~54 de largeur. « Du jardin de l'an- cienne maison commune 11 (Garrigues), l'avaient trouvé les épigraphistes du seizième siècle (prove- nance & date de découverte inconnues), il a passé, lors de la fondation du musée, dans une des salles de l'ancien archevêché (salle des gardes), trans- formé aujourd'hui en hôtel-de-ville.

L^'AEMILIO^L^-FvPAP^ARCANO

TR1B-MIL'LEGÎJXI-GEM-ET'TRI8' MIL-LEG-I-MINERV'ITEM-TRIB' MIL-LEG-II-AVG'OMNIB'HONO' 5 RIBVS-INCOI. ONiaA-SVA'FVNCT- ADLECTO-IN -AMPLISSIMVM ORDINEM-AB-IMP-CAES' HADRIANOAVG- ITTTTI V I R - EaVITVM-ROMANOR-CVhOîJ

10 aVAESTORI-VRBANO-TRIB-

PLEBIS-PRAETORI'DESIGNAT-

L-AEMILIVSMOSCHVS- ITTTTI V k -

AVG-PATRONOOPTVHO-POST'

OBITVM'ElVS-INLATa-ARCAE-

■5 SEVIROR-OB-LOCVM'ET-TVITIO NEM-STATVAE ■hS-N 1111 L - D D ITTïTI V I R O R

ET-SPORTVI. IS'DEDICAVIT-X-III'

LUicio) Aemilio, L(ucii)/{ilio\ Pap[iria), Arcano, trib{uno) mil[itum) tegjonis) xi Gem(inae) et tri- bfuno) mil{itum) legjionis) f Minerv{iae), item tri- b(uno] mil{itum) leg(ionis) 11 Aug[ustae), omnib{us) honorib'us) in colon\\]a sua/unctjo), adlecto in am- plissimum ordinem àb i>np[eratore) Caes{are) Ha- driano Aug{usto), ITTTTI viro equitum romanor[um), curioni, quaestori urbano, tribluno) plebis, praetori designat'o).

L{ucius) A emilius Moschus, Iiml vir aug'^iistalis), patrono optumo, post obitum ejus, inlat[is) arcae seviror{um), ob locum et tuitionem statuae, HS (ses- tertium) n{ummum) nu {quatuor ntillibus), l[oco) d(ato) d{ecreto) seviror{um), et sportulis dedicavit X [denariis) m [tribus).

Onin'i, Sched. »wî.(ap. Gruter); Ant. Raynouard, f* 21, n. 3H; Ch. de Romieu, f" iC, n. 140; Gruter [a Scalig. S- Gundelachio), 348, i ; Garrigues, Afss. Jallabert, (' 5, n. i ; AIss. Fortia d'Urban, 2; Catel, Mém. pp. 91, n. 4, & 92, n. i (en brisant, comme plusieurs de ses devanciers, l'allinéation des neuf premières lignes); chan. Pech, Rec. mss. f* 28, 77; Piquet, Hist. mss. f" 52; "Vaissctc, 1730,

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC.

NARBONNAISE.

t. I, Pr. p. 2, n.4; 2"^ édit. t. I, p. 610; Orelli [a Grutero), n. 2258; Cénac-Moncaut [Hist. des Etats Pyrén. & Voyage arcli.), avec des fautes tellement nombreuses que nous avons renoncer à les relever; Hi^vzos,, Append. cpigr. n. 17; Tournai, Catal. n. i3b.

Piquet, /RCANO. Herzog, LEGVII- GEM. Gruter, Calel, OiMNIBVS. Catcl, FVNC. Gruter. Catel, Pi- quet, ADIECTO. Vaissete, AD- LECTO.— Catel, Piquet, AB IM. Catcl, lia VIRO ... CVRIONI. Tournai, CVRION. Garrigues, ARBANO. Gruter (a Scalig.). Catel, Pech. Orelli, Tournai. OPTIMO Catel, Piquet, OR (;)0«r OB).— Catel, Piquet, LOCVM RT...Nlïïi. Herzog, L-D-D-D ... SPORTV(/ae) N(omi«<?)- Tour- nai, DEDICAVIT XIII i3ooo sesterces»). Remarquer incidemment le titre archaïque de cttrio, que l'on trouve rare- ment exprime dans les cursus honorum de l'époque impé- riale (Orelli), & l'épithète GE.Vl(m<3), que ne porte nulle part la XI" légion (voir, à ce sujet, M. Henzen. qui propose de remplacer le chiffre XI par le chiffre X {Index ad Orell. pp. 127. 12H), & M. Herzog, qui le remplace formellement par le chiffre VII {Append. n. 17). Notons aussi la for- mule L- U D, qu'il traduit à tort par L{ocus) D{atus) D(e- creto) D^ecurionum) seviroriiim)^ en ajoutant un troisième D à ceux que porte le marbre antique.

Une épigramme souvent citée de Martial nous a .conserve quelques autres détails sur cet Arcanus (& non point Artanus, coinme on l'a quelquefois appelé), qui était venu à Rome, dans le courant de l'année qui avait précédé son duumvirat, quelque temps par conséquent après qu'il avait quitté ce que nous appellerions aujourd'hui le service mi- litaire'. Il ressort, en effet, de ce nouveau témoi- gnage, qu'il s'était trouvé en rapport, lors de ce voyage, avec le poète, auquel il avait demandé, comme beaucoup d'autres, un exemplaire de ses œuvres, en le payant probablement d'avance (hic amicus ...). De l'espèce de dédicace adressée par lui à notre Narbonnais, avec le volumen manuscrit, qu'il n'avait pas eu le temps de faire poncer ni relier, dit-il : nondum murice cultus asperoque \ morsu piimicis aridi politus; ce qui laisse suppo- ser que notre magistrat l'aurait reçu peu de temps après son retour à Narbonne :

Arcanum propenis sequi, libelle, Quem pulcherrima jam redire Nûrbo, Docti Narbo Paterna Votieni, Ad leges jiibet aniiuosque fasces.

(Epigr. lib. viu, ep. 72.)

Le savant Votienus Montanus, auquel le poète fait allusion, en songeant peut-être à quelque nou- veau souscripteur narbonnais, ne nous est connu, comme nous l'avons déjà remarqué, par aucun monument local, quoique l'on retrouve à plusieurs reprises le nom de sa famille dans l'épigraphie n3.!chonna\&e.. [H ist.de Languedoc, l.III, g3,note4.)

•C'est-à-dire sous le régne de Trajan (97-117), puisque Martial est mort en l'an 102 ou io3.

67

Cippe carré, tronqué par le haut, sinon par le bas (hauteur totale, o'"o5; largeur, o'"53; épais- seur, o'"f33). L'inscription, gravée sur le devant du cippe, aurait perdu une & peut-être deux lignes de texte, si la légende proprement dite était pré- cédée des deux mots deis, dus ou dIs manibvs, écrits en toutes lettres, comme on les écrivait souvent à

l'entrée des loca destinés à des sépultures com- munes (voir supra n- 1 1 à i5).

C o l l e g i u m sa

LVTARE (/)AMILIAt;

JABELLARIOR um

CAESARIS-N-aVAe

5 suNTNARBONEIN

D O M V

(N'F-P-CCCXXV

; N ' A ' P C C C V

(Cotlegium sa)lutare {f)amilia{e) {t)abellarior{um) [Qaesaris n{ostri] qiia{e) (su)nt {est ?) Narbone, in domii : {i)nf [rente) p(edes) cccxxv, {i)n a{gro) p{e- des) cccv.

Cette inscription, que ne connaissaient point les épigraphistes du seizième & du dix-septième siè- cle, a été relevée pour la première fois par Séguier, Recueil mss. p. 23, & par Maflei, qui l'a publiée, en 1732, dans ses Antiquitates Galliae selectae, p. 29. C'est à Maflei que l'ont empruntée successi- vement : Muratori, Thesaur. 1061, 8; Piquet, Hist. mss. p. 137; Viguier, t. i, f" 145; & M. Herzog, Append. epigr. n. Sg, qui en a donné, pour la première fois, une lecture complète & intelligible.

Séguier, Maffei & Muratori, ...VTAE ...AMILL REL-

LINARIO. Piquet, "Viguier & Bousquet, AMILIO (de la traduction plaisante de Viguier : « A Lutarus Amilius, directeur de ceux qui sont cootîs (s/c) à la receptedes droits »). Maffei & fere omnes, (s)VNT. Viguier & Bousquet, DOMVS. - Piquet, CCXXX.

Il résulte de ce texte, lu & compris comme il doit l'être, que le gouvernement impérial avait, à Narbonne, une station de tabcllarii [a tabellis, cou- riers ou piétons), chargés de transmettre à qui de droit les avis ou les ordres de l'administration" & organisée en corporation (collegium salutarey. Elle y était connue sous le nom de. familia tabella- riorum, qui s'appliquait, lui, à tout le personnel de la station, femmes, enfants ou esclaves com- pris', & avait dans la ville une maison ou un hôtel a elle [quae sunt (est ?) Narbone, in domu). Le cip- pus sur lequel était gravée l'inscription devait être encastré dans la lorica du locus ou cimetière com- mun, destiné aux membres de la corporation; ce qui explique les dimensions insolites de ce locus, dont le chiffre étonnait le savant Maffei (/./.}.

' Voir les indices des grands recueils, Gruter, Orelli-Hcn- zen. Corpus inscr. latin. BeroL, & les commentaires publiés à ce sujet par les légistes allemands ou français (Gothofred, Marquardt, Handbuch, &c.).

' Ces collegia salutaria, que possédaient beaucoup de grandes villes, avaient pour but d'assurer aux membres de la corporation des remèdes &des soins, en cas de maladie, après la mort, des funérailles & une sépulture honorable. "Voyez, chez Orelli-Henzen, les inscriptions relatives au\ collegia salutaria de Lanuvium (Or.-Henzen, 6086) & de Coîmhrc {Ibid. 241 5).

