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ÉTUDES SUR LES DIALECTES

DE

L'ARABIE MËEIDIONALE.

U •Z^53^e.

ÉTUDES SUR LES DIALECTES

DE

L'ARABIE MÉRIDIONALE

PAR

LE COMTE DE LANDBERG.

-±^

DEUXIÈME VOLUME.

DATINAH.

Deuxième partie. Commentaire des textes prosaïques.

7. ^ 5z

LII3KA1KJE ET IMPlilMEKlE

ci-devant

E. J. BRILL. - LEIDE. 1909.

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A LA MÉMOIRE

DU

Roi OSCAR n.

Deux semaines avant la mort du roi, je reçus de lui une lettre dans laquelle il m'écrivit entre autres choses ceci : „Le livre I>ie Keilinschriften uncl des Alte Testament que le professeur Zimmem m'a envoyé m'a vivement intéressé, surtout la partie qu'il a écrite lui-même. Mais il faut être plus savant que moi pour bien comprendre tout cela. Oui, c'est en Babylonie que nous devons cher- cher l'origine de notre religion et de ses dogmes. Je vois plus clair à présent. Un point me paraît encore obscur: quelle est la relation entre la civilisation égyptienne et celle de la Babylonie, car il doit y en avoir une. Il y a longtemps que je le suppose." J'étais justement en train de lui répondre pour lui exposer comment j'envisage cette relation, lorsque je reçus la nouvelle que mon bien aimé roi avait fini sa mission sur la terre. Le coup était terrible pour moi, car je lui étais très attaché. Les Orien- talistes, dont beaucoup ont eu avec lui des rapports per- sonnels, connaissent l'intérêt qu'il portait à leurs études. Ce n'était pas une expression aimable de roi, mais un intérêt basé sur le désir d'approfondir l'histoire de

lUF&iUEBiE ci devant £. J. bbill, L£ID£M.

A LA MÉMOIRE

DU

Roi OSCAR II.

Deux semaines avant la mort du roi, je reçus de lui une lettre dans laquelle il m'écrivit entre autres choses ceci : „Le livre Die Keilmschriften imd des Alte Testament que le professeur Zimmern m'a envoyé m'a vivement intéressé, surtout la partie qu'il a écrite lui-même. Mais il faut être plus savant que moi pour bien comprendre tout cela. Oui, c'est en Babylonie que nous devons cher- cher l'origine de notre religion et de ses dogmes. Je vois plus clair à présent. Un point me paraît encore obscur: quelle est la relation entre la civilisation égyptienne et celle de la Babylonie, car il doit y en avoir une. Il y a longtemps que je le suppose." J'étais justement en train de lui répondre pour lui exposer comment j'envisage cette relation, lorsque je reçus la nouvelle que mon bien aimé roi avait fini sa mission sur la terre. Le coup était terrible pour moi, car je lui étais très attaché. Les Orien- talistes, dont beaucoup ont eu avec lui des rapports per- sonnels, connaissent l'intérêt qu'il portait à leurs études. Ce n'était pas une expression aimable de roi, mais un intérêt basé sur le désir d'approfondir l'histoire de

VI

la religion dans laquelle nous avons été élevés. La vérité scientifique dominait tout chez le roi. Malgré cela, il était persuadé de la haute valeur éthique du christianisme. Profondément philosophe, il avait supporté, avec une séré- nité de sentiments admirable, le terrible choc qu'un en- nemi insidieux avait apporté à notre patrie. „Je n'ai pas voulu que les deux frères s'entre-tuent, me dit-il, et les juges suprêmes, le temps et l'histoire, prononceront leur verdict." Ce verdict a déjà été prononcé. Requiescat in pace.

PREFACE.

L'impression du manuscrit de ce volume a duré trois ans et demi. Pendant ce temps, quelques ouvrages ont paru que j'aurais bien voulu utiliser. Tels sont Volks- sprache und Schriftsprache im aîten Arabien par Karl Vollers, et Grundriss der vergleichenden Grammatik der Semitischen Sprachen par Cari Brockelmann. Je ne crois pas que l'ouvrage très important de Vollers ait été ap- précié par mes confrères autant qu'il le mérite. Il con- tient d'immenses matériaux pour l'histoire des dialectes. Quelques vues de détail de mon savant ami ne sont pas toujours les miennes, mais je trouve le jugement de Brockelmann V G S S p. 24 tout à fait injuste, car Vollers ne dit rien de pareil.

Le Grundriss de Brockelmann est un monument de la science orientale allemande. La force de travail de cet orientaliste est phénoménale, écrasante. Il fait dans son ouvrage une large part aux dialectes arabes. Ceux-ci for- ment même le nucleus de son exposé. Pour un ouvrage de cette nature, le premier de son genre, le début est brillant, et j'admire franchement l'étendue des connais- sances, le zèle collectionneur, la facilité de travail et la force synthétique de l'auteur. Cependant, j'ai pu me persuader, en étudiant le Grundriss, que les dialectes

VIII

sont encore insuffisamment connus et mal connus. J'en- visage bien des phénomènes autrement que Bfockelmann. S'il voulait travailler moins vite, il nous rendrait encore plus de services. Je renvoie à son ouvrage autant que me l'a permis la technique de l'impression, mais je me propose de publier une critique raisonnée de la partie arabe de ce livre capital. Quelques mémoires de I. Barth et de A. Fischer, tous les deux mes amis personnels, qu'une discussion scientifique a brouillés, espérons pour peu de temps, m'auraient également servi, non pas pour modifier mes jugements, mais pour les confirmer.

La publication de Rhodokanakis sur le dialecte de Pofâr, qui parut lorsque mon livre était presque en entier im- primé, est très méritoire et intéressant. Elle a pourtant besoin de rectifications. Je les donnerai au Glossaire. En outre, le „dialecte de Çofâr" est un patois bien hété- rogène, produit du commerce des Mahrah avec les Arabes des côtes de l'Arabie méridionale et du Golfe persique. C'est même plutôt un baraguinage individuel qu'un véri- table dialecte.

On trouvera sans doute que mes commentaires sont un salmigondis fort indigeste. Et pourtant je n'y ai mis qu'une petite partie de ce que je voulais et pouvais dire. Il y a beaucoup de choses dans le girâb el-kurdî que j'ai rapporté avec moi de l'Orient. Qui sait si un autre pourra dépenser trente ans de sa vie en Orient, sa force, son argent et ses intérêts personnels pour relever les dialectes, comme je l'ai fait, moi? Les commentaires des textes poétiques sont élaborés, et je ferai tout mon possible pour que la publication ne s'en fasse pas trop attendre. Le Glossaire formera un gros volume. Il com- prendra non seulement tout ce qui figure dans les trois

IX

volumes de Datînah, mais aussi une grande portion du vocabulaire dés dialectes de l'Arabie du Sud. Cela pour faciliter le travail que préparent quelques savants alle- mands, et auquel je porte le plus grand intérêt.

Il n'est pas inutile de dire que j'ai parlé le dialecte dâtînois tous les jours, depuis plus de douze ans, avec les indigènes qui m'ont entouré. Je passe à présent à un autre dialecte, que je parlerai pendant quelques années avant de le présenter à mes confrères. Voilà ma méthode. Elle est très lente et très coûteuse, mais elle est plus sûre. Mon ami le professeur Enno Littmann et les savants algériens suivent la même méthode. Elle a donné les résultats qu'on connaît.

Ne travaillant que pour la science elle-même, je n'ai jamais envoyé d'exemplaires de rédaction aux revues critiques. Le jugement de quelques orientalistes, pour la plupart mes confrères intimes, qui auront de l'intérêt à lire cet ouvrage, est le seul qui m'intéresse. Ne dépen- dant de personne et n'acceptant que les vérités prouvées par la philologie, l'histoire et les sciences naturelles, je fais carrément face au mysticisme de l'Eglise, qui domine encore les pays la séparation de l'Etat et de l'Eglise n'a pas encore eu lieu. C'est justement cette Eglise dogma- tique qui est la plus grande ennemie de la science. Notre devoir est de la combatti'e. L'Orientaliste est la bête noire du clergé, chrétien, juif ou musulman, car il lui montre, philologiquement et historiquement, la provenance orien- tale des dogmes mystiques, émanations d'un clergé, vieux comme le monde, et qui croyait, alors, voir du surnaturel oii il n'y avait que du naturel.

La France nous donna la liberté politique par la grande Révolution. Elle vient de donner aux Français la liberté

religieuse par la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Cet ouvrage, écrit en français, comme tous les précédents, est, à ce titre, un hommage de respectueuse gratitude à la nation libératrice. Pour nous autres Germains, la route est encore longue!

Les découvertes des dernières cinquante années ont bouleversé nos idées. Les dialectes arabes, qui forment un emporium inépuisable de trésors, encore tout brillants, malgré leur vétusté, contribuent, pour leur part, à dis- siper les ténèbres qui ont, jusqu'à présent, couvert le monde oriental, dont la civilisation a ra5'0nné sur toute l'Europe et qui lui a donné le cachet qu'elle porte encore à l'heure qu'il est.

Avec la mort d'Ed. Glaser, nous entrons, je l'espère, dans une période de calme et de collaboration désinté- ressée. D voyait partout des persécuteurs et des rivaux. Par son esprit chicaneur et sa plume souvent fort en- venimée, il avait laissé planer sur nos études une gênante lourdeur, car personne n'était à l'abri de sa mauvaise langue. A présent que D H Mûller et Fritz 'Hommel se

sont solennellement réconciliés par un sy> lAic, publié dans le W Z K M 1908 XIII Heft 2, il faut espérer que ces deux savants nous donneront le résultat pratique de cette alliance retentissante, en publiant ensemble les ins- criptions de Glaser. Alors seulement nous pourrons ap- plaudir à un acte qui, sans cela, ne serait pas bien compréhensible. Pour faire avancer la science, il n'y a pas de sacrifice trop grand.

Je présente ici tous mes remerciements à M. le Directeur Peltenburg, chef de la Maison E. J. Brill, à Leiden, qui, avec un nouvel essor, continue dignement la renommée de cette honorable maison.

XI

Le lecteur est prié de vouloir bien corriger les fautes d'impression avant de lire cet ouvrage.

Tous les mots et tous les exemples il n'y a pas d'indication de provenance sont du dialecte datînois.

Nice le 1er Novembre 1908. Landberg.

TROISIÈME PARTIE.

COMMENTAIRE.

281

7, 1. La première ligne nous offre déjà des particularités dialectales. L'article est dans le pays à l'ouest de Hadra- môt, la plupart du temps, em ^), au lieu d'el. Je dis „pour la plupart", car les Kâzim, confédération prin- cipale du pays des ^Awâliq Inférieurs, se servent de pré- férence d'el. La voyelle prosthétique est pourtant u ou 0 1" si la première lettre du mot est w: um-weli', le saint, le sanctuaire-, om-waldah 77, 21; 80, 22; 81, 1. Devant la même lettre, l'article peut aussi devenir ow: ov^-v^aldât, 38, 3, et 9; ow-waladât 38, 6, les filles; il est même allongé en ô: ô v*^ aidât 74, 14; 75, 1; 140, 9. Cela n'est cependant pas une règle géné- rale. 2° Si le mot précédent finit par un u ou un w, avec lequel l'article fait alors corps: wàlligum-kutub, cachez les livres; hàqwum-waldah, la taille de la jeune fille. Um représente aussi Jtj, p. é. 9, 10: um- %uq = ^ytJt5. En Datînah, on se sert des deux articles, mais em est d'un emploi plus fréquent. Cette simulta- néité provient des relations fréquentes qu'ont les Datînois depuis quelques années avec Aden; voyez ici p. 115. l. Ya'^îé, pp. 1222 et 1377, et ez-Zamaljsarî ') rapportent selon en-Namir b. Tawlab ^) que le Prophète aurait dit :

1) En copiant I. («innî, sans toutefois le nommer; el-MofassaH53. L. A. V p. 110, se trouve éfïalement cette tradition pou authen- tique, mais non moins intéressante pour cela au point de vue pliilo- logique. Ilizânat el-Adab T p. 405 marpe.

2) K A XIX, p. 157 et ss.

282

JÛ^ J. À.*:*^ .*^' ^yi ^-^ , le jeûne en voyage n'est pas

un acte de pieté'. Cet article est attribué à la langue des Tayy '), et (jauharî dit même qu'il est de celle des Him- yar. Cette tradition, ainsi formulée, est connue de tout musulman un peu lettré en Orient. Le Prophète, pour lequel la içJu- bUJo> était un facteur important, a cer- tainement voulu imiter les Arabes yémanites en s'expri- mant ainsi, mais l'article em ici prouve que celui-ci était alors connu dans le Higàz. Les Tayy avaient depuis longtemps quitté leur patrie méridionale et avaient sans doute adopté la langue du Nord. Mais on ne saurait cependant nier qu'ils n'eussent pu conserver l'article^) et d'autres particularités morphologiques du Sud, car sans cela on ne les leur aurait pas attribuées.

Déjà Neswân b. Sa^îd el-Himyarî, prince de Beyhân, a dans son ouvrage Sams el-'Ulûm ') relevé cet article

lorsqu'il dit: Juc«i ^^ s^-'làLÎj s^lXlS ïJljujV) v^' ^ÔS^

\jjj JJyj ^ iuxj ujyo ':^j»i'^ j.^, et de même el-^ibûb est el-mo'ûbbah, c'es^ à dire, el-mokâbarah et el-mo- fâharah. Un des proverbes des Himyarites dit: s'il n'y avait la réclame^ les tiges de roseaux (?) n'auraient pas

1) Il aimait beaucoup à se servir de mots yémanites. Ainsi, dans un rescrit aux Yémanites concernant la ii^Joa il fit écrire: ^jo^Li ^%

byb a.yilj en employant le mot yémanite »j01j, L A 5, p. 140.

2) L'article em se trouve aussi dans un vers d'un Tayyite; v. L. A. XV, p. 189 et Lane s. v. xJLw. H.el-A 1.1. marji^e.

3) Cité par D. H. Muller SS p. 18.

4) Sur w*x. dans notre dialecte, voyez le Glos.saire s.v.

283

de débit. Quelques-uns d'entre eux changent Varticle 1 en m, tandis que d'autres le charigent en n. El-Hamdânî, el-Gézîrah p. 134, fait la même remarque: aL\*:>5 r^T^y*

j»jtJ) ^^L J. ^)j»Jo«! ^^L Q^jiyi:^ ^^^lic^r.^ Cela est plus clairement expliqué p. 135: iL^uai >_A=>.t ^ o"^ "^^-5

^5 ^yijj é}y>\ ooî;3 ^^j:^ ^j J^y' ^y' ^ ^ ^\

Si je comprends bien, l'auteur veut dire qu'on traîne sur les mots et que, au lieu de éj^jt^ et é^l^\, on dit ba^îrâk et ahawâk. Le premier serait un exemple du y>, commun dans la prononciation p. e. des Kâzim,

et le second du ol\=>^), auquel on comparera le banâh du Nord pour ol^ et la finale âh pour-ât des Tayy.

J'ai devant moi un recueil de zawâmil des Moham- med et des Hoseyn, écrit par un Yémanite, et l'article est presque toujours ^].

Hamdânî et (jauhari pouvaient donc parfaitement dire que l'article liimyarite était ^\ ^). Mais par himyarite il faut alors comprendre le dialecte arabe parlé dans le

1) Le texte porte *a<i, ce que l'éditeur a corrigé dans les Notes.

2) Ilamdànî emploie ainsi OiA:> o. 1. p. 122/3.

3) El-Harîri, Diin-at el-Kauwâs, éd. Thorbecke p. 183= éd. Cstpl. 1299 p. 114 = le -.^ d'Ahmed el-Hafri>;'î, ibid. p. 234. Lane, s.v. (.L De Sacy, Anth. gramm. p. 71. Le ^^ d'el-Harîrî Cstpl. p. IM^KamplT- meyer, die arab. Verbalpart. b p. 36, est autre chose. Il existe en- core dans le Yéman. On sait que A. v. Kremer et Blau n'admet- taient pas l'existence de l'article em! Nos connaissances ont fait des progrès depuis. L'auteur d'el-Murnî dit que em n'est usité que lorsque l'article n'est pas contracté avec la lettre suivante. Cela est faux,

284

Yéman. La simultanéité des articles em et en, selon IJaradanI, s'explique facilement : les Arabes avaient le pre- mier et les Hirayar le second. Cela paraît aussi être l'avis de D. H. Mûller o. 1. p. 111. En correspondrait alors au an sabéen. Hommel, A. A p. 39 note, veut que am- provienne de a n. Cela est possible, mais non encore prouvable.

Je crois que nous pouvons retracer l'article em assez loin avant l'histoire islamique. Plinius, VI, 157, fait mention d'une ville Mariaba Baramalacum '), je vois

dU*^t j. D. H. Mûller, Burgen II, p. 70, l'explique par

(iVL b et il ajoute „sans l'article al, qui n'était pas usité en sabéen". Mais j'ai prouvé, Arabica V, p. 114 et ss, que l'arabe existait au Yéman à côté du sabéo- himyarite, et Nôldeke est tout à fait de cet avis, Z.D. M.G. 59, p. 415. A présent, j'ai réuni encore plus de preuves à l'appui de cela. Glaser, Skizze II, p. 132, l'iden- tifie avec dUL* ^ = ^ULo^j in 'Asîr, par conséquent „dans une contrée, oii l'arabe était dominant dans l'antiquité". Ptolémée, Sprenger AGA § 896, parle d'une ville 'AjS/o-jsjtca, avec la variante Afi(3i7X(x,x. Cet endroit a encore aujour- d'hui le nom de e 1-B i s à m a h , iuU^Jî. Il se trouve au N. du Gebal el-^Areys, dans le Surrat en-Naha^'în, situé dans le W. el-Bisilmah ^), qui débouche dans le W. Yarâ- mis. Par conséquent, à peu près le place Ptolémée ^).

1) La traduction de Wittsteiii porte Marippa Palmalacura et Gla- ser 0.1. p. l'28 Maribba.

2) Maitzan, toujours en faute, l'appelle, o. 1. p. 253, W. Bosârne. On voit connue il e.st iin|iortunt de ne pas oublier l'article.

3) Ce n'est donc pas identique avec r*>jCS! (jv^LLS/o (pas Makateyn),

285

La variante Af/,(oi(Txixx est la bonne. Comme rien ne persiste aussi inaltéré que les noms de lieu, on pourra voir dans ce nom une preuve de l'emploi de l'arabe à côté du sabéo-himyarite à une époque antérieure à notre ère. Mais l'arabe n'a jamais été la langue lapidaire et officielle des dynasties régnantes. Voilà pourquoi elle n'a laissé que des traces éparses dans la nomenclature des pays. Hommel, en compulsant l'ouvrage si intéressant de Stephan de Byzance, est arrivé à des conclusions étonnantes sur l'importance du rôle des Arabes avant l'Islam. Ayant pu vérifier ces conclusions, je crois que nous pouvons nous attendre à des révélations importantes.

Si les nombreuses observations dialectales qu'on trouve dans les plus anciens livres sur la langue n'étaient pas l'expression d'une réalité existante au temps du pre- mier Islam, on ne saurait guère se les expliquer. Il est évident que les grammairiens n'ont pas enregistré les différences dialectales sur une tradition transmise, car une chose pareille se perd avec le temps dans la mémoire du peuple, mais sur des données positives ayant encore leur vie dans les idiomes parlés par les diverses tribus.

Nous savons par I. es-Sikkît ') qu'el Farrâ" disait:

^csTO ^Aj^^ j.L> Jyb ^JZh ^j^ ^L^ j^ ^j=M c>A.-«, c'est- à-dire, le î était prononcé comme un a, ce que l'auteur exprime, selon l'habitude arabe, par un hamzah. De même, les ïamîm et les Qeys proféraient le hamzah

le- meilleur port après Aden, ainsi que le pense Sprenger o. 1. 39G, et Maltzan o. 1. p. 253 est, bien entendu, en erreui'. C'est ainsi que la plupart des raisonnements et des identifications de Sprenger se ré- duisent à néant devant les résultats des recherches in loco. On auiait coniniencer par au lieu de faire de la science de chambre. 1) ilallner, Texte zur arab. Lexicographie p. 24.

286

avec un sou très fort de tïicon à en faire un ^ et vice versa. Cette faiblesse de la prononciation du ^ est encore caractéristique pour le Sud '). Si el-ParnV a entendu cela de ses propres oreilles, c'est que ces tribus n'avaient pas encore complètement perdu les traits distinctifs de leurs dialectes. Nous devons donc admettre que ces traits se sont effacés par le grand remue-ménage qui eut lieu dans les deux premiers siècles après l'Islam, pendant lesquels les grandes tribus du Nord, avec leur gutturalité plus forte du p, ont communiqué leur prononciation aux tribus immigrées.

J'ai également constaté l'article en chez les "^Awâliq Supérieurs et les habitants de Marhah, au Nord d'Ansâb. Une plaine fertile de ce pays s'appelle Qasa'^an-heyr,

-Ji ^^, les collines du bien (de la fertilité). La justesse

des inscriptions sépulcrales, rapportées par el-Hamdânî dans son el-Iklîl, est par confirmée ^).

Ce n'est pas par hasard que les inscriptions découver- tes par J. Euting à el-^Ola nous offrent l'article -^, à côté de P, ainsi que l'a bien prouvé Hommel ^). Les anciens habitants d'el-'^Ôla étaient certainement du Sud, si l'hy- pothèse d'Euting, D. H. Mûller, Epigraphische Denkmâler etc. p. 8 et s., et la mienne, Arabica IV, p. 12 et ss., sont plausibles. Leur langue me paraît un mélange des dialectes du Nord et du Sud. Ont-ils déjà eu l'article _>l5>

i) Hafiner, Texte zur arab. Lexicographie p. 24.

2) D. II. Muller, SS. pp. 118, 122. Mon Arabica V, p. 112.

3) Auf-. u. Abh. p. 38 et s. Faut-il plutôt y voir JJ^ = LP [5^], avec permutation des liquides, ainsi qu'un .savant me le fit observer? Nous aurions alors une preuve de l'existence de ce déterminatif dia- lectal du Nord, qui n'est nullement une contraction de J' 'Â^, ainsi qu'on le verra plus loin.

287

en venant dans le Nord? Si tel est le cas, on devra y voir l'influence himyarite, car les Himyar n'ont certaine- ment pas parlé la langue lapidaire qu'ils nous ont laissée, ainsi que je viens de le dire. L'idée de Glaser que les inscriptions d'el-'Ôla appartiennent à l'époque entre 250 et 400 après J. Ch. devient assez probable.

A propos de l'article e m, une particularité assez bizarre se présente. Dans quelques noms propres, l'article reste toujours el, p. e. el-Hadr, l'on ne dirait jamais em-Hadr; el-bâreh. Mer soir. La prononciation em- bâreh, seule usitée en Syrie, en Palestine et en Egypte (embâreh), ne renferme pas l'article sudarabique, ce que quelques dialectologues ont soutenu, mais c'est une assimilation sous l'influence du b. Les Arabes Méridionaux ne disent jamais em-bâreh, mais toujours el-bâreh, class. K^.Liî. Comme el-bêreha à Môsul Z.D.M.G. 26 p. 7, 13 et passim. Reinhardt, 'Oman, a p. 114: Ibârha et p. 241 1.6.: mbârha, quoiqu'on 'Oman l'article ne soit jamais em. Ces exceptions sont pour le moins curi- euses, et je ne me les explique pas. Il me paraît difficile d'y voir, soit une influence savante, soit une importation directe du Nord, Pour des mots, tels qu'el-Hadr, soit, mais pour ceux du genre d'el-bâreh, cette provenance ne saurait entrer en ligne de compte.

Souvent l'article reste soudé au mot avec lequel il a fini par faire corps. Cela a lieu surtout dans les noms propres. Les deux exemples typiques sont Meysar, el-

1) Lôhr, professeur de tliéologio à Breslan, a publié, après un séjour des quelques mois à Jérusalem, une giaïuinaire très rudimen- taire de ce dialecte il donne § 134 imbiirelj, à côté de ilhâf, comme exemple d'un «préfixe euphonique"! Ce livre renferme beau- coup de ces savantes remarques!

288

Meysan tribu de Datînah = ^jL«', nom tiré de l'endroit

f o^o

Eysai et Mùdieh = ^jo^^', territoire des Mayâsir dans h W. Marran. Le nisbah du coll. qÎ^I*^', subdivi- sion d€ 'Olat elBahr, est ^^^.i--^!, pi. ^J•>J^.i^î ou s^mi. T.o ni»h du coll. ^.^"ijf\^, de la tribu des ""Armân des "Olat Ijurah, est J^:?\^, à côté de -i^^\:>. ^^^-îJî est le nisbahàe ^Isy Jt, dans le pays indépendant d'esâa^ah. ho nisah de jLiyCt Jt d'es-âubâhî est ^c^/I' et non ^JG!. iG nisbah de ou^lw J', qui est pour vJuaL^î, est

^^JLoJj^dos 'Awdillah d'el-Kaur. Sâlim es-Sâhimi el-Kâzi- rn'i d'Awar a dit, à propos de la guerre que les B. KilzijfLÎrent au sultan Fadlî et ils furent battus:

3

CJ^^; i lM* L'^*^ A*« L'=^y "

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tji-5 jiiUls^jJUia j^U/ LiUi

A/V nia sommes sortis dans l'après-midU

0 Labîs élevé! I\l()n lessager! salue la famille d'Ahu Euqûê!

J'dl, loiy des guerriers qui font pasj Jit ufsuis pas comyne eux, qui I'œ

I) Il u ici nu -V^sv», tar lO'. signifi Mipiil (ronv et iiiibibô (l'eau

ra w t m m om -nui . K |i(iiii- liieineiu'o, Mot à mot,

volonté % nant

Oi-

tsscr

- f'.

289

Ce n'est que lorsque j'eus noté cette myfizah que je sus que les Marâqisah s'appellent aussi J^^y Cela indique que rorigine de ^j:^f est J>:>:i3 = ^■■^'^, comme

^^Lvo':^! devient ^lJL, Vhom7ne, et iuoj'^î fa Môdieh et Mûdieh etc.

Cette soudure de l'article est du reste for rare dans les dialectes que je traite ici, mais elle se mcontre en ^Omân RO §93, Bemerk. 2. Par contre, les Tunfiens disent Ukanda de l'italien locanda ^). Pour Tarât littéraire, j'ai trouvé trois mots qui sont de cette catgorie*). Je

peux y ajouter ^g^jii^ = ^^^^"^^ Hamâsah p. 93, M. el-

M. s.v. . Ji', et ceux rapportés par Vollers Volksp. p. 149.

Maltzan, Reise p. 239 et 272 note, parleie l'article

em, mais la remarque qu'il y ajoute est insnsée. Il ne

pas des yij de labourage qui préparenl mon cham arrosé. Le

terrain arrosé dont l'eau a été absorbée s'appelle (^-^o ou jàc, comme dans cet hémistiche d'une longue qasîdah d a Ahwarite

Qui n\i pas de boeufs (deux mots non compris) ne ia)urera ni le

terrain arrosé ni le terrain déjà séché, jàè est la quah' de la terre qui, après l'évaporation de l'eau, se désagrège faeileant sous la

pression des doigts, sjj, est le terrain encore détremp^iJar l'eau du sél, comme dans cet hémistiche de Moh. b. Mehdi el- ulaqî

guerrier qui te trouves avec les guerriers qui ont soif e la guerre! n qui as été élevé avec les bêtes de labourage suri champ dé-

l^lremp par le sel ! |dira, Dict. p. 911, mais Stumme, TGr. Gl. s. v. donî lukânda, mgue arabe et ses dialectes p. 47.

288

Meysarî, tribu de Datînah = y^jûi', nom tiré de l'endroit

o o

Eysar, et Môdieh = wo^'u)', territoire des Mayàsir dans le W. Marrân. Le nisbah du coll. q^j^*-'', subdivi- sion des 'Ôlat el-Bahr, est ^j:^^^^', pi. ^^-o^,i^i ou s^L*^!. Le nisbah du coll. ^^L^u>, de la tribu des 'Armân des 'Ôlat Haurah, est ^}.:^, à côté de ^J^^f^. lj^'j^' ^^^ ^^ nisbah de ^o^ Jî, dans le pays indépendant d'esSa^ah. Le nisbah de iLi^yol jT d'es-âubâhî est ^c^/^^ et non .c^jC'L Le nisbah de ^^.2^ J', qui est pour oi^"^', est

^JùJas), des "Awdillah d'el-Kaur. Salim es-Sâhimi el-Kâzi- d'Ahwar a dit, à propos de la guerre que les B. Kâzim firent au sultan Fadlî et ils furent battus:

U^^J ^ d^ L^ C^ L^/ ■■

Et nous sommes sortis dans Vaprès-midU

0 Labîs élevé! Mon messager! salue la famille d'Abu Ruqûé! J'ai, moi, des guerriers qui font passer ma volonté^), Je ne suis pas comme eux, qui l'achètent moyennant

[finance.

1) Il y a ici un .5^,0", car iùJ; signifie aussi le terrain suffisam- ment arruac et imbibé d'eau à l'aide de l'iiTigation artificielle,

/ / f .

rawîyet min em-mâ'. Ensuite on prépare, ^jr*-?"» ce terram,

l)our la semence. Mot à mot, cet hémistiche se traduit par: je n'ai

289

Ce n'est que lorsque j'eus noté cette mirgilzah que je sus que les Marâqisah s'appellent aussi u^^^j- Cela indique que l'origine de ^J:^/> est (ji^s,^î = {J^'^J^\ comme

^^LvJ^I devient ^,lJ1^, Vhomme, et iùo5^5t fait Môdieh et Mùdieh etc.

Cette soudure de l'article est du reste fort rare dans les dialectes que je traite ici, mais elle se rencontre en ''Oman RO §93, Bemerk. 2. Par contre, les Tunisiens disent Ukanda de l'italien locanda ^). Pour l'arabe littéraire, j'ai trouvé trois mots qui sont de cette catégorie*). Je

peux y ajouter ^^^jl^^ = ^jr^y^^ Hamâsah p. 793, M. el-

M. s.v. .Jj, et ceux rapportés par Vollers Volkssp. p. 149.

Maltzan, Reise p. 239 et 272 note, parle de l'article

8 m, mais la remarque qu'il y ajoute est insensée. Il ne

pas des yiJ clr- labourage qui préparent )>ion cluunp arrosé. Le

terrain arrosé dont l'eau a été absorbée s'appelle {J^^ ou Àè, comme dans cet hémistiche d'une longue qasîdah d'un Ahwarite

Qui 7i'a pas de boeufs (deux mots non compris) hc labourera ni le

terrain arrosé ni le terrain déjà séché, jàc est la qualité de la terre qui, après l'évaporation de l'eau, se désagiège facilement sous la

pression des doigts, sys, est le teriain encore détrompé paj' l'eau du sél, comme dans cet hémistiche de Moh. b. Mehdi el-'Aulaqî

0 guerrier qui te trouves avec les guerriers qui ont soif de la guerre! 0 loi qui as été élevé avec les bêtes de labourage sur le champ dé-

[Irempé par le sèl !

