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Lorsqu^on entreprend un travail de chimie locooTé- susceptible de s^agrandir, la. nécessité où l'on "^^wrcTe^" se trouve de le commencer presque toujours par "echerchw un ordre de faits que le hasard présente oblige '^^?° "J^jJ^® l'auteur, dans Texposition qu'il fait successive- «*>© suite 7^ On vide le tube to, on le remplit de mercure soantitè des jusqu'à l'eudroit où le bouchon du tube ebda était dwM les enfoncé , puis on détermine le volume de ce mer- tubes après l'opèrftUoD. cure. On fait la même opération sur la partie du tube cbda qui était remplie de gaz , après que les tubes étaient revenus à la température de l'air ( 1 4 )• D'un autre côté, on sait le volume du cuivre, on * Il ne faut chauffer que rextrémîté du tube, parce que le cuivre métallique pourrait s'oxyder aux dépens de Tair « PROCÉDÉ d'analyse ÉLÉMENTAIRE. l3 détermine celui du mélange d'oxyde et de cuivre réduit qui était dans le premier tube , et on re- tranche la somme de ces deux volumes de la ca- pacité des tubes : la différence est le volume du gaz qui s'y trouvait après la combustion. On ramène celui - ci à o de température et d'humidité , et à la pression de o ", 760. 1 n. Comme il est très difficile de reconnaître exac- ©*<««»»»•• ^ tion de la tement le volume du gaz qu'on a recueilli dans le proporUoa dcigiidn flacon 9 en abaissant simplement celui-ci dans la flacon, cuve , de manière à établir le niveau entre le mercure intérieur et le mercure extérieur, et en lisant ensuite sur la graduation l'espace occupé par les gaz , il est nécessaire de faire cette estima- tion de la manière suivante : on a une cloche étroite 9 graduée en centimètres cubes ; on y in- troduit la quantité d'acide carbonique saturé de vapeur d'eau qu'on présume nécessaire pour ache- ver de remplir le flacon d'après le volume qu'il contient déjà, et qu'on a estimé au moyen de la graduation ; puis on fait passer le gaz acide dans le flacon de. manière à l'emplir jusqu'à la naissance du goulot. Cela étant fait, on absorbe l'acide car- bonique par la potasse, on transvase le résidu gazeux dans un tube étroit gradué ; on fait cette dernière opération dans la cuve à eau : ce résidu, soustrait de la capacité du flacon , donne la quan> tité d'acide carbonique qui s'y trouvait contenue ; et, en retranchant de celle-ci la quantité qu'on y l4 LI^- I9 CHAP. II. a introduite 9 on a la, quantité d'acide carbonique provenant de l'analyse. Quant au résidu gazeux, on détermine : i"" son oxygène au moyen du phos- phore; 2"" l'hydrogène et le carbone qu'il peut con- tenir, en le faisant détoner (après en avoir absorbé l'oxygène) avec un mélange connu d'hydrogène et d'oxygène en excès; S"" enfin son azote, en absor- bant par le phosphore l'oxygène qui reste après la détonation. 19. Connaissant la proportion respective des gaz du flacon, connaissant le volume total de ceux restés dans les tubes après l'opération , il est facile de déterminer la proportion respective de ces derniers , et avec toutes ces données on peut conclure la proportion des éléments de la matière organique. A. Détermination du carbone. 20. Ayant ramené le volume du gaz acide carbo- nique à ce qu'il est sous la pression de o"',76o, à la température de o et à la sécheresse extrême, on détermine en poids son oxygène et son carbone; on ajoute à cette dernière quantité celle du car- bone que peut contenir le résidu gazeux insoluble dans la potasse (18). Dans l'analyse où j'ai eu le plus de gaz inflammable (celle de la cholestérine)<» le volume de l'acide carbonique produit par la com- bustion du résidu gazeux n'excédait pas quatre centimètres cubes. PEOcAdA d'analyse ÉLiMENTAlRS« l5 B. Détermination de V hydrogène et de l'oxygène* a 1 • a. En soustrayant de l'oxygène que le cuivre I cédé i la matière organique pour la brûler, l'oxy- gène de l'acide carbonique (A), la différence est la quantité d'oxygène que le cuivre a cédé pour brûler une partie de l'hydrogène de la matière or- ganique, et par une règle de proportion on a cette partie d'hydrogène '• à. Il y avait de l'oxygène atmosphérique dans les tubes ; cet oxygène a dû concourir , avec celui de l'oxyde de cuivre, à brûler la matière organique, Q bat donc en tenir compte. Or , rien n'est plus brile» puisque la quantité d'oxygène qui était dans les tnbes au commencement de l'expérience est connue, ainsi que celle qui reste après la combus- tion ; il est évident que la différence de ces deux quantités représente une quantité d'hydrogène brûlé qu'on peut déterminer comme la première a. c. On ajoute aux poids des deux portions d'hydrogène le poids de celui qui peut se trouver dans le résidu gazetix ( 18) : cette quantité ne s'est îamais élevée au-dessus de huit centimètres cubes d'hydrogène pur dans mes analyses. * D ne fiiiit pas perdre de vue qu'il s'agit ici de Tanalyse 4is sahstsnees dans lesqueUes il y a une quantité d'hydro- gène qui eioède la proportion nécessaire pour conTertir en Toijgène de ces mêmes substances. l6 LIV. I, CHÂP. II. d. Enfin , on fait la somme des poids du car- bone et des trois portions d'hydrogène que nous venons de déterminer, et en la soustrayant du poids de la matière organique , on a la quantité d'eau qui a été formée aux dépens d'une quatrième portion d'hydrogène, et de tout l'oxygène de la matière organique. 22. On peut conclure certainement la composi- tion d'une matière organique , en suivant le pro- cédé que je viens de décrire; mais comme on pour- rait craindre quelque erreur pour l'hydrogène, par la raison qu'on ne recueille pas l'eau formée, je fais un essai préliminaire qui a pour objet de dé- terminer directement la quantité d'eau produite parla combustion de la matière organique, et de conclure ensuite par le calcul la composition de cette matière , lorsqu'on sait d'ailleurs la quan- tité d'oxygène que le cuivre a cédée pour la brûler. 25. On recueille l'eau dans un appareil qui se compose, i* d'un tube a' contenant o*,5oo, de matière organique avec 55 à 6o* d'oxyde de cuivre ; a* d'un tube h contenant 4o* en- viron de chlorure de calcium; à ses extrémités sont adaptés un tube c qui communique au tube a, et un tube d qui communique à un tube d , dont l'ouverture plonge dans le mercure. ' Ce tube est semblable à celui que M. Beraellus emploie dans Tanalyse des matières organiques. PROCÉDÉ d'analyse ÉJLÉHENTAIBE. I7 Les tubes cet tf sont lûtes avec de la cire à ca- cheter. L'extrémité de cf qui est implantée dans le tube ^9 est garnie de batiste claire » afin que le chlorure ne puisse pas sortir du tube lorsqu'on le chaîne de cette substance. Le tube a est fixé au tube c au moyen d'un tujau de caoutchouc , le- quel est fortement serré à ses extrémités contre les tubes par du fil de soie. Avant l'expérience, on pèse, i* le tube a; 2* le tube b fermé avec deux petits bou- dums que l'on garde soigneusement. Quand l'opé- ration est terminée , on sépare le tube d; on ferme l'ouverture du tube ^ avec son bouchon , puis on coupe le tube a en a% après avoir volatilisé toute l'eau qui pouvait s'être condensée entre a etaf. On porte le tube dans la balance avec la portion a'a^^ du tube a et le second bouchon; quand l'équilibre est établi j on ôte tous ces objets du plateau où on les a mis ; on détache du tube au chlorure la portion elti' du tube a^ on la fait sécher, on la reporte dans le plateau de la balance avec le tuyau de caoutchouc et la soie qui tenaient le tube a fixé au tube b , puis on ajoute les poids qui sont nécessaires pour rétablir l'équilibre. Si de ces poids on soustrait le poids pri- mitif du tube au chlorure fermé avec ses deux bou- chons , la différence donne le poids de l'eau formée; Enfin , en pesant le tube a et la portion a' al\ on détermine la proportion d'oxygène que l'oxyde de cuivre a cédée pour brûler la matière oj^nique. ^4- Cet essai a plusieurs avantages : i"" il fait con- i8 XIV. r, CHAP. II. naître le volume d'acide carbonique qu'on recueil- lera d'une quantité déterminée de la matière organi- que. D'après cette connaissance, on calcule le poids de la matière qu'on doit brûler pour obtenir le plus possible de gaz acide carbonique , sans pourtant que celui-ci excède le volume que le flacon est capable de contenir, a* D sert de preuve à l'analyse où l'on détermine la composition de la matière organique d'après la quantité d'acide carbonique recueillie : et si la quantité d'hydrogène qu'on a obtenue par l'expérience différait trop de celle déterminée par le calcul, il faudrait recommencer une combus- tion, afin de recueillir l'acide carbonique, en pre- nant cette fois toutes les précautions possibles pour dessécher complètement l'intérieur du tube , et pour y introduire rapidement le mélange ; car ces précautions ont la plus grande influence sur l'exac- titude de l'analyse. a5. Pour savoir où pouvait aller l'erreur prove- nant de la vapeur aqueuse et de l'air que l'oxyde de cuivre, comme corps poreux, peut absorber dans l'atmosphère pendant qu'on le mélange avec la ma- tière organique, j'ai fait deux expériences dans chacune desquelles j'ai chauffé un tUbe rempli d'oxyde de cuivre qui avait été dans les mêmes con- ditiops que s'il s'était agi d'une analyse. Ce tube commbniquait avec un flacon dans lequel j'avais iiftroduit un volume d'acide carbonique bien pur. Dans la première expérience , où , à dessein , je fiocAdé d'analyse élémentaire. 19 n avais pas pris toutes les précautions possibles contre les erreurs» le tube contenait loo^d'oxyde pur , quantité presque double de celle que j'ai cons- tamment employée dans mes analyses ; il a perdu (i**oia ; le gas du flacon a donné à l'analyse le ▼olume primitif d'acide carbonique avec une quan- tité d air qui correspondait à celle que les tubes araient perdue, sauf un excès de 3** d'azote. Dans la seconde expérience , où j'arais évité plus soi- fmeusement les causes d'erreur, le tube contenait 60* d'oxyde de cuivre , ce qui est le maximum des quantités que j'ai employées; la perte s'est élevée à peine â o'.ooG, et cette fois il n'y avait qu'un très léger excès d'azote. Ces expériences m'ont paru prévenir l'objection que l'on pourrait faire au procédé que j'ai suiri relativement à l'excès d'hy- drogène , qu'il tend à porter dans la détermination des éléments des matières organiques. 36. Les résultats des analyses ont été calculés d après les déterminations faites par MM. Berzelius et Dulong des poids spécifiques des gaz. Poids da litre d'acide carbonique sec à o* et à o",76 de pression . . . 1 «,98035. ■ d'hydrogène o ,08937. oxygène 1 ,45aa8. 27. Les températures sont estimées en degrés centésimaux. 2' LIVRE IL TABLEAU DES ESPÈCES DE CORPS GRAS. 1*'*D1TISI0H. Gorpt grM acides. 9* DITISIOV. Gorpt mt noD-âcioet. Qui De te ToUtUisent DM qntnd on les met dmns l'eta bonilluite. FttDMrelttiYement aaz ioÎYtnti. a* GBHBB. Qui peiiTent dlftiller «Tec l'ean. FolatUs. ISPBCV. Acide stéariqae. .— margartqvt. — — oléiqne. •— — phocéniqae. ■■■" oQtyrique* ^-* ctprolqae. ctprique* hirciqoe. 3* 6B1IEI. Non altérables parles C cholestérine. alcalis et non snscepti- < j^i'^f^l. blés de s'y nnir. ( Gétine. 4* CBHIB. . Susceptibles d'être convertis par les alcalis en acides gras fixes et en nne substance grasse non acide. 5* CBRIB. Susceptibles d'être con- Tertis par les alcalis en glycérine {principe douai) et en acides gras fiies. 6* cmi- Susceptibles d*être convertis par les alcalis - -^ - - en ghrcérTne. en acides \ B-^JÏT' gras fixes, et en acides J^ Hircine. gras volatils. Stéarine de mouton. Stéarine d'homme. Oléine. Phocénine. GHAP. I. ACIDE STÉARIQU2. 21 ^^^»^^^M^^M^fimm^%0^^n^^^^tmt%0mMi^m^0^^m^v^t^vw»0^w^ w^^^^m^^^^m^^^^^t/v^^m/^ CHAPITRE PREMIER. os l'acide stéarique et des stéarates. PREMIÈRE SECTION. DE L*AaDB STiAUQUI. § I**. Composition. 28. L'acide stéarique hydraté brûlé par l*oxydc brun de cuivre a donné : Oxygène 10^1488 en poids. Carbone y^yi^2ùOy Hydrogène id,43i9, 29. Lorsqu'on expose l'acide stéarique hydraté avec du massicot à la température de i oo et quel* ques degrés , il se dégage de l'eau qui n'est point acide. En faisant cette expérience plusieurs fois sur o'^Soo d'acide hydraté mêlé ayec 4S5 de massicot, on trouve que la perte est de oSoi7 ou o',oi8'. ■ Voici la manière d'opérer : on met o«, 5oo d'acide extrême- ment dirisé dans un tube de yerre de oa^ooS de diamètre in- térieur et de o'^oS à 0^07 de longueur. On y ajoute 4'»^ <1® massicot sec; on mêle les matières arec un gros fil de platine qui doit rester dons le tube. On tare ce dernier ayec tout ce 22 LIV. II, GHAP. I. J'adopterai le premier nombre. La perte est la /même si on chauffe o',5oo d'acide hydraté ayec la quantité de massicot qui est strictement nécessaire pour neutraliser l'acide sec de l'hydrate. . Goniéqaen- 1* L'acide hydraté est formé de cet. Àddesec. . 4^3 • 96,6 . 100 Eaa .... 17 . 3,4 • 3,5a qui coatieat 3,129 d*ozy g. a* L'acide stéarique sec est formé de en poids. en toI. Ozygèoe. . . 7,ia6a . . 7,377 . . . Carbone. . . 77,4900 . . 80,1 45 . . . Hydrogèoe*. i9,o538 . . 19,478 . . . g6,6ooo qu'il contieut ; on Tintroduit dans un second tube de rerre, et on le cbauffe jusqu'à ce qu'il ne se yolatilise plus d'eau. Celle- ci se condense en grande partie dans le haut du long tube. Il fiiut chaufibr à différentes fois , et chaque fois il est nécessaire ^e difiser préalablement les matières arec le fil de platine. Pour avoir des résultats constants, on doit tenir compte de l'humidité qui se trouve à la surface du petit tube. ' Si on admet que l'eau dégagée est produite aux dépens de l'oxygène du massicot et aux dépens de l'hydrogène de l'acide , la portion de cet adde qui reste fixée au plomb est formée de en poids. en fol. Ozji^ne. • • . . io,i4SS . . 10,187 * * > Carbone 77»4aoo • . 77,713 . . 9,97 ! Hydrogène . • • ii,o538 . . ia,ioo . . 19,06 ACIDE ST^ABIQUE* St5 3o» loo parties d'acide sec neutralisent une quantité de base qui contient 3 parties d*oxygène ; conséquemment, dans les stéarates neutres, Toxy- frêne de l'acide est i celui de la base sensiblement : : 2,5 : 1 ou : : 5 : fl ; d'après cela , et en admettant que l'acide est formé en volumes d*oz7gène i de carbone. i4 dlijdrogène. 37 •• • M composition sera , to itoinef • ca poid». •* Oijgèlie. ... 5 • . 5oo, . • 794^5 Carbooe. . • . 70 • . 5357,i . . 79,g63 Hydrogène . . i35 . . 84a,4 • • i^>^74 6699,5 100,000 S II. Prapriétéê phy$ique$ de F acide stéarique hydraté. 3i. Quand il est fondu , il présente un liquide limpide incolore qui à 70* cristallise en belles aiguilles entrelacées , brillantes , du plus beau Uanc. Sa. o',5oo d'acide stéarique, chauffés daus le TÎde d un baromètre dont le bout fermé est courbé en forme de cornue, entrent en ébullition et se vobtilisent : pendant l'opération l'abaissement du menrure est de o*,oo6 environ. Quand le tube est refroidi, on voit qu'il s'est dégagé à peine 7^ de cen- ^4 i'IT* II» CHAP. I. timètre cube de gaz sous la pression de 0*976 , et que racide a la même fusibilité qu'avant d'avoir été chauffé. Le seul signe d'altération qu'on aperçoive quelquefois est une légère coloration de l'acide en jaune 9 coloration qui se manifeste surtout à la fin de l'opération. 33. L'acide stéarique est insipide et inodore. S IIL Propriétés chimiques qu'on observe sans que l'acide soit altéré. 34- L'acide stéarique est insoluble dans l'eau. 35. Quand il est liquéfié par la chaleur il s'unit à l'alcool en toutes proportions ; si l'on chauffe à 75* 1 partie d'alcool d'une densité de 0,794 avec 1 partie d'acide stéarique , on obtient une solution qui ne se trouble qu'à 5o* 9 alors elle cris- tallise en écailles^brillantes ; à 4^* ^Uc est prise en masse. 36. L'acide stéarique , en se séparant lentement d'une solution alcoolique, cristallise en larges écailles blanches , brillantes. 37. 1 partie d'acide stéarique chauffée avec 1 par- tie d'éther d'une densité de 0,727 , dans un tube que l'on tient fermé avec le doigt, est dissoute. Mais quand les dernières portions d'acide disparaissent, il s'est volatilisé beaucoup d'éther. Dans l'expé- rience que j'ai faite , la solution était limpide à 60* ; à 57 , elle était prise en une masse formée de belles lames chatoyantes, ACIDE STÉAKIQUE. 25 38. L'acide stéarique est susceptible de s'unir à Tacide sulfurique concentré , sans éprouver d'al- tération. Sg. L'acide stéarique forme avec les bases salifia- bles de yéritables sels. On peut démontrer l'action mutuelle de ces corps» i^'par la force avec laquelle l'acide rougit le tournesol ( 75 ); â"" par la dé- composition des sous-carbonates de potasse et de soude qu'il opère à la température de loo^ 5 lY. Propriétés chimiques qu'on observe dans des circonstances où l'acide est altéré, 4o. i« d'acide stéarique a été introduit dans une Dii^iittion * de I acide cornue qui contenait ag^"* d air atmosphérique , avec le cod- et dont le bec était engagé sous une cloche pleine de mercure. Aux premières impressions de la cha- leur , l'acide s'est fondu , et il est passé de l'air dans la cloche : peu à peu l'acide a bouilli , U s'est coloré en roux , une yapeur s'est condensée dans le col de la cornue d'abord en liquide , puis en une substance solide d'un blanc roux ; enfin il est passé une huile épaisse 9 brune , et il n'est resté qu'une trace de charbon. Le gaz qui avait passé dans la cloche occupait *'^^^^ iS'^^S, il était légèrement odorant , il ne conte- nait que 0*^,01 d'acide carbonique et des traces de gaz inflammable. Le volume du gaz resté dans la cornue était de a6 LIT. II, GHAP. I. 16*^9 4> l'ayant traité par l'eau de potasse, il y eut une absorption de i^'SS d'acide carbonique , et le résidu contenait assez de gaz inflammable car- buré pour brûler avec une flamme bleue pesante , quand on y plongeait une bougie allumée. 