3 C'était dans le même sens que l'on i\ia\l familia gladia- toruni ou gladiatoria, familia lanistarum (Suéton. Dir. Aug. c. 42).

68

Sans provenance précise, mais connue depuis longtemps à Narbonne, puisqu'elle figure dans la plupart de nos recueils manuscrits ou imprimés.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

27

^!

V I V I T C - R A B I R I V s C - L - H 1 L A R V S TABE LLA R I V S

Vivit Qaiiis) Rabirius, C[aii) l^ibertus), Hilarus, tabellarius.

Raynouard, f" 20, n. 1C2; Romieu, f" 20, n. 173; Gruter, 623, 2 ; Garrigues, Mss. Jallabert S- Fortia d'Urban; Ruiman, t' 29; Catel , Mém. p. 108 cL-HiLARivs); Viguier, t. i , 166; Bousquet, t, i,

14(5; Herzog, Append. epigr. n. 72.

Nous classons ici ce nouveau texte, quoique le mot tabellarius n'y soit plus suivi du complément cAESARis-N- ou AVGG N N. On nc trouve nulle part, en effet, le mot tabellarius, employé, comme on l'a supposé, dans le sens de fabricant de tabellae ou de pugillares (les tablettes enduites de cire sur lesquelles on écrivait à l'aide du stylus). Une ins- cription de Rome, figure un de ces modestes industriels, le désigne sous le titre de pugillaria- rius. (MuRAT. 984, 2 ; Orelli, 2470.)

69

HOMiNES MiLiTARES. Fragment d'inscription aujourd'hui perdu. Viguier, qui l'a relevé le pre- mier, car il manque dans le recueil de Séguier (1732), l'indique t à la courtine Saint-Félix », Pi- quet c au bastion Saint-Félix, face du septentrion ».

M'-FVLVIVS'tM^F ITALVS-'CORDVS

asiaTRiasaMiL

M{arcus) Fulvius, M[arci) fiilius), Italus Cordus fri[bunus] miiitum legionis ).

Piquet, Hist. mss. p. i33; Viguier, t. i, f" 244 [a Guill. Lafont ?); Bousquet, t. i, p. 2(33 {unae Herzog, App. epigr. n. 37).

Le narbonnais L. Aemilius Arcanus (voyez supra n. 66) avait été successivement tribunus miiitum de la XI' légion (corr. vu' ou viii* .'), de la première

& de la seconde.

70

Nous donnerons, au chapitre suivant (magistra- tus municipales & officia minora municipalia), le texte complet d'une inscription figure un autre tribunus miiitum, évidemment narbonnais d'ori- gine. Il avait été auparavant primipilus ou primus pilus (voir le vrai sens de ce mot chez les epigra- phistes militaires) dans une des quatre legiones macedonicae, dont .M. Herzog croyait reconnaître l'épithéte mutilée [macedomcac) dans les deux lettres par lesquelles commence actuellement la seconde ligne de l'inscription. Le mot i.egio, qui les suit immédiatement, deviendrait alors le com- mencement d'une phrase incidente relative à des récompenses (dona militaria) ou à des honores, décernés à notre tribun parla légion dans laquelle il avait servi '.{...suffragio legionis le plus souvent, Inscr. pass.). On retrouve la même formule dans une inscription de Sora (sur le Liris), dédiée aussi à un officier supérieur {;)rim. ^i7. tr. mi7.),qui était devenu quattuor vir & primus ponti/ex (le premier

en date) dans la ville colonisée par la légion qu'il commandait (TTTT vir i. d. colonia deducta (sous Auguste) prim. pontifici, legio TTTT Sorana honoris & virtutis caussa. Gruter, 40g, q. Orelli, 368i). Mais tout cela n'expliquerait point l'ortho- graphe insolite de l'épithéte macedoji & l'absence, plus singulière encore, dans une inscription ponc- tuée avec soin, de point ou de lacune entre cet adjectif & le mot legio, devenu le début d'une phrase incidente. Voir, dans une inscription de Nepete, chez les Falisques, la mention d'un collegium virtutis, dont on ne soupçonnait pas non plus l'existence avant la découverte de ce monu- ment : ex . COLLEGIO VIRTVTIS TRIB MIL PRAE-

FECTVSFABRV.M (Collegium religiosum deae Vir- tutis nondum alibi reperi. Orelli, 2254).

;J32;SrMILITVMrPRIMI^PILVS^LEŒ13a a.SJDNLEGIO'^HONORIS-'ET^VIRTSaa

[tribunuji miiitum, primi pilus Ieg[ion\s

Macedlon(ic2ie ?), legio honoris & Vîrt[utis

caussa ? \\egionis ?

Quant aux praefecti fabrum, nous n'en trouvons aucun, à Narbonne, que l'on puisse regarder sans hésitation comme un praefectus fabrum milita- rium.

71

Grand cippe cintré, brisé transversalement au- dessous de la légende & entamé du côté droit (hauteur actuelle, o'"88, sur o'»46 de largeur & o'"57 d'épaisseur). Il était encastré, avant la démo- lition des murailles, dans un des flancs du bastion Montmorency, l'ont relevé, plus ou moins inexactement, tous les épigraphistes narbonnais. Les quatre dernières lignes de la légende pa- raissent avoir été ajoutées après coup au titulus primitif.

0

c O R N E L I % CI«ESTVS-D'

C d R N E L 5 L '^ M r L

c V R M I L

HIC SEPVLT fTTITIVSMASC

l-F'TiTiaviTalisl «titiaprim-l

6 Corneli[us] Chrestus, 3 (^centurio) [legionis ...], CorneH'io Rufo .'), l[egionario] m[iliti) /[egionis...], cur[atori) millitum). Hic sepult\'t sulnf Titius, Masc\n]l{i) f[ilius), Titia, Vitalis l{iberta), ... Titia, Prim[i) l[iberta).

Raynouard, f" 20, n. 12g; Romieu, i5, n. i25; Gruter (a Scaligero], 538, 5 ; Garrigues, Mss. For- tia d'Urban (sans pagination); Viguier, t. i, 249 [unde Bousquet, t. i, 269). Elle manque chez M. Herzog.

!8

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC.

NARBONNAISE.

Rajnouard & Romieu, CERRATVS. Gruter & Garri- gues, CERATVS. Viguier & Bousquet, CIRRATVS. Romieu, Gruter & Garrigues, SEPVLTA ET. Viguier & Bousquet, SEPVLT- ET. Omnes, TITIVS M-S-C-V- Garrigues & Viguier, PRIMI L-L.

Le titre de curator militiim, qui paraît ici pour la première fois, si nous ne nous trompons, s'ex- pliquerait en partie par celui de curator vetera- norum, dont l'epigraphie romaine nous offre plu- sieurs exemples. (Voir Or.-Henzes, 3460-4(^68, 6Sio, 6854.)— !-<=* ""°'* sigles de la cinquième ligne, qui nous ont assez longtemps embarrassé, répondent exactement à un passage des Commen- taires que nous rappellerons incidemment : Le- gionaril milites legionis Decimae ... (Caes. Bell. Gall. 1 , 42).

72

Fragment de bandeau semi-circulaire, encastré jadis dans le mur du « bastion Saint-François » (Viguier); aujourd'hui à Lamourguier. Les lettres de l'inscription ont o^io de hauteur moyenne :

ARBITRATV^L^'TREa» C O R N I C V L Aa*!

laj

Arbitratu L{ucii) rre[ bonii, L(ucii) f(ilii),]

Cornicula[Tu leg(ati) ou trib(uni) mil(itum)]

« C'était, dit un épigraphiste, la charge la

plus élevée à laquelle les simples soldats pussent prétendre elle les menait au grade de centu- rion, qui les plaçait parmi les officiers n (de Bois- siEu, Iiiscr. de Lyon, p. 3oo). Voir plus loin ce que nous disons de la formule arbitratu iltius aiit itlius, si commune dans les inscriptions tumulai- res de Narbonne.

Viguier, t. 3, 27S {unde Bousquet, t. 3, 242).

73

« Aux murs de la ville » (Garrigues); aujourd'hui perdue.

3M 1 o G M I - L I I A N V A R I m!^«5LlTE- COXTVBER 5 NALl -BENE-DE- SE

M E R 1 T O

[Postulmio giregario) mili{ti] [Postu-

mius rj lanuarili) [f(ilius), m\]lite (militi ?) contu- bernali, bene de se merito ? en prenant le mot contubernali dans son sens purement militaire.

Gruter (e Gundelachio) q85, 5; Rulman, n. 140; Garrigues, Mss, Fortia d'Urban (non paginé alors; M10MI-L-); Viguier, t. i, 25o; Bousquet, t. i, f" 270.

74

« Au ravelin de la porte Connétable » (Séguier, Viguier); autre fragment perdu comme le précé- dent.

C^GAVl^CRETICI

C ^ G G R E G M I

VriNrA^P'XL

[D(is) M(anibus)] C[aii) Gavii Cretici [&] C(aii) G{avii), greg{arii) m/[litis] ou C{aius) G{avius) gre-

g[arius) mi[res in f(ronte) p(edes} x]v, in a{gro)

p{edes) XL. Remarquer le titre de gregarius miles, écrit ici presque en toutes lettres.

Séguier, Rec. mss. 6, n. 6; Viguier, t. 11, f" 75 {unde Bousquet, t. 1 1, 76).

75

« Au bastion Saint-Cosme, elle a péri depuis peu » (Viguier).

MII.ES'LEGION miimiwi P A R ,M I N o - V 1 V I T

T{itus) Cornélius, P(ublii) /{ilius), miles

legion\h] ou miles /eg-ion[arius] Parmino

(pour Parmeno) vivit.