1) Sedira, Dict. p. 911, mais Stumme, TGr. Gl. s. v. donne 1 u k â n d a.

2) La langue arabe et ses dialectes p. 47.

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reconnaît même pas l'article dans les noms qu'il rap- porte et il le confond avec j.', mère. C'est ainsi que ahlem-Rassàs, p. 301, est devenu Ba 0mm Rezaz et p. 303 W. em-Halîf, W. 0mm Chalif. Il prétend p. 238 que dans le dialecte des Diyâb le suffixe verbal ka, au lieu de ta, s'est conservé. J'ai beaucoup fréquenté les Diyâb, j'ai même passé quelques heures dans leur pays, mais jamais je ne me suis aperçu d'une telle par- ticularité. Maltzan ne mérite aucune créance. Son livre sur l'Arabie méridionale n'est qu'un tissu d'erreurs, de noms écorchés et de données fausses. Il est vraiment temps de rectifier un auteur qui, sous des dehors scienti- fiques, pendant plus de trente ans a été l'oracle de tous les orientalistes, de tous les géographes. Il appartient à la grande classe de ceux qui, sans études préalables, veu- lent devenir célèbres à peu de frais en voyageant. Ce qu'il a fait de mieux, c'est d'avoir réhabilité la mémoire du pauvre v. Wrede que v. Humboldt, dans son orgueil, avait si malmené.

7, 1: Bir, fils. D'abord, un grand arabisant, ayant lu le premier volume, m'écrivit que y était une erreur typographique et qu'il fallait lire ^, d'autant plus qu'il voyait figurer cette dernière forme aussi ; et puis un autre confrère me fit observer qu'il est intéressant de constater que la forme araraéenne est employée dans le Sud. Le premier avait absolument tort, le second seulement en partie, car ^ est une forme sémitique qui dans le Sud s'est conservée à côté de l'arabe ^. Je dirai même que ^ est dans le dialecte datînois plus commun que ^. On dit môme ibër (ibr) et cela toujours, de môme que ibn, lorsqu'il ne s'agit pas d'un filiation. Le Ôalihi dit môme

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alors bin, el-bin. La coïncidence avec l'araméen ne doit pas impliquer un emprunt à cette langue, surtout dans le Sud, le mehri a aussi y ^). B i r se trouve dans l'inscription d'en-Nemârah : ^y: y u*^' f-

Il y a trois manières d'exprimer la filiation directe: nom du fils 4- y ou ^ -1- nom du père ; 2"^ nom du fils 4- nom du père: Nâsir ^Ali, p. 7 1. 5, = N. fils de ^A] nom du fils -|- nom du père avec l'article, Hasan em-Mas'ùd, H. fils de M., 18, 21, Ahmed em-Fadl''), A. fils de F., 10, 22. Cette dernière manière est aussi usitée en Egypte, Spitta Gr. p. 256, et dans le Nord de la Péninsule. Socin, Diwan III, § 192 b, la constate pour le Negd, mais il y voit, „non pas l'article malgré la prononciation", mais la préposition J avec prosthèse. Je ne saurais accepter cette explication étrange ').

Il faut ici observer que dans le Sud on ne peut pas toujours se servir à volonté de l'article. On dit bien

1) En mehri bort, fille, pi. bant.

2) Le nom «'tait chez les auteurs arabes J**i2fiJ!, niais dans le Sud c'est sans l'article.

3) Le Hamûd el-^Obeyd de Euting Tagbuch I, p. 187, que Socin y cite, est du reste Ha m d, comme écrit aussi es-Suyûtî ce nom dans son Bujyat el-wa'ât s.v. ioUa^ ^ aU! lAxc qJ lX^ts^, et dans le ms. du Diwan d'el-Uellanûbî, que Schiaparelli a peut-i'-tre

déjà publié, le nom du râwî est écrit (j:*r^. q? *^' *-^^^^ O^.^^ _^î

L>y^:>- ^^, avec un sedd. Ce ms. est de l'an 513 a. H., Prov. et

Dict. p. 128. El-Kisâl dit: dUJ^^ ^^"^l yiàx J^ Jj^ J^ Le J^^

qvwJ>5 O}^ ^5^*^, Brockeimann, Beitriige z. Geschichte der arab. Sprachw. Z A. XIII, p. 35. Cette forme se rencontre aussi en hébreu, Z D M G. 57, p. 527 et 773 et ss., mais je ne puis accepter la déri- vation y proposée par Praetorius p. 773.

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Hasan em-Fadl, Silleh em-Bedr, mais non p. e. Hasan el-^Ali, quoique Socin donne justement, 1.1, Mhammed al- "Alî. Il m'a été impossible de trouver ici une règle. Le n". 2 est le plus commun. Si la filiation n'est pas directe, il faut j, de môme que lorsque le nom du père a lui- même l'article: em-Heytami bir el-Hadr bir ^Assâl, el-Hadr est le nom du père, et ^Aééal, celui de l'aïeul.

On pourra comparer JJ!^ ^JL*:»". Turfat el-asMb porte:

de même que I. Hisâm p. 700, 14: ^-j"^ ^Ji ^j^, mais p. 869, 10: ^.^^L£ ^j^.

Dans l'Arabica III, p. 105 note, j'ai parlé de L J'ai eu tort d'y dire qu'il n'est jamais prononcé Bfi. Au contraire, nous avons B â K a z i m, B â H a 1 a 1 ') etc. Ce b â est = ^. Nous le retrouvons dans les noms des anciennes tribus cyy^Jb, ^xJb etc, el-Kâmil d'el-Mobarrad p. 619/20 et p. 661. Il est très commun dans le Sud, mais principa- lement devant les noms de tribus. Dans le Hâdinah il y a les Bilaswad, qui sont une fahîdah des Hal ""Omar bil Hasan, bil me fut expliqué par ^Ji. Je ne saurais dire si Arabica V, p. 212 Garrali est de cette nature. Il me semble difficile d'admettre que ce soit une abréviation de yj, comme le pense de Goeje, Wright Gr. 3 p. 24 note, et Wùstenfeld. Faut-il le chercher aussi dans Be Hadad, Gen. 36, 35, et dans les noms Be Eâterah, Be Dad, Brommîmah') dans la Liban

i) Voyez les Glossaires de Arabica V et de Hdr s. v. Bâ.

2) La coïncidence de IJe Hadad avec Brummânah, est pour le moins très curieuse, du moment qu'on sait que Ri m m on était ri''|iitli("'to syrienne do Hiulnd. llnmiiiol (i G G p. 88.

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etc., Hommel GGG p. 167 note 4 voit, je crois à tort, la préposition ba, bi? Dans ce cas, notre serait fort ancien. Le nom ^^^ d'une inscription minéenne d'el'Ola, D. H. J\Iûller EDA N" XXXVIII, est par le déchiffreur et par Hommel A A p. 35 comparé à ^-'.Aiiij. Si cela

tient, nous avons une preuve sûre de Jo = j, mais l'in- scription porte ^yi ^^ j.[5, ce qui rend cette comparaison un peu douteuse. Le j^a.^ de mes inscriptions de Daman, Hommel A A p. 152 VII, ne me paraît pas non plus très concluant à cause du o précédent. Dans les inscrip- tions safâites nous trouvons les mots didn^d. nDJ<3. n^3D> nnN^n. rhn2 etc., oiî Glaser, 0 L Z VIII, p. 448, a bien raison de traduire 2 par par.

Em-Bedr =: Badrûn.

Le n. p. em-Bedr, que nous rencontrons souvent dans ce livre peut marquer le point de départ d'un his- torique intéressant des noms en -un. Kampffmeyer, qui nous a donné de si jolies études, a aussi traité cette question dans la Z D M G 53 p. 629 et s.s. Cependant, je ne saurais accepter toutes les conclusions auxquelles ce savant est arrivé. Em-Bedr correspond à Badrûn, nom si connu par I. Badrûn, qui descendait d'une famille de Hadramôt, o. 1. p. 645, comme el-Fadl (ancienne- ment toujours avec l'article) est identique à Fadh'in. Le fait que les noms en un alternent avec ceux en an, comme Salmûn et Salmàn'), Zeydûn et Zeydan

1) Nous avons qUIw, *-JLw et ^.^UaLw, Fracnkol V W p. 242, et ^,L^L< Diw. I.liitim Tey, Sclmltli , N" LV v. W. ^L^U ^ K A X,

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etc., amène Kampffmeyer à y voir, avec raison, le déter- minatif sabéen An, ou l'article déterminé. Cet article est resté dans une foule de nomina loci et persona3, aussi bien dans le Sud que dans le Nord. DiyèbâD = v^iLÀj'î _o', tribu, à côté de Ahl ed-Diyôb. Kaiikabân

=r ^*iyC). Ôauhatân = li=>j^'l jYriqût III, p. 333 et 422, 7, Hçlr. Gloss. s.v.. Samsân, le cap Aniinon [=') '^)*2V ^ f**^'J de Ptolémée := ^v.^4-^', la montagne d'Aden z=z]WD''^, Simson, véritablement ]1TO'^ zn Sa,a\//a>v *). Peut- être p^ii est-il aussi ]lûïï\s =r j>^'^\, le D'^n par excellence, et apporté du Sud de l'Arabie par les Phéniciens, d'au- tant plus que Baudissin Z D M G 59 p. 461 enregistre aussi la forme p'^. Il ne fait cependant pas mention de cette éventualité. Hebrôn est sous la forme l.Iibrân le nom d'un wadi du Sinaï, Vollers Z. A. P.» p. 197 note.

^^^L:s^ sésame, class., := J.^^ du Sud '). Les inscriptions

p. 50; ^•,L^^o ibid.. ^5^^ J' Diw. Iiritiin p. 43, 18. ^.,^^ yj

des Tayy, I.Lim. 2(vl I. H. ,j,'^Vc lioh. IV, p. 78. (^)'-*^, <it''z.

p. 77. ^-y^p- i''id., p. GO, 19, 24; 1G9. ^•,^->/> Arabica IV, p. 53.

L,^- L ibid. p. 41. .^o.^ Hoh. vu, p. 101. .\^L ibid. V, p. 100,

Diw. Ijâtini j). 44, 19. (^•)L'l;-\ larnillc à Habbân. ^•^_y^ qJ q^)

^^,L^ ^ji Vollei'K el-Miital. p. 29 note 3. Kt une infinité de noms analogues. Ijdr. j). 225 et 512 note, llominel A. A., p. 112 note. KampfTtneyer o. I. p. 034.

1) llominel A. A., p. 155.

2) Donc, ce n'est pas un diminutif, comme le veut Noldeke D S S W, p. 105, note 2.

3) Mais je fais observer que beaucouii de noms botanicpios finissent dans le Sud on -ii n.

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protoanibes nous fournissent Sa'd ot SaMu fi côtô de SaMàu, ilalôvy, Nouvel essai etc. Vocab. p. 96 s.v.. SaMîln est encore un nom courant chez les Bédouins du Nord, tandis quo SaMàn est .singe.

J'ai déjà relevé que l'a se prononce dans certaines con- trées du Sud C> et 0 ot que c'est ainsi que s'explique le nom do \\ a (,1 r a m ù. t, 1,1 a i.i r a m ô t, 11 a (j r a m ù t et qqf. aussi H ad rama ut'). Nous voyous môme que la dési- nence du pluriel vio riinparlait est -un, -on et, plus rarement -aun, ou -ù, -o, -au, -ou.

Ce passage de il en ô est commun à l'ost de Datinali. A 'Azzîln j'ai ontondu banùt ■= oLo; beliV z= Mj, sans; kamôh=:^U3, comme lui, comme cela-, gô' = cls, sol; sôki n :=^^^3 Uv; H, ôkob n. lot'.; îil ol-yosOr, la main gauche, Id ol-yemôn, la m. droite. Tour lo *^Oma,n, Reinhardt rapporte § 178 s 10) m ot slauniuii=r

j.liU, (."bL-, et dans lo Sahl.ii nous trouvons chez Jayakar,

B B E A S 1902, p. 263, ^ys> = ^U:> due ; p. 264 o^^ =

oij'ù', pl. de iûli'ï); p. 259 JJjo = ^L. Dans lo mohri,

cette prononciation de ;i est, à peu d'exceptions près, la règle. Je ne citerai que (piehiues mois ') (pii se trouvent

1) Aiabica V, p. 181), '201, 201). l.Idr. p. 89 et s..s. ot ici lo Gloss, sub à. Socin Diw. lll, y. W'-ll : ^^•^Cs.xm. On u iiri mr'tno prononcer Hadra- inût, ou -mot, et M ad ra 111 ;i 11 t dans raiiti(jiiitt' .sabôoiiiio, car sans los C(.da li's inscriptions no poitoraioiit pas c>-<irAi:i^> à côlo do KZiy^f^-^^- Snonck, Nitidoiios l'cstsclirift, I p. U7, dit qno »dio j^obildoton nnd inaiulio ungebildeto Madhraniioton" prononcent Hadrainôt ot «qu'il n'y a pas do raison pour introduire Hadraïuut on JMiropo". J'ai le plus souvent entendu I.ladrainùt. Je crois quo les trois formes sont éj^aloinent boiuies.

'2) l'our x<^' - Oniâii iy*J", .layakar o. ot I. 1. s. v. poiko.

,1) Kxtraits an hasard do l'ouvrage do j). jj. MnUor, A'w Mrliii- iiinl

296

aussi en arabe : n e h ô r = ^'^i, a m ô m e t =: mI^, m î d ô n = ^^ÎL\y«, hagôgi=:|^^L^, m a ^y 0 n = ^^lajw, mabam-

melût=ro^û^, habbOz=jL*3., bannôy ^'--o'), zôl

=: JU, biikOret, pi. bâkôrôt := h^^^ salut z= bJuo, 3^LAa î^A»'!*, tOéer=^j, hôdem=:j.j>J>, et ainsi tous les participes, usôh = ^'u*.3, àegôget=:À^^j>, genObi

= ^Li=>, poignards, k e 1 1 0 n = ^l-^^, pwnaise '), q ô m e t = iUj. Les deux noms bibliques ^^^4^^ o*A^ furent pro- noncés Maillon wa Kilyôn par le mehrite et le soqotri de D. H. Mùller o. 1. p. 45, 10.

Dans le soqotri, cette prononciation est moins fré- quente, on trouve mbôrek rr j) Ly), esOmer = esfimir

= vî)'uxj, raehri niôk, o. 1. 61, 15; bawwôb=r*>ji^, 61, 20, mais 61, 28 bouwâb.

Le dialecte de Mésopotamie offre aussi une tendance du passage de â en 0, Z.D.M.G. 58, p. 935.

Quelques mots de la langue littéraire ont encore un aspect graphique qui rappelle leur prononciation dans la langue à laquelle ils ont été empruntés: a^jp-, s^Lo, h^: etc. Wright Gr. I, p. 12, Nôldeke, Geschichte des QorAns p. 255, c'est à dire, on aura dit originairement hayOt, salôt'), zakôt etc. Le nabatéen offre aussi cette par-

ticularité dans certains mots: jjj^ manôtû =z -j'uLx,

Soqotri-Sprache et de celui de Alfred ,hihn, die Meliri-Sprache in Siidarabien. , ,

1) Voyez lidr. Gloss. s. v. 2) Sud q^, n. gen.

?t) .l'ai vraiment entendu cette prononciation dans la lii^iirho d'un homme de W. Amamn à A/.z'in.

297

Euting N. I. p. 26, encore conservée dans le Qonln 53, 20: byx. Nôldeke fait o. 1. p. 77 observer que le ô „ap- partient ici au dialecte arabe, parce que ce mot est arabe".

On sait que cette coloration de îi en ô est une règle en hébreu, à peu d'exceptions près, Kônig LG- II, p. 483, Wright Gr. 3 p. 84 et s., et cette voyelle est ensuite nuancée, de même qu'en araméen et en phénicien, en û, Zimmern VGSS. p. 49 s. s. Cf. ^.,LLL i) et l'hébr. ]rûb^, puissant, Koh. 8, 4. Voyez les Additions.

Il ne souffre donc pas de doute que des noms tels que Badrùn, Hamdûn ne soient absolument identiques à Badrân et à Hamdfin, qui se rencontrent aussi. C'est une prononciation sudarabique ancienne que les tribus émigrées vers le Marrib ont emportée avec elles et qui s'est conservée telle quelle ^). Nous ne savons pas com- ment on prononçait cette terminaison ^^, on ou un, au temps qu'elle était encore vivante, p. e. I. Haldôn ou I. H a 1 d û n , ce que Kampffmeyer fait lui-même ob- server, p. 643. Eu égard aux dialectes sudarabiques et à l'hébreu, qui pour nos études sont d'un grand secours, je suis incliné à n'y voir que la prononciation On. Plus tard, lorsqu'on ne voyait que la chose écrite, on aura bien prononcé -un. Or, c'est sur la forme écrite que Kampif- meyer base sa théorie, car il dit ; o. 1. p. 649, note 1 : „Bei der Regelmassigkeit, mit der wir ô fur û, anderer-

1) Nous trouvons la variante phonétique ...LiJU;.

2) On ne saurait ici penser à la terminaison patronymique persane, p. e. q''-^. A'** <^^ ^/-i car les Per.sans ont laissi- bien peu de traces^ dans les dialectes du Sud. Il n'est pas non plus néces.saire d'y voii-, avec Hommel A. A., p. '.)'.), »ia forme aramôenne ^.j^JLsss", autre sens.

298

seits aber bei unsern Namen nur un, nicht On haben, ist es nicht môglich unsere Namen fur phonetische Um- bildungen aus An zu erklàren. Landbergs' Schreibung

3- darf uns nicht verwirren : er meint ô, wie er auch zu gleicher Zeit und sonst transcribirt" : Kampff- meyer ne s'est pas aperçu que par ces mots il s'est entortillé dans un cercle vicieux, car c'est lui-même qui écrit en lettres européennes on, tandis que les Arabes n'ont qu'une seule manière de rendre graphiquement on

et un: ^p_. Voila pourquoi dans mes ouvrages précé- dents j'avais adopté le suédois â pour 3-, et ô pour 3- ainsi prononcé. J'ai ici changé â en ô, mais je vois à chaque moment que (^yo*o U, comme disent les Arabes du Sud.

On comprendra à présent pourquoi „le père du célèbre chef du parti des Mowallad s'appelait Hafs, et pourquoi, lorsqu'il fut devenu riche et puissant, on lui donna, le nom de Hafsûn, ou plutôt, d'après la prononciation des Arabes d'Espagne, Hafsôn"^). C'est qu'on avait encore conscience de la provenance de cette terminaison. Etre originaire du Yéman était une gloire, et on donna à Hafs la terminaison yémanite: il était devenu par noble. Le raisonnement de Kampffmeyer, 0. 1. p. 651, me semble tout à fait acceptable. Dozy a donc très bien pu dire „que cette terminaison équivalait à un titre de noblesse" ^). La noblesse ancestrale des- musulmans re- monte à H as an et Hoseyn-'), qui ont ensuite reçu

1) Dozy, I Adhi'iri 2, 48 = Kampflmeyer o. 1. p. 640 et s.

2) Geschidite (1er Mauren in Spanien I, p. 3G6 = KampITmeyer 0. 1. p. (')41.

.3) Sans l'aiticle cliez I Sud ill, 1 p. 25 et s., mais aussi avec l'ar-

299

leur „particule nobiliaire", en devenant el-Hasan et el-Hoseyn, c'est à dire Hasanôn et Hoseynôn, selon l'ancienne manière maghribine. Cette terminaison ■an ne doit pas être confondue avec le pluriel -an, si commun dans les dialectes méridionaux, ni avec celle des adjectifs ^^^s.

Kampffmeyer, o. 1. p. 646, pour appuyer sa thèse, cite encore des mots en ^- qu'on rencontre déjà de bonne heure: qjJ^^,, à côté de qÎA^^, ^.^T, à côté de ^tcxr,

(j^s^ etc. Cela n'est qu'une imàlation de -an, prononcé

an, en, et ensuite în '). Il rapporte aussi les deux noms

ticle dans une ancienne tradition rapportée par Hodeyfah b. el-Yamân chez Dussaud, Nosairîs p. 146 note.

1) Je recomman le l'article de A. Fischer dans la Z.D.M.G. 59 p. 647 et s.s. sur rimâla. Le savant professeur de Leipzig y met des points sur les î. L'adverbe hadari ba^'dên, i^ht'i tard, ensuite, dont j'ai parlé Arabica III, p. 166, correspond au sabéen qI-^, Glaser 542 = die Abessinier p. 50 en bas et p. 204 s.v., prononcé ba'^dan, et peut-être même ba^'dên au temps des Sabéens. Cf. ce que je dis

de lX*j I.Idr. pp. 454 et ss., 771 et Bohârî II, p. 10. Souvent j'ai entendu ba deyn chez les paysans de la Syrie, mais seulement domine la tendance de conserver la diphthongue. Il n'est pas inutile de faire i-eraarquer que les Bédouins de toute l'Arabie ne se servent jamais de cette forme archaïque, qui est exclusivement ha- dari. Ils disent ba'^d ou oqb h ad a ^uqiib). Les formes l'apportées

par Wallin, Z.D.M.G. 6 p. 204, des Bédouins de Muweylih, (jjLJic

et jjti3^, prouvent justement que le parallèle ba^dên ne renforme pas un ancien duel, contrairement à Vollers Z.D.M.G. 49 p. 389 qui y voit à présent q' iA*j, W.Z.K.M. VI, p. 169, ce qui est impossible.

Je fais observer que à est devenu c dans les deux noms Diyé'bi et Subchi pour ^bj et ^L*x3, lidr. Gloss. p. 762 et note. Voyez

ici sub 14, 4: gafâ. Le syr. hêk, ainsi, même heyk, de »i)L^.

300

de lieu Bagerên et Hagarên. J'ai été à Bagarên, j'ai constaté que le nisbah en est Bagarani, et dans le ^.,Aii yti ;-o^j l'auteur nous apprend que le nisbah de Hagarên ^) est Hagarânî, exactement comme qJj>'- fait Js)y>: ') et 3^^ fait ^J^ et ,^j*> ; cf. A. Fischer Z.D. M. G. 59, p. 651, oîi se trouvent d'autres exemples inté- ressants d'imàlation. Il y a un Bah r an dans W. es- Ôo"^eyb et un autre dans W. Habbân, Arabica V, Gloss. S.V., et le nisbah en est également bahrànî. Si l'on a

J'espère qu'on ne considérera plus ba'^dcn comme »énigmatique", Noldeke B Z S S W p. 14, pas plus que kanitin, qui est d'une for- mation analogue, I.Idr. Gloss. s.v.. Noldeke, o. et 1.1., traduit celui-ci pai- so vicl, ce qui est inexact, car il signifie auch, ebenfalls, iwch. A. Jérusalem on dit avec les suffices kilmani, kamâk, k aman a, kilmâkum etc., comme les Hédouins du Sud, à l'exception de kamâ'i, au lieu de kamâni, Lôhr V A D J. p. 87. V. Additions.

1) Il l'appelle ^jy^iî, comme aussi Yâqût s.v. Celui-ci ajoute de son cru, en citant el-Uézîrah p. 86 en haut: j^^^ ^-^ J^3i» ce que D. H. Muller a corrigé en isy-^'J et il fait figurer cela dans le texte d'el-Hamdâni, comme il le dit ingénument dans les notes, II, p. 87! Hirsch, Reise p. 161 a Hagarën, mais les n. pr. de ce voyageur sont tous estropiés. Il dit p. 136: . . . entdeckte ich eine Fliege..., den richtige Rindhornchen schmiickten, so dass man bei ihrem Anblick an ein Miniatur-Ochschen zn denken versucht war, was auch in ihrem Nainen Bagarûn (j^^^yjj) zum Ausdruck kommt".

L'auteur a bien pensé que r\^^ est un diminutif de yij; il avait peut-être entendu parler d'un diminutif -un (6n) quelque part, Duval Gr. Syr. §252 a; Noldeke, Neysyr. Gr. § 53, mais en arabe un tel diminutif n'existe pas. Le »petit boeuf" s'appelle simj)leinent

...^jï L. C'est ainsi que les soi-disant explorateurs deviennent célèbres. Les livi'cs du (toupie Bent contiennent également de telles aménités désopilantes, i-j'y^ est un A2:>* dans Halévy 465 = Z D M G 37 335, 5.

2) Iloramel a déjà, A. I. 0. p. 274, soupçonné qu'il n'y avait pas ici un duel; idem, GGG p. 244 note 5; contr. à VoUers Volksspr. p. 160.

301

dit, ou l'on dit encore, Bagareyn, Hagareyn, Bahreyn, cela ne pourra ôtre qu'en vertu de la diphthonguisation parce qu'on croyait et croit encore y voir un duel, comme Zamahsârî dans Yàqût 1, p. 505. Mais cela ne fut pas admis par les savants. On a toujours dit ^y«5?. pour tous les cas selon Yâqût. Ayant oublié que les mots ^\y>^. et ^y?^ renfermaient déjà l'article sabéen, ou y a ajouté l'article arabe, comme on l'a fait pour iLs^!, bJoA!âl et ^^^ 0, mais ^î^^, Diw. Hâtim Tey LV V. 8, déjà Haurânu dans les textes assyriens, Hommel GGG p. 8. Le nom moderne de l'ancien Eridu que je vois écrit Abu Sali rein*) doit sans doute être

^^U^_^f = -i^!_^î et se prononcer Sahrên = Sahrân L'imâla â devient réellement ê dans la prononciation, et on la rend aussi graphiquement par un ^. Nous savons que les plus anciens manuscrits qorâniques portent p.e. w^ pour ljLIj imâlé, ^^.f^ pour qJ/'^ imâlé, Nôldeke G. des Q. pp. 253, 255, 281, 328. Hdr. p. 387 et s. j'en ai donné d'autres exemples ^). Le zâmil, à présent si connu, rapporté par Abu Zeyd dans ses Nawâdir ^)

1) Il paraît que Sabwah avait aussi l'article dans l'antiquité, puis- que Strabon dit ^6\tv S' 'éxoua-iv xx^xtccvov , Hommel, GGG p. 137.

Un oIt^' Arabica V, p. 21G.

2) Hommel, GGG p. 3GG. .leremias AT p. 29. KAT'' p. 359. La traduction »des deux lunes" est donc erronée. Sahrân est du reste un nom de lieu sabéen, D. H. MuUer, Sudarab. St. p. 128.

3) Quelques savants européens ont commencé à rendre l'imâla par ê, p.e. .lahn dans sa traduction de Sîb. et A. Fischer Z.D.M.G. 59, p. GG4, mais cela prête à confusion. Voyez à présent VoUers VS j). 15 et s. et p. 101. Voyez Additions.

4) Aussi par es-Sîrafî chez Jahn-Sîb. Comment, p. 48 = L. A. s. V. = Beh'idorî p. 48 = I. el-Ath' 4, p. 286 = el-'Aynî, marge de

302

p. 105, fait rimer d^^, avec dUJî, ilèka Ou prononrait donc ^i)Uï qafêka pour qafâka. Les noms ^.Jui., ^at etc. ont donc été prononcés Kasdên, IJamdûn etc. Or, comme dans les dialectes nordafricains et arabe- espagnoles, ainsi que dans ceux du Sud de l'Arabie, y compris le mehri, ê permute si souvent avec î ^), ces mots auront pu ensuite être prononcés Rasdîn, Ham- d î n etc., comme la trilogie S a 1 h â n ^), 8 a 1 h 0 n et S a 1- l.iîn»); ^,^,|1VD, Ma'în et M a 'an; ^,LJ, ])]ûb, mehr. lisîn. Nous avons donc la série an, on*), un, et an, un,

IJiz. el-Adab, IV p. 591r=Nuldeke, BSSW p. t>l = Z.D.M.G. 38 p. 413 = Kampffmcyer o. 1. 02'i.

.le diffère de Nôldeke quant à la prononriation des rimes en ques- tion. Fisclier a mille fois raison de dire ZDM(> 59, p. 651, que pour motiver Timâla la règle d'un i patent ou latent ne suflit pas.

Faut-il ici su])poser ^\ue Lai est originairement Lâi, sur jLxi, en

analogie avec les autres mots de cette catégorie?

1) Voyez le Glo.ss. sub ay, ô, î, a, l'on trouvera de nombieux exemples. Bâb, bàb, bîb, porte, llrmali, et hîmah, tente, les deux dans le Sud. Dcrah et dîrah, territoire, localité, dans le Nord (la remarque de Socin Diw. Gloss. s.v. est erronée, v. ici Gloss.

S.V.). En Mésoput. on dit y a rat = c:^^ \i et min hât = ^

ev?>- VV^^ et U^ Muzhirll, pp. 127, 142, 144, Arabica V, p. 95.

Stuinme TGr. p. 41. Ilâl, force^t}-^; hâl, cJievcwx^= ^y^; sâf,

élé = ^iSo etc. ZDMG 58, p. 935, 938. Voyez Arabica V, p. 215 l'observation très instructive à propos de la prononciation de Beylu'in.

2) Hommel SAChr. § 61 et p. 132; Arabica V," p. 95.

3) Arabica V, p. 95. Kampffmeyer o. 1. p. 647/8. Cf. la, la, li = "b5 = 'o!. Je ne saurais décider si le nom sudarabique Sâlmîn que portent les esclaves est de cette catégorie, ou bien un véritable pluriel.

4) 0 n passe avant û n , contrairement à Kampffmeyer. On obser- vera man, miin, min, mîn, mon, mehri et aram., auss

303

în. Sur les noms prononcés avec ses terminaisons nuan- cées de an, Kampffmeyer construit sa théorie, o. 1. p. 633 et 656, que „la détermination sudarabique, du moins originairement, a être: nom. -un, gén. -în, ace. -an" et qu'elle est sortie de la mimation renforcée plus an- cienne: -ûm, -îm, -âm". Je ne crois pas que ce savant nous ait apporté de preuves valables pour une telle hy- pothèse. Nous connaissons sûrement que la détermination était an, et rien ne nous autorise à en admettre une autre ^). Dans mes études, je n'expose que des faits et je laisse les théories et les hypothèses à ceux qui y voient plus loin que moi.

