CD Spi, > E> b> >a DEP »> DSW > 2D a S Pa Dm: SD. Sr DT 55 D. D > MaDe PID : +a >) opin De > > ONGRESS. [ SMITHSONIAN ‘DEPOSIT. | Chap. OS, Hew... | 2 ‘ | as De KO UNITED STATES > Tf al SS We > bs ry = VV VMS NU V W SS SD WW vo oy Gury j es. EDS DS (Re DD > >) = mi) DD ED) > ae Ÿ > J > 5 », > v / Ÿ 4 V VC VIS M CU TENA VON, 4 | V a V NS VE oe ba | v « D À AA M AA 5 > US ÿ LV vy W À v 4 Be À AP À wt UW Yiu | V ‘ Vj 4 Vy Ni, “us | WW AE W N (SA dort mm US LT + i W ty “LD “>> > a geo Fe HS NV WW WW iy 7 M Wy à DPD De DP 1e Yu by Ng oe aan Ve 1 mi m DOO NRO) EX scr ON ATU A Ee i SENN ci f D 4 w ee Bulletin de recherches, observations et découvertes se rapportant à l’Ilistoire Naturelle du Canada. TOME TREIZIEME VABBE L. PROVANCHER, REDACTEUR-PROPRILTAIRE PT LESART c QUEBEC : C. DARVEAU, IMPRIMEUR-EDITEUR. No. 82, Rue de la Montagne. 1882. cd, Pepe > nos, Vol. XII[ CapRouge,Q., JANVIER 1882. No. 145. Rédacteur : M. l'Abbé PROVANCHER. NOTRE TREIZIEME VOLUME. Nous allons enfin reprendre nos publications men- suelles comme ci-devant, et nous espérons n’avoir plus a Pavenir a leur faire souffrir ni délai ni suspension. Nous reconnaissons que cette publication de tous les deux mois seulement, jointe à une interruption de plus de cing mois pour notre voyage d'Orient, était bien propre a dégoûter ceux qui nous suivent sans étre véritablement animés du feu sacré, qui y mettent presque autant de complaisance que de véritable zéle. Aussi nous proposons-nous pour l'avenir de faire tous nos efforts pour que le zèle des débu- tants ne trouve de notre part aucune cause de refroidisse- ment, et que l'intérêt des naturalistes pratiques puisse tou- jours se soutenir sinon s’augmenter, Nous espérons, dans le cours du présent volume, voir la fin de l'Ordre des Hyménoptéres, qui nous occupent de- puis si longtemps. Nous pourrions même y parvenir avec quelques livraisons seulement ; mais la longue durée de notre revue de cet Ordre nous a permis de recueillir de nombreux spécimens nouveaux, dont la description devra 2 LE NATURALISTE CANADIEN nécessairement prendre place dans un appendice; et cet appendice est déjà considérable, Qu il est regrettable qu’il n’y ait pas un plus grand nombre de naturalistes pratiques en divers endroits de notre territoire, Si du moins il sy trouvait des amateurs collectionneurs, ou simplement des chasseurs qui nous mettraient au fait de leurs captures; quel secours ne reti- rerions-nous pas d’une telle collaboration ! Mais nous nous trouvons dans un isolement qui parfois nous décourage ; et loin de voir le nombre de nos adeptes augmenter, nous avons peine à le sauver de la diminution, car la soustrac- tion à ces études, pour des devoirs d'état plus importants, de partisans dévoués ou de chasseurs heureux, vient sou- souvent faire équilibre aux quelques recrues que nous pouvons obtenir de temps à autre. C'est ainsi que nous avons vu tout dernièrement M. l'abbé Burque laisser le professorat au séminaire de St- Hyacinthe, pour passer à l'exercice du saint-ministère, Espérons toutefois que ses connaissances acquises et ses heureuses dispositions ne seront pas pour longtemps sous- traites au progrès de la science ; que bientôt fixé dans une situation stable, il pourra, sans rien négliger de ses devoirs, reprendre ses études premières, et les poursuivre peut-être plus facilement encore qu’en premier lien. Nul doute qu'avec des collaborateurs plus nombreux, nous aurions pu donner une faune bien plus complète que celle que nous consignons dans les pages de notre publi- cation. Dans un envoi que vient de nous faire M. l'abbé Huart, de Chicoutimi, résultat des chasses de quelques élèves de son collége dans la dernière saison, il ne s’est pas trouvé moins de 12 Hyménoptères nouveaux pour nous, et la plupart encore inconnus à la science. Quel immense avantage ne serait-ce pas si on pouvait compter 10 à 12 chasseurs de cette sorte en Gifférents endroits du pays ? Mais si le nombre des adeptes est restreint, d’un autre côté, l'intérêt qu'ils portent à ces études paraît toujours très vif et soutenu, et rien autre chose que des devoirs d'état multiples, ou le manque du matériel nécessaire, ne NOTRE TREIZIEME VOLUME 3 les empéche de s’y livrer davantage et de se rendre plus effectifs. tien de plus agréable à des écoliers, par ex- emple, que la chasse aux insectes; mais pour s’y livrer, il faut avoir le matériel nécessaire ; il faut filet, pincettes, épingles, liége, etc., et ces objets matériels, manquent pres- que partout, ne peuvent pas méme se trouver dans toutes nos villes! Ajoutons que la gent écolière, qui toujours aime courses, chasses, distractions de tout genre, n’est pas celle qui d’ordinaire a la bourse la mieux garnie. Mais les lettres nombreuses que nous recevons de toutes parts, pour senquérir si nos Tableaux d'histoire naturelle vont bientôt paraître, nous sont une preuve que l'attention du public lettré, et surtout des directeurs de maisons d’éducation, est réveillée sur ce point; qu’on sent chez les promoteurs du progrés intellectuel en ce pays, notre infériorité sous ce rapport, et qu'on voudrait y remédier aussitôt que possible. Nous ne pouvons qn’applandir à de si bonnes dispo- sitions, mais malheureusement, pour ce qui en est de nos Tableaux, nous ne nous sentons nullement décidé encore à entreprendre une publication de $1000 à $1200, lorsque nous n'avons pour tout appoint que 40 souscripteurs à $8 chaque. Le gouvernement ne devrait-il pas, par une aide suf- fisante, faire en sorte que cette publication voie le jour ? Ii le devrait, suivant nous; cependant, nous n’osons encore croire qu'il le fasse, parce que nous savons que là, ce n’est pas l'intérêt de la science qui l'emporte ; on recon- nait bien qu'aucun progrès ne s'effectue sans avoir la science pour base, mais on est habitué à profiter de son secours lorsqu'il est offert, sans se mettre en peine d’activer sa poursuite pour qu’elle devienne encore plus efficace. Fai- sons des chemins de fer, des ponts, des canaux ; établissons des usines, des manufactures; favorisons le commerce; développons l’industrie ; et la science viendra à nouns si elle le peut; nous avons des besoins trop pressants pour aller la chercher. Voila ce que proclament nos politiques, sinon de paroles, du moins par leurs actes. Nos dessins ont été jugés à Paris fort bien exécutés, 4 LE NATGRALISTE CANADIEN et pouvant avoir un très bon effet, mais le coût de l’exé- cution nous a découragé, Quand on peut compter, comme dans ces vieux pays, des milliers de souscripteurs à des œuvres de ce genre, leur publication devient facile ; mais quand après des appels réitérés, il faut fermer la liste à la quarantaine, il n’y a plus à hésiter, le projet tombe de lui- même, Mais 150 à 200 souscripteurs pour une œuvre sem- blable ne peuvent-ils se trouver en ce pays? La chose est- elle impossible ? La chose est très possible ; ce ne sont pas les moyens qui manquent, mais la volonté; le goût, l'affection ne se portent pas de ce côté, $800, $1000, un faiseur de grimaces les réalisera dans une seule soirée à Montréel ou à Québec! Mais personne n’ignore que les badauds sont partout plus nombreux que les gens d’esprit; et allez donc parler d'œuvres intellectuelles à ces chercheurs d’amusements ? Ils n’entendent rien à cette gamme là ! FAUNE CANADIENNE (Continué de la page 362 du vol. XIL.) Fam. XII. SCOLIADIDES. Scoliadide. Tête grosse et courte; yeux petits et échancrés. Antennes courtes, épaisses, et courbées au 2e article dans les ©, tandis qu’elles sont longues et s’épaississant vers l'extrémité dans les ¢. Chaperon large, en carré irrégulier, labre à peine visi- ble. Mandibules grandes et larges dans les Q. Prothorax en forme d’arc prolongé sur les côtés jus- qu'aux ailes, ou en forme de nœud. XII.—SCOLIADIDES. 5 Ailes dans les 2 sexes, les antérieures avec 8 cubitales, Abdomen généralement large et déprimé, plus long a lui seul que le reste du corps, avec un puissant aiguillon dans les 9 et des stylets le plus souvent apparents dans les 3. Pattes moyennes, généralement poilues aussi bien que le reste du corps; le premier article du tarse aussi long que la jambe. Ces insectes, dont quelques espéces dans les climats chauds prennent une très forte taille, vivent solitairement, contrairement aux guêpes et aux fourmis. On les ren- contre d'ordinaire sur les fleurs. Les femelles se creusent des trous dans le sol souvent très profonds, où elles en- fouissent un autre insecte, araignée, larve de coléoptère, etc., qu’elles ont paralysé par le venin de leur aiguillon, et sur lequel elles déposent un œuf; la larve éclosant de cet œuf, trouve à sa portée, au moment de son éclosion, la nourriture qui lui convient, elle s’en repait pour subir ses différentes mues ; le temps de sa transformation arrivé, elle se file un cocon à double enveloppe, dans lequel elle subit sa métamorphose, n’en sortant qu’à l’état parfait, Nous n'avons encore rencontré que les 3 genres qui suivent auxquels nous en ajoutons un nouveau. Ailes antérieures avec une seule récurrente...............1. SCOLIA. Ailes antérieures avec deux récurrentes ; Pattes hispides ou fortement poilues ; Hanches postérieures Q inermes........... -..2. TIPHIA Hanches postérieures 2 munies d’un mucron en dessus près de la base..........3. ISCHIOCERAS, n. g. Pattes ni hispides, ni fortement poilues, à peine pubes- centes...-. Dm ce = = = anne le Sele Seay A DEA 1, Gen. Scone. Scolia, Latr, Téte transverse. Antennes courtes, le premier article le plus long, les articles terminaux plus forts, Thorax robuste, le prothorax en forme dare s'étendant sur les côtés jusqu'aux ailes ; les flancs concaves, Ailes avec la cellule radiale courte et arrondie à son extrémité, 2 cubi” 6 LE NATURALISTE CANADIEN tales, dont l’extérieure allongée et retrécie à sa base, recoit l’uniqne récurrente en avant de son milieu, Pattes courtes, cuisses fortes et arquées près du genoux, jambes courtes et fortes, fortement hispides. Abdomen plus long que le reste du corps, cilié de poils raides ou fortement hispide, muni d’un puissant aiguillon dans ies © et terminé dans les 3 par 2 ou 3 épines. Insectes de forte taille, à ailes plus ou moins obscures et à abdomen plus ou moins taché de jaune ou de roux ; nous n’avons encore rencontré que l’espèce suivante que nous croyons nouvelles. Scolie a-une-seule-ceinture. Scolia unicincta, nov. sp. d—Long. .40 pee, D'un noir foncé avec le 2e segment abdo. minal rouge. Tout le corps hérissé de poils raides ; la tête, le thorax, avec le ler segment abdominal rugueux par des gros points enfoncés. Antennes assez longues, fortes, brunes. Métathorax arrondi posté- rieurement. Ailes fortement enfumées, la radiale courte, coupée pres- que carrée à son extrémité, la Ze cubitale courte, en triangle, recevant la récurrente près de son milieu. Pattes poilues ; cuisses non renflées. Abdomen à segments terminés par un rang de cils noirs, denses et dressés, fort apparents, le 2e ponctué et entièrement roux, excepté sa marge terminale de poils noirs, les autres glabres et brillants, noirs, le dernier terminé en dessous par 2 épines. @ — Avec l'abdomen entièrement rouge à part le premier segment et les cils noirs des marges. Ailes avec 3 cellules cubitales et 2 récur. rentes, bien que la 2e soit moins prononcée que la première. Pour tout le reste semblable au Œ. Capturé un cet une 2. Les rangs de cils dressés de l'abdomen de cette espèce, la rendent bien remarquable. 2. Gen. TIPHIE. Tiphia, Latr. Tête courte, transversale. Palpes maxillaires longs, composés d’articles inégaux. Antennes courtes et fortes, plus ou moins enroulées dans les 9. Ailes avec une radiale le plus souvent incomplète, 2 cubitales, recevant chacune une nervure récurrente. Abdomen large et déprimé, coni-: que à l'extrémité, le premier segment plus petit, le dernier dans les d' terminé par une longue queue recourbée, XII.—SOCOLIADIDES. 7 Pattes courtes, plus ou moins hispides, les cuisses élargies et arquées près du genoux, les hanches inermes. Le principal caractère de ce genre paraît consister dans la nervation des ailes des 9 et l’épine recourbée de l'abdomen des 3. Une seule espèce rencontrée. Tiphie sans-ornements. Tiphia inornata, Say, Say’s Ent. i, p.228 9; T. transversa G i, p. 385. £— Long. .68 pce. Noire sans aucune tache, avec poils jaunâtres plus ou moins abondants. Antennes courtes, fortes, à articles courts, enroulées à l'extrémité, leur premier article cylindrique et fortement villeux, surtout en dessous. Prothorax en forme d’arc, ponctué et villeux, son bord postérieur avec l’antérieur du mésothorax, lisses et glabres. Métathorax en carré, portant 3 lignes longitudinales soule- vées au milieu, son bord postérieur avec aussi une ligne soulevée. Ailes hyalines-jaunâtres, plus ou moins enfumées, avec une radiale ouverte en arrière et du côté de la côte, 2 cubitales fermées, la première longue recevant la 1re récurrente vers son milieu; la 2e plus longue que large, élargie en arrière et recevant la 2e récurrente au delà de son milieu, la cellule discoïdale extérieure fort grande, cependant fermée. Flancs du prothorax concaves et luisants, ceux du métathorax striés stransversalement en arrière. Pattes courtes, les jambes élargies et fortement hispides en dehors. Abdomen brièvement pédiculé, à 1er segment plus petit et marginé d’une ligne rousse au sommet, le 2e avec un rang de fines crénelures à sa base, tous les segments avec une bande plus fortement ponctuée au sommet, et ciliés de poils jaunâtres en dessous.—C. d'—Long. .43 pee. Avec les antennes plus allongées, les pattes plus grêles et moins hispides, les ailes avec la radiale fermée carrément à l'extérieur, les autres cellules comme dansla 2. L’abdomen plus grêle et terminé par une épine aiguë et redressée.—C. Say avait pris ce d' pour une espèce distincte qu’il a décrite sous le nom de {ransversa. Dans Jes 9 l'abdomen prend souvent une teinte bleuâtre. Nous avons tout lieu de croire que ces insectes sont parasites des larves de nos Hannetons, les Lachnosterna fusca, car nous trouvons d’or- dinaire leurs coques fort abondantes au printemps, dans les terrains fraîchement fumés où abondent les larves des premiers insectes, Ces coques ont une double enveloppe, l'intérieure à fils soyeux, tenaces, retenus par une espèce ‘ 8 LE NATURALISTE CANADIEN de gomme qui en fait un tissu très résistant, l’extérieure à tissu plus serré constituant une espèce d’écaille. La fe- melle déposerait ses œufs sur la larve du coléoptère qui servirait de nourriture au ver de la Tiphie, et lorque le temps de la métamorphose serait arrivé pour cette der- nière, elle se filerait sa coque là même, dans le sol. 3. Gen. ISCHIOCÈRE. Ischioceras, nov. gen, Tête cubique; antennes fortes, à articles courts, non enroulées, p.us courtes que la tête et le thorax réunis; mandibules dentées. Prothorax assez étroit, en arc, se prolongeant jusqu'aux ailes ; métathorax court, sans lignes. soulevées, Ailes: © avec une radiale parfaite, allongée, 4 cubitales, la 2e et la 8e recevant chacune une récurrente en avant de leur milieu ; la 2e en triangle, sessile, n'étant point pédiculée sur la radiale ; 4 avec la 2e cubitale beau- coup plus longue que large et recevant la 1ère récurrente au delà de son milieu, la nervure qui la divise d’avec la lère cubitale plus ou moins obsolète. Les antennes & beaucoup plus longues et plus gréles et comme festonnées en dessous. Pattes courtes et assez grêles, ni épineuses, ni fortement hispides, les hanches postérieures @ avec un mucron bien distinct en dessus, près de leur base. Abdo- men a premier segment plus petit, le 2e avec un rang de stries à sa base, et tous avec une marge lisse an sommet plus ou moins ciliée, le dernier courbé brusquement, de manière à présenter une face presque verticale en arrière, Abdomen & beaucoup plus allongé et plus grêle que dans la Q, le dernier segment à stylets de l'arceau dorsal pro- longé en arrière et à arceau ventral terminé par une longue épine redressée, comme dans les Tiphies. Le principal caractère qui sépare ces insectes des Ti- phies est le mucron des hanches postérieures de la femelle joint à la nervation des ailes, Une seule espèce rencontrée. Ischiocère rugueuse. Ischioceras rugosa, nov. sp. P—Long. .40 pce. Noire, sans aucune tache, avec poils blan- châtres plus ou moins abondants, tous les tézuments rugueux-chagri- nés, Face courte, avec poils allonzés; vertex fortement rugueux. Antennes légèrement épaissics au milieu et plus grêles à l'extrémité. XII.—SCOLIA DIDES. 9 Métathorax court, avee une fossette médiane sur le disque. Ailes légèrement enfumées, hyalines à la base, les nervures et le stigma, noir; la 2e cubitale en triangle ct paraissant comme pédiculée par la nervure inférieure de la première. Pattes moyennes, non dilatées, simplement pubescentes, hanches postérieures avec un.mucron bien distinct en dessus près de leur base. Abdomen ovalaire, à premier segment plus petit, tous les segments ponctués avec une marge lisse au sommet et fortement resserrés à la suture. d'— Moins robuste, plus allongé et plus grêle ; la 2e cubitale non en triangle, beaucoup plus longue que large, la nervure la séparant de la 1ère peu distincte. Hanches postérieures inermes, Abdomen ter- miné par une longue épine aiguë et redressée. Capturé au Cap-Rouge 5 9 et 13 ; un d' pris aussi à St-Hyacinthe. F4. Gen. SapyGe. Sapyga, Latr. Téte courte, transverse ; yeux échancrés, Antennes presque aussi longues que la tête et le thorax réunis, plus grosses vers l'extrémité, quelquefois en massue, Prothorax en forme dare s'étendant jusqu'aux ailes. Pattes courtes, ni renflées, ni fortement ciliées, Corps ni rugueux, ni hispide. Ailes présentant une radiale, 4 cubitales et 8 dis- coidales toutes parfaites, la 2e cubitale la plus petite, pres- que en carré, recevant la 1ère récurrente en avant de son milieu, la 3e recevant la 2e récurrente aussi en avant de son milieu. Abdomen en ovale allongé, ni ruguenx, ni contracté aux sutures, et souvent orné de taches jaunes. Les antennes de ces insectes qui sont plus longues que dans les genres qui précèdent et qui vont en s’épaississant de la base à l'extrémité, à l'exception des derniers articles qui sont un peu plus grêles, les distinguent particulière- ment, Une seule espèce rencontrée. Sapyge tachée. Sapyga maculata, nov. sp. £ — Long. .45 pee. Noire, opaque, une tache jaune semi-circulaire au dessus duchaperon crénelée à son bord antérieur ; les orbites anté- rieurs jusque dans l’échancure des yeux, une petite ligne de chaque côté en arrière de la tête, jaune. Antennes fortes, plus grêles à la base, à articies courts, noires, roussâtres en dessous près de la base, Thorax densément ponctué de même que la tête, le prothorax avec une tache jaune en avant, de chaque côté; métathorax court, arrendi. Ailes 10 LE NATURALISTE CANADIEN légèrement enfumées, les nervures et le stigma, noir; 2e cubitale avec sa nervure antérieure courbe, la nervure la SA de la 3e droite. Pattes rousses, les hanches avec les cuisses, noir, les jambes avec une ligne blanche en dehors. Abdomen uni, les segments 3 et 4 avec un ceinture jaune vers leur milieu, 5 avec une petite tache de chaque côté 6 presque entièrement jaune avec un point noir de chaque côté ; en. dessous les segments 3 et 4 avec une bande jaune interrompue au milieu.—PC,. Capturé un spécimen au Cap Rouge et un autre pris à St-Hyacinthe. Fam. XIII. SPHEGIDES. Sphégide. Téte tranversale; mandibules striées, avec ou sans dentelures. Antennes gréles, peu allongées, filiformes. Prothorax non prolongé postérieurement jusqu’à l’in- sertion des ailes, et rétréci antérieurement en une sorte de cou. Ailes avec une radiale reculée vers l'extrémité de Paiie par l'allongement de la lére cubitale, les cubitales au nombre de 4 et les 3 discoïdales toutes complètes. Pattes postérieures très longues, les antérieures dans les © avec les articles des tarses dilatés et épineux, disposés pour fouir. Abdomen ovalaire, fusiforme, et quelquefois subglo- buleux, toujours pédiculé et souvent très longuement. © munies d'un aiguillon. Ces insectes, qui sont tous de forte taille, creusent leurs nids dans le sol ou les construisent de boue qu'ils attachent aux murs, clôtures, etc, Une fois le nid construit, la femelle cherche la proie qui convient à ses larves, chenille, arai- gnée, criquet, etc. Elle pique cette proie de son aiguillon et le venin qui s’en échappe a la vertu de paralyser l’insecte ainsi piqué sans lui donner la mort, de sorte qu'il se con- serve frais dans le nid jusqu'à ce que la nouvelle larve éclose puisse l’attaquer pour s’en nourrir. Cette famille dans notre faune, n’est représentée que par les 2 genres qui suivent, Il pourrait se faire que le XIII.— SPHEGIDES. ie genre Sphex se trouverait aussi dans notre Province, cependant nous n’en avons encore rencontré aucun repré- sentant. Mandibules sans dentelutes ; jambes et tarses à épines peu nombreuses, chaperon plus large que long, an- tennes insérées au dessus du milieu de la face....1. PELOPœŒUS. Mandibules dentées; jambes et tarses munis d’un grand nombre d’épines ou de cils raides; chaperon plus long que large; antennes insérées au milieu de la CR na mets © à se à done Ate ROBE, 1. Gen. PéLOPE. Pelopeus, Latr. Antennes assez longues, filiformes, insérées au dessus du milieu de la face, le premier article subglobuleux, le 2e très petit, noduleux, les autres allongés. Mandibules striées, sans dents. Labre plus large que long. Prothorax rétréci en une espèce de cou. Ailes avec une radiale petite, 4 cu- bitales et 3 discoidales fermées, la 2e cubitale rétrécie en haut, recevant les 2 nervures récurrentes. Pattes à épines ou cils raides peu nombreux. Abdomen en massue fusi. forme, longuement pédiculé. Insectes de bonne taille, à couleurs foncées, brillantes, qu'on trouve ordinairement sur les fleurs. Deux espèces rencontrées. Plus ou moins taché de jaune.............. 1. cementarius. Noir-bleuâtre sans aucune tache. ........ ... 1. cæruleus. 1. Pélope maçon. Pelopæus cementarius, Drury; P. lunatus, Fabr. St-Farg. Hym. iii, p. 312. Q—Long. .82 pce. Noir; le scape des antennes, le dessus du prothorax, les écailles alaires, une tache au dessous, l’écusson et le post-écusson, une tache sur la face postérieure du métathorax, une demi-lune sur le 2e segment abdominal, avee les pattes en partie, jaune. Face avec duvet argenté, le chaperon avancé dans sa partie médiane et covhé de manière à former 2 dents. Antennes noires, le premier article jaune, quelquefois noir en dessus. Prothorax divisé par une ligne enfoncée au milieu. Thorax fortement ponctué, le dos du métathorax finement strié transversalement. Ailes enfumées-jaunatres, l'extrémité plus foncée, 3e cubitale fortement élargie sur la lére cellule du limbe, la 2e recevant les 2 récurrentes. Pattes, les 4 antérieures 12 LE NATURALISTE CANADIEN jaunes, avec les hanches, les trochantins et la base des cuisses, noir; les postérieures noires avec les tarses et la moitié basilaire des jambes, jaune. Abdomen fusiforme, à pédicule fort long, noir, le 2e segment avec une demi lune jaune sur sa partie dilatée.—CC. d'—Plus grêle et plus petit, le plus souvent sans tache jaune au prothorax. Var. Le prothorax sans tache, l’écusson seul jaune ; le 2e seg- ment abdominal sans tache, etc. Cette espèce construit ses nids de boue, appliquée le plus souvent sur des murs; ses cases, qui sont assez longues, sont partagées en plusieurs chambres, dans chacune des- quelles est renfermée une araignée pour la nourriture de la larve, et le tout est recouvert d’une nouvelle couche de boue 2. Pélope bleuâtre. Pelopeus cæruleus, Linn. St. Farg. Hym. ili, p. 320, 2 co. Q—Long. .75 pce. Noir changeant en un beau bleu, avec poils noirs. Chaperon aussi large que long, denté en avant, triangulaire supéricurement. Antennes noires. Prothorax avec un sillon longi- tudinal le partageant en 2 lobes ; métathorax canaliculé au milieu et de chaque côté. Tout le thorax et la tête d’un beau bleu avec poils noirs longs mais peu denses. Ailes opaques, noires, bleuâtres à la base, la cellule radiale arrondie à son extrémité. Pattes noires chan. geant en bleu. Abdomen à pédicule grêle, aussi long que le reste qui est fusiforme, d’un beau bleu métallic.—C. Le 4 est en tout semblable à la ©, cette dernière se distingue surtout par le dernier arceau ventral qui est al- longé, plus grand que les autres, tandis que dans les 3 il est semblable aux autres. La femelle construit son nid de boue qu’elle attache à un mur, une clôture, etc., et dans lequel elle renferme le plus souvent des araignées pour la nourriture de ses larves, Ces nids sont ordinairement beaucoup plus longs que larges et partagés par un grand nombre de cloisons. 2 Gen. AMMoPHILE. Ammophila. Antennes insérées vers le milieu de la face. Mandi- dibuies dentées, Chaperon plus long que large. Ailes avec une radiale sans appendice, 4 cubitales dont la léere XIII, —SPHFGIDES. 13 longue, la 2e presque en carré et recevant les 2 nervures récurrentes ; la 1ère cellule discoidale est de même que dans les Pélopes très longue. Pattes avec les tarses armés dépines et de cils raides, les postérieures très longues. Abdomen en massue fusiforme, le pédicule très long. Ces insectes, souvent de fort grande taille, creusent leurs nids dans le sol pour y renfermer des araignées, des chenilles, etc,, pour la nourriture de leurs larves, 5 espèces rencontrées. Pédicule de l'abdomen se composant du ler segment seulement; Abdomen noir, sans aucune tache.............. 1]. luctuosa. Abdomen avec les segments 2 et 3 roux....... 2. communis. Pédicule de l’abdomen se composant des segments 1 et 2; Abdomen noir, sans aucune tache.......,..... . 3. gracilis. Abdomen taché de roux ; 3e cubitale dlargie Seitcinete au milicu..... 4. gryphis. 3e cubitale élargie sur la Lère cellule du limbe. 5. conditor, 1. Ammophile en-deuil. Ammophila luctuosa, Smith, Brit. Mus. Cat. Hym. iv, p. 224. Q—Long. 70 pce. Entièrement noire avec poils noirs, l’abdomen Je plus souvent avec teinte bleuâtre. Face fortement ponctuée, à cha. peron à peine sinué an milieu. Tout le thorax finement ponctué, les côtés du métathorax striés stransversalement. Ailes fortement enfu- mées, à réflexion violette, la 2e cubitale presque carrée, la 3e élargie sur la 1ère cellule du limbe. Pattes noires, les tarses et les jambes antérieurs fortement ciliés-épineux. Abdomen en ovale allongé, le pé- dicule formé du ler segment seulement.—PC, 2. Ammophile commune. Ammophila communis, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil. iv, p. 462, à. 8 — Long, .65 pee. Noire avec poils noirs, les antennes quelques peu soyeuses. Thorax ponctué, le métathorax tant sur le disque que sur les côtés strié transversalement, le mésothorax avec un sillon mé- dian. Ailes plus ou moins fuligineuses, à réflexion violette, la 2e cu- bitale rétrécie à la radiale, la 8e peu élargie à la 1ère cellule du limbe, Pattes noires, les tarses fortement ciliés-épineux. Abdomen robuste, à pédicule assez court, formé du ler segment seulement, la partie di- latée du ler segment, le 2e entièrement avec le 3e excepté au sommet, roux, le reste noir, quelquefois bleuâtre.—PC. 14 LE NATURALISTE CANADIEN g—Avec le chaperon beaucoup plus allongé et couvert d’un duvet argenté, les pattes aussi plus ou moins cendrées, Le pédicule plus court de cette espèce la fait facile- ment distinguer, 3. Ammophile grêie. Ammophila gracilis, St-Fargeau, Hym. ii, p. 381. 9 — Long. .75 pee. Noire, avec quelques poils blanchâtres ; une tache sur le chaperon, une autre de chaque côté près des yeux, les tubercules calleux du mésothorax, une tache triangulaire sur les flancs, une autre de chaque côté à l'extrémité du métathorax, d’un duvet argenté. Le prothorax avec une impression semi-cireulaire au milieu ; le mésothorax avec un sillon médian, ses côtés striés transversalement ; le métathorax tant sur son disque que sur ses côtés strié transversale- ment. Ailes subhyalines, les nervures et le stigma, brun plus ou moins foncé, la 2e cellule rétrécie à la radiale, la 3e élargie au milieu. Pattes noires, les jambes et Jes tarses fortement ciliés-épineux, les hanches postérieures avec duvet argenté en dessus. Abdomen en ovale, très longuement pédiculé, ce pédicule se composant des 2 premiers segments, entièrement noir, le 2e segment plus fort que le ler et obscurément roussâtre en dessous.—PC. d'—Avec toute la face couverte de duvet argenté, le chaperon prolongé en une pointe bien distincte, le 3e segment abdominal dis- tinctement roussâtre en dessous. Espèce bien remarquable par ses taches argentées et la pointe de son chaperon dans le g. 4. Ammophile gryphon. Ammophila gryphus, Smith, Brit. Mus. Cat. iv, p. 222. ®—Long. 1. 87 pce. Noire, avec un duvet argenté formant des taches aux côtés de la face, en arrière des yeux, sur les bords antérieur et postérieur du prothorax, les tubereules calleux, 2 bandes obliques sur les flancs, l'extrémité du métathorax et le dessus des cuisses, Tout le thorax fortement strié transversalement, l’écusson avec ces stries longitudinales,. Ailes sub-hyalines, les nervures et le stigma, noir; la 2e cellule cubitale rétrécie à la radiale, la 3e élargie au milieu, Abdo- men en ovale, le 22 segment à peine plus fort que le premier et for- mant le pédicule avec celui-ci, le 3e excepté au sommet et le sommet du 2e, roux, le reste noir.—PC. Cette espèce, bien remarquable par sa forte taille, se DE QUEBEC A JERUSALEM 15 distingue surtont de la précédente par son thorax forte- ment strié, et les taches de son abdomen. 5. Ammophile charpentier. Ammophila condilor, Smith, Brit. Cat. Hym. iv, p. 222. d'—Lorg. .75 pee. Noir, avec quelques taches de duvet argen- tée sur les flancs. Thorax densément ponctué, les pro et mésothorax avec une ligne enfoncée au milieu. L/écusson strié longitudinalement, le dos du métathorax avec les côtés et la face postérieure finement striés transversalement. Ailes hyalines, un peu plus obscures à l’extrémité, les nervures et le stigma, noir, les cellules cubitales 2 et 3 rétrécies à la radiale. Pattes entiérement noires. Abdomen en ovale, les segments 1 et 2 formant le pédicule, 2 un peu plus fort que 1, 3 entièrement avec le sommet de 2, roux, le reste noir—CC. d'—Avec la face argentée et le thorax avec poils blanchâtres, le 2e segment abdominal roux avec la ligne dorsale noire, quelquefois le 2e segment à toute l'extrémité rousse. La plus commune de toutes nos espèces qu’on trouve trouve partout occupée è creuser ses trous sur les bords des chemins, (A Continuer.) DE QUEBEC A JERUSALEM. (Continué de la page 333, du vol. XII.) A peine avons-nous laissé Tarbes, que nous tombons en plein pays vinicoie. Partout, à gauche, à droite, ce ne sont que champs de vignes. Les vignerons sont actuelle- ment occupés a la taille. On voit derriére eux les ceps tout dépouillés de leur végétation de l’année précédente, et les sarments retranchés réunis en petits tas pour être utilisés au foyer. Souvent des femmes sont ainsi occupées à réunir ces sarments par tas. Aucune ville bien remarquable ne se rencontre entre 16 LE NATURALISTE CANADIEN Tarbes et Toulouse. A Saint-Gaudens, nous coupons de nouveau la Garonne que nous avions traversée a Bordeaux. A 4 heures précises nons entrons dans Toulouse, chef-lieu du département de la Haute-Garonne. Toulouse est une bien jolie ville, de 115,000 habitants, bâtie sur le bord de la Garonne et traversée par le canal du midi qui fait communiquer l’Atlantique avec la Médi- terrannée. Toulouse est une ville très ancienne ; on fait remonter à Galba la construction de son capitole. C'était une ville des plus importantes de la Gaule méridionale. Pour ceux qui ne sont pas des Crésus, l’économie dans le voyage est un item très important, Sans vouloir rien nous refuser de ce qui peut nous intéresser, nous avons, dès le départ de Paris, réglé notre programme, pour dimi- nuer les dépenses autant que possible, Et voici comment nous procédons. En arrivant dans une ville, nous laissons nos malles à la consigne, et ne prenant qu'un tout-petit porte-manteau, que nous portons à la main, nous allons faire choix d'un hôtel un peu distant de la gare, pour n'être pas dérangés par le bruit des trains. Nous louons des chambres seulement pour la nuit ; ce qui nous coûte d'ordinaire 2 francs, et nous prenons nos repas dans les restaurants, Nous y payons moins cher et avons plus à notre goût, sans compter l'économie de temps que nous savons fort bin mettre à profit. Laissant donc la gare de Toulouse, nous traversons le canal, et nous arrêtons à l’hôtel de Bordeaux, l’un des premiers que nous rencontrons, Les réparations conve- nables à la toilette étant faites, nous nous mettons de suite à la visite de la ville, en longeant la grande place publique qui coupe le canal à angle droit. Notre première visite est à l’église S. Sernin, si renommée pour ses précieuses re- liques. Cette église, très ancienne et de vastes dimen- sions, était alors (4 heures) remplie de monde, surtout de femmes, pour le salut qu'on y chante à la suite d’un ser- mon. Nous rencontrons le curé à la sacristie qui nous accueille fort courtoisement, nous questionne beaucoup sur notre pays, et nous invite à célébrer le lendemain. Ce DE QUEBEC A JERUSALEM 17 curé est lui-même rédacteur de la Semaine Religieuse pu- bliée à Toulouse et qui passe pour l’une des plus impor- tantes de la France. En revenant, nous entrons à l’église du Taur, très an- cienne aussi, mais petite ; elle fut bâtie à l'endroit même ou S. Sernin fut massacré par un taureau ; de là son nom. Nous remarquons que le peuple, par son accoutre- ment, paraît beaucoup plus à l'aise ici qu'à Tarbes et à Lourdes, Cependant, comme nous l’avions observé a Paris, Orléans, Bordeaux, etc., la mise des gens est partout assez simple, et bien au-dessous de ce dévergondage de toilettes qu'on étale dans les rues de Québec et de Montréal Il n’y a pas à se le dissimuler, le luxe prend chez nous un tel dé- veloppement chez le peuple, qu'il est devenu une véritable plaie nationale. Il a déjà causé bien des désastres, et il en amènera de plus grands encore, si l’on ne se hâte dy apporter un remède, d’y mettre un frein. Nos cultiva- teurs mènent un train de vie, par leur accoutrement, leurs voitures, leurs habits, sans proportions avec leurs res- sources, Aussi que de biens-fonds sont déjà passés en draps fins, voitures, ameublement, et ces mille colifichets qu’affectionnent tant les personnes du sexe ! Que nous voudrions, leur offrir une lecon pour leur propre gou- verne, en leur faisant voir la mise simple et peu dispen- dieuse des paysans français, malgré les économies que tous savent mettre de coté. Nous trouvons partout dans les rues le peuple en habits de féte, et ne remarquons nulle part comme a Paris, presque des ouvriers à l’ouvrage. Le patois qui résonnait sans cesse a nos oreilles a Tarbes et a Lourdes, est ici moins fréqnent, bien qu’on l’entende encore à chaque instant. Sur la place S. Georges, nous remarquons une statue colossale de Ste-Germaine de Pibrac, dont le tombeau n’est pas éloigné de Toulouse. Revenant de nouveau sur la grande place, nous tra- versons le pont du canal et faisons une marche de l’autre côté, avant de rentrer à notre hôtel. Nous prenons une 18 LE NATUBALISTE CANADIEN nouvelle Sialis infumata avec quelques autres Névropteres peu remarquables de la division des Trichoptères. Les pruniers, les amandiers sont ici en pleine floraison. Lundi 14 Mars --Nous allons célébrer à S. Sernin, et profitons de l’obligeance da sacristain pour visiter la crypte et y vénérer les précieuses reliques qu’elle renferme, L'église de 8. Sernin passe avec droit pour l’une des plus riches du monde en fait de reliques. Nous y voyons entre autres : une épine de la couronne de Jésus, un morceau de vétement de la Ste Vierge, le corps du docteur angélique, 8. Thomas d'Aquin, ceux de 8. Edmond, 8. Giles, 5. Gan- dens, martyr, dont on nous montre une machoire portant encore une dent, des statues miraculeuses des apôtres, les corps de 8. Simon, 8. Jude et 8S. Barnabé; nous vénérons une partie du crane de ce dernier apôtre encore bien con- servée, le corps de Ste Susanne, etc. Depuis quelques années, nous dit M. le curé, la dévotion à l’apôtre S. Jude s’est développée ici d’une manière toute particulière, et a été récompensée par des faveurs signalées obtenues par son intercession, On nous montre encore une chasuble de $. Dominique, la mitre et les gants d’un évêque du 4e siècle, dont nous avons oublié le nom, un superbe coffret renfer- mant un morceau de la table de la céne, etc., etc. A 10 h., nous reprenons le convoi qui de ce point prend une dire@tion bien plus prononcée vers le sud, Nous remarquons des oiseaux nombreux dans les champs, entre autres des cailles et des corbeaux. Partout on est au travail de Ja terre; le plus communément c’est avec des bœufs qu’on laboure. Les champs, des deux côtés de la voie, sont partout plantés de vignes. Nous fai- sons ici en passant, la connaissance de l'olivier pour la première fois. C’est un arbre à tronc difforme et souvent de forte dimension, mais généralement avec une fort belle tête. Sa feuiile étroile et pointue ressemble beau- coup à celle de nos saules, Sa hauteur ne dépasse pas 20 à _25 pieds, sa croissance est très lente et son bois très dur. Une autre plante avec laquelle nous faisons encore connaissance est l’artichaut, Cinara scolymus, Linnée ; c'est be QUEBEU A JERUSALEM 19 une plante de la famille des Composées, à fouilles radicales grandes, épineuses, pennilobées. A plusieurs stations, de notre fenêtre même du char, nous en remarquons de superbes carrés dans des jardins; ses grandes feuilles à bords lobés et sinueux s’étalent sur le sol en rosettes mons- trneuses, montrant déjà au centre la tête qui commence à s'élever. Nous ne connaissions l’artichaut que pour en avoir vu des tétes sur les marchés de Paris. Un certain jour, à table d'hôte dans un hôtel, nous entendons une gaie fille d’Eve crier à ses compagnes, qui croquaient avec grande avidité un certain légume verdàtre nouveau pour nous, qu'elles eussent à prendre garde, qu’elle venait de trouver un ver dans son artichaut. Nous voulûmes en goûter, en y joignant le sel, comme nous le voyions faire aux autres, —Comment trouvez-vous ca? nous demanda notre voisin, — Détestable, répondimes-nous; la saveur est presque nulle, etça n'a rien du piquant du céleri. Et, de fait, nous he nous expliquons l'affection qu'on parait lui mon- trer, que par ce goût pour le vert que font voir ceux qui ont été mis au sec depuis trop longtemps, Ce ne sont ni les feuilles, niles tiges qu'on mange dans l’artichaut, mais uniquement les écailles qui forment l'involuere, et qui par la culture deviennent fort épaisses, charnues et plus ou moins tendres. A Ségala, distance de 13 lieues de Toulonse, nons pas- Sons la hauteur des terres entre l'Atlantique et la Mé- diterrannée, A midi, nous passons à Castelnaudary, petite ville de 9000 à 10,000 âmes, bâtie sur le canal du midi; c’est un chef lieu d'arrondissement ; et à 1 h. 17 m. nous descen- dons dans la gare de Carcassonne,où nous avons 20 minutes pour le diner. Carcassonne, qui compte aujourd’hni une vingtaine de mille âmes, est une ville très ancienne, bâtie sur l'Aude, rivière qui prend sa source dans les Pyrénées et se dé: charge dans la Méditerrannée. Cette ville est divisée en basse et haute, cette dernière partie oceupant une colline couronnée par un château et des tours qui datent de l'oc- cupation des Visigoths. 20 LE NATURALISTE CANADIEN A 4h. nous descendons dans la gare de Narbonne, ot nous avons un arrêt de 10 minutes, Cette ville, qui ren- ferme aujourd’hui 16,000 habitants, était autrefois la métro- pole de la Gaule Méridionale qu’on appelait Narbonnaise. Les abeilles paraissent cultivées ici sur une grande échelle, aussi les miels de Narbonne sont-ils particulièrement estimés. À 5 h. nous passons à Béziers, où nous avons encore un arrêt de 15 minutes. Cette ville qui nous parait un peu pius considérable que Carcassonne, est bâtie sur l’Orb que traverse ici le canal du midi. Béziers est le lieu de naissance de Riquet, celui-là même qui construisit ce fa- meux ‘canal. Nous poursuivons toujours notre route verr le Sud- Est et passons les stations de Villeneuve-les-bains, Vias, Agde, les Onglous etc. qui n’ont rien de remarquable. De- puis assez longtemps déjà nous avions vue sur la Médi- terrannée, mais un ciel chargé de gros nuages, qui de temps en temps nous donnaient d’abondantes averses, nous avait empêché de la distinguer plus tôt, les nuages con- fondant à l'horizon leur couleur avec celle pas eaux de la mer. Enfin à 6.41, nous entrons dans la gare de Cette, sur ie bord même de la mer. Cette qui compte un peu plus de 20,000 habitants, est une ville forte et un port de commerce très important, Le terrain est ici très bas, car la ville même est bâtie sur une langue de terre qui sépare un immense étang, celui de Thau, de la mer même. Nous aimons à croire que Cette, telle que nous l'avons vue, n’a pas toujours la même physionomie, car nous la proclamerions rien moins qu’agréable. C’est avec le para- pluie sur la tête, et en pataugeant dans la boue que nons avons pu la visiter, car la ‘pluie augmenta encore après notre arrivée, La seule chose qui nous intéressa partieu- lièrement fut des paniers remplis d’un petit bivalve que nous remarquâmes à plusieurs portes d'hôtels. Ce bi- valve, de forme régulière, est court, bombé, presque sphérique, avec côtes sub-épineuses sur les côtés. Nous DE QUÉBEC A JERUSALEM 21 l'avons trouvé excellent, et pour nous, bien préférable aux huîtres ordinaires, Son nom scientifique est Venus verru- cosa, Lin. de la famille des Vénérides; on lui donne ici le nom de clovisse. * | Nous traversons sur un pont un large canal bordé des deux côtés de quais converts de futailles de vin, car il s’en fait ici une exportation considérable, et allons prendre notre gite au centre même de la ville, à l'hôtel de la Souche, aussi modeste de ton que de nom, mais du reste servi par des gens très elvils et fort complaisants. Mardi 15 Mars.—Le vent, ce matin, tient encore du Sud-Est comme la veille, et le temps est couvert quoique sans pluie, Nous prenons à la gare notre billet directe- ment pour Marseille, où nous devons arriver à 3.55 h. p.m.; nous payons 14.85 fr. pour le trajet. Nous traversons de nouveau le grand étang du Thau, et prenons une direc- tion presque parallèle avec le bord de la mer. Partout les terres sont très basses et presque entièrement couvertes de vignobles. A 11h, nous passons Montpellier, et à 11.53 h. nous descendons à Lunel, où nous prenons le diner. A 1.6 h. nous coupons le bras principal du Rhone en face d’ Arles, dont le nom nous est devenu familier par le mar- tyre de son vénérable archevêque, au massacre des Carmes lors de la grande révolution, et enfin à 4 h. nous entrons dans la gare de Marseille, Nous nous dirigeons de suite à l'hôtel du Petit-Louvre, qu’un aimable et fort respectable compagnon de route nous avait particulièrement recommandé. Cet hôtel, sur un excellent ton, est situé sur la Cannebière, la principale rue de Marseille, et à quelques pas seulement de l’hôtel du Grand-Louvre, où le comité de direction à Paris vou- lait nous diriger, mais dont nous avions lieu de suspec- ter le tarif et la bonne administration. Et de fait, nos com- pagnons de route qui s’y étaient arrêtés, se plaignirent forte- ment plus tard de plusieurs surcharges qn’on avait su leur imposer, malgré la réduction apparente de leurs prix. Mercredi, 16 Mars —Enfin nous voici rendus a Marseille pour prendre de nouveau la mer. Il y a aujourd’hui 28 jours que nous avons laissé Québec ; nous en avons passé 12 en vaisseaux, 9 en chemins de fer, et 7 dans les hôtels 22 LE NATURALISTE CANADIEN en différents endroits. Comme on le voit, nous n’avons guère connu le repos durant tout ce temps ; aussi sommes- nous un peu fatigué et nourrissons-nous l’espoir de nous reposer à bord du vaisseau, si toutelois le mal de mer ne vient de nouveau nour tourmenter. Notre santé, depuis notre départ, a toujours été excellente, a part ces deux der- niers jours ou nous avons été menacé d'une attaque de dyssenterie ; mais M. Bolduc, qui est un homine de beaucoup de précautions, nous a fourni des gouttes qui nous ont en peu temps délivré de notre indisposition. Marseille est une bien jolie ville, possédant un bon port sur la Méditerrannée, à l'Est du golfe de Lyon. Sa population est d'environ 800,000 âmes. La Cannebiére, qui est sa rue principale, nous rappelle Paris par les ma- gnifiques boutiqnes qui la bordent et le mouvement conti- nuel qu'on yremarque. La partie de la ville où s’étend cette rue s'élève à peine de quelques pieds au dessus des quais dont elle est peu éloignée, mais la partie au Nord-Est, qui constitue l’ancienne ville, est bien plus élevée et acciden- tée. Nous profitons de cette journée pour faire nos der- niers préparatifs de voyage, tout en visitant la ville, Nous achetons de grandes lunettes brun-foncé que nous payons 5 £r. ; elles sont indispensables en Orient pour préserver de la réflexion des rayons solaires, puis un chapeau de paille de riz que nous payons 8.50 fr., car comme on nous en a pré- venus, il faut faire la plus grande part au blanc dans nos vêtements pour ces contrées, Comme on nous avait aussi avertis que les selles arabes qu’on nous fournit en Orient sont tris incommodes, nous avions acheté a Paris 2 selles d'occasion ; nous allons les recevoir à l'hôtel du Grand- Louvre, où l’on nous les avait adressées. Nous payons 16 francs pour leur transport, paree qu'il avait fallu les expé- dier par grande vitesse. Les selles mêmes nous coûtaient 52 francs chacune, Nous faisons à ce même hôtel la connaissance de la. plupart de nos compagnons de pelerinage. C’est d’abord notre Président, M. de Coniac, chef d’escadron de cava- lerie, notre aumônier, M. Baron, ancien aumônier militaire, qui a fait la guerre de Prusse, a passé quatre mois et demi DE QUEBEC A JERUSALEM 23 sur le territoire Allemand comme prisonnier de guerre, a été pris ensuite par la Commune, condamné a mort et dé- livré comme par miracle, etc., ete. Nous allons dans l’aprés- midi faire en corps, une visite à l’'Evêque, Mgr Robert, C’est un homme d’une cinquantaine d’années environ, d’une forte stature, d’un abord assez facile, mais qui parais- sait embarrassé de notre presence. La rencontre de deux prêtres canadiens a paru lui fournir presque exclusivement la matière des quelques paroles.qwil nous a adressées. Il nous a parlé surtout de Mgr Bourget, qu'il avait connu dans l’un de ses précédents voyages. De l'évêché nous sommes passés à la nouvelle cathé- drale, maintenant en construction, et qui terminée, sera l’une des plus belles de la France Elle est dans le style roman ; il y a déjà 1400 colonnes de placées, et on doit y en mettre encore plus de 400, Le dôme de la coupole est à 240 pieds de hauteur. Des marbres de toute couleur et de toute pro: venance s’y rencontrent en quantité. Mais il est une visite qu'il nous tardait de faire à Mar- seille, et pour laquelle nous aurions sacrifié volontiers Pinspection de la ville, c’est celle de l’un de nos correspon- dants depuis plusieurs aunées, un confrère en entomologie. Nous dirions plus exactement de trois confrères en histoire naturelle ; car bien que nous n’eussions échangé de cor- respondances qu'avec M. Ancey, nous savions que M. Abeille, aussi un entomologiste, et M. Ancey, fils, un con- chyliologiste, habitaient sous le même toit. Aussi dès les 8 h. de l'après midi, nous rendons-nous au No. 56, grande rue Marengo, pour y rencontrer nos naturalistes. Mais, 6 déception ! aucun des trois ne se trouve alors à la maison ; et le soir même nous devions avoir une assemblée des membres de notre caravane, en présence du Grand Vicaire du diocèse, qui devait nous donner des instructions spé- ciales, surtout aux prêtres, pour notre voyage. Nous lais- sons donc notre carte à la concierge, et revenons à notre hôtel avec un bien vif chagrin de notre mécompte. Comme nous avions remarqué un étalage de coquil- lages près du port, nous nous y rendons dans lespoir d'y faire peut-être quelque acquisition nouvelle pour no‘re 24 LE NATRRALISTE CANADIEN musée. Mais ces coquilles n’étaient que de celles d’appa- rat pour les corniches, et à des prix tout aussi élevés que ceux des magasins des Etats-Unis. Nous nous bornons à faire emplette de queiques Harpes seulement, d’un Peigne et de deux Trophons. Mais à peine avions-nous laissé notre hôtel pour cette nouvelle course, que M. Ancey, junior, y entrait pour nous rencontrer. Déçu de la même manière que nous, il nous laisse de même sa carte avec prière de reprendre notre vi- site. Nous nous décidames done à omettre notre réunion de la caravane, pour reprendre le coup manqué, M. C. F. Ancey est un manufactureur de produits chi- miques et un coléoptérologiste distingué, qui a fait plus d’une découverte dans cet ordre d'insectes. M. Abeille est aussi un entomologiste, et avec un tel nom, ii aurait grandement tort de ne pas s'occuper d'Hyménoptères ; aussi les Apidés ont-ils particulièrement fixé son attention. Il était 64 heures lorsque nous allames de nouveau frapper au No. 56 de la grande rue Marengo. Nous trouvâmes cette fois toute la famille réunie. Après quel- ques instants de conversation, on nous invita a descendre au réfectoire pour le souper.— Nous vous sommes tres obligé, dimes-nous, pour nous, c'est déjà fait. — Mais nous comptions-sur ce plaisir ; cependant, comme c’est en caréme, nous n’insistons pas ; si vous voulez bien nous le permettre, nous serons à vous dans quelques instants. — Nous serions fâché de vous déranger ; si vous voulez bien nous permettre de vous attendre ici, nous allons nous amu- ser avec quelques journaux ou quelques livres que vous voudrez bien mettre à notre disposition, Là dessus il nous ouvre sa bibliothèque et nous laisse seul. Nous voyons parmi divers ouvrages d’entomologie, les Annales de la Propagation de la Foi, puis La Croix, un journal religieux que nous nous mimes de suite a parcou- rir. La collation dura à peine un quart d’heure, et aussi- tôt toute la famille se réunit au salon. On nous présenta M. et Mde Abeille, qui, comme nous l'avons dit plus haut, habitent sous le même toit, DE QUEBEC A JERUSALEM 25 —IJ| parait, dimes-nous à M, Ancey, en Ini montrant les brochures religieuses, que le prétre n’est pas en pays étranger dans cette maison!—Oh! quant a cela, nous sommes catholiques de croyance et de pratique, et de plus nous sommes tous légitimistes ici.— Taunt mieux, ce sera un point de plus de conformité dans nos idées, M. Ancey a une charmante et nombreuse famille, et tous, garcons et filles, laissent percer dans leurs paroles la bonne éducation chrétienne qu'ils ont regue; mais ce qui ajoutait encore un nouvel intérêt pour nous, c’est que tous sont plus ou moins initiés à l’histoire naturelle, Deux jeunes demoiselles surtout nous ont plus d’une fois étonné par leurs connaissances des noms spécifiques des spéci- mens, dans le rapide examen que nous fimes d’un certain nombre de cases de notre ami. Quant à M. Abeille, que nous ne connaissions encore que de réputation, il nous parut aussi distingné par sa piété que par ses connaissances en histoire naturelle, et la jeune dame qu'il a prise l'an dernier seulement à Jaffa, ne paraît pas vouloir lui céder la supériorité pour les sentiments religieux, si elle consent a le laisser marcher seul dans les sentiers de la science. Tous deux ont fait un séjour plus ou moins prolongé en Orient, et ont su conserver leurs sentiments à l’unisson avec la vénération et le respect que commandent les saints heux qu’ils ont visités à plusieurs reprises. Nous ne pümes que jeter un coup d'œil rapide sur les collections de notre ami; elles nous parurent très considé- rables et de premier choix, surtout pour les Coléoptéres des climats tropicaux. La conversation passant à tout instant de la science a la religion, nous fit trouver bien trop courtes les quelques heures que nous écoulames dans cette intéressante famille, et c’est avec un bien vif regret que nons leur fimes nos adieux sur les 19 heures, sans espoir bien fondé de jamais nous revoir en ce monde, La rencontre d’une personne qui partage nos goûts et notre affection pour une étude quelconque est toujours agréable, mais lorsqu’avec cette communauté de goûts, il se rencontre encore une conformité de principes philoso- phiques et religieux, le commerce entre tels amis devient 26 LE NATURALISTE CANADIEN doublement attrayant et intéressant, aussi le souvenir de nos amis de Marseille ne s’effacera t-il jamais de notre mé- moire. Jeudi 17 mars.—Tel qu'il avait été réglé la veille, tous les pèierins se rendent ce matin à N. D. de la Garde, les prêtres pour y célébrer la messe avant le.départ, et les laïcs pour y faire la sainte communion. La chapelle de N. D. de la Garde, que surmonte une magnifique statue de celle que l'Eglise appelle l'Etoile de la Mer, dominant tout le port, est bâtie sur un rocher fort élevé, à rampe raide et escarpée, M. le Grand-Vicaire Payan célébra la messe du départ, à la suite de laquelle il nous adressa une pathétique exhortation avant d’attacher à la poitrine de chacun de nous la croix de pèlerin, que nous devions porter jusqu'à notre retour. Cette croix est en argent, dans la forme latine ordinaire, avec la croix du $. Sépulcre incrustée en émail au milieu. La messe terminée avec la tradition des croix, nous n'avons que le temps de retourner à nos hôtels pour y prendre notre déjeuner, et nous rendre au vaisseau qui doit laisser Le quai à midi précis. A continuer. M. F.-X. BELANGER Décédé à Québec, le 19 du courant, M. Franeois-Xa- vier Bélanger, taxidermiste et curateur des musées de PUniversité-Laval. M. Bélanger était né à S. Valier en 1833, il était par conséquent âgé de 49 ans. Après un cours brillant d’études au séminaire de Québec, M. Bélanger se livra d’abord à l’enseignement. Mais son isolement dans une campagne le mettant dans l'impossibilité, par le manque de biblio- M. F. X. BELANGER Be théane, de satisfaire son goût, ou plutôt sa passion pour l'étude, il chercha, après quelques années, une situation dans une ville, et entra comme correcteur d’éprenves et assistant rédacteur au Courrier du Canada. N'ayant jamais connu ambition, et d’une très grande timidité de carac- tere, il végéta durant plusieurs années dans cette humble position, avec un salaire qui lui permettait à peine de subve- nir aux besoins de sa petite famille et lui interdisait toute dépense que son amour de l’étude aurait pu lui suggérer. Cependant, grâce à de complaisants amis, et à Ja faveur de la bibliothèque du parlement, il commença de suite ses études d'histoire naturelle, pour lesquelles il s'était toujours senti un attrait tout particulier. A peine avait-il laissé chaque soir le bureau de rédaction, qu’on le voyait aussitôt sortir de la ville, armé du filet de l’entomologiste, ou du fusil de chasse, pour mettre à profit, à la recherche de spécimens, les quelques heures de clarté qu'il lui restait encore. C'était tantôt les grèves de la Canardière et de Beauport, et tantôt la route de Bell ou celle du Belvédère, on le bois de Gomin qui devenaient le plus communément ses champs d’excursion; et il ne’s’en revenait jamais sans en rapporter de nombreux spécimens pour la poursuite de ses études, et surtout, sans avoir pu faire quelque minu- tieuse observation pour la confirmation de ce qu'il avait vu consigné dans les auteurs et qui jusque là avait échappé à ses recherches. C’est dans cette humble situation que nous trouvames ce modeste savant en 1870. A peine queiques articles signés de lui, surtout sur certains insectes, lavait-ils fait connaître slors; mais des amis nous en avaient parlé si avantageusement, que nous voulümes aussitôt faire sa connaissance, Esprit éminenvment sérieux, observateur sagace, travailleur infatigable, sa trop grande timidité le privait de tout secours étranger qu'il aurait pu solliciter avec avantage. Aussi, sans se l'avouer probablement à lui-même, avait-il pris le parti de n'avoir d'autre maitre que lui-même dans toutes ses entreprises, et de ne chercher que dans l’étude et l'observation la solutiou des difficultés qui pouvaient l'arrêter dans la poursuite de ses projets. C’est 28 LE NATURALISTE CANADIEN ainsi que sans aucun enseignement, il s'était rendu taxi- dermiste habile et de fort bon goût. [1 alla plus loin : des- sinateur distingué, il entreprit de graver sur bois la plupart des animaux de notre province, sans autre outil qu’une alène de cordonnier qu’il aiguisa sur une meule, et sans avoir jamais rien su de cet art difficile que ce qu'il en avait lu dans des articles d’encyclopédie. Plusieurs de ses ébauches, sans avoir sans doute la perfection des œuvres des maîtres, purent cependant paraître avec avantage dans les pages du Naturaliste. À notre sollicitation, les directeurs de Laval le pré- posèrent à la garde de leurs musées; et nous avons tout lieu de croire qu'ils ont été très satisfaits de ses services ; ils avaient dans leur taxidermiste, non un simple manou- vrier, mais un savant, qui dans plus d’une circonstance a pu étonner des visiteurs étrangers. Aussi leurs nom- breuses collections ont-elles toutes été rangées d’après les classifications scientifiques, et le nombre des spécimens con- sidérablement augmenté. M. Bélanger était doué de la mémoire la plus heu- reuse; la facilité avec laqnelle il retenait les noms baro- ques des spécimens, nous étonnait toujours, vu surtout le peu de temps que sou travail manuel lui laissait pour se liver à l'étude. A toutes ces heureuses dispositions de lesprit, M, Béjanger joignait les plus nobles qualités du cœur. Nous croyons que réellement il est passé sans avoir jamais offensé qui que ce soit. Les rares disciples de Linnée en cette Province regretteront d'autant plus la perte de M. Bélanger, qu’il en était un de plus dévoués et des plus heureux dans ses observations et ses chasses, Nous lui devons la découverte de plusieurs insectes due a ses cons- tantes recherches.—fh, I. P. rr tO DED COGN —— CHAMPIGNON 29 CHAMPIGNON On nous écrit d’Arthabaskaville, en date du 27 janvier. Carr Monsieur, Je vous envoie dans la présente un échantillon trouvé dans un morceau d’épinette, bois de chauffage, un peu pourri, Qa formait comme un âge du bois, dans l'épaisseur du trone, Comme pareil pro- duit n’avait pas encore été vu ici, je vons l’envoie, afin que vous neus disiez dans le Nuturaliste ce que c’est, c'est-à-dire comment cela s’est formé. ihe L’échantillon en question était en effet bien capable d’attirer l’attention de toute personne tant soit peu accou- tumée à remarquer ce qui lui passe sous les yeux. C’est en apparence un morceau de chamois, de quatre pouces carrés; même couleur, même consistance, méme épais- seur, et tout près aussi même ténacité que dans le cuir du léger quadrupède. Or un morceau de cuir rencontré dans l'intérieur d’une buche d’épinette, était bien capable d’é- tonner ceux qui en faisaient la trouvaille. Nous avons déjà plusieurs fois rencontré de semblables productions, mais jamais d'aussi parfaites et de pareilles dimensions. Bien que les plantes cryptogames, (Algues, Champi- gnons, Fougères, etc.) diffèrent grandement des phanéro- games (Plantain, Chardon, Rose, etc.) cependant, comme celles-ci, elles se reproduisent de semences, ont une racine ou un organe anologue pour leur servir de base, et un corps quelconque pour porter leur fructification, Or l’6- chantillon en question n’est rien autre chose que la racine ou mycélium d’un champignon. On sait que les champi- gnons ne croissent pas tous sur le sol comme les Agaries, les Bolets, etc., mais qu'un grand nombre se montrent sur les feuilles, les tiges, les rameaux des plantes et le trone des arbres, lorsque surtout ceux-ci sont plus ou moins pourris, Tout le monde connait ces excroissances que portent pres- que partout les souches tant soit peu vieilles ou les troncs d'arbres malades, qu’on désigne vulgairement sous]e nom de 30 LE NATURALISTE CANADIEN loupes, or ces prétendues loupes ne sont que de véritables champignons. Mais ces champignons, pour se faire ainsi jour à travers l’écorce des arbres qui les portent, ont da avoir leur semence dans l’intérieur même du tronc ? Et c'est précisément le cas. Cette semence, extrêmement ténue, en suspension dans lair ou éparse dans le sol, a été transportée avec l'humidité quia pénétré ces trones, et s'y est développée, lorsqu'elle a rencontré les conditions de chaleur et d'humidité qui lui convenaient. Maintenant si la semence qui produit d’abord la ra- cine, mycélium ou blanc de champignon, trouve une résis- tance trop forte pour s'échapper au dehors, elle se répand d’un côté ou de l’autre suivant que le bois, plus ou moins pourri, lui offrira une moindre résistance, De là la couche de faux chamois trouvée entre les différentes couches d’un tronc d’épinette plus ou moins décomposé. Le nom de ce champignon est Polyporus igniarius, Fries ; on lui donne communément le nom d’ Amadouvier, par ce qu'on Putilise dans la fabrication de l'amadou. C’est ce champignon qui forme ces excroissances coriaces, bru- nes, à, surface supérieure plane, semi circulaire, qu'on trouve sur les souches et les troncs malades des épinettes, pruches, hétres, etc., et que le vnlgaire désigne générale. ment par le nom de loupes. Ce champignon est commun à l'Europe et à l'Amérique, —> < = —- —_ A PROPOS DE FOURMIS On nous écrit de St-Roch de Québec. A propos des fourmis melliféres, je me suis laissé dire plusieurs fois, par des bucherons que je rencontre assez souvent à la campagne, qu’il leur arrive souvent d’abattre des arbres, dans le creux desquels ils trouvent un grand nombre de fourmis gelées ou simplement engour- dies; qu'ils les mangent alors avec délices, leur trouvant le goût du meilleur miel. Ces insectes ne seraient ils pas les mêmes que ceux dont FAITS DIVERS a -vous faites mention dans le dernier numéro du Nuturaliste, ou si toutes les fourniis que mangent les bucherons ont le goût de miel ? Je crois que le fait mérite d être constaté. F. E. J. I] nous fait plaisir de constater en passant que des per. sonnes aussi Inteliigentes que notre honorable correspon- dant, prennent intérêt ala lecture dn Naturaliste ; bean- coup d’autres pourraient limiter avec profit, pensons-nous. Pour ce qui est des fourmis, nous lui dirons que la sa- veur que les bucherons trouvent à celles qu'ils rencontrent en hiver dans les arbres creux, tient plus de l'acide formi- que, particulier à ces insectes, que du véritable miel, Quand à la véritable fourmi mellifère, myrmecocystus, elle ne se rencontre pas dans notre province. Nous avons vu, nous aussi, manger de nos fourmis avec avidité. Passant à So- merset en novembre 1876, nous remarquames quelques en- fants occupés à gratter dans les racines d’une vieille souche. Nous nous rapprochons d'eux, et les. trouvons ramassant de fourmis sous l'écorce des racines et se disputant à qui en aurait la plus large part, pour les dévorer de suite. C'était notre fourmi noire, Formica Pensylvanica. FAITS DIVERS CONSERVEZ VOS NUMÉROS.— I! n'arrive encore que trop souvent que des abonnés à des revues scientifiques ne veillent pas avec assez de soin à la conservation de leurs livraisons. Les servantes, sans y enten- dre malice et inconscientes du crime doit elles se rendent coupables, trouvant souvent, dans les pages de ces revues, des papiers tout taillés pour envelopper leur épices et leur réserves, ne se font pas scrupule de les détacher ; et lorsque après 2 ou 3 ans on veut réunir la série, on remarque des lacunes que souvent il est impossible de remplir. C'est à un accident de ce genre que nous devons la perte de notre volume IX, qui manque de ses deux dernières livraisons. Nous allons les faire ré- 32: LE NATURALISTE CANADIEN imprimer pour ne pas trop dépareiller la série dn Naturaliste, mais sans toutefois la compléter encore, car les 3 premiers volumes sont déjà épuisés depuis longtemps. La série complète de nos 12 volumes ne se trouve plus que chez quelques rares amateurs soignenx, et vant aujourd'hui le double de son prix d’abonnement, On a offert jusqu’à $4 piastres pour le premier volume seul. On offre en vente à Paris la série complète des Annales de la So- ciété Entomologique de France av prix de 1,400 fianes. Comme on peut le voir, ceux qui n’ont pas eu le soin de conserver leurs numéros Ont fait là une perte considérable, PUBLICATION.— Sixth Report of the Montreal Horticultural So. ciety and Fruit Growers Association of the Province of Quebec, for the year 1880. Ce sixième Rapport l’emporte encore en intérêt sur tous ses dévanciers. [l forme une superbe brochure in-8 de 120 pages, et sans prendre la forme d’un traité spécialde culture jardinière, il ren- ferme les topiques les plus préeieux sur la culture de toutes les plantes qui peuvent être l’objet de l’horticulture, le tout traité au point de vue de la science. Il s'y trouve une revue de nos plantes indigènes les plas remar- quables, par le Dr McConnell, du Bishop’s College, qui ne manquera pas d’intéresser vivement les débutants dans l'étude de la Botanique. La même brochure contient aussi un rapport de la Société d'Hor- ticulture de l’Islet, dont natre habile pépiniériste, M. Auguste Dupuis, est l’âme dirigeante, ainsi que des rapports de la Fruit Growers Asso- ciation of Missisquoi, et de celle d’Abbotsford. Cette dernière paraît accorder une attention spéciale à la culture de la Vigne, mais malgré tous les succès que l’on se plaît à prôner, nous confessons encore notre incrédulité à se sujet, surtout pour les environs de Québec. Il nous faudra des preuves encore plus convainquantes pour opérer notre con- version. LE CHEVREUIL.— Les statistiques donnent le chiffre de 70.000 chevreuils tués dans une seule année dans l’État de Michigan, formant à peu près 10,000,000 de livres de venaison. En continuant la des- truction sur le même pied durant seulement cinq ans, on parviendra à sa complète extinction, Là comme ici il faudrait que les lois de la chasse fussent plus exactement observées, si on ne veut pas totalement dépeupler les forêts en quelques années seulement, Vol. XIIF-2. CapRouge,Q., FEVRIER 1882. No. 146. Rédacteur : M. Abbé PROVANCHER, FAUNE CANADIENNE (Continué de la page 15.) Fam. XIV. POMPILIDES. Pompilide. Téte transversale, chaperon tronqué, arrondi ou fai- blement sinué. Mandibules dentées. Antennes le plus souvent à articles lâches, filiformes, quelquefois épaissies, souvent contournées dans les fe- melles, Yeux grands, entiers, ovales-oblongs, latéraux; trois ocelles. Thorax robuste, assez court; le prothorax en carré, ne formant point un cou, son bord postérieur arqué, quel- fois anguleux ; le métathorax uni, sans lignes saillantes. Ailes grandes, avec une cellu leradiale moyenne, 3 ou 4 cubitales, la 2e et la 8e chacune avec une nervure ré- currente. 34 LE NATURALISTE CANADIEN Pattes longues, les postérieures beaucoup plus que les autres, les tarses tantôt munis d’épines ou de cils raides allongés, et tantôt inermes, Abdomen sessile, robuste, aussi long que le thorax et la tête pris ensemble, atténué ‘en pointe fine à son extré- mité, le plus souvent légèrement comprimé, variable dans sa forme, mais le plus communément ovale. Ces insectes, de taille au moins moyenne, sont ordi- nairement à couleur noire foncée, quelquefois avec taches rousses ou jaunes à l’abdomen. Ils ont les mêmes habi- tudes que les Sphégides, avec cette différence toutefois que les femelles au lieu de creuser leurs nids dans le sol, les creusent dans le bois déterrioré, elles les approvisionnent de même d'insectes, araignées, chenilles, etc., qu’elles pa- ralysent de leur aiguillon. Ce sont des insectes très agiles, et la piqûre des femelles est très douloureuse. Nous n’a- vons encore rencontré que les 4 genres qui suivent, il est bien probable cependant qu’il s'en trouve encore d’autres dans notre province. Pattes munies de cils épineux ; Jambes postérieures avee cils seulement....... 1. PoMPILUS. Jambes postérieures en scie sur leur tranche ex- terne... Eee -c-se2-cecc02: Ee RIOCR EME Pattes inermes, sans épines ni cils raides; Antennes atténuées à l'extrémité......,........ 3. AGENIA. Antennes épaisses, non atténuées à l'extrémité. 4, CERGPALES. 1. Gen. PoMPILE. Pompilus, Fabr. Tête plus ou moins comprimée transversalement. Prothorax généralement assez court, son bord postérienr le plus souvent arqué, quelquefois anguleux. Antennes à articles lâches, enroulées dans les femelles. Tarses anté- rieurs des femelles plus ou moins ciliés d’épines, les 4 jambes postérieures plus ou moins épineuses, mais non dentées en scie. Ailes avec une cellule radiale, 3 cubi- tales et 3 discoïdales complètes, les cubitales 2 et 3 cha- cune avec une nervure récurrente. Abdomen atténué en pointe à l'extrémité, à efflorescence plus ou moins pro- uoncée. XIV.—POMPILIDES. 35 Insectes de bonne taille, le pius souventcomplètement noirs, à ailes plus ou moins enfumées et violacées, fort agiles et assez difficiles à capturer. 15 espèces rencontrées, dont 3 nouvelles. Abdomen noir, ou noir-bleuâtre, sans aucune tache ; 3e cellule cubitale non en triangle ni pédieulée ; Chaperon brièvement échrancré à son bord AATCPIBUP cute oc c's... à RE. 1. æthiops Chaperon arrondi ou largement échaneré en avant; Nervure séparant les cubitales 2 et 3 verticale ; Prothorax nu ou à peu près; Chaperon marginé en avant......... 2. scelestus. Chaperon non marginé en avant...... 3. luctuosus- Prothorax couvert d’une forte pubescence grisâtre .....-.-...00.----. 4 STISOUS, 2. sp. Nervure séparant les cubitales 2 et 3 plus ou moins inclinée ; 2e cubitale en carré oblique ; Bord postérieur du prothorax fortement ATQUÉ sos sss.es..s D. Philadelphicus. Bord postérieur du prothorax presque digits. ssi: se. 4s |. -- 6. hyacinthinus. Bord postérieur du prothorax anguleux. 7. Virginiensis. 2e et 3e cubitales fortement rétrécies sur la radiale ; Bord postérieur du prothorax anguleux. 8. apicatus, x. sp. Bord postérieur du prothorax simplement ANNÉE sis RSS 0 ee « 2 ES . 9. angustatus, 8e cellule cubitale en triangle sessile ou pédiculé ; 3e cubitale en triangle sessile.....,.......... -- 10. maurus, 3e cubitale en triangle pédiculé ; Face sans pubescence argentée.......... 11. tenebrosus. Face à pubescence argentée. ...... .... 12. cylindricus. Abdomen noirâtre avec bandes soyeuses-blan- chatres..... gage a 2e 0 - 13. castaneus, ». sp. Abdomen noir avec bandes ou taches jaunes....... 14. biguttatus. Abdomen noir avec une large bande rousse...... 15. marginatus. 1. Pompile nègre. Pompilus ethiops, Cress. Proc, Ent, Soc. Phil. v, p. 451. @ —Long. .76 pce. Noir foncé avec poils noirs, l’abdomen plus 36 LE NATURALISTE CANADIEN ou moins bleudtre. Chaperon profondément échancré au milieu, Pro- thorax à bord postérieur arqué, métathorax arrondi, tronqué posté rieurement. Ailes noires, à réflexion purpurine, la 2e cubitale en carré oblique, la 3e rétrécie à la radiale. Abdomen robuste, convexe, sessile, à réflexion bleuâtre.—PC. Capturé à St-Hyacinthe. Bien remarquable par ses ailes foncées à réflexion purpurine, 2. Pompile nuisible, Pompilus scelestus, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil, iv, p. 451, 9. 9—Long. 45 pee. Noir foncé, sans taches, avec efflorescence bleuâtre. Chaperon légèrement convexe, marginé. Bord postérieur du prothorax anguleux; métathorax avec une ligne enfoneée an mi- lieu. Ailes enfumées, à réflexion violacée, plus foncées à l’extrémité, la cellule radiale large, la 2e cubitale recevant la Lère récurrente près de son extrémité, rétrécie à la radiale de même que la 3e. Ia rer- vure de séparation entre elles, droite. Abdomen robuste, à efflores- cence bleuatre.—PC. Capturé à St-Hyacinthe. Ailes moins foncées que dan” le précédent. 8. Pompile en-deuil. Pompilus luctuosus, Cress. Proc. Ent, Soc. Phil, iv, p. p. 452, ©. Q—Long. .35 pee. Noir foncé, à efflorescence légèrement bleuâtre. Chaperon légèrement échancré à son bord antérieur, non marginé. Prothorax anguleux à son bord postérieur. Ailes enfumées, plus foncées à l’extrémité, la cellule radiale peu allongée, large, oblique à son extrémité, la 2e cubitale un peu plus étroite supérieurement, la nervure la séparant de la 3e droite ou très légèrement inclinée, eelle-ei fortement rétrécie à la radiale. Pattes peu épineuses. Abdomen ovale oblong, à efflorescence légèrement bleuâtre.— PC. Rapproché du scelestus, maïs plus petit, plus brillant, les ailes plus pales, et les pattes moins épineuses. 4. Pompile grisâtre. Pompilus griseus, nov. sp. Q—Long. .23 pce. Noir, avee une pubescence grisâtre très re- marquable sur le prothorax et la face. Chaperon coupé presque carré en avant, Antennes fortes, tiliformes, droites ; le vertex avee poils noirs. Prothorax couvert d’une longue pubeseence dense et grisâtre, son bord postérieur concave sans être anguleux. Métathorax avec une courte pubescence argentée, plus apparente sur les côtés. Ailes sub- hyalines, ayec l'extrémité obseurcie, la 3e cellule cubitale en carré XIV.—POMPILIDES. 37 presque régnlier, peu rétrécie vers la radiale. Pattes sans aucune tache, médiocrement épineuses. Abdomen sessile, court, ovoide, convexe, le ler segment avec poils grisâtres mais peu denses. Capturé à Chicoutimi; voisin de l’argenteus, Cress., mais s’en distinguant surtout par la longue pubescence de de son prothorax et la forme de sa 8e cellule cubitale. 5. Pompile de-Philadelphie. Pompilus Philadelphi- cus, Cress, Trans. Am. Ent. Soc. i, p. 87, 9 &. Q—Long. .58 pce. D'un noir velouté sans tache, avec reflets bleuâtres. Chaperon obtusément échancré, Bord postérieur du pro- thorax anguleux ; métathorax arrondi, avec une ligne médiane enfon- cée. Ailes d’un beau violet brun, l'extrémité plus foncée, la cellule radiale longue, lancéolée, son extrémité oblique, aiguë, la 2e cellule cubitale grande, en carré oblique, la 3e rétréeie à la radiale. Abdo- men ovale-oblong, avec efflorescence bleuâtre surtout à la base des segments.—PC. Bien distinct du précédent par les cellules de ses ailes. 6. Pompile hyacinthe. Pompilus hyacinthinus, Cress. Trans, Am. Ent. Soc. i, p. 90, ©. Q—Long..38 pce. Bleu noirâtre, à réfléxions purpurines sous un certain jour. Chaperon tronqué en avant. Tête fortement com- primée. Antennes courtes, soyeuses. Prothorax à hord postérieur faiblement échancré. Ailes enfumécs, à réflexion violette, la cellule radiale sublancéolée, large et un peu courte, la 2e cubitale en carré oblique, la 3e plus longue, fortement rétrécie sur la radiale. Tarses antérieurs fortement ciliés. Abdomen ovale-oblong, convexe, sessile, à efflorescence bleve fortement prononcée, avec réflexion purpurine sous un certain jour.—C. 7. Pompile de-Virginie. Pompilus Virginiensis, Cress. Trans. Am. Ent. Soc. i. p. 92, & d'—Long. .28 pee. Noir avec une fine pubescence brillante, ar- gentée, plus apparente sur la face et le métathorax. Chaperon à bord antérieur subtronqué ou légèrement arqué. Bord postérieur du pro- thorax anguleux. Antennes fortes, noires ; la face soyeuse-argentée, de même que le métathorax. Ailes subhyalines, iridescentes, le sommet traversé par une bande plus obscure ; la cellule radiale longue et lan- céolée, la 2e eubitale en carré oblique, la 3e plus petite, subtriangulaire, très rétrécie à la radiale. Pattes peu épineuses, les hanches 38 LE NATURALISTE CANADIEN soyeuses-argentées. Abdomen allongé, subcylindrique, rétréci à la base, les segments basilaires à pubescence argentée plus ou moins apparente. —R. Sa forme grêle et allongée le rapproche beaucoup du cylindricus, mais il s'en distingue surtout par la forme de ses cellules radiale et cubitales et par sa pubescence ar- gentée. 8. Pompile à-ceintures-apicales. Pompilus apicatus, nov. sp. Q —Long. .34 pce. D’un noir velouté. Le chaperon court et tronqué en avant. Prothorax à bord postérieur anguleux, le méta- thorax court, arrondi, avec une ligne médiane enfoneée. Ailes légère ment enfumées, plus fortement à l’extrémité, la cellule radiale courte et large, la 2e cubitale rétrécie des 2 côtés supérieurement, la 3e ré- trécie à la radiale par la courbe de sa nervure extérieure. Abdomen ovale-oblong, assez robuste, convexe, sessile, peu efflorescent, noir avec les segments marginés au sommet de roux-obscur, plus apparent sur le 2e, ceux de l’extrémité légèrement villeux.—R. Capturé a St-Hyacinthe. Rapproché du hyacinthinus, mais à abdomen plus allongé, et s’en distinguant surtout par les marges roussâtres de ses segments ahdominaux. 9. Pompile resserré. Pompilus angustatus, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil. IV, p. 452, d'e. © —Long. .35 pce. Forme allongée et étroite, noir foncé avec réflexion bleuâtre ou purpurine sous certain jour. Chaperon à bord antérieur largement arrondi Bord postérieur du prothorax arqué; le métathorax obtusément arrondi avec une ligne enfoncée au milieu, Ailes fuligineuses, plus foncées à l'extrémité, la cellule radiale courte et large, en pointe à l'extrémité, les cubitales 2 et 3 rétrécies supé- rieurement, la nervure les divisant un peu courbée vers la base de Vaile. Pattes faiblement épineuses. Abdomen étroit, aliongé, sessile, à reflets purpurins.— C. Bien distinct des précédents par sa forme plus étroite et plus allongée. 10. Pompile maure. Pompilus maurus, Cress. Trans, Am. Ent. Soc. i, p. 88, 2, © — Long. .45 pee. D'un noir foncé opaque, avec réflexion pur- purine. Chaperon petit, son bord antérieur arqué, Prothorax proé- minent, couvexe, son bord postérieur anguleux. Ailes foncées, plus XIV—POMPILIDES. 39 fortement encore à l’extrémité, à réflexion violacée, la cellule radiale courte, subtriangulaire, un peu étroite, la 2e cubitale en carré oblique, bien plus large que la 3e, celle-ci rétrécie en un point à la radiale, Pattes d’un noir velouté, à épines peu nombreuses, Abdomen robuste, ovale-oblong, convexe, plus au moins comprimé à l’extrémité.—PC, 11. Pompile ténébreux. Pompilus tenebrosus, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil. iv, p. 453, ©. @ — Long. .43 pce. D'un noir foncé, à réflexions purpurines sous un certain jour, Le chaperon tronqué en avant ; la face noire, sans pubescence. Le prothorax à bord postérieur arqué; le métathorax opaque, arrondi. Ailes fortement enfumées, avec l’extrémité encore plus foncée, à réflexion violette, la cellule radiale courte, assez large, aiguë au sommet, Ja 2e cubitale la plus grande, oblique, rétrécio à la radiale, la 3e pédiculée. Pattes soyeuses, fortement épineuses, Ab. domen convexe, brillant, sessile.—C. Sa 3e cellule cubitale pediculée le distingue de tous les précédents, et le manque de pubescence argentée, du suivant. 12. Pompile cylindrique. Pompilus cylindricus, Cress, Trans. Am. Ent. Soc. i, p. 92, 3. g—Loug. .30 pee. Noir avec une pubescence argentée particu. lièrement apparente sur la face, le métathorax et le dessus des hanches, Forme grêle, étroite, allongée. Chaperon avec le bord antérieur sub. tronqué. Le bord postérieur du prothorax sub-anguleux ; métathorax cylindrique, avec une ligne enfoncée médiane plus ou moins apparente, Ailes étroites, hyalines, avec une large bande brune au sommet, la cellule radiale courte, subtriangulaire, la 2e cubitale plus grande, ré- trécie à la radiale, la 3e pédiculée. Abdomen allongé, cylindrique, sans tache, quelque peu déprimé, obscurément soyeux.— PC. Capturé à St-Hacinthe; a toute l'apparence de lan- gustatus, mais s'en distingue surtout par la nervation de ses ailes. 13. Pompile châtain. Pompilus castaneus, nov. sp. d—Long. .25 pce D’un noir velouté marron avec un duvet argenté particulièrement abondant sur la face, le métathorax, les hanches et l'abdomen, Chaperon tronqué antérieurement. Antennes noires, courtes, fortes, opaques. Tête fortement comprimée, Thorax gibbeux, le prothorax allongé, échancré postérieurement, noir avec une bande pubescente-argentée à son bord antérieur ; le métathorax ar- 40 LE NATURALISTE CANADIEN genté, brillant. Ailes médiocrement enfumées, l'extrémité plus fon- eée, cellule radiale courte et large, la 2e eubitale plus grande, en carré un peu rétréci au sommet, la 3e plus petite, fortement rétrécie à la radiale. Pattes à pubescence cendrée, plus brillante sur les hanches ; le dedans des cuisses avec les tarses, noir ; les jambes anté- rieures sans épines, les 4 autres fortement épineuses. Abdomen al- longé, cylindrique, les segments 1 et 2 argentés, n'ayant qu’une bande veloutée marron au sommet, les autres veloutés marrons avec une bande noire plus ou moins étroite à la base.—R, Capturé à St-Hyacinthe; très rapproché de lunieus, Cress., mais s’en distinguant surtout par le brun marron de son abdomen. 14. Pompile à-2-taches. Pompilus biguttatus. Fabr. ; P-5-notatus, Say. Trans. Am. Ent. Soc. i, p, 96, 9 3. Q —Long. .50 pce. Noir, la tête avec des lignes orbitales blanches (manquant quelquefois) interrompues en dessus. Chaperon à bord antérieur arrondi et relevé. Le bord postérieur du prothorax arqué, quelquefois marginé de blanc ; métathorax court, tronqué postérieure- ment. Ailes plus ou moins enfumées, avec une bande plus foncée à l'extrémité, la 3e cubitale presque carrée, plus petite que la 2e qui est rétrécie fortement à la radiale. Pattes noires avec une pubescence grisâtre, les jambes postérieures avee une tache blanche en dehors, près de la base. Abdomen robuste, convexe, subsessile, noir, avee une tache blanche de chaque côté sur les segments 2 et 3, ces taches plus ou moins allongées transversalement, l'extrémité plus ou moins poilue. —C. of —Plus petit, plus grêle, plus soyeux, à antennes fortes et sub- crénelées en dessous. Le prothorax souvent marginé de blanc posté- rieurement. L’abdomen souvent avec une seule ligne blanche inter- rompue au milieu, à la base des segments 2 et 3. Cette espèce est très variable dans sa coloration, por- tant quelquefois des taches blanches sur l’écusson, les écailles alaires, le prothorax, les jambes et l'abdomen, et d'autrefois en étant presque entièrement dépourvue, 15. Pompile marginé. Pompilus marginatus, Say. Trans, Am. Ent. Soc. i, p. 98, 9 d. Q—Long. .35 pce. Noir avec une bande rousse couvrant en plus ou moins grande partie les segments 1 et 2 de l’abdomen. Chaperon à bord antérieur arrondi. Prothorax à bord postérieur subanguleux; métathorax tronqué brusquement en arrière. Ailes uniformémen X1V.— POMPILIDES. 41 enfumées, la 2e cellule eubitale oblique, fortement rétrécie à la ra- diale, la 3c pétiolée. Abdomen robuste, convexe, noir avec la tache rousse à la base plus ou moins développée, tantôt couvrant entière. ment l’un des segments 1 et 2, et tantôt se distribuant sur les deux en plus ou moins grande partie.—AC. Espèce bien reconnaissable par la tache rousse de son abdomen. 2. Gen. PRIOCNÈME. Priocnemis, Cress. Ce sont des Pompiles avec ce caractère particulier que la tranche extérieure de leurs 4 jambes postérieures est dentée en scie et que les an’érieures sont dépourvues d’é- pines. Leur cellule radiale est aussi quelquefois arrondie à son extrémité. Les différences spécifiques sont d’ordi- naire mieux caractérisées que chez les Pompiles. L’ab- domen des Priocnèmes est aussi, le plus souvent, plus brillant, étant dépourvu de cette efflorescence si appa- rente chez certains Pompiles. Trois espèces rencontrées, Noir sans aucune tache ; Ailes non fasciées de bandes brunes.…............. 1. CORICUS. Ailes traversées vers le milicu par une large bande brinesss. 227 CR -----. 2. germanus. Noir avec l’abdomen plue ou moins roux............ 3. alienatus. 1. Priocnème conique. Priocnemis conicus, Say. Trans. Am. Ent. Soc. i, p. 115, ¢ od, Q—Long. .48 pce. Noir opaque à l’exception de l'abdomen qui est poli et brillant. Chaperon subéchancré à son bord antérieur. Le bord postérieur du prothorax anguleux, le métathorax arrondi, Ailes légèrement fuligineuses, les cellules cubitales 2 et 3 avec la 3e disco- idale portant chacune une tache plus foncée, la lére cubitale avec une strie hyaline oblique au dessous du stigma ; la cellule radiale allongée, en pointe à l'extrémité, la 2e cubitale arrondie au sommet et fortement allongée en pointe à sa base du côté de la base de l'aile, la 3e plus large, presque en carré, légèrement rétrécie à la radiale et aussi allon- gée en pointe à sa base par la nervure de séparation qui se courbe du côté de la base de l'aile. Pattes soyeuses-grisâtres, les 4 jambes pos- térleures dentées en scie. Abdomen en ovale, rétréci à la base, poli, brillant, poilu au sommet.—C, 42 LE NATURALISTE CANADIEN d'—Plus grêle, plus soyeux, avec les ailes plus claires. 2. Priocnéme cousin. Priocnemis germanus, Say, Trans, Ent. Soc. i, 116. Q—Long. .24 pee. Noir, soyeux-grisâtre excepté sur l’abdo- men qui est poli et brillant. Face courte et large, le chaperon sub- tronqué à son bord antérieur, Thorax allongé, peu robuste, le pro- thorax avee son bord postérieur anguieux, le métathorax long, arrondi. Ailes subhyalines, avec la première série de nervures transverses ombragée, et une grande bande obscure vis-à-vis la radiale, cette bande suivie d’une tache hyaline bien apparente dans la 4e cubitaie; les cubitales 2 et 3 avec la 3e discoïdale portant encore chacune une tache plus foncée. Radiale allongée, lancéolée, la 2e cubitale pro- longée en pointe vers son milieu du côté de la base de l'aile, la 3e plus grande, aussi prolongée en pointe à sa base vers la base de l'aile. Pattes soyeuses, presque entièrement dépourvue d’épines, les anté- rieures avec les jambes et les tarses roussâtres, les jambes postérieures dentées en scie. Abdomen poli, brillant, très convexe, sub-globuleux avec son extrémité en pointe. —PC. 8. Priocnème troublé. Priocnemis alienatus, Smith, Brit. Mus. Cat, ïüi, 159. Pompilus fascipennis, Say, i, 224. Q —Long. .32 pce. Noir avec pubescence soyeuse-cendrée plus apparente sur la face et le métathorax, l’abdomen plus ou moins roux. Chaperon à bord antérieur poli, tronqué. Bord postérieur du protho- rax subanguleux, métathorax court, arrondi, les côtés à pubescence- brillante. Ailes hyalines, avec 4 cellules cubitales, traversées par 2 bandes brunes, l’une à la première série de nervures transverses et l’autre vis-à-vis la radiale, ceile-ci longue et aiguë au sommet, la 2e cubitale en carré oblique, la 3e fortement rétrécie à la radiale. Pattes noires, les 4 jambes antérieures avec leurs tarses plus ou moins rouges, leurs extrémités noires, les cuisses postérieures de même rousses au milieu, noires aux extrémités, leurs jambes fortement dentées en scie, les hanches soyeuses-blanchâtres. Abdomen en ovale, poli, fortement convexe, rouge avec les 3 ou 4 segments terminaux noirs.—C, Espèce bien distincte par sa coloration. 3. Gen. AGÉNIE. Agenia, Cresson. Ce genre distrait aussi des Pompiles s’en distingue surtout par ses pattes qui sont destituées d’épines et ce cils raides, ces pattes sont ordinairement aussi plus grêles et plus longues. Les ailes ont très souvent 4 cellules cu- XIV.—POMPILIDES. 43 bitales parfaites. Les antennes sont enroulées dans les 9, ce qui les distingue des Céropales chez lesquelles les an- tennes fortes ne sont jamais enroulées. De même que chez les précédents, les ailes sont souvent plus ou moins tachées. Cinq espèces rencontrées, dont une nouvelle, Ailes hyalines, traversées par 2 bandes obseures. 1. pulchripennis. Ailes sans bandes obscures ; Pace blanche de ee eo ee siecle ces 2. melipes. Face noire G ; Abdomen subsessile ; Thorax noir................. 3. perfecta,n. sp. Thorax bleu....... ones ci 4 ATCHITOC TEL Abdomen distinctement pétiolé .. ...... 5. petiolata. 1, Agénie pulchripenne, ./genia pulchripennis, Cress. Trans. Am. Ent. Soc. i, p. 123, 92. ®—Long. .25 pce. Noire, brillante ; le chaperon très légére- ment échancré. Le prothorax court, son bord postérieur arqué, sub- anguleux ; le prothorax arrondi avec une ligne médiane enfoncée bien distincte, soyeux-blanchâtre, surtout au sommet. Ailes étroites, hyalines, traversées de 2 bandes obscures, la 1ère à la série basilaire des nervures transverses, la 26 couvrant la cellule radiale excepté à l'extrémité, les cubitales 2 et 3 ainsi que la plus grande partie de la 2e discvidale ; la radiale allongée, aiguë au sommet, les cubitales 2 et 3 en carrés obliques, la 3e beaucoup plus large à la base. Pattes noires, soyeuses, sans épines. Abdomen en ovale, court, robuste, convexe, brillant, noir, le dernier segment avec une tache blanche en dessus. — AC. Espèce bien distincte par la coloration de ses ailes. 2. Agénie pieds-jaunes, /genia mellipes, Say. Trans, Am. Ent, Soc. i, 128. d'—Long. .35 pee. Noir avec une pubescence soyeuse-blanchâtre. La face au dessous des antennes, excepté une bande noire médiane se prolongeant jusque sur le chaperon, le scape des antennes en dessous avec le dernier segment abdominal en dessus, blanc. Chaperon tron- qué à son bord antérieur, les mandibules roussâtres. Antennes lon- gues, filiformes, noires. Prothorax court, à bord postérieur arqué, le métathorax arrondi, soyeux-blanchâtre. Ailes longues, parfaitement hyalines, sans bande brune à l’extrémité, la cellule radiale grande, lancéolée, à pointe aiguë, les cubitales 2 & 3 rétrécies toutes deux à la radiale, la 3e plus grande que la 2e, la 4e incomplète. Pattes inermes, 44 LE NATURALISTE CANADIEN d’un brun fauve, surtout les antérieures, les postérieures noires. Ab- domen fusiforme, subpédiculé, noir avec une tache blanche sur le segment terminal—R, Rapprochée de la pulchrinus, Cress. mais s’en distin- guant surtout par ses ailes parfaitement hyalines. Cap- turée à St-Hyacinthe. 8. Agénie parfaite. Agenia perfecta, nov. sp. d'—Long. .24 pce. Noire, soyeuse, de forme grêle; les mandi- bules, les écailles alaires, les pattes, avec la base de l'abdomen en des- sous, d’un brun roussâtre plus ou moins clair. Chaperon court, tron- quéen avant. Antennes longues, filiformes, noires. Thorax dépri- mé, allongé, à pubescence soyeuse-blanchâtre, le prothorax arqué à son bord postérieur, le métathorax peu convexe. Ailes hyalines avec l'extrémité légèrement fuligineuse, la cellule radiale lancéolée, à pointe aiguë, la 2e cubitale en carré oblique, la 8e rétrécie à la ra- diale, la 4e parfaite. Pattes d’un roux obscur, les cuisses postérieures _ avec l’extrémité et une ligne en dessus, noir. Abdomen fusiforme, subpédiculé, d’un roux obscur à la base, noir à l'extrémité, sans tache blanche à son dernier segment—R, Bien distincte de la précédente parsa plus faible taille, sa face noire etc. 4. Agénie architecte. Agenia architectus, Say, Trans. Am. Ent. Soc. i, 116. £ —Long. .30 pce. Noire, le thorax d’un beau bleu plus ou moins prononcé. La tête et les antennes, noir, le chaperon étroite- ment marginé, faiblement arrondi. Thorax à reflets d’un beau bleu, finement ponctué, le prothorax faiblement arqué, le métathorax fine- ment aciculé transversalement, avec une faible pubescence blanchâtre. Ailes très faiblement obscurcies. Pattes entièrement noires: Abdo- men noir, poli, brillant, avec poils jaunâtres à l'extrémité. Un seul spécimen capturé à Chicoutimi. 5. Agénie pétiolée. Agenia petiolata, Cress. Trans. Am Pat duc. 1127. S—Long. .22 pee. Petite, grêle, noire, densément couverte d’une pubescence blanchâtre, plus apparente sur la face, le métathorax et les hanches. Chaperon tronqué en avant. Mandibules rougeâtres au sommet. Antennes fortes, modérément longues. Ailes hyalines, lécè- rement obscurcies à l’extrémité; la cellule radiale oblique à l’extré- mité, la seconde cubitale recevant la Lére récurrente avant sou milieu, XIV,—POMPILIDES, 45 la 3e presque en carré, légèrement rétrécie à la radiale, L’extrémité des cuisses antérieures, leurs jambes et la base de leurs tarses, testacé ; les éperons des jambes noirs. Abdomen allongé, très grêle, fortement pétiolé, les segments terminaux tachés de blanc. Bien distincte par son abdomen pétiolé. 4, Gen. CÉROPALE. Ceropales, Latr. Téte transversale, plus large que le thorax, souvent comprimée, Antennes épaisses, non contournées ; labre sail- lant. Thorax gibbeux ; écusson saillant ; métathorax incli- né, Ailesavec unecellule radiale longue, lancéolée, 4 cu- bitales, les 2e et 3e recevant chacune une nervure récar- rente. Pattes longues, particulièrement les postérieures, sans épines. Abdomen ovale, convexe, subsessile, Le manque d’épines aux pattes de ces insectes les rapprochent des Agénies, mais leurs antennes peuvent toujours les faire distinguer. Une seule espèce rencontrée. Céropale sœur. Ceropales fraterna, Smith; Trans, Am. Ent. Soc. i, p. 140, 2 &. £ —Long. .32 pce. Noire; les orbites interrompus sur le vertex, les antérieurs se dessinant en 2 larges bandes descendant jusque sur le labre, le scape des antennes en dessous, le bord postérieur du pro- thorax, une tache sur chacun des angles antérieurs, une ligne sur le post écusson, une tache sur les angles postérieurs du métathorax en forme de virgule, une tache sur les flancs, une ligne sur les 4 hanches antérieures en dessous, et en dessus sur les postérieures avec une bande sur chacun des segments abdominaux, blanc. Antennes fortes, à articles courts, dressées, un peu plus minces à la base, noires. Thorax opaque, à ponctuations nombreuses et profondes, la ligne blanche du post-écusson avec un petit sillon au milieu. Ailes hyalines, le stigma jaune ; la 2e cubitale en carré, la 3e plus longue, mais fortement re- ‘trécie vers la radiale, Pattes roussâtres, les cuisses plus ou moins noires, Abdomen ovale, avec une bande transversale blanche sur les 4 premiers segments, et une tache couvrant plus ou moins les segments 5 et 6; ventre sans taches. — AC. Espèce très variable dans la forme et la disposition de ses taches, de même que dans sa taille, 46 LE NATURALISTE CANADIEN Fam. XV. BEMBECIDES. Bembecide. Tête transversale, très comprimée. Yeux grands, par- venant jusqu’au bord postérieur de la tête. Labre entié- rement découvert et souvent fort allongé. Mandibules presque sans dents on en ayant trois au côté interne, se croisant l’une sur l’autre au dessous du labre. ; Antennes peu allongées, s’épaississant un peu vers l'extrémité, le premier article allongé. Prothorax ne formant qu'un rebord linéaire et trans- versal, n’atteignant pas l'insertion des ailes. Pattes ordinaires, les postérieures épineuses. Ailes avec une cellule radiale plus ou moins arrondie à son extrémité, 8 cubitales dont la 1ère fort longue, la 2e la plus petite et recevant les 2 nervures récurrentes, la 8e fermée et n’atteignant pas l’extrémité de l’aile. Abdomen fort, robuste, subsessile, terminé par des épines dans certains genres, Cette famille n’est représentée dans notre Province que par le genre qui suit, dont on a capturé un individu à St-Hyacinthe. Gen. MonéDULE. Monedula, Latr. Labre en triangle allongé. Mâchoires et labre formant par leur prolongement une promuscide. Ailes avec la cellule radiale arrondie à l'extrémité et s’écartant faiblement de la côte, la 2e cubitale rétrécie vers la radiaie et recevant les 2 nervures récurrentes, la 3e cubitale grande, oblique, rétrécie vers la radiale et prolongée extérieurement, pédi- cellée sur la 3e discoidale. Jambes et tarses médiocrement, épineux. Thorax court, robuste ; écusson large; méta- thorax dilaté sur les côtés postérieurement. Abdomen sessile, terminé par 8 épines dans les 4. Une seule espèce capturée à St-Hyacinthe. Monédule ventrale. Monedula ventralis, Say, Say's Ent.1, p.227, d. XVI.—LARRIDES. 47 Q—Long. .50 pce. Noire; les orbites antérieurs, le premier premier article des antennes excepté une ligne noire en dessus, une grande tache sur le chaperon, le bord supérieur du prothorax avec les tubercules calleux, une ligne courbe à l'extrémité de l’écusson, un gros point de chique côté à sa base, les angles carénés de la face pos- térieure du métathorax, les pattes avec des bandes sur les segments abdominaux, jaune, Tout le corps finement ponctué. Ailes plus ou moins enfumées au milieu, surtout près de la côte. Patte jaunes, les hanches, les cuisses excepté à l'extrémité, avec une ligne en dehors des 4 jambes postérieures, noir. Abdomen avec une bande jaune inter- rompue au milieu sur les 5 premiers segments, celle du ler plus large- ment interrompue que les autres. Les segments ventraux excepté le ler avec une tache jaune triangulaire de chaque côté. d'—Avec tout le chaperon noir, sans aucune tache; les ailes totalement hyalines, l’abdomen avec 6 bandes jaunes, et terminé par 3 épines. Une 9 capturée a St-Hyacinthe. Les Bembex qui se distinguent des Monédules par leur métathorax sans dilatation aux angles postérieurs, pourraient aussi peut-étre se rencontrer en notre Province. Fam. XVI. LARRIDES. Larride. Tête transversale; labre totalement caché ou très peu saillant ; mandibules sans dents au côté interne ou avec une seulement. Yeux grands, ovales, n’atteignant pas tout-à-fait le bord postérieur de la tête, rapprochés sur le vertex, et sou- vent contigus’dans les o. Antennes filiformes, leur premier article obconique, insérées au dessous du milieu de la face, près de la base du chaperon qui est lui-même très court et large. Ocelles en triangle équilatéral ou allongé. Thorax assez robuste, le prothorax court, non toutefois un simple rebord comme chez les Bembex, en forme de nœud, moins haut que le mésothorax, ses côtés ne se pro- longeant point en arrière jusqu'aux ailes, Ailestavec une cellule radiale assez courte, le plus souvent appendiculée ; 8 cubitales fermées, la 2e fort ré- 48 LE NATURALISTE CANADIEN trécie vers la radiale et recevant les 2 nervures récurrentes, 8 discoidales complètes. Pattes moyennes. les tarses antérieurs avec les jambes postérieures, ciliés-épineux. Abdomen sessile, ovoïde-conique. Les épines des jambes et des tarses de ces insectes in- diquent de suite que ce sont aussi des fouisseurs, et plutôt dans le sol que dans le bois mort, d’après la disposition de leurs tarses antérieurs. Nous n'avons encore rencontré que des représentants des 3 genres qui suivent. Bord extérieur des mandibules à peine échancré; 1ère cellule cubitale incomplètement divisée par une nervure ; yeux des d' contigus sur le vertex.... 1. ASTATA. Bord extérieur des mandibules avec une forte échanerure près de la base ; Trois ocelles distincts: 222200. 0.201 «see. 2. LYRODA. Les 2 ocelles postérieurs obsolètes ; cellule radiale tronquée . vic . à selmutou sise acces mures. 3. LARRA, 1. Gen. ASTATE. Astata, Latr. Antennes filiformes, assez longues, le ler article ob- conique, Mandibules sans dent au côté interne. Ocelles en triangle équilatéral, antérieur plus gros. Ailes avec la cellule radiale tronquée au bout et portant un appendice non terminé, la 2e cubitale recevant les 2 nervures récur- rentes, la 3e grande, en carré oblique. Pattes ciliées-épi- neuses. Abdomen court, ovoide-conique. Une seule espéce rencontrée. Astate unicolore. Astata unicolor, Say, i, 228. £ —Long. .30 pce. Entièrement noire, avec de longs poils blancs particuliérement abondants sur la face, le derrière de la tête et les flancs. Thorax avec des points clair-semés, le mésothorax avec une ligne enfoncée de chaque côté, l'écusson poli, brillant, avec l’appa- rence d’un petit sillon au milieu; le métathorax rugueux chagriné. Pattes noires, les jambes fortement épineuses, les postérieures avec une ligne pubescente blanche sur leur face interne. Aïles hyalines, leur moitié apicale plus ou moins obscure, Abdomen poli, brillant, sans aucune tache. —PC, XVI—LARRIDES 49 gi —Semblable à la 2, wais avec les youx contizus sur le vertex ct les antennes plus longues. Capturée au Cap Rouge et à St-Hyacinihe, 2. Gen. Lyrops, Lyreda, Say. Tête transrersale ; yeux entiers, rapprock‘s sur le vertex; 3 ocelles de même grosseur, en triangle équila- téral, Maudibules avec une échancreare à l'extérieur, près de la base. Antennes moyennes, à articles chconiques. Prothorax transversal, un peu allongé en cou. Ailes avec une cellule radiale courte, tronquée à l'extrémité ct por- dant un appendice se refermant sur la côte ; 3 cubitales fermées, dont la 2e reçoit ks 2 nervures récurrentes, la 32 oblique, courbée en domi lune. Abdomen sessile, quoique atténué à sa base, jambes et tarses ciliés-épineux. La position et la forme des ocelles distinguent surtout ces insectes des 2 autres genres, 1 Lyrode trilobée. Lyroda iriloba, Say, Lyrops tri- éoba, Say, Say’s Ent. ii, p, 735. Q —Lone tobe ” qui devient argenté on certaines parties, Ta face, l'extrémité du 40. Noire, sans taches, mais portant un duvet soyeux métuthorax, avec la marge apicale des 3 premiers segments de l’abdo- men, à duvet argenté Prothorax à bord rostéricur échancré de chaque ceté du milieu, faisant de ce milicw avce les angles latéraux 3 pointes mousses bien apparentes, -Mituthorax à côtés parallèles, por- tint au anilien une petite earènc à laqiclle se rattachent des strics obliques stimulant une plume, sa face postérieure presque carrée ct à duvet argenté; mésothorax avee un sillon au miieu en avant, Ailes hyalines, lévèrement enfumées à l'estrémité, leurs écailles roussitres, Abdomen subsessile, ovoiie-conique, les 3 premiers segments avec la marge apicale argentée, les deruicrs à duvet doré. — hy 2. Lyrode prompte. Lyroda subila, Say, ii, p. 755. Q2—Noire; la tétecn avant avec une réfléxion argentée peu ap- parente ; le collier avec un angle soulevé au milieu; ailes obscurcies à l'extrémité, les 2 nervures récurrentes distantes à leur entrée dans la Ze cellule eubitale, la 3e cubitale Friblement rétrécic supéricuremeut ; métathorax finement chagriné sar le disque de même que sur les côtés ; le bord postérieur des segments abdominaux à réfléxion argentée. 50 IE NATURALISTE CANADIEN Montréal (Couper). Nous traduisons Ia description de Say, n’en possédant pas de spécimen. 8 Gen. LARRE. Larra, Latr. Tête transversale. Yerx grands. entiers, rapprochés sur le vertex, Autennes moyennes, filiformes, le premier article obconique. Ocelles en triangle allongé, l'antérieur plus gros, (tant distant des 2 autres. ceux-ci rapprochés l'an de rantre et peu distincts. Ailes avec une radiale étroite, tronquée à l'extrémité, et portant nn appendice très petit, fermé en pointe sur la côte, 3 cubitales fermées dont la 2 grande reçoit les 2 nervures récurrentes, la 8e étroite, posée obliqnement en demi cerele. Les tarses antérieurs avec les 4 jambes postérieures fortement ciliés-épineux. Abdomen sessile, ovoide-conique. Mandibules portant une dent sur Jeur tranche inférieure. Ces insectes qui ont toute l'apparence extérieure des Astates, ont aussi les mêmes habñuder. I. Larre-de-Québec. Lavra Quebecensis, nov. sp. P—Lons. .40 pee. Noire av ¢ la base de l'abdomen rouge; la face, les flines, les pattes, avee un doy. t court, argenté, plus on moins apparent. Occl'e antérieur au bas d’une plaque proéminente, cor- diforme, silionnée longitudinalement dans son milieu. Bord posté- ricur du prothorax arrondi, sans ang'es ni échancrures. Tout le thorax fincment ponctaé, opaque, l’éeusson bivilant. Ailes un:frrmément fuligineuses, subhyalines, les nervures noires, Pattes noires, soyeuses, l'extrémité des taises roussâtre, les cui-ses fortes, renfiées. Abdomen sessile, conique, poi, brillant, noir, avce la base d’un rouge sanguin, le rouge ne comprenant quelquefois que le premier segment, et d'autre- fois couvrant aussi tout le 2e avec purtie du 3e, les segments 2 et 3 avce une lunule de duvet argenté sur les côtés; les segments termi, vaux noirs.—C, d—Avec le: tarses rous:âtres, le premier scgnent obdominal est excavé comme [our recevoir je métathorax, pour tout le reste sem- blabie à la ©. Kapproché du fulviventris, Cress., mais en différant par la coloration de ses ailes, sa bien plus petite taille ete. 2. Larre terminée. Lurra terminala, Smith, Brit. Mus. Cat.iv, p. 291 &. DE QUEBEC A JERUSALEM 51 d'—Noire; la tête densément et assez fortement ponctuée; une ligne enfone‘e court de la proéminence des occlles jusque sur le vertex; face à pubescence argentée. Mésothorax brillant ct ponctué; méta- thorax chagrinés le dessus da thorix à pubese:nce cendrée, coirte ; ailes hyalines ct iridescentes, les nervures testacées; les articies termi- nanx des tarss, rout-testacé, Abdomen brillant, fisement ponctué ; les bords terminaux des segments lé:èrement déprimés ct roussâtres, les 2 segments terminaux ferrugineux ; l'abdomen porte en dessus des poils courts et épare, Montréal d'après M. Couper; point vue; traduit la description de M. Smith. (A Continuer.) ————. TD p> ——— DE QUEBEC A JERUSALEM. v Départ de Marseille. — Te Seaman Ire, — Ta croix de pélerin.—La Mé liter rannée. — Notre caravane. — Un minl-tre protestant. — Le beau ciel d'Italie. — La prière du soir. — Un chapitre de contrarietés. — Une relisieuse noire. — M. de Lesseps. — Naples. Marseille, 17 Mars.