Séguier, Rec. mss. 14, n. q; Viguier, t. i, f" 242 {unde Bousquet, t. i, 262, qui la place, lui, « au bastion Momorency « sic).

Le miles legionarius serait le légionnaire pro- prement dit, opposé aux auxiliaires des cohortes & Ass alae, comme le gregarius miles {n" j3 & 74) était le simple légionnaire opposé aux officiers de la légion elle-même.

76

c Au bastion Saint-François, du cousté d'Orient » (Garrigues); au-dessous d'un buste funèbre, que l'on prenait à tort pour le portrait du défunt lui- même. L'inscription, dont il ne reste que la moi- tié, était gravée en grosses lettres (o^og & o"o8j, sur un long bandeau de pierre, encastré jadis dans la lorica de quelque grand tombeau :

r... :_,"•: VIT

LSi:w..^APIRIA>'CAESIVSvFRATER K,a3i:i:2STIPENDI0RVM XXIIII

[Vi]vir [C. F., P]apiria, Caesius /rater,

[annorum] stipendiorum xxiiii. Le chiffre

stipendiorum xxiiii, qui étonnait Gruter, est incon- testable.

Raynouard, f" 10, n. 59; Romieu, f" g, n. 71 ; Gruter {ex Fonteio, in narbonensi regione), 534, ^h & 272, 10 {a Scaligero, qui accouple à tort notre fragment avec l'inscription impériale du jeune Philippe : m ivlio . philippo); Garrigues, Mss. For- tia d Ùrban; Rulman {a Grutero); Séguier, 21, 2; Viguier, t. i, f- 246; Bousquet, t. i, 265; Yie.rzo^, App. epigr. Ti. 4\.

Gruter. APIRIAE STIPENDIORVM XIIII. Gar- rigues, Rulman, Viguier, IVIT. Séguier, ... IRIA ... XX ... Herzog supprime VIT.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

^-9

77

Trouvée à Mayence, en 1804; aujourd'hui au musée de cette ville.

CVALERIVS C-'F PAP

NARB^TAVRVS

MIL>'LEG>-IIII>'MAC

ANN^XXX

5 STIP^X^ EX^'T

Ciaius) Valerius, C{aii) /{ilius), Pap[iria], Nar- b[one domu ou domo. id est oriundus). Taurus, mil{es) leg{ionis] un Mac[edonicae), ann[orum] xxx, stipiendiorum) x, ex t[estamento).

Steiner, /nicr. Danub. & Rhen. n. 5i8; Herzog, Append. epigr. n. 40.

Le nom de la tribu, que sous-entendent le plus souvent les monuments indigènes, reparaît dans ceux qui ont été gravés à l'étranger.

78

L'inscription suivante, qui nous a conservé le nom d'un cavalier légionnaire, serait postérieure en date au règne d'Hadrien, qui passait pour avoir incorporé de nouveau un corps de cavalerie dans les cadres de la légion. Elle est gravée, avec deux autres inscriptions insignifiantes, sur un long bandeau de pierre percé de plusieurs orifices des- tinés à recevoir les libations que l'on faisait aux morts déifiés [DU Mânes].

C-MAECIO'INGEKVO EQVlTl-LEG-X-GEM

Claio) Maecio Ingenuo, equiti leg(ionis) x Gem{i- nae).

De Caumont, Congrès de Lisieux, 1871, p. 71 (note de M. Tournai), & Bulletin monumental, an- née 1871, pp. i3o & i3i.

79

c Au pont de Sainte-Catherine, du côté du bourg (Piquet, Viguier); perdue aujourd'hui.

VI V a'.A^SELLIVS

monTanvs

2aETER.\NVS'SlBS82

Viv[it) Q[uintus) Asellius Montanus, [v]eteranus, sibll]

Elle manque chez Séguier; Pech, Mss. de Nar- bonne, sur une feuille intercalaire; Piquet, //lif. mss. p. 144; Muratori [e Sched. Montfaucon.) , n. 16*7, 7; Viguier, t. i, 247 ; Bousquet, t. i, 267.

Muratori, ET ERARVS.

80

A Tarragone, « extra urbem » (Schott.) ... « in ea quae fuit S. Antonii porta » (Povillon) : periit.

D M Q. ^ M O N E I O VERECVNDO

NARBONENSI-V 5 ET-LEG-VII-GEM

FEL- AELIA- VALE NTIKA-MARITO BENEMEREÎ^Tl

D{is) M{anibus). Q(uin<o) Moneio Verecundo, nar- bonensi, vet{erano) leg[ionis)sn Gem{inae) Fel\icis), Aelia Valent ina marito benemerenti.

Gruter {ex Apiano <? Schotti Schedis), 314, i; Rulman, 3i, 2; Viguier on ne la trouve plus à Narbonne »), t. i , 248; Bousquet, t. i, f" 268; & enfin M. Em. Huebner, qui en a donné, dans ses Inscript. Hispanic, n. 4161, une nouvelle lecture, collationnée sur de très-nombreux manus- crits.

Viguier, Bousquet & Rulman, MOENIO. Rulman, .MARITO B M, en supprimant la dernière ligne. Quel- ques mss. lisaient GE.MINE LAELIA.

^^sJ^'^^a^'^^W^^^^^^^^^^^^'^^^^^^^^^^^'^^^^'^^'^^^''^^^'^'^^^^''^

CHAPITRE V

TEXTES RELATIFS A LA VILLE

Nous avons établi ailleurs que l'existence de la

ville maritime de Narbonne ( in«ofioy «ai «ais)

remonte au moins au cinquième siècle avant notre ère, & qu'elle était connue, dès cette époque, des navigateurs grecs, qui la désignaient sous le nom de NitSuv, Nafeuvî.( (en latin Narbo, Narbonis). C'est

NipCuv liLxifiow «al <ai< KilTix^ ' (Hecataei, Fra^m. n. 19, édit. Cari .Mûller). Elle est diisigniîc de la même

de ce nom, probablement celtique d'origine», que dérivent les ethniques Narbonensis & Narbonesis,

manière par Pythéas (de Marseille), par Polybe, Posidonius & Straboi).

» A en juger par l'ethnique Nafeoioi, que mentionne un autre fragment dTIiîcatt'e (/./. n. i5), le radical de ce nom aurait été la syllabe Nafff, associée au suffixe one ou ona, que l'on retrouve dans une foule de noms celtiques : Mai^-al-ona, Nar-ona, Gnr-ona, etfi»à 'Ovii«i«v (Strab.).

3o

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

pass., que les monuments épigraphiques écrivent par un seul n, comme le nom de la ville, contrai- rement à l'orthographe actuelle, qui n'a prévalu du reste qu'à partir du dix-septième siècle. Quant aux épitnètes qui se sont ajoutées succes- sivement à ce nom indigène, la première en date serait incontestablement celle de Martius [a Marte), qui paraît remonter à la première coloni- sation de la ville', & que l'on retrouve depuis, dans une foule de textes (voir surtout les chapitres ii & m de notre recueil), écrite en sigles : n m, ou en abrégé.

81

Comme dans ce fragment, originaire de l'ancien bastion Saint-Cosme :

W^: N A R - M AT^ia Ki^O '' Ll B E RTl SSaïîJ

yar{boiiis] Malrtii) ou Nar{bone) Ma[rtio)

..... [patronjo //éerf/sfque eius]. Haut. i'"2o, sur o'"56 de larg.

Pi Vigu

iquet, Hist. mss. p. iSy; Séguier, p. 29, n. 14;

uier, t. 3, f" 92; Bousquet, t. 3, f" ()4. Celles de lulia Paterna, qui figurent déjà dans l'inscription de l'autel d'Auguste (n. -i'^), se rap- porteraient à la seconde colonie fondée par ordre de Jules César, & celle de Claudia, qui ne parait que plus tard, au voyage de l'empereur Claude en Gaule & à Narbonne, nous avons retrouvé des traces de son passage (n. 33). Ces épithètes, que l'on écrit en toutes lettres loin de la ville*, s'écrivent, à Narbonne même, en abrégé : col ivL PATERN- NARB-MART, commc dans la lex de Vara Augusti (n. 23), & le plus souvent en sigles : c-i-p-c-N-M (voir, au chapitre m, les textes rela- tifs aux seviri augustales, &, au chapitre v, ceux relatifs aux employés subalternes de la commune); mais elles n'ont jamais fait oublier le vieux nom indigène de Narbo, que l'on retrouve même sans épithète dans une foule de textes & qui a traversé, sans altération, toute l'époque impériale; car ce n'est qu'au quatrième siècle que l'on voit le fémi- nin Narbona se substituer' à la forme masculine [Narbo ou Narbo Martius), qu'il allait définitive- ment supplanter, au moyen âge.

Quant a la population de la ville, dont nous ne savons guères que ce que nous en apprend l'épi- graphie locale (au point de vue de la statistique surtout), on peut affirmer au moins qu'elle se composait, dès le temps d'Auguste, de deux clas- ses tien distinctes & probablement inégales en nombre : d'un côté, les indigènes, qui représen- taient la population primitive de la ville; de l'au- tre, les colons, dont elle avait pris le nom [coloni, colonia) en devenant une ville romaine. Les indi- gènes, qui seraient Gaulois d'origine, s'il faut en fuger par le nombre considérable de noms celti-

3 Voir à ce sujet le pro Fonteio de Cicéron, elle est constamment désignée sous le nom de Narbo Martius.

< COLON IVLIA PATERNA CLAVD NABB MART, COmmc dans

rëpitaphe du questeur P. Vinicius Secundus. mort chez les Petrocorii (Perigueux). Voir plus loin le paragraphe relatif aux magistratures municipales ordinaires.