7, 4; Muhtâlefîn ''a la ^ays u melëh est une locution et une pratique très communes. Les Lihyânites et les el Mustaliq avaient fait un qasàmah (Arabica V, Gl. s. V.) en mangeant et en buvant, Diw. Hodeyl, Koseg. p. 170, N^S?. J^ est dans l'A. M. nourriture, manger en général, et non pas pain comme en Egypte. On jure par le manger qu'on fait servir aux contractants ou à l'accusé; on jure par le sel, s'il n'y a pas de nourri- ture, et on en met une pincée devant celui qui doit

m an, quil Hâdâlâ, Dt, hadôlâ, Hd. et Nord, et h ad ô le, h ad île, "^Omân. Sâhar et Sîhar, mehri, charbon de bois. Ehodim et ehêdim, je sers, soqotri, D. II. Muller Soq. p. 61, 5. Tahâren et tahèyreu = ^r^j ^jî^» ibid. p. 146, '20. Je ne cite que quel- ques exemples qui rae viennent à la mémoire en ce moment.

1) Kampffmeyer dit, o. 1. p. 650. que »le temps les noms en -un commencent à s'employer plus généralement, marque l'époque le sudarabique commençait à disparaître dans les milieux ces noms avaient cours". Je trouve que c'est tout le contraire. La dispa- rition de ces noms du parler populaire marque aussi celle de l'elfa- cement des rémini,scences philologiques des idiomes de l'Arabie mé- ridionale.

304

jurer '). Par le repas commun l'alliance est conclue. Les alliés s'appellent aussi [jS^'^ et dans le Nord (jn^ujo**).

Cette „alliance par le manger et le sel" date de la plus haute antiquité. Elle était pratiquée par les sectateurs de Jésus de Nazareth, qui, en instituant l'Eucharistie, créa un dogme qui est devenu la base de l'Eglise chré- tienne. Le (jixjoi et le ^ étaient aussi le symbole et le scellement de l'hospitalité chez les Grecs. Homère dit %ov xKei;, TToîi Tpâ-Tre^cti, sont les sels, les tables? Voilà pourquoi ils disaient âxx xx) Tpxxe^xv 7rxpx(2xlv£iv, manquer aux devoirs de V hospitalité. Homère donne au sel l'épithète de ^frof, divin. Dans notre société moderne le (jix-o: et le ^JU sur des tpxttsî^xi •') sont aussi le scel- lement d'un 'iJil^. Un pacte est chez nous aussi le plus souvent confirmé par un repas, a^U-o, entre les deux parties. Lorsqu'on Arabie tout le monde saura lire et écrire, le ""a y s et le mil h seront remplacés par un acte notarial. L'usage du sel pour corroborer la validité d'un serment est encore très commun chez les Bédouins

de toute la Péninsule. ^Uii J^ of^^-^ ^'"^ -^^^^ ^^^ ^^

sel, et on jette souvent du sel sur le feu par lequel on jure. La crépitation en est symbolique. El-Muraqqis dit,

1) Arabica V, pj). 134, 158. Goldziher MS I, p. 03 et ss.. Kremer, Studien p. 22. V;"^' ''^■^ d'el-Mofaddal, Cstple, p. 237. Meyd. Prov., Fieytag II, p. 690. I. Qot. p. 229.

2) rfJLc donner le sel à qqn en signe d'hospitalité D.T.O. p. 24.

3) AM = :a^ ou iyc, (|iie Vollers, Z.D.M.G. 49, p. 497, note 3,

paraît drrivei- de 'incnsa, qui a donnr en portugais mcsa et tneza, mais iA^ est un emprunt du iicrsau :-^, table.

305

Mofadd 41, V. 11 : ^j^Jî ^^ ^ pL^^. C'est le 'iS^S ^

de la (jrâhilîyeh, L. A. s. v.; K. el-Hayawân d'elGâliiz, éd. Caire p. 27. Wellh. Reste 2, p. 189. Dans le Sud, on donne un morceau de sel ^OU u^j à celui qui doit jurer et qui prononce cette formule ou quelque chose d'analogue en tenant le sel entre ses doigts:

gJt u^J % ^y^ ^ ^)J^. l5^ /^^^ ') ^' ^^^ *^'3>

(je jure) par Dieu et par ce sel pur dans ma mai7i, qu'il me frappe! que je n'ai pas vu etc.

Chez les ""Awâliq, on jure même par les fusils, q^J^. ooLuJI ^^. Je ne fais que rappeler ici le n^p fins des Hébreux'). Les Babyloniens appelaient le sel tabtu et s'en servaient également dans leurs sacrifices*). A.v. Kre- mer dans son Studien p. 28, prétend que dans la haute antiquité les Sémites n'ont pas connu le sel. Selon lui, l'emploi en aurait été découvert par les Egyptiens, au dire de Sanchoniaton, et „parce que sel se dit mrh ou mlh dans la langue hiéroglyphique". Mais d'abord ces mots ne signifient point sel, et puis une telle ignorance de la part des Sémites est vraiment inadmissible. L'Ara- bie est le pays du sel par excellence. Le long du Rub"" el-Hali'', aussi bien au Nord qu' au Sud, il y a toute une série de „montagnes de sel" dont j'ai parlé dans mon Arabica V ^). Les Minéens, les Sabéens, les Qataba- nites et les Himyarites, pour ne parler que de ceux du Sud, ont exploiter ces gisements, comme les Arabes les exploitent encore aujourd' hui.

1) Obs. milh, mais dans le Nord pour la plupart mèlôh.

2) Ou ^f-irV^. 3) Gesen.-Buhl H.WB'*. p. 38GI). KAT» p. OOG. 4) Jeremius A.T. p. 27G. KA'P p. 598. 5) Index s. v. sel.

30G

Le fait d'avoir mangé avec quelqu'un constitue déjà un certain pacte, ,^, de fraternité, et tout araiDisant,

ayant voyagé en Orient, y a entendu la phrase ji-^ LJûI U-csxj «-^l j^JL«5 c'est-à-dire, nous somroes des amis. Le repas qu'offre celui qui a été reçu dans une corporation de Damas ^) s'appelle _yJ^' ou JLixi! iUxi., repas de récep- tion. Le sens de tromper que -Xj a aussi pris prouve

que le hadarî ne considère pas toujours le sel comme un ciment suffisant de bonne foi: c'est trop salé! Mais une chose qui a une mica salis est pour les Latins

comme pour les Arabes aussi une i^Ls^OU.

Les Bédouins sont fort hospitaliers, et bien des inimi- tiés ont été aplanies par „Ze manger et le sel" \ exacte- ment comme par les dîners de nos Congrès des Orienta- listes. Même l'ennemi qui entre dans la tente et y mange est à l'abri de la vengeance, tant qu'il a la nourriture^

iés^JUi, dans le ventre. L'hôte est une personne sacrée

aussi longtemps qu'il n'a pas digéré le sel.

Seul le ^y^ est mis au ban de la société et \i ^^ "^ 3 x^ls, il n'a ni nourriture, ni protection, ni feu, ni lieu. C'est une honte de ne pas donner à manger à celui qui arrive, J^j^, r^^' ;'-*^' y^^' ^^^ ^ P®^^'

1) Voyez »Ies Corporations de Damas"' dans les Actes du Congrès de Leide II. Ce travail est rôdigé par Coiulsi, mais uniquement sur des données que je lui ai fournies.

2) Huikliardt, Beduinen etc. Weimar 1831, p. V.Vd. Euting, Tage- bucli p. G2.

307

de ce que le monde dira, si l'on se montre chiclie, le plus grand défaut aux yeux des Arabes, comme dans notre récit N*^ 4. Un haurânien m'a raconté sur ce sujet le joli épisode que voici.

Les ^Umûr sont une branche, v^«-^; d^s Sebâ , des 'Anazeh, Ils sont connus pour leur verve poétique. Deux ^Umûr étaient partis pour piller ^) \^Js^\ Qy^l^.. Us arri- vèrent à une tente il n'y avait qu'une femme qui ne leur voulait rien donner. L'un dit alors à l'autre: èhde bibàdâk yigîk qerâk^), reste tranquille, et tu auras ton manger! Le mari survint et ayant appris que c'étaient des ^Umûr, dont la critique était à craindre, il s'écria: mas hilâf, ya zeyn el-gâf *), il n'y a pas de mal, mon beau rimeur! Et alors gâm el-mo'azzib yihâwis*) ^ala hôrmetu: hadôl dûyùfâna'Umùr ubaÉir yifdahùna 'and el-'arab. Qâm râh ugâb dabîha udabàbha uhaddàrelhom kull sèy min hôfu min eg-garâsi. Le maître de la tente se mit à gronder sa femme. „Nos hôtes-là, dit-il, sont des '^Umûr, et demain ils nous déshonoreront auprès des Bédouins^ Il alla donc chercher une dabîhah qu'il égorgea et leur apporta toute chose, de peur d'être la chanson de tout le monde. Cette obligation d'offrir „le pain et le sel", si usitée encore en Russie, trouve son expression dans l'im-

1) v_iL=> dans le Sud, rôder, hcrumstrcichen. jm*j, o, Nord, chiper.

arracher, voler. jL**^, voleur.

2) Dialecte de llaurùn.

3) LJlî est. usitô dans toute l'Arabie pour rime, même poésie.

4) = Datînali J^ ;; i, (JvC SjsjkJJ on iji^ avec i'acc.

308

précation bédouine ^^3 xUI oj^ '). Dans l'histoire très

importante d'el-Hôtrobî, que je me suis fait dicter en dialecte des ""Anazeh, il est dit: yôm râ'a el-i>érba wllya el-madârî'â ^) u et-tûs^) mitel rodràn es-seyf. Ukân hakk el-hîn yitga'*) gai: sauwid

1) Voyez plus loin. Je ne puis ni'cmpéclier de faire observer ici que ce 'JJ n'a rien à faire au mehri siqaraur que Jalin MS. Gloss. p. 205 traduit par Jcmandeii moralisch anschimirzcn. schlechl ma- chen. Il renvoie au passage du texte se trouve ce verbe. J'ai déjà relevé la b(!vue de Jahn dans ma critique de son ouvrage p. 16, mais je n'y ai pas été assez sévère. D'abord, il n'y a pas dans le dialecte hadramite un verbe garr avec ce sens, comme le suppose Jahn, et le garr de son texte hadramite signifie avouer. Le texte mehrite porte 43, 15: ararût heh: siqaràrak babêdi araôr hîs: siqaràrak, ce qui correspond au hadramite : galet luh: gar- ràyt bilkidib? Gâl làhii: garràyt. Jahn n'y a rien compris et il traduit gaîment: sie sprach zu ihm : hast du mich durch eine Liige anschwiirzen wollen? Er erwiederte ihr: ich habe (dich) ange- schwârzt. Or, si dans siqaràrak est le si (s) interrogatif qui est aussi commun dans le mehri que dans les dialectes arabes. Jahn le répète une seconde fois croyant qu'il faisait corps avec le verbe et "Abd el-IIâdi lui disait, bien entendu, aussi siqarârah une seconde fois ayant la mrnie phrase dans sa tête. Dans le vocabulaire p. 205, Jahn a conservé la jjarticule interi'ogative qu'il prend pour un pré- fixe verbal, correspondant à un J.AàXA«', ce qui ne l'empêche pas de traduire par noircir. Le vocabulaire est fait en Europe et fourmille d'erreurs horripilantes. _ ^_

2) On me disait que le sing. en est py-^, "if^is c'est plutôt

ù O

pl.iA/o^ homme poitant le P j"^-

3) Sing. iowLL». Quelquefois les Bédouins du Nord l'appellent a\3jj>.

4) Prcpr. peler = -b,Ato, qui est moins usité. bJtiu, pcl. ...Lxiib

et c yiij, peleur, qui a la vcsse, peureux. En Dt. et en Hd. ^Lb-to, jocrisse. Cf. ^Ji*^ et .«i», classiques, et le datînois \Jisic. ou v»i*£, 0, iv.s.sr>', et le cla.s.sique ti^Àc. La variation phonétique

309

aîîa garâkura! Yôm bugtu birùmâg Aiia; arîd minkom yôm min ayyâra el-'Arab uhàluh "ômerhom ma yâhedu madda. Lorsque el-ùerba re- garda^ il vit les cottes de mailles et les casques de fer briller comme les étangs de Vété. En ce moment-là^ il eut peur et dit: y^Que Dieu îioircisse votre hospitalité ! car vous avez violé le pacte de Dieu. Je veux de vous „mie Jour- née des Journées des Arabes", et sa faynille n'acceptera jamais le prix du sang.'' Autre exemple sub p. 13, 17,

18. De là, i_c-s a même pris le sens de ^Lo, renommée.

Dans le Sud, le verbe ^^^ n'existe pas avec ce sens. Une particularité assez extraordinaire est à relever: il n'est pas d'usage d'inviter un étranger qui arrive lors- qu'on mange soi même: il faut qu'on prévienne l'hùte qu'on va lui donner à manger. Cela no s'applique pas à un pauvre diable ni à l'ami du maître. Ceux-là sont régalés sans cérémonie. ,

'Abd Allah Mizyad de 'Oneyzah me dicta les deux morceaux suivants ^).

J^' cr'' o' r^'^^ a^^ -^-^^ <^^ ^r^ ^)'^- "^ 7-^^- cr^

aussi otnpioyée on Di. Au fij-Miiv !<^V oiÀc, o^c- et m«/ /in' a ixhctppr.

\) Voyelles selon lii |ironoti(i:itiiiii il'AluLill'ili.

2) Ohsoivc/ le I) du |iri''sniit..

310

Parmi les habitudes des Bédouins, il y a que, si quelqu'un d'eux entre chez toi pendant que tu es en train de manger, et que tu l'engages à manger, il n'accepte pas. Si tu sers le manger pendant qu'il reste chez toi, sans qu'il le sache (prévenu d'avance), il dit: ^^Cela est une surprise." Leur habitude est aussi que celui qui a mangé par surprise n'est pas invité à prendre place dans leurs réunions. Mais si tu le préviens, avant que tu fasses servir le manger, que ton intention est de lui donner à souper ou bien à dîner, alors il ne refuse pas de manger. Il ne change la nourriture dans le ventre que chez lui à la maison ou bien le lende- main, car, s'il la change, son témoignage est récusé chez eux. Si le maître de la tente n'a pas de dabîha, il n'est pas toujours embarrassé, car ..^-^i^ JuJ._e ^J»-*---^ -^ ^5

Le 1..''>~>1jO» t 'iX^^ ^4^mO i^»r~-i ^ .•.i»-À'-)'j \JLkAl2_J L^^.lXJ^ L ; à ^

\jt-< j^,>L^^ %^j^, )^-^ ^^'l^' yM^ L ^ xj"b5 ..-♦JC^L wOLjj

Si un hôte arrive chez quelqu'un et que le maître n'ait 2MS de moutons, il s'en va aux moutons de son voisin et casse le pied à un des moutons. E l'égorgé pour son hôte, et le prix en est à sa discrétion. Le propriétaire n'en exige pas le prix, parce que, si Vautre n'avait pas cassé le pied du mouton, et s'il y a ensuite des affaires de commerce avec lui, il lui dit: „Vois, amène ton Jiôte chez moi, ou j'égorgerai pour lui une chamelle de tes chameaux." A cause de cela, il casse le pied au mouton^ afin qu'il n'y ait pas de réclamation.

311

Cela est appelé ') îsjjvî iC<AjJ» parce qu'il est pris par

^_aAxj■. On voit donc combien la différence est grande

entre les habitudes des Bédouins du Nord et du Sud de la Péninsule.

Lorsqu'on a ainsi mangé ensemble dans un but déter- miné, on est frères et alliés. Mais je fais expressément observer que ce procédé n'est pas en usage dans le Sud,

cil il y a le iw*o ou w^^j ^iiisi que nous allons le voir plus loin.

Cette fraternisation était aussi une pratique du Pro- phète ^). Sachau, dans son excellente préface d'Ibn Sa^d, vol. III, Theil I, p. XXXIII, s'exprime aussi sur ce sujet: „Un événement singulier de ce vieux temps est encore la double fraternisation par laquelle Mohammed tâchait de donner une nouvelle consistance à sa com- munauté, arrachée à tous les liens de famille, en unissant par la fraternité, d'abord deux Mekkois entre eux et plus tard un Mekkois et un Médinois. Cette institution n'a

^) P'- ^53''-^' ^^ 1"' indique un singulier (^=31-^^. Cela est illustré

dans une dictée d'un "Anazi: Inzalu "^ala 'Arab Sa dûn ukull ma gâham(!) surbet udyûfaw masâ'îr irâru 'a la isyâh el- 'Awâgiîn wa la yèédibu kûd illi ma lindebih. ""Ôgbuh ^addat el-'Arab 'and Sa'dûn: halâlna kulluh râh "^adâwi. Ils campèrent avec les Bédouins de Sa^dûn, et toutes les fois qu'un certain nombre d'hôtes ou de visiteurs leur arrivaient, ils faisaient main basse sur les moutons des '^Awâyitcs, mais ils ne prenaient que ceux qui ne devaient pas être égorgés cause du lait). En- suite, les Bédouins crièrent chez Sa'^dûn: r>Tous nos biens ont été enlevés de force." Voyez Hdr. p. 461 et s.

2) Rob.- Smith, Kinship, p. 135. Hoh. V, 69: iUo jr.jJ' l*^'' et passim.

24

312

certainement pas eu l'importance que Mohammed voulait lui donner, mais elle se manifeste cependant dans les siècles suivants à différentes occasions. Lorsque le vieux serviteur de Mohammed, Abdallah I. Mas'oûd mourut, le fisc lui devait une grande partie de ce que lui était des revenus de l'Etat parce que le khalîfah ""Otmân en avait suspendu la paiement. Alors son frère ez-Zobeyr s'employa en faveur de ses héritiers et leur fit avoir leur droit. Et lorsque mourut en Palestine le comman- dant supérieur ^Obeyd AUâh b. el-Garràh, il nomma son successeur son frère Mu'âd b. Gabal". Le terme de cette institution est i^ ^^^1 et se rencontre fort souvent dans l'ouvrage d'Ibn Sa'd. Les Sabéens l'avaient aussi, Hommel A A p. 170. Je ne crois pas que le Prophète ait créé une chose nouvelle. Il pratiquait seulement une vieille habitude qui existe encore dans tout le monde bédouin. Maintes fois j'ai assisté à Damas à une pareille fraternisation entre des marchands chrétiens et des Bé- douins. Ce pacte était nécessaire pour le commerce des Damascènes avec les tribus de l'Intérieur. Je possède encore le traité d'alliance que je conclus par écrit, en présence de témoins, avec le seylj d'el-Legâ, Mutlaq el- Qedîs, le 23 Nov. 1882, dans lequel celui-ci dit: q-:^vj

vAic by> iu^î, nous sommes ses frères par pacte de fra- ternité*). Le droit de fraternité, a^b^, doit se payer tous

1) iijLi», pour «jl-i»!, est droit de fraternité, Schulzzoll, et '^y>,

pour 'iy>^, fraternité, Bruderschaft, chez Hadar et Bedu, et non pas comme dit Wetzstein Z.D.M.G. XXII, p. 171. Naturellement,

•■5 - O -

'iy> peut s'employer pour »^Li>. Le verbe e5v>' est faire taire la

313

les ans, de même que les Anglais paient les subsides aux sultans de l'Arabie de Sud tous les ans; c'est la

aîjLi^ politique. Au ^J^;) on ne donne qu'une somme

payée une fois pour toutes, ^ou ,^j^ ijî, j'ai en ha mon wasî.

7, 4: Zaug- Tout arabisant sait qu'on fait venir ce mot du grec ^svyoç ^). J'en ai toujours douté, mais je ne savais qu'y substituer. Comment peut-on supposer qu'un mot désignant une chose aussi ancienne que la langue arabe ait pu se répandre par toute l'Arabie s'il était emprunté aux Grecs? A présent, Hommel nous en donne une étymologie -) qui me paraît très plausible et dont on trouve des analogies dans la classe des nomina in- ^trumenti et vasis. Ce savant ingénieux montre que zai indique les deux petits Jumeaux de l'Ecliptique. La racine de ce nom babylonien est, selon lui, zawaya, et le substantif en serait véritablement zauyu, zauy, dont seraient sortis zawwu et zayu. De là, les Arabes, les Syriens et les Ethiopiens ont fait ^^J, couple, formé de zauy par la palatisation du y, comme ?vi.=> de

£y^ et jix=^ de Jixj_^). L'arabe possède aussi ^ : := ^^j.

L A XIX, p. 85 dit : ^j ^53 J^^^^ y oX ]Sj ^^ *). Hommel suppose que le lat. jugum, joug, [allem. juk,

Ijûwah: Vj*^ ^i)^y>' "' (pour ii)uy>î), je te ferai conclure le pacte de fraternité avec les Bédouins.

1) Wellhausen, die Ehe etc. p. 432. Fraenkel F.W. p. 106. Vollers Z.D.M.G. 49, 510 et 51, 298.

2) Grundi-ii's der Geogi-aphie unil Geschiclite des Oiients I, p. 103, note 4.

3) Hadraïuoût p. 539. 4) OJ^ ^- Aiilarali 27 v. 3.

314

Joch, suéd. ok, sanscr. yug, pers. ^^] pourrait bien être de la même provenance, „soit un ancien mot astrologique d'emprunt". Seulement, d'après moi, on ne saurait encore décider se trouve la source primordiale.

(j:jj, i, est dans le Negd serrer fort^ straff anziehen ^). La, cousine de Hoseyn abû Suweyrât composa, à l'occa- sion de la guerre contre les Qahtân, un qasîdah qui commence ainsi*), mètre: ----i----i-^--i:

J^U) v4^' -y>^' 'r-*^ -r*^'; \i o. ^- . ^ L , o^ô,

0 ^oz gwz montes la chamelle baie qui fend la chaleur

[blanchâtre et qui se layice (courroucée), si Vavant garde de la troupe

[la devance! Il n'y a sur elle que le bât qu'il (le cavalier) a forte-

[ment serré avec des cordes et sa petite outre dont la co7ifection est de date fraîche.

Plusieurs thèmes amplifiés de la racine j ont ce sens, du moins dans les dialectes: .i, ^.u o.:, j.;. LA s. h.v. paraphrase ^^j par [j^ et ^^.

Le mot zauy, ^^j, nous explique l'étymologie d'un

1) Class. réunir^ serrer, zusammenziehen, mais aussi détourner de qC. L.A. s.v. et IV, p. 56 1. 6. Fasîh Ta'lab éd. Barth p. 7. 1. 2. Talwîh sarh el-Fas!h par Moh. el-Harawî + 433, éd. Caire 1285, p. 19. Fleischer apiid Lewy N.II.W.B. I, p. 5G1 : [^•tj, zusammen- ziehen, zusammenfnssen, einschliessen.

2) Ainsi chanté.

315 autre mot sudarabique ^^y joug (= ^ et 3-0), pi. _Lp.

On sait que j et ^_,-. se permutent ') et que ^^ devient souvent en mehri p. De -^j, on a donc fait .a^Joug^ sur -o,

et ce mot doit faire originairement partie du dictionnaire mehrite, car il n'est employé qu'à l'est du Yéman, à côté de iJLiP, qui est surtout hadramite.

7, 5: ^Arra. A l'ouest de Hd., c'est le verbe pour laisser. ^}s> y est moins employé. La langue classique a ici ,^y:t, mais aussi ^_5j£, car nous lisons dans L A XIX, p. 272: ^;oJ: ^^-^Ji^j xxJUPt ^^^ JX' JLaj .«Ji Jï. Je ne crois pas que (jyuJî J^, Dîw. el-Qutâml XVI v. 11 renferme cette idée, mais plutôt celle de ^1) L^ ^î, L A 1.1., c'est-à-dire, on lui a ôté le bât, on l'a mis à nu pour le laisser en liberté. Nôldeke ^) traduit bien [/!. Lebîd Mo'^all. v. 2 et v^^oj: par verlassen, de même que Huber 46, v. 1 i^f), mais j'incline à y voir le même

sens premier de mettre à nu.

7, 6: sa. Sur la conjugaison de ce verbe, contracté de ^c^, voyez Arabica V, Gloss. p. 296^). S le m an sa heytam les-salâh fi sab'eh, S. mit ime bague au doigt pour la prière.

7, 7: 'azîmeh, pi. ^ijx:, prononcé "azeym, *^azêm, amulette^ consistant en un bout de papier portant quel-

1) Hunger, Becherwahi-sagung p. 7. KAT^ p. C50 note 5.

2) Funf Mo ail. II, p. 57.

3) il faut lire m isba,

316

que chose d'écrit ^). j^^ est une "^azimah enveloppée de

peau et renfermée dans une boîte qu'on porte à côté. On ne dit pas iUjy^ comme dans l'Afrique du Nord ^),

ni le verbe ^"^ ^).

7, 8: ^ja^ frotter. Fahast el-qôt bimâ' 'ala éân tuwèlli*) em-nuqtah, J'ai frotté l'habit avec de Veau afin que la tache s'en aille. Èfhàs em-subùl bergî- lek, triture (en frottant) les grains avec tes pieds. De ce thème ^ se sont développés deux autres: ii:>? et *^.

sL>-JÎ J^ ^^,^:<Ut ^Ji5^f, triture le blé sur le moulin d

mainz=z^Zj. tes!"*!! satàr bôythin risiV uf- 1.1 à m h a, tu me feras des torons que je veux pour une corde, et tords-les bien. Minsânah tîfham em-ma'zal ^ala fàhdeha te^rîh utesûwi em-mà'^râh min ne h, la femme roide le fuseau sur sa cuisse et le fait tourner, et elle en fait la corde.

7, 9: ^ass, ijlac. Hdr. Gl. s.v. ^Ôss em-kara^ah 1 a m m a y i h r o g e m-d è h e n m î n h a, presse l'outre pour que l'huile en sorte. Synonyme de ce verbe est (j^, Hdr. Gl. s. V.. Par contamination de deux racines, les Syriens ^)

1) Son synonyme »_jL^I>-, est connu, mais peu employé.

2) Stumme T.Gr. p. 93 et 56; idem T.M. p. 81.

3) Stumme T.Gr. p. 23.

4) Le u est sous l'influence du w et nullement la voyelle régulière

littéraire des J^sj, conformément à la juste remarque de Socin Di-

wan III, p 103, 1. 9 et ss.

5) En Syrie, c'est écraser avec la )nain et (jaA:>, écraser avec le pied. Je nu connais que lu lurnio avec (j£>.

317

ont ^>alc, écraser, presser, écrit ^j^ss. par Bc et Ht chez

Dozy et par Beaussier Dict.. s. v.. q^^' ci^A^àc, j ai écrasé le citron (avec les mains). De cette racine ^j^, nous avons les thèmes amplifiés Lo^, o, class., panser, ^.^ 1), ^, ^c '), H(lr. p. 251 note 3, et ^ '). Avec l'amplification du ^ je peux encore citer pour les dialec- tes méridionaux:

JL, être gai, réjoui. ^ J^ = ^ ^^>^, do7iner la bien- venue à, accueillir avec joie, dans le datînois, mais peu employé; RO p. 416, = ^. u^j, regarder =^. ^>^,

recueillir, collecter —- j^:> . J'ai entendu ,jîJ. ^y pour Ji^t py, jour de la Résurrection.

On observera les class. j.o, blâmer, et yoo, gronder,

Hamâsah, 263, 13; Nôldeke, Fûnf Mo'all. II, p. 45. liû,

fermer*), aussi Eg., et le syrien ^<>w, babyl. sakâru, barrer.

Ih, boire jusqu'à la dernière goutte, tout vider en buvant, et chez les Kâzim et à l'est de là, boire en général, qqf. enfouir, et jth, a, enfouir, dans le Nord,

1) Comme Jaj et w^^iJ, Hdr. Gl. s. v. Cf. ^^li = ^Ic, M.S.O.S. VI, p. 111, note 21.

2) Comme vA*w et j»iA<w et *Iiw, fermer; i—^ et *-»-^ r/ro liant;

wS^ et fJJ-^, briser; (j«as et j*-»^, presser.

3) Presser ou lurtlre jusqu'il en faire sortir tout le liquide, f/a/c auskratnen. Dt.

4) Aussi Dl. hcxrler: il^ji^Ui ^jrJDw, /d plaxclie {le bois) »i'a heurté.

318

et en Syrie, combler^ Tab. I, p. 839, mais sauter dans le Sud. ^g^lD, enfouir, engloutir.

Joe, Hdr. Gloss. s. v. ; Arabica V, Gloss. s. v. ; Socin, Divan III, Gloss. s.v. Meissner, M S OS V, p. 110 et 295. =^.

(jiJs, tirer avec le fusil à bout portant sans viser, =: J^.

ijli', éblouir = ^j^, a, faire honte a, désillusionner, =

7. 10: râh. La signification spéciale â'aller dans V après midi ou le soir est strictement observée dans toute l'Arabie ainsi qu'au Maroc D T 0 p. 27. L. A. III, p. 292 dit: Jc-^L> c^s*L3 ftJotJL. iCA.i;LLî c>^=>;*-. C'est une phrase toute courante encore aujourd'hui chez tous les Bédouins. Mais au sens figuré, comme dans le texte, on le trouve synonyme à!aUer, s'en aller, mourir, z= ^J^, se mettre à, commencer ^), même dans les textes classi- ques. El-Azharî, L.A. III, p. 291 en bas, dit avoir pour- tant entendu des Bédouins se servir de J^ lorsqu'il

s'agissait de c^o^ j^ j^^).

7, 10: suwâd. Les Bédouins n'ont pas d'eticre pro- prement dite. S'il faut écrire une lettre, 07i coupe une frange du tôb, ^_j^! ^y, JjJoî ^^v^llaJ, et on la met dans un peu d'eau l'indigo se dissout: c'est leur encre. o'Jw< est moins employé; yj> inconnu, vjs^» est le

papier écrit; ^'^ le papier blanc.

Cette espèce de sorcellerie est une vieille pratique orien-

1) Donat Vernier, Graiiim. Ariibu, § 1039, 4°.

319

taie. Voyez le récent article de H. Winckler OLZ 15 Avril 1906, p. 219 et s.

7, 11: k ara" ah, iCc/, pi. ^y, petite outre en peau

de mouton, c T , eau de pluie, dans tout le Sud, y com- pris le Yéman.