— Une chose surtont nous chagrine en reprenant la mer, c’est de laisser la France sans avoir encore eu un mot du pays. Lun vain avons-nous cherché à Paris, à Marseille, à rencontrer des Journaux du Canada, nous n'en trouvames nulle part; et quant aux lettres, que certainement on a dû nous écrire, bien que nous eussions donné des adresses süres, avant notre dépait du pays, elles ont été sans doute retardées quelque part, de manière à ne pas nous atteindre dans nos déplacements continuels, Le temps est sombre ce matin, latmosphére lourde, ct tout annonce de la pluie. Da haut du cap de N. D. de 52 LE KATURALISTE CANADIEN la Garde, nous n'avons pu, pour cette raison, jouir par- faitement du magnilique coup d'œil que présente d’ordi- naire ec point éleré. Les nnages du eôté de la mer se confondaient partout avec les ondes en rétréeissant.eonsi- dérablement notre horizon; cependant Vean paraissait de toute part fort tranquille, et nous donnait l’espoir d’une hewrense marigation. Dès les 51 heures, nons nous rendons aw vaisgeat pour prendre possession dus cabines qui nons seront assignées par notre président, car dv ee moment,nonsnons trouvons en caravane régulièrement organisée, et ies à obéir aux officiers ehargés de nous commander, y a beaueoup de mouvement sur be quai, on est à faire les derniers préparatifs du départ; ee ne sont parton’ que celis, va- lises, et malles de toute sorte, laissant à peine des pas- sages suflisants aux alants eb venants qui sentreeroisent en tous sens, chacun vebllant à la sûreté de ses divers articles de bagage. C’est le Scamandre, commandant Tilher, qui deit nous conduire de Marscille à Jaffa, en faisant eseake à Naples, Alexandrie et Port-Said, C’est un beau et grand vaisseau, inférieur cependant pour les dhmensions et l'aménagement à ceux de notre higne Alham sur lhtlantie. I} est accosté an quai même, de sorte que nons n'avons qu'une passerelle à franchir pour nous trouver sur be pont. Le mouvement est gnère moindre sur le vaissean que sur le quai, car chaque voyageur est oceupé, ici aussi, à la recherche de ses effets pour les faire placer em hew con- venable ; les pliants, les chaises fermantes, dont an bon nombre se sont pourvus pour le voyage,sont déposés sur la dunette, et les valises portatives dans Jes eabines à leurs adresses respectives, tandis que les grosses malles et autres colis sont accroehts à la grue du pont quiies descend tran- quillement dans la calle, pour être en sûreté avee le reste de la cargaison, On nous assigne, avce notre compagnon et an auire prêtre frangais,—ear eette cabine est à trois its, —le numéro 19, e’esi-à-dire, Ja première en, pénétrant dansle salon par l'allée de gauche. DE QUEBEC A JERUSALEM 53 Hl y a un autre salon, vers le milien du vaisseau, dans Pentrepont, pour les passagers de seconde, parmi lesquels se trouvent quelques uns de nos co-pélerins ; mais fe plus ‘grand nombre eccupent fe salon de première, en me lais- sant que quelques places seulement à d’autres passagers, Suns nous connaître encore teus, nons pounrons cependant nous reconnaître parla croix qui brille sur 1ros poitrines, et nous augurens que nous formerons da grande majo- rité du nombre total des passagers, ce qui sans doute nous permettra de prendre, comme pèlerins, avec moins dembarras, nes ceudées franches. Ll nous fait plaisir de voir ainsi étalé ostensiblement ‘sur la poitrine de nombreux Voyageurs, le signe de la ré- demption, daus cette France, qui, il n’y a encore que quel- ques semaiues, le faisait proscrire ce signe sacré, par lun de ses gouvernants, dans sa capitale même, Les exploits du fameux Héroid, qui frisait ramasser les crucilix de toutes les écoles de Paris, les entassant dans un tombereau pour aller les déposer dans un coin obscur à la mairie, comme articles de rebut et devenus inutiles, sont connus detous. Aussi, M. le Grand-Vicaire Payan, en nous atta- chant ce matin ceite croix de pèierin à la poitrine, nous disait-il, avec beaacenp de raison: “ Portez-la eette croix ostensiblement et avec orgueil sur votre poitrine. Elle yous rappellera que vous n'allez pas visiter l'Orient en touristes, mais en pèlerins chrétiens. Vous êtes de véri- tables croisés, qui, marchant sur les traces de Ste Hélène, de S. Bernard, de S. Louis, allez reconquérir le tombeau du Sauveur, non plus sur les Sarrazins et les infidèles qui le profanaient, mais sur l’apastasie, Pimpiété et Pindifféronce qui ne le profanent pas moins et sont encore plus coupa- bles. Oui! allez avec foi et amour; vous êtes les manda- taires de l'Occident pour faire amende honorable sur le tombeau du Christ, pour les crimes sans nombre, les infa- mies de tout genre dont on se rend coupable tous les jours envers son humanité sainte et sa divine majesté. “ Recois “ce signe, disait l’évêque, en donnant la croix aux compa- ‘ œnons de Godfroi de Bouillon, reçois ce signe, image de “ la passion du Sauveur, alin que dans ton voyage le ma HD 39 54 LE NATURALISTE CANADIEN “heur ni la péché ne puissent t'atteindre, et qne tn re- “ viennes heureux ct surtout meilleur parmi les tiens, ” Je veus adresse les mêmes paroles, puissent-elles faire une telle impression sur vous, qu'elles se résolyenten d'aussi heureux et si précieux résultats.” A midi préeis les amarres se détechent, et nous lais- sons tranquillement le quai, L’atmosph3re lourde du matin, se résout maintenant en une pluie légère, et c'est avec le parapluie sur la tête que ceux de nous qui laissent ici des parents ou des anis, saluent de la main ou agitent leurs mouchoirs à cette foule compacte qui borde la jetée de toute part et qui r'pète les mêmes signaux. Mais la va- peur est bientôt déployée dans tonte sa force, et notre vais- seau prend son allure ordinaire, sûr nne mer paisible qui semble une nappe de cristal que les grains de pluie viennent piqueter en Juieslevant son brillant ; nous jetons un dernier regard sur le port, et surtout sur la statue de N. D. de la Garde, que le brouillard vient en queïques minutes seuie- ment dérober à nos regards Nous voici done à voguer sur les eaux de la Méditer- rannée, de cette Méditerrannée qui était presque la senle mer connue des anciens, dont nos classiques nous ont si souvent entretenus, sur laquelle se sont déroulés tant de drames de Vhistoire des peuples d'autrefois. Tout l'après midi se passe fort joyensement, Pélément liquide n'ayant encore fait sentir sou inflaenee à personne, et chacun étant occupé à faire plus ample connaissance avec ses compa- guons de route. Aussi les conversations sont-elles vives. et bien soutenues de toutes parts. L’atmosphére semb'e aussi prendre part à la joie générale, car de lourde et em- brumée qu'elle était, elle s’est relevée tellement, que vers, les 5 heures, le soleil brille dans tout son éclat. Notre course est vers le Sud-Est, ayant à droite, mais à grande distance, la péninsule [bérique, et à gauche, anssi à grande distance, sa sœur jumelle la péninsule Itailique, Notre caravane qui se composera de 88 membres n'est pas encore au grand complet, car il s'en trouve quatre qui nous ont dévancés pour visiter plus longuemeut l'Egypte, et que nous ne prendrons qu'à Port-Said. DE QUEBEC A JERUSALEM 55 Ces caravanes, comme nous l’arons déj observé, s'or- gunisert partun: directioncratrale sigveint à Paris, qui fait elle-nèm: Ii nomination des off :ivrs qui doivent, sur Les lieux, régler les détails dins chigne voyage, et aux- quels, dès avant le départ, chaque pèlerin s'engage par écrit, à se soumettre pour tout ce quiconcerne la gouverne de Ia caravane. Ces ofliciers sont au nombre de cinq, savoir: le président, le vice-présideat, Paumdnier, le se- crétaire et le trésorier. Ce sont eux qui constituent ce que nous appelons le bureau, chargé de fixer le lieu des étapes, les heures de départ, la distribution dans les tentes, etc. Voici quelle est la composition de notre présente caravane, Président: M. de Coniac, chef d'escadron de caralerie, de Nantes, Vice président: M. le Marquis de Faudoas-Barbazan, VAnrignac, Harite-Garonne. Aumonier: M. l'abb Baron, aumôaier militaire en re- traite d'emploi, de Paris | Secrétaire: M. Matinière, jeune anilitaire, de La Marti- nière, Trésorier : M. Gasnault-Gnérin, de Luynes, près Tonrs, Consignons ici les noms des autres co pèlerins dont le souveniren rai on des bons rapports que nous avons eus avec eux, nous sera toujours cher. M. l'abbé Gautheron, curé de Bissey sous-Cruchand, Saone et Loire. M. l'abbé Fresnais, curé d: Thoiré, sous-Contensor, Sarthe, notre compagnon de cabine. M. l'abbé Bardel, euré de Denxnouds par Beaugée, M. l'abbé Guesnard, de Chambery. M. l'abbé Guesdon, professeur au Grond-Séminaire de Séez, M. Pabbé Soyez. M. l'abbé Boldve, curé de Donglastown (Gaspé), notre compagnon de route. Puis MM. 56 E NATURALISTE CANADIEN E. Larcher et dame, militaire en retraite, de Beanne, L. Boisard, avocat, avee sa mère et sa femme. Bouchand et dame, de Nantes. Capdeville et fils, de Béziers, Bechez-Deslandes, de Beaune. Des Franes, d'Orléans. De Vantibault. Castelbon de Vanxhotes. Guibert, de Béziers. Jacquemard. Dagès, de Marseille. Dame veuve Grillot. Diles : Cadot. # Dupont de White, “ de Ghelcke, de Belgiqne. Comme on peut le voir, nons comptions neuf prêtres sur le nombre total. De ce nombre, M. le Marquis de Fandoas, M. l'abbé Gantheron, M, Boisard, faisaient le voyage pour la deuxième fois, Mde veuve Boisard, pour la 8e, et Dile Cadot pour la 5e fois. Aussi Dile Cadot est- elle connue à Jérusalem, nous ne dirons pas comme Barra- bas à la Passion, car elle sait faire accorder la consonance de son nomavec ce quexprime la chose, mais comme une personne qui mérite à tous égards la considération et les préyenances. (1) Réunis à table au diner, nous pouvons plus facilement nous compter, et nous constatons, sans peine, que nous composons la plus grande partie des passagers de chambre, Nous avons avec nous un ministre protestant, mis- sionnaire en Orient, c'est-à-dire, habitant quelque part une villa, où il mange dans le repos, les nombreux écus qu’une société biblique quelconque lui fait toucher tous les trois mois. Aussi, ennuyé de cette solitude et trouvant la vie trop monotone en ces endroits, vient-il d’Angle- terre se chercher une compagne, pour mettre plus de gaîté à son foyer, et l'aider à passer plus joyeusement sa (1) Nous venons d'apprendre par l'un de nos correspondants, que Dile Cadot fait cette année, 1882, son sixième voyage. DE QUEBEC A JERUSALEM 57 vie apostolique. Zn voyant la cour assidue qu'il !ni fait et les préyenances constantes dont il Pentoure, voici un révérend, dimes-nous à un voisin, qui sans doute ne se prévaudra jamais de la Joi du divorce de son pays ?- Qui sait ? répliqua-t-il, les apparences sont souvent trompenses; d’ailleurs quand on prend l'élan trop fort, lélasticité ra- mène souvent en deca du point de départ. La lune de miel quand elle est trop brillante, est souvent de courte durée...... Mais le pont d’un vaisseau est un terrain d'une liberté sans égale, les allures les plus excentriques et les plus étranges s'y coudoient souvent sans qu'il y ait à ré- clamer, laissons sa révérence jouir en paix de ses doux épanchements, et admirous ensemble la beauté de ce Ciel d'Italie que les poétes se sont tant plus à nous vanter ct qui si souvent à soufllé Pinspiration à leur muse. La mer est calme et paisible, l'atmosphère est douce et tiède, les étoiles brillent au firmament, mais non avec cette vive scintillation qui les distingue dans nos climats du nord; on dirait qu’elles craignent, par un trop vif éclat, de troubler Phirmonie de l'ensembie. Telles ces toiles de l'école Italienne où domine un moelleux, nn ve- Jouté, sur lequel aucun accident de couleur trop voyante ne vient faire saillie. C'est un calme enchanteur qui nous domine, qui nous absorbe, nous invite à la réverie, à la méditation, Pendant que nous nous livrons à cette eni- vrante contemplation, voici que touta-coup une grande lueur se montre à Orient; des rayons lumineux font saillie sur le fond bleu du ciel, comme des dards enflam- més qui fendraient Pair; et bientôt le disque doré de la June parait sortir de Peau, en s’élevant peu à peu. La mer sillumine aussitôt de ces feux, et notre vaisseau, en faisant toujours entendre le paisible ron ron de son hélice, projette au loin de l’autre côté sa silhouette fantastique. Mais voici l'heure de la prière arrivée. A nn signal donné, tous se rendent sur la dunette en arrière. Les têtes se découvrent, les genoux se ploient, et tous répondent à la prière du soir que notre aumonicr, d’un ton grave et onctueux, répète lentement, C’est une prière toute mili- 58 LE NATRRALISTE CANADIEN taire: elle est courte, mais expressive. Q relle était ton chante la recommandation qui li terminait! © Prions pour Viglise, pour la France, pour l’armée, pour toas ceux qui nous sont chers que nous avons laissés aa pays.” Mt la dessus, tous répondent avec ame à fa prière du Seigneur et à la salutation angchique, Puis enfin: un De profundis pour nos chers défunts... Oh! nons avons toute confiance qu'il élait agréable à Dien ce concert de tous les éléments auq'iel nous joignions nos voix et nos vœux. La mer par sa placidité, l’afmos- phère par sa douce haleine, les astres du firmament par leur éclat, et nous par notre attitude et nos parcles, n’était- ce pas là l'hymne solennelle que celui qui commande aux ventset aux flots exige de toutes ses créatures? Oh! comme il était toujours touchant ce moment de la prière au soir en commun, et comine il impressionnait tous les assistants. Les hé-étiques et autres ne partageant pas notre croyance, nous regardaient avec stupéfaction, et plus d'une fois des grees schismatiques sont venus faire cause commune avec nous en sagenouillant avec notre groupe, À 9 heures on nous sert une tasse de thé avee ga- teaux, après quoi la plupart se retirent à leurs cabines, moins toutefois cenx qui, comme nous, ont des notes à rédiger on des lettres à écrire, car c’set alors le moment le plus convenable pour le faire, Vendredi 18 mars. — Nous avons l'habitude de nous le- ver d'assez bonne heure. Ce matin, nons étions sur pi-ds vers les 5 h., après avoir passé une nuit paisible des plus réconfortantes, Voulint avoir plus de lumière, nous nous efforcous d’abaisser une persienne qui couvrait la petite fenétre de notre cabine. Cette persienne était fuite pour jouer dans une coulisse qui la retenait de chaque cote, Mais soit peinture nouvellement appliquée ou simplement bois renflé par ’humidité, elle paraît ne vouloir pas bou- ger. Les doigts passés entre les planchettes, nous redon- blons nos efforts; elle cède alors tout à coup, et nos doigts se trouvent aussitôt horriblement écrasés par la rencontre de la fenétre, sur le bord de laquelle frottaient les plan- chettes sans presque laisser de jour. C'est surtout le DE QUEBEC A JÉRUSALEM 59 gros doigt. de chaque main qui a particulièrement sorf- fert. Les ongles se sont tronvés froissés et meurtris vers leur milieu, et chaque doigt montra de suite à Pintérienr une ampoule de sang noir presque solidifié, La douleur fut si vive, que nous crümes nn moment que nous ailions nons évanouir, Mt ce n'est qu'après une dizaine de mi- hutes que Lous commencames à nous remettre peu à peu, Un chapitre de Coutrariélés. Il est parfois, dans le commerce de la vie, un tel con- cours de circon-tances adverses, qu'on serait porté à croire que tout a été réglé pour nous contrarier,tant les affaires sont toutes en désacord et se présentent à rebours, dans un sens tont opposé à celui qu'on pourait raisonnablement prévoir, Constatons done ici quelques nues de ces cir- coustances lacheuses qui sont venues nous contrarier dès le début de notre voyage. 4 Nous sommes à Québce, au matin du 17 février 1881, jour cù nous devons prendre lZvtercolonial pour nous ren- dre à Iahifax, Les annonces des journaux donnent 74 h. pour moment de départ du batean traverser de Québee. Nous partous de St Roch à Tih, nouns avons done le temps suffisant pour nous rendre. Nous arrivous au quai du Grand Tronc, et nous voyous le batean déjà prêt a accoster de Tantre côté du flenye. “C'est à 74 h, qu'il laisse le quai, nous dit un cocher de voiture là présent ; peut-ètie pourriez-vous prendre le bateau de Lévis et vous rendre assez tot au Grand Tronc pour le départ?” Nous tournons à droite, et, fouette cocher ; vite au bateau de Lévis. Nous arrivons juste au moment où l’on retire la passerelle. Il faut supprimer les adieax aux parents et amis qui nous accompagnent, et sauter de suite sur le pont du bateau qui est déjà en mouvement. Nous refoulons les émotions des adieux pour ne novs occuper que de la crainte de manquer le train. Si le ba- tean allait être retardé par les glaces ?......Que ferait M. Bolduc qui nous attend à Campbellton ? ..... Cependant la course est rapide, nous touchons biontôt au quai de Lévis. Dès avanti d’être accosté, nous retenons 60 LE NATURALISTE CANADIEN une voiture, et aussitôt à terre, foueite cocher à.la gare du Grand-Trone. Le gardien de la barrière n’a pas le temps de nous remettre le change de la pièce que nous lui pré- sentons; nous la lui abandonnons, Le chemin n’est pas beau et des rencontres nous retardent encore. Hnfin nous voici à la gare, Vite, nous erie un facteur de la gare. — Quel char faut-il prendre ?—Le dernier en arrière, Une malle chaque bras, nous nous dirigeons donc vers le der- nier char, qui se trouve à une certaine distance de celui qui le précède. Craïgnant de marcher sur la voie, nous suivons à côté un sentier à peine tracé dans la neige. Nous enfoneons jusqu'aux genoux,et avons peine parfois à con- server l'équilibre avec nos deux malles, bien qu’elles fassent assez légéres. Enfin nous esealadons les marches du char ct pénétrons à l'intérieur, mangréant un peu contre les employés de la gare qui se sonciaient si peu d'accommo- der les voyageurs, remerciant Dieu tontelois d'avoir pu, malgré ces contretemps, arriver encore assez tôt pour le train. Et d'une! Le char, bien que chanffé est est absolument désert, nous sommes seul. Après quelques instants, arrive une dame senle avec non moins de difficultés que nous en avions éprouvées nons-même. Nous nous installons cha- cun sur notre banc et atrendons. Sans doute que par un mouvement de recu}, le reste du convoi va venir s'unir à notre char pour l'entraîner à sa suite ? Nous attendons en toute sûreté. Mais bientôt arrive un employé qui nous cie, tout essoufflé cn ouvrant la porte; “Que faites-vous done là, vous autres? Le train va partir et vous allez rester Jà ; ce char ne part pas!” Et sans plus s'occuper de nous, ii s’é- loigne à la course. La dame se révolte contre le service de la compagnie ct les facteurs de la gare, mais il n’y a pas à marchander, nous sommes seuls, il faut refaire notre péni- ble trajet chargés de nos malles, sous peine de manquer le train, Nous patangeons done de nouveau dans ia neige et entrons dans l'autre char juste au moment ot l’on donnait le signal du départ, Nous l'avons encore échappé bel, dimes-nous à la dame. Et de DEUX! DE QUEBEC A JERUSALEM 61 Nous voici rendu à Halifax et installé dans Ie meilleur hôtel de la ville, nous dit-on. Nousarons pour habitude, lorsque nous voyageons, d'avoir toujours dans notre malle papier, plumes, encrier, afin de n'avoir rien à requérir lorsque nons voulens écrire, Nous remarquons que nous avons oublié de prendre notre encrier de voyage. I] fait aller nous en pouvoir d’un autre, Nous nous rendous donc chez un libraire et en choisissons un qui nous pariit des plus convenables. Nous lenfongons dans notre poche, et reprenons la route de notre hôtel. Arrivé dans notre chambre, nonsremarquons des taches d'encre toutes fraiches sur le plancher. Ce n’est pourtant pas nous qui les avons faites ? Nous portons la main dans notre poche et la reti- rons toute somllée dencre. Le contenu entier de notre encrier s’y était répandu, bien qu'il fut demenré fermé, retenu par son ressort. La poche de l'habit est retournée à l'envers pour être larvée antant que possible, et nous re- prenons la rue pour retrouver notre libraire dont nons avions peu remarqué lenseigne. Nons le retronvons enfin, après une assez longue marche. “ Cet encrier ne vaut rien, dimes-nous, en le Jui présentant ; il ne retieat pas l'encre; faites-en l'épreuve.” Après examen, il rec mmnait que la fiole contenant lencre était brisée. Il nous en donne un autre irréprochable cette fois, et nous retour- nons à notre hôtel, Et de Trois! murmurâmes-aous. Remettant alors à un autre moment nos écritures, nons nous disposous à réciter notre office. Nous allons prendre notre bréviaire que nous avions déposé sur notre 1 t, Mais il est tout mouillé d’une eau sale qui nous sonille les doigts. Allous qu'est-ce? Ca ne pent toujours pas être l'encre de notre poche qui serait remontée jusque ia? .....Nous por- {ons nos regards au plafond, et voyons une grande tache dans le plâtre qui dégontte de toutes part. Nous sonnons aussitôt à rompre les clochettes, et lon ne parait pas très empressé de se montrer. Cependant l'ean tombe toujours et se répand sur ie lit et le plancher. Haulin an garçon de service se présente, — Voyez; qu'est-ce que cela veut dire 2. 62 LE NATURAL'STE CANADIEN — C'est de l'eau qui aura été répandue en hant ? — Qui habite la haut? — Due dame américaine, —Je parie que cette eau ne Ini est pas sortie de la bouche. Mais courez ct répareg au plus tôt. I} revint bientôt suivi de deux filles qui nous dirent que l'acci lent était da à une jarre d'eau accilentellement cassée à l'étage supérieur. On changea notre lit de place, on remit de nouvelles coavertnres et on répara couvenas blement tout le dégat. Evidemment, dimes-nous, nous jouons de malheurs. Lt de QUATRE ! Nous voici maintenant sur le vaisseau, fourmenté parle mal de mer, nous passons presque tonte la journée à nous rouler sur les cous-ins du silon, Comme il nous avait falln laisser l'haibit ecclésiastiqne pour le voyigs, nous avions ern devoir nous mettre en honnête bourgeois civil. Donc cols et manchettes en belle toile, ces dernières rete- nues par des boutons en cornaline montés en or. Nous remarquons que l'an de ces boutons manque à notre poi- guet. Nous le cherchons partout, et ne pouvons le re- trouver. Nous en avions fait le sacrifice, lorsque le len- demain il nous vint à la pensée d'en parler an earcon de chunbre, qui aurait pu le retrouver en balayant. “ Le voici,” dit-il. en le retirant de sa poche. Nous nous ré- jouissons d’avoir réparé cette perte, et le remettons en place en faisant jouer le ressort qui nous parat encore en parut état, Mais quelques jours plus tard, à Londres, nons remar- quons de nouveau la même absence, et impossible cette fois de pouvoir fixer le lieu précis de la perte. Alons, dimes-nous, ce sera une petite vanité de moins, HH ne convient pas à un ecclésiastique qui a 60 hivers sur la tête, de jouer ainsi aux lions du jour. Allons y plus modeste- ment. Et entrant dans la première boutique que nous rencontrons, tous en achetons en nacre montés en faux or qui remplacent les premiers, sans lémoigner cenx-là le moindre désir de s'échapper dans les rues. Lt de cixa ! DE QUEBFC A JERUSALEM 63 Avec notre habit de drap fin tout flambant neuf, et nos boutons de manchettes de 86 sous, nous pouvions en- core passer pour un bourgeois honnête à Londres, malgré notre casque en ‘fourrure, car nous en rencontrions fré- quemment dans les runes. Mais rendu en France, a Ronen, lorsque déjà les fleurs commengiient à se montrer dans les parterres, et dans une journée où un soleil brillant alter- nait avec de légères averses, notre casque en cramer était tout-à-fait hors de mode, Avec notre barbe inculte, nos cheveux longs, et ce casque mouillé par la piuie, pour vis siter les églises et les places publiques de la capitale de la Normandie, on allait sans doute nous prendre pour ua habitant du pôle qu'un accident de ballon aurait tout à ccup jeté sur le sol de la France, Mais que faire? nos malles sont pleines, et nous ne voulous pas sacrilier notre fouriure ; bon gré, mal gré il fant se rendre jusqu’à Paris où nous pourrons la placer en lieu sûr, Aussi ne fimes- nous pas surpris de voir quelques gamins, élonnés de notre accoutrement, prendre la course pour nous dévancer dans Ja rue, alin de pouvoir nous examiner plus à leur aise en nous rencontrant, Nous continuons notre route, sans pa- raître les remarquer, avec la gravité dn philosophe grec armé de sa chandelle pour chercher un homme, sur la place pub'ique, en plein midi, Cependant et de six! nous disionsnous tout bas. A coniinuer. aren tt BRE 08 TS rremommne IAITS DIVERS Le Scientifc Am:trican.—Le terrible incendie qui dernidre- ment a réd.it en cendres l'établissement du Thurld à New-York. a aussi éhvihicelui du Scientific American, Les presses de ce dernier étant dans une autre Hâtisse, elles ont été préservées, de sorte que Ja pebication n'a souffert aucune interruption. Lo burein d’affaires du Scientific est actuelle ment ruc Broidway, 261. MM. Mann & Cie continueront, comme dans le passé, à s'occuper de tout ce qui con. cerne les prtentes de nouvelles inventions, plans, dessins de machi- neries, requêtes ete, Tous ceux qui sont parvenus À inventer quelqne chose de noureri, n’ont qu'à s'adresser MM, Munn & Cie, 251 Boadway, --cw-York, ils recevront sans délai, et:ais aneine chars, une réponse les informant si la découverte cst récliement nouvelle et si eile peut être patentée. Un livre d'instructions sur toutes les dé. marches à faire leur sera aussi cn même temps adressé MM. Munn & Cie. out uno expérience de plus de 35 ans dans ce genre d’aÆ:i ——— DE QUEBEC A JERUSALEM. (Continué de la page 96.) VII Alexandrie; rues; la place des Consuls; l'hôtel Labat.— L'Egypte, sa grandeur passée et son état actuel.—Les Frères des Ecoles Chrétiennes ; les Lazaristes; les Sœurs de la Charité.—La colunne de Pompée. - Les Juifs; un meurtre -upposé.—L’égl.se Ste Catherine, celle des Grecs echismatiques.— Départ pour le Caire; le lac Marévtis; les cultures; les villages Arabes; le Nil.—Les mandarines ; les Arabes; les pyramides ; le Caire. Contrairement à notre attente, le quai est désert, nous ne voyons que quelques gendarmes à l'air anxieux et em- pressé. C’est que le public n’est pas admis sur ce quai, lors de l'arrivée des vaisseaux d’outremer; seuls les agents de l'autorité y ont accès. On nous fait passer directement dans un bureau, où il nous faut exhiber nos passeports, La plupart de nos co-pélerins français ne s'étaient pas pourvus de passeports, et quant à nous, nous n'avions qu'une simple feuille de route portant le sceau de notre Province et la signature de notre Lieutenant-Gouverneur, pour en tenir lieu. Mais on nous avait dit à Londres, que cette feuille seule nous suffirait, On fait d'abord difficulté d'admettre ceux qui ne sont pourvus d’ancan papier, et quant aux autres, on veut re- tenir leurs feuilles pour ne les leur remettre qu'au Caire, le lendemain. Tandis qu'on en est ainsi à se faire des ob- jections de part et d'autre, M. Bolduc et nous, nous pré- sentons nos feuilles, en réclamant de notre titre de sujets L DE QUEBEC A JÉRUSALEM naa britanniques. Un coup d'œil sur le texte anglais et le grand sceau en cire rouge qu’on étale à leurs yeux, suffit pour nous faire admettre sans plus de conteste, On nous propose aussi de nous garder nos feuilles pour nous les re- meitre au Caire, mais nous nous -y objectons, -tant pour nous soustraire aux démarches qu'il faudrait faire la pour les recouvrer, qu'aux bacchishs * qu’on ne manquerait pas de requérir alors, Le commandant de notre caravane en est encore à disputer avec les officiers turcs, que nous traversons la cour et franchissons la porte gardée par deux gendarmes qui nous sépare du trottoir que longe la file des voitures qui attendent les voyageurs. Un bacchish de la part de notre commandant obtient enfin raison des exigences des avides douaniers, et nos compegnons vien- nent aussitôt nous rejoindre, Nous nous partageons les voitures par 4, 5, 6, suivant leur capacité, et nous entilons des rues tortueuses et malpropres, pour nous rendre a hôtel Labat, au centre de la ville, lun des plus considé- rables de la cité, où était fixé le lieu du rendez-vous. La disposition des maïsons sur ces rues mal allignées, où sourent des balcons offrent une telle projection qu'ils forment presque voute au dessus de nos têtes; cette foule de gamins en haillons qui nous poursuivent en nous ahuris- sant de leurs cris; ces têtes couronnées de fez ou de tur- bans, suivant qu'on tient du ture ou de l'arabe; ces faces brorzées, grillées, brulées par les rayons du soleil; ces costumes aux formes si bizarres et aux couleurs si variées ; ces musulmanes qu’on voit partout à la face cachée par un masque qui ne laisse voir que les yeux, lorsque souvent les pieds, les bras et la poitrine sont nus; ces sons guttu- raux, ces articulations saccadées qui émaillent le langage dont on fait partout usage; tout nous convainc que nous sommes réellement en Orient, en face d’une civili- sation différente de la nôtre, que nous n’avons plns à comp- -ter ici avec les coutumes et les usages de l'Occident, Après environ cinq minutes de marche par différentes rues, nous parvenons à Ja place des Consuls, au centre (*) Bacchish signifie : pourboire, aumône ; c'est le mot qu’on nous adresse de toute part en Orient, en tendant la main. 112 LE NATURALISTE CANADIEN même dela ville. Ici c'est tn tout autre aspect qui s'offre à nos regards. Nous nous retrouvons en pleine ville Euro- péenne. De beaux trottoirs larges et réguliers, des figades en pierre de taille, des vitrines où sont étalés les divers articles dont nous faisons partout usage, le langage fran- çais qui à tout instant frappe nos oreilies, les costumes européens que nous voyons partout, tout cela réuni pour- rait nous faire croire que nous sommes à Marseille ou à Bordeaux, n'étaient ces parasols de palmiers que nous voyons ça et la se balançant au dessus des maisons et ces costumes cosmopolites que nous voyons se coudoyer ou s'entrecroiser à chaque instant. La place des Consuls est un parallélogramme de quel- ques arpents de longueur sur une largeur proportionné, décoré à son milieu de la statue de Méhémet-Ali, si notre mémoire ne nous trompe, et portant bancs de pierre, allées d'arbres et les ornements d’usag: dans les places publi- ques. Nous tournons vers son ext:émité de droite dans une rue latérale, et à quelque pas seulement nous descen- dons à l'hôtel Labat, de suberbe apparence et d’aspect tout oriental, par les plantes qui décorent sa façade. Cet hôtel, à plusieurs étages, forme un carré dont le milieu est à ciel ouvert et occupé par un petit parterre tout rempli de plantes de climats tropicaux. Les chambres sont distri- buées sur un corridor qui partage la maison d’un bont à l’autre. Nous avons à peine pris possession de celle qui nous est assignée, que nous redescendons de suite dans la rue, pour examiner plus minutieusement la villeet nous pourvoir de quelques petits articles de voyage qui nous manquaienf encore. Nous entrons d’abord dans un grand magazin dont les commis sont tous français, pour faire emplette de longs turbans à fond blanc rayé de bandes rouges et jaunes, pour ajouter à nos chapeaux de paille, afin de nous proté- ger davantage la tête et le cou contre les rayons du soleil, On nous les fait payer 3 francs: Nous portons ensuite nos pas à la chancellerie épisco- pale pour faire viser nos celebret. L’évéque étant au Caire DE QUEBEC A JERUSALEM 113 dans le moment, nous ne pouvons lui présenter nos hom- mages. Nous sommes reçus par son chacellier, religieux franciscain, qui nous accueillie avec une grande courtoisie, et parait tout joyeux de faire la connaissance de prétres du Canada. Le P. Placide Vendrick, ce chancellier, est Belge, et comme la plupart de ses compatriotes, se rappro- che du caractère qui nous est propre, plus que toute autre nationalité. Descendant les uns et les autres des francais, il semble que nous nous soyons, chacun de notre cété, également éloignés de notre type. Si l’on nous accuse quelquepart d’avoir marché trop lentement dans la voie du progrés, nous nous en consolons facilement, en voyant que la nation de nos péres, pour y avoir marché trop rapi- dement, a, en plus d’un endroit, dépassé le but, : L'Egypte, ce pays qui dans les temps anciens a marché longtemps à la tête de la civilisation; ce pays qui a laissé des monuments du génie Ce ses habitants, que nos siécles de lumière rangent encore au nombre des merveilles que nait pu depuis dépasser la conception humaine; cette terre qui a produit tant de génies dans les sciences, les arts, la religion, même depuis l’établissement du christia- nisme ; cette terre où ont fleuri les Sésostris, les Rainsès, les Pharaons, les Ptolémés, les Euclyde, les Athanase, les Antoine, et cette foule d’anachorètes qui, se soustrayant pour ainsi dire aux lois de l’humanité, nous montraient des anges sous une enveloppe mortelle; cette terre que foulèrent de leurs pieds Alexandre, César, Napoléon, et les Patriarches Joseph, Jacob, Moyse, et ’homme-Dieu lui même avec Joseph et sa sainte mére; l'Egypte est au- jourd’hui bien déchue de sa splendeur d'autrefois. Elle ne compte même plus sur la liste des nations indépendantes qui ont voix au chapitre du gouvernement du monde, puisque son Khédive ou vice-roi reconnait un suzerain dans le Grand-Ture de Constantinople. Le génie de cette nation dans le paganisme l’éleva au dessus de ses rivales, et tant que les saints de l’évangile peuplèrent ses déserts, elle ne cessa de fournir au monde des porte-étendard de la vraie civilisation; mais depuis iid LE NATURALISTE CANADIEN que l'islamisme, cette absurde religion de la chair, est vent la comprimer de ses étreintes, elle fut frappée destérilité, et alla toujours en décroissant. On ne put même voir dans la suite des siècles, sortir de cette souche qui conservait encore quelques sues de vie, aucun rejeton généreux, pouvant donner espérance d'un renouvellement de vi- gueur et de production de nouveaux fruits, comme on le voit dans les arbres de nos vergers, où souyent ces nou- veaux jets l’emportent sur la souche première par l'abon- dance de leurs produits. Elle suivit la route de décadence sans presque aucun retour sur elle-même, continuement, sans se ralentir. jl en est du monde moral à peu près comme du monde physique. Tant qu’un arbre trouve dans le sol les sucs qui lui conviennent, ou qu'on a soin de les lui renou- veler par des engrais et des amendements intelligents, on le voit s'épanouir dans sa croissance et livrer des fruits en abondance. Mais pour peu qu'on le néglige, june fois les sues primitifs épuisés, on voit de suite des croissanees étrangères voisines lui ravir ses sucs et des parasites l'é- touffer de leurs étreintes, et dès lors il cesse de produire ou ne donne plus que des fruits chétifs et sams valeur. Ainsi vont les nations. Tant que la lumière de l'évangile, qui est la véritable sève qui alimente leur vie, est pure et abondante; elles croissent, s'’épanoussent, et produisent. Mais du mo- ment que les croissances étrangères des hérésies, les para- sites tenébreux des schismes, ou ce qui est encore plus re- doutable, le ver léthifère de l'incrédulité prennent chez elles droit d'asile, c'en est fait de leur grandeur, de leur prospérité. Ce ne sont plus que des troncs desséchés, in- capables de produire; des plantes qui dépérissent après leur floraison; des sources ne montrant plus que de mai- gres filet d'eau qui menacent de disparaitre totalement de- vant une aridité complète, comme ces torrents de la Syrie dans le lit desquels le voyageur se promène aujourd’hui à pieds secs. L'Egypte, avec la plupart des pays de |’ Asie—on pour- DE QUÉBEC À JÉRUSALEM 115 ait dire avec toutes les contrées ‘qte l'islätnisitie à ‘Cot- vertes de son réseau—en est aujourd’hui à Cette dérmiëre période. Seule la sève généreuse da pur catholicisme pourrait Ja raviver, la régénérer ; mais les prescriptions ‘de Mahomet, chez ces peuples indolents, ignares et replon- gés dans la barbarie, y sont un obstacle presque infranchis- sable. Et comment pourrait-il opérer sa conversion ce musulman, lorsque la loi et ia coutume permettent ‘at premier venu qui le rencontrerait de lai plonger un poi- gnard dans le cœur ou de lui loger une balle dans la tête, sans qu'il y ait à réclamer. Oar c’est ainsi qu’on en agit dans tout l'empire turc, Un cadavre est la gisant près de la route.—Est-ce un musulman ?—Non.—Oh! ce n’est rien; c’est celni d’un chien de chrétien! Aussi ces con- versions sont-elles très difficiles et fort rares. L'église ca- tholique que soutiennent ici les franciscains, les lazaristes, les frères des Ecoles-Chrétiennes avec les Sœurs de Charité, se recrute particulièrement parmi les européens, dans la conversion d'un certain nombre de chismatiques Grecs, Améniens et Cophtes, et par les enfants abandonnés qu’on vient offrir. Nous allons visiter ces divers établissements, en obse?- vant en passant et les constructions parfois assez impo- santes, et les jardins et places publiques aux plantes d’aspect si différent des nôtres. que dominent ça et là ces altiers dat- tiers, Phenix dactylifera, Linné, au stipe gréle et élancé, aux palmes nombreuses et allongées, lesquelles, réunies en parasol au sommet, permettent au moindre souffle d’im- primer à ces arbres un mouvement ondulatoire des plus agréables. Les Frères ont ici un établissement aux vastes constructions et sur un excellent pied. Leurs élèves, que nons trouvames en récréation, nous présentérent un as- pect des plus intéressants; les bons Frères nous dirent que les talents supérieurs étaient communs parmi enx. Ils ont surtout une aptitude toute particulière pour l'étude des langues, Avec les élèves les mieux doués, on fait d'ordinaire marcher quatre langues de front dans leur éducation, i’arabe, le français, l’italien et l'anglais ou le ture, et celd mémé avec dés enfants de 8 à 9 ans. Leur 116 LE NATURALISTE CANADIEN bande de musique nous fit entendre quelques morceaux de son répertoire d’une exécution tout-a-fait remarquable, L’Egyte qui a fourni des monuments antiques à pres- que toutes les capitales des grands pays de l’Europe, et même de l'Amérique, pour la décoration de leurs places pu- bliques, en est presque entièrement dépouillée aujourd’hui. 11 ne reste plus à Alexandrie que la seule colonne de Pompée, comme trophée de son ancienne splendeur, lorsque capitale d’un grand pays, elle portait le nombre de ses habitants à 500,000 ou 600,000, tandis qu'aujourd'hui ce nombre ne dépasse pas 65,000. Nous allâmes visiter cette colonne, élevée sur une pe- tite éminence un peu en duhors de la ville actuelle. C’est un monolithe de porphyre, de 70 pieds de hauteur, sur un diamètre proportionnel. De tous les monuments antiques que nous avons vus, c’est peut-être celui qui accuse pius Visiblement le travail du temps sur son existence. Les angles de sa base sont en partie disparus, son chapiteau est mutilé et défiguré, et son fut même, surtout dans le bas, a toute sa surface déchiquetée par l’action des cou- rants atmosphériques qui le fouettent depuis près de trente siècles sans avoir pu encore le renverser. Une douzaine de touristes français, il y a quelques an- nées, parièrent qu'ils iraient prendre un déjetner sur le ‘sommet de cette colonne. On fit au bas certains échaf- faudages jusqu'à ce qu’on put lancer une ficelle par des- ‘sus l’entablement, au moyen de laquelle on fit passer un ‘Cable dont les extrémités pendaient de part et d’autre. Fixant l’une de ces extrémités par le bas, nos jeunes ex- travagants durent jouer au matelot pour grimper au moyen de l’autre jusqu’à la table supérieure. Ils parvin- rent ainsi, non sans beaucoup de peines et de fatigue, à se hisser là tous les douze et à gagner ainsi leur pari. La gloriole de pouvoir se vanter d’avoir mangé sur une table ‘ou très probablement depuis 3000 ans aucun mortel n’a- vait pris place, leur coûta assez cher pour que personne . depuis ne s’avisât de renouveler le festin. 2%. Cette colonne, qui sans doute autrefois ornait un parc fl DE QUÉBEC A JERUSALEM 117 public de la ville, est aujourd’hui dans un lieu vague, n'ayant pas même une simple clôture pour lentourer, Comme elle recoit de fréquentes visites de la part des étran- gers, des gamins arabes sy tiennent en permanence, dans l’espoir de soutirer quelques bacchishs aux nombreux visi- teurs. Aunombre de sept à huit, au moment où nous la visitames, ils étaient à jouer à cache-cache autour de sa base. [ls s'empressèrent, en nous voyant, de nous offrir quelques fragments du monument; mais le service était plus que superflu, vu que le sol en est couvert tout au tour. C'est un granit porphyritique très dur, de couleur rouge entre- mêlée de taches grisâtres plus ou moins vitreuses. La dif. ficulté n’était pas de trouver des fragments pour celui qu; voulait en rapporter un échantillon, mais bien de pouvoir en avoir d'assez petits pour ne pas trop embarrasser dans le voyage. Aussi ne parvinmes-nous qu’assez difficilement à diviser l’un de ces fragments, tant cette pierre méta- morphique oppose de résistance au moindre éclatement, Alexandrie, qui est une ville fortifiée, est situéé un peu à l'Ouest du delta que forme le Nil en se jetant dans la Méditerrannée, sur une langue de terre qui sépare le lac Maréotis de la mer même. Elle fut fondée par Alexandre le Grand, 332 anvant J. C. Elle communi- quait avec le Nil par un canal que l’on a rétabli de nos jours. Elle fut longtemps la capitale de l'Egypte, et l’une des villes des plus populeuses du monde. On y conservait autrefois le corps de son fondateur renfermé dans un cer- cueil d’or massif. Son école de philosophie jouit jadis d’une très grande réputation. La construction du canal de Suez, en permettant à Port-Said de se partager avec elle l’entre- pot du commerce de l'Orient et de l'Occident, va contri- buer à lui faire perdre tous les jours de son importance si déchue déjà de ce qu’elle était autrefois, Au moment où nous y arrivames, la ville d'Alexandre était en grand émoi, par suite du meurtre d’un enfant Grec qu'on mettait à la charge des Juifs. On avait trouvé le cadavre de la victime, âgée de 14 ans, dans un fossé, percé de nombreux coups de couteaux. Redoutant des troubles, on avait fait mander par chemin de fer des ren- 118 LE. NATURALISTE, CANADIEN forts.du Caire, pour. prêter. main forte à la garnison, Voici: quelle auraitiété:le motif: de.ce meutre. On sait que les Juifs, pour la plupart, attendent en- core la venue du messie ; mais comme chez tous les peu- ples qui ont fermé les yeux à la véritable lumière, leurs croyances se sont plus ou moins altérées, si bien que peu, trés peu d’entre eux suivent encore aujourd’hui la loi Mosaïque, et que sans guides sûrs pour les diriger, ils ont. formé, plusieurs sectes dissidentes des vrais croyants d’au- trefois, jusqu’a devenir en certains quartiers de véritables mécréants, capables de tenir téte aux libres penseurs de nos jours. | Or,narmi,ces dissidents, il en est.qui admettent la.ve-. nue, du, rédemptenr.dans.la.personne de, Jésus-Christ, et qui,cxoient.erronnément, obtenir leur salut de, ses mérites, sans.être.tenus.de.se conformer.a ses enseignements. Le, sang. dy, Christ, disent-ils, a opéré le salut du, genre hu-. main. Or.les chrétiens,par.leur communion s’incorporent ce sang, Si donc nous parvenons à obtenir du sang chré- tien, nous. nous assurerons de même la rédemption. De là le meurtre.d’un enfant chrétien ayant communié, pour mêler. son sang dans,la confection des pains azymes qu'ils man-, gent à leurs pâques. Ce crime révoltant, s’est déjà per- pétré.plusieurs fois à Alexandrie, et est toujours demeuré. impyni,, par ce.quici comme ailleurs, les Juifs, sont les, princes de la finance, et comme tout est,vénal dans l’em- pire Turc, | il suffit d’avoir des écus pour faire plier la jus: tice dans, ses, exigences et obtenir l'impunité. des. forfaits, les plus-révoltants. On,nous dit qu'il n’y, a encore, que, quelques années, les, Juifs durent. ainsi débourser près, d'un demi millon de francs. pour se soustraire -anx, consé- . quences d'un semblable meutre. Nous, vimes par les journaux, quelques jours après notre, départ d'Alexandrie, que, malgré les recherches de. la police, on, navait. pu se,procurer aucune preuye du, meurtre, supposé, et qu'on, était porté à croire que le stra- gème ayait été,,monté par, les Grecs eux-mêmes, dans le, but de soutirer , quelque bonne rançon. des , Crésus Juifs., = DE QUEBEO A JERUSALEM 119 On aurait pris le cadavre de cet enfant, mort de mort na- turelle, et on l'aurait ainsi maltraité et jeté dans un fossé, pour accuser les Juifs du forfait, et leur vendre. ensuite fort cher l'impunité. Pour qui connait les allures des orientaux ct la manière dont s’administre la justice dans l'empire Turc, la ruse n’est pas du tout incroyable. Jeudi, 24 mars.—De bonne heure, ce matin, nous-nous rendons à l'église Ste Catherine, que desservent les PP. Franciscains et qui est attenante à leur couvent. Un ma- gnifique et vaste jardin, partagé en deux par une large allée qui correspond à la porte principale de cette église; la sépare de la voie publique. En retournant à l’hôtel, après la célébration de’ nos: messes, nous remarquons une autre église tout auprès: Nous y entrons ; et nous reconnaissons de suite, par les crue: cifix peints sur bois et non sculptés, que nous sommes: dans un temple grec schismatique ; d'ailleurs lespèce d'office qu’on y faisait alors, nous convainquit de suite que nous n’étions plus chez des catholiques. Tout le chœur était séparé du reste par une cloison dans laquelle.s ou. vrait une porte de chaque côté. Toute la nef était vide, mais près des murs, rapprochées de la cloison, étaient des stalles dans lesquelles quatre clercs ou ministres, seules personnes alors présentes, chantaient des psaumes ou le- cons d’un ton fort monotone et assez ennuyeux. Cesclercs,, tout en continuant leur chant, parurent fort intrigués de. notre présence, car ils nous suivirent constamment de la. vue. Est-ce inconvenance ou témérité d’aller plus loin, nous dimes-nous? essayons toujours. Nous passons de- vant les chantres et franchissons la porte de la cloison qui était ouverte, pour voir ce qu'il y avait au delà. Nous nous trouvons là dans un véritable sanctuaire, ayant un autel au fond surmonté d’un grand crucifix peint comme. l’autre sur une surface plane. Un sacristain était à faire une parure à cet autel, probablement. pour un office qui devait faire suite au chant de la nef. On nous regarde sans rien nous dire; nous examinons les tableaux, qui n’ont rien de remarquable, et le reste de la décoration,, et sortons par l’autre porte, en passant de nouveau devant 120 LE NATURALISTE CANADIEN les chantres qui ne nous perdent de vue que lorsque nous franchissons la porte extérieure, ; Le programme de la caravane porte qu’il y aura une étape de quatre jours à Alexandrie. Comme le voyage est payé d'avance, aller et retour, ceux qui voudraient se contenter de rester dans le vaisseau tout le temps, ou du moins d'y venir coucher et prendre les repas, n'auraient rien à payer de plus; mais si nous voulons loger en ville, aller au Caire, aux Pyramides etc., c’est à nos propres frais. Nous n’étions donc plus sensés soumis à notre comman- dant du moment que nous mettions pied sur terre ; cepen- dant, comme nous avions à visiter les mêmes lieux et les mêmes monuments, nous préférâmes aller ensemble sans nous débander. Voilà pourquoi il avait été arrêté que nous prendrions le train du chemin de fer de 11$h. pour nous rendre au Caire. Aussi, à part 8 ou 4, tous furent à bord du convoi à l'heure précitée. À peine sommes-nous installés dans les divers wagons, que le train s’ébranle et nous voici à parcourir à la vapeur cette terre d'Afrique, de la même manière que nous le fesons en Europe et en Amérique, Le chemin, à sa sortie de la ville, se trouve à cotoyer le lac Maréotis, dont nous examinons attentivement les eaux dans l’espérance de pouvoir peut-être y rencontrer le fameux souchet, Cyperus papyrus, Parlatore, qui fournissait le papyrus sur lequel écrivaient les anciens Egyptiens, ou le lotus, cette célèbre Nymphéacée, Nymphæa lotus, Linné, qu'on voit repré- sentée sur tous les monuments, dont on mangeait la ra- cine, et dont la graine aussi fournissait une farine qui en- trait dans la confection du pain. Les fleurs du lotus bleu, Nymphea cærulea, Savigny, entraient dans la confection des bouquets destinés aux offrandes religieuses, et ses fruits, mêlés aux épis de blé, ont souvent servi comme modèles de la forme à donner aux chapiteaux des colon- nades des temples érigés à Isis, comme emblême de cette déesse de l'abondance, Mais, comme nous l’avions déjà reconnu plus d’une fois, ce n’est pas en chemin de fer qu'on peut avantageusement herboriser. Les rives du DE QUEBEC A JERUSALEM 121 Maréotis nous montrèrent en maints endroit une abon- dante végétation, mais dans laquelles lotus et papyrus et bien d’autres plantes encore sans doute, se confondaient pour nous en ces massifs de joncs et de cypéracées vul- gaires qui bordent d'ordinaire les rives de nos eaux tran- quilles. Bientôt nous perdons de vue les eaux du lac Maréotis, et nous voguons en pleine campagne. La plaine basse et unie est composée d’un terrain des plus fertiles, n’étant qu’un amas de limon que le Nil dans ses inondations vient renouveler chaque année. On est partout aux travaux des champs, ici à labourer, tout à côté à moissonner orge, blé, etc. car ici, 1l n’y a d’autre interruption à la végétation que la croissance du Nil qui commence en Juin et se ter- mine en Octobre. Si le sol est fertile et les moissons de belle apparence, d'un autre côté la culture nous parut fort défectueuse. La charrue n’est qu’un simple areau, c’est-à-dire un petit soc fixé à une branche d’arbre courbe, le tout ne pesant guère plus de 39 livres. lle est d'ordinaire traînée par deux petits bœufs, très distants l’un de l’autre, ou par un buffle à mine disgracieuse et sauvage. Ces buffles, que nous avions déjà rencontrés dans des ménageries, ont le cou surbaissé, sans avoir la bosse scapulaire de nos bisons; leurs cornes, de grandeur moyenne, sont dès la base, dirigées en bas en s’écartant de la tête, puis se relèvent un peu en se portant en avant et en s’écartant d'avantage. La herse n’est pas connue dans leur culture, on sème tou- jours dans le sillon de la charue, à une profondeur de 4 à 5 pouces, pour que le germe ne soit pas desséché par la forte chaleur. 11 faut être prêt à confier les semences à la terre dès que les eaux se sont retirées, car une foi le sol sec, il ne peut être amené à produire que par des arrosements, Il n'y a pas à chercher compensation dans les pluies, car en Egypte, elles sont trop rares et toujours insuffisantes. On a pu compter jusqu’à trois années de suite sans qu’on eût un seul grain de pluie ; et année commune, la quantité d’eau qui tombe de l'atmosphère ne dépasse pas 8 ou 4 pouces. Lors de notre arrivée à Alexandrie, il tombait quelques 122: LE NATURALISTE CANADIEN grains de pluies, et plusieurs qui comme nous avaient lu dans les récits des voyageurs qu'il ne pleuvait presque jamais en ce pays, en étaient tout étonnés, croyant qu'on allait avoir de suite un démenti à cet avancé. Mais notre illusion fut de:courte durée, car ces grains ne furent pas: méme assez nombreux pour réunir de toute part leurs: taches sur les pavés, ils suffirent a, peine pour consteller de leurs.sombres. astériques, la poussière blanchâtre des trot. toirs.. Comme partont la plaine: est fort basse, l’eau se ren- contre à peu de profondeur dans le sol, et n’était la cha- leur ardente du soleil sous ces latitudes, nul doute que la terre ne conservât assez d'humidité pour soustraire le cul- tivateur à la nécessité de: recourir à’ ces arrosements. En maints endroits nous voyons, près de la voie, des’ buffles attelés à des manégesiqui font tourner une roue a godets. qui déversent dans desrigoles l'eau dont ils se sont remplis.en: plongeant dans: un: puits ; ces rigoles qu'on ouvre: ou ferme suivant le besoin, conduisent le liquide aux divers champs qu’on veut ainsi arroser, D’autrefois c'est à bras qu’on exécute ce puisement de l’eau. Deux longues courroies fixées de chaque côté d'une large gamelle sont retenues par deux femmes placées de chaque côté du puits ; tenant: une courroie de chaque main, elles impriment à la gamelle un balancement presque cadencé et fort gracieux, pour l’enfoncer dans le puits et en déverser de même le. contenu dans'une rigole tantôt à droite et tantôt à gauche. Nous nous sommes plu à admirer plus. d’une fois avec quelle dextérité elles faisaient ainsi jouer ce plat au bout de leurs longues courroies, sans jamais, manquer leur-coup. soit pour le remplir soit pour le vider. L'Egypte c’est le Nil descendant de l’Afrique centrale à travers des déserts d’un sable qui pompe si avidement l'eau qu’il ne: reste partout qu'aridité. Partout où se porte l'inondationavec le limon quelle dépose, c’est la fertilité et: l'abondance, et à côté la sécheresse et la stérilité. Si le Nil cessait: ses inondations seulement pendant quelques années, c'en serait bientôt fait de l'Egypte, et le désert au- rait bientôt reconquis tous ses:droits:sur cette plaine d’une fertilité: sans pareille. . DE) QUEBEC: A JÉRUSALEM: 123: On. évalue. à plus-de: 1500 lieues: le parcours du: Nil: H: traverse, dans:son: cours, plusieurs marais: peuplés de.croco- dyles, d'hippapotammes, d’ichneumons, etc., et: se trouve: coupé par. une vingtaine, de. cataractes, dont la plus rap-. prochée est celle d’Assoam, sur la frontière de la Nubie, à: 300 lieues. d'Alexandrie, A, Khartoum, ville bâtie, par Mehemet-Ali, et qui, compte. aujourd'hui 30,000 habitants, le.Nil se partage en,deux, braches, le Nil blanc qui vient, de, l'intérieur de l'Afrique, et.le, Nil bleu qui descend de: l'Abyssinie. Dans.le delta-que forme.le Nil,;dans.la basse- Egypte, iljse partage. aussi, en deux, branches. principales: pour se jeter, dans, Méditerrannée, l’une a. Rosette. et, l'autre. à Damiette.. En dehors de la. vallée du Nil, à part quelques. oasis: sur les confins du désert, c’est partout la plaine nue et stérile, car si parfois ils" y rencontre des: mares, ou des marais, une eau. soumâtre les remplit portant en dissolution des substances minérales.tellement abondantes, que non seulement elles deviennent impotables mais même. délétères le plus souyent pour toute végétation. Plusieurs. oiseaux s'offrent presque partout; à. nos:re-. gards, ce sont, surtout des. corbeanx et des vanneaux; et: sur les arbres. qui ça.et:là. bordent:la: voie, se montrent:de: nombreux nids, dans,le. fenillage. Il, n’est pas rare d’en voir souvent jusqu'à 5 et, 6.dans le même arbre. Ces.arbres: le plus. communément sont des sycomores, des tamarins et parfois.des dattiers:. En plusieurs endroits:nous: voyons des:champs de blé ou:d'orge tellement entremélés: de coquelicots, qu'à quel- que distance ils forment une masse rouge compacte. C'était la première fois que-nous voyions le coquelicot, qui chez: nous ne, s'échappe, jamais. de. nos. jardins, ainsi répandu dans les champs, et ce n’est: qu’alors-que nous comprimes le nom de coquelicot des blés qu’on lui donne en plusieurs en- droits en France. Partout ce sont des champs en culture à perte de vue, avec des villages par-ci-par-là sur-de légères éminences. Ces villages, aux maisons en terre en forme de cubes, très près les unes des autres et souvent distribuées sans ordre, ont la plus chétive apparence possible, Et n'était le mi- naret toujours grêle et élancé qui les domine, on ne les re- 124 LE NATRRALISTE CANADIEN marquerait que lorsqu'on s’en serait assez rapproché pour distinguer les chèvres ou les poules qui se promènent sur les terrasses, ou des bandes d'enfants plus ou moins nus qui grouillent dans les carrefours que forment ces pitoyables huttes. A Kafr-il-Zaïat, nous avons un arret d’un quart d'heure. On vient nous offrir divers comestibles, oranges, dattes, gateaux etc.—Combien les oranges, demandâmes-nous à un gamin ?—Une piastre la pièce. —Une piastre? mais c’est incroyable —Attendez, nous dit un voisin, la piastre est ici de quatre sous environ. Nous en payons une et la trou- vons excellente. Bientôt arrivent nos compagnons en ayant les mains pleines.—Combien les avez-vous payées ? —Trois pour une piastre, au coin, là, à l’étalage de la bonne femme. Nous allons aussi nous en pourvoir, pour le même prix. Nous nous rappeilames lors ce que nous avions lu dans un certain guide : en général, en Orient, n’offrez guère plus d'un franc pour un article qu'on vous fera vingt francs. Ces oranges étaient de celles qu’on ap- pelle mandarines, et de toutes les oranges, nous nen avons jamais gouté de meilleures, Les mandarines sont d'assez chétive apparence extérieure : elles paraissent toutes bosselées, comme si elles étaient déjà en état de décomposition. Cela vient de ce que chez elles, la peau extérieure est distante de la masse intérieure, quelques légers filaments seulement se montrant dans l’espace qui sépare l’une de l’autre, Mais la masse intérieure est à di- visions comme dans les autres oranges, et la pellicule qui. forme les partitions est tellement mince, qu'on Ja sent à peine dans la bouche. Elles sont très sucrées et sans au- cune pointe d’acidité. Les mandarines de Naples sont re- putées les plus recommandables parmi les gourmets. À continuer. NÉOROLOGIE 125 CHRONOLOGIE DE QUELQUES UNES DES INVENTIONS LES PLUS IMPORTANTES. La 1ère bibliothèque publique fut fondée à Athénes........ RE RES teas se 563 avant J. C Mn CUT GICDNG: di... …... Meeesosre LORS e ee glasses soscpaasele sas 284 après J. C. Le papier fut inventé en Chine.............. 170 avant J. C. Les vitres furent employées en Angleterre 674 après J. C. Le papier de guenilles de coton fut in- venté vers le Xe siècle. Celui de toile en 1300, Le premier degré de Docteur fut conféré à Bologne en 1130 ; en Angleterre en 1208. L’Astronomie et la Géométrie furent intro- duites en Angleterre... ..... :....... en 1220. La première toile fabriquée en Angleterre. en 1252. Les lunettes furent inventées..............… en 1280. La poudre à canon inventée à Cologne par Schwartz de........ M.5445.0, AVE 1320 à 1340. Premiers canons mis en usage au siège loge ui AMANO A MES en 1342. L’imprimerie inventée à Mentz par Gut- RE Ne ni naaue ee vos case ANT en en 1450, Les dindons et le choculat introduits d’A- mériIque en) HUTOPe.:........06:s2acesecnse en 1529. Le tabac introduit en France par Nicot... en 1560, La patate introduite en Irlande......... …. en 1586. La circulation du sang découverte par TL ARVOY lee snecenewsttlveiactt-s une en 1619. NECROLOGIE. Le Prince Lubomirski.—Le 24 février, est mort à Varsovie, dans sa 58e année, le prince Vladislas Lubo- 126 LE NATURALISTE DANADIEN mirski connu ‘dans Je domaine des sciences comme con- chyliologiste distingué. Il possédait une des plus com- plètes collections conchyliologiques et une riche biblio- thèque pour cette partie de Thistoire naturelle. Il aimait sa science favorite non seulement en amateur, mais en naturaliste qui observe, qui classifie, qui étudie l'objet de ses recherches. Aussi trouve-t-on dans les journaux scien- tifiques les preuves de ses études et de ses connaissances, Affable, bienveillant, cherchant toujours à être utile aux autres, il était généralement respecté et aimé. M. Joseph Decaisne.=Le 18 mars, s'éteignait à Paris, M. Jos. Decaisne, né à Bruxelles en 1807. Al s’adonna d’abord dans sa jeunesse au dessin ét à la lithochromie, et — parvint plus tard à être attaché à la culture du Jardin des Plantes, et à force d'études et dé travail, il réussit de simple jardinier, à devenir professeur de culture à cette importante institution. De ce moment son attention se concentra sur la botanique. De nombreux articles dans des Revues Scientifiques et plusieurs ouvrages spéciaux, seul ou associé à d’autres savants, lui assurérent une célé- brité justement méritée dans la science des plantes. Asso- cié à M. Lemaout, il publia la Flore des Jardins et des Champs, qui est généralement connue et fort appréciée des débutants dans l'étude dela Botanique, FAITS DIVERS Utilité des Fourmis.—De tout temps on s'est servi de certains animaux pour faire la chasse à d’autres, mais on n’avait pas encore, que nous sachions, utilisé les insectes dans &e but. L'emploi en a été fuit en Pologne. Les misérables qui vivent dans la malpropreté sont souvent infestés de vermine, surtout dans les climats chauds. Oril est d'usage dans les hopitaux de ces contrées que lorqu’on regoit un nouvel arrivant, on soumette ses vêtements à une fumigation de 60° FAITS DIVERS 127 pour faire périrla vermine qu’ils pourraient contenir. Un jour, à l'hopital S. Lazare de Varsovie on déposa ‘sur une pelouse dans le jardin de tels habits en attendant le moment de la fumigation, Lors- qu'on vint les reprendre, quelques heures après, on les trouva ‘cou+ verts d’une myriade de fourmis noires qui y avaient trouvé leur proie et l’emportaient. Après un examen plus attentif on acquit la certi- tude que ces fourmis avaient opéré la désinfection aussi bien que la fumigation la plus active. Goélands et Pélicans.— M. Willcox, de l’Académie des Sciences de Philadelphie, qui a spécialement étudié les oiseaux de la Floride, rapporte qu’en les observant attentivement il a pu constater un fait assez singulier au sujet des Goélands et des Pélicans. On sait que ces derniers vivent surtout de poissons. Après avoir ingurgité un bon nombre de ceux qu'ils ont pu prendre, ils conservent les autres dans la poche qu’ils ont sous la gorge, pour ‘un autre moment où la faim se fera sentir. On les voit alors tellement lourds qu’ils se tiennent la tête basse en attendant que se fasse la digestion pour ingurgiter le reste. Les Goélands qui connaissent leurs habitudes, les suivent alors de près, et viennent quelquefois jusqu’à se poser sur leur dos, épiant le moindre mouvemont du pêcheur, pour trouver le moyen de Jui ravir sa proie. Dès que le Pélican relève la tête et ouvre le bec, pour avaler un nouveau poisson, le Goéland s’élance alors et va jusqu’à s'engager la tête dans sa gueule pour lui ravir sa proie, qu'il s’en va dévorer plus loin. Il trouve sans doute la pêche beaucoup plus facile dans ce magazin, que dans les eaux vagues des estuaires, Collection vendue.—M. A. R. Grote, une autorité en fait de Lépidoptères d'Amérique, en ayant décrit un grand nombre d’espéces nouvelles, vient de vendre sa superbe collection de ces insectes au British Museum de Londres, pour la somme de $5,000. La Revue Psyche ajoute: “ Thus, by the neglect of home institutions to secure this collection, replete with typical specimens, it has been lost per- manently to this country where it belonged.” Un apiculteur à Québec.—C’est souvent de |’étranger que nous viennent les nouvelles de notre propre pays. La Psyche nous apprend qu’un résident de Québee doit mettre prochainement sur pied une culture d’abeilles sur une très grande échelle. Il aurait donné ordre pour avoir de Ceylan une nouvelle espèce d’abeilles découverte récemment par M. Benton, le célèbre apiculteur Américain. La revue ajoute qu’un M. Jones, de Beeton, Ont. a vendu l’année dernière, 30,700 lbs de miel, produit de son seul rucher. 128 LE NATURALISTE CANADIEN Société Minéralogique.—Il vient de se former à Ottawa une Société Minéralogique, ou plutôt la Société de ce nom qui existait depuis quelques années dans le Collége des RR. PP. Oblats, vient d’être ouverte aux hommes de science du dehors, Le Rév. P. Marsan, directeur du collége, et qui fait particulièrement ses délices de l'étude des minéraux, parait être l’âme dirigente de la nouvelle Société. Dans une assemblée tenue au collége le jour de Pâques, la Société a confirmé ses constitutions pour sa nouvelle organisation, et fait l'élection de ses officiers pour une nouvelle année, Les fonctions diverses furent distribuées comme suit: Président, M. Paschal Poirier ; Vice-P. M. D. Burns; trésorier, M. Th. Hottes; secrétaire, M. P. Ryan; démonstrateur, M. T. MacCarthy; conseillers, MM. Frs. Latchford et J. O’Sullivan. Ii fut aussi décidé qu’en attendant que la Société pût avoir un organe spécial en langue française, |’ Universal Penman recevrait les bulletins officiels de ses transactions, et qu’on admettrait comme mem- bres correspondants, ceux à qui la distance ne permettrait pas de prendre part aux délibérations, Nous applaudissons de tout cœur aux nobles efforts de nos frères d'Ottawa pour promouvoir l'avancement de la science. Rien de plus efficace qu'une société pour inspirer et soutenir le zèle des étudiants, provoquer les recherches, entretenir le feu sacré en lui fournissant sans cesse de nouveaux aliments, et parvenir ainsi à des résultats que n’ob* tiendraient pas isolémeut les intelligences même les mieux douées. Nul mieux que nous ne connait ce qu'il en coûte pour se frayer, seul, une route en dehors du cours des idées communes. Que de fois l’apathie et le dédain de ceux qui vous entourent viennent se dresser contre les efforts que vous faites pour vaincre les obstacles que vous rencontrez dans la route que vous poursuivez, et semblent vous dire: ‘ insensé, t’épuiser dans ces luttes stériles | que ne fais tu comme les autres qui n’ont pas tes connaissances et ne s’en trouvent pas plus mal ?”...... C'est alors qu’une Société devient éminemment utile ; les obstacles qui semblaient insurmontables s’aplanissent promptement devant le con- cours de chacun des coassociés; la portion de lumière produite par chacun d’eux forme, par son ensemble, un jour qui illumine des abymes qui semblaient insondables, et permet de marcher avec sûreté là ou auparavant on ne voyait que ténèbres infranchissables, C’est donc de tout cœur que nous souhaitons à la Société, succès et longue vie, Vol. XIII—5. CapRouge, Q., MAI 1882. No. 148. Rédacteur : M. l'Abbé PROVANCHER. FAUNE CANADIENNE (Continué de la page 110.) 11. Gen. THYRÉOPE. Thyreopus, St-Fargeau. Tête transversale, de moitié plus large que longue, avec des yeux très développés, empiétant sur la face vers le bas, de manière à former une fossette pour l’inser- tion des antennes, comme dans les Crabrons. Antennes insérées près de la bouche à la base du chaperon, à scape allongé, le pavillon dans les étant tantôt dilaté, aplati, fusiforme, et tantôt à peine épaissi et plus allongé, dans les © un peu épaissi vers l'extrémité. Prothorax très étroit, anguleux aux côtés; métathorax court, comme dans les Crabrons. Ailes comme dans les (Crabrons. Pattes moyennes avec les cuisses renflées, les jambes et ies tarses médiocrement épineux, les jambes antérieures dans les 3 dilatées en un grand appendice foliacé, lobé, ou bien mu- nies d’une brosse en dessous. Abdomen subsessile, plus étroit qne le thorax, avec l'extrémité dans les 2 portant une plaque triangulaire unie, et étant spatulée dans les 4. Ces insectes ont toute l'apparence extérieure des Cra- brons, leur abdomen étant comme chez ceux-ci rayé de bandes jaunes sur fond noir; maisil est toujours facile de 130 LE NATURALISTE CANADIEN les distinguer par leur prothorax anguleux aux côtés, et mieux encore par la plaque anale des @ et les jambes an- térieures appendicées des d. Trois espèces rencontrées. @ avec fascies jaunes au 2e segment abdominal en dessous... .... Pe Se .... 1. monticola. ® sans fascies jaunes au 2e segment abdominal en dessous; d' avec le pavillon des antennes fusiforme, le tho- rax sans aucune tache............... 2. latipes. 3 avec le pavillon des antennes filiforme, le tho- rax avec taches jaunes; les jambes an- térieures avec un appendiee foliacé.... 3. pegasus. 1. Thyréope monticole. Thyreopus monticola, Pack. Proc. Ent. Soc. Phil. vi, 367. @—Long. .50 pce. Noir; tête courte, à front déprimé, portant de longs poils bruns. Chaperon court et large, argenté, caréné. Man- dibules noires. Antennes assez longues, le scape jaune, noir à la base et avec une ligne noire en dessus, le pavillon noir, Prothorax avec une bande jaune interrompue au milieu; le mésothorax faiblement sillonné au milieu; les tubercules jaunes, ocellés, l’écusson avec une tache jaune au milieu. Métathorax avec le disque portant un sillon médian profond et des stries rayonnant de ce sillon, Ailes jaunâtres avec la côte brune.les nervures jaunes. Pattes noires avec le premier article des tarses jaune. Abdomen allongé, déprimé en dessus, les 4 premiers seg- ments avec 2 bandes jaunes, celles du premier plus petites, celles du 4e presque contiguës, le cinquième avec une bande non interrompue, le segment terminal en triangle allongé, rebordé sur les côtés. Dessous avec une bande jaune de chaque côté au 2e segment.—R. Capturé à Chicoutimi. 2. Thyréope pieds-larges. Thyreopus latipes, Smith, B. M. Cat, iv, 396. g—Long. .29 pce. Noir; une tache sur les mandibules, le seape des antennes en dessous, avec les pattes en partie et des taches à l'abdomen, d’un jaune pâle, Le chaperon argenté: Antennes noires, à pavillon court, fortement dilaté et aplati, fusiforme, tout noir. Thorax sans aucune tache, le mésothorax densément ponctué, le métathorax médiocrement rugueux. Ailes médiocrement enfumées, les nervures noires, leurs écailles noires. Pattes noires avec les jambes jaunes, les cuisses antérieures jaunes avec une ligne noire en dessus, leurs jambes jaunes aussi avec une ligne noire, et l’appendice fort grand, foliacé, concavo-convexe, à pointe aiguë, le bord postérieur i XVIII, —CRABRONIDES. 131 sinué, le disque poli, noir, avec une large strie blanc-jaunâtre près du bord antérieur, une autre beaucoup plus courte dans le premier sinus du bord postérieur, toute la marge de ce bord jaune avec 4 ou 5 petites lignes brures en arrière près de la jambe, les tarses brun-roussâtre avec le ler article jaune; les jambes intermédiaires avec une ligne noire en dedans, les postérieures avec le dedans noir et une autre ligne en dehors aussi noire. Abdomen allongé, étroit, avec 5 paires de taches jaunes ou blanchâtres, celles du ler segment arquées, celles du 2e elliptiques avec un point noir au milieu, celles du 3e échanerées en avant, les autres simples. —R. Q-— Encore inconnue. Espèce bien distincte par sa coloration et surtout la forme de ses taches abdominales. 8. Thyréope Pégase, Thyreopus Pegasus, Pack. Proc. Ent. Soc. Phil. vi, 362. © —Long. .35 pce. Noir, finement ponctué, légèrement velu ; le chaperon, le scape des antennes, une bande sur le prothorax inter- rompue au milieu, les tubereules, une ligne interrompue sur l’écusson, les pattes en partie avec des taches à l'abdomen, jaune. Chaperon argenté, de même que des lignes orbitales dans le sillon antennaire. Scape des antennes intièrement jaune, le pavillon noir. Ecailles alaires roux-brunâtre. Métathorax fortement rugueux. Pattes noires, les jambes avec les tarses, jaune, les premières tachées de noir en de- dans, les derniers roussâtres à l'extrémité. Ailes enfumées, les ner- vures jaunatres, Abdomen subpédiculé, fusiforme, avee 4 paires de taches et une bande continue sur le 5e segment; les taches du premier segment sinueuses, celles du 2e plus grandes, simples, celles du 3e échanerées en avant, celles du 4e presque contigués, le Be segment avec une bande apicale continue ; la plaque anale avec poils dorés.—C, M. Cresson n’ayant vu que des ©, nous faisons suivre ici la description du d!. d'—Avee le scape des antennes taché de noir en arrière, le pa- villon filiforme, allongé. La tache de l’écusson obsolète. L’écaille des jambes antérieures grande, polie, sans sinus ni découpures, en triangle, noire avec une bande jaune près de la jambe et 5 à 6 petites lignes blanches au bord postérieur. Abdomen comme dans la 2, mais avec une bande de plus sur le 6e segment, les taches du 4e étant aussi con- tigués. Capturé à St- Hyacinthe. 132 LE NATURALISTE CANADIEN 12. Gen. BLÉéPHARIPE. Blepharipus, St-Farg, Tête transversale, quoique un peu plus longue que dans les Thyréopes. Chaperon large et court, avec les yeux grands et antérieurs comme dans les Crabrons. An- tennes filiformes, à premier article allongé. Prothorax court, sinué au milieu, ses côtés non anguleux; méta- thorax avec un espace renfermé lisse au lieu d’être ru- gueux comme dans les Crabrons. Ailes comme dans les Crabrons, mais avec le stigma plus développé et la radiale portant un appendice droit se dirigeant vers la côte. Pattes ordinaires. Abdomen subpédiculé, déprimé, fusiforme, terminé dans les 2 comme chez les Crabrons par une pro- jection en forme de canal. Ces insectes, qui ont toute l’apparence des Crabrons, s'en distinguent surtout par leur tête plus courte et leur métathorax poli. Quatre espèces rencontrées, dont. une nouvelle. Noir avec taches jaunes ; ailes avec taches brunes. 1. maculipennis. Noir sans aucune tache, ...,................ 2 Ater. Noir avec les jambes et les tubercules antérieurs MaunEnl hs ete REA -Ceotseott SAM AMATO TLE: Noir avecles 4 tarses antérieurs blancs........ 4. Cinctipes, n. sp. 1. Blépharipe à-ailes-tachées. Blepharipus maculi- pennis, Fabr. Proc. Ent. Soc. Phil. vi, p. 372. d'—Long. .36 pce. Noir; les mandibules, le scape des antennes, une tache sur le chaperon de chaque côté du milieu, une ligne sur le pro- thorax interrompue au milieu, les tubereules, une double tache semi- lunaire sur l'écusson, les pattes en partie, une bande sur les segments abdominaux 2, 3,4, 5 et 6 interrompue au milieu, jaune. Dos du métathorax poli, brillant, avec un profond canal au milieu. Ailes légèrement enfumées, chacune avec 3 taches brunes détachées, une en avant et une en arrière du stigma, près de la côte, et une 3e vers le milieu de l’aile au dessous du stigma. Pattes avec les jambes, l’extré- mité des 4 cuisses antérieures et le premier article des tarses, jaunes ; les 4 jambes antérieures avec une ligne brune en dessous et les posté- rieures avec une tache noire à l’extrémité. Abdomen poli, brillant, avec une tache transversale jaune sur chacun des segments 2, 8, 4, 5 et 6 interrompue au milieu. —R,. Un seul spécimen 4 capturé à Danville. Espèce bien remarquable par ses ailes tachetées. XVIIIL—CRABRONIDES. 133 2. Blépharipe noir. Blepharipus ater, Cress. Crabro ater, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil. iv, p. 477. Q—Long. .28 pee. D’un noir foncé brillant, sans aucune tache, Le chaperon argenté ; le front finement ponctué et profondément eanaliculé au milieu. Espace renfermé du métathorax en demi-cercle, poli, n’ayant qu’un sillon médian. Pattes noires, les jambes posté- rieures légérement épineuses et avec les épines terminales rousses, Abdomen en massue, subpédiculé, poli, brillant. — AC. 8. Blépharipe minime. Blepharipus minimus, Pack, Proc. Ent. Soc. Phil. vi, p. 377, & ¢. d'—Long. .18 pce. Noir; une tache sur le scape des antennes en dessous, une ligne sur le prothorax (manquant quelquefois), les tuber- cules, avec les pattes en partie, jaune. Chaperon argenté. Front densément ponctué, sans sillon médian apparent. Métathorax avec l'espace renfermé borné par une ligne ponctuée. Ailes très légèrement obscurcies, leurs écailles roussâtres. Pattes noires, les jambes jaunes avec une ligne noire en dedans, les postérieures avec un anneau jaune à la base, les 4 cuisses antérieures avec l'extrémité jaune en dessus, les tarses jaunes avec l'extrémité noire. Abdomen subpédiculé, poli, brillant, noir, sans aucune tache.—PC. 4. Blépharipe à-pieds-ceinturés-de-blanc. Plepha- ripus cinclipes, nov. sp. d'—Long. .20 pce. Noir sans aucune tache. Le front impres- sionné au milieu au dessus des antennes,celles-ci entièrement noires, le chaperon à pubescence argentée. Métathorax fortement rugueux par de gros points soulevés. Ailes légèrement obscures au milieu; les écailles brun-roussitre. Pattes noires, les tarses intermédiaires blancs à l'exception du dernier article, les antérieurs aussi blancs excepté le ler et le dernier article, les jambes postérieures renflées. Abdomen subpédiculé, entièrement noir.—R. Un seul spécimen 4 pris sur le Petit Cap, S. Joachim. Se distingue particulièrement des 2 autres par la structure de son métathorax et ses tarses antérieurs blancs. 13. Gen, RHOPALE, Rhopalum, Kirby; Physoscelis, St-Fare. Tête subcubique, épaisse en arrière des yeux. An- tennes dans un sillon frontal, un peu épaissies vers l’ex- trémité dans les ©, presque filiformes dans les d'. Ocelles en triangle équilatéral. Prothorax mutique. Ailes avec un appendice se dirigeant en ligne droite vers la céte. 134 LE NATURALISTE CANADIEN Pattes courtes, les cuisses et les jambes postérieures ren- flées. Abdomen à pédicule long, gréle, épaissi en massue à l'extrémité, le reste fusiforme, le dernier segment cana- liculé dans la ©. Se distinguent surtout des précédents par Denis _pédiculé, Deux espèces rencontrées. Abdomen entièrement noir....:.........….... 1. pedicellatum. Abdomen avec le 3e segment plus ou moins roux.. 2. rufigaster. 1. Rhopale pédiculé. Rhopalum pedicellatum, Pack. ‘Proc. Ent. Soc. Phil. vi, p. 380. Q—Long. .24 pce. Noir, poli, brillant; le chaperon argenté, étroit, tridenté en avant, sa partie médiane se projetant en avant ‘aaec une dent de chaque côté, les mandibules rousses, noires à la base et à l'extrémité. Antennes brunes, le scape jaune avec une ligne ‘noire en dessus. Thorax sans autres taches que le tubercule jaune, et les écailles alaires brunâtres; le métathorax poli, avec un sillon mé- dian. Pattes noires, jambes antérieures excepté une ligne noire en arrière, l'extrémité de toutes les cuisses, un anneau à la base des 4 jambes postérieures avec les 4 tarses antérieurs, blanc, Cuisses pos- térieures renflées en pointe au milieu, leurs jambes avec des petites dents en dehors, leur extrémité rousse, leurs tarses noirs. Abdomen à pédicule grêle, renflé en une espèce de nœud au sommet, le dernier segment roux, canaliculé. Deux spécimens 9. 2, Rhopale ventre-roux. Rhopalum rufigaster, Pack. Proc. Ent. Soc. Phil. vi, p. 382. @—Long. .20 pce. Noir, poli, brillant; les mandibules rousses, ‘le chaperon argenté avec une pointe triangulaire au milieu. Sillon antennaire noir, poli Antennes peu renflées, le scape long, entière- ment jaune, le pavillon brun en dessus, testacé en dessous. Thorax ‘entièrement noir, les tubercules jaunes, les écaillee alaires testacées_ jauvâtres. Métathorax poli, brillant, avec un sillon médian. - Ailes hyalines, les nervures et le stigma, noir. Pattes noires, tous les tro- chantins, les 4 jambes antérieures avec leurs cuisses en partie, jaune- pâle. Pattes postérieures avec un petit anneau jaune à la base de la jambe et l'extrémité de cette même jambe rousse, cette jambe aussi grosse que la cuisse, avec quelques petites dents en dehors, leurs tarses bruns. Abdomen à pédicule long, strié près de sa base et renflé en massue à son extrémité, la base du 3e segment plus ou moins largement rousse, de même que le ventre, le dernier segment aussi roux. Un seul spécimen 9. XIX —EUMÉNIDES. 135 14. Gen. TRYPOXYLON. Trypoxylon, Latr. Téte transversale, mais assez longue. Chaperon sub- triangulaire, plus long que dans les Crabrons, soulevé dans sa ligne médiane, Yeux grands, se rapprochant fortement sur le vertex et portant une échancrure triangulaire vers le milieu. Antennes insérées à la base du chaperon, de longueur moyenne, à peine épaissies à lextrémité, leur premier article renflé, non allongé. Thorax ovale-cylin- drique; le métathorax plus étroit que les 2 autres parties et souvent caréné sur les cotés, Ailes petites, avec une cellule radiale lancéolée, sans appendice, uneseule cubitale fermée et 2 discoidales, par conséquent une seule nervure récurrente que la 1ère cubitale reçoit vers son extrémité. Pattes ordinaires, assez grêles, inermes. Abdomen très long, en massue, le premier segment pyriforme au sommet. Les ailes petites de ces insectes avec leur long abdo- men qui s’épaissit en massue permet toujours de les distin- guer 4 premiére vue. Une seule espéce rencontrée. Trypoxylon en-massue. Trypoxylon clavatum, Say. Say’s. Ent. ii, 756. Proc. Ent. Soc. Phil. vi, p. 415, & ?. © —Long. .38 pce. Entièrement noir et sans pubescence ; le chaperon et des lignes orbitales à duvet argenté. Métathorax avec un sillon médian bien distinct, portant à sa base des rugosités longitudi- nales et au soumet des petites lignes transversales, les côtés carénés longitudinalement, et la face postérieure portant une profonde fossette. Ailes légèrement obscurcies à l’extrémité, les nervures noires. Pattes sans taches, les hanches et les cuisses soyeuses-blanchâtres, les jam- bes postérieures avec épines terminales rousses. Abdomen, poli, bril- lant, s’épaississant de la base à l'extrémité, le premier segment renflé au sommet et sa suture avec le 2e enfoncée.—CC. Fam. XIX. EUMENIDES LEumenidz. Tête courte, transversale, à yeux souvent échancrés et débordés par le vertex en arrière. Chaperon plus long que large, convexe au milieu, se terminant par une pointe bifide plus ou moins allongée. Mandibules fort allongées, dentées en dedans, Antennes insérées vers le milieu de la face, le scape allongé, le pavillon épaissi en massue, 136 LE NATURALISTE CANADIEN Thorax court et robuste. à prothorax fort étroit au mi- lieu, mais s’allongeant sur les côtés jusqu’aux ailes ; l’é- cusson grand, le métathorax fort court. Ailes avec une cellule radiale lancéolée, 3 cubitales fermées dont la 2e, rétrécie à la radiale, reçoit les 2 ner- vures récurrentes, et 3 discoïdales fermées ; ces ailes se pliant eu deux dans le repos, Pattes ordinaires, inermes ; tarses avec le premier ar- ticle aussi long que tous les autres réunis. Abdomen tantôt très brièvement pédiculé, et tantôt avec tout le premier segment allongé en pédicule, se ter- minant toujours en pointe aiguë, Cette famille, assez peu nombreuse en genres, est réu- nie, par certains auteurs, aux Vespides, eu égard à la faculté qu'ont les insectes de ces deux familles de se replier longitu- dinalement les ailes en deux, dans le repos. Mais la confor- mation des mandibules adaptées à un genre de nidification tout différent est une raison majeure pour les séparer en familles distinctes. En effet, tandis que les guépes vivent en société, sont pourvues d'instruments pour la construc- tion de leurs nids, et nourrissent leurs larves du miel qu’elles leur apportent ; les Euménides, toujours solitaires, se contentent de creuser des trous dans le bois pour y déposer des proies vivantes qu'elles paralysent au moyen de leur aiguillon pour la nourriture de leur progéniture de la même manière que les Crabrons dont nous avons donné l’histoire. Il y a donc cette immense différence entre les Vespides et les Euménides, que chez les pre- mières les larves sont mellivores, tandis que chez les der- nières elle sont carnivores. Les Euménides sont des insectes à fond noir toujours plus ou moins marqué de jaune ou de fauve. Il est assez difficile de les saisir avec les doigts sans s’exposer aux douloureuses piqûres de leur aiguillon, eu égard à la fa- culté qu’elles possèdent de se mouvoir l'abdomen en tous sens, en en allongeant plus ou moins la pointe. Nous n'avons encore rencontré que des représentants des deux genres qui suivent. X1X.—EUMENIDES. 137 Abdomen trés briévement pédiculé, son ler segment étant presque égal au 2e à son extrémité...... 1. ODyNERUS. Abdomen à premier segment toujours allongé en pédicule plus ou moins grêle......,........, 2. HUMENES. 1. Gen. ODYNÈRE. Odynerus, Latr. Tête transversale. Chaperon convexe au milieu, plus long que large, bidenté en avant, Yeux échancrés ; 2e et 8e articles des palpes labiaux portant un poil spinuliforme vers le bout. Antennes terminées le plus souvent dans les 2 par une espèce de crochet. ler segment abdominal campanuliforme, court, très brièvement pédiculé, un peu rétréci, ainsi que le 2e à leur jonction, ce dernier beau- coup plus grand que les autres. Insectes de taille moyenne, à taches jaunes ou blan- ches. Onze espèces rencontrées. ler segment abdominal à face antérieure séparée du disque par une petite carène ; ler segment abdominal en forme d’entonnoir, avec un sillon longitudinal sur son disque; an- tennes d' simples: sous-Genre : SY MMORCHUS ; Segment 1—4 avec une bordure jaune....... 1. Walshianus. Segment 1, 2 et 4 avec une bordure jaune.... 2. Canadensis. Segments 1 et 2 seulement bordés de jaune.. 3. debilis. ler segment tronqué 4 sa base, sans sillon sur son disque; dernier article des antennes gj en forme de crochet: sous-G: ANCISTROCERUS ; Métathorax à bordure tranchante ; Bordure du ler segment abdominal non dilatée aux côtés ; Ecusson taché, bordure du prothorax bilobée.... 4. capra. Ecusson sans tache ; bordure du prothorax simple. 5. tigris. Bordure du ler segment abdominal dilatée aux côtés, ornements blancs.....#..... 6. albophaleratus, Métathorax sans bordure tranchante......... 7. campestris ler segment abdominal sans carène transversale : ODY NERUS ; Bordure du ler segment abdominal dilatée aux (ITR AMAR se... 8. arvensis. Bordure du ler segment abdominal non dilatée aux côtés ; Flancs sans taches... .,................,. 9. leucomelas. Flancs avec tache jaune ......,...... 10, Pensylvanicus. 138 LE NATURALISTS CANADIEN 1 Odynére de-Walsh. Odynerus Walshianus, Sauss. Syn. Am. Wasps, p. 152. Q—Long. .43 pce. Noir foncé, le chaperon avee une tache d’un blanc jaunâtre à sa base, une tache sur le tubercule intra-antennaire, un point en arrière des yeux, une tache de chaque côté sur le protho- rax, une autre sur les flancs, une tache de chaque côté sur l’écusson, une bande à l'extrémité des 4 premiers segments de l’abdomen, avec taches sur les pattes, jaunes. Mésothorax partagé par 2 silluns bien dis- tincts ; éeusson avec un sillon médian; face postérieure du méta- thorax rugueuse, ses bords à peine earénés, garnis de poils courts, Ecailles noires avec la pointe postérieure jaune. Ailes hyalines, plus ou moins obseures près de la côte,le stigma noir. Pattes noires avec l'extérieur les jambes jaune. Abdomen distinetement ponctué, le premier segment plus fortement, avee un sillon longitudinal sur son disque, les bandes jaunes sub-interrompues au milieu. Antennes des g' avec le dernier article non replié en forme de crochet. Les bandes abdominales subinterrompues de cette es- pèce la distinguent particulièrement de ses voisines, 2, Odynère du-Canada. Odynerus Canadensis, Sauss. Syn. Am. Wasps, p. 156. — Long. .30 pce. Noir; toute la face fortement ponctuée, en- tiérement noire à l'exception d’une petite tache jaune sur le tubercule intra-antennaire. Antennes noires, sans aucune tache. Thorax for- tement ponctué, noir, une petite tache de chaque côté sur le protho- rax, une autre sur Ics flancs un peu en avant des ailes antérieures, une tache sur l’écusson de chaque côté d’un sillon bien distinct qui le partage au milieu, jaune ;écailles alaires fauves avec leur bord interne noir. Mésothorax partagé en trois par un sillon bien distinct de chaque côté du milieu ; le métathorax à face postérieure concave, avec crête sur ses bords latéraux. Ailes hyalines, avec un nuage plus ou moins obscur près de la côte en avant du stigma et dans la cellule radiale jasqu’à l'extrémité ; le stigma fauve. Pattes noires, les jambes et les tarses fauves plus ou moins tachés de brun. Ablomen à pre- mier segment ponctué-rugudux, avec un sillon longitudinal sur son disque, le reste poli, brillant, à peine ponctué. le premier segment avec une bande jaune au sommet épaisse et portant une petite échancrure au milieu, les 2e et 4e aussi avec une bande jaune, celle du 36 étant plus ou moins oblitérée.—C, Ci suit la description du & que M, de Saussure n’a point vu. xXIX —EUMENIDES. 139 d'—Avec le chaperon entièrement jaune, le scape des antennes avec une ligne jaune en dessous, les jambes jaunes avec taches noires, éeusson sans taches ; pour le reste semblable à la ©. Espèce bien distincte par sa taille grêle et sa colo- ration. 8. Odynère faible. Odynerus debilis. Sauss, Syn. Am. Waps. p. 155. Q —Long. .32 pce. Noir, fortement ponctué; une tache au haut du chaperon, une autre audessus des antennes, une de chaque côté sur le prothorax de même que sur les flancs, 2 points sur l’écusson, avec la bordure du ler, du 2e et souvent aussi du 4e segment abdo- minal, jaune; tête ponctuée-rugueuse ; dos du mésothorax avee un sillon profond de chaque côté du milieu; métathorax fortement ru- gueux, sans carénes distinctes; écusson avec un sillon médian, Ailes subhyalines, obscurcies à la côte, le stigma noir. Pattes noires, les cuisses terminées de jaune, les jambes jaunes, noires à Vextrémité, les tarses jaunes. Abdomen à ler segment tout couvert de rugosités, avec un sillon médian, bordé de jaune à son sommet, de même que le 2e et souvent aussi le 4e. d'—A coloration semblable à l'exception du chaperon qui est jaune et bidenté et de l'extrémité des antennes en dessous qui est roussâtre. ler segment abdominal rugueux comme dans ja 9. Capturé au CapRouge. 4. Odynère chèvre. Odynerus capra, Sauss, Syn. Am. Wasps, p. 163. 2—Long. .53 pce. Noir ; une tache sur les mandibules, 4 taches sur le chaperon, le tubercule intra-antennaire, le dessous des antennes, un point en arrière des yeux, une ligne sur le prothorax interrompue au milieu et dilatée aux côtés, 2 taches sur les écailles alaires, une autre tache au dessous, un point de chaque côté sur l’écusson, les pattes en partie avec 4 bandes à l'abdomen, jaune. La tête, lé tho- rax et le premier segment abdominal, avec longs poils jaunâtres, Ecailles alaires brunes avec une tache jaune en avant et en arrière. Métathorax à face postérieure lisse, brillante, ses bords avec une forte carène allongée en pointe mousse aux angles. Ecusson avec ur sillon médian, Ailes jaunâtres, enfumées, le stigma brun-jaune. Pattes noires avec les jambes et les tarses jaunes, les 4 jambes antérieures noires en dedans, les postérieures avec seulement une tache noire vers l'extrémité. Abdomen robuste, les segments 1, 2, 3 et 4 avec une bande jaune au sommet, le 2e avec son disque poli, à peine ponctué.— €: 140 LE NATURALISTE CANADIEN d'—Avec le chaperon jaune, une tache jaune sur toutes les hanches en dessous, les cuisses presque entièrement jaunes en avant, tous les segments abdominaux excepté le dernier avec une bande jaune. Les angles sub-épineux des bords du métathorax de cette espèce, avec sa face postérieure brillante, la distin- guent particulièrement de ses voisines. 5. Odynére tigre. Odynerus tigris, Sauss. Monog. des Guépes, p. 273. Q—Long. .40 pce. Noir avec taches jaunes. Chaperon noir, for- tement ponctué, son extrémité échancrée en avant, portant 4 taches, 2 plus grandes vers le milieu et deux autres plus petites plus en avant» le tubercule intra-antenaire, avec une ligne en dessous du scape, jaune, de méme qu’une petite ligne en arriére des yeux. Thorax forte- ment ponctué, le prothorax avec une ligne sur le bord dilatée aux côtés, l’écusson avec une ligne partagée en 2 par un petit sillon, une bande sur le post-écusson, une tache sur les bords latéraux du méta. thorax, une tache au-dessous des ailes antérieures, jaune. Métathorax à face dorsale concave, unie, ses bords latéraux avec une carène sub- épineuse aux angles, cette carène plus ou moins tachée de jaune. Ailes subhyalines, avec une tache plus obscure dans la 1ère cellule cubitale, et une autre partant de la radiale et s'étendant jusqu’au bord de l’aile. Pattes noires, les jambes excepté à l’intérieur, avec l'extrémité des cuisses, jaune, les tarses brun-fauve ; les jambes postérieures jaunes avec l’extrémité noire. Abdomen à premier segment un peu plus petit que le suivant, pubescent et plus fortement ponctué, portant une bande jaune apicale, dilatée brusquement à ses extrémités, le 2e densément ponctué, portant aussi, de même que les trois suivants, une bande jaune apicale, en dessous le 2e segment seulement porte une bande jaune.— CC. | @—Ayee le chaperon jaune, les antennes roussâtres à l’extré- mité avec le dernier article noir et recourbé en crochet, point de taches jaunes sur les bords latéraux du métathorax, toutes les jambes jaunes, etc. Cette espèce, un peu plus petite que la précédente, se reconnait surtout par le sillon médian de son écusson, les taches jaunes des angles du métathorax chez les 9, le 2e segment abdominal plus fortement ponctué, etc. 6, Odynère caparaçonné-de-blanc. Odynerus albo- phaleratus, Saussure. Syn. Am. Wasps p. 167. XIX—FUMENIDES. 141 9—Long. 50 pce. Noir, fortement ponctué; une petite tache triangulaire à la base des mandibules, 4 taches sur le chaperon, le tu- bercule intra-antennaire, un point en arrière des yeux; une ligne sur le bord du prothorax dilatée de chaque côté, 2 taches sur l’écusson une tache au dessous des ailes antérieures, en arrière du tubercule, les pattes en partie, une bande au sommet des segments abdominaux 1 à 5, blanc ou jaune blanchâtre. Chaperon noir, grossièrement ponctué avec 2 taches en avant et 2 autres plus allongées près de la base, An- tennes noires, roussâtres en dessous, tant le scape que le pavillon. Thorax avec pubescence blanchâtre, le mésothorax avec une impres- sion de chaque côté du milieu le séparant dans toute sa longueur, L’écusson grand, poli, ponctué, avec une tache triangulaire de cha- que côté ; le métathorax à face postérieure concave et carénée au milieu, polie, lisse, ses bords latéraux avec une crête garnie de poils nombreux blanchâtres. Ecailles alaires jaunes avec une tache noire interne. Ailes enfumées-jaunâtres, avec une tache plus foncée à la radiale, le stigma brna-roussâtre, Pattes noires, l'extrémité des cuisses avec les jambes excepté en dedans, jaune, les tarses fauves, Abdomen sessile, à premier segment un peu plus petit que le suivant, portant une carène transversale à son bord antérieur, ponctué et pubescent, les autres glabres, le 2e le plus grand, finement ponctué, les autres plus fortement, 1, 2, 3 et 4 avec une bande jaune au sommet, plus large sur un 1 et 2 et élargie au milieu sur le premier, l'extrémité noire.— CC. d'—Avec le chaperon entièrement jaune, le scape des antennes avec une ligne jaune en dessous, le pavillon roux à l’extrémité avec le dernier article noir et replié en crochet, les cuisses en partie jaunes ete, 7. Odynère champêtre. Odynerus campestris, Sauss. Syn. Am. Wasps, p. 181. d—Long. 50 pee. Noir; le chaperon excepté une tache noire au centre, le tubercule intra-antennaire, le dessous des antennes, le bord du prothorax dilaté aux côtés, une grande tache au dessous des ailes antérieures, une petite ligne derrière les yeux, une tache triangulaire de chaque côté sur l’écusson, le post-écusson, les pattes en partie avec des bandes à l’abdomen, jaune. Thorax fortement ponctué, à poils blanchâtres, le mésothorax avec une impression de chaque côté du mi- lieu visible seulement en arrière. Face postérieure du métathorax ponctuée, ses bords latéraux sans carènes. Ailes obscures le long de la côte, le stigma brun-fauve, les écailles jaunes traversées par une bande brun-fauve. Pattes jaunes, les hanches et les cuisses noires, l’extré- mité des cuisses avec les tarses, fauves. Abdomen fortement ponctué, 142 LE NATURALISTE CANADIEN le 2e segment moins que le reste, le premier segment avec une bande jaune à l’extrémite et une tache circulaire distincte de chaque côté, le 2e avec une large bande jaune à l’extrémité, cette bande fortement ponctuée, le 3e seulement avee une ligne ; l’anus noir. Var. Le chaperon jaune avec 2 taches noires. d'—Sans taches au chaperon, le post-écusson sans taches ou seu- lement avec 2 points. La tache des flancs absente ou présente, seg- ments 3 et 4 avec ou sans bordure jaune. Espèce bien reconnaissable par la coloration de son premier segment abdominal et surtout par la bordure for- tement ponctuée de son 2e segment. 8. Odynére des-champs. Odynerus arvensis, Sauss. Syn. Am. Wasps, p. 270. Q@—Long. .50 pce. Noir, densément ponctué, avec taches d’un jaune orange ; le tubereule intra-antennaire, une tache en arrière des yeux, les mandibules, le dessous du scape des antennes, le bord du prothorax largement dilaté de chaque côté, les écailles alaires ex- cepté une tache brune au milieu, une tache au dessous, le post-écus- son, une bordure aux segments 1, 2, 3 et 4 de l'abdomen, avec les pattes, jaune foncé ou jaune-orange. Le chaperon jaune porte une tache noire au milieu. Face postérieure du métathorax ponctuée, non séparée du reste par une carène. Ailes enfumées, jaunâtres ou rous- sâtres. Les hanches avec les cuisses excepté à l'extrémité, noires. Abdomen finement ponctué, son premier segment sans carène trans- versale quoique tronqué en avant, portant à son sommet une bor- dure s’unissant aux côtés à une tache circulaire et subinterrompue au milieu, le 2e avec une bordure simple, mais très fortement ponctuée, 3 et 4 avec une simple ligne.—R. d'—A chaperon sans tache. Le crochet des antennes noir ou testacé. Les bords latéraux de la face postérieure du métathorax rugueux. Le 5e segment souvent aussi avec une bordure, Espèce bien distincte par sa coloration, appartenant anx vrais Odynerus. 9. Odynère grisâtre. Odynerus leucomelas, Sauss. Syn, Am. Wasps. p. 287, 23. Q@—Long. .45 pce. Noir, ponctué ; une tache sur les mandi- bules, 2 au chaperon, une autre’au front, une autre en arrière de chaque œil, la bordure du prothorax, une tache sur les flancs, le post- écusson avec la bordur des segments abdominaux, blanchâtre. Méta. XIX—EUMENIDES. 143 thorax fortement ponctué, ses bords formant des angles arrondis. Ailes subhyalines, leurs écailles avec une tache blanche. Pattes avec les cuisses noires, les jambes blanches avec une strie noire en dedans, les tarses et les genoux ferrugineux. Abdomen à 1er segment court, à peine plus fortement ponetué que les autres, sans carène transversale, portant un petit sillon sur son disque, bordé de blanc de même que les 4 suivants. d'—A chaperon jaune, bidenté, une ligne sur le scape des an- tennes, le crochet de leur extrémité, les jambes, les tarses, le dessous des cuisses intermédiaires de même’ que leurs hanches, jaune. Var. Le crochet des antennes noir. Capturé a Chicoutimi; se rapproche par sa coloration de l’albophaleratus, mais peut toujours s'en distinguer par son absence de carène au ler segment abdominal et par son écusson sans taches. 10. Odynère de-Pensylvanie. Odynerus (Slenodynerus) Pensylvanicus, Sauss. Syn. Am. Wasps, p. 327. 9—Long. 30 pce, Tête globuleuse. Noir ; le labre, une tache sur les mandibules, le scape des antennes en dessous, une tache dans le sinus des yeux, un point en arrière de ceux-ci, une ligne interrompue sur le bord du prothorax, une tache au dessous des ailes, le post-écus- son, la bordure des segments 1, 2 et 4, avec les jambes, jaune. Les écailles alaires ferrugineuses ; les ailes subhyalines, la cellule radiale enfumée. La face postérieure du métathorax non marginée en dessus, son sommet portant de larges ponctuations. Abdomen grêle, cylindrique, le premier segment très fortement ponctué, sans carène transver- sale. Le chaperon tout noir, sans taches. d'—Antennes ferrugineuses en dessous, le chaperon jaune. La plus petite de toutes les espèces que nous ayions encore rencontrée. 2. Gen. EUMÉNÈS. ÆEumenes, Latr. Tête transversale, Yeux échancrés. Antennes insé- rées vers le milieu de la face, le premier article allongé. Chaperon un peu plus allongé que dans les Odynères. Mandibules longues, dentées. Ailes avec une grande cel- lule radiale et 4 cubitales, dont la 2e plus petite, rétrécie vers la radiale, recoit les 2 nervures récurrentes. Ab- domen à premier segment aminci, pédonculiforme, fort long, le reste formant une masse sub-globuleuse. 144 LE NATURALISTE CANADIEN Mêmes habitudes que chez les Odynères dont ils ne se distinguent que par leur abdomen pédonculé. Une seule espèce rencontrée, Euménès fraternelle. ÆEumenes fraterna, Say, Say’s Ent. I, p. 332, d'9. © G—Long. 52 pce. Noire, ponctuée, avec poils jaunâtres ; le chaperon, le tubercule intra-antennaire, une ligne sur le scape des an- tennes en dessous, une petite ligne derrière les yeux, le bord du pro- thorax, le post-écusson, un point sur les flancs au dessous des ailes, les pattes en partie, avec une bande subapicale à tous les segments abdominaux, jaune-pâle. Le chaperon est fortement échancré en avant, dans les © il porte une grande tache noire au milieu. Antennes noires, dans les G' l'extrémité est roussâtre avec le dernier article re- courbé en crochet. Thorax fortement ponctué ; métathorax sans au- cune caréne. Ecailles alaires fauves, plus ou moins tachées de jaune. Ailes jaunâtres, enfumées près de la eôte. Cuisses noires avec l’ex- trémité fauve’; jambes blanches avec une tache noire en dedans, tarses fauves. Abdomen à premier segment allongé en pédicule, quoique beaucoup plus grêle à sa base. Le 2e segment campanuliforme avec sa bande apicale échancrée au milieu, et portant en outre une tache elliptique, oblique, de chaque côté, les autres segments fort courts, avec leurs bande plus ou moins onduleuse.—CC. Ces insectes construisent leurs nids en terre et les at- tachent ordinairement a la surface d’une feuille, les appro- visionnant de chenilles ou autres insectes. (A Continuer). DE QUEBEC A JERUSALEM. (Continué de la page 124.) Nous rencontrons un gamin avec des gateaux en forme de cercles ou de rondelles qu’il porte enfilés dans son bras, nous en achetons quelques uns comme supplé- ment a la simple tasse de café que nous avions prise pour tout déjetiner. La croute était toute piquetée de graines que nous crimes être de l’anis. Mais quelles graines et DE QUÉBEC A JERUSALEM 145 quelle pâte ; pour sûr que nos chiens n’auraient pas voulu en manger. Nous en fimes goûter à plusieurs de nos compagnons, et tous proclamèrent qu'il n’y avait que des palais arabes pour s’accommoder d’une telle saveur, Aussi n’hésitames-nous pas longtemps à profiter de la petite fenétre du wagon pour nous en débarrasser, Le plus souvent se sont des bœufs que nous voyons attelés aux charrues, quelquefois cependant ce sont des mulets ou des ânes; plus d’une fois nous avons vu un âne accouplé avec un bœuf, et une seule fois un âne accouplé avec un chameau. C’est unique occasion où nous avons vu le chameau employé comme bête de trait. Après avoir passé plusieurs villages arabes, tantôt à droite et tantôt à gauche de la route, et tous à peu près de même apparence, nous traversons, sur un superbe pont en fer, la branche Ouest du Nil, celle qui a son embou- chure à Rosette, Le fleuve a à peu près un peu plus d'un mille de largeur ici, et pr’sente une fort belle appa- rence, C'est partout le même terrain et les mêmes _cul- tures : blé, orge, lentilles, lin, trèfles, fèves etc. À Tanta, nous passons Veubrahebenent du chemin de fer de Mansoura, se dirigeant vers |’Est, et de ce point la route prend une direction plus prononcée vers le Sud, c’est-3-dire s’écarte davantage de la Mediterrannée, pour senfoncer dans les terres. Peu après, nous traversons la branche Est, celle qui a son embouchure a Damiette, sem- blablement sur un pont en fer, et nous nous trouvons en plein pays de Gessen, c’est-à-dire dans cette terre qu’occu- pèrent autrefois les Israëlites, lorsqu’a la suite de la vente de Joseph, les autres enfants de Jacob ses frères vinrent s’y établir. C’est là que la seule famille de ce patriarche, dont les douze enfants formèrent les souches, se développa tellement sous la bénédiction du Seigneur, bien que fort maltraitée par ses maîtres, que lors de sa sortie d'Egypte, sous la conduite de Moise, c’est-à-dire après seulement 215 ans, elle formait une nation de plus de trois millions d’ames, Depuis longtemps déja les yeux et les lunettes étaient braqués du côté du Sud-Ouest, dans lespoir d’y découvrir 146 LE NATURALISTE CANADIEN les pyramides qu'on pouyait, nous disait-on, voir de ce point, Nous les apercevons a la fin, sous forme d’un triangle de modeste dimension se dessinant sur l’horizon lointain. Bien que nous ne pussions dés lors juger de leur masse imposante, nous ne pames cependant nous défendre d’une certaine émotion : nous avions sous les yeux l’une des plus étonnontes merveilles cu génie de l’homme ; une œuvre de quarante siècles s'offrait à nos regards; le temps qui détruit tout, avait pour ainsi dire émoussé sa puis- sance sur cet ouvrage de la main des hommes ! A Benah, nous passons un autre embranchement du chemin de fer qui se rend à Ismalia sur le canal de Suez, et nous continuons toujours dans la même direction, jusqu’à ce quenfin nous pénétrions dans la ville et descendions dans la gare. VII Le Caire; l'hôtel Royal; la langne Arabe; les chiens; les enfants sans parents; panorama; la chibonqueet le narguileh.—Les Pyramides, Ja route qui y conduit; ascension de Chéops; le Sphinx ; les Pyra- mides de Sakkara ; les esclaves. A peine descendus dans la gare, nous nous empressons de nous assurer des voitures de place pour nous rendre aux hôtels, dont le choix n’avait pas été, cette tois, fixé d’a- vance. Mais pendant que nous cherchons notre compa- gnon d'un côté, pour ne pas nous séparer, lui nous cherche d’un autre, si bien que nous nous trouvons à la fin seuls pour nous pourvoir d’un logement. Un jeune homme vient s’offiir de nous conduire, tout près de la, à l'hôtel Royal, tenu par un français, et où, assurait-il, nous nous trouverions fort bien, Il s'empare de nos petits sacs, et nous le suivons à pied. | Les rues offrent à peu près le même aspect qu'à Alexandrie, avec cette différence toutefois qu’elles sont beaucoup plus fréquentées ; la foule des voyous sales, dé- guenillés, criant, hurlant sans cesse, est ici beancoup plus DE QUÉBEC A JÉRUSALEM : - 147 nombreuse. Les rues que nous enfilons sont aussi tor- tueuses et étroites, et presque toutes les fenêtres des mai- sons présentent un balcon a trois chassis faisant sallie sur la rue. Cette saillie des balcons couverts permets, au moyen des chassis qu’ils portent, d’intercepter le moindre courant d'air de la rne pour le faire pénétrer à l’intérieur, ou du moins pour rafraichir les personnes qui viennent sy reposer, lorsque le soleil ne les couvre plus de ses rayons. Après environ dix minutes de marche, nous tournons à gauche dans une rue beaucoup plus large et plus pro- pre, d'apparence tout européenne, où nous trouvons l'hôtel que nous cherchions. Le patron, M. Raymond, nous ac- cueille avec une urbanité toute Parisienne, et nous prête d'autant plus d'attention qu’il se trouvait froissé de ce que les autres membres de la caravane étaient passés devant sa porte, à lui français et catholique, pour aller descendre à quelques pas de la à l'hôtel d'Orient, tenu par un grec schismatique. Il nous donne des chambres au deuxième, grandes et bien confortables, dont le prix, y compris la pension, serait de 10 francs par jour; ce qui nous parut fort raisonnable. Nous nous empressons de prendre notre diner et nous nous mettons de suite à la visite de la ville. Le Caire, la capitale actuelle de Egypte, est une ville d'au moins 300,000 âmes, dont les indigènes mélés aux Arabes, forment la majeure partie. Elle est située sur la rive droite du Nil, à quelques arpents seulement de sa rive. Sa partie opposée au fleuve est beaucoup plus élevée que le reste, reposant sur un plateau esearpé qui domine toute la ville, C’est là que se trouve la résidence du Khé- dive ou vice-roi, la citadelle, la fameuse mosquée de Mé.