6. Produit H pcsait 0*996 ; il était odorant, roux ; certaine- "^ ^' ment il était imprégné d'un liquide aqueux qui te- nait un acide volatil en dissolution, car lorsqu'on plongeait un papier de tournesol dans le col de la cornue où il s'était figé , ce papier devenait rouge , quoiqu'il ne fût pas en contact immédiat avec le produit solide, et quoique la cornue eût été préala- blement remplie de mercure, puis vidée. Ce produit était d'un demi-degré plus fusible que l'acide stéarlque. L'ayant traité par l'eau de potasse , tout a été dissous , excepté quelques gout- telettes fondues , d'apparence huileuse, qui étaient en trop petite quantité pour qu'on pût les recueillir. La solution abandonnée à elle-même s'est prise en mucilage nacré , comme la solution de stéarate de potasse concentrée. 4i« L'acide stéarique chauffé suffisamment avec le contact de l'air brûle A la manière de la cire. Action de ^^' ^''^ d'acidc stéarique très divisé, mis à la, ''***^àSd° *^™P^r2i^re de 2y dans une cloche de verre de grés avec le o",oi de diamètre intérieur, avec 2' d'acide sul- contact de iw. furique, imbibent promptement ce dernier. Les matières ne se colorent pas , ou qu'extrêmement peu. Par l'agitation, une portion d'acide stéarique ACIDE STÉARIQUE. 2'J est dissoute , et Tautre vient à la surface de la li- queur* Une demi -heure après qu'on a mêlé les corps , il se dépose sur les parois du tube , de haut en baSy de petites aiguilles nacrées , blanches» réu- nies en étoiles; au bout de deux heures ^ ces aiguilles retiennent toute la liqueur entre elles ; au bout de vingt -quatre heures, Taspect des matières est le même, et pendant l'action il ne se dégage pas d'acide sulfureux sensible à l'odorat : cependant un papier de tournesol plongé dans l'atmosphère du tube est très légèrement rougi. Enfin , après huit jours , la portion de l'acide stéarique qui n'avait point été dissoute pendant les premières vingt-quatre heures est convertie en belles aiguilles fines, radiées, semblables à* celles dont j'ai parlé. Quelques parties de matière qui sont en contact avec l'air du tube , ont une légère couleur lilas. Si on prend une portion de matière, et si on la mêle avec l'eau , il se dégage une odeur d'hy- drogène , et l'on obtient des flocons blancs , qui , étant fondus , puis figés et lavés , présentent les propriétés de l'acide stéarique, avec cette diffé- rence qu'ils sont légèrement odorants et colorés , et qu'ils sont plus fusibles de i** environ ; autant que j'ai pu voir, ces flocons ne retenaient pas d'acide sulfurique. 43. Si on prend une autre portion de la matière , et qu'on l'expose dans un bain d'eau bouillante, on obtient un liquide d'une couleur jaune très pâle , 2& LIT. II9 CHAP. I* qui se dirise en deux couches , dont la plus légère et la plus mince contient le plus d'acide stéarique ; elle se congèle par le refroidissement de 4^ ^ 44* en une matière qui est encore molle à 25*. La couche inférieure ne se congèle pas après une ex- position de deux heures dans une température de 12*, mais, au bout de ?ingt- quatre heures, elle a déposé de petits cristaux en aiguilles réunies en globules. Elle ne contient d'ailleurs que peu de matière en solution , qu'elle laisse précipiter , au moins en partie, par l'eau. J'ignore si les deux cou- ches contiennent l'acide sulfurique dans le même état de concentration. 44- Si on tenait pendant plusieurs heures à 1 00* l'acide sulfurique en contact avec l'acide stéa- rique, celui-ci noircirait , et il se dégagerait du gat acide sulfureux. Enfin, au-dessus de 100*, il serait réduit en charbon. Actioo de 4^* ^' d'acide stéarique n'éprouvent aucune ac- nltoi^e. ^^^ sensible de la part de aoo» d'acide nitrique à 32*, avec lesquels on les met en macération pen- dant trois jours. 46. Par l'action de la chaleur , il se dégage de l'acide nitreux. Si on opère dans une cornue munie d'un récipient, et si on cohobe plusieurs fois le produit, on finit par dissoudre tout l'acide stéa- rique. On arrête l'opération lorsque le produit forme avec le résidu une solution parfaitement transparente ; alors on transvase dans une capsule, . ACIDE STÉARIQUE. 2Q et on fait évaporer à siccité au bain-marie. Le ré- sidu pèse i',854 9 il ^^^ yisqueux , cristallin , légè- rement jaune , acide. On le met en macération avec 5â' d'eau » après 2^ heures, on filtre , on laye ce qui n'a pas été dissous , avec 8' d'eau ; puis on le traite par l'alcool bouillant : en opérant ainsi on obtient A , un extrait aqueux ;B^ un extrait alcoo- lique. 47« Il a donné des cristaux aeide$ et une eau- mère légèrement jaune 9 qui n'est pas astringente et qui ne précipite pas l'eau de chaux. 48* Les cristaux acides ont une saveur franche très aigre, et un goût de succin empyreumatique ; ils sont petits et n'ont pas une forme bien déter- minée ; ils sont réunis sous forme de plaques min- ces ; exposés à la chaleur ils fondent , tachent le papier comme une huile , puis ils se subliment eu laissant une trace de charbon. 1 partie de criâtaux n'est pas dissoute i âo* par no parties d'eau; si on ajoute 5 parties d'eau ^ la dissolution est presque complète. Elle le devient en faisant chauffer. Par le refroidissement elle ne dépose rien. Cette solution est très acide , elle ne précipite pas les hydroclilorates de manganèse et de pe- roxyde de fer, ni les nitrates d'argent et de cuivre, ni l'eau de chaux. Elle produit quelques flocons avec les eaux de baryte et de strontiane , qui paraîtraient occa- Â. Extrait iqaeaz. GrUtaux acides. 30 Liy. II9 CHAP. I. sionës plutôt par quelque matière étrangère mêlée à l'acide que par l'acide lui-même. Elle précipite légèrement l'acétate de plomb , et plus abondamment le sous-acétate. Elle décompose les sous-carbonates avec effer- vescence. Les cristaux acides forment avec la potasse un sel qui cristallise en rosaces extrêmement fines. Ce sel rougit le papier de tournesol quand il est humide ; il a une saveur fraîche , piquante , avec un goût particulier. La solution de ce sel ne précipite pas l'hydro- chlorate de chaux , même quand on y ajoute de l'eau de chaux. Elle ne précipite pas le nitrate de strontiane , même quand on y ajoute de l'eau de strontiane. Elle trouble légèrement le nitrate de baryte. Elle forme avec l'acétate de plomb un précipité qui disparait dans un excès de solution ou d'acétate. Elle trouble très légèrement le nitrate d'argent , l'eau éclaircit le mélange. Elle précipite le sulfate de cuivre , le précipité disparaît dans l'eau. Les sulfates de zinc et de protoxyde de manga- nèse font un léger précipité dans la dissolution concentrée, qui disparait entièrement ou presque entièrement dans l'eau. L'acide sulfurique très faible se comporte comme ces sulfates. ACIDE STÉÂRIQUE. 3l 49- L'acide dont je viens de parler est le même que celui que MM. Yogel et Braconnot ont obtenu en traitant le suif par Tacide nitrique ; M, Vogel l'a pris pour de l'acide sacholactique. M. Braconnot a fait observer avec raison qu'il en diffère. Cet acide me paraît être d'une nature particulière. 50. Cet extrait évaporé à siccité pèseo',i. Si on le redissout dans l'alcool froid et qu'on ajoute de l'eau à la solution, on obtient» i"" une huile j 2"" un liquide aqueux. 5 1 . Cette huile est encore liquide à o ; elle tache le papier de tournesol sec, sans le rougir, comme le ferait l'huile d'olive ; mais si on mouille le papier, sur-le-champ il passe au rouge. Elle a l'odeur du succin empyreumatique. Sa solution alcoolique est précipitée par l'eau , cependant elle parait se dis- soudre dans une grande proportion d'eau bouil- lante. Elle est soluble dans la potasse ; elle forme avec la chaux et la barjte des combinaisons inso- lubles dans l'eau , qui sont analogues aux oléates. 52. Il contient les mêmes matières que VextraitA. § V. Siège. 53. Il existe dans les savons de graisses de mou- ton , de bœuf et de porc. B, Eitrait alcoolique. Huile. ao Liquide aqueux. § VI. Préparation. 7y^. Voyez le livre III , chapitre I*'. J 32 LIV. II, CHAP. I. § VIL Nomenclature. 55. Le nom de Héarique est dérivé de 0Tan froide, donne un dépôt nacré qui a sens!-- blement la même composition que le précédent *. 70. Une solution de 1 partie de stéarate dans l'ai* cool , mêlée arec Sooo parties d'eau froide , donne un dépôt qui parait nacré tant qu'il est suspendu dans la liqueur où il s'est produit, mais qui n'a plus cet aspect quand on l'a recueilli sur un filtre. Ce dépôt a donné une proportion un peu plus forte o'^Soo ont donné, adde hydraté o*,40a; chlorure dt potMsiiini o*,o65 qui représentent o',o4i 1 de potasse. • Car 0^,500 de ce dépôt ont donné 0^,4^ d*acide hydrate «t 0*^5 de chlorure de potassium. 3. 36 LIT. II, CilAP. I. de potasse que le précédent ; pour loo d'acide on a eu 9,63 de potasse '. 71. 1 partie de stéarate de potasse cristallisé, mais dans un grand état de division, mise avec 5ooo parties d'eau, ne se gonfle point ; elle cède à ce liquide la moitié de son alcali. Dans une expé- rience faite comparativement avec les deux précé- dentes, oii le stéarate était resté pendant 10 jours en contact avec l'eau , le dépôt était sensiblement nacré ; il contenait pour 100 d'acide 9,7 ■ de po- tasse. Il n'est pas douteux que , si le contact des matières eût été prolongé , le stéarate eût perdu au moins la moitié de son alcali. 7a. D'après ce qui précède, on voit : i* que l'al- cool qui dissout et la potasse et l'acide stéarique dis- sout le stéarate de potasse sans l'altérer notable- ment; â** que l'éther, qui dissout mieux l'acide stéarique que la potasse, change la composition du stéarate de potasse , et dissout proportionnelle- ment plus d'acide que de base ; 3* que l'eau, qui ne dissout pas l'acide stéarique , ne peut dissoudre le stéarate de potasse qu'à l'aSek d'une température élevée , et qu'à froid , si elle est en petite quantité, elle forme avec ce sel un mucilage épais , tandis ' Car (/,5oo ont donné o*,4^a d'acide hydraté et 0^,068 de chlorure de potassium. * Car o^ySoc ont donné 0*94^4 (i*acîde hydraté et 0*^070 de chlorure. Action da g» oiygènc sur le stéa- rate de pottMc. STÉARATES. ^'J que si sa proportion est suffisante , elle le réduit en potasse qui se dissout, et en bistéarate qui ne se dissout pas ; et ce qu'il y a de remarquable , c'est quet dans cette dernière circonstance, il ne se forme pas de mucilage. 73. On a mis o',5 de stéarate de potasse dans une cloche avec 9~t5 d'alcool d'une densité de o,8â 1 ; on a fini de remplir le vaisseau a?ec du mercure, puis on l'a renversé dans un bain de ce métal, et on y a fait passer 4" d'oxygène ; on a exposé l'appareil entre deux fourneaux. Les fourneaux ont été allumés tous les jours, et cela pendaAt cinq heures chaque jour ; la température du mer- cure était de 55 à 65*. Après un mois l'absorption était nulle , le gaz oxygène s'est trouvé aussi pur qu'avant l'expérience , et l'acide stéarique n'avait point éprouvé de changement dans sa fusibilité et ses propriétés physiques. 74. Une expérience analogue (lau$ laquelle o',5 de stéarate et a** d'eau ont été exposés au contact de 4" d'oxygène, absolument dans les mêmes cir- constances que les matières précédentes , a donné le même résultat. On a cru cependant observer une absorption de 0^,1. 75. L'acide stéarique décompose à chaud le sous- carbonate de potasse. Pour rendre la dccomposi- riquenaric tîon sensible, on fait passer dans un tube plein uatedcpo de mercure 1 partie d'acide stéarique et 8 à 10 parties d'eau tenant { partie de sous-carbonate Action dt' l*acid« »tra ta»«c. 38 LIV. II, CHAP. I. de potasse en dissolution. On chauffe les matières avec un fer rouge jusqu'à l'ébuUition. Après le refroidissement , on trouve un résidu gazeux qui est de l'acide carbonique pur. Si on répète l'ex- périence dans une petite fiole munie d'un tube à gaz , on observe que l'acide stéarique est dissous avant qu'il y ait aucun dégagement d'acide carbo- nique, et que ce dégagement n'a lieu qu'à l'époque où la liqueur bout. Il se produit d'abord du stéarate et très vraisemblablement du carbonate neutre', qui donne de l'acide carbonique lorsque la tempé- rature est plus élevée. La combinaison produite entre l'acide stéarique et la potasse est du stéarate neutre ; en ajoutant de l'eau aux matières et en les faisant chauffer, on obtient une dissolution parfai- tement limpide. Cette dissolution , mêlée à de l'eau et refroidie, donne un bistéarate formé d'acide loo et de potasse 8,aa *. La liqueur d'où il s'est déposé , filtrée plusieurs fois, ne contient que des traces d'à* cide stéarique. ' On peut admettre aussi qull se forme d*abord une corn- binaison triple entre les deux acides et la potasse , laquelle perd son acide carbonique à la température de loo et quel- ques degrés. * o*,5 de ce bistéarate, ont donné o«,47 d*acide stéarique hydraté et o^oSg de chlorure de potassium , qui représentent 0S0573 de potasse. STEARATES. 39 ARTICLE II. Du bistéarate de potasse. 76. On fait dissoudre 1 partie de stéarate de po- Préparation, tasse dans une quantité suffisante d'eau bouillante; on verse cette solution dans 1000 parties d'eau froide : il se forme un dépôt de bistéarate de po- tasse ; on le recueille sur un filtre , on le fait sécher à l'air , puis on le dissout dans l'alcool bouillant : par le refroidissement , on obtient le bistéarate de potasse cristallisé. 77. o',4oo de bistéarate de potasse donnent GompoûUon. 0^,373 d'acide hydraté , qui représentent o',36o3 d'acide sec, et o'yoSi de chlorure de potassium, qui représentent o',o323 de potasse. Acide. . 36o3 . Potasse. 3a3 . 100 8,97 qui contlenDent i,52 d'oxygène. 78. Lorsqu'on chauffe le bistéarate de potasse avec du massicot, on obtient de l'eau. Le stéarate neutre dans la même circonstance n'en laisse pas dégager. 79* Le bistéarate de potasse est en petites écailles Propriétés d'un éclat argentin , inodores , douces au toucher. 80. Chauffé à 100^, il ne se fond pas. 81. 1 partie de bistéarate de potasse mise dans 1000 parties d'eau froide ne paraît pas éprouver d'action ; cependant , si on examine l'eau après un mois de contact , on y trouve un peu de potasse Action de l'eaa. 40 ' LIT. II, GHAP. I. et une trace presque insensible d'acide stéarique. 8â. L'eau chaude a une action très marquée sur ce sel. Que Ton chauffe jusqu'à faire bouillir i ooo par- ties d'eau avec i partie de bistéarate de potasse, et qu'on retire le liquide du feu après quelques minutes d'ébullition , la liqueur sera laiteuse , mu- cilagineuse ; il sera impossible de lire à travers une couche de o",o3 des caractères de 0^,007 de lon- gueur; la liqueur perdra de son opacité jusqu'à la température de 76 à 72*, alors elle sera presque demi-transparente ^ et l'on pourra lire au travers; elle aura perdu de sa viscosité ; à 67* , elle dépo- sera quelques flocons; à Sg*, elle commencera à déposer une matière nacrée qui augmentera jus- qu'à la température de 26" '; alors la liqueur sera trouble, mais pas autant qu'elle l'était à 100*. 83. Quand le liquide est le plus opaque, c'est-à- dire quand il est bouillant, il contient l'acide stéa- rique dans deux états : 1* une portion est dissoute à l'état de stéarate neutre ; 2"" une autre portion est simplement tenue en suspension par l'eau et le stéa- rate neutre ; car si l'on passe le liquide bouillant dans un double filtre de papier , on obtient, i"" une solution de stéarate neutre, qui par le refroidisse- ■ Le bistéarate qui a servi à faire l'expérience précédente aTait été obtenu en Tersant dans quinze litres d'eau froide 5* de stéarate de potasse dissous dans ao> d*eau bouillante, et n'avait pas été repris par Talcool. STÉARATES. 4^ ment dépose du bistéarate; â"" un surstéarate qui con- tient plus d'acide que le bistéarate soumis à Texpé- rience. Il est évident que si on attend pour filtrer la liqueur qu'elle soit entièrement refroidie , ou plu- tôt que le stéarate qu'elle tient en solution soit ré- duit en potasse et en bistéarate, on aura un dépôt formé, 1"* de ce bistéarate ; â^ d'un surstéarate plus acide que celui qui a été soumis à l'expérience. 84* Un dépôt semblable au précédent ( qui avait été obtenu de 3' de bistéarate de potasse' bouilli dans trois litres d'eau, et recueilli sur un filtre privé de sous-carbonate de chaux , après l'entier refroi- dissement de la liqueur) était parfaitement liquide à 100"* et se figeait de 75 à 71"*; il était. formé d'acide 100, potasse 6, 18*. Si l'on suppose, i^'que le bistéarate de potasse est formé de 1 proportion de potasse et de 2 proportions d'acide ; 2** que , par l'action de l'eau bouillante, ^ proportion dépotasse est dissoute avec - proportion d'acide, tandis qu'il reste un résidu formé de } proportion de potasse et de 1 ~ proportion d'acide ; il s'ensuivra qu'en filtrant la liqueur, après son entier refroidissement, il ne restera que 7 proportion de potasse en dissolu- tion , parce que l'autre ^ se sera déposé avec la ^ ' Yoyez la note de la page 40. * 0*^400 ont donné, i"" os,58a d'acide hydraté, qui repré- sentent o^ySôg d'acide sec ; 2*" o',o56 de chlorure de potas- sium, qui représentent 0^,0928 de potasse. 4^ LIV. II, CHAP. I. proportion d'acide dissous, à Tétat de bistéarate : conséquemment le dépôt sera formé de 2 propor- tions d'acide stéarique et de ^ de proportion de po- tasse; ce qui donne le rapport de 1 00 d'acide à 6,75 de potasse, au lieu de celui de 100 à 6,18 trouvé par l'expérience. 85. Lorsqu'on a fait bouillir te dépôt ( 84 ) dans 1 000 fois son poids d'eau, il s'est fondu en une ma- tière d'aspect huileux. Par le refroidissement, cette matière s'est figée, et peu à peu elle est devenue blanche et s'est gonflée en absorbant de l'eau. Le liquide est devenu très trouble , parce qu'une mul- titude de petits globules de la même matière qui étaient disséminés dans son sein ont absorbé de l'eau. Le liquide filtré contenait une quantité très sensible de potasse ; aussi la matière d'aspect hui- leux a-t-elle donné à l'analyse moins de potasse que le surstéarate qui a été soumis une seule fois à l'action de l'eau bouillante. Lamatière d'aspect hui- leux étant formée d'acide 1 00, et de potasse 4947 ' ^ la proportion de cet alcali est sensiblement le 7 de celle qui constitue le stéarate neutre; et on peut, d'après cela, considérer la matière d'aspect huileux comme un quadrostéarate de potasse. 