7, 12: radie t. Les verbes ont aussi souvent à la troisième pers. du sing. l'accent sur l'ultième que sur la pénultième, surtout si le verbe est ult. ^ (^jJw). Ici redf, 1. 14, laqf, 140, 9, huff, 142, 15'). Cet accent n'est pas déplacé de la voyelle longue, si ce n'est à la seconde pers. fém. du sing. oii il peut aussi frapper l'ul- tième, et à la seconde et à la troisième pers. fém. du pluriel, oii il frappe toujours l'ultième. Les afformatifs a t, et, n a, (y) e y n, etc. y sont simplement ajoutés. Les plus anciens textes babyloniens offrent la même particularité, Hunger, Becherwahrsagung p. 8. Je vais donner ici la

conjugaison complète d'un verbe ^^xi. Les ^^ et ^jjé\

se conjuguent selon le schéma classique.

Parfait, m. f. a n a b a q î t, je suis resté m. i enteh baqît,

f. ( enti baqît i ou baqîtîn'). m. j hù" baqf

f. ( hf baqiet [baqî'et] ou baqiyet

1) , <^) ic^ 6t ensuite (j;*^. Nous trouvons de mCmie les va-

riantes du Qor. 20, 90: radî et nasî; 20, 119: rawi.

2) Dans les dialectes, comme en hébr. et en syr., les tertiœ ^ se sont fondus dans les tertise (^, excepté, bien entendu, pour les sub- stantifs de _^.

3) Comme en arumi-en et en hébreu avec les suffixes.

320

m.f. ahna ou lahna ou nahna h Siqlna, nous sommes etc. m. j entu baqitu.

f. ( entên baqîtèyn (-tên) ou baqeytèyn^) m. ( ho m baqfu ou baqîyu").

f. ( hin baqîyèyn (-yen) ou baqiyèyn.

m. f. w a h i t e h, je Vai senti, entendu. m. ( wahîteh.

f. ( wahîtih. m. ( wahîh.

f. ( wahi^eteh ou wahiyeteh '). m.f. wahînâh, 7ious l'avons etc. m. j wahîtùh.

f. ( wahîtèyneh (-tên-)- m. ( wahf ùh, wahîyùh [wahf ùh, wahiyùh].

f. ( wahîyèyneh (wahiyèyneh, -en eh).

La hamiet em-éams, lorsque le soleil devient chaud. Hf ma wahîetha, elle ne s'en apercevait pas, 81, 8; 76, 2. Tîyâbi h ad! y et 'a le y, mes habits sont trempés d'eau. Ed-dunya safiet, le temps s'est éclaira. Ma lâqîet tôkulah, elle mange ce qu'elle trouve. S e q î e t em-ard kulleha, toute la terre a été arrosée. {,Ji^).

Batni sabîyet, mon ventre est ballonné, Ildr. p. 185, note 1. Hâràha lammardîet, il lui parlait jusqu'à ce qu'elle consentît, 140, 11. Tafîet en-nâr wahàlah

1) Voyez ma brochure: La langue arabe et ses dialectes, p. 55, lidr. p. 244. Les Bédouins de la Syrie disent également ici -èyn, mais les Haurâniens -en.

2) '^Omân; bàqyu: Egypte: biqyu ou biqyum; Negd : ba- giyau, radiyau; sabéen: _^ et j^; lihyâni : ^^-^aj D. H. Millier. EDA. p. 44.

3) Ici, p. 70, 1. 2.

321

n è b e r u, le feu s'est éteint, et les habitants s'en sont éloignés, me dit un Beyhânite pour expliquer la phrase l)c^L^ c:^'.

Les Bédouins de Syrie et du Negd *) ont la forme bàqyet, dàryet. Wàhiyet el-màsala, l'affaire est devenue grave, 'Anazî. Egypte: biqyet. 'Iraq: 'amet %yni, M.S.O.S. V, II, p. 106, 1. 3.

Imparfait.

Sing: èbqa; tebqa; tebqi ou tebqîn; yebqa; tebqa. Plur: nèbqa ou lebqa; tèbqu (tibqô, tibqàu, tèb- qàu); tebqèyn; yibqu ou yibqûn [yibqo, yibqàw, yibqàu, yibqàun]; yibqèyn, yibqên. La préformante a la voyelle i et e, quelquefois a, sur- tout devant les gutturales. On dit toujours yarà^ tara' ou y ara tara, et le plus souvent tabà''^), mais yibà".

Pour les verbes Jsjé, la conjugaison est la même pour

ce qui concerne les aflformantes. Dans notre dialecte, on ne rencontre que fort rarement la forme ressautée (auf-

1) Socin, Divan III, § 130, donne la forme begât, = u>^,

mais je ne la connais pas, et j'en doute. N" 66, 35 nous lisons begat, et 66, 36 bëgât doit être lu de même. Socin n'a étudié que sur ces textes et il n'avait pas une connaissance personnelle des dialectes arabes. Meissner, N.A.G.I. p. XL VIII, ne parle pas non plus d'une telle prolongation de la voyelle et il donne au contraire mise t.

2) Si l'on veut s'orienter sur la voyelle de la préformante dans l'ancien arabe, je renvoie aux ouvrages suivants: Noldeke W.Z.K.M. IX, p. 46, note; idem Z.D.M.G. 59, p. 413, 1. 14. Sîb. II, p. 275 et ss. Fleischer, Kl. Schriften, I, p. 97. Barth, Z.D.M.G. 48, p. 4. Freytag, Einleitung, p.p. 76, 81, 91. L.A. s. v. ^^ et iCblJ". L.A. et T.A. s. V. ^!. Ei-Mo'arrab, p. 9. Bânat Su'àd, éd. Guidi, p. 96 = éd. Caire, p. 47. I. Giimî el Hasâis, fol. 201 b. el-Beydîiwî 1, p. 449.

Hofni ^^j!^^ p. 24. Muzhir 1, 124, 1. 16. Vollurs V.S. pp. 16, 129 et 172.

322

gesprengt) de Stumme-Marçais : bâlhorùgsi 12, 8, 9. Je ne l'ai pas beaucoup observée dans le dialecte hadra- mite, elle est pourtant un peu plus commune *) :

yisômrùn m ^-ji; -*^.i Hdi"- 367, 8 d'en bas z= 376; yedebl.iûn, Hdr. 378 1. 6; yiholtûh Hdr. 395, 8; yihôlgOn Hdr. 485, 4; tâ'ôsob z= >;,*j«3*j' Arabica III, 71, 8 d'en bas. Elle devient plus fréquente au fur et à mesure qu'on s'avance vers 'Oman, elle est très com- mune. Elle ne s'y limite pas à certaines radicales verba- les, comme l'enseigne Reinhardt Gr. § 268. Ce cas ne se présente pas seulement lorsque le verbe est suivi d'un suffixe à l'accusatif. Il peut se produire avec tous les verbes, ainsi que me le prouve la longue liste que j'ai réunie d'imparfaits 'omanites. Dans le Nord, elle est plus courante que ne le suppose Socin, Divan III, §§ 165 et 141. Je la considère comme un imparfait archaïque *), resté dans les dialectes. Nôldeke Z.D.M.G. 59 p. 416 1. 14 et S.S., ne semble pas être de cet avis, car il s'y déclare partisan de la théorie de Stumme sur la forme „aufgesprengt". Mais la théorie de mon savant ami n'est qu'un exposé des faits, et nullement une explication. C'est tout bonnement un nom nouveau, donné à un pro- cédé morphologique dont les dialectes ont hérité depuis la plus haute antiquité.

Il n'est pas déplacé d'appeler ici l'attention sur l'im- parfait des verbes qui ont une forme transitive et une

autre intransitive : ^yé, ^yiàj et ^yè, ^^.juj : ^jiL>, ^c^.^

1) Il faut donc un peu modifier ce que j'ai dit dans ma critique sur le »Die Mehri-Sprache" de D. H. Muller, p. 50, 1. 8.

2) La langue arabe et ses dialectes, p. 57. Stumme, Tun. Grumm. p. 13.

323

éteindre^ et ^_^, ,J>^.i s'éteindre ^) ; t â f i y i n n h a , je V éteindrai', em-nùr ta. fi, la lumière est éteinte. ^J<a^ ^^, remplir^ et ^J.a, ^J^_, être plein] su hù' raâ- liinneha, qui va la (iojs) remplir?

Impératif.

Ibq; ibqi ou ibqi'^) fém.; ibqu; ibqèyn, fém.- A u h ') ou ô h ; à u h i ou a u h î' ou ô li i, ô h î", fém. ; àuhu ou ôhu etc.

La deuxième radicale de la IP personne du singulier masculin reçoit une voyelle finale adjuvante, e ou i, lors- qu'elle est suivie d'un suffixe à consonne initiale ou d'un mot formant corps avec l'impératif. Elle reçoit un a lorsque la seconde consonne est un c: ès^a râsak, in- cline ta tête ((^^JtAû). Cette forme apocopée *) est aussi admise par les grammairiens : Sîb.-.Jahn § 490 ; El-Mofas-

sal, p. 162, quoique ce soit la moins employée t;;yjt]iî jlïL

1) Sturarae, T.G., p. 19, dern. 1. et p. 20, 1. 6.

2) Comme en hébreu: v. Hdr. p. 309, note, et ibid. p. 287. 1. 3: u g r u b î' , approche !

3) De /y>35 sentir, entendre. Cp. Hadramoût, p. 276, note.

4) Déjà observé par Snouck, Feestbundel p. 21 note, et 25. Dans le verset qui se trouve chez Hartmann, Z.D.M.G. 51, p. 195:

ù

nâr albi is'^ili wiswi lahra nayya, iswi n'est pas pour j-^',

comme il le dit p. 201, mais c'est, de môme que is'^iii, l'imprratif régulier au f»'!m. à cause de ^cii .li = la femme. Le chant donnerait:

y a nâra albi-s ili wi.swi lahem nayya. P. 198, Str. 7, 2, il faut y lire; hu tt-el-'adam al'udam, ^lAflic j.(Aftiî -t2>, et cor- riger la traduction ridicule. J'ai déjà ailleurs émis mon opinion sur ce livre manqué du grand réfurniateur de l'Islam.

324

Sîb.-Jahn, 1. 1., et, d'après lui, I. Ya'îé II, p. 1279. Nôl- deke, Zur Gr. des Class. Arabisch, p. 10 = es-Sîrâfî apud Sîb.-Jahn, vol. I, ii, p. 43. Comme deux consonnes consécutives, sans voyelles intermédiaires, dans la même syllabe, sont contraires au génie de la langue, on y inter- cale souvent, surtout si la dernière est une labiale, mais jamais si la première est une liquide, une voyelle adju- rante, si l'impératif est en pause ou suivi d'une consonne : èdër et ëdir ici p. 79, 1. 19 et 20. Autrement la der- nière consonne se lie à la voyelle suivante. Sîb.-Jahn. § 490, trad. Voyez Hdr. p. 124. 1. 14 et note. Ce pro- cédé est aussi courant dans le Nord, Socin, Divan III § 142. Meissner, N A G I p. XL VIII, § 77, h. Avec le suffixe «_, la voyelle a, e ou i^), est toujours interposée, mais elle appartient au pronom, et non pas à la radicale, Sîb.-Jahn, § 490, vers la fin. Socin, Divan, III, § 142 d. L'impératif de toutes les formes des verbes 3^ et ^_5^ est traité de la même façon. L'exemple classique en est le vers *) cité par Abu Zeyd, Nawâdir, mais je ne l'y trouve pas ^)

S. dit: Achète-nous de la farine et donne du pain de froment et du sawîq*). Forgé ou non, ce vers reflète

1) En Hadraraût u. Cf. Qor. 7, v. 108 argih et 2, v. 122 arna (variantes).

2) L'observation de Nôldeke, z. Gr. d. class. Arab. p. 9, note 31. «Manches mag hier kiinstlich sein, aber auf Grund der wirklichen Aussprache", frappe tout à fait juste.

3) = Sîrâfî, Sîb.-Jiihn I, 1, p. 43; I. Ya'îs, p. 1320; Noldeke, z. Gramm. d. class. Arab. p. 10, et .souvent ailleurs.

4) Sur ce mot, dont la définition est assez vague, voyez L. A., Xll, p. 36, Jacob, l^eduinenleben^, p. 89, Nôldeke Z.D.M.G. 1895 p. 714. V. Kremer, Studien z. vergl. Culturg. I und II, p. 14: Mchlbrei.

325

la langue parlée encore de nos jours. Un exemple iden- tique se trouve Hdr. p. 393, 1. 4. On sait que dans les dialectes hadar l'impératif en question finit toujours en â ou en î. Les variantes Qor. 7, 108 argîhi et 2, 31 anbîhim sont de cette catégorie. Il n'y a, que je sache, que l'impératif ta^àP), viens ici, qui fasse exception. La dernière syllabe est, dans ce cas, longue dans les poésies hadar, témoin Dalman, Palâstin. Diwan p. 147, 1. 8: ya ràbbi hàlli môhreti * tikbar wàna hayyâlëha (c'est ainsi qu'il faut lire: --w-i_--_), ô Seigneur, laisse ma poulai^ie grandir, et que je sois son cavalier ! Ibid. p. 151, 1. 9: ""alli rafâdiË ya yûm * nahna debàyih lilgûm, rehausse ton coussin de selle, ô mère,

nous sommes les victimes de V ennemi^): --^^-i .

Egalement chez les Bédouins nordafricains, comme chez Stumme, Beduinenheder, p. 59, v. 76, et Hartmann, L L W, 5, passim. Dans la poésie bédouine de toute la Péninsule, cette dernière syllabe, avec sa voyelle adju- vante, est toujours métriquement *) brève. Le poète Dô''an el-Murqusî des Fa^î (-[- 1315 H.) dit dans une qasîdah:

1) Prov. et Dict. p. 109.

2) Dalraan traduit incorrectement: nous sommes les bouchers de Vennemi. ^IjO est le pluriel de iC^O qui ne veut pas dire boucher,

et l'expression JyJ! f^^i^^ ry^ ou [•yiiî est fort commune chez les

Bédouins du Nord = nous sommes prêts à nous offrir comme da- bàih, victimes, aux chameaux de l'ennemi.

3) Il m'est incompréhensible comment Stumme, trip. tun. Bedui- nenheder, p. 28, peut dire que »ces voyelles", interpolées pur lui pour parfaire le mètre, mais venant naturellement dans la bouche du chanteur, »n'ont pas de valeur métrique syllabique". Si ce n'était pas le cas, le chanteur ne les y mettrait pas. Il y a ici entre Stumme et moi de profonds désaccords.

326

M xjtj.-^l li-v-J^^Si^' lN^j^e'-jl^ .^sLj

0 père de Mohammed, je veux te demander et raconte-

[moi, toi. Demain il y aura le retidez-vous des troupes alliées.

Un poète, en parlant de la guerre entre le daulah de Ahwar et ses tribus, dit:

Passe chez le seigneur d'el-Majabi^) et raconte-lui; Dis-lui que je suis aujourd'hui parti le matin des

[Montagnes. Exemples de l'impératif: nahna negûl isèb (ou

"1) S\i olji-si) ou yij J^'t ou yij JoLfiJ! est un terme technique.

Wrede, Reise in Hadhramaut, p. 185, s'est rendu coupable d'une gaffe inouïe. Il décrit une ^réunion de tribus" qu'il appelle Qabayl Bah'y et à laquelle il aurait assisté. Il a entendu la phrase stéréo- typique ci-dessus et ne comprenant pas l'arabe, il l'a prise pour le nom de l'assemblée. G. Jacob, Beduinenleben, page 257, cite ce pas- sage sans s'apercevoir de la drôlerie de ce Qabayl B a k r y. Je rap- pelle ici une autre erreur de Wrede, p. 79, citée par G. Jacob, o. 1. p. 5 note. Il dit que »les Bédouins, après chaque coup de tonnerre, s'écriaient: eh-ya-ho! en menaçant avec le poing du côté du ton- nerre". Il ne put en savoir l'explication. Les Bédouins auront crié:

Kfi ^Xi ^g=> [i, se. T*^', comme c'est encore l'habitude, et ils ajou- tent: L Ij -.3. Heureusement, nous pouvons contrôler les voyageurs amateurs dans l'Orient sémitique, mais pour certains voyageurs à la grande cloche, comme Sven Hedin, qui voyage toujours seul, tout con- trôle nous manque.

2) Pluriel de »jy , petite montagne chez les Kàzira.

3) Capitale des '^Awûliq Inférieurs.

327

iseb) ^'al-faras, nous disons: monte sur le cheval, Hdr. p. 124, 1. 14 et note. Yagûlûluh 'àtëna hagg àlia, ils lui disent: Do7ine-nous le droit de Dieu, "Anazî. Dans le volume sur le Hadramoût, on trouve: Orra el-gedf, jette (donne) la contrevaleur exacte, p. 177, 1. 8. Èhîg "^ala hâda el-mahall, garde cet ejidroit, ne laisse appro- cher personne, p. 228. il à mina bil-lîhâf, couvre- moi avec la couverture {^^ i), p. 405 1. 9. Isf ^alêh, sieh' auf ihn hinunter, p. 503 1. 9. Willelha uegi- relha = Ui L^ J^, cours la chercher, p. 380 1. 19.

Datînah'): ibil li husn = LlAl^ ^l ^t, batis-moi un h.,

comme Qor. 40, 37 : L>yo ^ ^^! ^U^ b. I s b h i n a, reste

ici tranquille (^^i^^, i). Id'àh, id'èh, et Hdr. id^ùh,

appelle-le. Id'^eha, appelle-la. Iqër em-hatt, lis ta

lettre. Iqràh, lis-le. Ifël tiyâbak, épouille tes habits.

"Arr em-karîb yitwahgam, laisse le feu flamber

{^f). Hallhora yirga^ôn, laisse-les revenir, Hdr. 31 1. 9. Wàzzëna, appuie-moi, Hdr. 309 et note i^j^). Tara m hina, reste ici, ibid. 276 1. 13 {^^). Miss hâlak, ^zre-^oz d'affaire, ibid. 343 note. Dali hina, reste ici {^Jàs ^ JCto). Wiéé em-taub "a la haqwak, desserre le vête- ment sur ta taille (^yi^). Wiééim-nis'ah 'a la hàq- wis, desserre (fém.) la ceiîiture sur ta taille. Le poète

1) Je ne saurais assez accentuer que les exemples que je donne no sont jamais de mon cru, mais tirés de mon grand daftar, j'enrepistre tout ce que j'entends après l'avoir tout de suite inscrit sur un calepin.

25

328 DC^an dit: pjù\ U Uuaj ><^ ^A»Jî , la sincérité, laisse- la persister entre nous jusqu'à ce que nous puissions conférer. Le poète Ahmed b. ""Alî el-Hirayarî, de Naqhân, chante :

j&fôye ^es /rères et tes cousins (contrihules) et aie patience dans la bonne comme dans la mauvaise fortune. Prop.: amer et doux. D e k k 2) e m-t a b", égorge le petit taureau

(^_^L>). Wàffëna swôy, do?ine-moi encore un peu, ïïdr. 379 1. 11.

Itf em-raisbâh, éteins la lampe (^_csl> et ^_^M). H ou H w ou i î u 'a 1 è y = ^J<c yof, éclaire-moi. H s *) em-sirâg, allume la lampe (j_^c^i). Iftènna (= o*it Uo) bi kalâmak, parle-nous clairement, mais ift bi-

kalâmak. Isin nefsak ou isnëha, sois courageux^). Andëni em-raazàbb, donne-moi le berceau.

1) Ainsi écrit dans l'original, récité et chanté, et non pas rab bih-, ce qui est aussi bon. Le mètre de la qasîdah est:

deux fois.

2) tc^^j tuer de la façon rituelle, pour que la bête ne crève pas.

3) Voyez p. 322.

4) Le •1' =: J sous l'influence du ijo. (j:^ = t<V*^ et ,jr*^' = *i>-^'

5) XwÀJ .e:*-^ ou , c^') c'est à dire, délester sa propre per- sonne, en faire bon marché au point de ne pas se soucier d'un danger. C'est peut-être dans ce sens qu'il faut comprendre le

_^LLii3 _j^^ de l'inscription de Glaser 1080, Hommel A. A. p. 184 s. V. Li-ii. Glaser 107G 1. 27 = Winckler , Uie sab. Inschr. der Zeit

329

Ta%ss ma^na, ou ef^ass, soupe avec nous. La rig%t la Datîneh itfèss qalîl bfômrak, lorsque tu retour- neras en Datînah, fais un peu la roue = yi^^i et JXj.

Iltaw ou il tu, îoeich' ah; fém. Htewi.

Ihtàr era-manîhah ^) (ji tcbàha, choisis la bête à lait que tu veux que je te prête. Iftàq làrdak, soupire après ton pays. Itmàr ènteh wiyàh, dispute- toi avec lui^). Dô^an a dit:

Alhan Nahfan p, 14: Li-ii, ennemi. Cf. les class. (^wvjj et i^.^ - La locution *.>^i ^Jy^ ^j^ J^;> rapporté par un ancien gram- mairien et qu'es-Suyûtî, Muzhir, I p. 55 en bas, met en doute, est encore très bédouine: courageux, qui est sj^i pour son adversaire. Xi^

^yÀj = Atlar le vaillant., (j*^U^' ou ;j**-i^jÎ, ZDMG 54 p. 254 et s . Dô'^an dit dans une longue qasîdah :

Je n'ai besoin que de gens braves et intrépides qui font sortir le Diable de dedans les pierres. J**i2J, o, retirer. ^/.:5^t vi>Jlj«2J

fOj^^ CT* ' ■t"'^ retiré le blé de faire.

1) ii:<v*-* est la bête qu'on prête à quelqu'im pour qu'il s'en

serve, surtout des bêtes à lait. C'est, avec iC:?^wU Boh. V, p. 59, 1.

3 d'en bas, un mot et une pratique très anciens; LA III, p. 445. Tab. I p. 1786. Cf. l'hébreu j^n^p et son rôle cultuel.

2) Ainsi que les verbes concaves qui con.servent l'a à l'imparfait, Hdr. 2U1 note 1, mais notre dialecte dit ni m et nam.

330

+

«__i.L_L_Jl isL*

o

L?^

Suis [l'exemple de] un des tireurs ') qui font butin de fusils roumis de cinq empans (de longueur de canon).

x,-Ji!t J, ^^ oLaj1, sois coulant avec moi pour le prix

Hdr. 177. %^^ J^ auXJy! J>-m^'! , préfère la jeune fille

à la vieille femme (^^^Lm^'). Istah, aie honte!

Pour finir cette longue digression, je fais observer que les verbes c»p et ^, moins ceux de la note 2 précédente,

font à l'impér. régulièrement ^ et « , contrairement aux

dialectes hadar ^) et en vertu de la règle invariable, à quelques exceptions près, exposée dans "La langue arabe et ses dialectes, p. 21 '). L'impératif de ^b- est dans notre dialecte gi^ et ainsi tous les impératifs analogues. On ne dira donc pas que la grammaire arabe ne reflète pas une langue anciennement parlée et encore ainsi parlée de nos jours. La grammaire classique se trouve

1) Voyez le Gloss. s. v.. iCs.LliIÎ.

2) Aussi dans le Sahhî 'oraânite BBRAS 1902, p. 270 s. v.

wait: (Jns^, attends-moi.

3) Le fait que dans les dialectes hadar la voyelle longue est ici conservée est par Doutté TO p. 67 ainsi expliqué: wlorsque, par suite d'un accident, la forme trilittère du mot n'est plus apparente,

o ) o )

le vulgaire la rétablit: il ne dit pas JJJ, mais J^." Le beau livre de Doutté est déparé par des reflexions et des règles aussi absurdes. Le contraire de ce raisonnement serait que les Oranais, en disant

aJJ^, dis-lui, rétablissent la bilittéralité!

331

encore éparpillée dans les divers dialectes de tous les pays arabes, moins, bien entendu, les désinences voca- liques et le tanwîn, qui n'existent plus qu'à l'état rudimentaire.

7, 13: la ""and el-^ôlb. "^ est pour ^\ , sur lequel voyez Arabica V p. 139 et ss. et Hdr. Gloss. s.v. ^i,î. Les Arabes aiment beaucoup les rendez-vous près d'un arbre. On lira chez I. Qoteybah, - éd. de Goeje, p. 262, un rendez-vous amoureux près d'une talhah, mimosa gummifera.

7, 15: sëhêreh, ^,^, pi. ^L^^ comme ww.^, pi. v_jUjî '), beau-frère, cousin, jparent. Ce n'est pas le dimi- nutif, car celui-ci est dans les dialectes du Sud aussi rare qu'il est commun dans ceux du Nord. Quelques mots ont une prononciation fixe, stéréotypique, qui s'écarte du schéma classique. Sehêr') et daheyl, hôte, pi.

jJ>o, en sont les deux exemples typiques. Dans tout le Sud, entre ^Omân et le Yéman, on les prononce de cette façon, et non sahîr et dahîP).

1) VV:-*^ est celui qui a appelé son enfant du nom d'une per- sonne dont il recherche la protection; Arabica V p. 175 et ici plus loin.

2) S-tP''-> veut dire associé, Hdr. Gl. s.v.. C'est un <y^ = J^li , comme jJ-*' = y^K et se trouve partout hors du Sud, môme en

Afrique, Burckh., Beduinen, pp. 131, 140 et s., 2G4 (où les différents mots sont mal écrits). Marçais, Graram. Gloss. s.v.. Stumme TTBL V. 709 et 738 ; id. T M G p. 90 27 v. 5 le mot a le sens or- dinaire de Schulzsuchmder, et ensuite de protér/é, Dozy, Suppl. s.v., et non Bitte, comme l'explique l'auteur TTBL Glo.ss. s.v.. La défi-

332

On a bien vu, en parcourant mes ouvrages sur les dialectes méridionaux, que la diphthongue a y [ey] peut devenir î, comme dans les dialectes africains, et que, vice versa, la longue î se dissout en a y [ey]. La pro- nonciation stéréotypique des mots en question me fait croire que nous sommes en présence d'un reste phoné- tique des langues parlées dans le Sud avant la prépon- dérance de l'arabe. Je dis „des langues" car on ne saurait encore décider si la langue minéo-sabéenne, le dialecte himyarite ou la langue mehri étaient l'idiome courant du Sud. Peut-être toutes les trois langues à la fois.

Or, il paraît, à en juger par ce qui se passe dans les dialectes arabes du Sud de la Péninsule, et surtout dans ceux des Mahrah, des Qara et de Soqotra, qu'un des traits distinctifs de ces dialectes est de dissoudre une voyelle longue en diphthongue. Le nom de Hadramôt en est l'exemple le plus frappant. C'est certainement

un pluriel oU*a=>> comme ot«UJ!^), cjL^^''->^' ^) > oljyti!,

nition de de Goeje, Doughty Travels, Gloss. s.v., est tout à fait juste. Le dahîl du Nord s'appelle dans le Sud rab'r, Hdr. Gloss. S.V.. [^!] ^^ i3>^^ n'a le sens de chercher -protection en entrant

chez quelqu'un que dans le Nord [= v Lf j^ji ^^'^ cette phrase est sj-nonyme de xC ^ ^3 ou (_<W _Lj, et ^^ y est par- tout équivalent à ^fp'-^, qui demande protection ou asile. R. Bas- set, Moh. et le Chameau, donne cet hémistiche:

ana dahîlak ya emîr * enta dahîl el-murainîn qu'il traduit par: J'entre chez toi, ô émir .qui entres chez les croyants, ce qui ne rend pas le sens intrinsèque des deux dahîl. J'ai It regret de dire que cette publication fourmille de fautes contre le mètre. Le maddâh n'a peut-être pas chanté ainsi; ou bien les Algériens ont-ils perdu tout sens métrique?

1) Graf, Sprachgeb. der ait. chr.-ai-ab. Lit., p. 99 s.v.

2) Gezîrah, p. 216. Cp. :*^'^ Diw. Hodeyi, éd. Wellh. 465,

333

Yâqût s.v. Cette désinence -ât a été prononcée -ôt, ainsi que c'est encore l'habitude. Ot est ensuite devenu d'un côté -ût: Hadramût, et de l'autre -aut: Ha- dramaut (v. p. 295) que j'ai aussi entendu à l'est de la frontière mentionnée. U devient souvent au, surtout dans le pays d'ed-Dâhir, l'on dit p. e. bahàur et bahôr pour .J^', encens. A Lahig, j'ai relevé yahaus = j;.^ •); ^^ = ^^; J^ = à^ Hirsch Reise.

Force est donc d'admettre que la prononciation de ces mots sahêr et daheyl s'est perpétuée à travers les siècles et qu'elle remonte à une haute antiquité.

Le mot ^o-fp'j, est aussi de ceux qui sont presque tou- jours prononcés avec la diphthongue; Arabica V, p. 95. On prétend que Q.*^yt *) est importé du Sud, oià il

V. 1, et oJtJ^, V. 6. Dans la grande inscription de Sirwâh il faut peut-êtie prononcer v^^^ÀJO comme o^^^, Glaser, Skizze, II p. 89; 0. Weber, S S A K II, p. 24. L'entourage géographique de ce mot prêle à l'identifier avec la Datînah actuelle, quoique la sibilante soit à présent à la place de la dentale.

1) Un zâmil du poète I. Howeydir me fut ainsi récité, chanté et voyelle par un datînois lettré:

'3'

.:> sOi: , ij» -. ,LJU! ^_jka_j" L

lA—w

Bâtez les montures et les chevaux hennissants; tu vas faucher les grains secs et ceux qui sont encore tendres.

Reinhardt, pour "^Omân, § 178 donne slôm et slaumun, *^^ ,

o

*^L« . Cp. Hadranioût pp. 89 et ss. et ma lettre dans la Revue Sé- mitique 12, p. 79 et s. Voyez Additions.