- hémet Ali, si remarquable par ses marbres précieux, etc. Sa latitude est de 30° 3’ Nord, et sa longitude de 28° 58: Est du méridien de Paris. Fondée dans le Ville siécle, elle fut la résidence des Califes Fatimites, qui gouvernérent l'Egypte pendant plus de six siècles, alors que ie Grand-Ture de Constantinople n’avait pas encore étendu son bras de fer sur la côte Sud de la Méditer-, 148. LE NATURALISTE CANADIEN rannée. Elle recut, comme Alexandrie, en 1798, la visite de Napoléon ler, qui s’en empara pour les français qui y furent maîtres durant trois ans et demi. ile n’est qu’a trois lieues de l'emplacement qu'occupait lancienne Memphis, sur la rive gauche du Nil. La ville, telle qu’elle est aujourd’hui, se compose de deux parties bien distinctes: le Vieux-Caire ou les fanbourgs qui sont tout-à-fait Arabes, et la ville nouvelle qui a un aspect tout européen dans ses constructions, moins toute- fois ces dattiers qui projettent ça et là leurs stipes élancés au dessus des résidences, pour leur offrir l'ombre de leurs immenses parasols de palmes, et ces autres plantes tropi- cales qu’on rencontre dans les rues et places publiques : muriers, sycomores, tamarins, acacias etc. Mais si les constructions peuvent parfois nous reporter en Europe, les costumes et le langage des rues nous ramènent aussitôt en Orient, Bien qu'on nous réponde presque partout en français lorsque nous entrons dans les bou- tiques, de toute part, dans les rues, ce sont des sons sacca- dés, gutturaux, qu'on dirait souvent plutôt tirés des en- trailles que de la poitrine, qui nous frappent les oreilles, Singulier langage que cet arabe, qui exige un tel effort des poumons, qu'on croirait toujours les interlocuteurs fachés lorsqu'ils s’échangent des paroles. On nous a rap- porté qu'un certain religieux s’était livré avec tant d’ar- deur à l'étude de l'arabe, que par suite des efforts de poi- trine qu'il fit constamment pendant plusieurs jours pour rendre exactement les sons de cette langue barbare, il contracta une fluxion de poitrine dont il mourut peu après. Un peuple qui n’a que des aspérités, des bonds et des chutes dans sa langue, doit nécessairement posséder un caractère âpre, rude et grossier, sinon brutal. Tele était la conclusion à laquelle nous en étions venu, lorsque nous entendimes une religieuse, de haute éducation et de fort bonnes manières, maniant la langue de Mahomet avec une délicatesse qui n’excluait pas une cerlaine élégance. Ces sons hachés, gringants, qu’on ne croirait pouvoir s'échapper sans grand effort de la poitrine, 1evétaient, en passant sur des lèvres féminines et françaises, une élégance qui DE QUEBEC A JERUSALEM, 149 ne manquait pas d’un certain charme. Jusque là nous aurions cru que les doux épanchements, les tendres effu- sions du cœur ne pouvaient se trouver chez ce peupie, vu que ces sentiments nous paraissaient incompatibles avec son langage aussi bien qu'avec ses allures extérieures. Nous avions iu quelque part que les chiens sont très nombreux au Caire, et qu'ils vivent libres dans les rues de ce qu'ils peuvent attraper par-ci, par là, sans connaitre au- cun maître, Nous recounaissons de fait que l'espèce canine a ici de nombreux représentants, qui dénotent, même par leur apparence extérieure, qu’ils ne sont guère soumis à la domesticité. On ne trouve pas chez eux cette variété infinie de taille, de couleur et de forme, que l’éducation a produite dans leur race chez les peuples plus civilisés. Ils sont tous de taille moyenne, très peu variés dans la cou- leur de leur robe, qui est d’un fauve pâle plus ou moins sale; le nez pointu, le poil assez long, les oreilles petites et droites, tout leur extérieur les rapproche beaucoup du renard et encore plus du chacal, qui, d'après les natu- ralistes, constitue leur souche primitive, L’extréme liberté, comme il arrive aussi parmi les hommes, produit de même la licence chez ces hordes indi- ciplinées de la race canine, dont les rues seules consti- tuent la patrie. Habitant un pays sans forêts, ce sont des sauvages que les nécessités de la vie rendent citadins sans pour cela les assujétir à la civilisation. La paix ne règne pas toujours dans cette république sans lois, ou plutôt q.1 n'en connait qu’une seule, celle du plus fort. Ce n’est pas chez eux, comme chez l'homme, Pauri sacra fames, qui constitue la pomme de discorde, mais bien le besoin pur et simple de l'estomac qui est encore plus impérieux. Les Hélènes sont d'ordinaire assez com- munes pour répondre à toutes les convoitises, mais il ar- rive aussi, souvent, qu'une carcasse de lapin ou de pin- tade qu’une maladie aura fait trépasser, devient un casus belli pour ces habitants des pavés. On les voit souvent alors, r ngés en deux camps ennemis, non passe choisir de chaqne côté des Horaces et des Curiaces pour livrer le combat, mais se confondre dans une mêlée générale, où 150 AE LE NATURALISTE CANADIEN les dents et les griffes s’entrechoquent, le poil vole en flo- cons, le sang coule abondamment des plus faibles qu’ou laisse étendus sur place à demi écorchés, jusqu’à ce qu’en- fin un parti prenant le dessus sur l’autre, s'empare de la proie et se retire en lemportant en triomphe, pour se la partager dans leur propre quartier - car chaque bande a ses qurtiers de retraite qui lui sont propres—tandis que les vaincus, serrant la queue et portant bas l'oreille, s’en re- tournent piteusement vers leur refuge se lécher les plaies et épier le moment de reprendre une revanche. Mais il n’y a pas que les chiens, pensons-nous, qui ha- bitent la rué sans reconnaitre ni parents ni maîtres. De nom- breux petits de l'espèce humaine sont aussi dans le même cas. Ce sont, pour la plupart, des fruits du libertinage ou de la polygamie qui ne vaut guère mieux, qui, sans asile et sans ressources, cherchent ainsi sur le pavé de la rue à accaparer quelques restes ou à soutirer quelque paras des étrangers, en échange de légers services, pour se conser- ver l'existence. Nous envoyons sur toutes les places en groupes plus ou moins nombreux, qui nous poursuivent partout en tendant la main et en répétant sans cesse : bacchish, bacchish. Bacchish est, pensons-nous, le premier mot que l'enfant apprend ici à articuler. Le costume de ces petits malheureux, garçons et filles, est invariablement une longue chemise en coton ou toile bleue plus où moins sale, ouverte jusqu’à la ceinture que remplace une corde quelconque, avec un nippon sur la tête en guise de tur- ban, de sorte que la figure et la poitrine sont constam. ment exposées aux rayons du soleil brûlant de ces contrées. Aussi les ophthalmies et même la cécité sont-elles fort communes chez ces peuples. Cette habitude d'aller ainsi visage et poitrine nus en plein soleil, nous a fort intrigué, et bien des fois, nous nous sommes demandé pourquoi l'on ne se couvrait pas plus pour se protéger contre le soleil ? pourquoi, par exemple, n'avoir pas une coiffure à rebord pour projeter au moins quelque ombre sur la figure ?...Mais on ne raisonne pas jusque là, ici; hommes, femmes, ont été dès l'enfance habitués à se faire rôtir la face et la poitrine, et l’on continue comme si on ne s’en DE QUÉBEC A JERUSALEM 151 trouvait nullement incommodé. Que le crâné soit bien couvert pour se protéger des insolations, c’est là le seul point important. Mais que nos lecteurs n’aillent pas croire que ce débraillement, ces undités aient quelque inconvé- nient ici pour les mœurs; oh! point du tont, C’est tout simplement dégoutant et rien de plus. L'eau passe si rarement sur ces épidermes, et la sueur qui y retient cons- tamment la poussière, qui est ici extrêmement abondante, y forme bientôt une croûte si ridée, une peau coueñneuse si peu agréable, qu'on peut manquer de se couvrir, sans aucun danger d'attirer les regards, Il n’est pas rare de rencontrer dans des groupes de 10 à 12 enfints jouant ensemble, cing, six d’entre eux, dans le costume de notre pére Adam, incapables de se mettre les mains dans les poches. Le plus souvent un simple chiffon leur couvre le crane, mais souvent aussi ils man- quent de toute couverture quelconque. La mosquée de Méhémet-Ali est tn superbe temple, remarqu: ble surtout par les marbres précieux qui entrent dans sa décoration, Elle est située sur la colline qui ferme l'horizon à l'Est de la ville et qui la domine tout entière, On peut de ce point saisir d’un coup d’œil le panorama entier du Caire et de ses environs. A nos pieds, en face, s'étend la ville avec ses terrasses, ses jardins, ses places publiques plantées d’arbres, ses palmiers élancés et ses nombreux minarets aux formes sveltes et gréles qui pro- jettent leurs maigres silhouettes sur les sombres résidences qui les avoisinent. Ces minarets sont en forme de tours ou de clochers, le plus souvent de figure octogonale, avec une double ou triple gallerie du haut desquelles les muezzins, matin et soir, appellent les croyants à la prière ; car l'usage des cloches est prohibé chez les enfants de Ma- homet. La voix de ces prêtres de l'erreur n’a rien du so- lennel de nos cloches, cependant ces appels et ces invoca- tions d'Allah (Dieu) sur tous les tons, avec l’âme qu’on y met souvent, ont quelque chose qui impressionne et qui contraste singuliérement avec les prétendues lumiéres de notre civilisation qui s’efforcent de nos jours, de faire dis- paraître même jusqu'à l’idée de la divinité de parmi le 152 LE NATURALISTE CANADIEN peuple. Ob! combien de fois nous nous sommes dit, en entendant ces appels réitérés à la prière: comme les cory- phées de la libre pensée et les athées qui conduisent ac- tuellement la patrie de nos pères à sa perte, pourraient avec profit, malgré la jactance dont ils se targuent, venir prendre ici des leçons de sagesse et de hante philosophie de Yignare muezzin, répétant deux fois par jour, aux quatre points cardinaux : Jl n'y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophèle, ou du superstieux iman esclave de la lettre de son Coran qu’il a mission de précher ! Par dessus les constructions de la ville, toujours en face, coule le majestueux fleuve du Nil, au milieu de sa riche vallée, toute couverte de moissons au moment actuel, et que tous les ans il va rhabiller de son précieux limon pour renouveler sa fertilité. CGaet là, à travers ces moissons, s'élèvent les résidences des fellahs, groupées en petits villages, qu'ombragent d'ordinaire des arbres au vert feuillage, et que domine toujours le minaret. de la mosquée. L’horizon de ce côté est fermé par la côte de sable qui ter- mine l'immense désert du Sahara, et qui semble vouloir petit à petit empiéter sur la plaine fertile. Plus rapproché de nous, mais toujours de l’autre côté du Nii, se trouve. Boulaq, où les Khédives ont d'ordinaire leur résidence de campagne, avec des jardins d’un luxe tout a fait oriental, Si nous portons nos regards à gauche, nous voyons, encore de l’autre rôté du fleuve, les pyramides de Ghiseh, qui dessinent sur l'horizon leurs masses sombres et impo- santes, A droite, c’est la campagne avec ses champs cultivés et les nombreuses villas semées ça et la dans tout le voisi- nage de la ville. La vallée, à lendroit du Caire, est assez resserrée ; mais à partir de ce point en descendant, elle va toujours en s’élargissant, jusqu’à la rencontre de la Médi- terrannée, sétendant là depuis Alexandrie jusqu’à Port- Saïd, c’est-à-dire sur une largeur de plus de 50 lienes, Réunis à nos compagnons de l'hôtel d'Orient, qui tout en payant le double de ce que nous donnions, nous, se plaignaient fort du service de leur maison, nous parcou- DE QUEBEC A JERUSALEM 153 rons ensemble les diverses parties de la ville. Nous visi- tons d’abord le quartier des Juifs, qui nous frappe avant toute chose par sa malpropreté. Ce sont des rues fort étroites, toutes pavées en cailloux ronds mal ajustés, ot les pieds glissent à chaque instant sur des pelures d’o- range ou autres déchets qu'on y voit partont. La plupart de ces rues sont couvertes par des nattes ou paillassons pour intercepter ies rayons du soleil. On donne partout en Orient le nom de bazars à ces rues ainsi couvertes où sont réunis les magasins de débit. Les boutiques où sont installées les marchandises : turbans, châles, coutelas, courbaches, pistolets, cotonnades, etc,, etc, ne sont autres choses que des tablettes superposées dans l’enfoncement du mur, celle du bas étant un peu plus large pour permettre au marchand de s’y asseoir à la façon de nos tailleurs, et d'où, sans se déplacer, il étale et livre aux acheteurs les articles dont ils ont fait choix ; si bien qu'ici on ne pourrait dire qu’on est entré dans tel ou tel magazin, puisqu'on n’a franchi aucune porte, mais seulement qu’on s’est arrêté à telle ou telle boutique. Les étalages sont assez bien gar- nis, mais fort peu considérables quant à la quantité des ar- ticles. Un étalage comme celui de M. Z. Paquet, de $. Roch, par exemple, suffirait sans peine pour garnir les cases d’une rue tout entière. Remarquons toutefois que nous ne parlons là que des marchands indigènes, car pour les boutiques européennes, qu’on trouve dans toutes les villes, elles sont comme partout ailleurs à l'intérieur, et souvent fort bien montées. Les patrons de ces boutiques du pays, juifs, mahomé- tans et même arabes chrétiens, sont ainsi accroupis, les jambes croisées, sur la dernière tablette de leur étalage, fumant fort gravement la chibouque ou le narghileh en attendant les chalands. Tout le monde fume ici, et on pa- rait les étonner grandement quand on leur dit qu'on ne fait aucun usage de tabac. La chibonque est une pipe ordinaire à fort long manche, souvent de 3 à 4 pieds: c’est la pipe des aristocrates turcs, par ce qu’elle ne se fume qu’à la maison. Le narguileh se compose d’une carafe en verre remplie d'eau, à laquelle est adapté une pipe avec un long 154 e LE NATURALISTÉ CANADIEN manche flexible en cazoutchouc; son transport est encore plas embarrassant que celui de la chibonque. Les ou- Yriers, voituriers, chameliers, etc., ne fument d’ordinaire ni lachibouque, ni le narguileh, mais uniquement la ciga- rette : ils en portent toujours une provision sur etx. C’est partout du tabac ture dont on fait usage; on en tient des petits sachets dans ses poches avec un petit livret de pa- pier fort mince. Quand on veut fumer, on enlève un feuillet du livret, on y renferme une pincée de tabac tout haché, et voilà la cigarette prête. Les gourmets en fumée, parmi lesquels, Dieu merci, on ne nous comptera jamais, proclament que le tabac ture est très doux et de fort bon goût. Nous voulons bien les en croire sur parole. Nous allons en corps faire visite à l’évèque, qui, comme nous l'avons noté plus haut, se trouvait au Caire dans le moment. Mer Ciurcia est franciscain, et quand il vient ici, il prend sa résidence dans le couvent des moines de son ordre. (:) Nous montons des escaliers et enfilons plusieurs galleries et corridors, lorsque arrivés à une porte, nous voyons affiché au dessus: CLOTURA. Ici, un Frère a le soin de nous avertir que les dames qui nous accompagnent ne peuvent aller plus loin, car au delà c’est la clôture mo- nastique. Laissant donc là nos belles dames, qui mau- gréent assez hautement contre le manque de galanterie de la part des moines, nous franchissons la porte et pénè- trons dans les appartements de l'évêque. Nous nous agenouillons d'abord pour récevoir la bénédiction du pré- lat et prenons place ensuite sur les divans du salon. Le bon évèque nous parut un bien digne homme mais souf- [1] Mgr Ciurcia, quelques mois plus tard, prit passage pour Naples eur le paquebot des messageries françaises. Saisi par la fièvre avec son état de faiblesse habituel, il rendit lé dernier soupir presque en face dé Messine, moins de deux jours avant de toucher Naples. Et, on le croirait à peine, le commandant du vaisseau, français et catholique [du moins sensé devoir l’être}, fit jeter à l’eau la dépouille du saint évêque, lors- qu'avant moins de 48 heures il aarait pu la débarquer a Naples, ou qu’en bien moins de temps encore il pouvait la faire débarquer à Messine. Mais lorsqu'on fait la guerre à Dieu lai-même, doit-on s'étonner qu’on ne res- pecte pas ses représentants ? - DE QUÉBEC A JERUSALEM 155 frant et très faible. Après quelques minutes seulement de conversation, nuus prenons congé du prélat pour ne pas le fatiguer, et allons poursuivre notre visite de la ville. Nous allons après souper voir nos eompagnons de Photel d'Orient, pour régler avec eux le programme de la journée du lendemain. Il fat décidé que nous irions d’abord le matin aux Pyramides, et que dans l’après midi nous continuerions notre visite de la ville, Les voitures étaient déjà retenues pour le voyage, à raison de 15 fr. par tête. Revenus à notre hôtel, notre patron nous dit qu’il pouvait en fournir, lui, ponr 10 fr. seulement, mais le marché étant conclu, il fallait s’y tenir Vendredi, 25 mars.—Comme c'est aujourd’hui fête d’o- bligation, et que, pour profiter de la fraiche du matin, il faut être prêts à monter en voiture à 6kh. au plus tard, des les 5h. nous étions rendus à l'église des Jésuites pour y cé.ébrer de suite. Il parait qu'ici, comme dans nos climats du nord, le lever matinal n’est pas dans les habitudes des eïtadins, car lorsque nous laissames nos chambres vers les 43h., tout était encore silencieux dans l'hôtel, Arrivés à la porte, nous la trouvâmes entrebaillée, mais avec les battants re- tenus par le lit d’un garçon de service, qui l'avait placé en travers de cette porte, et qui ronflait sans inquiétude, Si bien qu’il nous en coûta un peu déveiller le pauvre diable pour qu'il nous livrat passage. Parvenus dans la rue, nous fumes encore bien plus étonnés de trouver, ça et là sur les trottoirs, des lits qu'on y avait dressés et dans lesquels des personnes dormaient du sommeil le plus paisible. En certains endroits, ce n’était pas sur des lits que reposaient les dormeurs, mais bien sur la pierre même du pavé : ici une pauvre femme avec des enfants, là des enfants seuls tapis dans quelque coin, et de l’autre côté de la rue, une file de chèvres qu'on avait amenées des champs, et qui s'étaient emparé du trottoir pour y passer la nuit. Tel que convenu, dès les 63h. nous étions prêts pour le départ ; nous prenons place avec deux autres compa- gnous dans un superbe carosse trainé par deux chevaux, 156 LE NATURALISTE CANADIEN et notre convoi se composant de 5 a 6 voitures semblables, Jes unes a la suite des autres, traverse la ville pour passer le Nil à son extrémité Ouest, sur le superbe pont en ter qui relie ses deux rives vers le haut de la ville. Dès que nous sommes de l’autre côté du fleuve, la route macadémisée et en assez bon état, est partout bordée d'une magnifique rangée d’arbres de chaque côté. Le chemin suit le fleuve à quelques arpents seulement de la rive. Le soleil est brillant, Pair encore tout saturé de la fraîcheur matinale n’est pas encore assez réchauffé pour nous incommoder, et les effluves des trèfles, luzernes, sain- foins et autres cultures qui nous avoisinent, viennent de temps à autres nous enivrer de leurs parfums en dominant l'arôme des prés verdoyants et fleuris qui nous suit par- tout. Nos automédons Nubiens font, avec un certain air de triomphe, claquer leurs longs fouets sur la tête de leurs coursiers, qui de leur côté semblent prendre le signal plutôt comme un encouragement que comme une menace, tant ils montrent d’empressement à franchir l'ombre des arbres qui se dessine en bandes obliques et symétriques sur la voie poudreuse. Ces arbres sont presque exclusivement des acacias et des caroubiers, appartenant tous deux à la grande famille des Légumineuses, qui dans notre climat, n’a de repré- sentants que parmi les plantes herbacées, sauf quelques acacias qu'on trouve parfois dans les jardins. L’acacia d'Egypte, Acacia Nilotica, Delisle, est cet arbre précieux qui produit la gomme arabique, article important de commerce, qu'on emploie aujourd'hui à une foule d’usages. C’est un arbre de 30 à 40 pieds, à feuilles deux fois pennées, composées de folioles très petites et fort élé- gantes, ce qui donne à la masse du feuillage une apparence légère des plus agréables, Les feuilles sont accompagnées d’épines stipulaires sur le rameau même. L'arbre forme une belle tête, à tronc droit et uni lorsqu'il est jeune, mais avec l’âge il se déforme et porte des excroissances et des nœuds d’où coule la gomme qu’on recueille pour le com- merce. C'est surtout en décembre et en mars qu’on fait la récolte de cette gomme ; les arbres gonflés de sucs pen- ETUDIEZ L’HISTOIRE NATURELLE 157 dant l’inondation du fleuve, qui dure d’ordinaire de juin à septembre, la laissent alors s'extravaser sur le tronc, comme nous en voyons ici sur les cerisiers de nos jardins et les petits-merisiers de nos bois, C’est par centaines de sacs qu’on embarque cette gomme sur les paquebots qui font escale a Alexandrie. Le Caroubier, Ceratonia siliqua, Linné, quoique proche parent du précédent appartient cependant à une branche différente de la même famille, c'est celle des Césalpinées, qui n’a aucun de ses représentants parmi nos plantes in- digènes. Ni l’acacia, par son feuillage léger que le moin- dre souffle agite, peut être comparé à la jeune fille folâtre qui ne sait que rire et sauter, le Caroubier, lui, par son feuillage persistant, rigide et sombre, peut être une exacte figure de l’homme mir, aux mouvements graves, aux préoccupations sérieuses, qui voit l’utile avant tout et ne sait que produire, À continuer. ETUDIEZ L'HISTOIRE NATURELLE. On nous trouve probablement importun en certains quar- tiers de revenir si souveni à la charge pour répéter à satiété : étudiez l’histoire naturelle. C+pendant nous ne voyons pas encore qu'on soit mieux disposé aujourd’hui qu'autrefois, à prouver par les faits, que nos appels réitérés n'ont pas leur raison d’être. Tous les jours, pour ainsi dire, nous trouvons encore dans la presse des preuves évidentes de ce manque complet de connaissances de la part de personnes qui prennent pour mission d’instruire le peuple. Nous lPavons dit plusieurs fois, et nous croyons devoir le répéter encore : ce manque de connaissance en fait d'histoire naturelle est une lacune dans notre éducation qui nuit consi- dérablement à notre littérature, et qui nous déprécie grande- ment aux yeux des étrangers. Comment peut-on écrire sans avoir à tenir compte de la nature ? Les sciences même les plus abstraites, la philosophie intellectuelle, la métaphysique, la 158 LE NATURALISTE CANADIEN : théologie etc. ont à compter avec l’histoire naturelle. Car sujets nous-mêmes de la nature, c’est chez elle, qu’il faut aller chercher la base même des opérations de notre intelligence. Et comment en parler convenablement, si nous ne la.connais- sons pas ? . Loin de nous la sotte prétention d’exiger que tous nos lettrés soient des naturalistes proprement dits, des spécialités dans cette branche des sciences ; mais tous devraient au moins en avoir une connaissance suffisante pour pouvoir en parler partinemment, pour pouvoir se mettre à l’abri de ces bévues qu’on rencontre si souvent dans les écrits de nos nationaux. Dans le récent voyagé que nous avons fait en Orient, il nous a été facile de nous convaincre de notre infériorité sous ce rapport, comparés avec les étrangers. Nous avons vécu pendant trois avec des européens, presque tous français; sur les 37 compagnons de voyage que nous avions, parmi lesquels, plusieurs dames, aucun n’était, à proprement parler, natura- liste, à l'exception d’un seul qui avait étudié en amateur la géologie et la minéralogie. Et tous, ecclésiastiques, militaires, bourgeois, et dames mêmes, savaient parler pertinemment de la nature, savaient du moins douter dans l’occasion, pour ne pas s’aventurer sur un terrain qu’ils ne connaissaient pas, au risque d’y semer des balourdises comme on en voit si souvent se faire jour dans notre presse. Est il rien de plus assommant que ces hableurs qui se. posent en docteurs sur tous les sujets et toutes les questions, discourant de connaissances comme un aveugle le ferait des couleurs, et proclamant avec jactance les conclusions les plus absurdes, les bévues les plus révoltantes, avec un aplomb que pourrait envier le pacha turc le mieux convaincu de son rôle. Que dire, par exemple, d’un journal qui attribue à un climat des plantes qui ne peuvent s’y implanter, se plaint de productions naturelles qu’on ne saurait y rencontrer ? Ces réflexions nous sont inspirées par un article que nous avons lu dans la Gazette des Campagnes du 27 ultimo. Nous voulons croire que le rédacteur de cette feuille ne vise à aucun mérite littéraire, pouvant se rendre utile sans cette prétention, mais fautil du moins qu'il soit toujours exact, et qu'il s’abs-. tienne de poser en savant devant ses lecteurs avec des mots qu'il ne connait pas. La faute de ce rédacteur n’est pas tant de faire ses articles à coups de ciseaux dans les livres et jours naux étrangers, que de donner comme sien ce que ses. COm- FAITS DIVERS 159 plaisants ciseaux lui livrent ainsi gratuitement. Si des guille- mets ou une signature quelconque venaient vous avertir que vous étes en pays étranger, vous sauriez faire la part du climat et du lieu; mais il n’en est rien ; vous croyez lire de la rédac- tion, et voila qne vous tombez tout à coup sur des noms in- connus et des procédés inapplicables. Ainsi, dans un article intitulé ‘ Les Ennemis du Pommier,” page 310 du numéro du 27 avril, le rédacteur énumère parmi ces ennemis le ver blanc qui nest que la larve du hanneton, le gui etc. Aurait-on, par hasard, rencontré le gui à Ste Anne? Ce serait la une décou- verte extraordinare, car nous n’en avons jamais rencontré en Canada. Nous avons vu le gui en France, depuis Dieppe jus- qu’à Bordeaux et Marseille, attaché en masses plus ou moins compactes aux branches de différents arbres, mais jamais semblable production n’a frappé nos regards en Amérique. Les botanistes Américains nous disent aussi que ce parasite ne se rencontre pas aux Etats Unis. Quant au ver blanc dont il est ici question, ce ne peut être la iarve du hanneton, puisque cet insecte ne se trouve pas non plus en Amérique. Le ver blanc qui ravage ici nos pommiers, en les faisant souvent périr, est la larve de la Saperde, Saperda candida, dont nous avons à plusieurs reprises donné l’histoire. Comment se fait-il que la Gazette des Campagnes, qui est publiée pour ainsi dire dans une école d'agriculture, puisse donner cours à de semblables inexactitudes ? ,..Nous pensons que là aussi, dans ces écoles, on ne donne pas à l’histoire naturelle l'attention qu’on devrait lui donner. reer 0000 DIGI POTTP - FAITS DIVERS Une coquille monstre.—Nous voyons par le San Fran- cisco Evening Bulletin que le Prof. Ward de Rochester, N. Y., qui arrive du Japon, rapporte plusieurs magnifiques spé- cimens de Tridacna gigas, coquille vulgairement appelé bénitier, dont l’un, qu'il destine au Bureau des Mines, mesures 36 pouces de longueur, et 27 pouces dans son plus court dia- mètre, et ue pèse pas moins de 528 livres. C'est évidemment un monstre de son espèce, puisque le Bénitiers de 100 livres seulement sont fort rares. Quelle immense quantité de car- bonate de chaux le mollusque a dû secréter pour se couvrir 160 LE NATURALISTE CANADIEN d’une robe d'un si grand poids ! On sait que les Tridacna sont des coyuilles bivalves. Taxidermie.—Il est presque impossible aux taxidermistes denlever la peau des oiseaux sans la souiller plus ou moins de graisse, et dans les oiseaux blancs surtout, il est souvent fort difficile d’en faire disparaître les traces. Voici le moyen le plus efficace de parvenir à ce but. Si c’est l’intérieur de la peau qui se trouve fortement graisseux, saupoudrez de platre et grattez la chair avec le tailiant d’un couteau émoussé, répétant le saupoudrage et le grattage jusqu’à ce qu’il ne reste plus traces de graisse. Si ce sont les plumes qui sont souillées, lavez les taches avec de la térébenthine et saupoudrez de plâtre, ayant soin de renouveler le plâtre aussitôt qu’il est saturé de téré” benthine et de brosser et remettre en place les plumes qui auraient pu être dérangées. A la fin battez la peau avec une petite baguette élastique pour la débarrasser complètement du plâtre, et vous l'aurez toute revivifiée et toute prête à être montée. Le temps convenable pour cette opération, c’est lorsque toutes les broches ont été fixées, et que la peau est remplie et cousue ; il ne reste plus ensuite qu'à donner la pose à l’oiseau en le fixant sur sa planchette ou son perchoir. Darwin. — Les journaux d'Angleterre nous annongaient dernièrement la mort du célèbre Darwin, l'inventeur de la sélection naturelle, de la filiation naturelle de tous les êtres dans toute l'étendue de la série, depuis la monade, l'être le plus simple organisé, jusqu’à l’homme le chef d'œuvre de la nature, comme lappelle les matérialistes. Il est vraiment étonnant qu’une utopie aussi révoltante que le darwinisine ait pu recruter tant d’adhérents dans la science ! Utopie dont le premier gros-Jean venu fera grâce au simple énoncé. Allez donc chercher vos ancêtres dans les crajpauds ou les punaises|.. Remarquons toutefois que les darwinistes se recrutent spécia- lement chez les libres-penseurs, et les protestants, qui au fond ne sont que des matérialistes, puisqu'ils ont éliminé le sacrifice de leur croyance, tant dans leur simulacre de culte public, que dans leurs pratiques privées. Croirait-on que ce grand Darwin a écrit un livre sur l’origine des espèces, sans avoir pu définir l'espèce, faire comprendre ce qu’elle est ou ce qu’elle n’est pas ? Il y a des gens tellement ennuyés de frayer dans les sentiers communs du bon sens et de la raison, qu'ils sont toujours prêts à embrasser une idée nouvelle, quelque absurde, quelque révoltante qu’elle soit; le seul attrait de la nouveauté est tout puissant sur eux. Ajoutez à cela un parti pris de combattre toute révélation pour'se faire une morale des plus faciles, et vous comprendrez le succès du darwinisme. 2 À ee ———— LH CR 2 9. ALES © “ a S F c DU die 109 NON CS 0, ft ig es ag M à 10 à) QD AIG AG) AA DOOD ASE ÿ ff V'V' Va 0 Ye CAR 9.4: HORS RTS RS ge NCS Davies eG Vol. XITI—6. CapRouge, Q., JUIN 1882. No. 149, Rédacteur : M. Abbé PROVANCHER, FAUNE CANADIENNE (Continué de la page 144.) Fam. XX. VESPIDES. Vespide. Tête transversale, avec les antennes insérées vers le milieu de la face, Chaperon aussi large que long, sa partie médiane prolongée en avant, plus ou moins échancrée au bord. Mandibules presque aussi larges que longues, tron- quées obliquement à leur extrémité, ne laissant paraitre aucun vide entre elles et l'extrémité du chaperon. Yeux échancrés. Antennes légèrement en massue ; ler article long, cy- lindrique, le 2e très petit, presque rond, le 8e allongé, conique. Ailes ployées longitudinalement dans le repos, portant une cellule radiale grande, 4 cubitales dont la 2e plus petite, rétrécie vers la radiale, reçoit les 2 nervures récur- rentes. | Pattes ordinaires ; les jambes postérieures pourvues de deux épines, le premier article de leurs tarses sans di- latation ni oreillette, Abdomen généralement robuste, sessile ou subsessile, 162 LE NATURALISTE CANADIEN a premier segment tantôt égal au 2e en diamètre, et tantôt plus petit ; femelles pourvues d’un aiguillon redoutable. Insectes vivant en sociétés, se construisant des nids communs, ayant des femelles fécondes 9, des femelles stériles ou ouvrières 8, et des mâles 6. Ils se construisent des nids,souvent d’un volume fort considérable, d’une espèce de papier qu'ils fabriquent avec la mousse du bois mort qu'ils triturent de leurs mandibules et à laquelle ils ajoutent une certaine liqueur lui donnant plus de consistance. Ils attachent ces nids aux branches des arbres, aux clôtures, charpentes etc., et d'autrefois, suivant les espèces, les creusent dans le sol. Leurs larves qui sont apodes, doivent être fournies, comme celles des guépes solitaires que nous avons passées en revue, de la nourriture qui leur convient, Mais il y a cette immense différence entre les unes et les autres, c’est que tandis que chez les guépes solitaires c’est une nourriture animale qui convient aux larves, chez les guêpes sociétaires c’est une nourriture toute végétale, le miel, le suc des fruits et le pollen des Heurs er formant la base. Et comme Dien a tout coordonné ici bas avec une extrême sagesse, il a pourvu ces insectes sociétaires de fe- melles stériles destinées à être non seulement les ouvrières de la demeure, mais encore les nourrices de la progé- niture. On voit assez souvent les Guépes pénétrer dans les appartements en été pour y saisir des mouches et les em- porter pour la nourriture de leurs larves, mais ce n’est qu’aprés les avoir broyées, et triturées dans un suc parti- culier cueilli sur des fleurs qu’elles les servent ainsi en une espèce de bouillie à leurs élèves. Comme les Guépes tirent particulièrement des fruits mürs les sucs qui leur convien- nent, c’est surtout avant l’époque où les fruits parviennent ainsi à maturité qu'on les voit de cette façon enlever des mouches. Les Guépes, quoique sociétaires comme les Fourmis. ont cependant cette différence avec elles, c’est que tandis que chez ces dernières, la société est pour ainsi dire per- manente, ou du moins se prolonge durant plusieurs années, XX,.—VESPIDES. 163 chez les premières, la société n’est qu’annuelle. La Guépe- mère fécondée, se réfugie dans quelque crevasse de bois mort, sous un copeau ete,, pour y passer l'hiver; au prin- temps, étant seule, elle se construit un tout petit nid, de 8 à 10 alvéoles, dans chacune desquelles elle dépose un œuf. L’éclosion donne naissance à d’autres femelles fé- condes, à des mâles et à des ouvrières, La famille ainsi augmentée travaille en commun pour une demeure plus spacieuse pour la 2e génération qui se montrera vers la fin de juillet, Et cette 2e génération travaillera elle-même pour une 3e en construisant ces nids monstres qu’on ren- contre souvent en octobre, mesurant de 12 à 15 pouces de de diamètre. I] n’est guère de personnes qui, pour peu qu’elles aient fréquenté les champs ou les taillis, n’aient fait connaissance avec l’aiguillon des Guépes. Leur piqûre produit souvent et presque instantanément des enflures considérables sur les lèvres, les paupières eté. Et ce qu’il y a desingulier, c’est que l’insecte pour linfliger, le fait pour ainsi dire sans s'arrêter, en passant au vol; c’est avec une telle célérité que souvent il ne nous a pas laissé le temps de le remar- quer. Cette famille pour notre faune se borne aux 2 genres qui suivent. ler segment abdominal coupé droit à sa partie antérieure, de même diamètre que le 2e...... ÉCRAN 1. Vespa. ler segment abdominal se dilatant en cloche dès sa base, plus petit que le 2e ....................... 2. POLISTES. 1. Gen. Guëpe. Vespa, Réaumur. Prolongement du milieu antérieur du chaperon tronqné et presque échancré. Abdomen sessile, le pre- mier segment coupé carré en avant et de même diamètre que le 2e à sa jonction avec lui. Pour le reste, mêmes ca- ractères que dans la famille. Insectes de bonne taille, faisant leurs nids d’un carton spécial qu’ils confectionnent et qu’ils attachent aux bran- ches des arbres ou enfouissent dans le sol. Six espèces rencontrées, 164 LE NATURALISTE CANADIEN Segments abdominaux 1 et 2 noirs, sans taches, ou avec seulement une ligne blanchâtre au sommet, 1. maculata. Segments abdominaux tous plus ou moins tachés de jaune; Abdomen sans taches de roux; 1 ler segment avec 2 lignes transversales jaunes ; 2e segment avec 2 points jaunes isolés. ...... 2. consobrina. 2e segment sans points jaunes ...........- 3. germanica. ler segment avec une seule ligne jaune ; Bordure jaune du prothorax aux épaules et am collier... 1 ame s..os......... 4. Giabolica. Bordure du prothorax aux épaules seulement. 5. media. Abdomen taché de roux à la base... cecess coum Os EUR 1. Guépe maculée. Vespa maculata, Fabr. St-Farg. Hym. i, p. 512. ® —Long, .90 pce. Noire, avec de longs poils blanchâtres ; les mandibules excepté à l’extrémité, le chaperon excepté une strie lon- gitudinale n’atteignant pas le bord antérieur, le scape des antennes en dessous, une tache quadrangulaire un peu au dessus de leur in- sertion, les orbites antérieurs se prolongeant jusque dans l’échancrure des yeux, de larges orbites postérieurs, le bord du prothorax, les épaulettes, une tache au dessous sur les flanes, une petite tache de chaque côté de l’écusson, quelquefois une autre au dessous sur le mé- tathorax, les jambes antérieures avec des bandes à l’extrémité de l'abdomen, jaune pâle. Le pavillon des antennes roussâtre en dessous. Ailes jaunâtres, enfumées. Pattes noires, les jambes antérieures avec l'extrémité de leurs cuisses et leurs tarses, jaune-pâle, toutes les jambes fauves en dessous avec une tache noire. Abdomen avec de larges bandes jaune-pâle sur les segments 4, 5 et 6, et une tache de chaque côté sur le 3e, toutes ces bandes interrompues au milieu, les 2 pre- mières portant un point noir de chaque côté, quelquefois contigu avec le noir de la base.—C. d'—Avec bandes jaune-pâle ou blanches sur les segments 4, 5, 6 et 7, chacune avec une petite échancrure de chaque côté, les hanches antérieures tachées de blanc en avant, leurs cuisses avec une bande en avant et une tache à l’extrémité des intermédiaires, blanches. 8 —Plus petites, souvent sans aucune tache à l’écusson. Cette espèce, l’une des plus communes, attache d’or- dinaire son nid aux branches des arbres, et ces nids ont souvent à l’automne un volume considérable. Nous avons une fois trouvé une femelle de cette espèce au printemps, dans un cocon vide de |’ Altacus Polyphemus, où elle avait à. XX,—VESPIDES. 165 passé l'hiver; une autrefois dans un trou qu’elle s’était creusé dans un tronc d'arbre renversé et pourri. 2. Guépe cousine. Vespa consobrina, Sauss, Monog. Guép. Soc, 141, 21. Q—Long. .65 pce. Noire avec poils noirs; le chaperon, les man dibules, une tache en carré entre les antennes, une ligne sur le scape en dessous, une autre dans l’échancrure des yeux, une ligne en arrière des yeux, les bords latéraux du prothorax, une tache triangulaire sur les flancs, une tache de chaque côté sur l’écusson, les pattes avec taches à abdomen, jaune. Les mandibules marginées de noir au côté in- terne, le chaperon marginé de noir en avant et partagé longitudinale- ment par une bande noire qui s’élargit peu avant son extrémité in- férieure. Les écailles alaires roussâtres bordées de jaune. Ailes lé- gèrement obscures, le stigma jaunâtre de même que le voisinage de la côte, Hanches noires, sans taches, les cuisses jaunes à leur sommet seulement, Abdomen robuste, tous les segments bordés de jaune posté- rieurement, cette bande jaune dilatée aux côtés ; le 1er segment porte en outre une ligne jaune interrompue au milieu sur sa tranche anté- rieure ; les segments 2, 3, 4 et 5 avec un point jaune isolé de chaque côté, vers le milieu, ceux du 3e quelquefois obsolètes ; anus avec une tache jaune de chaque côté. Segments ventranx 2, 3, 4 et 5 bordés de jaune postérieurement, cette bordure jaune largement dilatée aux côtés avec un gros point noir au milieu de cette dilatation. Les points de l’abdomen avec le reste de sa colora- tion la distinguent de toutes ses voisines. 3. Guépe germanique. Vespa germanica, Fabr. Hym, i, p. 515. Q —Long. .72 pce. Noire avec poils jaunâtres ; les mandibules, le chaperon, une strie médiane bifide au bas, une tache entre les an- tennes tachée elle-même de noir dans le bas, une tache dans l’échan- crure des yeux, de larges orbites postérieurs, tout le bord supérieur du prothorax, les écailles alaires avec une tache brune au centre, une tache au dessous sur les flanes, une tache triangulaire à chaque extré- mité de l’écusson et du post-écusson, jaune. Pattes jaunes, les hanches excepté une tache au dessous des 4 postérieures avec la base des cuisses, noir. Abdomen jaune, le ler segment excepté une bande apicale, une ligne sur le bord antérieur, la base des segments 2, 3 et 5, noir; cette bande noire de la base s’avangant en triangle au milieu de chaque segment.—PC. Cette espèce, beaucoup moins commune que la pré- 166 LE NATURALISTE CANADIEN cédente, est toujours bien reconnaissable par le triangle que forme les bandes jaunes sur le dos de son premier segment abdominal. 4, Guépe diabolique. Vespa diabolica, Sauss, Monog. Guépes Soc. 138. [8. @—Long. .60 pce. Noire, avec longs poils jaunâtres. Les man- dibules, le chaperon, une tache quadrangulaire échancrée en haut et en bas au dessus des antennes, le scape de celles-ci en dessous, une tache dans l’échancrure des yeux, de larges orbites postérieurs, une ligne sur le bord du prothorax avec les épaulettes, une tache triangu- laire sur les flanes, une double tache sur l’écusson et le post-écusson, les pattes et l’abdomen en partie, jaune. Le chaperon porte à son milieu une strie verticale noire avec un point de chaque côté à son ex- trémité inférieure. Les hanches avec la base des cuisses, noir, les hanches antérieures tachées de jaune en avant. Abdomen noir, avec une bande apicale jaune couvrant presque entièrement les derniers segments, cette bande étroite et interrompue au premier segment, et seulement échancrée au milieu sur les suivants, portant en outre un point noir de chaque côté sur les segments 2, 3, 4 et 5, ce point contigu à la bande noire de la base sur le 2e.—C. 5. Guépe moyenne. Vespa media, Oliv. Hym. i, p. 510. Q—Long. .62 pce. Noire avec poils bruns peu abondants ; les mandibules, le chaperon, une tache en carré au milieu du front, une tache dans l’échancrure des yeux, une double tache orbitale en arrière des yeux, une bande unie sur les épaulettes, une tache triangulaire sur les flanes, une double tache sur l’écusson et sur le post-écusson, les pattes en partie avec des bandes à l’abdomen, jaune. Tache médiane du chaperon dilatée à sa partie inférieure, Antennes sans aucune tache. Ailes fauves de même que leurs écailles. Pattes jaunes, les hanches avee les cuisses exçepté à l’extrémité, noir. Abdomen noir avec une bande jaune 2u sommet de chaque segment, cette bande étroite et légérement échancrée au premier segment, plus large avec une petite échancrure au milieu et une forte crénelure de chaque côté, dessous avec les mêmes bandes, —C. dg—Avec une tache au chaperon le partageant en deux dans toute sa longueur, point de taches sur le post-écusson, une tache sur le scape des antennes en dessous; tous les segments abdominaux avec une bande apicale légèrement ondulée. 8—Avec la tache du chaperon comme dans le G!, le scape des antennes aussi taché, point de taches sur le post-écusson et les bandes de l'abdomen aussi larges que dans la 9. XX.—VESPIDES. 167 6. Guêpe rousse. Vespa rufa, Lin. St-Farg. i, p. 517, 8 — Long. .50 pce. Noire avec poils bruns; les mandibules, le chaperon, une tache au milieu du front, des lignes orbitales dans l’é- chancrure des yeux, une ligne sur le vertex en arrière des yeux, les bords supérieurs du prothorax, une double tache en croissant sur l’écusson, une tache triangulaire sur les flancs, ies pattes en partie, une double ligne sur le premier segment abdominal avec une simple au sommet de tous les autres, blanc. Chaperon partagé longitudi- nalement en deux par une strie noire. Antennes noires, sans aucune tache. Ecailles alaires fauves entourées d’une ligne blanche. Ailes jaunâtres, légèrement enfumées. Pattes blanches, les hanches et les cuisses excepté à l’extrémité, noires. Abdomen robuste, les 2 segments basilaires ferrugineux, le premier avee une ligne blanche au bord anté- rieur et au sommet, le 2e avec une seule ligne blanche au sommet et une grande tache noire au milieu, cette tache échanerée en triangle de chaque côté, tous les autres noirs, avec une ligne blanche unie au sommet.—k. Espèce bien remarquable par le fauve de son abdo- men et ses lignes blanches unies. Un seul spécimen pris à Chicoutimi. 2. Gen. PoLISTE. Poliste, Latr. x Mandibules larges. Yeux échancrés; chaperon a peine plus long que large, sa partie moyenne prolongée en avant, échancrée et sub-bidentée. Ailes comme dans les Guépes. Pattes ordinaires; tarses plus longs que les jambes. Abdomen atténué a la base sans cependant porter un pédicule distinct, le premier segment se dila- tant en cloche dès sa base et le 2e lui faisant ordinairement suite sans étranglement. L’abdomen atténué à la base est le caractère qui per- met toujours de distinguer de suite les Polistes des Guêpes. Ces insectes ont à peu près les mêmes habitudes, cependant les Polistes ue forment pas d’ordinaire des sociétés aussi nombreuses que les Guépes; et leurs nids, toujours plus petits, laissent les alvéoles à découvert, la couverture ex- térieure ne les enveloppant pas complètement comme chez les Guépes. Ces nids sont souvent aussi fixés dans une position horizontale, au lieu de perpendiculaire, comme ceux des Guépes, au dessous des corps qui les retiennent. Une seule espèce rencontrée, 168 LE NATURALISTE CANADIEN 1. Poliste pieds-pales, Polistes pallipes, Lepell. Hym. 1, p. 530. Q—Long. .72 pce. Brun quelque peu roussâtre, avec taches fort variables dans leur disposition. Le chaperon triangulaire en avant, portant quelques grosses ponctuations sur son disque, ses côtés et le devant bordés d’une ligne blanchâtre, les orbites antérieurs avec une petite ligne en croissant de chaque côté du milieu au dessus des an- tennes, jaune-pâle, de même que les orbites postérieurs ; les mandi- bules fauves. Une ligne sur le bord antérieur du prothorax, les épau- lettes, une tache triangulaire sur les flancs, une ligne transversale à Ja base de l’écusson, avec une autre sur le post-éeusson, une ligne verticale de chaque côté du milieu sur la face postérieure du méta- thorax, jaune pâle. Le métathorax finement strié transversalement en arrière. Le scape des antennes roussâtre en dessous. Ailes jaunâtres, fortement enfumées, leurs nervures fauves. Pattes noires, les jambes, les tarses avec l'extrémité des cuisses, fauves, les hanches postérieures avec une strie jaune en dehors, leurs jambes plus ou moins noires. Abdomen avec une bande jaune au sommet de tous les segments ex- cepté le dernier, cette hande échanerée au milieu; le dernier segment brun-fauve.—C. d'—Avec toute la face, la poitrine, les hanches en dessous, jaune ; le devant des cuisses jaune roussâtre. Abdomen avec une tache circulaire, jaune plus ou moins fauve, de chaque côté sur le Ze segment. Le dessous des antennes roussâtre, excepté à l’extrémité. Les ailes plus claires que dans la ©. Rencontré à St-Hyacinthe, à Chicoutimi ete. Très rare à Québec. Fam. XXI. ANDRENIDES. Andrenide. Tête courte, transversale, ou un peu plus étroite que le thorax. Yeux moyens, entiers. Antennes insérées vers le milieu de la face, le premier article plus long que les autres, souvent coudées entre le premier et le 2e article, l'extrémité légèrement épaissie. Chaperon variable, généralement large, sa partie mé- diane non projetée en avant, son bord antérieur tronqué ou arrondi. Mandibules étroites, plus ou moins dentées. \ Thorax court, subglobuleux, à écusson quelquefois spinifère. à XXI—ANDRENIDES. 169 Ailes avec une cellule radiale variable, 3 cubitales fer- mées et 3 discoidales, jamais pliées en deux dans le repos. Pattes courtes, diversement modifiées suivant les genres, le premier article des tarses postérieurs toujours allongé, jamais dilaté en corbeille, mais tantôt muni de brosse ou de longs poils pour la récolte du pollen, cette brosse existant quelquefois en dessus et en dessous, et d'autre fois en dessous seulement; tantôt dépourvu de telles brosses ; l’insecte vivant alors en parasite ou pourvu d’autres instruments pour la récolte du pollen. Abdomen toujours sessile quoique ne tenant au thorax que par une faible portion de son diamètre, généralement court, déprimé et arrondi à l’extrémité (les Célioxys ex- cepté), quelquefois pourvu de brosse en dessous pour la récolte du pollen. On réunit dans cette famille des insectes qui, à pro- prement parler, devraient en former plusieurs, puisque certains groupes ont un genre de vie tout différent des autres. Tous sont solitaires, c’est-à-dire ne forment point de ces sociétés pour l'éducation des petits comme nous l'avons vu chez les Formicides et les Vespides, et tous préparent et mettent à la disposition de leurs larves une nourriture végétale, particulièrement composée de miel ou suc des fleurs avec du pollen de ces mêmes fleurs. Mais comme tous ne récoltent pas le pollen de la même manière, les uns sont en conséquence pourvus d'instruments différents de ceux des autres, ceux-ci ayant à cette fin des brosses de poils raides à leurs tarses postérieurs et ceux-là de telles brosses sous l’abdomen, enfin d’autres sont totalement dé- pourvus de tels instruments et à l'abdomen et aux tarses, cependant ce ne sont point des carnassiers, leurs mandi- bules sont trop obtuses pour leur permettre la capture et le transport des proies. Comment pourvoiront-ils done à la nourriture de leur progéniture ? Ce sera en profitant du travail des autres, en leur en usurpant le fruit. Les femelles épient à la porte des pourvoyeuses le moment où celles-ci laissent la demeure pour aller et aux provisions, elles y pé- nètrent aussitôt et vont déposer leurs œufs sur les provisions 170 LE NATURALISTE CANADIEN Z déjà amassées, de sorte qu’à l’éclosion, des larves étrangères se trouveront en contact dans le même nid, et auront à par- tager la nourriture. (C’est ainsi que les larves des An- drènes, des Halictes, des Mégachiles, se voient réduites à partager leurs provisions avec celles des Sphécodes, des Nomades, des Célioxys. Qui n’acmirerait ici la sagesse de la Providence! Des insectes dépourvus d’instruments pour la récolte des provisions propres à leurs larves, sem- bleraient devoir périr infailliblement, mais voici que par l'instinct donné à leurs voisines, qui font des provisions surabondantes, elles peuvent leur confier, ou plutôt leur imposer leur progéniture dont la subsistance se trouvera ainsi assurée. Et nul danger pour lintruse de se voir mettre à la porte par la propriétaire légitime, car l’un et l'autre sont impropres au combat, étant également apodes et dépourvues de tout instrument d'attaque ou de défense. Des nombreux genres qui composent cette famille tel que ci-dessus circonscrite, nous avons rencontré des repré- sentants des 18 qui suivent, auxquels nous en ajoutons un nouveau. Clef pour la distinction des genres. Insectes pourvus d'instruments pour la récolte du pollen: N7D1- FIANTS ; Tarses et jambes postérieurs munis de poils longs et raides, pour la récolte du pollen ; 3 cubitales fermées, les 2e et 3e chacune avec une nervure récurrente ; Radiale terminée par un appendice court 1. ANTHOPHORA. Radiale à pointe arrondie et séparée de la COLE Sn ue soie so PRE = ce: DIDIER: 2 cubitales fermées, jambes et tarses postérieurs avec une palette; radiale simple.......... 3. Eucera. Tarses quelquefois, mais toujours les jambes et les cuisses postérieures avec le métathorax, la base de l’abdomen et les hanches, munis de longs poils pour la récolte du pollen ; Yeux entiers; Trois cellules cubitales fermées ; Orbites antérieurs avec une fossette à leur XXI—ANDRENIDES 171 partie supérieure; un espace triangulaire nu pour le jeu de la tariére....... ae 4, ANDRENA. Orbites antérieurs sans fossette ; un espace linéaire nu pour le jeu de la tariére ; Labre 6 transverse; celui dela @ allongé avec caréne simple au milieu...-...--- 5. Hazicrus. Labre d triangulaire ; celui de la © avec une carène bifurquée postérieurement 6. AGAPOSTEMON. Deux cellules cubitales fermées, radiale appendi- CRÉES has A Gees oo PES. doit CAN URGE, Yeux obtusément échanerés ; corps à couleurs métal- HAE ne... …..e---. 8 AUGOCHLORA. Tarses et cuisses impropres pour la récolte du pollen; abdomen pourvu en dessous d’une brosse à cette fin ; 2 cellules cubitales fermées, la 2e recevant les 2 récurrentes ; Abdomen court, convexe, replié en dessous. ...... 9. Osmra. Abdomen plus ou moins allongé ; Abdomen en ovale, assez plat en dessus; ra- diale arrondie au bout, sans appendice ; JOUÉS simipless...-.--.-.. oh Sere -- 10. MiGAcHILE. Joues avec un appendice en forme de corne en dessous.-.-.......... 11. GNATHOCERA, n. gen Abdomen ni allongé, ni en ovale ; Palpes maxillaires de 3 articles.......... 12. Hurrapes. Palpes maxillaires de 4 articles; antennes & terminées par un crochet........ eeee 13. ALCIDAMEA. 3 cellules cubitales fermées, la 2e et la 3e avec une nervure (récurrente... «se esse meemssse 14. CERATINA. Insectes dépourvus d'instruments pour la récolte du pollen et la confection des nids: PARASITES ; 3 cellules cubitales fermées ; 2e cubitale recevant la Lère récurrente vers son milieu ; Ecusson avec 2 tubercules au milieu et une épine de chaque côté; palpes maxillaires Abdomen fusiforme, sans pointes dans les G. 19. Prosopis. 1. Gen. ANTHOPHORE. Anthophora, Latr. Tête transversale ; yeux entiers; mandibules étroites, pointues, munies d’une seule dent au côté interne ; langue presque cylindrique, garnie de poils avant l'extrémité. Ailes supérieures avec une radiale assez large, appendi- Gren 172 LE NATURALISTE CANADIEN culée, 3 cubitales fermées, la 2e un peu rétrécie vers la radiale recevant la 1ère nervure récurrente vers son mi- lieu, la 8e en carré oblique, recevant la 2e nervure récur- rente dans sa ligne d’intersection avec la 4e, celle-ci sim- plement tracée. Antennes filiformes, assez courtes, Palpes maxillaires de 6 articles. Le premier article des tarses postérieurs long et dilaté, portant une brosse en dessous et de longs poils en dehors, de même que ses jambes, pour la récolte du pollen. (Crochets des tarses bifides. Les Anthophores, comme tous les insectes de cette fa- mille vivent solitaires, c’est-à-dire ne constituent pas de sociétés comme le font les Vespides et les Apides. La fe- melle se creuse dans les terrains sablonneux des trous ou plutôt des cylindres, dont les parois se trouvent aglutinées par une certaine liqueur quelle dégorge de sa bouche pour y déposer ses œufs. Le nid ainsi construit, elle va cueillir du miel sur les fleurs et du pollen au moyen des brosses de ses pattes, et en compose une boule dans laquelle elle dépose un œuf, mettant ainsi à la portée de la larve qui éclora de cet œuf, la nourriture qui lui convient. Puis closant ce premier dépot par une cloison, elle ajoute une nouvelle boule avec un nouvel œuf, et ainsi de suite jusque vers l’extrémité du cylindre qu’elle clot avec encore plus de soin qu’elle n’en a mis pour les divisions inté- rieures. On trouve ainsi de 15 à 20 cloisons dans un même cylindre, et rien n'empêche de croire que la même femelle ne puisse en construire plusieurs, Les larves qui éclosent enaoût ou septembre se nourrissent des provisions à leur portée et passent là même la saison rigoureuse dans l’engourdissement. Lorsqu’au printemps, la retour de la chaleur leur permet de nouveau le mouvement, elles passent à l’état de nymphe si elles n’y étaient déjà, et quelques jours plus tard, écloses à l'état parfait, elles percent et détruisent les cloisons de leur prison pour prendre leurs ébats dans les airs et travailler elles-mêmes à perpétuer leur race. Les mâles éclosent toujours les premiers et se montrent quelques jours avant les femelles. Des nombreuses espèces de ce genre, nous n'avons ; encore rencontré que les 2 suivantes. XXI.-— ANDRÉNIDES 173 Abdomen à segments marginés plus ou moins distinctement depoisblhnese te... 00 e........l. terminalis. Abdomen entièrement noir......................2. bomboides. 1. Anthophore a-extrémité-fauve. Anthophora ter- minalis, Cress. Trans. Am. Ent, Soc. ii, p. 292, 08. Q—Long. 48 pce. Noire, la face, le thorax avee les jambes postérieures couverts d’une pubescene jaune pâle; les 2 derniers seg- ments de l’abdomen avec une pubescence fauve, brillante ; le vertex et le disque du thorax avec poils noirs, Les segments abdominaux 2) 3 et 4 terminés par une frange de poils blancs, plus apparente sur les côtés. Ailes subhyalines, le bord terminal légèrement obseur. L’ex- trémité des tarses fauve. —C. oS Moins robuste, 4 pubescence plus longue, le chaperon, une tache de chaque côté, avec le labre, jaune. Bandes de l'abdomen complètes, les 2 segments terminaux avec poils noirs, le terminal pro- fondément échancré avec une touffe de poils blancs de chaque côté du ventre. . 2. Anthophore faux-bourdon. Anthophora bomboides, Kirb. Faun. Bor. Am, iv, p. 371, G. d' Long. 47 pce. Noire, avec poils blanes-jaunatres sur la tête, le thorax et les 2 premiers segments de abdomen; le ventre avec le disque du thorax portent des poils noirâtres, les pattes sont aussi couvertes de poils noirs, avec la brosse en dessous des tarses fauve. . Premier article des tarses postérieurs dilaté, aplati, avec une forte dent à sa base à son angle interne. Ailes hyalines, avec les nervures un peu ombrées, la cellule radiale distinctement appeudiculée.—PC. Son abdomen presque partagé en deux par la villosité blanchâtre de ses 2 segments la fait reconnaitre à première vue. 2. Gen. Méuissope. Melissodes. Téte transversale; yeux entiers, Antennes filiformes, celles des d' très longues. Palpes maxillaires et labiaux de 4 articles. Ailes supérieures avec une radiale à pointe arrondie et écartée de la côte, 3 cubitales fermées, la 1ère plus longue que la 2e, celle-ci en carré, recevant la ré- currente, de même que la 3e, près de son angle extérieur. ‘Crochet des tarses bifides. Même habitudes que les Anthophores, 174 LE NATRRALISTE CANADIEN Mélissode épousée. Melissodes desponsa, Smith, Cat. Brit. Mus. ii, p. 310 ©. @.—Long. 50 pce. Noire avec pubescence ochracée sur la tête et le thorax. Antennes avec le pavillon testacé en dessous, excepté les 3 articles basilaires. Chaperon fortement ponctué, portant une légère ‘pubescence brune. L’extrémité des mandibules d’un testacé pâle. Ailes subhyalines, les nervures ferrugineuses. Pubescence des pattes et du corps en dessous entièrement noire. Abdomen avec pubescence ochracée à la base, le reste noir ; les jambes postérieures avec la base du ler article des tarses postérieurs à pubescence d’un jaune pâle. Les crochets d’un ferrugineux brun. Le bord des segments abdominaux en dessous d’un testacé roux. Probablement la © de Americana, St-Fargeau. Mont- réal (Couper). Point vue. 3, Gen. EUCÈRE. ÆEucera, Lat, Tête courte, transversale. Antennes filiformes, assez longues, Langue presque cylindrique. Palpes maxillaires de 6 articles. Cellule radiale en fer de lance, pointue à son extrémité qui sécarte un peu de la côte, mais sans porter d’appendice, Deux cellules cubitales fermées, la 2e fortement rétrécie vers la radiale et recevant les 2 ner- vures récurrentes, la 8e à peine commencée. Les jambes postérieures avec le premier article de leurs tarses forte- ment dilaté et muni de longs poils pour la récolte du pollen. Epines des jambes postérieures longues, aiguës et simples; crochets des tarses bifides. Ces insectes se distinguent surtout des Anthophores par la disposition des nervures de leurs ailes. Une seule espèce rencontrée que nous croyons nouvelle. Eucère nue. Lucera nuda, nov. sp. Q—Long. .30 pee. Noire et presque sans villosité, la tête, le thorax avec l’extrémité de l’abdomen ne portant que quelques poils courts, blanchâtres. Chaperon noir, ponctué ; antennes noires, le pavillon roussâtre en dessous. Thorax poli, brillant, légèrement villeux sur les côtés. Ailes subhyalines, les nervures brunâtres. Pattes avec les 4 articles terminaux des tarses fauves, les jambes pos- térieures dilatés avee les poils jaunâtres à la base et noirs à l’extré- mité, très abondants. Abdomen poli, brillant, lisse, n’ayant que quelques poils jaunâtres sur les côtés et sur les 2 derniers segments.—R. XXI—ANDRÉNIDES. 175 Une seule femelle capturée à Chicoutimi. 4, Gen. ANDRÈNE. Andrena, Fabr. Corps ovale-elliptique; antennes assez longues ; une petite fossette près de l'orbite supérieur interne des yeux. Chaperon convexe au milieu. Thorax fortement poilu. Ailes avec une cellule radiale rétrécie au deux bonts, sa pointe serrée contre Ja côté, 3 cubitales fermées, la 1ère aussi, grande que les 2 suivantes prises ensemble, la 2e et la 8e rétrécies a la radiale et chacune avec une nervure récurrente, la 4e presque complète, Cuisses munies de longs poils pour la récolte du pollen, jambes postérieures avec leurs tarses aussi poilus mais peu propres à la récolte. Abdomen déprimé, portant un espace triangulaire nu sur le 6e segment pour le jeu de lai- guillon. Insectes de bonne taille, qu'on distingue surtout de leurs voisins par la fossette prés des yeux et le dernier segment abdominal des 2. Onze espèces rencontrées. A coniinuer. DE QUEBEC A JERUSALEM. (Continué de la page 157.) Le caroubier est un bel arbre de 25 à 30 pieds, à tête étalée comme celle des pommiers, à tronc raboteux, à bran- ches tortueuses et à feuilles pennées, persistentes, entières, coriaces, glauques en dessus et grisâtres en dessous, On utilise ces feuilles dans la préparation des cuirs, en raison du principe astringent qu’elles contiennent. Les fleurs, en petites grappes sur la partie nue des rameaux, sont d’abord d’un rouge foncé, puis passent au rose; elles ré- pandent une odeur des plus agréables, Les caroubes ou fruits du caroubier sont de grosses fèves renfermées dans des siliques ou gousses plus ou 176 LE NATURALISTE CANADIEN moins arquées, qu'on mange souvent avec le fruit comme on le fait de nos pois mange-tout. Ces fruits se cueillent vers la mi-août, On rencontre souvent-les indigènes avec des poignées de ces gousses qu’ils dégustent en se prome- nant dans les rues. On dit que ce sont ces fêves que l’en- fant prodigue enviait aux pourceaux dont il avait la garde. C’est aussi la fêve sacrée des anciens Egyptiens qu’on re- trouve dans les tombeaux. Enfin c’est encore la fève que s’interdisaient les disciples de Pythagore, par ce que sa pulpe en cuisant prend une couleur rouge, semblable à celle de la chair crue, dont les Pythagoriciens ne pou- vaient manger. Le caroubier croît en Sicile, en Corse, et dans toutes les contrées circonvoisines de la Méditerrannée. A tout instant nous rencontrons des fellahs qui s’en vont avec leurs produits aux marchés de ville. Le plus souvent ce sont des fourrages verts, trèfles, luzernes etc., qui constituent la charge de leurs bêtes. De lourdes cha- rettes traînées par des buffles, ou des chameaux avec leur charge sur le dos, nous montrent des masses rouges que constitue le trèfle incarnat dont il sont chargés. Iln'est pas rare de voir une femme avec 2 ou 3 enfants juchés sur la charge qui surmonte la bosse de la précieuse bête des déserts et qui ont lair de se prêter avec satisfaction aux ondulations qui caractérisent la marche de cette désagré- able monture. Les Pyramides que nous avons toujours en face, et ‘ qui du Caire semblaient n’avoir rien d’extraordinaire, pa- raissant croître et s'élever sur le sol à mesure que nous en approchons, Nous touchons enfin leur base, et nous pou- vons les contempler dans toute leur majesté. Quelle masse imposante de pierres entassées la par la main de l'homme, et qui depuis 40 siècles semblent défier le temps qui détruit tout, à exercer sur elles son action! Que de souvenirs historiques évoque la seule vue de ces monuments |! Depuis les potentats qui les ont érigés, combien de personnages célèbres ont arrêté sur eux leur regard, ont foulé de leurs pieds le sol sur lequel nous mar- chons! Mais entre tous ces souvenirs du passé, c’est celui DE QUEBEC A JÉRUSALEM 177 qui est le plus prés de nous qui nous impressionne d’avan- tage. On sait ce que fut la bataille des Pyramides le 21 juillet 1798. C’est ici même que Bonaparte, à la tête de ses preux, tira l’épée contre les Mamelouks commandés par Mourad-Bey. “Soldats, sécria le futur empereur, pour exciter le courage des siens, soldats, du haut de ces Pyramides, 40 siècles vous contemplent.” Et on sait com- ment les enfants de l'islam, malgré leur courage, furent obligés de céder devant la valeur française. A peine sommes-nous descendus de voiture qu'une bande de Bedouins, tous jeunes et alertes, pieds nus et re- vêtus de longues chemises blanches, nous entourèrent en nous obsédant de leurs offres de service pour l'ascension du monument, Heureusement que le consul français du Caire avait eu l’obligeance de mettre à notre disposition Pun de ses cavas ; l’habit galonné de ce brave Maronite suffisait seul pour les rendre plus paisibles, et lorsqu'ils ‘voulaient pousser trop loin leurs obsessions, il n’avait qu’à faire mine de mettre la main à la poignée de son sabre, que les enfants du désert prenaient aussitôt la fuite. Mais un officier Egyptien qui se tient toujours là in- tervint bientôt et mit fin à toute discussion. Le prix de Pascension et de la visite intérieure est de 5 fr. dont la moitié pour le gouvernement et l’autre moitié pour les Bedouins servant d’aides et de conducteurs, L’ascension de la Pyramide de Chéops, la plus haute, est un exploit dont nous avions entendu maints voyageurs se glorifier comme d'un acte de hardiesse peu ordinaire ; mais arrivés au pied, nous n’y voyons rien de fort difficile, la masse de pierre étant constituée d'assises en retraitesles unes sur ies autres, nous offre ainsi des marches qui enlèvent toute difficulté à l'escalade. Il est vrai que ces marches qui forment les assises n’ont pas toute la même hauteur, et que parfois elles ont de deux a trois pieds d’élé- vation, mais avec l’aide des Bedouins qui, agiles comme des gazelles, sautent d’un bond sur la marche supérieure sur laquelle leurs pieds nus adhèrent sans aucun danger de glisser, rien de plus aisé que de se laisser ainsi hisser 178 LE NATURALISTE CANADIEN d'une marche à l’autre, par deux guides qui nous tiennent chacun une main. Un troisième guide, dans l’espoir sans doute de quelque bacchish, se joignit aux deux que nous avions retenus—était-ce par ce que nous étions le moins lourd de la bande ?—et en moins de dix minutes, nous étions rendu sur la cime, au chant répété de Allab, Allah, de nos guides musulmans, nous étant contenté d’un seul instant de repos vers le milieu pour nous essoufller un peu. Les Pyramides de Ghiseh sont au nombre de trois, savoir : celle de Chéops la plus haute—celle dont on fait l'ascension —qui mesure 450 pieds de hauteur et 720 p. de base ; celle de Chéphren de 400 p. de hauteur et 600 p. de base ; et celle de Mycérinus de 162 p. de hauteur et 279 p. de base carrée, c’est-à dire formant un quadrilatère régulier à faces égales. Elles ne sont distantes les unes des autres que de quelques cents pieds environ. En moins de vingt minutes, tous nos excursionnistes, y° compris ies dames, étaient rendus sur le sommet de la masse pierreuse, qui ne se termine pas en aiguille comme on pourrait le croire, mais est tronquée de manière à offrir une plateforme pouvant rontenir une trentaine de per- sonnes. Trois ou quatre seulement de nos compagnons, re- doutant le vertige, avaient refusé d’entreprendre l’ascension. Les pierres de la plateforme où nous reposons sont toutes couvertes de noms d’excursionistes qui se sont reposés 1C1 et nos Bedouins armés destylets en acier noussollicitent,en vue du bacchish, de leur permettre d’en faire autant. Mais qu'importe qu’un nom canadien soit mêlé ici aux milliers de toute nation qui y sont inscrits, Qui de nos compa- triotes pourra jamais le retrouver dans cette mosaïque ? Nous préférons donc jouir du magnifique panorama qui se déploie devant nous de ce point élevé, que de suivre l'opération de l’homme du désert, pour que son poinçon ne s’écarte pas des règles de l'orthographe dans son opé- ration. Quelques-uns de nos compagnons nous avaient dé- vancés de quelques heures afin de se trouver au sommet de la pyramide au moment du lever du soleil, pensant que DE QUEBEC A JERUSALEM 179 x de ce point élevé, l’astre du jour, à son retour, devait chasser devant lui les ombres de la nuit, avec une mise en scène des plus extraordinaires. Mais ils furent grande- ment déçus dans leur espérance. L’Apollon de lOrient n’a pas moins d'éclat que celui de l’Occident ; mais de même que la splendeur d’une cour ne consiste pas tant dans la seule majesté du prince qui y trône que dans l’éclat et les décorations de ceux qui composent son entou- rage, ainsi en est-il du soleil de l'Orient. Les flots de lumière qu’il verse sur la terre à son réveil ne rencontrant, dans cette atmosphère sans nuage, aucun objet pour mul- tiplier leurs rayons en les réfractant, s’affadissent aussitôt en se perdant dans l’espace sans limites, et ne nous pré. sentent d’ordinaire qu'une teinte assez pâle et uniforme. Nous nous sommes plu bien des fois, dans ces contrées du Levant, à examiner l’astre du jour s’enfoncant dans la mer, immergeant des flots, ou surgissant derriére des cimes élevées, et jamais nous ne lavons vu avec ees dé- cors, cette pompe, cette variété de teintes les plus riches et les plus éclatantes, rose, violet, pourpre, orange, or, feu ‘vif, tel que nous loffrent les nombreux nuages de nos régions boréales, nuages le plus souvent qui semblent n’étre destinés quis rehausser l'éclat de la cour de leur roi, ne se montrant qu’à son apparition OU à sa disparition de la scène de notre horizon. Les pyramides, avons-nous dit, semblent insulter au temps qui aurait sur leur masse émoussé son action. Ce- pendant, en examinant de plus près, il est facile de recon- naître que le temps n’a pas été ainsi sans puissance sur ces masses colossales. Et ce serait miraculeux sil en était au- trement; car si la gouttelette d’eau la plus pure finit, avec le temps, par creuser le roc le plus dur, lorsqwelle tombe toujours au méme endroit, comment ces masses pierreuses, qui depuis quatre mille ans reçoivent et soleil, et humi- dité, et vents, et chaleur et refroidissements, auraient-elles pu ne pas souffrir de ces divers agents? Aussi voyez a la base de Chéops ces amas de décombres; c'est le reste du glacis qui servait de revétement a ces assises dont nous nous servons aujourd'hui comme de marches pour par- 180 LE NATRRALISTE CANADIEN venir jusqu'au sommet. La Pyramide même serait au- jourd’hui à moitié enterrée dans ces décombres, si l'on n'avait, depuis des siècles, utilisé ces pierres tombées pour les constructions du Caire. Il est probable que la construction des trois Pyra- mides de Ghiseh, de même que celle du Sphynx, datent à peu près de la même époque. cependant Chéops parait avoir souffert beaucoup plus que ses deux voisines. Le glacis sur celles-ci, à la distance de quelques cents pieds qui nous en séparent, paraît encore presque intact. Ni bien que nous croyions leur ascension impossible, lors- qu’un des Bédouins qui nous servaient d’aides, s’offrits moyennant un certain bacchish, à aller arborer de suite un pavilion sur le sommet de Chephren. Chacun s’empresse de fournir quelques sous, et notre homme en moins de 5 minutes, était déjà à escalader les assises de notre voisine. Le glacis nous paraissait, de notre poste, si parfait, que nous ne savions comment il pourrait parvenir au sommet, Aussi le voyons-nous souvent faire des zigzags dans son ascension, suivre sur une plus ou moins grande distance les lignes horizontales des assises, pour trouver un pas- sage. A mesure qu’il s'élève, nous avons plus de peine à le suivre de la vue, et n’était sa longue robe blanche qui tranche si nettement sur la couleur de la pierre, il nous serait impossible de le suivre à simple vue. Il nous fait absolument le même effet qu'une chenille grimpant sur le lambris d’une maison. ll n’y avait pas encore 20 minutes qu'il avait laissé la cime où nous étions, que nous le voyons au sommet même de Chephren faisant voler au vent un mouchoir blanc en guise de pavillon pour mieux se faire distinguer. Mais si Apollon semble mépriser la scène que nous occupons dans le moment, pour y faire éclater sa splen- deur, il n’en est pas de même de l’immense panorama qui se déploie à nos pieds. Le point de vue est ici encore plus grandiose et plus magique, pourrions-nous dire, que de la citadelle de la capitale Egyptienne. Nous embras- sons d’un coup d'œil toute la vaste vallée du Nil qui s'étend à perte de vue devant nous, partagée dans son DE QUEBEC A JERUSALEM 181 milieu par une bande argentée qu’y forme le fleuve majes- tueux. et variée de chaque côté des nuances multiples qu'y présentent les moissons qui la couvrent, selon qu’elles sont plus ou moins avancées vers leur maturité. Le jaune doré des blés mûrs, le pourpre incarnat des trèfles, le vert uniforme et constant des prés, avec le gris sombre des habitations des fellahs, grouppées ça et là sur les hauteurs en villages que couronnent d'ordinaire les altiers palmiers, nous présentent comme une de ces riches tapis- series des Gobelins, où les tons les plus prononcés s’af- fadissent en nuances plus ou moins douces, pour offrir à l'œil cette harmonie de l’ensemble qui flatte si agréable- ment la vue, tout en conservant aux divers objets qui y figurent les caractères propres qui les distinguent. À l'Est et à l'Ouest, au dessus des hauteurs que nous dominons, c’est le désert, la mer de sable qui s'étend a perte de vue. Si nous portons nos regards en remontant le fleuve, à 4 ou 5 lieues plus haut, nous voyons le groupe des pyramides de Sakkara dont nous distinguons 7 à 8 cimes. Après environ une demi-heure de repos sur ce sommet, à respirer l'air frais et pur que nous y trouvions, et à admirer le magnifique point de vue qui nous y était offert, nous nous mimes en devoir d'opérer la descente. La descente est un peu plus facile que l'ascension, cependant elle exige plus de précautions, car un seul faux pas pour- rait avoir les conséquences les plus graves. Mais nos Bedouins avec leurs pieds nus ne glissent jamais sur la pierre, quelque usée qu’elle soit ; et fermement retenu par la main de chaque côté, nous sautons d’une marche à l’autre sans presque nous arrêter, si bien que quelques minutes seulement nous suffisent pour revenir à la base. Nous avions entendu maints voyageurs se vanter de l'ascension des Pyramides, comme d’une prouesse peu com- mune, et aucun se glorifier de la descente ou plutôt de l'ascension à l’intérieur du monument. Cette dernière excursion est cependant plus pénible et tout aussi dan- gereuse que l’extérieure. 182 LE NATURALISTE CANADIEN A une centaine de pieds environ au-dessus du sol, nos guides nous arrétérent a une ouverture conduisant a l'in- térieur. Chacun dépose ici surtout, blouse ou autre habit trop lourd pour avoir moins à souffrir de la chaleur, et tenant dans une main une bougie allumée, on se sert de l’autre pour s'appuyer sur les parois du conduit, en enfon- cant les doigts dans des trous qu'on a creusés dans la pierre à cette fin, tandis que nos guides se placent l’un en avant et l'autre en arrière, pour nous tirer ou nous pousser, suivant que nous avons à monter ou descendre, ou nous arrêter, s’il nous arrivait de glisser et de faire quelque chute. Dès l'entrée dans le conduit, nous prenons une descente fort raide, où nous ne trouvons que de faibles petits sillons transversaux, à tous les 4 ou 5 pieds, pour servir de marches. La bougie d’une main pour éclairer la marche, et l’autre appuyée dans les trous de la paroi, nous nous laissons glisser les pieds sur ces enjambées de géant, trouvant à chaque sillon le pied de notre guide en archoutant pour nous arrêter, en même temps que nous sommes retenus par l’autre qui nous suit par derrière, Nous descen- dons ainsi environ une cinquantaine de pieds, lorsque nous trouvons que la route prend ici une direction opposée, de descente qu’elle était, elle passe à une montée, et une montée des plus raides et des pius difliciles. Il n’y pas d’air dans ce cachot, l’atmosphère est écrasante, aussi nous sommes tous essoufllés, haletants et la sueur nous ruisselle sur le corps. Dès le début même de l’ascension, voici qu’une énorme pierre semble vouloir intercepter le passage ; il faut l’es- calader, impossible de la tourner; à gauche c’est la paroi verticale, et à droite un trou, un puits qu'on nous dit d'une profondeur inconnue et que nous n'avons nulle envie d'aller mesurer. L'un de nos guides grimpé sur la pierre, nous tire par la main, tandis que l’autre nous pousse par derrière. Pour les dames—car plusieurs nous suivent aussi ici—les guides les’ prennent a bras le corps et les hissent comme des colis au dessus de l'obstacle. Nous continuons notre marche; nous montons et nous montons, toujours avec la même chaleur et les mêmes diflicultés, DE QUEBEC A JÉRUSALEM 183 et nous parvenons enfin à la chambre du roi, qui nous offre un pavé plan où nous pouvons plus aisément nous reposer, et où nous trouvons un peu de Inmière par une ouverture de quelques pouces que l’on a pratiquée dans l'épaisseur de la lourde masse pierreuse. Après quelques minutes de repos, nous reprenons notre ascension pour parvenir, avec les mêmes fatigues, à la chambre de la reine, qui est à peu près semblable à celle du roi, à une cinquantaine de pieds plus haut. De même que pour l’excursion extérieure, la descente s'opère plus facilement que lascension; la plupart du temps nous nous appuyons sur les épaules de nos guides, et nous sommes toujours sûrs de trouver leur pieds en arc- boutants à chaque marche pour obvier à toute glissade. Nous repassons la grosse pierre avec le puits noir, et nous reprenons l’ascension pour retrouver la lumière du jour. C’est harrassés, épuisés, mais surtout écrasés par la Jourde atmosphère de ces galeries intérieures que nous venons avec délices respirer l’air libre à l'ouverture. La sueur nous inonde, nous nous empressons de reprendre nos habits pour éviter un refroidissement trop subit. Nous remettons ce qu'il reste de nos bougies à nos guides et nous poursuivons la descente qui nous sépare encore du sol. Nos Bedouins, «vant de parvenir au sol, ne manquent pas de tendre la main pour le bacchish. Nous offrons un demi franc à chacun des nôtres, mais ils le refusent, disant que c’est un franc. qu'il leur faut, “ C’est fort bien, leur dimes-nous, en remettant l'argent dans notre poche ; rendons-nous en bas, et vous vous arrangerez avec le président de la caravane,” Ils reconnurent, mais un peu tard, que pour avoir voulu trop avoir, ils auraient beaucoup moins. Ils tendirent de nouveau la main, lorsque nous n’avions plus que quelques marches à franchir, en disant qu’ils se contenteraient du demi-franc offert. ‘“ Attendez, attendez; tout s’arrangera en bas.” Ils comprirent alors que ie bacchish offert allait leur échapper, car l'officier turc qui surveille les visiteurs retient sur les cinq francs exigés de chacun, la moitié pour le gouvernement, et distribue l’autre moitié en parst 184 LE NATURALISTE CANADIEN égales aux aides qui ont pris part à l’ascension. [1 ne fallut rien moins que l’intervention du cava mis à notre dis- position par le consul francais pour nous débarrasser des obsessions de ces avides enfants du désert, qui témoi- gnaient un regret extrême d’avoir refusé ce qu'on leur avait offert, Nous allons ensuite visiter à quelques verges plus à l'Ouest, un ancien temple, dont la crypte existe encore toute entière, avec ses piliers, autant de monolithes carrés qui supportaient l’étage supérieur, encore droits à leur place. Nous voyons à une grande profondeur des tombeaux qu'on a débarrassés du sable qui les recouvrait; ce sont des chambres assez spacieuses, aux parois parfaitement conservées, avec les sarcophages au milieu ; les person- nages sculptés dans la pierre même sont représentés couchés sur le tombeau. Nous trouvons en quantité sur le sable que nous foulons de nos pieds, de fort gros bousiers, dont nous ne manquons pas de faire ample provision pour notre musée ; ils sont malheureusement tous de même espèce, c’est l’'Ateuchus sacer, L., le Scarabée sacré des Egyptiens. Un gamin vient aussi nous offrir un énorme oursin, dépouillé de tous ses ambulacres, et que nous refusons comme trop déterrioré, Mais quelle ne fut pas notre surprise, lorsque revenus à la ville, un de nos compa- gnons nous montra la même pièce avec une fracture au bout. Ce que nous avions pris pour un animal du jour déter- rioré par son séjour sur la grève au grand air, était un fossile parfait, tout l’intérieur ne composant qu’une masse solide parfaitement silicifiée, Nous ignorons si ce fossile avait été apporté d’ailleurs, ou si on l'avait trouvé la, sur les bords du Nil, Nous passons devant le Sphinx qui, comme les Pyra- mides, est en partie enterré dans le sable que les vents poussent du désert, et nous nous arrétons un instant pour en examiner plus attentivement la construction et les pro- portions. On sait que le Sphinx est un monstre qu'on trouve représenté sur presque tous les anciens monuments DE QUEBEC A JERUSALEM, 185 d'Esypte. Ce monstre se composait de la tête et du sein d’une femme, du corps d’un lion, d’une queue armée d’un dard et portait des ailes d’aigle ; le corps était toujours re- présenté couché et porté sur des pattes reposant à plat sur le sol. On dit que c'était l'emblème de la sagesse, de la pradence et de la force réunies, D’autres veulent que le Sphinx soit l'emblème du Nil dans ses inondations, par ce qu'alors le soleil parcourt les signes du lion et de la vierge. De toutes les représentations de ce monstre, nulle n’est plus remarquable que celle que nous avons devant les yeux dans le groupe des Pyramides de Ghiseh, car c'est la seule à laquelle on ait donné des proportions colossales. Le monstre, lors de sa construction, pouvait avoir une centaine de pieds de hauteur, mais aujourd’hui on n’en voit plus pour ainsi dire que la tète, le reste étant enseveli sous le sable. Imaginez-vous une tête humaine d'une cinquantaine de pieds de hauteur sur une largeur proportionnée, Le nez a un peu souffert de l’action du temps, mais le reste est encore bien reconnaissable, Revenus au pied de Chéops pour reprendre nos voitures, nos Bedouins viennent nous sollici‘er de leur acheter un petit garçon de 9 à 10 ans pour lequel ils de- mandent 25 francs. On sait que l'esclavage règne encore en Heypte, surtout dans le haut du Nil L'enfant, à l'œil vif et pétillant nous prenait par la main en nous sollicitant de l'emmener avec nous, pensant sans doute, que quelque fut le sort qu'on lui ferait, il ne pourrait qu'y gagner à changer sa position. Cette offre et ce désir de l'enfant ne manquèrent point de no s attendrir profondément ; nous avions sous les yeux un reste de ces usages barbares des civilisations anciennes. Cet enfant, sous nos soins pourrait peut-être devenir un personnage important, un guerrier valeureux qui irait peut-être un jour, grâce à l'éducation qu'il aurait reçue, se mettre à la tête des siens pour arracher la Nubie sa patrie, au joug de fer sous lequel elle gémit aujourd’hui ? Peut-être, ce qui serait encore bien préférable, ferait-il un missionnaire qui irait délivrer les siens d’un esclavage encore plus pénible et plus redoutable que celui des Turcs, celui du démon qui 186 LE NATURALISTE CANADIEN retient leurs Ames dans les voies dans la perdition. Dans tous les cas, il ferait un chrétien, et pourrait jouir de tous les biens que les enfants de Dieu possedent dans la maison de leur père. Vingt-cing francs est une somme minime et facile à trouver; mais que ferions-nous de cet enfant dans notre pèlerinage dont nous ne sommes encore qu’au début ? Nécessité done de refuser l'offre. Nos musulmans croyant que nous jugions le prix trop élevé, en vinrent à nous l’offrir pour 15 fr., 10 fr. et à la fin 5 f. (une piastre) ; mais encore une fois qu'en faire dans l’occasion ? C’est avec le cœur brisé que nous nous séparâmes de ces pauvres enfants du désert, plus chagrins, nous en sommes sûrs, de ne pouvoir accomplir une œuvre si méritoire, qu'ils l’étaient, eux, de ne pouvoir toucher la pièce de monnaie qu'ils convoitaient, mais moins probablement que ne l'était l'enfant lui-même qui se voyait forcé de se soumettre encore au triste sort qui lui était échu en partage. Il passait à peine 10h. lorsque nous reprimes nos voitures, et peu avant midi nous rentrions dans la ville, enchantés de notre excursion et de tout ce que nous avions vu. A continuer. e000 290 PTITARRS or = “LA GAZETTE DES CAMPAGNES” ET L'HISTOIRE NATURELLE, Nous soupgonnions bien que la petite pillule que nous avons administrée, dans notre dernière livraison, à M. Proulx, de la Gazelle des Campagnes, serait trouvée un peu amère, ce. pendant nous étions loin de penser qu’elle lui en donnerait si fort sur les nerfs. Tout en protestant qu’il la trouve très convenable, il fait de telles grimaces en Pavalant, qu'il ne montre que trop quel LA “ GAZETTE DES CAMPAGNES” ET L’ HISTOIRE NATURELLE 187 désordre elle a causé chez lui. C’est à tel point que le mot grossier s'échappe du bout de sa plume. La dessus nous demanderons à M. Proulx, lequel des deux mérite davantage l’épithete de grossier : ou de celui qui re- prend, même en termes énergiques, une erreur considérable, une faute impardonnable; ou de celui, qui en guise de ré- ponse, lance à son adversaire l’épithète de grossier ?........ M, Proulx se plaint d’être éreinté, assommé. Mais, pauvre à M wae ami, ce nest pas nous qui vous éreintons, vous assommons ; c’est la logique des faits ; c’est le raisonnement ; c’est le simple bon sens. Ce nest pas notre faute, à nous, si, sans posséder les éléments des sciences naturelles, vous allez patauger dans ce domaine, comme le ferait un badigeonneur dans un atelier de peintre d'histoire. M. Proulx, en fouillant en aveugle dans la science, en fait jaillir des masses qui lui retombentsur le dos et l’assomment. Il pousse les hauts cris; mais que n’est-il moins prétentieux et plus prudent ? Si nous avons dit plus haut que les erreurs de M. Proulx sont impardonnables, ce mest pas par ce qu'il manque de science—ce qui probablement n’a pas dépendu de lui—mais c’est par ce qu'il qu'il s’erige en docteur pour enseigner les autres, sans s’apercevoir de ce qui lui manque. M. Proulx pour se défendre du reproche de plagiat, nous dit qu’il ne se sert jamais des ciseaux, qu’il se sert de ses livres et de ses journaux, comme l'avocat le fait des livres de loi. Mais quelle pitoyable logique ! Lisez, consultez, compulsez et livres et journaux pour vous guider dans notre pratique, rien de mieux; que vous ayiez continuellement le manuel à la main pour alligner vos ciboules ou biner vos betteraves, per- sonne n’y trouvera à redire ; mais du moment que vous laissez le champ pour monter à la tribune du pédagogue, il vous faut changer de ton; il faut alors que ce que vous donnez soit de votre science à vous, peu importe où et comment vous l’avez'acquise, pourvu qu’elle vous appartienne. Si parfois vous jugez à propos de l’emprunter à d’autres, la justice et les con- venances vous font alors un devoir de leur donner crédit de vos emprunts; et c'est ce que vous ne faites pus et ce qui vous entraine à ces erreurs qu'on vous signale, car le modeste geai se laisse trop souvent voir sous le plumage de Vorgueilleux 188 LE NATURALISTE CANADIEN paon. D'un autre côté, puisque vous copiez si bien, que ne faites-vous usage de guillemets ou des signatures pour vous montrer honnête, et rendre à chacun ce qui lui appartient ? Rien de plus fort, de plus convainquant, de plus impi- toyable que la logique des faits ; et nous voyons, avec chagrin, que M. Proulx dans sa réponse, vient donner une nouvelle confirmation à la proposition que nous avons toujours soutenue, sovoir : “qu'on a tort de tant négliger étude de l’histoire naturelle.” M. Proulx nous demande sil ne pourrait pas arriver, par accident ou autrement, que le gui s’implantât dans notre pays. Nous ignorons si la chose est possible ; du moins elle n’est pas probable. Mais à quoi bon cette question? Allez-vous nous enseigner des remèdes contre des maux qui ne nous menacent en aucune facon ? des maux que nous ne connaissons pas ? N’avons-nous pas assez à nous défendre des ennemis qui nous attaquent aujourd'hui, sans nous occuper à nous prémunir contre d’autres qui ne se sont jamais montrés et qu'aucune probabilité n'indique comme devant bientôt apparaître ? Nous avons dit que nous n’avions jamais rencontré le gui en Canada et que les botanistes Américains nous disent aussi que ce parasite ne se rencontre pas aux Etats-Unis. Mais voici que M. Proulx veut réfuter cette proposition par ces paroles de Bocquillon : “le gui détruit presque complètement en Amérique les plantes à café |” Mais voila qui est charmant ; M. Proulx prendrait-il le Brézil pour un état de l'Union Amé- ricaine ? Depuis quand le café est-il cultivé aux Etats-Unis ?... Mais de plus en plus naïf ce bon M. Proulx! “Le merle ou la grive de Dieppe, nous dit-il, a peut-être fait une excur- sion en Amérique, sans que vous le sachiez?” Représentez- vous done M. Proulx, posté sur la montagne qui avoisine sa demeure et armé dune lunette pour observer les merles de Dieppe traversant l'Atlantique ! M. Proulx a-t-il jamais en- tendu dire que PAtlantique était peut-être un peu plus large que le St-Laurent vis-à-vis Ste Anne, et que les merles ne se hasardaient pas tous les jours à en entreprendre la traversée ? M. Proulx a lair de croire que les noms sont de peu d’im- portance en histoire naturelle ; c’est une grave erreur. S'il se fut contenté d'avancer que le ver blanc ravageait les pommiers ; i] était dans le vrai, il n’y avait rien à redire. Mais il a ajouté que ce ver blanc était la larve du hanneton, et c’est la une ‘TA GAZETTE DFS CAMTAGNES”’ ET L’HISTOIRE NATURELLE 189 plume de paon qui ne peut couvrir le galbe disgracieux du geai et qui dénote de suite la supercherie. Ver blanc est un terme commun qui peut convenir à plusieurs insectes, mais si vous précisez, il faut y procéder avec attention, car autrement vous préterez a des especes des habitudes qui ne peuvent leur convenir. Ainsi le hanneton appartient a la famille des La- mellicornes, et les larves de ces insectes ne peuvent ronger le bois, mais se nourrissent exclusivement des jeunes plantes tendres, comme choux, céréales, pois, tabac etc.; tandis que la Saperde appartient à la famille des Longicornes, et les larves de ces insectes sont pourvues de mandibules assez fortes pour se creuser des trous dans le tronc même des arbres, pommiers, pruniers, érables etc. Cependant les larves de ces deux insectes sont des vers blancs, quoique différents de forme. On voit de là quelle immense différence peut amener le chan- gement d’un seul nom. Quant aux épithètes de grossier, assommeur, éreinteur, monopoliseur de science etc., elles ne nous affectent en aucune facon, c’est la ressource ordinaire des adversaires désarconnés ; on remplace les arguments par des mots mal sonnants; nous en laissons tout le bénéfice à M. Proulx. M. Proulx nous fait en terminant une menace de porter certaines charges contre nous. Nous le prions de parler ouvertement, Car son insinuation est bien plus capable de nous nuire qu’une attaque formelle. D'ailleurs qu’il ne craigne rien; s’il peut nous éclairer, il nous rendra service; s’il nous signale des erreurs, nous les corrigerons. Rien ne nous fait plus de plaisir que d'acquérir de nouvelles connaissances dans la science dont nous poursuivons l’étude, peu importe de quel côté elles nous viennent. Comme M, Proulx, nous avons assumé la tâche d’instruire les autres, et les fautes que nous commettons sont extrémement regrettables, par ce qu’elles ne font pas tort à nous seulement, mais encore à tous ceux qui nous lisent. Loin de vouloir monopoliser la science, comme M. Proulx a la simplicité de l’énoncer, nous sommes continuel. lement en correspondance avec des savants pour nous éclairer de plus en plus, et rien ne nous plait davantage, lorsque nous connaissaissons quelque chose de nouveau, que d’en faire part à nos lecteurs. 190 LE NATURALISTE CANADIEN BIBLIOGRAPHIE. Worms and Crustacea, by Alpheus Hyatt. — Ce petit volume in-18, de 68 pages, avec nombreuse gravures, est le septième d’une série de Guides pour l’enseignement de la Science, Guides for Science- Teaching, dont la Société d'histoire Naturelle de Boston a entrepris la publication. Ces volumes, la plupart copieusement illustrés, sont des résumés précis et exacts des sciences qu'ils traitent, œuvres de spécialistes de haute réputation et de grande autorité. Nos remerciements à qui de droit pour l'envoi de ce volume. Cisuit la liste de ceux déjà parus ou qui paraîtront prochainement. I, About Pebbles, par Alpheus Hyatt, Curateur de la So- ciété d’Histoire Naturelle de Boston, et Professeur de zoologie et de Paléontologie a l’Institut Technologique du Massachusets. 15 cts. Cet opuscule est une illustration de la maniére dont on peut tirer parti pour l’enseignement d’un objet tout ordinaire. Ce fut la conférence d'ouverture du cours, et c’est elle qui fit naitre l’idée des autres qui l'ont suivie. Il. Concerning a few Common Plants, par George J. Goodale. 30 cts. Celui-ci est formé de deux parties qui sont reliées ensemble, et donne un rapport des organes principaux des plantes, et comment celles-ci peuvent être cultivées dans les salles d'école pour l'instruction des enfants. III. Commercial and other Sponges, par A. Hyatt. 30 cts. IV. A First Lesson in Natural History, par Mad. E. GC. Agassiz. V. Corals and Echinoderms, par A. Hyatt. VI. Mollusea, par A. Hyatt. VII. Worms and Crustacea, par A. Hyatt. 35 cts. VIIL Insects, par A. Hyatt. 1X. Fishes and Frogs. X. Reptiles and Birds. Les opuscules ci-dessus seront suivis par une série de de deux à quatre petits livres, du même genre, sur The Common Metals and Minerals, par L.S. Burbank et Cie. FAITS DIVERS 191 Les conférences qui ont fait naitre l’idée de ces livres sur l'enseignement de la science ont démontréle fait, qu’au moyen de spécimens, on peut apprendre à un auditoire consi- dérable 4 observer utilement la nature. On en a intruit de cette manière plus de 500 à la fois. S'adresser à MM. Ginn et Heath, 13 Tremont Place, Boston Mass. The Cones Chec List of North American Birds.— Cest un volume in-8 de 165 pages, contenant la liste de tous les oiseaux de l'Amérique du Nord, avec l’indication de ’ouvrage où chaque espèce se trouve décrite, l’étymologie des noms génériques et spécifiques et de plusl’accentuation de ces mêmes noms pour une exacte prononciation, Cet ouvrage,qui en est àsa 2e édition, forme, ainsi augmenté, un dictionnaire d’ornitho- logie indispensable à tous ceux qui s'intéressent aux oiseaux de nos contrées.—Hstes et Lauriat, Boston, 1882. Nos remerciements aux éditeurs pour l’envoi de ce vo- lume. ? — 2 4+ >> D — FAITS DIVERS. Température.—Juin nous à enfin apporté cette chaleur que mai nous avait obstinément refusée. Aussi il est beau de voir comme la végétation s'efforce de compenser le temps perdu par un redoublement d'activité. Les feuilles se déve- loppent et les fleurs se montrent avec une telle rapidité que, malgré l’habitude que nous en avons, chaque jour nous étonne par le progrès constaté sur celui qui le précède. Les pruniers, cerisiers, pommiers etc., malgre le retard de la saison, sont à peine en arrière sur l’époque ordinaire de leur floraison ; et les fleurs se montrent en telle profusion qu’elles nous font attendre une abondante récolte de fruits de toute espèce. Insectes.— Bien plus que les fleurs, les insectes semblent avoir souffert du retard de la saison. Les cousins, la mouche des maisons, la chrysomèle de la patate, ne s'étaient pas encore fait remarquer avant le 20 juin, lorsque dans les années précédentes, ces aimables visiteurs étaient déjà dans leur. complète dilfusion dès le commencement de ce mois. qo? +4 a LES CYPRIPEDES. Monsieur le Rédacteur, Voici le temps des herborisations revenu; tous ceux qui forment des herbiers sont aux aguets pour saisir l’occasion favorable de remplir les 192 LE NATURALISTE CANADIEN lacunes qui ne peuvent manquer de se trouver surtout dans les coilec- tions des débutants. Rien ne me fait plus de plaisir que de compléter un genre ou une famille, en rangeant toutes ses espèces à la suite les unes des autres. J’avais accordé une attention toute particulière, l'année dernière, aux Cypripédes. Votre Flore à la main, j'étais par- venu à trouver dans les environs de Montréal même, les quatre espèces qui suivent sur les cin que vous mentionnez : Cypripedium acaule, Ait., commune ; C. spectabile, Willd., rare; C. pubescens, Willd., la plus belle suivant moi, car si elle est inférieure en taille et par l'ampleur de sa fleur à la spectabile, la multiplicité de ses fleurs lui donne plus d'éclat. J’ajouterai qu’elle est aussi beaucoup plus rustique ; avec un peu de soins, J'ai réussi à la garder dans mon jardin et à lui faire donner des fleurs beaucoup plus apparentes que dans les bois. Enfin le C. candidum, Willd. qu’on trouve presque toujours en com- pagnie de l’acaule. Reste le C. arietinum, Ait., le Ram’s head des anglais, que Je n’ai pu encore rencontrer. J’ai parcouru et scruté tous les recoins de la Montagne de Montréal sans succès; je pense que Vobtinée (éte-de-Lélier ne se trouve pas là. Je vous serais obligé, si vous vouliez bien me faire connaitre dans quelle situation et à quels endroits vous l’avez rencontrée. Montréal 19 Juin 1882. M. Aussitôt la lettre ci-dessus reçue, nous référons à notre herbier, et nous trouvons que l'espèce en question, le Cypripedium arietinum, y brille encore par son absence. Depuis plusieurs années, nous avons accordé beaucoup plus d'attention à, l'Entomologie qu’à la Botaniques. Cependant dans nos chasses, tout en poursuivant les insectes, nous ne manquons jamais de renouveller connaissance? avee toutes les plantes que nous rencontrons, et de remarquer surtout en quelle situation elles se trouvent, Nous nous rappelâmes que sur le burd même du CapRouge, à quelques arpents seulement de notre résidence, nous avions trouvé sur des rochers couverts de mousses et abrités par des pins rouges, une plante toute boréale qui nous avait fort surpris, c'était I’ Arctostaphilos uva-ursi, Spreng. de la famille des Ericacées, plante que nous n’avions encore rencontrée que sur les rochers dn bas du Fleuve. Nous pen- sâmes que la situation pouvait être favorable aux Cypripèdes et que peut-être nous pourrions y trouver notre plante. Done, samedi le 24, armé de nos instruments de chasse, nous nous rendons à l’endroit in- diqué, et à notre grand plaisir, nous trouvons dès notre arrivée, notre plante en pleine floraison, souvent en compagnie de l’g@aule. La fleur est moins grosse et moins apparente que celle de cettdernière, mais la singulière disposition de ses sépales supérieurs -qui viennent se croiser sur le labelle, comme les cornes d’un bélier qui s’enroulent au dessus de son nez, lui donne une certaine originalité qui ne manque pas de frapper ceux qui l’observent. Les fleurs sont solitaires, mais les tiges sont d'ordinaire par touffes ou du moins presque toujours réunies plusieurs ensemble, Il va sans dire que nous en fimes une provision assez ample pour en passer à ceux de nos amis qui nous en feraient la demande, —— D > —— Vol. XIII.—7. CapRouge, Q., JUILLET 1882. No. 151 Rédacteur : M. l'Abbé PROVANCHER. FAUNE CANADIENNE (Continué de la page 175.) Jambes et tarses postérieurs d’un testacé roussâtre ; ÉRDAORIERIDO UE des as... 1e sossss.svese 1. bicolor. Abdomen nu ou à peu près............ A cjelerabaiels/« Ga ENA IR Pattes unicolores ou à peu près, avec pubescence variée ; Thorax 4 pubescence dense, cachant les téguments ; Pubescence d’un fauve ochracé..... dede Sok RW AUS Pubescence blanche ou jaunâtre ; Abdomen avec longs poils blanchâtres, surtout à la base.4. frigida. Abdomen nu ou à peu près ; Pubescence des pattes postériexres brun-roussâtre. 5, vieina. Pubescence des pattes blanche ou blanchâtre ; Pubescence de la face noire sur le vertex et les côtés, ab. domen avec j oils blanchâtres épars..... 6. hirticeps. Pubescence de la face blanchâtre sur les côtés, abdomen très poli à la base...... MAN I PE TONER 7. placida. Thorax à peu près nu, laissant voir les téguments ; Métathorax avec un espace renfermé distinct, strié longitudi- nalement ; Segments 2, 3 et 4 avec lignes argentées sur les CORRE LU eS Ot ee A Se. aleida, Segments sans lignes de pubescence argentée, 9. perplexa. Métathorax sans espace renfermé distinct ; 194 LE NATURALISTE CANADIEN Métathorax très finement ponetué......... - 10. integra Métathorax fortement rugueux..........----- 11. simplex 1. Andrène bicolore. Andrena bicolor, Fab. Ent. Syst: li, p. 310. Q—Long. .50 pee. Noire; le thorax et le premier segment abdominal avec poils jaunâtres, le reste avec poils noirs, excepté les 4 jambes postérieures avec leurs tarses qui sont d’un fauve-roux bien apparent. Chaperon bombé, en partie nu, densément ponctué. Poils du thorax longs et abondants. Antennes noires. Ailes hyalines, les nervures brun-jaunâtre. Abdomen déprimé, ovale-elliptique, poilu, le premier segment avec poils jaunâtres, tous les segments marginés au sommet d’une bande brun-roussâtre brillante, le 6e avec un espace triangulaire nu pour le jeu de la tarière.— AC. 2. Andrène joyeuse. Andrena hilaris, Smith, Cat. Brit. Mus. 1, 112. Q—Long. .42 pce. Noire avec pubescence ochracée sur la face et le thorax peu allongée et non assez dense pour cacher les téguments. Chaperon densément ponctué. Métathorax avec une espace renfermé distinct, fortement rugueux; l’écusson avec grosses ponctuations peu denses. Ailes légèrement enfumées au sommet, les nervures brunes, Pubescence des pattes jaunâtre; les 4 tarses postérieurs avec les jambes de la dernière paire, d’un testacé roussâtre, avec poils fauves. Abdomen ovale, très finement ponctué, les segments avec lignes de pubescence pâle sur les côtés; l'extrémité fauve. — AC. Bien reconnaissable par ses jambes postérieures jaunes. 8. Andréne de-la-neige. Andrena nivalis, Smith. Cat, Brit. Mus. 1, 118. Q—Long. .45 pce. Noire avec pubescence fauve très appa- rente, Face à pubescence plus dense et plus longue au milieu, parti- culièrement à côté des antennes ; vertex à poils très clairs. Thorax à pubescence très dense, fauve, cachant tous les téguments. Ailes sub-hyalines, le stigma jaune, la 2e cubitale recevant la 1ère nervure récurrente au delà de son milieu, la 4e presque complète. Pattes noires avec pubescence fauve, particulièrement longue et abondante sur les jambes et les cuisses postérieures. Abdomen en ovale, déprimé, noir, presque nu, ne portant que quelques poils fauves à la base et à l'extrémité, les segments avec une bande déprimée et lisse au sommet ; le 5e avec poils noirâtres, testacés au milieu, le 6e avec l’espace trian- gulaire nu pour le jeu de l’aiguillon.—R. XXI—ANDRENIDES. 195 d'—Semblable ; la face a seulement de longs poils jaunes. Capturée à St-Hyacinthe. 4. Andrène froide. Andrena frigida, Smith, Cat. B. Mus. Lp. L15,. ®?. Q@—Long. .48 pce. Noire; la face entourée sur les côtés de poils blanes, mandibules noires, antennes entièrement noires ; le vertex couvert de longs poils blanchâtres ; tout le thorax à poils longs et peu denses, blanchâtres, ne cachant pas les téguments ; le méthatorax finement ponctué. Ailes hyalines, les nervures et les écailles, brun- roussâtre. Pattes noires, les cuisses avec longs poils blanchâtres, de même que les jambes postérieures, les tarses à brosse brun-roussâtre, les articles terminaux brun-ferrugineux. Abdomen large, en ovale, à villosité longue et blanchâtre à la base, plus courte et brun-roussâtre à l’extrémité, les segments terminés par une bande polie, d’un brun cuivré. La longue villosité blanchâtre qui recouvre toutes les parties distingue surtout cette espèce. Capturée a Chicoutimi, au CapRouge etc. 5. Andrène voisine. Andrena vicina, Smith, brit. Mus. Cat, i, p. 112. Q — Long. .48 pce. Noire ; le thorax avec les cuisses postérieures et le premier segment abdominal, avec poils jaunâtres, le reste avec poils noirs. La face en partie nue, le vertex avec poils noirs et le milieu, en dehors des antennes, avec poils jaunâtres ; le chaperon nu, à ponctuations fines, mais peu denses. Antennes avec le pavillon brun-roussâtre. Le thorax à poils abondants. Ailes hyalines, quelque peu jaunâtres, le stigma jaune. Pattes noires, les postérieures avec les jambes et les tarses fournis de poils très denses, brun-foncé. Ab- domen déprimé, ovale-elliptique, presque nu, r’ayant de villosité qu’à la base et à l’extrémité, de couleur brun-roussâtre, avec une bande au sommet des segments plus brillante et obscurément cuivrée, le 6e segment avec un espace triangulaire nu, pour le jeu de l’ai- guillon.—AC. d'—Avec poils plus abondants et de couleur plus claire. 6. Andréne tête-hérissée. Andrena hirticeps, Sith, Brit. Mus. Cat. i, p. 116. @ d'—Long. .38 pee. Noire, avec une longue villosité blanchâtre la couvrant presque de toutes parts,*plus abondante sur la face et le thorax. Face au dessous des antennes toute couverte par une forte 196 LE NATRRALISTE CANADIEN touffe de longs poils blancs, le vertex presque nu. Ailes hyalines, lévèrement ob-curcies à l’extrimité, le stigma jaune, la 2e cellule en- bitale fortement rétrécie vers la radiale, Pattes noires avec longs poils blancs, peu abondants. Abdo nen ova'e-elliptique, assez convexe chaque segment avec nne bande brun-rons-âtre au sommet munie de poils blanchâtres, les poils de l'extrémité aussi blanchatres.— PC. Se distingue facilement des autres espèces par sa villosité. 7. Andrène placide. Andrena placida, Smith, Cat B. Mug.) p. 112, 9. @—Long .40 pce. Noire; la fice avec une pubescence blan- châtre peu dense; les antennes ferruginenses ea dessous à l’extrémité, Le thorax convert d’une pubescence ochracée-pâle peu dense. Ailes sub-hyalines, les nervures ferruyiucuses-pâles, les écaillettes testicées- roussâtres, La pubescence des pattes blinchâtre en dessous, juime- roussâtre en dessus; les tarses fauves en dessous, leurs articles termi- naux ferrugineux. Abdomen oval oblong, poli, brillant, sezments 2, 3 et 4 avee une frange argentée étroite, plus étendue sur les côtés, la frange du segnent anal brune, Ea dessous les segments ont une étroite frange blanchatre. Capturé» à Montréal au CapRouge etc. 8. Andrène glacée. Andrena algida, Smith, Cat. B. Mus. 1, 116. à Q— Long. .40 pce. Noire; à pubescence grisâtre, lévèrement ochracée sur le thorax. Mésothorax avec fortes ponctuations peu denses, encore plus fortes sur l’écusson ; métathorax rugueux par des stries longitudinales. Pattes à pubescence blanche, légèrement obs- cures au sommet. Abdomen ovale, brillant, noir foncé, la marge apicale des segments 2, 3 et 4 frangée de pubescence argentée, surtout sur les côtés ; l'anus légèrement fauve. — PC. 9. Andrène perplexe. Andrena perplexa, Smith, Cat. Brit. Mus. 1, p. 118, 9 d. © d'—Long. .40 pce. Noire; avec poi's blancs à la face, sur les côtés du thorax et les cuisses, et jaunes sur le disque du thorax, les jambes et les tarses postérieurs. Chaperon nu, à ponetuations grossières et peu denses, les côtés de la face et le vertex seulement fournis de poils. Thorax à poils courts et peu abondants, laissant tous les téguments à découvert* le métathorax avec un espaceffen- fermé sur le disque, cet espace subtriangulaire et portant des stries ” XXI.— ANDRENIDES 197 longitudinales très distinctes. Ailes hyalines, l'extrémité légèrement enfumée, le stigma jaune. Pattes noires, les jambes postérieures à poils j'unâtres. Abdomen noir, ovale elliptique, nu, n'ayant de poils qu'à l'extrémité et sur les côtés, la moitié apicale des segments plus fincment et plus densément ponctuée que le reste, le 6e à poils j'unâtres, avee un espace triangulaire nu pour le jeu de l’aiguillon— PC. Se distingue surtont de la précédente par son méta- thorax à espace renfermé et strié. 10. Andrène entière. Andrena integra, Smith, 1, 114. £ — Long. .38 pce. Noire, à pubescence peu abondante, les fos- settes près des yeux. les joies, le thorax sur les côtés, les flancs, surtout ceux du métathorax, à pubescence blanchâtre. Les antennes roussâtres en dessous à l'extrémité. Thorax poli, le métathorax très finement ponctué. Ailes hyalines, légèrement obscurcies à l’extrémité, les éciiiles brunâtres, Pattes, les antérieures presque nues, les pos- térleures à poils blanchâties sur les cuisses et les jambes, et jaune- brunâtre sur les tarses, Abdomen poii, brillant, en ovale allongé, les segments 2 ct 3 marginés de poils blanchôtres sur les côtés, les segments terminaux à poils roussâtres. Cette espèce est remarquable par sa pubescence rare, peu apparente. il. Andrèn: simple. Andrena simplex, Smith, Cat, B. PiusAlip. 11470: Q— Lone g. .40 pce. Noire; la face finement striée au dessus de l'insertion des antennes, les côtés avec poils blanchâtres, le chaperon avec points et stries semblant avoir une direction transversale. Thorax très finement ponctié, ces poncturtions distantes les unes des autres, à jube-cence blanchâtre plus abondante sur les côtés, Ailes sub- hyaiines, le stigma jaunatre, les écaillettes, testacé-sale. Patte brun- rois-âtre, les tarses plus pâles, les jambes et les tarses postérieurs à pubescence fave. Abdomen très finement ponctué, les segments avec une étroite frange apicale de poils blanes, l'extrémité à poils jaunatres. Capturée au Caplouge. 4. Gen. Hauicte. Halictus, Latr. Tête transversale; point de fossette aux orbites su- périeurs des yeux; ceux-ci entiers, Antennes assez lon- gues, beaucoup. plus daus les d que dans les 9. Ailes 198 LE NATURALISTE CANADIEN avec une cellule radiale pointue aux deux bouts, la pointe postérieure plus effilée que chez les Andrènes et serrée contre la côte ; 3 cellules cubitales fermées, la première presque aussi grande que les deux suivantes prises en- semble, la 2e en carré, la plus petite, recevant la 1ère nervure récurrente au delà de son milieu; la 83e rétrécie de plus de moitié vers la radiale et recevant la 2e récur- rente aussi au delà de son milieu ; la 4e à peine commencée. Abdomen ovale-elliptique dans les 9, presque cylindrique dans les &. Une espace longitudinal linéaire nu sur le 6e segment abdominal des ? pour le jeu de laiguillon. Ces insectes ont toute l’apparence extérieure des Andrènes, ils s’en distinguent surtout par la forme de la cellule radiale qui est toujours plus étroite, à pointe plus fine et plus serrée près de la côte, par l’absence de la 4e cubitale qui est à peine indiquée, l'absence de fossette aux orbites supérieurs et l’espace linéaire nu du dernier seg- ment abdominal des 9. Les Halictes ont aussi à peu près les mêmes mœurs que les Andrènes ; comme elles, elles creusent des galeries dans le sol pour y déposer leurs œufs. Le tube principal de cette galerie atteint quelquefois 8 à 10 pouces de pro- fondeur, et de distance en distance, s'ouvrent sur ce tube principal des tubes secondaires d'environ un demi pouce de long, dans chacun desquels la 2 dépose une boule de pollen et de miel pour y déposer un œuf, de sorte que le tube principal n’est qu'un couloir sur lequel s'ouvrent les chambres particulières qui doivent être la résidence ou le berceau de la progéniture. ‘ Onze espèces rencontrées qu’on peut distinguer comme suit. | Couleur noire ou brun-foncé ; Abdomen avec lignes transversales blanches ; Disque du métathorax finement ponctué ; Abdomen opaque par ses fines ponctuations.. 1. Coriaceus. Abdomen lisse, brillant...... adieres vis ess SOUS. Disque du métathorax lisse au sommet, finement aciculé à la base.......... --...... 3. distinctus, x. sp. Disque du métathorax plus ou moins rugueux ; XXI—-ANDRENIDES 199 Abdomen à 3 lignes blanches. ..... eocces.---- 4, discus. Abdomen à 6 lignes blanches.......... 5. 6-cinctus, ». sp. Abdomen sans lignes transversales blanches ; méta- thorax fortement rugueux...... .... 6. stabrosus, n. sp. Couleur vert métallic plus ou moins prononeé ; Thorax fortement poilu.. ..... ones Ne eee - 7. pilosus. Thorax nu ou à pubescence peu dense ; Face dorsale du métathorax à carène médiane 8. lævissimus. Face dorsale du métathorax sans carène médiane ; Tarses pâles ; Jambes noires ou brun-foncé. .......... 9. albitarsis. Jambes jaune-pâle............. - 10. constrictus, n. sp. Tarses noirs ou bruns ; Abdomen poli, lisse.............--..... 11. confusus. Abdomen ponetué, ovale...... - 12. Ontariensis, n. sp. 1. Halicte coriace. Halictus coriaceus, Smith, Brit. Mus. Cat. |, 70. @—Long. .38 pce. Noir, finement et densément ponctué, ce qui lui donne une apparence subopaque ; pubescence fauve-pâle sur le thorax et les pattes, celle de la face peu abondante; le chaperon à ponctuations fortes et peu denses. Métathorax à face dorsale finement ponctuée, son disque semi-circulaire, strié à la base. Ailes hyalines, le stigma jaune, la 2e cellule cubitale à côtés parallèles, Pattes cou- vertes de poils fauves. Abdomen poli, brillant, ovale-elliptique, avec une ligne de poils argentés à la base des segments 2, 3 et 4, leur sommet coriace, le 5e de couleur cuivrée.—CC. d'—Avec le labre taché de jaune au bord antérieur ; sa pubes- .cence blanchatre. 2. Halicte lié. Halictus ligatus, Say, Say’s Ent. II, 774. @—Long. .32 pce. Noir avec poils blanchâtres sur la tête, le thorax et les pattes Le chaperon poli, brillant, avec ponctuations rares mais profondes. Métathorax très finement ponctué, sa face postérieure légèrement concave. Abdomen lisse, poli, brillant, les segments 2 et 3 avec une ceinture de poils argentés à la base. La pubescence des pattes fauve-blanchatre. d'—Avec la partie antérieure du chaperon et le labre jaune-pâle, la face à pubescence grisâtre. Abdomen avec une ligne blanche à la base des segments 2, 3 et 4. Pattes avec les jambes et les tarses jaunes, les jambes postérieures avec une tache noire en dessus et en dessous. —C. 200 LE NATURALISTE CANADIEN Se distingue du précécent par ses téguments brillants et polis. 3 Halicte distinct. Halictus distinctus, nov. sp. d'—Long. .36 pee. Noir, la face, le thorax, surtout sur les côtés, avec les pattes. à pubescence blanchâtre. Chaperon pen prolongé en avant, blanc-pâle à son extrémité; mandibules sans taches. Thorax très finement ponctué, poli, le métathorax avec de fines stries longi- tudinales à sa base, le reste lisse, brillant. Ailes hyilines, le bord apical à peine obscurci, les nervures brunes, Pattes noires, à pu- beseence blanchatre, les tarses à poils ferrugineux, leur dernier article jaunâtre. Abdomen noir, poli, lisse, à côtés parallè:es, les 4 premiers segments terminés par une ligne argentée. Bien distinct par sa forme et sa coloration. 4. Halicte à-disque-strié. Halictus discus, Smith, B. Mus. Cat. i, p. 70. De Q —Long. .42 pce. Noir, avec poils fauve-;4le sur la face, le thorax et les pattes, La face et le disque du thorax à poils courts et peu abondants, le métathorax à face dorsale sans caréne, son disque poilu à la base et strié lonzitudinalement. Ailes hyalines, l’extrémité très légèremert obscurcie, la 2e cellule cubitale presque en carré. Pattes à poils fauves denses brillants. Abdomen ovale-elliptique, poli, brillant, avec une ligne de poils argentés à la base des segments 2, 3 et 4 le Ge à poils fauves avee un espace iinéaire nu pour le jeu de l'aiguillon.—CC. o'—A abdomen presque cylindrique, avec les jambes et les tarses jaunes, excepté une tache noir près de la base des premières en avant. Se distingue toujours facilement du parallelus par son métathorax. 5. Halicte a-6-ceintures. Halictus 6-cinctus, nov. sp. d'—Long. .34 pce. Noir; avec pubescence blanche longue et dense sur la face et le thorax, couvrant presque entièrement les téguments. Ailes hyalines ; les nervures brunatres. Métathorax strié longitadinale- ment au sommet, Pattes noires avec poils blancs. Abdomen court, très finement ponctué, tous les segments avec ure marge de poils blancs au sommet, Capturé au CapRouge et à Chicontimi. 6. Halicte scabre. Halictus scabrosus, nov. sp. d'—Long. .25 pce. Noir, avec pubescence grisâtre, la face à XXI—ANDRÉNIDES. 201 pubes-ence argntée très dense ; mandibules noires ; antennes courtes, fo:tes, fortement f:stonnées en dessous. Thorax fortement ponctué, le ‘nétathorax très rugnenx; Se illes aaires noirâtres. Ailes hy dines, irideseentes, les nervures beunes. Pattes noires, les tarses brun- foncé, Abdomen peu alloigé, poli, brillant, à peine pubescent à l'ex- tréinité, Captnré à Chicontimi. Espèce bien distincte par les fortes rugosités de son métathorax. to} 7. Halicte poilu: Halictus pilosus, Smith, Brit. Cat, Mus. 1, p. 71. © — Long. .30 pee. Noir, portant de toutes parts des poils blan- châtres peu abondants. Antennes lonzues, filiformes, noires. Le métathorax poilu de toutes parts, sans carèies sur sa fice dorsale, Ailes hyalines, le stigma jaune, la 2e ce lule cibitale en cirré. Pattes noires avec poils blaucs, la brosse des tarses postérieirs jiunâtre. Abdomen convexe, poilu, à bandes argentées interrompues au milieu, l'extrémité avec poils blancs. — Pius rare q'ie les précédentes. Pourrait être con- fondu avec le vurians n'étaient la structure et la villosité de son métathorax. 