5 Dans ce texte d'Ammien Marcellin : « ...in Narbonend, Etusa ? & Narbona & Tolosa principatum urbium tencnt (Mb. XV, c. II).

retrouvé, écrit en toutes lettres ou peu s'en faut, dans plusieurs inscriptions locales, on ne l'avait point remarqué jusqu'ici. Nous citerons notam- ment les deux textes suivants, dont la restitution ne nous paraît pas laisser de place au doute ; p- ALDivs-o.i-- I /l faciNvs PROPOLA | sai-is, &.C

ARRV)l<à(.Ç I QVARTUiP.L. ATACmUi, &C. [C SCllCd.

mss. meis)^.

Les colons, qui formaient, depuis la conquête, la classe prépondérante de la bourgeoisie, descen- daient évidemment de l'un ou de 1 autre des deux bans de population étrangère établis successive- ment dans la ville gauloise. Mais il est à remarquer que l'on ne trouve pas trace ici de ces distinctions d'âge & de rang que conservaient, dans certaines villes, les représentants de ces deux colonies, & qui se traduisaient dans certains cas par un véri- table dualisme inunicipal, par la coexistence de deux communes distinctes, ayant chacune leur organisation, leur grand conseil (ordo) & leurs magistratures. Au lieu d'être répartis dans deux tribus distinctes, comme ils l'étaient souvent dans telle ou telle de ces villes doubles, c'est, ici, dans une seule & même tribu que sont inscrits tous les hommes libres de la ville, tous ceux au moins qui étaient citoyens romains. Tous, sans exception, appartiennent à la tribu Papiria, dont le nom reparaît si souvent dans l'épigraphie locale; & nous ne doutons point, pour notre part, que cette tribu n'ait été celle de la seconde colonie; car il est bien difficile de supposer que les vétérans de la dixième légion n'aient point été inscrits dans une de ses trente-deux tribus, comme ceux de la septième légion, destinés, eux, à la ville de Béziers, l'avaient été dans la tribu Pupinea, ceux de la sixième (Arelate) dans la tribu Tereiitina, &c. Comment oublier, d'ailleurs, que la première en date des épithètes que la ville a successivement prises est celle de lulia Paterna, qui ne peut évidemment s'appliquer qu'à la seconde colonie, comme le titre tout militaire de Decumani, devenu par degrés le complément ou le synonyme de l'etnnique Nar- bonense [n" 26 à 3o).

11 y a même plus d'une raison de croire cjue les indigènes avaient été admis à leur tour dans le cercle élargi de la commune [res publica), & qu'ils y seraient entrés, comme Mêla semblait l'indiquer [Atacinorum Dccumanorumque colonia, lib. 11, c. 5), au même titre & aux mêmes droits que les colons romains ou italiens. C'est au moins à cette con- clusion que conduirait, à défaut de preuve directe, un passage trop peu remarqué de l'inscription a de l'autel d'Auguste, qui désigne, sous le nom commun de coloni, toute la population libre de la colonie, en opposant ces coloni aux résid'ents étrangers, c'est-à-dire aux étrangers domiciliés dans la commune (... S- colônis S- incolis ... thi'is S- vinum suo ed die praestent, n. 23).

« Une troisième inscription, découverte à Castillon d'Am- purias, c'est-à^ire en dehors de la Gaule proprement dite, est relative à une femme gauloise d'origine, car elle prend aussi le nom i'Atacina :

PFABRINIOPRIMO 1 ETCORNELIAE ATACNTE

(HuEBNER, Inscr. Hisp. 4627). Mais il reste à savoir, dans les trois cas, si ce surnom i'Atacinusou àAtacina s'applique à fjuelque localité des bords de l'Atax ou à la population de la vallée, dont une fraction aurait fondé la ville celtique de Narbonne dans les lagunes qui servaient d'estuaire au fleuve lui-même.

88

Un autre texte, qui ne nous est parvenu qu'à l'état de fragment, emploie dans le inême sens le titre officiel de coloni, en l'opposant, sans inter-

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC.

NARBONNAISE.

3i

médiaire encore, à celui de Peregrini, qui com- prendrait non-seulement les étrangers domiciliés [incolae], mais encore les voyageurs & les pas^a-

fers, designés ailleurs sous les noms à'hosp.tis, 'advenae & d'adventores.

MSco/onIIS>'ETvPEREGR/„

«-^

colonis & peregrhiis

Ce fragment, qui n'a encore été publié que par M. Herzog {Append. epigr. n. i3), est gravé en lettres énormes (o"i6) sur un bandeau de pierre qui devait faire partie lui-même de quelque grand édifice, dont il aurait formé la frise & le titutus.

Ancien bastion Saint-Cosme.

Séguier, Rec. mss. p. 18, n. 10; Viguier, t. i, i«2 'unde Bîiusquet, t. i, f" i83, avec plusieurs fautes de détail : nis ... or-).

Supposer, comme on le fait aujourd'hui, que cette population indigène aurait été dotée par les Romains des privilèges du jus latinum, ne tran- cherait qu'en apparence la question délicate que nous soulevons ici; car il resterait à expliquer pourquoi ces indigènes, libres de naissance & sou- vent riches, auraient été moins bien traités que ces artranchis de la ville, qui devenaient cives Romani en devenant libres. Comment oublier d'ailleurs que ces provinciaux des villes latines étaient inscrits, quand ils devenaient citoyens ro- mains, dans la tribu Voltinia, au lieu de l'être dans la tribu Papiria, à laquelle appartiennent la plupart des Atacini dont les noms sont parvenus jusqu'à nousr

Quant à l'organisation intérieure de cette vaste bourgeoisie, qui avait aussi ses ordines ou ses classes distinctes, il nous suffira de remarquer qu'elle rappelait, à plus d'un égard, celle de la bourgeoisie romaine, sur laquelle se modelaient en toutes choses les coloniae civium romanorum, sorties elles-mêmes de la cité par excellence : ...civitates ex civitate propagatae. On y trouve, en effet, dJs le temps d'Auguste, des plébéiens {plcbs ou pleps narboiiciisis), des chevaliers, dési- gnés ici sous le titre d'equites a plèbe (n. 23)', & un grand conseil dont l'organisation elle-même rappelait matériellement celle du senatus romanus. ."^ous n'insisterons point sur l'importance que la plèbe parait avoir prise de très-bonne heure à Narbonne, nous l'avons vue fonder, en son nom & à ses frais, le célèbre autel d'Auguste, des- servi par des dignitaires sortis exclusivement de son sein (voir n. 23}. Les équités, qui formaient, dans la plèbe, une sorte d'aristocratie d'arpent, fort supérieure par la fortune à l'aristocratie mu- nicipale de la curie, disparaissent, dès le temps d'Auguste, de l'histoire & de l'êpigraphie locale. Mais il n'en est pas de même du grand conseil, dont l'histoire se confond, pendant toute l'époque impériale, avec celle de la ville elle-même. Il y est désigné tantôt sous le nom générique d'orJo {ordo Narb. ou Narbonensis, n"'83, 84), tantôt sous

celui de decuriones (n. 23, quod decurionibus

iudicia plebis coniuiixit, & n. 85), que les inscrip- tions écrivent par des sigles, en rappelant presque toujours le décret ou les décrets rendus en leur nom : D D {décréta decurionum, pass.) ou i.oc d d d [loco data ou locus datus décréta decurionum, n. 85). Quelque laconiques qu'elles soient presque tou-

* Ils devaient justifier, comme les chevaliers romains, d'une fortune personnelle de 400000 sesterces, mais rien ne prouve ou'ils reçussent comme eux du gouvcrnemcni le aon ou I honneur du cheval public {equo publico donatus, bonnra- tus), qui distinguait, à Rome, les chevaliers des plébi^icns proprement dits.

joiirs, ces indications nous laissent au moins entre- voir quelques-unes des attributions ordinaires de l'assemblée, dont la composition, la hiérarchie & l'organisation intérieure devaient rappeler, à quel-

3ues variantes près, celles des grandes colonies e l'Italie & de la Gaule».

' Voir r.-l /*Hm decurionum Camisinorum (Orelli, 3721) ^ les travaux les plus récents sur la matière ; Mommsen, Stadtr, Zumpt, Commentationes epigraphicae; Marquardt; Handbuch, & Ch. Giraud, Les Bronzes d'Osuna.

83

C'est ainsi qu'on le voit décerner des funérailles publiques à la femme d'un personnage qui paraît avoir )oué dans la ville ou dans le conseil un rôle considérable, quoique l'inscription ne lui donne aucun titre. Grande & lourde dalle encadrée de moulures; encastrée jadis dans le parapet du « bastion Saint- François, du cousté d'orient » (GARRrGUEs\ Elle mesure i mètre de longueur sur ci^fib de hauteur f< o"55 d'épaisseur. La légende, gravée jadis avec un certam soin, est fort adirée aujourd'hui.

LIGVRIAEvQrFiL FRONTINAE

Q-HORTENSI'K.\TVLLI HVIC-ORDO-NARBONENSIS 5 PVBLICE-FVNVS-ET

OMNES VECTIGALES DECRt:vT

Liguriae, QUiinti) fil{iae), Frontinae, Q{uinti) Hortensi[i) Katulli; huic ordo narbonensis publiée funus S- omnes vectigales (pour omnia vectigalia) decrevit.

Raynouard (i539), i , n. 7 ; Romieu, 2, n. 7; P\ùiou, Diatrib. i, p. I2(j; Gruter (a Scaligero), 430, 7; Garrigues, Mss. Jallabert, f' 10, n. i, & Fortia d'Urban; Catel , Mém. p. <)3 ; Vaissete, i'^3o, t. I, Pr. p. 8, n. 37, & Dumège, t. i , p. 614; Séguier, Rec. mss. p. 24, n. 4; Piquet, Hist. mss. p. i34, Viguier, t. i, f" 254; Bousquet, t. i, 275; Herzog, App. epigr. n. i5.