2) ^^^\ est donc la forme adjective, car les inscriptions donnent

cette épithète, .san.s nom de dieu, rhmnn = i-)^^; c'^y'" ^^^^

334

se rencontre dans plusieurs inscriptions dont les passages ont été réunis par W. Fell dans la Z D M G 54 , p. 252. Mais il ne s'ensuit pas, selon moi, que ce mot doive provenir originairement du Sud, car on le trouve déjà en Babylonie comme épithète de Mardouk, rêmênu, et d'Istar, ummu rêmnîtum, KAT' pp. 373, 428 n. 3, 438, dans Onkelos II M. 34, 6 et dans les deux Talmouds. Les Juifs s'en servaient au temps du Prophète :

^Lait Lt L eULc ^}\ éja JLai ^^\ ^ \^^ ^ili Boh. VIII, 108, 1. 4 d'en bas. Nôldeke, Geschichte des Qorâns, p. 93 note, a donc tort de dire que ce mot n'était pas connu dans le Higâz au temps du Prophète. Si el-Mo- seylimah était appelé x*U-J' -qI^j, cela n'est certaine- ment pas une imitation du Qorân. Le Prophète supprima plus tard ce nom d'Allah justement parce qu'on appelait ainsi son rival, qui allait jusqu'à s'intituler lui-même ^^'L«j>yî . Wellhausen, Skizze VI p. 17, dit avec raison: „der Name Rahman imd die Form des Gottesdienstes waren keine Erflndungen Mohammads." La conclusion de Glaser ') et de Grimme *) me paraît un peu trop hâtive.

une publication qui est la plus pure expression du caractère fanfaron des Sémites, Opuscules d'un Arabisant, Hartwig Derenbourg, «membre de l'Institut" et le troisième prince »d'une dynastie d'orientalistes" (p. 295) dit (p. 21, note) à propos de sa traduction d'er-Rahmân par clément, ceci: »Je ne traduis plus ainsi, l'adjectif rahniîin n'étant pas employé en arabe, et le dieu er-Rahraân ayant été dans l'esprit de Mahomet, le concurrent qui avait longtemps disputé la préséance

au victorieux Allah. La formule , je la- traduis : »Au nom

d' Allah, le Rahmân miséricordieux." Cette subtile argumentation ne nous empêchera pas de traduire er -Rahmân par le Clément, comme nous traduisons Allah par Bien.

\) Ausland, 12 Janvier 1891, p. 28. Skizze I, p. 12 et s.s.

2) Mohammed II, p. 40, et Mohammed (Weltgeschichte in Karak- terbildern), p. 60/61.

335

Je ne nie pas que le culte et la nomenclature cultuelle de rislâm n'aient été fortement influencés par la i^oU- iuK>,

si considérée par le Prophète, mais pour la provenance en question, les raisons convaincantes manquent. Cependant,

l'habitus graphique consacré de ce mot: q^ pourrait être une preuve plus solide de sa provenance méridionale. El-Hamdànî, dans son Iklîl, cité par D. H. Mùller, Sùdarab. Studien p. 122 et 133, a relevé que les Himyarites ne

marquaient pas l'a: ^.i^oë^ ]ô\ ^jui^ i^jjc^. q5>>^. ^UlX/

tranchement ') n'a lieu que lorsqu'il y a l'article: q^--î, c'est à dire, le Rahmân par excellence, comme s"b"^î est

le Dieu par excellence, n'est pas non plus sans importance. Si er-Rahmân vient de chez les Sabéens, on pourrait étendre cela à toute la juxtaposition er-Rahmân er-Rahîm. Ce n'est que dans le Sud, y compris le mehri, que le mot *-^. a le sens courant non religieux de gentil, gra- cieux, nett, lieh'^), comme le classique *^^^ tandis que,

1) Donat Vernier, Gr. I. p. 90 et s., donne la liste complète des mots ainsi retranchés de leur â. Ce sont pour la plupart des noms propres. Voyez Additions.

2) Nôldeke, Beitràge z. Kenntniss der Poésie der alten Araber, p. X, est bien à présent d'un autre avis qu'il y a plus de 40 ans. Je ne vais pas aussi loin que certains critiques qui veulent que chaque mot, chaque idée des anciennes poésies .se rapportant à l'Islâra soient substitués à autre chose. Plus on avance et plus on verra que le Prophète a fait peu d'innovations et qu'il a, au contraire,

conservé ce qui existait, (jiSjfij'j iU-*jî se rencontre plus d'une fois dans les anciennes poésies, p. e, Su'arà^ en-Nasr. , éd. Beyrouth, II, p. 626 V. 1, et je tiens cela pour authentique.

336

hors de là, ce n'est qu'une épithète d'Allah '), der liebe Gott, après avoir été l'appellation d'Allah, Qor. XVII, v. 110. Il n'est donc pas nécessaire de considérer le mot er-Rahmân, lorsqu'il se rencontre quelquefois dans les anciennes poésies, comme une substitution musulmane. ^^L^'Jt seul est souvent employé dans le Sud pour Dieu, cela en harmonie avec l'usage ancien ^). On y dit p. e.: ^^LrJI iJLJ et ^JjTj é^^, sans l'article, ou xoLr,, to7i soir est heureux, = ^^LÎt iJoJ, ou ^^ ^ |y*^xil ou, plus vulgaire, ^ J^, correspondant à notre boîisoir.Le

^Lry! oLui = iXj\ ^Àx^, Tab. I p. 1099, 10, des Bédouins du Nord n'a certainement pas reçu ce nom seulement après rislâm. Le nom d'une divinité Js^'^ qui se rencontre dans le

Diw. des Hodeylites et dans les inscriptions protoarabes, Littmann, Th. I, p. 75, La langue arabe et ses dialectes, p. 60 et 66, est aussi d'importation méridionale. Le jJUi' n'est pas, comme le veut D. H. Mùller, ZDMG 37, p. 404, „le nom d'une tribu ou d'un endroit," mais ^J' lsj-^j veut dire les deux prêtres du Puissant = J^lXi . D. H. Mùller ne connaissait pas encore le sens

sudarabique de J^, pouvoir, être de force de, mais il aurait chercher dans les dictionnaires hébreu et éthiopien pour éviter un lapsus aussi grave. Hommel GGG p. 136 le traduit correctement par „der Allmàch-

tige". Dans le nom de Q^ip', fils de Saba, il faut voir

1) Fleischer, Kl. Schriften I, p. 311.

2) H. Winckler, Altorient. Forschungen, Heft IV, p. 335.

337

le même sens, sur la forme de ^lia^s:^, [J^^^ etc., mais je n'oserais décider si c'est un adjectif ou = j4^î, comme ^f^ [nom d'une confédération de tribus

et n. loc] est = j*i!,

7, 18: withâddu. ÔL^', se faire l'un à l'autre une

sJ^ ou J^x, attaque, aussi = y;^- Sur 3^, v. Hdr. Gloss. S.V., et ces sens sont communs dans toute l'Arabie. Meissner, NAGI Gloss. s.v.. Jj^î S^J^ ,j^^ ct^^^ j*^

jL> jaj J^î <JLe J^a:2s , poésie de Dau^an lorsque les Facll tombèrent sur les Bîr ô-âbir. Le même Dau'an (Dô^an) dit (basît):

v>lj gJ^' cr LT^y cr? ^>^ ^^ -^^-5

Çmz a fourbi la pique de B. Lanças ') , laquelle exhale

[une bo7ine odeur? -) Il attaqua le soir d blessa le seyyid et agita (par cela)

[le pays. Dans le sens ^'abattre, démolir^ les vocabulaires du Nord

et du Sud sont d'accord, o»^' ^ -, abattre la tente, est le terme technique des Bédouins du Nord lorsqu'ils veu- lent décamper: î^^Xxi, \*,Ss> '), sie brachen aufund zogen weg. Dô^au dit: . , , o , c , c, , + =

1) Sur "^Awad b. Larwas, v. Arabica V p. 232, la traduction n'est pas bonne, et Die Hunde von Azzân, p. 12, il faut lire Larwas.

2) Peut aussi signifier que le vent fait mouvoir la pique de B. L.

3) Je tiens à relever que je ne puise rien, ni dans Burckhardt, ni

338

Tai démoli Qunful après l'attaque qui déstruisit ^) ton

[hameau.

Tu ne te soustrairas plus (aux événements); celui qui

[charge ses chameaux décampera (aussi).

Ma^gar b. Dabi, soldat du clan soldatesque des Mawâ-

lideh d'Ahwar est un poète très renommé dans son pays.

Il dit dans sa longue qasîdah de 51 versets:

0 mécréant! convertis-toi à l'Islam, car notre seigneur

fAlî fest venUy qui aiguisa son épée avec notre seigneur ''Omar. Ils attaquèrent Heyhar et en démolirent la muraille; ils mirent au ban Abu (jrahl, le sacré mécréant.

3^ est ici employé dans les deux sens.

j,yC! ^J^ 3^, se lever, = ^^ Jj . En "Oman : . . jIjlI!

(^-.s^t L5>Ai-^ , la chèvre, . . le bouc la saillira, propr. tombera

sur, R 0 p. 331 d'en bas. Dans le Nord de 'Oman, ouvrir, BBRAS 1902, p. 276. Abu Hamzah des B. 'Âmir a dit 2):

dans aucun autre voyageur. Tout ce que je donne provient de mes propres notes, faites sur une connaissance personelle ou tirées des nombreux textes bédouins que j'ai collectés pendant plus de 25 ans.

1) J'ai voulu rendre ainsi les deux sens de lXP.

2) Socin, Diwan N" 69, v. 25, on ce vers ne figure pas tel quel. A sa place nous y lisons:

389

(wilànne) C'esi gwe je fais pour elle des attaques de lion, des attaques du lion qui habite les flaques du fourré

[de roseaux.

Â5), se poser (oiseau), des Bédouins de Syrie renferme l'idée de s'abattre sur, Z D M G XXII, p. 145. Le mot est bien illustré par cette phrase du Tîgân d'I. Hisâm, mon

ms.: L^Jlc oÂii! JL^^l^ *^n^^ 3l\_^3 uV^JLi' Lj^o ,<-f^,

et il entendit un bruit comme le tonnerre et un grand fracas comme si les montagnes s'écroulaient sur elle.

Dans le Nord, Sj> est aussi synonyme de .o^, mugir (chameau), ce qui est très instructif pour connaître le sens primitif de ce thème. Il est bien intéressant de

constater qu'en "Oman S^ est menacer, tandis que dans la langue littéraire ce sens n'est donné qu'à la Ile et à la Ve forme.

7, 19: yihrôgha = U^-^?. de ^j^l, et la voyelle de

j est en vertu de la permutation constante de i et u, o.

7, 20: uzâh =z iilai. Il est a constater que le subst.

+ . + o. , + =

que Socin traduit avec incertitude par : sonst wi'irde ich die An- slrengunyen eines Lowen fur sic gemachl habcn, um die Sache

rasch abzumachen. On voit du moins que cjÎlX^ est remplacé par

G -

son synonyme o^^iU^. Mon texte est meilleur. Est-ce que les an- ciennes poésies n'ont pas eu le même sort que celles-ci, qui sont toutes modernes?

340

3jc est d'un emploi fort rare dans notre dialecte. iji^, pi. (ji-l^t, est un espace entouré d'un mur de clôture. 7, 20: tmani hinyâm. Tlât hinyam 64, 8, 21. Dans mon mémoire „La langue arabe et ses dialectes" p. 47, j'ai parlé de cette particularité du collage du »

du nombre cardinal fém. au mot Jul suivant. Littmann m'écrit: „mein Araber aus Jérusalem schrieb mir immer: j.Lù' ^^î, ^.^" u-.*j>. Ferner sagt man in Sùdpaliistina immer auwalt imbàri h." Dans mes notes je trouve : hâda bâqi min arba"" hal-qurûsilladindèyteni, (oJùiAjt ^_a>J\ (Ji^yii! ijç.t ^j^ ^_^Ij \Sj>, ceci est ce qui reste des quatre réaux que tu m'as donnés, même le 3 d'illadi est lié au mot suivant. Da'^â, hal-^Abdali, p. 171, 17 = ^lXxxjî >i!co; ma bà^a hal-bahhâr, p. 172, 10; wal-qable hal-'aagâ^ p. 173, 12. Voyez 56 vs. 1, 57 V. 3, 58 v. 3, 62 v. 1 et 2, et ainsi souvent dans la poésie. Les premiers exemples sont moins concluants, car la liaison aurait aussi eu lieu ici dans la poésie littéraire. Elle est ici motivée par le mètre. Le », t, peut aussi être conservé : a r b a*^ t i n y a m etc. Je fais observer que le mehri a, selon Jahn, MS p. 191 et GMS p. 63, heyûm, à côté de yôm, jour, pi. hayyôm p. 187, mais je cite cet auteur avec la plus grande réserve.

Inyâm = -LÏ; dans d'autres dialectes iiyyâm, iyyâm ou îyfim. Ce dédoublement d'une voyelle ou d'une consonne double par la nasalisation avec n ou m est assez commun. Dans le premier cas, nous avons

minyit = c>^-*, mort '), hifiya =: Lx^, allons ! ^ n\y ?i

1) Aussi en Palestine, Littmann, NAVP p. 44, V, 1. 7. Le pi. en Dt. est mîyitîn .

341

=: Q: andeynâhom inyâh, nous le leur avons donné, 27, 6^). litbàssar ifiyehin ou èyhin ou wên minhin ahsan, nous allons voir lesquelles

d'eux sont [les] meilleures. Les diminutifs de Joè et de J^ sont quelquefois ainsi traités. Sinyir: abù'i kân

yirhàmni këtîr uàna sifiyir ou sùîiyir^), lorsque j'étais petit, mon père m'aimait beaucoup. Ce mot est assez curieux : c'est originairement ^fju^ ') ; il devient ensuite ^^Ix^o, siayyir, siyyir, sîyir, et finit par faire sinyir. Le nom du mois du Ôa'bân est aussi Qosiûyir*); c'est JJ>aï, diminutif de ,aajj. Qo^inyid = jJxi de 0^6 = o*jti. Le second cas se rencontre à chaque pas : ^^^j' = ^«->î ^), prétendre, soutenir; oiâijt =r s.Jt£î\ , rencontrer ; ^y» ly^' = ^c^' ' craindre ; ^II^^* T= -3w = i'^^f D. H. Mùller, Die Mehrisprache, 90, 16; le et jc^, donner un croc enjambe, faire tomber; ^_w^L> =r i_rV^ ' épingle ^) ; ij^yJ^ Dt. ^) z=z ijo^i , "^Omân,

1) Mais 7, 8 ou b 8, ', avec. Hdr. p. 14, i».

2) Sinyin, parvulus, avec permutation des liquides.

3) Le diminutif est très peu employé dans ce dialecte et en général dans le Sud, mais il existe.

4) Jahn, Mehri-Sprache p. 206 donne qassâyer, sans doute à

tort quant à ;\, car p. 270 il écrit sa^ayar = j**^-

5) Meissner, NAG i, p. 121.

6) Nord, massue; Haurân et Béd. Syrie aussi &.«*oj> ou 3^ [urV^ ]> pi. ^J:»Lx3, qui est en bois, longue d'un mètre. Dans la qasîdat

es-Sahf^a, on chante:

342

'

> û 9

luth; (j-2j>.«^ Dt.

=

o*

^

, pois

sO»lNj>

Hdr.

Gl. S.V.;

hàmbali :

=

--'

, ie

préfère ;

et

>

fermer ;

'Oman

r=

J^J'

, rz2,

etc.

etc.

8, 2: kaown, j^.,y^, comme aussi 10, 17, kaoun. Cet emploi de ^ comme terme militaire existe chez tous les Bédouins de l'Arabie. Dans le Nord, J^ ^1^ est même

attaquer. q^LJ^" , se chamailler^ se battre, Haur. ^^«/^s ^^5^,

attaque du jour. ^Lyo ^^^ , attaque du matin, avant le

soleil. ^>S signifie même guerre. ^^».^ ^j, il y a la guerre entre eux. On l'emploie ensuite au sens topique: ^^»j^ [^ , vent violent avec poussière, = -;i t^ . Dans mon grand recueil de textes d'el-Qasîm, un récit historique

commence ainsi: :^j.^ olJrJv^_^J' uv**^ 'j^ u':r*-*^' cr ^"^"^

Une certaine année, Hoseyn Abu Swêrbât, chef d'el- Birzân, des Mëtêr, fit une razzia. Il se rencontra avec une razzia d'e^-Suqûr, des "Anazeh, et un combat eut lieu entre eux, dans lequel Hoseyn Abu Swêrbât tua le chef d'es-Suqûr etc. ^^y me fut ici expliqué par ijii'^ .

Wa sâr el-kôn beynu la beyn el-bàliid, und es entstand ein Krieg zwischen ihm und der Stadt, ZDM

Les coups des glaives et des pokpiards^ et les massues ne nous ont pas fait reculer. Cp. Burckhardt, Bedninen, Weimar 1831, p. 43, l'auteur n'a pas reconnu le mot (j:vÀï [= class. a'uÀJs?]. La massue n'est pas employée dans le Sud.

343

G, 36, p. 27, 17 (Socin-Mardîn). Chez Socin, Diwan I NO 21, 2d ^^ est paraphrasé par 0;1jw, Handgemenge. Dans la première édition de Cuche, il y a: guerre, com- bat, ce qui est aussi exact qu'intéressant, mais son suc- cesseur Belot a éliminé la plupart de ces sens dialectaux, ce qui est déplorable. Fleischer, Kl. Sdnriften, III, p. 2. Socin, Diw. III, Gloss. s.v.

La différence entre ^^î et ^^ est que celui-ci indique le status helli, l'état d'être en guerre, tandis que celui-là implique l'action même qui se produit entre les partis,

V. Hdr. Gloss. s.v. j.y; z=z 'i^\ji, inimitié, état de guerre: «JOo|^ Jj: 0-5 V- '^J-'*^' L>^^" Le lXxj^ , et après (lors) que les approvisionnements sont finis, ils retournent d leur status quo ante d'inimitié, "^Oneyzite, expliqué par ^^LVc. Dans

le Sud, ^».i me fut toujours paraphrasé par Jj3 ou

jJià, et Q^Lî^' y est, comme dans le Nord, synonyme de JJ'Laj' et JsiLâj", en venir aux mains, se faire la guerre =r ^^^ ^j «J55, et aussi au figuré, comme en français, se chamailler, se battre. Seulement, il faut remarquer que, comme terme militaire, ce verbe renferme toujours l'idée qu'il y a des blessés ou des tués, car sans cela il

n'y a pas de ^J^y , mais seulement ^/^ Voilà pourquoi j'ai traduit par tués. iG^'L. xiUJLfl c>o^!^ , j'ai frappé la femme avec le bâton = w^>J M, mais on peut aussi L^jjLjCj ou ifjyô , en la grondant.

1) Malgré cet exemple, je ne prétends pas que '^^ vienne de ^^.

344

Ce sens de ^>^{ pourrait bien se retrouver dans l'in- scription sabéenne publiée par Glaser, Die Abessinier p. 68. Nous y lisons :

f j-j' b-^ er^:; "^"' y^^ y^-'^y^ ^y-^- ^- ^ ..Air Q-j Q.-'S *j-j -^"[î A^"^^ CJ*"^^ o » 5

L.*w ^iOUs' uv^ * ^

Jo^ ..fc_5^ LiLi: *i2-j _fc.4..;:>jt;i'^ _^^^»v..4-i»!^ » 7 t j-ULj^ ^^j— .->'^ ^.,_X_L^^( J^ ^-vj ^^j-/^^' « 8 Uw dU^' ^^'Z"' o^ cj^ cr' " ^

j!j *_L.w_P» .—♦JLw o^—i— ' .••-J«— JL-oi .Lw ^ » 10

O^' t:W -j^ r » 11

Je traduis comme suit en acceptant ce que j'approuve dans la traduction de Glaser :

4 lorsque ') leur patron tutélaire T., l'élevé^ seigneur de T. *) les gratifia ^)

5 de la pacification {*"i^%) et que Yarîm Aymdn, fils

de Hamdân, unifia et réunit *)

6 les rois de Saba

7 et leurs troupes et leurs tribus dans [=r pendant] une

guerre qui avait éclaté et une hostilité {^..J ) dans tout

8 le pays entre tous les rois et toutes les troupes. Et satisfit A-

i) Exactement le rnt'me emploi que *»j dans les dialectes.

2) Voyez Arabica, V, p. 29/30 et ici Gl. s.v. Jju .

3) En m'appuyant sur le sens de ^^-ii^ dans les dialectes de Sud.

4) Conformément à l'arabe, il faudrait transcrire (j^ |^"î^ lX^L^oj, NôIdeUe, Z. Gr. des Cl. Arab., p. 26, Hdr. p. 73 et ici p. 312. Les deux verbes renferment à peu près la même idée.

345

9 ymân fils de if., ses maîtres, rois de Saba ,

10 et les autres rois à cause de cette -paix. Et pacifia et uni- "-

11 fia Y. les rois

Glaser traduit ici la ligne 7 par „m dem Kriege, wel- cher ausbrach und in allen Ldndern uar", mais si L^ est un parfait, il faudrait aussi que j^,y le soit, ce qui n'est pas le cas. Ce mot est plutôt un substantif (infi- nitif) et fait pendant à j^, le 1^ des Bédouins du Nord,

Je sais bien que ^,y se rencontre souvent dans les inscriptions dans des passages oi^i c'est le verbe ^l^, prononcé ^^y, d'après la manière éthiopien, au dire des

sabéistes, mais je prie d'observer que y^ et ^y sont souvent aussi juxtaposés, comme Hommel, S.A.Chr., p. 1 et 2. Il se pourrait donc que cet emploi de ^y' soit l'origine de celui des Bédouins actuels. Mais il faudrait alors admettre qu'il soit venu avec les tribus méridio- nales vers le Nord, nous le trouvons aussi loin qu'à Mardîn et à Môsul. Si ^^»^^ (et c'est ainsi qu'il est écrit) est, selon les sabéistes, la prononciation éthiopienne, pour ^^1^, je suis étonné qu'elle ne ce trouve pas à l'infinitif dans d'autres verbes analogues. En mehri, quelques verbes 9^ ont la forme jy; lu m z= ^')), zôr = Jy Pourtant

je vois dans ce ^^yS' 3 y^ , le bédouin ^^»^ *> yi , guerre et

inimitié, ou peut-être plutôt ^ ^ v_j,:>, selon l'idée qu'on

attache à ^^^ dans toute l'Arabie. Voyez Additions.

8, 5: bàndîkora. Le verbe (j^Aj' a été traité dans Arabica V p. 148 note. A présent, j'ai un peu modifié

346

mon opinion. Nous avons le même verbe en mehri, et le babylonien nadânu, donner^), fait croire que le thème Ai est primordial. Hébr. m;, présent = 'Oman

wAi, BBRAS, 1902, p. 251. Il faut savoir quelle relation il y a entre le bab. nadû ri;:, arroser, ^Aj,

être mouillé, et ce mot hébreu. Est-ce que ^jîAj, rosée, est vraiment reichliche Gobe comme le veut Vollers, Z. A. IX, p. 188? Cela n'est pas impossible*). ^J^) et "tDi pourraient bien avoir quelque corrélation. On sait

que J « a pris le sens de donner chez les Bédouins du Nord. En tout cas, ^^^i n'a pu donner ni ^^^î, ni t_5Joî. Il y a peut-être une contamination populaire.

8, 6: ^^! i^^ = ^^\ ^y GO.

8, 7 : m u z û w i g îi t. Les combinaisons a ww a , awwi, 3_, et ayya, ayyi, xl deviennent, le plus

souvent, dans notre dialecte ûwa, ûwi, îya, îyi. Y i s û w i , il fait ; y i k ù w i n , il rosse ; t e^^ù w i , tu hurles, 150, note 1; hûwid, je hurle en pleurant;

nûwârah, ombre^). Sîyid, cslL; mîyit, ow»; nîyâk

1) Winckler, Gesetze Hammurabi's Gl. s.v. Delitzsch, Gr. p. 289.

o - o

2) On comparera iU.>j, pluie. Il est bien curieux que *-»^ v , pi.

*^,, signifie pluie légère, Moh. Tâhir, Ma^raa^ Bihàr el-Anwâr s.v., Diw. Hod., Wellh. 266 v. 4, et pi. ^J-^\ ibid. 233 v. 4; Nôldeke, Fûnf Mo"^aIi., II, p. 60. Le vieux mot ^\i à présent oublié, aurait-il pris la foime ^y sous l'influence de l'onctuosité islamique ?

3) Nûwârah, frange, Hartmann L.L.W., 162, 28; sîyûd =:

oL>^A«, ibid. p. 197. Aussi dans d'autres dialectes.

347

(éllll; îyâm, j.D. J'ai dit le plus souvent, car j'ai aussi noté des cas, la diphtliongue est restée, même iy: i y y e h i n a li s a n , quelles (cigarettes) soyit les meilleures?

Ahl Dîyân =: ^fio; Ahl Sîyâr =: jl^. Sîyir ou

sîyîr = -vw, ,-oLA«. Les exemples en sont nombreux

dans ces textes.

8, 9: atlâq, du sing. odL, expliqué par &I^y« ^ U. Ce n'est pas veuve ou divorcée, mais libre^ 7ion mariée. vjdL est délivrer, libérer en général, le contr. de J^j . . -. ;L=>

[pas ic>-.Li>], pi. „j=>, femme divorcée ou veuve sans en- fants; iuu^i, femme en général; iJocl, femme divorcée ou

veuve avec enfants; «lXJj, jeune fille; KlXc, pi. ^Jo^s., vierge. Je demandais comment s'appelle la fille qui a perdu sa virginité. Rép.: „cela est impossible, car: ^a^'

c>viL> j.*j U/ Lf>5i; cX-Lc, e?/e va c/îe^ son mari comme au jour qu'elle fut créée!" Cela n'est pas le cas dans les tribus ou le tawrîd est pratiqué, car celles-là ne se soucient pas si la fille est, ou non, vierge.

8, 10: liaysaiia. La forme du Sud est \^,=>, ainsi qu'il ressort clairement de ses deux hémistiches de mon grand recueil de poésies populaires:

Je dirai, sauf le respect pour Dieîi et pour le seyyid, si je l'ai cassé, c'est que j'en ai une excuse.

Loin de nous que vous nous ayez trouvés en faute,

348

[si nous disons] une parole de mauvais aloi, werden wir uns blamieren (Dô^an).

Lorsque, une fois, à Aden, je dis heyéaîia, cela fit beaucoup rire les Adénites présents, car ils n'ont que

la forme Ui'L=>. é\JUfp> est, dans le Sud, un euphémisme

pour âne et soulier, et dans le bas langage ^J^.>p- est

même devenu soidier ^) tout court, avec le pluriel J^y*p>

'oi^x:> me fut toujours expliqué par ^-^^c (â'îb). Heysa

*^alèy ma sûwi hada = ^_Jlc ^v^c, j'aurais bien honte de faire cela, = idl] J^Ls?^., comme dans cet hé- mistiche d'Ibn Laqwar:

■+- s

Que Dieu me ''préserve, ô Qoreychite, fils de Loioay! Je n'ai pas à te payer le prix du sang, et je n'ai pas

[de tué à mon actif. La forme du Nord est LiL> ou Ui^. Harfouch, Drog- man, donne, p. 175 et 196, dl'uco-, loin de toi!

1) Les souliers ont plusieurs noms. £iA=>, pi. ^A:>, s'emploie partout. Les ^Awâliq Supérieurs disent x^. , pi. ^>i^, , ou 'iJo\ù, pi. >Ji:>'»|J> , qui est usité dans le pays d'er-Rassâs. Jlju, seule- ment au pi., n'est connu qu'à Aden, l'on dit aussi ^J^^ , pi. ^Ji<|^_S'! , (j*w£A/), pi. ^jf^Cs^A , ^ji!^, pi. ^jij.'^ . Le mot

vjyj, pi. O5-J, s'entend dans l'ouest du Yéman (Zebîd et el- MoW).

349

oIjU^ 3iÂP \jjt> Jvc [; jy^" q' (iVjuL^' U:L=>5 , à Dieu ne plaise que vous permettiez de pareils méfaits, Washington Serruys, L'Arabe moderne, Beyrouth, p. 76. ^.lXÎ Uij>, ou ii)Lcij> chez les ^Anazeh, s'entend souvent en Syrie, ce qui correspond au liLcX-ï LJ:s_a_> ou d^-^^ Lci-:^ du Sud. On s'en sert en général dans tous les pays arabes en parlant d'une personne ou d'une chose vile et

désagréable^). ^ilUi-o* dVx'Jc, devant toi il y a des sa- letés, Dt. Ll? cj> .U> ^jC<i ^*^, sauf vôtre respect, un âne est-il passé par ici? Les paysans de la Syrie disent: 'SJd>l^ j,^ xL'! ^Li;L>, sauf vôtre respect, ma femme est malade, a la fièvre ■=: xlj! iiUj>!, et chez les Bédouins de la Syrie w^Lb ^ pXi'. On le place dans le Nord

toujours avant le mot de mauvais augure. Les Juifs, dans toute l'Arabie, sont toujours ainsi apostrophés

lorsqu'on parle d'eux: ^^.>j-iri ^^'' ^i)UiL=> ^.^^^à^ Nord =: Sud >Ji *i)Lc.-o> o.Aij, fai vu, sauf votre respect, un

juif! Bel, Djâzya, p. 81, nous raconte la même chose pour les Juifs de l'Algérie, les ^yls^ <^y^2x^ de la Fâtihah.

Uop. est aussi une réponse négative de mépris. „Tu dois boire ce vin." Rép.: haysa! Jamais de la vie! expliqué par îlXjî.

Malgré l'article de Fleischer, Kl. Schriften, I, p. 405, 462 etc., qui considère le L;iL> classique comme un nom verbal exclamatif, propr. Abwehr, Fernhaltung, accepté

1) l>el, Djâzya, p. 80. Dozy, Suppl. s.v.

350

par Reckeudorf, S Y, p. 426 ^), l'histoire de ce mot me semble encore assez obscure. Elle l'était aussi pour les premiers grammairiens, ainsi qu'on pourra le lire dans vSîb.-Jahn, LA et Lane ^). Celui-ci l'a sous ^e-^^^'^^

comme Ille forme. La variante ^\s> Qor. XII v. 31 prouve que ce mot était très employé au début de rislâm. Dire avec L A XIV, p. 361, selon el-Kisâ'î, que ijÎ'l> est pour jjri-'w^ est une subtilité, car dans le parler courant les deux formes ne font qu'une seule prononcia- tion, et l'observation doit se rapporter à une orthographe défectueuse des écrivains qoraniques encore une preuve de l'ancienneté de ce mot.

Si c'est un nom verbal, la ioL^o est bien extraordi- naire. A présent, il est employé comme verbe, xU! *i)UiL>,

et comme substantif, Jjlc L-ii^^p-, (^c^Aa/- ^f:=>, ainsi que nous venons de le constater. La forme sudarabique est

peut-être de la catégorie de i^,XjJ> , ^^ etc. ^). L'étymo- logie de Fleischer de ji^y> ne me sourit guère, et je crois qu'il faut nous en tenir aux grammairiens arabes qui y voient originairement un verbe, peut-être le par- fait optatif. Cela est l'avis de Dillmann, Gr. Âth.^ p.