8. Halicte trés-lisse. Hualictus levissimus, Smith, B, Mus Cat. 1, p. 72. ®—Lonz. .27 pee. D'un brun verdâtre avec poils blanchâtres courts et peu aboidants. Le chaperon finement ponctué, Antennes noires. Le mésothorax avec un sillon médian, le métathorax nu, à disque irrégulièrement strié à la bise et poli au sommet, Ailes hyalines, le stigma jaune, la 22 cellule cubitale ‘égérement rétrécie vers la radiale. Pattes brunes, avec poils jaunâtres, Abdomen poli, brillant, conv-xe, les bandes argentées en partie obsolètes, visibles s-ulement sur les côtés, les segments médians subcuivreix au sommet.—C, dg—Avec le labre jiune. les antennes longues, testicées en dessous; les pattes jiunes, les hanches, avec les cuisses postérieures et une tache en dehors sur les 4 jambes postérieures, noir. Abdomen -subeylindrique, avee la marge apicale des segments déprimée et légèrement cuivreuse, 9. Halicte tarses blancs. Halictus albitarsis, Cress, Trans. Am Soc. Phil. iv, 254. d'—Long. .23 pee. Noir bronzé, poli, brillant, avec pubescence 202 LE NATURALISTE CANADIEN A blanchâtre courte, la face à pubescence blanche plus dense, le cha- _peron avancé, quelquefois jaune à son bord antérieur, Antennes longues, brun-foncé, les 2 articles basilaires, noir. Thorax très fine- ment ponctué, le métathorax longitudinalement rugueux sur le disque, plus fortement sur ies côtés. Ailes hyalines, les nervures brunes, les écailles noiratres. Pattes noires, les genoux, les tarses, avec l'extrémité des jambes, jaune-pâle, les jambes postérieures ont aussi un petit anneau jaune à la base. Abdomen allongé, poli, brillant, légèrement pubescent à l’extrémité. Capturé au Saguenay et au CapRouge. Dans les individus de petite taille, les genoux sont souvent sans taches. 10. Halicte resserré. Halictus constrictus, nov. sp. Q —Long. .30 pce. Vert brunâtre cuivré ou bronzé, le labre et les mandibules jaunâtres. Les antennes fauves en dessous. La tête, le thorax et les pattes avec une pubescence fauve-pâle, cette pu. bescence plus dense sur la face. Le métathorax à stries longitudinales irrégulières sur son disque, ses côtés polis. Ailes hyalines, très légère. ment obseureies au sommet, le stigma jaune pâle. Pattes jaunes- roussâtres, les hanches, les cuisses nostérieures avec une tache sur les jambes, brun plus ou moins foncé. Abdomen à reflets verdâtres, la marge postérieure des segments polie, cuivrée, resserrée, avec pu- bescence blanchâtre aux côtés des segments 1 et 2 plus ou moins apparente.—C. Bien distinct par ses segments abdominaux étranglés aux sutures. 11 Halicte confus. Halictus confusus, Smith, Cat, Brit. Mus, L p.19, 9. Q —Long. .27 pce. D'un vert obseur ; face presque nue, les mandi- bules roussâtres. Antennes noires, le pavillon obscurément roussâtre en dessous. Thorax à pubescence blanchâtre sur les côtés, le mésothorax lisse, sans divisions distinctes, le disque du métathorax à stries irrégu- lières. Ales hyalines, les nervures et le stigma jaunâtres, la 2e cellule cubitale presque en carré, la 3e retrécie vers la radiale. Pattes brunes, les tarses fauves, à pubescence jaunâtre. Abdomen con- vexe, poli, brillant, d’un vert moins apparent que sur le thorax, les segments avec une marge à pubescence argentée, beaucoup plus large sur les côtés, le 6e segment avec une ligne nue pour le jeu de la tariére.—R. ~~ go ' ee XXI,—ANDRÉNIDES, 203 Espèce bien remarquable par son vert obscur, qui n’a cependant pas l’éclat métallic des Augochlores. Capturée à St Hyacinthe, au Cap-Rouge, etc. 12. Halicte d’Ontario. Halictus Ontariensis, nov. sp. d'—Long. .35 pee. D’un vert bronzé ou bleuâtre, fortement ponctué, presque nu, la tête et le thorax avec poils blanchâtres courts et peu denses; le chaperon avec une grande tache triangulaire blanchâtre, les mandibules et le labre sans taches. Antennes brun- foncé. Thorax poli, brillant, le métathorax finement strié à la base, lisse au sommet. Ailes hyalines, le stigma avec les nervures brun- foncé. Pattes noires, à pubescence blanchâtre. Abdomen court, renflé, vert, fortement ponctué, les sutures après les segments 1 et 2 fortement enfoncées.— Ontario. Sa forte ponctuation et la tache blanche de sa face le font reconnaître à première vue. 6. G, AGAPOSTÉMON. Agapostemon, Guérin, Tête subtriangulaire ; antennes allongées dans les d'; - le labre transverse et convexe, prolongé en un lobe sub- lancéolé et frangé aux côtés de poils raides; la moitié apicale de ce lobe porte une carène qui se divise pour se di- riger obliquement de chaque côté ; le labre dans les J est . transverse, très convexe et divisé par un sillon au milieu, s’avancant en avant en un lobe anguleux cilié à son bord antérieur. Palpes labiaux à 4 articles, les maxillaires à 6. Ailes comme chez les Halictes, Extrémité de l’abdomen comme dans les Halictes, C’est particulièrement la forme du labre qui distingue ces insectes des Halictes. Une seule espèce rencontrée. Agapostomon tricolore. Agapostemon tricolor, Lepell. li, p. 289. Tête et thorax d’un beau vert métallic avec quelques poils blan- châtres. Le labre, les mandibules et les pattes, jaune. Antennes brunes, jaunes en dessous. Toutes les jambes avec une ligne noire en dehors, les cuisses postérieures aussi tachées de noir à l'extrémité, en dessus. Abdomen subcylindrique, noir avec une bande jaune en- foncée à la base des segments 2, 3 et 4, le ler avec une bande jaune vers son milieu, cette bande rétrécie et interrompue à la ligne médiane, élargie aux côtés ; le dessous jaune, noir à l'extrémité. Insecte bien remarquable par sa coloration. 204 LE NATURALISTE CANADIEN 7. Gen. PANURGE. Panurge, Latr. Tête assez grosse, anssi lirge que le thorax. Antennes courtes, en massue dans les 2 sexes. Langue assez longue, presque linéaire. Palpes à articles simples, placés à la suite les uns des autres, les labiaux de 6 articles, les maxillaires de 4. Ailes antérieures avec une cellule radiale courte, tronqnée à l'extrémité qui sécare de la côte et porte un petit appendice ; 2 cellules cubitales termes, la 2e fort rétrécie vers la radiale et recevant les 2 nervures récurrentes, Paites o:dinaires, avec le premier article des tarses postérieurs long et garni de longs poils pour la récolte du pollen, conjointement avec les autres poils des jambes, du métathorax etc. Insectes de petite taille qu'on voit d'ordinaire dès les premiers jours du printemps se cresser des galeries daus les sentiers battus, Oa dit qua la manière des Halictes ils construisent une galerie commune sur les côtés de la- quelle chaque femelle se creuse une loge pour y déposer ses œufs. Jeux espèces rencontrées que nous croyons nouvelles. Fice 2 avec taches jinne-clair; of pattes jaunes 1. verna'is ». sp. Face @ sans taches; d'à chiperon jaune... 2. æitivalis x. sp. 1. Panurge du-printemps. Panurgus vernalis, nov sp. Q - Long. .25 pe:. Noir avec poils jaunes sur le vertex, le thorax et les pattes. Chaperon grand, luisant, presque nu, ne portant que quelques poils noirs avec 3 tach:s j unes, une en ligne verticale au milieu, et une autre plus large de ch1jue côté tou-hint les yeux ; les tubercules latéraux aussi jaunes, Antennes avec la massue jiunâtre en dessous. Métathorix court, à lonzs poils jaunes, sans rugosités distinctes, Ailes hyilines, le tiers termiaal légèrement enfu né, le stigma noir, Pattes brun foncé avec poils jaunes, les antéiieures avec les genoux jaunes, les tarses postérieurs avec le premier article allongé et dilaté portant de longs poils peu denses. Ablomen de forme ovoïde, légèrement déprimé, tows les segments avee la marge apicale luisante et enfoncée, couverte d’une pubescence blanchôtre, les terminaux avec poils blancha res. d — Avec toute la face, les antennes en dessous, une ligne iater- rowpue par le prothorax, les tubercules latéraux, et toutes les pattes, rt XXI.—ANDRENIDES. 205 d’un bean jiune citron ; l’extrémité des tarses un pen obscure, le pre- mier article des postérieurs long, mais à peine dilaté, à poils peu denses, - C. Les d sont surtout remarquables par leur pattes jaunes. 2 Panurge de-l'été Panurgus estivalis, nov. sp. Q —Long. .22 pee. Noir; la fice et le chaperon densément ponctués, sans au-une tiche, Thorax poli, le métathorax lisse à Pex- ception d'une ligne de fines stries bordant le post-écusson, Ailes hy- alines, légèrement obscureies à l'extrémité, les nervures brures, la radiale à partir du mi ieu, tronquée à l'extrémité avee un petit appen- dic: droit. Pattes noires avec une légère pubescence gri-âtre, les jimbes postérieures munies de poils longs et denses à extérieur, Ab- domen allongé, les segments terminés par une c’inture lisse sur la quelle s’étend une rangée de cils brune, l’extrénité à poils roussatres. La fice avec les flancs portant une très légére pubescence gri-âtre, d' - Le chaperon avec les côtés de la fice au dessous des an- tennes, jaune-clair ; les tarses avce un anneau à la base de toutes les jamb ‘sy Jeune rous-âtre. Pour le reste semblable à la femelle. Capturé au CapRouge, Bien distinet du précédont par sa coloration. 8. Gen. AUGOCHLORE. Avgochlura, Smith. Tête transversale, la face plus étroite à sa partie an- térieure, les yeux obtusément échanerés. Tous les tégu- ments presque nus et dun brun vert métallic, quelquefois bleuâtres. Ailes avec une cellule radiale rétrécie à sa pointe qui ne touche pas exactement la côte, 3 cellules cu- bitales dont la 1ère est aussi grande que les 2 suivantes réunies. Abdomen ovale-elliptique, convexe, générale ment brillant Ce sent des Hilictes avee cette différence que leurs yeux sont échancrés et leurs tézuments à couleurs métal- liques, Deux espèces rencontrées, # Face postérieure du métathorax entoirée d’une carène. 1. ridiatus. Face postérieure du métathorax sans ciréne...... 1. Augochlore radiée. Augochlora radiata, Say, Say’s Pints arp ates: Q—Long, .42 pee. La tête ct le thorax d’un beau vert métallic, 206 LE NATURALISTE CANADIEN l'abdomen noir bleuâtre, les pattes brunes, à pubescence fauve. Le labre noir au bord antérienr et cilié de poils fauves, les mandibules jaunâtres à la base. Antennes noires. Thorax avec poils jaunâtres nombreux mais courts, ne cachant point la couleur des téguments, ceux-ci densément ponctués, le métathorax à face postérieure entourée d’une carène, l’intérieur à stries transverses, partagé au milieu par un sillon, le dos à stries irrégulières. Les écailles alaires roussâtres. Ailes légèrement obscures, les nervures brunes, le stigma jaune, la cellule radiale distinctement appendiculée, la 2e cubitale presque en carré, recevant la lère nervure récurrente un peu après son milieu. Pattes brunes avec poils fauves. Abdomen d’un brun foncé bleuâtre, les sutures enfoncées et garnies de poils argentés, les segments 2, 3 et 4 avec une impression transversale vers le milieu ; l'extrémité avec poils fauves.— PC. 2. Augochlore pure. Augochlora pura, Say, Say’s Ent. 1, p. 778. Q—Long. .36 pce. D'un beau vert métallie, quelquefois bleuâtre ou purpurin, Chaperon fortement ponctué. Antennes noires. Thorax densément ponctué, à poils peu apparents, le métathorax à face pos- érieure sans carène, avec un sillon médian, son disque dorsal fine- ment strié. Ailes hyalines, légèrement enfumées, le stigma jaune, la 2e cubitale la plus petite, recevant la 1ère nervure récurrente à son point d’intersection avec la 3e cubitale. Pattes noires avec poils jau- nâtres. Abdomen poli, brillant, vert, quelquefois à reflets bleuâtres ou purpurins, les segments finement marginés de brun au sommet.— PC. Espèce bien distincte de la précédente par son méta- thorax surtout. 9, Gen, OSMIE, Osmia Latr. Tête courte, généralement plus large que le thorax ; ocelles en ligne à peine courbée sur le vertex. Thorax court, subglobuleux. Tous les articles des palpes labiaux insérés bout à bout, Mandibules bicarénés, bidentées. Cellule radiale courte, arrondie au bout, sans appendice; deux cubitales fermées, la 2e fort rétrécie a la radiale et recevant les 2 nervures récurrentes. Crochets des tarses simples dans les © et bifides dans les G. Abdomen court, convexe, recourbé en dessous et muni d’une brosse sous le ventre pour la récolte du pollen. XXI.—ANDRENIDES. 207 L’abdomen recourbé de ces insectes permet a premiére vue de les distinguer de ceux des genres voisins. Les Osmies construisent leurs nids dans des trous laissés dans le bois par des larves d’autres insectes, des tiges creuses d’arbrisseaux etc. Ces nids sont construits en terre, qu'elles pétrissent de leurs mandibules et à la- quelle elles commun'quent une forte cohésion au moyen d’un liquide visqueux qu’elles dégorgent. Façonnés en forme de dés à coudre, ces nids sont placés à la suite les uns des autres dans la cavité rencontrée, de manière que le plafond du premier sert de fond au 2e et ainsi de suite. Si le trou choisi se trouve trop petit, il ne contiendra sou- vent qu'un ou deux de ces dés, mais lorsque l’espace le permet, on en trouve jusqu'à 7 et 8 à la suite les uns des autres. Aussitôt qu’une alvéole est ainsi formée, la fe- melle y dépose, avant de le clore, une masse de pollen et de miel dans laquelle elle dépose un œuf, de sorte que la larve à son éclosion aura de suite à sa portée la nour- riture qui lui convient. C’est au moyen de la brosse qu'elles ont sous le ventre que les Osmies recueillent le pollen des fleurs pour en composer, en y mêlant du mieb la pâtée convenable à leur progéniture. Quatres espèces rencontrées. Abdomen sans bandes argentées aux sutures ; Couleur bleu d’acier ; Chaperon 2 profondément échancré........... 1. lignaria. Chaperon peu échancré; ¢ peu pubescent sur aD MOMIen team Ae Siva 200 ..--. 2. simillima. Couleur brun-foncé obseurément bleuâtre.......... 3. lignicola. Abdomen avec bandes argentées aux sutures.......... 4. bucconis. 1. Osmie du bois. Osmia lignaria, Say, Say’s Ent. ti, p. 716. Q—Long. 40 pce. D'un brun verdâtre ou bleuâtre, avec poils blanchâtres. Chaperon échancré en avant, “ Antennes noires. Ailes légèrement enfamées, surtout dans la cellule radiale, les nervures et le stigma, noirâtres, Ecailles alaires noires. Pattes noires, cuisses avec poils blanchâtres, les jambes et les tarses avec poils noirs. Abdo- men court, subslobuleux, le segment basilaire avec poils blanchatres, le reste avec pols noirs; le dessous noir, les segments densément onotués avec une bande lisse au sommet.—C. 208 LE NATURALISTE CANADIEN 3 —Avec poils blanchâtres très longs et très denses à la base, 2. Osmie très-semblab'e Osmia simillima, Smith, Cat. Mus, 1, p. 142, GS Q—Long, 42 pee. D'un bleu foncé quelquefnis à ref ts verdâtres, Tête plus cou te et pl s large que dans la précédente, le chaperon à peine échancré. Toute la face avec poils noirs, le vertex sen] avec poils jiundtres, Le thorax avec le premier segment abdominal couverts de poils jiunâtres, Ailes snbhyalines, enfumées à l'extrémité. Pattes noires avec poils noirs. Abdomen glob ileux, brillant, avec poils noirs- excepté à la base; dessous noir.—C. Se distingue surtout de la précédente par son cha- peron @ à peine échancré. On trouve souvent les cellules de cette espèce sous des écorces de bois mort. 8. Osmie lignicole (smia lignicola, nov. sp. @—Long. .45 pee. Noire; le thorax avec les 2 premiers seg ments ablominaux à pubescence jaune, plus claire sur les flincs. La face à pubescence noire peu fournie. Les mandibules avec 2 carènes bien prononcées. Le chiperon relevé à son bord antérieur et sinué. Ailes hyalines, lévèrement cbscurcies à extrémité. Pattes noires, les tarses à pubescence jaunâtre. Abdomen court, robuste, el buleux, noir avec pubescence jiune sur les 2 premicrs scgments ct noir sur le reste, le ventre à pubescence noire. La coule est quelquefois obsenrément verdât , Mais sa face noire et son abdomen pub:scent permett :t tou- jours de ne pas la confondre avec les précédente: ; elle est aussi de plus forte taille. Capturée au CapRouge, 4. Osmie grossière. Osmia bucconis, Say, S y’s Ent. Wee dd Ge Q—Lenz. .30 pee. Noire, presque nue, la free, les côtés du‘ thorax avee les pattes portant des yoils blanchâtres courts et peu fournis. Chayeron tronqué en avrnt. Tête allongée en arrière des Beis, VÉPAS jelvires’ no ARoux finement een byilines, légèrement obscureies à l’extrémité, les nervures noires, Pattes noires, les tarses postériours avee poils fauves. Abdomen noir, brillant, finement ponctué, les situres avec bandes de duvet argenté plus larges aux côtés, l’extrémité avee poils blanchâtres ; le dessous jtunâtre. Le mâle a 4 petites dents à son dernier segment ab- dominal. Nous avons reucontré les nids de cette espèce DE QUECEC A JERUSALEM 209 dans des tiges du framboisier des jardins. Nous avons trouvé jusqu’à 5 alvéoles à la suite les unes des autres. À continuer. DE QUEBEC A JERUSALEM. (Continué de la page 186). IX Le Mahométisme et les Musulmans.— Le dernier des Mamelouks.—Cos- tumes. — Le Vieux-Caire; la maison de la sainte-Vierge. — Le Musée Mariette ou de Boulaq.—Le Nilomètre.—Les Derviches tourneurs; les Derviches hurleurs.—Le quartier Turc.—Une nôce ; une circoncision.—Les tombeaux des Califes.—Héliopolis, son obélis- que; l’arbre de la Vierge.— Départ du Caire pour Ismailia. Au moment ou nous traçons ces lignes sur l'Egypte (12 juillet 1882), la voix du canon, qui est l’ul{ima ratio de la diplomatie, sème Ja terreur dans Alexandrie et fait trembler de crainte les habitants du Caire même. L'Egypte, qui comme sa suzeraine la Turquie, est tenue en tutelle par les puissances Européennes oubliant sa faiblesse et son impuissance, s’est échappée, en des fanfarronades qui ont forcé ses protecteurs à prendre la verge de la correc- tion, pour la châtier de son insolence. Ou plutôt, la révo- lution qui, parmi les enfants de l'islam ne connait de trèves que lorsque subjuguée, écrasée par une force majeure, elle est réduite à une impuissance absolue, a cru le moment favorable pour redresser la tête et jouer une nouvelle scène du drame qu’elle poursuit continuement depuis le moment où le Coran l’a armée de l'épée pour ré- pandre et maintenir sa religion de la chair et du sang. Mais le canon anglais qui donne l’antienne que vont poursuivre ceux de la Prusse,‘de I’Italie, de la Grèce etc. leur fera bientôt comprendre qu’il faut autre chose que de l'audace et de la forfanterie pour en imposer aux nations civilisées, aux gouvernements dont les éternelles lois du christianisme forment la base. 210 LE NATURALISTE CANADIEN te Nous énumérons parmi Jes puissances occidentales : rendues les premières à l'appel pour protéger leurs na-’ tionaux, pour faire respecter les droits de la civilisation parmi ces enfants perdus du croissant, l’Angleterre, la Prusse etc., et la France où se trouve-t-elle done ?......Oh ! pour la France, depuis que les aveugles qui la gouvernent se sont mis en tête de faire la guerre à Dieu même, ce n’est plus ni au premier rang, où on la voyait toujours, ni même au deuxième qu’on peut la rencontrer dans le conseil des nations qui se partagent le gouvernement du monde; ses gouvernants ont assez à faire à supprimer les ordres religieux, à chasser le Christ des écoles, à persé- cuter de pauvres filles qui ont encore la simplicité d’in- voquer le Ciel pour le salut de leur patrie, pour qu'ils puissent s'inquiéter si leurs nationaux n'auront pas à souf- frir des hordes indisciplinées de ces révolutionnaires orien- taux. On dit même que ce sont des renégats français qui sont à la tête de ce mouvement insurrectionnel, qui avisent et soutiennent Arabi-Bey dans sa rébellion. Arabi-Bey, le commandant des armées Esyptiennes, s'est mis en tête de faire disparaître le Khédive Tewfic, de s'emparer du gouvernement, de rompre tout lien avec le Sultan de Constantinople et de doter l'Esxypte d’une in- dépendance absolue, Mais il oublie que la sécurité, la véritable indépendanse pour les états, de même que pour les individus, ne se trouve qu'à l'ombre de ia Croix, que dans les immuables principes proclamés au Calvaire ; que le Coran qui l'arme de l'épée aujourd’hui, en armera de- main un autre plus puissant que lui pour le renverser et le subjuguer. Où sont les fruits des prétendues victoires du Coran sur la Croix ? Il suffit de parcourir l'Orient pour pouvoir y lire, en caractères bien apparents sur le fron- tispice de toutes ses institutions: abandon, incertitude, arbitraire, droit du plus fort, et par suite : abatardissement, pauvreté, ignorance, misère et avilissement, Et veut-on voir, comment à l’aide du Coran, on pro- cède dans ces révolutions où prime le droit du plus fort ? Ecoutez le récit du massacre des Mamelouks. DE QUEBEC A JERUSALEM 211 Nous sommes au ler mars 1811. Méhemet-Ali, établi vice-roi de l'Egypte après en avoir délogé Jes français au | ordres, se voyait à peu près maitre du peuple hétérogène ti forme la population de ce pays, surtout depuis sa Vitoire en 1805 sur Ibrahim-Bey, le commandant de ces farothes Mamelouks, qui pendant plus de trois siècles avalenifourni des souverains à l'Egypte. Seuls les restes de cetie \gleureuse tribu, vaincue mais non soumise, refu- saient de -econnaitre son autorité. Le vice-roi, voyant qu'il ne Polxait les dompter par la force, résolut de les perdre par la re, Il invite le corps entier de ces guerriers à une fête qu'il vet donner en l'honneur du départ de son fils Toussoun-Pach\ pour la Mecque. Les Mamelouks s’y rendirent sans défiant au nombre de 480. On les fêta avec splendeur et on les régan avec cordialité, pour leur ôter tout soupçon. La fête terminé, on donna Ie signal du départ ; mais comme le palais est bâti sur le rocher même qui porte la citadelle et qui dome toute la ville du Caire, il faut opérer la descente par un chemin creusé à pic dans le roc. Les Mamelouks s'engagent sans défiance dans le défilé, mais arrivés au bas de la pente, ils trouvent la porte fermée, Au même instant mille soldats albanais embusqués se démasquent, et commencent un massacre d'autant plus affreux que la défense était impossible, Les plus braves, le sabre au poing, tentent de se frayer un chemin à travers les albanais, mais ‘ils -ne font que vendre cherement leur vie, tous sont moissonnés par les balles meurtrières qui pleuvent sur eux; seul, Amyn-Bey parvient sans blessure jusqu’au haut du parapet. A la bouche même du fusil des soldats, il va être criblé de leurs balles; mais 1! n’hésite pas un instant, il lance son cheval sur le parapet et se pré- cipite dans le vide, à une hauteur de 60 pieds. On ne s’oc- cupe plus de lui par ce qu'on le tient certainement pour mort. La monture perd la vie dans sa chute, et le cavalier roule tout meurtri au pied d:s murailles, cependant il peut se relever et se soustraire par la fuite aux poursuites de ses persécuteurs. Aucun étranger visitant le Caire n’omet d’inspecter le N moyen des bayonnettes anglaises et des Albanais sous ses ? 212 LE NATRRALISTE CANADIEN rocher portant aujourd’hui le nom historique du saut du Mamelouk, Pendant que cette boucherie s'exécute au Caire, des scènes analogues complètent le massacre dans les diverses provinces, si bien que la tribu entière fut anéantie en ‘2 seul jour. De tels actes de barbarie ne sont pas rares da’S Phis- toire de l’islamisme, et le voyageur en Orient peut s'at- tendre à rencontrer à chaque pas un témoin et souvent même une victime, de ces actes révoltants de Cruauté. Doit-on en être surpris? Le chrétien é4airé s'en rend facilement compte. A proprement parler, il n’y a que NU reg ®—Long. .50 pce. Noire, opaque: les côtés de là face avec longs _. poils blanchâtres, le chaperon avec poils plus courts, le vertex avec | poils noirs. Tête plus large que le thorax, le dos du thorax avec poils - noirs, le métathorax, le prothorax et les flancs avec poils blanchâtres. Eeailles alaires noires; ailes fuligineuses, les nervures noires. Pattes — noires, avec pubescence cendrée, plus longue sur les cuisses en arrière, A les jambes et les tarses avec poils jaunâtres, fauves au dessous des tarses. Abdomen en ovale, les segments non traversés par des sillons, M le premier à face antérieure concave, avec poils blanchâtres surles côtés, tous les autres avec la suture frangée sur les côtés de: poils argentés, la brosse ventrale jaune-fauve.—R. HE Se distingue surtout de la précédente par sa plus petite taille et l'absence de fossettes transversales sur les seg- x ments abdominaux. Capturée à St-Hyacinthe, au Cap- Rouge, etc. 13. Mégachile mélanophée. WMegachile melanophaa, Smith, Brit. Mus, Cat, i, p. 191. © — Long. .50 pee. Noire, avec poils blanchâtres sur la face, le thorax et la base de l'abdomen, les joues avec le dessous des mandi- bules avec poils fauves. Mandibules avec l'extrémité rousse ; le cha- peron finement ponctué. Meailles alaires noires, les ailes légèrement _ fuligineuses. Pottes noires avec poils noirs, les tarses avec leurs ar. | ticles. terminaux roussâtres, leurs poils fauves. Abdomen robuste, | ramassé, court, les 2 segments basilaires avec pubescence blancbâtre, les autres avec poils courts, noirs, sans aucune trace de lignes argen- tées dans les sutures; la brosse ventrale noire.—C,. L'abdomen racourci de cette espèce avec sa brosse ventrale noire, la fait facilement distinguer de toutes les autres, 11. Gen. GNATHOCÈRE. Gnathocera, nov. gen. Tête allongée, très fortement échancrée en arrière, ‘avec les joues dilatées et se prolongeant en dessous en un appendice redressé en avant et creusé en cuiller en dedans, Cuisses non renflées, Abdomen à côtés parallèles, allongé, pour le reste semblables aux Mégachiles. La singulière conformation des joues de cette Méga- w chile nous a engagé à en former un genre nouveau. Nous iM en avons capturé 4 femelles mais aucun mâle encore. je yin ; hee ee cère céphalique. Gnatocera cephalica, n. sp. { Tone: «60 pce. Noire, polie, brillante ; tête allongée, forte- ent échanerée postérieurement, finement ponetuée sur le vertex, ces ponetuations devenant sur les joucs très distantes, larges et enfoneées ; la face couverte d’une pubescence blanchâtre sur les côtés de même que les flancs, le métathorax et le premier segment abdominal. Ailes hyalinés, avee une bordure brune à l’extrémité, les nervures ferra- … gineuses. Les cuisses ct les jarubes à pubescence blanchâtre, les tarses … avec poils jaunes. Abdomen allongé, à côtés paralièles, finement 9 ponctué, les 3 premiers segments avec un sillon transversal, tous les … segments excepté le dernier, terminés par une bordure argentée très 4 apparente, | Cet insecte est particulièrement remarquable par la forme allongée de sa tête. a 12. Gen. HÉRIADE. Heriades, Latr. Tête en carré, plus large que le thorax; ocelles en a triangle sur le vertex. Labre et mandibules courts dans les _ 2sexes, Palpes labiaux avec le 8e article inséré sur le côté du %. Cellule radiale ovale, oblongue, sans appendice; 2 cubitales fermées ; la 2e rétrécie vers la radiale et recevant . les 2 nervures récurrentes ; la 3e commencée. Abdomen . allongé, convexe en dessus; crochets des tarses simples | daus les 9, bifides dans les ¢. ae Petits insectes ayant les mémes habitudes que les _ Osmies, c’est à-dire construisant leurs cellules d’un mortier spécial qu’elles logent dans des arbrissaux creux ou autres cavités. Une seule espèce rencontrée, Hériade carénée. Heriades carinatum, Cress, Proc, Ent. Soc. Phil. iy p? 383,16 9. Q—Long. .25 pce. Noire, très fortement ponctuée, la face avec pubescence blanche, cette pubescence plus longue sur les pattes. Tête en carré; antennes courtes, noires. Thorax presque alvéolé par ses. ponctuations, presque sans ue une partie des flancs granulée. Heailles alaires noirâtres; ailes légèrement fuligineuses, plus obscures _ près de la côte. Pattes avec pubescence blanchâtre. Abdomen sub. cylindrique, convexe, légèrement rétréci à la base, densément et uni formément ponetué, les segments à sutures enfoncées et frangées d’un duvet argenté, surtout sur les côtés, le premier à face antérieure con- rc cave et “séparée du reste par une caréne; la brosse ventrale blan. 234 LE NATURALISTE CANADIEN d'—A abdomen replié en dessous à l’eztrémité, les crochets des tarses roussâtres et bifides. " oul Capturé a St-Hyacinthe et au CapRouge, 14. Gen. CÉRATINE, Ceratina, Latr. Tête transversale. Antennes assez longues, le scape peu allongé, le pavillon filiforme, le 8e article 2 fois plus long que le Ze. Oceiles en triangle sur le vertex. Mandi- bules fortes, tridentées ; les palpes labiaux à 4 articles, les 2 terminaux petits et insérés près du sommet du 2e, les palpes maxillaires de 6 articles. Ecusson mutique. Cellule radiale à peu près ovale, son extrémité arrondie, s’écartant de la cote; 3 cellules cubitales fermées de grandeur pres- que égale, la 2e rétrécie vers la radiale et recevant la lère récurrente, la 8e élargie au milieu et recevant la 2e récur- rente. Abdomen convexe, presque cn massue. Les jambes postérieures convexes en dehors, le ler article de leurs tarses avec une brosse en dessous, bea le Insectes ayant assez lapparence des Mégachiles exté- rieurement, mais s’en distinguant surtout par les 3 cellules cubitales. Une serle espèce rencontrée. Cératine à-2-dents. Ceralina bidentata, nov. sp. d—Long. .36 pce. Noire avec poils blanchâtres ; la face au des- sous des antennes avec le labre, jaune. Antennes noires. Thorax avec, longs poils blanchatres, le métathorax très court. Ailes hyalines, les nervures ombrées de même que la partie près du stigma. Pattes noires, le ler article des tarses postérieurs dilaté avec une brosse roussâtre en dessous. Abdomen court, convexe, presque nu, la marge apicale des segments plus lisse, testacée, le 7e avec une projection au milieu portant une échancrure qui la partage en 2 dents. Un seul spécimen d capturé, bien reconnaissable par, son Te segment abdominal. (N. B. La partie qui suit de la clef pour la distinction des genres a été, par erreur, omise à la page 171), Insectes dépourvus d'instruments pour la récolte du pollen et la confection des nids: PARASITES ; 3 cellules cubitales fermées ; 235 | XXI—ANDRÉNIDES. 2e cubitale recevant la 1ère récurrente vers son milieu ; Ecusson avoc 2 tubercules au milieu et une épine de chaque bôté : palpes maxillaires d’un seal SLEBIC a sein aso sees ss lo: I PROLUS: i Feusson bituberculé mais sans épines aux côtés 16. Nomapa. 2e cubitale recevant ja a ère cie rrente au del “4 À de son milieu ; écusson sans tubercules 17. SPHecopEs. "2 cellules cubitales fermées Abdomen conique avec oat à l'extrémité CODES eee ee MES LO. 1 Lie myss Abdomen fusiforme, sans peintes dans le RUSSE ta [ds] D ©Q wa © ao) ba wn 15. Gen. EP£OLE. Eneotus, Latr. Tête courte et large; thorax court, trapu; abdomen court, robuste, sans instruments pour la récoite du pollen. Palpes maxilaires d’un seul article, les labiaux de 4. Antennes courtes, filiformes. Ecusson bilobé au milieu avec une épine de chaque côté. Ailes avec 8 cellules cubi- tales fermées, la 2e rétrécie vers la radiale, recevant la 1ère récurrente, la 8e recevant la 2e récurrente, la 4e à peine commencée. Pattes à éperons simples. Abdomen subcor- diforme, oblong, rayé transversalement de bandes d’une pubescence jaune ou grisätre, aigu dans les J et tronqué. obtus dans les 9, le der segment dans ces dernières £ LA portant sur son disque un espace triangulaire déprimé, quelque peu rugueux, quelquefois avec Hess ars tée, | La forme de l’écusson et les bandes pubescentes de l'abdomen permettent surtout de distinguer ces insectes des Nomades. Deux espèces rencontrées. Ecailles alaires rousses.....--.. he os ED . 1. mereatus. PeALILCSHAIAITER | GINGER os cc cicocic docs ce 2. denatus. 1. Epéole acheté. Epeolus mercatus, Fab 2, Proc. Ent. Soc, Phil. II, p. 895. P—Long. .26 pce. Noir, rugueux, la face avec pubescence ar- gentée. Antennes entièrement noires. Les écailles alaires, les tuber- cules, les jambes et les tarses avec les genoux, roux. Thorax bordé en avant et en arrière ue rk grise, les we avec los obscures, les nervures roussâtres, Abdomen avec & bandes cenarées janes Gon ce Von A “A is le premier seement bordé en ontre d’une ligne cendrée interrompue a milieu à la baise et un sommet, mais élargie et creusée en anele aign | sur jes côtés. —R Uu seul spécimen capturé a 8S. Joachim par M. l'abbé Huart. 2. Epéole donné. Epeolus donatus, Harr. B. Mus, Cat. I, 256. Q@—Long. .34 pce. Noir; la tête et le thorax à ponctuotions confluentes, la face avec pubescence blanchâtre au dessus du chaperon. Thorax avee une ligne blanchâtre sur le collier, une autre au dessus - des écailles alaires, 2 autres plus petites sur le disque du mésothorax, une autre derrière l’écusson et les angles du métathorax. Ecusson bilobé. Ailes légérement obscures, les nervures noires, Patties noires. les jambes avee pubescence blanchâtre‘en dehors; les tarses roussâtres, les postérieurs avec le premier article noir. Abdomen ovoïde avec une bande de pubescence blanchâtre au sommet de tous les segments, cette bande brièvement interrompue au milieu; le ler segment ayant de * plus toute sa base couverte d’une semblable pubescence.—R. Capturé à Toronto, mais doit probablement aussi se rencontrer dans la province de Québec. 16. Gen, NomapE. Nomada, Latr. Tête en carré transversal, plus large que le thorax, à face large et courte. Ocelles disposés en triangle sur le vertex. Antennes courtes, le pavillon filiforme, non en massue. Palpes maxillaires de 6 articles, les labiaux de 4, Mandibules étroites, unidentées. Ecnsson élevé avec 2 tubercules sur le milieu. Ailes avec une cellnle radiale simple, 3 cubitales fermées, la 1ère aussi grande que les 2 suivantes prises ensemble, la 2e et la 3e rétrécies vers la radiale, chacune avec une nervure récurrente. Pattes sans poils pour la récolte du pollen, les tarses seuls avec une brosse en dessous, les épines des jambes simples. Abdo- men court, ovoide. Insectes généralement roux avec taches jaunes. Les Nomades comme tous ceux qui nous restent à dé- crire de cette famille, sont dépourvus d'instruments pour CT Ts A EP D le er la construction des nids et le transport des provisions. — Cependant leurs larves sont apodes et incapables de cher- st TE ‘th rs À - ANDRÉNID Es, ne L En la perpetuation de lenr race 2 L'auteur de toutes choses qui n’a rien laissé au hasard, a pourvu les mares de ces insectes d’un instinct qu'il n’a pas voulu accorder à Fa autres. C’est à des nourrices étrangères qu'elles con- ee fieront leurs progénitures. Les mères Nomades épient le He où des Anthophores on autres nidifiants sortent » de leurs trous pour aller chercher de nouvelles provisions, a elles y pénètrent aussitôt et déposent un œuf dans la pâtée À a apportée, et a l’éclosion, au lieu d’une seule larve que | contiendra la ellule, il y en aura deux, pour partager les . provisions. Il doit arriver souvent sans’ doute que l’intruse 7 fait périr la véritable propriétaire, mais la Divine Sagesse > a pourvu les mères des nidifiants d’une bien plus grande | fécondité que celle des parasites, afin, sans doute, de con- 4 server l’équilibre nécessaire C’est à cette communauté d'habitation des larves des parasites avec d’autres diffé- _ rentes qu'est due sans doute la différence de taille si com- mune dans ces insectes à l’état parfait. Si la larve du para- , q site peut résister sans périr à une nourriture insuffisante, 1 sa taille, comme il arrive chez une foule d’autres insectes, 4 en souffrira proportionnellement lorsqu'elle passera à l'état _ parfait. Chaque parasite s’attache, parait-il,a un genre particulier de nidifiants. _ Les Nomades sont assez nombreuses en espèces, cepen- dant nous n’avons.encore rencontré que les cinq qui _ suivent: 1 Abdomen ferrugineux, immaculé..... «-..ss.-.. 1. Americana. Abdomen plus ou moins taché de jaune ; Keusson mutique ; _ Q avec une seule tache janne sur les 2e segment abdominal; d'avec taches sur les segments DS AND ete... ~~ “sonne 2) BASLE Mates © avee taches jaunes sur les segments 2 et 3, uve bande sur le 4e, et une double tache sur le 5e; dt ayant le plus souvent du jaune sur chaque segment................. .... 8. maculata. © avee une ligne jaune sur tous les segments, ones HA “ "RP nt My 1 n fs i 238 LE NATURALISTE CANADIEN rant presque a 2, Jutecla. 6 chaque côté. ........, 5. punctata. celle du 2e le couvr Fo A Ecusson avec une épine € 1, Nomade d'Amérique. Noraca Americana, Kirby, # am Faun. Bor. Am, iv, p. 269. © — Long. .33 pce. D’un ferrugineux obscur; un point noir de chaque côté du chaperon ; les antennes d’un roux plus clair, le scape noir en dessus. Mons densément ponctué, avec une ligne médiane noire interrompue par l'écusson et continuée sur le métathoraz; la de avec une tache noire de chaque côté. Métathorax noir pos- térieurement en arrière et portant des poils blanchâtres sur ses côtés. Ailes subhyalines, avec l’extrémité plus obscure et une lunule plus claire en avant, les nervures brunes. Pattes avec la base des hanches et des cuissec noire. Abdomen poli, lisse, d’un ferrugineux obseur, la base du premier segment avec la marge apicale des segments 2 et 3, noire.—kR. Un seul spécimen capturé. Les espèces de ce genre | étant toutes fort variables dans leur coioration sont par ee cela de même très difficiles à distinguer les unes des autres, La présente espèce cependant est bien reconnaissable par son absence de taches jaunes. 2. Nomade a-2-marques. Nomada bisignata, Say, Say’ Ent. i, p. 289, Q@—Long. .38 pce. Ferrugineuse ; une tache noire entre les an- | tennes s’unit quelquefois à une autre sur le vertex. Antennes rousses | en dessous, noiratres en dessus. Le vertex et le thorax rendus ru- gueux par des ponctuations denses. Thorax avec une ligne noire lon- gitudinale interrompue par l’écusson; le métathorax garni de poils blanes en arrière sur les côtés. Ailes passablement enfumées, avec une bande claire en avant de l’extrémité. Les pattes avec la base des hanches et des cuisses noire. Abdomen avec la base du 1ér segment | et la marge apicale des autres, noire ; le 2e avec une grande tache jaune de chaque côté, et le 3e souvent avec un commencement d’une semblable tache.—C. Var. Thorax noir avec 4 lignes ferrugineuses. g' —Thorax et tête, noir, avec ou sous lignes ferrugineuses, por- tant une pubescence blanchâtre. Le chaperon avec le labre et les man- dibules, jaune. Les hanches avec les cuisses excepté à l'extrémité, noir, Abdomen avec la tache jaune du Ze segment grande, conilu- ente quelquefois au mileeu; le de avec une bande jaune à la base et les Du et 6e avec la marge anaes jaune. XXIL—ANDPENIDES 239 Var. Le premier segment avec une tach @ jaune de chaque côté au-dessus de la barre noire ; quelquefois ce ler segment d’un brun foncé uviforme. Variable non seulement dans sa coloration, mais encore dans sa sa taille & 2 et 3 d’. 3. Nomade maculée, Momada maculata, Cress. Proc, Ent. Soc. Phil. ii, p. 303. 2 —Long. .40 pce. Ferruginense, finement et densément pone- tuée. Thorax avec une ligne longitudinale noire interrompue par l’écusson, le métathorax et les flancs avec une longue pubescence ar- gentée, le légèrement obscures avec une bande claire avant l’extré- mité, le stigma roux, les nervures brunes. Pattes sans aucune tache. Abdomen très AE ponctué, poli, brillant, la marge apicale des segments obscurément noirâtre, la base du ler segment noire, a7ee une tache jaune au-dessus de chaque côté, le 2e avec une tache à la base de chaque côté, les 3e et 4e avec une ligne, quelquefois confiuente au milieu, le 5e avec 2 taches distinctes ; dessous sans taches.—C. Var. Une tache noire à sPinsertion des antennes; le ler et le 3e segment sans tache jaune ; les hanches noires à la base. Var. Un point jaune de chaque côté du chaperon; les tuber- cules de l’écusson, ceux du prothorax, une tache de chaque côté en arrière du métathorax, jaune, le 6e segment avec une bande jaune, d'—La tête et le thorax, noir varié de ferrugineux, couverts d’une courte pubescene blanchâtre; le chaperon, le labre, la base des mandi- bules, jaune. Antennes noires en dessus jisque vers leur moitié. Une ligne médiane sur le mésothorax, le métathorax presque entièrement, les flancs excepté une grande tache rousse au dessous des ailes anté- rieures, noir, Les hanches et la base des cuisses, noir. La tache jaune du 2e segment quelquefois détachée et d’autres fois anguleuse 5e rap- prochant du milieu et formant presque une bande; les segments 3, 4 et 5 avecune tache jaune de chaque côté et quelquefois une ene continue, et d’autrefois ces taches obsolétes sur les segments 4 et 5; le Je dernier ferrugineux et bifide à l’extrémité, 4. Nomade jaunâtre. Nomada luteola, St Farg. Proc. Ent. Soc. Phil. H, p. 282 9. Q—Long. .36 pee. Tête noire, le chaperon, les côtés de la face avec le scape en dessous et une tache sur les mandibules, jaune pale, la partie noire de la face s’avangant sur la partie jaune en une pointe de chaque côté. Antennes rousses, brunâtres en dessus. Thorax à pubescence jaunâtre, les téguments bruns variés de roux, le collier et l'écusson roux. Ailes avec une bande brune à l'extrémité, le stigma roux, Pattes rousses, les hanches avec les cuisses postérienres excepté à l'extrémité, noir. Abdomen ayee ane bande jaune plus o1 moins échancrée postérieurement sur chaque segment, celle du 2e très large, celle du ler étroite divisant la base, qui est noire, du sommet qui est TOUX. d'—Avec les pattes, l’écusson, les tubcreules, jaunes, la base des cuisses brune, les jambes postérieures avec une ligne noire en dedans. 5 Nomade ponctuée. Nomada punclata, Fabr. Proc. Ent Soc. Phil. ii, p. 296. @—Lang. .35 pce. Noire, fortement ponctuée avec une pubes- cence blanchâtre. Les mandibules, le labre, le chaperon avec une taché au dessus, les joues et les orbites antérieurs, jaune pâle. Antennes rousses, noires à la base en dessus, le scape taché de jaune en dessous, Thorax noir, fortement ponctué, les tubercules calleux jaunes, les écailles alaires rousses avec une tache jaune; l’écusson bituberculé avec un point jaune et une épine blanchâtre de chaque côté. Ailes hyalines, obscurcies à l'extrémité, lé stigma fauve, Pattes rousses avec les hanches noires, les cuisses postérieures noires en dehors. Ab- domen noir, avec une bande jaune au sommet de tous les segments, le premier taché aussi de roux au milieu.—R. , ee à Un seul d capturé au Cap-Rouge. Les épines de l’é- cussou de cette espèce la distinguent facilement de ses voisines. | 18. Gen. CÉLIOXYS, Celioxys, Latr. Tête en carré transversal, plus large que le thorax. Palpes maxillaires de 2 articles, les labiaux de 4. Chaperon large, convexe. Ocelles en triangle sur le vertex. Ecusson élevé, portant une dent de chaque côté. Cellule radiale à bout arrondi, écarté de la côte. Deux cubitales fermées presque égales, la 2e rétrécie vers la radiale, recevant les 2 nervures récurrentes ; la 8e à peine commencée. Cro- . chets des tarses simples dans les ©, bifides dans les &. Abdomen conique, fendu horizontalement dans les 9 à — l'extrémité, plus large et plus on moins denté dans les 3. ~ Insectes de bonne taille, plus on moins velus, à abdo- men traversé le plus souvent par des bandes ou lignes — de duvet argenté. Parasites des Mégachiles; 2 espèces _ rencontrés. a XKI.— ANDRENIDES 241 Pee VOIX Se M... AS 0 l'FUfITArSUS. Tarses noirs. .... See eee ere à ee UC ISA. 1. Célioxys tarses-roux. Celivxys rufilarsus, Smith, Brit. Mus. Cat. 1. p. 271. d'—Lang. .48 pee. Noire; la tête et le thorax grossièrement ponctués. La face avec une longae et épaisse pubescence jiune blan- châtre, le vertex et le thorax avec cette pubescence moins fournie et blanchatre, Eccailles alaires brunâtres. Eeusson subanguleux au mi- lieu et portant une dent de chaque côté longue et un peu recourbée. Ailes subhyalines, le bord apical plus obsenr, les nervures noires, Pattes noires avec pubescence sur les euisres et les jumbes, les tarses d’un beau roux clair, Abdomen conique, les 5 segments basilaires avec une ligne de duvet argenté au sommet, le premier portant en outre une tache triangulaire de ce même duvet sur les côtés; le 5e se ter- minant de chaque côté par une pointe, le 6e avec une semblable pointe de chaque côté et en outre 4 autres au milieu, 2 en dessus et 2 en dessous, ces dernières un peu plus longues. —C. P—A pubescence moins abondante, celle du chaperon courte, jaunatre. Thorax presque nu, une ligne plus ou moins complète au collier, une ligne au dessus des ailes se terminant par une petite taehe, 2 points en avant de l’écusson et une ligne plus ou moins obsolète en arrière, de duvet argenté. Les pattes et l'abdomen comme dans le J, le Ge segment avec la partie supérieure finement ponctuée et carénée au milieu, l’inférieure beaucoup plus longue et avec une petite dent de chaque côté en avant de l'extrémité. Bien reconnaissable par ses tarses roux, 2. Célioxys triste. Celioxys tristis, Cress. Proc. Ent. Soc, Phil. 11, p. 408. 2 — Long. .45 pce. Noire, la tête et le thorax fortement ponctuée. La face avec une pubescence blanchâtre courte, le chaperon cilié en avant de poils jaunes. Thorax nu sur le dos, une ligne au collier avec le métathorax et les flanes à pubescence blanchâtre peu fournie ; l’écusson avec une dent de chaque côté. Ectiiles alaires noires (quel quefois brunâtres), Ailes subhyalines, ;]us obscures au bord terminal, les nervures noires, Pattes noires avec courte pubescence blanchâtre, les tarses avec poils jaunâtres en dessous. Abdomen brillant, à ponc- tuations peu denses, les 5 premiers segments avec une ligne argentée au sommet, le 6e très finement ponctué, s1 partie supérieure carénée au milieu, l'inférieure plus longue, avec une légère échancrure en avant du sommet. Le ventre plus fortement ponctué et avec les 5 lignes argentées.— CC. 242 LE NATURALISTE CANADIEN Capturée au CapRouge, a Chicoutimi et à St-Hya- einthe. Bien distincte de la précédente par ses tarses noirs, Un spécimen a l'extrémité de sa 1ère cellule dis- coidale de son aile droite traversée par une nervule de manière à former une petite cellule surnuméraire. À continuer. DE QUEBEC A JERUSALEM. (Continué de la page 221). La salle est à peu près disposée ici comme chez les tourneurs, même musique, mêmes costumes, même dispo- sition des jongleurs en cercle. Il y a cependant cette dif- férence que des chaises sont disposées dans la galerie pour les spectateurs et que le chef derviche au lieu d’être ac- croupi dans une niche, se tient debout au milieu du cercle, comme dictant le mouvement à tous ceux qui l'entourent. Ce sont d’abord des inclinations peu profondes et en avant qu’on exécute en caderce, en accompagnant chacune d’un souffle bruyant qu’on tire avec effort de la poitrine, Mais la musique accélérant son rythme, les sauts deviennent plus prompts et plus profonds et le souffle se change en un grognement formidable. Le chef de ja bande, vieillard a longue barbe blanche, touche à l'épaule un plus jeune que lui qui sort du cercle pour prendre sa place. La mu- sique alors redouble sa cadence, et toutes les têtes se courbent précipitamment, mais toujours en cadence et toujours en exhalant le bruyant grognement, touchant presque le pavé en avant et se redressant toujours a chaque fois; les bonnets volent par terre, les cheveux obéissent aux mouvements, les figures sont rubescentes et tuméfiées, et tous semblent n’étre plus maitres de leurs mouvements, emportés par une force irrésistible, une véritable posses- sion. Nous restâmes plus de vingt minutes à observer cette pantomime, nous étonnant toujours de plus en plus, que DE QUEBEC A JERUSALEM. 243 ces hommes fussent capables de résister si longtemps a un jeu si fatiguant. Nous aurions désiré voir comment se terminerait la scène, mais comme nous avions encore bien d'autres choses à visiter, nous laissâmes nos hurleurs se débattre et pousser leurs hurlements pour porter nos pas dans d’autres quartiers de Ja ville; nous Je regrettames d'autant plus qu'on nous avait rapporié que souvent ces exercices se terminaient par des scènes tout-à fait extraor- dinaires, Le P. Damas qui a fait plus de dix voyages en Orient, décrit ainsi la conclusion d’un exercice des derviches tour- neurs auquel il avait assisté, “ Depuis quelque temps, des femmes se tenaient près de la porte avec leurs petits enfants. Une sorte de maître des cérémonies s’approcha de Pune @elles, prit son enfant et sen alla le déposer au pied du chef des jongleurs, Alors le derviche se leva gravement, appuya ses deux mains sur les épaules de deux de ses disciples placés à sa droite et à sa gauche, mit les pieds sur la petite créature et se tint de la sorte pendant quelques secondes. L'enfant pouvait avoir de huit à dix mois, Il ne poussa pas un cri. On en pré- senta d’autres, La même chose se fit. Pas un ne pleura, Alors des hommes de tous âges vinrent se coucher tout de leur long à la place des enfants. Il y en avait sept ou huit à côté de l’un de l’autre. Ils étaient placés de manière que le premier avait la tête de son voisin près de ses pieds, et les pieds du même voisin près de sa tête, Ht ainsi de suite, Ge manière que des deux côtés on vit tonjours des têtes et des pieds alternant. Les uns se couchaient sur le dos, les autres en sens inverse. Le grand derviche marcha gravement sur ce tapis de corps humains. On s'apercevait qu'il ménageait ses pas, mais il mettait ses pieds sur la poitrine, sur le ventre, sur les reins des patients. Personne ne tressaillait. 11 allait jusqu'au bout, et pais revenait, D'autres hommes se succédérent remplaçant les premiers. L'opération dura tant qu’il y eut du monde disposé à se prêter à cette cérémonie bizarre, “ Depuis le commencement de la séance, je tournais de temps en temps mes yeux vers une quantité de sabres Le NATURALIST 4) ; ee Cray + ae £ ETC 1? de haches, d'instruments de fer de toutes espèces, suspen- dus à la muraille autour de la niche du chef supréme. Je me demandais ce que cela voulait dire, et j'avais hâte d’en avoir l'explication, Eile me fut donnée en ce moment, L’enceinte se vida entièrement; le chef seul resta sur son tapis; alors deux derviches entrèrent dépouillés comme our un bain. L'un deux était un petit vieillard, see et: 9 leste ; l’autre, encore jeune, avait des membres forts et bien pris. Tous deux saluérent leur maitre; détachérent cha- cun un sabre du mur, et tout a coup, je vis le petit vieillard sélancer d’un bond à l’autre bont de l'enceinte, Il tenait les deux extrémités du sabre dans ses mains. Mn retom- bant à terre il s’en donna un grand coup sur l’estomac avec Je tranchant, et il nous regarda. Il n’avait pas la moindre écorchure. Le second s’élanea à son tour. Il était évidem- ment moins habile. Après chaque épreuve on voyait une trace rouge sur sa chair. Il crachait dans ses mains et se frottait vivement l'estomac pour faire disparaître les marques de sang. Cette danse singulière dura quelque temps. Alors le jeune homme se retira. Le petit vieillard, mieux au fait, jeta son sabre, et décrocha un instrument singulier: c'était une boule de bois dans laquelle on avait enfoncé un fer de lance trés-pointu. A la bonle étaient attachées une multitude de petites chaines de fer, qui pendaient en couronne. Le petit vieillard fit tourner le fer de lance dans ses deux mains étendues, avec une volubi- lité prodigieuse, la pointe en bas, la boule en haut, Tontes les chaînes emportées par la rotation eurent bientôt pris la forme horizontale. Tont à coup, le vieillard lance en Pair son instrument qui continue à tourner. Ii incline'la tête, et la pointe de la lance lui tomba sur la joue de la hauteur du plafond, alourdie par la boule de bois et les chaînes qui pèsent en dessus. Le fer aigu tourne plusieurs fois sur cette joue immobile. Le jeu cesse; le vieillard lève la tête : la peau de sa joue était lisse comme un gant neuf, J’ignore par quels procédés les derviches font toutes ces jongleries; c'est rebutant à voir, mais c’est curieux, A cer- taines grandes #poques de l’année, un derviche passe à cheval sur une file d'hommes étendus, J'aurais voulu être (4 4 Ae’ À À a _ Caire aux époques voulues.” Nous non plus, nous n'avons pas été témoin de sem- blables fêtes, mais nous tenons de la bouche ’ane per- sonne digne de foi qui y assista, le récit de ce qui sy passa, et rien de plus révoltant. Il n’y avait la, nous dit notre narrateur, ni enchantement, ni sorcellerie; mais c'était simplement des fanatiques qui venaient librement se livrer à des mutilations et très souveut à la mort, croyant par ce moyen obtenir d'emblée le paradis. Imaginez une centaine d'hommes couchés sur le sol, pressés les uns contre les autres et disposés comme nous Pavons rapporté des enfants, et sur lesquels, c’est-à-dire sur ce tapis humain, un derviche se promenant à cheval sans ancun égard où la bête paurra mettre le pied. Le cheval hésite d’abord et semble chercher des vides où il pourra mettre le pied, mais ex ité de l’éperon, il se dé- cide bientôt, et parcourt la file allant et revenant plusieurs fois. Ici c’est un bras, une jambe qui se cassent et dont on entend le craquement des os; là un ventre crevé dont les entrailles séchappent par les déchirures; quelquefois la- nimal piqué fait un bond et met le pied sur une tête dont on voit jaillir la cervelle ou le crane demeurer veuf de sa couverture, etc., ete. On ne peut rien imaginer de plus horrible! Et dire que de telles monstruosités se pratiquent encore en plein dix-neuvième siècle, et pour ainsi dire au milieu de nations civilisées!!! ; Nous nous rendons ensuite au quartier turc pour y vi- siter les bazars qu’on nous avait fort vantés, Ces bazars sont en cffet plus riches et mieux disposés que ceux que nous avions visités à Alexandrie. Ce sont à proprement parler des boutiques dont les étalages sont en partie à l’ex-. térieur, comme on en voit en beaucoup d’endroits à Paris, mais avec cette différence que la rue est partout couverte et que le comptoir du débitant semble plus appartenir à la rue qu'à l'intérieur de la boutique. * Ces bazars sont d'ordinaire fort achalandés et présen- tent par fois un assez joli coup d'œil. Mais c’est tonjours a La façon orientale, c’est-à-dire que la symétrie, la classifi- 246 LE NATURALISTE CANADIEN cation des articles fait complètement défaut. (C’est irré- gulier, cest bizarre, c’est dépareillé, comme la foule qui encombre les rues, comme les costumes divers qui se cou- doient partout. Le gardien d’une tablette où s’étalent des pipes d’un sou, des trompettes de deux sons, des revolvers en fer blanc avec des bijouteries de verre, montées en cuivre, vous offiira parfois une tabatière d’or émaillée et couverte de diamants, qu'il tire d’un vieux coffre en bois en- veloppée dans une guenille, = Combien demandez-vous 2 — Cinq mille francs. - Vous faites un signe négatif, et le marchand sans rien perdre de son flegme, renveloppe son bijou dans son chiffon, le replace dans son vieux coffre, et tout est dit. La plupart de nos visiteurs ne voulurent pas quitter les bazars sans y faire quelques petites emplettes; plusieurs se pourvurent de courbaches de nerfs d’hyppopotame en vue des courses à cheval que nous aurions bientôt à faire, pour nous, nous nous contentâmes d’un grand turban blanc avec bord et frange rouge et jaune pour ajouter a notre chapeau de paille de riz afin de mieux nous protéger contre les ardeurs du soleil. En revenant par l’une des rues principales, nous re- marquames en un certain endroit une certaine procession avec musique en tête. C’est une noce, répétait-on de tout côté ; nous nous en rapprochons pour mieux lexaminer, Derrière la musique, qui ne valait pas tout-à-fait celle de la bande nationale de Paris, marchait la mariée, complè- tement soustraite aux regards par un dais que quatre hommes portaient au dessus de sa téte et dont les tentures, en riche soie rouge avec fleurs en couleurs, touehaient presque au sol. Une vingtaine de personnes, toutes riche- ment costumées suivaient ce dais. Nous pensions ne pou- voir voir rien de plus, lorsqu'un indiscret zéphir, à la tra- versée d’une rue, vint tort à coup faire voler un pan de la tenture au dessus du dais et exposer aux yeux des profanes ce qu’elle devait constamment couvrir. L’expo- sition fut d'assez coute durée, mais avant q'’on eat pu ramener le malencontreux pan a sa place, nous pumes tout à notre aise voir la précieuse pièce qu'on soustrayait DE QUEBEC A JERUSALEM 247 ‘ainsi aux regards. La mariée, toute couverte de soiries aux plus riches couieurs, était une assez jolie fillette de 10 à 11 ans à en juger par lapparence. Elle était accom- pagnée d’une suivante qui iui paraissait bien supérieure en taille et en âge. Quant au marié, il ne fallait pas le chercher 14; il était à son logis attendant qu’on vint lui livrer la marchandise, ce meuble, cette chose qu’il ap- pellera sa femme et qu'il avait payée en beaux deniers comptants à son père, à sa famille. C’est ainsi que se font les mariages dans la haute société musulmane, La polygamie est à peu près chez les musulmans ce qu'elle était sous la loi Mosaïque chez les Hébreux, moins toutefois l’état d’avilissement et de dégradation où les lois du Coran ont amené aujourd’hui la femme, qui est encore au dessous de l’esclave, c’est une chose, une bête de somme qu'on achète et dont on peut user à volonté. Bien qu'il y ait plusieurs ferames dans un ménage, toutes ne sont cependant pas sur le même pied. La première seule est sensée l'épouse légitime, les autres sont des esclaves, des servantes; on les désigne d'ordinaire par le rang qu’elles occupent dans la famille, deuxième, troisième, quatrième femme. À part les aristocrates, les grands seigneurs, qui se payent le luxe d’un harem nombreux, il est rare que dans les familles on dépasse le nombre de trois ou quatre femmes, et beaucoup se contentent même d’une seule, Les Arabes d'Egypte sont à teint plus ou moins ba- sané, mais de figure assez agréable. Il n’y a rien d'irrégu- lier et de choquant dans leurs traits. Les enfants surtout sont fort gentils, vifs, pétulants, au regard subtil et intelli- gent. On sait que dans ces climats tout est précoce; la pu- berté vient bien plus à bonne heure là que chez nous. On a eu des exemples de filles qui sont devenues mères à huit ans. Généralement les mariages se font de 10 à 13 ans pour les filles et de 12:à 15 ans pour les garçons. Mais si tout est ainsi précoce, la vieillesse et la décrépitude suivent aussi la même pente, La jeune fille fraiche, épanouie qui contracte mariage à 12 ans, 13 ans, est déjà vieille à 25, 30 ans; elle est usée, fanée, défaite. On ne rencontre nulle Oi et Sey ag VER tit oly es “A AM AA APE ME 218 LE NATURALISTE CANADIEN part de ces redondances de chair comme on en voit si sou- vent chez nous; l’embonpoint est inconnu chez ces popu- lations. Sans être rigoureusement éthique, on se tient par- tout dans un état mitoyen, ni gras, nl maigre, ou plutôt maigre que gras. Nous zenions à peine de laisser la noce, que nous ren- controns un autre procession, aussi avec musique eu tête, mais d’un genre différent. La marche s’ouvre par une ban- nière en cuir sur laquelle sont frappés en or force rasoirs, ciseaux, et autres instruments dont nous n'avons pu ima- giner l’usage, Derrière la bannière suit tn gamin à cheval, suivi Ini-méme de la musique, Une troupe d'enfants se pressent et se bousculent pour se tenir le plus près touten suivant la marche.— Qu'est-ce, qu'est-ce? demandames- nous.— C'est, nous répondit on, une circoncision. En eff-t, Mahomet, tant pour singer le symbole religieux des Hé- breux, que comme mesure d'hygiène pour son peuple, a ordonné la circoncision ; mais chez les musulmans, ce nest qu'à l’âge de sept aus qu’on la pratique. Le bambin qu'on allait ainsi opérer était celui-là même qui était à cheval à la suite de la bannière, Richement habiilé et sans doute inconscient de ce qui allait lui arriver, il dégustait une orange, tout en s'amusant à voir la foule de gamins qui se pressait autour de lui. Nous retournons ensuite à notre hôtel en traversant la principale place publiqne du Caire, qui est un grand carré, ou plutôt un grand jardin avec une large rue sur chacun de ses quatre côtés. Arbres, fleurs à profusion, gazons ton- dus, kiosques pour musiciens, sièges, etc., rien ne manque de tout ce qu'on rencontre dans les places publiques des grandes villes d'Europe. Nous remarquons que des mnsi- ciens prennent place dans l’un des kiosques qui nous avoisinent, lorsqu'encore aucun auditeur n'était rendu. Nous nous y transportons et nous nous mettons à l'aise dans les nombreux fauteuils qui sont 1a vides en attendant des occupants. Nous venions à peine de nous asseoir qu'un employé se présente en tendant la main et et en répétant: dix centimes (deux sous). Kh! oui, dimes- nous à notre compagnon, c’est toujours le sempiternel bac- chish qui nous poursuivra tant que nous serons en Orient. DE QUEBEC A JÉRUSALEM 249 Cette musiqne n’ayant rien de bien attrayant pour nous, nous l’abandonnons après quelques minutes seulement pour nous diriger à notre hôte! où nous rentrons vers les sept heures, fatigués mais fort satisfaits de tont ce que nous avions vu dans la journée, Le Caire, samedi, 26 mars.—C’est aujourd’hui que nous devons quitter le Caire pour Ismailia sur le canal de Suez, où, grâce à la bienveillante générosité de M. de Lesseps, un canot à vapeur nous transportera à Port-Said demain où nous rencontrerons notre vaisseau le Scamandre. Mais comme le train ne part qu’a 114 hs. nous avons encore tout le temps de faire l’excursion d'Héliopolis que nous avions remise à Ce Main. Le temps est toujours magnifique, et la chaleur très- supportable, grâce surtout à une brise rafraîchissante qui soufHe presque constamment. Vers les sept heures, six voitures à deux chevaux nous attendaient pour l’excursion ; c’est une course de guère plus de deux milles en pleine campagne, Mais voulant voir le plus possibie des environs de la ville, nous déci- dames de passer par un cheinin où nous visiterions les tombeaux de Kalifes, pour revenir par l’autre qui lui est à peu près parallèle. Nous enfilons donc les rues à grand trot, chaque voiture précédée de son sais qui s’en va criant et ne ménageant nullement les épaules de ceux trop lents à se garer, de son fouet toujours en mouvement, Mais à peine sommes nous en dehors de la ville, que nous tombons sur un chemin de sable mouvant où les roues s’enfoncent de manière à fort incommoder nos bêtes qui ont à tirer de lourdes voitures, chargées chacune de six personnes. Nous atteignons à peine les premiers tombeaux, que les chevaux Li? Lee 14e (2) al Lae ay Spe ate EL lab. . PA . de la voiture qui nous précède s’arrétent, refusant de tirer . davantage, Tout aussitôt les nôtres en font autant, Le cocher nubien, croit qu’en faisant jouer son fouet il va vaincre leur obstination, et s'exécute d'importance. Mais les pauvres bêtes refusent obstinément et tentent de ré- pondre aux coups par des ruades. L’un deux est en tra- vers dans ses traits et rend coup pour coup, Nous mettons aussitôt pied à terre, et nos deux brutes Ce uubiens, cloués +, nr : os ae aE. PE 250 LE NATURALISTE CANADIEN à l’impériale, sont toujours a fouetter sans se mettre en peine de remettre les bêtes en place. “ En vérité, nous cit un compagnon, je ne sais quels sont les plus bêtes, de ceux qui sont dans les timons ou de ceux qui siègent sur limpériale” Et saisissant alors l’homme au fouet par le collet, il le dégringole de son siège et l’étend sur le sable, Laissant nos cochers réparer le désordre des attelages, nous allons à pied visiter les premiers monuments qui dé- notent dans leur construction, un haut degré de perfec- tion dans l'architecture Arabe, mais qui malheureusement sont dans un pitoyable état de conservation. Mais nos bêtes ne paraissant guère mieux disposées qu'auparavant à vaincre la résistance du sable mouvant, nous nous déci- dons à aller prendre l’autre route, qui étant macadémisée, n'offre pas le même inconvénient, A peine sommes-nous sur le chemin dur, que nos pauvres bêtes semblent oublier leur misère et reprenent le trot sans résistance. Nous parcourons une magnifique campagne, où de superbes villas viennent de temps en temps rompre la monotonie des cultures. Après environ une demi-heure de marche, nous passons devant Matarieh pour visiter de suite les ruines d’Héliopolis qui se trouvent à quelques arpents seulement plus loin. L'ancienne ville du soleil (Héliopolis) ne montre plus aujourd’hui au visiteur que l'endroit où elle gisait autrefois, emplacement qui se distingue seule- ment du reste par le tertre qu’y ont formé ses décombres et par un superbe obélisque, le seul qui reste aujourd’hui sur pied, avec la colonne de Pompée, dans la basse- Egypte; on le dit contemporain d'Abraham. Ce monu- ment est le mieux conservé de tous ceux que nous avons vus, et les hiéroglyphes qu'il porte paraissent encore toutes fraîches. Nous pénétrons dans un champs de fèves au milieu duquel il s’élève, pour lexaminer de plus près. Le monolithe, de granit rose et de forme quadrangulaire, sort de terre sans rien pour le protéger, et ne montrant ni socle ni base. On nous dit qu'un tiers au moins de sa hauteur, c’est-à-dire une vingtaine de pieds, se trouve en- foui dans le sol, par les décombres qui l’ont entouré et sur lesquels on cultive aujourd’hui. Sa base mesure six pieds de largeur, et sa hauteur 63 pieds sans y comprendre le DE QUECEC A JERUSALEM 251 piedestal enfoui sous terre. Cet obélisque n’était pas le seul qui ornait Héliopolis, ceux du mont Citorio, et de la place du peuple, à Rome, viennent aussi de la ville du Soleil. Nous reprnons nos voitures pour retourner d'ici et visiter en passant Matarieh où se trouve l'arbre sous le- quel se reposa la sainte famille et où elle demeura dit-on pendant deux ans. Oui, un jour, sous l’action brülante de ce soleil de feu qui nous énerve, après avoir affronté le simoun qui tue dans ces déserts arides, arrivait ici une jeune femme portant un enfant. Et cet enfant était Dieu, Venu dans le monde pour le sauver, le monde ne voulait pas le reconnaitre. Fuyant la colère d’Hérode qui voulait le faire périr, celui qui gouverne le monde même, s’en venait avec sa siinte mère chercher un refuge en Egypte. Celui qui conduit la vierge mère avec son enfant est le grand S. Joseph. Pendant sept ans, la plus auguste des familles qui paraitront jamais sur la terre habitera ce sol de ‘Egypte, jettera dans ces deserts cette semence secrete qui germera, quelques années plus tard, pour produire un peuple d’adorateurs en esprit et en vérité, de véritables enfants de la croix. En vain Hérode s’agitera sur son trône; ses janissaires sur les traces des fugitifs se crolront un moment sur le point de les saisir; encore un instant, et ils vont mettre la main sur eux. Mais Marie et Joseph avec leur précieux enfant s’appuient contre un arbre pour se reposer, et voila que le tronc de cet arbre, d’après la tradition, s'entiouvre pour les recevoir, les dérober aux regards et les mettre en liberté lorsque les émissaires re- nonceront à leur poursuite inutile; et c’est cet arbre que nous avons sous les yeux! Avec quelle émotion nous nons agenouillons sur ses racines, nous appliquons nos lèvres sur son écorce, nous palpuns son tronc de nos mains. L'arbre de la Vierge est aujourd’hui renfermé dans un jardin, la propriété du gouvernement Egyptien, mais qu'on nous permet facilement de visiter. C’est un Sycomore, c’est- à-dire une espèce de figuier, Ficus sycomorus dont le tronc déformé, en partie évidé et mesurant dix-huit pieds de circonférence, se partage à peu de distance du sol en trois à yt y have Sain 8 CR C7 2 gy a LE NATURALISTE CANADIEN — grosses branches fournissant une masse considérable de … verdure. Nous désirions beanconp en prendre quelques feuilles pour notre herbier, mais nons n’osions le faire dans la crainte d’offenser les gardiens, lorsqu'un jeune homme de notre troupe, montant sur la clôture, détacha une por- tion considérable de l'extrémité dune branche, qui put satisfaire le désir d’un chacun. Nous avons pu depuis nous procurer de ses fruits; ce sont des figues beaucoup plus petites que celles du commerce ordinaire, avec l’ex- trémité pointue, en forme de toupie. Tout près de l'arbre, coule dans des bassins de pierre, une superbe source d’eau limpide et rafraichissante, la seule source d’eau douce naturelle dit on, dans toute la basse-Egypte. Nul doute que la mère de Jésus fit un usage journalier de l’eau de cette source durant son séjour en ce lieu. Le vice-roi d'Egypte offrit l'arbre de la Vierge avec son jardin à l’Impératrice Eugénie, lors de sa visite en ce lien, mais pour des considérations politiques dont nous n'avons pu nous rendre compte, la pieuse Impératrice crut ne pouvoir accepter le cadeau. Nous rentrons en ville peu après dix-heures, c’est-à- dire n'ayant guère que le temps de prendre notre diner et de préparer nos malles pour le départ. Bien qu'il y ait des chevaux, des mulets et des voitures au Caire, la monture la plus ordinaire est cependant le baudet ; on en compte 40,000 dans la ville, et riches et pauvres en font usage, depuis le fellah avec ses pieds nus et sa chemise en guenilles, jusqu’à la bourgeoise musul- mane, qui, à califourchon et couverte de son grand voile, ne laisse voir que ses yeux et ses bottines de cuir jaune. Voulant essayer de cette monture avant de quitter la ville, nous en faisons venir deux pour nous conduire à la gare. Nous confions nos petits sacs aux sais chargés de les con- duire et enfourchons les aliborons. Nous sommes à peine en selle, que nos gamins se mettent à fonetter leurs bêtes ; elles prennent aussitôt un galop fort désagréable par ses secousses ; nous répétons à notre sais d’avoir à retenir son fouet, que nous voulons aller plus doucement; il croit que _ allions virer de bord pour faire entendre raison à notre stupide gamin, lorsque tout à corp, la bête de M. Boldue s'éjarre sur un pavé glissant et étend son cavalier sur le trottoir, aux grands éclats de rire de la bande de gamins qui nous suivent. Mais la chute était sans conséquence, on se remet aussitôt en selle et on réussit à faire com- prendre à nos conducteurs que nous désirions une allure plus lente et plus paisible ; anssi nous parvenons de ce point sans encombre à la gare. Ces petits Anes bien con- duits, sont sans contredit des montures des plus agréables et des moins fatigantes; ajoutons qu’on se les procnre pour une bagatelle. Pour un franc on peut chevaucher ainsi une grande demi-journée, A 113h. le train s’ébranle ct nous volons à l'Est vers Ismailia. Quelques minutes seulement après avoir laissé la gare, nous nous trouvons déjà en plein désert, C’est une plaine sablonneuse nue la plupart du temps, ou pré- sentant deci de la quelques touffes d’arbrisseaux rabougris que broutent des chèvres ou des moutons. A notre droite nous laissons le Mokattam, cette montagne au pied de la- quelle s'étend la célèbre forest pétrifiée, c’est-à-dire où l’on trouve des arbres renversés, des ironcs mesurant de 80 à 40 pieds de longueur, avec branches, rameaux, écorce, le tout silicifié, changé en pierre. Nous avons fort regretté de n'avoir pu la visiter. A notre gauche, c’est Héliopolis que nous venions de visiter, dans cette terre de Gessen que cultivèrent les enfants de Jacob, dont la descendence forma le peuple de Dieu, chez lequel prit naissance le Sauveur des hommes. Quelle immense solitude qne le désert ! qnelle dé- sespérante monotonie! quelle décourageante aridité! La plaine sablonneuse s’est ondulée comme l'élément liquide agité par une brise légère. On dirait une mer saisie par un froid violent qui l’a figée instantanément avec toutes ses aspérités, ou mieux encore, moins la couleur, nos plaines boréales couvertes de neige, à surface striée et sculptée exactement de ia même manière. Mais si le désert en général nous ennuie par sa nudité, sa monotonie constante, sans même nous éblouir, nous ‘ 254 LE NATURALISTE CANADIEN frapper comme la mer par son immensité, qui nous plonge dans le vague, nous enléve anx réalités de la vie physique pour nous égarer dens des réveries sans fin, nous dominer par les seules voix d'éléments sans contrôle et sans limites il n’en est pas ainsi de celui que nous traversons en ce moment. Rien de plus facile que dele peupler, par la pensée, de tous les grands personnages qui ont marqné de l'empreinte de leurs pieds le sable sur lequel nous volons en ce moment emportés par le souffle de la vapeur. Le désert qui sépare l'Afrique de l'Asie, est, dit le P. de Damas, “le chemin royal de la gloire.’ En effet, les plus célèbres personnages de tous les âges, tant anciens que modernes, ont marché sur ces sables, sont passés par ici. Abraham, le père des croyants, avec son épouse Sara qu'il dounait pour sa sœur pour mettre sa beauté à l'abri des poursuites des Esyptiens ; Jacob, le père des tribus d Israel, venant y embrasser de nouveau le fils de Rachel qu'il croyait avoir été dévoré par une bête féroce; Sésostris avec ses soixante-mille chevaux qui s’en reviennent chargés des immenses richesses qu’il a enlevées à Salomon pour en gratilier l'Egypte ; Nabuchodonosor, roi de Baby- lone, qui est envoyé par le Seigneur, pour châtier lKgypte et détruire Memphis ; Cambyse, roi de Perse, le meurtrier de son frère, l'époux incestueux de ses deux sœurs, vient aussi à son tour faire la conquête de la terre du Soleil! Mais voici le plus grand conquérant des temps anciens, la terre se tait en sa présence, dit l'écriture, c’est Alexandre- le-Grand qui part de la Macédoine, rase Gaza en passant, et vient jeter les fondements de la ville qui portera son nom et gardera ses cendres, Voyez paraître encore la voluptueuse Ciéopâtre dont les charmes subjuguent les héros de Rome. Antoine qui s’en va avec elle faire la guerre aux Parthes. Hérode le grand qui se soumet à Octavien, puis Mahomet, Saladin, Omar etc., etc. Mais voici que se présente un étendard avec un signe tout dif- férent de tous ceux qu'ont portés ceux des conquérants de ce pays jusqu’à ce jour; c’est celui de la Croix et à sa suite Beaudoin qui vient rendre ici le dernier soupir. A l'ombre de ce nouvel étendard, remontons un peu ce DE QUEBEC A JERUSALEM 255 désert et voyons une nombreuse armée de conquérants d'un nouveau genre, étalant les trophées de nombreuses victoires qu'ils ont remportées, non pas sur des nations rivales, des puissances étrangéres, beaucoup plus difficiles que celles-là, sur la chair et ses convoitises, le monde et ses promesses, les plaisirs et leur inanité. Ce sont les Antoine, les Paul, les Pacôme, qui s’en vont peupler les plaines arides de la Thébaide, et fonder un royaume nou- veau à Jésus-Chrit. S. Jérome affirme qu’on compta 50,000 tête à une réunion annuelle, des seuls enfants de S. Pacôme, En ces temps là, nous dit M. de Montalembert, ‘‘ c'était une sorte d’émigration des villes au désert, de la civilisa- tion à la simplicité, du bruit au silence, de la corruption à l'innocence. Une fois le courant établi, des flots d hommes, de femmes, d'enfants sy précipitent, et y coule pendant un siècle avec une force irrésistible. Citons quelques chif- fres. Pacôme, mort à 56 ans, compte 3,000 moines sous sa règle ; ses monastères de Tabenne en renf:rmèrent bientôt 7000. Rien n’était plas fréquent que de voir deux cents, trois cents, cinq cents moines sous un seul abbé, Près d Avrinoé (aujourd’hui Suez), l'abbé Sérapion en gou- vernait 10,000, qui, au temps de la moisson, se répandaient dans la campagne pour scier les bles etgagner ainsi de quoi vivre et faire ’aumone. On va jusqu'a affirmer qu'il y avait en Egypte autant de moines au désert que d’ha- bitants dans les villes. Les villes même en étaient inon- dées, puisqu’en 356 un voyageur trouva dans la seul ville d’Oxyrynchus, sur le Nil, 10,000 moines et 20,000 vierges consacrée à Dieu. Et comme s’il était de règle que tout les grands génies du monde payent leur tribut à l'Egypte, voici que l’Alex- andre des temps moderne, Napoléon, vient lui-même faire retentir de son nom la terre des Pharaons, Kt les Marc, les Athanase, les Cyrille, les Origène, que d’autres encore pourrions-nous mentionner qui sont passés par ces plaines, ont comme nous traversé ces déserts. Nous sortons du Caire par la même ligne qui se dirige sur Alexandrie ; à Béna, nous laissons cette ligne qui tra- 256 LE NATURALISTE CANADIEN verse ici la branche est du Nil, pour prendre une direc- tion opposée, allant directement à l'Est, A Zagazig nous coupons le canal qui amène Peau du Nil à Ismailia et de Ja à Suez, car toute Pithsme est privée d'eau douce, ses sources ne donnant qu'une eau saumatre impotable. Ce canal a 60 pieds de largeur, 7 de profondeur et 50 lieues de longueur, car l’une de ses branches part da Caire même, et se réunit à l’autre qui part de Zagazis pour se diriger à Ismailia et de là se rendre jusqu'à Suez sur la mer Rouge. On continuera bientôt une autre branche jusqu’à Port-Saïd, car les conduits en fonte qui à présent Jui amènent l’eau d’Ismailia, sont depuis longtemps re- connus insuffisants. À 5h. P. M. nous descendions dans la gare d'Ismaïlia sur le canal même de Suez et au milieu de sa longueur. (A continuer.) er 2000 0208 ETES: © am + SOCIETE FRANCAISE DE BOTANIQUE. Des botanistes français éminents se sont entendus derniere- ment pour former une nouvelle sociére de Botanique qui put être d nn accès plus facile que Vancienne Société Botanique de France qui exige 30 francs de contribution annuelle de la part de ses membres, et ont adopté le nom de Société francaise de Botanique. Le but de cette Société est de concourir aux progrès et aux applications de la science des plantes en publiant les travaux de ses membres. A cette fin la Société publie une Revue mensuelle a la- quelle tous les membres sont imvivés à collaborer. La contribution annuelle est fixée à 10 fr. et cette coti- sation donne droit en même temps à la réception de la Revue. Tous les botanistes, tant de France que de l'étranger sont invités à faire partie de la Société. La Société n'admet dans sa Revue aucun écrit faisant al- lusion, soit à la politique, soit à la religion. La Société ne prenant d'opinion pour aucune des écoles, publie les travaux sous la responsabilité entière des auteurs. Voici quels sont les membres du Comité Provisoire de la Société. MM. Dr E. Tison, lauréat de la faculté de médecine à Paris. Al. Jordan, à Lyon. Dr X. Gillot, à Autun. H. Olivier, à Autheuil, G. Bouvet, a Angers. Secrétaire: A. Lucante, à Courrensan (Gers). — Trésorier : Em. Sarromejean, à Cacarens, par Lannepax (Gers) 7 ÿ ly ash 1 “ a Paa62>, Häadivi of Roh, à et ew’ id Oe (62 Î DES eat Vol. XIII—-9. CapRouge, Q., SEPT. 1882. No. 153 Rédacteur : M. l'Abbé PROVANCIIER. FAUNE CANADIENNE (Continué de la page 242.) 17 Gen. SPHÉCODE, Sphecodes, Latr. Tête courte, transversale. Palpes maxillaires de 6 ar- ticles, les labianx de 4. Antennes coudées dans les 9, simplement arquées dans les 3. Ecusson peu saillant, mutique, Cellule radiale se terminant en pointe, celle-ci écartée de la côte et un peu appendiculée. Trois cellules cubitales fermées, la 1ère aussi grande que les 2 suivantes, la 2e la plus pet te, en carré, recevant la 1ère nervure ré- currente, la 8e rétrécie fortement vers la radiale et rece- vant la 26 récurrente, Epines des jambes simples ; cro- chets des tarses bifides, Iusectes de moyenne taille, parasites des Andrénes et des Halictes autour des trous des quelles on les voit sou- vent voltiger. Une seule espèce rencontrée, Sphéccde à-2-couleurs. Sphecodes dichroa, Sith, B it. Mus Cat. i, p.38. Q — Long. .32 pee. Noire avec l’abdomen rouze ; la fice avec une légère pubescenee gri-âtre. Dos du thorax poli, brillant, à pone- tuations peu denses, une ligne de duvet b un en arrière de l’écusson ; le métathorax fortement rugueux, subaivéolé, son disque séparé du 258 LE NATURALISTE CANADIEN reste par un rebord. ŒÆEcailles alaires noires ; ailes subhyalines, les nervures noires, Pattes noires avec une lérère pubescence grisâtre. Abdomen elliptique, poli, brillant, d’un beau roux avec l'extrémité noire.—C. Capturé au CapRouge et à St-Hyacinthe. 19 Gen. PRosoPIs, Prosopis. Fabr. Tête transversale, ocelles en triangle sur le vertex. Antennes courtes, simplement arquées Mandibules sans dents ou simplement échancrées au bout. Palpes maxil- laires de 6 articles, les labiaux de 4, tous à la suite les uns des autres. Hcusson un peu convexe, mutique. Cellule radiale un peu appendiculée. Deux cellules cubitales fer. mées, la 1ère un peu plus grande que la 2e, celle-ci rece- vant les 2 nervures récurrentes, la 1ère de celles-ci faisant suite à la 1ère nervire transversale ou l’approchant de très près. Epines de toutes les jambes simples ; crochets des tarses unidentés, Insectes presque entièrement Gépourvus de pubes- cence, abdomen elliptique. Deux espèc:s rencontrées. Pattes noires sans aucune tache...............……. ssstsscsesore Le Daal lee Janbes postérieures annelées de blane à la base........ 2. affinis. 1. Prosopis aux-ailes-à-base-claire. Prosopis basalis, Smith, Brit, Mus Cat. i, p. 28. ®—Lone. .33 pce. Entièrement noire, la tête et le thorax opaques, très finement ponctués. Mandibules longues, se joignant par la pointe en lai-sant un vide au dessous du labre, orbites supérieurs avec un petit sillon tout près des yeux. Tubereules avec une ligne courbe de cils argentés. Mésothorax i npressionné au milieu en avant. Ecailles alaires noiratres, les ai es subhyalines, légèrement obscures au milieu, claires à la base, les nervures noires. Pattes noires sans au- cune tache, les tarses avee une légère pubescence blanchâtre, les cro- chets roussâtres. Abdomen poli, brillant, le ler segment avee une ligne de duvet argenté de chaque côté, le 2e impressionné transversale- ment au milieu, près de la base. d'—La fuce au dessous des antennes de même que la moitié an- térieure du scape qui est fortement dilaté en cœur et concave en des- sous, jaune; le pavillon est inséré au milieu du scape dilaté, Les jambes antérieures en avant, les intermédiaires, la base des postérieures avec le premier artic.e des tarses de ces dernières, jaune, XXII—APIDES 259 La dilatation du scape des antennes de cette espéce est tout-a-fait remarquable. Capturée a St-Hyacinthe, à Chicoutimi, ete. 2. Prosopis alliée. Prosopis affinis, Smith, Brit. Mus Cat. p. 24. © — Long. .23 pce. Noire, une tache orbitale triangulaire au dessous des antennes, un eligne de chaque côté sur le collier, manquant quelquefois, les tubercules, avec un anneau à la base des 4 jambes pos- térieures, blanc-jrunâtre. Tête et thorax opaques, finement ponctués, l'abdomen poli, brillant. Métathorax alvéolé sur le di-que. Ailes sub- hyalines, plus claires à la base. Abdomen avec une petite ligne de duvet argenté, de chaque côté au sommet du premier segment ; l’ex- trémité avec quelques poils noirs.—C. d—Avec toute la face, les tarses, le devant des jambes antérieures, et une large anneau à la base des 4 jambes postérieures, blanc jaunatre, Fam. XXII. APIDES. Apide. Tête courte, transversale ; ocelles en triangle sur le vertex. Antennes insérées vers le milieu de la face, fili- formes, coudées, le 2e article très court, noduleux. Langue presque cylindrique, tiès longue, Chaperon allongé ; labre transversal. Thorax court, robuste, ordinairement très velu. Ailes avec une cellule radiale allongée et 3 cubitales fermées. Pattes moyennes ; les jambes postérie-ures avec ou sans épines a leur extrémité, munies d’une corbeille, c’est- à-dire avec leur face externe aplatie, dilatée, nue et bordée de poils pour la récolte du pollen; le premier article du tarse fort long et dilaté à l’angle externe de sa base en forme d’oreillette pointue ou mutique, muni d’une forte brosse en dessous, et d’une ccrdeille semblable à celle de la jambe. Abdomen sessile, obtus à son extrémité, toujours plus ou moins velu. muni d’un aiguillon redoutable dans les ?, Des mâ'es pourvus d'ailes, des femelles fécondes et des femelies infecondes ou ouvrières. Insectes sociétaires. 260 LE NATURALISTE CANADIEN Larves apodes, se nourrissant de miel que les ou. vrières ou femelles infécondes leur dégorgent dans la bouche, ou d’une pâtée de pollen et de miel qu’on met à leur disposition, Les insectes de cette familie sont Jes plus ancienne- ment connus pour avoir été exploités par l'homme. Vivant en sociétés pérennes, c’est-à-dire de longue durée, ils font pour la saison rigoureuse, des provisions de miel que l’homme a su leur ravir dès les temps les plus anciens. La cire aussi qui seit aux abeilles dans Ja construction, ou plutôt l'aménagement intérieur de leurs demeures, a été de même utiisée par l'homme dès les temps anciens Et comme le Créateur a tout mis ici bas à la disposition de l'homme, il a permis que l'abeille, avec un nombre assez restreint d’autres insectes, put être soumise à la domesti- cité pour le plus grand avantage de son possessenr; de telle façon qu'aujourd'hui cet utile insecte, abandonné à lui-même, ne pourrait qu'avec peine se conserver l'exis- tence, ou du moins ne parviendrait jamais à cet état floris- sant, à cette multiplication étonnante qu'il atteint sous les soins de l'homme. Cette intéressante famille, assez restreinte en genres, se bornerait pour nous aux seuls genies Bourdon et Apathe, si la domestication de l’Abeïlle n'avait aussi permis de la faire prospérer même sous notre climat. Jambes postérieures sans épines à l'extrémité. ..., ote fa RIRE EE Jambes postérieures avec 2 épines à l'extrémité; Mandibules multidentées ........,.... ...... 2. BomBus. Mandibules avec une seule coche.... ........3. APATHUS. 1. Gen. ABEILLE, APIS, Linné, Ailes avec une cellule radiale étroite et fort longue, @égale largeur dans toute sa longueur, son bout posté- rieur arrondi et séparé de la côte; 3 cubitales fermées, la Qe très rétrécie vers la radiale, très allongée du côté exté- rieur, recevant la 1ère nervure récurrente, la 8e étroite, oblique, recevant la ze récurrente; la 4e seulement com- mencée. Jambes postérieures sans éperons. Une dent à la’ XXII, —APIDES. 261 base de Pangle extérieur du 1er article du tarse postérieur, Crochets des tarses bifides. Insectes introduits de l’ancien continent, formant des sociétés très nombreuses pérennes, c’est-à-dire durant plu- siears années. Chaque société composée d’une seule fémelle féconde qu'on désigne par le nom de Reine ou de Mère, d’un grand nombre, souvent plusieurs milliers, de femelles infecondes ou ouvrières, et d’un certain nombre de mâles ou frélons. Comme les Mères, les Ouvriéres et les Mâles ont des fonctions différentes à remplir, leur orga- nisation est aussi un peu diffirente. La Mère seule est chargée ou plutôt douée de la fa- culté de pendre des œufs pour la perpétuité de l'espèce ; aussi la ponte est-elle pour ainsi dire sa besogne de chaque jour. Chargée d’un grand nombre d'œufs, elle a pour cette fin Pabdomen beaucoup plus développé que chez les ou- vrières, sa longueur doublant souvent celle de ces der- nières. Ne travaillant point, elle n'est point pourvue des instruments dutravail; ses pattes postérieures sont dépour- vues de ces palettes propres à l’ouvrière pour la récolte du pollen, ses jambes et ses tarses sont convexes et garnis de poils à l'extérieur. Elle dépose ses œufs dans les alvéoles que les ouvrières construisent à cette fin. Supérieure et Reine de la communauté, tous s’empressent de lui mon- trer en toute circonstance des marques non équivoques de respect et de soumission : on sécarte à son passage, on lui fat la toilette, et on lui présente sa nourriture, presque en tremblant, en go ttelettesdu miel le plus pur, au bout de la langue que l'on allonge vers elle à cette fin. Chargée seule de la reproduction, elle connait elle- même les différents genres d'œufs qu'elles pond et les dé- pose dans les alvéoles propres à chaque fin qu'ont prépa- rées les ouvrières : quelques uns devant donner nais- sanee à d’autres Reines pour former de nouvelles sociétés, le plus grand nombre à des ouvrières, et d’autres enfin à des mâles On dit qu'une seule Mère peut pondre de 50,000 à 75,000 œulis dans une seule saison, La Mère ne sort au grand air que quelquefois seulement dans sa vie, la première fois lorsqu’elie s’est séparée de la société pour 262 LE NATURALISTE CANADIEN aller former une société nouvelle, et ensuite pour la ren- contre des mâles dans les airs pour la fécondation, ce qui, assure-t-on, n’arrive qu'une fois dans chaque saison. Des trois sortes d’habitants qui composent une famille ou société d’Abeilles, les Ouvriéres so t les plus petites, étant dépassées en taille et parla mére et par les males. A elles incombent tous les travaux de l'habitation ; con- struction de la demeure, on du moins son aménagement intérieur, construction des alvéoles pour les provisions et l'élevage des larves, récolte et transport du miel, du pollen, du propolis et de la cire, les soins ordinaires de propreté dans la demeure, son aération, sa défense contre les enne- mis etc. Les provisions que les ouvrières doivent récolter pour les besoins de l'habitation sont donc de quatre sortes, savoir : propolis, cire, pollen et miel, Le propolis est une matière résineuse qne l's Abeilles récoltent sur les bourgeons des arbres, tels que bouleaux, peupliers etc. Il ieur sert comme de ciment pour fermer les fentes et les trous s’il s’en trouvait quelque part dans l'habitation, afin de la mettre complètement à l'abri des in- tempéries de l'air. Les Abeilles dans les ruches qne nous leur cffrons trouvent de suite une demeure presque com- plétement à l’abri de l'air extérieur, mais à l’état de na- ture, lorsque ce sont les cavités des arbres qui leur servent de retraites, elles sont obligées d'employer beaucoup plus de propolis pour la disposition convenable du logement, La cire qui sert à la confection des alvéoles dont se composent les gateaux qui remplissent les ruches, est un produit particulier des Abeilles, c’est le résidu de leur transpiration ou transsudation qui se dépose en forme de lames très fines sous les arceaux ventraux de leur abdo- men. La dent dont est pourvu l'angle du premier article de leurs tarses postérieurs, est specialement destinée à extraire ces lames de cire des arceaux de leur abdomen. Ces lames ne sont encore sans doute que la matière brute de la cire, car une fois retirées au moyen de leurs pattes, elles les portent à leur bouche et les pétrissent en tout sens en les humectant sans doute d’une liqueur particulière, XXII—APIDES, 263 puisque on les voit aussitôt changer de couleur et de con- sistance. Les gateaux dans les ruches sont des plaques verti- cales portant de chaque côté les alvéoles hexagonales qui les composent. [ls sont placés les uns à la suite des autres à une distance suffisante pour que deux abeilies puissent s’y rencontrer. C’est dans les alvéoles de ces gateaux que les ou- vrières déposent ici le miel et la le pollen qui serviront à la nourriture de la famille. C'est aussi dans ces alvéoles que les mères déposent leurs œufs pour la génération qui doit suivre. Le miel est recueilli sur les fleurs par les ouvrières au moyen de la longue trompe ou langue dont elles sont pour- vues, Ingurgité dans l'estomac et dégorgé ensuite dans les alvéoles. Les ouvrières seules font la récolte du miel, car la mère et les mâles qui s’en nourrissent exclusivement, ne vont jamais le chercher au dehors, Le pollen qui est la poussière que renferment les an- thères des fleurs sert particulièrement à la nourriture des ouvrières et entre en certaine proportion avec le miel dans la composition de la bouillie qu'on sert aux larves; on en fait des provisions tant pour les larves que pour les ou- vrières elles-mêmes, lorsque par les mauvais temps elles ne pourront se répandre au dehors. Les larves étant apodes, il faut que les nourrices leur présentent la nourriture qui leur convient. Et comme à chaque génération il faut une nouveile Mère, tant pour obvier à un accident qi priverait la famille de la sienne, que pour fonder une nouvelle société, 2 ou 3 œufs de Mère, sont d'ordinaire pondus dans des loges particuiières. Ces loge sont le plus souvent le double de la grandeur des autres, et même il arrive parfois qu'on ne les forme qu’en brisant la cloison entre deux loges contigués, Les Ouvriéres pren- nent un soin tout particulier de ces Mères-enfants, elles leur prodiguent une nourriture et plus abondante et plus pure pour qu’elles puissent acquérir toute leur perfection, A l'éclosion de ces nouvelles Mères, on met à mort celles qui étant surnuméraires deviennent ainsi inutiles. 264 LE NATURALISTE CANADIEN La nouvelle éclosion donne d’ordinaire un tel surcroit d'habitants qu'ils ne peuvent plus loger tous dans la ruche, aussi les voit-on le soir se tenir en masse plus on moins considérable sur les parois extérieures. A un moment donné, ordinairement après deux ou trois jours, ce nouvel essaim avec sa nouvelle Mère, abandonne l’ancienne de- meure et s’élance dans les airs pour aller se fixer quelque part ailleurs et y fonder une nonvelle société. C’est alors que le propriétaire sempresse de recueillir cette nouvelle famille et lui fournit une ruche nouvelle pour sa demeure. La sortie des essaims n’a jamais lieu que par un beau temps et toujours entre neuf heures du matin, et trois de l'après midi. L’essaim dans les airs produit un bourdonnement qu'on entend à une assez grande distance. Les Abeilles volent toutes en se croisant en tout sens, et la masse prin- cipale s’en va se déplaçant de ci de là suivant la direction que prend la Mère quien forme comme le centre. On leur lance du sable, on les asperge d’eau et on bit du tam- bour pour leur faire croire à un orage et les engager à se mettre à l'abri, Da moment que la Mère s’est posée qnelques part, toutes viennent sabattre sur lendroit ot elle s’est fixée, une branche d'arbre, une perche de clôture ete., se tenant toutes les unes les autres par les pattes de manière à former une masse d’un volume considérable, pouvant former de un à deux gallons, C’est alors qu’on leur pré- sente la nouvelle rnche dans laquelle elles se rangent bientôt, et le soir arrivé on les transporte au lieu où on veut les conserver, Les mâles ou Frélons ne récoltent point, ne travaillent point, comme ils sont souvent assez nombrenx et qu'un seul d’entre eux est nécessaire, les Ouvriéres savent s’en défaire en les mettant à mort. Nos abeilles domestiques se rangent toutes, pensons-nous, dans l’espece suivante. Abeille mellifère, Apis, mellifera, Linné. D'un brun uoirâtre, à poils d’un cendré roussâtre, plus nombreux sur le thorax. Baise des 3:, 42 et 52 segments abdominaux portant une lisière étroite de poils b.anchatres, Ailes transparentes, nervures brunes, Mire 2 - Long. 80 pee. Antennes d’un brun rous:4tre en des- XXII.— APIDES 265 sons, Vertex avee poils noirs, longs. Abdomen allongé, conique, noir, d’un roux brun et assez velu en dessous, Pattes antérieures noires, à poils cendiés, leurs tarses d’un roux bron ; les intermédiaires avee le bout des jambes et les tarses roux ; les postérieures rousses, avec les cuisses noires et les jambes brunes, Ailes plus courtes que l’abdomen. Ouvrière 8 — Long. 48 ; ce. Bout du dernier article des antennes seu! brun-roussâtre, Pattes noires, avee poils des jambes et des tarses roux. Ailes aussi longues que l’abdomen. Males G—Long. 55 pce. Antennes entièrement noires ; 5e et 6e segments de l’abdomen bien garnis de poils noirs. Pattes noires. Ab- domen très obtus, dépassé par les ailes, | Les mâles qu’on voit surtout vers l’antomne se recon- naissent facilement au vol; contrairement aux ouvrières, ils se tiennent dans une position verticale dans le vol. Ils ne volent d'ordinaire qu’autour des ruches, 2, Gen, Bourpdon, Bombus, Fabr. Des femelles fécondes, des femelles infécondes et des males, tous pourvus d'ailes. Cellule radiale étroite, longue, ayant le bout séparé de la côte ; 8 cubitales fermées, la 1ère presque entièrement séparée en deux par une nervule transverse, la 2e élargie à sa base du côté interne et rece- vant la 1ère nervure récurrente, la 3e élargie à sa base du côté externe et recevant la 2e récurrente; la 4e n'étant pas même commencée. Jambes postérieures avec 2 épines à leur extrémité, munies d’une corbeille de même que le premier article de leurs tarses, celui-ci dilaté à l'angle ex- térieur de sa base en forme doreillette pointue. Corps très velu. Les Bourdons forment des sociétés comme les Abeilles, mais avec cette difference que chez eux ces sociétés ne sont qu'annuelles et non pérennes. Seules les femelles fecon- dées résistent à l'hiver, tous les autres périssent, La femelle fécondée qui a passé l’hiver dans la terre, dans un creux d'arbre etc., se montre de bonne heure au printemps et commence presque aussitôt à préparer sa demeure qu'elle établit, suivant les espèces, dans la terre, sur le sol, sous des herbes etc. La première ponte lui don- nent des ouvrières qui s'occupent aussitôt à agrandir la 266 LE NATURALISTE CANADIEN demeure et à pourvoir aux provisions. Les larves des Bour- dons sont nourries avec une pâtée de pollen et de miel, et non avee une bouillie comme celles des Abeilles, La Mère dépose ses œufs dans une boule de cette pâtée, et les larves aussitôt écloses la rongent d’elles-mêmes. A mesure que la provision de Pintérienr de la boule diminue on ajoute de nouvelles masses à l'extérieur, et de la ces formes irrégulières que présentent les nids. Les larves parvenues à maturité se filent ellesméme une coque dans laquelle elles Senferment pour subir la métamorphose, Les Bourdons forment aussi leurs logs de cire, mais cette cire d’an gris jaunâtre, est d’une toute autre nature que celle des abeilles, elle ne fond pas étant chauffe. Commes ces insectes périssent pour la plupart à l’automne, et que d’un autre côté les femelles fécondées qui hivernent, le font dans un état dengourdissement sans prendre de nourriture, les provisions de miel qu’on trouve dans les nids des Bourdons sont d'ordinaire peu considérables, Les mâles, plus petits que les ®, se montrent d'ordinaire vers l'automne. Les femelles et les ouvrières des Bourdons sont pour- vues d’un aignillon redoutable, mais elles sont beaucoup moins promptes que les Guêpes à en faire usage, et on peut beaucoup plus facilement s'en garer, vu surtout le vol lourd et les allures pen dégagées de ces insectes. 4 espèces rencontrées, Thorax entièrement jaune..... : ae ess... 1. Consimilis. Thorax jiune traversé d’une bande noire ; Abdomen jaune et noir ; 2 Les 4 premiers segments jaunes........... 2. ferv'dus. Les segments 2 et 3 jaunes..... Hoods -... 3. terricola. Abdomen jiune, roux etnoir ...... cs. LT ternarius: 1. Bourdon semblable. Bombus consimilis, Cress. Proc. Ent. Soe. Phil. iti, pi41. . £ 8—Long. .55 pee. Noir avec pubescence jaune. La face noire avec une touffe de poi's jauues sur le vertex et au dessous des antennes, Thorax entièrement jiune. Ailes subhyalines, un peu plus obscures près de la côte. Pattes noires avec poils noirs, les tarses roux en des- sous, Abdomen court, subglobalcux, les 2 segments basilaires jauunes, le reste noir, veutre noir — AC. XXII —APIDEs, 267 d'—Avecle chiperon et le labre jannes, le seipe des antennes aussi tiché de jiune en dessous, 2 Bourdon arcent. Bombus fervidus, F br Proc Ent. Soc. Phil. ii, p. 98. £ — Long. .80 1 ce. Tête noire. Thorax janne sur le dos et les cô'és, avee une binde noire entre les ailes ; celles-ci hy. ines- brunes, foncées vers l1 côte Pattes noires. la brosse des tarses } ostérieurs rousse. Abdomen jaune en-dessus, excepté les 2 derniers segments qui sont noirs.—C, Var, Le jaune plus foncé ; la bande noire du thorax plus large, et la face ainsi que le vertex avec quelques poils jaunes. 8 — Même coloration. d'— Tête jaune sur le front et le vertex, le thorax d'un jaune rouscâtre en dessus mêlé de blane sur les flines. Ailes subhyalines, Les 4 premiers segments abdominaux jiunes avec la base du 5». 8. Bourdon terricole. Pombus lerricola, Kirby, Proc. Bobsoc Phil ep 99, 61 ® — Long. .80 pce. Tête noire. Thorax avec la portion anté- rieure jaune, le reste noir, excepté quelques poils jiunes mélés aux noirs sur l’écusson. Ailes brunâtres, plus foncées vers la côte. Pattes noires, les cuisses avec poils bruns en dehors, la brosse des tarses pos- térieurs rousse, Abdomen noir, avec les segments 2 et 3 jaunes, de même que le sommet du 5e.—C. 8 — Môme coloration. d'— Long. 60 pee. La tête avec poils jaunâtres sur le vertex et une touffe au-dessous des antennes de poils entremêlés jaunes et noirs. L'éensson sans poils jaunâtres; les cuisses avec poils jaunâtres en arrière. 4 Bourdon à-3-couleurs. Bombus ternarius, Say, Say’s Ent. ii, p. 788. © — Long. 70 pce. Tête noire, plus au moins jaune sur la face et le vertex. Thorax noir sur le dos au milieu, la partie antérieure, les côtés avec la partie postérieure, jaune. Ailes brunâtres, plus foncées vers la côte, Pattes noire:, les tarses bruns. Abdomen avec les seg- ments 1 et 4 jaune-citron, 2 ct 3 d’un fauve brillant, et le reste noir ; le dessous noir.— C. d' et 8 avec la même coloration. Le premier de nos Bourdons à se montrer au prin- temps, dès que les saules sont en fleur, 263 LE NATURALISTE CANADIEN 8. Gen. APATHE. Apathus, Newman. Forme et apparence des Bourdons avec les diver- gences qui suivent, Jambes postérieures dépourvues de corbeille, convexes extérieurement, Premier article des tarses postérieurs sans échancrure ni dent à sa base en dessus. Dans les ©, l’äbdomen est courbé en dessous à l'extrémité, et le segment terminal a ses bords marginaux élevés en arrière. Les mandibules n’ont qu'une seule petite coche, tandis que dans les Bourdons elles sont distincte- ment dentées. Dans les 3, les jambes postérieures sont convexes et couvertes de poils épais et serrés, tandis que dans les Bourdons leur surface est concave avec quelques poils et frangée de cils aux bords, Les Apathes n’ont point d'ouvriers on de neutres comme les Abeilles et les Bourdons, ils vivent en parasites dans les nids de ces derniers. Quatre espèces rencontrées, Abdomen en majeure partie noir ; Segment 1 jaune..... Weel = 2-05. ceils LADOTIGSUS. Segment 4 et 5 jaunes..... Gide sine ncki nese) as AMS LONE Abdomen en majeure partie jaune ; Tarses roux, tous les segments abdominaux jaunes‘au sommet, ...... ...... Se 3. elatus. Tarses noirs, abdomen noir à l’extrémité... 4. citrinus. 1. Apathe laborieux. pathus laboriosus, Fabr. Ent. Soe, Phil. ai,p. 111. ‘ Q—Long. 1 pee. Tête noire avec queques poils jaunes sur le vertex. Thorax jaune sur le dos et les côtés, la pubescence noire épaisse sur le disque. Ailes subhyalines violettes, plus obscurcies vers la côte. Pattes noires. Abdomen avec le ler segment jaune, tout le reste noir. Le 2e segment quelquefois porte quelques poils jaunes au milieu à la base. Bien reconnaissable par sa forte taille et sa coloration. Un seul spécimen 2 capturé au Cap-Rouge. 2. Apathe d’Ashton. Apathus Ashloni, Cress. Pro. Ent. Soc. Phil. I1I p. 42. Q—Long. 70 pce. La tête noire, le vertex avec quelques poils jaunes mêlés aux noirs. Le dessus du thorax est jaune en s'étendant de chaque côté en avant des ailes, le milieu du disque entre les ailes est noir, le reste des flancs et tout le dessous, noir. Ailes hyalines- 5 8 SUR LA FECONDATION DES CYPRIPÈDES 269 fuligineuses. Pattes noires avec les tarses brun-ronssâtre à part le premier article ; les jambes avec le ler article des tarses sont terminés par une courte frange jaune-pâle, Abdomen robuste, b illant, courbé en dessous à l’extrémité, les côtés du 3e segment avec les 4e et 5e janne-pale, le reste noir. Les segment 4 et 5 souvent plus ou moins noirs, eux aussi, au milieu.—R. Capturé une seule © an Cap Rouge. 8. Apathe élevé. Apathus elatus, Fabr, Proc. Ent. Soc. Phil. 11, p, 114. d'— Long. 70 pee. Tête noire, avee poils jiunes au milieu et sur le vertex; thorax jaune, traversé par une bande noire entre les ailes; celles-ci subhyalines avec les nervures brunes, Pattes noires, les cuisses avee ongs poils jaune-pâle, les tarses ronssâtres. Abdomen allongé, tout couvert d’une pubescence jaune dorée; cette pubescence plus abondante au sommet des segments, montre tout l'abdomen rayé trans- versalement de bandes jaunes et brunes, l'anus fauve. —R. Un seul spécimen capturé à Ste Anne de Lapérade. 4. Apathe jaune-citron. Apalhus citrinus, Smith, Brit. Mus, Cat. 11, 385. d'—Lony. 65 pce. Tête noire, à poils noirs entremélés de jaunes sur le vertex. Thorax jiune citron, le milieu presque noir, et le jiune s'étendant sur les flancs au dessous des ailes. Ailes hyalines, jaunatres vers la côte. Pattes noires, les tarses pales, le dedans du ler article des postérieurs doré sous certain jour. Ablomen allongé, les 3 pre- mi 1s segments jaunes, le reste noir, le 42 souvent plus ou moins jaune sur les côtés. Un seul spécimen pris au CapRouge. re 0002 DIT DD ODP Se SUR LA FECONDATION DES CYPRIPEDES (Continuation de la page 224) J'ai décrit, dans le numéro de juillet, ce qui em- péchait un insecte de sortir par Pouverture supérieure du tablier lorsqu'il y était une fois entré. Il n’est pas moins intéressant de remarquer Comment il est conduit à 270 LE NATURALISTE CANADIEN y pénétrer du dehors par cette ouvertnre et point par les autres, En premier lien, celles qui sont situées sous chaque anthére Ini sont réellement inaccessibles par leurs dimen- sions, leur forme, leur position, en partie cachées comme elles le sont sons les pétales latéraux qui s’inclinent plus ou moins au-dessus. Ce n’est même pas sars quelque effort que linsecte peut s'Cchapper par là quand il y arrive de l’intérieur. L'ouverture supérieure, tout au contraire, est d’un abord on ne peut plus facile ; elle est au moins six fois plus grande que les autres et rien ne Pobstrue. De plus l’éta- mine stérile Sapplique exactement à Groite et à gauche sur les deux replis triangulaires adjacents du tablier, et ces trois parties sont déprimées vers le bas en forme de gout- tière, jusqu’à un quart de pouce environ du fond du tablier où elles ne laissent que le passag : conduisant sous le stig- mate. Ainsi se trouve formée pour le visiteur ailé une passerelle des plus commodes pour lui faciliter l’accès vers les doux sucs qu'il vient chercher. En résumé, linsecte attiré par la couleur brillante de la fleur, puis alléché par son parfum, y trouve son chemin tout tracé. Il doit passer d’abord sous le stigmate, y laissant du pollen dont il peut s'être déjà chargé, puis sous une anthère pour y faire nouvelle provision de pollen au bénéfice des fleurs quil ira ensuite visiter. La féconda- tion croisée est donc à très peu près la seule possible et elle est sans donte, selon Ja règle générale, la plus favorable à la reproduction du Cypripeéde, puisque nons voyons tous leurs organes si admirablement disposés pour amener cette fin. Je puis ajouter que, les an iées précédentes, je n'avais jamais obtenn de fruit de Cypripèdes dans mon jardin, faute naturellement des insectes particuliers à leur habitat ; mais cette année, jai fécondé au moyen de mouches une fleur de Cypripedium pubescens et une de C spectabile, et toutes deux ont parfaitement formé leurs capsu'es. FECONDATION D’ORCHIDEES 271 SUR LA FECONPATION DU CAILOPOGON PULCHELLUS J'ai été aussi curieux d’étudier cette Orchidée quant a son mode de fécondation, qui paraissait devoi: présenter des particularités intéressanses, car la fleur s'éloigne no- tablement du type ordinaire dans la même famille. D'abord, l'ovaire n’étant nullement tordu, comme il l'est dans presque tontes les autres Orchidées, l'élégant ta- blier se dresse verticalement, orne de son aigrette de lanières jaunes et blanches qui se détachent si agréablement sur le pourpre brillant de toutes les autres parties de la fleur. La colonne, qui est à peu pres aussi lorgue que le tablier se projette au contraire en avant en forme de spatule a1- quée se recourbant vers le haut. Elle se termine par un petit renflement qui contient Panthére et dont la face tour- née vers le tablier constitue la surface stigmatique. À l’aide d’une barbe de plume,on peut, dans une fleur bien développée, soulever lauthère d’arritre en avant comme le couvercle d’une boîte, et, en la renversant, on y voit les masses polliniques d’un jaune vif qui remplissent les deux cellules ovoides séparées par une mince cloison. Comme dans l’Orchis, ces masses sont composées de grains réunis par des fils élastiques de la plus grande finesse, et toute l’änthère correspond à celle de l'Orchis que l'on sup- poserait repliée sur elle-même, le bord sup: rieur des evl- lules s'appliquant sur le haut du stigmate. Seulement les cellules sont ici juxtaposées et restent ouvertes ; il n’y a point non plus de caudicules, et le rétinacle ne consiste qu'en deux gouttelettes visqueuses à l'extrémité même des pollinies, ce qui suffit pour les faire adhérer instantiné- ment à tout ce qui touche ce point, pour peu qu'il y ait contact. Il n’y a donc pas de bursicule élastique pour protéger le rétinacle ; mais par contre, lanthère tout en- tière, si on la lâche après l’avoir soulevée, retombe aussitôt dans sa niche, grâce à un filament élastique qui la retient à l'avant et fait l'office de charn ère. Ce merveilleux agencement compense, a la fois, l'absence de bursicule et les dimensions restreintes des cellules comme protections des pollinies. Je n’ai jamais pu remarquer que lanthère souvrit spontanément, même quand la piante était vivlem- Dae LE NATURALISTE CANADIEN ment agitée ; et ceci m'induisit à croire que comme pour tant d’autres fleurs, u1 agent extérieur est indispensable pour transporter le pollen sur le stigmat». La question était alors de chercher à savoir quels insectes visitaient les Calopogons, et le pourquoi et le comment de leurs visites. I] n’y a aucune exsudation apparente de nectar, mais il est facile de voir que le milieu de la fleur régorge de sues, et si les insectes savent les apprécier et les recueillir, la colonne ailée leur offre un marchepied dans la position la plus favorable possible pour leur permettre d'en faire leur profit. Alors, tandis qu'ils y sont occupés, les pollinies se trouveront derrière eux et ne pourront comme dans l'Or- chis s'attacher aux parties antérieures du corps. Mais les pattes ne serviront-elles pas aussi bien au transport du pollen ? c’est, par exemple, ce qui a lieu pour les Asclé- piades dont on trouve les masses polliniques fixées aux pattes de papillons, d’abeilles, de fourmis et autres insectes qui les visiten*. Il fallait pourtant quelques faits pour justifier cette induction, Je visitai à plusieurs reprises un petit maiais tourbeux, riche en Calopogons, en ce moment dans toutes leur gloire ; c’élait au mois de juillet dernier, J’y remar- quai plusieurs anthères dont les polliuies avaient été enle- vées, et plusieurs stigmates fécondés; mais, une seule fois, je pus voir un insecte se poser sur une fleur, C'était un bour- don qui arrivait à un Calopagon en même temps que moi et que ma présence effraya comme il commençait à se poser sur la colonne, Il s’envola aussitôt et sans avoir dérangé les pollinies. Cependant mon induction était confirmée par ce que j'avais vu. Un insecte aussi pesant que le bourdon ne peut que faire fléchir la colonne où le renflement de l'extrémité lui offrira le meilleur point d'appui, et à peu près inévitablement, il soulèvera l’anthère dansses mouve- ments. Alors, souvent au moins, sinon chaque fois, les pol- linies s’attacheront à une patte qui pourra ensuite les porter soit sur le stigmate de la même fleur, soit sur celui d’une autre. ?our me re mieux compte du procédé, je posai sur la colonne d’une fleur une mouche de maisou que je . tenais par les ailes, mais elie se trouva trop faible pour pro- _ duire aucun effet sur l’anthère. Jessayai alors avec une _ mouche à viande qui en effet souleva l’anthère et eut bien- _ tôt les pollinies fixées aux pattes ; ensuite, dans ses efforts - pour échapper, elle les porta contre le stigmate dont la . viscosité les retint aussitôt, Ainsi fut completé le trans- i _ port du pollen depuis l'anthère au stigmate par une mé- thode au moins très semblable sinon identique à celle de la nature. - De même que pour le Cypripède pubescent, je recon- … nais que je suis loin d’avoir épuisé le sujet : de nouvelles observations sont nécessaires, Quelque autre ami de la . nature pourra peut-être jeter plus de lumière sur ces points _ intéressants de la science. 