86. Lorsqu'on a fait bouillir le dépôt ( 84 ) dans ' o*,aio ODt donné ,1* C^aoS d*acîde hydraté, qui repré> sentent oVyigS d*acide sec; 2* o',oi4 de chlorure de potas- sium, qui représentent oVyOoSSG de potasse. STÉARATES. 4^ Talcool, il s'y est dissous, et par le refroidissement la solution a déposé de véritable bistéarate de potasse, formé d'acide loo, potasse 9,3' ; ce sel était sous la forme de petites paillettes douées de l'é- clat ai^entin le plus vif. L'alcool refroidi retenait en dissolution de l'acide stéarique et un peu de bistéa- rate de potasse. L'ayant fait concentrer de nou- veau , j'ai obtenu un dépôt de bistéarate et une liqueur qui , ayant été filtrée , puis mêlée à l'eau et chauffée , s'est recouverte d'un acide stéarique qui contenait si peu de potasse que o',âoo traités par l'acide hydrochlorique n'ont pas perdu de leur poids ; et que l'acide évaporé a laissé une trace de matière qui n'était pas sensible à une balance qui accusait o',oo i ; quoiqu'il contint si peu de potasse, j'ai cru observer que celle*<;i lui donnait la propriété d'imbiber l'eau. 87. On voit donc que l'eau bouillante en réagissant sur le bistéarate de potasse , en sépare une portion d'alcali , et que le résidu indissous forme avec l'al- cool bouillant une solution qui se réduit par le refroidissement en bistéarate de potasse qui cris- tallise, et en acide stéarique qui reste dans l'al- cool avec une portion de bistéarate. Les forces qui agissent dans ce cas sont la force de solidité du ' os,3oo ont donné, i"" o«,a8o d'acide hydraté^ qui repré- sentent o^j^^o d'acide sec; a"* 0^,040 de chlorure de potafr-. sîum , qui représentent o%oa55 de potasse. 44 ^IV. II, CHAP. I. bistéarate d'une part , et d'une autre part Taffinité de Talcool pour Tacide stéarique. Vai^u'' 88, 100 parties d'alcool bouillant d'une densité de 0,794 dissolvent 2'j parties de bistéarate '• 100 parties d'alcool d'une densité de 0,794 qui ont été chauffées sur du bistéarate, en retien- i^ent à la température de a4*> o»^^ ^^ partie en dis- solution. Il m'a paru que la matièi*e qui reste en dissolution contient une proportion d'acide stéa- rique un peu plus forte que celle du précipité. Si je ne me suis pas trompé , l'alcool aurait une ten- dance analogue à celle de l'éther pour séparer de l'acide du bistéarate , mais cette tendance serait beaucoup plus faible. 89. La solution alcoolique de bistéarate de potasse n'a pas d'action sur l'hématine. Cela prouve que la potasse est plus fortement attirée par l'acide stéa- rique que par le principe colorant. * GeUe détermination a été faite de la manière suivante : on a introduit 27 parties de bistéarate dans une petite poire de verre ; on a versé dessus de Talcool ; on a fait bouillir, tout a été dissous. On a continué de faire bouillir ju8qu*au moment où Ton a aperçu que le bistéarate commençait à se déposer ; alors on a mis la poire de verre dans une balance; quand elle a été mise en équilibre, on Ta vidée et sécbée ; pour rétablir l'é- quilibre il a fallu mettre 1^7 parties du côté de la poire. La solubilité du stéarate de potasse dans l'alcool d'une densité de 0,794 , a été déterminée de la même manière ; on a observé que, quoique moins soluble que le bistéarate dans l'alcool bouillant, il est plus tôt dissous que ce dernier. STÉARATES. 4^ 90. Quand on mêle une solution alcoolique de bi- stéarate de potasse avec de Teau, il se fait un préci- pité nacré abondant qui contient moins de potasse que le bistéarate, et Ton trouve dans l'eau, de la potasse avec une très faible quantité d'acide stéa- rique. Cette décomposition explique pourquoi l'hé- matine qu on a mêlée avec une solution alcoolique de bistéarate et qui n'en a éprouvé aucune action sensible > passe au pourpre dès qu'on ajoute une certaine quantité d'eau à la liqueur. — Dans une expérience que j'ai faife , i partie de bistéarate dis- soute dans l'alcool bouillant ayant été mise ensuite avec 1 754 parties d'eau a donné un précipité formé d'acide stéarique loo et de potasse 6,9; c'est-à- dire que ce précipité était analogue au dépôt (84)- En le traitant par l'alcool bouillant, on a obtenu par le refroidissement du bistéarate de potasse. 91 . Dans le mélange d'une solution alcoolique de bistéarate de potasse avec l'eau , l'af&nité de celle- ci pour l'alcool et pour la potasse d'une part , et d'une autre part l'insolubilité de l'acide stéarique dans l'alcool très aqueux , opèrent dans le bistéa- rate une décomposition analogue à celle que le même sel éprouve de la part de l'eau bouillante. 92. L'éther sulfurique bouillant enlève au bistéa- Action de rate de potasse une quantité notable d'acide , et rurfque" cela doit être , puisque nous avons démontré qu'il en sépare du stéarate neutre. 93. Si on fait bouillir 0^,700 de bistéarate dans 20^ 46 LIV. II, CHAP. I. d'éther, tout le sel ne sera pas dissous. La liqueur retiendra , après avoir été abandonnée 24 heures à elle-même , pour 20^ d ether o*,o88 d'acide stéari- que, lequel incinéré nelaisserapas o*,oo 1 de potasse. 94. L'expérience suivante m'a convaincu que Té- ther peut convertir le bistéarate de potasse en stéa- rate soluble dans l'eau bouillante et en acide stéa- rique. On a pris o", 1 00 de bistéarate , on l'a traité , 1* par 5â centimètres cubes d'éther bouillant qui n'était point acide, a' 32 idem, 3"* 52 idem, 4'' 4^ idem. Chaque lavage n'a été filtré que douze heures après avoir été retiré du feu. Les trois premiers réunis et évaporés ont laissé un résidu pesant 0^,062 qui avait la même fusibi- lité que l'acide stéarique , et dont 0^,040 incinérés laissaient une trace de cendre jaunâtre alcaline qui était absolument insensible à une balance qui trébuchait sous la charge de 0^,001. Le quatrième lavage évaporé a laissé à peine o*,ooi de résidu. La matière indissoute par l'éther froid était na- crée, et entièrement soluble dans l'eau bouillante ; c'était donc du stéarate neutre^ ou plutôt un stéa^ rate alcalin, puisque nous savons que l'éther en- lève de l'acide au stéarate neutre. STÉARATES. 4? gS. L'acide stéarique mis dans l'extrait aqueux Action de de tournesol concentré n'a aucune action à froid , «que lor le mais à chaud l'acide s'unit à l'alcali de l'extrait, et la couleur bleue de ce dernier passe au rouge. Si l'extrait concentré est en excès , pour que l'a- cide puisse absorber tout l'alcali auquel il est ca- pable de s'unir dans la circonstance dont je parle , on obtiendra une matière indissoute et un liquide aqueux coloré en bleu. Qu'on sépare celui-ci , qu'on presse la matière indissoute entre des pa- piers Joseph , qu'on la laisse sécher, qu'on la dis- solve dans l'alcool bouillant d'une densité de 0,800, et qu'on filtre la solution encore chaude, il restera sur le papier un peu d'extrait bleu , et la solution laissera déposer par le refroidissement du stéarate de potasse neutre cristallisé. L'acide stéarique a donc assez d'énergie pour enlever au tournesol aqueux concentré tout l'alcali nécessaire à sa neutralisation. 96. Si, au lieu d'employer de l'extrait coloré con- centré, on se servait d'extrait très étendu d'eau, celui-ci serait également rougi ; mais par le refroi- dissement l'on obtiendrait, non pas du stéarate neu- tre, mais du bistéarate, parce que le stéarate, qui peut exister dans une grande proportion d'eau bouillante, se réduit à la température ordinaire en potasse et en bistéarate. 97. Les expériences suivantes sont extrêmement propres à démontrer, i" l'action de l'acide stéarique sur le tournesol , tT l'action de l'eau froide pour 5o LIV. II, GHAP. I. elle e$i unie dan$ le bistéarate; car, pour que le tournesol soit rougi , il faut que cette proportion d'acide quitte le stéarate neutre pour se porter sur Talcali du principe colorant. La preuve que cette affinité a de l'influence , c'est que si l'on dissout o^,oâ d'acide stéarique dans 5* d'alcool d'une den- sité de 0^,792, et que l'on y ajoute goutte à goutte 0^20 d'extrait aqueux de tournesol , sur-le-champ la liqueur passe au rouge pourpre ; si Ton filtre la liqueur après l'avoir fait bouillir, elle passe colorée en rouge , et il reste sur le papier des flocons d'un rouge foncé. ARTICLE III. Du stéarate de soude. Préparation. iQo. Ou fait chauffèr daus une capsule de por- celaine 20 parties d'acide stéarique avec 3oo par- ties d'eau tenant 1 3 parties de soude en dissolution. L'union de l'acide avec l'alcali a lieu ; et la com- binaison, sous la forme d'une masse grumelée, se sépare d'un liquide alcalin qui. ne retient pas d'a- cide en dissolution. On sépare le stéarate de l'eau-mère, on le fait égoutter, on le soumet à la presse entre des papiers; on le fait sécher au soleil , et on le fait dissoudre dans 25 fois son poids d'alcool bouillant, afin d'en séparer un peu de soude carbonatée. Par le refroi- STÉARATES. 5l dissement, la liqueur filtrée se prend en masse, et peu à peu le stéarate passe de l'état gélatineux à celui de petits cristaux brillants. On les jette sur un filtre, on les lave avec de Talcool froid : enfin on les fait sécher. 101. o',5oo décomposés par l'acide hydrochlo- Composition rique, ont donné o«,46i d'acide stéarique hydraté et o*,io3 de chlorure de sodium, qui représentent o*,o549 de soude, donc Acide. . 44^1 • ^oa . loo Soude*. 549- 10,98 . ia,55quicoDtienD. 3,i54d*ozyg, 102. Il est sous forme de cristaux brillants ou en plaques demi-transparentes , qui sont insipides d'abord et qui ont ensuite un goût alcalin. Il est fusible. io3. 1 partie de stéarate de soude se dissout dans 20 parties d'alcool d'une densité de 0,82 1 . La solu- tion se trouble, de 71* à 69*; elle se prend en gelée qui peu à peu se contracte et finit par se réduire en petits cristaux extrêmement brillants. ( Voyez le II* tableau à la fin du m* chap. de ce livre. ) io4« 100 parties de solution alcoolique saturée à 10^ ne contiennent que 0,2 de partie de marga- rate, conséquemment 100 d'alcool ne peuvent dis- soudre que o,20o4* 1 o5. L'éther sulfurique bouillant en sépare un peu d'acide stéarique, lequel retient une trace de soude. Lorsqu'on chauffe jusqu'à l'ébuUition 100 parties 4. Propriété* physiques. Action de l'alcool. Action de l'éther snlfuriqne d'une den- sité de 0,798. 52 LIV. II9 cnAP. I. d'éther avec 1 partie de stéarate de soude, on ob* tient par le refroidissement de la liqueur un léger dépôt. La liqueur refroidie à 1 2"^ ne retient en dis- solution pour 100 d'éther que 0,1 5 d'acide stéa- rique. Action de 1 06. 1 partie de stéarate de soude demi-transpa- 1'a(||| rent, mise en macération dans 600 parties d'eau i 12"" pendant huit jours, n'éprouve aucun change- ment dans son aspect. Après quinze jours, le stéa- rate a perdu de sa transparence en absorbant de l'eau. Le liquide évaporé laisse une trace d'alcali. 1 07. 1 partie de stéarate et 1 o parties d'eau, chauf- •fées à go"", forment un liquidcépais presque transpa- rent qui à 62"" est en masse blanche solide. En ajou- tant à cette masse 4o parties d'eau et en faisant chauffer, tout est dissous, même au-dessous de •l00^ La solution peut être filtrée. Si alors on la reçoit dans aooo parties d'ëau, on obtient par le refroidissement du bistéarate de soude nacré. La soude séparée de l'acide stéarique est retenue par l'eau; celle-ci ne contient qu'une trace d'acide ab- solument insensible à la balance. 108. o*,aoo de stéarate de soude, mis à lâ"" dans une atmosphère saturée d'eau , ont absorbé , après six jours, o',oi5 d'eau. Une nouvelle exposition de vingt-quatre heures n'augmente pas sensiblement le poids du stéarate. STÉARATES. 53 ARTICLE lY. Du bistéarate de soude. 109. On l'obtient en faisant dissoudre i partie Préparation. de stéarate dé soude dans âooo à 3ooo parties d'eau chaude , en filtrant la liqueur refroidie , lavant le dépôt , le faisant sécher, puis le traitant par Tal- cool chaud. La solution refroidie laisse déposer du bistéarate, qu'on recueille sur un filtre , et qu'on fait ensuite sécher au soleil. 110. oS5oo ont donné o*,488 d'acide hydraté et Compodtion o',53d de chlorure de sodium qui représentent G", 2835 de soude, donc le sel est formé de Acide. . 47>>6S • • 94'^^ * * '^^ Soude. . a8,35 . . 5,67 . . 6,01 111. Il est plus fusible que le stéarate ; il est Propriété, blanc , insipide , inodore. 112. Il est insoluble dans l'eau. 1 13. II est très soluble dans l'alcool , la solution rougit le tournesol , et la liqueur repasse au bleu, quand on y ajoute de l'eau. ARTICLE ▼. Du stéarate de baryte. 11 4- On fait bouillir de Teau de baryte dan^^un Préparation. ballon ; on la filtre encore chaude dans un matras à 54 l'IV. II, CHAP. I. long col 9 contenant de l'acide stéarique et un peu d'eau bouillante. En opérant ainsi , on évite le con- tact de l'acide carbonique de l'air. On fait bouillir les matières pendant deux heures ; on ferme le ma- tras , et quand il est un peu refroidi, on décante l'eau de baryte qui est en excès à la combinaison ; on laye le stéarate à l'eau bouillante ; puis on le traite par l'alcool chaud pour enleyer l'acide qui pourrait être en excès. ComposiUon 1 1 5. !« brûlé daus un creuset a laissé une quan- tité de baryte qui a produit o,34de sulfate ; consé* quemment : Acide. . 77,69 . 100 Baryte.. aa,3i . a8,7aquicoDtieQn. 3,ooi d'ozygèoe. Propriétés. 1 16. Il cst cu poudrc blanchc, insipide, inodore, fusible au feu. ARTICLE VI. Du stéarate de strontiane* Préparation. 1 1 7. On Ic prépare comme le précédent. Composition 1 18. i' brûlé dans un creuset a laissé une quan- tité de strontiane représentée par oSsg de sulfate « donc Acide. . . 85,655 . 100 StroDtîane. i6,345 • 19,54 qui coDtienn. 3^0189 d*oxyg. 119. Ses propriétés sont analogues à celles du précédent. STÉARATES. 55 ARTICLE VII. Du stéarate de chaux. 120. On le prépare en mêlant deux solutions Préparation. bouillantes dliydrochlorate de chaux et de stéarate de potasse. Le précipité doit être layé jusqu'à ce que le lavage ne précipite plus par le nitrate d'ar- gent et l'oxalate d'ammoniaque. I â 1 . 1 * incinéré a laissé une quantité de base re- Composition présentée par o',â4 de sulfate de chaux. Acide. . 90,o33 . loo Chaux. . 99967 . 1 1906 qui contienueut 3,107 d'oxygène. 1 22. Ses propriétés sont analogues à celles du margarate de baryte. ARTICLE VIII. Du stéarate de plomb. 123. On le prépare en mêlant deux solutions préparation. aqueuses , bouillantes , de nitrate de plomb et de stéarate de potasse; le précipité doit être lavé jusqu'à ce que l'eau ne se colore plus par l'acide hydrosul- fiirique : on le fait ensuite sécher au soleil. Il est blanc 9 fusible , inodore. iâ4« l'incinéré donne 0^295 de massicot; donc Composition Acide. . 70,5 . 100 Oxyde.. 39,5. 4 1 9^4 Qui cootieiuieiit 3 d'oxygène. 56 IIV. II, CHAP. I. ABTICIE IX. Du souS'Siéarate de plomb. rrépvation. 1 ^5. On Ic prépare arec les mêmes précautions que le stéarate de barjte, avec cette seule différence qu'au lieu d'eau de barjte , qn fait usage de sous- acétate de plomb dissous dans l'eau. Propriéiéfl. 1 â6. Il est incolore , très fusible ; quand il a été fondu, il est transparent et susceptible d'être pul- vérisé par trituration. GompoûUoD 1 27. Il est formé de Acide 54 ... 100 Oxyde de plomb.. . . 46 . . . 85,i8 1 28. Si on prépare ce sel avec un sous-acétate de plomb qui contient du cuivre , le sous-stéarate de plomb en contient et la proportion de la base est plus faible. ARTICLE X. Du êtéaraie d'ammoniaque. Préparatioo gag. Qu met daus une cloche de verre étroite ce Gt composi- ^ tion. courbée au sommet, o*, ii5 d'acide stéarique hydraté ; on le fait fondre, et lorsqu'il est figé, on remplit la cloche de mercure, on la renverse dans un bain de ce métal, et on y fait passer un volume de gaz am- moniaque , tel qu'à 0*^,760 de piession et à zéro il STÉARATES. 57 occuperait 26 centimètres cubes. Ou chauffe l'acide pour le liquéfier seulement , puis on abandonne les matières à elles-mêmes. L'absorption est d'abord rapide, et elle se continue lors même que l'acide est figé. Quand il n'y a plus d'absorption, l'opération est tenninée. A aucune époque de l'opération il ne se manifeste de l'eau. Voici le détail d'une expé«- rience faite avec beaucoup de soin. Le thermomètre étant à 22"" et le baromètre à o"*,753, on a chauffépendant une minute 0^,25 d'à- cide stéarique hydraté avec So"^ de gaz ammo- niaque qui avait séjourné sur la chaux; l'absorp- tion était après 1 heure gec,5 3» 9 >7 5 10 ,1 a4 la >4 48 14 ,0 7a 16 ,3 96 18 ,0 Acettedemièreépoque, les 18"^ de gaz, ];amenésà 0^,760 de pression et à zéro, représentaient i6''%48. L'absorption continua , mais très lentement , pendant encore un mois ; après ce temps elle pa- rut terminée , au moins ne fit-elle plus de progrès pendant un second mois. Le gaz non absorbé était de l'ammoniaque pure. Son volume fit connaître que toutes corrections faites, il y avait eu ar%oo de gaz absorbé. 58 Liy. II, CHAP. I, STÉABATES. D'après ce résultat la composition du stéarate d'ammoniaque sec est Acide a4id5 . . • loo Ammoniaque. . i6ia . . . 