Siiguier, qui n'en lit que deux lignes, ALCVRIA-Q' FILfFRONIO... Catel, KERENTINAE. Piquet, FRONTINIAE. —Garrigues & Catel. HORiESI. Ro- mieu. Garrigues. Vaissete & Dumège, RA'IVLLI. Catel, RATVLI. Piquet, CATVLl. —Viguier, CAIVLLI.

84

Fragment d'inscription analogue à la précédente. Elle paraît relative à des honneurs funèbres dé- cernés aussi par Vordo narii{onensts).

mmm fvnvs VECTiamm

Courtine entre les bastions Saint-Paul & Mont- morenci.

Séguier, Rec. m«. p. 4, n, 11; Viguier, t. 3, f" 302 [unde Bousquet, t. 3, f" 3o2).

Le mot VECTIG, que Séguier & Viguier complè- tent par un o {vectio{nem) :), répondrait alors au mot VECTiG(<3/ia) ou VECTiG{a/«) de l'inscription précédente.

32

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC.

NARBONNAISE.

^

85

I.e Messius ? auquel est dédiée l'inscription sui- vante était évidemment étranger à la colonie de Narbonne, puisqu'il avait exercé, dans celle de Vienne, les fonctions de flamine {Jlam(en) c{oloniae) Vltennac) ou Vl^ieniieyisis), associées d'ordinaire à celles de duumvir. Ce serait donc, cette fois, par un acte d'allectio, dont l'inscription ne parle point, u'il serait devenu citoyen de la ville & membre e la curie narbonnaise' : decvr(io) c{olonia) i{tilia) p{atenta) c.(laudia) ^[arbone) i\{artio); ce. qui prou- verait, pour le ciire en passant, que Vordo nar- bonensis avait aussi ses decuriones adlecti inscrits dans Valbum de la curie, après les decuriones ori- ginarii.

p R A mmm o mumi

FLAM'C'V'I tem D E C V R - C I ' P.C. N. M. 5 M E S S I A - M - L ift

V X O R PATRONOPll ssimo

EX TESTA M enta P O N E N D A M C V ravit.

10 LOC^D>-Eû

[M(arco) Messio, M(arci) f(ilio), Volt(inia)"'] ,

Pra' , flam[ini) c{oloniae) V(iennae), i{tem)',

decur[ioni) c{olonia) I{ulia) (P[aterna) C{laudiay, N(arbone) M(artio) , Messia, M[arci) l(ib[erta),

uxor, patrono pii[ssimo), ex testam(ento eitis),

ponendam cu[ravit) : loc(o) d[ato) d(ecreto) (d[ecu- rionum).

Rivalz, Différents morceaux antiq. que l'on voit à Toulouse, che^ M. Rival^, profess. à l'A cad. roy. des arts, petit in-4'', pi. 8; koschach, Catalog. du Musée de Toulouse, i855, n. 200 (elle manque dans les deux Catal. de M. Dumège); Herzog, Append. epigr. n. 270; M. A. Allmer, Inscr. antiq. de Vienne, n. 190, t. 2, p. 28g.

Rivalz, FIA M ... DICAR ... M-II ... patrono lU ... IV testam... Roschach, PI ... LOC DE. Herzog &

Allmer, KRA AG ... decur C L ... IN te$tam (Allmer,

EX testant).

Quoiqu'il figure depuis longtemps déjà dans le musée de Toulouse, 1 autel auquel nous emprun- tons ces détails est originaire de Narbonne ou des environs de Narbonne, comme nous l'apprend le peintre Rivalz, qui le tenait, dit-il, du marquis de Gléon, 'gentilhomme narbonnaiss. Il servait, avant les mutilations qu'il a subies«, de support à

' Comme l'avait été, par Vordo des Lugdunenses, un citoyen de Die {Dea Au^iista), chez les Voconces : ... adtecto in curiam Lugtidunenstum, nominc incatatus, a splcndidis- &imo ordine eoruni (Herzog, App. cpigr. n. 453).

3 Nous songerions ici à un praef pro 11 viro, si ce titre n'était pas aussi rare dans l'épigraphie de Vienne qu'il est commun dans celle de Narbonne.

î Comme l'a très-bien vu M. E. Herzog, Append. epigr. n. 270.

* Nous avons hésité devant l'épithète Claudia, à cause de la pureté des caractères & de l'élégante disposition du titu^ lus, qui rappelle les plus beaux temps de l'épigraphie romaine.

5 H Inscription trouvée à Narbonne, qui m a été donnée par .M. le marquis de Gléon » (Rivalz. /.(. note de la pi. 8).

6 Au sommet de l'autel, dont Je couronnement a disparu tout entier, & du côté droit de l'inscription, dont les neuf lignes restées distinctes ont perdu leurs dernières lettres. emportées avec la moulure qui les encadrait. Dimensions actuelles : haut. 0'"83 ; larg. o'"43,

une statue {ponendam cu'j-avit), dédiée par une affranchie à son patron (un Messius évidemment), dont elle était devenue l'épouse [itxor). M. Herzog, qui ignorait ces détails, importants ici, transfor- mait en L le I très-visible pourtant de l'épithète \{ulia), & reportait ainsi à l'épigraphie de Lyon, voisine de Vienne, il est vrai, un monument qui appartient réellement à celle de Narbonne.

MAGtsTRATus MUNICIPALES. Les magistrats de la colonie n'étaient, à Narbonne comme partout, que les agents de Vordo ou du corps des décurions. Subordonnés à cette grande assemblée, dont ils ne font qu'exécuter les décisions [necreto oecurionum, pass.), c'était en son nom qu'ils rendaient la jus- tice (à titre de 11 viri i[uri) d[icundo); qu'ils admi- nistraient les finances de la cominune (11 viri aer(j- rii) ou AB AER(<irio); qu'ils disposaient, sous leur propre responsabilité (n. 86), de ses revenus, de ses immeubles & de ses biens fonds". Ils représen- teraient, dans l'ordre purement municipal il est vrai, le pouvoir exécutif de nos sociétés modernes, qui a, lui aussi, ses prérogatives, à côté du pouvoir législatif, dont il n'est en réalité que le (délégué. Mais on ne trouve point trace ici de ces assem- blées électorales [comitia curiata), d'où sortait, en province comme à Rome, le pouvoir des inagis- trats de la ville, & qui n'étaient point tombées par- tout en désuétude, car on les trouve réglementées encore avec un soin ininutieux à la fin du premier siècle de notre ère, dans les chartes récemment retrouvées {leges civitatis) des villes espagnoles de Salpensa & de .Malaga". Tout ce que Ton peut conclure des textes mutilés que nous allons par- courir, c'est que c'es magistratures étaient toutes annuelles comme à Rome {passim), qu'elles pou- vaient être conférées plusieurs fois à la même personne (n"' go, gi), & que le cursus honorum inunicipalium se composait, à Narbonne comme à Béziers, de trois magistratures principales : la questure, l'édilité & le duumvirat, énoncé comme à Rome sans distinction d'attributions juridiques ou financiéress. Il est à remarquer cependant que cet ordre est fréquemment interverti, par le tait des électeurs probablement, dont le pouvoir sou- verain restait supérieur à l'usage, & que la ques- ture, pour ne citer qu'elle, suit souvent l'édilité & le duumvirat, au lieu de les précéder.

' // vir(i), aediles, praefect{us) c(oloniae) G{enétivae) l(uliae) quicitmqu^e^ enint, decurionesq(ue) ciploniae) (j{e- netivae) I{u'i.ie) gutcumg,u)e erunt. & omnes diecurionum) d{ecretis) diligenter parenîo, optemperanto s(ine) d(olo) m{alo). (.Les Bronzes SOsuna, par M. Charles Giraud. Paris, 1874, n. cxxix, p. 34.)

» Voir notamment les titres ; de comitiîs habendis in qua curia incolae suffragium ferant ... Je sujragio jerendo (Orelli-Henzen, Aes .UaLicitanum, 7421, 3).

3 La censure, qui complétait à Rome le cursus de ces magistratures tout urbaines à l'origine, s'y trouve elle-même représentée par le titre de 11 vir quinquennalis. sur lequel nous reviendrons plus loin, au chapitre des magistralus municipales extra ordinem.

86

Le premier en date des monuments que nous allons parcourir serait incontestablement l'inscrip- tion suivante, les premiers magistrats de la colonie sont encore désignés sous le titre de prae- torcs, comme ils l'étaient à l'époque républicaine. Elle est gravée en caractères sveltes & élégants, sans trace d'enchâssements ou de ligatures, sur

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

33

une longue dalle de marbre encadrée de moulures (longueur, ■"'SS, sur o'"54 de hauteur), qui figurait

jadis « au bastion Saint-François, du côté du sep- tentrion » (G. Lafont. Vaissete).

a-VlBIVS-Q.^F-MAXVMVS-M-VARIVS-L-F CAPlTO^PR^II^VlR^ARAM^VOLCANO^MACERIAa

AREAM'SAEPIENDAM'PISCINAM-aVE-EX'D'ir DE'PECVNIA-PVBLICA'FACIENDA-COER 5 Q-VlF'YS-a'F'MAXVMVS'PROBAVIT

Q[uintus) Vibhts, Qiuinti) f{ilius) , Maxumus, if[arcus) Varius, L{ucii) f{ilitis), Capito, f>r[actorcs) II vir{i), aram Volcano, Maceria q[ue) arcam sacpiendam, piscinam q^ue), ex d[ecreto) d[ecurionum), de pecunia publica facienda coer{averimt) Q{umtus) Vibius, Qiuinti) f(ilius), Maxumus probavit.