1) la note ne cadre pas avec le texte, car u*'l^>, excepter, n'est pas la III» forme de U*'^-^

2) Fischer, ZDMG 59, p. 814.

3) Hdr. p. 578. Jjii et ,'j*j ; '^^J^ et '->5j*> , Hartmann, L

LW p. 35: fJi, peigne, Diw. Hod., Wellh. 169, v. 4, 205, V. 8; ^, jeune femme, ibid. 169, v. 7, 205, \. 9. JJ^'j

et J^ ibid. 163, v. 2 et Scholien; Harth, Norainalbildung §38.

351

304, pour le correspondant éthiop. ihù- Quoiqu'il en soit, son emploi doit remonter assez loin, et par le fré- quent usage il a reçu des modifications qui ont troublé la source première.

8, 11: win, souvent aussi winn, même devant une consonne. Cet adverbe est fort usité dans le Sud au commencement d'une proposition, comme dans la langue classique. C'est un affermatif qui n'a pas besoin d'être traduit. Je l'ai souvent remarqué également dans les dialectes du Nord: iJuJLc UJlc *il[5 iiuJLc LJ! ^'^

iUlc U^^^ ik}y> . ^U! «^ ^\^ v^y u^y J6 fis feu sur

eux, et Dieu nous aida contre eux. Nous sortîmes de leur milieu, et ils prirent la fuite. Moi et la jeune fille mo7i- tâmes sur la montagne; nous arrivâmes sur une hau- teur dominante, il y avait une source d'eau. Nous mîmes pied à terre et nous nous reposâmes à côté de l'eau, "Anazî. Yôm uhù'' nâim fil-bêt ma sâfilla hôrmi bitfèyyiqu. Fattah ""ayûnu winnha mart *^ammu. Un jour qu'il dormait à la maison, une femme le réveilla soudainement. Il ouvrit les yeux et voilà que c'était la femme de son oncle paternel, Haurân.

Lfiîj me fut ici expliqué par L^LJ^. Les Bédouins de Syrie auraient même dit ici by "îl^ ; v. sub. 13, 7.

Cette affirmation de ^,î ressort clairement de ce vers de I. Qeys er-Ruqqeyyât (Kâmil) ') :

1) A. Fischer, ZDMG 49, p. G75.

352

iJ^ elles disent: ta tête est déjà grise, et tu

es devenu vieux. A quoi je répondis: C'est bien ça!

El-Beydawî p. 599 explique le ^^^^f>^ q'^ q] y»»

du Qor. XX V. 66 par jJeJ, ce qui n'est qu'un pis aller, mais qui prouve bien la nature de ^.,î. VollersVSp. 161.

Le syrien et le sudarabique, à l'exception de Dt., "^I

ou "^t, mais oui! si fait! certainement!, renferme les

deux affirmatifs ^^t et 3 (devenu graphiquement "ii , comme Liî et vulg. bo'). Ce n'est pas la particule restrictive, contrairement à A. Fischer, Z D M G, 59, p. 658, et à Snouck, Nôldeke's Festschrift p. 102. Dozy, Suppl., a confondu les deux particules. Le haf ella de Snouck, Festbundel, p. 30/31, peut-être bien, est dans le même

cas. Hçlr. Gloss. s.v. ^1 et q! ').

1) En Hdr. on a la locution m alla éh. C'est la réponse à une demande, négative ou affirmative. Batteyt las-sûg? Ma lia êh! es-tu allé au marché? Mais certainement! Est-ce que ce m al la est composé de ma + in + la, les deux derniers seraient les affirmatifs, ou bien est-ce ma + i 1 1 a ? Comme m a 1 1 a dans les dialectes à l'est de Dt. veut dire seulement^ je suis d'avis qu'il faut chercher ce même malin dans la locution en question. Cf. le class.

et le sudarab. "^! , p.e. Bohârî, IV p. 8 : 3?' i^'A^o t^AJ" aJ JwJis

5 >

;,\i! ^ Q^ rUs »jijo( "bJI (JUis a^^Ud il répondit: si fait!

je le vendrai Cf. Fleischer, Kl. Schriften, I, p. 458 et l'hé- breu f^bn. Je fais ici observer, à propos de la remarque de A. Fi- scher, Z D M G p. 656, note 2, qu'en Ejxypte j'ai aussi entendu umâl, Prov.| et Dict., p. 198, et je suis de l'avis de Barth que

l'étymologie de le particule "^l-«' est encore très obscure. A el-Fayyûm on dit aussi ummàlîtî.

353

8, 12: ma k su s. En Egypte on dit xf>3 lJv^Xc. La wallèyt ^and wâhed uqult: àndini ""esrîn qurs muddet arba't-àshur '), u'alab la yindîni ukàssani, si je vais chez quelqu'un et\[m\dis: „Donne- moi vingt réaux pour quatre mois,'' il se refuse à me les

donner et m'envoie promener, ^ow^olj oyy^. == *ww^lj Oj«^, je lui ai fait honte, je l'ai mortifié, maltraité^ rudoyé^ renvoyé bredouille. C'est aussi éblouir =: ^^ a, :kàs- setni*) ""ayn e m-s a m s , le soleil (pr. l'œil du soleil) m'a ébloui; faire honte à quelqu'un, frustrer, jeter de la

poudre aux yeux, désillusionner quelqu'un = Zs et ^^ . ijlj^!, être ébloui, et les autres significations ré- fléchies de yj^. Akkànni [= (^OLÎ"!] fulan bâyin- dîni sf kasà'^ni fi wùghi, un tel m'a leurré en disant qu'il allait me donner quelque chose, et il m'a jeté de la poudre aux yeux.

8, 18: humûd, pi. de A^L?. nèhmid hilna')

la m m a yigza'^u*) hâdalà^, nous allons rester tran- quilles ici jusqu'à ce que ceux-là aient passé. Qiddâ- mena halq uqult: nèhmid hàna'), uqult: waiîa bina sâr fim-tarlq ulantafàqna ula

1) La langue arabe et ses dialectes, p. 47 et ici p. 340. Aussi arba*^a ash ur.

2) Ou kassètni.

3) Obs. la prononciation différente; plus à l'est on dit hôna.

4) Observez ici _ ^ g, comme aussi page 20, 1. 5. C'est qu'on prononce le - comme g dans notre dialecte, lorsqu'il fait syllabe avec les préformantes: igza", tigza*^ etc. En-nûb yigni, les abeilles déposcnl le miel{ em-heyl tigri, les chevaux courent; yigrib, donne la gale; la tigràhah, ne le blesse pas. Autre- ment c'est toujours <^: yigorr, yif^arrib, etc.

354

ho m husûm inna') ba lithamid làhna wiyâ- hom. Devant nous il y a des gens, et tu dis: „nous allons rester ici tranquillement," à quoi je réponds: „par Dieu, nous allons continuer notre route, et si nous les rencontrons et que ceux-là soient des ennemis à nous, nous alloïis nous attaquer."

ôC^, i, être tranquille, se calmer, de n'importe quoi, hommes et choses; être désert, abandonné. L'homme est OsA^ lorsqu'il est tranquille; le campement est ô^a\s>

lorsque tout y est sile^icieux; la maison est CsAs> , silen- cieuse, si tout y est tranquille et sans vie. Ordinaire- ment, on dort alors, mais lX^ n'est pas pour cela dor- mir^). Mâlak hfimid, pourquoi es-tu indolent, indifférent? ySAjî lA^, la mer s'est calmée •=. Sj^, Jc>5 et q^.

sJuP, silence. Js.^^, tomber sur qqn. à V improviste pen- dant qu'il dort ou pendant que tout est tranquille dans le camp ou dans l'habitation.

Un potier de Rasâyat el-Fohhâr, au pied du Hermon en Syrie, en me décrivant son métier, me dit: yizuq- qûh ^ala ed-dokkan ya^ni el-masna*^ uhinâk yi- sabbiru et-tîn fil-mahmar uyesîru yihartûh nyiharmûh bis-sabbi') nyirôssûh bilmôy uyin- qol es-sâne^ el-harta*) min el-mahmar ila ba'd

1) = LxJ, par l'intermédiaire de èlna. Ce n'est pas la nounation. Cf. ennefsu = XvwÀii , seul, = elwalide Hartm. LLW p. 166, 8 d'en bas.

2) Hartm. LLW p. 87, 1. 12 et 88, 1. 13, la glose n'est qu'explicative, ce que l'auteur n'a pas compris.

3) = ■Spxjo w^ GO.

4) = -bj^dî (jJal\ GO.

355

el-blât fid-dokkan qadër ma bisteril kull en- nahâr. Badèyn^) bidûsu bigrêhom la^) yehmod ya'ni yeflis') et-tîn el-moqa'qar *).

..♦.i^d! J. (jUiJÎ Î5j-î>^ ^\J^»> ^J^^ ^cJu ^^l^jJt ^i-c ^_^jj iCij-rS^! «JLajJ) J^«àj_5 -UIj "^-^jJ»! i^^lj ^^.^ ajlj^^è:'. Îj^j-^a^j^

Ji*iijî ^J^J2J! (j^Jiâj ^^^Ju ^V(y J jiuL:>.-i ^^.«^lXj qJ'-^

O^i transporte la terre à la fabrique, oii on l'entasse daiis le mahmar. On se met à la dépecer et à la dé- couper avec la pelle et on l'asperge d'eau. L'ouvrier traiisporte l'argile découpée du mahmar à la fabrique, [et la met] sur des dalles, la quantité qu'il pourra tra- vailler dans toute la journée. Ensuite, on la marche avec les pieds afin que l'argile entassée s'aplatisse.

Le sens de j:^ donné ici à l\!? doit bien en être une explication, et je crois que le verbe en question signifie ici se reposer, s'affaisser, ce qui a lieu lorsque la pâte devient compacte.

Son synonyme est ;j:iA^, être tranquille, en Syrie

ÎlX^^). ^j^p, Stace p. 135 s.v. quiet.

1) Obs. la diphthongue.

2) Expliqué par ^^-^ ■, voyez la note suivante.

3) ^JiJi, étendre, mais aussi intr.; le texte dit encore:

w O -

gjwjtXj! ijiJLàjt (jyLSLp ^^v^»i ^JiJ^ ij^^ »Jii> ^ [j..^eAj Ce lîn est fâlii et rnaflûs.

4) = («jCo = _kAj» GO. jiixi doit avoir une affinité radicale avec Jijji, Arabica V, p. 1G0, 1. 3.

5) Pour le cl. 'AP, Dozy, Suppl. s.v.. Prov. et Dict. Gloss. s.v.

356

j^^AP a le même sens. ^ô<^ v/^'j v-^>^'' ^^ guerre

s'est calmée, s'est apaisée; les coups de fusil ont cessé. ^lAP T**>-5', le chameau s'est tu après avoir mugi, ,J4j.

\jA^ LP)"^' , ^6 pays est tranquille, ^^^^ap i= ^^j^.^ , mais

je crois que le premier est pour ^S.^^. q'Â^, tranquille,

ne se rapporte jamais à une trêve de g^ierre, iLjj^, mot

inusité dans ce cas. Trêve se dit xcj^^.

En Iraq, ol^ est ^^ , M S 0 S VII, 5. En Datînah, c'est s'eii aller au loin sans qu'on sache oii, disparaître.

Ojy' en Dt. être tranquille ^). qjo^^ \j^\ ^yj,)\ , nous

sommes à prescrit en trêve, nous ne sommes pas en guerre pour le moment.

^ji.'^jjf^ sont les deux parties lorsqu'il y a suspension des hostilités. C'est surtout un terme militaire, syno- nyme de j^.tx3y5 . Bàkat këtîr, delhîn hàuwadet,

elle a beaucoup pleuré, à présetit elle s'est calmée z= ^xPj, inf. 0IP3, et J^'s>\ . Mais o^ est aussi tout le contraire,

^]yS^\ o' J^ U , Bohàrî, V, 93, 1. 2 = Dt. jjl c>ol>^ U .

t_cA5î, tranquillité, Sîb. I, p. 1492, 6 = ^tXP, Diw. Ilâtim et-Tay éd. Schulthess LXXXII v. 1, avec la nirme nuance que -l\P .

1) En Syi'ie O^ serait selon Dalman s'en aller, descendre Diw.,

273, I. 4 d'en bas, 322, 1. 5 d'en bas, == »AxP, idem, o. 1. p. 45, I.

14 d'en bas; mais je crois qu'il faut lire O^ et i-'V^, qui ont ce sens.

357

crier , „La3 , stôhnen, dire hu ! hu ! ; il n'est pas nécessaire de pleurer, Z D P V XXIV, p. 82. Cf. hue et huer en français. Bî" ramad uana hûwid min em-^ayr uqâlet ummi èhëd màkânak ya ibni. J'avais l'ophtalmie et je criais par la brûlure. Ma mère me dit alors: reste tranquille^ mon fils!

(AP3 être tranquille. Dt. eXi?!^ = lX^, tranquille.

Wuhêd, sich beruhigen, en mehri, Jahu, o.l. p. 235; hôdi, tranquille, ibid. p. 149. 8, 19: Kâbah, voyez sub 3.

8, 21: Halwah, pi. ^J.=> . Il s'agit ici d'une de ces nombreuses maisons en pierre de deux étages, iCa^L, chacun d'une chambre, l'inférieur i^-J, et le supérieur 5^3-, qui donne son nom à toute la maison. Elle est étroite, 5Aà:>. En ed-Dâhir, iûL, "èllieh, pi. oLL.

8, 21: Oboh =r xj^i, fais attention, par harmonie

vocalique. Celle-ci est très commune dans les dialectes du Sud.

Nous trouvons dans ces textes: bùho, 11, 13; ba- nûho, 12, 20; yibrokûho 93, 12; duburho, 93, 17, 18; ôrbôtûho, 19, 6, partout ho =1 iP; fOqoh := fôqeh, 55, 2; yolûbah, 104, note 8; winnihî' = winne hî', 112, 8; buq'uh, 13, 12; burrauh 20, 9, 16; buq'oteh, 42, 21; ruq'uh, 47, 18; hofroh 51, note 1 '); yiqollûn et yiktorûn 57, 8, 9; les rimes du N" 90. Elle se trouve sans doute

i) Voyez Arabica, V, p. 139, et p. 152: ho mu h.

358 aussi dans la décliuaison des mots classiques^) ^^, ♦^l, UL'; 5y>', ë^-'t, =>>'; (*i, (^, Ui '), et dans les formes jj J^ et (j-.yLw , pluriel admis de 'iJ^ . L'harmonie conso-

nantique est tout aussi fréquente: wasat, 19, 13; 41, 14; saut, 13, 19; sattar, 31, 7. Le mot ^LlaJUo, qui est ainsi prononcé dans tous les pays arabes, en est l'exemple typique ^).

8, 22: iiyikûwisùna. ^Jy est l'intensif de ui.'i', o.

i(î> ^luv^il j. j^î l^'i', z7s refoulèrent^ renfermèrent les gens dans leur habitation (campement), ^i^' ,j^^ \.2f^y> j^ , j'ai renfermé^ parqué le bétail , synonyme de J^y> ' v^-' (s>b-^ ^ ^-«J^ ou p^\3 , zusammen- wickeln. Le sens primitif paraît être fourrer dedans *),

0 9^

ou einioickeln. Aussi au fig. xxx!j> i>*^ = Uj^Ju, Lie y, 27 la gronde et la bat. iji^'^, engueuler-, ui-^bCi", s'engîieu- 1er , se chamailler ; cf. ^^^^ , ^^^'i' . iji-^.l n'en est qu'une amplification. ^^-^^ 3- *^^ '*^3;^5

4) Je rae demande si ce * n'est pas la mimation sabéenne. ..."bL^s»-, sésame, = \:^\Jl> dans le Sud, a bien conservé l'article

sabéen tout en y collant la nounation arabe. Cette classe de mots du Sud et une foule de n. loc. du Nord sont de nature à réfuter l'hypothèse de Kampffraeyer que le nom di-terrainô aurait eu en sabéen les cas un, în.

2) Voyez Fleischer, Kl. Schriften 1, p. 178 et 309.

3) Vollers VS §§ 6 et 7.

4) L A VIII, 235 : L^>^ *-s*. ^^ U^'^ > se cache sans doute le .sens ci-dessus.

359

refoulez les gens dans leur campement ^ hineintreiben. 3"1<^JI ^ v'^' u^3-^) fourre les habits dans le sac. (_cl\>le ^jiijiCxJ' t*Uu), pourquoi te fourres- tu chez moi,

restes-tu les bras croisés? Karwastèh lié,, je te l'ai fourré dedans (se. ^y^) = kauwastèh.lis^).

Cet r épenthétique après la première radicale, et aussi après la deuxième, est très commun dans tous les dia- lectes. C'est une forme qui dénote l'intensité, la pluralité ou la répétition. C'est souvent une amplification d'un

Jjts . En voici quelques exemples de notre dialecte :

yi^: a, ji^., égratigner, gratter, racler ;Syne,trouer.—

;^ix3y , idem ; Syrie, idem ^).

Jslaj * JsL-*j , se déchirer par l'usage (étoffe), de- venir JLLj, mauvais.

ijiJaj , i, couper. ^JiJ^.^ ^), couper beaucoup ou en plusieurs endroits.

(ji>-»3. * ^) o'*^ r^ ' produire un léger bruit, x^^ .

4) Cf. iji'^tàj' J. ^i;^syC), se fourrer dans le lit, et Hdr. Gl. s.v.

2) Syrie: .^i^i» , érafler^ (^cio.i» , faire ■plusieurs éraflures; (ji->> , éraflure. En Syrie aussi .j^s^- , faire une égratiguure,

o )

(j^'«-> u*^''^^! /aire rfes égratigyiures. U^fr', égratigner Dt. ; écraser, moudre, Yéraan.

3) En Syrie: donner des laluches avec une vieille pantoufle,

'^j^y ; débagouler (des injures). (jii-JJ n'y existe pas, mais (ji^>>^ y a le même sens.

4) Inf. -J;<;A^ . comme la plupart des verba soni.

5) u^*^ . i, en Dt., enduire le mur avec un mélange de terre et de bouse de vache = (ji=^, a.

27

360

Ji>.=>, a, remuer les pieds, battre des pieds '). -^t>, gambader, battre des pieds; fig. faire du désordre , abî?ner.

^_^>, i, faire un pas, passer. ^c-^.:^', passer sur les jambes de quelqu'un, sauter sur, ilberspringen ^) =

Jiii , 0, fendre, déchirer ') = Jaxj et "j». Jyi et iiyi , déchirer. Assyr. s a r â t u , zerreissen, s u r r u t u , zerfetzen.

y

o ^

«iiii , faire une enjambée , 'ijts^ *), passer sur.

«jî-i;, tomber qqn. (t. des lutteurs) = ^^; passer par-dessus, 9, 12 == «i.^' = (jr-^j^'

v.jiii^ , fendre , casser. wàïyi , fendre, casser tout à fait.

oLaA2, 0, et JUi^o, battre des mains. \Jtiy>^i idem.

(jiias, chercher. (jiJ^, idem.

.uxwi, différer., renvoyer; disloqer^), détacher. .i^n*-^, écarter les jambes.

^^^^ * ^^ j, écarter les jambes.

\) Cp. v^> , courir, galoper.

2) Cela est fort mal vu; v. Wrede, Reise in Hadhramaut, p. 264/5.

3) Hdr. Gloss s.v.. Stace, s.v. tear et torn. Ce n'est que dans le

Sud que -^a^ a conservé ce sens, mais -b-^ et -Is^J^ se trouvent aussi dans les dialectes du Nord. Kn syrien, ..^J^ et f^f^ signi- fient aussi déchirer.

4) En Hdi". = pas. <.^>, a, faire de longues enjambées, accélérer

la marche; ***>, enjambée. ^yy> , a, i, ramper comme V enfant.

o - _

5) jf^^ J*c J-»j5^i,J :.^^««àj' , la charge s'est défaite sur le chameau.

361

«.ai, a, crever'^). «ii, faire craquer les doigts^). r.*s , a, taper •''). ;tj js , tapoter *), mais cf. ^ji . wA-ai, 0, couper. w^i, id. Cf. ^j^^^cîi et w,*-^. ^jiliï , a, couper la pointe. ^jixy , idem, ^^àxiï , 0, briser^ couper une chose sèche. -_suoys , idem ^).

_l2xï ic> , pam aî/aw^ une croûte croquante ; ia^si , gri- gnotter.

fJ^^ i, et j»iioP, casser *'). (^j^, itérât., casser;

1) ^«JJLii vi^otflj, /li as crevé Voulre.

2) Classique, et dans tous les dialectes.

3) La racine >— ^, se trouve avec ce sens dans ^^iJùs , v. lesdict., d'où le nom de soque en bois , et qui certainement ne vient pas du hirayarite; Prov. et Dict., p. 149.

4) ;-M-^' fj^ ^-^j lA-'') pourquoi tapotes-tu sur la table?

<^yij' iLcLw^i , la montre fait tic-tac.

5) .le demandai a un datînois quelle est la différence entre ces

deux verbes, et i! me répondit: <e_4.:^.lj o^-^ySj "^^^^ ^-»Aii, qasaf désigne l'unité et qarsaf la pluralité. Ce que es-Suyûti, dans 6 1-a .s b â h w e n-n a z â i r , mon ras. , exprime par : i_;^ r^* j*^^

j_5vxil rV^ J^ J*-^ M<^" dafînois ajouta: la "andak kîitri tugsùfah ula 'andak kiltûr tegàrsifha, si lu as une [seule] bûche de bois, tu dis tuqsuf et si tu en as plu-

sieurs, tu dis teqarsif. ^Jo^ , pi. o^*^, brisure. 'Arr em-

û , o

krîb, [non pas "^arreni-k.] yiqsof, laisse le feu flamber ^ ^r^^j^.. jÀCCwi' ^^yJlc ^Àoï ,c-^) our work is (joimj on, nous travail-

O, o û

luns sans désemparer, -bjii! \^Àoy5, brise les roseaux [de durah etc.] Cf. le class. ouoc .

()) ^fS>. .v-is^ jflcr une pierre sur.

362

*ui_ij, se casser, se ruiner, tomber en mine ^), aussi au fig. devetiir décrépit, cassé de fatigue ou d'âge ^).

j^^, hypocondre. f^~^ i porter l'enfant à cali- fourchon sur la lianchc '').

iî» * is.^j", marcher doucement et sans bruit '^): s'accroupir, hocken, expliqué par môhù'' [harra. voca- lique] mitreyyil 'a la qahàrah^), J^ ^j^_y^ ^ L 3^, il n'est pas d son aise [assis] sicr so7i derrière. Le verbe simple ;î^ *) ne me semble pas employé, mais

jiy a le même sens que jJ5^y>' . E t w à q q a z u ') li m- t a r î q la h a d y ù h î k u m , marches doucement sur la route afin que personne ne vous entende, jïyu figure bien dans L A et Sihâh, et l'on veut que ce soit pour L^ [donc, une faute de copiste] dont le sens approche de celui de notre thème ").

i) ciVî~' *^^^^ démolir, ruiner la maison = f*^ , J-**-^) ^w\£0. jC^aL^Li (_^)*»A-ii c>-*-^rî^, y'aî' cassé la cible [pierre] avec la balle.

2) xiJ> jjLwo! (et loo Ivit^wj') , homme, (et femme), rendu de

fatigue., épuisé, cassé d'âge ou de maladie, offre la même image.

3) Sur la chose, voyez Wrede, Reise, p. 112. Les deux mots

étaient prononcés iSf^ et j^rp par les Hadramites. y$\^ , partie molle de la hanche. Les datînois disent Uj'A> Jw^ Lî'A;^ ci^lii.

4) ^uo ou ^c=>'> [= ^c^3] .

5) Ici le « est devenu ; cp. p. 78, note 1.

6) En tunisien, jfl» signifie s'accroupir, sich hinkaucrn, St. T. Gr.,

P- 23.

7) Paraphrasé par etwàqqa'u, «Jjy" = ^^Jijj ; v. p. 364 note 2.

8) On ne doit pas le confondre avec (j^j , rester inoccupé, devenu

363

8, 25: biroweyd. La première voyelle du diminutif n'est pas en vertu du schéma classique, car elle est d'ordinaire i dans ce cas, mais sous l'influence du ^ suivant. On dit aussi raweyd. On a si peu conscience du diminutif qu'on en forme même un diminutif ruwî- yid, tout doucement.

9, 1: in kân si minneh. Hâlhom yisûwûn ''ukkàs lâken ma minneh sf, quelques-uns porteiit un bâton, mais c'est sa7îs importance. Dans elBohârî VII p. 13 (Lf*«âi sîi' ^<sj£. ^L) nous lisons: ^}y^ 'lXP

(je n'ai pour tout prix de mariage que) ce pagne et la moitié en est 'pour elle. Que veux-tu faire de ton pagne? demanda le Prophète. Si tu le mets, toi, il ne servira à rien à elle, et si elle le met, il ne te servira à rien, ne vaudra rien pour toi.

9, 3: lêé, se dit lorsqu'on appuie sur ce mot, aussi lis, comme ici 38, lo, 41, t. Sans cela c'est toujours leé, leéé.

aqis et puis (j^! l'iqi^'. comme y»' devient >>', aussi en Afrique,

St. T. Gr., p. 22. tj^î ' rester tantôt et, tantôt = Le? ^ ^.Jjj

Lx^ CT* U*^^^--î L>-^!>-''> "'''•■ /"""'"<' inHiueUe)nenl la aentinelle, se srirvcilter, t. de guerre. Âqisi "andis, reste là. Part, présent, mftqus ou mùqis pour niTiqis, comme mitliid, miikil, mamir, mfiwi, qui s'égare, dévie de la route, de (^5' = jj:«>^ = (jr*^ *

Ces formes irrt''puli6res existent aussi dans d'autres dialectes, R 0, j). 189. St. T. tîr., ]>. 21. 11 no faut pat- les confoudie avec les par- ticipes do Jj' pour Jk;»' .

364

9, 6: Les Harîbites et les Madhigites présents disaient watab, mais les Datînois et les 'Awlaqites wutib, sous l'influence du 5 .

9, 7: bigâd, pi. ^Jl^J et l\>: . Sur la forme jL«s,

comme d'autres mots qui indiquent une chose qui sert à couvrir, à boucher, à fermer et à travailler. C'est une couverture, en laine de mouton, à raies rouges, blanches et jaunes alternatives, ou bien toute blanche, qui est la plus belle et coûte jusqu'à dix roupies. Elle consiste en deux longueurs d'étoffe, [:y^.f ^), cousues en- semble , cjë^àJU . On la met sur la natte, 's», , et l'on couche sur une moitié, tandis que l'autre moitié est tirée sur le corps, s'il fait froid. La si bard yidfà^bah ula hù" (ou si) harr yitwàqqa"^) bah, s'il fait froid, il se couvre avec, et sHl fait chaud, il se couche dessus, me dit un datînois. On fait les bigâd en Dt., comme partout ailleurs. Celles de Soqotra sont très recherchées. Le mot aoLs^ n'est pas connu des Bédouins. Le tapis européen était pour mes Datînois oL>:.

Dozy rapporte dans son "Vêtements" etc. la seule dé- finition ^) que les lexicographes arabes donnent de ce mot, l'un ayant copié l'autre: vêtement rayé des Bédouins, i»jtyi":j! iLs.^j'i ^ iÂ^' i'^^ *). Pour illustrer cette sig-

1) Class. ,i^jJj , LA s.v. ^^•^. , l'on a erronément imprimé «.;>iï en suivant la mi' me erreur du TA II, . p. 293 ; cp. L A III, p. 170, et ici Gloss. s.v..

2) Pour ,^syo V. I.Idr. et ici Gloss. sub ^; et cf. ici p. 3G2 note 7.

3) D'après I. el-Kalbî, Muzliîr I, p. 75, jJ^ q^ >^1->v serait une tente, mais je suppose qu'il parle de l'étoife dont la tente est faite.

4) Hamâsah, p. 643, s'exprime dans les mêmes termes. Autre- ment I. es-Sikkît, Talicjîb el-Alfâz, Reyrouth p. 660, 4.

365

nification, ils racontent que le Prophète donna à ^Abd el-'Uzza el-Muzanî le nom de 'Abd Allah el-Bigâdeyn ^).

^j>"blj .;;dt_5 li=îu\^L. Parce que, lorsqu'il allait partir pour se rendre auprès du Prophète, sa mère coupa en deux morceaux une couverture qu'elle avait. Son fils se servait alors de Vun comme châle (ou râdi)^) et de l'autre comme pagne^). Ce bigâd était bien un vête- ment pour le pauvre garçon, que son père avait dénué de toutj mais jamais en arabe ce mot n'a eu ce sens. Wellhausen ne s'y est pas laissé prendre, et dans sa bonne traduction d'el-Wâqidî il dit: seine Mutter schnitt aber eine Decke entzwei*). Pourtant, en hébreu 1^5 a aussi bien le sens de vêtement que de couverture^). Les sig- nification du verbe -i:d, être traître, perfide, agir par surprise, furtivement, existent aussi dans les dialectes du Sud. Enteh mistà'fel ugâ" insân ubàgadak, ii)i_\:^ 3 o*"^' ''^-î t)^**--^ ^-^^ ' ^^^ restes sans te douter de rien, et voilà qu'un homme vient tomber sur toi à l'improviste. Bagadùk awâdim uhadu baw- sak, tiUi^ îjuXi-îj j^y lilî*-^-» des gens sont venus fur- tivement et ont enlevé ton bétail. Un ^ulaqite l'expliqua par iiV.JL£: Sj^î» . Istareyt minneh bazz uqâl lak: ma, si mitëlmàh àbadan; witër em-bezz saba-

\) LA, TA, Usd el-râbah. II, 138.

2) Des Hadramites, et radîf ou rida des Yémanites, Hdr. p. 10 et s.

3) j,yw Hdr. p. 10 = class. J'j\, Bohâiî I, p. 78 et 35. I. Sa'd.

III, I, p. 17 et 19.

4) Midiammed in Médina, p. .399.

5) Gesen.— Biilil, Il W H •♦ s.v. Lcvv. N II Cli W I! s v.

366

rûk bim-liAmùroh, bagadak fim-bcâ" um-éira,

^yCiJtj «-<*il ^5 i£)A:È^ a.vel^L) . Tu luï Qs acheté de la toile

blanche, et il te dit: ,,Il ii'y en a pas de pareille," mais voilà qu'ils ont teint la toile en rouge d'aniline: il t'a trompé dans l'affaire.'