6968 Maintenant si on admet que 4^,81 d'ammo- niaque est l'équivalent de 1 1 7,72 de potasse, et que 18 de potasse neutralisent 100 d'acide stéarique, on trouve que 1 00 de ce même acide sont neutra- lisés par 6,54 d'ammoniaque, et que oS^S de cet acide hydraté absorbent 20*% 55 de cet alcali à l'état gazeux. Propriétét. , 3q, Le stéarate d'ammoniaque est blanc, presque inodore ; il a un goût alcalin ; il peut être sublimé dans le vide ; il y a bien de l'ammoniaque qui est séparée , mais elle finit par être absorbée. Il ne se manifeste pas d'eau. 1 3 1 . Si on distille le stéarate d'ammoniaque dans une cornue avec le contact de l'air 9 il y a dégage- ment d'ammoniaque ; il se manifeste de l'eau , et il se sublime un sous-stéarate mêlé d'une huile em- pyreumatique. i32. Il est soluble dans l'eau chaude' , au moins dans l'eau ammoniacale. Par le refroidissement la solution dépose un sur-stéarate sous forme de petites écailles brillantes , qui contient probable- ment deux fois plus d'acide que le stéarate neutre. ' Pour le dissoudre il faut le chauffer au milieu de Feau dans un vase fermé, entièrement rempli de liquide. LIV. Ily CHAP. 11. ACIDE M ABGARIQDE. Sg ^m0n0tM>*Mm0m^»>^t9^9tm0tf^^09mft*m^*0t^*fvm ^»»^>*^»»^>*»*»»»»<%>»»%<»%»»<%»»»%<»»<»»*»*«^w»*«a»w»fc^^* ^%i^ CHAPITRE IL DE L4CIDE MABGABIQUB ET DES MABGABATES. PEEMIÈEE SECTION. $ I. Compoiîtion. i33. L'acide margarique hydraté ( de graisse hu- maine), brùlë par Toxyde brun de cui?re, a donné Ozygèoe 11,656 Carbone 76,366 Hydrogène 1 1,978 i54- Lorsqu'on le chauffe avec le massicot, on obtient de o^ySoo d'acide 0^017 d'eau. r L'acide hydraté est formé Gootéqnen. cet. Acide sec 4^3 . g6,6 . 100 Ceo. ... 17 « 3,4 • 3,53qaicootieno. 3,i39d*oxyg. 6o LIV. il, CHAP. II. â° L'acide margarique sec est formé de poidi , vol. Oxygène . . 8,6334 . • 8,937 . . 1 Carbone . . 76,3660 . . 79,o53 . . ii,55 Hydrogène*. 11,6006 . . 19,010 . . 21,57 g6,6ooo i35. 100 parties d*acide sec neutralisent une quantité de base qui contient 3 d'oxygène: consé- quemment dans les margarates neutres, l'oxygène de l'acide est à celui de la base sensiblement : : 3 : 1 ; d'après cela, et en admettant que l'acide est formé en rolume de Oxygène 1 Carbone ii,33 Hydrogène 31,67 ' Si on admet que Teau dégagée est produite aux dépens de l'oxygène du massicot, et aux dépens de Hydrogène de l'acide, la portion de cet adde qui reste fixée au plomb sera formée de en poids , en vol. Osygènc iifiSGo . . 11,7000 . . 1 GarboDC 76,36^ . . 76,6550 • . S,56 Hydrogène. . . 11,6006 . . ii,645o . . 15,98 99,6aa6. ACIDE MAIGAIIQUB. 6l r.iride margarique sera formé en atooiet, OiygèDc . ^. . 5 . . 3oo . . g,07 Carbone . . . 34 . . a6oa . . 78,67 Hjdrogène. . 65 . . 4o5»6 . . 19,36 3307,6 S II. Pr€fTiiîi$ physigueê de l'acide margarique. i!i6. Les propriétés physiques de cet acide sont les mèmojv que celles de l'acide stéarlque, si ce n'est qu'il se fond â ôo"", et qu'il cristallise par refroidis- sement en aiguilles entrelacées , qui sont plus rap- prochées que celles de l'acide stéarique et moins brillantes. S ni. Propriéiés chimiques qu'on observe sans que l'acide sait altéré* 137. L'acide margarique est insoluble dans l'eau, iipd*analogie arec les stéarates. Il rougit le tour* ne<(ol, et décompose à chaud les sous-carbonates de p«itasse et de soude. 62 LIV. II, CHAP. II. § lY. Propriétés chimiques qu'on observe dans des circonstances où l'acide est altéré. 1 38. L'acide margarique chauffé dans une cornue qu'on a adaptée à un ballon qui communique avec l'air, se fond , exhale une fumée blanche qui se dé- pose en une matière farineuse dans le col de la cornue. Il bout et dégage une vapeur élastique qui se condense en liquide , puis en solide ; il se ma- nifeste en même temps de l'eau qui rougit le tour- nesol 9 et une odeur forte due à une huile empy- reumatique, et peut-être à un acide volatil ; il ne se forme que très peu de gaz et de liquide. Le char- bon qui reste est en petite quantité. 1 39. Dans une expérience où j'ai chauffé l' d'acide margarique dans une cornue qui contenait 394"* d'air , le produit solide pesait oS9o; il était blanc , nuancé de jaune et de roux; la potasse l'a dissous, excepté o',o5 d'une matière grasse rousse, non acide'. La solution alcaline, outre beaucoup d'acide ■ Dans une ancienne expérience faîte sur 100 parties d*un mélange d'acide margarique et d'acide stéarique fusible à 56*,5, )*ai obtenu a5 parties de matière non acide, qui était insoluble dans Teau de potasse. Cette matière a été dis- soute dans l'alcool bouillant ; par le refroidissement celui-ci a laissé déposer de petits cristaux nacrés, de nature grasse, qui étaient légèrement colorés après aroir été fondus. L'al- cool refroidi retenait en dissolution une huile d'un jaune foncé, liquide à 18*. ACIDE MABGABIQUE. 63 mari^rique, contenait une quantité notable de cette dernière matière : le charbon pesait o^^oiS, mais il n arait pas été fortement rougi. ^i^^ *>»^*^^%^^*^>%>^»%%i»^ w^m DEUXIÈME SECTION. DE» HAmCAlATBS. ABTicu r*. Du margarate de potasse. 1 4o« ( F'oyez le i*' tableau à la fin du chap. m de Pr^pmtion. ce Ht. ) 1 4 « • I * traité par l'acide hydrochlorique a donné ComïM)iiiion 0**8679 d'acide margarique hydraté et oSâ37 de chlorure de potassium , qui représentent oSi5 de potasse; donc 4cide. • • 85 • • 100 Potasse. • i5 • . 17^67 qui coDtienn. 29997 d^oxyg. tlomposition calculée. Acide. . . 100 Potasse. . 17981 qui coDtiennent 3,oa d*oxygène. I ia. il est blanc ; il m'a été impossible de l'obte- Propriéiéâ. nîr en belles écailles nacrées comme le stéarate de (lotas^e; quelquefois il se précipite de l'alcool bouil- lant ou il est dissar- bonate de potaMe. 64 LIV. II9 CHAP. II. mais ces écailles , conservées quelque temps dans l'alcool, finissent par perdre leur éclat, phénomène que le stéarate de potasse ne m'a pas présenté. 1 43. ( Foy. le i"* tab. à la fin du ch. iii de ce liv . ) 1 44 • ( Fuyez le i** tableau idem. ) 1 45. ( Foyez le i** tableau idem. ) i46. Elle est la même que celle de l'acide stéa- rique. ARTICLE II. Du bimargarate de poia$$e. Préparation. 14^, On obtient ce sel en traitant le margarate de potasse neutre par une proportion d'eau con- venable. Compotllion Propriétés. Action de l'eau. Action de l'alcool. Acide. . . . 919935 . . 100 Potasse. . . 8,o65 • . 8,70 La composition calculée est Acide. . Potasse. 100 8*9 i48. Il est en petites écailles nacrées qui n'ont jamais l'éclat argentin du bistéarate. i49* L'eau froide lui enlève des traces d'alcali. i5o. 1 partie bouillie dans 76 parties d'eau a cédé à ce liquide ~ de partie formée de potasse et d'une trace d'acide margarique. 1 5 1 . 1 00 parties d'alcool d'une densité de o,834 en ont dissous 3 1 ,37 de bimargarate à 67^" ; 1 00 par- MARGARATES. 65 ties d'alcool n'en dissolvent que o^,3i à la tempé- rature de 20". 1 52. La solution alcoolique de bimargarate de po- tasse ajoutée à l'eau cède à ce liquide une quantité notable de potasse , ainsi que le fait le bistéarate. Dans une de mes expériences > la matière précipitée contenait pour loo d'acide 7,8 potasse ; contre une partie de bimargarate on avait employé 34o parties d'eau. i53. Elle est la même que celle de l'acide stéa- Action de * racide mar- rique. gariquc sur * le tournesol. ARTICLE III. Du margarate de $oude. i54« {Voyez le 11* tableau qui se trouve à la PrépanUoD. fin du chapitre m de ce livre. ) i55. 0^,265 de margarate de soude parfaite- Gomposition ment sec décomposé par l'acide hydro-chlorique , ont donné 0^,244 d'acide margarique hydraté et oSo55 de chlorure de sodium, qui représentent 0^,0293 de soude. Acide margarique. o!55^ . 100 Soude S195 . i2,43quicont 5,i79d*oxyg. a65o La composition calculée donne Acide. . . 100 Soude . . 1 1,8a qui contiennent 3,oa5 d*ozygëne. 5 66 LIY. II, CHAP. II. Propriétét. i56. Il est en petites plaques demi-transpa- rentes ; il est insipide d'abord, mais il a ensuite un goût alcalin : exposé à la chaleur , il se fond. 167. 1 partie de margarate de soude mise dans 600 parties d'eau, à la température de 12*, n'a éprouvé aucun changement dans son aspect après une macération de huit jours; après quinze jours il a perdu de sa transparence. L'eau évaporée ne laisse qu'une trace de margarate. i58. 2 grammes de margarate de soude chauffés dans 100 parties d'eau ont été dissous avant que l'eau entrât en ébullition. La solution était parfaite- ment limpide ; l'ayant étendue dans trois litres d'eau froide, on a obtenu un précipité nacré. Après trois jours on a filtré; l'eau évaporée a laissé un résidu alcalin qui ne retenait qu'une quantité d'a- cide margarique inappréciable. Le dépôt nacré était un vrai sur-margarate de soude. 169. Le margarate de soude existe dans tous les savons à base de soude. C'est lui qui produit dans le baume opodeldoch les végétations qu'on y re- marque lorsque cette matière est exposée à une basse température. ARTICLE IV. Bimargarate de soude. PrépantioD. i6o. On l'a obtenue en dissolvant le margarate neutre dans une grande quantité d'oau chaude; re- MABGARATES. 67 cueillant le dép/^t nacré sur un filtre, le séchant, puis le faisant dissoudre dans l'alcool bouillant, le bimargarate précipité a été égoutté sur du papier, puis séché au soleil. 1 6 1 . o*,3a3 ont été décomposés par Tacide hydro- Compotitioii chlorique ; on a obtenu o*,2i7 d'acide margarique hydraté, et o'^aZa de chlorure de sodium qui re- présentent o^iOi^Sâ de soude. Acide. • • o,3og69 • 100 Soude. . . 0,01959 . 5,9^3 qui cent. i,59S d'ozyg. 0,99914 La composition calculée donne Acide 100 Soude 5,gi 163. 11 est plus fusible que le margarate neutre ; Propriété*, il est blanc, insipide , inodore ; i63. Il ne se dissout pas dans l'eau; i64- 11 6st très soluble dans l'alcool; la solution rougit la teinture du tournesol , et la liqueir passe au bleu quand on y ajoute de l'eau. AIITICLB V. Du margarate de baryte. i65. Elle est la même que celle du stéarate de Préparation. baryte. 1 66» o*, 1 00 brûlés daos un creuset de platine ont compoiition 5. 68 LIV. II, GUAP. II. donné une cendre dont la baryte était représentée par o*,o34 àe sulfate ; donc Acide. . 77969 . . 100 Baryte.. aa,3i . . 289731 qui contiennent 3,ooi d*oxyg. La composition calculée est Acide, . lOQ Baryte 38,9a ARTICLE yi. Du margarate de strontiane. Préparation. 167. Elle cst la même que celle du stéarate de baryte. Gompotitioii 168. o',ioo brûlés donnent une cendre dont la strontiane est représentée par 0^,029 de sulfate. Acide . . . 839655 . 100 Strontiane. i6,345 . ^9,54 qui contiennent 3^ o638d*ozjg. La composition calculée donne Acide 100 Strontiane 19)56 ARTICLE VU. Du margarate de chaux. Préparation. 169. Elle est la même que celle du stéarate de chaux. IIAIIGARATES. 69 170. o'yioo brûlés laissent une cendre dont la compotition chaux est représentée par o',oa4 ^^ sulfate. Adde. . go,o53 . . too Chaos.. gfg67 . . ii^o^quicootieon.SyiogSd'otyg. La composition calculée donne Acide luo Chaux. 10,76 ABTICLB TIII. Du margarate de plomb. 171. Elle est la même que celle du stéarate de Prei^nitioii. plomb. 173. o*,9 incinérés dans une capsule de verre Compontion donnent o^^aGS de massicot. Acide. • • 63!) . 70,55 . 100 Mameot. 965 . 9g»45 . 4^744^ ^Q^- 3>99^^ ARTICLE IX. Du ious-margarate de plomb. 175. Il a été préparé cinnnie le sous-stéarate de Pï^p*»»^»"- plomb. 70 LIT. II, CHAP. II. CompoMtion 1 74- i'»7 àe ce sel brûlés donnent o*,775 de mas- sicot , donc Acide. . . 9^5 . 54,4 ^ • ico Massicol. . 775 . 4^9^ • 83,79 qui coat. 6^008 'fc^'>'>i11'>'>ti'*1'fc'fct'>'>'^1i'^1'^"IT>*tTt~i1-^tTfc'>"^1'^'^'>'»'»'»1TIT^TTm**'"^'"' CHAPITRE III. DE L*ACIDE OLÉIQUE ET DES 0LÉATK5. PREHIÈRB SECTION. DB l'aCIM OlilQVl. s 1*'. Composition. 1 85. L'acide oléique hydraté (de graisse de mou- ton), brûlé par l'oxyde bruu de cuivre, a donné \ Oxygène 10,784 eo poids. Carbone 779866 Hy9 80 ao It ai aa 77 a3 76 a4 75 a5 74 a6 73 II 72 71 î^ So 3i 3a 67 33 66 54 65 35 64 36 63 U 63 61 S9 60 4o 'â 4i 4» 57 45 56 44 55 45 7 7 7.5 9»5 11 i5 i5 16 al a5,5 a6 a6 a8 point de fuion. 3o 3o 3a 3a 3a,5 35 35 36 36 36,5 57 a 3 5 l 9 10 14 \l ai a4 a5»5 a6,5 37,5 a8,5 *9»5 3o,5 3i,5 3a 33 H 34,5 35,5 35,5 36 36,5 37 37,5 38 38,5 38,75 39 39,5 39^75 4o 4o,a5 41 4i 41,75 4a 4» 4a,a5 4a,5o *Gct acide oléique proTenait de la graisse hamaîne: exposé pen- dant quelques jours à la température de ftéro, il déposait un peu d'acide margarique. ** Cet acide margarique provenait de la graisse humaine , il était fu- sible A 55*. uw*. ■"""•""■ nuM M rail 01. ii 46 point de ruicMi 43 53 Si Si s 43.5^ 5o Si 8.«s S> 44lso i 53 34 S 55 56 46!5o iï li 4» S9 46.S0 H 35 6o Si *6.;ï fil 63 II M 6fi 33 Si % «.•< So 69 70 as S 7' s 2 >5 ;j s^ 0 i 7« 49>^ ^ U il So 5«,iS :i 81 i;.s ai to,7S :i 83 51 84 >!,!• tS 85 S1.7S '* 86 ». i3 8- U »î,So «9 S.> 9» u 1 S' a 9» 'S.» 1 95 9i 5 9S 4 9» 3 li 99 SI.! ss ss 84 l'IV- Ilf CHAP. III. DEUXIÈME SECTION. DIS OliàTBS. ARTICLE l". De l'otéate de potasse. Coropotition ^OQ. Acide oléique. loo l'^pl^tawl! Potasse. . . . 17,91 contenant 5,o36oxyg. En essayant de déterminer la composition de ce sel par la quantité d'acide qui peut être dis- soute dans une eau de potasse dont l'alcali réel est connu , on trouve que pour 1 00 d'acide réel il faut 16,55 de potasse , d'où il suit que la potasse peut dissoudre un peu plus d'acide que la quantité né- cessaire à sa neutralisation. Préparation 2 1 o. Ou met daus uuc capsulc 1 partie d'acide dcp^u'w. oléique avec i partie de potasse à l'alcool dissoute dans 5 parties d'eau ; on fait chauffer et on agite les matières; l'union de l'acide avec l'alcali, qui avait commencé à s'opérer à froid, s'achève. L'oléateest mou ; il refuse de se dissoudre dans l'eau qui con- tient l'alcali en excès à la combinaison , ou d'ab- sorber ce liquide pour former une gelée. L'oléate refroidi perd un peu de sa mollesse. On le sépare du liquide alcalin; on le soumet à la presse entre des OLEATËS. 85 papiers Joseph ; puis on le fait dissoudre à chaud dans 10 à i5 fois son poids d'alcool à 0,821, bouil- lant, afin de séparer un léger excès d'alcali qui se trouve à l'état de sous-carbonate. En faisant évapo- rer l'alcool , on obtient l'oléate. Si celui-ci conte- nait de l'alcali en excès , il faudrait le redissoudre dans un peu d'eau , l'exposer à l'air, pour que l'ex- cès de la potasse absorbât de l'acide carbonique , puis le dessécher et le redissoudre de nouveau dans l'alcool concentré. â 1 1 . L'acide oléique s'unit à froid avec la potasse Observation, humectée , en dégageant une chaleur sensible. En opérant à chaud avec 2 parties d'acide oléique , 1 partie de potasse et 8 parties d'eau , l'oléate de po- tasse absorbe la totalité de l'eau qui tient l'alcali en excès , et forme une gelée visqueuse demi trans- parente qui conserve ses propriétés physiques après qu'elle est refroidie à i3°. Si on ajoute à cette gelée -partie de potasse dissoute dans 4 parties d'eau , et qu'on fasse chauffer, l'oléate , à l'état gélatineux, se sépare par le refroidissement de l'excès de potasse qui reste dissous dans une partie de l'eau. Cette gelée conserve sa transparence. Si on presse l'oléate entre des papiers jusqu'à ce qu'il ne les humecte plus , si on le dissout ensuite par l'alcool bouillant et qu'on laisse évaporer spontanément la dissolu- tion dans un yerre , il reste un oléate gélatineux et transparent qui conserve encore ses propriétés après avoir été exposé à l'air pendant six mois. 86 Ljy. II, CHAP. III. Propriétés. 2 là. Il est pulvérulent, incolore, inodore ou presque inodore ; sa saveur est amère et alcaline. 21 3. Lorsqu'on met i partie d'oléate sec avec 2 parties d'eau froide , celle-ci est absorbée ; il se fait une gelée transparente : en ajoutant 2 parties d eau la gelée forme un liquide sirupeux , filant. 21 4* L'oléate de potasse étendu dans une grande quantité d'eau m'a paru se réduire à la longue en potasse qui reste en dissolution, et en un sur-oléate gélatineux qui se dépose. 21 5. I partie d'oléate de potasse mise avec 1 partie d'alcool d'une densité de 0,821 à la tempéra- ture de i3*, n'est pas dissoute. En élevant la tempé- rature à So"" la dissolution est complète : à /i&'iS elle se trouble; à 3i*, tout est pris en une masse molle ; à 1 2° la masse est solide ; si on ajoute 1 par- tie d'alcool, et si on fait chauffer, tout se dissout, la liqueur se refroidit à 12* sans se troubler; aban- donnée quelques heures à 1 o" , elle dépose des cris- taux d'oléate neutre. La liqueur qui reste contient Alcool 100 Oléate 46,4 216. 100 parties d'éther bouillant peuvent dis- soudre au moins 3,43 parties d'oléate. La disso- lution reste permanente à la température de i2\ 217. L'oléate de potasse n'est pas soluble dans l'eau de potasse concentrée , ni dans l'eau saturée du chlorure de potassium. OLE A TE s. 87 a 1 8. La solution aqueuse d'olëate de potasse est décomposée par les eaux de chaux , de strontiane et de baryte ; il se forme des oléates insolubles : elle lest également par tous les sels dont les bases sont des oléates insolubles. 2 1 9. Les acides sulfurique , sulfureux , phospho- rique, phosphoreux, borique; tous les acides, en un mot , qui sont solubles dans Teau , décom- posent l'oléate de potasse, ils s'emparent de la base et mettent l'acide en liberté. Il est remarquable que le gaz acide carbonique que l'on fait passer dans une solution aqueuse d'oléate de potasse à 5* de température, produit le même effet, lorsqu'on sait que l'acide oléique chauffé avec la potasse car* bonatée au milieu de l'eau en expulse l'acide car- bonique. L'oléate de potasse est décomposé par la pile , l'acide Ta au pdle positif, et la potasse au pôle négatif. ARTICLE II. Du sur-'Oléate de fwtasse. aao. Lorsqu'on met io!^,5 parties d*acide oléique hydraté avec 4oo parties d'eau qui contiennent 9^3 1 parties de potasse réelle, et qu'on fait digérer les matières à une douce chaleur, on obtient une masse gélatineuse que Ton peut étendre dans 1000 parties d'eau sans la dissoudre et sans qu'il se sé- pare d'acide oléique. L*eau dans laquelle le sur» 88 LIV. Ily CHAP. III. oléate est suspendu est très difficile à filtrer : elle retient toujours un peu de potasse , et probable- ment une certaine quantité d'acide. 