Raynouard (iSSg), f" 4, n. 20; Romieu (1574), *> 4, n. iq\ Gruter la Scaligero), 61, 5; Garrigues, Afss. Jallabert, (' 3, n. i; Catel, Mém. p. 91, i ; Mss. Fortia ctUrban, p. 87, i; Kulman, n. 8, qui, tous, brisent l'allincation de l'inscription & la divisent, tantôt en huit lignes, plus souvent en neuf lignes & demie. Jérôme & Guillaume La- font, Rec. mss. S dissertations manuscrites'; Sé- guer, qui la donne aussi en cinq lignes [Rec. mss. p. 20, n. 16), n'en lisait que la première moitié, avec de nombreuses fautes; Vaissete, 177°) t- '1 pp. II, 58; Dumège, t. i, p. 616; Monuments religieux, p. 329, & Arch. Pyrén. t. 3, p. 365; Piquet, Hist. mss. de Narb. p. 29; Viguier, t. i, f" 82; Bousquet, t. i, 53; Herzog, App. epigr. n. 16; Corp. inscr. latin. Berolin. t. i, n. 1488.

Ruiman, VIDfVS. Catel, Q VIBIVS Q FABIVS. - Scguier, .MARIVSFR-CAPIO PRII Vil ... AP. Romieu, PISCINAM QVAK. Garrigues. .MACERIA -Q- ... COL- R. Dumige, AERAM ... .NfACERIA QVE Ah- RAM AESPIENDAM PISCINAM QXAE. —Gruter, ALWIMVS ... VIRBIVS. - Bousquet, MAXIM VS ... PI- CLN'AM ... PVBLLCA.— Herzog & .Mommsen, FACIEDA.

A en juger par l'énoncé de cette belle inscrip- tion, il s'agirait ici d'un autel dédié au dieu Vul- cain par les praetores duumviri de la colonie, & d'une piscine (ou réservoir d'eau) creusée au-de - sous de cet autel à la suite de quelque incendie très-probablement. Le terrain [area) destiné à ces fondations avait été ensuite entouré d'un mur construit aussi aux frais de la ville [de pecunia -ublica), en vertu d'un décret rendu par 1 assem-

lée des décurions. Le contrôle & l'expertise des travaux exécutés avaient été confiés à l'un des deux préteurs (qvibivsq-f maxvmvsprobavit), & c'était pour en conserver le souvenir que notre inscrip- tion avait été placée au-dessus de la porte ou de l'une des portes qui menaient à la piscine. Quant aux praetores municipales, dont M. E. Her- zog a remis en lumière le titre & les attributions assez mal comprises avant lui', on sait de source certaine aujourd'hui que ce titre était non-seule- ment usité dans les anciennes villes de la Nar- bonnaise, dont l'épigraphie nous en ofl're de nombreux exemples Die & à Vaison, chez les Voconces; à Avignon, chez les Cavares; à Aix,

' Sans se rendre nettement compte du vrai sens des mots praetor praetur ou praetor Juumvir, que l'on traduisait encore il y a quelques années par pro Juumviri. primus ou primi Juumviri. le chanoine Jérôme Lalont avait tris-bien vu qu'il s'agissait ici d'un des monuments les plus anciens & les plus intéressants de l'épigraphie narbonnaise. De l'inttî- rêt qu'il attachait à ce marbre, •• retiré par lui des murailles de la ville ", & dont se sont occupés après lui les chanoines MorcI & Pech. A la fin du dix-huitiéme siècle, le P. I.aporte avait écrit sur le même sujel un mémoire, aujourd'ui perdu, qui a figuriî jadis dans la bibliothèque de M. Germain Jallabert.

' E. Herzog. Di^sert. di' 6 iltiae Narbonensii practorib. wuniàpalib. (Lipsiac, 1862, p. 5, 35), & Ctttlia Sarbon. lS<34, pp. 2i3 sqq.

chez les Salluvii; à Nimes, chez les Volkes Aré- comiques; à Carcaso, chez les Volkes Tectosages), mais qu'on le retrouve même dans l'Aquitaine proprement dite, oii la ville de Hurdigala, pour ne citer qu'elle, a eu ses préteurs historiquement connus'. Ce serait à partir des règnes d'Augusie & de Libère que le titre de praetor municipalis aurait détinitivement cédé la place à celui de duumvir, que les inscriptions de Narboane écrivent sous les formes 11 vir, dvo.mvir, dvvomvir & dvovir'.

ï Nous songeons ici à la belle inscription du préteur c- iVL(ias)secMH(J)as,qui avait laissé par testament 20000 ses- terces à sa ville natale, pour y amener les eaux dont elle manquait encore â cette époque.

^ La réunion des Jeux titres dans l'inscription de Narbonne s'expliquerait, dit M, Herzog, par le besoin d'interpréter ou de relever le titre encore nouveau de duumvir J.l. p, 21 5),

87

Fragment de corniche inscrite; écornée du côté droit fi tronquée probablement par le haut. De l'ancien couvent des Minimes, eLe était encas- trée « au côté droit de la porte du monastère » (Piquet), elle a passé d'abord dans la cour de l'ar- chevêché, & de au nouveau musée de l'hôtel de ville, salle de la mosaïque.

V S VLENO-rVEI ENTC

II VIR'Q'FLAMINI-PrImVM

P-LOCAMVS

... Usuleno Vefent[on\] 11 viro, q[uaestori), fla- mini primum Plocamus.

Le titre de 11 vir quinjuennalis , auquel nous avions songé comme M. lournal, à cause surtout du titre dejlamen primum dont il est ici suivi, est écrit en toutes lettres le plus souvent dans les inscriptions narbonnaises (voir plus loin le para- graphe relatif aux magistratus municipales extra ordmem). La lecture : Vsulenus Veiento serait jus- tifiée, elle, par la célèbre inscription du village de Moux (entre Narbonne & Carcassonne), un atfrancrii de notre duumvir p- vsvi.envsveIknTo- nisLphii.eros signe, à titre de magister pagi, un décret du pagus. relatif à des caves à construire [ccllas faciendas : 3\iXn\iT du temple d'un dieu Lar- raso (Herzog, App. epigr. n. 78).

Séguier, Rec. mss. f" 4, n. 10; Muratori, Thés. p, ii)8, 2; Piquet, Hist. mss. p. i36; Pech, AIss. de Paris, f" 33; Vaissete, 1730, t. i, Pr. p. 4, n, 10; Dumège, t, 1, p. 611; Viguier, t. i, f" 102; Bous- quet, t. I, f" 9-S; Tournai, Catal. du mu.we. n 184; Herzog, App'. epigr. n. 22.

34

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. NARBONNAISE.

Piquet, VRSVLENO. Bousquet, VKNIENIO. Tour- nai. VliLENlO. Séguier, Muratori, Piquet, Pech, Viguier & Bousquet, Il VIRO. Vaissete & Dumège, II VIRO. Piqjct & Bousquet, PROCLAM VS. Fere omnes, PLOCA.MVS.

88

Grande dalle inscrite provenant de « la courtine de la porte Royalle » (Garrigues). Elle a o^gS de largeur, sur o"37 de hauteur & o"54 d'épaisseur.

La pureté des caractères & l'élégante disposition des trois lignes dont se compose l'inscription nous reporteraient encore, comme le titre archaïque d'tnterrex', au premier siècle de notre ère.

T^COMINIVS-C^F^P^ DaOMMR AEDILIS

INK^RREX

f{itus) Cominius, C(aii) f(ilius), P[aetus ou Polus.'l", d[a]omvir aedilis, in\te]rrex.

Raynouard, f" 8, n. 47; Romieu, 7, n. 5q; Gruter {a Scaligero), 3943; Garrigues, Mss. Forfia d'Urban; Rulman, n. ib; Séguier, Rec. mss. î° 19, n. 9; Vaissete, lySo, t. i, Pr. p. 10, n. 54; Dumège, t. I, p. 6i5; elle manque chez Tournai & même chez M. Hcrzog, qui ne cite point Vinterrex parmi les magistrats municipaux de la Narbonnaise.

Garrigues, Viguier. Bousquet, COMVNIVS.— Séguier, COMMINIVS. Raynouard, Romieu, Gruter, Garrigues, Rulman, Vaissete, PO. Viguier & Bousquet. PO(sO- Raynouard, Garrigues, DVOMVk. Romieu, DVOMVr.

Garrigues, EDILIS.

On sait que Mafîei & Séguier, corrigeant hardiment Sca- liger & les épigrapliistes du seizième siècle, en étaient venus à le biffer purement & simplement de l'inscription, quj s'arrê- tait, suivant eux, au mot acdilis (... quamobrem interrex valeat. Maffei, Antiq. Gall. sel. pp. 54, 55).

" Le PO... que croyaient lire ici les épigraphistcs du sei- zième siècle & que Viguier complète cavalièrement par POST(h?)ius ?), tient à un éclat assez profond produit acci- dentellement dans la pierre. Le nomen tribus, que pren- nent rarement à N'arbonne même les mciffistratus municipa- les, supposerait d'ailleurs un praenomen destiné à compléter le nomen triplex du défunt. (Voir notre étude sur la colonia Carcitso Volcarum.)

89

» Ancienne courtine Saint-Cosme & Saint-Fran- çois » (Viguier); aujourd'hui à Lamourguier. Frag- ment de gran.le dalle ou de grand bandeau (long. o'"(|5; haut. o-.Sy), gravé en lettres énormes à la prê.mière ligne, mais fort maltraité aussi par les vents marins.

®aaM>-VIR-'II^FLAMA^uPR':^

[Qaius) ïy\umius', C(aii] [f(ilius), duo]mii/r // (bis ou it{em), flam[en) Àiig[usti) ^r;[mum ...].