Loqmân, qui était de l'Arabie du Sud selon I. Hi'sâm, Tîgan, s'est servi du mot oL^ lorsqu'il dit, sur la foi d'Abû el-Q;isim b. Hamzah dans son i^AiLc! J^^ ^y^*>^' Hyt, mon ms., dans le ragaz suivant:

L'original du Caire, de même que TA VII p. 122, a oLj^vJI , mais L A ^) oLs^Jt . Kremer, Beitràge z. arab. Lexikogr., cite ce passage sub Ui et le traduit ainsi: „0 du Besitzer des schwarzen Oberkleides îmd der gemeinschaftlichen Gattin sie kmnmt nicht dem zu, der nicht dir befreundet ist." L A rapporte ces vers

comme é â h i d *) du sens de xXJb> , qui est un m^c> JwOjil ^ u^yu, et cette leçon est inacceptable, tandis que le T A l'explique seulement par noir très foncé. Le

icXLs^J! de Kremer est en tout cas une erreur et doit être ioObsU! . Mais alors jb>: devient féminin, ce qui m'est inconnu. Il faudrait sans doute un pluriel à cause

d) XII, p. 297. On appelle en Syrie, celui qui fait des convei'- tures, des coussins poui* le lit (A>U^ . 2) Selon I. Barri TA 1.1.

367

de iC^JL^jî , et alors on pourra lire ■j>l^ , pi. de iA>:^ , tapis,

synonyme de oLs-. Kremer voit ici une preuve de la polyandrie ') ancienne. En effet, ces vers se prêtent à cette preuve. Mais les lexicographes expliquent ^J;ii^, ou ^juAi ou ^juj> , par un homme qui a eu trois femmes et

le féminin, par une femme qui a eu trois maris. Ils ne disent pas que les trois maris, ou les trois femmes, se soient trouvés ensemble en même temps.

oL^^vJIj o»iUl ^(jr^t semble avoir été une locution pro- verbiale dans l'antiquité. Cela veut dire l'outre à lait qu'on enveloppait avec un bigâd. C'était une pra- tique des Tamîm qu'on raillait à cause de cela. I. Sa'd y, p. 275. éâhiz K. el-Bayân I, p. 78, 1. 23. L A IV, p. 44 en haut ^).

Plurieurs personnes peuvent dormir sous la même couverture. Nous en trouvons un exemple dans le Diw. des Hodeylites, éd. Wellhausen, p. Ô, 1. 3. C'est con- traire à la Sounnah de tuer quelqu'un dans son som- meil ^). Le fait est que les Bédouins n'ont pas cet égard, et c'est bien pour cela que le Prophète l'a défendu.

1) Qui existait certainement cliez les Sabéens, Winckler, For- schunpen, 11*8 Reihe, Band I. Heft 2, p. 81.

2) oL^. se trouve KA X, p. 51, 1. 6.

3) Wellhausen, Resie ^ p. 163 note, cite encore Doughty, I, p. 250. 1. Hisâm, 326, p. 16, I Sam. 19, ". Mais cela n'empochait pas les partisans du Prophète de procéder comme par le passé. On lira l'em- poignant récit de Bobârî, IV p. 63 {•éJ^^ *jLx]i J>^), Wellh., Moh. in Médina p. 170/1, et sur l'assassinat d'Abu Rûfi', ordonné par le Prophète Tab. I p. 1375 et s. Cela se passe dans un husn et re.ssemble beaucoup à notre récit.

368

9, 1' mideffiîn. j^cJ'^, a, devenir tiède, ^'o, tiède \

o.L) _^ "^^ L.'^'^ _^^ "^j ^^ ?w^ ^'^^^ ^^^ c/^awd ?i2 froid.,

selon un datînois. ^_^-v...♦^'( ^.^ Lyij ^), >20?«s ?20î/5 sommes

chauffés au soleil, ^^o , couvrir^ prop. chauffer, ^oî = (^c^^',

se co2(vrir. lio (jLxj) , couverture, prononcé d a fà^

9, 10: tara h. Les Datînois et les "Awâliq Supérieurs disent ainsi et aussi ta^rah. Les Madhigites et les Dâhirites prononçaient tu'ruh, qui sonnait même tu^ruh, tandis que les ^Awâliq Inférieurs disaient tarrah,

3 jti . C'est le classique 5^', fossette jugulaire du cou''). Le c est tellement affaibli qu'il est devenu â, comme

dans le Sahhî ^o'J pour le "omânais iLJti', BBRAS 1902, p. 265 s.v. Gecko.

9, 11: ^azzëha =r Uj.5, GO. cUiî ,.^ .^^ ";£ , ra-

masse la pierre du sol. ;c , i, est au fig. garder, con- server, comme l'allemand aufheben, ayant les deux sens, aufhewahren. J'LJ ^]1\ L\^ ^ , he^e dies Fleisch bis morgen auf. [^''zzëha] \^;^ k^v^^ "^3 'iLxL^ ,j«.a..«_c: cherche le goujon (du bâton) et si tu le trouves, garde-le, hebe den Zwinger auf. ^)J-^>jj! ^ ^^a^I o^^' ^^^^

1) Les exemples sont toujours voyelles tels f|ue je les ai entendus. La langue littéraire n'a pas été une langue artificielle et elle vit encore en partie.

2) Nôldeke, Funf Mo'all, II, p. 4G. P. de Koning, Trois traités d'anatomie arabes, p. 790.

3) PI. J*>-o . C'est une plateforme sur quatre perches pour y mettre le roseau de dnrali.

369

hebt das Rohr auf dem sabl auf. "^Izz ergîlak, retire tes pieds.

9, 12: sarqa' = ^ o GO: = <iJ^, v. p. SrjO.

9, 13: de g ga h. ^o est to^er, stossen en général,

^«per (ies pzeds en marchant, piétiner = ,_ . . ^LJi -Ju,

27 frappe à la porte, (j-otil ij. -.Ju _L\=>^A^' , l'orgelet bat

dans l'œil. <^ „o, terrasser qqn =: „u\xi ,^e>ol . b^Jiil „o,

Socin Diw., I, N" 22, 1. 2, est = ^\ lo chez les

Kiizim, mais ailleurs dans le Sud jjj> ou ^ . -b, lutter

avec qq7i. éj», ijî J^ Ij , wows aZ/ows lutter, moi et toi

= .b et ^î, Jo! , lutter ensemble, corps à corps,

partout dans le Sud z= -. ,b!, Yéman, et ^''f', à Aden

;; .Lij" . ii^îA^j M^e corps à corps. Cp. ^jo, i, taper des pieds en marchant, faire du bruit ^) = é^ù du Nord ^). Cf. -;s=>j>, battre, et sJL>o, Hdr. Gl. s.v., comme

_j> et O'^ plus haut, ,..^» et oi-« etc.

9, 13: nigûf, pi. de ^s>^, Vendroit sur les deux

dernières côtes, épigastre. Le pluriel en est aussi ^J'i^ et ^\^\ . Dô'ân a dit :

1) Mehri, poursuivre^ selon Jahn, Mohiisprache s.v. debû^.

2) = olass OwV5 ' , le tiernccnien LiO, u, trottiner, Marçai.s (Ir. Tl., p. 69.

370

Dis-lui: le fer à brûler est chaud, et c'est moi qui le retiens: je vais brider sur les épigastres, d la poitrine.

9, 13: gala bat. v^? dévier, passer à côte de, ef- fleurer. ^) v^b> 'lU^ , le poignard dévia, passa d côté ■= .yJLc c>o^ [ou ui^ o?u=>] ou kAsl ...j^^^^Id, glissa sur lui GO. ji:> et ^_Jl:> sont synonymes. iJUil^ c;^j^, la

balle effleura sans toucher. JJb> osL> iJuJ^^, ^a 6a/^e effleura la peau. ^Ass minsân em-masâb il df ya'rif maswâb uqâl qar ra'^àwha g al al, ^^-^

l'homme qui se connaît en blessures tâta le blessé et dit: c'est bien im effleurement de la peau. Socin Diw. I, N" 21, 2a, donne kJ'l^ „von einer Kugel, die bloss die Haut streift".

9. 14: hauwak. é^ = »J>oj ^ GO, ^pousser un

son prolongé comme lorsqu'on appelle étant blessé ou au secours contre l'ennemi" GO. C'est en général prolonger la voix, comme on le fait à la fin des marâgîz et des zawâmil. Le verbe J-^j a même ce sens, et de probablement le nom du Js^U . Ce cri peut être de joie

ou de détresse, (jî^'^ij ^^ ><*-f^*-?. u".^' J- *i^^ u^}^ j

le gardien crie dans le champ pour que l'entendent qui est caché ^) et qui est d la vue de tous, é^ n'est pas usité.

1) On ne voulait pas ici x«-Li- , car »cela ne se dit pas"!

2) Pour voler. ;^^1j = r^'^ , qui se montre. 'lXj, bada, ouver-

Icincnl. j.oSj'bl |»l(»\i 'Aj *aaLù. , je Vai i^ris à la vue de tout le tnu)uU'.

371

iX)^" [jy* OU 'iS'Li>> ^), poussez un cri prolongé^ et ii)|^, crieur. Je demandai, ayant le dictionnaire devant moi, si 'iSj^ veut dire fosse. „Non, répondit-on, nous appe-

Ions une 5^à=> liauq," oy>, pi. ^>> , mais ^^y> est véritablement l'espace sous la voûte, tunnel.

9, 15: na'nt = xUj. On évite de prononcer le thème ^jxl , dont on fait Jsju ou ^J}6 , qui est devenu Jj dans le Mehri, Jahn MS. p. 214, idem G M S p. 12. Dans la langue littéraire, nous avons ^^li ^^ Jlj , invectiver quel- qu'un, Boh. I, p. 104, 1. 5, Tab. I p. 1472, u, mais cela n'est pas de la même provenance.

9, 16 : b a y 1 i b b ù n e k. ^^2 est aider en général, secou- rir, venir en aide, et me fut expliqué par l\cL«, ^^t et J^^\^. C'est porter secours à qui est attaqué. La kan wâhed wahdeh harag ba^îd min em-sakin uîntafaq

h ù" u h u s û m u s a h : w â.^a n d i ! "a n d i ! u a s h â b e h yisma^ûn em-saut uyifhamûnah uyisîhùn: labbèyk! labbèyk! walla: labbeyk! tumm labbeyk! Si quelqu'un sort seul loin du campement et rencontre des ennemis, il crie: à moi! à moi! Ses compagnons entendent alors la voix, ils la compren- nent et crient: labbeyk! labbeyk! ou bien labbeyk et encore labbeyk! Lorsqu'on est en détresse ou à la guerre, ~^^^\ 0^5, on crie ahV (ou h al à"* et

1) Le hoch ! allemand était appelé 'iS\yi^ par mes Datînois. Pour

o

la forme, cp. »;Li>^, ce qui n'est pas sans intérêt.

372

à 1 a) 1 a b b û n a , liolà ! secourez-nous ! ') Cela me fut ex- pliqué par L-ow ^^y^. , ils se joignent à nous. ^ , i, a

le même sens de secourir ^) ^^ ^^ =: J.LJ , im tel m'a secouru.

A*lS , est aussi simplement la réponse à un appel, à un ordre, etc.: me voici! j'y suis, à vos ordres etc. et s'emploie de la même façon que 'u^^xî »). En Algérie,

plaît-il ? selon Beaussier s.v. Sur la locution nUli J,t. , je suis sans le sou, voyez Marçais R M T A p. 482. R 0 p. 190 donne cette phrase: Marzûql Lebbêk hâdimek watîtek bên yedêk, umîirbômaturîd, Marzûq! Me voici, ton serviteur, ta sandale est devant toi, ordonne ce que tu veux!")

Cet emploi est du reste ancien ^). En voici quelques

exemples. *JJI J^w^ L tiU*j J ï ^..^ b [ Jyy ' ] ^-^^ , il appela: ,,-He.' Ka^'h! Celui-ci répondit: me voici, ô envoyé de Dieu," Boh. I p. 95. JUs ^c.-Jt Uuo^ lil UlJ JIï

é^^Sju^*, aJJ! J^-w. d^J vj^ o'ow L , 27 c?«Y; ^pendant que je montais derrière le Prophète sur le même chameau

1) La langue arabe et ses dialectes, p. 58.

2) wO aussi être attaché «, au propre et au figuré = w>->Jj' . liVj v.j'b ,^,JJL! = ii)o Q-^L 11 signifie en outre passer à côté

de, tourner, abweiclicn; cp. le syrien ^ÀJ et le class. iA*J .

.3) Aussi RO p. 190, 1. 42; Rôssier M S OS I p. 86, note 2, il faut lire wenhîka = ^- \ -^ |__

4) J'avoue que cet exemple me paraît suspect comme n'étant pas pris sur le vif.

5) Au.ssi Sîbaweyli, I, p. i47, 1. 1.

373

il me dit alors: ô Mu^âd! et je lui répondis: me voici" etc., Boh. VII p. 170. ^f^h \j c^=>.*a5 i^j^I v.lII ^s\

j?w! o«xo La;s d^>uJ bJ L-u.^' Vi-aî \j'«.o , ' Ja servante vint

aw W7f2(Zz e^ ^e cherchait en criant son nom lui); il V entendit et répondit: me voici! tu as appelé un homme qui est près de toi, Dîwân Hâtim Tey éd. Schulthess p . 39. Omayyah b. Abî es Sait, un peu avant de mourir, aurait dit à trois reprises :

Je suis à vous deux! Je suis à vous deux! Me voici devant vous deux!^) KA III p, 191. Su'arâ^ en-Nasrâ- nîyeh I p. 225. iu^i' ^^yîsj )i^^ ^^ j,vj "a^.x.wî ^ }y^ ]3\

Lorsqu'ils furent à une journée de marche de Tihâmah, leur kâhin, '^Auf h. Rabfah, devint inspiré et dit: Hom- mes! et ils lui répondirent: ^^Nous sommes à toi, 6 notre maître," I Qoteybah p. 37/8.

Liai) ti> ^oJ>l:S^Û5 O^Xi-J! ^iU J,£0 J>î iikxJ ^^

Je dis: me voici! car le désir ardent m'appelait à toi; et aux deux chameliers je dis: poussez la monture!^ Hamâsah p. 550. I. et-Tatrîyeh, I. Qot. p. 256, 1. 2, dit:

1) Le pronom doit se rapporter aux deux anges de la mort. Spren- ger LM I p. 117 le traduit par fur cnc/i, ce qui n'avance à rien.

374

Il répond par son labbeyka, toutes les fois que tu

[l'appelles^ et il pense qu'il s'est bien acquitté de ce dont il a été chargé. Un emploi analogue LA XX p. 104 dans un vers d'el-Asadî:

^g^ \C>. 1 ii *— ii' * *■_ ; y J

J'ai appelé un jeune homme qui a répondu par sori

[labbeyka d un jeune homme qui l'a appelé, un fier, un beau

[gaillard.

^^ , prononcer le mot labbeyk^), était très cou- rant dans les premiers temps de l'Islam. ^^Uî ^^^ ^^ Bohârî II p. 20 ; I.^JLi ^^ , p. 43 ; s^ ^^^^ ^^ , p. 137. ^A>J^'' v^" 1 P- 138. Nous savons que ce mot joue un rôle cultuel dans les cérémonies religieuses de rislâm lors de la visite des pèlerins^). Le talbiyah

du Prophète était: dUli Ai dLj_ii "ii dV-Ji dV-^J *^! e^^i él é^.J^ ^ eUIÎj dU -iLj^]^ lxJ. ^\, Boh. Il p. 138 = Trad. p. 502. Il est évident que ce mot, que nous rencontrons au début de la littérature arabe, faisait

1) Sîbaweyh I, p. 148, 1. 16. Tab. I pp. 1538, *; 1539, <8, i»; 4631, 10; 1661, '*. Voyez Additions.

2) Lane s.v.; L A s.v.; Beydâwî, éd. Fleischer I p. 580, I. 3, a

.a^^it cjLaJ = s::^^ , de même que Muzhir, II p. 133. Hamâsah p. ^ . . .. .

550 : ^_c>J = LjJ comme (i«c et ii)yJ£ . Suyûtî, Muzhir I, p. 223 :

AJ w^*^' Q'-^-'L» s:.>^:v^- ry^ ^W*' i pour Cxv>-«.i.

375

depuis longtemps partie de la langue. Le Prophète n'a fait que conserver une locution archaïque. Si on relit ce que les grammairiens arabes ont dit sur ce mot, on se persuadera facilement qu'ils étaient en présence d'une locution dont l'explication leur a donné beaucoup de fil à retordre. Fleischer, dans ses Kl. Schriften I p. 302, a carrément accepté l'étymologie de la plupart des savants arabes, d'après lesquels ce mot serait „un duel à l'accusatif". On croirait que par cela tout avait été dit, mais je trouve que nous ne sommes pas plus avancés pour cela. Avant de tâcher d'élucider la question, je veux expliquer ce que c'est que cette fête pendant laquelle ce mot célèbre de vraies orgies.

Elle est un reste de l'ancien culte babylonien et minéo- sabéen, spécialement celui de la Lune. Celle-ci est en détresse pendant les trois jours de son invisibilité. Le mois, ici l'année^), commence avec sa réapparition. Hubal, le dieu de l'ancienne Mekka-), revient au

1) La fête du nouvel an, rês satti = K^v^! L/'^j ? '^ point culminant du culte du Marduk babylonien.

2) Wellhausen, Reste 2 p. 75, 221. Winckler A S 0 p. 83 et ss. Le même, Himmels- und Weltenbild der Babylonier, p. 55, Reli- gionsgescbichtler und gescbicbtlicber Orient p. 31. KAT-^ p. 328. Tab. I p. 1417, '': Hohal hoch! Les Arabes ont une mytbologie, aussi bien que les autres peuples, malgré la coucbe islamique qui la couvre. Lorsque Noldeke dit, Z D M G 39 p. 714: »mais les Arabes n'ont certainement pas eu une mythologie développée," il juge trop sévèrement. Je demande si toutes les religions, y compris celle des Chrétiens, sont autre chose que de la mythologie. Pour ma part, je trouve qu'il n'y a que cela, même à l'heure qu'il est. St. Paul et St. Augustin nous ont légué les doctrines mythologiques dont l'Eglise de l'Etat a fait son arme pi-incipale contre la vérité scienti- fique. Mais cette vérité remportera bien la victoire.

C'est l'impérissable mérite de Hugo Winckler d'avoir le premier

28

376

pouvoir. Pendant les cérémonies des trois jours de ""Ara- fah, les pèlerins crient à chaque moment labbeyka. En réalité, c'est la continuation du cri de secours adressé à Mardouk contre Tiâmat, l'ennemi de la Lune. Cela est corroboré par le fait que jj=i et J^iX*«î [et non jL? comme le dit Glaser 0 L Z 1906 p. 386] signifient prononcer la talbiyah, Boh. II p. 140 = Trad. I 504. Boh. ajoute

que le sens fondamental de \s> est apparaître: ^^^ xk

^L^uJt ^ ^f> y^Ii l^t^ ^^i . Cf. Tab. I p. 1622, a et L A 14 p. 225. On crie labbeyka lorsque la nou- velle lune est en danger. De vient aussi originaire- ment JJ^, qui s'emploie encore partout comme oj^-Lo

de i^\ "3 AÎI "S , mais qui n'est qu'une application très à propos d'une idée ancienne à la nouvelle formule de foi.

- G .-

Son synonyme classique JsJL^ est la forme II dissoute", comme le dit bien Grùnert, Mischwôrter im Arabischen p. 35, et non une vieille forme IV.

\s> , i, expirer, finir, se dit, dans de Sud, du mois. jixij! J^ , le mois a expire = ^^'J X^ . Ce sens paraît

soulevi! le voile. Il a quelquefois dépassé la mesure nous autres arabisants ne voyons que l'histoire exacte, mais aussi pour- rait-il aller beaucoup plus loin. Grimme a aussi commencé à remuer l'histoire des Arabes et celle de l'Islam. 11 faut vous secouer, mes- sieurs les Arabisants et changer votre «méthode" surannée!

1) C'est ainsi que le dénominatif -«i^, pour ^\ xU! , se trouve déjà dans un vers du Diwan de Hâtim et-Tây, 82 v. 5:

««-^^ ^' ^ i3'; l-*^, *-'< lorsqu'il me vil, il dit: Dieu seul est le plus grand! Ce n'est certainement pas le Prophète qui a in- venté la croyance en un Dieu unique.

377

à première vue étrange, mais il faut probablement y voir l'écho d'une connaissance ancienne, à présent per- due, ou plutôt une locution mal appliqiiée. La lune est bien renouvelée, mais elle est encore invisible, en lutte

avec Tiâraat. Comme -l est aussi 'pleine lune ^) dans le Sud, comme en sabéen, il faut attribuer à cette locution le sens primitif de la lune a apparu, astronomiquement parlant, d'autant plus que J^Lp est bien encore la nou- velle lime, aussi dans le Sud. La phrase littéraire et ancienne, jJ^\ J^ ^), la lune a apparu^ se rend dans le

Sud par -j-iJf j , v. Gloss. s.v. y , et dans ce vers d'une longue qasîdah du poète Dô^an:

et ce soir nous sommes dans les ténèbres: ni soleil ne

va se lever, ni lune n'est sortie.

j-iJî i3^ est aussi bien la nouvelle lune du mois que

l'expiration du mois, antithèse qui n'est guère explica- ble que par l'oblitération de l'emploi primitif, causée par l'invisibilité de la nouvelle lune pendant les trois pre- miers jours. Est-ce que cette oblitération se trouve déjà

dans le vers d'Imru'1-Qeys, Ahlw. 43 v. 1: o^^y

•1) Comme Mond, Lune, et Monat, mois, en allemand. Aussi dans l'intéiieur de l'Afrique, Kainplîmeyer BDIA p. 199, et au Maroc, Dozy Supp. S.V..

2) Harizalah ef-Tâl, Su'arâ^ en-N. I p. 91 dit : . . . JJjî -^ ^J . . .

378

J31 JyJb S^ que Wellhausen Reste^ p. 110, traduit par nuit obscure? J'avoue ne pas l)ien saisir ici le sens de Jj:! . Abu Ishfiq, L A XIII, p. 227, dit qu'on nomme généralement S^ la nouvelle lune des deux premières

nuits. Les savants arabes n'étaient point d'accord sur ce mot.

jJp est par conséquent aussi devenu dans le Sud ac- complir^ finir, volJziehen.

Le sens primordial reluit dans Ocç^'Jt ^\^ LlJ? ou ÛjI? , 710US sommes montés jusqu'en haut de la montagne,

paraphrasé par Lc>j> et ij-î^ , c'est à dire, nous sommes sortis à la vue en haut, nous avons apparu en haut.

Une question importante est de savoir quel est le sens primordial de J^, nouvelle lune. L'idée de Well- hausen, Reste^ p. 110 note 3, que ^jJ^Î dans le sens d'apparaître, dit de la nouvelle lune, est le dénominatif de S^ est à rejeter '). Le fait est que les Arabes ont

donné un nom à la nouvelle lune et que ce nom doit

signifier quelque chose dans leur langue ancienne. Si J^ est crier en général, sens nuancé qui parcourt toutes les autres formes de ce verbe, je ne vois pas bien comment J^l^ pourrait s'y rattacher. C'est plutôt l'autre

1) L'objection de Glaser OLZ -1906 p. 38G renferme une erreur

en tant que Wellliausen, o. et 1.1., ne dit pas que }J> signifie crier la talbiyah, ce qui est à tort admis par Gla.ser. Pour le reste, je suis (le l'avis de celui-ci.

379

sens, le plus ancien, de }J> , apparaître, sortir cl la vue, qui en est le fond '). S^ serait donc l'apparition par

excellence. ^ , la pleine lime , renferme l'idée de la continution de l'évolution lunaire, lorsque la planète LôlXJî (jvc j^xio , domine la terre, 39, le, ou est levée sur la terre, arrivée à ou en route pour arriver à son apogée. ^\ »;^3 »^^M ^'^ (jr<^ j*^' jP^'îj L A VI p. 101. .^^3 Ki^ Si^] ^\, Moh. Tàhir, M. B. el-A. p. 221. ^ , a, est dans le Nord se dresser, se lever. ^ , dresser, lever ^). xj! j:^ iu^ t^U. Uiiï icLaSt J.*ii:c.s«l3 *JiJ! Jy«. J^

\xajClc ..i;^" L ijc\^ LS^jf^: 2^ ^^^^ ^^s mains au poitit que etc Tab. I p. 1651, 7. Glaser, OLZ Juli 1906 p.

1) J^J^ est encore en Syrie s'encourager par des cris en faisant la fantasia. De le nom si connu de J^^^' «Aj: j^\ . En ^Irâq,

c'est le ~^j^\ des Syriens, M SOS V, ii p. 118 note 9. Jereraias AT p. 33 note et p. 211.

2) .{♦.»». est en Dt. sortir pour regarder, comme lorsqu'on reçoit un personnage de marque. On monte sur le toit, on sort dans la

rue (= cl. Oyi^') pour avoir un coup d'œil sur la situation. Le sens primaire de ce thème j*^ n'est noté dans les dict. arabes qu'en passant. Fell, dans son beau mémoire Z D M G 54 p. 2.54, ne semble pas frapper tout à fait juste lorsqu'il traduit l'épithète q'^^ de quelques divinités méridionales par bcrïihmt. C'est plutôt

le haut, Vélevé, que ce soit un J^>jé , un jLxà ou un Joè . Cf.

o'>^ > éponyme d'une tribu des Hat'^am. Le verbe ^ n'existe pas dans les dict. hébreu et éthiop., mais le substantif y figure. " ;r**''*i gruss, hervorslchcfur, llartni. LLW p. 120.

380

387, veut que ^ vienne d'un verbe „inco]ore" signifiant être rond, aller en rond. Je ne le crois pas.

Vu les cris de joie qu'on jetait en voyant la nou- velle lune adorée le verbe Jp aurait plus tard, mais à une époque bien reculée, pris le sens de crier. Nôl- deke nous a montré comment jl?» a pu devenir zurûck- schrecken, propr. aufschreie?i ^). ^^ , faire un hond, =

■^ , a bien le sons d'avoir peur et de secoîirir J . Je ne vois pas pourquoi l'hébreu bbn ne peut avoir la même

origine que l'arabe J^l et ^, c'est à dire, pousser le cri S^ \i S^ [i et ensuite pousser des cris d'allégresse, jubiler, contrairement à Wellhausen, Reste'^ p. 113. Bevan, Festschrift de Nôldeke I p. 581 et s., dérive Dbp_, to

praise, de nbp, to mock, et le compare à Jj^t, to invoke

the deity, de Jp , to make a loud 7ioise. Les Hébreux avaient aussi anciennement le culte de la lune, et s'ils appellent la lune HT , comme les Assyriens et les Sa-

béens (-"J^), ils ont pourtant conservé une autre forme du mot en question : bb;n -) , qui me fait l'effet d'être de

1) ZDMG .S9 p. 728 il y a des exemi)les. Wellhausen Reste'^ p. 110 note 3.

2) Ges.-Buhl II W BAT'* h.v. "p^H il est dit que l'arabe "^ est

luire. Cola n'est pas tout à fait exact. Lorsque la lune sUwJ' J. J^ , elle luit certainement, mais le verbe aralic n'implique pas cette nuance. Uomniel, A A p. 271, traduit ^^^H pivr luisanl selon le sons iK'brou, qui est pourtant secondaire.

Le J^lj des lexicographes arabes et le JAj des inscription sabéen- nes, Hommel, o. 1. p. 158 et 275, Fell ZDMG 54, p. 254, doivent

so rattacliei' à JJj dont le sons est lo uirmo que celui de JJ^ et

381

provenance méridionale; cf. jJll5= = jJb. Les anciens habitants du Sud n'ignoraient pas le nom S^ , témoins

les noms de rois qatâbânites, tels que ^pJ> ^ , les deux noms de la lune sont accouplés, et S^ ^ Vj^ » Hommel A A p. 29 et 158 et G G G p. 141, et d'autres noms qatâbânites chez Glaser OLS Juli 1906 p. 386 note 1 ^).

Toutes les cérémonies de cette fête islamique de pèle- rinage ne sont que des réminiscences de l'ancien culte babylonien, ainsi que l'a prouvé Hugo Winckler par des arguments que nous devons aujourd'hui accepter comme une acquisition précieuse de la science assyriologique. Or, on ne s'est jamais demandé à qui se rapportent originairement les deux pronoms du mot labbeyka. Le second, ka, doit forcément marquer la personne ou la divinité à laquelle on l'adresse, et qui ne peut être que la lune, el-Hilâl ou Hobal. Le premier, caché

dans le verbe, se rapporterait à Mardouk. ^J) serait donc

un parfait pour ^.J: il (Mardouk) t'a (la lune ou Hobal) ... . Ce peut aussi être un optatif.

Si l'on admet que le méridional ^_^ , secourir, n'est pas un dénominatif postérieur de tiUlJ ^), l'exclamation

J»fl^ encore aujourd'hui en Syrie; cp. J^^ . Les deux mots se rap- poi-tent donc au culte de la lune. Cp. l'hébreu ^"«^i^, idole, et le

nom théophore J^b ^>y-c , Nold. Z D M G 39 p. 726 = Wellhausen Reste2 p. 4.

4) Tout ceci était écrit bien avant cet article de Glaser.

2) , <r~ , prononcer labbeyita, ne serait pas alors non plus dé- noniinatif. (p. I. Ya'is p. 147, I. 8.

382

signifierait: qu'il te secoure! ou il t'a secouru! Les Bé- douins du Sud n'ont pas la moindre idée des cérémonies du pèlerinage. Personne ne connaît le rôle que ce mot y joue. Je l'ai constaté plus de cent fois dans mes con- versations avec les indigènes de l'Intérieur. Le verbe

^ , secourir^ était inconnu aux Hadar, ce qui ressort clairement de Sîb. L p 148 1. 6 et ss., mais il fait re- marquer, p. 147 1. 9, que quelques Arabes (= Bédouins) disent labbi. On ne doit y voir, selon moi, qu'un im- pératif et nullement une analogie de ^y^ et oLc, ni,

comme le paraphrase Jahn, trad. p. 219 '), „une interjec- tion inflexible", du moins pas à l'origine. Sîb. ne dit pas ce que labbi signifie, mais je suppose que c'est secours ! (impératif) '). Pourtant, les premiers, grammai- riens ont eu un soupçon de cette signification, comme nous allons le voir. De toutes les locutions analogues

^iLiLXx^y 3 dUli fait bande à part. Il faut retenir que le dernier mot n'est pas employé seul. Il n'est donc qu'une ■épl^. Sîb. dit p. 147 1. 19: JUb xi! ^Lk^ _^! ^-Jo ^^Is JJ! Jcs \>L£ ^' "^3 .vs^'lsj "^5 t^^'t JwE ^jlJd! Jw>yj

slX-cLwj »_xt J^^ b^Ls ^^^ i>ju«l lXJS JL2J3 \JsS*) \<j^ J^

«Acm! i«iLJ>5Î5. On voit donc que le second est l'expli- cation, disons le synonyme, du premier, ainsi que c'est le cas dans la «j^L^ '), et on à déjà vu que (_cJ fut par

1) Cf. p. 381 note 2.