221. Le sur-oléate de potasse est soluble dans Talcool bouillant et dans lalcool froid. La solution rougit fortement la teinture de tournesol. En ajou- tant de l'eau au mélange des liquides » la couleur repasse au bleu , parce que Talcali du tournesol qui s'était d'abord uni au sur-oléate se recombine au principe colorant; mais comme le sur- oléate ne se dépose que très lentement , il en faut con- clure que l'alcali du tournesol exerce encore quel- que action sur le sur-oléate ; à la vérité l'alcool qui est dans la liqueur peut contribuer à en retar- der la précipitation. ARTICLE III. De Coléate de $oude. GoaipoMtion Acide oléique loo Soude ii»B7 222. En essayant de déterminer la composition de ce sel par la quantité d'acide qui peut être dis- soute dans une eau de soude dont l'alcali réel est connu, on trouve que pour lOO d'acide réel il faut 10,46 de soude ; d'où il suit que la soude comme la potasse peut dissoudre un peu plus d'acide que la quantité nécessaire à sa neutralisation. PcéparatioD ^^3* ^^ >^ peuvent dissoudre d'ail 100 o,i5. quantité de | •ataié d« Tapif" ?"»« •Imoppl.ère Mturec de tapeui tioa de Of,oi8r*"«* • ^P'** *^ henn» û paraisMit SToir ptière , après tii fonn , était pftteosc et n*a point augmenté pendant nne nou- — idâm fi' i^* «onde ont été mis avec lo g. d'éther, . j/**"||!JJ\llir, il est rerté un résidu assci considé- MMUon MWM^i^nte qni avait la forme d'ane membrane. ^ léflidn cnii était sohible dans l'eau pour 'alcool ; la solution rougissait très forte- ^dde plus de l'acide oléiqne. • *7»H • • • , ,/ • o,o3 • • • ^ *» ï LIT. II, CHIP. nr. ACIDE PHOCENIQUB. 99 fc»>^^»'^^%i*'^%^i%»%'»i^»i^'^%i^»»%'^^%'^%^^»^%^%».^%^»^^%'^^»i%»%%%i CHAPITRE IV. DR l'acide PHOCiMIQCE ET DES PBOCÉNATBS. PREMIÈRE SECTION. Dl l'aCIDB fBOCiHIQOB. § I. Composition. \ a6o. L'acide phocénique analysé à l'état de phu- cénate de plomb sec a donné : poids 9 vol. Oxygène aÔj^S . . . . i Carbone 65yOo .... 3*17 Iljdrogène. . . . 8,a5 .... 4)94 261. 100 parties d'acide sec neutralisent une quantité de base qui contient 8,65 d oxygène; con- séquemment dans les pliocénates neutres l'oxy- gène de l'acide est sensiblement à celui de la base comme 3 : i. D'après cela^ et en admettant que l'a- cide est formé en volume de : Oxygène i Carbone S954 Hydrogène 49^7 /• 100 LIT. II, CHAP. IT. Sa composition sera : en atomes, copoidf. Oxygène. ... 3 . . 3oo . 26,o3o Carbone. ... lo . . ^5,3o . . 66,3go Hydrogène. . . 14 . . 87,36 . . 7,580 11 53,66 Goinpoûtioo 262. Lorsqu'on met o*,5oo d'acide phocénique * hydraté d'une densité de 0,932 ayec 5 à 6* de mas- sicot sec, à la température de 18*, l'union des corps a lieu presque instantanément ayec produc- tion de chaleur. Si l'on fait chauffer, il se dégage de l'eau qui serait plutôt alcaline qu'acide. La perte est de o*,o45;conséquemment l'hydrate estformé de Acide phocénique. . 0*4^^ . 91 . 100 Eau 0,045 . g . 9989 qui c. 8,792 d*ox. quantité qui est sensiblement le tiers de l'oxygène de l'acide sec*. < Si on admet que l'eau dégagée est produite aux dépens de rhydrogène de Tacide phocénique, et aux dépens de l'oxy- gène du massicot, la partie de l'acide qui reste fixée au plomb sera formée de poidt, Tol. Oiygèoe 51,670 • . . . t CarboDC ^99747 - • . • ^38 Hydrogène 7,583 . . • • 3,7 a 100,000 ACIDE PUOCENIQUB. 101 S IL Propriétés phy$ique$. a63. 11 est liquide à la température ordinaire , très mobile , semblable à une buile volatile ; il ne se congèle pas à 9* au-dessous de 0 ; il entre en ébullition à une température plus élevée que loo*. Il peut être distillé sans décomposition. 264* A aV sa densité est de 0,932 , car un fla- con contenant 6*,383 d'eau en contient 5'y94S d'acide. 265. U est incolore ; son odeur est très forte ; elle a de l'analogie à la fois avec l'odeur de l'acide acétique et avec celle du beurre fort ; cependant une fois qu'on l'a sentie , il est impossible de ne pas la distinguer de ces dernières. 266. Il mouille le verre , le papier , les étoffes , à la manière des bulles volatiles ; mais il laisse i ces corps une odeur extrêmement désagréable, qui est celle de l'huile de dauphin un peu vieille. 267. Il a une saveur acide très piquante, puis un goût éthéré de pomme de reinette. Il laisse sur les parties de la langue où on l'a appliqué une tache blanche. Rien dans sa saveur ne rappelle le goût du fromage , comme on le remarque pour l'acide butirique. La vapeur de l'acide phocénique a un goût sucré d'éther hydro-chlorique. 1051 LIT. II , CHAP. IT. § III. Propriétés chimiques quon observe sans que l'acide soit altéré. ActioQ d« 268. Il est peu soluble dans Teau. On peut dire ' *^'"' que 1 00 parties d'eau peuvent en dissoudre 5,5 par- ties au plus à la température de 3o* ; car 5* d eau qui ont déjà dissous o^,25 d'acide ne font pas dis- paraître o',o3 de nouvel acide qu'on y ajoute. 269. L'acide phosphorique sépare en partie sous la formé de gouttes oléagineuses l'acide pho- cénique de l'eau qui le tient en solution. Arr.oii do a«o. II se dissout en toutes proportions dans 1 alcool d'une densité de 0,794- 271. L'acide sulfurique concentré le dissout à i5* sans altération. Au moment du contact, il y a élévation de température ; l'eau qu'on ajoute à la solution en sépare une portion d'acide pliocénique; si elle est en excès, l'acide est redîssous. 27a. L'acide nitrique marquant 35* à l'aréo- mètre, le dissout difficilement à froid et ne parait pas l'altérer. 273. L'acide phocénique ne produit pas d'ef- fervescence quand on le met en contact avec du fer métallique, mais peu à peu celui-ci se dissout^ probablement en absorbant l'oxygène de l'atmo- sphère. La solution est colorée en rouge. Si tout le fer dissous n'est pas à l'état de peroxyde, on observe qu'en ajoutant de l'eau à la liqueur il se dépose du peroxyde ou du sous-phocénate de per- ACIDE PHOCENIQUE. 103 oxyde, et qu'il reste dans la liqueur du phocénate de protoxyde. § IV. Propriétés chimiques qu^on observa dans des circonstances où l'acide est altéré. 274» L'acide phocénique hydraté chauffé dans une cornue qui contient de Tair se décompose en partie. Il se produit une substance aromatique dont l'odeur est semblable à celle qui se manifeste lorsqu'on chauffe les phocénates ; elle reste dissoute dans la portion d'acide qui ne s'altère pa^ ; on peut l'y dé- montrer en chauffant le produit de la distillation avec le massicot ; l'acide se combine à cette base, et le principe aromatique ainsi que l'eau sont mis en liberté. 275. L'acide phocénique s'enflamme à la manière des huiles volatiles. 276. La solution d'acide phocénique dans l'a- cide sulfurîque, chauffée à loo*, ne se colore que très légèrement ; à une température plus élevée , elle entre en ébullition , de l'acide phocénique se dégage avec un peu d'acide sulfureux ; la liqueur ne noircit que lentement , ce qui prouve que l'a- cide sulfurique chaud n'a pas une action aussi forte sur l'acide phocénique que sur beaucoup d'au- tres substances organiques. Enfin il se développe une odeur éthérée ; et il reste une masse de char- bon assez abondante. 277. La solution aqueuse d'acide phocénique, en 104 LIT. II, CHAP. IT. se décomposant spontaDément dans un flacon qui n'en est pas entièrement rempli, e^iale l'odeur du cuir apprêté à Thuile de poisson. S V. Préparation. 278. Voyez livre III , chapitre i, § yi. Nomenclature. 379. Phocénique est dérivé de phoeema mar- souin. S YIL Siège et histoire. a8o. Je découvris Tacide phocénique dans l'huile des dauphins et des marsouins , en 1817. Je le dé- crivis , dans un mémoire lu à l'institut le 26 fé- vrier 1818, sous le nom d'acide delphinique. A la fin de la même année , je le trouvai dans les baies du vibumum opulus, où )'avais été conduit à le chercher d'après l'odeur que ces fruits exhalent lorsqu'on les écrase entre les doigts. Les baies de l'arbre cultivé dans les jardins contiennent moins d'acide que les baies de l'arbre qui croît spontané- ment dans les bois. J'ai cru observer que ce n'est qu'après la complète maturation que l'acide pho- cénique se forme. La raison qui m'a déterminé à changer le nom d'acide delphinique en celui de phocénique , c'est le pom de phocénine que j'ai donné à la substance ACIDE PHOCiNIQUE. 105 de rhuile des dauphins et des marsouins, qui m'a fourni le premier acide que j'ai examiné. Si on n'eût pas appelé delphine l'alcali végétal du delphi- nium, j'aurais préféré ce nom à celui de phocénine, parce que le nom d'acide delphinique aurait été coBservé. DEUXIÈMH SECTION. DES »HOcilfATBâ. ARTICLE rV Du phocénate de baryte. a8i. On neutralise l'eau de baryte par l'acide Prép«rttioo. phocénique , et on laisse évaporer la liqueur spon- tanément. dSs. 100 parties de phocénate de baryte en Conporitioa beaux cristaux transparents , exposées au vide sec à la température de ao à ^5*, sont devenues opaques et friables. Au bout de i lo heures , elles avaient perdu 2,4 1 parties. a83. 0^,200 de phocénate de baryte séchés dans le vide ont donné o',i58 de sulfate, qui représen- tent o',09o57, de base ; donc Acide. • . 100 Baryte. . • 82,77 qui coa tiennent 8,649 d'oxygène. 284. Lorsqu'on chauffe du phocénate de ba- 106 LIY. II, CHAP. lY. ryte humide dans une solution d'hydro-chlorate de chaux , une partie d'acide se dégage avec de l'eau ; si le sel a été préalablement séché dans le vide, il se développe une odeur aromatique qui n'est nullement acide, et qui paraît provenir d'une altération de l'acide. Si on pèse o*,200 du pho- cénate qui a été chauffé sec dans un bain d'hy- dro-chlorate de chaux, et qu'on l'expose sur un bain de sable assez chaud pour que le sel com- mence évidemment à se décomposer, on pourra n'obtenir aucune perte sensible ; si alors on chauffe graduellement le sel à la lampe à esprit de vin , on verra qu'il éprouvera une demi -fusion , et qu'aussitôt il se colore^ra : dans cet état, il peut n'avoir perdu que 0^,001. Enfin , si on continue à le chauffer , il se manifestera une odeur aromati- que d'huile de labiées sans odeur d'acide phocénî- que, et on obtiendra un résidu qui donnera oSi39 de sulfate de baryte, c'est-à-dire 0,09174 de ba- ryte ; donc le phocénate était composé de Acide. . . too Baryte. . . 84,7 qui contiennent 8,89 d*oxygène. Je pense que le premier résultat (279) doit être préféré à celui-ci. Forme et 285. Le pliocénatc de baryte est en gros cristaux transparents, incolores, d'un éclat gras. J'ai eu des polyèdres delà grosseur du pouce, qui m'ont PHOCÉNATES. IO7 paru octaèdres. Ces cristaux se pulvérisent aisé- ment par trituration. 1x86. Il est inodore quand il est conservé dans un odcur et MTeur. petit flacon fermé; mais si le sel est humide et si l'atmosphère du vaisseau contient de Tacide carbo- nique, celui-ci déplace une portion d'acide qui rend l'atmosphère odorante. L'odeur de l'acide phocéni- que se manifeste quand on écrase le sel entre les doigts, ou quand on imprègne le papier, les étoffes, d'une solution de phocénate de baryte. 287. Il croque sous les dents ; il a une saveur chaude, piquante, alcaline, douceâtre, puis le goût de l'acide phocénique. 288. Le phocénate de baryte est légèrement al- Action sur ?e . tournéBol. calin au papier de tournesol rouge. 289. 10* de phocénate de baryte en gros cris- ^^l!^^„^^ taux mis dans 20* d'eau à iS*" sont dissous. Si on fait concentrer doucement à pellicule sur un bain de sable , et qu'on place la capsule sur un poêle , sous une cloche , la température étant telle que la liqueur qui , à 1 5** serait visqueuse , soit suffisam- ment mobile pour permettre aux particules de cristalliser , on obtient de beaux polyèdres , et il se volatilise de l'eau. 290. 1 partie d'eau peut dissoudre, à 20*, 1 par- tie de phocénate de baryte. 291. Le phocénate de baryte n'est pas sensible- ment déliquescent à l'air. 292. La solution de phocénate de baryte éten- Teaa. 108 LIV. II, CHAP. IT. due d'eau et ayant le contact de Tair, se décompose spontanément. Elle dépose du sous*carbonate de baryte , et des flocons ; elle exhale Todeur du fromage de Roquefort. DiftiUatioo 293. o»,3 de phocénate distillé, dans un tube Date de bu- plein de mercure , se fondent et noircissent. — On ryte tans le , , contact de Obtient : riir/ < a Un résidu de sous - carbonate de baryte et de charbon ; dans une de mes expériences celui- ci pesait o',oo4 ; b Un liquide jaune, orangé, très mobile, très odo* rant , qui n'est point acide , et qui ne se dissout pas, au moins sur-le-champ, dans l'eau de potasse; c Un produit gazeux formé de 1*^ d'acide carbo- nique et de 37^,5 d'hydrogène percarburé. ARTICLE II. Du phocénate de strontiane. Préparation. ^94* ^^ ^^ prépare en neutralisant l'eau de strontiane par l'acide phocénique. agS. La solution évaporée dans une atmosphère séchée par la chaux rive donne des cristaux pris- matiques alongés , efflorescents. 296. La solution évaporée à l'air libre laisse un résidu dont la surface est comme vernie. Conipuéition 297. 100 parties de phocénate obtenues d'une solution qui a été évaporée à l'air libre perdent dans le vide sec 8,4^ d'eau. ^ne. PHOCÉIIATKS. 109 298. o'fioo de ce phocénate chauffés dans un creuset de platine se fondent presque au moment où ils donnent des signes de décomposition* 11 se dégage une odeur aromatique de labiées. Enfin il reste une quantité de base représentée par O*«o63de sulfate de strontiane. Adde . . . 63»46 • 100 Strontiane. 36,54 . 57,58quicontienn. S,8gd'oxjgèi 399. 11 a l'odeur de l'acide phocénique , et un Piopriétét. goût analogue à celui du phocénate de baryte. 5oo. Il est très soluble dans l'eau. — Lorsqu'on fait éraporer à siccité l'eau qui le tient en solution , et qu'on réduit le résidu en poudre fine, celle-ci, retirée du feu , présente un mouvement dont le résultat est la réunion des particules en petits grains. ARTICLE III. Du phocénate de chaux* 5oi. On neutralise l'acide phocénique dissous prcpant dans l'eau par le sous-carbonate de chaux ; on chauffe légèrement. La solution qu'on obtient, évaporée dans un air séché par la chaux , donne des cristaux prismatiques. 3oa. La solution évaporée à l'air libre cristallise en une masse formée de longues aiguilles blanches qui ont l'éclat de la chaux carbonatée fibreuse. ion. 1 10 LIT. II, CHAP. IF. Gonpoiition 3o3. 100 parties de phocénate de chaux, obte- nues d une solution évaporée à Tair libre, ont perdu dans le vide sec i3,g6 , mais de l'acide s'était vo- latilisé avec l'eau. 3o4. oSioo de phocénate sec ont donné une quantité de base représentée par o*,o5g de sulfate de chaux , donc Acide. . 75,5 1 5 • . 100 Chaux.. 24,4^5 . • 3a,43<>o Massicot. . m . 55^5 . 12497 qui contieaii. 8^04 d'oxyg. ARTICLE TH. Du souM'phocénate de plomb. 3i4« ^ous avons tu plus haut que Tacide pho- i^nique est susceptible de perdre son eau dliy- dratation en s'unissant à chaud au massicot sec. Si on applique Teau froide à ces matières après qu elles ont réagi, et si le massicot a été en ex- cès , on obtient une dissolution qui , évaporée dans le vide sec , cristallise en petites aiguilles brillantes groupées en demi -sphère; ces aiguilles sont un sous-phocénate de plomb , dans lequel la quantité de base est triple de celle du sel neutre ; car o*,5oo de ce sel décomposés par l'acide nitrique ont donné o^fOgo de massicot : donc Acide phocénlque. 110 .\ 100 Massicot 590 . 354»5 qui coDtienn. 15,34 d'oxyg. 3i5. Ce sel a une faible saveur d*acide phocéiii- que , et n'est pas très soluble daçs leau ; il attire l'acide carbonique de l'air; il n'est pas fusible. 8.* u/f LIV. II, CHAP. IV. PHOGÉNATES. ARTICLE VIII. I Du phocénate d'ammoniaque. 3i6. Si on plonge une petite cloche contenant de Tacide phocénique hydraté dans un flacon de gaz ammoniaque sec, il se produit d abord des cristaux sans qu'il y ait de fumée blanche , ce qui prouve que la tension de l'acide à la température ordinaire est bien faible. L'absorption continue lentement, et les cristaux se réduisent en un li- quide épais parfaitement incolore , et de la plus belle transparence D'après cela, il est vraisem- blable qu'il existe deux phocénates d'ammoniaque , l'un concret et l'autre liquide. LIT. II« CUAP. V. ACIDE Rt-TIRIQrE. Il5 CHAPITRE \. DE LACIDE BlTiaiQlE ET DES BUTIIIATES. PREMIÈRE SECTION. »B L*AC1DB SHTiaïQFB. § I. Composition. Tu 7. L*acidc butirique^ analysé a letat de bu- tirate de plomb sec, a donné en poids. en toI. Oxygène 3o,i7 1 Carbone 63,8a 3,72 Hydrogène 7,01 3,73 5 18. 100 parties d'acide sec neutralisent une quantité de base qui contient 10, 3 d*oxjgène; conséquemment dans les butirates neutres Toxy- gène de Tacide est sensiblement à celui de la base comme 3 : 1 • D'après cela , et en admettant que lacide butirique est formé en volume de Oxygène 1 Carbone ^1,67 llydrcigène 3*67 8. Il6 IIV. II, CHAP. T. sa composition sera en atomei. en poids. Oxjgèae. ... 3 . . . 3oo . . 3o,585 Carbone. ... 8 . . . 612924 • • 629417 Hydrogène. ..11... 68,64 • - 6*99^ 980,88 GompotUion jiQ. Lorsqu'on met o*,5oo d'acide butirique hydraté d'une densité de 0,967.5 avec 5 à 6* de massicot sec , à la température de iS*", l'union des corps a Heu presque instantanément avec dégage- ment de chaleur. Si l'on fait chauffer, il se dégage de l'eau, qui serait plutôt alcaline qu'acide ; la perte est de o*,o52; conséquemment l'hydrate est formé de Ac. butirique sec. o,44^ • >o<> Eau.. OyoSa . 11,6 qui contienn. io,3id'oxyg. quantité qui est sensiblement le tiers de l'oxygène de l'acide sec '. m ' Si on admet que Teau dégagée est produite aux dépens de l'hydrogène de I*acide butirique et aux dépens de Toxy- gène du massicot, la partie de l'acide qui reste 6xée au plomb sera formée de en poids. en vol. Oxygène 36,700 1 Carbone 56,95o 9,o4 Hydrogène. ..... ^ 6,35o 3,77 ACIDS BUTIRIQUE. II7 S II. Propriétés physiques. 3ao. 11 est liquide à la température ordinaire, très mobile, semblable à une huile Tolatile; il ne se coDgèle pas à 9* au-dessous de o ; il exige une tem- pérature plus élevée que 100* pour entrer en ébul- lition ; il peut être distillé sans décomposition. 3a 1. A 10* sa densité est de 0,9675. 