* C. Dumius ou Rumius, que je préférerais encore aux longs diminutifs Decumius, Postumius, &c.

Ce fragment, illisible déjà dès le dix-huitième siècle, n'a été relevé que par Séguier, Rec. mss. p. 24, n. 8, par Viguier, t. 3, f" 190, & par Bous- quet, t. 3, f" 157, qui lisent uniformément, à la seconde ligne : viridia-macer ou macer-f.

90

Quoique mort & inhumé à Périgueux, le Vini- cius auquel était destinée cette belle épitaphe' était évidemment étranger à la civitas Petrocorio- rum. Originaire de Narbonne, dont il avait gardé la tribu', c'était à Narbonne qu'il avait exercé les diverses magistratures énoncées dans le titulus; aussi prend-il la peine, pour éviter tout malen- tendu, de les écrire en toutes lettres, comme le nom & les épithètes de sa ville natale, peu fami- lières aux Petrocorii, & celui de la tribu papiria, que l'on écourte ou que l'on supprime dans les inscriptions municipales de Narbonne. Malgré ses apices & le soin tout particulier avec lequel elle est gravée, l'inscription elle-même ne remonterait point au-delà du second siècle de notre ère'.

PvV/NÏCIVS-^PvprPA PIR^SECVNIVSrAEDIL>-IIMl Q.VAESTOR^O>L''N^IVLIA^PA TERNArCLAVDvNARBOrMÀRT 5 D >- S ■>■ P

P{ublius) Vinicius, P[tiblii) /{ilius], Papirlia tribu), Secundiis, aedil[is), duumvir, quaestor, colo- nisa) iulia Paterma Claud^ia) Narbo{ne) Mart[io) : d[e) s[uo) p{osuit).

Séguier, Lettre à un chanoine de l'abbaye de Chancelade (23 juin 1784), chez Wlgrin de Taille- fer, Antiquités de Vesone, t. j, p. 414 & suiv.; Tailleter, Antiquités de Vesone, 1821, t. i, p. 414, copie assez exacte, aux apices près'*; Orelli-Henzen, 52^2, qui attribue à Narbonne l'inscription nar- bonnaise de Périgueux & en supprime les apices; D. E. Galy, Catalos. du Musce de Périgueux (1862), n. 262, p. 5i ; Herzog, Append. epigr. n. 27, qui hésite, lui aussi, entre Narîîonne & \ai- son [Narbone aut Vasione ?), à Ciiuse du nom peu connu de Vesone (Fe.s«Ha ou Vesunna Petrocorio- rum).

' Elle y a été découverte à la fin du dix-huitième siècle, vers 1783, en creusant des fondations dans le jardin du grand séminaire.

" Celle des Petrocorii était la Quirina.

3 La dalle de marbre encadrée de moulures sur laquelle est gravée l'inscription mesure, suivant M. Galy ÇCatalog. du Musée de Périgueux, 1862, 62), o"6o de largeur suro~53 de hauteur.

* Tout rêveur qu'il soit, ici comme toujours, le comte Wlgrin de Tailleter remarquait avec raison que l'épithète Palerna, écrite en toutes lettres & à l'ablatil, n'autorisait point la traduction : quaeslor coloniae .hiliae Paternae CLiudiae Niirbonensis Marti Je (/./, p. 41 5),

Ici, s'arrêtait le travail imprimé d'Edward Barry au moment de son décès ; nous le plaçons en têie de ce volume pour rendre hommage à sa mémoire, bien que ces inscriptions soient reproduites dans le nouveau classement de ce recueil.

FASTES

LA NARBONNAISE

XV.

PRÉFACE

J'ai e=;^avé, en composant ces Fastes, de rendre à « l'Histoire de Lan- guedoc » un double service. Il fallait publier avec notre Corpus les inscriptions relatives à la Province trouvées dans les autres parties de l'Empire; il fallait aussi faire profiter des plus récentes découvertes de la science l'œuvre historique de dom Vaissete Se de ses annotateurs.

Voici quel plan a été adopté pour répondre à cette double utilité. Les Fastes ont été divisés en deux parties. La première commence au moment les Romains, combattant les Ligures presque sans interruption, préparent la conquête; elle s'arrête à l'époque la Province devient sénatoriale. La seconde se termine à Dioclétien. En tête de chacune de ces parties se trouve un précis historique. Au premier paragraphe de la première partie sont énu- mérés les préteurs, les légats Si les consuls qui ont combattu en Gaule sans acquérir définitivement de territoire à la république. En tête de la seconde partie se trouve un résumé de l'histoire de la Narbonnaise sous les empereurs. Dans ces paragraphes figurent les noms des hommes illustres qui sont nés dans la Province. Enfin les principaux événements qui se sont accomplis pendant la conquête ou sous l'administration romaine ont été relatés avec les noms des fonctionnaires qui y ont pris part. Les questions que dom Vaissete n'avait pas complètement résolues ont été traitées avec quelcjue développement. Ces additions auront servi, j'espère, à modifier & à compléter l'histoire de la Gaule Narbonnaise.

4 PRÉFACE.

J'ai, du reste, adopté le plan que M. Waddington a suivi pour les Fastes des Provinces asiatiques : un paragraphe est consacré à chaque personnage. A la suite de chaque nom figurent les documents qui permettent de lui assigner un titre & une date, discutés ensuite le plus brièvement possible. Ces Fastes comprennent non-seulement les noms des gouverneurs ordinaires ou extraordinaires de toute la Province, mais ceux des légats, questeurs, curateurs de cités, procurateurs, &c., qui l'ont administrée partiellement ou bien en sous-ordre, ou qui ont été préposés aux services militaires ou financiers. Les inscriptions qui sont relatives aux flamines provinciaux figu- rent ailleurs dans le Corpus avec les inscriptions des cités. Je me suis surtout servi pour rédiger la première partie de ces Fastes des travaux de M. Herzog & de M. Desjardins, Se, pour la seconde partie, des Fastes publiés par M. Allmer dans ses « Inscriptions de Vienne. »

Ces Fastes paraissent sous ma seule responsabilité; le regretté Edward Barry n'a laissé aucun document qui leur soit relatif, 8<. ils étaient déjà terminés quand M. Allmer a bien voulu s'associer à la publication de notre Corpus.

Lebègue.

FASTES

DE

LA NARBONNAISE

PREMIÈRE PARTIE

DE i8.j AV. J.-C. 5ûb U. C. À 21 AV. J.-C. 732 U. C.

I.POQIIE ANTERIEURE A LA CONQUETE ROMAINE

L. Baebius. N. Fabius Buteo. Flaminiis. Popii.iDs Laenas. L. Pupius. Q. Opimius. M. FuLviLs Flaccus.

Nous n'avons pas à raconter ici comment la via Herculea en Provence & celle qui fui la via Domi- tia dans le Languedoc, protégées par les alliés de Rome, lui permirent de communiquer, avant la conquête de la Gaule méridionale, avec ses pos- sessions en Kspagne'. Les Fastes de la Piovincc commencent au moment les Romains y sont entrés pour ne plus la quitter. Nous citerons seulement les noms de quelques fonctionnaires romains qui sont morts pendant qu'ils la traver- saient, ou qui en ont combattu les habitants :

Le préteur L. Baebius fut attaqué par les Ligu- res, pendant qu'il se rendait en Espagne, & mou- rut trois jours après, à Marseille, des suites de »es blessures'. (189 av. J.-C. 565 U. C.)

Le préteur N. Fabius Buteo mourut également à Marseille, pendant qu'il se rendait en Espagne; mais sans que Tite-Live raconte qu'il ait été, lui

Cf. Desjarbins, Géographie historique & administra- tive de la Gaule romaine, P.nris, Hachellc, 187S, t. 2, p. 36S & suiv.

TlTE-LlVE, I. 37, C. 37.

aussi, attaqué par ks Ligurcs". (lyS av. J.-C. 38i U. C.)

Flaminius, Popilius» Laenas & L. Pupius, en- voyés par le sénat, opposèrent, à titre de légats, leur intervention aux Ligures, qui attaquaient le ter'-iîoire des Marseillais. Les Ligures les repous- sèrent & blessèrent Flaminius'.

Le consul Q. Opimius Q. F. Q. N.« s'empara à.'Aegiina & vainquit les Ligures (les Déciates, puis les Oxybiens). Ceux-ci se rendirent auS Romains, qui donnèrent aux Marseillais tout le territoire qu'ils reçurent. Les Ligures turent, en out.'-e, obligés de livrer, à des époques fixes, des otages aux Marseillais. 11 est donc certain que les Romains ne gardèrent rien de leurs conquêtes'. (154 av. J.-C 600 U. C.«.)

M. Fui.vius M. F. Q. N. Flaccus, consul', combattit les Gaulois voisins de Marseille, entre autres les Ligures, les Voconces & les Sallu-

' T.-L., \..%2, c. 4. Cf. I. 41, c. 2S : Quelques auteurs portent, probablement à tort, Cn. Fabius Bulco.

' Popillius dans Polvbe, 1. 33, Fragm. 7.

' PoLYBE, I. 43, Fragm. 4, 7, 8.

* C. I. L., Fast. cos . p. 53o.

' PoLVB. I. 33, Fragm. ^, 7 & X. T.-L., Perioc/ia, I.47. Pour désif^ner cet ouvrage, qui n'est pas de Tite-Live, nous nous servons de l'abréviation usitée.

« « Et non en 143, comme le porte par erreur le livre de M. Herzoo. Galiiae Narbonensis provinciae romanae his- toria, p. 42. " Cf. Desjaruins. op. cit., t. 2, p. 270.

' C. l. L., Fast, COS., t. i, p. iji, & Acta triumfh. Capi- tolina, t. 1, p. 460.

HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC.

viens' (i25 av. J.-C. tjicj U. C). L'année sui- vante (124 av. J.-C. 63o U. C), M. Fulvius Flaccus est prorogé'. U est vainqueur, mais on envoie, pour l'aider à continuer la guerre & en prendre la suite, le consul C. Sextius Calvinus. En 123 av. J.-C 63 1 U. C, M. Fulvius Flaccus triomphe à Rome.

C'est donc à partir de I25 av. J.-C. 629 U. C. que les armées romaines s'établissent pour tou- jours dans la Gaule Transalpine. Cependant, M. Fulvius Flaccus, venu en Gaule pour protéger les .Marseillais 3, ne semble pas avoir acquis de territoire à la République romaine. Son succes- seur, Calvinus, conquiert à la République des possessions qu'elle n'abandonnera plus à ses alliés. Il ouvre donc la série des fonctionnaires qui ont, à des titres divers, gouverné ou admiris- tré la Provinc».

§ 2

C. SE.KTIVS C. F. C. N. CALVINVS, consul. 124 av. J.-C. 63o U. C; proconsul, 123 & 122 av. J.-C. 63i & 632 U. C.

C. I. L., t. I, pp. 534-535, Fasti COS. (124 av. J.-C. b3o U. C.)

Cf. Cassiodore, Chronicon.

C. I. L., t. I, p. 460, Acta triumph. Capitolina : C Sextius G F C N Calvin proco(s) . (anno dcxxxi) de Ligurib Vocontieis Salluveisq.

Cf. He.n'zen, id., Comment., p. 463 (an 632 U.C.).

T.-L., Perioch., 61 : C. Sextius proconsul, victa Salluviorum gente, coloniam Aquas Sextias con- didit, ob aquaruin copiam e calidis frigidisque fontibus atque a nomine suo ita appellatas.

Strabon, 4, I , p. 180 : Sé^Ttoç yoûv 6 -/.ataXiiax; toù; 2âX'j3(ç, oi t.oVj S.T.iAi'1 TÎj; Mï7jaXîa; -/.Ttax; -ô).!v o'j-o'jvu'j-fjv éauToîj */.a\ tojv uoxtojv tû)v Ûspfjituv, ojv Tiva rj.îTaÇô5Xr|)'.£vai cpïa\v eÎç '^'J/pâ, èv-ocûOâ ts cppoupàv /.«Tt;)/.'-îî 'Pw|ia{(i)V, /.ït h. Trj; jrapaX'a; -îj; £Î; ttjv 'l-raXtr; ir^o'^'ZTfi à-b MoraaxXîx; i^iixvXi xoù; ISxpSâ- pou:, S'jvxaÉvtov twv MïîdaXiwTÔJv ivsîpY^'"' a'JTOu; TcXÉw; oio' aùib; 81 kÀÉov Xtr/yzz^i, àXX' îj -oaojTov (ji6vov, 870V v.xza [AÈv êj>.![ji.£va iim x^; OaXàxxr); ànîXOîr/ {IrÀ) xcù; liaçoxpouç î-X Swos/.a axïoiou;, /.oexà xo'j; xpr/ûjvaç É;;\ ôzxi!) xr]v os XEicpOaixv ûj:' Èxelvtov Torç .MïsiaX'.o'jxat; x:apiûé5ioz£v .

Velleius Paterculus, I, i5 : Cassio autcm Lon- gino & Sexto Calvino, qui Sallues apud Aquas, quae ab eo Sextiae appellantur, devicit, coss., Fa- brateria deducta est, abliinc annos ferme clvh, &, post annum, Scylacium, Minervium, Tarentum, Neptunia, Carthago que in .\frica prima, [ut prae- diximus,! extra Italiam colonia condita est.

' C I. L., Acta triumph. Capitolina, t i, p. 460, an. 63 1 U. C. : M Ku{lvi)us M f . Q n Flaccus pro an . dcxxx

(cos . de Li)guribus Vocontieis Salluveisq vi

Amm. Marc, 1. i5, c. 12.

' C. 1. L., loc. cit. En effet, nous savons par les Fastes qu'il fut consul en 12 5, & par les Actes triomphaux qu'il fut victorieux dans la Gaule transalpine en 124. Cf. Herzog, op, cit , p. 44.

3 T.-L., PcnocA., 60: IVl. Fulvius Flaccus, primus Trans- alpines Ligures domuit, missus in auxilium Massiliensibus advcrsus Salluvios Gailos, qui fines Massiliensium popula- bantur.

Ammien Marcellin, 1. i5, c. 12 : Mae rcgiones, praecipue quae confines Italicis, paullatim levi sudore sub imperiura venere RomaTum : primo tentatae per Fulvium, deinde praeliis parvis quassatae per Sextium, ad ultimum per Fabium Maximum domitae : cui negotii plenus effectus, asperiore Allobrogum gente devicta, hoc indidit cognomentum.

Cassiodor., Chron. :

(Cn. Domitius & C. Fannius)

His coss. Sextius oppidum aedificavit, in quo ."^quae Sextiae in Galliis.

Il ressort de ces textes que Calvinus, vainqueur des Ligures, des Voconces & des Salyens (ou Sallu- viens), a établi à Aix, non pas encore une colonie, comme on devrait le croire d'après le sommaire de Tite-Live, mais une garnison romaine à poste fixe, un castellum & une ville protégée par cette garnison. Le témoignage de Strabon est précis.

Le texte de Velleius Paterculus confirme celui de Strabon, sans être aussi concluant. Après avoir mentionné une colonie fondée (en 63o U. C.) sous le consulat de Calvinus, le vainqueur des Salyens, près d'Aix, il ajoute que, l'année suivante (donc en 63 1 U. G.), une colonie fut envoyée à Carthage, & que c'est la plus ancienne de celles qui furent établies hors de l'Italie.

Nous savons, par le témoignage de Cassiodore, que Aix fut fondée en 632 U. C, sous le consulat de Cn. Domitius Ahcnobarbus & de C. Fannius Strabo; c'est-à-dire un an après Carthage. Si donc Aix a été une colonie, cela n'empêcherait pas Carthage d'avoir été la plus ancienne des colonies créées hors de l'Italie. Mais en ce cas il est presque sûr que Velleius, citant à la fois Aix & dilférentes colonies, aurait eu soin de dire qu'Aix était aussi une colonie.

Telle est l'opinion de M. Herzog [op. cit., pp. 44 & 5o).

Voici donc tout ce qui ressort de nos textes : Calvinus fonda la ville d^Aquae Sextiae, un camp romain fortifié & permanent, un castellum. Il éloi- gna les Salyens du rivage & donna toutes ses conquêtes à Marseille, sauf ce castellum romain établi pour les protéger. Cette fondation date de 122 av. J.-C. 632 U. C. Calvinus était alors proconsul & revint triompher à Rome la même année.

§ 3

C.V. DOMITIUS Cn. F. Cn. N. AHENOBARBUS, consul, 122 av. J.-C. 632 U. C; proconsul, 121 av. J.-C. 633 U. C. £■ ni) av. J.-C. 635 U. C. {:).

Q. FABIUS Q. AEMILIANI F. Q. N. MAXIMUS (AEMILIANUS), consul, 121 av. J.-C. 633 U. C; proconsul, 1 20 av. J.-C. 634 U. C.

. G.) (Domitius Ahenobarbus est

C. L L., t. !, pp. 534 & 535, Fasti cos. (122

av. J.-C 632 U. ~ ' -

consul.)

Id., ibid. : (121 av. J.-C. 633. U. CI (Fabius Maximus est consul.)

FASTES DE LA NARBONNAISE.

C. I. L., t. I, p. 4'J", Acia iriumph. Cayitoliua : Q Fabius Q .Emiliani - f Q - n an i.ic(xxxiii) Maximus procos de Allohro(giLuis) et rege Arvernorum Betulto x k..*..

Cn Domitius Cn f Cn n Ahenobarb a(n) (dcxxxiii) procos de - Galleis Arverneis xvi k

Cf. Henzen, id.. Comment., p. 4(i3 (an 634 U. C.) & t>. 4C7.

Cic, Pro Fonteio, i5 : Ita vero, si illi bellum facere conabuntur, excitandus nobis erit ab infe- ris C. Marius, qui Induciomaro isti, minaci atque arrogant!, par m bclligerando esse possit; exci- tandus Cn. Domitius, & Q. Maximus. qui natio- . nem Allobrogum & rcliquas suis iterum armis conlîciat atque opprimât; aut, quoniam id quidem non potest, orandus erit nobis amicus meus, M. Plaetorius, ut suos novos clientes a bello faciendo deterreat, ut eoruni iratos animos atque horribiles impetus deprecetur; aut, si non pote- rit, ,M. Fabiuin subscriptorem cjus rogabimus, ut ;\IIobrogum animos mitiget, quoniam apud illos Fabiorum nomen est amplissimum

Caesar, De Bello Gallico, 1. i, c. 45 : Bello su- peratos esse Arvernos & Rutenos ab Q. Fabio Maximo, quibus populus Romanus ignovisset; ncque in provinciam redegisset, neqùe stipen- dium imposuisset.

T.-L., Perioch., 61 : Cn. Domitius proconsul adversus Allobrogas ad oppidum Vindalium féli- citer pugnavit. Quibus bellum inferendi causa fuit, quo'd Teutomalium, Salluviorum regem, fu- gientem recepissent & omni ope juvissent, quod- que jEduorum agros, sociorum populi romani,

vastassent Q. Fabius Maximus consul, Paulli

nepos, adversus Allobrogas & Bituitum, Arver- norum regem, féliciter pugnavit. Ex Bituiti exer- citu caesa millia hominum centum viginti. Ipsc, quum ad satisfaciendum senatui Romam prolec- tus esset, Albam