4 TAC: 7 DE QUEBEC A JERUSALEM. . ae _—_ (Continué de la page 242). X Ismailia.—Le prince Rodolphe d’Autriche.—Le Canal de Suez.—Port-Said. —Jaffa. q Ismailia est une jolie petite ville d'environ 15.000 ames, _ bâtie sur le bord du lac Timsah, que traverse le Canal de Suez. Cette ville fondée par M. de Lesseps en 1862, est à j égale distance de Port-Said sur la Méditerrannée et de | Suez sur la mer Rouge, aux deux extrémités du canal dont la longüeur totale est d’enviren 40 lienes. C’est à Ismailia ue le. canal d’eau douce venant du Caire, change de direc- tion pour se rendre à Suez. La ville possède une église catholique que desservent deux Pères franciscains. (C’est DTA Lee LE NATURALISTE CANADIEN là que M. de Lesseps a fixé son principal bureau d’affaires, lors de la construction du canal, et que réside aussi son fils comme surveillant des intérêts de cette gigantesque entreprise, Nous trouvons à notre arrivée toute la ville sur pied et en habits de fête ; c’est que le prince Rodolphe, l’hé- ritier présomptif de la couronne d’Autriche, venait d’y ar- river de son retour de Suez et devait y passer la nuit, étant l'hôte de M. de Lesseps, L'hôtel] principal se trouvant encombré par l’affluence des étrangers, nons allons, sur la recommandation des PP. franciscains, prendre notre gîte, avec notre compagnon, chez un M, Michel, français, tenant une maison de pension. La maison toute neuve laissait encore un peu à désirer du côté de l’ameublement, mais les gens savaient par leur pré- venance et leur politesse faire oublier les commodités qu’on aurait pu trouver ailleurs. Nous allons dans la soirée faire un tour jusqu’au bord du lac pour jouir surtout du magnifique coup d’œii que présentait l'illumination de la ville entière en honneur du prince. La longue rue qui conduit au quai woffrait de toutes parts que feux étincelants, et aux arches qu'on avait dressés sur le pont du canal, de même qu’à la résidence de M. de Lesseps, pendaient des milliers de ianternes chinoises de toutes couleurs et de toutes formes. L’at- mosphére brulante des sables du désert, au contact de l’é- vaporation des eaux du canal et du lac, s'était saturée d’une humidité tiède des plus agréables, pour ajouter aux charmes d’une nuit pure, d’un ciel sans nuages, dont les astres scintillants semblaient percer de leurs rayons les eaux limpides du lac. Dimanche 27 mars.— Le Prince Rodolphe devant as- sister à une messe à 7h. pour partir ensuite, et nous-mêmes devant aussi prendre le vaisseau à 8h,, dès avant 6h. nous étions à l’église des PP. franciscains pour la célébration de nos messes. L'Eglise et la résidence des PP. sont de dimensions fort modestes, cependant l’ensemble présente un coup d'œil des plus agréables, grâce à la culture intel- ligente du jardin des bons religieux qui entoure et la — a gS toe ren 2 pal, Tp SD A LT TA r | 1e Éy + seth baal v1 * DE QUEBEC A JERUSALEM 275 maison de Dien et celle de ses ministres. Isolé des autres hahitations sur le côté Est de la grande voie, leur établis- sement fait l’effet d’un oasis au milieu du désert par la Inxuriante végétation des vignes, oliviers, abricotiers, mu- riers, poiriers etc., qui croissent par leurs soins, Les bons Pères nous font goûter un vin excellent qu’ils fabriquent eux-mêmes de leur propre culture. Notre déjeûner pris, nous laissons à la porte de l’église une foule compacte de curieux avides de voir l'héritier présomptif de la couronne impériale d'Autriche, et nous nous rendons au quai pour prendre le vaisseau qui doit nous conduire à Port-Saïd. Comme nous l'avons expliqué plus haut, c’est grâce à Yobligeance de M. de Lesseps que nous avons pu faire ce trajet qui nous permet de traverser le désert et de navi- guer sur une moitié de la longuenr du fameux canal qui unit les eaux de la Méditerrannée à celles de la mer Rouge, en séparant |’ Afrique de | Asie. Arrivés au quai, nous trouvons la plupart de nos com- pagnons déja installés a bord et attendant le moment du départ. Le vaisseau à notre disposition est la Maritza, superbe canot à vapeur, n'ayant environ qu'une quaran- taine de pieds en longueur, mais aménagé avec un luxe tout oriental. Le petit salon, qui peut contenir une ving- taine de personnes, est tout entouré de divans moelleux, recouverts d’un velours rouge des plus riches. Il va sans dire que nous sommes obligés, vu notre nombre, de nous distribuer dans les divers compartiments de l’embarcation, qui sur le tillac d’avant, quisur l'arrière avec les 2 hommes qui forment tout l'équipage, et les plus heureux, au nombre desquels nous nous trouvons, sur les moelleux coussins du salon, autour de la table qui en occupe le centre. Mais le temps est superbe, la brise assez fraiche et l’eau du canal à peu près sans mouvement; chacun est content de son sort et s’estime heureux de pouvoir juuir d'une telle navi- gation. Nous prenons sur le sable, en nous rendant au quai, une énorme sauterelle, fort rapprochée par la forme et les couleurs, de celles que nous avions vues en Floride ; c’est oy 276 LE NATURALISTE CANADIEN la célèbre sauterelle d'Afrique, Acridium peregrinum, le Criquet voyageur, que le vent pousse assez souvent sur la côte européenne de ia Méditerrannée et qui y cause alors des dégats si considérables, Ce criquet, ou sauterelle comme on l'appelle, qui détruit parfois les moissons complè- tement et fait disparaître toute verdure en quelques jours seulement, est par contre une ressource pour les pauvres, dans plusieurs contrées de l'Asie, qui en usent comme aliment. On voit souvent a Bagdad, dans la Turquie d'Asie, des sacs de cette sauterelle, entassés sur les marchés, comme on le fait ici des sacs des céréales, C’est aussi de cette sauterelle que S. Jean Baptiste, le plus grand des en- fants des hommes, se nourrissait dans le désert. Réduite en poudre, on la mêle à la farine pour en faire des galettes: on l’assaisonne aussi au beurre pour en faire un aliment que plusieurs voyageurs assurent n’êlre pas du tout désa- gréable. Nous voulons bien les en croire sur parole. Nous voyons aussi en passant un musulman sur un bane de sable, faisant ses prostrations du côté de la Mecque. Il se prosterne le front jusqu’à terre, se relève et se prosterne de nouveau jusqu'à 5 et 6 fois de suite, et cela sans s'occuper en aucune façon de ceux qui, comme nous, peuvent s'amuser à l’examiner, Tout en déplorant le motif de tels actes de piété, nous ne pouvons nous défendre d’ad- miration pour le zèle qu’il met à les exécuter. Que ne feraient pas de tels gens, sils venaient à ouvrir les yeux à la véritable lumière ! Le lac Timsah, que traverse le canal de Suez, nous a paru mesurer à peine deux milles de largeur. Sans impor- tance au milieu de l’isthme avant la construction du canal, il constitue aujourd’hui un port intérieur qui ne contri- buera pas peu à la prospérité de la jeune ville qui s'élève sur ses bords. Quelques minutes nous suffisent pour le fran- chir et nous nous trouvons à voguer sur les eaux du canal maritime même, ayant l'Afrique à notre gauche et l'Asie à notre droite, puisqu’en ouvrant ce canal on a interrompu l’isthme qui formait le trait-d’union entre les deux con- tinents, A M. de Lesseps revient l'honneur d’avoir exécuté Fe | cette gigantesque entreprise, mais lidée de sa possibilité en avait été conçue bien avant lui. On l’attribue en premier lien au grand Pape Sixte-Quint, puis à Napoléon | premier pendant les trois ans qu’il occupa le pays des _ Pharaons, après sa conquête en 1798. A M. de Lesseps revient aussi ’honneur de la réouverture du canal d’eau … douce qui amène l’eau du Ni! à la ville de Suez. Suez ne possèdant que quelques mauvaises sources d’eau potable, 4 et les pluies étant très rares en cet endroit, dès les temps . anciens, les rois d'Egypte avaient obvié à cet inconvénient en amenant jusqu'à la mer Rouge, les eaux du Nil. On dit + que cest Ptolémée Philadelphe qui le premier mit cette … idée à exécution. Mais les différentes dynasties qui ont » depuis régné sur l'Egypte, ayant, les unes après les autres > plus ou moins négligé la prospérité de ce riche pays, le fameux canal conçu par Sésostris, exécuté par Néchos, Darius et Ptolémée Philadelphe, puis restoré par Amrou sous la domination Arabe, était depuis longtemps rempli et oublié, lorsqu’en 1864, au grand contentement des habitants de Suez, M. de Lesseps y fit de nouveau cou- ler les eaux du Nil. Lorsqu'on construisit, en 1858, le chemin de fer qui unit le Caire à Suez, distance de 34 lieues, il y avait septans - qu'il n'était pas tombé un grain de pluie à cette dernière » ville, et les sources étant presque entièrement taries, elle - devenait par suite presque inhabitable. Mais du moment _ que la voie ferrée fut ouverte,des chars réservoirs amenèrent chaque jour du Caire l’ean nécessaire à la consommation de la ville, et enfin en 1864, l’eau put couler d’elle même q dans le nouveau canal, 1 Il resterait à compléter ce canal en le continuant _ d’Ismaïilia à Port-Said, car les tuyaux en fonte qu’on a en- L. foncés dans la berge du canal maritime entre ces deux * villes sont devenus insuffisants par suite de l'accroissement * en population de la dernière, laquelle, placée à la tête du canal, ne peut manquer de devenir l’un des ports des plus considérables de la Méditerrannée, comme entrepot du commerce de l'Europe avec l'Asie et l’Afrique. “ Partout où un musulman touche le sol, c’est M De g € EAST, NO ACL EA ANNE REP ET di PE ra OMS CEA Le "Fl MEN NOW A x ART" ee t w 278 LE NATURALISTE CANADIEN la stérilité,” dit-on parmi les chrétiens en Orient, et ce proverbe a encore une plus juste application à l’égard des gouvernements qu'à l’égard des individus, Si le gouver- nement de Tewfic qui préside aujourd’hui (au plutôt na- guère, car depuis la révolte d’Arabi l'autorité de Tewfic n’est rien moins que problématique,) si, disons-nous, le gouvernement Egyptien eut été plus jaloux de la prospé- rité de son pays, il y aurait longtemps déjà que cette amé- lioration eut été réalisée, mais quand on est musulman il faut viser d’abord à se donner même jusqu’au superflu, avant de songer à accorder le nécessaire aux autres, Notre petit vapeur fend les eaux du canal avec une vitesse surprenante, le courant d’air établi par la marche rend l’atmosphère très supportable, et la surface de cette masse d’eau claire et limpice, faiblement ridée par une brise légère, répand une fraicheur qui nous fait trouver notre navigation des plus agréables, Vu le peu d’élévation de notre vaisseau, nous ne voyons le plus souvent que les berges du canal, qui s’éloi- gnent en talus parfois recouverts de moëllons, mais sou- vent aussi laissés à découvert. I] arrive cependant de temps à autre qu'un abaissement de la berge nous permet de porter la vue sur un horizon plus éloigné; mais c’est partout le même aspect, la plaine aride, le sable desséché, le désert. Fréquemment nous faisons des rencontres, et de vaisseaux de très fort tonnage et de toute nationalité, français, anglais, tures, autrichiens etc. Mais ces rencontres ne nuisent en rien à notre course, car le canal est une véritable rivière par ses dimensions, et sauf le sable que le vent jette des rives en certains endroits, la navigation pourrait s'y faire aussi rapidement que sur un fleuve ordinaire, La traversée de l'isthme entre Suez et l’ancienne Péluse dans le voisinage de Port-Saïd, est de 38 lieues, mais le canal, par certaines courbes qu'a nécessitées la nature du sol, en mesure 40. Sa largeur est de 300 pieds ala ligne d’eau et de 66 à la base, sur une profondeur de 24. Comme le niveau des deux mers est identique, il n’a né- cessité aucune écluse, aussi le courant est-il presque nul dans toute sa longueur, si ce n’est en approchant de Suez où le flux et le tole fle la mer Rouge se font sentir, Le canal dans son parcours traverse quatre lacs savoir: les . lacs Amers peu distants de Suez, le lac Timsah au milieu 4 de sa longueur, puis le lac Ballah et enfin le ac Menzaleh qui nest séparé de la Méditerrannée que par une étroite . langue de terre sur laquelle est bâtie Port-Said. A quelque distance d’Ismailia, nous passons le village d’El-Guisr où se trouve une église dédiée à la sainte Vierge, par ce que de temps immémorial on a prétendu que la sainte Famille s’était reposée là dans sa fuite en Egypte. à Nous faisons peu après la rencontre d'une bande de grues, au nombre probablement de plus d’un cent, se diri- geant vers le sud, et de temps à anires nous voyons d’é- normes pélicans, paraissant suivre le cours du canal dans leur vol lent et lourd, sans doute pour se livrer à leur pêche en sûreté lorsqu’aucun vaisseau ne se trouve en D vue. | A 10. 30h. nous débarquons à Kantara, village sur la - rive gauche du canal où nous devons prendre le diner. À Nous voyons sur l’autre rive une caravane d’une cin- _ quantaine de chameaux revenant de la Mecque. On faisait : opposition au passage des pèlerins, par ce qu’on voulait les astreindre à une quarantaine, sous prétexte qu'ils pouvaient rapporter la peste de leur excursion dans le sud. Tout le monde sait quel engin on possède dans les qua- _ rantaines en Orient pour extorquer l'argent des voyageurs. _ Ce ne sont nullement les précautions sanitaires que l’on À aen vue; mais uniquement une occasion de vexher les __ étrangers pour les mettre à contribution, Etes-vous astreint à une quarantaine, de trois jours, cing jours ? yous composez avec les officiers, et moyennant 5 fr., 10 fr., 15 fr., vous vous. en libérez sur le champ. Le gouvernement n’en devient pas plus riche, vu l’honnéteté des officiers civils, mais ceux-ci sont satisfaits, ils montreront plus de zèle dans une autre circonstance, et on n’exige rien de plus. ~ Commencé en 1858, le canal de Suez était ouvert à la navigation en 1869 ; dès 1867, un petit navire de commerce, le Primo, de 80 tonneaux, avait pu passer le premier des _ eaux dela Médit-rrannée à celles de la mer Rouge, mais son ouverture définitive date de deux ans plus tard. Le nombre de mètres cubes à extraire pour excavation a été de 74,112, 130. Ona calcuié que le nombre de paniers de terre enlevée, mis a la file, aurait fait trois fois le tour du monde. Par ce canal, le trajet de l’Europe aux Indes, de trois mois, a été réduit à six semaines et abrégé de 3276 lieues. Aussi le trafic par cette voie a-t-il toujours été croissant d’une façon tout extraordinaire; de 485,911 tonneaux qu’il était en 1870, il comptait en 1881, après 11 ans seule- ment d'usage, 5.794401 tonneaux ; et les recettes saugmen- taient dans la même proportion; de 5 millions de francs en 1870, elles atteignaient le chiffre de 51 millions en 1881. M. de Lesseps calcule qu’avant cing ou six ans ces recettes s’'élèveront à 12,000 tonneaux et à pas moins de 120,000,000 de francs. Le trajet d’une mer à l’autre se fait actuellement en 18 heures de marche, et l’on espère, après certaines opéra- _ tions de dragages qui se poursuivent sans cesse, permettre | une plus grande vitesse qui abrègera encore ce temps de quelques heures. Il y a eu assez fréquemment des échouages de vaisseaux, mais comme partout le fond est en sable, le renflouage a toujours été facile. Nous profitons de la coute étape que nous faisons a Kantara pour faire une petite visite au désert, car jusqu'ici nous ne l’avions vu qu'à distance ou sans pouvoir rien examiner, emporté par les locomotives des voies ferrées, A quelques centaines de pieds seulement de hotel où Pon nous sert le dîner, c’est une plaine nue et déserte qui s'étend jusqu’à la vallée du Nil. Nous sommes surpris de trouver tout d’abord une mare d’eau saumâtreassez étendue, mais peu profonde. Les bords desséchés de cette mare sont assez fermes pour quon puisse y marcher sans crainte de se souiller, mais quelle stérilité! Ca et la, sur de petits tertres de peu @étendue, quelques petits arbustes rabcugris dont ia les racines semblent disputer le sable au vent qui les ronge __ de tout côté, mais nulle-parl de fleurs ni de ces herbes a ee ee dns es ee ee ee Nous cher- ons en vain sur la grève ou au bord dé ean pour des ollusques, nulle part de traces. A part de nombreux . petits lézards abrités sous presque chaque touffe d’arbustes que nous rencontrons, nul signe de vie à cet endroit. Ces lézards sont d’une extrème agilité, c’est à peine si nous pouvons bien reconnaitre leur forme, lorsqu'ils passent d’une butte à l’autre en recherche de retraite pour se sous- traire aux regards. ; Revenu à la maison, qui s'élève sur la berge même du + canal, c’est-à-dire sur le sable retiré de son excavation, nous trouvons sur une vieille souche de palmier, en dehors, de la clôture d’un jardin, de jeunes pousses très vigou- reuses, portant des palmes de 8 à 10 pieds de longueur, et à leur base, tont près de terre, de superbes panicules de fleurs toutes prètes à s'ouvrir. Nous ne pensions pas qu’on put si facilement atteindre ces fleurs, lorsque presque tou- jours nous les voyions pendre au haut des stipes à 50 ou 60 pieds au dessus de nos têtes. Ce palmier était le dattier commun, Phenix dactylifera. Nous remarquons sur le sable de nombreuses fourmis, assez semblables aux nôtres par la forme et par la taille, mais se tenant dans une attitude toute différente. Dans la : marche, et la plupart du temps aussi dans le repos, elles se tiennent l’abdomen redressé dans une position verticale, ce > : quileur donne quelque ressemblance avec plusieurs es- pèces de nos staphylinides. Ces fourmis appartiennent au : genre Myrmecocystus, si nous ne nous trompons, elles sont | communes presque partont en Orient. On nous montre aussi, dans la cour de l'hôtel, une gazelle qu’on retenait en captivité. Le gentil animal est à peu près de la taille d’un veau de 3 à 4 semaines, mais de. forme beaucoup plus svelte et plus élégante. L’agilité des gazelles est proverbiale, aussi leurs pattes longues et gréles, 4 leur corps élancé, leurs flancs rentrés, tout parait calculé chezelles pour une course rapide, On les rencontre dans les déserts par bandes souvent de 40 a 50, broutant ensemble l'herbe et Jes broussailles qu'elles rencontrent par-ci, par là, surtout dans le voisinage des oasis, Leur chair est 282 LE NATURALISTE CANADIEN trés estimée, surtout des Arabes et particuliérement des bédouins. Mais nous reprenons bientôt nos places sur la Maritza et poursuivons notre navigation sur le canal. Nous remarquons sur le pont de notre vaisseau un grand seau tout plein de clovisses, qui nous paraissent iden- tiques avec celles que nous avions rencontrées à Cette, Venus verrucosa. A 3h. P. M, nous débouchons dans la Méditerrannée, ou, parmi les vaisseaux mouillés dans le port, nous distin- guons notre Scamandre tout pret a nous recevoir. Mais comme on faisait difficulté de laisser débarquer les pas- sagers des vaisseaux venant de la mer, sous prétexte de peste, nous accostons au quai pour visiter la ville avant de nous installer de nouveau sur le Scamandre. Port-Saïd est une jolie petite ville, sur la langue de terre qui sépare le lac Menzaleh de la Méditerrannée. Ses rues larges et propres, ses constructions toutes récentes, son voisinage immédiat de la mer où elle repose presque à fleur d’eau, lui donnent un air de fraicheur qu’on ne ren- contre pas d'ordinaire dansles villes du Levant. Son port, que protége une immense jetée qui s’avance dans la mer, voit continuellement dans son enceinte des vaisseaux de presque toutes les nations, anglais, français, tures, autri- chiens. italiens, hollandais, espagnols etc. Cette ville nais- sante ne peut manquer de saugmenter rapidement, vu sa position comme lieu de ravitaillement pour les vaisseaux voyageant aux Indes ou à la Chine. Les Pères francis- cains y ont une église pour les catholiques de !’endroit et les Sœurs du Bon-Pasteur, en outre de leur œuvre de miséricorde, y tiennent un orphelinat et distribuent l’ins- truction à toutes les nationalités sans aucun égard à leur croyance : catholiques, juifs, musulmans, schismatiques grecs, arméniens, cophtes etc. Pour la première fois, depuis notre départ, nous rece- vons des nouvelles du Canada, par des lettres à M. Bolduc qu'il trouve en arrêtant au bureau de poste, Quant à nous, nous demeurons encore sans rien recevoir. DE QUEBEC A JERUSALEM 283 Nous entrons en passant dans un magazin de photo- graphies, o nous pouvons nous pourvoir a assez bonnes conditions, de vues, de costumes, lieux, monuments ete., les plus intéressants de l'Orient. Vers les 5h. nous remontons sur le Scamandre qui lève l'ancre presque aussitôt pour se diriger sur Jaffa où nous devrons aborder le lendemaiu matin. Nous retrouvons notre vaisseau tont changé, par un encombrement inusité de passagers. Ces passagers russes, : grecs, polonais, dalmates etc., étaient presque tous de la classe pauvre ou du moins peu aisée. Partis de Constan- tinople, Smyrne et autres ports sur un vaisseau autrichien, ils n'avaient pu prendre terre à Jaffa, vu l’état de la mer dans la nuit de vendredi, et force leur avait été de se laisser emporter jusqu’à Alexandrie, pour être transbordés sur notre vaisseau pour revenir à Jaffa, car comme nous lis se rendaient à Jérusalem pour les fêtes de la se- maine sainte. L’encombrement était tel qu’il était difficile de pouvoir circuler sur le pont, hommes, femmes, enfants accroupis ou étendus pour se livrer au sommeil, en occu- pant presque entièrement la surface, Heureusement qu’on ne leur permettait pas de pénétrer dans le salon ni de monter sur la dunette, leur mise négligée, leur malpropreté trop apparente nous faisaient augurer que leur société n’eut été pour nous rien mois qu’agréable. La mer avait eu le temps de prendre un calme relatif et nous n’eûmes nullement à souffrir de son agitation. Nous trouvâmes aussi parmi les passagers de chambre de nouvelles recrues dont quelques-unes faisaient partie de notre caravane, telle que MM. Digard père et fils, de Paris, et M. Gasnault-Guérin, de Luynes. Avec eux se trouvaient aussi quätre Trappistes, dont un abbé mitré, portant croix pectorale et anneau à la manière des évêques. Ces reli- gieux étaient tous français et nous intéressèrent vivement par leur conversation, Ils venaient visiter l'Orient dans le but d'y fonder une maison de leur ordre, On le croirait à peine si nous n’en avions tous les jours des exemples sous les yeux, c’est chez les barbares, parmi les nations à demi Civilisées, chez les infidèles que les coryphées du christia- oe) nisme et de la civilisation, que les bienfaiteurs de ’huma- nité sont forcés d’aller planter leur tente. Ce sont les enne- mis naturels du christianisme qui accueillent les ministres du Dien de charité, lorsque les juifs modernes de la civili- sation, les pharisiens de la nouvelle loi les persécutent et les pourchassent. Nouvelles Jérusalems, Palestine de YOccident, tremblez. Vous rejetez la lumière, et déjà la lumière s'éloigne de vous. In propria venit, et sui eum non receperunt, il est venu chez les siens, mais les siens n’ont pas voulu le recevoir, chantaient les prophétes au temps du Christ ; et l’on sait quel fat le châtiment de cet aveu- glement. Mais plus coupables que les Juifs, nos barbares moderniseurs s’ennuient de la lumière qui brille constam- ment à leurs yeux, ils veulent la faire disparaître, Nolumus hunc regnare super nos, nous ne voulons pas que ce Christ règne plus longtemps sur nous, et ils lui ferment leurs portes. Aitendez ; le châtiment ne tardera pas longtemps d'arriver. Aveugles entêtés, déjà ils périclitent dans les combats qu'ils ont à livrer dans la plaine, et ils ne veulent plus du secours que les bras élevés des Moïses sur la mon- tagne leur attirent du Ciel. Achevez votre œuvre ; faites disparaître jusqu’au dernier de ces Moïses, t les Amalécites qui déjà l’emportent sur vous, vous tailleront à merci ; la lumière se retirera pour vous laisser dans les ténèbres, des Titus surgiront de toutes parts pour vous assiéger, vous réduire à la famine, renverser vos murs et faire de vos villes opulentes et orgueilleuses, des monceaux de ruines baignant dans le sang de ieurs habitants. Oui ! aujourd’hui ces mêmes religieux qu’on chasse de France, d'Italie, d’ Allemagne, etc., par ce qu’ils prient pour ceux qui ne le font pas, par ce que pour tout le bien qu’ils font à leurs frères, ils ne demandent pour récompense que la liberté d’en faire davantage, sont accueillis avec empres- sement, sont respectés, appréciés par les musulmans en Algérie, les hérétiques en Angleterre, les schismatiques de toute dénomination en Egypte, en Palestine, en Syrie ete. Les Frères des écoles chrétiennes à Jérusalem voient jus- qu'aux fils des Pachas tures se ranger sur leurs bancs à. côté des Arabes, des Juifs, des Grecs, Arméniens et autres schismatiques. Les Sœurs du Bon-Pasteur, de 8. Joseph L- Me Wie ; 5 J « iy é AK ' By, _ DE QUÉCEC A JÉRUSAL | 285 r er, ‘ arition, de Nazareth, les filles de Sion voient par- out dans leurs écoles le même mélange, et partout d’un ommun accord, on rend hommage à leur vertu, à leur M dévouement, à leur charité. Il n’y a que chez les leurs . - qu’on méconnait leur mérite, qu'on méprise leur sacrifice, qu’on refuse leurs services. Attendons; ces épreuves 240 n'auront qu'un temps; on ne se moque pas inpunément de Dieu. Le Supérieur Abbé nous dit qu'il avait trouvé en Egypte moyen d’y fonder un établissement à des conditions assez avantageuses, mais qu'il voulait avant d'arrêter défi- nitivement son choix visiter la Palestine et la Syrie pour voir sil ne trouverait pas queique part de plus grands avantages encore. ‘4 Nous ne fumes pas peu surpris. en conyersant avec ces religieux de reconnaitre un frére que nous avions vu … a Québec en 1877, lorsqu'il accompagnait un Père faisant vente de leur extrait breveté d’arnica. Lundi, 28 mars.— Le soleil n’était pas encore sur l’hori- » zon, que nous étions déjà sur le pont, ayide de pouvoir contempler cette Terre-Sainte, but de notre voyage. Elle se montre enfin, cette terre de Judée, droit en avant de nous. La côte peu élevée nous parait partout aride et déserte ; elle se détache d’une longue chaine de montagnes de la Judée que précède la plaine de Saron qui s'étend . jusqu’au bord de la mer. , Les rayons obliques du soleil” - levant dorent les sommets dénudés des montagnes en rete- > nant encore dans l’ombre la plaine qui s'étend en avant, _ ce qui nous fait paraître la chaîne beaucoup plus rappro- _ chée qu’elle ne l'est en réalité. La voilà donc devant nous cette terre de Judée, cette _ terre promise aux enfants d'Israël, cette terre où Dieu s’est : plu à se communiquer à l'humanité plus qu’en tout autre * endroit, puisque là, tout près, a été le berceau du genre humain, l'Eden qu'a habité notre premier père; 1a, la seconde naissance de ’humanité sur la montagne qui reçut Noë sauvé du déluge ; la enfin la régénération de l’homme dans l’œuvre de sa rédemption par le fils de Dieu lui-même. est cette terre qu'ont foulée de leurs pieds les plus grands à } 286 LE NATURALISTE CANADIEN personnages des temps anciens: Adam, Noé, Abraham, David, Jérémie, Isaie, Daniel, Elie, Elisée, Jean-Baptiste le plus grand des enfants des hommes, Joseph le juste par excellence, Marie la plus parfaite des créatures sorties des mains du Créateur, et enfin le fils de l'Eternel lui-même. Ce sont ces montagnes qu’il a parcourus, ce sont ces rochers qui ont répercuté sa voix, qui ont été les témoins de ses miracles et de ses prodiges, c’est ce sable qu'il a marqué de l'empreinte de ses pieds, que nous allons nous-méme tou- cher dans quelques heures. Avec quelle satisfaction nous embrassons du regard le vaste horizon qui se déploie devant nous, depuis le Carmel à notre gauche, où les monts de Judée se perdent dans la mer, jusqu’à Gaza, à notre droite, où le rivage se courbe pour unir l'Arabie à l'Egypte. Nous avons peine à nous arracher à la méditation que nous ins- pire la vue de ces lieux, pour obéir à la clochette qui nous invite au déjetiner. Le repas est bientôt pris et nous remontons sur le pont pour poursuivre notre inspection. Mais déjà nous nous trouvons en face de Jaffa et tout rapprochés de la côte. La vieille Joppé se présente à nous sous l’aspect le plus riant, La côte, plate et unie, se relève en cet endroit pour former un monticule sur lequel est assise la ville des Phi- listins. Ses maisons à toit plat, comme partout en Orient, séchelonnent les unes sur les autres suivant la déclivité du rocher, jusqu’a ce que les plus basses touchent la gréve même. Nous passons à côté de la frégate du Prince Ro- dolphe qui est mouillée là et nous nous rapprochons da- vantage du rivage pour y jeter l’ancre. Les chaloupes sont aussitôt mises à la mer et nous descendons dans la pre- mière qui gagne la terre aussitôt. La mer est relativement calme, cependant nous voyons la lame se briser en jaillissant sur des brisants qui s’avan- cont droit en face de la ville, car Jaffa n’a pas de port, et Yabordage dans les gros vents y est fort difficile et souvent impossible. Comme à Ismailia, nous trouvons toute la ville en habits de féte, en vue du Prince Rodolphe qui doit incon- tinent y descendre. De notre chaloupe le coup d'œil est vraiment enchanteur. Toutes les terrasses sont couvertes de gens avides de voir l'héritier de la couronne d’Autriche ; les femmes surtout, avec leurs longs voiles blanes qui les enveloppent jusqu'aux pieds, produisent dans l’ensemble une variété de tons des plus agréables, Hn moins de cing minutes nous avons franchi l'espace et nous mettons le pied sur les rochers qui bordent le rivage, à quelques pieds seulement des murs qui entourent la ville. Nous trouvons la rue que nous Gevons suivre occupée par une foule com- pacte, mais deux files de soldats tiennent le milieu libre à travers lequel nous passons jusqu’au convent des francis- cains, qui n’est qu’à quelques pas seulement de l'endroit du débarquement. À continuer. te — FAITS DIVERS. L’Airelle ponctuée. — Ce qui nous manque pour com- pléter, rectifier, perfectionner la faune et la flore de notre pays, ce sont des observateurs. On marche sur les plantes, on écrase du pied Vinsecte que l’on rencontre, sans se mettre en peine de remarquer la forme, l'apparence, les allures que présente Pune ou l’autre, sans se rendre compte même si on a jamais fait telle rencontre, remarqué telle plante ou tel insecte, et ce serait la cependant le seul moyen de controler les observations déjà faites et consignées dans des écrits, soit pour en confirmer les descriptions ou les rectifier si le besoin en était. Nous ne nous déplaçons jamais, pas même de quelques arpents, sans remarquer tout ce qui frappe nos regards. Et combien de fois nos observations ont amené des découvertes des plus agréables pour nous et fort avantageuses pour la science. Ainsi, ici même, au CapRouge, nous avons pu constater la présence du Triosteum Americanum, du liard, Po- pulus Canadensis, du raisin d'ours, Arclostaphylos uva-ursi, de la Clématite rose, Atragene Americana, et tout dernièrement, comme nous l’avons mentionné dans notre dernière livraison, du Cypripède ariétaire. (1) Nous venons encore aujourd’hui constater une nouvelle rencontre qui ne nous a peu surpris, c’est celle de l’airelle ponctuée, Vaccinium vitis-idæa, que nous avons trouvée sur les rochers bordant le Fleuve à Sillery. Cette plante ne se rencontre d'ordinaire que sur les rochers à l'eau salée, souvent mêlée à la Camarine, Empetrum nigrum pour couvrir les masses pierreuses des îles du Golfe. On 1. Notre correspondant, M. Guignard, nous informe qu’il a aussi ren- contré le Cypridium arietinum dans les environs d’ Ottawa. ie, À Oe 7 py We ree - \ donne, dans le bas du Fleuve, le nom de pommes de terre aux fruits de Vairelle ponctuée, qui sont de la grosseur d’un gros pois et dont on fait des confitures assez agréables. ~ L’Asclépiade de Cornut. — Quel est le nom de la plante qu'on appelle petits cochons, nous demandait un ami que nous rencontrions tout dernierement.—Mais c’est la Sarracénie, qui porte des feuilles creuses en forme de pots et qui croît dans les marais on plutôt les savannes.—Non pas, c’est une plante laiteuse, qui croît sur le bord des chemins, dont la fleur donne de belles soies..... —Et là dessus nous sommes à chercher parmi les plantes laiteuses, pissenlits, réveille-matin elc., saus pouvoir réussir à rencontrer :es vues de notre ami. ll est vraiment étonnant de voir quelles descriptions impos- sibles nous font souvent de plantes ou d'insectes, ceux qui n'ont pas l'habitude d'observer, lorsque par hasard un spéci- men d'histoire naturelle attire leur attention. Nous donnions un sou à tout enfant nous apportant un insecte que nous n'avions pas dans notre collection. Un jour, nons arrive un espiègle tout triomphant:—Oh! c'est pour le coup que vous allez me payer, car jen tiens un que vous n'avez certainement pas ; je wen ai jamais vu de pareil.—Mais qu'a-t-1l donc d’ex- traordinaire ?—I| a deux têtes.—Deux têtes ?—Oui ! deux têtes, bout à bout, l’une à la suite de l’autre. Tenez, voyez. Et il nous met dans la main un Philonthe, un insecte des plus communs. Plusieurs genres de Staphylinides, comme les Phi- lonthes, les Pédères etc., ont le prothorax resserré en avant et en arrière et souvent de même dimension que la tête ; et c’est ce thorax que notre gamin avait pris pour une seconde tête. Combien de fois nous avons été régalé de descriptions tout aussi merveilleuses que celle de cet insecte à deux têtes, lorsque la plupart du temps, il ne s'agissait que d'êtres tout ordinaires et fort communs, mais qu'on ne s'était jamais donné la peine d'observer. Ce qui nous dépistait dans la description de notre ami, c'était les soies qu'il mentionnait, car nous étions à repasser les plantes pour trouver dans lesquelles la fleur pourrait pré: senter des soies. Il nous vint à idee, après nous être séparé de Vari, que ce pourrait bien être de la soie au lieu de soies, et que ce pourrait être aussi plutôt le fruit que la fleur qui serait ainsi chargé. Et de suite nous avions notre plante, PAsclépiade de Cornut, Aselepias Cornuti, qui croît le Ling chemins, qui est à suc laiteux, et dont la gousse renferme une soie qu’on à essayé plus d’une fois d'utiliser, Nous ignorions qu'on donnat quelque part le nom de pelit-cochon à cette plante, car partout c'est sous le nom de cotonnier qu'on la désigne. C’est sans doute la forme de la gousse qui a quelque ressemblance avec le grouin de l'animal fouilleur qui lui a valu ce nom-vulgaire en certains quartiers. Le Naturaliste s'est dejà, à plusieurs reprises, occupé de cette plante, notamment au vol. V page 68. —— <-> — ” { Caiagien: ages Se SD) ie oye wuss aoe Vol. XIII.—10. CapRouge, Q., OCTOBRE 1882. No. 154 Rédacteur: M. l’Abbé PROVANCHER, FAUNE CANADIENNE HYMÉNOPTÈRES ADDITIONS ET CORRECTIONS. Il s’est écoulé un temps si considérable depuis que le commencement de cet Ordre a été livré à l'impression, que la poursuite de nos chasses et de nos études nous per- met d'y joindre aujourd’hui de uombreuses additions et d’y faire aussi des corrections en assez grand nombre. Nul doute que les chasses se poursuivant, surtout si elles peuvent être opérées en diff-rents endroits, on ne puisse encore plus tard ajouter considérablement au nom- bre des espèces déjà décrites. Nous conseillons aux amateurs, pour un usage plus prompt et plus eff-ctif des descriptions de cet ordre, de faire au crayon les corrections indiquées, a leur endroit propre, ou du moins d’y noter les renvois aux présentes Addi- tions afin de ne pas s’exposer à faire erreur en les omettant. Fam. I. TENTHREDINIDES, Vol. X, p. 11. Après le genre ABIA, p. 17, ajoutez le suivant : Gen. ACORDULÉCÈRE. Acordulecera, Say. Tête forte, transversale. Antennes courtes, non en massue, de 6 articles, les 2 premiers semblant n'en faire qu'un, le 3e plus long que les 2 premiers réunis, le dernier Ab 4 A Fu TAC, te Thc MAIRE 4 Cin Pane Writs A h > ie a 290 LE NATURALISTE CANADIEN presque globuleux. Thorax court et robuste, Ailes avec une cellule radiale et 3 cubitales, la 1ère longue, courbe, plus large à sa base, recevant la 1ère nervure récurrente vers son extrémité, la 2e assez petite, allongée, recevant la 2e récurrente vers son milieu; point de cellule lancéolée. Les ailes inférieures avec une cellule discoïdale. Pattes courtes, les 4 jambes postérieures avec un éperon latéral. Abdomen court et robuste, avec un espace inembraneux à la suite de ses plaques basilaires. Petits insectes ayant assez l'apparence extérieure des Sélandries, mais s’en distinguant facilement par leurs an- tennes qui n'ont que 6 articles. Acordulécère grasse. Acordulecera saginata, nov. sp. Q—Long. .15 pee. Noire, polie, brillante ; le chaperon, le labre, les palpes, les joues, les écailles alaires, avec les pattes, blanc. An- tennes courtes, le scape poilu, Thorax poli, brillant, sans aucune tache, Ailes fortement tachées de brun à l'endroit du stigma, celui-ci fort grand, noir, la nervure de séparation entre les cellules cubitales 1 et 2 en partie oblitérée. La base des hanches avec les tarses postérieurs, noir, les 4 tarses antérieurs noirs seulement vers l’extrémité. Abdo- men avec l’espace membraneux de la base, blanchâtre, le reste noir, sans aucune tiche; l’extrémité obtuse et garnie de poils blanchAtres, Un seul spécimen 9, se distinguant surtout de la dor- salis, Say, par l'absence de taches au thorax. Après le genre Euura, X, 51, ajoutez le suivant: Gen. CRÉSUS. Cræsus, Leach. Tête courte, transversale. Antennes de 4 articles, longues, gréles. Ailes antérieures avec une cellule radiale et 4 cubitales, la 2e longue recevant les 2 nervures récur- rentes, la 1ère ct la 8e petites. Cellule lancéolée pétiolée. Corps trapu, court, avec les pattes postérieures aplaties et dilatées aux jambes et au ler article des tarses. Ce genre se distingue surtout des Némates par la di- latation des pattes postérieures. Les larves qui sont at- ténuées à l'extrémité, portent six pattes pectorales, 12 abdominales et 2 anales. On les trouve sur les saules et autres arbres. Elles se renferment dans un cocon dans la terre pour subir leur métamorphose, Une seule espèce rencontrée. ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 291 Crésus à-larges-tarses. Cresus latitarsus. Nort. Proc. fmt.coc. Phil, 1, p. 179, ¢. £ —Long. .30 pee. Noir bleudtre, le labre avec les palpes, bru- nâtre. Chaperon fortement échancré. Ailes hyalines avec une bande transversale lésèrement obscure à l’endroit du stigma, celui-ci noir de même que les nervures. Pattes noires, les trochantins postérieurs, avee un large anneau à la base de toutes les jambes, blane, les jambes postérieures aplaties à l'extrémité, leurs tarses avee le premier article plus long que tous les autres réunis, et fortement dilaté. Abdomen large, sans aucune tache.—R. Gen. NEMATUS, Jur. Vol. X, 52. Aux 13 espèces mentionnées, ajoutez les 8 suivantes : 14. Némate cuisses-rousses. Nematus fulvicrus, n. Sp. Q— Long. .23 pee. Noir avec l'abdomen et les cuisses posté- rieares roux; le labre avec les palpes blanchâtres. (Chaperon à peine échancré. Thorax finement ponctué, noir, sans aucune tache. Ailes hyalines, lézèrement obscurcies à l’endroit du stigma, celui-ci noir de même que les nervures. Deuxième cellule eubitale longue, recevant la 2e récurrente tout près de son extrémité; cellule lancéolée pétiolée. Pattes brun-roussâtre, les cuisses postérieures rousses, les hanches noires, les 4 trochantins postérieurs blanchatres. Abdomen court, robuste, entièrement roux jaunâtre, à l’exception du segment terminal. La nervure divisaut les 2 premières cellules cubitales en partie ob- soléte.—R. Espèce bien distincte par sa coloration. Capturée à - St-Hyacinthe. 15. Némate dos-jaune. Nematus luteotergum. Nort. Trans. Ent. Soc. Phil, I, p. 206, & ©. Q —Long. .32 pee. Noir; le chaperon, le labre, les mandibules, les joues, toute la face au dessous des antennes excepté une petite ligne au dessous de chacune d’elles, les bords supérieurs du prothorax faisant un angle droit avec une ligne au dessous des écailles alaires, blanc- jaunâtre. Le chaperon et le labre arrondis tous deux en avant. An- tennes aplaties, le 4e article plus long que le 3e. Un fort sillon sur le vertex de chaque côté des ocelles. Ailes hyalines, légèrement enfu- mées, les nervures et le sigma, noir. Pattes noires, celles de devant en avant avec l'extrémité des hanches, blanches. Les plaques basi- laires avec l’abdomen, excepté une tache à la base et une autre à l’ex- trémité, d’un jaune-roux; tarière noire, LE NATURALISTE CANADIEN d' Avec les antennes plus longues, les orbites postérieurs en partie blanes, les angles antérieurs noirs et les pattes plus variées de blane.— PC. Capturé à Chicoutimi. 16. Némate de la-galle-du-saule. Nematus s. pomum, Walsh, Trans. Am. Ent. Soc, i, p. 216. Q—Long. .25 pce. D’un jaune-miel brillant. Une tache en carré sur le vertex, les sutures du thorax, la partie médiane du méso- thorax presque entièrement, l’extrémité des tarses avec le milieu du dos des segments abdominaux basilaires, noir. Chaperon échancré ; antennes assez courtes, noires, roussâtres en dessous et à |’extrémité. Ailes hyalines, les nervures brunes, le stigma jaune-pale, brun-foncé à l'extrémité. La poitrine et les pattes, jaune-miel sans aucune tache, Abdomen allongé, taché de noir à la base au milieu des segments. Se distingue surtout du ventricosus par sa taille moins robuste et sa poitrine sans tache. Après le genre DOLERUS, Leach, X, 69, ajoutez le suivant : Gen. DINÈVRE. Dineura, Dahlb. Tête très-courte, transversale, presque aussi large que le thorax. Antennes longues, sétacées, de 9 articles. Corps court et trapu. Ailes antérieures avec 2 cellules radiales séparées par une nervule droite, oblique, et 4 cubitales, la lère petite, arrondie, la 2e la plus longue, recevant les 2 nervures récurrentes, la 3e tétragonale, à peine plus large en arrière; cellule lancéolée pétiolée on contractée au milieu; ailes inférieures avec une ou deux cellules disco- idales, Abdomen court, trapu. Ces insectes ont toute l'apparence des Sélandries ; mais ils s’en distinguent surtout par les nervures de leurs ailes. Deux espèces rencontrées, dont une nouvelle. Couleur jaune. ..... oan aa .. 1. Americana, 0. sp. Couledr noire... es ones © sle!s ni nin a = es OOO 1. Dinèvre d'Amérique, Dineura Americana, n. sp. $— Long. .32 pce. D'un jaune uniforme dans toutes ses parties ; les antennes, les tarses, les jambes postérieures avec les cuisses, plus ou moins noires. Ailes hyalines à l'extrémité, enfumées à la base, la 2e cubitale avec un point opaque vers son milieu ; les ailes inférieures avec une seule cellule discoïdale, Abdomen trapu, cylindrique.—R. 2 CR . + J } PAC ty fgets Lit LA ? ‘ cathe ren ! navy i a ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES, 293 “ . L L 7 Un seul spécimen © capturé à Chicoutimi. Cette espèce, qui par sa cellule lancéolée contractée, appartient au sous-genre Hemichroa de Stephenson, est la lére de ce sous-genre mentionnée sur ce continent. 2. Dinévre pieds-jaunâtres. Dineura luteipes, Nort. Trans. Am, Ent. Soc, viii, 11. 3S —Long. .19 pee. Noire; antennes longnes, sétacées. Eeailles alaires noires. Ailes hyalines, nervures brunes, stigma jaunâtre. Cel- lule laneéolée pétiolée; ailes inférieures avec 2 cellules discoïdales. Pattes pales, les hanches avec les cuisses, excepté à l'extrémité, noir, les tarses postérieurs avec l’extrémité de leurs jambes plus ou moins obscurs. Abdomen déprimé, poli, brillant, entièrement noir.—R. _. Un seul spécimen capturé à Chicoutimi. Gen. SELANDRIA, Leach. Vol, X, 97. Espèce 1. S. vitis, Harris, X, 98. Ci-suit la description du 4, Tout le dessous jaune-pâle, y compris les pattes ; mésothorax tout noir. Abdomen avee le dos seulement noir, l'extrémité, les côtés, jaune-pâle de même que le ventre. L'espèce 8, S. flavicornis, Prov. p. 100, est la Selandria halcion, Harris. Trans. Am. Ent. Soc, I, p. 252. Puis ajoutez l'espèce suivante : _ 12. Sélandrie pauvre. Selandria paupera, nov. sp. 2 —Long. 20 pee. Noire; le vertex avec un sillon de chaque côté des ocelles. Ecailles alaires jaunes. Mésothorax avec le lobe médian sillonné au milieu. Ailes hyalines, les nervures noires, le stigma aussi noir, marginé de roussâtre au bord interne, Ailes infé- rieures sans cellules discoïdales. Pattes noires, l'extrémité des cuisses avec les jambes, excepté à l'extrémité, blanc, de même que la base du premier article des tarses postérieurs. Abdomen trapu, noir, luisant, la tarière surtout. —R. Voisine de la tiliæ, mais s’en distinguant surtout par l'absence de cellules discoidales aux ailes inférieures, Gen, MacropxrAa, Dahlb. Vol. X, 101. Aux 16 espèces décrites, ajoutez la suivante. 17, Macrophye belle. Macrophya pulchella, Klug. Trans. Am. Ent. Soc. I, p. 268, 9 d. ant NE fas 7, fe Fe FER 294 LE NATURALISTE CANADIEN © —Lons. .32 pee. Corps court et robuste, noir; le chaperon, le labre, les mandibules, les palpes, les écailes aliires, les bords du prothorax, une bande sur les flanes, l’écusson, les hanches, les trochantins avec les 4 pattes antérieures, jaune-pâle. Chaperon et labre échan- crés, le dernier pubescent. Antennes courtes, l’artiele 3 aussi long que 4 et 5 réunis. Tête large, ponctuée, rugueuse, les flancs encore davantage. Ailes hyalines, légérement enfumées, la 2e cubitale aussi longue quoique moins large que la 3e. Pattes jaune pâle, les posté- rieures, avec l’extrémité des euisses, la base et l’extrémité des jambes, la base et |’extrémité du 1er article des tarses et |’extrémité de tous les autres articles, noir. Abdomen robuste, noir, le dernier segment bordé de jaune.—R. Voisine de l’epinotus et s’en distinguant surtout par la tache de ses flancs, Capturée à Bécancour. Gen. PACHYPROTASIS, Hartig, Vol. X, 107. L'espèce 2 P. della, Prov. est Tenthredo delta, Prov. Gen. Taxonus, Meg. Vol. X, 164. Aux 6 espèces décrites, ajoutez la suivante: 7. Taxon robuste. Taxonus robustus, nov. sp. Q —Long. .29 pce. Noir avec l’abdomen roux, fort, robuste la bouche, les palpes, les éeailles alaires, une tache en avant, une autre sur le bord supérieur du prothorax, avec les hanches excepté à la base, blanc. Vertex sillonné de chaque côté des antennes, celles-ci entiére- ment noires. Pattes rousses, les tarses plus ou moins bruns, de wéme que l’extrémité des jambes postérieures, tous les tiochantins avee un anneau noir à la base. Ailes légèrement fuligineuses, le stigma noir avec une grande tache blanche à la base, Abdomen fort, allongé, ey- lindrique, le ler segment avec les 2 derniers noirs, le reste roux. Un seul spécimen @ capturé à Chicoutimi, Bien dif- férent de l’unicinclus par sa plus forte taille et son abdomen roux. n. STRONGYLOGASTER, Dahlb. Vol. X, 166. Aux 8 espéces décrites, ajoutez les 4 qui suivent: Une erreur dans l’énumération des espèces dans la clef systématique p. 216, a fait omettre la description de celle qui suit : 9. Strongylogastre poli. SA polilus, n. sp- ?—Long. .25 pce. Noir; le chaperon, le labre, les écailles ét ne dt nn SOT Ae oo Re DA UR A ECS aL A at wing POLY i tg ADs - ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 295 alaires, les angles antérieurs, avec les genoux et un petit anneau à la base des jambes postérieures, blanc. Chaperon allongé, rétréei et + échancré en avant. Sillons à côté des ocelles médiocrement profonds, ” Antennes moyennes, assez fortes. Thorax poli, brillant. Ailes hya- | lines, nervures et stigma, noir ; les 2 cellules radiales séparées par une nervure très oblique et flexueuse ; cellule lancéolée ouverte à l'épaule ; ailes inférieures Q avec 2 cellules discoïdales. Les pattes avec les trochantins et les côtés des plaques basilaires, roux. Les jambes pos- térieures excepté un anneau blanc à leur base, noires de même que leurs tarses. Abdomen cylindrique, allongé, poli, brillant, noir, tous les segments finement marginés de blanc à l’extrémité.—R,. 10. Strogylogastre cornes-pâles. Strongylogaster pal- | lidicornis, Nort. Trans, Am. Ent. Soc. ii, p. 216, ©. © — Long. .40 ;ce. Noir; le chaperon, le labre, de larges lignes orbitales dilatées extérieurement sur le vertex, les joues, une ligne sur le bord postérieur de la tête, les 4 articles terminaux des antennes, les écailles alaires, les angles antérieurs, la tache en V, une tache immé- diatement au dessous de chaque aile, l’écusson, le post-écusson, une ligne transversale sur le métathorax, les hanches excepté à la base avec les trochantins, blanc ou jaune-pâle, les pattes, avec l'abdomen y compris les plaq es basilaires, roux-clair. Chaperon médiocrement échancré, labre grand, arrondi en avant. Antennes longues, un peu plus épaisses vers l’extrémité. Ailes subhyalines, les nervures noires, le stigma brun, avec la moitié basilaire pâle, le costa jaune; cellule lancéolée avec une nervule transverse oblique; ailes inférieures avec cellules discoïdales. Abdomen allongé, cylindrique, légèrement obscur à l'extrémité ; valves de la tarière noires.—R. oo Cette superbe espéce a été capturée au CapRouge et à Chicoutimi; très rapprochée de l’apicalis, Say, mais ayant beaucoup plus de taches blanches. 12. Strongylogastre ceint-de-roux, Sérongylogaster rubro-cinctus, Allantus rubroc. Nort. Trans. Am. Ent. Soc. ii, Deli +. Q—Long. .28 pee, Noir ; le chaperon, le labre, les écailles alaires, les bords supérieurs du prothorax avec les hanches et les trochantins, blanc. Chaperon largement échaneré. Antennes peu allongées, gréles. Tête très grosse, avec un sillon sur le vertex de chaque côté des oeelles, finement ponctuée, de même que le thorax. Ailes hyalines, le stigma noir, blanc à la base; les 2 cellules radiales séparées par une nervure oblique ; cellule lancéolée uvee une nervule transverse oblique. Ailes = 296 LE NATURALISTE CANADIEN inférieures ® avec 2 cellules discoïlales, les cellules intérieures in- complètes. Pattes roussâtrés, un très petit anneau à l’extrémité des cuisses postérieures avec les tarses de la même paire, noir. Abdomen déprimé, noir, avec une grande tache rousse sur les segments médians, le ventre roussâtre. Quelquefois l’abdomen est roux avec seulement la base et l'extrémité noires.—R, Capturé au CapRouge. 12. Strongylogastre à-pieds-bariolés. Strongylogaster soriculatus, nov. Sp. Q — Long. .32 pee. Noir, allongé, poli, brillant; le chaperon, le labre, les palpes, les mandibules, les bords supérieurs du prothorax, avec une tache sur les côtés des plaques basilaires, blanc. Antennes sétacées, assez courtes. Ailes hyalines, les nervures et le stigma, noir : cellule lancéolée ouverte, sans nervule transverse ; ailes inférieures avec 2 cellules discoïdales. Pattes rousses y compris les hanches et les trochantins avec la base du ventre ; les genoux avec un anneau à la base des 4 dernières jambes, blanc, les postérieures à part cet anneau et une petite tache rousse en dedans à l’extrémité, avec leurs tarses, brun- foncé. Abdomen cylindrique, allongé, noir, les segments plus ou moins distinctement marginés de blanc, le dernier aussi blanc. Capturé à Chicoutimi et au CapRouge; voisin du politus, mais s’en distinguant par ses hanches toutes rousses et non blanches à l'extrémité, sa taille plus allongé, son abdomen non élargi au milieu, etc. Gen. TENTHREDE, Leach, Vol. X, 198. Aux 18 espéces décrites, ajoutez les 7 suivantes, ce qui forcera à modifier comme suit la clef systématique de la page 194, 1( 5) Antennes blanches à l’extrémiteé ; 2(8) Abdomen noir... cae. soos +--+ > 1. OMS, pl 3( 4) Abdomen entièrement roux. ..... sesss. 19. jocosa, a: sp. 4( 3) Abdomen roux avec |’extrémité noire. ........ 20. confusa. 5( 6) Antennes entièrement rousses........... 2. mellina, p. 195. 6( 5) Antennes noires, rousses à la base seulement ; 7(10) Abdomen roux ; 8( 9) Flancs jaunes...... 4 = à» . 5. verticalis, 3, p. 197. OC iS oe lanes: noire ASS = 2 ele 3. basilaris, p. 196. 10( 7) Abomen noir, les segments 4 et 5 jaune-roux..... . LA de RE ere NOR Te LA One 11(14) 12(13) 13(12) 14(11) 15 21) 16(17) 17(20) 18(19) 19(18) 20(17) 21(15) 22/34) 23(26) 24(25) 25(24) 36 (23) 27(30) 28(29) 29(28) 30(31) 31(30) 32(33) 33(32) 34(22) 35(36) 36(37) 37(36) 38(39) 39(38) 40(41) 41(40) 42(43) 43(42) 4. ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 297 Antennes noires, pâles en dessous; Abdomen roux, noir à la base et à l’extrémité. 21. delta, p. 108. Abdomen entièrement roux jaunatre...... 22, 14-punctata. Antennes entièrement noires ; Tête plus ou moins jaune au dessus des antennes ; Abdomen jaune ou à bandes jaunes. 5, verticalis, ©, 196. Abdomen noir en dessus, ventre blanc ; Une tache anguleuse sur les flanes.,... 6. angulifera, p. 197. Point de tache sur les flancs.........-........ 23. lobata. Abdomen en partie roux; flancs pâles....,.... 7. eximia. Tête tonte noire au dessus des antennes ; Abdomen noir; Ventre blanc; pattes rousses ; Une tache blanche à la poitrine ; abdomen @ avec une tache blanche à l’extrémité.... 8. lineata, p. 198 Poitrine rousse ; dos de l’abdomen & BAS RTCNENC aly 5's » à ce RU 9. mellicoxa, p. 198. Ventre noir; Pattes rouss:s ; Poitrine rousse; flanes roux. ...... 10. rufopectus, p. 199. Poitrine noire; flanes noirs... ....-.... 11. rufipes, p. 199. Pattes noires; ailes foncées. ... 12. atroviolaceus, p. 200. Pattes, noir et blane; ailes hyalines; DM AGE al 0010s. See a 4-2 CEE 13. decorata, p. 200. LESSON ae A ee oe eels 24, cinctitibiis. Abdomen plus ou moins roux ; LANGER ROneses\. 7-5 << =. .---pmeee 14. varians, p. 200. EPANGNCAM DOTE. oan s+ + 0 à PO cite = 25. semirubra. Hanches blanches, du moins en dessous ; Cuisses postérieures blanches, noires à l'extrémité .-.........uasee 15. pallicoxa, p. 201. Cuisses postérieures rousses ; Poitrine noire, sans tache..,...,.... 16. mutans, p. 201. Poitrine blanche ; Deux points ovales blanes à la base des antennes. ....... d'a ete TR 17. signata, p. 201. Point de points blancs à la base des HIDE CU pe de ce oc «eels 18. rufopedibus, p. 202. Tenthredo cingulata ®,Prov. p.196. Ci-suit la description du d. d'—-Le scape brunâtre en dessus; une tache jaune en arrière des 298 LE NATURALISTE CANADIEN yeux, nne autre sur les flanes; les segments abdominaux 2, 3 et 4 jaunes ; les cuisses postérieures noires, 19. Tenthréde guaie. Tenthredo jocosa, nov. sp. Q—Long. .30 pee. Corps peu allongé assez robuste ; thorax noir, abdomen jaune. Le chaperon, le labre, les mandibules, les joues, les orbites antérieurs, une tache de chaque côté sur le vertex en arrièré des yeux, les 4 articles terminaux des antennes, les écailles alaires, les bords du prothorax, l’écusson, 2 taches sur les flanes avec les trochan- tins et l'extrémité des hanches, jaune-pâle. Pattes d’un jaune rous- sâtre, l'extrémité des cuisses postérieures plus ou moins obscure. Antennes longues, grêles, noires, blanches à l'extrémité, les 2 articles basilaires marqués aussi de blanc au sommet, Les hanches noires, les postérieures médiocrement allongées, portant une bande jaune en dehors. Ailes hyalines-jaunâtres, les nervures brunes, le stigma jaune; la cellule lancéolée avee une très courte nervule droite ; ailes inférieures avec 2 cellules discoïdales. Abdomen trapu, déprimé, entièrement jaune, y compris les valves de la tarière.—R. Capturée à St-Hyacinthe. 20. Tenthréde confuse. Tenthredo confusa, Nort. Trans. Am Ent. Soe. ii, p. 241, o. ‘ g —Long. .28 pce. Noire; le chaperon, les mandibules, le lobe médian du mésothorax, l’écusson, avec les pattes et l’abdomen en partie, roux. Antennes courtes, noires à la base, rousses au milieu et blan- châtres à l’extrémité, Le labre avec les écailles alaires, blanc. Ailes hyalines, les nervures et le stigma, noir, le dernier taché de blanc à la base, Pattes rousses, les hanches noires, l'extrémité des cuisses et des jambes postérieures avec la base de leurs tarses, noir, le reste de ces tarses, blanc. Abdomen court et peu robuste, roux avec les trois segments terminaux noirs.—R. Espéce bien remarquable par sa coloration, Un seul spécimen pris au CapRouge. 21. Tenthredo delta, Prov. est le Pachyprotasis delta., Prov. p. 108, Cet insecte appartient plutôt aux Tenthrèdes qu'aux Pachyprotases. 22. Tenthrède a-l4-taches. Tenthredo 14-punctata, Nort. Trans. Am. Ent. Soe, ii, p. 241, d 9. Q—Long. .34 pee. D'un blane jaunâtre varié de noir; l’extré- mité des mandibules, une tache à l’endroit des ocelles, les 3 lobes du mésothorax au milieu de leurs disques, le métathorax en partie, le ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMENOPTERES. 299 disque des plaques basilaires, une tache à la poitrine, les tarses posté- rieurs avec une ligne en dehors de leurs jxmbes et le dessus des an tennes,, noir plus ou moins foncé, le reste d’un jaune pâle uniforme, Antennes longues, grêles, noires en dessus, pâles en dessous. Ailes hyalines, les nervures brunâtres, le stigma blanchâtre, Les cuisses plus ou moins tachées de brun en dessus, avec un petit anneau à l’ex- trémité, Abdomen robuste, cylindrique, allongé, pâle, avee la suture des segments brune, et 7 points noirs ou bruns sur chaque côté. — R Espèce bien distincte par sa couleur pale. Capturée à St-Hyacinthe. 28. Tenthrède lobée. Tenthredo lobata, Nort. Allantus lob. Nort. Trans. Am. Ent. Soc. ii, p. 229, 9. Q—Long. .45 pee. Noire; la tête en partie, tous les bords du prothorax, les écailles alaires, la tache en V, les carénes du métatho- rax, les côtés des plaques basilaires, une tache cireulaire au dessus des hhnches postérieures, les 4 pattes postérieures en avant, tous les tro- chantins, les jambes postérieures exc'pté à l’extrémité, avec les côtés du ventre, blanc, La tête est d’un blanc jaunâtre avec le derrière noir et une tache noire aux ocelles trilobée en avant s’étendant jusque sur le vertex, touchant les yeux en dessus et envoyant un rameau en arrière jusque vers leur milieu. Ailes hy lines, le stigma brun, pâle à la base, Abdomen allongé, cylindrique, avec les sutures obscuré- Re Capturée à St-Hyacinthe. ment marginées d’une ligne pâle. 24. Tenthrède à-jambes-ceinturées. Tenthredo cinc- litibiis. Cress. Trans. Am. Ent. Soc. 11, p, 239, 9. Q — Long. .52 pee. Noire, le chaperon, le labre, les écailles alaires, les hanches et les trochantins, blanc. Chaperon médiocrement échan- cré. Antennes moyennes, les articles dilatés au sommet, Les flancs avec une tache blanche en ligne transversale, Pattes noires, les 4 cuisses antérieures blanches excepté à la base, de même que leurs jambes excepté à l’extrémité, tons les articles des tarses blanes à la base; les pattes postérieures avec la base des cuisses et un large an- neau au milieu de leurs jambes, blanc. Ailes hyalines-jaunâtres, leg nervures noires, la base du stigma pâle. Abdomen robuste, entièrement noir.— kh. Capturée au CapRouge. 95. Tenthréde semi-rouge. Tenthredo semi-rubra, Nort. Trans, Am. Ent. Soc, 11, p. 236, 2. Li 300 LE NATURALISTE CANADIEN | Q—Long .50 pce. Thorax noir, abdomen roux; le chaperon, le labre, les mandibules excepté à l’extrémité, un point sur les joues, les écailles alaires, les angles antérienrs, les côtés des plaques basi- laires avec une tache au dessus des hanches postérieures, jaune-pale. Tête fort grosse, excavée aux côtés des ocelles; antennes longues, les articles plus gros à l’extrémité. Ailes hyalines, légèrement jaunâtres, les nervures brunes, le stigma roux, pâle à la base. Pattes noires, les 4 jaubes antérieures, lextréwité des cuisses de la première paire en avant, avec le dernier article des tarses postérieurs, blanchâtres. Ab- domen allongé, cylindrique, les 2 premiers segments noirs, le reste roux.—PC. Capturée au CapRouge. Gen. Lypa, Fabr. Vol. X, 202. Aux 8 espèces décrites, ajoutez les 8 suivantes. 9. Lyde de-Chicoutimi. Lyda Chicoutimiensis, Huart, Nat. XI, p. 149. O— Long. .50 pee. Noire; le tiers basilaire des antennes, une tache soulevée, allongée, lisse, oblique, touchant presque l'œil de son extrémité extérieure au dessus de l'insertion de chacune, les mandibules avec les pattes, jaune-roussâtre ; un point au dessus de chaque œil, une ligne de chaque côté sur le derrière de la tête, les écailies alaires, le bord supérieur du prothorax, une tache prés du bord inférieur, l’écus- sou, les bords latéraux du dos, une ligne au sommet des segments ven- traux, blanc ou jaune pâle, Antennes avec le 3e article aussi long que les 2 suivants réunis. Le vertex et le mésothorax avee de gros points enfoncés. Les hanches noires, les jawbes antérieures avec une forte épine latérale. * Ailes hyalines avec une tache légèrement obscure à la base du stigma, les nervures brunes, la 2e cellule brachiale sans ner- vure transverse. Une seule 2 rencontrée. Son écusson blanc, les di- verses taches du vertex, les 2 taches obliques roussatres du milieu de la face, et sa plus forte taille, la distinguent sur- tout de la maculiventris. 10. Lyde discolore. Lyda discolor, Cress. Trans. An. Ent. Soc. viii, p. 26. Q —Long. .50 pee. Testacée avec taches plus pales; le chaperon, les joues, une tache de chaque côté sur le vertex, le lobe médian du sothorax, une bande sur ses lobes latéraux, l’écusson, les écailles mé avec la poitrine, blanc ou jaune pâle ; l'extrémité des mandi- alaires, ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMENOPTERES. 301 bules, une tache médiane sur le vertex, avec une autre de chaque côté plus ou moins distincte, les sutures du thorax avec l'extrémité de Vabdomen, noir ou brun-foncé. Ailes hyalines, les nervures ct le stig. ma jaunes, le dernier taché de brun à la base, la 2e cellule brachiale sans nervule transverse. Pattes de la couleur du cerps, les janibes antérieures avec une longue épine latérale. Abdomen large, déprimé, testacé, ses segments finement marginés de noir au sommet, l’extré- mité tachée de brun.—R. Un seul spécimen capturé au CapRouge. 11. Lyde de-Provancher. Lyda Provancheri, Huart. Nat. XI, p. 148. Q—Long. .40 pouce. Noire; une ligne bordant le chaperon et recevant trois lignes perpendiculaires, l’une au milieu montant jusque vis-à-vis les points d’insertion des antennes, et les deux autres, un peu plys longues, longeant les côtés internes des ycux, les mandibules ex cepté à leurs extrémités, les palpes, une tache longitudinale à la partie inférieure des joues et touchant les yeux, les écailles alaires, d’un jaune pale; le dessous de l’abdomen excepté une tache à la base de chaque segment, une bande assez large bordant le dessus, une bande trans- versale sur le milieu des segments 4 et 5 en dessus, d’un jaune roux; les antennes, de longueur moyenne, couvertes d’une pubescence courte et peu dense, jaunes excepté une grande tache sur le dessus du premier article, qui est un pen blanchâtre à son extrémité supérieure et revéta d’une pubescence plus longue que celle des autres ; l’article 3 presque aussi long que les trois suivants rénnis; pattes pubescentes, d’un jaune roux, excepté une tache plus ou moins étendue sur les cuisses. Vertex rugueux, brillant. Ailes hyalines, les supérieures traversées à leur milieu par une bande étroite légèrement enfumée ; stigma noir avec une tache blanche à la base ; les nervures noires, pâles à la base ; la 2e cellule brachiale avec une nervure transverse interrompue presque au milieu de sa longueur, Une seule 2 rencontrée. Cette espèce est voisine de la L. fasciata, Nort., elle sen distingue surtout par ses an- tennes jaunes et l'absence de taches sur le vertex. Fam. II. UROCÉRIDES, Vol. X, p. 225. Gen. XIPHIDRIA, Latr. p. 232, aux 2 espèces décrites, ajoutez la suivante, 8. Xiphidria Provancheri, Cress. Trans. Am. Ent. Soc. viii, p. 49. Xiphidion Canadense, Proy. X, 233. 302 LE NATURALISTE CANADIEN M. Cresson, avec raison, a retranché notre genre Xiphidion, par ce que la nervulation des ailes chez les Xiphidria est trop variable, pour former an genre distinct d’une variation qui peut n’étre qu’accidentelle. Fam. III. EVANIIDES. Vol. X, p. 234. Genre AULACUS, Jurine p. 236. Aux 2 espèces décrites, ajoutez la suivante. 3. Aulaque tarses-roux. Aulacus rufitarsis, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil. i, p. 134, ©. © — Long. .45 pce. Noir avec l'abdomen roux; le vertex, l’ocei- pet et les mandibules, polis. fa face légèrement pubescente. Les antennes plus longues que la tête et le thorax. Thorax gibbeux, strié profondément en travers. L’écusson aussi strié transversalement et avec 2 courtes impressions longitudinales, Ailes hyalines, légérement enfumées, le costa fuligineux, les nervures noires de même que le stigma, la nervule divisant les cubitales 2 et 3 presque entièrement oblitérée. Pattes noires, les hanches ragueuses, les cuisses polies, les tarses roux pâle. Abdomen d’un roux brillant, la tarière plus longue que l’abdomen, jaune, ses valves noires. —PC. Une seule © rencontrée, Après le genre Aulacus, ajoutez le suivant, Gen. PAMMEGISCHIA, nov. gen, (De pammegas, très grand, et ischion, hanche). Téte hémisphérique, unie au thorax par un cou fort allongé, courte inférieurement, à front convexe, yeux petits, portant les antennes vers son milieu. Mandibules biden- tées. Antennes filiformes, gréles, de 15 articles, le premier allongé et renflé à son sommet faisant saillie en dedans, le 2e presque aussi long que le premier et plus fort que le 8e, les suivants plus allongés et diminuant de longueur à me- sure qu'ils se rapprochent de l'extrémité. Thorax de longueur moyenne, le prothorax fortement allongé en cou pour recevoir la tête, le mésothorax gibbeux en avant et ADDITIONS ETyCORRECTIONS AUX HYMENOPTERES. 303 ridé en travers. Ailes avec une grande cellule radiale atteignant Pextrémité, 8 cubitales, dont la première grande, recoit la 1ère récurrente vers le milieu de son côté, et non au point d’intersection de la nervure qui Ja sépare de Ja ‘2e, comme dans les Aulacus ; 3 cellules discoidales parfaites. Ailes inférieures sans autre nervures que la costale. Pattes gréles, de longueur médiocre, avac les hanches postérieures renflées et fort allongées, fig 1, se prolongeant en dedans au delà de linsertion des trochantins, Abdomen court, ovoide, brièvement pédiculé, inséré sur le dos du mé- tathorax qui s’allonge en pédicule pour le recevoir. Fig. 1. Tarière grêle, un peu plus longue que l'abdomen. Les hanches postérieures allongées et la disposition des nervures des ailes distinguent particulièrement ce genxe des Auwlacus, dont il est voisin. Dans ces derniers, la nervure divisant les 2 premières cubitales en se joignant avec la 1ère récurrente forme un X au point d’intersection, tandis que dans celui-ci, la première récurrente est reçue bien avant le point d’intersection. Une seule espèce ren- contrée. Pammégischie de-Burque. Pammegischia Burquei, n.sp. © — Long. .38 pce. D'un jaune roussâtre uniforme dans toutes ses parties. Tête polie, luisante. Tout le thorax fortement rugneux, le mésothorax ridé en travers. Ailes hyalines, les nervures brunâtres le stigma jaune, plus obseur à la base. Les yeux, les ocelles, extras mité des tarses avec les valves de la tariére, noir.— R, Nous dédions avec plaisir ce bel insecte à M. l’abbé Burque qui en a fait la capture à St-Hyacinthe. Fam. IV. ICHNEUMONIDES, Vol, X, p. 257. Gen. ICHNEUMON, Lin. p. 265. Aux 67 espèces décrites, ajoutez les 15 qui suivent, ce qui force à modifier comme suit la clef systématique de la page 266 et suivantes. FEMELLES. § me noir ou bleu, sans taches, Si ce n’est quelquefois au som- met du premier ou du dernier article. 1(34) Abdomen noir ou bleu, sans taches ; CON TORE it Mr lg UT AT 09 CU L + 4 vi ay Cah ies 304 LE NATURALISTE CANADIEN 2(21) Pattes postérieurs noires, leurs jambes sans taches; 3(16) Extrémité de l’abdomen immaculée ; 4(13) Ailes fuliginenses obscures ; 5( 6) Tête grosse, en carrés....... 1. saucius. Vol. X, p. 259. 6( 5) Téte ordinaire ; 7(10) Post-pétiole ponctué; ailes à reflets violets ; 8( 9) Ecusson noir; stigma noir...... ses... 02 VIDIA A ADI 9( 8) Ecusson blanc; stigme fauve....... 68. caliginosus. 10( 7) Post-pétiole finement aciculé ; 11(12) Hanches postérieures sans brosse en dessous |... 22007 Seen 3. malacus, X, 290. 12(11) Hanches postérieures avee une brosse en dessous......... ..... 2. cincticornis, X, 290. 13( 4) Ailes hyalines ou légèrement obscurcies ; 14(15) Couleur bleue; écusson blane sur les côtés senlement.-.... HP 9. cæruleus, X, 292. 15(14) Couleur noir-bleuâtre ; disque de l’é- cusson tout blanc........ 12. subcyaneus, X, 293- 16( 3) Extrémité de l'abdomen tachée de blanc ; 17(18) Trochantins postérieurs blancs. 15. extrematatis, X, 294, 18(17) Trochantins postérieurs noirs ; 19(20) Post-pétiole large; thorax avec l’éeusson blanc seulement ; ailes enfumées.. 13. bimembris, X, 293, 20(19) Post-pétiole étroit ; thorax avec plusieurs taches blanches ; ailes claires... 14. brevicinctor, X, 294. ‘21(33) Pattes postérieures noires ou bleues ; leurs jambes tachées de blanc ou de jaune; 22(23) Mésothorax brun-ferruginueux .... 6. centrator, X, 291. 23(22) Mésothorax noir ; 24(32) Extrémité de l’abdomen immaculée ; 25(29) Ecusson noir ; 26(27) Cuisses renflves; une ligne orbitale pale au dessus des antennes........ 18. prarus, X, 295. 27(28) Cuisses renflées; tête sans aucune tache. 69. corvinus. ~ 28(27) Cuisses grêles ; tête sans aucune taches. Leu PEER. .... 17. p'losulus, X, 295. 29(30) Heusson noir taché de blanc sur les côtés seulement «02: RER =< + 0 10. navus, X, 292. 30(31) Ecusson blanc ; métathorax taché ou de blanc... "25e... 22. otiosus, X, 297. 31,30) Ecusson blanc ; métathorax im- maculé 52e 21. unifasciatorius, X, 296. ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 305 32(24) Extrémité de l’abdomen tachée derblatcmescss: ..-.. eee 16. stygicus, X, 294. 33(21) Pattes postérieures ferrugineuses ; ex- trémité de l’abdomen tachée de DONC. CO 27. helvipes, X 299, $SS Abdomen noir avec bandes on taches blanches ou j'iunes, ces taches quelquefois variées de ferrugineux. 34(33) Abdomen noir avec bandes noires ou jaunes ; 35(36) Le 2e segment seulement avec une bande blanche ou jaunâtre...... 20 feralis, X, 319. 36(37) Le 2e, et souvent aussi le 3e segment, avec une bande jaune au sommet, segments terminaux ferrugineux ....... 38. subdolus, X, 354. 37(36) Le 2e segment fauve, les segments 3, 4 | et 6 avec une bande blanchatre PMS OMIM E LE nee ec eee 39. jucundus, X 354. SSS Abdomen ferrugineux avec l’exlrémite notre. \ 38(46) Abdomen ferrugineux, son extrémité noire ; 39(40) Segments 2 et 3 d’un roux plus ou moins OCDE Malte = Ie 75. ustus, n. sp. 40(41) Segments 1, 2 et 3 roux, l'extrémité sans tachetpale te... 47 nigrovariegatus, X, 357. 41(40) Segments 1, 2, 3 et souvent 4, roux, l'extrémité avec une tache pâle ; 42(45) Antennes à article 3 deux fois plus fave que 4 ; 43(44) Extrémité de l’abdomen avec une tache Gs. 6 See eo - ce: = 49. caudatus, X, 358. RARES". 2... 0 50. instabilis, X, 358. 45(42) Antennes à article 3 à peine plus long DUREE sais eee cie » 08 1.48. A X, 358 SSSS Abdomen roux ou Me les segments 1, 2, et 3 quelque- fois, taches de noir ; le sommet roux. 46(38) Abdomen roux ou ferrugineux, son extrémité rousse ; 47(55) Ailes fuligineuses ; 48(49) Hanches postérieures avec unc brosse en NOIR ete eco 51. grandis, X, 359. 49(48) Hanches postérieures sans brosse en dessous ; 50(51) Keusson noir; antennes gréles.... 52. rufiventris, X, 359. 51(52) Ecusson noir; antennes grenues, en roulÉes.es.sesseu..vse... 56, ingolens. X, 361 SAC Th ee CP TE aa ee CO Ss ee ee us . t a Leg Le (rar RE Qi Tant e > 306 LE NATURALISTE CANADIEN 52(51) Ecusson pâle; 53(54) Jambes postérieures blanches à la Das 522; 7 os Bee os . 54. devinctor, X, 360. 54(53) Jambes postérieures d’un ferrugineux plus ou moins foncé...... | aes 55. lividulus, X, 360. 55(47) Ailes hyalines on sub-hyalines ; 56(61) Thorax entiérement noir ; 57(60) Antennes avec un anneau pâle; 58(59) Jambes jaunes ; abdomen à segments plus ou moins noirs à la base... ... 57. Canadensis, X, 361° 59(58) Jambes rousses ou ferrugineuses ; abdomen entièrement ferrugineux...... 59. funestus, X, 362. 60(57) Antennes sans anneau pâle ; face JAUNC wy kee EEN sc = ~'n's' 6 77. paradOXUS, n. sp. 61(62) Thorax noir; métathorax taché de Diane. JS SR. a 60. W-album, X, 362. 62(68) Thorax noir; le métathorax sans taches blanches; le méso et quelquefois anssi le métathorax plus ou moins ferrugineux ; 63(64) Jambes postérieures avee un anneau pale... CORP = ls ... 78. annulipes. 64(67) Jambes postérieures ferrugineuses, noires à l'extrémité ; 65(66) Dernier segment sans tache jaune... 50. instabilis. X, 358. 66(65) Dernier segment avee une tache jaune ; tarière saillants". 58. velox, X, 361. 67(64) Jambes postérieures entièrement ferrugineuses; tarière non saillante . ...... 64. seminiger, X, 364. 68(62) Thorax entièrement ferrugineux, noir seulement aux sutures ; 69(72) Post-pétiole aciculé ; 70(71) Deuxième segment abdominal non ponetué. "tee. ..... 67. proximus, X, 365. 71(70) Deuxième segment abdominal dis- tinctement ponctué....... se 80. nanus. 72(69) Post-pétiole ponetué.....-..:......... 81. soror. | MALES. | Abdomen noir ou bleu, taché seulement quelquefois au premier ow 3 q P | au dernier segment. 1(48) Abdomen noir ou bleu, sans taches, si ce n’est quelquefois au premier ou au dernier segment; _ ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES, 307 2(16) 3( 4) Pattes postérieures entièrement noires ; Antennes jaune-orange, noires à la base et à REDON TERRE Lee sûre alk 7. flavicornis, X, 291. _4( 5) Antennes noires, sans anneau ;4le...... 70. pepticus. 5( 4) Antennes noires, avec un anneau pâle ; 6(11) Extrémité de l’abdomen sans tache; 7(10) Ailes fuligineuses, foncées ; 8( 9) Face entièrement noire.,............ 5. galenus, X, 290, 9(8) Face blanche............ .. 21. unifasciatorivs, X, 296. 10( 7) Ailes hyalines ou sub-hyalines........ 8. acerbus, X, 291. 11( 6) Extrémité de l’abdomen avec taches pales ; 12(15) Post-pétiole entièrement noir ; 13(14) Trochantins postérieurs noirs... 14 brevicinctor. X 294. 14(13) Trochantins postérieurs blanes.. 15. extrematatus, X 294. 15(12) Post-pétiole marginé de blanc au som- I NET RAI TERRE 11. citatus, X, 193. 16(42) Pattes postérieures noires, leurs jambes plus ou moins blanches ; 17(27) Antennes avec un anneau pâle ; 18(26) Extrémité de ’abdomen sans taches ; 19(23) Post-pétiole entièrement noir ; 20(21) Jambes postérieures blanches, noires à l’extrémité, les 4 hanches antérieures avec leurs trochan- Has banc Re... woke 19. vagans, X, 295. 21(22) Jambes postérieures avee un anneau blane à la base; les trochantins postérieurs blancs. 10. navus, X, 295. 22(21) Jambes postérieures avec une ligne blanche à la basetenidehors).2272..... 004 20. sublatus, X, 296. 23(19) Post-pétiole avec une tache ou bande blanche au sommet. 24(25) Métathorax immaculé...... 21. unifasciatorius, X, 296. 25(24) Métathorax avec 2 taches blanches en AOC SLR nn Cie ee is --. 20. sublatus, X, 296, 26(18) Extrémité de l'abdomen marquée de PIANC: is siens... Ane tmprovisus; R16, 27(17) Antennes entièrement noires ; 28(41) Post-pétiole entièrement uoir ; 29(40) Métathorax immaculé ; 30(35)Jambes postérieures blanches ou jaunes, noires 31(32) à l'extrémité ; Portes | DICER ¢,cicvs x ass sbosme -...... 23. bronteus, X, 297. 32(31) Ailes subhyalines ; 308 LE NATURALISTE CANADIEN 33(34) Tarses postérieurs blancs, annelés de noir ; les” 4 hanches antérieures blanches. 24. cinctitarsis, X, 297. 34(33) Tarses postérieurs tout noirs, toutes les hanches blanches..... ....... Amblyt. ultus, XE, 7. 35(30) Jambes postérieures noires, avec une ligne blanche en dehors ; 36(39) Post-pétiole grossièrement acieulé ; 37(38) Abdomen noir, segment 2 uniformément rugueux ; hanches postérieures marquées de blanc. ©... Amblyt. ultus, XI, 7. 38(37) Abdomen noir-bleu, segment 2 grossièrement et longitudinalement rugucux à la base au milieu; hanehes postérieures tout DOIT 2. nee ee « Amblyt. Stadaconensis, XI, T. 39(36 Post-pétiole poli o1 ponctué...... 12. subcyaneus, X, 293. 40(29) Métathorax avec 2 taches blanches en arrière PE: eee 20. sublatus X, 296. 41(28) Post pétiole taché de blane an sommet, 9. cæruleus, X, 292. 42(16) Pattes postérieures ferrugineuses ; 43(44) Hanches postérieures ferrugineuses, extrémité de b leurs cuisses, de leurs jambes et leurs tarses | entièrement, noir ; forme grêle. 26. puerilis, X, 298. 44(43) Hanches postérieures noires ; 45(46) Ecusson noir; facetimne.. .- =... 25. similaris. X. 298. 46(47) Ecusson taché de b ane; face jiune... Amblyt. luctus, XI, 8. 47(46) Ecusson jaune; faee noire avec les côtés ; ales) e eee cS. AU 27. helvipes, X, 299. SS Abdomen noir, à segments marginés de blanc. 48(49) Abdomen oir, avec bandes blanches à tous les sezments, Seer ---- 28. albomarginatus, X, 799. SSS Abdomen noir et jaune, varié quelquefois de ferrugineun. 49(78) Abdomen noir et jaune, quelquefois varié de ferrugineux ; 50(66) Extrémité de l’abdomen noire, immaculée ; 51(52) Antennes avee un anneau pâle.............. 71. suadus. 52(51) Antennes sans anueau pale ; ; 53(54) Segment 3 avec une bande jaune peu distincte à la base ; pattes jaunes... .... 23. bronteus, X, 297. 54(55) Segments 2 et 3 jaune’, variés à la bas: et au sominet, et quelquefois au milieu, | de ferrugineux............ °...... 72, Versabilis- q ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMENOPTERES. 369 55,56) Segments 2 et 3 j uines, plus ou moins DORSALE, 2... DER 30. comes, X, 350. 56(59) Segments 2 et 3 jaunes, plus ou moins noirs à la base; 57(58) Gastrocelles profonds; taille BIOMED Gare arctic ~ «5.0 00 31. trizonatus, X, 350. 58.57) Gastrocelles peu distinets, subobsolétes. 34. veseus, X, 352. 59(56) Segments 2-4 plus ou moins jaunes, quel- quetois aussi le post-pétiole ; 60(63) Base des segments 2 4 jaune, le soumet noir ; 61(62) Gastrocelles profonds ; taille forte..... 29. comes, X, 300. 62(61) Gastrocelles subobsolétes; taile Dace Oe OS Oe ae 35. pomilius, X, 349. 63(60) Bise des segments 2-4 noire, le sommet jaune, \ extrémité du premier segment jaune; 64(69) Taille grande ; lignes orbitales com- DER ere axe (eta aaa ..... 13. munificus. 65 64) Taille moyenne ; orbites interrompis... 32. 1ætus, X, 351. 66(69) Extrémité de l’abdomen noire, marginée de blanc ou de jaune ; 67(63) Mésothorax noir avec une tache jaune médiane; abdomen large, noir avec bandes - MNCL. 36. flavizonatus, X, 353. 68,67) Misothorax avec 2 lignes jaunes; abdomen étroit, grêle à la base, jaune avec bandes noires....,........ 37. Comptus, X, 353. 69(66) Extrémité de l'abdomen fauve, quelquefois marqué de blanc ou de jaune ; 70175) Antennes sans anneau pâle ; 71(74) Post-pétiole aciculé ; 72(73) Sezments 5 et 6 noirs, 7 fauve... 74. imconstans. as a) Seg nents 5-7 fauves ou ferrugineux, 40. creperus, X, 354. 74(71) Post-pétiole ponctué, presque usi... 33. mimicus, X, 351. 75(70) Antennes avec un anneau pâle; 76(77) Post-pétiole aciculé......... 40. creperus, var. X, 354. 77(76) Post-pétiole uni, pâle...... s...... 41. paratus, X, 355, SSS Abdomen jaune-safran, noir à l'extrémité, 78(79) Abdomen jaune-safran, les 3 ou 4 segments ter- minaux noirs; pattes entièrement jaunes «rss... 42. milvus, X, 355. LAS) * rin MINN Ge oe RUN à CRE NN PRE JT ce PAP ee CROIRE 4 | % 1% PSA Pa LEE do te LRU cs 310 LE NATURALISTE CANADIEN SSSS Abdomen plus ou moins ferrugineux, son extrémité toujours noire. 79(99) Abdomen ferrugineux, noir à l'extrémité ; 80.81) Segment 3 ferrugineux à la base, les autres segments noirs ; ailes subhyalines ; la face, l’écusson et les pattes, jaune eee ...... Amblyt. Quebecensis, XI, 10. 81(80) Segments 2-4 plus ou moins ferrugineux ; 82(83) Ailes fuligineuses...... (AG AAAS. 52. rufiventris. 83(82) Ailes hyalines ou subhyalines ; 84(95) Antennes sans anneau pâle; 85(83) Ecusson noir ; 86(87) Ecailles alaires fauves ou brunes... 44. cervulus, X. 356. 87(86) Ecailles alaires blanc pur........ 45, decoratus X, 396. 88(85) Ecusson plus ou moins pâle; 89(90) Hanches postérieures tachées de blanc. Amb/yt. electus, XT, 90 89) Hanches postérieures noires ; 91/92) Ecusson plat; post-pétiole finement aci- ICRA, Se Amblyt. Qnebecensis, XI, 10. 92(91) Ecusson convexe ; 93(94) Post pétiole finement aeiculé. ... - 50. instabilis. 94(93) Post-pétiole indistinctement gra- mulé...sc 5. eee - aS 46. lachrymans, X, 357. 95(84) Antennes avec un anneau pale ; 96(97) Pattes rouses ; écusson pale....... 43. finitimus, X, 356. 97(98) Pattes noires, écusson noir. ...... 76. nigripes. 98(97) Pattes rousses ; écusson noir...... e.-2- 19. Ustus. SSSSS Abdomen rour ou ferruginenx, les segments 1, 2 et 3 plus ou moins noirs à la base ou au Sommet, l'extrémité jumais noire. 99(79) Abdomen ferrugineux, l’extrémité jamais noire ; 100(110) Ailes fulligineuses, foncées ; 101(109) Antenies sans anneau pâle ; 102(107) Pattes postérieures entièrement noires ; 103(104) Tête grosse, en carré, joues convexes 51. grandis, X, 359, 104(103) Tête petite, subtriangulaire, joues aplaties ; 105(106) Ecusson noir ; post-pétiolé aci- calé.. os. sseeeseeee---- 02. rufiventris, X, 359, 106(105) Ecusson taché de blane ; post-pétiole gros- sièrement rugueux......... 53. placidus, X, 360. 107(108) Pattes postérieures noires, leurs jumbes tachées de blanc latéralement à la ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMENOPTERES, 311 base ; écusson blanc...... 54. devinctor, X, 360. 108(107) Pattes postérieures noires, leurs cuisses et leurs jambes ferrugineuses ; écus- SOM NGINME es. a sce « 52. rufiventris, var. X, 359. 109(191) Antennes avee un anneau pâle... 56. imsolems, X, 361. 110(100) Ailes hyalines ou subhyalines ; 111(118) Antennes sans anneau pâle ; 112(115) Abdomen ferrugineux, la base des seg- ments plus ou moins noire ; 113(114) Tête et thorax noirs.......... - 40. creperus, X, 354. 114(113) Tête et thorax ferrugineux........ 65. volens, X, 364. 115(112) Abdomen ferrugineux, le ler segment seulement noir, ou entièrement ferrugineux ; 116/117) Thorax noir ; stigma fauve..., Amblyt. nubivaqus, XI, 12. 117(116) Thorax roux ; stigma brun .... 79. rubicundus 118(111) Antennes avec un anneau pâle ; 119(124) Hanches postérieures noires, ou tachées de blane ; 420(121) Abdomen roux ou ferrugineux, sans taches de brun aux segments 2 et suivants ; chaperon avec une impression médiane ............….... 61. duplicatus, 121(120) Abdomen roux ou ferrugineax avec taches brunes aux segments 2 et suivants ; 122(123) Métathorax taché de blanc... 60. W-album, X, 362. 123(122) Métathorax noir ou fauve, sans tache de blanc... ..- 2 - 63. scitulus, X, 363. 124(119) Hanches postérieures ferrugineuses ; 125(126) Abdomen avec une bande blanche plus ou moins distincte...... -- 65. volens, X, 364. 126(125) Abdomen sans bandes blanehes ; 127(128) Jambes postérieures noires avec un anneau blanc: ..... . 62. annulatus, X, 363. 128(127) Jambes postérieures entièrement JAUNES... sons nan ne . 68. mucronatus, X, 364. À continuer. 312 LE NATURALISTE CANADIEN DE QUEBEC A JERUSALEM. (Continué de la page 287). XI Jaffa.— La maison de Simon-le-Corroyeur. — Les jardins; la chambre des pestiférés.— Le départ; nos montures.—La fontaine Abou-Nabbout ; la demeure de Tabithe. —La plaine de Saron. — Lydda, Ramleh.— L'atelier de Nicodéme.— La tour des 40 martys. — Latroun; Em- moas.— Saris. — Abougosch. — Vue de S. Jean in-Montana ; 7 Torrent du Terébinthe — Vue de Bethléem, du mont des Oliviers, de Jérusalem; entrée dans la ville sainte. Jaffa ou Japha est l’ancienne Joppé de l'écriture. C’est une ville des plus anciennes du monde; certaines traditions veulent même qu’elle existât avant le déluge. Détruite par le cataclysime, le fils de Noé Japhet l'aurait rebâtie et lui aurait donné son nom. Quelques uns veulent aussi que ce soit la cue Noé aurait construit son arche, Ce qu'il y ade certain, c’est que cette ville est très ancienne. C'était le seul port de mer que possédassent les Israélites. C’est a Jaffa que le roi de Tyr, Hiram, faisait transporter les pré- cieux bois de cèdre qu'il tirait du Liban et qu'il livrait à Salomon pour la construction du temple du très-Haut. C’est aussi à Jaffa que le prophète Jonas sembarqua sur un vaisseau faisant voile pour Tarsis, pour se soustraire à l'ordre du Seigneur d'aller précher la pénitence à Ninive. On sait le naufrag: qui s’en suivit et comment le prophète fat remis sur le rivage par une baleine qui lavait avalé. Tour à tour possédée par les Machabées, les Romains, les Arabes, les Perses, les Turcs, les Ezxyptiens, elle fut autant de fois détruite et rebâtie. S. Louis l’entoura d'une mu- raille flanquée de vingt quatre tours que le sultan Ribars rasa quelques années plus tard, Mal bâtie, à rues étroites, tortueuses et malpiopres, la ville ne renferme plus aujourd’hui que 6000 habitants, dont an millier à peu près sont catho iques, les musul- mans seuls y comptait pour plus de 4,000. DE QUEBEC A JERUSALEM 313 Nous étions à peine rendus avec nos bagages au con- vent des PP, franciscains, que le Prince Rodolphe opéra son débarquement, et vint aussi saluer les bons religieux. Nous venions de terminer notre Te Deum, pour remercier Dieu de notre heureuse navigation, qu’ le Prince se pré- senta pour y accomplir le même acte de religion. Le P, Gardien le reçut à la porte de l’église et lui présenta l’eau bénite et l’encens. On se montre généralment avide de voir les grands personnages, Ceux que leur naissance, leur génie ou leurs vertus élévent au dessus du commun des hommes; on se plait à rechercher dans leurs traits quelques rayons de cette autorité émanée de Dieu qui s’est reposé sur eux, quelques signes extérieurs des privilèges dont les a favorisés la Providence; mais tous ceux qui ont épié dans ces sen- timents la rencontie du Prince Rodolphe à son débarque- ment a Jaffa, ont été grandement déçus dans leur espé- rance, surtout en examinant sa mise. En simple habit de chasse à petits carreaux gris et noir avec culottes se ter- minant au dessus du genou, on aurait plutôt reconnu, dans cet accoutrement, un vulgaire coureur de taillis, que l'héritier de la couronne de l’un des plus vastes empires du monde Son precvpteur, son oncle, lex-Grand Due de Toscane, malgré ses cheveux blancs, portait aussi le même costume. Du reste, pour le Prince, bonne figure, teint blond, traits réguliers, front large et découvert, et rien qui dénote la morgue et les sottes prétentions. Sa tenue pen- dant la cérémonie religieuse fut tout-a-fait digne et res- pectueuse, Comme le départ avait été fixé pour les deux heures de l'après midi, on s’empresse dès le matin de faire quel- ques petites excursions dans la ville. Et tout d’abord nous faisons la connaissance du Frère Liévin qui doit nous guider dans toutes les pérégrinations que nous aurons à faire dans la Terre-Sainte et la Syrie. Depuis vingt-deux ans, ce bon Frère est presque constam- ment occupé à conduire ainsi des voyageurs dans toutes les endroits mémorables de cette contrée, faisant le trajet de Jérusalem à Beyrouth et Baalbek jusqu’à quatre et cinq sr On paie us Ditty D Vin PLS GE < DONS sine A VAR 314 LE NATURALISTE CANADIEN fois chaque année. Le Frère, qui n’a encore que la soixan- taine, a la barbe et les cheveux tout blancs, ce qui n’em- pêche pas qu’il puisse mettre à bout les plus forts cavaliers quientreprendiaient de le suivre Il est flimmand d'origine. Il est l’auteur du Guide Indicateur de la Terre-Sainte, que tous les pèlerins des Saints-Lieux ont constamment à la main. Ayant fait une étude spéciaie de tous ces lieux, il est lui-même un livre vivant et des mieux renseignés, A chaque endroit rendu mémorable par quelque fait saillant, il nous fait l'historique du dieu, nous rapporte le fait, et sait s'arrêter aux preuves les plus convainquantss, lorsqu'il y a eu dissidence sur quelque point. | Nous allons à sa suite, à quelques pas seulement du couvent des PP., mais à travers des montées, des descentes, des voutes, des couloirs tortueux où le meilleur chien de race pourrait se perdre, visiter la maison de Simon-le-Cor- royeur, où logeait l’Apôtre S. Pierre et où il reçut les en- voyés du centurion Corneille, de Césarée. Ayant vu en révélation des anges descendre du Ciel une nappe remplie de toutes sortes d'animaux, purs et impurs, qu’on lui offrait en nourriture, il comprit que la rédemption n'était pas seulement pour les enfants d'Israël, mais qu'elle devait s'étendre à tous les gentils, aussi enrola-t-il avec joie Cor- neille parmi les enfants du Christ. La maison est aujour- @hui convertie en une petite mosquée, n’ayant rien de re- marquable ; son mihrab (1) est sans aucun ornement et son pavé est recouvert d’une simple natte. Nous passons dans le march? qui n'a de remar- quable qu'une grande variété de costumes de toute des- cription. On y voit force étalages doranges et de citrons, principale production de Jaffa. Nous y voyous aussi des femmes avec des paniers @amendes toutes vertes, quon mange en entier avec le brou. Nous en goûtons une, nous lui trouvons une saveur acide assez agréable, mais nous ne pouvons nous défendre de condamner la vente de fruits encore tout verts, n'étant guère qu'à mi-grosseur, lorsque (2) Le mihrab est une niche plus ou moins riche, dans les mosquées, vers laquelle tous les musulmans se tournent en priant. Le mihrab est toujours placé du côté de la Mecque. Le PERN ONT. RE aM PE ae Re FT te ag hy Là : , } DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 315 parvenus à maturité ils auraient double valeur. C'est l'enfant gourmand qui ne saurait attendre et qui satisfait son goût de tout ce qu'il rencontre, En poursuivant vers le N, E, on rencontre de magni- fiques jardins ou plutôt vergers, car ce sont bien plus les arbres fruitiers, orangers, citronniers, grenadiers, vignes, bananiers, etc., qui les rendent célèbres, que la culture qu’on leur donne, laquelle très souvent est fort négligée, Nous voyons là des oranges grosses comme nous n’en avions encore jamais vu; c'est comme des moyennes ci- trouilles, Les marins, nouns dit-on, perçoivent jusqu'à deux lieues en mer les + flnves de ces arbres fr'itiers lorsqu'ils sont en parfaite floraison. Au delà de ces jardins, tout près de ia mer, se trouve un couvent d’Arméniens schismatiques, dans lequel on montre aux voyageurs la salle des pestiférés, c’est-à-dire, cette salle où l’on prétend que Napoléon fit empoisonner ses soldats atteints de la peste, pour leur épargner d’être massacrés par les Turcs après son départ. Nous prenons le.diner dans le réfectoire des Pères et aussitôt après on s’oceupe des préparatifs du départ. Nous avions retrouvé nos selles européennes parmi les bagages débarqués du Scamandre, et les avions re- mises aux moukres (1) chirgés de nous conduire. Nos montures occupent presque complètement une petite rue inégale, tortueuse, pavée en pierres mal jointes, tout en arrière du ‘ouvent; nous allons y faire une visite. C’est à peine si nous pouvons nous frayer un chemin à travers les chevaux, mulets, ânes, pressés les uns contre les autres. Nous parvenons à la fin à retrouver notre selle numéro 85, sur un jenne cheval de fort belle apparence, Nous retournons au couvent pour prendre notre ombrelle et attendre l'heure du départ. Il est 2 heures passées et ordre est donné de monter à cheval. Nous passons de nouveau à travers les montures, mais sans pouvoir retrouver la nôtre, on les avait changées (1) Les moukres ou muletiers sont de vigoureux jeunes gens chargés du soin des bêtes dans les caravanes. 316 LE NATURALISTE CANADIEN de place. Presque tous les pèlerins étaient déjà en selle, et nous étions encore à chercher notre jeune cheval, Il se trouvait bien encore près de nous un cheval sans cavalier; mais il portait une selle arabe, et nous tenions à conserver européenne que nous avions achetée à Paris. Ne voulant pas ainsi faire l'échange, force nous fat de faire l'inspection des selles pour retrouver notre numéro 35, Nous le retrou- vons à la fin, occupé par un cavalier qui paraissait s’en ac- commoder fort bien. - Permettez ; vous avez sans doute ap- porté une selle de France.—Pas du tout; J'ai pris la ‘pre- mière monture préte que jal rencontrée.—Ht de cette façon vous vous êtes emparé de ma propriété, car cette selle numéro 35 a été, par moi, achetée à Paris; je vous prierai de vouloir bien me la céder —C’est bien dommage, car je m'en trouvais fort bien.—Je veux le croire, mais puisque vous vous êtes résigné aux sells arabes, veuillez allez jouir des agrements qu’elles présentent, en prenant cette monture qui reste encore inoccupée. lt la dessus, notre compagnon laisse la place, que nous occupons aus- sitôt. Nous nous trouvons fort bien assis et reconnaissons notre jeune bête C'est un étalon arabe de 4 ans, fort élégant, mais qui parait montrer un peu trop de pétulance, il avance, recuie, frappe le paré ce ses fers, mordille ses voisins, et ne peut rester tranquille. — De grace, dimes-nous, partons bientôt, car je crains quelque accident. Voulant ie retenir plus tranquille, nous saisissons les rênes ; et le voilà aussitôt à reculer, heurtant de son crou- pion et chevaux et cavaliers, au grand mécontentement de ceux-ci, qui ont aussi peine à retenir leurs bêtes. N'ayant ni éperons ni courbache, nous le frappons de notre om- brelle ; mais notre animal va toujours à reculons, jusqu'à ce que rencontrant un étalage d’oranges que tenait une bonne femme, il renverse la table au grand effroi de la mar- chande, et va s'appuyer la croupe sur la maison voisine pour se cabrer. Mais un moukre, en mâchant force gros mots arabes que nous ne pouvons comprendre, a déjà saisi la bride et ramène l’animal à la raison. Allons, dimes- nous, ça débute assez mal; espérous que ça tournera bien- tôt autrement. DE QUEBEC A JERUSALEM SAW Enfin nous voila en marche, et notre animal se tran- quilise à mesure que nous arançons. Nous avons à peine franchi les limites de la ville, que nous nous trouvons dans une allée bordée de chaque côté dune haie d'énormes nopals, étalant leurs épines en ro- settes à travers lesquelles se montrent fréquemment les têtes hideuses de nombreux lézards noiatres, qui nous re- gardent passer, et séparant de la route ces vergers sans fin d’orangers, de citroniers, de grenadiers en fl:urs qui embaument l'air de leurs émations. Les orangers, en même temps qu’ils plient sous le poids de leurs pommes d’or, nous montrent des fleurs tout épanouies, principal foyer de leurs parfums; les citroniers retiennent encore la couieur verte à leurs fruits ; et les grenadicrs n’€talent encore que leurs fleurs comme des roses écarlates du plus vif éclat. Ça et là, au milieu de ces vergers, se montrent des bana- niers au feuillage tout tropical. Ces feuilles minces, lon- gues souvent de 6 à 8 pieds sur une latgeur de 15 à 18 pouces, à limbe lisse, d'un vert souvent lavé de pourpre, aux bords gracieusement ondulés, nous rappellent ces goëmons quon rencontre se promenant au courant aux bords de la mer. Et comme protecteur de tous cvs arbres de médiacre hauteur, les fiers palnuers lancent de ci de là vers le ciel leurs parasols de verdure couronnant leurs tiges gréles et nues. De temps en temps aussi sur le bord de la route, nous renouvelons connaissance avec un arbre que nous arons rencontré la première fois en Géorgie et en Floride, c’est le mélia azéderach. Cet arbre, comme l’oranger, le citro- nier, le grenadier, etc., n'est pas indigène ici, mais yaété importé de la Perse depuis longtemps, et s’y est pour ainsi dire naturalisé. Il fournit de superbes sujets pour l’orne- mentation des rues; sa taille ne dépassaut pas la moyenne, son tronc étant toujours droit et uni et sa tête se couvrant au printemps d'une masse compacte de fleurs d’un beau blanchatre lilacé. Les rues du Caire et d'Alexandrie nous en montrent de nombreux spécimens de la plus belle venue. 318 LE NATURALISTE CANADIEN Orangers, citroniers, grenadiers, palmiers, bananiers, cyprès, muriers, sycomores, etc., le botaniste reconnait de suite qu'il est ici en pleine végétation tropicale, et il cher- che en vain des représentants des productions de nos climats du nord, Après environ 20 minutes de marche, nous rencon- trons une riche fontaine en marbre blanc sur une place ombragée de cyprès et de sycomores. C’est la fontaine d’Aboun-Nabbout, du nom du gouverneur de Jaffa, qui la fit construire au commencement de ce siècle. C’est à quel- ques pas seulement au nord de cette fontaine, dans un vieux cimetière qu'on commence à livrer à la culture, que se trouve les ruines de la maison de Tabithe, cette sainte veuve que ressuscita l’apôtre S, Pierre, comme on le lit aux actes des apôtres. En ce temps là, disent les Actes, il y avait à Joppé, une femme de grande réputation par sa sainte vie et ses œuvres de charité, du nom de ‘Tabithe. Cette femme étant venue à mourir, on envoya à S. Pierre qui était alors à Lydda pour le prier de venir à Joppé sans délai. Pierre sy rendit avec les délégués, et arrivé à la maison de la morte, les veuves et les pauvres femmes qui y étaient ré- unies attendrirent lapôtre en lui montrant les habits dont elle les avait revêtues et en déplorant la perte de leur bienfaitrice. Pierre s'étant agenouillé pour prier, dit à la mo.te : Tabithe, lève-toi; aussitôt elle ouvrit les yeux et se mit sur son séant. Et l’apôtre la rendit toute pleine de vie à ses protégées. On montre des loges sépulcrales dans l’une desquelles la tradition veut que la sainte femme ait été inhumée, et tous les ans, je [Ve dimanche après pâques, il se fait la an grand concours de peuple pour honorer les vertus de Tabithe et le miracle dont elle fut l’objet. Laissant à gauche la fontaine d’Abou-Nabbout, nous passons bientôt à droite la 1ère tour. Ces tours on corps de gardes ont été érigées en 1860, par le Pacha de Jéru- salem Souraya, contre le brigandage des bédouins. Elles sunt échelonnées de distance en distance sur la route de DE QUEBEC A JERUSALEM 319 Jaffa a Jérusalem et oecupées chsenne par deux soldats de la troupe irrégulière appelés Bachibouzouks (gen- d’armes.) Nous sommes maintenant dans ja fameuse plaine de Saron, vantée par le prophète Isaïe. C’est ici que Samson incendia les blés des Philistins en attachant des flambeaux à la queue de renards qu'il lança au milieu de leurs mois- sons. La plaine qui s'étend de la mer aux montagnes de la Judée, mesure 8 lieues de large sur environ 80 de lon- gueur. Le sol est une argile sablonneuse des plus fertiles, aussi trouve-t-on tous les endroits non mis en culture cou- verts d’un riche tapis de verdure, qu’emaillent des fleurs sans nombre, parmi lesquelles dominent surtout l’anémone et la tulipe en certains endroits, Quelle population ne pourrait pas nou:rir une telle plaine si elle était de toute part livrée à une culture intelligente ? Nous passons par- fois à travers des blés que nos montures dépassent à peine et dont les lents balancements au souffle du zéphir déno- tent le poids qui allourdit leurs épis, Nous poursuivions tranquillement notre route, lors- qu’un compagnon en arrière de nous, tomba de son cheval, par suite d'un faux pas qu'avait fait l’animal en mettant le pied dans un trou. Nous étant retourné pour voir ce qui en était, nous ne savons quel mouvement nous 1mprimâämes à nos rênes, mais voila notre animal, que nous croyions désormais paisible. qui reprend sa course à reculons, heur- tant les montures qui nous avoisinent ; il se trouve bien- tôt sur une lourde voiture a trois chevaux qui nous suivait. Arrêté dans sa marche, il se cabre presque verticalement, si bien que le pôle de la voiture vient nous frapper entre les épaules en menaçant de nous faire rouler sous ies pieds des bêtes, Les chevanx de la voiture opèrent aussi un mouvement de recul, et voilale véhicule qui menace de dé- verser son contenu dans un fossé que nous longions. Nous allions être désarconné, lorsqu'arrive un moukre qui saisit notre animal à la bride et nous permet de descendre.— Eh! nous crie l’arabe, rien de surprenant, vous menez ce cheval au filet. —Mais que voulez-vous dire?—Vous ne tirez qu'une rêne à la fois—Mais n'est-ce pas ce qu'il faut 320 LE NATURALISTE CANADIEN faire, quand nous voulons changer de direction ? —Et non, il faut toujours tirer les 2 rênes à la fois; portani la main à droite, si vous voulez aller de ce côt là, et à gauche si vous voulez aller de l’autre, —C’est ce que j'irnorais ; mais pour cet animal, vous le ménerez au filet ou à la cordelle comme bon vous semb era, pour mo}, je n’en veux plus; il m'en faut un autre. Et tous nos compagnons d'approuver notre décision, surpris qu'ils étaient que l'animal ne nons eût désarçonné par ses cabrements.— Alors, dit le moukre, nous allons changer, vous allez prendre mon mulet et je monteral votre cheval.—Très bien, changez les selles. Nous les changerons ce soir, à Ramieh.— Mais non, que ce soit de suite ; puisque j'ai fait les frais d'acheter une selle euro- péenne à Paris, je veux m’en servir, et ne pas m’exposer à me blesser avec vos affreuses selles arabes, Si jamais nous nous sommes applaudi d’avoir fait un échange, c’est bien cette fois; car nous eumes dans ce mulet, sans contredit la meilleure bête de toute la cara- vane. Animal paisible, au pas sûr et long, nous n'avions qu’à le laisser faire dans les pas difficiles et nous n'avions rien à craindre. Aussi ne voulümes-nous plus nous en séparer du reste du voyage. (A continuer.) MINERAUX. Tous ceux qui s'occupent de minéralogie trouveront chez M. A. E. Foote, de Philadelphie, la plus grande col- lection de spécimens qu’on puisse désirer, puisqu'elle n’en comprend pas moins de 40 tonnes, cottant au-delà de $50,000, la plupart à l’état cristallisé. La seule liste des prix des spécimens forme un catalogue _du plus grand intérêt. Voir l'annonce à la couverture. Vol. XIII.—11. CapRouge, Q., NOV.,1882. No. 155. Rédacteur : M. l'Abbé PROVANCHER. FAUNE CANADIENNE HYMÉNOPTÈRES ADDITIONS ET CORRECTIONS. (Continué de la page 311). 68. Ichneumon obscur. Ichneumon caliginosus, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil. iii, p. 144. © — Long. .55 pee. Noir, l'abdomen plus ou moins bleuâtre, court et passablement robuste. Antennes enroulées avec un anneau pâle au milieu. L’écusson blanc; aréole centrale du métathorax en carré irrégulier. Ailes fuligineuses, le stigma brun-roussâtre. Pattes sans aucune tache, les hanches postérieures sans brosse. Abdomen court, en oval allongé, noir-bleuâtre, le post-pétiole ponctué. Pris 4 spécimens 9. 69. Ichneumon corbeau. Jchneumon corvinus, Cress. Trans. Am. Ent. Soc. vi, p. 145, ¢. © —Long. 35 pce. Noir brillant, faiblement ponctué, tête sans aucune tache. Antennes fortes, à articles courts, enroulées, noires avec un petit anneau blanc vers le milieu. Keusson aplati ; métatho- rax densément ponctué, excavé en arrière, ses angles tuberculeux, son aréole centrale grande, en occupant toute la longueur. Ailes légére- ment enfumées. Pattes avec les cuisses renflées, les tarses brun-rous- LE NATURALI TE CA ADIEN sâtre, toutes les jambes avec une tache blanche en arrière au dessus du mien Abdomen largement fusiforme, le ler segment large au sommet et finement aciculé, le 2e plus fortement ponctué que le 3e, les gastrocelles petits, le segment termina! obscurément taché de blanc; tarière apparente.—PC. Voisin du planus, mais s’en distinguant surtout par sa taille plus petite, sa têle et son thorax immaculés, etc. 70. Ichneumon brûlé. Ichneumon pepticus, Cress. Trans, Am, Ent. Soc. vi, p. 148, &. d'—Long. .62 pee. Noir; la face excepté une bande médiane et une tache en avant du chaperon, la base des mandibules, les orbites interrompus en arrière des yeux, le scape en dessous, les bords sapé_ rieurs du prothorax, une tache sur l’écusson souvent bifide en arrière, les 4 hanches antérieures en dessous, une ligne en avant sur les 4 cuisses antérieures et leurs jambes, blanc. Pattes postérieures entié- rement noires. Antennes longues, sétacées, dentées en dessous. Aréole centrale du métathorax transversale, peu distincte. Ailes hyalines, légèrement obseurcies vers l’éxtrémité, nervures et stigma, noir. Ab- domen fort, allongé, le premier segment aciculé, les gastrocelles grands et très profonds. —R. Capturé à St-Hyacinthe. Probablement le mâle de Orpheus. 71. Ichneumon certain. Ichneumon suadus, Cress. Trans. Am. Ent. Soe. vi, p. 160, d. d'—Long. 40 pce. Assez grêle, noir; la face, les mandibules, les orbites interrompus sur le vertex en arrière des yeux, les joues, le scape en dessous, un anneau aux antennes, le collier, les bords et les sutures du prothorax, les écailles alaires, une ligne au dessous, la poitrine, la suture des flancs du métathorax, une petite tache sur le disque du mésothorax, l’écusson et le post-éeusson, une tache en zig- zag sur la face postérieure du métathorax, les 4 hanches antérieures avec leurs trochantins, les postérieures en dessous, les tarses, la marge apicale des segments 1, 2 et 3, blanc ou jaune-pâle, Ecusson convexe ; métathorax rugueux. Ailes Racines. les nervures et le stigma, noir, le dernier taché de blanc à la base. Pattes jaune-roussâtre, les 4 cuisses antérieures avec une ligne en dehors, un petit anneau à l’ex- trémité des postérieures avec l'extrémité de leurs jambes, noir. Ab- domen déprimé, à pédicule grêle, gastr: celles subobsolétes, avec le 2e segment souvent aussi marginé de jaune à la base.—R. Capturé à St-Hyacinthe. La tache du mésothorax manque quelquefois, de même que celle de la poitrine. iy ‘Trans. Am, Ent. Soc. vi, p. 161, D. d'— Long. .46 pee. Noir ; la face, les orbites antérieurs, le seape en dessous, le collier au milieu, les écailles alaires, une ligne en avant, une autre au dessous, l’écusson, les 4 ja:xbes antérieures avec l’extré- mité de leurs cuisses, la base des jambes postérieures avec les segments 2 et 3 de l'abdomen, d’un jaune plus ou moins roussâtre. Antennes sétacées, assez courtes, plus ou moins rousses en dessus. Métathorax - rugueux, l’aréole centrale large, arrondie en avant. Ailes hyalines- …_ jaunâtres, les nervures et le stigma jaunes. Hanches noires, les pattes postérieures noires, avec le tiers basilaire des jambes et un anneau à la base de chaque article des tarses, jaune. Ablomen finement ponctué, poli à l'extrémité, les segments 2 et 3 jaunes variés de ferrugineux ou de brun à la base et au sommet, quelquefois aussi au milieu, les gas- . trocelles grands et profonds. —C. 4 Cette espéce est trés variable dans sa coloration; elle est très rapprochée du comes, ayant cependant l'abdomen bien plus finement ponctué. à 73, Ichneumon généreux. Ichnewmon munificus, Cress. - Trans. Am, Ent. Soc. vi, p. 162, 3; Ich. nobilis, Cress. (nec 4 . Wesm.) Proc. Ent. Soc. Phil. iii, p. 155, 3 Ë d'—Long. .64 pce. Noir; la face, des lignes orbitales complètes, . Je scape en dessous, les écailles alaires, une tache en avant, une petite ligne au dessous, les bords supérieurs et inférieurs du prothorax, une tache sur les flancs, deux petites lignes sur le dos du mésothorax, les écussous, tout le sommet du métathorax, les 4 pattes antérieures avec leurs hanches et leurs trochautins mers une tache sur les cuisses en dehors, les segments abdominaux 1, ?, 3 et 4 excepté à la base, jaune. Les pattes postérieures, toutes les ae les cuisses avec l’extrémité à des jambes, noir. Ailes hyalines, jaundtres à la base et légèrement …_ enfumées à l'extrémité, le stigma jaune. Abdomen allongé, les der- _ niers segments souvent marginés de roussâtre, le Ze fortement ponctué 4 à la base, les gastrocelles grands et profonds.