3a a. U est incolore; son odeur a de l'analogie avec celles de Tacide acétique et du beurre fort , et par conséquent avec l'odeur de l'acide phocé- nique ; cependant elle est moins forte que celle de ce dernier, et quand on la connaît il est très fa- cile de l'en distinguer. Mis sur une lame de verre , il s évapore en totalité ; jeté sur du papier collé , qui n'imbibe pas l'eau sur-le*champ , il y fait une tache grasse qui répand une odeur de beurre, ou de fromage de Gruyère , suivant quelques person- nes. La tache disparait par la raison que l'acide s'évapore. 3a3. L'acide butirique a une saveur acide très forte , très piquante , et un arrière-goùt douceâtre qui n'est pas aussi prononcé que celui de la vapeur d'acide phocénique. Comme celui-ci, il blanchit les parties de la langue où on l'a appliqué. S IIL Propriétés chiinù/ues qu*on observe sans que C acide soit altéré. 3a4* L'eau le dissout crf toutes proportions ; et ^Yt'TJ, ' Il8 tIV. II, CHAP. V. ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'une dissolu- tion formée de a parties d'acide et de i partie d'eau a une densité de 1,001187 (car un flacon contenant l'ySgS d'eau contient i',4oa de dissolu- tion acide à la température de 7*). Action de ZaS. L'alcool d'une densité de 0,704 le dissout en toutes proportions : la dissolution a une odeur éthérée de pomme de reinette , qui devient de plus en plus marquée avec le temps. l'idde inUà. ^^®* L'acide sulfurique concentré le dissout à 1 5* n^uc- sans altération; il y a élévation de température. Aciion de ^2^. Usicide nitrique marquant 35* à l'aréomètre qae. ]e dissout à froid, à ce qu'il m'a paru sans altération. La dissolution exhale une légère odeur éthérée. Action du 328. L'acide butirique se comporte avec le fer comme l'acide phocénique , si ce n'est que la dis- solution ne précipite que très peu par l'eau , et que le précipité m'a paru se redissoudre dans uu excès de ce liquide. Action du 32g. Le potassium qu'on fait passer sur le mer- cure dans une cloche qui contient de l'acide buti- rique produit une effervescence assez vive , parce qu'il décompose l'eau de l'hydrate. Action de la 33o. L'acidc butiriquc s'unit facilement à la porc. graisse de porc fondue. Cette combinaison a tant de ressemblance avec le beurre quand elle est figée 9 par son odeur et sa saveur, que plusieurs personnes à qui j'en ai fait goûter y ont été trom- pées. Mais ce qui distingue ce beurre artificiel du ACIDB BUTIRIQCB. 1 19 beurre ordinaire , c'est qu'il perd tout son acide par sa simple exposition à Tair. La graisse qui contient de l'acide butirique en excès a une sareur sucrée très sensible. S IV. Propriéîéê cldmique$ ^u'on obierve dam des eircomtanees oU Cadde e$i attiré. 33 1 • L'acide butirique distillé a?ec le contact de l'air se comporte comme l'acide phocénique. 35a. Il brûle à la manière des huiles volatiles. 333. La solution d'acide butirique dans l'acide sulfurique, chauffée à loo*» ne se colore que très peu ; à une température plus élevée » elle entre en ébullition , de l'acide butirique se dégage avec un peu d'acide sulfureux. La liqueur noircit plu len- tement que la solution sulfurique d'acide phocé- nique (^76) , et elle donne beaucoup moins de charbon. S V. Nammdature. 334. Le nom spécifique de cet acide est dérivé de buHrum^ beurre. S VI. Siige et Histoire. 335. J'annonçai l'existence de l'acide butirique dans le savon de beurre et dans le tait de beurre à llnstitut, le 19 septembre 1814 ; mai» ce n'est que dans l'année 1818 que je parvins à l'isoler des acides caproîque et raprique. Voyez liv. IIL chap. i. 120 HT. II, CHAP. T. DEUXIÈME SECTION. DBS BUTI RATES. ARTICLE l*^ Du biitirate de baryte. « Préparation. 336. On neutralise de Feau de baryte par Tacide butirique : la solution éraporée spontanément cris- tallise en longs prismes aplatis. Gompoiition 33^, , qq parties de butirate qui avaient été préa- lablement exposées à Tair sec ont perdu dans le vide sec à la température de no 4 âS*" , par une exposition de 24!^^^^^ 1 9 5o partie. 118 a,35 338. Le butirate exposé dans un bain bouillant d'hydro-chlorate de cbaux n'a rien laissé dégager. CbaufiEé avec précaution dans un creuset jusqu'à ce qu'il ait été fondu en verre transparent, il n'a rien perdu. o',4o<> ^^ ^^ butirate ont donné o',3oi de sulfate de baryte, qui représentent 0^,1975 de base ; donc Acide. ^ OyOcaS . 5o,6a5 . 100 Baryte.. o^ig^S . 49>37S • g^y^quicon.iOyig^d'oxyg. Forme. 339. ^^ cristallise en prismes aplatis de Oy'^ooi BVT1RATE8. lai à o*90oa de largeur et de o*,o3a de longueur ; ils sont transparents , flexibles comme plusieurs sels ammoniacaux ; ils ont un éclat gras. Ils conservent leur transparence dans le vide sec. 34o. Le butirate de baryte a une odeur forte de beurre frais. Sa saveur est alcaline , chaude , barytique avec le goût du beurre. 34 1 • A la température de 1 0*9 une solution aqueu- se saturée de butirate de baryte est formée de Eau. SeL 100 36,07 342. Une parcelle de butirate de baryte jetée sur Teau, s*y meut avec rapidité comme le fait un petit morceau de camphre: elle finit par être dissoute. 343. La solution de ce sel est légèrement alca- line au papier rouge de tournesol. L*acide carbo- nique* en en précipitant des atomes de sous-carbo- nate de baryte , met une portion d'acide butirique en liberté. 344* 10^ de butirate de baryte sec ont été mis pendant trois jours en contact avec 70* d*alcool à 5*. 345. lo'^oaS de solution évaporée ont laissé oFf025 de résidu sec. 346. 55' de solution alcoolique de butirate ont été distillés. Le produit n'avait pas d'action sur le tournesol ; cependant, l'ayant concentré sur la ba- ryte , il fournit oSoi de butirate sec , entièrement Odeur H MTeur. Action d« l'eau. Art ion de l'alcool d'iiitr drn- »iU-dcu,7>|i Ï22 LIV. II, r.HAP. V. soluble dans Teau froide. Gonséquemment Talcoot arait séparé de Tacide butirique du butirate de baryte. 347. Le butirate indissous dans Talcool a été dissous dans Teau , excepté une trace de sous-car- bonate de baryte. 348« J'ai conservé du butirate de baryte pen- dant neuf ans à l'état solide , sans rien observer qui annonçât quelque altération sensible, abstrac- tion faite de la petite quantité de carbonate qui avait été produite par l'acide carbonique de l'air. 349. La dissolution aqueuse de butirate de ba- ryte ne ma pas paru éprouver de changement sen- sible , au moins pendant le temps où le phocénate de baryte se décompose. dï*b!,S 35o. o«,3 de butirate de baryte ont été distillés de baryte, j^us uu petit tubc dc vcrrc préalablement rempli de mercure , et communiquant à une cloche gra- duée , pleine de ce métal; le sel s'est fondu, il a dégagé des gaz et une vapeur blanche qui s'est con- densée en un liquide jaune. La distillation a été commencée à la lampe à esprit de vin , et achevée au charbon ; le tube a été porté au rouge cerise. Ce n'est qu'à cette dernière époque de l'opération que le résidu a noirci sensiblement, parce qu'un peu de charbon a été mis ù nu ; en cela le butirate de baryte diffère du phocénate de même base , qui noircit très promptement par l'action de la chaleur. A, néfidu. C'était un mélange de sous-carbonate de baryte BCTIHATBS. ia3 et de charbon : celui-ci n'était qu'eu très petite quantité , car il pesait o^^oo i . Il était jaune-orangé, très mobile ; son odeur, s. Liquide. extrêmement forte, était celle des plantes aromati- ques de la famille des labiées : plusieurs personnes ont cru reconnaître Todeur de l'absinthe ou celle du coing. Le papier de tournesol sec qu'on y a fait passer n'a pas été rougi. Le potassium m'a paru en dégager lentement de l'hydrogène , mais en très petite quantité. Le volume de ce liquide était sen- siblement égal i celui du produit liquide du pho- rénate de baryte. Il était formé de 1^^*95 d'hydrogène percarburé r.Pnxiuit et de o^jS d'acide carbonique. ABTICLB II. Du butiraie de iironiiane. 35 1. Elle est la même que celle du butirate de Prfpaniiioo. baryte. 35a. o*,! de butirate de strontiane sec a été Co«po«iroo chauffé dans un creuset de platine : il a roussi pres- que au même instant où il s'est fondu. Le résidu a donné o%079 de sulfate de strontiane, qui repré- sentent 0*904058 de strontiane. Acide. • . • 5g,42 . • loo Strootiane. ^^SS . . 68,3 qui contienn. io,55d*ozjgène. 353. Sou odeur est analogue à celle du butirate odcur. de baryte. Forme. Action de l'eau. ia4 ^^^' ^^9 CHAP. y. 354- Il cristallise en longs prismes aplatis , semblables à ceux du butirate de baryte. 355. A 4'' une solution saturée de ce sel est formée de Eau. Sel. lOO 53,34. ARTICLE 111. Du butirate de chaux. Préparation. 356. Elle est la même que celle du butirate de baryte. compofitiun 35^^ q«^ j qq Jç butiratc de chaux bien sec, chauf- fés dans un creuset de platine, se sont fondus, ont exhalé une odeur d'huile essentielle de labiées et ont laissé une quantité de base représentée par o',o65 de sulfate de chaux ; donc Acide butirique. 73,00 5 • 100 Chaux ^^995 • 36,97 qui cent. 10,39 ^*oxyi;. Odeur. Forme. Artiuo de l'eau. 358. Son odeur est analogue à celle du butirate de baryte. 359. Il cristallise en aiguilles ou en prismes très minces parfaitement transparents. 360. A i5* une solution saturée de ce sel est formée de Eau. Sel. 100 17,58 Cette solution cristallise si abondamment par BUTIHATES. 125 la chaleur, qu'elle se prend en masse. Les cristaux sont redissous complètement lorsque les matières sont revenues à la température de 1 5*. Pourbîen ob- server ces effets, il faut introduire la solution dans un tube de verre étroit que Ton scelle à la lampe. En chau£Eaint d*abord la partie inférieure du tube avec la flamme d*une allumette, puis la partie supérieure , on voit les cristaux se former de bas en haut, sans qu*on puisse attribuer la cristallisa- tion à révaporation du liquide. Après que les cris- taux sont formés , on peut renverser le tube sans qu*il tombe de liquide ; enfin en plongeant le tube dans l'eau froide les cristaux sont redissous. 36 1. 2 parties de bu tira te de chaux et 3 parties de butirate de baryte dissoutes dans Teau donnent, par révaporation spontanée, des cristaux octaè- dres formés par les deux butirates. ARTICLE IV. Du butirate de potasse. 362. On le prépare en neutralisant de leau P^pâraiioo. de potasse ou du sous-carbonate de potasse par lacide butirique dissous dans leau. 363. o** I oo décomposés par l'acide hydro-chlo- ComposUioû rique ont donné 0*^060 de chlorure de potassium . qui représentent 0*^03796 de potasse ; donc Acîdc butirique. 6a«o^. 100 PoUi«9c 37,96 . 6i,a qui contienn. 10,37 d*oi}(;. 1 acide bnti riqae 126 tIV. II, CHAP. V. Odeur et 364- H a Todcur des butirates, une saveur dou- '*^*"'' ceâtre , et le goût du beurre. Forme. ^^S. Il ne crîstallise que confusément en choux- fleurs, et à une température de 25 à 30*". Action de 366. Il est très déliqucsceut. A iS"", loo parties d'eau ont dissous i a5 de butirate de potasse , et la solution n'était pas saturée. Action da 367. Si OU dissout 5oo parties de butirate de pouue^sur potassc ( qui contiennent 307 parties d'acide ) dans 400 parties d'eau, et si on y ajoute ii5 d'acide butirique hydraté (qui contiennent 102 d'acide), on obtient une solution qui à froid n'a aucune ac- tion sensible sur le papier bleu de tournesol sec , quoiqu'elle contienne en sus du point de neutra- lisation Y de la quantité d'acide nécessaire pour neutraliser son alcali. 368. Si on approche du feu le papier de tour- nesol , celui-ci devient parfaitement bleu dans la partie qui est imprégnée de butirate. Si alors on ajoute de l'eau sur cette même partie , elle devient rouge ; en faisant chauffer le papier pour volatiliser l'eau, la couleur bleue reparait; et en l'humectant de nouveau , il redevient rouge. On peut répéter ces changements alternatifs un assez grand nombre de fois ; cependant il arrive un instant où ils ne se reproduisent plus , parce que tout l'acide en excès a été volatilisé. 369. La liqueur dont je parle ne dissout pas h froid le sous-carbonate de potasse calciné ; mais BCTIRATE5. 1^7 à chaud elle le dissout avec cffenrescencc. Quand on y ajoute de leau , elle acquiert la propriété de rougir le papier de tournesol et de dissoudre avec efienrescence le sous-carbonate de potasse. 370. Les expériences que je viens de rap* porter font voir, i* que la couleur rouge du tour- nesol fixée au papier a pour l'alcali , qui la rend bleue, une affinité plus puissante que Tacide buti- rique qui est en excès dans la solution concentrée du butirate de potasse ; a* Que Teau ajoutée à cette solution fait prédo- miner au contraire l'affinité de Tacide butirique sur celle de la couleur du tournesol ; 3* Que Teau ajoutée étant ensuite soustraite par une évaporation lente, Tacide butirique qui s'é- tait uni à l'alcali du tournesol est remis en liberté parce que le principe colorant se recombine à cette base. ARTICLE V. Du butirate de soude. 37 1 . On le prépare comme le précédent. Prêp«r«iM»o. 37a. 0^,100 de butirate de soude qui avait été Compofiiion séché jusqu'à ce qu'il ne perdit plus rien par une chaleur insuffisante pour le décomposer , a donné o*,5/| de chlorure de sodium , qui roprcsentont 128 LIV. II, CHAP. V. o',02878 de soude; donc Acide. . ^i^aa . . loo Soude. . 28,78 . . 4û qui contiennent io,!i3 d*ozygène. Propriér^s. 573. Elles sont analogues à celles du butirate de potasse ; mais il est moins déliquescent. ABTICLE IV. Du butirate de plomb. 374* Lorsqu'on fait évaporer une solution de bu- tirate de plomb , dans laquelle on entretient un ex- cès d'acide , on obtient un résidu fusible qui est un butirate neutre. 375. La solution de butirate neutre , évaporée dans le vide sec , cristallise en très fines aiguilles soyeuses • o*,aoo de ces aiguilles décomposés par l'acide nitrique ont donné 0%i2i de massicot; donc Acide. • • 39,5 . • 100 Massicot.. 60,5 • . 1 53, 16 qui contiennent 10,95 d'ozyg. 375 bis. Le butirate neutre de plomb,distillé dans un tube de verre plein de mercure 9 donne de l'eau , très peu d'huile odorante , en comparaison de la quantité d'huile qu'on obtient du butirate de ba- ryte, du gaz carbonique , de l'hydrogène percar- buré. Le premier de ces gaz est au second , en volume, : : 9 : 1. Le résidu de la distillation est un mélange de massicot et de plomb. BUTIRATfiS. 129 ARTICLE VII. Du êouê-butirate de plomb. 376» J'ai décrit (3 18) les phénomènes que pré- sente Tacide butirique hydraté lorsqu'il est en con- tact avec un excès de massicot. Si on applique l'eau froide au résultat de l'action de ces corps , on obtient une dissolution qui , évaporée dans le vide sec , laisse un butirate qui contient trois fois plus de base que le butirate neutre ; car o',5oo de ce butirate, décomposés par l'acide nitrique, ont donné 0*9405 de massicot « Acide 9S . ig • 100 Maflsioot. . . . . 40S .81. 4^>3qujcont So^S^ d'oxyg. 377. Le sous-butirate de plomb ne se fond pas au feu ; sa saveur est faible : il ne m'a pas paru très soluble dans Teau. Cette solution absorbe ra- pidement l'acide carbonique de l'air. 378. D est remarquable que l'acide butirique et l'acide phocénique ont cette analogie avec l'acide acétique , que leur sous-sel de plomb contient trois fois autant de base que leur sel neutre. 9 1^0 LIV. II, CHAP. V. ARTICI£ VIII. Du butirate de cuivre. Gompotition 379. 1 00 parties de butirate de cuivre cristallisé ' exposées pendant un mois au vide sec , perdent à peine i partie. Le sel conserve sa forme et sa couleur , seulement sa transparence est altérée. 38o. 0^9 1 00 de butirate qui avait été exposé au vide sec , décomposés par Tacide nitrique , ont donné o',o3o d'oxyde de cuivre brun. Il suit de là que le sel contient de l'eau de cristallisation , car d'après la composition du butirate de baryte , i oo d'acide butirique sec doivent saturer 53, o4 d'oxyde, au lieu de 4^985 parties que donne l'analyse. Si on calcule la composition du butirate de cuivre que j'ai analysé , il devait être formé de Eau 1 5^ ai qui contiennent 11,74 ^'<>xy g. Acide 56979 Ozjde 3o,oo 6,o5 Forme. 38 1. Haûy a décrit de la manière suivante la forme des cristaux de butirate de cuivre. ' Je préviens que les cristaux de butirate de cuivre que je décris ici ont été préparés il j a huL^ ans, époque où je n'avais point encore de procédé sûr pour obtenir Tacide butirique à rétat de pureté ; je n'affirme donc pas qu'on doive les con- sidérer comme un sel aussi pur que tous les autres bu tirâtes qui font le sujet de cette section. BUTIRATBS. l3l «La forme la plus composée de ces cristaux »e8t celle d'un prisme à huit pans terminé de » chaque côté par une base oblique, avec trois » facettes dont chacune remplace une des arêtes si- » tuées au contour de cette base. La figure repré- «sente la moitié supérieure d'un de ces cristaux. 9 Les lettres c^d, fj g indiquent les quatre pans 9 du prisme situés en ayant ; a , la base oblique ; b , » l'une des facettes additionnelles qui est tournée » du même côté ; A et n, deux autres facettes situées »du côté opposé ; les pans d, g paraissent perpeni- » diculaires l'un sur l'autre. » 38^2. Lorsqu'on expose à loo"" une solution de bu- tirate de cuivre dans l'eau , elle se trouble et dépose une matière bleue qui se convertit en oxyde brun qu'on peut dissoudre complètement dans l'acide acétique. Si l'on distille la solution de butirate séparée de son dépôt , on obtient de l'acide buti- rique dans le récipient ; et en faisant évaporer à plusieurs reprises le résidu de la distillation , on finit par volatiliser tout l'acide , et précipiter toute la base. Ce résultat est d'autant plus remarquable qu'on peut exposer les cristaux de butirate de cuivre à la température dé loo"" pendant plusieurs heures sans qu'ils éprouvent le moindre change- ment sensible. 9' IJ2 LIV. II, CHAP. V. ARTICLE IX. Du butirate de zinc: 583. L'acide butirique étendu d'eau dissout à froid le sous-carbonate de zinc avec effervescence. La liqueur rougit le papier de tournesol , lors même qu'elle est restée un mois en contact avec un excès de carbonate. 384. ^^ solution filtrée , évaporée dans le vide sec , donne des cristaux brillants , lamelleux , qui ont l'odeur et la saveur des butirates. 