2) Bohârî, VIII p. 60 : tiULX**«3 éV-Jb v_jL>î ^ U\j .

3) V. Grunert, Die Allitération im Altarabischen, Wien 1888, et l'importante critique qu'en a faite Prjctorius ZDMG 42 p. G76 et

383

mes Datînois justement expliqué par le même synonyme lXcL- . L'ancien vers cité par Sîb. p. 147 1, 16, LA s. v. et le Sarh d'eJ-'Aynî p. 231 :

- o

.y**-0 e5^V4 ic^ iCt^ Lfc-w-X ^_o-j'j Uj 0^_Cl>

me semble bien avoir été inventé par les 'grammairiens pour appuyer leur théorie du duel en le modelant sur un emploi presque analogue avec le pronom (p. 373/4), d'autant plus qu'on enseigne que ^^ ne peut pas être suivi d'un substantif en annexion ^), malgré l'exemple casuistique de lXj; ^ .

Les autres mots avec lesquels on compare liUuXjt.^ ^ dUJ sont d'une tout autre catégorie. Ils sont tous sur la forme JL*!: liU^L^, ^Vj^SlX^, dLoLc>, iiUi|^ (aussi ^Jy^ et Jy>!), liUiîjo , iiLç>L^ et d^otj^ . On a prétendu que ce sont de vrais duels d'intensité ou des pluriels archaïques, Lagarde et Hommel A A p. 17 note, D. H. Mùller Z D M G 37 p. 9 et ss., el-Kâmil d'el-Mobarrad p. 347/8. Barth, ZDMG 42 p. 355 soutient que ce sont des singuliers par analogie avec Ji^ et , "^^V. et ^^n* , et, d'après lui, les preuves de l'existence d'un pluriel en ay dans les langues sémitiques sont encore à fournir!

J}y> peut être le pluriel de ^J_^ , prononcé h a w â 1 î , hawâlê, et plus tard hawâley. Les analogies d'une telle prononciation sont multiples. Comme pluriels, ils ne seraient pas plus étranges que oLlo -|- les suffixes

ss. K. el-Itbâ' wel-Muéàwazah par I. Fâris dans le Festschrift pour Noldeke 1 p. 225 et ss.

1) Sîb. § 73. EI-'Aynî 1.1. dit que c'est J>Ui .o'j. V. Additions.

384

qui se trouve dans tous les dialectes, dans l'éthiopien babaynât, l'hébr. niJ"'? et les syr. ^L.^ et ai .A . Cp. ce que je dis sous ,^=JvJ .

Maintenant, on me dira que l'arabe ferait ici *i)LJ, et

non liUJ . C'est que je considère la seconde forme comme primaire, comme je vais l'exposer. En hébreu, je ne trouve rien à l'appui de ma thèse, mais le syriaque ') et le sabéen pourraient servir d'exemples. A propos de l'assyrien, Zimmern m'écrit: ,.Das Assyrische ist fur die Frage der Verba ult. ^ mit Sufflxen nicht sehr er- giebig, da hier sehr starke Abschleifungen und Ausglei- chungen in dieser Verbalklasse stattgefunden haben. Ausserdem kommt im Assyrischen das Perf. eigentlich

ausschliesslich nur intensiv-passiv als Permansif, in Job speziell in der Form quttul, bei tertiae (^, z. B. von

^^i als bunna, vor, und nimmt darum naturgemâss keine Suffixe an, oder hôchstens eines mit Dativbedeutung.

Ich kann also hier keine einem ^ilXo entsprechende Form angeben."

Cela n'exclut pas que le ^^ n'ait pu se conserver dans la prononciation, car le sabéen, le lihyâni, D. H. Mùller E D p. 14, l'écrivent et ils l'ont par conséquent aussi prononcé, Hommel S A Chr. p. 9, de même que dans certains dialectes arabes au pluriel des ^^^. Par exemple, Glaser 891 1. 4 porte \^^ j-H^j^ ^^ o"^ ' °^ verbe doit bien se prononcer haufayhumu ^). Cf.

1) Zimmern VGSS p. IGO et p. IGl note 42: gallcyan(î), galleyîik. Duval, Gr. Syr. p. 192 ot p. 202,

2) Hommel o. 1. p. 16 vocalise ^ i.^'y^ ^ mnh rien ne nous

385

vii..Aj^Uj" Hommel o. 1. p. 22, lo. Le mandéen paraît aussi avoir eu la même prononciation des (^^ selon Nôldeke, Mand. Gr. p. 257 et 262.

Tout arabisant sait que la désinence monophthongue (3_, qui très souvent représente un sémitique a y (ê), de n'importe quel nom, excepté certaines prépositions dont j'ai parlé à la page 383, devient L_, jamais xl devant les suffixes. Nous savons par Abou Zeyd, Nawâdir p. 58, que les B. el-Hârit b. Ka'^b avaient la spécialité de prononcer même la diphthongue a y du duel comme â, cf. Lane s.v. (J.c . Cela est par conséquent aussi le cas des verbes (^^ à la troisième personne masculine du parfait. On sait aussi que ce ^ reparaît dans les autres personnes du parfait. Cette règle s'applique aussi aux formes dérivées des verbes ultimse ^ et ^ . L'arabe a donc fait bande à part pour cette désinence a y ou â, qui s'est conservée dans plusieurs prépositions des autres langues sémitiques, surtout le minéo-sabéen.

On peut dire que la désinence a y n'existe pas du tout en arabe, exception faite pour le duel. Un mot non arabe à finale a y correspond à un mot arabe pareil

en â , (^ _ ou L _ . P. e. ^êlI^^L = ^J^ Les particules mêmes offrent cette particularité l'hébreu et le sa- béen conservent le y, p. e. "inç et ^.^ dans Glaser 282 (Hommel SAChr. p. 16 et 175 1. 3; WZKM II p. 10 et 11) = Lo ^ ou LcUx .

Si, à l'apparition historique de la litérature arabe, les thèmes vi) -)- -oé et ^ ~\-jjé étaient prononcées dCxs et

autorise à croire que les Minéo-Sabéens avaient conservé l'ancien Irâb aussi fidèlement que les Arabes.

386

(iUiî, il me semble difficile que cela ait pu donner di- rectement ii)L*i et éjt: . Il faut pour cela admettre

qu'alors déjà la désinence vocalique de ^jjd était tombée et que la diphthongue a y l'a remplacée d'une façon toute naturelle. Nous avons dans le Qorân des variantes qui prouvent que cette prononciation fa^'êka, et peut- être fa"eyka, était connue. ajoLs, 3, 33, s>iy, 6, ei, iuk^\ 6, 70, l'on a voulu voir l'imâlab. Je sais bien

que l'imâlah est ainsi exprimée dans les variantes qora- niques, comme i^j^j» = Js>\ya Qor. I, 5, iojCis^i = aUCisx

Qor. 24, 35 et d'autres, mais la question est de savoir si l'on a prononcé nâdeyh(u), nâdêb(u) ou nâdâh(u) etc. Les puristes rédacteurs, qui n'admettant que le classique n a d â h u , rejetaient une prononciation vulgaire dont Dieu ne serait pas rendu coupable!

De J^ . on a probablement fait ^^. . Mais la diph- thongue finale n'étant pas précisément du génie de la langue arabe, excepté pour le duel, on la monophthonguisait en ê, comme en assyr.. Ne pouvant la rendre par l'écriture

sans être équivoque '), on se contentait de l'écrire ^^' et, avec les suffixes, ?sL., au lieu de \>u«. pour éviter une prononciation équivoque. Cette monophthonguisation a bien exister pour l'arabe à une époque reculée, et c'est peut être cela que les grammairiens on voulu dire lorsqu'ils autorisent ici l'imâlah. A présent, je ne l'ai

1) On l'a pourtant fait, témoin le qoiiinique ^jjJiS, et les exem- ples cités plus haut. Cela se pratique encore dans les dialectes, faute de signe graphique pour ê et à.

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jamais observée dans cette sorte de verbes. Rien ne nous autorise à affirmer que la prononciation 4^. ait existé dès l'origine. On peut seulement constater qu'elle est la règle dès le début de la littérature arabe, de même que dans tous les dialectes de nos jours. La mo- nophthonguisation se rencontre dans toutes les autres personnes, et je ne vois pas de raison pour qu'elle n'ait pu se produire à la troisième personne.

L'éthiopien a encore dans les ultimae 3 et ^ la dési- nence vocalique: wa, ya, mais Prsetorius m'écrit que cela pourrait bien être une analogie moderne d'après les verbes forts. Cependant, il ne faut pas perdre de vue

qu'au passif la désinence vocalique reste: ^_^^, i^^-c etc. Barth, Z D M G 42 p. 348 et 355, paraît vouloir assi- miler liUlî et A^ySju^ aux particules qui ont reçu leur désinence a y par analogie avec ^l! et Js^ Il ne ressort

pas clairement de son argumentation si, pour lui, liUli renferme, ou non, une préposition. D'après sa manière de voir, elle aurait donc été originairement Q , à l'accusatif, si je le comprends bien. Voyez ici p. 375.

Pour conclure, je crois donc que nous avons en lab- beyka, ou labbèka, une prononciation archaïque re- montant à une époque bien éloignée et perpétuée telle quelle, en forme cristallisée, à travers les temps. Pour moi, l'unique point abscur est de savoir si le parfait a ici le sens optatif, comme en arabe et en minéo-sabéen.

Or, le lecteur critique me fera encore cette objection : si labbeyka était originairement une exclamation adressée à Mardouk-Hobal, comment a-t-elle pu devenir une exclamation générale, telle que je viens de l'exposer?

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La fête mekkoise se répétait tous les ans. Elle a se célébrer depuis une haute antiquité. L'air resonnait alors de ces cris. Lorsque le Prophète vint d'el-Médînah à Mekka, en profitant des trois jours de paix pendant la fête, il parcourait la vallée de la ville avec ses parti- sans, en poussant le cri traditionnel, ainsi que l'a si bien décrit Grimrae dans la jolie page 121 du premier volume de son Mohammed (1892). C'est que ce cri fai- sait depuis longtemps partie intégrante du vocabulaire journalier des Arabes. On s'en servait à toute occasion de la vie. Originairement, on a bien célébré cette Fête de la Nouvelle Lune dans toute l'Arabie, et labbeyka n'était pas une particularité des cérémonies mekkoises. Je ne crois pas me tromper, lorsque je prétends que ce mot est une preuve de l'antériorité du culte de la Lune en Arabie. S'il est venu de l'Arabie Méridionale, ce qui n'est pas du tout nécessaire, ce serait alors un des nombreux arguments qui militent en faveur de l'énorme importance que ce pays a eue sur la culture des Arabes. Grâce aux recherches de Halévy ^), Hommel, Glaser, Grimme et surtout de H. Winckler, dernièrement aussi de Huart et de Schulthess -), on a commencé à y voir plus clair. Sut le vieux sol yémanite, dans le sens étendu que les Arabes y donnent, la cosmogonie orien- tale, disons plutôt suméro-babylonienne, s'était le plus longtemps conservée comme religion officielle. Si l'on y cherche bien, on l'y trouvera encore, car l'Islam en est

\) Qui cependant persiste à ne pas admettre l'immigration des tribus méridionales dans le Nord. Mon vieil ami est parfois un peu entêté.

2) La Festschrift de Nôldeke I pj). 86 et ss.

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tout imbu, malgré la couche monothéiste que le Prophète lui a imposée. Labbeyka est un des mots les plus vénérables d'antiquité. Il a son origine dans le crépus- cule de l'histoire orientale, aussi bien quant à sa forme grammaticale que quant à son sens religieux. Comme notre mon Dieu! le bavarois Jesses! et le suédois ja vars!^), il est devenu une exclamation triviale: me voici! à tes ordres!

L A I p. 146 et XX p. 104, el-Beydâwî, I p. 580, s ,

disent *) que l'origine de ^L. o*.*!' serait otJ , ce qui

n'est pas reprouvé par el-Farrâ\ aZS pourrait donc

être pour AA , Nous trouvons également dans L A I p. 388 et VII p. 817 un mot prétendu himyarite et qui pourrait bien avoir quelque corrélation avec labbeyka.

C'est oLJ, ainsi voyelle. Au premier endroit, il figure sous u>vJ et au second, sous ^L. Dans les deux pas- sages, il est expliqué par eULc ^_^y.lj '^, ce qui me semble inacceptable, d'autant plus que nous savons par Tab. I p. 919, 6 que les Hiimyarites^ disaient (j*L, "^j en admet- tant toutefois que la phrase y rapportée est véritable- ment himyarite. Les deux hémistiches que LA cite à l'appui sont différemment rendus dans les deux passages ').

1) Ou ja vaserra Ire = ja vid vâr lierres Ira = oui, par le bois (croix) de notre Seigneur = je veux bien!

2) Voyez ici p. 374 note 2.

3) T A donne sub ^i>-J les hémistiches de L A sub vi^v^J , tandis que sub (j«Ij il ne donne que le second, le premier lui ayant pro- bablement paru incompréhensible. c>->^ aurait le sens do frapper, selon L A. Ce serait alors une variation phonétique de Lui , ,^ et -li*AO (labat); v. le Gloss. s.v..

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El-Azharî en est la source, et il dit avoir trouvé ces vers dans -^ ^l^' . On les comparera à ceux de Kit. el-Ar. XX p. 8, d'après lesquels la leçon de L A sub ij^l semble préférable. Mais je ne saurais donner une explication plausible de ce „mot himyarite".

Je n'ai jamais autant constaté l'emploi de labbeyka que dans l'Arabie Méridionale. Jamais je ne l'ai relevé dans la bouche des Bédouins du Nord. Cela n'est pour- tant pas un argument. Une chose m'a toujours frappé, c'est que le pays entre la mer et les montagnes dans le Yéman s'appelle encore Tihâmah. On observera que l'hébreu Tehôm est aussi féminin et également sans l'article. En arabe, ce nom n'a l'article que lorsqu'il dé- signe les Pays Bas en juxtaposition avec les Montagnes ^). Dans le K A T p. 492, Zimmern admet que Tehôm et Tihâmah peuvent être un emprunt du babylonien.

Je me permets de signaler ici quelques faits qui pourront peut-être illustrer l'expansion des idées cosmogoniques de l'ancienne Babylonie. Dans le Sud de la Mer Rouge et dans le Golfe d'Aden, depuis Giboûtî jusque dans la mer Indienne, les trombes d'eau et les cylones sont assez fréquents ^), pen- dant la mousson d'Est. Sur les côtes de la Méditerranée

.. 0 1

1) 'Omârah p 26: jJ'u^Iî S^ ^^ ; cf. Arabica Y p. 115 et s.. Abu Mahramali, rf-^^ r*^' ^^.J^ i ^' #^Uj" Q-*ry' J^-e ... ^^^^3 , et j^jL^Ij JUs- ';é , tandis que les tribus ;\ l'est du Yéraan disent Jw^I^-^wj!^ Ji-^^ , ici p. 157, '«. Cela correspond

au sabéen '^U^^ j.Oj,I:> , Arabica V p. 115/116. ZDMG 53 p. 5.

2) On se souviendra de la perte des deux navires de guerre, le Château Reynard(?), française, et l'Augusta, allenoande, le même jour, je crois le 4 Juillet 1894.

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levantine et dans la Mer Rouge, on appelle une trombe d'eau tinnîn '), et sur les côtes de l'Arabie du Sud on nomme un ouragan, et particulièrement un ouragan de

cette mousson, qIï^î^, comme le Qor. 7, i3o et 29, is

Rien ne vient de rien, et toute idée abstraite a pour point de départ une chose concrète. Depuis la Syrie septentrionale jusque vers l'Equateur en Afrique, nous avons une série continue des résultats des perturbations tectoniques causées par un efîbrt de la Terre. Les principaux en sont les volcans du Haurân et de Tulûl es-Safâ, les nombreuses H a r r a h du Higâz, la Mer Morte, la Mer Rouge, le Golfe d'Aden et les lacs au Sud du pays des Sômâl, et toute l'Abyssinie avec ses volcans. Le long des côtes ouest et sud de l'Arabie, tout est volcanique. Dans le Sud, il y a des volcans éteints et de puissantes coulées de lava. Le Gebal Sîrah à Aden n'était pas encore éteint au temps de l'auteur de Tàrîh Tarr 'Adan.

1) Sur lequel voyez K A T p. 507 et ss. et p. 5H ; Zimmern, Keilinschriften und 15ibel p. 15 et ss.

2) La forme qoranique n'est pas arabe; celle du Sud l'est. Les savants diront si le mot typhon peut avoir quelque relation avec le mot arabe, malgré l'étymologie chinoise qu'on lui donne en

gr'néral. Si q^^^ ^^^ ^^^ contamination populaire, le qoranique

qIs^ reste à expliquer. 11 n'est pas impossible que les Arabes du Sud aient emprunté ce mot au chinois et que le Hi^âzites l'aient adopté sous la forme que lui donna le Prophète, d'autant plus que •lans tous les dialectes du Sud aw permute avec û. Si, au contraire, les Méridionaux ont fait faufân du qoranique tûfân, celui-ci reste toujours obscure. Est-ce que q'-î^ serait un infinitif de lJI-^ ? Il correspondrait alors exactement au mot tornado.

29

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Les cratères que j'ai découverts près de Husn el-Roràb ') témoignent encore du bouleversement qui trouve son écho dans les légendes arabes sur la formation de Bâb el-Mandeb et du G-olfe d'Aden par l'invasion des eaux de la mer. On peut dire que toute Arabie porte partout les traces d'un grand cataclysme igné, le x.xTxy.xv7(Ji,é: . déluge, de Bérose, KTAT p. 101, KAT' p. 546. Je me demande si cette lutte des éléments, cette grande catastrophe géologique n'a pas pu donner lieu au mythe de la lutte de Mardouk contre Tiâmat ? Bérose dit que toute cette histoire n'est qu'un exposé allégorique des accidents de la Nature : xxx-zi'yopiy.xz :p-^7) (Bérose) tcZto Trscpv^io- xoyyjabxi. La cosmogonie babylonienne est basée sur l'astronomie. Sur cela il n'y a pas de doute. Est-ce que la mythologie babylonienne n'aurait pas en partie une base réelle: l'influence cosmique des planètes et les phénomènes terrestres, de quelque nature qu'ils soient? Les Assyriologues, habitués à toujours lire dans „le hvre du Ciel", ne veulent point admettre comme point de départ du mythe en question un événement réel sur lequel se serait développé le reste, en conformité des idées mytho-rehgieuses des Babyloniens. Zimmern, K A T^ p. 555, n'y voit qu'un „Naturmythus" qui a

1) Kossinat, qui fut attaché par rAcadi'-mie de Vienne à mon ex- pédition dans l'Arabie Méridionale, pouvait étudier à son aise tout ce pays pendant une semaine. Il m'y déclara en vouloir publier une monographie, .lusqu'à ce jour elle n'a pas paru. La monogra- phie sur Soqotra nous donne une mince idée de la capacité de ce jeune homme. Les nombreuses photographies prises par le membre le plus extraordinaire de cette expédition dorment encore dans les portefeuilles de l'.Académie, et les inscriptions que Bent et moi avons fait avoir à D. H. Millier ont céder le pas à Hamraurabi.

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pour base la course du soleil au ciel. „Peutêtre, dit-il p. 556, de vagues réminiscenes d'inondations, particuliè- rement destructives et datant du temps que le pays n'était pas encore protégé contre ces inondations par une canalisation bien organisée, jouent-elles ici un rôle." Il est vrai que le mythe de la création dd monde, tel qu'il est rapporté dans YEnuma élis et par Bérose, ne peut être ramené à un fait réel. Mais les éléments de la nature avec lesquels il a été construit forment la base solide et palpable autour de laquelle tourne l'imagination spéculative des Babyloniens. Le mythe du Déluge aura eu le même sort.

Le mythe babylonien existait-il déjà avant cette cata- strophe? Cela n'est guère probable d'après l'épopée de Gilgames K T A T p. 84 v. 13. Il faudrait dans ce cas lui reconnaître une très grande antiquité que les Assy- riologues ne voudront peut-être pas admettre. Quoique l'histoire, et pour cause, ne nous ait pas conservé de souvenir d'un pareil bouleversement car le mythe n'est pas l'histoire exacte pour nous —, la haute anti- quité de ce mythe, reflétant un fait réel, n'est pas pour cela inacceptable ^). Nos connaissances ne commence que lorsque la cosmogonie babylonienne était de tout point formée et faisait partie de la conscience populaire.

Le cataclysme a dû, en tout cas, avoir eu heu avant l'histoire de l'ancienne Babylonie, qui commence environ 3000 av. J.-Ch. Tout ce qu'on peut dire à ce sujet a été réuni par Ed. Suess dans son livre die Sintfluth 1884. Mais il

1) Le calcul chimérique de Bosanquet, Trans. Bibl. arcli Soc. III 1874 p. 19, fixant le déluge en l'an 2379 av. J.-Chr. est ridicule.

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ne pouvoit alors connaître la configuration du sol de l'Arabie méridionale. En tout cas, il est impossible de dire si l'abùbu de l'épopée de Gilgames et le D"i~n nii^.j^D

de la Genèse Vil 11 et VIII 2 ont été produits par le même mouvement sismique qui a si profondément transformé les pays qui sont baignés par le Golfe d'Aden et le Golfe Persique. Il me paraît cependant probable que la plus grande de ces catastrophes qui a poussé l'onde sismique dans le Golfe Persique et la vallée de l'Euphrate ait donné lieu au mythe du Déluge. C'est peut-être par le même événement que le peuple de 'Âd, qui habitait l'Arabie du Sud, fut détruit. Malgré l'envie que j'ai, je ne veux m'étendre sur un sujet qu'on n'a pas encore étudié à fond.

Ce qui m'a toujours frappé pendant mes longues études sur l'Arabie méridionale, c'est que nous y trou- vons certaines particularités qui rappellent quelques traits du mythe babylonien.

A b û b u est le grand flot envahisseur^ le déluge K T A T p. 89 III, 4, K A T^ p. 495 note, Wirbelsturm, Sturm- flut, cyclone, Del. W B p. 3. On connaît le grand rôle qu'il joue dans la cosmogonie et la mythologie babylo- niennes. Dans le Sud, x^ est Y immensité des eaux,

^^\ ïL-jf:, et par profondeur. .♦iL'î )LJ^ , le grand golfe sur la côte méridionale, est connu. Em-qalt ra^ fîh ""ubboh ma tistor tisbah fîh, Lo iSà \*i ^. ^^^î \x5 ^-■^-«J" f^^ , la flaque d'eau, il y a de la profondeur (beaucoup d'eau): tu ne peux y nager ^ Dt. '). Dans notre

1) Le mot syrien w*ji , Ilrlr. j). 119 note, a donc une étyraologie toute naturelle et ancienne.

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dialecte et dans le mehri, on dit ubbah, iilc. La haute

mer est partout dans le Sud un »jj^y i^c, et ce mot n'est pas seulement appliqué au „Golfe de la Lune". Il est aussi employé dans la Mer Rouge. La langue litté- raire a ^Ui dans le même sens: ^Uî JJojw, ^Uî s^, ^j-yX'î yaiî , i^yiS'*, i^lsjj^ ô--^^ jJ^y^ LA II p. 62, ce

qui est exactement le babylonien u b â b u. ^ et Ûj: , dont plusieurs sens se touchent, ne sont que des varia- tions phonétiques. On voit donc que le mot babylonien, ou, si Ton préfère, sémitique, est conservé dans la langue arabe, littéraire et parlée. La traduction de abûbu par Wasserflut, Zimmern K A T' passim, déluge, inondation, cataclysme est donc la seule bonne. Il n'a rien à faire à

Çv?, souffler (vent) ').

Gunkel, K A T^ p. 492 note 2, suppose que l'appelatif 'Of/,opKx, donné par Bérose, Winckler KTAT p. 100, à la souveraine du monde chaotique représente une forme ararnéenne i<p"ii< DN , la mère de la profondeur (terre), ce qui est contesté par Zimmern K A T^ p. 492 note 2 fin, qui le fait remonter au babylonien ; cf. KTAT p. 100 note 2. Or, il se trouve dans le pays des Diyêb une

localité appelé ^".î, ou ii^c. Arabica V p. 232, il y a le sanctuaire d'une femme de ce nom. On sait ce que les sanctuaires représentent la plupart du temps. Il est très vénéré, non seulement par les masâih Dâs'),

1) Note de Haupt dans E. Suess, Die Sintfluth p. 71.

2) De vrais Himyarites, peut-être mentionnés dans la petite in- scriptions de Husn el-ljurâb, Arabica IV p. l~y. u^AjO . Le passage de s en s m'est cejjendant un peu suspect, quoique nullement im- pos.sible. Le fait est que toute cette contrée est remplie de ces nia.saih Dâs.

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mais aussi par les marins, qui n'y passent jamais sans lui adresser une fâtihah. Ce nom pourrait au fond

bien être = 'S^, le ^ étant prononcé ^, et provenir de o^, rappelant ainsi l'abûbu lointain.

Près de Çofàr, dans le pays de Qarâ, se trouve les ruines de l'ancienne 'AlouaaâTroKtç, décrites par Bent dans son Southern Arabia (avec photographie), idem Geogr. Journal August 1895 p. 116. Or, iSuo-o-oV est pro- fondeur de la mer, et âfSvajos, très profond, d'où vient le latin abyssus et le français abîme. Dans &(ou(j-aoi; on ne saurait trouver l'alpha privativum, car le sens s'y oppose. L'étymologie du mot n'est pas grecque. Je me demande donc si l'on n'y doit pas chercher le babylonien apsû') de l'Enuma élis? Nous pourrions retracer ce mot dans le nom d'em-Bisâmah , [ou em-Bisâmah?] mentionné à la p. 284, = apsû + ^U, eau, profondeur des eaux? Les Arabes l'auraient alors refaçonné selon leur langue. La mer des Indes qui baigne les côtes de l'Arabie méridionale est très profonde. Il y a de vrais abîmes, xl3u7(roi, de 4000 m. et davantage. Voilà le apsû réel et palpable, Y abîme, le a(3u(T7og, d'où l'abûbu enva- hisseur. Le souvenir lointain est resté attaché à ces deux noms de localité de la côte.

Nulle part dans ces parages de la mer des Indes le

requin, j*^ ^), n'est plus commun que sur le littoral de

4) Winckler KTAT p. 102. K AT' pp. 359, 492. Zimmern Keil- inschriften und Bibel p. 12 et ss. Voyez Additions.

.V, '

2) N. gen.; ,i^^ o^s=- n. unit. Le voyellement des dictionnaires *.^'>^ n'est pas connu. C'est un mot sudarabique que les lexicogra-

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l'Arabie du Sud. On y est empesté par l'odeur nauséa- bonde (cf. (^, pwer) des dépôts des nageoires de ce squale. On les exporte en Chine, elles sont considé- rées comme une grande délicatesse. Les arabes estiment aussi beaucoup la chair du requin, qui n'est pas défendu comme nourriture '). Lahmu et sa femme Lahâmu sont le couple primordial ^). C'était sans doute le poisson pré- féré dans l'apsû babylonien, d'oii est sorti le monde. C'est peut-être l'origine de la légende de Ea-Oannes.

Kûr veut dire montagne en soumérien, selon les As- syriologues. La grande chaîne de montagnes qui parcourt le pays des 'Awâliq Supérieurs s'appelle ^^\ ').

On voit donc qu'il y a encore en Arabie une foule de particularités qui pourront trouver leur explication dans les temps de jadis. Les forces physiques de la nature, les incidents qui s'y produisent, la vie animale qui s'y meut forment les éléments premiers de la cosmogonie et de la théogonie de l'ancien Orient. On se les expliquait selon la portée des connaissances d'alors. Les Arabes croient bien encore que l'éclipsé du soleil et de la lune est l'effet de la voracité d'un animal monstrueux qu'il

phes n'ont pas bien compris. Hors du Sud, on l'appelle j=^' v*^ Rûba s'en sert, Ahlwardt p. 158 v. 329 et Variantes p. 90, LA s.v.

Il faut sans aucun doute lire k^.^^*) *jLOp» c:ajS\L«Lc)3 , et lu tia-

duction d'AhIwaidt est en tout cas peu réussie. On n'oubliera pas que Rûba était Arabe du Sud.

1) Cf. Bohârî II p. 129; V, 166/7; VII, 90. Tab. I p. 1605 et s., I. Sa'd III, II p. 299. Gézîrah p. 37, il faut lire 3^.^-otji.V. Addit.

2) KTAT p. 102 et ss. K A p. 492 et passini. Ziinniern Keil- in.'^cliiift. u. Bibel 12 et s. Homme] GGG p. 130.

3) Pour d'autres significations, voyez le Glossaire.

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faut chasser par du tapage. C'est le phénomène constaté, mais astronomiquement inexpliqué, qui a produit le mythe.

Ces quelques notes, que je pourrais facilement accroî- tre, n'auront peut-être, aux yeux des Assyriologues, que la valeur d'un renseignement. Moi, qui vois partout encore en Orient le reflet de l'ancien esprit sémitique, j'ai le devoir d'enregistrer tout ce que je trouve, tout ce que j'entends. C'est une méthode que les voyageurs en Orient auraient adopter dès le commencement.

9, 16: éû dâ. Pronom interrogatif:

dans une proposition nominale,

Sing. et plur.: wes, wus. Wus ènteh, qui es- tu? Wus el-masùrah, qu'est-ce que cette affaire? Wes en tu, qui êtes-vous? J'ai même entendu weys entu? Wîiééehom, qui sont-ce? Partout aussi ^y,

ou ^.

Dans une proposition verbale. Singulier. ,' su d î , su d a ^) , su d î 1 î , su 1 î d î. masc: wèssu hû^ dî; wessuhu, wuésuhu, wissuh,

' wessu, wussu, wissu avec ou sans dî. fém.: wèséi hi dî, wessf hi" dî, wèééi dî, wessf dî, wuséi, wiééi