—C. Se distingue sursout du /ælus, par sa plus forte taille. La tache du métathorax manque quelquefois. T4. Ichneumon inconstant. Ischnewmon tnconstans, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil., iii, p. 158, d. 1 &—Long. .57 pee. Noir; la face, le vertex en partie, le scape 4 en dessous, les écailles alaires, une ligne en avant, une autre au des- _ sous, l’écusson, le post-écusson, une tache sur chaque côté du méta Ss Sete . RS oe, eee eee + 324 LE NATURALISTE CANADIEN thorax, les pattes avec les segments abdominaux 1, 2, 3 et 4, roux ou jaune-fauve. Ailes hyalines-jaunâtres, le stigma jaune. Hanches noires plus ou moins fauves à l’extrémité. Les pattes postérieures avec les cuisses et l'extrémité des jambes, noir, le reste fauve. Abdo- men allongé, finement ponctué, les segments 2, 3 et 4 fauves avec une bande noire à la base, le ler souvent aussi avec l'extrémité fauve, 5 et 6 noirs et le 7e roux. Aréole centrale du métathorax en carré. Gas- trocelles larges et profonds.—C. Le métathorax est quelquefois sans tache. Nous pen- sons que l’infucalus de M. Cresson n’est qu’une variété de de celui-ci, car les couleurs sont assez inconstantes dans cette espèce, le jaune étant souvent remplacé par du fauve roussâtre, le premier gone abdominal de méme que le métathorax étant quelquefois sans taches et d’autre fois plus ou moins marqués de jaune-fauve, Voisin du creperus et Sen distinguant surtout par ses segments PE dominaux 5 et 6 qui sont toujours noirs. Il est probable que les 9 de cette espèce et des es- pèces voisines, telles que creperus, mimicus, letus, comes, versabilis, munificus, etc., diffèrent grandement des o en J 9 coloration, puisque ces Gerniers sont toujours trés nom- breux et qu'on ne connait pas encore leurs femelles. 75. Ichneumon grillé. IJchnewmon ustus, nov. sp. Q—Lorg. .25 pee. Noir, ponctué; la face sans taches. An- , noires avec un arneau blanc au milieu. tennes longues et grêles Thorax assez robuste, noir sans aucune tache; les écailles alaires noires, Ailes hyalines, le stigma @’un fauve-bru Pattes noires, les antérieures ferrugineuses à la base. Abdomen Use noir, les seg- ments 2 et 3 d'un rou gi ou moins obscur, tariére saillante. d—Plus g l'abdomen avec les segments 2 et 3 roux, les gastrocelles s’unissant l’un à l’autre par une dépression de la base du 2e segment. Capiuré au CapRouge et à St-Hyacinthe. 76. Iichneumon pieds-noirs. Ichneumon nigripes, nov. sp. d'—Long. 88 pce. Noir avec l'abdomen en partie roux, grêle ; 2 petites lignes orbitales au dessous des antennes, l’écusson avec une tache à l’extrémité de l’abdomen, blanc. Antennes sétacées, grenues, avec un anueau jaune au milieu. Ecusson souleyé, blanc. Ailes hy- vee à alines, les nervures et le stigma brun-foncé. Pattes noires, les jambes et les tarses des 2 paires antérieures plus oa moins jaunâtres en avant; À a A ‘4 les cuisses postérieures avec un petit anneau roux à la base, les éperons de leurs jambes, blancs. Abdomen allongé, grêle, les segments 2 et 3 plus ou moins complètement roux, le reste noir avec une grande tache blanche sur les 2 derniers segments, Espèce bien remarquable par ses pattes noires, Cap- turée au CapRouge. 77, Ichneumon paradoxal. Ichneumon paradoxus, nov. sp. ® —Long. .44 pce. Noir avec l'abdomen roux; la face entière- ment, les mandibules, les palpes, le scape en dessous, les écailles alaires, une ligne en avant, une autre au dessous, l’écusson avec les pattes, jaune, Antennes de longueur moyenne, plus minces à l’extrémité, grenues, droites. Tête rétrécie en arrière des yeux. ÆEcusson con- vexe, jaune. Ailes légèrement obscures, les nervures brunes, le stigma jaune. Pattes jaunes, les hanches noires, les 4 antérieures avec leurs trochantins jaunes en dessous, les cuisses noires, les 4 antérieures plus ou moins jaunes en avant, et à l'extrémité, avec l’extrémité des articles de leurs tarses, noir. Abdomen roux, convexe, le premier segment noir, roux au sommet seulement, finement aciculé, gastrocelles trans- versaux.—R. _ Espèce tout-a-fait singulière, la tête, les antennes, le thorax étant ceux des males avec un abdomen de femelle. - Voisine du funestus, mais s'en distinguant surtout par sa coloration. 78. Ichneumon pieds-annelés. Jchneumon annulipes Cress. Proc. Ent. Soc. Phil., iii, p. 170, 9 ; pusillus, id., p. he: Q@—Long, .30 pee. Roux, la tête et le thorax plus ou moins b noirs; un anneau aux antennes, |’écusson, un anneau aux j2moes pos- térieures avec le veutre à la base, jaune-clair. Antennes fortes, courtes, enroulées, rousses à la base, jaunes au milieu et noires à l'extrémité. Thorax noir, le dos du mésothorax roux, une tache rousse plus ou moins étendue de chaque côté du métathorax. Pattes rousses, les jambes postérieures noires avec un anneau jaune, leurs cuisses aussi noires avec la base rousse. Ailes subhyalines, le stigma fauve. Abdomen ovoïde, entièrement roux, les derniers segments plus _ ou moins jaunâtres; tarière sortante. My 4 CANADIEN Oe Espèce identique en coloration avec la signatipes,Cress., a a mais d’une bien plus petite taille. ie 79. Ichneumon rubicond. Jchneumon rubicundus, Ms Cress., Proc. Ent. Soc. Phil. in, p. 176, & ©. es, d'—Long. .37 pce. * D’un roux pâle, densément ponctué. An- tennes assez courtes, rousses, avee un anneau pâle dansles 9. Ecusson . légèrement convexe, poli, jaune dans les J, ses environs noirs. Ailes subhyalines, les nervures brunes, la nervure moyenne brièvement ap- Lu pendiculée. Métathorax ponctué, arrondi avee une courte pointe aiguë aux angles,à aréole centrale allongée, avec les sutures noires. Pattes de la couleur du corps, les postéreures avee l'extrémité des cuisses et des jambes, noir. Abdomen allongé, densément et finement ponctué, les segments étroitement warginés de noir au sommet, le ler Rye: finement aciculé, le 2e à gastrocelles obsolètes. —R. Espèce bien distincte par sa coloration. 80. Ichneumon nain. Îchneumon nanus, Cress, Trans. Am. Ent. Soc. vi, p. 184. ' Q —Long. .25 pce. Roux; le derrière de la tête, les environs de By l’écusson, les hanches postérieures en partie, avec leurs cuisses et leurs ee jambes, excepté à la base, noir. Antennes fortes, à articles courts et | > 10 serrés, noires, avec un anneau jaune vers le milieu, plus épaisses à | Re. * l'extrémité et enroulées. Les palpes, les écailles alaires, quelquefois 2. une petite ligne au dessous, une ligne sur le collier, les 4 hanches an- térieures avec tous les trochantins, jaune-pâle. Ailes hyalines, les nervures et le stigma, brun-foacé. Métathorax finement ponctué, ses angles latéraux mutiques. Pattes fortes, les cuisses postérieures noires excepté à la base. Abdomen entièrement roux, le post-pétiole indis- tinetement aciculé, le 2e segment très-finement ponctué ; tarière noire, sortante.—R. Le Capturé au CapRouge. La plus petite espèce de ce e: genre. a ; 81. Ichneumon sœur. Ichnewmon soror, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil. iii, p. 185, 9. 9—Long. 40 pee. D’un roux brunâtre avec les sutures du ~ thorax noires. Antennes avec le scape roux en dessous, noires, avec | un anneau pâle au milieu, enroulées, à articles courts. Deux lignes | orbitales sur le vertex, l’éeusson avec une ligne sur le post-écusson, en jaune clair. M= = 46. attenuatus, ». sp. 42(31) Abdomen à premier segment roux; 43(46) Extrémité dé ’abdomen noire tachée de blanc; — 44(45) Cuisses noires; scape noir...-.----- 6. inhabilis, XI, 69. 45(44) Toutes lee cuisees rousses ; scape roux en dessous......se---.+------ 8. alacris, XI, 69, 46(49) Extrémité de l’abdomen noire, sans tache de blanc; 4 3 | 1708) Cuisses postérieures noires....... 16. pubescens, XL, 72, k Tête à rites TOUX ; Se longa 9. occidentalis, X1,70. 50(51) Cuisses fortement renflées et contour- nées ; tête en carré.......... 22. crassipes, XI, 74. 51(50) Cuisses grêles, ordinaires ; tête globu- JET NE COPAINS .---. 23. rotundiceps, XI, 74. _ 52(10) Ecusson blanc, jaune au roux ; thorax plus ou moins roux ; 53(56) Ecusson blanc ; 54(55) Tête noire ; antennes noires à la base.. 28. planus, XI, 76. 55(54) Tête rousse, antennes rousses à la base 20. robustus, XI, 75. 56(53) Ecusson roux ; 57(61) Tête et thorax, noir ; 58(59) Abdomen noir à l’extrémité.. .... 42 terminatus, n. sp. 59(60) Abdomen entièrement roux .......... 21. major, XI, 74. 60(59) Abdomen à bandes alternes de roux et de HOT Aa eee 20e 44 alternans, n. sp. 61 00 Tête et Thorax roux ; antennes noires à la : ris Ad Ae ee 38 . 43 rubricus, ». sp. MALES. 1( 4) Thorax et abdomen, noir ; 2(3) Antennes avec un anneau blanc........ 1 Blakei, XI, 67. 3( 2) Antennes sans anneau blanc. .... 20 mucronatus, XI, 73. 4(1) Thorax noir, abdomen plus ou moins roux ; 5(23) Hanches postérieures noires ; 6(21) Face noire ; 7(22) Ecusson noir ; 8(16) Scape entièrement noir ; 9(12) Métathorax fortement mucroné, 10(11) Ecailles alaires noires.......... 20. mucronatus, XI, 73. 11(10) Ecailles alaires blanches. ........ ... 31. orbitalis, n. sp. 12(9 ) Métathorax muroné ou submucroné ; 13(14) Jambes postérieures noires, roussâtres à LATE RENNES: . 32. cephalicus, n. sp. 14(15) Jambes postérieures rousses, noires à la base et à l’extrémité.......,.... 12. ovalis, XI, 71. 15(14) Jambes postérieures rousses, noires à l’ex- trémité seulement........ ... 33. parallelus, n. sp. _ 16(20) Scape roux en dessous ; 8(47) Téte et thorax, noir ; ee courte. 34, 3-annulatus, n. sp. _ 49(46) Extrémité de Pda rousse ; CY 336 LE NATURALISTE CANADIEN _18(19) Cuisses postérieures rousses, noires à l’ex- trémité seulement........... 36. aciculatus, n. sp. 19(18) Cuisses postérieures d’un roux sale, plus obscures au milieu, petit, grêle. 39. autumnalis, n. sp. 20(16) Scape blanc en dessous; les 4 hanches antérieures blanches........ 26. pallicoxus, XI, 75, 22( 7) Ecusson blanc ; 21(6 ) La face, les 4 hanches antérieures avec leurs trochantins, blanc. .... 14. impressus, XI, 71. 23(5) Hanches postérieures rousses ou jaunes ; 24(31) Face noire ; 25(26) Antennes rousses...... 3 SEE 25. ruficornis, XI, 75. 26(25) Antennes noires ; 27(28) Face fortement pubescente........ 40 subspinosus, x. sp. 28(27) Face glabre ; 29(30) Métathorax inerme, resserré à la base.. 41 constrictus, n.sp, 30(29) Métathorax sub-épineux aux angles... 24. inflatus, XI, 75: 31(24) Face blanche ; 32(23) Toutes les hanches rousses........-. 11. nitidulus, XI,70. 33(32) Les 4 hanches antérieures blanches. 17. albicoxus, XI, 72. (A continuer.) DE QUEBEC A JERUSALEM. (Continué de la page 320.) Continuant notre route, nous passons bientôt après la 2e tour de garde, puis, plus loin, la troisième, et tombons dans une forêt de vieux oliviers. Cette forêt doit son origine à Colbert, ministre de Louis XIV, qui avait établi une ferme en cet endroit. Napoléon I, dans son trajet à S, Jean d’Acre, campa à l'ombre de ces oliviers. Après la 4e tour de garde, nous passons devant un gros village arabe, Sarfand, dans le voisinage duquel se trouvait autrefois Geth qui fut la patrie de Goliath, de ce géant que terrassa David d’un coup de fronde. Geth, qui n’est plus aujourd’hui qu'un amas de ruines, possédait au- trefois un rol. DE QUEBEC A JERUSALEM 337 Un peu plus loin, nous laissons 4 gauche la Se tour de garde et aprés quelques minutes seulement, nous entrons dans Ramleh où nous pénétrons jusque dans la cour du couvent. Telle est la route qui mène directement à Ramlch; ceux qui préfèrent passer par Lydda, doivent, après la ren- contre de la 1ère tour, à un certain Ouéli (1), prendre une route à gauche, et, après avoir passé plusieurs villages musulmans, ils arrivent à Lydda ou Diospolis, qui est l’an- cienne Lod de la Ste Ecriture. Lydda, qui ne compte que quelques catholiques seulement, a une population de 5,000 habitants à peu près. Elle est sale et mal bâtie et n’a de remarquable que l’église 8. Georges qui possédait autrefois le corps de ce martyr, dont il était originaire, et lemplacement de la maison d'Enée, ce paralytique que guérit le prince des Apôtres. 8. Pierre, disent les Actes, étant venu visiter les saints qui étaient à Lydda, y trouva Enée que la paralysie retenait cloué sur son grabat depuis huit ans. Enée, dit l’apôtre, lève-toi, et fais toi-même ton lit. Et le paralytique se leva guéri. De Lydda la route ramène à Ramleh où l’on arrive après moins d’une demi-heure de marche. A Ramleh, comme à Jaffa, et comme nous les trouvons encore à Jérusalem, Bethléem, Nazareth, etc,, nous sommes hébergés par les Pères franciscains, qui accueillent avec bonté tous les pèlerins qui se présentent, à quelque natio- nalité qu'ils appartiennent et quelque soit la religion qu'ils professent. Admirable institution que ces couvents d’hos- pitaliers! Le pèlerin en Terre-Sainte, grace au dévoue- ment des généreux enfants de S. François, de ces pauvres volontaires qui se font, par esprit de pénitence, les servi- teurs de tous, est sûr d’être accueilli partout par des frères, qui souvent, comme à Ramleh, ne comprendront pas même son langage, mais toujours, par des signes de bienveillance, sauront lui faire comprendre qu'il peut compter sur leur abnégation et leur dévouement pour les soins matériels de la vie, soins qu’il chercherait vainement à se procurer à prix (1) Ouéli, petit monument funèbre. 338 LE NATURALISTE CANADIEN d'argent dans Ja plupart des lieux qu'il aura à visiter. Brisé par la fatigue, épuisé par la chaleur, il trouvera par- tout des figures sympatiques, qui oublieront leur pauvreté volontaire, pour mettre à sa disposition un comfort pre- cieux, que les bourses les mieux garnies seraient encore impuissantes à acquérir; et tout cela gratuitement, pour le seul avantage de fournir à des chrétiens les moyens de mieux connaître J. C., et à ceux qui le méconnaissent en- core, l’occasion de remarquer comment ses disciples pra- tiquent les préceptes de charité fraternelle qu'ils ont reçus de lui. Les franciscains ne possèdent pas de convent propre- ment dit à Raimleh, il n’y ont qu'une hôtellerie que déser- vent 5 ou 6 Pères italiens ou espagnols, A peine sommes-nous descendus de cheval, dans la cour du couvent, que les moukres viennent s'emparer de nos bêtes, et que nous pénétrons à la suite des Pères qui viennent nous saluer, sous leur toit hospitalier, Nous trou- vons dans le passage même nos menues malles déjà ren- dues avant nous, et notre Président nous distribue aussitôt nos chambres où nous sommes libres de nous retirer de suite. Mais nous profitons des quelques heures de clarté qui nous restent encore pour visiter un peu la ville, mal- gré l'extrême fatigue dont chacun se plaint. La plupart montaient à cheval pour la première fois, et tous étaient harassés d’une aussi longue course comme début sous un tel climat, Ceux surtout qui avaient fait le trajet sur des selles arabes, pouvaient à peine marcher. Ces selles, a rembourrage très dur, ont le dos presque plat et fort large, de sorte que leurs côtés viennent en peu de temps à para- lyser les muscles des cuisses. Nous nous rendons d’abord sur la terrasse de l’hospice, d’où nous jouissons d’un magnifique point de vue, poi vant presque d’un seui conp d'œil embrasser la vaste plaine de Saron, depuis le Carmel qui la borne au nord en se joi- gnant à la mer, jusqu’à Gaza où elle se perd dans le désert. De ce point de vue, là plaine n’est qu’un immense tapis de verdure, émaillé ça et là de villages arabes qui se dessinent sur toutes les éminences par leurs constructions gris- DEB QUEBEO A JERUSALEM 339 sombre sur le fond commun, lorsque des palmiers, comme a Bir-Zébik, Lydda, etc., ne viennent pas les distinguer davantage. Nous visitons d’abord la vieille église 8. Jean-Baptiste, ou le général Bonaparte fit dresser des ambulances sur les tombes des anciens croisés; cetie église a trois nefs ter- minées par autant d’absides, est aujourd’hui convertie en mosquée, Puis nous passons aux vasqnes de Ste Héléne; immense citerne dans laquelle nous dessendons par 27 marches. Nous nous trouvons alors dans un souterrain soutenu par 27 arches répondant à autant d'ouvertures par où les eaux du ciel venaient dans le réservoir. Puis enfin nous abordons la Tour des quarante martyrs. Vaste cons- truction aujourd'hui abandonnée et ouverte à tous les vents, n’occupant pas moins de 100 mètres carrés, La tra- dition veut que ce soit la le tombeau des 40 martyrs de Sébaste en Arménie, qu'on aurait rapportés là ; et d’autres prétendent aussi que la Ste Famille dans sa fuite en Egypte se soit reposée en cet endroit; mais ces deux tra- ditions ne paraissent pas mieux appuyées l’une que l’autre, et nous serions plutôt porté à croire avec le Frère Licvin, que c’est là un ancien caravansérail à la disposition des voyageurs, comme on en voit encore en beaucoup d’autres endroits. Nous rentrons au couvent sur les sept heures, des mieux disposés pour faire honneur à la table des bons re- ligieux. Ramleh est l’ancienne Arimathie, patrie de Joseph d’Arimathie et de Nicodème qui tous denx ensevelirent le corps du Sauveur. On sait que Joseph d’Arimathie faisait partie du sanhédrin ou sénat des Juifs qui condamna Jésus, et qu’à plusieurs reprises, cet-homme droit prit la défense da juste et s’efforça de le sauver. Quant à Nicodéme, c'était un ouvrier en bois; on veut que ce soit lui qui ait le premier représenté le Christ en sculpture, et on tient comme sorti de ses mains le crucifix miraculeux que l'on vénére encore dans l’église de Lucques en Italie. Le couvent des franciscains est bâti sur l'emplace- - x x 2 , ° ment de la demeure de Nicodéme, et, à l’entrée de l'église, Ree ih. Dae ig ere Rane ka Wee ee, OEE ea RU CRN Cr RRO RE SO an à is 340 LE NATURALISTE CANADIEN se voit son atelier méme qui est converti en chapelle et dans lequel nous pumes célébrer le lencemain. Le souper terminé, nous nous rendimes presque de suite à l’église pour la prière du soir, et chacun ensuite gagna sa chambre, tous se sentant pressés de se livrer au sommeil ou du moins de prendre un peu de repos. Mardi 29 mars.— Le départ ayant été fixé la veille à 5 heures, dès les 4 h. les messes se célébraient aux diffé- rents autels. Nous eûmes la chance de pouvoir célébrer dans l’atelier même de Nicodéme. La tasse de café noir (sans lait) qui fait à elle seule, avec un morceau de pain, le déjetiner en Orient, est bien- tôt prise, et dès avant 6 h. nous sommes tous à cheval et en route pour Jérusalem, que nous devons atteindre vers les 5 h. Nous traversons un cimetière musulman, et nous re. prenons aussitôt la grande route à travers la plaine de Saron. La plaine est à peu près la même qu’en avant de Ramleh, des champs cultivés par-ci par-là, et en certains endroits une telle profusion d’anémones, qu’elles forment un tapis continu du rouge le plus vif. Près des pièces cultivées nous voyons une quantité considérable d’énor- mes bulbes que la charrue a retirés du sol. Ils égalent les navets ordinaires en grosseur et on en remplirait des voi- tures. Ce sont ceux des asphodèle, Asphodelus luteus. Nous passons successivement les tours de garde Nos 6 et 7. Apres cette derniére, on voit sur le sommet d’une colline à gauche, Abouchoucheh qui occupe l'emplacement de lan- cienne ville de Gezer, qui avait pour roi Horam lors de l'entrée des Israélites dans la terre promise. Nous rencontrons ça et là des ruisseaux coupant la route que nous traversons sur des ponts en maçonnerie, Après la 10e tour de garde, nous entrons à gauche à Latroun, qui ne se compose que de quelques maisons. D'après la tradition, ce serait là la patrie du bon larron, l'Egyptien Dismas. On veut que la Ste Famille, lors de sa fuite en Egypte, ait cherché un refuge dans la cabane dx cet heureux brigand, ou plutôt du père de ce célèbre larron, Celui qui devait le premier entrer dans le Ciel à la suite du cue aah 208 EP tea a AE ata od DE QUEBEO A JÉRUSALEM 341 Sanveur, enfant alors, était déja rongé par la lépre. Sa mère ayant lavé son enfant dans l’eau qui avait servi au même usage à la Ste Vierge, l'enfant fut sur le champ guéri de sa hideuse maladie, ce qui ne l’empécha pas d’ex- ercer plus tard le brigandage a la suite de son pére, jus- qua ce qu'étant tombé entre les mains de la justice, il fut condamné a expier ses crimes sur la croix en compagnie de Jésus. Mais la grâce qui l'avait prévenu dès son en- fance, lui parla encore à ses derniers moments, et il fut assez heureux pour suivre son inspiration. “ Seigneur, ” dit-il, “je n’ai que ce que j'ai mérité, mais vous, vous êtes innocence même; souvenez-vous de moi lorsque vous serez dans votre royaume. — En vérité, je vous le dis, répliqua le Christ, aujourd’hui même, vous serez avec moi en paradis.” Latroun qui a possédé autrefois une belle église, n’est plus habitée aujourd’hui que par quelques fellahs et par deux bachibouzouks. A quelques arpents seulement de Latroun, se trouve Amoas qui est l’ancienne Emmaus où Judas-Macchabée défit Georgias le général ce l’armée d’Antiochus Epiphane, roi de Syrie. Les grecs lui donnèrent le nom de Nicopolis qu'elle porta longtemps. Ce n’est plus aujourd’hui qu'un petit village qui n’a de remarquable que les ruines d’une ancienne église qu'on était à déblayer au moment où nous la visitames. Une partie de l’abside avec le commence- ment des trois nefs étaient déjà découverts jusqu’aux dalles de marbre qui ornaient le pavé. Quelques auteurs veulent qu'Emmaus-Nicopolis soit l'Emmaus de l'Evangile, où le Sauveur se fit connaître aux deux disciples ie jour même de sa résurrection. On ajoute qu’un religieuse Carmélite, morte dernièrement en odeur de sainteté à Bethléem, qui avait déjà opéré plusieurs miracles, aurait précit qu'en y faisant des fouilles, on trouverait une inscription qui ferait disparaitre tous les doutes et établirait définitivement que c’est là même que le Sauveur s’est montré aux deux dis- ciples. En attendant, nous pensons qu’il est plus sûr de s’en tenir au texte de 8. Luc et à l'opinion du Fre Liévin, qui est une autorité en fait de géographie des Lieux-Saints 342 LE NATRRALISTE CANADIEN et de ne trouver le véritable Emmaus qu'à Quobèbeh qui est à 60 stades de Jérusalem et non a Amoas-Nicopolis qui en est a 160. A partir de Latroun, nous laissons définitivement la plaine de Saron pour entrer dans la chaîne des montagnes de la Judée. Nous laissons la vie, l'aspect riant et fertile de cette immense plaine, pour gravir ces monts nus, arides et désolés, où de rares bruyères, quelques houx misérables et d’autres arbustes épineux suffisent à peine à cacher ça et là les assises crayeuses qui s’étalent de toutes parts. Ce ne sont pas ici des mamelons arrondis, des têtes gracieuses revétues d’une chevelure d'arbres et d’arbrisseaux ; mais partout se montrent, comme entassés les uns sur les au- tres, tant les dépressions qui les divisent sont étroites, des sommités de pierre gris-jaunâtre, réfléchissant les rayons du soleil, en retraite les unes sur les autres, à cassure tran- chante, que sillonnent par-ei par là des torrents maintenant à sec, mais qui dans Ja saison des pluies forment des cou- rants impétueux pour les laver et les ronger. Nous passons bientôt la 11e tour de garde, +t nous nous enfongons dans une gorge à pente assez prononcée qui suit un torrent maintenant sans eau et que nous traversons plus loin sur un pont en maçonnerie. Nous faisons la rencontre, au détour d’un monticule, de trois femmes portant sur leurs têtes de lourds fagots qu’elles viennent d’arracher an flanc de la montagne. Nous cisons arracher, car la racine qu’elles ont conservée se montre plus volumineuse, et par conséquent plus pré- cieuse comme combustible, que la tige grêle et tortueuse de ces arbrisseau épineux. Vêtues d’un simple sarreau en toile bleue, sale et tout effrangé, elles le relèvent jusqu’à la hauteur du genou pour n’en être pas embarrassées dans la marche et le retiennent serré à la taille par une corde à laquelle est accrochée la serpette qni leur a s rvi pour leur extraction et lear émondage. Les pieds et les jambes nues, elles cheminent ainsi à travers épines, cail- loux pointus et autres aspérités de la ronte, sans tenir compte du soleil qni leur rôtit la figure et la poitrine qu’elles ue prennent aucun soin de se couvrir, Leurs DE QUEBEC A JERUSALEM 343 charges paraissent énormes, aussi les voit-on souvent plier sous le fardeau, et s'aider les unes les autres pour bien asseoir le faisceau sur leurs têtes. Quel esclavage! et dire que ces misérables, qui toutes trois, il est possible, appartiennent au même maitre, an même tyran, auront peut-être encore à goûter du bâton une fois arrivées au logis, pour n'avoir pas allourdi davantage leurs fardeaux en les faisant plus amples. Que n’ouvrent-elles les yeux, ces esclaves des hommes et du démon, aux lumiéres du chris- tianisme, qui les affranchirait de la double servitude a laquelle elles sont soumises ! Mais déjà les 12e et 13e tours sont franchies, et nous passons dans la vallée des vieux oliviers de Saris, l’an- cienne Sirim où David s'arrêta dans sa fuite avec sa troupe, et après quelques minutes, nous touchons Abou- gosh, où nous noûs nous arrêtons sur le penchant d'une colline semblablement converte d'oliviers pour y prendre le diner. Des tapis sont étendus à l'ombre sous les vienx arbres, et rangés autour, assis sur nos jambes à la facon des anciens patriarches et des habitants du jour de ces contrées, nul ne se plaint du manque desiège, trop heureux sommes-nous, de voir étalés devant nous, œufs durs,quartiers de poulets, oranges, etc., qui vont renouveler nos forces pour nous permettre de continuer notre route incontinent, Pour nous, suivant notre habitude, le repas est bien- tôt pris, et pendant que la plupart se livrent à une sieste sur les tapis mêmes qui nous ont servi de nappes, nous inspectons les broussailles du voisinage à la recherche de fleurs et d'insectes. Nous sommes bientôt rejoint par M. Gasnau:t-Guérin, qui lui, fait une revue de tous les cail- loux qui jonchent le sol, dans l'espoir d'y rencontrer quel- ques spécimens de minéralogie dignes d'intérêt, Nos goûts communs nous rapprochant, nous devenons de ce jour deux compagnons Inséparables pour poursuivre nos chasses et nos recherches. Plus heureux que lui, pendant qu'il ne trouve autre chose que des débris de la roche qui forme les montagnes que nous traversons, nous cueillons, d’abord parmi les plantes: deux papavéracées, le coque- licot commun, Papaver rh@as, et Un autr : que nous croyons ae ty NO le DNS PRE, 344 LE NATURALISTE CANADIEN être le Papaver dubium. Nous sommes tout surpris de tomber tout à coup sur de larges talles de mignonette tout en fleur, nous nous empressons de les flairer, à notre grande surprise, elles sont inodores ; nous reconnaissons alors, au calice à 4 divisions, que nous avons affaire au Reseda luteola, Un petit arbrisseau, à fleurs papilionnacées d’un jaune brillant, se montre en si grande quantité qu’il forme de larges massifs en certains eudroits ; nous croyons d’abord reconnaître le genét commun avec lequel nous avions fait connaissance sur la montagne de Lourdes, mais examiné plus attentivement, nous constatons que c’est une espèce différente, c’est le Genista monosperma, le notem des Arabes. Quant aux insectes, s'ils ne sont pas nombreux en espèces, les individus par contre se montrent en quantité considérable, Nous prenons d’abord sur le bord du chemin des bousiers à pattes postérieures très longues qui leur servent à rouler dans des trous préalablement creusés des boules de fiente dans lesquelles ils déposent leurs œufs et dont se nourriront leurs larves, c’est le Sisiphus muricatus, puis, sur le genêt, une grosse cantharide brune, avec le devant du prothorax rouge, c’est l’Epicauta verticalis, Illiger, pensons-nous ; puis 2 espèces d’Andrénes et un Halictus, l'une des Andrénes et l’Andrena rutila de Spinola, si nous ne nous trompons etc., etc. Abougosch, au pied de laquelle nous reposons, est l'ancienne Cariathiarim de l’Ecriture sainte. C’est dans la maison d’Abinadab, à Gabâa, sur la hauteur de Caria- thiarim, que demeura pendant 20 ans l'arche d'alliance et d’où David vint la chercher pour la transporter à Jésusalem, chantant et dansant devant elle pour témoigner sa joie; environ 1033 avant J. C. Cariathiarim est aussi la patrie du prophète Uri, qui fut mis à mort par le roi Joachim pour avoir prophétisé contre sa ville. Au N. O. du village on voit une construction qui se distingue de toutes les autres par ses dimensions, c’est l'Eglise de Saint-Jérémie, que les musulmans en 1489 en- levèrent aux chrétiens après avoir massacré neuf Pères D& QUECEC A JÉRUSALEM 345 franciscains qui en avaient la garde, cette église est ajour- @hui dans un triste état d’abandon et de délabrement, ser- vant souvent a loger les chevaux et autres bétes de somme des voyageurs. Il est déjà 2h. passées, la sieste est terminée et l’ordre de partir est donné. Chacun de reprendre sa monture et de se remettre à son rang pour la marche. Mais voici qu'une dame anglaise, avec deux cavaliers qui la suivent, s’en vient traverser la troupe de notre cara- vane encore toute pêle-mêle sur la route. Le cheval de Ja dame heurte celui d’un des nôtres qui n’étant pas suffisam- ment retenu par son cavalier, se tourne aussitôt en travers et envoie force ruades au nonveau venu. La dame de crier alors avec effroi et toute préte a rouler sur le sol, lors- que les moukres viennent saisir les bétes, et déposer la cavaliére sans connaissance sur le bord de la route. On craignit un moment qu’elle n’eut les jambes cassées par les ruades reçues, mais heureusement que les deux bêtes étaient trop près l’une de l’autre, et que les pieds du cheval rueur ne tonchèrent qu'au dessous du ventre de l’autre sans atteindre les jambes de la dame. Elle se remit bientôt et en fut quitte pour sa frayeur, sans autre consé- quence. Nous conclûmes tout de même de cet incident qu'il faut en toute circonstance veiller attentivement sur nos bêtes, si nous ne voulons pas nous exposer à des acci- dents qui parfois peuvent être très sérieux. Nous laissons à droite Soba que nous voyons perchée sur une montagne conique des plus élevées de cette chaîne, Noba était autrefois une place forte, mais elle fut prise et démantelée par Ibrahim-Pacha en 1834, et n’est plus au- jourd’hui qu'un village sans importance d'environ 500 ha- bitants. Nous descendons plus loin dans une vallée toute plantée d’oliviers, de figuiers et de vignes, cultures qui contrastent agréablement avec les dénudations que nous avons remarquées jusqu'ici. Nous traversons sur un pont en maçonnerie le torrent qui coule au milieu de cette vallée, 346 LE NATURALISTE CANADIEN A mesure que nous franchissons quelque hanteur, nos regards se portent en avant, pour voirsi nousne décourrirons pas bientôt les constructions de la Ville Sainte. On se sur- prend soi-même ému a la pensée que dans qnelques quarts d'heure on va fouler le sol le plus saint du monde, celui qui a été arrosé du sang de l’homme-Dieu, on va pénétrer dans Jérusalem, marcher sur les traces de Jésus. Gethsé mani, le Calvaire, le S. Sépulcre, sont des noms magiques pour le chrétien, dont le souvenir seul évoque dans l'âme nous ne savons quoi d'inconnu qui absorbe et qui trans- porte. Poursuivant notre route, nous prenons une descente raide et tortueuse, vers le milieu de laquelle, on nous montre à droite, à quelques milles de distance, S. Jean in Montana, c’est là que Zaicharie avait sa maison de cam- pagne et où vint au monde le plus grand des enfants des hommes. Nous laissons à gauche un village arabe séparé de la route par des champs tout plantés en oliviers, grenad ers, vignes, cognassiers etc. C’est Kalounieh, et continuant la descente, nous traversons au bas, sur un pont en maçon- nerie, le torrent du Térébinthe, qui a donné son nom à la vallée qu’il arrose. Le torrent est maintenant à sec, et dans son lit même, nous voyons trois enfants complètement nus qui prennent leurs ébats sur le gravier qui le couvre. On sait que c’est dans le torrent du Térébinthe que David prit les pierres avec lesquelles il terrassa le géant Goliath. Oui, cette vallée célèbre qui aujourd’hui ne fournit pas même aux habitants qui loccupent de quoi couvrir la nudité de leurs enfants, vit un jour deux armées nom- brenses et formidables en présence l’une de l'autre; sur la gauche celle des Israélites et sur la droite celle des Philistins. Depuis 40 jours les deux armées étaient en présence sans en venir aux mains, par ce qu'occupant chacune les hautes montagnes qui bordent le torrent de part et d’autre, il fallait pour se rencontrer descendre dans la vallée et remonter de l’autre côté. Et c'était à qui des deux armées ne s’exposerait pas dans cette position désa- vantageuse. DE QUEBEC A JERUSALEM. 347 Mais l’armée de Sani était deplus terrifiée par les bra- vades d’un géant Philistin, qui descendait chaque jour dans la plaine pour provoquer et insulter les Israélites. Ce géant était Goliath, de la ville de Geth que nous avons vue dans la plaine de Saron ; il mesurait six coudées et une palme, et il était tout couvert d’airain, d»pnis son casque jusqu’à ses bottes et son bouclier, qu'il frappait de sa lance, dont le bois seul avait les proportions d’une rame de bateau. Aucun enfant d'Isral ne voulait aller se mesurer avec ce colosse, lorsqu'un jeune pâtre, du nom de David, arriva au camp envoyé par son père pour voir sil.ne manquait rien à ses frères, II s'étonne des terreurs d’Israel et s’offre à aller combattre le géant, C'est que cet enfant, sons sa tunique de be ger, portait un cœur de roi, et que tout confiant en Dien, 11 avait déjà bien des fois éprouvé son assistance dans des circonstances critiques. On le pré- sente au rol. Saul hésite, ne voulant pas exposer ce jeune homme à une mort presque certaine.—Seigneur, mon roi, dit l'enfant, ne craignez rien. Lorsque je conduisais mes troupeaux au paturage, il est arrivé plusieurs fois qu'un ours, un lion venaitet emportait une brebis. Je me mettais aussitôt à sa poursuite, et sans autre arme que mon bâton, j’attaquais la bête féroce, je la saisissais à la gorge, la terrassais et l’étendais morte sur place. Je reprenais ma brebis et retournais joyeux à mon troupeau. Celui qui m'a délivré des griffes des ours et de la gueule des lions, saura bien aussi m’arracher des mains de ce Philistin, Et qui est-il donc cet infidèle pour oser braver ainsi l’armée du Dieu vivant ? Je ne compte ni sur ma force, nisur mon conrage, mais uniquement sur l'assistance de celui qui trempe les cœurs et dirige les bras de ceux qui com- battent en son nom. Le roi voulut au moins le revêtir de ses armes.--Non, dit l’enfant, je ne marchais pas ainsi lorsqne j'égorgeais les bêtes féroces, —Et prenant son bâton, il descendit dans la vallée, choisit cinq cailloux bien polis dans le lit du torrent qu'il mit dans sa panetière, et saisissant sa fronde, il s’a- vance vers le Philistin, —Mais me prends-tu pour un chien, dit le géant, en 348 LE NATURALISTE CANADIEN venant ainsi 4 moi avec un bâton ? Je vais donner ta chair à manger aux oiseaux de l'air et aux bêtes des bois.—Tu viens à moi, dit David, avec l'épée, la lance et le bouclier ; moi, jé ne suis qu'un enfant, mais je viens à toi au nom du Seigneur, je te couperai la tête et donnerai ton corps en pature aux oiseaux du ciel, afin que toute la terre sache qu’il y a un Dieu en Israël. À peine avait-il achevé ces mots, qu'une pierre s’é- chappe en sifHant de sa fronde, et va frapper au front l’or- gueilleux Philistin, Goliath roule sur le sol, et David lui enlevant son épée, lui tranche la téte d’un seul coup. La victoire est à David, et la terreur passe aussitôt d’une armée a l’autre, de celle des Israélites qui sont ivres de joie, a celle des Philistins qui se retirent honteux et en dé- sordre, Nullement en proie a la terreur des Philistins, mais quelque peu dominés par la joie des Israélites qui s’en re- tournaient victorieux a la Ville-Sainte, nous laissons der- rière nous le torrent avec son lit aride et ses enfants nus, et gravissons la montagne ‘opposée par une montée raide et escarpée, qui serpente en nombreux zigzags jusqu'au sommet de lélévation. Rien de plus gracieux à chaque détvur de la route, que de porter un regard en arrière sur la longue filede notre caravane, qui se dessine en un ruban mobile et replié sur le flanc de la montagne, en faisant contraster les couleurs voyantes des costumes avec le gris sombre du sol, ou plutôt de la pierre dans laquelle la route est taillée, Quarante cavaliers cheminent ainsi à la suite les uns des autres, couvrant en partie leurs montures de leurs amples manteaux blancs, en laissant pendre leurs longs turbans à fond blanc, rayé de rouge ou de jaune sur lesquels des ombrelles de toute couleur, projettent une ombre plus on moins efficace, suivant la position qu’on sait Jeur donner selon les différents détours que l’on opère. Derrière les cavaliers suivent au pas lent et aux traits for- tement tendus deux lourds véhicules à trois chevaux, char- gés eux aussi de voyageurs portant le même costume et se protégeant aussi contre le soleil avec leurs ombrelles éta- lées sur leurs têtes. DE QUEBEC A JERUSALEM 349 Nous passons a droite la 14e tour de garde, et un peu plus loin la 15e à gauche, où nons aperceyons devant nous la montagne des Oliviers. Nous voyons à droite la vallée de la Croix où se trouve un couvent de Grecs schisma- tiques ; au delà, vers le S. E., on aperçoit le couvent de S. Elie et, un peu plus à droite, Bethléem ; cette scène sans pareille, a pour fond à l'horison les montagnes de Moab qui gisent de l’autre côté du Jourdain, au delà de la Mer Morte. Nous touchons enfin à la 16e tour de garde où nous voyons se dessiner sur l’horison les crénaux des murs de la Ville-Sainte. Jérusalem ! Jérusalem ! à ce cri les croisés se sentirent dominés par une joie indescriptible. Et nous aussi, nous sommes émus, nous foulons un sol qui frappé de nos pas nous renvoie les échos des plus mémo- rables événements du monde; les personnages les plus célèbres ont buriné à sa surface dans leur passage des ca- ractères ineflacables que nous savons déchiffrer, et nous ne savons quelle vapeur secrète, inais suave, s’en exhale pour dominer nos cœurs et nous enivrer en quelque sorte, Aussi est-ce avec empressement que nous descendons de nos montures pour nous agenouiller et baiser ce sol qui à si Justes titres est appelé Terre-Sainte. C’est avec âme et les larmes aux yeux que nous chantons le cantique du roi- prophète: Je me suis réjoni de cette parole qui m’a été dite: nous irons dans la maison du Seigneur, Nous établirons notre demeure dans tes parvis. 6 Jérusalem, Jérusaiem, ville auguste, commune patrie des serviteurs de Dieu, dont les diverses parties forment un tout admirable. Là sont montées les tribus consacrées au Seigneur, pour rendre hommage à son nom, selon la loi d’Israel. Là sont placés les sièges de justice, les trônes de la maison de David. Demandez la paix pour Jérusalem ; que ceux. qui t'aiment, 6 cité sainte, jouissent de toutes sortes de biens. Que ia paix règne dans tes remparts, et l'abondance dans tes alais. Asiles de mes frères et de mes amis, mes paroles sur toi étaient des paroles de paix. | La maison du Seigneur notre Dieu est dans ton enceinte ; c’est pourqnoi j'ai appelé sur toi tous les biens. Gloire soit au Père etc. Puis nous récitons un paler un ave pour gagner l’in- dulgence à la vue de ia Ville-Sainte, et reprenons nos mon- tures pour continuer notre route. D’ordinaire un Père de Terre-Sainte vient en cet en- droit à la rencontre des pèlerins, pour les saluer et les in- troduire dans la ville Mais l'arrivée du Prince Rodolphe, qui nous précédait de quelques minutes, nous priva de cet avantage. (1) Letatus sum in his que dicta sunt mihi. Psaume 121. 350 LE NATURALISTE CANADIEN foun ayant maintenant appris 4 dominer sa mon- ture, nous no s mettons en file deux à deux et faisons notre entrée dans un ordre admirable, La marche est ouverte par le Frère Liévin, sur son superbe cheval gris-pommelé, puis viennent les membres du bureau, les pen à les hommes, et enfin les dames que suivent nos moukres en fermant la marche. Nous laissons à gauche l'établissement russe, passons la 17e tour de garde et touchons aux murs de la ville que nous longeons sur notre gauche jusqu’à la porte de Jaffa. Nous passons sous un arc de verdure érigé pour le prince et trouvons toute la population sur pied en habits de fête à l’occasion de cette visite, moins toutefois un cam- pement de bédouins dont les sombres tentes s’étalent à la porte même de la ville, avec leurs chameaux agenouillés sur la place et leurs enfants nus qui veulent eux aussi servir leur curiosité malgré leur manque de costume, : Nous franchissons la porte, munie d’un seuil en pierre que nos chevaux enjimbent, mais que les voitures ne peu- vent franchir, tournons a gauche, où nous prenons la 2e Tue qu'on rencontre, rue étroite, inégale, irréguliére, pavée en cailloux ronds sur lesquels retentissent les fers de nos chevaux, laissons a doite 2 rues à peu près sei blables, et continuons tout droit, jusqu'à ce que no 1s voyions, dans un angle à gauche, la porte d’une grande construction, au dessus de laquelle nous lisons linseription : Hospitium Franciscanum, c'est la Casanova ou hôtellerie des Pères franciscams qui doit nous recevoir. A continuer. OE D — FAITS DIVERS. Arbres d’ornement.—Nous voyons avec plaisir que nos remarques au sujet de Ja plantation d'arbres d’orne- ment choisis parmi nos espèc:s forestières, ont attiré l’at- tention de plus d’un membre de la presse qui les ont corroborées de leurs obs rvations et commentaires. Le Courrier de Montréal, Le Canada d'Ottawa, le Courrier du Canada, L'Union des Cantons de U Est, le Nouvelliste de Qué- bec, le Constitutionnel et la Concorde des Troi -Rivières s’en sont surtout cecupes. Le Constitutionnel insiste surtout pour qu'on fasse aux Trois-Rivières, ce que nous avons suggeré pour Québec. Que sur la place publique qu’on est à pré- parer sur le plateau des casernes, on fasse comme un noyau de jardin botanique, en plantant la des représentants de toutes les essences arborescentes des forêts de notre Province. Nous ne saurions trop vivement appuyer cette FAITS DIVERS 251 proposition, Trois-Rivières n’est qu’à 90 milles de Québec et cependant, si ces Suggestions étaient mises à exécution, on verrait prospérer là plus d’une espèce qui ne pourratent réussir à Q 1ébec ou dn moins y prendre Jeur développe- ment normal. Son sol sablonneux et chaud, son éloigne- ment des montagnes couvertes de conifères, sa distance de Peau salée qui ne permet pas aux brises glaciales du golfe de pénétrer jusque là permettraient aux Trois Rivière de conserver dans ses rues plusieurs essences des climats du sud qui ne pourralent réussir à Q 1ébec, telles que, par ex- emple, les Caryers de toute espèce, les Chênes pour la plupart, le Marronnier d’Inde, ie Platane, le Chataignier etc., etc. Que dès cette automne on se procure donc les plants de ces différentes espèces, qu’on les hiverne en jauge pour les planter au printemps, afin de les voir dès l'année prochaine étaler leur verdure au grand contente- met des amateurs, des touristes, et surtout des botanistes. Avis—Nous attirons spécialement l'attention des ama- teurs et des directeurs de maisons d'éducation sur l’an- nonce de M. A. K. Foote, sur notre couverture. C’est le magazin le plas complet, en fait d'objets d'histoire na- turelle, de tout ce continent et peut-être du monde entier, Réception —Nuus accusons avee reconnaissance ré- ception de Annual Report of the Board of the Regents of the Smithsonian lustitution pour 1830, volume in-8 de .772 pages, comprenaut une quantité considérable de matières intéressantes. Bbliographie — Seventh Report of the Montreal Horticul- tural and Fruit Gowers’ Association of the Province of Quebec for 1881. Ce rapport qui forme une brochure de 133 pages. l'emporte encore en intérêt, $i possible, sur ses devanciers. Il contient un» grande carte des Provinces en deca des Montagnes-Rocheuses, montrant lextréme hinite au nord de la plupa:t de nos arbres forestiers, D'après cette carte, les espèces suivantes atteindratent, ou pen sen fut, les bords de lamer glaciae: L’epimette, Abies alba et nigra; le melèse, Larix Americana ; les pru- pliers, Populus b usamifera et tremuloides ; le bo tleau à pa- pier, Belula papyracea, ie Sapin bline, Abies bulsamea. Et les espèces suivantes trouveralent leur extréime limite nord aux endroits ci-dessous en suivant la valiée du St- Laurent. Le Caryer amer, Carya amara Sorel (1), Le noyer tendre, Jugluns cine. rea Québec, (1) Nous l’avons rencontré à Nicolet, a Geutilly ete. PAS NL yy | ! : 352 LE NATURALISTE CANADIEN Le chêne blanc, Quercus alba (1)Québec. Le charme, Carpinus AmericanaCap Tourmente. Le bois-dur, Ostrya Virginica Cap Tourmente.' Le bois-blane, Tilia Americana Capsalasuite de S.Joachim Le hétre, Fagus ferruginea Caps st Le frêne blanc, Fraxinus alba Caps ! = La pruche, Abies Canadensis Baie St-Paul. L’érable à sucre, Acer sacchari- num Saguenay. L’orme roux, Ulmus AmericanaSaguenay, Le pin des rochers, Pinus Bank- stana Rivière Moisie. Le cédre, Thuya occidentalis Anticosti. Le frêne gras, Fraxinus samb:1- cifolius Sept-Isles. Le merisier jaune, Betula lutea Sept-Isles, Le pin blanc, Pinus strobus Mingan. Tératologie végétale. —En faisant dernièrement la cueillette de pommes de Sibérie dans notre jardin, nous avons rencontré un singulier cas de tératologie végétale. C'était deux pommes jumelles, c’est-à-dire qu’un pédon- cule unique se partageait vers l'extrémité en deux branches, portant chacune une pomme, soudées june à l'autre, si bien que l’épiderme lisse et continu recouvrait la suture. Chacune avait son ombilic propre et était parfaite, moins la face aplatie opérant la conjonction. Nos remerciments à qui de droit pour l'envoi des pu- blications suivantes : Winchell.— The Geological and Natural History Survey of Minnesota. Neuvième rapport, pour l’année 1882. Su- perbe volume in-8 de 400 pages, avec une liste des oiseaux, cartes nombreuses etc. Annales de la Société Entomologique de Belgique.—Tome XXV, 1881; in-8 de plus de 400 pages, avec planches colo- riées, listes d’insectes et une foule de renseignements sur la distribution des différents ordres d’insectes dans la Belgique et les pays circonvoisins, les Comptes-rendus des séances de la Société etc., etc. Œufs d’oiseaux.—Les Naturalistes qui voudraient Se compléter des collections ou les amateurs qui voudraient en commencer, trouveront chez M. À. E. Foote, Philadelphie, 1228, Belmont Avenue, une grande quantité d’es- pèces d'œufs d'oiseaux, de peaux, d'oiseaux montés, d’yeux, &c. Catalogue pour l’or- nithologie 8 ets, des livres 3 cts, des livres de médecine 5 cts. Voir l'annonce à la couverture. (1) On n’en a jamais trouvé plus bas que Deschambault. 2 9 ©, bh) EVE US DENXQ Roby AA By): 0 La | USA FA it \ CR a a a a 1S et Phi SACO CA ae enatng Vol. XIII.—12. CapRouge, Q., DEC.,1882. No. 156. Rédacteur : M. l'Abbé PROVANCHER. FAUNE CANADIENNE HYMÉNOPTÈRES ADDITIONS ET CORRECTIONS. (Continué de la page 336). 8. Phygadeuon maculatus, Prov. X, p. 67. d'— Avec les antennes sans anneau pâle et les jambes postérieures entièrement noires. 20. Phygadeuon mucronatus, Prov. XI,73. d'—Antennes sans anneau pâle. Pattes noires, les 4 jambes an- térieures avec une ligne blanche en dehors. Abdomen poli, brillant, quelquefois roux-brunâtre, mais le plus souvent entièrement noir.—CC, 29. Phygadeuon rufulus. Prov. XI, 76, est un Meso- leptus, 29. Phygadeuon de-Lavoie. Phygadeuon Lavoiet, nov, sp. Q—Long. .15 pee. Noir, brillant; les mandibules, les écailles alaires, tous les trochantins avec les 4 hanches antérieures, blanc, le scape en dessous avec les pattes, roux-pâle. Antennes assez longues, plus épaisses à l'extrémité, mais non enroulées. Thorax allongé, dé- primé, le métathorax avec une pointe courte aux angles. Ailes sub - hyalines, les nervures brunes, pales à la base, le stigma d'un jaune 354 LE NATURALISTE CANADIEN sale, aréole pentagonale, Pattes d’un roux sale, les jambes postérieures avec l'extrémité noire, leurs hanches aussi noires. Abdomen à pédi- cule court, en ovale allongé, poli, brillant, le ventre jaune à la base ; tarière de la moitié de l'abdomen environ.—R. Capturé à Douglastown (Graspé). Dédié à M. Raoul Lavoie, zélé entomologiste de Nt- Roch de Québec. 30. Phygadeuon commun. Phygadeuon vulgaris, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil. iii, p. 810, 9. © — Long. .28 pce. Noir avec l’abdomen roux; mandibules rous- sâtres. Antennes fortes et courtes, enroulées à l’extrémité, roussâtres à la base, souvent plus pâles au milieu et noires à l’extrémité, le scape robuste. Hcusson aplati, poli, avec une double excavation en avant. Ailes hyalines, légèrement enfumées ; les nervures et le stigma, brun. Abdomen ovalaire, aplati, poli, entièrement roux, excepté la base du pédicule qui est noire; tarière de la moitié de l’abdomen en longueur. Pattes rousses, les postérieures avec les hanches plus ou moins foncées, quelquefois presque noires. —PC. Espèce très variable dans sa coloration. Sa plus petite taille, ses jambes sans lignes blanches et son absence d’an- neau blanc aux antennes le distinguent surtout du mu- cronalus. 81. Phygadeuon à-orbites-blancs. Phygadeuon orbi- talis, nov. Sp. d'—Long. .22 pee. Noir; deux larges lignes orbitales au dessous des antennes, avec les scapulaires, blanc; les pattes et l'abdomen roux. Antennes assez longues, fortes, sétacées, entièrement noires. Thorax poli, brillant, le métathorax à lignes soulevées distinctes, ses angles subépineux. Ailes subhyalines, le stigma brun, les scapulaires blanches, très apparentes. Pattes rousses, les postérieures avec l’extrémité des cuisses et des jambes ainsi que leurs tarses, noir; toutes les hanches noires. Abdomen allongé, subcylindrique, roux, la moitié du premier segment avec les derniers, noir.—kR. 32. Phygadeuon à-grosse-tête. Phygadeuon cepha- licus, nov. spe d'—Long. .22 pce. Noir; tête fort grosse, épaisse en arrière des yeux. Antennes médiocres, tout noires. Thorax robuste; métathorax arrondi, sans aréole distincte. Ailes hyalines, le stigma noir, avec un point pâle à la base, Pattes noires, les 4 jambes antérieures rous- | ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMENOPTEREs. 355 sitres. Abdomen en ovale allongé, les segments 2 et 3 d’un roux bru- natre, le reste noir.—R. Cette espéce se sépare surtout de ses voisines par la couleur de ses pattes. 33 Phygadeuon a côtés-parallèles. Phygadeuon pa- rallelus, nov. sp. d'—Long. .20 pce. Noir avec l'abdomen taché de roux, les palpes, les écailles alaires, blane ; la face et les antennes entièrement noires : tête moyenne, transversale, ses angles arrondis. Métathorax à carènes distinctes, ses angles postérieurs sub-épineux. Ailes hyalines, le stigma brun, l’aréole pentagonale. Pattes d’un roux sale, les hanches noires, les cuisses au milieu avee l’extrémité des jambes postérieures et leurs tarses, plus ou moins obscures. Abdomen allongé, à côtés parallèles, Je ler segment aciculé, noir de même que les terminaux, roux dans le reste. Bien distinct de l’ovalis par sa forme et sa coloration. 34. Phygadeuon a-3-anneaux. Phygadeuon 3-annu- latus, n. sp. £—Long. .28 pce. Noir avec l'abdomen roux excepté à l’extré- mité. Les palpes, une ligne sur le chaperon, un anneau aux antennes, les écailles alaires, blanc. Antennes longues, assez grêles, noires avec un annean blanc au milieu, la base quelquefois roussâtre en dessous. Thorax noir, le mésothorax arrondi, à lignes soulevées peu distinctes. Ailes hyalines, le stigma noir. Pattes rousses, les postérieures avec un petit anneau blanc à la base des jambes, à la base du ler article des tarses et sur le 2e article, le reste noir excepté les cuisses qui sont rousses avec l'extrémité noire ; toutes les hanches noires. Abdomen ovalaire, aplati, noir à l'extrémité, avec la tarière d'environ la moitié de sa longueur. Se distingue surtout de l’occidentalis par la brièveté de sa tarière et son thorax entièrement noir. 85. Phygadeuon de-Mignault. Phygadeuon Mignaulti, nov. Sp. £—Long. .18 pee. Noir avec l’abdomen rouge. Antenues pas- sablement longues, tout noires, fort épaisses à l'extrémité, enroulées, les articles 3 et 4 allongés, les autres allant toujours en diminuant. Thosax poli, brillant, le métathorax avec une aréole centrale en carré. Ailes hyalines, le stigma avec les écailles, noir. Pattes rousses, y compris les hanches et les trochantins, les tarses postérieurs avec l’ex- trémité de leurs jambes, plus ou moins obseur, Abdomen en ovale, 24 y ON AUTANT eld ose € à : 356 LE NATURALISTE CANADIEN déprimé, arrondi à l’extrémité, poli, brillant, le premier segment noir, le reste roux; tariére moins du quart de l’abdomen.—R. Nous dédions cette nouvelle espéce a M. J. D. Mi- gnault, M. D. de Montréal, grand amateur d’histoire na- turelle, surtout de botanique. 36. Phygadeuon aciculé. Phygadeuon aciculatus, nov. sp. d'—Noir; le scape en dessons, les écailes alaires, les pattes avec l'abdomen, roux plus où moins, clair. Face large, finement ponctué, tuberculeuse au milieu. Métathorax inerne, à lignes soulevées dis- tinctes. Ailes hyalines, le stigma noir. Pattes rousses, y compris les 4 hanches antérieures, les postérieures avec les tarses, les hanches et l'extrémité des cuisses et des jambes, noir. Abdomen assez fort, en ovale allongé, le premier segment avec les 2 derniers noirs, le reste roux, la 2e segment aciculé à sa base d’une manière très distincte. —RK, 37. Phygadeuon de-Lechevallier. Phygadeuon Le- chevallieri, nov. sp. Y—Long. .15 pee. Noir, avec les pattes et l’abdomen rouges. La face finement ponctuée, avec une protubérance au milieu. Le scape des antennes roux en dessous. Thorax allongé, peu robuste; méta- thorax allongé, avec une aréole en carré sur le disque, Ailes hyalines, iridescentes, le stigma noir. Pattes entièrement rousses, y compris les hanches et les trochantins, Abdomen en ovale, poli, brillant, dé- primé, noir sur le premier segment et sur les dernicrs; tarière forte, de plus de la moitié de l’abdomen en longueur.—R, Dédié à M. Alfrred Lechevallier, naturaliste de Mont- tréal. 88. Phygadeuon a-longues-cornes, Phygadeuon cornu- tus, NOV. Sp. © —Long. .17 pee. Noir, poli, brillant, avec les pattes et une bande à l’abdomen, roux. Antennes longues, à articles allongés, brun-foncé, d’un roux sale à Ja base, les cape entièrement noir. Thorax allongé, déprimé, le métathorax avec carènes distinctes et portant un mueron sur les angles latéraux. Ailes légèrement fuligineuses, le stigma noir avec une tache blanche à la base, l’aréole pentagonale Pattes d’un beau roux clair, l’extrémité des cuisses et des jambes pos térieures, noire. Abdomen poli, brillant, en ovale à part le pédicule qui porte une petite fossette sur son disque, les segment 2 avec 3, ex cepté au sommet, roux, le reste noir; tarière forte, un peu plus court que l'abdomen. | | ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMENOPTERES. 357 Son métathorax mucroné ot ses antennes non annelées le distingueut surtout des espèces voisines. 39. Phygadeuon d'automne. Phygadeuon autumnalis, nov. Sp. @ —Long. .15 pes. Noir avec l'abdomen taché de roux; les mandibules, les palpes avec les écailles alaires, blane-jaunâtre ; le seape roux, du moins en dessous, mais le plus souvent entièrement noir. Méta- thorax à lignes soulevées distinctes. Ailes hyalines, le stigma grand, brun, l’aréole pentagonale. Pattes d’un roux pâle, les hanches posté- rieures noires, rousses au sommet, leurs jambes noires à la base base et à l'extrémité, plus ou moins rousses au milieu, leurs tarses bruns, Abdomen assez court, à pédicule grêle, portant une fossette au sommet, noir, avec le milieu du dos plus ou moins taché de roux. Rapproché de laciculatus, mais s’en distinguant sur- tout par sa taille plus petite et la coloration de ses cuisses postérieures. 2 spécimens d' pris en octobre dernier sur des feuilles de saule. A0. Phygadeuon subépineux. Phygadeuon subspinosus, nov. sp. d'—Long. .19 pce. Noir; une tache aux mandibules avec les scapulaires, blanc ; le scape en dessous, avec les pattes et le milieu de l'abdomen, roux. Face couverte d’une pubescence grisâtre dense. Mé- tathorax à lignes soulevées distinctes, subépineux aux angles. Ailes hyalines, le stigma brun. Pattes rousses, de même que les hanches, les tarses postérieurs avec l’extrémité de leurs jambes et de leurs cuisses, noir, Abdomen en ovale allongé, le premier segment avec les 2 der- niers noirs, le reste roux.—R. Al. Phygadeuon resserré. Phygadeuon constriclus, nov. sp. g—Long. .20 pee. Noir; les écailles alaires blanches, les pattes avec l’abdomen, roux. Face glabre; antennes noires, le scape roux en dessous. Métathorax resserré à la base, arrondi postérieurement. inerme, à lignes soulevées formant une aréole étroite sur le disque. Ailes légèrement enfumées, le stigma noir avec une tache pâle à la base. Pattes rousses, les postérieures avec les tarses et l'extrémité des jambes, brun, Abdomen roux avec le premier segment et les derniers noirs, le reste roux.—R. 42. Phygadeuon terminé-de-noir. Phygadeuon ter- mindius, NOV. SP. 358 LE NATURALISTE CANADIEN Q@—Long. .25 pce. La tête, le thorax avec les trois segments terminaux de l’abdomen, noir, le reste d’un beau roux. Antennes fortes, enroulées, noires avec un anneau pâle au milieu. Mandibules rousses, Thorax noir, le prothorax avec le mésothorax en partie, et l’écusson, roux. Métathorax finement ponctué, inerme. Ailes hya- lines, les nervures brunes, le stigma jaunâtre. Pattes rousses, les postérieures avec les hanches, les cuisses, excepté à la base et l’extré- mité des jambes, noir. Abdomen en ovale allongé, roux, avee les 3 segments terminaux noirs; tarière sortante seulement.—R. Capturé au CapRouge. 43. Phygadeuon roux. Phygadeuon rubricus, nov. sp. 9 — Long. .23 pee. D’un roux brunâtre; les mandibules avee un anneau aux antennes, jaune. Face large, ponctuée, avec une pro- tubérance au milieu. Antennes noires, avec un anneau jaune au milieu, fortes, enroulées à l’extrémité, le scape roux en dessous. Tho- rax robuste. les environs de l’écusson avec les sutures des flanes, noir; métathorax très finement ponctué, sans lignes soulevées distinctes. Ailes hyalines, le stigma roussâtre, nervwre moyenne avec un rudiment de nervure au milieu. Pattes rousses, les postérieures avec l’extrémité des hanches, des cuisses et des jambes, noir. Abdomen entiérement roux, robuste, convexe ; tariére moins du quart de sa longueur.— R. A4. Phygadeuon à-bandes-alternes. Phygadeuon al- ternans, nov, sp. Q@—Long. .15 pce. Noir varié de roux; les mandibules, le tu- bercule au milieu de la face, le seape en dessous, l’écusson, avec les pattes et l’abdomen en partie, roux. Antennes courtes, fortement en- roulées, noires avec un petit anneau jaune au delà du milieu. Dos du mésothorax plus ou moins roux, sans lignes soulevées distinctes. Ailes longues et étroites, tous les segments noirs à la base et roux au sommet ; tarière molns du quart de l’abdomen en longueur.—R. Espèce bien distincte par les bandes alternes de son abdomen. 45. Phygadeuon sans-queue. Phygadeuon acaudus, nov. sp. Q—Long. .18 pee. Noir; les mandibules, la base des antennes, les pattes avec les segments 2 et 3 de l’addomen, roux. Tête en carré ; face finement ponctuée ; antennes rousses avec l’extrémité brune, por- tant au milieu un anneau blane plus ou moins distinct. Ailes hyalines, les nervure et le stigma, brun; les écaillettes blanches. Pattes rousses, les postérieures avec l'extrémité des cuisses et des jambes plus ou ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 359 moins noire. Abdomen allongé, étroit, les segments 2 et 3 roux, le reste noir ; tarière à peine visible. Le métathorax à lignes soulevées, peu saillantes, les côtés sans tubereules. Se distingue du swbfuscus par la forme de son abdo- men et son absence de tarière, et du vutgaris, par les sculp- tures de son métathorax. 46. Phygadeuon en-pointe. Phygadeuon atlenuatus, nov. Sp. Q—Long. .20 pce. Noir; les mandibules, le labre, les antennes, Jes pattes avec l’abdomen, roux. Les antennes noires à l'extrémité seulement. Les écailles alaires blanches, Ailes hyalines, les nervures et le stigma, brun. Métathorax à peine rugueux, strié transversale- ment en arrière, sans tubercules latéraux. Pattes rousses, les hanches antérieures jaunâtres. Abdomen poli, linéaire, en pointe à l’extrémité, le ler segment noir, son extrémité avec tous les autres segments d’un roux plus ou moins sale ; la tarière à peine sortante. Voisin du cornutus, mais en différant grandement par son abdomen. Gen. HEMITELES, Grav., XI, p. 119. Des 13 espèces décrites, retranchez orbicularis, qui est le d de Stilpnus Americanus, Cress., et ajoutez les 4 nouvelles qui suivent; la clef donnée pour la distinction de ces es- pèces pouvant en conséquence être remplacée par la sui- vante. 1(27) Aïles hyalines, non traversées de bandes brunes; 2(13) Hanches postérieures noires, du moins à la base ; 3( 4) Scape entièrement noir...... tete 13. nigricans, n. sp. 4( 3) Scape roux ou blanc, du moins en dessous; 5(10) Les 4 hanches antérieures noires ; 6( 7) La bouche noire........-........ Stele ata ois 2, scabrosus. 7( 6) La bouche rousse ou blanche; 8( 9) Cellule radiale contiguë avec la 2e discoïdale. . 6. ovalis. 9( 8) Cellule radiale séparée de la 2e discoïdale par une aréole incompléte..-.--. Bebo PORTER +. O. Parvus. 10( 5) Les 4 hanches antérieures blanches ; 11(12) Le scape Q roux en dessous ; abdomen MOLT aa cage ee (a 208 14. pallipennis, 7. sp. 12(11) Le scape blanc en dessous ; abdomen noir Gt TOUR 0 emcee ess = see 15. Crassus, n. sp. 360 LE NATURALISTE CANADIEN 13( 2) Hanches postérieures rousses ; 14(15) Scape entièrement noir ; antennes roussitres.... 5. ruficoxus. 15(14) Scape roux ou blanc, du moins en dessous ; 16(17) Tariére plus longue que l’abdomen.......... 4. caudatus. 17(16) Tariére plus courte que Pabdomen ; 18(23) Face noire ; 19(20) Métathorax subépineux................ 10. subspinosas_ 20(19) Métathorax inerme ; 21(22) Antennes courtes ; abdomen brun roussâtre 1. mandibularis. 22(21) Antennes très longues ; abdomen roux au milieu en dessus................. 16. longicornis, 2. sp. 23(18) Face blanche; 25(26) Abdomen roux, tous les segments tachés de noir à la base, JE... ice -.... 7. semirufus 26(25) Abdomen jaunâtre, noir sur les côtés. ...... .-« 8. tener. 27( 1) Ailes traversées par des bandes brunes ; 28(29) Une seule bande brune aux ailes,......... 11. humeralis. 29(30) Deux bandes brunes aux aïles.,............. 12. sessilis. 30(29) Trois bandes brunes aux ailes................---- 9. utilis. 13. Hémitèle noirâtre: Hemiteles nigricans, nov. sp. d'—Long. .15 pce. Noir; les pattes rousses. Antennes, y com pris le scape, noires. Ecaïlles alaires roussâtres. Métathorax oblique postérieurement, à lignes soulevées distinctes. Ailes hyalines, stigma grand, brun, sans tache péle à la base, aréole avec les 2 nervures ex ternes absentes. Pattes roussâtres, les 4 hanches postérieures avec l'extrémité des cuisses, des jambes et les tarses de la dernière paire, en entier, noir. Abdomen linéaire, noir, les segments médians plus ou moins distinetement roux en dessus.—R, 14. Hémitèle ailes-pâles. Hemiteles pallipennis, mov. ap. Q — Long. .12 pce. Noir; le scape en dessous, avec les pattes, roussâtre ; les mandibules, les écailles alaires avee las 4 hanches anté- rieures, blanc. Antennes assez robustes, le métathorax arrondi, à lignes soulevées médiocres. Ailes hyalines, les nervures et le stigma, jaune-pâle, aréole grande, avec la nervure extérieure oblitérée, Pattes d’un roux péle, les hanches postérieures avec l'extrémité de leurs cuisses, la base et l’extrémité de lears jambes, et leurs tarses en partie, noir. Abdomen robuste, en ovale, noir, les segments 2 et 3 ponctués avec une marge soulevée et polie au sommet, presque tous les segments finement marginés de roux à l'extrémité, le premier uni; tarière de plus de la moité de l'abdomen. ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMENOPTERES, 361 d'—Avec le scape blanc en dessous, et Je 2e segment abdominal traversé par une bande rousse au sommet.—AC. 15. Hémitèle épais. Hemiteles crassus, nov. sp. d'—Long. .15 pee. Noir; les mandibules, le scape en dessous, les écailles alaires, avec les 4 hanches antérieures, blanc. Antennes assez courtes, passablement fortes, noires. Thorax court, fort robuste, le métathorax avec une aréole transversale très étroite. Ailes hyalines, le stigma grand, brun-foncé, l’aréole manquant de la nervure exté- rieure. Pattes rousses, les hinches antérieures blanches, les intermé- diaires noires à la base et blanches à l’extrémité, les postérieures entièrement noires, les pattes postérieures avec l’extrémité des cuisses, les jambes excepté à la base et les tarses, plus ou moins obscur. Ab- domen assez robuste, noir, les segments 2 et 3 roux avec une bande noire plus ou moins large au sommet. — AC, Bien distinct du & pallipennis par son thorax épais, son abdomen plus robuste, etc, 16. Hémitéle à-longues-cornes. Hemitleles longicor- nis, NOV. SP. Q—Long .15 nee. Noir; les mandibules, le scape en dessous, avec les pattes, roux-pâle ; les écailles alaires avec les 4 trochantins antérieurs, blanc. Antennes fort longues, un peu plus épaisses à l’ex- trémité, noires. Métathorax arrondi, inerme. Ailes hyalines, le stigma brun ; aréole, avec la nervure extérieure absente. Pattes roux- pâle, y compris les hanches, les postérieures avec l'extrémité des jam- bes, obscur. Abdomen poii, brillant, en ovale, noir, les segments 2 et 3 roux, plus ou moins tachés de noir ; tarière plus courte que l’abdo- men.— PC. Gen. CRYPTUS, Fabr. XI, p. 129. Des 30 espèces décrites, retranchez la 10e, flavipectus, qui n’est qu'une variété de l’Ichneumon scitulus, Cress., et ajoutez les 4 suivantes, dont 3 sont nouvelles, 8. Cryptus sericeifrons, Prov. p. 331. d'—Avec les mandibules, les palpes, les écailles, alaires, les 4 hanches antérieures et leurs trochantins, blanc, les trochantins pos- térieurs noirs. 30. Crypte robuste, Cryplus robustus, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil. iii, p. 239, ©. © — Long. .60 pee. Noir foncé, l'abdomen quelque peu bleuâtre, les pattes, à l'exclusion des hanches et des trochantins, d'un beaux roux en a a 362 LE NATURALISTE CANADIEN clair. La face finement ponctuée avec de petites lignes orbitales en avant ; le chaperon poli. Antennes longues, sétacées, légèrement enroulées, l’article 3 plus long que 4 et 5 réunis. Thorax brillant en dessus, chagriné sur les côtés, le métathorax opaque, tronqué posté- rieurement, ses tubercules latéraux aigus. Ailes grandes, fuligineuses, les nervures et le stigma noir, aréole grande, subquadrangulaire, la nervure moyenne avec un rudiment de nervure. Les hanches et les trochantins noirs, polis, le reste des pattes d’un beau roux. Abdomen robuste, en ovale allongé, noir avec teinte de bleu, le segment basi- laire court, arqué, poli, aplati et élargi au sommet ; tarière des deux- tiers de l’abdomen.—C. Se distingue surtout du proximus, Cress. par sa forme plus robuste, le 3e article des antennes plus long que 4 et 5 réunis, l’aréole centrale du métathorax triangulaire ete. 81. Crypte barriolé. Cryptus soriculatus, nov. sp. d—Long. .22 pee. Noir, grêle; toute la face au dessous des an- tennes, le scape en dessous, les écailles alaires, les 4 hanches anté- rieures avee tous les trochantins, blanc. Antennes moyennes, fili- formes, noires, roussâtres en dessous. Thorax allongé, peu robuste, noir sans aucune tache, le métathorax inerme, excavé postérieurement, avec une aréole centrale triangulaire. Ailes hyalines, les nervures et le stigma brun-foncé, aréole pentagonale. Pattes rousses, les pos- térieures avec les cuisses en dedans, l’extrémité des jambes et les tarses, noir, leurs hanches noires, blanches à l’extrémité. Abdomen grêle, allongé, noir avec une étroite bande rousse aux sutures des segments.—kR. Se rapproche de l’exilis, Prov. par sa taille et sa forme, mais s’en sépare distinctement par sa coloration, son thorax étant sans aucune tache et son abdomen barriolé de bandes rousses. 32. Crypte allongé. Cryptus elongatus, nov. sp. og —Long. .30 pce. Noir, peu robuste; le chaperon, les mandibules, les joues, les côtés de la face se réunissant pr sque sous les antennes, les écailles alaires, l’écusson, les 4 trochantins antérieurs avec les tarses postérieurs, blanc. Antennes filiformes, assez longues, noires. Thorax allongé, peu robuste, poli, brillant en dessus, le métathorax opaque, ponctué ; l’écusson convexe, blanc. Ailes hyalines, iridescentes, le stigma très petit, brun foncé ; aréole grande, subquadrangulaire. Pattes d’un beau roux clair, les hanches antérieures noires avec l’ex- trémité blanche, les jambes postérieures, excepté à la base, avec le pre- ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMENOPTERES. 363 mier article des tarses excepté au sommet, noir. Abdomen fort long, grêle, roux avec les derniers segments noirs.—R. Voisin du nigricornis, Prov. mais s’en distinguant sur- tout par sa coloration, ses hanches postérieures rousses etc. Gen. MESOSTENUS, Grav. X1, p. 110. Retranchez l'espèce 1, collinus, Prov. qui est le mâle du Cryptus eburneifrons, Prov, et ajoutez les 3 suivantes. 5, Mésostène pieds-jaunes. Mesostenus flavipes, nov. sp. d'—Long. .22 pee. Noir, brillant, avec les pattes jaune-pâle, Tête large, transversale. Antennes filiformes, de longueur moyenne, noires avec le scape jaune. Thorax court, robuste, poli, brillant, le méta- thorax à lignes soulevées bien distinctes. Ailes hyalines, iridescentes, Je stigma grand, brun foncé, l’aréole petite, pentagonale, irrégulière. Pattes jaune pâle, les postérieures avec les taises et l'extrémité des jambes, brun plus ou moins foncé. Abdomen noir poli, brillant, les segments 2 et 3 avec apparence de roussâtre aux sutures, l'extrémité jaunâtre. Capturé au CapRouge. Voisin du sericeus, mais s’en distinguant par son abdomen entièrement noir. 6. Mesostenus promptus, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil. III, p. 314; c’est l'espèce décrite sous le nom d’Exelastes brevipennis, Prov. p. 386, voisine du thoracicus, mais s’en distinguant par son thorax entièrement noir. 7. Mesostène noble, Mesostenus nobilis, nov. sp. Q—Long. .33 pce. Noir avec les pattes rousses ; le labre, les man- dibules, les orbites antérieurs avec une tache sur les joues, le scape en dessous, les écailles alaires, 3 taches à l’écusson avec le post-écusson, blanc. Ailes hyalines ; l’aréole triangulaire, oblique. Le métathorax uni, arrondi, avec une tache roussâtre en demi-cercle à sa face posté- rieure. Pattes rousses, les hanches antérieures jauaâtres, les jambes postérieures avec leurs tarses-brun-roussâtre. Abdomen poli, brillant, noir, les segments dorsaux finement marginés de blanc au sommet, Tarière un peu plus courte que l’abdomen. Capturé en octobre au CapRouge, bien distincte du jocosus par son absence d’anneau aux antennes. Gen. Paniscus, Schr, XI, p. 145. 8. Paniscus albotarsatus, Prov., 146, 364 LE NATURALISTE CANADIEN @ —Avec la tarière brune et dépassant notablement l’abdomen, celui-ci taché de brun sur le dos postérieurement. Gen. CAMPOPLEX. Grav. XI, p. 147. Des 9 espéces décrites, retranchez la 2e, niger, Prov., qui n’est qu'une variété de la Limneria g enuina, Say, p. 177, et ajoutez la suivante: 9. Campoplex semi-roux. Campoplex semirufus, n. sp. 9 — Long. .60 pee. Noir avec l’abdoman roux. Les mandibules, les palpes, l’extrémité des antennes, les écailles alaires, avec les pattes en parties, jaune-roussâtre. Tout le thorax avec une courte pubes- cence grisâtre; métathorax excavé postérieurement et densément ponc- tué-strié. Ailes légèrement fuligineuses-jaunâtres, le stigma roussâtre, l’aréole brièvement pédiculée. Pattes jaune-roussâtre, les hanches, les cuisses postérieures avec l'extrémité de leurs jambes et leurs tarses,. noir, les intermédiaires avec les cuisses excepté à l'extrémité et leurs tarses, brun-foncé. Abdomen grand, falciforme, tranchant, avec les segments 3, 4 et partie du 2e roux, le reste noir ; tarière sortante. Espèce bien remarquable par sa taille et sa coloratien ; voisine du laticinctus, Cress., mais s’en distinguant surtout par ses jambes jaunes. Capturée à Chicoutimi. Gen. LIMNERIA, Holmgren, X, p. 173. Aux 20 espèces décrites, ajoutez les 3 suivantes. 14, Limneria basilalis, Prov. p. 179 . © —Long. .24 pce. Avec toutes les hanches noires ; tarière du tiers de la longueur de l’abdomen environ. 21 Limnérie hanches-noires. Limneria nigricoxa, nov. sp. © —Long. .32 pce. Noire, les mandibules, les palpes avec les écailles alaires, blanc; les pattes avec l’abdomen roux. Antennes longues, sétacées, noires. Thorax court, robuste, le métathorax à lignes sou- levées distinctes, sans stries transversales en arrière. Ailes quelque peu jaunâtres, les nervures et le stigma, noir ; aréole petite, triangu- laire, droite, pédiculée. Pattes rousses ; les hanches noires ; celles de devant jaunes au sommet. Abdomen allongé, peu épaissi à l’extrémité, la tarière des deux tiers de sa longueur environ, la base du ler seg- ment avec les terminaux, noir, le reste roux. Capturée au CapRouge. Se distingue surtout de l’infu- mala par son métathorax sans stries, la couleur de son ab- domen, la longueur de sa tarière etc. ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMENOPTERES. 365 23. Limnérie distincte. Limneria distincla, nov. sp. @—Long. .25 pce. Noire avec une coute pubescence blanchâtre, plus apparente sur la face et les flancs; les mandibules, les palpes avec les écailles alaires, blanc ou jaune-pâle, Métathorax faiblement creusé postérieurement, à lignes soulevées distinctes avec l’aréole cen- trale en carré. Ailes hyalines, iridescentes, les nervures et le stigma, brun-foncé, l’aréole triangulaire, pétiolée. Pattes roux-clair; les pos- térieures avec les hanches rousses et les jambes et les tarses, noir, les premières avec un grand anneau blanc au milieu et les seconds avec la base du premier article blanche. Abdomen assez robuste, le ler seg- ment élargi et épaissi au sommet, les autres s’élargissant insensible- ment jusqu’à l'extrémité, celle-ci comprimée et tronquée avec la tarière du quart de l’abdomen environ. Les hanches postérieures rousses la distinguent sur- tout de l’annulipes dont elle est voisine. 29. Limnérie douteuse. ZLimneria dubilata, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil. iii, p. 259. © —Long. .23 pce. Noire, avec une pubescence blanchâtre plus apparente sur la face et les flancs ; les mandibules, les palpes, les écailles alaires, blanc ou jaune-pâle. Antennes plus courtes que le corps, entièrement noires. Métathorax avec les lignes soulevées dis- tinctes, l’aréole centrale assez grande, en carré. Ailes hyalines, les nervures brunes, l’aréole subtriangulaire, pétiolée. Pattes rousses, les trochantins jaunâtres, les jambes et les tarses plus ou moins obs- cures; les hanches postérieures, leurs trochantins en dessus et la base de leurs cuisses en dedans, noir. Abdomen court et fort, grêle à la base et s’élargissant graduellement jusqu’au sommet où il est faible- ment comprimé; noir, brillant, tous les segments marginés de rous- sitre au sommet, les segments ventraux jaunâtres; tarière du quart de l'abdomen environ. d'—Avec les 4 hanches antérieures blanches, les postérieures noires avec leurs trochantins. Les jambes aussi blanches, les posté- rieures noires ou obscurcies aux extrémités. Abdomen à segments marginés de jaunâtre. Bien reconnaissable par ses segments marginés de jaune-pâle ou de roux. Gen. PYRACMON, Holme. XI, p. 181. Aux 2 espèces décrites, ajoutez la suivante. 8. Pyracmon roux. Pyracmon rufum, nov. Sp. 366 LE NATURALISTE CANADIEN P— Long, .30 pce. Roux jaunâtre, la face plus pâle; le vertex, le dos du mésothorax, le métathorax avec le ler segment abdominal plus ou moins lavés de brun. Tête grosse, épaisse en arrière des yeux. Antennes longues, légèrement brunâtres en dessus et à l’extrémité. Ailes hyalines, les tigma grand, jaunâtre, l’aréole subquadrangulaire, oblique. Pattes sans aucune tache. Abdomen comprimé et tronqué à l'extrémité, les derniers segments plus où moins obseurs, la tarière courte, de la largeur de l'abdomen environ. Une seule 8 capturée au Caphouge. Gen. CREMASTUS, Grav. XI, p. 183. Au lieu de : Ailes sans aréole et avec la 2e cellule discoïdale rece- vant la ler récurrente. Lisez : Ailes sans aréole ; la 83e cellule discoïdale s'avangant au-delà de Ja grande cellule située au-dessus. Puis ajoutez les 2 espèces qui suivent : Face blanche. .... PR ij 35 tere = tats oseeeee---- L. rectus, | Face noire ; Hanches postérieures noires... .... .......... 2. fusiformis, Toutes les hanches jaunes ou roux-pâle ou blanchâtres ; Le scape jaune ; abdomen en massue..... 4. Royi, x. sp. Le scape noir ou brun ; abdomen fusiforme ; Abdomen comprimé tranchant ; tariére da tiers environ de sa longueur... . .- . 3. mellipes, Abdomen en fuseau cylindrique; tarière aussi longue que l'abdomen 5. longicaudus, n.sp. A. Crémaste de Roy. Cremastus Royi, nov. sp. d'£®—Longueur, .19 pee. Noir, poli, brillant ; les mandibules, les écailles alaires, les hanches et les trochantins, blanc; le scape, par- ticulièrement en dessous, avec les pattes, roux-pâle. Antennes assez longues, filiformes, noires, brunâtres à la base. Thorax conrt et épais, le métathorax avec une carène transversale au sommet. Ailes hya- lines, le stigma grand, noir, la nervule séparant les deux cellules cubi- tales si courte que la cellule radiale est presque contigué à la eubito- discoïdale ; la 2e discoïdale fortement rétrécie à sa base. L’extrémité des cuisses et des jambes postérieures plus ou moins obscure. Abdo- men passablement robuste, noir avec une tache roussâtre en dessus au milieu, le premier segment long, un peu plus large en arrière ; tarière de la moitié de l’abdomen. La tache du milieu de l’abdomen est souvent peu distincte dans le d. ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 367 Dédié à feu le Juge Roy, l’un des premiers parmi nos compatriotes qui se soit livré à l'étude de la botanique. 5. Crémaste longue-queu, Cremastus longicaudus, nov. sp. 3 P—Long. .22 pee. Noir; les mandibules, le labre, les pal- pes, les écailles alaires avec les pattes, jaune-pâle. Antennes jaunâtres en dessous à la base. Thorax court, ramassé. Ailes hyalines, le stigma grand, noir, la nervure divisant les 2 cubitales très courtes. Pattes y compris les hanches, jaune-pâle, les postérieures plus ou moins obscures. Abdomen long et grêle, avec une massue fusiforme à l’extrémité, noir avec une tache jaunâtre sur le dos des segmenls 2 et3. Tarière aussi longue que l’abdomen, Capturé au CapRouge. Gen. THERSILOCHUS, Holmg. XI, p. 206, A l'espèce décrite, ajoutez la suivante, 2. Thersiloque pieds-pâles. Thersilochus pallipes, a. SD @—Long. .20 pce. Noir, poli, brillant; les mandibules, le scape, les écailles alaires. avec les pattes y compris les hanches et les trochantins, jaune-pâle. Thorax court et assez épais. Ailes hyalines, le stigma brun-foncé, la nervure divisant les deux cellules cubitales assez longue, la 2e discoïdale non rétrécie à la base. Abdomen grêle à la base, épaissi à l’extrémité, noir avec les derniers segments d’un roux brunâtre; tarière presque aussi longue que l’abdomen.—R. Se distingue surtout de la micans par la longueur de sa tarière. Cen ATRACTODES, Grav., XI, p. 207. A l'espèce décrite, ajoutez les 3 suivantes: Thorax et abdomen, noir..... Set. . 2. autumnalis, x. sp. Thorax noir, abdomen plus ou moins roux ; Abdomen noir à la base et à l'extrémité ; Stigma jaune, aréole grande, parfaite...... 1. scapiphorus. Stigma noir; aréole petite, incomplète. 3. nigricoxas, x. sp. Abdomen roux, noir seulement 4 la base...... 4. nitens x. sp. 2. Atractode d’automne. ./traciodes autumnalis, n. sp. Q@—Long. .15 pce. Noir avec les pattes rousses. Antennes longues, noires, à peine plus épaisses à l'extrémité. Thorax allongé, métathorax arrondi, à lignes soulevées distinctes, Ailes hyalines, 368 LE NATURALISTE CANADIEN stigma brun; aréole moyenne, pentagonale, les nervures brunes, blan. ches à la base, de même que les écailles qui sont très’ petites. Pattes rousses, y Compris les hanches et les trochantins, les jambes posté- rieures avec leurs tarses, brun plus ou moins foncé. Abdomen en- tièrement noir, déprimé au milieu et légèrement comprimé à l’extré- mité; tarière de la moité de sa longueur environ. d'— Avec la face, le scape en dessous, les écailles alaires, les 4 hanches antérieures et leurs trochantins, blanc, les hanches posté- rieures avec leurs trochantins, noir. Abdomen allongé, avec les seg. ments 2. 3 et 4 roux tachés de noir.— PC. ’ 8. Atractode hanches-noires. Atractodes nigricozxus, nov. SP. d'—Dong. .22 pee. Noir, brillant, grêle, la bouche, le scape en- dessous, avec les pattes et une tache sur l’abdomen, roux. Antennes assez fortes, un peu plus longues que le corps, noires. Ecailles alaires jaunes ; métathorax déclive, à lignes soulevées peu apparentes. Pattes rousses avec toutes les hanches noires. Ailes hyalines, à stigma brun, grand, aréole pentagonale, les nervures en dehors de l’aréole oblitérées, Abdomen grêle, longuemeut pédiculé et longuement atténué à l’extré- mité, droit, noir avec une tache rousse sur les 2e et 3e segments. Espèce bien distincte par sa coloration. 4. Atractode brillant. Afractodes nilens, nov. sp. &Œ R—Long. .24 pce. Thorax noir, abdomen roux, poli, brillant; les mandibules, les écailles alaires, (quelquefois l’écusson et partie du métathorax), les pattes y compris les hanches, d’un jaune miel pâle. Antennes filiformes, noires avec un anneau pâle au de-là du milieu, mé- tithorax sub-épineux aux angles, avec lignas soulevées bien distinctes. Ailes hyalines, iridescentes, stigma jaune; aréole subtriangulaire. Pattes postérieures avec l’extrémité des cuisses et des jambes, noir plus ou moins foncé, leurs tarses bruns, annelés de jauue pâle à la base de chaque article. Abdomen fusiforme, à pédicule très grêle, com- primé à l'extrémité ; tarière à peine sortante. Capturé au CapRouge. Gen. Exoiytus, Holmg. XI, p. 207. Exolytus politus, Prov. ©, p. 208, £ —Tout le thorax noir; abdomen grêle, noir ou à peine com- primé, poli, luisant, droit, le ler segment et partie du 2e roux, le reste “noir. Capturé au Cap-Rouge. A continuer. DE QUEBEC A JERUSALEM 369 DE QUEBEC A JERUSALEM. (Continué de la page 350.) XII Casa-Nova.— La basilique du S. Sépulcre.— Visites: les Franciscains; le Patriarche; les Frères des Ecoles Chrétiennes ; le Consul de France. Jérusalem, mardi 29 mars.—Nous sommes accueillis par les Franciscains de Jérusalem, comme nous l’avions été à Jaffa et à Ramleh, c’est-à-dire avec une bienveillance, une cordialité toute fraternelle, bien propre à nous faire oublier que nous sommes en pays étranger, Le directeur de l'hos- pice, le R Père Léon Patrem, ajoute à sa qualité de bon re- ligieux, une hante éducation unie à de grands talents litté- raires, que certaines publications, et surtout la chaire sa- crée, ont fait ressortir en plus d’une circonstance mémora- ble. C'est un français, encore jeune, aux allures vives, à la parole brève, sans rien lui faire perdre toutefois de ses habitudes d'urbanité et de politesse qui lui assurent incontinent l'affection de tous ceux qui font sa connais- sance. A peine avons-nous franchi le seuil de l’hospice, qu'on nous conduit au divan ou salon principal de la maison, où notre président, assisté de notre secrétaire, se mettent aus- sitôt à nous distribuer les chambres. Le n° 49, de plein pied avec le divan, m’échoit avec M. Bolduc pour compa- gnon. Les chambres, sans rien emprunter au luxe des somptueux hôtels des grandes villes, sont, cependant fort convenables, ayant surtout d'excellents lits, Comme par- tout en Orient, le bois n’est employé qu'aux endroits ab- solument indispensables, pavés en pierre, murs de divisions en pierre, voute en pierre, ce qui, joint aux persiennes qui garnissent les fenêtres, ne contribue pas peu à protéger contre les chaleurs excessives de ces contrées. Wig CN M A pee ae ete Cre CA 5 RE M PE GUN UOT SOW a Oe ee er eS Se » ve AT PA PR OA AS DE ES TRE , : Hpi ee RAT . Ÿ 370 LE NATURALISTE CANADIEN Casa-Nova est une bâtisse très ancienne, mais qui tout dernièrement à été restaurée ou plutôt refaite, de manière qu’elle a aujourd'hui un aspect tont rajeuni fort agréable. Le divan et le réfectoire sont surtout remarquables par leur propreté et leur élégante simplicité, La bâtisse forme un parallélogramme avec une cour intérieure à ciel ouvert, et des deux côtés des corridors sont distribuées les chambres des pélerins. Du divan, nous n'avons qu'un escalier à monter pour nous trou- ver sur la terrasse, où nous jouissons d’un magnilique point de vue, ponvant embrasser presque toute la ville d'un seul coup d’œil. Le St-Sépulcre, la mosquée d’Omar, les patriarcats latin et grec, la tour de David, et au second rang le mont des Oliviers, celui du Mauvais-Conseil, celui du Scandale, l'établissement russe extra muros etc. se rangent en cercle autour de nous pour s'offrir à notre in- spection. Chacun ayant pris possession de sa chambre, nous nous rendons tous ensemble à l’église du St Sépulcre, au tom- beau de Notre-Seigneur, but principal de notre pèlerinage. Nous tournons a droite au sortir de l’Hospice, et nous pre- nons la première rue à gauche, qui se termine plus bas sur une rue transversale dont nous prenons la droite, pour pas- ser dans un petit basar, c’est-à-dire une rue couverte où se trouvent des étalages de marchandises de chaque côté ; puis tournons à gauche, sous un autre basar, descendons quelques marches en tournant encore à gauche, et débou- chons sur le parvis de la Basilique, que nous trouvons en partie occupé par des étalages d'objets de piété, chapelets, méduilles, images, etc. LA Basilique est tout entourée de constructions qui ne permettent pas d’en bien saisir la forme extérieure, et de ce parvis qui constitue son unique entrée, elle n'offre rien de remarquable ni de bien imposant, si ce n’est une porte fort antique s’ouvrant sur son côté, à peu près au milieu de sa longueur, Nous ne sommes pas peu étonnés en pénétrant dans le saint lieu de voir installés, sur des divans à côté de la porte, des officiers Turcs avec le turban sur la tête et fu- COR otal OY PO UT a Se ee DE QUEBEC A JERUSALEM 371 mant stoiquement leur chibouque. Leur regard semble nous dire qu'ils sont étonnés de notre étonnement à leur vue, ne croyant, eux, faire que ce qu'il leur convient de faire. Le premier objet qui frappe ensuite nos regards, est la Pierre de l'Onction, droit en face de la porte ; c’est une table en pierre rouge du pays, de 7} pieds de longueur sur 4 de largeur, élevée de 11 pouces sur le pavé, et au-dessus de laquelle brülent des lampes nombreuses et fort riches. Nous nous agenouillons pour la vénérer en la baisant, et continuant à gauche, nous passons entre d'énormes piliers pour nous trouver sous la coupole même qui surmonte l'édifice, au milieu de laquelle coupole s'élève l’édicule qui renferme le tombeau du Sauveur. Nous gravissons deux marches pour nous trouver en face même du saint édicule ; puis, passant entre des cierges de dimensions énormes, nous pénétrons dans la chapelle de l’Ange, au milieu de laquelle nous vénérons une pierre que sup- porte au milieu un pilier isolé d'environ 3 pieds de hauteur, De là, il n’y a plus qu'à franchir une petite porte cintrée d'environ 4 pieds de hauteur, pour nous trouver dans le lieu le plus saint du. monde, le tombeau dans lequel fut renfermé le corps même du Sauveur après sa descente de la croix, et d’où il sortit trois jours après plain de vie, plus brillant que le soleil, triomphant de la mort et de la malice des hommes. Nous pénétrons les uns après les autres, quatre par quatre, dans le saint lieu pour baiser la pierre sacrée qui recouvre la fosse même où fut déposé le corps de l’homme-Dieu, et laisser parler nos cœurs, ou plutôt nous livrer pendant quelques secondes aux douces émotions qui agitent nos cœurs et que le temps ne nous permet pas pour le moment de pro- longer d'avantage. Nous passons de la à l'autre côté de coupole, dans la chapelle des Pères franciscains, où l’on garde le 8. Sacrement, et où réunis, nous chantons en- semble le Te Deum, pour remercier Dieu d'être heureuse- ment parvenus au terme de notre pèlerinage. Nos prières terminées, nous contournons le chœur des Grecs, en jetant un regard sur les diverses chapelles qui le a. PAR A NT PAPE INT H Mire Meads FR RE aD PNR 872 LE NATURALISTE CANADIEN bordent tout autour à gauche du couloir que nous suivons, et arrivés près de la porte, nous montons un escalier en pierre de 18 marches, pour pénétrer sur le Calraire. Nous vénérons l'endroit où Jésus fut attaché à la Croix, que dé- signe une rosette en mosaïque dans le paré, le lieu du Stabat Maler, puis l'endroit même où fut plantée la Croix. Le Fre Liévin ne fait que nous indiquer les lieux en | quelques mots, remettant à un autre moment à donner \ plus de détails, tout en permettant a chacun de faire des visites pariculières avec moins d’empressement, une plus grande étude des lieux, et surtout des méditations en rap- ports avec les événements mémorables dont ils ont été les témoins- Nous revenons à Casa-Nova à.7 h. qui est l’henre fixée _ pour le souper ou plutôt le diner comme on l'appelle ici. La récréation qui suivit le repas fut assez courte, chacun sentant un besoin de repos après des exercices si pro- longés. Cependant, bien que nous enssions fait onze lieues ce jour et seulement cing la veille, presque tous confes- saient être moins fatigués que le soir précédent, les mou- vements répétés pour ceux qui n'en ont pas l'habitude étant toujours plus pénibles à leur début. Jérusalem, mercredi 30 mars.—Malgré le besoin de re- pos dont je me sentais pressé, ce n’est encore que long- temps après m'être mis au lit, hier soir, que je pus me livrer au sommeil, tant l'émotion qu'avait suscitée en moi la présence des lieux que javais visités, avait excité mes nerfs et me retenait dans une agitation fébrile, Jétais à Jérusalem, j'avais mis les pieds sur les traces des pas de Jésus, j'avais gravi le Golgotha sur lequel il expira, pénétré dans le sépulcre qui le renferma et qui devint le théâtre brillant de son triomphe, le sceau, la confirmation des oracles de vie sortis de sa bouche ! J'étais à Jérusalem ! le point le plus saint de la terre, ce lieu qui de tout temps a été en communication directe et constante avec le Ciel! Il fallait me le répéter pour me forcer à y croire, tant était pleine d’étonnement pour moi, la réalisatiou de ce rêve de toute ma vie. Il me semblait voir la voute des Cieux en- trouverte, et Jésus avec sa sainte Mère et ses apôtres re- gardant avec complaisance ce lieu de leurs combats et de DE QUEBEC A JERUSALEM . 373 leur triomphe ! Je voyais comme un torrent de grâces qui eouluit encore en ce lieu pour produire les fruits les plus eflicaces de salut. Je voyais Adam, notre premier père, dont le crane repose ici, David, Salomon, Jérémie, Jean-Baptiste, cette foule de martyrs, d’anachorétes, de saints de toute dé- nomination, S. Jérôme. 8. Louis, S. François d’Assise qui sont venus ici retremper ieur foi, se confirmer en grâce et prendre des arrhes pour le ciel. Je voyais la légion in- nombrable des saints de tous les états, de tous les pays, de tous les temps, qui sont venus, du moins en esprit, recueil- lir une parcelle du sang divin qui a arrosé ce rocher, pour prendre leur essor vers le séjour de l’éternelle béatitude. Je me confondais avecces illustres personnages pour ajouter mes adorations aux leurs, et recueillir ma part de cette rosée céleste qui s'échappe du Calvaire. Mais hélas! que voyais Je à côté ? l'indifférence, l’impiété, le blasphéme ! des Judas, des Pilates, des Caiphes, des Hérodes formant la majorité de ceux qui habitent ces lieux, qui parcourent ces rues. Ils retentissaient encore à mes oreilles les cris de cette foule insensée s’exclamant : nolumus hunc regnare super nos {1), et ce blasphéme me glaçait le sang dans les veines. Ce n’est qu'après avoir longtemps roulé ces pensées dans mon esprit, que la lassitude l’emportant à la fin, je pus me livrer au sommeil. Ce matin, dès avant cinq heures, j'étais sur pieds, et peu après me dirigeais au Saint-Sépulcre pour y célébrer. Mais j'ignorais encore qu'il n’en est pas ici comme à Québec ou à Paris, et qu'il faut à tout instant avoir à comp- ter avec MM. les Turcs, Je parviens donc sans difficulté sur le parvis de la Basilique, mais j'en trouve la porte fer- mée, Je m'approche du guichet ouvert dans cette porte et demande au portier, à l’intérieur, sil n'y a pas moyen d'entrer. Il parut d’abord hésiter, puis jetant les yeux sur ma croix de pélerin : —Attendez un peu, me dit-il, le Prince Rodolphe doit entrer dans la minute, et vous pourrez entrer ensuite ; mais vous seul, car la porte restera 1ermée.— Je me retire donc.un peu à l'écart, et presque aussitôt je vois arriver le Prince avec son escorte, précédée de 6 cavas qui font retentir le pavé des longues hallebardes qu'ils portent, —— (1) Nous ne voulons pas que celui-ci régne sur nous. 374 LE NATURALISTE CANADIEN Les deux battants de la porte livrent entrée au Prince et a son escorte, et de suite une foule en haillons, nu-pieds déguenillés, hommes et femmes, se précipitent dans la porte pour pénétrer à l'intérieur. Des bachibouzoucks font rouler sur les épaules de ces voyous force coups de cra- vaches, pendant que les gardiens à l’intérieur s’efforcentde refermer les battants au milieu des cris confus des assié- geants et des assiégés. J'attends à l’écart que ce tapage soit apaisé, et je me présente de nouveau au guichet.—Je vais bailler la porte, me dit le portier, et vous entrerez seul.—Et de fait, comme il ne faut pas une très large ouverture pour me livrer passage, je pus pénétrer à l’intérieur sans peine et sans qu'aucun de la bande tapageuse ne put se glisser derrière moi. Je fais en passant une courte visite à l’intérieur du S. Sépulcre et me rends à la sacristie, dont on nous avait montré la porte la veille. Je trouve le chapelain du Prince, Y Archevéque nommé de Vienne, qui s’habillait ponr célé- brer dans le 8. Sépulcre même.—Il sera trop tard pour dire une autre messe dans le S. Sépulere à la suite de celle qui va commencer, me dit un Père, voulez-vous célébrer sur le Calvaire 2—Très bien, lui dis-je, j'en serai très heureux. —Habillez-vous de suite, fit-il en me montrant lornement, Ayant pris les ornements, je suis un Frère qui doit me servir. Nous faisons, comme la veille, le tour du chœur des Grecs, puis nous montons les 18 marches du Calvaire, et je me rends à l’autel de la Crucifixion, c’est-à-dire, à l'endroit même où l’on attacha Jésus-Christ a la Croix. Par un privilège spécial, dans tous les sanctuaires principaux, on peut dire la messe votive du mystère com- mémoré par le lieu qui en fut le théâtre. (C’est donc la messe votive de la Croix quon dit à l’autel de la Cruci- fixion. Si jamais les paroles de la sainte liturgie ont fait im- pression sur mon pauvre cœur, c’est bien en cetta circon- stance mémorable. Avec quel plaisir je m’appliquais à en pénétrer le sens, j'en savourais la récitation ! Nos autem gloriart oportet in Cruce Domini Nostri Jésu-Christi, pour nous, c’est dans la seule Croix de Jésus que nous devons on et DE QUEBEC A JERUSALEM 375 nous glorifier, cette Croix qui est notre salut, notre vie, le gage de notre résurrection.... Jésus s’est rendu obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la Croix; et c’est ici même que ce mystère d’amour s'est opéré ! O Crua benedicta, que sola fuisti digna portare Reyem celorum et Dominum, O heu- reuse Croix, qui fus seule digne de porter le Roi et le Sei- gneur des Cieux !.... Æcce ascendimus Jerosolymam, et Filius hominis tradetur principibus sacerdotum. et scribis, et condem- nabunt eum morte, et tradent eum gentibus ad illudendum, et flagellandum, et crucifigendum. Voici que nous montons à Jérusalem, et le fils de l’homme sera livré aux princes des prêtres et aux scribes, et ils le condamneront à la mort, et le livreront au mépris du peuple, le flagelleront et le cru- cifieront.... Ht c’est ici que la malice des hommes s’est ainsi épuisée sur le juste par excellence! Et moi, son ministre indigne, en vertu du pourvoir de prêtre dont il m’a revêtu, je vais renouveler ce sacrifice, je vais ouvrir de nouveau cet abyme incommensurable de perversité,... et d'amour ! Ce n’est qu’avec peine que parfois je pus articuler les paroles de la liturgie sainte, tant était vive l’émotion qui me dominait tout entier. Le saint sacrifice terminé, je pénètre de nouveau dans le Saint-Sépulcre, où. tapis dans un coin, je puis faire mon action de grâces, sans m'occuper des nombreux schisma- tiques qui sans interruption venaient dans le saint Tombeau multiplier leurs signes de croix et leurs prostrations, en même temps que leurs baisers sur la pierre sacrée ou le pavé même, L’édicule qui s'élève sur le saint Tombeau au milieu de immense rotonde qui couronne la Basilique est isolé de tout le reste, et mesure 25 pieds de longueur, sur 17 de largeur, et 16 de hauteur. Il forme ainsi une chapelle al- longée de l'Est à l'Ouest, où se trouve unique entrée ; un exhaussement de deux marches, sur la largeur de l’édicule, se prolonge depuis son entrée jusqu'au chœur des Grecs, distance d’environ 40 pieds ; et c’est ce parvis, qui quoique ouvert des deux côtés, forme le chœur des latins (1) ; c'est la que le Patriarche officie dans les grandes solennités. (1) Par les latins on entend généralement tous les catholiques, quoique à proprement parler, cette dénomination ne désignerait que les catholiques du rit latin ou romain. — “2 376 | LE NATURALISTE CANADIEN L’édicule, comme je l'ai dit plus haut, renferme deux cellules, la chapelle de l’Ange, et le saint Tombeau même. Cette dernière cellule mesure 64 pieds sur 5? à peu près. Les parois, de même que le pavé, sont revétues de plaques de marbre blanc qui cachent le rocher qui forme encore les murailles de la sainte grotte, de sorte qu'en enlevant une de ces plaques, en verrait le roc naturel même qui a abrité pendant trois jours le corps du Sauveur. Une table de marbre, élerée d’environ 2 pieds sur le pavé, recouvre la fosse même où fut déposé le corps de Jésus. Pour ycélé- brer, on ajoute au-dessus une autre table qui sert d’autel, et qu’on enlève aussitôt pour laisser la place libre aux schis- matiques Grecs et Arméniens, qui aujourd’hui ont aussi le droit de partager avec les catholiques la possession de la plupart des sanctuaires les plus vénérables, Des lampes nombreuses brülent jour et nuit, tant dans le saint Tombeau même que dans la chapelle de l’Ange et sur la façade extérieure. La chapelle de Ange est comme le vestibule du S. Tombeau, et communique avec lui par une petite porte ceintrée, taillée dans le mur ou plutôt le rocher qui forme la division entre les deux. Comme le prêtre qui célèbre à l'intérieur ne peut avoir qu’un, ou tout au plus deux servants avec lui, vu l’exiguité du local, c'est dans la chapelle de l’Ange que se tiennent les per- sonnes qui veulent assister au S. Sacrifice, et c'est en s’a- genouillant dans cette petite porte, les unes après les autres, qu’elles viennent prendre la sainte communion lorsqu'elles doivent la recevoir. La chapelle del’ Ange est ainsi appelée, par ce que c’est là que se tenait lange lorsqu'il dit aux saintes femmes: Surrexit non est hic, il est ressuscité, il n’est plus ici; entrez et venez voir le lieu où on l'avait déposé, Cette chapelle est aussi toute revêtue de marbre blanc à l’intérieur, ce marbre étant sculpté en panneaux avec pilastres et colonnettes, La pierre que l’on voit au milieu supportée par un petit pilier, peut mesurer un pied carré, elle est encadrée dans un morceau de marbre blanc; cette pierre est un morceau de la table qui recouvrait le saint tombeau, et sur laquelle STORES DRE LONER LT ie PL Nie Ape Pm RE A OAL RUA ee 7? DE QUECEC A JERUSALEM 377 La = A ? me = était assis l'ange lorsqu'il annonça aux saintes femmes la résurrection du Sauveur, J’ai dit plus haut que le saint édicule est isolé de tout le reste, Du temps de N.S., le rocher dans lequel Joseph d’Ari- mathie avait creusé sa loge sépulcrale, était continu avec le Golgotha, ou plutôt cette loge était creusée dans la base même du rocher. L'empereur Adrien, par haine contre le christianisme, fit renverser les constructions que dès lors la piété des fidèles avait érigées sur le saint lieu, combler le S. sépulcre sans le détruire, et niveler tous les décombres pour y ériger une statue de Jupiter. Ste Hélène voulant plus tard rendre au saint lieu lhonneur qui lui est da, fit déblayer le tout, et pour y asseoir l’église qu’elle y fit con- struire, dégagea le 8. Sépulcre du Calvaire, en en modi- fiant malheureusement la forme, de sorte que les deux élé- vations furent totalement séparées l’une de l’autre comme on le voit aujourd’hui. Je n'entre pas dans de plus grands détails pour le mo- ment, me proposant de m'étendre plus au long dans leur description dans la suite de ce récit. Avant de me retirer, je fais le tour de la Basilique, je- tant un coup d'œil sur les nombreuses chapeiles qui la bordent tout à lentour, Je retrouve sur le parvis les nombreux étalages d’ob- jets de piété qu’on y avait vus la veille, et retourne à Ca- sa-Nova par les mêmes rues que j'avais suivies en venant. Le programme de la caravane porte que ce jour sera un jour de repos, pour nous remettre des fatigues du voy- age. Nous n’aurons à faire en commun que les visites de convenance aux principaux dignitaires de la ville. Ma tasse de café prise, je monte sur la terrasse, en attendant l'heure des visites. J’affectionne particulière- ment les promenades sur la terrasse, on peut si facilement se familariser avec la distribution de la ville, de ce point élevé! Je me plais à y aller souvent, réciter mon office, faire un bout de conversation avec des compagnons, et même à m'y isoler, pour y rêver, pour repasser dans mon 378 LE NATURALISTE CANADIEN esprit les mémorables événements qui se sont accomplis ici. Je suis à Jérusalem ! j'ai la ville sainte sous mes yeux! je me plais à me le répéter à moi-même, tant l'événement me paraît extraordinaire, Je suis ici dans le lieu le plus saint de la terre ; le sol que je foule de mes pieds a reçu l'empreinte des pieds des plus grands personnages qui ont paru dans le monde. Adam le père du genre humain, Sem le fils ainé de Noé, Melchisédech, Abraham, David, Salomon le plus sage et le plus riche des rois, Alexandre le Grand, le dominateur du monde de son temps, Jean Baptiste le plus grand des enfants des hommes, Marie la plus parfaite des créatures sortie des mains de Dieu, enfin le fils de l’'Eter- nel lui-méme, ont passé dans ce lieu, ont traversé ces raes que je parcours, ont gravi ces collines qui s’étalent devant moi! Et dans les temps modernes, Ste Hélène, la mère du Grand Constantin, Héraclius, 8. Jérôme, Godefroi de Bouillon, 8. Louis, 8S. Francois d’Assise, 8. Ignace de Loyola, Napoléon ler, presque tous ceux en un mot qui ont fait leur marque dans l’histoire par leur vertus, leur génie ou leur bravoure. Ici les plus graves événements qui ont fait époques dans les annales du monde ont eu levr accomplissement ! Ici, à mes pieds, Abraham le père des croyants, a tiré l’épée pour faire à l'Eternel le sacrifice de son fils. Droit en face, Salomon érigea un temple sans pareil, où Jéhovah lui- même s’est plu à y manifester sa présence; à ma droite je vois le palais où le roi prophète, fit retentir, dans une poésie inimitable, les accents sublimes de son repentir et de son amour. A gauche, je vois le Golgotha où fut ren- fermé le chef du premier homme sur lequel coula le ruis- seau de pardon qui s’échappa de la Croix !!.... Mais si Jérusalem est la ville des grandes gloires et des grandes miséricordes, cest aussi la ville des grands châtiments et des grandes expiations, Assuérus, Nabu- chodonozor, Titus, Chosroes viennent tour à tour exercer la vengeance de Dieu contre la ville coupable ; ses murs sont renversés sur ses habitants et les flammes balayent ce que le fer a pu épargner. Lors du siége de | DE QUEBEC A J&RUSA LEM 379 7 Titus, l'an 70 do notre ère, pas moins de onze cent-mille ames perdirent la vie dans le massacre ! aussi on peut dire avec vérité que le sol de la ville sainte est littéralement pétri du sang de nombreux martyrs mêlé à la cendre de coupables plus nombreux encore ! Sur les pas de Jésus vous mettrez votre trace, Puis vous contemplerez les lieux, le ciel, l’espace Que regardait Jésus, l'Enfant aux divins yeux, Et votre lèvre avide en touchant la poussière, Y trouvera peut-être, arôme dans la terre, Un peu de sang du roi des Cieux ! Les PÈLERINS FRANÇAIS. On nous montre dans le chœur des Grecs de la Basilique du 8. Sépulcre une rosace dans le marbre du pavé que les schismatiques disent être le centre du monde ; mais si physiquement il n’en peut être ainsi, ne peut-on pas dire avec vérité que moralement, c’est la un point incontestable 2 Ici l'humanité a eu son berceau (1), comme y aura lieu aussi Pacte mémorable qui terminera les évolutions de son exis- tence (2). Ici, un forfait tel que le soleil n’a pas voulu Péclairer, a eu sa consommation, et un abyme sans fond d'amour et de miséricorde son accomplissement. De toutes les parties du monde, et jusqu'à la consommation des siècles, l'attention des hommes se portera sur ce rocher qui a été lavé du sang d’un Dieu ! Ici, plus qu’en tout autre endroit, le Ciel s’est con- stamment tenu en communication directe avec la terre. C’est un ange qui vient retenir le bras d'Abraham prêt a frapper son fils ; c’est la voix même de jEternel qui vient confirmer l’enseignement de son Verbe dans les parvis du temple, ce sont des anges qui se montrent à Gethsémanie, au NS, Sépulcre, à S Pierre dans sa prison, c’est enfin la voute méme des Cieux qui s'ouvre pour recevoir dans son sein le Rédempteur du monde, Oui, nous nous sentons ici réellement rapprochés du Ciel ! (1) On prétend que le Paradis terrestre était tout près d’ici si toutefois il n’était pas à Jérusalem même. (2) Une tradition constante et générale veut que ce soit dans la vallée de Josaphat que se fasse le jugement dernier. 380 LE NATRRALISTE CANADIEN Mais j'entends bruire la trompette du Frère Liévin, (1) c'est ’heure des visites qui est arrivée; je coupe done court a mes douces réveries et descends me réunir a mes autres compagnons pour les suivre. A continuer. COQUILLES D'ORNEMENT. Sur tous les manteaux de cheminées ou les guéridons dans les salons où s’étalent des coquilles comme ornements, on est sûr d’y rencontrer des Porcelaines et des Rochers. Et c’est avec raison; car les unes et les autres, par leur éclat, leurs couleurs brillantes, leurs formes originales sont des plus propres à attirer les regards. Autant les Porce- laines (Cypræa) sont uniformes, modestes dans leur struc- ture, toutes rapprochées de leur type principal; autant les Rochers (Murex) sont variés, bizarres et irréguliers dans leur forme, le nombre et la disposition des épines ou projections qu'ils portent. Quel nouvel intérêt prendraient de tels orne- ments de salon, si, à l'éclat que l’on recherche presque uniquement dans le choix qu'on en fait, on joignait la déter- mination exacte des espèces qu'ils constituent. De cette façon, quelque minime que fut la collection, elle ne parle- rait pas seulement au regard, mais encore à l'intelligence, du moins pour un certain nombre de visiteurs. C’est alors qu'il y aurait émulation entre les possesseurs de ces col- lections, à qui exhiberait le plus grand nombre d'espèces ou les plus rares et les plus originales. Parmi les Rochers, il en est de certaines espèces qui, eu égard à leur rareté, ou au développement qu’elles sont susceptibles de prendre, commandent toujours un bon prix (1) Le Frère Liévin, le conducteur des caravanes, porte constamment un sifflet ou petite trompette qu'il fait rétentir lorsqu'il veut réuuir les péle- rius pour donner quelque avis ou quelques explications. a rex tenuispina, Rocher-a- épines-gréles, fig. 3, Pun eles plus élégants et des plus recherchés; les spéci- mens de choix se vendent Aik de $12 a $15 chez jes mar- chands. M. A. E. Foote, de Philadelphie, dont lannonce se trouve sur notre couverture, a toujours en mains plu- sieurs milliers d'espèces de &iff'rentes coquilles; ceux qui veulent former on augmenter des collections, peuvent se pourvoir avantageusement chez lui. Demandez le cata- logue. FAITS DIVERS. Oltawa Field- Naturalists Club.— Transactions N° 3,—In- 8 de 65 pages en caractéres compactes avec 2 planches lithographiques, Ce numéro renferme une list» des oiseaux fréquentant Ottawa, des remarques sur nos mollusques fleuviatiles, et une foule d’autres renseignements du plus grand intérêt pour les Naturalistes Canadiens. Conférences agricoles de M. Lippens. No. 1 Culture du Blé; No. 2 Destruction du Chiendent ; No. 4 Les Semences. Ces petites brochures sont le texte ou plutôt le résumé des conférences que M. Lippens donne dans nos campagnes sur différents sujets se rapportant à l’agri- culture. Elles méritent d’être conservées avec soin par tous ceux qui prennent intérêt aux progrès de notre agri- culture. Prof. F. X. Toussaint. — Recueil d'exercices sur les sujets les plus usuels. Annexe à l'Arithmétique N° 1 de F, X. Toussaint, in-12, 211 pages. H. M. Ami.