385. 0', 1 00 de cristaux exposés pendant un mois au vide sec , décomposés par l'acide nitrique et la calcination , ont donné o',o35 d'oxyde ; consé- quemment le butirate de zinc est formé de Acide. . . 65. . . loo Oxjde.. . 55. . . 55,84 qui contieDoent 10,69 d'oxygène. 386. La solution de butirate de zinc se trouble avant ile bouillir. Par la concentration, il se vola- tilise de l'acide butirique, et il se dépose une ma- tière blanche qui est ou un sous-butirate ou de l'oxyde. Enfin on obtient un résidu qui se fond à une légère chaleur , mais qui est évidemment mêlé d'une matière infusible , soit du sous-butirate, soit de l'oxyde de zinc pur. Si l'on ajoute de l'eau au résidu , et qu'on le fasse chauffer doucement , il se dégage encore de l'acide butirique , et on finit BUTI&ATB8. l33 par obtenir une matière infusible, qui retient d'au- tant moins d*acide qu'elle a été traitée un plus grand nombre de fois par Teau et la chaleur. Dans une de mes expériences le résidu était formé de Acide loo Oxyde i5a5 ARTICLE X« Du butirate d'ammoniaque. 587. L'acide butirique hydraté se comporte avec le gaz ammoniaque de la même manière que l'a* cide phocénique. Il se produit des cristaux qui fi- nissent par se réduire en un liquide épais , trans- parent et incolore. 11 existe donc probablement un butirate concret et un butirate liquide. 388. J'ai observé qu'à la longue le butirate li- quide se prend en aiguilles , au moins quand on l'abandonne dans une atmosphère de gat ammo-« niaque. i34 iiv. II, cuÀP. VI. %<*^»< ^^^^m%^%^*^/9/%^^*f*^/m^mM0m^m^^^m^^^ »»^ •^^^^m^^t/m^M^à^^^^0mmm^*>*^im^^ ^^^Mt%^^'%^^ CHAPITRE VL DE l'acide CÂPROÏQUB ET DES CAPHOATES. PREMIÈRE SECTION ,f DK L ACIDB CAPAOIQUB. § I. Composition, 389. L'acide caproïque , brûlé à Tétat de ca- proate de plomb sec , a donné enpotd». eoTol. Oxygène 32,67 ...... 1 Carbone. 68^53 3,g4 Hydrogène 9,00 6,53 390. 100 parties d'acide caproïque sec neutra- lisent une quantité de base qui contient 7,5 d'oxy- gène ; conséquemment dans les caproates neutres l'oxygène de l'acide est sensiblement à celui de la base : : 3 : 1. D'après cela, et en admettant que l'acide caproïque est formé en volume de Oxygène 1 Carbone 4 Hydrogène 6,334 ACIDE caproIque. i35 sa composition sera en atomes. en poidt. Oxygèoe. . • . 3 . . Soc^oo . . 9S,439 Carboae. • . . 19 . . giS^SÔ*. • 689699 Hydrogèae.. . 19 • . ii8,56 . . 8,869 133699a 100,000 391. Lorsqu'on met o»,55i d'acide caproîque S?i"Sde^hy! hydraté d'une densité de 0,922 a?ec 5 à 6' de mas- ^*** sicot , les corps s'unissent en dégageant de la cha- leur. En faisant chauffer les matières , il se dégage 0^,043 d'eau qui serait plutôt alcaline qu'acide; conséquemroent l'hydrate est formé de Acide. . 5o8 . . 100 Eau. • . 43 • • 8,660 qui oootienneot 7,698 d*oxygène; quantité qui est un peu plus forte que le tiers de la quantité d'oxygène contenue dans l'acide '. ■ Si on admet que l'eau dégagée est produite aux dépens de l'hydrogène de l'adde caproique et aux dépens de Tozy- gène du massicot, la partie de Tadde qui reste fixée au plomb sera formée de en poids. en vol. Oijgène sSyio t Carbone 63,44 s,^ HydroK^ae 8,36 4*7^ i36 LIV. II, CHAP. VI. § II. Propriétés physiques. 390. Il e8t liquide à la température ordinaire , très mobile , semblable à une huile volatile ; il ne se congèle pas à 9* au-dessous de o : il peut être distillé sans décomposition. 391. A 26"", sa densité est de 0,922 ; car un fla- con contenant o',647 d'eau, contient 0^,597 d'a- cide caproîque. 392. Il est incolore ; son odeur est celle de l'a- cide acétique très faible, ou plutôt jcelle de la sueur ; il n'a rien qui rappelle l'odeur de l'acide butirique. 393. Il a une saveur acide piquante , et ua ar- rière-goût douceâtre qui est plus prononcé que celui de l'acide butirique. Il blanchit les parties de la langue sur lesquelles on l'a appliqué. § III. Propriétés chimiques qu'on observe sans que l'acide soit altéré. Action de Teaa. Action de i'alcoot. 394* L'eau n'en dissout qu'une très petite quan«* tité ; car, à la température de 7*, o', 1 4 d'acide ayant été agités avec i3*,4o d'eau n'ont pas été complè- tement dissous ; conséquemment 100 parties d'eau n'ont pas dissous complètement 1 ,o4 partie d'acide. 395. L'alcool d'une densité de 0,794 le dissout en toutes proportions. ACIDE CAP&OÎQUE. l5'J 396. Il s'unit à Tacide sulfurique concentré avec dégagement de chaleur. L'eau qu'on ajoute à la so- lution en sépare une portion d'acide caproîque. 397. L'acide nitrique marquant 35* à l'aréo- mètre le dissout difficilement à froid , et ne parait pas l'altérer. 398. Il se comporte avec le fer à la manière de l'acide phocénique. S IV. Propriétés chimiques qu'on observe dans des circonstances où l'acide est altéré. 399. L'acide caproîque distillé avec le contact de l'air se comporte comme l'acide phocénique. 400. Il brûle avec flamme comme les huiles vo- latiles. 401. La solution sulfurique d'acide caproîque chauffée à 1 00* ne se colore que très peu : à une température plus élevée , elle se colore plus tôt que la solution sulfurique d'acide butirique ; elle entre en ébullition , et l'acide caproîque se dégage avec un peu d'acide sulfureux. Le résidu de charbon est plus abondant que celui de la solution sulfu- rique d'acide butirique. § y. Préparation. 4oa. Voyez livre 111 , chapitre I. § YI. Nomenclature. .|o3. Caproîque y est dérivé de capra, chèvre. l38 LI¥. II, CHÀP. VI. S VIL Siège. 404. Il se trouve dans le savon des beurres de va< che et de chèvre. S VIII. Histoire, 405. Je le découvris en 1818. DEUXIÈME SECTION. DBS CAPEOâTBS. ARTICLE I*'. Du eaproate de baryte. Composition ^^g^ j)^ caproate de baryte en lames , d'un blanc d'émail , ayant été exposé au vide sec pen- dant huit jours , n'a rien perdu. 407. o'yioo de caproate sec ont été mis dans un creuset de platine , et chauffés à la lampe à al- cool ; le sel s est parfaitement fondu , sans donner aucun signe d'altération ; ce n'est que peu à peu qu'il a noirci et dégagé une odeur aromatique très prononcée. Le sous-carbonate de baryte restant a produit oSo64 de sulfate, qui représentent o,'o4 1 9 de base , donc Acide caproïqoe. 58,oo . 100 Baryte 4^»^'^ • 7^>4 1 <|u> cont. 7,57 d*ozygène. CAPKOATES. |39 4o8. Lorsque la température à laquelle on ex- Pome. pose la solution de caproate de baryte est à 18* ou au-dessous , le sel cristallise en lames dont quel- ques unes sont hexagonales. Ces lames sont très brillantes tant qu'elles sont humides ; mais expo- sées à Tair, elles s'effleurissent et présentent alors l'aspect gras du talc. Elles sont souvent groupées en crêtes de coq; j*en ai obtenu de o",oi à o",o3 de longueur. /|og. Lorsque la température à laquelle on ex- pose la solution de caproate de barjte est de 3o* et même au-dessous , le sel cristallise en aiguilles de o*,oi à o*,oa5de longueur, qui se groupent de diverses manières. 410. Son odeur est celle de Tacide caproique, quand le caproate est humide et exposé à l'air. Il aune saveur alcaline, barjtique , et le goût de l'a- cide caproique. 4ii* 100 parties d'eau à io%5 dissolvent 8,0a AcUoa dr parties de caproate de baryte. 0d«tir et saveor. l'MS. ARTICLE 11. Du caproate de ttroniiane. 4 1 a* o*, 1 00 de cristaux en lames efneurios « qui CoMpoiitioD ne perdaient rien à la température de 100*, chauf- fés dans un creuset de platine , se sont fondus en exhalant une forte odeur de labiées. Ils ont laissé une quantité de base représentée par o^,o58 de Forme. l40 LIT. II, CHAP. YI. sulfate de strontiane, qui contiennent o*,o348 de base ; donc Acide caproîque. 67,51 . 100 StroDtiane. . . . Si^Gg . 4^,56quicontieoD. 7,5od*ox7g. 4i3. Le caproate de strontiane cristallise en la- mes de o",o3 à o"',o4 de longueur , qui sont trans- parentes tant qu'elles restent dans la dissolution où elles se sont formées ; mais par leur exposition à Tair elles deviennent d*un blanc d email. 41 4* EU^s soi^t l^s mêmes que celles du butirate de baryte. 4i5. A 10*5 100 parties d'eau ont dissous 9,o5 parties de caproate de strontiane. ARTICLE m. Du caproate de chaux. Composition ^16. 0^,100 dc caproatc de chaux se sont fon- dus , ont exhalé une forte odeur de labiées, et ont laissé une cendre qui a donné o*,o5o de sulfate de chaux, ou o*,0!2077 de base. Acide. . 79,33 . . 100 Chaux. . 30,77 • • 26,33 qui contienoent 7,36 d'oxyg. 41 7* Le caproate de chaux est en lames très bril- lantes parmi lesquelles on en distingue de carrées. 4 18. A i4*9 100 parties d'eau ont dissous a,o4 parties de caproate de chaux. Odeur et saveur. Action de Tean. Forme. Action de Tean. CAPEOATE8. l4l ARTICLE IV. Du caproate de potaue. 419- On neutralise le sous-carbonate de potasse Propriété*, par Tacide eaproîque à chaud , puis on abandonne la liqueur à Tair. 420. 0^,100 de caproate de potasse, qui ne déga- conpotuioo geait pas d eau quand on l'exposait dans un tube de verre à une température voisine de celle où il s'altère , décomposés par Tacide hydrochlorique , ont donné 0^,047 de chlorure de potassium , qui représentent 0^,0297 de potasse. Acide. . . 70,36 • . 100 Potasse. . 39,73 • . 4^,5o qui contiennent 7,17 d*oxjf g. 421. La solution évaporée se prend en une masse Propriei<-i. gélatineuse de la plus belle transparence. Cette masse exposée à l'action de la chaleur devient d'un blanc d'émail. ARTICLE V. Du caproate de soude. 422. On le prépare comme le précédent. Pirpiraiii»». '|23. o', 100 de caproate de soude, qui ne dé- Compotitè.m gageait pas d'eau quand on le chauffait dans un tube de verre, avant de se décomposer, a donné l4â l'IV- Il 9 CHAP. VI. CAPROATES. 0*9041 àe chlorure de sodium, qui représentent 0%02i3 de soude, donc Acide. . . 78,15 • . 100 Soude.. . a 1,85 . . 37,96 qui contiennent 7,1 5 d*oxy g. Piépantioo. 4^4- ^ ^'^îi* 9 ^^ solutiou couceutrée se prend en une masse blanche qui paraît être effleurie. ARTICLE VI. Du caproate d'ammoniaque. 425. L'acide caproïque hydraté se comporte avec le gaz ammoniaque comme Tacide butirique. Il y a donc probablement un caproate concret et un caproate liquide. LIT. II, CHAP. VII. ACIDE CAPftlQUE. l43 <%^»^%%<%'^^%'%%i^'^»^^».^^*^»%<%^%>»^»*^«v%^»»»iv^%'^%^%^%^^^*^^%^%'*^»^<»%^<^ CHAPITRE VIL DE LACIDE CAPRIQLE ET DES CAPRATE8. PREMIERE SECTION DI L*ÂCIDI CAMIQUI. § L Composition. 4a6. L*acide caprique analysé à Tétat de ca- prate de plomb sec a donné en poids. eo vol. Oxygène iG^aS i Carbone 74«oo • • • • SypS Hydrogène. . . . 997^ %63 437. Si on admet que 100 parties d*acide sec neutralisent une quantité de base qui contient le tiers de son oxygène, et de plus que l'acide sec est formé en volume de Oxygène • Carbone ^' Hydrogène 9*^»*» l44 I-ÏV. II, CHAP. VII. L'acide sera formé de en atomef. en poidi . Oxygène. ... 5 . . . 3oo . . . 16,142 Carbone. ... 18 . . . 1377954 . • • 749*^^ Hydrogène. • .^ ag • . . 180,96 . . . 99737 i858,5o 100,000 Dans cette hypothèse, 100 d'acide neutralise- raient dans les bases 5958 d'oxygène. Or, au lieu de cette quantité, j^ai trouvé 5,89 pour le caprate de baryte, quantité qui multipliée par 3=^17967, ce qui diffère très sensiblement de la proportion des éléments de l'acide déterminée par l'expérience. J'aurais bien désiré pouvoir répéter mon analyse ; mais cela m'a été impossible , n'ayant eu que a* d'acide caprique hydraté à ma disposition pour toutes les expériences auxquelles je l'ai soumis. Composition /^aS. o«,55o d'acidc caprique hydraté mis avec prique hy- 5« dc massicot s'v sout rapidement unis en dé- draté d'une j , 1 , ^ ï . 1 «.1 deniité de gageant de la chaleur. En faisant chauffer les ma- '^' " tières, il s'est volatilisé o',o38 d'une eau qui n'était ni odorante ni acide : donc Acide caprique. o,5ia . . 100 Eau 0,038 . . 7,4 qui cont. 6, 696 d'oxygène. Telle est la composition de l'acide dont je vais examiner les propriétés. Il n'est pas douteux que si je l'eusse soumis au même traitement que les acides phocénique , butirique et caproïque hy- ACIDE CAPBIQOB* l45 diatës , j'aurais obtenu un hydrate dont Toxygène de Teau eût été le tien de Toxygène de Tacide. S II. PraprUtéê phytiquit. 429. De Tacide caprique hydraté renfenné dans un petit flacon qu'il remplissait entièrement à la température de 93*, était liquide à 1 1*,5 ; mais le flacon ayant été ouvert et l'acide ayant été agité, sur-le-champ celui-ci s'est congelé en petites aiguilles absolument incolores, qui à i6*,5 ont conservé leur état solide ; à 1 8 , elles étaient com- plètement liquéfiées. 430. A la température de 18*, l'acide caprique hydraté avait une densité de 0,9103 , car un flacon qui contenait 0^,647 d'eau contenait 0^,589 d'acide caprique. 43 1. L'acide caprique a l'odeur de l'acide ca- proique avec une légère odeur de bouc ; sa saveur est acide , brûlante , avec un léger goût de bouc. C'est cette dernière propriété qui distingue sa ja- veur de celle de l'acide caproîque. $ III. PraprUtit ehimiqueê. 43a. Il est très peu soluble dans l'eau i la tem- pérature de 20*. 1 0* de ce liquide ont dissous 0^,0 1 d'acide hydraté. Ayant ajouté o',oo5 , la solution n'était pas complète au bout d'un mois : d'où il suit que 100 parties d'eau ne peuvent dissoudre com- plètement 0,1 5 partie d'acide caprique. 10 l46 LIV- II» CHAP. VII. ♦433. n est soluble dans l'alcool en toutes pro- portions. § IV. Préparation. 434. Fayez livre III , chapitre i. § y. Nomenclature. 435. Caprique est dérivé de capra , chèvre. § VI. Siège. 436. Il se trouve dans le savon du beurre de vache. S VII. Hiitoire. 437. Je le découvris en 1818. DEUXIEME SECTION DBA CAPRATBS. ARTICLE l*^. Caprate de baryte Préparnion. 438. On ueutralisc l'eau de baryte par l'acide caprique hydraté. CAPRATES. l47 439. 1 00 parties de caprate de baryte en cri«- coiDpo«iikm taux , exposées pendant quatre-vingt-seize heures au vide sec , ont perdu a,2i : les cristaux avaient conservé leur éclat. Le sel ayant été pulvérisé, puis exposé pendant quatre-vingt-seize heures au vide sec , n'a plus diminué de poids. 44o« 0*9 100 de caprate de baryte sec chauffés dans un petit creuset de platine se sont ramollis, et ont en même temps exhalé une odeur grasse et empyreumatique mêlée d'une odeur de bouc ; bientôt après le sel s*est fondu , s*est coloré , et a ex halé une odeur aromatique de labiées. Le sous- carbonate restant a donné o^^oSà de sulfate, qui représentent o,o36o8 de baryte, donc Acide caprique. 63,ga . • 100 Baryte 36,o8 . . S6,45 qui cont S,8g d*oxygène. 44 1 • I^ caprate de baryte qui a cristallisé rapi- f<>»<'* dément par le refroidissement d'une solution qu'on a concentrée, est en fmes écailles brillantes, très légères , d'un aspect gras. 44^* Celui qui a cristallisé lentement par évapo- ration spontanée , est en globules de la grosseur d'un grain de chenevis. En examinant ces cristaux à la loupe , on aperçoit des facettes dont quelques unes paraissent triangulaires et d'autres carrées ou rhomboîdales ; sous certaines inclinaisons , ils lan- cent des reflets très brillants, ce qui contraste avec Taspect du cristal qui est un peu terne. 10. Odear et safear. Densité. Action de iVân. l48 LIV- II, CHAP. TH. 443- Son odeur n'a rien de butirique, c'est celle de Tacide caproîque avec quelque chose de Todeur du bouc : elle se manifeste surtout quand le sel est pressé entre les doigts et qu'il est légèrement hu- mecté. 444* B ^ ^^^ sàreur faible, alcaline, amère^ barytique , et le goût particulier à son aeide. 44^* £11^ ^^^ plus grande que celle de l'eau. Quand on répand le caprate de baryte sur l'eau , s'il j en a une portion qui reste à la surface du li- quide, cela est dû à une couche d'air qui adhère au sel. 446- Uq^ solution aqueuse de caprate de ba- ryte saturée à ao* est formée de Eau. Sel. lOO 0,5 447* Cette solution est alcaline ; l'acide carbo- nique en sépare un atome de sous^carbonate de Décompofi- baryte. lion «ponta- née du ca- 44^* Ud© souitîon dc captate étendu et conser- prate de ba- , _ i <« » . » rrte dis8oo« Ycc daus un flacou bouche , qui n en est rempli dam l'ean. , .«v • i «.r ir qu au sixième environ de sa capacité , se décom- pose peu à peu; il se dépose du sous-carbonate de baryte qui est coloré en jaune par une matière or- ganique et des flocons blancs légers ; il se développe en même temps une odeur qui est absolument CAPRATES. l49 celle que le goût reconnaît au fromage de Ro- quefort. Cette odeur se dissipe lorsqu'on fait bouil- lir la solution du caprate altéré. Le phocénate de baryte dans les mêmes circonstances présente le même résultat. 449- o',3oo de caprate de baryte sec , distillés Action dq dans un tube plein de mercure , donnent : (à) Un résidu de sous-carbonate de baryte mêlé de 0*9002 de charbon. (b) Un liquide d'un Jaune roux, ayant une odeur forte de labiées , mêlée d'une odeur empyreum an- tique; il se congèle en partie ; il n'a pas d'action sur le papier de tournesol ; avec le temps l'odeur de labiées se dissipe. (c) Un produit gazeux formé de o*'%4 d'acide carbonique et de ao"^ d'hydrogène percarburé. ARTICLE II. Du caprate de strontiane. 450. On neutralise l'eau de strontiane par l'a- Préparation. cide caprique; et on abandonne la solution à l'air libre. . 45 1. 0*9 100 de caprate de strontiane chauffés composition dans un creuset se sont fondus 9 ont noirci , ont exhalé une odeur légèrement aromatique mêlée d'une odeur d'huile empyreumatique. Le résidu a Action de l'eau. IDO LIV. Il, CHAP. Vil. GAPRATES. donné o',o49 ^^ sulfate de strontiane qui repré- sentent 0^,03762 de base , donc Acide. . . . 79,38 . . 100 Strontiane. . 37962 • . 38 qui condenn. 5,77 d'oxygène. 45a. A la température de 18'', 100 parties d'eau ont dissous o,5 parties de caprate de strontiane. LIV. II, CHAP. yni. ACIDE BIICIQUB. l5l imi^^^mm ^m^^^^tm t0^mm>m0^w9mt^^0^ » *^ %%<%^^^»%^»^^%^^^<%i^»»^ •^^««mmmmaaa^mm^ CHAPITRE VIIL DE LACIDE HIRCIQUE. 