—The Utica Slate formation with especial reference to the Exposures of that formation at and near Ottawa, 8p. in-8. ? w aura Si. is M ir PTE CT MEET à TN TE) 7" r oe a Er ’ ee 7 ‘ D i 382 LE NATURALISTE CANADIEN L’ Argonaute,—Depuis 1876, on a fait la capture de trois Argonauta argo sur les côtes du New-Jersey, de sorte que ce mollusque peut avec raison maintenant étre compté comme appartenant a la faune Américaine. Haliotides.— De tout temps les Haliotides ou Oreilles de mer out été recherchées pour l’ornement des corniches, leurs couleurs vives et iridescentes, leur forme originale, la riche nacre qu'elles font miroiter aux regards ne man- qnaient pas d'attirer l'attention des visiteurs dans les salons, Mais dans ces dernières années, l’industrie qui tire parti de tout, leur a trouvé une application plus utile que de flaiter simplement le regard dans les salons, c’est de les employer à la confection de boutons qui dèsle début ont eu un débit considérable. Ces boutons si brillants, à reflets iridescents qui plaisent tant au regard, sont confectionnés avec les dépouilles des Oreilles de mer de différentes espèces. Avec les plus grandes coquilles, on confectionne des boutons solides, et les rebuts servent, broyés et mêlés à un certain eiment, pour en mouler d’autres qui prennent un beau poli vitreux, tout en laissant voir des myriades de particules brillantes du plus vif éclat. On sait que la côte Améri- caine du Pacifique est particulièrement riche en de tels mollusques. On en a exporté par vaisseaux de San Fran- cisco en 1880,6372 sacs, représentant une valeur de $46,179, sans compter celles qu’on a expédiées par chemins de fer, surpassant peut-être encore cette quantité. Un grand nombre de ces coquilles sont travaillées à New-York et Philadelphie, et les autres sont exportées en Amérique, en France, etc. ILLUSTRATIONS. —= 1. Hanches postérieures du Pammegischia Burquet..---- o... 303 AU: œuf d'oiseau: ce 2 ates = SC DRM PRE EE EE 3. Murex tenuispina.....-e cousss secs sonsoosecosoosecsss 380 A TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIERES. A propos de Fourmis 30. Argonaute 381. Champignon 29. Chronologie de quelques unes des inventions les plus importantes 125 Coquilles d’ornement 380. Cypripédes (Les) 191, 221, 269. De Québee à Jérusalem 15, 51, 81, 110, 144, 174, 209, 242, 312,336. Etude de l'Histoire Naturelle 96. | Ktudiez l'Histoire Naturelle 157. Faits divers :—Conservez vos numéro 31.— Le Chevreui) 32.—Bota- nique 64.— Utilité des Fourmis 126.—Goélands et Pélicans 127.— Collection vendue 127.—Un apiculteur à Québec 127.—Société Minéralogique 128.— Une coquille monstre 159.—Taxidermie 160. — Température 191.—Tnsecte 191.— Nouvelles entomologiques 224.— 1; Airelle ponctuée 287,—L'Asclériade de Cornut 288.— Minéraux 329.— Arbres d'ornement 350.— Avis 301.— Récep- tion 351.—Œufs d'oiseaux 352. Faune Canadienne — Hyménoptères 4, 33, 65, 97, 129, 161, 193, 225, 257, 213,2 89, 321, 353. Fécondation du Calopogon pulchellus 271. Gazettes des Campagnes (La) et l'Histoire Naturelle 186. Haliotides 381. Nécrologie :—F. X. Bélanger 26.—Le Prince Lubormirski 125,— Jos. Decaisne 126.— Darwin 160. Notre treizième volu:re 1. Publications :—Seventh Report Montreal Horticultural Society 32.— Scientific American 63.—Report of Entomologist of U. S. for 1880, 64.—Report of Entomological Society of Ontario for 1881, 64.—W rms and Crustacea 190.—Coues’ Check List of N. A. Birds 191.—Seventh Report Montreal Horticultural and Fruit Growers Association for 1881, 351.— Geological and Nat. His. Survey of Minnesota 35-.—Annales de lu Société Entomo- logique de Belgique 352.—Tératologie végétale 352,.—Ottawa Field Naturalists Club 381. — Conférences Agricoles de M Lippens.—Recueils d’ Exercices sur les sujets les plus usuels 381 —The Utica Slate formation at and near Ottawa 381. Société Française de Botanique 256. TABLE ALPHABETIQUE DES NOMS DE FAMILLES, GENRES ET ESPECES AER AIGA oe. de ss te PDA PIDÆ (oie ec ck ect a ss 000 0e OR DAISAMES o's ce saan se ee eps: mellifera): SRE LÉ ape CECETS CCT} i ea 28 352) Arctostaphylos uva-ursi... 192, 287 TERA Sree Scores Sent '351]Argonauta argo .....-.....:. 381 Acacia Nilotica..... seen ne Mab|Asclepias ‘Cornusil .. 5. see. . 288 Acer saccarhinum......... . 352| Asphodelus luteus ........<.- 340 Acordulecera saginata........ aap) Astata . uniColor a2 PRES 48 Acridium peregrinum......... iho Ateuchus sucer ee seo .. 184 Agapostemon tricolor......... 303| Atractodes autumnalis ..... . 367 Agenia architectus..... pee 44 nigricOXus......... 363 DIMER arena Sea 43 nitenso> Gees BE eis) 150 O0 T APE PRE ... 44|Atragene Americana.......%. 287 péHOlatas. 325.10 M 44| Augochlora pura... 2.) 2 see 206 pulchripennis......... 43 radiata, < enc. emer 205 Allantus rubrocinctus........ 295 | Aulacus rufitarsis ....... SRE» Algcon\oppositus. 2.1.2. 01 67 Amblyteles borealis.......... BUS BDEMBECIDA 1251.01 RP EVANS CXPMBCHUS, «ic. caine 327| Betula lutea.....- RSA Se 58 352 marginatus. ....- 328 papy races: <2. se iets 351 montanus.... ...-.. 327|Blepharipus ater ...........- 130 Nortonis. ... 072 328 CIMCHIPESy a Neves 133 rufizonatus ........ 325 maculipennis.... 132 Ammophila communis........ 13 nunimos! LE RS Rendikan 2052208 15| Bombus consimilis....... ane 200 PAGE 2-7 vain ole: fervidus.. ... EE 2207 gryphus:... .. 22 14 teruarius NES ae eam luctuosa...... ns a terricolas RCE CERRRE 267 AME YSETOCETUS, CS = hale 57 Andrena algida .........-... 196|Calopogon pulchellus ........ 271 bicolore AR ER 194}Campoplex laticinctus........ 364 Oia Ne Etes veto ee . 195 NIGET fren coms. 364 JET NME ERP = 194 semirufus. ........ 364 hirticeps . . .... .--:-2095)Carpinus Americana LP 50220852 infeurTA ee. ss 090 Carya AMAA. Le LU. EA CEE 351 nivaiis..... Soca lala nee 194/Cemonus inornatus..-........ 717 perplexa............ 196|Ceratina bidentata............ 234 pPlaGida Peer: ere 196 Bi GUE antec ESS UT ritila se -oc te LES ER eee 344|Cerceris clypeata......22 2075 Bimnplex) 2022.22 dERÉrIR eee ie … Dre ale VACUA aie ET PCR 195 LINALEOT:e me mines ese ANDRENIDÆ: vel ee mecs 168 nigrescens ...... Bas carat tris} Authophora bomboides ...... 173|Ceropales fraterna . ...... NRA terminalis. ...... 173|Cicada septemdecim.......... 224 Apathus Ashtoni........... 1268 |Cæœlioxys rufitarss.. .j. = tele ere 230|Papaver dubium......... PENSE latmanus sut. 227 rhsæas: 2 Jel tardies ere 343 melanophæa........ 232|Passalæcus mandibularis ..... 98 Miendiea sens a 231 | Pelopæus cæruleus.......... A oblonra:.t.. ees Sees 230 cementarius.….....- Ik Opliva. sy st RE EE 232 | Pemphredon concolor...-..... 78 pugnata..s:1:-.:..0228 mandibularis.... 98 scrobiculata... ..--- 228 | Phæogenes aterrimus ......s 330 BUN WET ee ares nian 229 Falardeaui ........ 331 Melissodes Americana ....... 174 Gaspesianus ...... 331 desponsa..:........ 174 DIgriCOr DIS... seu. 330 Mesostenus collinus.......... 363 orbüsais Dan EN aa flavipes.) steno 2. 363 quadriceps ........ 382 DODIIS yao sce se 1009 tuberculifer.ci.. 2... 331 BOFIECUG. ice « 0 se 363|Philanthus bilunatus......... 74 Mimesa argentifrons .... .... 79 frigidiis) isch cle de 73 denticulata. ..... se solivagus …:...... 73 paupera ob sac. és 79 ventilabris......-. 13 Monedula ventralis........... 46| Phoenix dactylifera ...... 115, 281 Murex tenuispina .......-.. 380| Phygadeuon acandus......... 358 Myrmescocystus.......... 31, 281 aciculatus..45242 356 alternans:....:.,398 Nematus fulvicrus .......... 291 attennatus ....... 359 luteotergum ........ 291 autumnals ..... 357 ABDOMEN cs babe 292 cephalicus .....-. 354 nentriGonis te. 224 constrictus...-... 357 Nomada Americana.......... 238 cornutus.... 356; 359 DISISMALA six 238 Lavoie nee 353 TateOte à fe) auras 227 oR | Lechevallieri.. ... 356 MACH Atay ors die et «if 239 maculatus .....-. 353 9 CRAM ue wn ghee 240 Mignaulti......... 355 Nymphæa cerulea.......- 120, 216 mucronatus ...... 353 Lotus eters eee ease 120 occidentalis ..... 355 Nysson laterale...... sas 66 orbitalis® RME 354 IN PESONTD EES. hss ae wee ua 65 ovalis «sets: ésste180p parallelus .. .... 355 Odynerus albophaleratus..... . 140 rubricus -...…,... 358 ATVENSIS je casiers sas 142 subspinosus . . 357 Canadensis......... 138 terminatus........ 357 GDh Sooo COLaG a: 139 3-annulatns ...... 355 campestris... ....... 141 vulgaris .....….... 354 CLE DINTS AN at Moire mw mals 139) PAysoscelis. LUE SEE RER 133 leucomelas...-.... . 142| Pinus Banksiana......- wisi 352 Pensylvanicus...... 143 strobus 4 state sane 352 Dore Mic ee 140 |Platylabus Rubri Capensis...… 329 Walshianus........ 138 scutellatus..... vs» 329 DNA DUCCONIS: «ici aeyoiere cae 208|Polistes pallipes ............ . 163 HERO ATLA. remets 207| Polyporus igniarius ........- . 30 BISOTC OH « = 4-0 De wick 208|Pompilus æthiops ........... 35 simillima ....,......... 208 angustatus ........ 38 eae TABLE ALPHABETIQUE 387 Pompilus apicatus ........... 38|Stenodynerus.... ........ ee. 143 argenteus -......... 39/Stigmus fraternus............ 98 higuttatug 22 22sec. ANS til piggy aeeyis'... -’s <6 a: coc sie ae Castaneus. .. :...... . 39|Strongylogaster apicalis..... . 295 eylindricns. ..... 38, 3 pallidicornis. .. 295 Hascipenaite,. 155. 42 POlitue 2er. 294 ENBERBU SRE à 36 rubrocinctus... 295 hyacinthinus ....... 37 soriculatus .... 296 luctuosus.......,.... 30) SYMMONCUS ES TELE 137 marginatus ....... gon a IMAM were EEE et eee 38|Taxonus robustus............ 294 Philadelphicus...... 37|Tenthredo ungulata........... 297 O-NOtAlUs, 2... 40 cinctitibiis......... 299 ACER Le ee 36 confusa. . . RE 298 tenebrosus ere 39 della. see 293, 298 Virginiensis ........ 37 NOCORD:. rune 298 ÉOMPIAIDE,. .. =... bite 33 lobatas : 55.5 299 Populus balsamifera.......... 351 14-punctata....... . 298 Canadensis ...... 64, 287 Bemirubra’s... ss. 299 tremuloides........ . 351) Thersilochus pallipes......... 367 Priocnemis alienatus........ -. 42|Thuya occidentalis........6.. 352 COUICUS... 248. - 6-15 - 41|Thyreopus latipes..........6.. 130 ERMANUS etes eee 4:2 montieola’. 3... 130 Prosopisaffnis.- «7... 259 POSBEUS sot renee J31 MAMIE te Meme die ns 258 |Tilia-Americäna. .-....1..2 352 Esenleucopus!:<2# 52... 80| Tiphia inornata......... TU | niger ss ei DE OO 81 | Tridacnargigas........ 7... . 169 Pyracmon rufum.. :5.....:.. 365 | Triosteum Americanum...... 287 Trogus Gopel : -- 1... esciee 329 Cabrcusialbn. 2... 352 Provancheri --:.: 327 Trypoxylon clavatum......... 135 Reseda luteola...... SCAN 344 Rhopaium pedicellatum....... 134|Ulmus Americana............ 352 rufigaster : Ne... 134 Vaccinium vitis-idæa......... 287 Saperda candida...... TROT 159| Vespa consobrina ............ 165 Sapyeimaculata........ .. 9 Mabolcu ee. ee. 166 Scolia unicincta.: 5... 6 GeTMANICA. -.sssons se = L0D S'OUBTADIDÆ Ne neue cceecoaeee 4 MaACUlAtR seems Oe Selandria halcion ........... 293 WIEGIAG cinie' Am. Ent. Soc. iii, p. 159, 23. ; d—Long. .40 pce. Noire; la tête, le thorax et la base de l’ab- domen avee une pubescence gri-âtre longie mais peu dense, cette pubescence plus dense sur la tête et les flanes. Thorax court, gibbeux = en avant; les écailles alaires noires. Ailes légèrement enfumées, les À nervures noires; aréole triangulaire, subpétiolée. Pattes noires, les genoux, les jambes et les tarses d'un roux brunâtre. Abdomen atténué aux 2 extrémités, le ler segment finement rugueux transversalment, les terminaux polis, le 4e et les suivants finement marginés par une ligne pâle. Q —Avec les cuisses antérieures brun-roussâtre ; Ja tarière environ de la moitié de j’ablomen en longueur. Diffère surtout de la Canadensis, Cress. par sa pubes- cence blanchâtre et non noire, Gen. MENIScus, Nchiodte XII, p. 78. Aux 3 espèces décrites, ajoutez la suivante, 4. Ménisque marginé J/éniscus marginatus, nov. sp. 2 —Lorg. .30 pee. Noir; la face noir-foncé sans aucune tache; antennes brun-foncé, plus courtes que le corps. ‘Thorax court et épais, les écailles noires. Ailes hyalines, les nervures noires, blanches à la base; aréole subrhombuïlale, noire, blanche à la base. Pattes rousses, y compris les hanches et les trochantins; les jambes posté- rieures noires avec un anneau blane près de la base, leurs tarses aussi noirs, tachés de blane à la base du Ler article, Abdomen fort, lisse, tiés finement ponctué, tous les segments finement marginés de roux au sommet ; tarière forte, plus courte que l'abdomen. Capturé à Québec par M. l’abbé Huart, Gen. Ecuturus, Grav. XII, p. 97. « | Aux 6 espèces décrites, ajoutez la suivante, 4. Echthrus nigricornis, Prov. p. 486; cisuit la ds- _ cription de la ©. ® — La face noire; le seape des antennes brunâtre en dessous. L'extrémité des cuisses postérieures avee leurs jimbes et leurs tarses, Le. noir. Tarière gré.e, de la longueur de l’abdomen environ. my 16 LE NATURALISTE CANADIEN, 7. Echthre pattes-rousses, Echthrus rubripes, nov. sp. —Loug. .25 pee. Noir avec les pattes rousses; les mandibules tachées de roux. Antennes de longueur moyenne, brunes. grêles, à articles allongés. Thorax robuste, finement ponctué, le métathorax à lignes soulevées distinctes, tronqué carrément en arrière avec un mucron aux angles. Ailes iridescentes, légèrement enfumées, à ner- vures noires, sans aréole. ÆEcailles alaires blanches, Pattes d’un beau roux y compris les hanches, les postérieures avec les tarses et l'extrémité des jambes, brun-foncé. Abdomen en ovale, à pédicule grêle, élargi au sommet, finement ponctué; tarière de la longueur de l'abdomen. Voisin du nigricornis mais s’en distinguant surtout par la forme de son métathorax et son absence d’aréole aux ailes, Fam. des BRACONIDES, Vol. XII, p. 130, Gen. Bracon, Fabr, XII, p. 136. Aux 17 espéces décrites, ajoutez la suivante : 18. Bracon net. Sracon nilidus, nov. sp. & $—Long. .16 pes. Noir, poii, brillant ; la bouche, le soape en dessous, les pattes avee une bande sur l’abdomen, jaune roux. Thorax sans aucune tache. Ailes plus ou moins enfumées, les ner- vures noires. Pattes entièrement rousses, les jambes postérieures avec leurs tarses légèrement lavés de brunâ're. Abdomen court, en ovale élargi, poli, brillant, noir, le 2e segment avec le 3e excepté au sommet, roux, le ler segment avec une protubérance au milieu. Tariére de la longueur de l'abdomen environ. Voisin du lutus, mais sen séparant par ses pattes en- tièrement rouses, son abdomen noir à bande rousse et son thorax de même que la tête sans aucune tache de jaune. Examiné 1 4 et2 9. Gen. Opius, Wesm, XII p. 164, A l’espèce décrite, ajoutez la suivante : Abdomen rouge à l’extrémité............ 1. pallipes, Abdomen tout noir........ bate e's so sien ecei et: (POLS. DOVE 2. Opius poli, Optus politus, nov. sp. g—Long. .12 pce. Noir avec les pattes rousses ; la bouche avec les 2 articles de la base des antennes roux. Leuilles alaires blan- EGYPT. THE NILE, | | | PALESTINE, à LL TURKEY, GREECE, ITALY Ke. | Fes it ce oe ; are Pathos entièrement rousses, Ae ines le stigma long, étroit, brunâtre. Le thorax rugueux. Abdomen poli, brillant à part le dos, «Un seul spécimen capturé au CapRonge 2 _ Aprés le gen. Gamosecus, Prov. XII, p. 167, ajoutez _ le suivant: Gen. MICROCTONE. Microctonus, W esmael. 4 Tête en carré transversal, à vertex plein, épais. Thorax court et robuste. Ailes avec une radiale courte, arrondie en portion de cercle sur le stigma, une seule cubitale _ fermée et 2 discoïdales distinctes, Pattes ordinaires ; ab- _ domen pédiculé, ce pédieule ordinairement élargi en ar+ rière, Tariere apparente ou cachée. Ce genre se’ distingue surtout des Gamocelles par sa 1ère cellule cubitale qui est séparée de la 1ère discoidale, _ Une seule espèce rencontrée. Microctone ponctué. Wicroclonus punctatus, nov. sp. Mee) = Lone 11 pee. Noir, densément ponctué, surtout sur le mé- _ tathorax. Les hanches. les antennes, les écailles alaires avec les pattes, roux-clair. Ailes hyalincs, le stigma brun, la 1ére cubitale assez grande, Jes pattes postérieures avec les cuisses et l’extrémité des jambes, branâtres. Abdomen déprimé, fusiforme, noir, plus ou moins roussâtre sur le 2e segment, le premier ponctué-rugueux, grêle à la - base ct élargi à l'extrémité, les autres polis, brillants. Un seul spécimen capturé. " Gen. Micropus, Esenb, XII, p. 178. 5. Microdus bicolor. Prov. 9, p. 179. ‘ d—Avec l'abdomen entièrement et le métathorax en grande par- tie, roux. ca Gen. MicRoGaAsTER, Latr. XII, p. 194. 5. Microgaster ensiger. Say d, p. 195. @—Seape des antennes noir. Toutes les pattes rousses, les _ jambes postérieures noires à l'extrémité Abdomen ruguenx, le ler _ segment marginé de roux de chaque côté, le 3e avec un point ronx | as. chaque côté, les côtés roux-jaunâtre. Tariére presque aussi longue que le corps. | PRET US NE OR cde Fr 18 LE NATURALISTE CANADIEN Gen. RHITIGASTER, Wesm. XII, p. 201. A l’espèce décrite, ajoutez la suivante : 2. Rhitigastre petit. Rhiligaster parvus, nov sp. Q—Long. .11 pee. Noir, le seape en dessous, avec les pattes, jaune-roussâtre plus on moins sale. Antennes longues, brun-roussatre en dessous, surtout à la base. Thorax noir sans aucune tache. Ailes hyalines, le stigma long et étroit, brun roussâtre de même que les ner- vures ; radiale grande, atteignant presque le bout de l'aile, sa nervure inférieure courbe, 1ère cubitale recevant la récurrente à son angle ex- terne, la 2e longue et étroite ; ailes inférieures frangées de longs cils blancs. L’extrémité des tarses brunâtre. Abdomen petit, brillant, élargi ct épaissi postérienrement, ses côtés obscurément roussâtres, ; tarière à peine sortante, noire, épaissic à l’extrémité. Un seul spécimen capturé à Chicoutimi. Gen. ALYSIA, Latr. XII, p. 202. Aux 3 espèces décrites, ajoutez les 2 suivantes: Thorax et abdomen, noir <= -.cee..::. 0e . 1. caudata. Thorax noir, abdomen rouse... ee ese nse oe es Ee ESS Thorax noiratre, abdomer noir, taché de jaunatre... 4, astigma, n. sp. Thorax noir taché de roux ; abdomen noir taché de blanchatre..... a ae -......-.. 5. rubriceps, n. sp. Thorax noir, abdomen roux, tête noire............. 3. nigriceps. 4. Alysie sans-stigma. Alysia asligma, nov. sp. Q@—Long. .13 pee. Noire ou nviratre plus ou moins foncée, polie, brillante, les mandibules excepté à l’extrémité, les palpes, le seape, les écailles alaires, les pattes avec le ventre, jaune-pâ'e sale. Antennes jaunâtres en dessous à la base, Thorax court, assez robuste, noir avec teinte de jaunâtre. Ailes hyalines, iridescentcs, à nervures brunes, à stigma allongé, très étroit, presque nul, Pattes jaunes-ale, l'extrémité des tarses noire. Abdomen subsessile, le dos noir excepté à la base ; tarière du tiers de sa longueur environ, redressée. Espèce bien distincte par son absence presque com- plète de stigma. 5. Alysie téte-rouge. Alysia rubriceps, nov. sp. d'—Long. .15 pee. Noire; la tête rouge au dessus des antennes excepté une bande noire au milieu ; les joues biauchatres, le reste noir; les mandibules, les écailles alaires, le scape avee les pattes, jiune-blan. châtre. Ailes hyalines, le stigma grand, brun. Le thorax d’un noir brillant avec une tache rousse sur chacun des lobes latéraux du méso- ee tache blanchâtre sur le dos au milieu ; lo ventre bianchître. i a ADDITIONS ET CORRECTIOXS AUX HYMÉNOPTÈRES. 19 ne ae Lae 9 ee Lae _ thorax, près de l'écusson. Abdomen allongé, linéaire, noir avec une £ ASE : CRAN Espèce bien remarquable par les taches rousses de sa . face ct de son thorax. Capturé plusieurs g au CapRouge + “a deu. à jaune-miel ; l'abdomen jiunc-miel avec le ler segment noir plus ou finement ponctué, pubescent aux épau'es, le disque portant 2 sillons . cepté à l'extrémité, le seape en dessous, les pattes y compris les hanches en Octobre, aucune 9. he 2. Alysia lucens, Prov. p. 202, les trois 1ères ligne de s la description doivent se lire comme suit : Noire ayce l'abdomen rouge, polie, brillante ; les mandibules ex. | moias foncé, cte. d Fam. des CYNIPIDES, XII, p. 295. Gen. Cynips, Linn. XII, p. 581. : sh Aux trois espèces décrites, ajoutez la suivante : : 4. Cynips du-chéne-fusiforme. Cynips quercus-fust- formis, O Sack, Proc. Ent, Soc. Phil, I, 61. © Q@—-Loug. 10 jee. Noir, antennes jaunc-brunâtre, brunes à l'extrémité, d: 13 articles, le dernier article 2 fuis plus long que le prée‘dent. ace pubescente au dessous des antennes Thorax très =a convergent vers l'écusson. Ailes hyalines, les veines épaisses, l’aré- a ole triangulaire, la 2e nervure transverse arquée, quelque peu oblique. ik Pattes ferrugineuses juundires, les jambes postérieures brunes. Abdo- se men d'un brun chataigne, le 22 segment avec une bande rousse près de son sommet, tarière longue ct redressée. ne Capturé à Toronto-sur le Quercus alba par M. Brodie. : Gen. Drasrropaus, Hartig, XII, p. 234, “a A l'espèce décrite ajoutez la suivante : 9, Diastrophe à-5-cûôtes. Diaslrophus 5-costalus, nov. R SP. vie O— Long. .12 pee. D'un roux plus ou moins brun avec pubes- | cence pen abondante ct brillante ; la fice et le thorax finement acicu- lés. L'extrémité des mandibules, une tache de chaque côté du chape- | * 10n, les antennes excepté à la base, une tache à la poitrine, le métatho- rax avec l'extrémité du ventre, noir. Dos du thorax partagé presque L également en cinq côtes bien distinctes. Ailes légèrement obscures, Jes nervures fortes, ombrées. Pattes sans aucune tache, écaille ventrale ne dépassant pas l'extrémité de l'abdomen. a ue TORTURE Te ce Capa MN PORT DRE HSE PEN AS aes tilt fill hits ea) pret tala) sty CT w : 20 - LE NATURALISTE CANADIEN d'—Entièrement noir avec les pattes rousses ; le thorax partagé en côtes comme dans la 9, Capturé à Toronto par M. Brodie, sur le Rubus strigo sus. Après le genre AULAX p. 235, ajoutez le suivant. Gen. SYNERGE, Synerges, Hartig. Antennes de 15 articles dans les & et 14 dans les 9. Thorax aciculé transversalement en avant de l’écusson ; celui-ci rugneux. Flancs à peine scabres. Pédoncule ane i dominal formé de 2 parties, la premiére en forme de cylindre court et la 2e plus grande en forme de cône tronqué, ayant sa pointe plus étroite en arrière. Second segment formant presque à lui seul tout l’abdomen, a part le pédoneule Valves de la tarière redressées. Ailes à radiale fermée supérieurement avec l’aréole au milieu, Une seule espèce rencontrée, Synerge fausse-Rhodite. Synerges Rhoditiformis, Walsh Proc. Ent. Soc. Phil. 11, 499. Q—Long. .10 pce. Jaune pâle ou roussâtre; l'extrémité des mandibules, une tache sur le vertex se continuant sur Je collier et sur le milieu du mésothorax presque jusqu’à l’écusson, le métathorax avec une grande tache sur l’abdomen; noir. Antennes jiunes, Thorax avec fines aciculations transverses, surtout près de l’éeusson. Valves de la tarière redressées mais ne dépassant pas la ligne dorsale. Pattes de la couleur du corps. Capturé à Toronto sur le chêne blanc. Gen. KLEiDOTOMA, Westw. XII, p. 237. Aux 2 espèces décrites, ajoutez la suivante. 8. Kleidotome très-petit. Aleidotoma minima, nov. sp. Q—-Long. .08 pce. Noir brillant, les pattes jaune roussâtre. Ailes hyalines à rervures peu distinctes, bordées d'une longue frange brune. Très remarquable par la longue frange brune de ses ailes, (A continuer.) DE QUEBEC A JERUSALEM. (Continué de la page 380 du Vol. XIIL) 11 convenait de commencer nos.visites par celui-là -même qui nous donnait l’hospitalité. C’est done au Cou- vent de 8. Sauveur, résidence des RR. PP. Franciscains, que nous portons d’abord nos pas, pour saluer leur supé- rieur, le Révérendissime Père Custode. Au sortir de Casa Nova, nous prenons la gauche, puis a quelques pas seulement, nous tournons a droite pour en- trer, en descendant quelques murches, dans ane rue cou- verte, simulant un porche, au milieu duquel s'ouvre a gauche la porte qui donne entrée dans le Couvent. Nous -montons un escalier pour suivre le corridor qui nous con- “ duit au salon du Couvent, où le Révérendissime Père Cus- \ tode fait ses réceptions. C'est le Père Vicaire, le T. Rév. P. Frédéric de Ghy- ‘velde (1) qui nous sert d’introducteunr, J’étais bien éloigné de penser alors que j'aurais, quelques mois plus tard, le plaisir de rencontrer ce même Père en Canada, et bien plus, l'honneur de l’héberger dans mon humble demeure. Le salon du Convent est à peu près disposé comme _celui de Casa Nova, quoique un peu plus simple. C’est une grande salie-rectangulaire, avec le milien libre, et des - divans disposés le long des murs. Le Custode, le Révme. P. Guido, est de haute stature, encore dans la force de l’âge, et de figure tout-à-fait avenante. Quoique Italien de naissance, il parle facilement et très correctement le français, Il m'a . paru en tous points digne de la haute position qu'il occupe ; .car bien que depuis quelques années il y ait un Patriarche L ¢ ‘ latin à Jérusalem, seul le Supérieur des Franciscains est (1) Ghyvelde est une petite ville de France, sur les confins de la Bel- _gique, où est né le Père Frédéric. Comme les noms de saints que prennent ‘Jes franciscains en entrant en religion, pourraient, en se répétant, créer de ‘la confusion lorsque ces religieux viennent à changer de couvent, on ajoute d'ordinaire le nom de leur lieu de naissance à celui qu’ils portent en religion* Tr ; 22 LE NATURALISTE CANADIEN reconnu diplomatiquement par les autorités. Uni au Consul français, ils ont souvent à régler des affaires très difficiles et de la plus haute importance ; la France étant de droit, avant tonte autre nation, la protectrice des Saints: Lieux. La conversation que nous entretenons pendant quelques minutes avec le Révdme Père, nons le montre homme très digne et de fort bon commerce, On ne manque pas de nous passer le petit verre de rafraîchissement qui est de rigueur dans toute réception en Orient. Le Couvent de S. Sauveur est une très ancienne cons- truciion, très irrégulière et défectueuse en plus d’un eudroit. Bien que les franciseains soient les religieux pauvres par excellence, leur résidence nous a paru excéder encvre en plus d’un point les bornes de la simple panvreté, Leur église, par exemple, qui est en même temps l’église parois- siale des latins de la ville Sainte, est reléguée dans un gre- nier, de dimensions bien trop restreintes, et qu'on a aecom- modée du mieux possible, mais qu'il n’y avait pas moyen de disposer d’une manière convenable pour sa destination, Les bons Pères attendent toujours avec confiance que le zèle généreux des fidèles de l'Occident leur permette de bâtir bientôt une église capable de répondre et aux besoins de la population et aux exigences des nombreux pèlerins qu'ils reçoivent. C’est en 1619, que le Patriarche de la sainte pauvreté, le stigmatisé de PAlverne, vint lui-meme établir ses frères, auxquels il légua son nom, aupres des vénérables sanc- tuaires de la Palestine, et depuis lors, c’est-à-dire depuis plus de six siècles, ces enfants dévoués du pauvre d'Assise, sont constamment demeurés fidèles à leur poste. Soumis à des privations de tout genre, n'ayant d’autres ressources que les aumônes que leur envoyait la piété des fidèles d'Oc- cident, persécutés, pourchassés par les divers gouverne- ments, décimés par la peste, en proie à toutes les vexa- tions que la haine du christianisme sait inspirer aux infi- dèles et anx schismatiques, ils ont fourmi plus de deux mille martyrs aux ennemis du cracifis du Golsotha ; mais sont toujours demeurés fermes à leur poste, Le cimeterre du musulman, le glaive du schismatique, ou la peste redou. | EE TS DE QUEBEC A J&RUSALEM 23 table de lOri nt venaient-ils à éclaircir leurs rangs, de sue de nouveaux sujets, avides de si belles couronnes, s'offraient ponr les remplacer. Toujours ils ont con- tinué l’apostolat du martyr S, Jacques, cousin de N, 8, et premier Evêque de la ville Sainte ; toujours ils ont pait, aux milieu de diffcultés sans nombre, le troupeau de la petite église de Jérusalem, qui toujours, comme au temps du Christ, n’a formé qu’une infime minorité au milieu d’in- fidèles et d’incroyants, mais toujours a su conserver sa foi, et a pu par sa picié résister à l’entrainement de la séduc- tion et du mauvais exemple. Les bous rehgienx sont ici an nombre de deux cents environ,car en outre d’une quarantaine de Frères à la tête de divers ateliers, tant pour les besoins de la mission que comme maîtres pour développer l'industrie chez les Arabes, c’est à S. Sauveur que se réunissent les chapelains des divers sanctuaires, les curés des paroisses du voisinage, les des- servants des hôpitaux, écoles, orphelinats, ete. (C'est aussi Ja que se recrutent et séchangent tous les trois mois, les gardiens du S. Sépulcre qui, eux, sont obligés dese renfer- mer là pour leurs offices de nuit durant leur temps de garde, car les portes de la Basilique sont fermées tous les soirs par l'autorité Turque et ne s'ouvrent le matin que sur demande et moyennent finance. Bien que la famille franciscaine soit partagée en trois branches, les Observants, les Capucins et les Conventuels, c'est aux Observants seuls, qui forment, on pourrait dire, la branche aînée où du moins la branche principale de ia famille, qu'est dévolue la garde des Lieux-Saints. Les sujets sont recrutés ‘parmi les différentes nationalités de l'Occident, et ils viennent ici soit simples novices pour ter- miner leur noviciat, ou ayant déjà fait leurs vœux, pour leur temps d’oflice qui est ordinairement de six ans, Le Discrétoire ou Conseil d'administration de la Cus- todie de Terre-Sainte, se compose de 20 membres, dont le Custode doit toujours être un Italien, le Vicaire un Fran- çais et le Procureur un Espagnol; les autres membres se partagent entre cifférentes nationalités, pourvu toutefois que les Français comptent au moins 4 des leurs dans ce Conseil, LE 24 LE NATURALISTS CANADIEN _Remettant à un autre moment à faire la visite des diffé- rents ateliers que dirigent les frères de S. Sauveur, nous passons de là chez le Patriarche latin, Mgr. Vincent Bracco. Yest à peu près ici le mème cérémonial qu'a S. Sau- veur, C'est-à-dire que nous nons rangeons sur les divans qui bordent la salle de réception, et le Patriarche vient se mettre au milieu, à l’une des extrémités ; le petit verre de rigueur fait aussi sa ronde, et la conversation roule parti- culièrement sur les divers incidents de notre voyage. Sa Béatitude touche à peine à ja cinquantaine, mais une santé délicate, un tempérament faible, et, ajoute-t-on, une grande austérité de vie, le donneraient facilement comme beaucoup plus âgé, Sa barbe peu fournie n'est encore que grise plutôt que blanche, et son teint pale et ses traits amaigris nous présentent une figure d’ascète qui nexclne cependant pas la sérénité mi même la bonne-hu- meur. Elle parut particulièrement intéressée de la pré- sence des deux Canadiens de Ja Caravane, et nous fit plus d’une question sur notre pays. Le palais qu'il habite avec sa cathédrale qui y est adjointe sont de construction toute récente, tès propres et de fort bon goût. Le Patriarcat latin de Jérusalem, interrompu depuis des siècles, fut rétabli par Pie IX en 1846, dans la personne de Mer Valerga, dont Mgr Bracco est le suecesseur immé- diat. Cependant, comme je l'ai fait remarquer plus haut, le Patriarche n’est pas reconnu diplomatiquement comme tel, et dans toutes les affaires civiles, c’est au Rme P, Cus- tode qu'il appartient de figurer. Avant le rétablissement du Patriareat, le Custode avait presque le rang d’évéque, il donnait la confirmation et les Ordres-Mineurs, consacrait les calices, officiait avee mitre et erosse etc. Maintenant 1l ne peut plus remplir ces diffé- rentes fonctions. Il peut encore cependant officier avec mitre et crosse, prêtre assistant etc., mais il doit à chaque fois s'entendre sur ce point avec le Patriarche. Nous prenons congé du Patriarche pour nous rendre chez les Freres des Ecoles Chrétiennes, dont nous avous vu l'établissement en passant. Dene? (| à DE QUEBEC A JERUSALEM 25 C’est dans la partie N, O. de la ville, sur le mont Gareb, le point le plus élevé de la Cité Sainte, qu'est situé cet établissement. Aussi le Fre Evagre, le Supérieur, ne manqua pas de nous inviter à monter sur la terrasse qui nous offre le panorama le plus complet qu'on puisse avoir de Jérusalem. Le bon Fre Evagre, esprit subtil, délicat, homme ins- truit et très perspicace, nous donna les renseignements les plus intéressants sur son son établissement: Arabes chré- tiens, juifs, musulmans, schismatiques, tous se confondent sur les bancs de son école, il n’y a pas jusqu'aux enfants mêmes du Pacha ‘Lure qui ne viennent sy ranger avec les autres, et tous reçoivent la même éducation, française avant tout, bien qu’on y enseigne aussi l'arabe, l'italien, ete. Et chose bien digne de remarque : tandis que nos grands génies francais ont peur d’un crucifix daus une école, ici les fana- tiques sectateurs de Mahomet, non seulement ne redontent en aucune façon l’image du Christ, maisne s'offusquent pas même de sa doctrine, témoin ce fils du Pacha quidaus un concours remportait le prix d'instruction religieuse. Quel- qu'un ayant fait au père de l'enfant des observations à ce sujet ; —* mais quoi dit-il, la morale est excellente, c'est le culte que nous devons rendre au Trés-Haut ; quant à la manière de traduire ce culte, mon fils, lorsqu'il sera plus âgé, saura fort bien se rattacher à celle que suit sa famille et sa nation.” Allez donc, grands moralisateurs modernes, -prendre des leçons de tolérance et de philosophie des ma- hométans Turcs ! Revenant sur nos pas, nous passons de nouveau le porche qui couvre l’entrée du couvent de S. Sauveur, et poursuivons cette rue qui descend en ligne droite du mont Acra, passons devant la Basilique du 8, Sépulcre, mais du côté apposé à son entrée, et tombons dans la Voie Doulou- reuse qui fait suite à celle que nous suivons, à l'endroit de la Se station du chemin de la Croix, puis, tournant à gauche un peu plus loin, dans une rue se dirigeant au N. vers la porte de Damas, nous nous arrêtons en face du Consulat français. Nous pénétrons à l’intérieur où l'on nous introduit dans un somptueux salon qui sert au représentant de la France pour ses réceptions officielles. "INR eee ae ee Oe Oe yr eee ees Sere OF 2, dg | yf #: $ \ % wii tt wt iy A4 7 h + “« WAS \ L s 26 LE NATRRALISTE CANADIEN M. Patrimonio, le Consul Français, dont on nous avait plus d’une fois vanié la piété et les bonnes dispositions, est encore un jeune homme, dépassant à peine la quarantaine. Naturellement timide, il se montra cependant affible et très aimable. Il parut surtout enchanté de recevoir des compatriotes dans la personne de nos compagnons de voyage. Il va sans dire que le petit verre de rigueur fit aussi là la ronde, Nous retournämes de là sur nos pas en remontant la rue que nous venions de descendre, pour rentrer à Casa Nova, où l'heure du diner aussi bien que la voix de nos estomacs, après ces courses avec un jeûne de caréme, nous commandaient @arreter, Comme ça ressemble à la Morue ! Nous avons souvent répété que les connaissances en histoire naturelle seraient pour nos littérateurs si non indis- pensables, du moins des plusutiles, Où ne peut écrire sans avoir à compter avec la nature, et on ne peut parler de ce qu’on connait pas, sans s’exposer à commettre des bévues, et les plus lourdes de ces bévues sont toujours ala charge des plumes les plus élégantes, des partisans du beau lan- gage. Rien de plus naturel. Lorsque l'antienne est donnée sur une note élevée, on a droit de compter qu'elle sera con- tinuée sur le même ton. Celui dune qui vent amuser par sa manière recherchée de dire, doit avant tout bien savoir ce qu'il veut dire, sil ne vent faire faux bond à son an- tienne et sempétrer dans sa gamme, Le moins qu'il puisse lui arriver alors est de s’épandre en de superbes naïvetés, si toutefois il ne tombe dans des balourcises impardonnables. Passant dernièrement dans 8, Roch, nous vimes, au coin d’une rue, un rassemblement tout ocenpé à écou- ter un certain orateur occupant le centre du cercle. ~ COMME ÇA RESSEMBLE A LA MORUE. 27 Nous nous approchons par curiosité et prétons un moment l'oreille. C'était ©n de ces finets à gros grains qui avait pris à tache d’ébahir de ses naivetés les badands qui voulaient bien l'entendre. — Qui est-ce qui ressemble le plus à nne moitié de gueule de four ? sécriait le personnage. Et les badauds de demeurer cois. —Mais c'est l'autre moitié, reprenait-i! d'un triom- phant et en poussant un niais éclat de rire. Involontairement nous nous somme rappelé cette naïveté en lisant le premier article de L'Opinion Pu: blique du 18 janvier, intitulé: “ Le petit-poisson.” M. Ben- jamin Sulte, car l'article est signé de Ini, après nous avoir fait l’histoire d’une morue près de trois colonnes durant, semb'e tenté de s’écrier: comme ça ressemble à une morue ! “ Il a pourtant avec la morue des points de ressem- blance,” dit l'écrivain. Ii en a tant et si bien qu'il ne forme pas une classe dif- férente,” comme l'avance M. Sulte, ni même un genre dif- férent, mais que c’est en tout point une véritable more, non pas toutefois le petit de la grosse morue, mais une morue d'une espèce différente, qui est à l’état adulte lorsque nous la voyons dans nos eaux, puisqu'elle y vient pour frayer, et dont le nom scientifique est Morruha prui- nosa, De Kay, morue pruineuse, vulgairement pelile morue, tandis que le nom de notre morne commune, celle qu'on pêche dans le Golfe et qu’on exporte en si grande quantité, est désignée par le nom de Morrhua Americanna, Storer, La première ne différe de celle-ci que par sa taille plus petite, sa queue distinctement arrondie etc. Oa peut voir les descriptions de l’une et de l’autre dans le Naturaiiste, Vol. VIII, p. 130 et suivantes. Nous ferons observer à M. Sulte que le nom commun de petit poisson qu'on applique à la morue pruineuse, n'est en vogue qu'aux Trois-Rivières et dans les environs. Par- tout ailleurs elle est connue sous le nom de ‘ petite morue.” Parlez à Québec de petit poisson, on ne manquera pas de nd ‘28 ‘LE NATURALISTE CANADIENS. ONE vous demander : mais de quel petit poisson voulez-vous parler ? On ne comprendra pas que ce nom commun puisse «désigner une espèce particulière. | M. Sulte met en questiou si la petite morue peut être le petit de la grosse, puis il ajoute: “Sice petit-poisson était l'enfant de la morue, il ne viendait pas frayer jusque chez nous. Ses domaines mari- times lui suffiraient.” à Ce n’est pas là une raison concluante, car plus d’un poisson de mur viennent frayer dans les eaux douces, tels .que lalose, le sanmon etc. Dans l’énumération que fait M, Sulte des poissons qui -abondent aux Trois-Rivières, il inclut Féperlan, qui, dit-il, .“ se cache dans les criques où Peau est glacée en toute saison.” Nous pensons que M. Sulte fait ici erreur, car comme -la morue pruinense, léperlan, Osmerus viridescens, Lesueur, le Smelt des anglais, est aussi un poisson de mer qui ne re- -monte dans les rivières qu'au temps du frai, et nous ne .Sachons pas qu’on en ait jamais pris au dessus de Québec, Nous concluerons de tout ceci que les connaissance en ‘histoire naturelle ne peuvent nuire à personne, qu’elles -sont d’un immense secours à tous les écrivains et qu’elles “deviennent presque indispensables aux amateurs du beau -langage, surtout aux plumes légeres et élégantes, rrr BO Gre UN JESUITE NATURALISTE, La légende rapporte que 8. Ignace, le fondateur de la ‘Compagnie de Jésus, visitant les Lieux-Saints, Notre Sei- gneur en croix lui apparut comme il descendait du Cal- _ vaire et lui dit : Que désirez-vous pour votre ordre ?— Faites, Seigneur, aurait répondu le saint, que les épreuves ‘medni fassent jamaisidéfauti (44, 24-5 ge aca ¥ ‘Sans condamner la foi qu'on peut ajouter à cette croy. ance, uous pensons qu'on peut trouver dans des causes’ toutes naturelles les motifs des persécutions continuelles: qu'on a suscitées contre les Jésuites. Ces motifs nous les trouvons dans la perversité habituelle du cœur humain, qui s'offusque de tout ce qui le surpasse, qui se croit d’au- tant plus abaissé qu’ilvoit les autres élevés davantage. Nul ordre peut-être a fourni plus de sujets distingués dans toutes les branches des connaissances humaines que: la Compagnie de Jésus! Théologiens, orateurs, exégètes, linguistes, historiens, chimistes, astronomes, etc, nous trou- vons des sommités appartenant à l'ordre des Jésuites, dans: toutes les branches des sciences. Le P. Secchi dont la mort est encore toute récente, est réputé par tous comme le plus graand astronome de ce siecle | Nous voulons aujourd’hui faire connaître à nos lecteurs une autre sommité scientifique appartenant à la Compa- gnie de Jésus dans la personne du kh. P. Heude, mission- naire en Chine depuis de longues années, et qui sest ap- pliqué, lui, aux sciences naturelles. | L'empire Chinois, par son immense étendue, son riche territoire et son climat varié, a fourni, de tout temps, un vaste domaine à la curiosité des savants. Mais tout ce qu’on en a pu apprendre nous vient presque exclusivement des missionnaires qui, tout en marchant à la conquête des âmes, cueillaient par ci par là quelques spécimens de ces riches contrées que leurs études le plus souvent ne leur permettaient pas de déterminer rigoureusement d’après les données de la scienee, et dont les savants Européens pouvaient profiter avec plus ou moins d'avantage. Mais le P. Heude, lui,n’est pas seulement un mission- naire zélé qui, tout en s'acquittant de son sublime aposto- lat, sert d’instrument aux savants de l’Europe, mais il est lui-même un savant capable de tirer parti des trésors qu’il rencontre et de tracer la route à d’autres qui pourraient venir après lui. Le champ qu’il a entrepris d'exploiter n’est rien moins que la zoologie dans toutes ses branches appliquée à la Chine centrale. JESUITS NATURALISTR, * 29° 30 LE NATURALISTE CANADIEN. Depuis quelques années c’est particulièrement a la Malacologie qu'il a voué son attention. Déjà huit fasicules sur Les mollusques, avec excellentes gravures, ont vu le jour. De nombreuses espèces nouvelles y sont signalées ; le genre Co bicula seul ne lui en fournit pas moins de 49. Chose assez singulière, une ressemblance étonnante rap- proche plusivurs espèces des types caractéristiques de nos mollusques de l'Amérique du Nord. Comme les nôtres, la plupart ne se distinguent par aucune particularité de coloration, presque tous sont d’une corne jaune uniforme, Le savant Jésuite vient de décrire tout dernièrement, dans son grand ouvrage in-4 qui a pour titre: Mémoires coneernant [histoire naturelle de l'Empire Chinois, les mol- lusques terrestres, formant 87 pages de texte avec 21 planches lithographiques. Planches et impressions ont été été exécutées à Chang-Hai où se trouve la Procure de la mission. Les dessins out été exécutés sons li surveil- lance du P Heude, par un jeune chinois, éléve de leur or- phélinat. Si ces dessins n’ont ni Pélégance, ni le relief de ceux des artistes Européens, ils ont du moins le mérite d’une exactitude irréprochable. Les ouvrages du P, Heude sont fort estimés des sa- vants et font autorité dans cette branche des sciences. Yest au moment où les corps religieux sont mis au ban de l'opinion publique, au moment que pour leur faire la guerre on n'hésite pas à violer les lois Jes plus sacrées de la propriété et de la liberté individuelle, que ces phi- lantropes véritables en se rendant jusqu'aux extrémités du monde pour y arborer l’étendard du Christ, ne dédaignent pas de prendre aussi les intérêts de la science, et de planter des jalons qui serviront peut être de guides à ceux-là même qui ies traitent en proscrits et les qualifient d’ob- scurantistes et @éteignoirs C’est ainsi que les chrétiens, à l'exemple de leur maître, savent se venger ! TUE ACADIAN SCIENTIST. 31 THE ACADIAN SCIENTIST Tel est le titre d’une nouvelle publication sur l’histoire naturelle qui vient deparaitre à Wolfville, Nouvelle- Ecosse. De tontes les pnbiications scientifiques mensuelles, celle-ci est la moins chère, puisqne l'abonnement n’est qne de 25 cts par an: et avec un prix si bas, on veut encore offrir des primes; et cela ponr deux raisons, disent les ré- dacteurs: 1° pour assurer au journal une vaste cirenlation : 2° ce primes consistant en spécimens de minéralogie, on veut engager par la ceux qui les recevront à les étudier, ce qu'ils n'auraient pu faire sans ies posséder, A toute personne envoyant cinq abonnements $1.25, on adressera pour 50 cts. de spécimens ; pour 10 abonne- ments, $1 de spécimens, L'Acadian Scientist est Vorgane de lAcadian Science Club, société qu'on vient ae former à la Nouvelle- Ecosse pour faire naître le goût pour les connaissances scienti- fiques et leur donner une plas grande diffasion par une nouvelle méthode, toute Americaine par son originalité, et qui, si elle ne peut parvenir au snecés qu’en attendent ses auteurs, ne pourra du moins mnquer de produire un bon effet à un degré quelconque, Voici en quoi consiste cette méthode. Ce sont des cours scientifiques qui se font au foyer, at home, c'est-à-dire que chaque élève qui prend linscrip- tion reste chez soi, n’est pas obligé de se déplacer, et pourra tout de même être gradué, Des livres uniformes leur sont mis entre Jes mains, des spécimens aussi s'ils lo désirent, et chaqne jour. 1ls doivent consacrer au moins une heure d'etude sur la branche qui fait le sujet du cours; à la fin de chaque cours, dont la durée est de trois mois, l'élève présente une essai sur le sujet en question et reçoit la visite d’un professeur qui lui fait subir un examen et lui délivre un diplôme de gradué de la Société s’il y a lieu. La correspondance par lettres avec les proltesseurs membres du Club et des conférences publiques de temps à autres dans les centres, permettent aux élèves de rani- mer leur zèle sil venait à se ralentir et de surmonter les difficultés qui pourraient les arrêter, L'honoraire d’inseription est seulement de 50 cts, et les livres sout fournis par les professeurs à un prix inférieur à ceux du détail des Libraires. 32: LE NATURALISTE CANADIEN. Ci suit la liste des membres du Club. Prés. A. E. Ooldwell, A. M. Prof. de Sciences naturelles, Collège de Wolfville. Physiologie. C. W. Roscoe, A. M. Inspecteur décoles, Wolfville. Géologie. Alex, McKay, Prof. de mathématiques, Dart- mouth. Botanique. A. H. McKay, B.S. Principal de Academie de Pictou. Philosophie naturelle et Astronomie. Prof. Coldwell. Wolfville. Chimie. J. F. Godfrey, Principal de l'Académie de Windsor, N. E. Zoologie. A. J. Pineo, A. B. Principal de la High School de Wolfville. Minéralogie &. K. Hitching, B.S Minéralogiste d’état, et Principal de la High School de Biddeford, Maine, Secrétaire-Trésorier. A. J. Pineo, Wolfville, N.S. COURS D'ÉTUDE. lére année. Jan. Févr. Mars. - Physiologie, — ‘ Fourteen Weeks in Physiology.” Steele $1. Avr. Mai. Juin.—Botanique. —*“ How Plants Grow.” Gray. $1. Juill. Aout, Sept.—Minéralogie.—Lecture dans l’Aca- dian Scientist. Lectures en rapport avec les cours ci-dessus: Light Sci nce for Leisure Hours, Proctor; 13 ets.—Town Geology; 13 cts.— Grand Atlen, 13 cts.—Conserva- , tion of Energy, Stewart, 13 cts. Ce plan est certainement des plus ingénieux et admi- rablement bien calculé pour répondre aux besoins de ceux qui désirant se livrer à l’étude des sciences, se trouvent empêchés d’aller en suivre les cours dans les institutions spéciales. Ce plan tire toute son efficacité des essais que sont obligés de présenter les élèves, sur le sujet d’étude ; car il est impossible de pouvoir coucher sur le papier -le résumé d’un ouvrage on d’un traité d’une science quel- congue, si l’on ne peut s'en bien rendre compte à soi-même, si l’on n’en po-sède exactement les principes. Le premier numéro de | Acadian Scientist est rempli de matiéres des plus intéressantes. C’est un in-4 de 8 pages. S’adresser pour abonnement a M. A. J. Pineo, Wolf- ville, N.S. eet 0 DO DIG PTS + 1 perm Ry = É Pte © © AL (PTS PE PO DES zi NM 4 O00 Uno 0:06 Vol. XIV—2. CapRouge, Q., FEVRIER, 1883. No. 158 Rédacteur: M. Abbé PROVANCIIER. FAUNE CANADIENNE HYMENOPTERES ADDITIONS ET CORRECTIONS. (Continué de la page 20) Fam. VII PROCTOTRUPIDES, XII, p. 258. Division des CERAPHRONTIENS ; après le genre BETHY- LUS, p. 264, ajoutez le suivant : Gen. MÉGASPILE., Megaspilus, Westw. Antennes coudées, de 11 articles, un peu en massue dans les 9. Les ailes antérieures avec un grand stigma semi-circulaire, les palpes maxillaires longs, de 5 articles. Mégaspile luisant. Megaspilus lucens, nov. sp. Q—Long. .10 pee. Noir, poli, brillant. Les pattes jaune-rous- sâtre, de même que les palpes, Antennes plus courtes que le corps, fortes, légèrement en massue à l'extrémité. Ailes blanchatres, sans autres nervures que celles de la côte et le radius qui renferme une très petite cellule en arrière du stigma, celui-ci grand, brun-foncé. Pattes d’un jaune-roussâtre sale. Abdomen subsessile, légèrement comprimé, poli, brillant, à tarière à peine saillante. Une seule ¢ capturée au CapRouge 34 LE NATURALISTE CANADIEN Fam. des CHALCIDIDES, XII, p. 265. Gen. CALLIMONE, Spinola, p. 291. A l'espèce décrite, ajoutez la suivante : 2. Callimone longue-queue. Callimone longicauda. nov. sp. Q —Long. 12 pce. D’un vert métallic brillant ; la face dorée. Antennes noires. Ailes hyalines. Les jambes ct les tarses, jaune-pâle ; les hanches et les euisses de la couleur du corps Premier segment abdominal couvrant entièrement le 2e. Tarière noire, de 2 fois la lou. gueur du corps. Capturée à Toronto sur le chêne blanc. Se distingue surtout de la fagopyrum par la longuenr de sa tarière et la couleur de ses hanches et de ses cuisses. Tribu VII, SPALANGIENS. Gen. THéocoLax. Theocolax, Westw. Tête en carré, presque horizontale, avec le front légére- ment tridenté. Antennes de 11 articles dont le 2e grand, les articles 3-8 de plus en plus épais, les 3 derniers formant une massue. Dos du prothorax grand, triangulaire. Ailes o ou représentées par des rndiments imparfaits. Tariére courte et saillante, Théoeolax du Canada. Theocolax Canadensis, nov. sp. @—Long. .08 pee, D'un roux brunâtre, à reflets cuivrés, mé- tallies. Antennes coudécs après le scape qui est long et logé dans un sillon de ln face, brunes, le scape testacé, les derniers articles épaissis en massue. Prothorax en forme de collier ailongé, mésothorax long, creusé lopgitudinalement en dessus. Rudiments des ailes courts. Pattes testacées, l'extrémité des cuisses et la base des jambes anté- rieures, brunâtre. Abdomen épaissi à l'extrémité; tarière du quart de sa longueur environ, testacée avec l’extrémité noire, Pris 3 2 au CapRouge. Nous ne sommes pas certain que cet insecte soit réellement un Théocolax, ce sont bien les antennes de ce genre, tel que décrit par Westwood, mais le prothorax n'est pas triangulaire, 1. ss ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMÉNOPTÈRES. 35 Fam. XIV des POMPILIDES, XIII, p. 33. Gen. POMPILUS, Fabr. p. 34. Retranchez les espèces : 5 Philadelphicus, Cr. et 10 maurus, Cress. L'espèce 13 castaneus, Prov. que nous avions crue nou- _velle, est l’argenteus, Cress. Trans. Am, Ent. Soc.Phil. I p. 93. La clef qui suit permettra de distinguer plus sûrement les espèces. Abdomen noir ou bleuâtre, sans taches ; Bord postérieur du prothorax arqué, non anguleux ; Ailes noires ou brun foncé ; Métathorax tronqué postérieurement.... 1. æthiops. Métathorax arrondi postérieurement ; 3e cellule cubitale en triangle pé- diculé..... ses... 11. tenebrosus. 8e cubitale quadrangulaire.... 9. angustatus. Ailes hyalines ou subhyalines : 3e cubitale en triangle pédiculé.. 12. cylindricus. 3e cubitale quadrangulaire ; Face à pubescence argentée.... 13. argenteus. _ Face noire... os... «eee 6. hyacinthinus. Bord postérieur du prothorax anguleux ; Prothorax à forte pubescence grisâtre....,... 4. griseus. Prothorax sans pubescence grisâtre ; Face 4 pubescence argentée ; 3e cubitale très rétrécie supérieurement, presque triangulaire......... 7. Virginiensis. — 3e cubitale peu rétrécie supérieurement. 3. luctuosus. Face sans pubescence argentée ; Métathorax avec un sillon au milieu... 8. apicatus. Métathorax sans sillon sur son disque. 2. scelestus. Abdomen avec 2 taches blanches. ...... ess... 14, biguttatus: Abdomen taché de roux à la base........,..... 15. marginatus: Gen. CEROPALES, Latr. XIII, p. 45. A l'espèce décrite, ajoutez les 2 suivantes : f 2. Céropale pieds-longs. Ceropales longipes, Smith, Brit. Mus. Cat. LIL, p. 179. ¢ —Long. 40 pee. Noire ; tête plus large que le thorax; yeux 36 LE NATURALISTE CANADIEN ‘a légèrement échancrés en dedans; le chaperon, les mandibules, le labre, les orbites, jaune pâle; le scape des antennes jaune en avant. Le bord postérieur du prothorax, une tache sur |’écusson et le post-écusson, une autre sur les angles postérieurs du iétathorax, les tubercules, une tache de chaque côté de la poitrine, et les hanches en avant, jaune ; les jambes d’un ferrugineux pâle, les postérieures 2 fois la longueur du corps; ailes hyalines. Une tache de chaque côté sur le ler sezment abdominal, une ligne transverse ondulée sur les 2e, 3e et 4e, interrom- pue au milieu dans les 2 premiers, et se dilatant en tache aux côtés, jaune ; le 5e segment porte au milieu une tache quadrangulaire; le terminal est entièrement jaune ; dessous sans tache. Capturé à Toronto (Brodie). 8. Céropale superbe. Ceropales superba, nov. sp. ®—Long. .35 pce. Noire; la face excepté une bande médiane au-dessus du chaperon, les orbites interrompus sur le vertex, le seape en dessous, le bord postérieur du prothorax avec une tache de chaque côté aux angles inférieurs, une ligne sur l’écusson avec le devant des angles antérieurs, et une tache sur les angles du métathorax, jaune-pâle. Tout le thorax poli, brillant. Ailes fortement enfumées. Les pattes et l'abdomen d’un beau roux, sans taches ; l'extrémité des hanches pos- térieures roussâtre. Capturée à Toronto par M. W. Brodie. Espèce bien distincte par sa coloration. Fam. des CRABRONIDES, XIII, p. 70, Gen. OxYBELUS, Latr. p. 99. A l'espèce décrite, ajoutez la suivante. 2. Oxybele de-Brodie. Oxybelus Brodiei, nov. sp. 9—Long. .32 pce. Noir; ponctué, finement rugneux, 4 pubes- cence grisâtre peu abondante ; la face au-dessous des antennes à pubes- cence argentée. Antennes roussâtres à l'extrémité. Ailes hyalines, les nervures brunes. L’éeusson prolongé en un appendice se partageant postérieurement en 3 dents blanches à l'extrémité, le post-écusson por- tant un long éperon creusé en gouttière. Pattes noires, les jambes an- térieures avec leurs tarses roussâtres. Abdomen conique, à segments sillonnés transversalement, les segments 1, 2, 3 et 4 portant chacun une petite ligne blanche au sommet de chaque côté. Dédié à M. Brodie, de Toronto, qui nous a transmis ce bel insecte. Ilse distingue particulièrement du 4-notalus ADDITIONS ET CORRECTIONS AUX HYMENOPTERES, 37 par ses 8 taches a l’abdomen, ses jambes antérieures rous sâtres, et l'absence de ligne blanche en avant des “ben de même qu'un petit anneau blanc au dessous des renoux comme en porte le 4-notatus. à Fam. XXI. ANDRENIDES, XIII, p. 168. Gen, Osmi4, Latr. p. 206. Aux 4 espèces décrites, ajoutez les trois suivantes : 5. Osmie froide. Osmia frigida, Smith, Brit. Mus. Cat. I, 142. d'—Long. .31 pce. Noire; la face et le thorax couverts d’une longue pubescence ochracée, cette pubescence blanche sur les joues et le dessous des cuisses. La pubescence du vertex et du thorax laisse voir les téxuments qui sont noir opaque, mais sur la face elle est longue et assez dense pour la couvrir totalement. Keailles alaires noires. Ailes hyalines, légérement obscurcies au sommet, le stigma brun, très petit, à peine distinet de la côte. Pattes noires, presque nues en des- sus, la pubescence fauve sous les tarses postérieurs. Abdomen court, recourbé, à pubescence jaunâtre sur les 2 premiers segments, noire dans le reste, tous les segments marginés d’une ligne ochracée à la suture, plus prononcée sur les côtés, le 6e segment échaneré au som- met, segments ventraux marginés de poils jaunatres. Capturée a Chicoutimi. 6. Osmie ventre-noir. Osmia atriventris, Cress. Proc. Ent. Soc. Phil, ILI, p. 29. Q—Long. .42 pee. D'un bleu verdâtre ; la tête grosse, en carré ; le chaperon densément et fortement ponctué, couvert avec une pubes- cence blanche peu dense et assez courte, son bord antérieur légèrement échaneré. Thorax bleu, densément et finement ponctué, à pubescenee blanche peu dense ; les écailles alaires noires, brillantes. Ailes sub- hyalines, légèrement obscures, les nervures noires, Pattes noires avec poils pâles courts. Abdomen court, sub-globuleux, d’un bleu verdâtre foncé, frangé à l'extrémité de poils pales ; la brosse ventrale noire. A ponctuations plus denses et plus fines que dans la simillima, Capturée à Toronto par M. Brodie. 7, Osmie petite. Osmia parva, Nov. sp. d—Long. .25 pee. Le thorax d’un brun cuivré, l'abdomen d’un verdâtre métallie. La face couverte d’une pubescence blanchât:e longue et dense ; le vertex et le thorax à pubescence jaunâire. Au- bh AS Mil a NS ee at i Le PU ES Ss yc re 2 À (Ar Teh ee to , rn ek ah 6 x RE 7 ie hae LA ‘ : ts Lat x : Fr x 38 LE NATURALISTE CANADIEN tennes brunes ; écailles alaires noires ; ailes hyalines, à peine obseur- cies à l’extrémité ; le stigma brun. Pattes noires, à pubescence blan- châtre, plus longue et plus dense sous les cuisses. Abdomen court, sub-globuleux, d’un verdâtre métallic, presque nu, les segments margi- nés de poils blanchâtres peu apparents, cette pubescence plus abon- dante aux segments terminaux, le 6e avec une courte échanerure au milieu. La plus petite de toutes les espèces rencontrées, @ in- connue. Gen. CERATINA, Latt. p. 234 A l'espèce décrite, ajoutez les 2 suivantes : 2. Ceratina dupla, Say, Proc. Ent. Soc. Phil. II, p. 389. C’est l’insecte que nous avons décrit sous le nom de Halic- us Ontariensis, Prov. page 203. : 3. Cératine de-Téja. Ceralina Tejonensis, Cress, Proc. Ent. Soc. Phil, II, p. 890. d'--Long. .20 pce, D'un vert métallic foncé. La tête à pone- tuation profondes mais non denses ; le chaperon à peine ponctué et avec une grande tache blanchâtre carrée. Antennes un peu courtes, insérées dans une dépression de chaque côté de la face, teintes de tes- tacé roussâtre à l’extrémité. Thorax peu ponctué, avec 5 lignes longi- tudinales enfoncées ; les ponctuations des flancs et des écussons denses. Les écailles alaires d’un brun roussâtre, les tubercules d’un vert noi- râtre. Ailes subhyalines, les nervures noires. Pattes d’un noir bleu, brillantes, les tarses à pubescence pâle, les articles terminaux d’un testacé roussâtre ; les 4 cuisses postérieures avec une projection au- dessous en forme d’épine ; les éperons des jambes testacés. Abdomen ovale, densement ponctué, brillant, d’un vert bleuâtre, le segment ter- minal à pubescence pâle, courte. Près du bord postérieur du 6e seg- ment il y a une projection courte, couverte de poils pales; le 7e seg- ment frangé de poils blanchâtres ; segments ventraux aussi frangés de poils blanchâtres. Deux spécimens d' de cette espèce nous ont été trans- mis par M. Brodie comme ayant été capturés dans le voi- sinage de Toronto ; M. Cresson la décrit cependant comme étant de Californie. FIN DES HYMENOPTERES. CR +295 Le ‘À SOU ¢ elt Pb TES MERE UÉCEC A JÉRUSALEM DE QUEBEC A JERUSALEM. XIII Jérusalem ; son site ; sa fondation ; ses dominateurs : David, Nabuchodo- nozor, Cyrus, Alexan tre, Assuérus, les Macchabées, Pompée, Titus, Chosroes, Héraclius, Omar, Godefroi de Bouillon, Paladin, Sélim II.—Sa population ; religions.—Catholiques ; schisma- üques arméniens, grecs, protestants.—Musulmans.—Rues ; pas- sants ; commerce. Les quelques courses que nous venions de faire a travers la ville me permirent d’en mieux saisir la distribution, et en multipliant mes visites sur la terrasse de notre hospice, je pus en assez peu de temps, me rendre un compte exact de sa situation. Jérusalem est situfe à environ 15 lieues de la Médi- terranée, au milieu de la chaîne des montagnes de la Judée gui court de l'Est à l'Ouest, lle est au 31°46’ de latitude Nord, et au 33e de longitude Est de Paris, Le plateau sur lequel elle repose est à 2610 pieds au-dessus de la Médi- terrannée, et cette altitude lui assure, malgré sa latitude, - une température bien supportable en toute saison de l’an- née, L'hiver qui commence en décembre pour se termi- ner avec février, est assujéti à des pluies fréquentes. Le thermomètre y descend souvent au-dessous de zéro, et le givie, la glace et même la neige, sans y persévérer, s'y montrent assez frequemment., D'ordinaire il ne tombe jamais un grain pluie du 15 avril au 15 octobre, et le ton- nerre s’y fait rarement entendre. En portant un regard attentif sur la ville, il ne sera pas difficile de reconnaitre qu’elle repose sur une double chaîne de collines que le torrent de Cédron et celui de - 40 LE NATURALISTE CANADIEN ‘* Gihon ou d’Hinnom circonscrivent de trois côtés. Letor- * rent de Cédron, qui coule au milieu de la vallée de Josa- phat, la borde sur tout son côté Est, en la séparant du mont ces Oliviers, et le méme torrent la contournant au Sud, la sépare la du Mont du Scandale, où Salomon avait érigé les idoles de ses femmes idolâtres et sur le flanc duquel se voit le village de Siloan. Le Cédron, arrivé à l'angle Sud-Ouest de la ville, reçoit là, le torrent de la Géhenne ou d'Hinnom qui porte plus haut le nom de Gihon et qui longe la ville à l'Ouest en séparant le mont Sion de celui du Mauvais-Conseil, pour prendre une direc- tion Sud-Ouest en se dirigeant directement vers la mer Morte. La ville se trouve ainsi isolée de trois côtés par ces torrents ; il n’y a que son côté Nord qui se trouve de plein pied avec la plaine, ou plutôt avec la hauteur des montagnes sur lesquelles elle est assise. Si maintenant, du haut de la terrasse de Casa Nova, nous portons nos regards au Nord et suivons l'étendue de Ja ville, nous reconnaitrons sans peine la dépression qui sépare 1s deux bandes de collines sur lesquelles elle repose ; cette dépression est la vallée du Tyropéon, qui était beau- coup plus accentuée autrefois qu’elle ne l’est aujourd’hui, puisqu'elle nécessitait des ponts en certains endroits pour communiquer d'une partie à l’autre. La ville, ravagée et détruite plusieurs fois, a été reconstruite sur les débris de ses anciens édifices, et les dépressions en partie comblées par les décombres qui s’y étaient accumulés. Si maintenant nous examinons bien les deux collines parallèles qui portent la ville en se dirigeant vers le Cé- dron au Sud, il ne nous sera pas difficile de constater que ces deux élévations sont elles-mêmes coupées par deux autres dépressions transversales, ce qui partage la ville entière en six points culminants, qui forment autant de quartiers, savoir: sur la colline de l'Est en commençant au N.: 1° le Mont Bézétha, qui comprend les portes de Damas et d’Hérode au N., et celle de St Etienne ou des brebis à l'E. ; le Bézétha n’est mentionné nulle part dans la Ste Ecriture, cependant Hérode-Agrippa le renferma dans la nouvelle enceinte qu'il donna à la ville; 2° le ‘a PALESTINE Seale of Miles 20 ‘ 20554 24 ee oHamoth Gilead Rabbath Ammon | , jorPhiladelphia | ~ Langitude East of Greenwich WhAK Johnston Elnburgh DE QUEBEC A JERUSALUM 41 Mont Moriah qui porte la Mosquée d’Omar sur lemplace- ment du temple de Salomon, et où se trouve la porte Dorée, qui est anjourd’hui murée, parce que les musulmans tien. nent qu'un dominateur de la ville doit un jour entrer par cette porte ; 38° le mont Ophel qui s’ouvre sur le Cédron au S. par la porte des Maugrabins. Prenant maintenant la colline de l'Ouest, nous avons au N.: 1° le mont Gareb où se trouve le patriarcat latin, 8. Sauveur et hospice que nous occupons ; 2° le mont Acra qui porte le Calvaire et la Basilique du 8, Sépulcre (1); et 3° le mont Sion, qui porte la tour de David, le S. Cénacle, la maison de Caïphe et souvre au S. par la porte de Sion et à l'Ouest par celle de Jaffa. De ces six collines, Sion est aprés Gareb la plus élevée, mais celle-ci n’a pas toujours fait partie de la ville, aussi Sion a-t-il toujours été considéré comme le point culmi- nant. On attribue la fondation de Jérusulem à Meichisédech, prêtre et roi, contemporain d’Abraham (1669 avant J. C.), qui construisit sur le mont Acra une forteresse portant le nom de Salem. Cinquante ans après sa fondation, Salem tomba au pouvoir des Jébuséens, descendants de Jébus, qui batirent sur le Mont Sion une furteresse à laquelle ils donnèrent le nom de Jébus, leur père. C’est de ces deux noms réunis qu'on forma Jérusalem, qui signifie : vision de la paix. Les Israélites en entrant dans la terre promise semparérent de Jérusalem, et mirent à mort son roi Ado- nisédech ; cependant les Jébuséens continuérent encore à occuper le mont Sion, Ce ne fut que sous le règne de David que la ville fut entièrement soumise (1047 av. J.C.). Ce grand roi en fit la capitale de son royaume, et de ce moment le mont Sion prit le nom de cité de David, Salomon fils et successeur de David contribua puis- samment à l'agrandissement de la ville, surtout par la cons- truction sur le mont Moriah du fameux temple qui fut une merveille des temps anciens, et pour l'érection du- (1) Le Golgotha n’était qu’un point culminant du mont Acra. LE NATURALISTE CANADIEN quel David son père avait accumulé des richesses incalcu- lables, En 599 av, J. ©., Nabuchodonozor, roi de Babylone, prit et détruisit Jérusalem; le temple fat renversé et le roi impie convertit a son propre usage les nombreux vases d’or et d’argent qui servaient aux sacrifices. Il ne resta de la ville qu’un amas de décombres sur lesquels le pro- phéte Jérémie exhala ses sitouchantes lamentations. Tous les habitants avec leur roi Sédécias furent emmenés captifs a Babylone. Après 70 ans de captivité, Cyrus roi des Perses, rendit la liberté anx Israélites, qui retirent sous la conduite de Zorobabel reconstruire leur ville et reedifier le temple, Prise plus tard par Antioch. roi de Syrie, elle fut rendue par les Macchabees à Pindépendance (160 av. J. C.), qu'elle conserva jusqu'à Pan 63 av. J.C. où Pompée en fit la conquête pour les Romains. Van 70 de notre ère, Titus fils de Vespasien, vint dompter les Juifs qui s'étaient révoltés contre l'autorité de Rome; ibinoit le sève devant la ville, la réduisit à une mi- sère extiéme, en fit enfin le sic, massacra onze cent mille de ses habitants, renversa le temple reconstruit par Hérode sur celui de Zorob:bel, et ne laissa de tout Jérusalem qu’un Meneean de décombres, Lean 182 de notre ère, Adrien éleva sur les ruines de Jérasalem une nouvelle ville qu'il nominsa Alia-Capitolina. Mais Constantin, en 826 s'étant sonmis ala Croix, yintavee Ste Hélène sa mère restituer à la ville sou ancien nom, et rendre à la vénération des fidèles les lis1x rendus à jamais mémorables par les souffrances de Phomme-Dieu. En 614, Chosroes roi des Perses, s'empare de la ville et emporte dans son pays la vraie Croix et ‘les principales re- liques de la Passion du Sauveur, Quelques années plus tard, Héraclins, empereur chrétien de Constantinople, re- conquiert sur les Perses les précieuses reliques, et les re- place avec honneur dans leurs sanctuaires de la Ville Sainte, En 638, Omar la soumet aux Arabes pour le compte DE QUEBEC A JERUSALEM 43 de Mahomet, et en 1505 elle passe sous la dénomination Turque, où elle est encore aujourd’hui. Mais les Français aussi, eux dont le nom se rencontre partout où passa la gloire, possédérent à leur tour la Ville Sainte. Godefroi de Bouillon en 1099, à la tête des Croisés, livre l'assaut à la ville et s’en rend maitre. Il est couronné roi et fonde le nouveau royaume de Jérusalem. Des rois français régnèrent à Jérusalem pendant 88 ans. Mais il ne suffit pas de conquérir, il faut aussi savoir conserver, et c’est ce que ne comprirent pas les conquérants des Croi- sades. Si ont eut connu alors l'importance de la colonisa- tion, les conquérants eussent changé l’épée pour la char- rue, laissé le camp pour le champ, et peut-être qu’aujour- d'hui encore, la race latine serait en possession de la Terre- Sainte, cette terre où coulait le lait et le miel, promise ce: mme récompense aux enfants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, et, au lieu du croissant qui couronne ses édifices, on verrait étinceler la Croix, ce signe de vie, de salut, ce gage de ré- surrection, zz quo est salus, vila et resurrectio novtra, Mais l'Europe se découragea bientôt de fournir sans cesse pour soutenir un royaume qui ne pouvait pour ainsi dire rien par lui-même, et en 1187, Saladin vint replacer le croissant à la place de la Croix, soumettre plus de 100,000 européens à une forte rançon pour se soustraire à l'esclavage, et mettre fin au royaume des Bouillon et des Beaudoin. Après la conquête des Arabes, la ville eut encore pus d’une fois à subir des assauts et des pillages, passant de la domination des Sultans d'Egypte à ceux de Constantinople, etréproquement, jusqu’à ce qu'enfin +1 1517 elle passa avec toute la Syrie à la domination du Sultan ottoman Sélim II, pour subir toutes les vicissitudes de l'empire Ture, Apres avoir fait partie pendant quelque temps du pachalik de Damas, elle forme aujourd’hui, avec toute Ja Palestine, une Province relevant directement de Constantinople, La population de Jérusalem ne dépasse pas aujour- d’hui 25,000 âmes qui se répartissent comme sui! entre les différentes croyances religieuses : TE A OA RE ET ee ae NRE RS -- à : 4 d PT A i - pede 44 LE NATURALISTE CANADIEN Catholiques, latins, Grees-Unis et Arméniens-unis.... 2,000 Grecs Schismatiques ic fii we tes e's sce ees Uae Pee aeevoure 2800 Armentens, Cophtes, Syviens... 2. .... 0.2.0: Rene er OD BOLESUATICS oc fa chse-b. eee Me be s one su ee Ne ee USE NE MinSuimans 2202000 us RME de eee LS TR OP ENT Les catholiques se partagent en trois rits, savoir : les latins qui ont à leur tête le Patriarche avec les religieux franciscains, les Grecs-unis, et les Arméniens-unis. On les dit wnis, c'est-à dire soumis à l’église de Rome, pour les distinguer de ceux du même rit qui sont schismatiques. Il va sans dire que les Grees-unis et les Arméniens-unis, qui comme nous sont soumis à Rome, ont la même doctrine et les mêmes dogmes que nous ; il n’y a que leur liturgie, les cérémonies du ce Ite qui soient différentes des nôtres. Les Maronites du Mont Liban sont aussi des catholiques avec un rit particulier, mais il n’y en a pas de résidents à Jéru- salem. En outre des franciscains, il y a encore pour les besoins du culte catholiques, des religieux Melchites de rit oriental, des Frères des Ecoles-Chrétiennes, des reli- gieuses Carmélites, des Sœurs de 8S. Joseph del’ Apparition, les Dames de Sion, des Tertiaires de S. François, pour la tenue des écoles, des orphelinats, des hopitaux, ete. Les sectes chrétiennes dissidentes qu'on rencontre en Orient, peuvent se rapporter à trois chefs principaux, sa- voir: 1° les disciples d'Eutichès, 2° ceux de Photins, ei 3° ceux de Luther. Toutes s'accordent sur un même point, savoir: la négation de la suprématie du siége de Rome. Eutichés niait les deux natures en Jésus-Christ, ne voulant voir qu'un Dieu dans la personne du Saureur ; il niait aussi que le Saint-Esprit procédat du Pere. Son hérésie date de 451. Ses partisans se partagent aujour- d'hui en Arméniens, de beaucoup les plus nombreux, en Abyssins, en Cophtes et en Syriens. Le patriarche chef de l'église Arménienne réside en Arménie. Les patriarches et les évêques sont le produit chez eux du suffrage univer- sel. Ils possèdent des moines uombreux qui gardent le célibat. atm ve DE QUEBEC A JERUSALEM 45 Photins niait que le Saint Esprit procédât dn Fils, et _rejetait la croyance de lPEghse sur le Purgitoire. Cette hérésie date de 857. Ses partisans forment l’église grecque qui domine en (trèce, en Russi , ete. Le chef de l’église grecque réside à Constantinople ; leurs patriarches re- goivent l'investiture da Sultan. Tout est vénal dans Péglise grecque, les prélatures, les ordinations, etc. Ils possèdent aussi des moines célibataires, très nombreux en Orient. Viennent enfin les protestants, disciples de Luther et de Calvin, qui nient l’invocation des saints, le purgatoire, la présence réelle et tout ce que l’on voudra en fait de religion, chacun étant libre de s'en composer une à sa façon et de son goût. Milgré tout lor des anglais, les protestants sont encore très peu nombreux en Orient. On comprend sans peine qu'une religion toute d’abstraction, de théorie, sans culte extérieur, ne puisse avoir grand prestige sur les peuples de Orient de tout temps si expansifs, si démons- tratifs, si reluetants aux changements, chez lesquels les traditions ne se perdent jamais, C’est à ce caractère de conservatisme qu'est dû, je pense, cette liberté illimitée pour chacun, en Orient, de tra- duire son culte par les actes extérieurs qu’il trouve conve. nables, sans que personne n’intervienne pour y mettre obs- tacle Les enfants d'Abraham étaient tout à la fois des pontifes en méme temps que des chefs de famille. Voyez les bénir les mets Gans les festins, offrir les sacrifices à Jé hovah, prier au nom de tous; et ces heureuses traditions se sont transmises parmi tous ses descendants, Juifs, Arabes, etc. Aussi on peut voir souvent à Jérusalem, à côté du catholique agenowllé sur le pavé de la rue pour faire ses stations du chemin de la Croix, le musulman faisant ses prostrations du côté de la Mecque, ou égrenant son chape- let tout en poursuivant sa course, pendant que le muezzin du haut du minaret voisin invitera à la prière ses frères disciples de Mahomet par son invocation cent fois repet e: “Ti n’y ade Dieu que Dieu et M.homet est son prophète. La illah il Allah. Mohammed ragoul Allah.” Re 46 : LE NATURALISTE CANADIEN Les musulmans, comme je l’ai déjà noté en parlant de J'Egypte, ne sont pas chrétiens. Ils regardent Jésus comme un gran@ prophète, mais lui refusent toute participation à la divinité. De même aussi ils vénerent Marie comme la mère d’un grand prophète, mais sans rien croire de sa vir- ginité et sans lui attribuer aucune puissance pour pouvoir Pinvoquer, La religion musulmane est un mélange des doctrines juives et chrétienues et des traditions orientales, Leur code religieux est renfermé dans un livre qu’ils nomment le Coran, et pour lequel ils professent un grand respect. Tout se résume pour eux en trois points principaux: la polygamie, l'intolérance, le fatalisme. Religion de la chair, ils n’aspirent ad’autre félicité qu’à la satisfaction des sens ; de la la polygamie. Le paradis de Mahomet qu’ils se pro- mettent dans lautre vie, n’est même qu’un immense harem, où les femmes, l’eau et l'ombre ne manqueront à personne, Eux seuls possèdent la vérité; de là ce mépris pour toutes les autres croyances. ‘Tous les chrétiens, de quelque dénomination qu’ils soient, sont pour eux des chiens, ne méritant aucune considération ; pas même la protection de la loi. Que si, parfois, dans leurs rapports avec les autres nations, ils sont obligés d’en rabattre sur les exigences de leur croyance, ce n’est qu’en cédant à l’empire de la force, car fussent-ils assez puissants pour ne redouter ni ven- geance ni représailles, les chrétiens seraient traités par eux comme les animaux dont ils leur donnent le nom; lhis- toire nous en fournit des exemples sans nombre, Voler, maltraiter, ôter même la vie à un chrétien, sont des actes dont leur code judiciaire n’a pas à s'inquiéter, Mahomet était sans contredit un grand génie. Aspirant à la domination, et connaissant l'esprit superstitieux et le tempéramment lascif des orientaux, 1l ne trouva de moyen plus efficace pour s'attacher des partisans, que d’abuser de leur crédulité pour leur faire ajouter foi à une inspiration surnaturelle, et de motif plus alléchant pour les retenir, que la satisfaction des appétits sensuels, Mais comprenant aussi que la froide raison est impuissante à maintenir un culte DE QUEBEC A JÉRUSALEM 47 quelconque, et que d’ailleurs toute notion de religion im- plique nécessairement une idée de sacrifice, il voulut as- treindre ses sectateurs à l'observation de certaines pratiques qui les distinguassent extérieurement des autres peuples, et les attachassent davantage à leur croyance. De là le jeune du Ramadan, les ablutions fréquentes, ete, On comprend sans peine qu'une telle croyance ait pu facilement prendre racine et se propager chez des peuples lascifs et nonchalants comme le sont les Ovientaux On comprend aussi faclement qu'avec de tels appoints, il était facile d’enréler des partisans et de faire des conquêtes. Jamais chef de brigands woffrit plus riche butin et plus de jouissances à ses compagnons, Car ce m'était rien moins que la satisfaction sans limites de tout ce qui flatte la na- ture corrompue de l’homme, avec l’assurance de poursuivre les mêmes satisfactions dans l’autre vie. Et si l’on consi- dère maintenant que le musulman a toujours le nom de Dieu sur les lèvres, que tout en se livrant sans contrainte a tous ses mauvais penchants, if ma rien à redouter, pourvu qu'il égrenne son chapeiet des 99 perfecti ns qu’il attribue à la divinité, fasse ses ablutions et son jeûne du Ramadan, on s’expliquera aisément que sa conversion est œuvre des plus difficiles, surtout lorsque les lois, comme chez eux, y mettent un obstacle presque insurmountable. Le Ramadan est le nom du carême des Mahométans qui dure un mois, pendant lequel il ne leur est pas permis de rien manger ni de mettre quoique ce soit dans leur bouche, tant que le soleil est sur l’horison, mais seuiement après qu’ ilest couché et que les lampes qu’on suspend autour des mosquées sont allumées. Ils se livrent alors à la bonne chère, Ils font d’ailleurs presque toutes leurs effuires la nuit, et passent le jour à se reposer et à dormir. De sorte que leur jeûne se réduit à faire du jour la nuit et la nuit du jour. Ils doivent, durant tout le ramadan, non seulement ni manger ni boire durant tout le jour, mais même s’abs- tenir de mettre quoique ce soit dans leur bouche, comme du tabac, la fumée de la pipe, du narguilé, ete. On dit même qu'il est des scrupuleux qui veille attentivement à 48 LE NATURALISTE CANADIEN ne pas avaler leur salive et qui portent ‘tout le jour un voile sur la bouche. de peur, que par hasard, ils ne viene draient à avaler quelque moucheron en respirant. Et remarquons que comme chez les musulmans l’au- torité religieuse se confond avec le pouvoir civil, les in- fractions.au jeûne sont punies sévèrement par la loi. C’est ordinairement une amende ou une vigoureuse bastonnade qui devient la peine de telle infraction. Comme les mois musulmans sont des mois lunaires, il sen suit que chaque année le ramadan se présente dix jours plus tôt que l’année précédente, et qu'avec le temps le caréme se trouve à faire le tour de l’année tout entière. On m’a plus d’une fois répété, que les riches de Cons- . tantinople qui ont plus ou moins goûté a la civilisation européenne, savaient fort bien compenser la nuit la gêne à laquelle ils s’astreignaient durant le jour, pour ne pas violer la loi, et que les nuits du ramadan n'étaient rien autre chose que des nuits de fêtes, d’orgies et de désordres en tout genre. D’un autre côté, le Père Frédéric m'a raconté quemployant en Egypte des musulmans à divers travaux, il a été plus d’une fois édifié du scrupule avec lequel ces pauvres diables observaient leur loi. Une fois entre autres, il employa deux musulmans à des travaux de réparation dans une citerne, de telle sorte qu'ils travail- lèrent toute la journée dans l’eau jusqu'à la ceinture, et malgré l’extrême chaleur qu'il faisait alors et la soif dont ils devaient être tourmentés, ils se donnèrent bien de garde de ne pas même s'appliquer une seule goutte d’eau sur la langue, tant que le soleil ne fut pas couché. Les riches et les puissants sont sans doute partout les mêmes ; habitués à vivre sans contrainte, la plupart vien- nent facilement à s’imaginer qu'il peut y avoir des accom- modements avec le Ciel, et que leurs écus pourront peut- être leur permettre d’y pénétrer par quelque lucarne, lorsque la soustraction de tout frein à leurs désirs pervers leur en interdira la porte ordinaire, Mais attendons, La sagesse incarnée les connaissait bien lorsqu'elle leur a dit: malheur a vous riches! qu'il vous sera difficile d’entrer dans le royaume des Cieux ! TS DE QUEBEC 4 JERUSALEM 49 Mais ce qui me surprend encore plus y € la conquête des Arabes, c'est qu’ils aient pu imposer leur langue, à peu dexceptions près, à tous leurs coréligionnaires, partout où ils ont dominé. La Turquie presque seule fait exception à cette règle. L'Algérie, l'Egypte, la Palestine, l'Arabie, et jusqu'aux catholiques mêmes des montagnes du Liban, parlent la langue de Mahomet, l'arabe. Comment, par exemple, Egypte, quoique soumise aux Arabes, a-t-elle pu perdre sa langue? Et les Maronites du Liban ?...... Aujourd'hui, Egyptiens, Arabes, Juifs, Maronites, Druses, tous parlent l'arabe, et ce dialecte constitue leur langue propre, Mais revenons à Jérusalem que nous voulons plus particulièrement faire connaître en ce moment. Otez à la ville sainte le prestige des événements à jamais mémorables dont elle a été le théâtre, et vous en faites la ville la plus maussade qu'on puisse voir. A partles émotions saintes qu'y viennent chercher les chrétiens, rien d’agréable, de plaisant, de réjouissant ici. Ses rues sont sales, étroites, tortueuses, sombres; dépourvues de trot- toirs, impropres au roulage des voitures, ce sont des carre- fours qui n’ont que les pluies de l'hiver pour les débar- rasser des ordures qui sy accumulent; et ce n’est pas seulement le passage des visiteurs qui contribue a les souill:r, le résident ne se gêne en aucune, façon pour en faire le champ de son industrie ou de ses travaux domes- tiques. Dans notre visite au Patriarche, il fallut en un certain endroit enjamber par dessus les débris d’un bœuf qu’on venait d’éventrer dans la rne; aussi tout en se sa- crifiant l’odorat en marchant par la ville, fant-il constam- ment avoir l’œil au guet pour éviter à chaque instant de se souiller. Les maisons en pierre brute, sont ordinairement à deux étages terminés par une terrasse ou toit plat, sur laquelle on dort souvent la nuit durant l'été. Nulle construction architecturale régulière capable de trancher sur la mono tonie pour réjouir le regard. Nulle place publique, nulle fontaine, de verdure nulle part, pour faire diversion à l'uni- forme gris sale des habitations | 2 50 LE NATURALISTE CANADIEN fit les passants? Les passants, ceux que l’on coudoie d'ordinaire dans les rues, sont peut-être plus capables en- core dinspirer le dégoût que les inertes constructions sans symétrie ni régularité qui les bordent. Un peuple à moi- tié vêtu, sale, inculte; des femmes aux pieds nus, con- vertes de haillons leur cachant à peine les jambes, au teint have que l’eau débarasse rarement de la poussière dont il simprègne! Ici des lépreux, dont la hideuse maladie a fait disparaitre le nez, une lèvre, des phalanges de doigts, etc., qui vous présentent une tasse au long manche pour recevoir quelque paras sans vous souiller. Là de faux épileptiques, au buste nu, qui se roulent dans la poussière eu simulant des tremblements involontaires, pour exciter la compassion et vous soutirer une aumone! Tel est le spec- tacle que Jes rues de la ville sainte vous offre tous les jours! Le commerce de Jérusalem, à part une certaine quan- tité de savon qu’on exporte surtout en Egypte, et la fabri- cation de certains objets de piété, comme croix, chapelets, médaillons, etc., est à peu près nul. Aussi n’était la so- briété extrême qui distingue ces orientaux, les visites et voyages des pèlerins seraient certainement insuffisants pour la subsistance d’une‘telle ville, Jérusalem est avant tout la ville de la tristesse, la ville de la douleur, la ville des pleurs, la ville de la désolation, Ce n’est pas le grand livre de la nature que l'étranger vient admirer ici; mais bien le livre du cœur humain. La doctrine du calvaire a opéré sur les sociétés humaines les changements les plus profonds que mentionnent les an- nales du monde, et le philosophe chrétien ne voit pas sans satisfaction le miracle perpétuel qui donne depuis bientôt dix-neuf siècles la confirmation aux oracles sortis de la bouche de la sagesse incarnée. Tout est désolé, tout respire le deuil dans Jérusalem, et autour de Jérusalem. Pénétrez sur son point le plus élevé, laissez tomber vos regards tout autour, quel spec- tacle ! La plus riche de ses constructiens, celle qui a pris la place de ce temple sans pareil, dont l’Eternei avait lui- même dressé le plan, vous montre ses parvis silentieux et DE QUEBEC A JERUSALEM. 51 déserts, où de chétives touffes d’herbes à moitié brûlée par les rayons du soleil ont pris racine dans les fissures du marbre, et l'édifice lui-même vous laisse voir les cornes du croissant à la place des rayons lumineux de la Croix ; on dirait la fourche de Satan, comme les peintres nous le re- présentent souvent, qui veut l’emporter sur le signe de la rédemption du Calvaire. Tout autour des remparts, ce sont des champs de mort, des tombeaux ; la vallée de Jo- saphat en est remplie, le mont Sion lui-même, à côté du terrain qu’à fouiilé la charrue sur les ruines de construc- tions anciennes, vous montre une forêt de pierres tumu laires, Vigouse végétation, verdure réjouissante, promet- tantes moissons, rien de tout cela pour reposer le regard; des montagnes aux arrêtes pierreuses, des plateaux dénu- dés, des constructions que le temps achève de faire dispa- raître, voila ce qui les a remplacées. Ici, ce sont des torrents qui ont rongé la pierre pour se frayer d’etroites et profondes issues à parois sombres et infranchissables ; Ja ce sont des plateaux ou de chétifs arbrisseaux manquant de sève, paraissent à peine jouir de la vie; et au delà, creusée dans les monts, c’est la mer Morte, lac de plomb fondu, sans flots ni rides, qui réfléchit silencieusement les rayons ardents du soleil, sur les montagnes pierreuses qui l'entourent. Toute activité semble éteinte ici. Aucune de ces hautes cheminées qu’exige l’industrie, nul bruit de mécanismes comme on en entend partout ailleurs; tout semble mort, silencieux ; c’est un voile, une couronne de deuil qui pèse sur la ville! Mais cette conronne de denil n'est-elle pas en harmonie avec la ville déicide 2 N'est-ce pas pour pleurer, en baisant les marches du Golgotha, que le pèlerin traverse les mers et escalade ces monts ?......Que lui importe la riante nature ? il ne vient pas la chercher ici; elle lui ravirait en partie les douces émotions qu'il y vient savourer. Il se complait dans sa douleur, dans ce silence, dans cette absence de tous les charmes matériels de la vie. Le Calvaire a pour lui un langage qu'il sait comprendre, Il s’isole pour pleurer, et ses larmes lui sont d'autant plus chères qu'elles sont incomprises de ceux qui l'entourent. C’est avec satisfaction qu'il reconnait pouvoir 52 LE NATURALISTE CANADIEN répéter avec vérité ces paroles du chantre des lamenta- tions: +“ La maîtresse des nations est devenue comme une veuve ; la reine des cités est tributaire! Les chemins de Sion pleurent, par ce qu'on ne vient plus à ses solennités. Ses prêtres gémissent, ses Vierges sont désoiées ; elle est plongée dans l’amertume.” Comme au temps de Nabu- chodonozor, ces paroles de Jérémie ne peuvent peindre plus exactement l'abandon, la pauvreté, l’abaissement de la ville actuelle. Que le touriste aille chercher la belle nature dans les forêts vierge de l'Amérique; qu'il aille admirer ses gigan- tesques merveilles à Niagara, sur les Alpes, au Vésuve, sur l’'Amazone ; qu'il aille mesurer le génie de l’homme à SB. Pierre de Rome, à Giseh, au 8. Gothard, pour lui, chrétien, il vient au lieu de l’expiation suprême, en pèlerin véritable, pour comprendre la justice de Dieu, sonder l’abyme de son amour, verser des larmes sur ses souffrances, noyer ses iniquités dans la source des expiations, et comme Rachel pleurant ses enfants qui ne sont plus, il ne vent pas être consolé, par ce que trop poignante et trop juste est la cause: de sa douleur, (A continuer.) es — + — LA TARENTULE. — Aimez-vous les araignées ? —Et qui peut aimer des êtres si disgracieux ? — J'avoue que la nature s’est montrée un peu chiche de ses faveurs à l'égard de laraignée ; mais les qualités Yemportent souvent sur la beauté des formes pour se faire admirer et aimer; et l’araignée possède des qualités, de nombreuses qualités. — En aurait-elle cent fois davantage, qu’elle ne m'en ferait pas moins horreur. Toutes ces petites masses vi- vantes, plus ou moins circulaires, qu’entourent des pattes deliées en forme de rayons ou de petits fils, m'inspirent une telle répugnance que je ne pourrais jamais me résou- LA TARENTULE 53 dre à les toucher, ou plutôt à leur permettre qu'elles me touchent. — Même les insectes les plus riches en couleurs 2 — Mêmes les insectes les plus brillants, les plus remar- quables par leur coloration et leur éclat. Il sutlit que je voye ces petits être rampants s'approcher de moi, pour que je sente toute ma sensibilité se réveiller. Une chenille ou une araignée, même sur le bas de mes habits, suffit pour me tirer instinctivement de n'importe quelle torpeur dans laquelle je pourrais être plongée, et si la vilaine bête par- venait à me toucher la peau, par exemple en atteignant le cou, je crois que j'en perdrais de suite connaissance. Ainsi nous répondait une dame à qui nous exposions une des plus étonnantes merveilles de l’industrie d’un in- secte. Mais l’araignée est-elle un insecte ? Disons desuite, pour être tont-a-fait exact, que l’araignée n’est pas un insecte, Du temps de Linné on donnait le non d’insecte à tous les petits êtres à sang blanc et froid, volants ou rampants, Mais les progrès de la science nous forcent aujourd’hui à nous exprimer avec plus de précision. Etre fortement spécialisé en tous sens, l’araignée forme une classe à part dans la nature, séchappant des grandes divisions qui partagent la série Ges êtres. Ayant l’abdo- men composé d’une seule pièce et non divisé en sections comme chez les insectes, elle ne peut lui être assimilée. Sa forme la rapprocherait davantage des Crustacés ; mais elle respire par des poumons tandis que les Crustacés respirent par des branchies, Aussi les Arachnides forment-elles une classe distincte entre les insectes et les Crustacés ; d’ailleurs les araignées ont huit pattes, tandis que les Crustacés en ont 10, et les insectes seulement six. L’araignée n’est pas belle ; tont le monde en convient. La grâce des formes, la richesse des couleurs, l'élégance des allures, elle n’a rien de tout cela. Et encore si elle pouvait reprendre au microscope ce que la simple vue lui refuse 2 Mais en vain; des téguments grossiers, ne pre- 54 LE NATURALISTE CANADIEN nant jamais le poli métallic qu'on voit dans un si grand nombre d'insectes, à couleurs sombres, plus ou moins hé- rissés de poils épineux, ne la font paraître sous la lentille que plus hideuse encore, Des pattes démesurément longues pour traîner un abdomen constituant à lui seul les trois quarts de la masse totale ; nulle apparence extérieure de bouche, qui semble se replier en dessous pour se rapproch r davantage du ventre; absence de ces yeux à facettes si apparents et si agréabies dans les insectes ; une démarche lonrde et sac- cadée des plus disgracieuses; habitant des coins obscurs et poussiéreux dont elle semble toujours chargée de la poudre qu’elle y rencontre, tout contribue à lui donner une maussade apparence, à la faire détester et à lui faire refuser toute sympathie. All persons shun spiders, and these shun mankind still more. “Tout le monde évite les araignées, et celles-ci évitent encore plus le monde,” a dit avee vérité un naturaliste. Cependant, il s'en est trouvé qui ont aimé les araignées, qui leur ont youé une sympathie toute particulière. Silvio Pellico, dans sa prison, voit un jour une araignée s'éch:pper d’un coin pour saisir une mouche. “ Je croyais être seul ici, dit-il, et me voici en compagnie, Viens, ap- proche, ne crains rien, nous nous aimerons réciproque- ment. Partageant le même sort, nous nous consolerons l’un l’antre dans notre affliction, Mais es-tu bien prison- mére, toi aussi? Oh! non. L’étendue de ce coin obscur est ton univers à toi. Tu n’aspires pas à plus de liberté. N'importe: si ta somme de liberté ne peut satisfaire mes désirs, j'apprendrai du moins de toi à me soumettre au sort que l’auteur de la vie nous assigne, et je reporterai sur toi toutes les affections d'un cœur sensible dont mes sem- blabies refusent les sympathies.” Puis lui tendant le doigt, il l’habitue à venir y prendre chaque jour sa nourriture. Témoin encore de l'affection pour FParaignée cette anecdote que rapporte Michelet au sujet de Berthome, ce virtuose de si grand éclat au commencement de ce siècle. On sait que ce jeune artiste dut son talent à la réciusion sauvage où on le fit travailler. \ LA TARENTULE. 55 “A huit ans, dit Michelet, il étonnait, stupéfiait par son violon. Dans sa constante solitude, il avait un cama- rade dont on ne se doutait pas, une araignée......Elle était d’abord dans l'angle du mur, mais elle s’était donné licence d'avancer de angie au pupitre; du pupitre sur l’enfant, et jusque sur le bras si mobile qui tenait l’archet. La, elle écoutait de fort pres, dilettante émue, palpitante. Elle était tout un auditoire. Il n’en faut pas plus à l'artiste pour Ini renvoyer, lui doubler son âme. ‘“ L'enfant malheureusement avait une mère adoptive, qui, un jour, introduisant un amateur au sanctuaire, vit le sensible animal à son poste. Un coup de pantoufle ané- antit l'auditoire... L'enfant tomba à la renverse, en fut malade trois mois, et il faillit en mourir.” L'araignée est sans grâces, nous l’avouons, elle est même hideuse. Mais chez elle l'utilité l’a emporté sur l'agréable. C’est le travailleur par excellence, fileur, cor- dier, tisserand ; et non seulement comme l’insecte, l’arai- gnée marche chargée des instruments de son industrie, mais elle porte encore la boutique même où elle exerce son art. À voir ce ventre énorme, toujours gonflé, tendu, lors- que les autres parties sont souvent retirées, amaigries, on la croirait vouée invinciblement à la gourmandise ; il n’en est rien cependant. Ce ventre énorme, c’est sa boutique, son atelier où s’accumule et s’élabore la matière de son in- dustrie. Voyez ces quatre mamelons qui souvent font projection à l'extrémité de l'abdomen, ce sont ses filières pour la production des fils de ses toiles. Ces mamelons sont autant de sacs desquels échappent, au désir de lani- mal, des centaines de fils sous forme de poussière, de nuage imperceptible. Ces centaines de fils qui s’échap- pent de chaque fitiere se réunissent pour ne former qu’un seal brin pour le tissu des toiles qu'elle fabrique. C'est donc de sa propre substance que l’araignée fabrique ses instruments de chasse, si bien que la nature semble l'avoir placée dans un cercle vicieux: Il lui faut manger pour filer, et il lui faut filer pour pouvoir manger, c'est-à-dire, pour saisir £a proie. 56 LE NATURALISTE CANADIEN Mais revenons a notre Tarentule que nous avons par- ticulièrement en vue dans cet article. Qui n’a lu quelque part de ces récits merveilleux qu’on s’est plu à accumuler au sujet de la Tarentule, si commune dans tout le midi de l'Europe et surtout en Italie ?......Sa morsure produit un état dinsensibilité dont Ja musique seule est capable de tirer le patient qui en a été atteint, Malheur à lui, si l’artiste ne parvient pas à produire les sons ou le rythme les plus propres à réveiller sa sensibi- lité, la mort suivra bientôt cette anesthésie dans laquelle il est plongé. Ici c’est un jeune homme qui, faisant un pas en dehors de la route pour cueillir une fleur, reçoit la morsure de la redoutable bête et expire bientôt après. Là c’est une jeune fille dans un bal recevant d’un jeune cavalier un bouquet dans lequel une Tarentule se trouvait cachée. En voulant flairer les fleurs, elle irrite l’iraseible bête qui la mord in+ continent et la plonge dans l’anesthésie que suit bientôt la mort, par ce que les musiciens sont incapables de trouver la note sympathique qui pourrait agir sur elle. H s’est même trouvé des artistes qui ont noté les airs propres à ramener à-la sensibilité ceux qui avaient eu le malheur d’être mordus par la Tarentule. La science aujourd’hui mieux étudiée, et surtout con- firmée par des observations et plus nombreuses et plus précises. a fait grace depuis longtemps de ces absurdités, et le venin de la redoutable araignée, quoique assez actif, est reconnu pour être incapable de causer la mort. D’or- dinaire l’inflammation et une tuméfaction de la seule partie attaquée disparaissent au bout d’un jour ou deux, sans que le patient ait beaucoup à souffrir. Il est rare même que Ja morsure au bras, par exemple, produise la tuméfaction dans le membre entier, Quant à l’insensibilité et au réveil par le moyen de la musique, on reconnait partout que la fable et l imagination en ont seules fait les frais. Disons aussi que, bien que la Tarentule soit naturelle- ment très irritable et prompte à agir, ses habitudes soli- LA TARENTULE. 57 taires font qu'on a rarement à redouter ses attaques, ou plutôt sa défense, car ce n’est guère que dans ce cas quelle fait usage de son arme, Observons aussi que, contrairement à la plupart des insectes, ce n’est pas une piqüre que produit la Tarentule, mais une véritable morsure, infligée au moyen de ses mâchoires, car pour d’aiguillon, elle n’en a pas. Nous avons dit que la Tarentule était particulièrement fréquente en Italie, mais l'Amérique aussi en possède, et plus d’une espèce. Le nom de Tarentule est un nom commun appliqué au genre Mygale, Mygale, Walkenaer, dont le genre Ly- cose, Lycosa, Latreille, n’est qu'une subdivision. Or l'Amé- rique du Nord ne compte pas moins aujourd’hui de six espèces de Mygales et de dix-huit espèces de Lycoses. La fig. 1. ci-jointe représente l’une de ces Mygales de plus forte taille. Comme on peut facilement le voir, l’ani- mal est de toute part hérissé de poils nombreux; de ses pattes, les postérieures sont les plus longues ; les huit yeux sont rangés sur deux rangs dont le postérieur est légère- ment en arc. On voit à l'extrémité de son abdomen deux des filières ou mamelons qui font saillie, les deux autres, plus petits, étant repliés en dessous. Les Mygales et les Lycoses ont des habitudes qui diffèrent de celles des autres araignées en général Comme elles, elles vivent dé proies, mais c’est en les poursuivant sur le sol qu’elles les atteignent et les saisissent, et non en leur tendant des filets tels que ceux qu’emploient les Epéires et la plupart des autres espèces, Les Mygales et les Lycoses, du moins celles que l’on décorent du nom de Tarentule, sont les lions et les aigles de leur classe. Sen reposant sur leur force, elles semblent Imépriser les pièges et les stratagèmes qu’emploient les ‘autres araignées, attaquent d'ordinaire en face les ennemis q'r'elles poursuivent, et s'emparent souvent ainsi d'insectes de forte taille et même redoutables par leur armure. Mais ne tendant point de filets, à quoi, direz-vous, leur servent leurs filières ? 58 LE NATURALISTE CANADIEN e Le voici; c’est à la construction de leur demeure. Et elles déploient dans cette construction une habileté encore plus étonnante que celles des araignées aériennes dans la construction de leurs toiles. Fig. 1. Constamment sur le sol, il leur faut des retraites pour se mettre à l'abri des orages et reposer en sûreté durant la nuit. Or cest dans le sol qu’elles se creusent ces retraites, et c’est dans leur construction qu’elles déploient toutes les ressources de leur génie. Nous avions lu plus d’une fois des descriptions de telles retraites de Tarentules, mais nous n’avions encore jamais eu occasion d’en voir, lorsque, |’automne dernier, un ami de Montréal nous en: ffrit un qu’un voyageur ve- nait de lui apporter de Californie, où il l'avait lui-même Fig. 1.—Une Tarentule d'Amérique. LA TARENTULE. 59 recueilli. Il va sans dire que l’offre fut acceptée avec em- pressement, et ayant fait dessiner et graver la piéce, nous en offrons la figure a nos lecteurs ci-jointe, fig, 2. Fig, 2. Les Tarentules creusent leurs nids dans le sol, quel- ques unes en une espèce de puits ou d’entonnoir qu'elles creusent verticalement, et d’autres en une espèce de galérie horizontale, Les unes et les autres en tapissent l’intérieur d’uné fine toile de soie très compacte, qu’elles filent, pour rafermir les parois et prévenir tonte dégradation. Ces conduits ont quelquefois de 10 à 12 pouces de profondeur. Certaines espèces laissent libre entrée de leur gale- rie, se contentant de s'enfoncer à lintérieur pour s'y re- poser. Mais d’autres ferment leur entrée d'une porte mo- bile, suspendue en charnière par le haut et retombant de son propre poids lorsque rien ne la retient. Le nid que nous possédons est de cette dernière façon. La fig. 2 nous le montre vu de face ; p est la porte en demi cercle avec sa charnière au haut et qui est représentée close. La fig. 8 nous montre le même nid vu de côté ; p est la porte entre ouverte pour laisser voir l'ouverture du conduit intérieur, et c est le même conduit qui s'enfonce horizontalement dans le sol. La porte, en se refermant par son propre poids, clot si exactement la galerie, qu'on a peine à croire qu'il puisse y avoir là une ouverture, L’araignée, au moyen de ses ché- Fig. 2,— Vue d’un nid de Tarentule avec la porte close. 60 LE NATURALISTE CANADIEN licéres sonléve la porte, s'enfonce dans l’intérieur et la laisse retomber pour se clore d’elie-méme. Mais l’intrépide chasseur a aussi des ennemis, et il pourrait arriver qu’une souris, un mulot, pénétrant le se- cret de l'ouverture, irait l’attaquer au fond même de sa retraite. L'ouverture d’ailleurs a besoin de protection contre le vent qui pourrait soulever la porte? Ht c’est ici que l'animal montre une intelligence tout-à-fait étonnante. Fig. 3. L’orifice du conduit est un peu évasée, et la porte, qui est assez épaisse, vient semboiter hermetiquement dans cet évasement; de plus, cette porte est aussi tapissée de soie à l’intérieur, et deux petits trous dans ce tissu de soie, vers la marge inférieure de la porte, permettent à l'animal, lorsqu'il est à l’intérieur, d'y enfoncer ses serres pour la retenir, et de faire ainsi l'office d'un véritable verrou vi- vant. La fig. 4 nous montre la face interne de cette porte avec les deux petits trous dans sa marge inférieure, Chacun se demandera sans doute, comment s’y prend Yaraignée pour construire cette porte ? Va-t-elle la tailler Fig. 3.—Le même nid vu de côté avec la porte entr’ouverte, laissant voir ouverture du conduit et sa continuation à gauche, LA TARENTULE. 61 ailleurs sur le sol pour la suspendre ensuite, ou la con- struit-elle sur place méme 2 Examinée attentivement, on reconnait que cette porte est composée d’un grand nombre de toiles chargées de grains de poussière ou de terre, superposées les unes aux autres. L’industrieux animal commence done par clore d’une toile ouverture de sa galerie. A cette toile il fait adhérer des grains de poussiére, et en ajoute une seconde, puis nne troisième, etc., jusqu’à ce qu’il ait obtenu l’épais- seur voulue. Rompant alors les fils du pourtour, il con- serve ceux du haut pour servir de charnière, Les figures ci-dessus représentent le nid de grandeur naturelle, à l'exception du conduit qui est tronqué, mais qui ne devait pas avoir moins de 8 à 10 pouces, Ce conduit est un tissu de soie très compacte et très fort. Le diamètre intérieur du conduit est d’un peu plus d’un pouce et l’é- paisseur de la porte d’un bon quart de pouce, si bien qu’il n'y a pas moins de 50 à 60 portes superposées et unies entre elles, La mère Mygale porte très souvent sur son dos le cocon contenant ses œufs ; et soit qu'elle le porte ainsi sur son dos ou qu’elle le dépose dans sa retraite, du moment que les pe- tits sont éclos, ils lui grimpent sur le dos se cramponnent à son abdomen. La mère les promène ainsi partout où elle va, veillant sur eux avec une attention toute maternelle. Elle ne craint nullement de braver les dangers et ne recule devant aucune attaque pour défendre sa progéniture. On en a vu, ainsi sur la défense, se laisser arracher les pattes les unes après les autres plutôt que de fuir pour se mettre à l'abri. Fig. 4.—Face interne de la porte montrant les deux petits trous dans lesquels l’araignée enfonce ses serres pour la retenir close. 62 LE NATURALISTE CANADIEN Les mères ainsi chargées de leurs petits ont l’appa- rence la plus hideuse, on les dirait couvertes de verrues vivantes. Lorsque les petits sont asssz âgés pour pouvoir appré- cier le danger qui les menace, ont les voit se disperser et disparaître à la moindre attaque, pour venir reprendre leur position dès que le danger est disparu. Les Mygales sont fort communes en Georgie et en Flo- ride. C’est le plus souvent abritées sous des cactus on des bois morts qu’on les trouve. Nous ne pensons pas que les espèces de ces contrées se creusent des galeries dans le sol avec porte mobile, comme celles de l’Europe et de la Cali- fornie, du moins nous n’en avons jamais rencontré, et nous ne les avons vues mentionnées nulle part. Les occur- rences de leur morsure sont aussi très rares ; c’est à peine si les gens du pays peuvent en mentionner quelques cas. Nous nous sommes plu, bien des fois, à exciter les My- gales de notre canne lorsque nous les trouvions tapies sous les tiges de cactus que nous soulevions à la recherche d’in- sectes. Elles ne manqu ient jamais de répondre à l'attaque en saisissant de suite de leurs mandibules le fer de notre canne, et en répétant les attaques, elles finissaient toujours par grimper sur le baton pour nous atteindre. Il nous est arrivé une fois de ne pouvoir éviter la morsure qu’en lachant notre canne, tant la vilaine bête s'était approchée de nos. doigts. Avons-nous des Mygales dans notre Province ? Nous n’avons encore jusqu'à ce jour accordé que pew d’attention à cette classe d'animaux, cependant, nous pen- sons avoir rencontré une belle Mygale à Portneuf, et d’une. espèce que nous pensons nouvelle, du moins ses caractères, ne répondent 4 aucune de celles décrites par Hentz, Elle fut trouvée marchant sur l’eau pour traverser un petit ruisseau. Celui qui la trouva lui donna un conp du plat de son aviron pensant bien que du coupil l'avait réduite en charpie, et ne fut pas peu étonné de ne la trouver que para-- lysée, sans aucune mutilation. BIBLIOGRAPHIE 63 Le spécimen, par suite de manipulations diverses, est aujourd’hui bien défectueux, mutilé et impropre pour une description exacte. SD pe BIBLIOGRAPHIE. Nous serons pret, dans quelqnes jours, à livrer aux sous- cripteurs, le second volume de la Faune Entomologique du Cana- da et particulièrement de la Province de Québec. Ce second volume, qui contient plus de 800 pages in-8, comprend les Orthoptères, les Névroptères et les Hyménop- tères. Le contexte est à peu près le même que ce qui a paru mensuellement dans le Naturaliste ; il s’y rencontre cependant quelques additions et plusieurs corrections importantes. L’a- vantage d’avoir une monographie complète de ces trois ordres, sans être obligé, pour se reconnaitre, de feuilleter les livrai- sons mensuelles du Naturaliste durant plus de cing années, rend ce livre indispensable pour tous les entomologistes pra- tiques qui désireraieut se mettre au fait de notre faune. Nous ajouterons que ce volume devrait aussi se rencontrer, dans les bibliothèques de toutes nos institutions d'éducation, afin d’y recourir au besoin. Du moment qu’un nom d’insecte, appartenant à l’un de ces trois ordres, apparaîtra dans les jour- naux ou une publication quelconque, il sera facile au premier venu de se renseigner sûrement sur cet insecte, au moyen des tables et clefs qui accompagnent ce volume. On sait que le premier volume contient l’histoire complète de nos Coléoptères. Nous avons plus d’une fois regretté de n’avoir pas adopté pour ce premier volume, comme nous l'avons fait pour le second, le format in-8, qui tend de plus en plus à se généra. liser pour toutes les publications sur l'histoire naturelle. Ce- pendant, le seul inconvénient qu'on pourra v trouver, sera pour le coup d’@il dans les bibliothèques, car les matières étant complètement séparées, on n'aura jamais à courir d’un volume à l’autre dans les recherches. Le troisième volume que nous allons immédiatement commencer, se composera des Hémiptères ou punaises. Il sera bien moins cousidérable que les deux premiers. 64 LE NATURALISTE CANADIEN Daigne le Seigneur nous accorder assez de force et Ge santé pour que nous puissons atteindre la completion de la série entomoiogique pour notre Province, et puissent tous les amis des sciences soutenir notre courage en secondant nos efforts. eee LE NATURALISTE CANADIEN. Nous lisons dans le Courrier du Canada du 18 Février : “ La livraison de Janvier du Naturaliste nous arrive ce matin. Cette excellente revue d'histoire naturelle commence sa quatorzieme année. A cette occasion nous sommes heureux de féléciter M. l'abbé Provancher des succès qu'il a obtenus jusqu’à présent. Pour maintenir sur un aussi excellent pied une œuvre de ce genre, il fant, en Canada du moins, compter sur de grands sacrifices à faire, et nous savons que ceux du rédacteur du Naturuliste n’ont pas été médiocres. “ Qu'il continue son œuvre; elle est utile, non seulement parce qu'elle développe le goût des sciences naturelles, mais encore en ce qu’elle conduit nécessairement à des découvertes utiles à l’agriculture en général.” Nous nous permettons d'ajouter qu’en poursuivant notre œuvre, nous faisons encore l’office de sentinelle pour suivre la marche du progrès scientifique et donner à notre pays une voix, quoique faible, dans le conseil des hommes d’étude qui mar- chent à la conquête des victoires sur l'inconnu. Cette considération seule pourrait suffire pour nous as- surer l’appui de tous les amis véritables du progrès en notre pays. LISTES D’'INSECTES. Le gouvernement d’Ontario vient d'autoriser la Société d'histoire naturelie de cette Province à faire les frais de la pu blication d’une liste, aussi complète que possible, des insectes de leur territoire, c’est-a-dire que ce que nous faisons ici de notre propre mouvement, le gouvernement la se charge d’en couvrir les frais. Nous nous réjouissons de cette détermination du gouver- nement d’Ontario. Ces listes d'insectes seront précieuses, même pour notre Province, pour pouvoir être corrigées chaque an- née et servir de base pour les additions que l’etude et l'obser- vation permettront d’y faire. Vol. XIV—3. CapRouge, Q., OCTOBRE, 1883. No. 159 Rédacteur : M. l'Abbé PROVANCHER. Ce numéro étant le dernier qui doit paraître, nous y joignons la table des deux précédents. A NOS LECTEURS. Mort, ressuscité, et remort, comme aurait dit un ‘célèbre maire d’une commune de France, nous ne reparaissons aujourd’hui devant nos lecteurs, que pour leur adresser nos adieux ; car nous sommes cette fois-ci si bien mort, que nous sentons déjà toute la pesanteur du tombeau qui nous étreint, qui nous écrase. Nos lecteurs le croiront sans peine, puisqu'il y a déjà sept longs mois que nous demeurons muet. Cependant n'ayant pas encore rendu le dernier soupir, nous entendions autour de notre couche funèbre certains chuchottements nous faisant entrevoir notre rétablissement comme possible et très prochain; mais en vain nous sommes-nous tourné et retourné sur notre couche, en vain avons-nous jeté autour de nous regards suppliants avec éloquentes prières, tout est demeuré sans effet, si bien qu’au- jourd’hui nous nous trouvons forcé de prendre définitivement notre retraite. Mais avant de faire le salut pour disparaître, si nos lecteurs veulent bien nous le permettre, nous ferons ensemble une petite revue de notre existence. Notre naissance remonte déjà à près de quinze années, car c’est en décembre 1868, que de notre propre initiative, nous avons surgi à l’existence. 66 LE NATURALISTE CANADIEN Il n’en est point en ce pays pour les journaux comme pour les individualités zoologiques qui, très faibles à leur début, se fortifient à mesure qu’elles prennent de l’âge. On pourrait dire avec beaucoup plus de raison que les publications suivent, d'ordinaire, une marche contraire. Ce sont comme des pièces d'artifice, des fusées qui prennent leur plus grand éclat en pa- raissant, et qui s’en vont ensuite diminuant graduellement, L'amour de la nouveauté, un certain esprit de patriotisme qui porte à encourager les œuvres nationales, une certaine curiosité de voir comment les auteurs pourront se tirer d’affaire, portent la plupart de nos lettrés à encourager les publications nouvelles quelles qu’elles soient ; et ces publications ont à peine perdu l'attrait de la nouveauté, que, quelque soit leur mérite, on voit de suite originer le défilé des patrons qui les abandonnent. Tel il en fut pour notre Naturaliste. Hélas ! nos hommes d’étude sont si clair-semés ; on aime si * peu la lecture chez nous, que même la littérature légère a peine à se recruter des lecteurs. Que doit-il donc en être pour les études sérieuses, pour les productions scientifiques ? Aussi grâce à cet élan pour la nouveauté, notre Naturaliste put d’abord se soutenir par lui-même ; deux ans, trois ans s’écoulèrent ainsi. Mais le défilé des retraitants était déjà com- mencé dès la deuxième année, et allant toujours en augmentant, il nous fallut recourir au gouvernement pour en obtenir un octroi suffisant pour compenser la perte des abonnements qu’on retirait. M. Chauveau qui était alors premier ministre et Sur- intendant de l'Education, comprit, en homme éclairé, qu’une telle publication avait des droits à l'appui du gouvernement, et lui fit voter une aide de $200. Deux ans plus tard, les abonne- ments allant toujours diminuant, le même M. Chauveau porta l'allocation à $400. A M. Chauveau succéda M. G. Ouimet, le Surintendant actuel de l'Education, qui nous accorda sans peine ses sympa- thies et maintint l'allocation. M. Ouimet fut remplacé par M. De Boucherville. Nous étions str d’avance des dispositions de ce nouveau premier mi- nistre et Surintendant de l'Education, car nous connaissions déjà | t A NOS LECTEURS 67 M. DeBoucherville pour un homme d’étude, un amateur éclairé, qui suit assidument le progrès scientifique. Aussi M. De Bou- cherville, secondé par ses*collégues MM. Ross, Garneau, Angers, etc., non seulement ne nous marchanda pas l’allocation, miis for- ma le projet d’établir au département de l’agriculture un musée de toutes les productions naturelles du pays. “ Nous voulons, nous dirent ces ministres, aussitôt que les nouvelles bâtisses du gouvernement nous en fourniront le local, réunir dans un musée, non seulement les produits agricoles de notre Province, mais encore des échantillons de toutes ses productions naturelles ; minéraux, minérais, bois, mammifères, oiseaux, reptiles, poissons, insectes, mollusques, etc., comme la chose se pratique dans la plupart des Etats de l'Union Américaine”. Et c’est dans ce but qu'ils achetèrent de suite notre collection entomologique, comme étant celle qui exigeait le moins d'espace. Cependant certains nuages politiques qu’on voyait déjà à l'horizon s’assombrirent tout à coup et éclatèrent soudainement en orage. On sait comment M. Letellier, alors Lieutenant-Gou- verneur, sut se défaire de M. De Boucherville pour le remplacer par M. Joly. M. Joly était souscripteur au Natwraliste depuis son ori- gine, et s'était plu, plus d’une fois, à nous en faire des louanges. Cependant nous n’étions pas sans crainte ; le patriotisme, l’hon- nêteté politique sont choses si rares de nos jours, que Vavéne- ment au pouvoir d’un autre parti politique seme souvent la déception parmi les promoteurs d’entreprises même les plus louables, lorsqu'elles ne peuvent apporter de nouvelles forces aux nouveaux venus. On exalte la liberté, et on restreint les franchises; on proclame le progres, et on étouffe les plus géné- reux essors ; on prone l’économie, et sous un prétexte ou sous un autre, on crée des sinécures, on invente des besoins pour gorger ses amis, pour s'assurer des appuis; on déclare bien hautement ne chercher que l'intérêt du pays, et on le sacrifie sans scrupule à l'intérêt personnel, au triomphe momentané du parti etc. Aussi, malgré les assurances du premier ministre, qui avait pris le pouvoir en mars, on vint nous dire en septembre que l'allocation au Natwraliste était supprimée. On nous a assuré qu'en 1878 comme en 1883, c’est M. 68 LE NATURALISTE CANADIEN Mercier quia joué de la pelle pour creuser notre fosse. Nous regrettons beaucoup que le grand prêtre ne fût pas encore le même, et que se soit M. Mousseau qui, cette année, ait pris le goupillon. A M. Joly succéda M. Chapleau. M. Chapleau est un beau parleur, tout le monde l’admet, aussi préfère-t-il de beau- coup la tribune au cabinet. Il n’est, pas. éloigné de prendre en pitié ceux qui se laissent pâlir sur les livres pour acquérir des con- naissances, et le progrès des sciences est le dernier de ses soucis. Nous étions mort ; il fallait nous ressusciter. Nous croyions la chose des plus faciles; nous étions dans l'erreur. Si quelques grosses têtes du parti ne lui eussent montré les dents, c’en était fait de nous, nous étions condamné à pourir dans la tombe. Cependant le premier ministre s’exécuta à la fin. Sans trop remarquer la grimace que cet effort lui coûta, nous nous remimes courageusement à l'ouvrage, nous promettant encore de longues années de vie. Nous conçûmes même le projet de faire voir à tous que les faiblesses de la sénilité ne nous avaient en- core nullement atteint. Nous voulions nous montrer avec plus de. vigueur que jamais. Nos lecteurs ont pu remarquer les il- lustrations de notre dernier numéro qui, elles seules, nous ont coûté $18. Nous avions donné des commandes pour de bien plus nombreuses encore ; nous. voulions même aller jusqu'aux planches lithographiques. Les artistes allaient se mettre à l'œuvre, lorsqu'on vint nous avertir que nos jours étaient me- nacés de nouveau. Nous avions bien vu M. Chapleau passer son sceptre entre les mains de M. Mousseau ; mais nous ne voyions là. aucun: mo- tif de crainte. Nous étions même parfaitement rassuré, lorsque nous vimes l'allocation au Naturaliste portée sur le budget du nouveau gouvernement. Mais nous comptions sans la faiblesse et l’indifférence pour le progrès des sciences de ceux qui tenaient les rènes du pouvoir, et sans aussi le mauvais vouloir de ceux qui à tout propos leur suscitaient des entraves. Ce budget que les ministres avaient arrêté entre eux après discussion, ils n’ont pas même le courage de le défendre devant A NOS LECTEURS 69 la chambre. On le lit item par item; vient le suivant: “$400 pour aide au Naturaliste Canadien.” — Dépense inutile, pro- clame M. Mercier, qu’on retranche cet item.—Amen, disent les ministres ; amen, répètent tous les membres. Et l'affaire est faite ! Sur 65 députés, qu’on doit supposer étre la téte du pays, sa partie la plus intelligente, il ne s’en trouve pas un seul pour réclamer les droits de la science, soutenir le progrès intellectuel. Etministres et députés semblent oublier que les progrès matériels qu’ils veulent seuls avocasser, ne peuvent avoir de: base, que dans les données de la science. On aurait fait longtemps des phrases sonores, on aurait débité souvent de longs et beaux discours; avant d’avoir des chemins de fer, des télégraphes, des téléphones etc., s’il ne s'était trouvé des hommes qui, dans le secret de leurs laboratoires et de leurs cabinets, étaient parvenus, après de longues études et de nombreuses observations, à pénétrer la, nature intime des corps, à découvrir leurs propriétés les moins. apparentes pour en tirer parti; étaient parvenus jusqu’à ravir aux nuages mêmes la foudre qu’ils recèlent, pour l’assujétir à leur volonté et l'utiliser pour leur service; étaient parvenus en quel- que sorte à se rendre maîtres des éléments, pour les soumettre à la puissance de l’homme. Tgnore-t-on que toute victoire obtenue sur l'inconnu est un capital dont tôt ou tard on pourra retirer les intérêts ? Lorsque Galvani remarqua que les nerfs d’une cuisse de grenouille qu'il avait mis à nu s’agitaient au contact d’une lame d’acier, il était bien éloigné de penser qu'il tenait 14 une découverte qui pourrait transporter la parole de l’homme presque instantanément d’un bout du monde à l’autre. Et ainsi des autres découvertes. On apprécie bien autrement les services que peut rendre la science chez nos voisins des Etats-Unis, puisque presque chaque Etat, témoins New-York, le Massachusetts, l'Illinois, le Missouri etc., a un entomologiste d'état avec appointements variant de $2,000 à $4,000 par année; tandis qu'ici on considère comme dépense inutile la somme de $400 qu'on nous ‘allouait. Et qu’on n’aille pas prétexter l’économie ; on ne donnera le change à personne sur cet article. Si nous voulions entrer ici dans des détails, nous montrerions une foule de cas où l'on pro- 70 LE NATURALISTE CANADIEN digue les piastres par milliers, pour des fins dont la Province n’aura certainement à retirer aucun profit. Nous regrettons beaucoup ce pas rétrograde de notre gou- vernement, et nous sommes convaincu que ceux qui en ont assu- mé la responsabilité le regretteront aussi plus tard, car c’est la une mesure qui ne leur fera pas honneur à l'étranger, bien plus qui sera généralement blâmée dans le pays; témoins ces nom- breuses expressions de regret que nous avons déjà reçues, et de personnages haut placés, depuis que la mesure est décrétée. Depuis quinze ans, notre humble Province avait une voix dans le conseil des savants du monde entier qui marchent à la conquête de nouvelles victoires sur l'inconnu. Québec, par notre Naturaliste, se trouvait cité dans les comptes-rendus et transactions de la plupart des sociétés savantes de l’Europe et de l'Amérique, Nous échangions avec plus de trente publica- tions scientifiques. Nos humbles travaux acquéraient tous les jours une plus grande valeur. _ Nous avons nommé plus de 200 insectes jusqu'alors inconnus à la science, et ceux qui écrivent sur le sujet sont obligés aujourd’hui de compter avec nous. Et c'est au moment que nous nous sentons plus en moyens que jamais de continuer notre rôle, qu'on vient y mettre fin. Nous faisions des échanges de publications ou de spécimens avec les Etats-Unis, l'Angleterre, la France, la Belgique, l'Allemagne, la Russie, l'Autriche et l'Italie, et maintenant n’ayant plus rien à offrir, nous n’aurons de même rien à attendre. Et ce qu'il y a de plus regrettable, c’est que ces publications précieuses que nous recevions ne se trouvent nulle part dans nos bibliothèques. Nous nous proposons bien encore de poursuivre nos études, mais ce sera pour nous seul, et nous ne pourrons le faire d’ailleurs que bien imparfaitement, puisque les sources nous manqueront. Chose assez singulière, et qui certainement ne plaide pas en faveur de notre intelligence comme peuple, cest au mo- ment que nos œuvres sont le plus appréciées à l'étranger, que nos compatriotes les rejettent et les ostracisent ! Le British Museum de Londres nous faisait dernièrement la demande de deux séries du Naturaliste, et comme les trois premiers volumes ne sont plus complets, on nous demandait de les compléter, dussions-nous pour cela les payer bien au-dessus de leur valeur. A NOS LECTEURS 71 Que les journaux qui ont bien voulu de temps à autres re- commander notre publication auprés de leurs lecteurs et nous offrir leurs sympathiques encouragements, veuillent bien aoréer ici nos plus sincères remerctments, Que le Journal de Québec, le Nouvelliste, le Courrier du Canada, La Vérité et Le Constitutionnel des Trois-Rivières, veuillent bien accepter l'expression de notre gratitude pour avoir élevé la voix contre la mesure du gouvernement nous retran- chant notre allocation. Qu’on nous permette de reproduire ici ce qu’en disait le Courrier du Canada, dans son article portant en tête l’épigraphe : LÉSINERIE. “Sous prétexte d'économie, la Chambre a retranché au Naturaliste Cunadien son octroi de $400, et enlevé à la société de Géographie le tiers ($100) de l'allocation qu’elle recevait ré- | gulièrement depuis trois ans: cinq cent dollars d'économie : c’est magnifique nous dira-t-on, Voila une députation qui com- prend son devoir, puisqu'elle veut économiser les fonds publies ! “Eh bien! nous disons que c’est là un ménagement de bouts de chandelles. Voila une revue bien rédigée, vieille de près de quinze ans, la seule qui s'occupe de sciences naturelles et cherche à en propager le goût au milieu de nous; voilà une société composée de plus de trois cents membres et dont les con- ditions d’existence ont toujours été précaires, à cause des diffi- cultés inhérentes à toute institution naissante ; et vite on vient leur couper les vivres sans raison, sous un prétexte d'économie. « Lésinerie que tout cela! “On juge les socictés littéraires et scientifiques par les œuvres qu’elles produisent, par le bien qu’elles doivent opérer en vertu de la mission qu’elles se sont attribuée dès le début de leur formation. Le Natwraliste Canadien a vécu quatorze ans sans interruption, et ses quatorze volumes qui ne sont pas assez appréciés, nous le disons à regret, ne déparent nullement les rayons d’une bibliothèque, soit privée, soit publique. On se dispute aujourd’hui les deux premières années de cette revue scientifique. Qu'on demande aux bibliophiles ce qu'ils en pensent.” Que ne s'est-il trouvé au moins un député pour prononcer 72 LE NATURALISTE CANADIEN de telles paroles devant la chambre, peut-étre auraient-elles pu faire ouvrir les yeux à un certain nombre. Quant à la Société de Géographie, plus heureuse que le Naturaliste, elle a vu son allocation intégralement rétablie dans les estimés supplémentaires. Société nombreuse, ses membres veillaient sans doute à faire entendre leur demande, celui-ci poursuivant un député et celui-là un autre ; mais pour le Natu- raliste, c’est une voix isolée qui se perd dans le désert, Quels sont les députés qui s'occupent d’histoire naturelle ? On n’en comprend pas même l'importance. Il est bien vrai que c’est une œuvre nationale, qui fait hon- neur au pays, que les sommités scientifiques à l'étranger savent apprécier ; mais qu'est-ce que tout cela pour des gens qui l'i- gnorent, qui ne se soucient pas même de le savoir ? Que vaut pour l’aveugle le soleil le plus brillant, la journée la plus se- reine ?.... Et ces sentiments d'honneur national, de pur pa- triotisme, où sont ceux qui en tiennent compte aujourd’hui? Est-ce que l'intérêt privé, le triomphe du parti ne prime pas tout cela, ne doit pas passer devant ces vieilles rangaines ? Mais si ceux qui savaient apprécier le Naturaliste étaient peu nombreux, ils étaient par contre très zélés et des plus dé- voués. Nous avons déjà reçu plus d’une lettre s’enquérant s’il ne serait pas possible, en élevant le prix de la souscription, de maintenir la publication ? Impossible avons-nous dû leur ré- pondre, car même avec l'allocation, notre travail n’était pas rémunéré (quelques uns des ministres l’ont même confessé) ; ca été un sacrifice continuel de notre part. Qu’on interroge pour s’en assurer ceux qui maintiennent ailleurs de semblables publications. Voyez, par exemple, Ontario; le Canadian En- tomologist qui n’a que 24 pages contre nous 32, recoit de son gouvernement $500 par année pour se maintenir. Cependant le Canadian Entomologist étant en langue anglaise s’adresse à une population de 40,000,000, tandisque notre Naturaliste ne s’adressait qu’à peine à 1,000,000.*: Nul doute qu’avec cette énorme économie de $400, notre gouvernement va à l’avenir nager dans l'abondance. On pourra nous le dire ? L'ÉMÈSE A LONGUES PATTES. ing Un écrivain anglais disait en 1872, en parlant des cham- pignons microscopiques : “ N’est-ce pas une honte que plus de 2000 espèces de plantes, quelque petites et insignifiantes qu’elles soient, reconnues exister et constituer une flore chez une nation au premier rang parmi les plus avancées en civilisation, soient encore sans catalogue complet? C’est cependant un fait que des centaines de petits organismes, superbes dans leurs formes, mer- veilleux dans leur structure, mystérieux dans leur développe- ment, nuisibles à quelques uns, liés à l’existence de tous, sont connus fleurir dans la Grande-Bretagne, sans qu’on en ait donné Phistoire ou la description dans le pays ou dans notre propre langue. C’est aussi un fait que les descriptions par lesquelles ces organismes peuvent être distingués de centaines d’autres, demeurent ensevelies dans une littérature courante où le jeune homme et l'étudiant plein d’ardeur ont besoin, non seulement de jeunesse et de courage, mais même de loisir et de persévérance sans limites pour les découvrir ” (1). Sans prétendre emboîter le pas derrière le savant anglais, nous avions été assez naïf pour croire avec lui que c’était non seulement un but noble et précieux, mais encore patriotique et profitable que de vouloir connaître et étudier toutes lex exis- tences qui nous entourent ; mais voicique nos hommes politiques du jour viennent nous dire qu’il en doit être autrement. L'avenir nous dira si un pied de chemin de fer de plus par année con- tribuera plus à la prospérité du pays, que la publication d’une revue scientifique pour suivre le progrès intellectel qui se fait tout autour de nous. —— ——— LMESE A LONGUES PATTES. A M. E. R, Trois-Rivières. L’insecte transmis est si loin d’être un Cræsus qu'il n’ap- partient seulement pas à l’ordre des Hyménoptères. C’est l’Emesæ longipes, De Geer, qui appartient à l’ordre des Hémiptères ou punaises, à la tribu de Libertirostres. (1) M. C. Cooke—Introduction to the Study of Microscopie Fungi. ‘ 74 LE NATURALISTE CANADIEN C’est un insecte bien intéressant par ses formes insolites, et surtout ses pattes antérieures prenantes, ce qui, quoique aërien, le rapproche des Ranâtres qui sont aquatiques. Mais ce qu’il y a de plus intéressant pour vous, c'est d’a- voir pu obtenir ses œufs, et ces œufs sont aussi fort remar- quables. Plusieurs insectes attachent leurs œufs à des supports en forme de pédicules, comme les Chrysopes, par exemple, mais c’est la première fois que nous en voyons de disposés de cette manière. s. Nous en avons compté dix dans la boîte ; l’insecte en avait peut-être pondu d’autres encore avant sa capture. Ces œufs, qui ne dépassent guère un millimètre en longueur, sont réni- formes avec la face interne légèrement excavée, et sont partagés longitudinalement sur le dos par 5 ou 6 lignes blanches. Ils sont terminés à une extrémité par une espèce de couronne portant à son centre une petite projection qu’on dirait appuyée par 4 ou 6 pieds en forme d’équerres. Ils sont lègèrement étranglés un peu au-dessous du rebord qui porte cette couronne. L'autre extrémité se rétrécie graduellement pour se terminer par une pointe obtuse. Chacun de ces œufs repose sur un pédicule ad- hérent à la paroie de la boîte et tient à ce pédicule non par l’une des extrémités, mais par le milieu du dos. Tels qu’ils sont, ils ont toute l'apparence de graines d’ombellifères ou encore d’an- thères de certaines fleurs. Les Emèses, de même que les Pléaires (Ploiaria) dont ils sont très voisins, n’ont encore jamais été signalés, que nous sa- chions, dans les environs de Québec ; nous possédons la dernière, pour l'avoir obtenue de St-Hyacinthe ou elle a été capturée. C’est un début des plus heureux pour notre jeune entomo- logiste ; nul doute qu’en poursuivant ses études, son habitude d'observer la nature ne le conduise à d’autres découvertes non moins importantes. ———— 2 D + —— La Propagande et l'Histoire Naturelle —Ta Congré- gation de la Propagande, fidèle à sa mission civilisatrice et reli- pieuse, au nom du Pape Léon XIII, vient d'envoyer une circu- laire à tous les Délégués, Préfets et Vicaires apostoliques, qui sont sous sa dépendance, pour les inviter à recueillir tout ce qui leur semblera contribuer à faire connaître l’histoire naturelle de chaque pays, surtout la Botanique, la Minéralogie et la Zoologie, ——— > ++ De ——— TABLE DES ILLUSTRATIONS. Cartes de la Méditerranée montrant les différentes routes des steamers des Messageries maritimes frangaises. Cartes de la Palestine et de la Syrie. Ber La Tarentule d? Am Grique .;..2254.,...:.+ RSR Re 58 2— Un nid de Tarentule, porte close. ........... césete area 59 3—Un nid de Tareniule, porte entre ouverte ................. 60 4— Porte d’un nid de Tarentule montrant dans sa face intérieure les 2 trous par lesquels l’araignée la tient close.......... 61 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. AO LOCKOUT Ss EL 1 AS a abte 2 nie sue de «ad aie eue Ie SES 65 Comme ça ressemble à la morue....... ane ue fe i dE 26 We Quebec: 4Jérusaleme 2224... "LA 277 so eee SIC VER Faune Canadienne. —-Hyménoptères ...........,.........,.... 3, 33 Enuése (1) 4 lonzues/pattés..…..:4aemanbent-imsetm rte 73 Faune Entomologique du Canada.—Vol. II............. RAT UE 63 De Nature Canadien. SH is. Re esses ese ER 64 PRtÉR M inPEC te sto) 2.0. Je li she) Eee an ee a 64 Notre qustorzieme volume .:..,.23.. Ui dela diel cade anne ne cdi 1 Propagande (La) et l’histoire naturelle.......................... TA nie A al duc teus +> e «Neue dune RE 52 DEP Cadian SCIENCE cou cms sees als oS ae padmnane oss Sas were 31 Wie Jésutenaturaliste. 4: bee @aysteleieyele © anna sise es 28 TABLE ALPHABETIQUE DES NOMS DE FAMILLES, GENRES ET ESPECES. Arysta astigma, Prov........ lucens, Prov......- Oh rubriceps, Prov....... Andrénides......-....... Arenetra nigrita, Walsh..... Bassus angulatus, Prov....... elongatus, Prov....... longicornis, Prov scapulatus, Bracon nitidus, Prov......-.. Braconides.-............ CazzimoxeE longicauda, Prov... Cerarina Tejonensis, Cress... Ceratosoma rufa, Prov. ... CeropaLes longipes, Smith.... superba, Prov...... Chalcidides --... - --.. Mymiplg@en: .........6.. Cynips quercus-fusiformis, O. S CaTocentRUS Quebecensis, 2. DiasrroPaus 5-costatus, Prov. Ecuruevs nigricornis, Prov ... rubriceps, Prov... . Erronemvs marginatus, Prov.. Eczyrus robustus, Prov ..... Exexrerus Canadensis, Prov. . Exgrasres brevipennis, Prov.. Gzypra rugulosa, Prov....... KLeipoToma minima, Prov.... Lampronora Americana, Cress humeralis, Prov. . jocosa, Cress..... 18|Mecaspizus lucens, Prov Meniscuus marginatus, Prov.. MesocHorvs areolatus, Prov... atriventris, Cress. humeralis, Prov.. jucundus, Prov... luteipes, Cress... . politus, Prov..... MesoLelus junctus. Prov..-. niger, F f00s, saws Mesoueptus peregrinus, Cress. variabilis, Prov... Mesosrexus brevipennis, Prov, Microcronvs punctatus, Prov. Micropus bicolor, Prov. ..... Microgaster ensiger, Prov... :|MoRRHUA Americana, Stor.... pruinosa, DeKay..... MyGaLE | Opivs politus, Prov. ......... OrrHocentRuvSs albofasciatus, P. Osmerus viridescens, Les..... Osmia atriventris, Cress...... frigida, Smith.......... parva, Prov OxyBeLus Brodiei, Prov...... Prectiscus niger, Prov :..... Pompilides...... . PompPiLus argenteus, Crss...-.. castaneus, Prv maurus, Cress. Philadelphicus, C. Proctotrupides......... ‘ RHITIGASTER parvus, Prov .... SYNERGES rhoditiformis, Prov.. THrocoLax Canadensis, Prov.. foot on _ ADISGSOHR ARE VOL. XIII. - 1. JANVIER 1882, CANADIEN, BULLETIN DE RECHERCHFS, OBSERVATIONS ET DÉCOUVERTES BE RAPPORTANT A L'HISTOIKi NATURELLE NU CANADA, WY - Rédacteur: M. L'ABBÉ PROVANCHER. y . pate. { Craie b » 4” - 5 a, ies 2 oat) ÿ Q 1 os oo os es _ an. is © 8 Le x. Ths RS % se Le CAP ROUGE, PROVINCE DE QUEBEC, CANADA. VAT 1 NU 27 WALK Ve) Here | ik ER . 2 NU | MAT ») VU LI NE 7 ‘ y x SOMMAIRE DE CE NUMER. Notre treziè ne volume, . 0/0. 5 60s sel PYRE SND AR | Vanne)Ganadienne). 15... Ces. o wis tein Amiel De Québec à Jérusalem...... ah SL MEN Bark alah)! ace eae E M. EF. X. Bélanger .......… 0 PE RS AE RAS eee 26 CRON Po is ae oo VO MSNM boot Lee ONE A propos des fourmis ....... M eae ea nari neem rary IN À Le NATURALISTE CANADIEN paraîtvers le 15 de chaque mois, parlivraisonsde 32 pages in-8. ; Abonnement, $2 par année, payable après la réception du premier numéro de chaque volume ou nouvelle année de publica- tion. Pour les Etats Unis $2. Pour les autres pays étrangers faisant partie de l’union postale 12 francs. N. B.— L'abonnement est réduit à $1.50 en faveur des élèves des colléges et autres institutions d'éducation, et des instituteurs. On ne s’abonne pas pour moins d’un an. Tout souscripteur désirant discontinuer son abonnement est fenu d’en donner avis aussitôt après la réception du dernier nu- méro de chaque volume ou de chaque année de publication. ge Toutes correspondances, remises, réclamations ete., doivent être adressées au rédacteur, CapRouge, Québec. Agents du NATURALISTE : Québec: à l'imprimerie de M. C. Dove 82 et 84, rue de la Montois Montréal: MM. Payette & Bourgeault, libraires, 250,rue St-Paul- St- Hoi M. le Dr. St-Germain. Ottawa: M. J. E. Lemieux, Bureau de I’ Agriculture. EF 23 WOR XV ss X Ss A Pour l'étude de l'Histoire Naturelle. Epingles entomologiques No. 2, $1.50, Nos. 3, 4, 5 et 7, $1.25 le mille. Epingles CAP IGM ORNE à XL ANNE BE PRO ae 0.05 le cent. Epingles d’acier, à tête en émail, pour éialoirs...... O25 ARS Loupes, triplettes, montées en Corne |... ......-- ::1,751a pièce. Loupe de poche, simple.......... ------ FA AS mt 0.50 Microscope de poche ..... PAL UE nn eee Eee D'une 0:50 Pinces courbes, en acier ..... SURE! asian! aw Vian | Cu Talay es FRE A (pointes RES 2 oamiietttad eRe’ s vor Le sid AE HU HE A en kee “pour Ja Chasse’ 5. ONE us ANT Ana IO io ae hee Tubes en verre........... eee (i) a ee AR eter 0506 1166 S’adresser au Réd. du Naturalisle, CapRouge. Yess Que nos lecteurs ne nous en veulent pas si nous nous trouvons en retard avec la présente livraison. La faute en est uniquement à un certain agent d’une maison de gravures de Montréal. Il s'est présenté chez nous au moment où nous allions expédier à Montréal des dessins pour illustrer notre nouveau genre d'Hyménoptère, Ischioceras, nous disant qu’il allait faire exécuter ces gravures de suite. Il part avec nos dessins. Huit jours, douze jours se passent, pas de nouvelles ; nous écrivons à la maison même, pas de réponse. Force nous est alors de passer à limpression sans pou- _voir avoir ces gravures. ‘ Demandes. Dire ce qu’on désirerait avoir en échange.—Le Rédacteur du Naturaliste. 2. Ouvrages ou brochures sur les Lichens, les Mousses, les Hépa- thiques, les L'iptères exotiques de Maquart.—Kéd, du Nat. 3. Le Naturaliste Canadien, Vol. I. Nos. 9 et 10, Vol. 1X; Nos. 9, 10 et 11.—Réd. du Nat. Offres- . Tryon, Land and fresh water Shells, Strepomatidæ, 1873.— Réd. du Nat. eee 2. Annuaire de l'Institut Canadien de Québec, No. 4. (1877).—1d. 4. Report of the Fruit growers Association of Ontario for 1870.—1d, 5. Paquin. Questions générales sur l'Agriculture, |859.—1d. 6. Usten-Saken. Cynipidæ of the N. American Oaks, 1861.—td. 7. Baird. Catalogue of N. American Birds, 1857.—id. ° 8 9 10 me . Rév. Lafrance. Sermon sur le Sacré-Cœur de Jésus. 1873.—id. . Saguenay, le passé, le présent et l'avenir du, 1851.—1id. . Barnard. Causeries agricoles, 1875. Ll. Fruit List for Province of Quebec ( Abbots-ford) 1875—7d. 12. Dr. Thyfault. Fondation d'une colonie française dans l’Ar- kansas, sous la direction des Pères du Saint-Esprit, 1878—14. 13. Extrait de la Minerve. Résumé du Recensement de 1871 -__ (# pages).—1d. : 14. Joly. Report on forestry and forests of Canada, 1877.—id. — 15. MacPherson. Speeches on the Public Expenditures of the Dominion, 1877.—id. à 19. Spence. Manitoba and the North West territory, 1876, with Mup.—1d. Mes tg ES p 2 17. Manitoba et le Nord-Ouest, avec une carte, 1878.—id. e~ 2. oS sx & are a | se > PREPARA Pn ne. —— = Nos abonnts trouveront dans ce numéro la table du XITe volume. S —_S——= = - [= Ceux de nos abonnés qui recevront avec l1 pré- ! sente livraison la note de leurs, arrérages. voudront — 3 è + ; 5 or 4 be, > bien y faire droit sans retard.. Tne agit pas ici de À | générosité, mais bien de justice. Les imprimeurs ne à vivent pas de simples compliments; il faut que 4 | ceux qui les font travailler les paiént. Et c’est assez k - Ly : A iq pour nous de sacrifier nos labeurs, sans avoir encore à be y joindre ncs deniers. Qu’on veuille bien sans délai \ nous faire parvenir ces petits montants. 1 P 4 Guide’ Indicateur des Sanctuaires | LIEU HISTORIQUES BE LA TERRE-SUNTE. PAR LE Fre LIÉVIN DEH AMME. 3 vols in-12, prix $2. C’est l'itinéraire, jour par jour, étape nar étape, des pèlerinages qui se font en Terre-Sainte, Depuis bientôt 22 ans, le Fre Liévin est chargé de conduire les caravanes qui vont visiter les Lieux-Saints, -A une. connaissance parfaite les lieux, il joint une étude sériense des faits historiques, bibliques ou évanzéliques qui se ranportent à chacun d'eux, Doué d’une mémoire des plus heureuses, il m'a ee pi de livres, ni de notes pour faire historique de chique endroit que nous rencontrons. Aussi tous les pèlerins se félicitent-ils d’avoir un tel — guide. C'est le fruit de ses recherches et de ses observations qu ‘ila consigné dans cet ouvrage, que tout yèlerin ne manque jamais de se procurer ' dès le départ. Ceux gui ne pouvant faire le voyiee, voudront se former *$ , une juste idée des Îieux que le Sauveur sanctifir autrefois par sa présence, ne peuvent lg faire pius sûrement que par la lecture de cet ouvrage. i Sur réception du prix, avec en sus 6 panting pour le postage, l’ou- vrage sera expédié par la malle dins tonte li Province. L'ouvrage est aussi en veute chez M. Brousseau, rue Haas et chez M. J. A. Langlais, St-Roch de Québee. ! Ress > \ | = | Imprimé parC. Darvxau 82 rue Lamonta VOL, XIII.—2. -FEVRIER 1882. hah SS SD SMPTE 4 fie : ESS f f AA Karin ne Z = . CANADIEN. , 7 > oa ALAS? BULLETIN DE RECHERCHES, OBSERVATIONS ET DÉCOUVERTES @ Ve (BE RAPPORTANT A L'HISTOIRE NATURELLE DU CANADA, 2 % 2 = 2S 1 Rédacteur: M. L'ABRÉ PROVANCHER. DU a : " PUSH uta ES NP TT ESA RARE SG . HAUTE CAP ROUGE, PROVINCE DE QUEBEC, CANADA, N fn VE , ei as 4 Se star = Aya SOMMAIRE DE CE NUMERO. Faune Canadienne ....... Ended eine «tim nina “on” 23 De Québec à Jérdsalém Lot. Sosa wae NN RS ae vain De Faits divers—Le Scientific American— Botanique—Biblio- ( graphie. 2... ee yee aie atest teen ws (wie inne ed wh TES Le NATURALISTE CANADIEN paraitvers le 15 de FR mois, par livraisons de 32 pages in-8. Abonnement, $2 par année, payable après la réception du premier numéro de chaque volume ou nouvelle année de publica- tion. Pour les Etats-Unis $2. Pour les autres pays étrangers faisaut partie de l’union postale 12 francs. N. B.— L'abonnement est réduit à $1.50 en faveur des élèves des colléges et autres institutions d'éducation, et des instituteurs. : On ne s’abonne pas pour moins d’un an, Tout souseripteur désirant discontinuer son abonnement, esttenu d’en donner avis aussitôt après la réception du dernier nu méro de chaque volume ou de chaque année de publication. | pa Toutes correspondances, remises, réclamations etc., doivent être adressées au rédacteur, CapRouge, Québec. Agents du NATURALISTE : Québee: à l'imprimerie de M. C. Darveau, 82 et 84, rue de la Montagne. Montréal: MM. Payette & Bourgeault, libraires, 250, rue St-Paul- St-Hyacinthe: M.le Dr. St-Germain. Ottawa: M. J. E. Lemieux, Bureau de |’ Agriculiure. Paris : MM. Roger & Chernoviz, libraires, 7, rue des Grands. Nnbnstine. UTSCTENSILES Pour l'étude de l'Histoire Naturelle. Epingles entomologiques No. 2 $1.50, Nos. 3, 4, 5et 7, $1.25 le mille, Epingles camion. Li si cle EC. rie erwin ...0.05 le cent. Epingles d’acier, à tête en émail, pour éialoirs........ 0,25 adie Loupes, triplettes, montées en corne : ... .......... Li Mg i Loupe de poche, simple......... PAR EM OR 0.50 MrerasCüpe dépaphé, .-2.. 21 san. 2 PAT ED OR IN Pinces courbes, AM ACEET 0 0e d'en Lie tde one ale at sD aan eae à pointes fines........ By 2 ARBRE ES Bee’ ZH fs 108 + Mo got POELE Pi, gees oa sine ele wim (Os MRR ‘RDS en Were 2e este Lieu RL RENE ETS 00676 die S’adresser au Rel. du Naturalisle, CapRouge. a ee oe Re | Tançois, par le TR. P. Léon, 6e édition (1831) revue et SUSMENTES eu 1.075 Almanach du Tiers-Ordre pour 1882...... ...... 0.10 La Séraphique Régle du Tiers-Ordre de Saint- Le Calvaire fréquenté oy Chemin de la Croix Perpétuel, par le P. Apollinaire, 2e édition, Bed e+ essen cap nanorse orl stents ea DIE 0.10 — Sur réception des PTiT mentionnés, les Ouvrages ci-dessus Seront envoyés franco PAR LA MALLE. Demandes. 2. Ouvrages on brochures sur les Lichens, les Mousses, les Hépa- 3% thiques, les l'iptères exotiques de Maquart.—Kéd. du Nat. 3. Le Naturaliste Canadien. Vol. I. Nos. 9 et 10, Vol. iX, Nos. 9, 10 et 1l.— Réd. du Nat. _ 4, Mémoires de la Soc. Historique de Montréal. 3e livraison.— Rév. G. Sherbrooke, Offres. 2. Annuaire de l’Institut Canadien de Québec, No. 4. (IST Réd. du Nut. 4. Report of the Fruit growers Association of Ontario fur 1870.—id, 5. Paquin. Questions générales sur l'Agriculture, (859.—7d. 6. Usten-Saken. Cynipidæ of the N. American Oaks, 1861.—dd, 7. Baird. Catalogue of N. Anierican Birds, 1857.— id. 8. Rév. Lafrance. Sermon sur Je Sacré-Cœur de Jésus, 1873.— id. 9. Saguenay, lé passé, le présent et Pavenir du, 1851.—id, 10. Barnard. Causeries agricoles, 1875. AL. Fruit List for Province of Quebec (Abbots-ford} 1875—7d. 12. Dr. Thyfault, Fondation d'une colonie française dans l’Ar- | kansas, sous la direction des Péres dn Saint-Esprit, 1878—#d. 13. Extrait de la Minerve. Résumé du Recensement de 1871 (8 pages).—id. 1 14. Jcly. Report on forestry and forests of Canada, 1877.—id. 15. MacPherson. Speeches on the Public Expenditures of the Gi Dominion, 1877.—¢d. 19. Spence. Manitoba and the North West territory, 1876, w.th { ap.—14. 17, Manitoba et le Nord-Ouest, avec une carte, 18178.—1d. 18. Comstock. Report of the State Entomologist of the U. S. for 1880 ; 138 p. in-8., 24 planches, 1881—~¢d, CHRHECE LIST OF THE | | Il MACRO-LEPIDOP'TERA | OF AMERICA, NORTH OF MEXICO | | Published by the BROOKLYN ENTOMOLOGICAL SOCIETY. La Société Entomologique de Brooklyn vient de rendre un grand service à la science en pubiiant cette Liste. Lous ceux qui font des collections de papillons pourront voir, d’un seul coup d’œil sur cette brochure, le nombre | d’espèces de chaque famille-et de ch: aque genre, et juger par là des acqui- sitions qu’il leur reste à faire pour rendre eurs collections plus ou moins _complétes. Cette Liste sera aussi d’un grand séeours’ pour les échanges entre les entomologistes. Elle sera pour les Lépidoptères ce qu’est celle de Crotch pour les Coléoptéres. Restreinte aux séuls Macro-Lépidoptères, elle comprend les Papillons diurnes, les Sphingides, les Noctnélides et les Géométrides, donnant les noms de 3, 204 espèces, chacune avec un chiffre d'ordre pour faciliter les échanges. | “Espérons que la Société complètera bientôt son œuvre, en ajoutant la liste des Micros à celle des Macros, de manière à embrasser l’ordre tout — entier. Brochure de 30 pages in- fe prix : 50 cts. S’adresser à M. F..G. SCHAUPP, "9, Broadway, BROOKLYN, N. Fi Guide Indicateur des Sanctuaires LIEUX HISTORIQUES DE TA ‘TORRE-SAINEB. PAR LE Fre LIEVIN DE HAMME. 3 vols in-12, prix $2. © C'est l'itinéraire, jour par jour, étape pay étape, des pélerinages qui se font en Terre-Sainte. Depuis bientôt 22 ans, lo Fre Liévin est chargé de conduireles caravanes qui vont visiter les Lieux-Saints.. A une connaissance parfaite les lieux, il joint une étude sérieuse des ‘faits historiques, bibliques ou évantéliques qui se ranportent | à chacun deux. Doué d’une mémoire des plus heureuses, il n’a besoin ni de. livres, ni de notes pour faire l'historique de chaque endroit que nous rencontrons. : Aussi tous les, pèlerins se félicitent-ils d'avoir lun tel guide, | C'est-le frait de: ses recherehes et de ses observations qu'il a | consigné dans cet ouvrage, que tout pélerin ne manque jamais de se procurer dès le départ. Ceux qui ne pouvant faire le voyage, voudront se former 3 une juste idée des’ lieux que le Siuveur sanctifia autrefois par sa } présence, ne peuvent le faire plus sûrement que par Ja lecture de cet ouvrage. Sur réception du prix, avec en sus 6 centins pour le postage, Vou- À vrage sera expédié par la malle dns toute la Province, | | Bi oùvrage est aussi en venté chez M. Brousseau, rue Buade, et chez M. J. A. Langlais; St-Roch de Québec. Imprimé par C. Darveav 22 eus Lambute VOL. XTIT.— 4, AVRIL 1882. No. 148. an > ere WA PRE ff r A : A ¢ —— My \ J "fy ARES SSO NK Ae LE EE 4 > = La | 2 : . * f, ERM EG ye Wipe ww à mn à Ars ws. NAPPES | Si À \ GAIAS BULLETIN DE RECHERCHES, OBSERVATIONS ET DÉCOUVERTES Ga de VA BE RAPPORTANT A L'HISTOTRE NATURELLE DU CANADA, < Rédacteur: M. L'ABBÉ PROVAN CHER. G LIBRA, : Er. 2 A TNA Eis eae Se A oD ue Ti 1 #2 — À D Api we Peas Os "EU MISE SES ge ne | CAP ROUGE, PROVINCE DE QUEBEC, CANADA. =f ‘ ’ Rice ite ; SR ulin) “OUI UT See Re ‘ a : (i: #4 sue ade : ‘ SOMMAIRE DE CE NUMERS. Faune Canadienne ...... PO RS PERS Me TA 97 De Québec a seraevent ss. scp swe eee CE CT cas TA) Chronologie de quelques unes des inventions les plus impor - satapter.% JT Seas eeealpammiben eek d'Or EE, PEN Eu 125 Mécrolome" LS. .. nues ML IS Pl = La ue ED oe DAS Faits Divers.—Utiiité des fourmis. pda da et Pélie: mA Collection vendue, —Uu apieulteur à Québec.—Société Mintralogique......- Sey ae LADA adit Ee ga 127 128 Le NATURALISTE CANADIEN paraitvers le 15 de chaque mois, par livraisons de 32 pages in-8. Abonnement, $2 par année, payable après la réception du premier numéro de chaque volume ou nouvelle année de publica- tion. Pour les Etats-Unis $2. Pour les autres pays étrangers faisaut partie de l’union postale 12 francs. N. B.— L'abonnement est réduit à $1.50 en faveur des élèves des colléges et autres institutions d'éducation, et des instituteurs. On ne s’abonne pas pour moins d’un an. Tout souscripteur désirant discontinuer son abonnement, esttenu d’en donner avis aussitôt après la réception du dernier nu- méro de chaque volume ou de chaque année de publication. ge” Toutes correspondances, remises, réclamations etc., doivent être adressées au rédacteur, CapRouge, Québec. Agents du NATURALISTE : Québec: à l’imprimerie de M. C. Darveau, 82 et 84, rue ae la Montagne. Montréal: MM. Payette & Bourgeault, libraires, 250, rue St-Paul. St-Hyacinthe: M. le Dr. St-Germain. Ottawa: M. J. E. Lemieux, Bureau de |’ Agriculture. Paris: MM. Roger & Chernoviz, libraires, 7, rue des Grands- Aneustins. CF SS CIS IW SX. Te ie Pour l’étude de |’Histoire Naturelle. Epingles entomologiques No. 2, $1. 50, Nos. 3, 4, 5 et 7, $1.25 le mille. Epingles CANON 5 oc ain sais D a a teenie «Ne 0.05 le cent. Epingles d’acier, à tête en émail, pour étaloirs........ 0254708 Loupes, triplettes, montées en corne ... ..-....... 1.75 la pièce. Loupe de poche, simple......... BE Pie Pika an se hanes » 1.0.50 Microscope de poche...... . ... Use GAO). 2° Pinces courbes, en aciér. sine ess ses 280 00 124.540 "ADI pointes Mes 0 SEC er. oi aie (eer Se 1! pour la chässe. .. . LUS ORNE 2e 2 20 ais)» EUR Qt ad Fubes:én-verre abs ee DUT ee ET = 6's 0.06) 708 S’adresser au Réd. du Naturalisle, CapRouge. SELIININY MEN. Le “ Wells’ Health Renewer ” restore la santé et la vigueur, guérit la dispepsie, l'impuissance, la débilité sexuelle. $1. Demandes. 1. Ouvrages on brochures sur les Mousses. Les Diptéres exotiques de Maquart.— Kéd. du Nat. 2. Le Naturaliste Canadien, Vol. I. Nos. 9 et 10, Vol. IX, Nos. 9, 10 et 11.— Réd. du Nat. 3. Mémoires de la Soc. Historique de Montréal. 3e livraison.— Rév. Giard, Sherbrooke. Offres. Biographie de Frs. Vézina, in-8, 76 pages. pave de l’Institut Canadien de Québec, No. 4. (1877).— in-8, 191 p. | . Annuaire de l’Université Laval, Nos. 12, 14, 18, 20. . Report of the Fruit growers Association of Ontario for 1870, in-8, 130 pages. . Paquin. Questions générales sur l'Agriculture, 1859, in-12, 22 p. . Riley. The Cotton worm, 1880, in-8, 144 p. Baird. Catalogue of N. American Birds, 1859, in-8, 24 p. Rév. Lafrance. Sermon sur le Sacré-Cœur de Jésus. 1873, in-8, 11 pages. 9. Saguenay, le passé, le présent et l’avenir du, 1851, in-18, 150 p. 10. Barnard. Causeries agricoles, 1875, in-12, 125 p. 11. Fruit List for Province of Quebec( Abbots-ford } 1875, in-12, 20 p. 12. Dr. Thyfault. Fondation d’une colonie française dans l’Ar- kansas, sous la direction des Pères du Saint-Esprit, 1878, in-8, 40 pages. : 13. Extrait de la Minerve. Résumé du Recensement de 1871 in-8, 13 pages. 14. Joly. Report on forestry and forests of Canada, 1877, in-8, 20 p. 15. MacPherson. Speeches on the Public Expenditures of the Dominion, 1877, in-8, 77 pages. 16. Spence. Manitoba and the North West territory, 1876, with _ Map, in-12, 36 p. 17. Manitoba et le Nord-Ouest, avec une carte, 1878, in-12, 66 p. 18. Provancher. Essai sur les insectes et les maladies qui affectent Je blé, 1857, in-8, 38 pages. À : 19. Provancher. Clef Systématiq 1e pour l’identification des oiseaux dû Canada, 1874, in-8, 26 pages. 20. Provancher. Les Essences ligneuses de la Province de Québec, 1878, in-8, 14 pages. ; 21. Riley. North America Microgasters, 1881, in-8, 20 p. 22. Riley and Monell. Aphididæ of U. S., 1879, in-8, 32 pages. 23. Riley. The Silkworm, 1879, in-8, 31 p. : 24, Riley Insects of Missouri, 9th Report, 1881, in-8, 177 p. 25. Riley. Blister Beetles, Pemphiginæ, &c. 1878, in-8, 23 pages, Comstock. Injurious insects, 1881, in-8, L38 pages. 27. Cresson. Tenthredinidæ and Uroceridæ, 1880, in-8, 222 pages. 28. Riley. The Rocky Mountain Locust. 1877, in-12, 236 pages. 29. De la Gironière. Vingt années aux Philippines, 1853, in-12, 340 pages. oo ttes) . DOI rm OO noe Se “ROUGH ON RATS” 4. Fait disparaitre les rats, souris, coqierelles, mouches, punaises, patois, i belettes. 15 cts. Chez Fe droguistes. La Séraphique Régle du Tiers-Ordre de Saint- François, par le T. R. P. Léon, 6e édition: : | (1831) revue et augmentée ... © .......…. 075 Almanach du Tiers-Ordre pour 3, AA de E . 0. 10 Le Calvaire fréquenté ou Chemin de] la cee . Perpétuel, par le P. Apollinaire, 2e édition, (TEI ek oto bec arc nid Su à 2 ne op 41 CAREC Al 0.10 $ Sur réception des prix menteonnts’ les” ouvrages ct- sdesius FE: seront envoyés franco PAR LA MADLE. be Tae” T 99 BUCHUPAIBA’ Cure prompte et complète de toute maladie affectant les PAUSE la vessie et les organes urinaires. $1. Chez les Droguistes. LIEUX HISTORIQUES DE 1 TERRE- SHINE, PAR LE Fre LIEVIN DE HAMME. 3 vols in-12, prix $2. | C’est l'itinéraire, jour par jour, étape par étape, dés pèlerinages qui se font, en Terre-Sainte. Depuis bientôt 22 ans, le Fre Liévin est chargé de conduire les caravanes qui vont visiter les Lieux-Saints. : À une! connaissance parfaite les lieux, il joint une. étude, sérieuse des faits historiques, bibliques om év: agéliques qui se ra portent à chicun. d'eux. , Doué d’une mémoire des plus heureuses, il n’a besoin ni de livres, ni de notes pour faire l'historique de ch: aque endroit que nous | renconsrons,.. Aussi tous les‘ pèlerins se félicitent-ils d'avoir un tel guide, | dans cet: ouvrage, que tout pèlerin ne manque, jamais dese procurer dès le départ. Ceux qui ne pouvant faire le voyage, voudront sé fotiner une juste idée des lieux que le Siuveur sanctifia autrefois: pir sa présence, ne peuvent le fuire plus sûrement qûé par ae leeture de cet | a | | ouvrage. Wh Sur réception du prix, avec en sus 6 centins pour le postage, Vou- Ù C'est le frait de ses recherches et de ses observations qu’il a: consigné | vrage sera expédié par la malle d'instoute la, Province. | À TL ouvrage est aussi en vente chez M. Brousseau, rue B fate, et hae \ é y¥ M. J. A. Langlais, St-Roch de Québec, ns Imprimé par C- Darveau 82 rue Lamonta ~ VOL, XIII.— 5. - MAI 1882. | No. 149 hen Moc ais iM, 4 . CAP ROUGE, PROVINCE DE QUEBEC, CANADA. As | ES 4 SRN à (ain. ; SOMMAIRE DE CE NUMERO. Faune Canadienne . De Québec à Jérusalem Etudiez l'histoire naturelle Faits divere : Une coquille monstre—Taxidermie— Darwin. 159 Le NATURALISTE CANADIEN paraît vers le 15 de chaque mois, par livraisons de 32 pages in-8. Abonnement, $2 par année, payable après la réception du premier numéro de chaque volume ou nouvelle année de pu blapa- tion. Pour les Etats-Unis $2. Pour les autres pays étrangers faisaut partie de l’union postale 12 race. N. B.— L’abonnement est réduit 4 $1.50 en faveur des éléves des colléges et autres institutions d’éducation, et des instituteurs. On ne s’abonne pas pour moins d’un an. Tout souscripteur désirant discontinuer son abonnement, est tenu d’en donner avis aussitôt après la réception du dernier nu- méro de chaque volume ou de chaque année de publication. ges Toutes correspondances, remises, réclamations ete., doiventêtre adressées au rédacteur, CapRouge, Québec. Agents du NATURALISTE : Québec: à l’imprimerie de M. C. Darveau, 82 et 84, rue de la Montagne. Montréal: MM. Payette & Bourgeault, libraires, 250 ,rue St-Paul. St Hyacinthe: M. le Dr. St-Germain. Ottawa: M. J. E. Lemieux, Bureau de l'Agriculture. Paris : MM. Roger & Chernoviz, libraires, 7, rue des Grands- _ Augustins. CF SU Tr = x HES ss ' Pour l'étude de l’Histoire Naturelle, Epingles entomologiques No. 2, $1.50, Nos. 3, 4, 5et 7, $1.25 nie. Epingles CAMION... Lane Le emits ta mai Data nette te LR .0.05 le cent. Epingles d'acier, à tête en émail; pour éialoirs........ ODA Loupes, triplettes, montées en corne ... ..-....... 1. 7518 pièce Loupe de poche, simple Mr ee - RIRE EU" 0.50 Microscope de poche...... . .................. 4..0.50 Pinces courbes, CHNAGICT e Las ce ELA Die à 2... 06-1608 xe Espointes Wpes. 254500: ae PRE EEE c--108 #6. pOur Ja ChagSe, Las are SAS» cu in e eg LS Py 53 Tabes en verre 1 MATRA ne ee ee ee = ob es 10/06 S’adresser au Réd. du Naturalisle, .CapRouge. ‘6 «e 66 ‘6, > Est tont autre qu’il n'était depuis qu'il a commencé à faire neace du WELVS HEALTH RENEWÈR 81. ) Demandes. 1. Ouvrages on brochures enr les Mousses. Les Diptères exotiques Ÿ de Magnart.— Kéd. du Nat. 2. Le Naturaliste Canadien: Vol. I. Nos. 9 et 10, Vol. IX, Nos. 9, 10 et 11. — Réd. du Nat. 3. Mémoires de Ja Soc. Historique de Montréal. 3e livraison. — Rév. Giard, Sherbrooke. Offres. + Biographie de Frs. Vézina, in-8, 76 pages. i - Annuaire de PInstitut Canadien de Québec, No. 4. (1877).— = in-8, 191 p. . + Annuuire de F Université Laval, Nos. 12, 14, 18, 20. + Report of the Fruit growers Association of Ontario for 187 0, in-8, 130 pages, - Paquin. Questions générales sur l'Agriculture, 1859, in-12, 22 ps - Riley. The Cotton worm, 1880, in-8, 144 p. - Baird. Catalogue of N. Ainericah Birds, 1859, in-8, 24 p. + Rév. Lafrance. Sermon sur le Sacré-Cœur de Jésus. 1873, in-8, ll paves. D TO GT Wa 9. Saguenay, le passé, le présent et l’avenir du, 1851, in-18, 150 p, 10. Barnard. Causerie- agricoles, 1875, in:12, 125 p. : Tl. Fruit List for Province of Quebec A bbots-ford } 1875, in-12, 20 p. 12. Dr. Thyfault. Fondation d'une colonie française dans |’ Ar- kansas, sous la direction des Péres du Saint-Esprit, 1878, in-8, 40 pages., 13. Extrait de la Minerve. Résumé du Recensement de 1871 in-8, 13 pages. 14. Joly. Report on forestry and forests of Canada, 1877, in-8, 20 p. 15. MacPherson. Speeches on the Public Expenditures of the Dominion, 1877, in-8, 77 pages. 16. Spence. Manitoba and the North West territory, 1876, w th Map, in-12, 36 p. | 17. Manitoba et le Nord-Ouest, avec une carte, 1878, in-12, 66 p. 18. Provancher. Essai sur les insectes et les maladies qui affectent | le blé, 1857, in-8, 38 pages. 19. Provanener. Clef Systématiq 1e pour l'identification des oiseaux ve du Canada, 1874, in-8, 26 pages. 20. Provancher. Les Essences ligneuses de la Province de Québee, % 1878, in-8, 14 pages. À ; 21. Riley. North America Microgasters, 1881, in-8, 20 p. 22. Riley and Monell. Aphididæ of U. S., 1879, in-8, 32 pages. 23. Riley, The Silkworm, 1879, in-8, 31 p. x 24. Riley Insects of Missouri, 9th Report, 1881, in-8, 177 p. 25. Riley. Blister Beetles, Pempbiginæ, &. 1878, in-8, 23 pages. 26. Comstock. Injurious insects, 1881, in-8, 138 pages. 27. Cresson. Tenthredinidæ and Uroceridæ, 1880, in-8, 222 pages. 28. Riley. The Rocky Mountain Locust. 1877, 1n-12, 236 pages, 29. De la Gironiére. Vingt années aux Philippines, 1853, in-L2, 340 pages. (2 La présente liste annule toute les précédentes. : $s d - Qu'ils ne meurent pas dans voire maison. | « ROUGH ON RATS” Chassez les rats, les sonris, les coquerelles, les panaisses; jes mouches, les fourmis, les belettes. 15 ets. ae = —_. La Séraphique Régle du Tiers-Ordre de Saint- François, par le T. R. P. Léon, 6e édition (1831) revue et augmentée: "are 0.75 Almanach du Tiers-Ordre pour 1882... 0:10 Le Calvaire fréquenté ou Chemin de la Croix Perpétuel, par le P. Apollinaire, 2e édition, (1818) .--sesereevseente AU 0 Sea been ae He —~ Sur réception des prit mentionnés, les ouvrages ci-dessus Irritation piquante, inflammation, tonte douleur des reins et des voies urinaires, sont guéries par le «« BUCHUPAIBA ”. $1. Guide Indicateur des Sanctuaires LIEUX HISTORIQUES DE LA DERRE-SUNTE. PAR LE Fre LIÉVIN DE HAMME. | 3 vols in-12, prit $2. C’est l'itinéraire, jour par jour, étape par étape, des pélerinages qui se font en T'erre-Sainte. Depuis bientôt 22 ans, le Fre Liévin est chargé de conduire les caravanes qui vont visiter les Lieux-Saints, A une connaissance parfaite les lieux, il joint une étude sérieuse des faits historiques, bibliques on évangéliyucs qui se ra>portent à chacun d'eux. Doué d'une mémoire des plus heureuses, il n’a besôin mide | livres, ni de notes pout faire l'historique de chaque endroit que nous Aussi tous. les pélerins se félicitent-ils d'avoir un tel seront envoyés franco PAR LA MALLE. | | CATHARRE pARS LA VESSIE rencontrons. uide. C'est le fruit de ses recherches et de ses observations qu'il a consigné dans cet ouvrage, que tout pèlerin ne manque jamais de sc procurer _dès le départ. Ceux qui ne pouvant, faire le voyage, voudront se former une juste idée des lieux que le Sauveur sanctifia autrefois par sa présence, ne peuvent le faire plus sûrement que par la lecture de cet ouvrages | He ee aed cad S Sur réception du prix, avec en sus 6 centins pour le postage, . l'ou- yrage sera expédié par la malle dins tonte la Province. Lattin) L'ouvrage est aussi en vente ehez M. Brousseau, rue Buade, et chez ÿ M. J. A. Langlais, St-Roch de Québec. KEY A a ET US De ne SC imprimé par C. DaRVEAT 82 roe Lamonta ae ; VOL. X III. — 6. JUIN 1882. en 2 AU A A iy, CANADIEN i LE a XS BULLETIN DE RECHFRCHTS, OBSERVATIONS ET DÉCOUVERTES ghey V2 “a ur BE RAPPORTANT A L'HISTOIRE NATURELLE DU CANADA, | He Rédacteur: M. L'ABBÉ PROVANC BR CAP ROUGE, PROVINCE DE QUEBEC, CANADA. A NORE gh bea TIR ÉTAT NEA = : ote | Aa un UN 1) LA: XL $ “ivre À PNALKER ne eA CRE D RE a in À ee: “ SOMMAIRE DE CE NUMERO. Faune Canadienne ...... ges ie? QUE is aoe ee ee 162 Darsoepes. a Jerusalem. wae Mt RS Sits wie A pk Te TRIDWORVAPIICs » 000. wien oda me DE aimer clean OR NON Faits diveres: Température—Insectes........ .....----. 191 Les Oypripèdes 2.7... 20. Wg eee PRES due de FRERE Le NATURALISTE CRD IE paraîtvers le 15 de chaque mois, par livraisons de 32 pages in-8. Abonnement, $2 par année, payable après la réception du premier numéro de chaque volume ou nouvelle année de publica- : tion. Pour les Etats-Unis $2. Pour les autres pays étrangers faisaut partie de Panton postale 12 francs. NN. B.— L'abonnement est réduit à $1.50 en faveur Fe élèves des colléges et autres institutions d'éducation, et des instituteurs. | On ne s’abonne pas pour moins d’un an. Tout souscripteur désirant discontinuer son abonnement, - esttenu d’en donner avis aussitôt après la réception du dernier nu- méro de chaque volume ou de chaque année de publication. 8gæ” Toutes correspondances, remises, réclamations etc., doivent être adressées au rédacteur, CapRouge, Québec. Agents du NATURALISTE : Québec: à l’imprimerie de M, C. Darveau, 82 et 84, rue de la Moissac . Montréal: Mad. Payette, libraire, 250 ,rue St-Paul. Re St- a M. ie Dr. St-Germain. a Ottawa : J. E. Lemieux, Bureau de ? Agriculture, Paris : MM. Roger & Chernoviz, libraires, 7, rue dee Grands- Augustins. TSTENSILES Pour l'étude de l'Histoire Naturelle. hace entomologiques No, 2, a 50, Nos. 3, 4, 5et 7, $1. 25 le mille. Rpingles camgiow ie be Aye OMAN ENT. co ee 0.05 le cent. Epingles d’acier, à tête en émail, “pour Gun lOIray oo LME O25. sees Loupes, triplettes, montées en/cürne 0: :. 222 4a. - 1.75 la: pièces, Toupe de poche Simple... LB LE Le Meg Soe 0.50 Microscope de poche..... PAS 2 1 Lots SPA AE cle AA OMR Pinces courbes, ÉD eter yo eal akon ace ais MSC WL een ee NA DOIN TER MES LE LISE EN ae SE 20 Hatha ‘¢ pour la chasse... paige ed he AR ut es ate DL segs Tubes @n verre sec sits SU SRE LU teem ia eae LE Er arr ‘S’adresser au Réd. du Naturalisle, CapRouge. Lima, 5e woe tie ” PER a, res ! Toor YA Als a! = ao MOUCHES ET PUNATSES Les monches, punaises, fourmis, rats. Souris, coquerelles, belettes, sont extermines par le ‘ ROUGH ON RATS ”. 15 cts. Demandes. 1. Ouvrages on brochures sur les Mousses. Les Diptéres exotiques de Maqnart.— Réd. du Nat. ° 2. Le Naturaliste Canadien, Vol. I. Nos. 9 et 10, Vol. IX, Nos. 9, 10 et 11.— Réd. du Nat. | | Offres- 3. Annuaire de l'Université Laval, Nos. 12, 14, 18, 20. Report of the Fruit growers Association of Ontario for 1870, in-8, 4 130 pages. : Paquin. Questions générales sur l'Agriculture, 1859, in-12, 22 p. 8 . Riley. The Cotton worm, 1880, in-8, 144 p. Rey. Lafrance. Sermon sur le Sacré-Cœur de Jésus. 1873, in-8, 11 pages. 9. Saguenay, le passé, le présent et l'avenir du, 1851, in-18, 150 p. 10. Barnard. Causeries agricoles, 1875, in-12, 125 p. 11. Fruit List for Province of Quebec Abbots-ford} 1875, in-12, 20 p. 12. Dr. Thyfault. Fondation d'une colonie frauçaise dans l’Ar- kansas, sous la direction des Pères du Saint-Esprit, 1878, in-8, 40 pages. 13. Extrait de la Minerve. Résumé du Recensement de 1871 in-8, 13 pages. 14, Joly. Report on forestry and forests of Canada, 1877, in-8, 20 p. 15. MacPherson. Speeches on the Public Expenditures of the Dominion, 1877, in-8, 77 pages. 16. Spence. Manitoba and the North West territory, 1876, w th Map, in-12, 36 p. 17. Manitoba et le Nord-Ouest, avec une carte, 1878, in-12, 66 p. 18. Provancher. Essai sur les insectes et les maladies qui affectent le blé, 1857, in-8, 58 pages. | 19. Provanener. Clef Systématiq 1e pour l'identification des oiseaux du Canada, 1874, in-8, 26 pages. 20. Provancher. Les Essences ligueuses de la Province de Québec, 1878. in-8, 14 pages. 21. Riley. North America Microgasters, 1881, in-8, 20 p. 22. Riley and Monell. Aphididae of U. S., 1879, in-8, 32 pages. _ 23. Riley. The Silkworm, 1879, in-8, 31 p. 24. Riley Insects of Missouri, 9th Report, 1881, in-8, 177 p. 25. Riley. Blister Beetles, Pemphiginæ, &c. 187%, in-8, 23 pages. . Comstock. Tnjurious insects, 1881, in-8, 138 pages. 27. Cresson. Tenthredinidæ and Uroceridæ, 1880, in-8, 222 pages. 28. Riley. The Rocky Mountain Locust. 1577, 1n-12, 236 pages. 29. De ja Gironière. Vingt années aux Philippines, 1853, in-12, 340 pages. 30. Explor. géologique du Canada, 77-78. Rev. Huart, Chicoutimi, 31. Bégin. Le culte catholique. “ 5 .32. Beangrand. La fileuse. fs Ù Es se ae 33. Holmes. Conférences a N.-D. de Québec, 2e éd. 34. Maurault. Histoire des Al énakis 35. E. Gagnon: Lettres de voyage “ “ee «6 « si “a 36. Couturier. Catéchisme dogmatique et moral 3 vols in-12 - 37. Concilia Provinciæ Quebec. 1 et 2 reliés en un is ‘ ‘ ‘6 38. Relations des Jésuites, 1 et 2 reliés a ep RES PR EEE PR CO ee —— re . a DEC IN: HD 5° HOMME ‘La débilité nerveuse. Ja dyspepsie, l'impuissance, les dabilites sexuelles sont guéries par le ** WELLS’ HEALD K ENE WER? $1. La ia Règle Le Wigic AUS are de Saute IA Tiers- Ordre de Saint- 5 François, par le T. R. P. Léon, 6e édition (1831) revue et sah apabe™ 5 free OU Almanach du Tiers-Ordre pour ADO SU ie : 0a $ _ Le Calvaire fréquenté ou Chemin de la Croix Perpétuel, par le P. Apollinaire, 2e édition, (AS Adeline A ME EE habs es de ea ee mi OUT Sur réceplion des prix mentionnés, les ouvrages Ci- -dessus seront envoyés franco PAR LA MAD BE. MALADIES DES ROGNONS | =) Les douleurs, irritations, l’incontinence, les députs, la pierre dans la vessie, etc. sont guéris par le € BUCHC PAIBA ”’ $1. Guide indicateur des Sanctuaires — ET LIEUX HISTORIQUES BA LA TERRE-SAINTE. PAR LE Fre LIEVIN DE HAMME. 3 vols in-12, prix $2. C'est I’ itinéraire, jour par jour, étape Hi étape, des pèlerinages qui se font en Terre-Sainte. Depuis bientôt 22 ans, le Fre Liévin est chargé de conduire les caravanes qui vont Le les Lieux- Saints, A une connaissance parfaite les lieux, il joint une étude sérieuse des faits historiques, bibliques’ on évangéliques qui se ra portent à chacun d'eux. Doué d’une mémoire des plus heureuses, il n’a besoin ni de livres, ni de notes pour faire Ne higvoarat® de chaque endroit que nous rencontrons. Aussi tous, les pèlerins se félicitent-ils d’avoir un tel guide, C’ést le fr sat de ses recherches et de ses observations qu’il a consigné d: ans eet ouvrage, que tout rèlerin ne man: le jamais de se procurer dès le départ. Ceux qui ne pouvant faire le voyage, voudront se former une juste idée des lieux que le Sruveur: sanctifiu autrefois par sa présence, ne peuvent le faire plus sûrement que ‘par la lecture de cet ouvrage. | \ Sar rc eption du prix, avec en sus 6 centins pour le postage, Vou- vrage sera expédié par la malle dins toute la Province, L ouvrage est aussi en vente chez M. Brousseau, rue B rade, et chez M. J. A. Langlais, St:Roch de Québee. - né | 1 ’ \ Soe ——————— —— imprimé par? »Daxvear 82 rue Lamenta VOL. XIII.—7. JUILLET 1882. Wo. 151. = CANADIEN, BULLETIN DE RECHERCHES, OBSERVATIONS ET DECOUVERTES SE RAPPORTANT A L HISTOIRE NATURELLE DU CANADA, CAP ROUGE, - PROVINCE DE QUEBEC, CANADA. RG Va MATE eine à ALKER de) ENT Q (HA Us SOMMAIRE DE CE NUMERO. FounétOtnadiéenne, …. oc one glee Meher © 9 biel ahnta siege ee 193 De Québec à Jérusalem........2.......:.......... 4 20 Fécondation des Cypripèdes..................... EE Aer = ir Nouvelles entomologiquen. .. U2... Mees, seein es es eve tale 224 Le NATURALISTE CANADIEN paraît vers le 15 de chaque mois, par livraisons de 32 pages in-8. Abonnement, $2 par année, payable après la réception du premier numéro de chaque volume ou nouvelle année de publica - tion. Pour les Etats-Unis $2. : Pour les autres paysétr angers faisaut partie de l'union postale 12 francs. N. B.— L'abonnement est réduit à $1.50 en faveur des élèves des colléges et autres institutions d'éducation, et des instituteurs. | 4 On ne s’abonne pas pour moins d’un an. Tout souscripteur désirant discontinuer son abonnement, est tenu d’gn donner avis aussitôt après la réception du dernier nu- méro de chaque volume ou de chaque année de publication. ga Toutes correspondances, remises, réclamations etc., doivent être adressées au rédacteur, CapRouge, Québec. ‘ Agents du NATURALISTE : Québec: à l’imprimerie de M. C. Darveau, 82 et 84, rue de là Montagne. Montréal: Mad. Payette, libraire, 250,rue St-Paul. St-Hyacinthe: M. le Dr. St-Germain. Ottawa: M. J. E. Lemieux, Bureau de l'Agriculture. Paris: MM. Roger & Chernoviz, libraires, 7, rue des Grands- — Augustins. ; CF $3 OS DY SEIS S&S Pour l'étude de l'Histoire N aturelle. Epingles entomologiques No. 2, $1.50, Nos. 3, 4, 5 et 7, $1.25 le mille. Epingles CUTAN LN oly nl nak RES LAURE Re RES 0.05 le cent. Epingles d’acier, à tête en émail, pour éialoirs........ OUR Loupes, triplettes, montées en corne ... ..-....-.. 1.75 la pièce. Loupee poche, simple. ......... RE PA Hg Cle 0.50 . Microscope de poche...... - -- Beanies Saya MA PA itt 0.350: 0(5 155 Pinces courbes, en acier..... PS A EE COR LR EN NL MODE MURS FR (DOTA TESTER - 2e Me ams e's ken EPL LADS "226 "7 pour la/Chanse ze UMR Re AR Ne ne OLS LUS Tubes cumerme ETC NE OC ieee RON OGM S’adresser au Réd. du: Naturaliste, CapRouge. \ MOUCKES ET PUNAISE 5 Les mouches, punaises, fourmis, rats, souris, coquerelles, belettes, sont exterminés pagile ROUGH ON RATS”. 15 cts, : : ' . Demandes. 1. Ouvrages on brochures sur les Mousses. Les Diptères. exotiques de Maqnart.— féd. du Nat. x - _ 2 Le Naturaliste.Canadien, Vol. I. Nos. 9 et 10, Vol. IX, Nos. 9, 10 et 11.— Réd. du Nat. | Offres. 3. Annuaire de l'Université Laval, Nos. 12, 14, 18, 20. 4. Report of the Fruit growers Association of Ontario for 1870, in-8, \ 130 pages. 5. Paquin. Questions générales sur!’ Agriculture, 1859, in-12, 22 p. 6. Riley. The Cotton worm, 1880, in-8, 144 p. 8. Rev. Lafrance, Sermon sur le Sacré-Cœur de Jésus. 1873, in-8, 11 pages. 9. Saguenay, le passé, let présent et l'avenir du, 1851, in-18, 150 p. 10. Barnard. Causeries agricoles, 1875, in-12, 125 p- Il. Fruit List for Province of Quebec: Abbots-ford ) 1875, in-12, 20 p. 12. Dr. Thyfault. Fondation d'une colonie frauçaise dans l’Ar- kansas, sous la direction des Pères du Saint-Esprit, 1878, in-8, 40 pages, 13. Extrait de la Minerve. Résumé du Recensement de 1871 in-8, 13 piges. 14. Joly. Report on forestry and forests of Canada, 1877, in-8, 20 p. 15. MacPherson. Speeches on the Public Expenditures of the Dominion, 1877, in-8, 77 pages. 16. Spence. Manitoba and the. North West territory, 1876, wth Map, ind2, 36 p. 17. Manitoba etde Nord-Ouest, avec une carte, 1878, in-12, 66 p. ‘18. Provancher. Essai sur les insectes et les maladies qui affettent le blé, 1857, in-8, 38 pages. 19. Provanener. Clef Systématiqie pour l'identification des oiseaux du Canada, 1874, in-8, 26 pages. 20. Provancher. Les Essences ligneuses de lagProvihce de Québec, 1878, in-8, 14 pages. ; 21. Riley. North America Microgasters, 1881. in-8, 20 p. 22. Riley and Monell. Aphididæ of U. S., 1879, in-8, 32 pages — 23: Riley. The Silkworm, 1879, in-8, 31 p. : ~ 24. Riley Insects of Missouri, 9th Report, 1881, in-8, 177 p. 25. Riley. Blister Beetles, Pemphiginæ, &c. 1878, in-8, 23 pages, 26. Comstock. Injurious insects, 1881, in-8, 138 pages. ; _ 21. Cresson. Tenthredinidæ and Uroceridæ, 1880, in-8, 222 pages. .28. Riley. The Rocky Mountain Locust. 1877, in-12, 236 pages, 29. De la Gironière. Vingt années aux Philippines, 1853, in-12, 340 pages. : wR 30. Explor. géologique.du Canada, 77-78. Rév. Huart, Chicoutimi 31. Bégin. Le culte catholique. ss 3 | 32. Beaugrand. La fileuse. ; 33. Holmes. Conférences à N.-D. de Québec, 2e éd. 34. Maurault. + Histoire des Abénakis 35. KE. Gagnon: Lettres de voyage ; 36. Couturier. Catéchisme dogmatique et moral 3 vols in-12 37. Concilia Provincis Quebec. 1 et 2 reliés en uh 6 38. Relations des Jésuites, 1 et 2 reliés ee «e ‘er BE BUR ie | DECLIN DE L'HOMME . Q La débilité nerveuse, Ia dyspepsie, l'impuissance, les débilités sexuelles sont guéries par le * a ELLS’ HEALTH RENEWER” $1. ee La Bices rks (mean fy S = y pres A1! f 7 | l Fei”: ” * LA" 4 aoe \ A, 14 SO De Beate 2 uss NPA iff 2 À ; ST: 8 ret’ oan pas TL ie ELA (Z ‘| CAP ROUGE, PROVINCE DE QUEBEC, CANADA > ee GNU See Ja 11 pa 7S 7h __- 2 2 roe NE) “Sal SOMMAIRE DE CE NUMERO. Faune Canadienne ...... A cee «TRE ANNE cg Rents eee De Québec à Jérusalem..... Be at. GA RATES AR CE Société Française de Botanique . Méper cin acute EC AR Le NATURALISTE CANADIEN paraîtvers le 15 de chaqu® mois, par livraisons de 32 pages in-8. Abonnement, $2 par année, payable après la réception du premier numéro de chaque volume ou nouvelle année de publica- tion. Pour les Etats-Unis $2. Pour les autres pays étrangers faisaut partie de l’union postale 12 francs. N. B.— L'abonnement est réduit à $1.50 en faveur des élèves des colléges et autres institutions d'éducation, et des instituteurs. On ne s’abonne pas pour moins d’un an. Tout souscripteur désirant discontinuer son abonnement, esttenu d’en donner avis aussitôt après la réception du dernier nu- méro de chaque volume ou de chaque année de publication. gæ” Toutes correspondances, remises, réclamations etc., doiventêtre adressées au rédacteur, CapRouge, Québec: Agents du NATURALISTE : Québec: à li imprimerie de M. C. Darveau, 82 et 84, rue de la Montagne. Montréal: MM. Cadieux et Derome, rue Notre Dame, St-Hyacinthe: M.le Dr. St-Germain. Ottawa: M. J. E. Lemieux, Bureau de l'Agriculture. \ Paris: MM. Roger & Chernoviz, libraires, 7, rue des Grands- AE EF S38 SOUS IN S83. 3S Pour l’étude de l’Histoire Naturelle. Epingles entomologiques No. 2, $1.50, Nos. 3, 4, 5 et 7, $1.25 Je mille. Epingles Camighs. Se OO AR EEE QUES 0.05 le cent. Epingles d’acier, à tête en émail, pour étaloirs........ 0.25 ets Loupes, triplettes, montées en COMME” 5. ,.- ss... 1.75 la pièce. . Loupe de poche, simple........... Re RUE 0.50 MAGrpECopé ‘de pamie. < -2e 0-20. ss Te LE memes 0-00 as Pinces courbes, en acier..... 2S AS «n'a; ease stare MEP alt Lae se (Font Alpointes HR ieee fet Din ce 1.25 oo Fi V pour lai GhasBe de. LR see eee ne, a slated 041520 Jubes.énipenee. SENS Ai A RE SC RE ET ee Gabe.) 28 S’adresser au Réd. VA Norat ate: CapRouge. Demandes. 1. Ouvrages on brochures sur les Mousses. Les Diptères exotiques de Maqnart.— Réd. du Nat. — 2. Le Naturaliste Canadien, Vol. I. Nos. 9 et 10, Vol. IX, Nos. 9, 10 et 11.— Réd. du Nat. +Offres. * . Annuaire de l'Université Laval, Nos. 12, 14, 18, 20. + Report of the Fruit growers Association of Ontario for 1870, in-8, 3 4 130 pages. p- Paquin. Questions générales sur l'Agriculture, 1859, in-12, 22 p. 8 . Riley. The Cotton worm, 1880, in-8, 144 p. + Rev. Lafrance. Sermon sur le Sacré-Cœur de Jésus. 1873, in-8, 11 pages. 9. Saguenay, le passé, le présent et l'avenir du, 1851, in-18, 150 p. 10. Barnard. Causeries agricoles, 1875, in-12, 125 p. 11. Fruit List for Province of Quebec: Abbots-ford ) 1875, in-12, 20 p. 12. Dr. Thyfault. Fondation d’une côlonie française dans lAr- kansas, sous la direction des Pères du Saint-Esprit, 1878, in-8, 40 pages. 13. Extrait de la Minerve. Résumé du Recensement de 1871 in-8, 13 pages. 14. Joly. Report on forestry and forests of Canada, 1877, in-8, 20 p. 15, MacPherson. Speeches on the Public Expenditures of the- Dominion, 1877, in-8, 77 pages. 16. Spence. Manitoba and the North West territory, 1876, w th Map, in-12, 36 p. 17. Manitoba et le Nord-Ouest, avec une carte, 1878, in-12, 66 p. 18. Provancher. Essai sur les insectes et les maladies qui affectent le blé, 1857, in-8, 38 pages. 19. Provanener. Clef Systématiq 1e pour l'identification des oiseaux du Canada, 1874, in-8, 26 pages. 20. Provancher. Les Essences ligneuses de Ja Province de Québec, 1878, in-8, 14 pages. 21. Riley. North America Microgasters, 1881, in-8, 20 p. 22. Riley and Monell. Aphididæ of U.'S., 1879, in-8, 32 pages. 23. Riley. The Silkworm, 1879, in-8, 31 p. 24. Riley Insects of Missouri, 9th Report, 1881, in-8, 177 p. 25. Riley. Blister Beetles, Pemphiginæ, &c. 1878, in-8, 23 pages, 26. Comstock. Injurious insects, 1881, in-8, 138 pages. 27. Cresson. Tenthredinidæ and Uroceridæ, 1880, in-8, 222 pages. 28. Riley. The Rocky Mountain Locust. 1877, in-12, 236 pages. 29. De la Gironière. Vingt années aux Philippines, 1853, in-L2, 340 pages. } FT 30. Explor. géologique du Canada, 77-78. Rév. Huart, Chicoutimi. 31. Bégin. Le culte catholique. sé “4 sa 32. Beaugrand. La fileuse. i 33. Holmes. Conférences à N.-D. de Québec, 2e éd. 34. Maurault. Histoire des Abénakis 35. E. Gagnon: Lettres de voyage } 36. Couturier. Catéchisme dogmatique et moral 3 vols in-12 37. Concilia Provinciæ Quebec. 1 et 2 reliés en un te 6 38. Relations des Jésuites, 1 et 2 reliés ss [a “ce a“ te “ “ “ce «ec ‘ec ‘4 ae CE | | E LA REGLE Du Troisième Ordre ce Saint François d'Assise Par Le R. P. FRÉDÉRIU DE GHYVELDE Franciscain, Missionnaire Apostolique, Vicaire Custod al de ‘Terre-Sainte. Vol. in-18 de 650 pages, relié, 50 centins. Ce livre si impatiemment attendu par les Tertiaires est enfin prêt à être livré au public. Les Te: tiaires, en outre de la Règle avecses constitutions et ses expli- cations y trouveront encore l'office de la Ste. “Vierge, celui des morts, les cérémo- nies de la Véture et de la Profession, les prières de la messe, des i etraites, neuvaines, méditations, en un mot un livre des plus complets pour tout ce qui les concerne. Mais ce livre ne convient pas seulement aux Tertiaires mais encore 4 toutes. les personnes pieuses qui veulent s’instruire, s’édifier et s’éclairer dans la pratique de la piété et vu le prix réduit auquel on le livre, on cherchevait vainement ailleurs recueil de prières plus complet à meilleur marché. Wn effet, un livre d’office sur bon papier, de 650 pages, élégamment relié, pour 50 centins, c’est ce qu’on ne peut trouver nulle part chez les libraires. Comme le gain n ‘entrait nullement dans cet e édition, le prix en a été fixé aussi bas que possible pour le mettre à la portée © de toutes les bourses et calculé uniquement pour rencontrer les dépenses. Aussi = | ce livre ne peut entrer dans le cours du commerce ordinaire, et les libraires qui ont - bien voulu consentir à se : harger de la vente, le font sans ‘rémunération aucune, Impossible au prix fixé de faire des déductions aux libraires pour leur assurer un bénéfice. On peut se-le procurer à Québec chez M. Lépine, rue Buade ; chez M. J. A. Langlais, S. Roch; aux Trois-Rivières chez MM. Carufel & Ayotte ; et À Montréal chez MM. Cadieux & Derome. Les personnes à distance qui voudraient le faire venir par la poste, devront, s'adresser au souss gné, au CapRouge, et envoyer 3 centins en sus du prix pour couvrir le coût du port. L’ABBE PROVANCHER. Guide Indicateur | Ges Sanctuaires LIEUX HISTORIQUES DE LA TERRE-SANTE. PAR LE Fre LIEVIN DE HAMME. e 3 vols in-12, prix $2. C’est l'itinéraire, jour par jour, étape-par étape, des pèlerinages qui se font en Terre-Sainte. Depuis bientôt 22 ans, le Fre Liévin est chargé de conduire les caravanes qui vont visiter les Lieux-Saints. A une connaissance parfaite les lieux, il joint une étude sérieuse des faits historiques, bibli iques ou évangéliques qui se ranportent à chacun d'eux. Doué d’une mémoire des plus heureuses, il n’a besoin ni de livres, ni de notes pour faire l'historique de chaque endroit que nous rencontrons, Aussi tous les pèlerins se félicitent-ils d’avoir un | tel guide. C'est le fruit de ses recherches et de ses observations qu'il a consigné dans cet ouvrage, que tout pèlerin ne manque jamais de se procurer dès le départ. Ceux qui ne pouvant faire le voyage, voudront se former une juste idée des lieux que le Sauveur sanctifia autrefois par sa présence, ne pees 2 le faire plus sûrement que par la lecture de cet ouvrage. Sur réception du prix, avec en sus 6 centins pour le et ie l’ou- vrage sera expédié pat la malle dins toute la Province. L'ouvrage est aussi en vente chez M. Brousseau, rue pou et aoe M. rath A. Langlais, St-Roch de Québec. == ES Imprimé par C.Dagveau 82 rue Lamonta - 4 - a ne JL. XIII. - 10. OCTOBRE 1882. ‘ CANADIEN. - Ora) ) / 3 LLETIN DF RECHERCHFS, OBSERVATIONS ET DECOUVERTES & 7 SE RAPPORTANT A L'HISTO'RE NATURELLE DU CANADA, Rédacteur: M. L'ABBÉ PROVANCHER. NO: 55 € y ¢ Ce i Z , 4 A e r À ta Nr de tae TI F7 CAP ROUGE: LES TS | PROVINCE DE QUEBEC, A. AN CANADA ae | BUCA IDA oy UN a SNS PORT TET y LA = Le PRE So ‘ ? =. is =f ? 3 r AWALKER, STE US AU (TA 2 SOMMAIRE DE CE NUMERO. Faune Canadienne ....... ve cicdeiweccencesrs sdeneenm 28) De Québec à Jérusalem....... A ae cal, 2 Pepa ASN hy ARTEMIS hos sist omni cen, co RSR eleicie Au nt à Fer hc se CI OU Le NATURALISTE CANADIEN paraît vers le 15 de chaque mois, par livraisons de 32 pages in-8. Abonnement, $2 par année, payable après la ce gnen du premier numéro de chaque volume ou nouvelle année de publica- tion. Pour les Etats-Unis $2. Pour les autres pays étrangers faisaut partie de l’union postale : 12 francs. N. B.— L’abonhement est AN APE $1.50 en faveur des élèves des colléges et autres institutions d'éducation, et des instituteurs. On ne s’abonne pas pour moins d’un an. Tout souscripteur désirant discontinuer son abonnement, esttenu d’en donner avis aussitôt après la réception du dernier nu- méro de chaque vélume ou de chaque année de publication. ga Toutes correspondances, remises, réclamations etc., doivent étre adressées au rédacteur, CapRouge, Québec. Agents du NATURALISTE : Québec: à l’imprimerie de M. C. Darveau, 82 et'84, rue de la | Montagne. Montréal: MM. Cadieux ef Derome, rue Notre- Dame. St-Hyacinthe: M.le Dr. St-Germain. Ottawa: M. J. E. Lemieux, Bureau de l’Agriculiure. Paris: MM. Roger & Chernoviz, libraires, 7, rue des Grands- Augustins. e Pour l’étude de l’Histoire Naturelle. Epingles entomologiques No. 2, $1.50, Nos. 3, 4, 5et 7, $1.25 le mille. Epingles Caiman as I EE 2 ta et Car 05 fe cent. Epingles d’acier, à tête en émail, pour étaloirs. seu 0.250066 Loupes, triplettes, montées en corne ... .......... D la piece, Loupe de puche, simple.......... LÉ are De eK ph NS 0.50 Microscope de poche: MR LE Es cies SALE DH QUE Pinces‘eourbess/entacier eine Une ue WS DA 2 IA SUSE wht. aa pointes fies tk seu oho AS RS ee co ASEM be Ae Moun AVC hasseale ., noes LL EURE (RE tee OLDS sm ase Tubes 6n verre cus fe git). Soa aaa cia SS ees ! 00617186 S’adresser au Réd. du Naturaliste, CapRouge. RE SS ee RE RE ES ee SE as RS PR 21. 22 222. 24. DD 26: PTE 28. 29. 30. 31. 32. 34. 35. 36. Be 38. Demandes. 1. Ouvrages on brochures sur les Mousses. Les Diptéres exotiques de Magqnart.—Kéd. du Nat. 2. Le Naturaliste Canadien, Vol. I. Nos. 9 et 10, Vol. IX, Nos. 9, 10 et 11.— Réd. du Nat. Offres- . Annuaire de l'Université Laval, Nos. 12, 14, 18, 20. Report of the Fruit growers Association of Ontario fur 1870, in-8, 130 pages. A . Paquin. Questions générales sur |’ Agricultnre, 1859, in-12, 22 p. . Riley. The Cotton worm, 1880, in-8, 144 p. Rév. Lafrance. Sermon sur le Sacré-Cœur de Jésus. 1873, in-8, 11 pages. À Saguenay, le passé, le présent et l’avenir du, 1851, in-18, 150 p. : . Barnard. Causeries agricoles, 1875, in-12, 125 p. . Fruit List for Province of Quebec Abbots-ford) 1875, in-12, 20 p. . Dr. Thyfault. Fondation d’une colonie française dans lAr- kansas, sous la direction des Pères du Saint-Bsprit, 1878, in-8, 40 pages. . Extrait de la Minerve. Résumé du Recensement de 1871 in-8, 13 pages. . Joly. Report on forestry and forests of Canada, 1877, in-8, 20p. — . MacPherson. Speeches on the Public Expenditures of the. Dominion, 1877, in-8, 77 pages. Spence. Manitoba and the North West territory, 1876, w th * Map, in-l2, 36 p. Manitoba ét le Nord-Ouest, avec une carte, 1878, in-12, 66 p. * Provancher. Essai sur les insectes et les maladies qui affectent le blé, 1857, in-8, 38 pages. . Provanener. Clef Systématiq 1e pour l'identification des oiseaux du Canada, 1874, in-8, 26 pages. . Provancher. Les Essences ligneuses de la Province de Québec, 1878. in-8, 14 pages. Riley. North America Microgasters, 1881, in-8, 20 p. Riley and Monell. Aphididæ of U.S., 1879, in-8, 32 pages. Riley. The Silkworm, 1879, in-8, 31 p. Riley Insects of Missouri, 9th Report, 1881, in-8, 177 p. Riley. Blister Beetles, Pemphiginæ, &c. 1878, in-S, 23 pages. Comstock. Injurious insects, 1881, in-8, 138 pages. Cresson. Tenthredinidæ and Uroceridæ. 1880, in-8, 222 pages. Riley. The Rocky Mountain Locust. 1377, in-L2, 256 pages. De la Gironière. Vingt années aux Philippines, 1853, in-L2, 340 pages. ; Explor. géologique du Canada, Bégin. Le culte catholique. Beaugrand. La fileuse. wee ÿ | Holmes. Conférences à N.-D. de Québec, 2e éd. iinet L 77-78. Rév. Huart, Chicoutimi. 6 a ‘6 : SPE £ Be “ ‘ Maurault. Histoire des Abénakis à : } + ‘ E. Gagnon Lettres de voyage NT Ve RES t moral 3 volsin-12 * Couturier. Catéchisme dogmatique et 1e : Concilia Provinciæ Quebec. 1 et ) reliés en un à 3 Relations des Jésuites, 1 et 2 reliés a) ; 2 SSN ED CRE + Si? | Minéraux, Livres de Science et de Médécine, Coquilles, : iN Fossiles, Oiseaux, Gufs, et tout objet d'histoire _ ~ naturelle vendus, achetés ou échangés | Par F, A. FOOTE, M. D. No.1293, BELMONT AVENUE, PHILADELPHIA, Pa. pera’ de Chimie et de Minéralogie, membre de nombreuses Sociétés s savantes etc.) Mon Catalogue des sf minéraux, 100 pages, est envoyé par la malle’ sur réception de 25 cts., sur papier. plus fort 50 efx, relié en Spas 5 cts, en basare } en veau $l. 295 29 Le en sus lorsqu'on veut -l'avoit avec © feuilles blanches interposées, La liste des prix, seule, | 16 pages) 3 cts. Ce $. Catalogue est profnsé- ment illustré, PONT CNE LORIE | primeuretle graveurne mont pas fait débourser moins de 31,100 avant de pouvoir en offrir en . vente nne seule copie. Les espèces sont rangées par ordre alphabétique, chacune étaut précédée d'un chiffre qui renvoie à la. liste des espèces où l’on trouve son nom, sa composition, son apparence, son clivage ou cas- où FU sure, sa dureté, sa pesanteur spécifique, sa fusibilité et sa crystallisation, caractères qui peuvent conduire à l'identification de l'espèce. COLLECTIONS POUR LES AMATEURS, LES ETUDIANTS, ETC. Une collection de 100, illustrera toûtes les principales espèces de Dana et autres onvrages ; tous les principaux minerais etc. Les espèces sont. distingnées par des étiqnettes imprimées qu'on ne peut enlever sans les : ey ats laver ah sah ae ~~ Nombre de ‘pèces. | 25 en boite'.50 en boîte|100 en boîte | 100 | 200 | 300 F Crystanx et fragments...’ $ 50 3: 00 $200 "15 1 00/52: 00,8 3 00. TRS Pour *yue" (2 | 5 PRO une 0 do emceenirs es ae 1 60 SOO ETAT 00, 5 00! 10 00! 25 00 Pour ls amateurs, 23 yy 5 sur 13° pese... MR Nell scscestts ODA vocal tpawiactaba' aware sles apacivowas 10 00) 25. 00! 50/00 “oso. nr TS Pour les Académies, 23 > pour tablettes. . eA Po) pean Pe PH 22 ig Cie Ro at 25 00 50 00 e Pourles Colléges, ES sur j | | 6 pees, spécimens a | sur 33 pces, spécimens NPA lé ’ 100 00 i asin tablettes...... See. |... pet ee BEN DE 59 00/150. 00/300 00 Les dimensions sont in à pen près, quelques unes étant plus grandes, \] fil les autres plus pétites: à ar: ) A.E. FOOT KE, M.D. i 0 4 le en % s = ~ IRA & ES SISZ Ph WEE nn - : ‘ (a ae oe © ' ane a itr imprimé parC. Darveay 82 rue Lamonta ~ MT | We eon Sa 4 4 : yk . VOL, XIII —11. NOVEMBRE 1882. ae Sy = re aii DT SS DEL Ales ay 1 seo { TR CANADIEN, CRE BULLETIN DF RECHERCHES, OBSERVATIONS ET DÉCOUVERTES ue v2 BE RAPPORTANT ‘A 54 HISTO 'ivt YATURELLE pu CANADA, Ha Rédacteur: M. L [. L'ABBÉ PROV ANCHER. Me: REX y © . So 4 ay A CAP ROUGE: PROVINCE DE QUEBEC, CANADA € ‘ ral a ae ANR ASE is. =f Ms e NU DE marae | ‘ /» ; | Rs = %. 7 , ANT tte 78. 3 SC oe Wea i: Sa aA Ac SOMMAIRE DECE NUMERO. Faune Canadienne—Hyménoptères ...... .............. 321 De Québec à Jérusalem ...... a ea i RE PP ey aera Matra OU Faits divers.— Arbus d’ornement.— Avis. — Réception.— Bibliographie.—Tératologie végétale.—(iufs d'oiseaux 350 Le NATURALISTE CANADIEN paraît vers le 15 de chaque mois, par livraisons de 32 pages in-8. Abonnement, $2 par année, payable après la réteption du premier numéro de chaque volume ou nouvelle année de publica- tion. Pour les Etats-Unis $2. Pour les autres pays étrangers faisaut partie de l'union postale 12 francs. © N. B.— L'abonnement est réduit à $1.50 en faveur des élèves des colléges et autres institutions d’ éducation, et des instituteurs. On ne s’abonne pas pour moins d’un an. Tout souscripteur désirant discontinuer son afonnement, est tenu d’en donner avis aussitôt après la réception du dernier nu- méro de chaque volume ou de chaque année de publication. say Toutes correspondances, remises, réclamations etc., doivent être adressées au rédacteur, CapRouge, Québec. Agents du NATURALISTE : Québec: à l'imprimerie de M. C. Darveau, 82 et 84, rue > de la Montagne. Montréal: MM. Cadieux et Derome, rue Notre Dame, St-Hyacinthe: M. le Dr. St-Germain. Ottawa: M. J. E. Lemieux, Bureau FAN ARE a Paris: MM. Roger & Chernoviz, libraires, "7, rue des Grands- Augustins. Pour l'étude de l'Histoire Naturelle. L Epingles entomologiques No. 2, $1.50, Nos. 3, 4, et 7, $1.25 le mille. Épinsles camion: Ji Liane Sab om ea cme 0.05 le cent. Epingles d’acier, à tête en émail, pour étaloirs........ 0625 ee Loupes, triplettes, montées en corme <<. ..-. ae 1.75 la pièce. Loupe de poche ample ii CNRS nn LAN AU 0.50 Microscope de poche. .... NV eee o\caete ais = mi 05072756 Pinces courbes, en acier..... IN RO SR PA AP lee YUEN Ly iV’ nommtes fines. 2 soca ke a Ne LHe Sates Lido een ‘é-hhpour Iaichdssels LW US au a PRES RTE CR a) 0:15 SU . Tubes en verre. ..... NÉE NO RL CU SOG ut is S’adresser au Réd. du Naturaliste, CapRouge. | SOR a A na ae ei les OR RR Be es RARES \ 1. Ouvrages ou brochures sur les Mousses. Les Diptéres exotiques 2. Le Ndturaliste Canadien, Vol. I. Nos. 9 et 10, Vol. IX, Nos. - Annuaire de l’Université Laval, Nos. 12, 14, 18, 20. - Report of the Fruit growers Association of Ontario for 1870, in-8 : + Paquin. Questions générales sur |’ Agriculture, 1859, in-12, 22 p. . Riley. The Cotton worm, 1880, in-8, 144 p. . Rév. Lafrance. Sermon sur le Sacré-Cœur de Jésus. 1873, in-8, | - Saguenay, le passé, le présent et l’avenir du, 1851, in-18, 150 p. . Barnard. Causeries agricoles, 1875, in-12, 125 p. . Fruit List for Province of Quebec Abbots-ford ) 1875, in-12, 20 p. . Dr. Thyfault. Fondation d’une colonie française dans J’Ar- . Extrait de la Minerve. Résumé du Recensement de 1871 . Joly. Report on forestry and forests of Canada, 1877, in-8, 20 p. 15. . Provancher. Essai sur les insectes et'les maladies qui affectent . Provanener. Clef Systématiq 1e pour l’identification des oiseaux . Provancher. Les Essences ligneuses de la Province de Québec, . Riley. North America Microgasters, 1881, in-8, 20 p. . Riley and Monell. Aphididæ of U. S., 1879, in-8, 32 pages. . Riley. The Silkworm, 1879, in-8, 31 p. . Riley Insects of Missouri, 9th Report, 1881, in-8, 177 p. . Riley. Blister Beetles, Pemphiginæ, &c. 1878, in-8, 23 pages. . Comstock. Injurious insects, 1881, in-8, 138 pages. . Cresson. Tenthredinidæ and Uroceridæ, 1880, in-8, 222 pages. . Riley. The Rocky Mountain Locust. 1877, in-12, 236 pages. . De la Gironière. Vingt années aux Philippines, 1853, in-12, . Explor. géologique du Canada, 77-78. Rév. Huart, Chicoutimi: . Bégin. Le culte catholique. Nu % . Beaugrand. La fileuse. ; . Holmes. Conférences à.N.-D. de Québec, 2e éd. « sé . Maurault. Histoire des Abénakis 6 . E. Gagnon Lettres de voyage age ;. Couturier. Catéchisme dogmatique et moral 3 vols in-12 . Concilia Provincize Quebec. 1 et 2 reliés en un . Relations des Jésuites, 1 et 2 reliés 7 ———— TEENIE Fa Demandes. de Maqnart.— Kéd. du Nat. , 9, 10 et 11.—Réd. du Nat. Offres- 130 pages. 11 pages. kansas, sous la direction des Pères du Saint-Esprit, 1878, in-8, 40 pages. in-8, 13 pages. MacPherson. Speeches on the Public Expenditures of the Dominion, 1877, in-8, 77 pages. Spence. Manitoba and the North West territory, 1876, w.th _ Map, in-12, -36 p. Manitoba et le Nord-Ouest, avec une carte, 1878, in-12, 66 p. Je blé, 1857, in-8, 38 pages. du Canada, 1874, in-8, 26 pages. 1878, in-8, 14 pages. 340 pages. cc « “ « «i [14 “ec LE: “ “ ‘“ Cr: IE + ahr a à | Minéraux, Livres de Science et de Médécine, te are Oiseaux, Œufs, et tout objet d'histoire === “naturelle vendus, achetés ou échangés © Par EF. A. FOOTE, M. D. No.1223, BELMONT AVENUE, PHILADELPHIA, Pas (Professeur de Chimie et de Minéralogie, membre de Pa Sociétés savantes etc.) Mon Catalogue des «minéraux, 100 pages, est envoyé par la malle sur réception de 25 cts., sur papier plus fort 50 cts, relié en percaline 75 ets, en basare #1, en veau $1.25; 25 cts. | en sus lorsqu'on veut lavoir ayec feuilles blanches interposées. À \ PR RAT AR WIR: À La liste des prix, seule, RER YO, jf te ANG MA (16 pages) 3 cts. Ce % À LL @ fp ij os TOR Catalogue est profusé- nent illustré, et l’im- ne primeur et le graveur ne m'oôntpas fait débourser moins de $1,100 avant de ponvoir en offrir en vente une seule copie. Les espèces sont rangées par ordre alphabétique, chacune étant précédée d'un chiffre qui renvoie à la liste des espèces où l’on trouve son nom, sa composition, son apparence, son clivage ou cas sure, sa dureté, sa pesanteur spécifique, sa. fusibilité et sa crystallisation, caractères qui peuvent conduire à l’identification de l’espèce. COLLECTIONS POUR LES AMATEURS, LES ETUDIANTS, ETC. Une collection de 100, illustrera toutes jes principales espéces de Dana et autres oùvrages ; tous les prinespaux minerais etc. Les espèces sont distinguées par des €tiqnettes imprimées qu’on ne peut enlever sans les laver | N ombre d’e:pèces. | 25 en boîte! 50 ch boite|100 en boîte | 100 200 | 300 Crystaux et fragments... 50 1 00 $2 00 $1 005 2 00$3 00. 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Faune Canadienne—Hyiménoptéres ...... ............. . 353 De Québec à Jérusalem ..... SR à À Lun ore RAT ye . 369 Coonillé#'ornément. 7.5 Rs ee. see a2 se SOO Faits Divers— Ottawa Field Naturalists Clib—Conférences de M. Lippens.—Prof. F. X. Toussaint—H. M. Ami. L’Argonaute—Haliotides ...... ._.. sista hls SOL 382 PGE | CERTA eile ote 382 Table Alphabétique des matières... ... etais es > Age Ie Table Alphabétique des noms de familles, genres et espèces . 334 fipratas se: FE EPG Pond = RE Slee al hah cee AERC OTD ee 388 Le NATURALISTE CANADIEN paraitvers le 15 de chaque mois, par livraisons de 32 pages in-8. Abonnement, $2 par année, payable après la réception du premier numéro de chaque volume ou nouvelle année de publica- tion. Pour les Etats-Unis $2. Pour les autres pays étrangers faisaut partie de l’union postale 12 francs. N. B.— L'abonnement est réduit à $1.50 en faveur des élèves des colléges et autres institutions d'éducation, et des instituteurs. On ne s’abonne pas pour moins d’un an. Tout souscripteur désirant discontinuer son abonnement, esttenu d’en donner avis aussitôt après la réception du dernier nu- méro de chaque volume ou de chaque année de publication. 8 Toutes correspondances, remises, réclamations ete., doivent être adressées au rédacteur, CapRouge, Québec. ae 4 du NATURALISTE : Québec: à l’inprimerte de M. C. Darveau, 82 et 84, rue de Hs Montighe. - Montréal: MM. Cadieux et Derome, rue Notre Dame. St-Hyacinthe: M. le Dr. St-Germain. Ottawa: M. J. E. Lemieux, Bureau de l’Agri@uliure. Paris: MM. Roger & Chernoviz, bre "4, rue des Grands- ) Augustins. Pour l’étude de l’Histoire Naturelle. Epingles entomologiques No. 2, $1.50, Nos. 3, 4, 5et 7, $1.25 le mille. Epingles AMOR. LL TE, SL ere Ar 0.05 le cent. Epingles d'acier, à tête en émail, pour étaloirs........ 0.262774 Loupes, triplettes, montées en corne ... .......:.. 1.75 la pièce. dopé ide poche simple... n.d bye eee ene sw Re 0.50 Microscope de poche...... . :. M -- an oan TR AE EL à APM Pinces courbes, en acier..... Re RE CEE 125706 ‘¢ A pointes fines... .. SUR ASSET LRU dT THE Phir pour la chasse li. 02 PL QE A” PE 2 Ed tit TLubes Eh VerFots bee) déve gere à PRE bte a a DS OG) EES S’adresser au Réd. du Naturaliste, CapRonge. _ Minéraux, Livres de Science et de Médécine, Coquilles, Fossiles, Oiseaux, Œufs, et tout objet d'histoire naturelle Vendus, achetés ou échangés Par F,. A. “OOTE, M. D. (Professeur de Chimie et de Minéralogie, membre de nombreuses Sociétés savantes etc.) Mon Catalogue des minéraux, 100 pages, est envoyé par la malle sur réception de 25 cts., Sur papier plus fort 50 cts, relié en percaliné 75 cts, en basare $1, en veau $1.25; 25 ets, en sus lorsqu'on veut Pavoir avec feuilles blanches interposées, #| La liste des prix, seule, | (16 pages) 3 cts. Ce Catalogne est profusé- aa) ment illustré, et )’im- | & ; primeuret le graveur ne | m'ont pas fait débourser moins de $1,100 avant de pouvoir en offrir en | vente une seule Copie. Les espèces sont rangées par ordre alphabétique, chacune étant précédée d'un chiffre qui renvoie à la liste des espèces où | l’on trouve son nom, Sa Composition, son apparence, son clivage où cas- sure, sa dureté, sa pesanteur spécifique, sa fusibilité et Sa crystallisation, A Caractères qui peuvent conduire à l'identification de l'espèce. COLLECTIONS POUR LES AMATEURS, LES ETUDIANTS, ETC. Une collection de 100, illustrera toutes Jes principales espéces de Dana et autres Ouvrages ; tous les principaux minérais etc. Les espéces sont distingnées par des étiqnettes imprimées qu'on ne peut enlever sans les i laver : Nombre d'espèces. 25 en boîte| 50 en boite/100 en boite | 100 | 200 | 300 Crysfaux et fragments... 50 $1 00 $2 00 |$1 00/8 2 00 $3 00 Pour les étudiants, plus BOOBS... en sscsescy one 1 00 3 00 6 00 5 00! 10 00! 25 00 Pour les amateurs, 2 ME «Aile à ve AE) RATES «| 10 00! 25 00/ 50 00 pour tablettes... 006 teva seenee PPT DOTE] OPERA 25 00} 50 00/100 00 tableptes, mr don CPR] PPFESS .… Les dimensions sont un à peu près, quelques unes étant plus grandes, les autres plus petites, L . . d A. EE. FOOTE, M.D. . Re ee oc, aan set ouster —— A EE EE CEE BE" D ne | ATENTS We continue to act as solicitors for patents, caveats, trade-marks, C0-. | pyrights, etc) for the United States, and to obtain patents | in Canada, En- 3 jand, France, Germany» and all other countries. Thirty-six “bunt s Babee: No charge for examination of models oF drawings: Advice by mail free ‘patents el through us are uoticed in the SCIENTIFIC AMERIC AN, which has the largest circulation, and is the most influ- tial newspaper | of its kind published in the world. The pdvantacrs of such a notice every patentee CA nds. mechanics, inventions, engineering works, and other departments of indus- trial progress, published in any country: Single copies | by mail, 10 cents. Sold by all newsdealers. ~ Address, Muun & Co., publishers ‘of Scientific American, 261, Broad- way, New York r | JE "AV: SR Handbook about patents mailed free. M De LI ON DEMANDE Les volumes 1, 2 et 3 du Naturaliste Canadien. Spécifier le prix | demandé. Ne Des volumes incomplets pourt raient cong être convenir Communiquer » avec le Rédacteur: yas} Demandes: de “Maquart.— Red. du Nat. 2e Le Naturaliste Canadien, Vol. I Nos. 9et10, Vol. 1X, Nos. g, 10 et1l: __Réd. du Nat. | 1. Ouvrages où brochures sur les Mousses. Les Diptères exotiques 6. Riley. The Cotton worm, 1880, in-8, 144 p 8. Rév: Beene, Sermon sur le Sacré- -Cœur te Jésus. 1873, ins, | 9: Ft Me passé; le présent et} avenir du, 1851, in-18, 150 p. ret Barnard. Causeries agricoles, 1875, in-12, 125p . Fruit List for Province of Quebec’ ; Abbots: ford} rs, in-12, 20 p- ve Dr. Thyfault. Fondation d'une colonie frangaise dans J'Ar- kansas, sous la direction des Pères du Saint-Esprit, 10 in-8 4 pages. 13.° Extrait de ja Minerve: Résumé du Role ae 1871 in-8, 13 pages 14. Joly. Report op forestry and forests of Canada, ee in-8} 20p. - Offres- 3. Annuaire de Y Université Laval, Nos. 12, 14, 18, 20. 4. Report of the Fruit growers Association of Ontario for 1870, in-8, 130 pages- 5. Paquin. Questions générales sur |’ 'Agrioultmtey 1859, in-12, 22 p. imprimé pat C. Darvead 82 rue Lamonta A 5 7 © VOL. XIV.—1. JANVIER 18 : 83. No. 157. KE ht SE Ve. : a” # pe aa he LUE. gi. Ÿ ) ax or = œ: + A ae É RÉ aD LS ae a0) @ ” . T : 0 4, Al D BULLETIN DE RECHERCHES, OBSERVATIONS ET DÉCOUVERTES BB RAPPORTANT A L'HISTOIR£ NATURELLE DU CANADA, He oy Rédacteur: M. L'ABBÉ PROVANCHER, CAP ROUGE: PROVINCE DE QUEBEC, CANADA . . SOMMAIRE DE GE NUMERO. Avis... eeeceeeeeeeerseeaeseeseeees 8 sims cet eee tesvrins Notre quatorzième volume. .... PAR EE ES ae eue. Lo Faune” Canadienne— Hyménoptères ...... .-.,.... 3 De Québec à Jérusalem ..............,.... ss. 21 Comme ça ressemble à la Morue:--.-e--sess..s..s.e 26 : Un Jésuite Naturaliste,...,......,,........4...... 28 The Acadian Bolentiels Se sake tee arr spebsdènes ue Si è Le Niro tire CANADIEN elite le 15 de haute mois, par livraisons de 32 pages in-8. 1 Abonnement. $2 par année, payable ‘après Ja uit du premier numéro de chaque volume où nouvelle apnge ne pat, tion. Pour les Etats-Unis $2. Pour les autres pays étran gers faisaut gprtie de 1 union postale 12 francs. N.B.— T7 Some est réduit à $1.50 en faveur des élèves des colléges et autres institutions d’ Education, et des. instituteurs. On ne s’abonne pas pour moins Au AU Po Tout souscripteur désirant discontinuer son. abonnement, esttenu d’en donner avis aussitôt après la réception du dernier nu- | méro de chaque volume ou de chaque année de publication. hae Toutes correspondarices, remises, réclamations ‘etc, doivent être adressées au rédacteur, CapRouge, Québec. * Agents du NATURALISTE : Qubbee : à l'imprimerie de M, C. Darveau, 82 et 84, rue de la | Montagne. Montre MM. Cadieux et. Tin rue Notre FE St-Hyacinthe: M. le Dr. St-Gérmain. À Ottawa: M. J. E. Lemieux, Bureau de: l'Agriculture. : Paris: MM. Roger & Chernoviz, libraires, a rue des Grands- © Augustins. if 7 3 [Ost ew SsILES Pour l'étude de l'Histoire Naturelle. Epingles entomologiques No, 2, $1.50, Nos. “3, 4, Set T, a 25 le mille. Epingles CAMIOR LE PRES SLR ones ee = -.0.05 le cent. * Epingles d’acier, à tête en émaul, pour nié BERS S te ALOR Te Loupes, triplettes, montées en corne 224 ,2:-:.:. 2.179) la pièce. Loupe de poche, simple.<......2.. eet SERA PS 20-50" Microscope de poche... .. ani DOME ae ec tibie Sale oe oe Pinces courbes, €n acien.."...1..............12221.28 046 0 0 ‘a pointes fiñest.. 2.4 LOS ES DR MARNE Np OS CAT lag NY ga ay ‘6. poor la chasse. SCRE TANS gage tas Siam 2 NE dla Uae CTI at Tubes en verre 42.724 Bh Sc pies Sage Uae DL OG Se S’adresser au Réd. du Naturaliste, CapRonge. ily Pourles Collèges, 34 sur] f Minéraux, Livres de Science et de Médécine, Coquilles, Fossiles, Oiseaux, Œufs, et tout objet d'histoire naturelle vendus, achetés,ou échangés Par Ei A FOOTE. Me D. | 300.1 1995, BELMONT AVENUE, PHILADELPHIA, Pa. | (Professeur de Chimie a de Minéralogie, membre de nombreuses pose cueapies etc. ye Mon 'Catalégue des minéraux, /100 pages, est envoye par la malle surréception de 25 cts., ‘sur papier plus fort 50! cts," relié en percaline 15 cts, en basare $1, en veau $1.25; 25 ets. en sus. lorsqu'on veut lavoir avec feuilles blanches | interposées. La liste des prix, seule, (16 pages) 3 cts. Ce Catalügne est profusé- ment illustré, et l’im- ies | ~~ primeuret le graveurne m'ont pas fait débourser’ moins de $1,100 avant de pouvoir en offrir en vente une seule copie. Les espéées sont rarigées par ordré alphabétique, chacune étant précédée d'un chiffre qui renvoie à la liste des espèces 6 | Yon, trouve son'nom, Sa composition, son apparence, son clivage on cas- {sure sa dureté, sa pesanteur spécifique, sa fusibilité et sa crystallisation, -caractéres qui peuvent conditire à l'identification de l’eépèce. ‘COLLECTIONS POUR LES ‘AMATEURS, LES ETUDIANTS, ETC. Une collection de 100, illustrera tontes les principales espèces de Dana et antres ouvrages ; tous les: principaux minerais etc. . Les espèces sont distinguées par des. étiquettes imprimées qu'on né pent enlever sans les Payer. le | ; ‘ 2 \ 35 en botte Gwen boi] 100 en botte 100 Re | 300 50 St 00 $2 00 ($1 00#2 0083 00 Nombre Eben Sarees æ Crystaus ot et fragments..| Pour les étudiants, plus OR cat’ | PÉTOS dieu. TA 1}: 1 00 3 00° * 6 00 5 00! 10 00} 25 00 les amateurs, 23}. | | | | bit SUR ARS 10 00} 25 00! 50 00 sur 1} pe¢es.. canses| sentneneg testes |eeesen cereester |ceteen ees Pour les Académies, 24 ma TH pele sur 3} peés, Spécimens}, 1° #p°|.! i Faia 4 pode tableties Bak. tM gee cicadas, ace Le 1 28, 00) 60.00/100 00 cimens our 6 pees, spé ns 50 00/150 00/300 00 | tablettes... enenet avoue |senconeceseesns| sestnenapesnes |ocseaerenne cosees Les dimensions Font uo a peu Dre dieluès unes étant plus grandes, t lus ttes i f mie Le à ms sat i, rnd SESS FOOTE, M.D. esc, 3; pe Une carte de la Méditerrannée accompagne la { présente livraison, et nous en donnerons PURE MERE une autre de la Palestine. THE MOST POPULAR | OF ALL—— SENTINE ME ACHES ——IS THE: LIGHT-RUNNING NEW HOME Rapidly taking the place of all other Machines where- ver introduced. 200,000 SOLd YEARLY ! Has more points of excellence than all other Machines combined, Ÿ LIBERAL INDUCEMENTS TO DEALERS. 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Handbook about patents mailed free. ! ON DEMANDE ——~” Les volumes 1, 2et3du Naturaliste Canadien. Spécifier le prix demandé. ey Des volumes incomplets pose peut étre convenir. Communiquer avec le Rédacteur. nes =~ eh Pel eile Fee 1 we CANADIEN. Le CAP ROUGE. _ PROVINCE DE QUEBEC, : CANADA 22 ah i N N her AD ma =e FEVRIER 1883. No. 158. Wied BULLETIN DE RECHERCHTS, OBSERVATIONS ET DECOUVERTES ee Le rod BE RAPPORTANT A L'HISTOIRE NATURELLE DU CANADA, Tips Rédacteur: HM. [. L'ABBÉ PROVAN CHER, Y 2 SOMMAIRE DE CE NUMERO. Faune Canadienne—Hyménoptéres (suite ct fin)... 33 ‘De Québec as -Jdérnsalem 24 ie eles oa eb ule wee BPO Bike Corne wins ade ns Dee a's Seen men RES 52 BihAOE PAPAS sy cc's He as

one à ser Usb DA ee Taher eiwverrbs- 20 eet nt el SDS RSR ot pate ES OA Oo... 5 S’adresser au Réd. du Naturaliste, CapRouge. Minéraux, Livres de Science et de Médécine, Coquilles, Fossiles, Oiseaux, Œufñs, et tout objet d'histoire naturelle vendus, achetés ou échangés Par F. A. l'OOTE, M. D. No.12%3, BELMONT AVENUE. PHILADELPHIA, Pa, (Professeur de Chimie et de Minéralogie, membre de nombreuses Sociétés savantes etc.) Amigo Stone, |e tn Catalogue des Pike's'Peah Col’ minéraux, 100 pages, est envoyé par Ja malle sur réception de 25 cts., sur papier plus fort 50 cts, relié en percaline 75 cts, en basare $1, en veau $1.25; 25 cts. en sus lorsqu'on! veut avoir avec feuilles blanches interposées, La liste des prix, seule, (16 pages) 3 cts. Ce Catalogne est profusé- ment illustré, et l’im- ; primeur et le graveurne m'ont pas fait débourser moins de $1,100 avant de pouvoir en,offrir en vente nne seule copie. Les espèces sont rangées par ordre alphabétique, chacune étant précédée d'un chiffre qui renvoie à la liste des espèces où l’on trouve son nom, sa Composition, son apparence, son clivage ou cas- sure, sa dureté, sa pesanteur spécifique, sa fusibilité et sa crystallisation, Caractères qui peuvent conduire à l'identification de l'espèce, COLLECTIONS POUR LES AMATEURS, LES ETUDIANTS, ETC, Une collection de 100, illustrera toutes lea principales espèces de Dana et autres Ouvrages ; tous les principaux minérais etc. Les especes sont distinguées par des étiqnettes imprimées qu'on ne peut enlever sans les laver. Nombre d'espèces. | 25 en boîte, 50 en boite/100 en boîte | 100 | 200 | 300 _—_.. — Crystaux et fragments... 50 $1 00 $200 ($1 00/8 2 00 $3 00 Pour les étudiants, plus LOR ciwegeravessse’ 1 00 3 00 6 00 5 00! 10 00! 25 00 Pour les amateurs, 21 sur 14-pces...... 4.1. CRC EURE ERA o* secessees Pour les Académies, 2} sur 34 pces, spécimens pour tablettes. |. CRÉCCEREREEEE) PP Pourles Collèges, 3} sur 6 pces, spécimens pour! tabletinsses it dos COLECE ET TE ESRI 10 00} 25 00! 50 00 peu près, quelques unes étant plus grandes, | A. E. FOOTE, M.D. ee ‘* Les dimensions sont una les autres plus petites. = J Pee PE OS ATP EPA ADA ARAL oo < —=~e Le PLATS" PP not LS PLAN ST —— = , ee = THE MOST POPULAR | sage MACHINES | { a j St me | | LIGHT-RUNNING NEW HOME | | © Rapidly taking the place of all other Machines where- ver introduced. ur 290,000 SOLd WEARLY : _Has more points of excellence than ali other Machines combined. PPS PPT PAPA ILA PPO PLL LOL PSE CT" — : LIBERAL INDUCEMENTS TO DEALERS. —— 30, Union Square. New York. We continue to act as solicitors for patents, caveats, : trademarks, C0-~ pyrights, etc., for the United States, aud to obtain, patents in Canada, Ev- gland, France, Germany; avd all other countries. Thirty-six year’s RNA PRLS I ELLIE page NEW HOME SEWING MACHINE co. : | $ $ ww practice. 2 : No charge for examination of models or drawings Advice by mail X RS TLPS TAN POPPA PALL LPL SLI PPT LD ILO _ AMERICAN; which has the largest circulation, and is the most influ- ential newspaper of ‘ts kind published vn the world. . Thé advantages Of © such a notice every patentee understands. ea This large and splendidly illustrated newspaper is. published WEEK- LY at $3.20 a year, anid is admitted to be the best paper devoted to science, inventions, engineering works, and other departments of indus- € 3 ree. : Patents obtained throngh us are uoticed in the SCLENTIFEC | mechanics, trial progress, published in any country. Single copies by mail, 10 cents. Sold by all newsdealers. : Address, Munn & Co., publishers of Scientific “American, 261, Broad-. way, New York. Handbook about patents mailed free. - : eee 8 ee oN DEMANDE | Les volumes 1, 2 et 3 du Naturaliste Canadien. Spécifier Je prix. demandé. ‘ Ra Des volumes incomplets pourraient peut-être convenits Communiquer avec le Rédacteur: Imprimé par C. Danveau 82 rue Lamonta VOL, XIV.—2. OCTOBRE 1883. No. 159. 4 ? \ gi ~ Ke b TTS = ~ wh Z wre ia ee MEN = | 7 fee ea Ï sr AY Ur (sade DOD minum gr Te on Gad mt L fA Soon: 5 à Maze CANADIEN. BULLETIN DE RECHERCHES, OBSERVATIONS ET DÉCOUVERTES 2 BE RAPPORTANT A L' HISTOIRE NATURELLE DU CANADA, a Ps SERRE LL » Rédacteur: M. L'ABBÉ PROVANCHER, CR CAP ROUGE. PROVINCE DE QUEBEC, CANADA SS GET a NC pra I Ee LL, = SS = TSMC At ae A feo SOMMAIRE DE CE NUMERO. Apog ladtonre sc cid Ase Se een ek ek ac de eer OD : L’Emése à longues pattes 224.4, 44e eee 173. La Propagande et l'histoire Naturelle, ,.,...,,........ TA T'ablé dec ildetration seen ie Vee dees ea ST SN Doble dés matières ose cs MES vos aoe bow SE RTE . Table alphabétique des familles, genres et espéces........ 76 Le NATURALISTE CANADIEN paraît vers le 15, de chaque mois, pat livraisons de 32 pagesin-8. Abonnement, $2 par année, payable après la réception du premier numéro de chaque volume ou nouvelle année de publica- tion. Pour les Etats-Unis $2. Pour les autres pays étrangers faisaut partie de l'union postale 12 francs. N.: Be BD! abonnement est réduit A $1. 50 en faveur des élèves ‘des colléges et autres institutions d’éducation, et des instituteurs. On ne s’abonne pas pour moins d’un an. | Tout souscripteur désirant discontinuer son abonnement, esttenu d’en donner avis aussitôt après la réception du dernier nu- | méro de chaque volume où de chaque année de publication. gæ” Toutes correspondanees, remises, réclamations etc., doivent être adressées au rédacteur, CapRouge, Québec, L Agents du NATURALISTE : Québec: à l’imprimerie de M. C. Darveau, 82 et 84, rue de la Montagne, Montréal: MM. Cadieux et ‘Derome, rue Notre Dame. St- Haein M. le Dr. St-Germain, Ottawa: M. J. E. Lemieux, Bureau de l'Agriculture. Paris : MM. Roger & Chernoviz, libraires, a rue des Grands Augystins. VSTENSILES Pour l'étude de l'Histoire Naturelle. Epingles entomologiques No. 2, $1.50, Nos. se 4,5et 7,$1.25 le mille. Epingles Cantons ssp cael a ae Sow Od a Lele de 0.05 le cent. Epingles d’acier, à tête en émail, pour ie Nas CE Loupes, triplettes, montées en cérne 1.4. ..--...- 24725 18 pièce. Loupe de poche, simple. soe. nis cfs tees ee oh gree 720.60 Microscope de poche... 2. .1....:..,.2 PTE eh ee 0.50 « Pinces courbes, en acier...... RARE à à wilt ie eh ees URSS ey Feary “*~ à pointes fines. ...... NT EE D DR ET CS NE 12057586 ‘¢ pour la chasse. .... DER CE AD RSS Re RES EL te Tubes enverre..... PPS ag PEU NS Page Sart ua oem OG «tt S’adrekser au Rede 4 Naturaliste, CapRouge. Minéraux, Livres de Science et de Médécine, Coquilles, ; Fossiles, Oiseaux, Gufs, et tout objet d’histoire naturelle vendus, achetés ou échangés My Par We A. FOOTE, NE. D. | No.1223, BELMONT AVENUE, PHILADELPHIA, Pa. . (Professeur de Chimie et de Minéralogie, membre de nombreuses = : Sociétés savantes etc.) idmuzoir Store, Mon Catal ogue des Pike's Peak, Col. minéraux, 100. pages, gy est envoyé par la malle surréception de 25 cts., sur papier plas fort 50 ets, relié en percaline 75 ets, en basare $1, | en veau $1.25; 25 ets. l en sus lorsqu'on veut lavoir avec feuilles blanches interposées. * La liste des prix, seule, (16 pages) 3 cts. .Ce Catalogue est profuse- | ment illustre, et l’a | pratensis primeuret le graveur ne : À n'ont pas fait débourser moins de #1,100 avaut de pouvoir en offrir en | vente une seule copie. Les espèces sont rangées par ordre alphabétique, | chacune étant précédée d'un chiffre qui renvoie à la liste des espèces où ‘Von trouve son! nom, sa composition, son apparence, sen clivage ou cas- gure, sa dureté, sa pesanteur spécifique, sa fusibilité et saerystallisation, caractères qui peuvent conduire à l identification de l'espèce. COLLECTIONS POUR LES AMATEURS, LES ETUDIANTS, ETC. : Une collection de 100, illustrera toutes les principales espèces de Dana et autres onvrayes ; tous les principaux minerais ete. Les espèces sont distingnées par des étiqnettés imprimées qu'on ne peut enlever sans les laver | Nombre d'espèces. {25 en boîte 50 em boite[100.en boîte | 100 | 200 | 300 Crystaux et fragments...) 50 $100 | $200 [$1 00/8 2 00$ 3 00 Pour les étudiants, plus} ; . BTOS. ose eaves RAT LE 0 3 00 |. 6 00 5 00! 10 00! 25 00 | Pour 1s amateurs, 2}! - sur l} pces…..….....….. vee Pour les Académies, 24 | suri3} pees, spécimens “pour tablettes. ele [.…... |). UT 25 00! 50 00/100 00 Pour les Collèges, 3} sur | 6 pces, spécimens pour | S an ee lrueste comen nas te [O0 001100 68/800. 00 “Les dimensions sont un à pen près, quelques unes étant plas grandes, 41 t ] tites. ~- pica A A A. E. FOOTE, M.D. 10 00! 25 00! 59 00 pete lee eeee te ee eens | wees wanes tue tee 183 AVES IMPORTANT. a Nos (mbonnge ‘retardataires comprendron qu'il faut main- tenant, de toute nécessité, solder leurs comptes sans délai. Tous les comptes qui demeureront encore dus au 25 de ce mois, seront, remis entre les mains dun avoeat pour recouvre. ment, Qu'on veuille bien ne pas l'oublier. Quant au petit nombre de ceux qui avaient: payé d'avance ? la présente année, le volume XIV, qu'ils soient sans inquiétude, | nous allons nous : mettre de site en frais de Tes rembourser, | . sg eee ee — Nous poursuivons. aussi vite que possible l'impression : de notre récit de voyage en Terre-Sainte. : Nous espérons, dans le cours du mois prochain, pouvoir offrir au public un volume 3 de 700 à 800 pages avec cartes géographiques et plans des | mieux exécutés qué mous avons fait faire en Belgique. ao AUN E | NTOMOLOGIQUE DU CANADA. _ VOLUME xz CORÉEN Les Orthoptares, les Névroptères « et les Le a - noptéres, Le Volume de ci pages in-8 avec illustrations p s par se aa ey 3 L’Abbé L. PROVANCHER. ie ie — oe PRIX: $2. 00. $ aâresser a auteur T0) À at, Linen par C. Danyaaw 82. pus Lamentn eae 7 es = ES 7 ‘ru : CD 1 De à , 2 : ay Res Ti ca i ne 0 7 PS à nk Py | a ee A oh à . ; re € i f d = emcee = MC COM LC CC CC « cee. ae ER, & C« e ace CCC M. Le a Less « 4 (EL AR COLE TC coe Ê A ; À a A AA A à al A à is Pes £ << CAL : Cx A ve A: 4 ALN 3 pay | À Te CE CE « A \ ae Ann NA ANY ant a A A nv AA an a AA AA fa A | AN ‘ \A aa) nas LKAAW AA AA Natal lava) AAA ARARAA A A A AAAÎAAA A AANA AAA Annan à A’ AAA Rann \A ‘À la! SA A À A nn UC OC mae € ae : mk ia NT cat = ee ee CAL On © Mirae Ge ce a CS KK se wt “hy "à te 4 a a Eee iC oe Gi , Re) AAA ET" Ap Aina CAN AA A A A EEE: Nnan An? la! A ae hn agin alae AA a = \AAAAA, ARA MIDE Ala - aot. ol CES ce OM 4 7 CE « LC C Coe es CCC. ee pnt Me (a Le Ce €: CHALET CRE &r PE AA A LC : MK nn à JA À manny AA AE LARA VE MA OPER EVENE | PAUL UML MAL \ | ee hit iw ne | UE MSU À wi ÿ Ms WU; À" w mer pe 2 aan Mi A A HR da Sh eee, MAW jad died Ww wwe J M tea ia Nays ve ie Wedd | Ses es 4s Wd Ma way Muy GEV GIR