453. La quantité d'acide hircique que j'ai pu examiner était si petite que mes expériences ont été très bornées. Les propriétés que j'ai reconnues à cet acide sont les suivantes : 454* A l'état d'hydrate il est incolore, encore 11-* quide à o , plus léger que Teau ; il a l'odeur de Ta- cide acétique et celle du bouc ; il est volatil. Il est peu soluble dans 1 eau. Il est très soluble dans Talcool. Il rougit fortement la teinture de tournesol. Llùrciate de potasse est déliquescent. L'hirciate de baryte n'est pas très soluble dans l'eau. Lliirciate d'ammoniaque a une odeur de bouc plus prononcée que celle de l'acide. J'ai fait un seul essai pour déterminer la capa- cité de saturation de l'acide hircique , et j'ai opéré sur une si petite quantité de matière que je ne publierais pas le résultat de mon expérience , s'il était facile de se procurer quelques grammes de cet acide. lb2 UV. II9 GHÀP. TIII. ACIDE HIEGIQUC 0*901 5 dliirciate de baryte sec ont été dissous sans effenrescence par Tacide nitrique. Le nitrate de baryte a donné o'^oio de sulfate » qui repré- sente o*tOo6563 de base ; donc Acide hirciqu^, . 100 Baryte 77,79 qui contiennent 8,139 d'oxygène. tif. II9 CHAP. IX. CHOLESTÉBINE. 1 55 mm0^%mmmmim^»0^0»i***m^0mmi%mm0timmmMmw*m%mm*0*^i^^mm^t9mm t^mtmm »^%%%i%%i%<%*^«%^^»% CHAPITRE IX. DB LA CH0LE8TERINE. § I. Composition. ea poids. en vol. 455. Oxygène. . . • S^oaS • . 100 ... 1. CttboQe. • • . SSyOgS • • aSiS . • • 369^7 Hydrogène . . 1 1^880 . . S9997 . . . 63,o3 S II. Propriéiéê phytiqueê. 456. Elle est solide jusqu'à la température de 137*9 où elle in*a paru se fondre. Quand elle est liquide » si on la laisse refroidir lentement , elle cristallise en lames rayonnëes. On l'obtient aussi sous la forme d'écaillés très brillantes lorsqu'elle se sépare lentement d'une dissolution alcoolique. 457. A une température voisine de 36o* <, elle se vaporise dans le vide sans décomposition. 458. Elle est insipide , inodore ou presque ino- dore. S III. Propriétés chimiques qu*on observe sans que ta chotestérine soit altérée. 459. Elle est insoluble dans l'eau. l54 l'IV. II, CHAP. IX. 460. 1 00 parties d'alcool d'une densité de 0,81 6 bouillant ont dissous 18 parties de cholestérine. 1 00 parties d'alcool d'une densité de o,84o bouil- lant en ont dissous 11 924. Les solutions alcooliques en se refroidissant dé- posent la plus grande partie de la cholestérine, sous la forme d'écaillés brillantes. 46 1* La cholestérine n'a aucune action sur le tournesol et sur l'hématine. Aux réactifs colorés elle n'est donc ni acide ni alcaline. 46a. Elle ne dégage pas d'eau quand on la chauffe doucement avec du massicot. 463. La cholestérine traitée par l'eau de potasse bouillante pendant au moins cent heures n'éprouve aucune altération: c'est ce que l'expérience suivante prouve. On met dans un matras de deux litres de capacité i* de cholestérine avec 3o' d'eau tenant 1' de potasse en dissolution ; on fait bouillir pen- dant vingt-quatre heures , en ayant soin de rem- placer l'eau qui se vaporise. La liqueur mousse beaucoup par l'agitation ; quelques flocons jaunes s'en séparent par le repos 9 mais presque toute la cholestérine conserve son apparence cristalline. On ajoute 4' àe potasse ; on continue de faire bouillir pendant quinze jours au moins six à sept heures chaque jour. Après ce temps , il y a un dépôt en partie gélatineux ; on étend d'eau et on filtre. La li- queur filtrée , concentrée , se prend en gelée par la concentration et le refroidissement ; cette gelée est CHOLESTiRINE. l55 un siliciate de potasse. La silice provient du verre du ballon. L'eau-mère de cette gelée , concentrée à plusieurs reprises , et refroidie chaque fois jusqu'à ce qu'elle cesse de se troubler, ne dépose que quelques centigrammes de silice colorée en jaune quand on la neutralise par l'acide hydrochlorique. La liqueur , filtrée et évaporée à siccité, laisse une matière qui ne cède à l'alcool que des traces d'une substance jaune soluble dans l'eau , et d'une ma- tière huileuse orangée qui provient de quelques atomes de cholestérine altérés par l'action de l'air et de la chaleur. Ce qui n'est pas dissous est du chlorure de potassium pur. Quant au dépôt en partie gélatineux , on trouve , après l'avoir lavé et desséché, qu'il est formé de silice colorée en rose par de l'oxyde de fer, et de cholestérine qu'on peut en séparer au moyen de l'alcool bouillant. Cette cholestérine se dépose par le refroidissement sous la forme d'écaillés brillantes, nacrées, fusibles à 137*; qui, redissoutes de nouveau dansl'alcooK n'ont aucune action sur le tournesol et l'héma- tine, et qui ne laissent pas de résidu après la combustion. Ce résultat est conforme à celui de M. Powel . et contraire à ceux de Fourcroy et de M. Bostock , qui ont considéré la cholestérine comme une substance saponifiable. l56 LIV. II, CHAP. IX. § lY. Prapriéiés chimiques qu'on observe dans des circonstances où la chotestérine est altérée. Action de b 4^4* ^* ^^ cholestérioe chauffés dans une cornue v!àr^ * de verre se fondent , exhalent une légère vapeur, puis entrent en ébullitîon. La cholestérine se co- lore eu jaune, puis en brun ; elle ne laisse qu'une trace de charbon. Presque tout le produit de la distillation est liquide et d'apparence huileuse ; il ne rougit pas le papier de tournesol , et il ne con- tient pas d'ammoniaque. La portion qui a distillé d'abord est incolore ; celle qui a distillé à la fin de l'opération est colorée en jaune roux. Ce pro- duit se compose d'une portion de cholestérine non altérée , et d'une huile empyreumatique qui tient la cholestérine à l'état liquide. 465. La cholestérine , chauffée suffisamment avec le contact de l'air , s'enflamme à la manière de la cire. AciioD de 4^* o**^ ^^ cholcstérinc en paillettes ne sont Hqaêà66«' P^s plus ^^^ oais en contact dans un tube de verre de ÎJcTdê rS! ^" 9^ ' ^^ diamètre intérieur, avec a« d'acide sulfuri- que à la température de 27*, qu'ils deviennent d'un orangé rouge ; les paillettes se soudent bientôt les unes aux autres, et après deux heures elles sont réu- nies à la surface de l'acide en une matière d'un brun rouge, d'aspect bitumineux. A cette époque, il y a un dégagement d'acide sulfureux sensible à l'odorat ; et GHOLCSTÉRINE» iS^ Tacide sulfurique est coloré en jaune brun. La co-^ loration subite de la cholestérine par Tacide sulfu- rique la distingue des acides stéarique , margari- que et oléique , ainsi que de la cétine. Après un contact de huit jours, le liquide est d'un rouge noir, et la matière, d'aspect bitumineux, est réduite en une masse visqueuse noire ; la cholestérine est de toutes les espèces de corps gras celle qui pro- duit le plus d'acide sulfureux à froid. En chauffant les matières à loo* pendant une heure , il s'en dé- gage de l'acide sulfureux sans effervescence , qui est méjé certainement d'acide hydrosulfurique. Au-dessus de loo*, il y a effervescence et carboni- sation de la cholestérine. 467. â* de cholestérine , chauffés avec 200* d'à- Action de cide nitrique marquant Sa' à l'aréomètre, produi- * 'que?'"" sent assez promptement de la vapeur nitreuse ; la cholestérine se ramollit, jaunit, puis se convertit en une substance liquide jaune. En opérant comme il est dit (4^), on obtient un résidu jaune, as- tringent et amer, pesant i',637, que l'on réduit en extrait aqueux A , et en extrait alcoolique B. 468» Evaporé au bain-marie, il laisse une ma- ^.Extrait tière syrupeuse jaune , d'une saveur acide , amère "*!"«"'• et astringente , qui précipite fortement la gélatine et l'acétate de plomb. 469. Le précipité qu'elle forme avec ce dernier est jaune-foncé. Séché et distillé dans un tube plein de mercure parfaitement purgé d'air, il donne un l58 LIY. II9 GHAP. IX. peu d'eau et d'huile odorante, et pour o*,5,439i centimètres cubes d'un produit gazeux formé de Acide carbonique 36, 5o Gaz azote 0,90 Gaz hydrogène carburé 1,87 Gaz hydrogène 3,83 470. Ce précipité , distillé dans un tube avec le contact de l'air, donne un produit aromatique am- moniacal. 471* Lorsqu'on le décompose par l'acide hydro- sulfurique , après l'avoir délayé dans l'eau , on ob- tient une liqueur qui , étant évaporée , laisse une substance jaune, acide, légèrement astringente au goût , dont la solution ne précipite que très légè- rement la gélatine. 472. Le liquide d'où le précipité de plomb s'est séparé, évaporé, donne un second précipité Jaune 9 dont la couleur est plu9 franche que celle du premier. 473. La liqueur d'où le second précipité s'est sé- paré, passée à l'acide hydro-sulfurique, puis filtrée et évaporée, ne donne qu'une trace d'une substance jaune, astringente, qui m'a paru analogue à celle que le sel de plomb avait précipitée. B. Elirait 474- Évaporé à siccité , il laisse o', 1 5 d'une ma* alcoolique. ^^^^ jaunc transparente ayant l'aspect d'un vernis. Cette matière est soluble dans l'alcool ; en y versant de l'eau et faisant chauffer, il se sépare une substance CHOLESTÉRINK. l59 réstnoïde orangée, soluble dans Teau de potasse , et on obtient une solution aqueuse d'une substance qui est moins astringente que la matière de Cextrait A. (485). 476. Il est probable que si l'action de l'acide ni- trique était suffisamment prolonge , toute la sub- stance résinoîde se conyertiraitensubstance soluble. § V. Préparation. 476. Il suffit de dissoudre dans l'alcool bouillant des calculs biliaires humains de cholestérine préa- lablement lavée avec de l'eau, de filtrer la solution alcoolique chaude , pour obtenir ensuite , lorsque la liqueur refroidit, la cholestérine cristallisée : il ne s'agit plus que de filtrer , passer de l'alcool froid sur la matière restée sur le fiHre, puis de la faire sécher. Si les cristaux étaient colorés , il faudrait les redissoudre de nouveau dans l'alcool bouillant. § YL Nomenclature. 477. De y/tîk^ et çfipeà, bile solide. 8 VIL Histoire. 478. Poulletier de la Salle a obtenu le premier la cholestérine en traitant des calculs biliaires hu- mains par l'alcool bouillant. Fourcroy a rapproché l60 LIY. II 9 GHAP. IX. CHOLESTÉBINE. cette substance d'une matière grasse qu'il obtint en 1 785 d'un foie humain qui s'était décomposé spontanément à l'air libre » et d'une autre matière grasse qu'il obtint en 1 786 de cadayres qui avaient été enfouis dans la terre. Il a considéré ces trois substances ainsi que la cétine comme une même espèce de corps qu'il a appelée adipoeire. Dans un mémoire que je présentai à l'Institut, le 19 septem- bre 1814? je fis voir que la cholestérine est essen-* tiellemcnt différente de la cétine et de la matière grasse des cadavres ; et je caractérisai ces trois substances par la manière très diverse dont cha- cune se comporte avec la potasse : voyez livre lY, chapitre iv. LIV. II, CHAP. X. ÉTHAL. 161 m ^» ^»^^i»%^%»%^%«»^<%^<»»»%<^^^ ¥m0%^0mm^^ *^^^^<»^^<»^<»»»%»%^%^>»%<»^%<»^»»% CHAPITRE X. DE l'ÉTHAL. § I. Composition, 4-9 «n poid«. rn volane. Oxygène. . . 6,3888 . . . 100 .... 1 Carbone. . . 7997660 . . . 1 368,40 .... 16960 Hydrogène. . 13994^3 . . . 331974 • • • • 55,54 ce qui équiranl Hyd.percarb. . 93,935 . 100 16 Eao 7907^ • 7961 . 3,00 •« {S 6 carb. 3 hydro. ( 3 hydro. 480. La composition de 1 ethal est sans doute re- marquable, non seulement parce qu'elle peut être représentée par de l'hydrogène percarburé plus de l'eau, mais encore parce que la proportion de ces deux composés qui la représentent parait être elle- même en rapport simple avec les proportions d'hy- drogène percarburé et d'eau qui représentent la composition de l'alcool et de l'éther. En effet 100 parties d'hydrogène percarburé en poids, étant unies à 63,5i5 d'eau dans l'alcool* à 3i,6i dans 1 1 l62 LIV. Il , CIIAP. X réther, et à 7,61 dans 1 ethal, on voit que ces pro- portions sont entre elles à très peu près comme les nombres, 8, 4 9 i- § IL Propriétés physiques. 481. Il est incolore, il a la demi-transparence de la cire, il est solide à la température ordinaire. Lors- qu'on le fond avec de leau , et qu'on plonge un thermomètre dans le mélange , le thermomètre marque So** et remonte à 5i'',5,quand la congélation s opère; mais quand on fond Téthal sans eau, le thermomètre indique 48* au moment de la con- gélation. Refroidi lentement, 1 ethal cristallise en petites lames brillantes, et on aperçoit quelquefois à sa surface des aiguilles radiées. 11 se volatilise à une température qui est sensiblement inférieure à celle nécessaire pour volatiliser les corps gras non acides ; on en a la preuve lorsqu'on saponifie de la cétine par la potasse dans une capsule de porcelaine au-dessus de laquelle on a placé un entonnoir de verre : en portant la température jusqu'à faire bouillir le liquide , les parois de l'entonnoir se re- couvrent d'une matière blanche qui est de l'éthal. Enfm en chauffant l'éthal sur un bain de sable dans une petite capsule , on peut le volatiliser en totalité. 48s. L'éthal est inodorc, ou presque inodore , et insipide. KTiiAi.. i(n ^. III. Propriétés chimiques quon observe sans que fét/uit soit altéré. 483. L'alcool dune densité de 0,8 1 2 le dissout en toutes proportions à la température de 54*; lorsque l'éthal se dépose lentement de sa dissolution, il cristallise en petites lames qui sont brillantes « mais moins que la rétine. Sa solution n a aucune action sur le tournesol bleu , sur le tournesol rouge et sur rhématine , lors même qu'on y ajoute une quantité d'eau telle que la précipitation de l'éthal n'a pas lieu. 484* Il ne dégage pns d'eau quand on le cliauffn avec le massicot. 485. L ethal plongé dans I Vau froide ne s'y dissout pas ; le seul effet qu'il éprouve est de devenir légè- rement blanc à sa surface, ce qui est dû probable- ment à un peu d'eau interposée ; si on le retire du liquide, et si on Texpose un moment au soleil , il reprend son premier aspect, et alors il ne laisse dégager aucune trace de Tapeur d'eau lorsqu'on le fond dans un tube de verre fermé à un bout. 486. L*étbal chauffé dans de l'eau pure et dans de l'eau alcalisée n'éprouve aucune espèce de change- ment ; et quand on a lavé plusieurs fois celui qui a été digéré dans l'eau alcaline, on le trouve abso- lument exempt de potasse, d'où il suit que l'é- thal n est pas susceptible do se combiner avec cette base. 1 1. l64 LIV. II, CHAP. X. 487. Si Taction de l'eau de potasse est nulle sur 1 ethal pur, il n'en est pas de même lorsque Yiihal est uni avec une très faible quantité dHune combinais- son d'acide margarique et d'acide oléique fusible à 20" environ: c'est ce que j'ai eu l'occasion d'ob- server dans les circonstances suiyantes. J'ai pris de l'éthal qui retenait un peu d'acide margarique et d'acide oléique, je l'ai fait digérer dans de l'eau avec son poids de potasse , et j'ai^ fini par ob- tenir une matière savonneuse flexible, légèrement ci- trine, qui se fondait entre 64* et 6o*, après avoir été séparée de l'eau alcaline où elle avait digéré. Je vais en faire connaître les propriétés; je la désignerai sous le nom de matière savonneuse flexible. Matière ^gS. o* ^^00 àe matière savonneuseflexibU^Qxxi avait flexible, été préalablement agitée dans l'eau , puis pressée fortement entre des papiers , et enfin fondue , ont été traités par l'acide bydrochlorique. On a obtenu o',o47 de chlorure de potassium qui représentent 0^,0297 de potasse et o*,4oo d'éthal uni à une pe- tite quantité d'acides margarique et oléique ; cet éthal se fondait à 50"" : donc Ethal 4^0 loo Potasse 5o 7,5 489. o',5oo de matière savonneuse flexible mis avec 20" d'eau, ont perdu leur demi-transparence et leur légère couleur citrine; eu absorbant ce liquide « ils sont devenus blanc de lait. Après une macéra- \ ÉTIIAL. l65 tien dé trois heures , on a fait bouillir ; il s'est pro- duit une émulsiou parfaite , qui ayant été concen- trée à la moitié de son volume , s est recouverte de gouttelettes jaunâtres, d'apparence huileuse, les- quelles par le refroidissement se sont figées , ont absorbé de Teau et ont formé un liquide épais , blanc , mucilagineux. On a étendu cette matière d'une grande quantité d'eau, et on l'a jetée sur un filtre où on a lavé la matière insoluble, jusqu'à oe que le lavage n'ait plus eu d'action sur l'hématine. 490. Les lavages contenaient un peu de savon i-»**»^». d'acides margarique et oléique, mais cette quantité était si petite qu'on ne put obtenir ces acides réunis en globules après avoir ajouté de l'acide hydrochlo- rique aux lavages concentrés. 491- La matière lavée ressemblait à de la gelée ^aVée'^ d'hydrate d'alumine ; chauffée doucement dans une petite capsule de platine, elle s'est changée en un li- quide laiteux et mobile, qui s'est recouvert bientôt de gouttes huileuses jaunes. La matière retirée du feu s'est prise en un mucilage opaque par le refroi- dissement. Enfin , ayant chassé toute l'eau du mu- cilage, on a obtenu une matière qui étant fondue ressemblait à une huile jaune : elle était formée Matière grasse très légèrement acide au tournesol . . 100 Potasse o,63 492.11 suit de ce qui précède, i*" que l'eau a enlevé à la matière savonneuse flexible une grande partie de l66 LIV. II, CUÂP. X. sa potasse et un peu d'acides margarique et oléique, 2* que la matière lavée avait encore la faculté de faire un mucilage avec Teau, quoiqu'elle ne contînt que très peu de potasse. 493. Si on traite la matière lavée par Tacide hydro* chlorique pour la dépouiller de la totalité de son alcali , on obtient une substance qui ne fait pas de mucilage avec Teau; elle blanchit simplement; mais si on y ajoute quelques gouttes d'eau de po- tasse , sur-le-champ le mucilage est produit. Si l'alcali est en excès, le mucilage n'est point ho- mogène, il est grumeleux, parce que Teau alca- line trop forte ne peut pas s'y interposer aussi bien que celle qui est faible. Cet effet est analogue à celui que présente une solution alcaline qui ne dis^ sont pas le savon quand elle a un certain degré de concentration. 494- Il est inutile d'ajouter que quand on a neu- tralisé par l'eau de baryte les acides margarique et oléique qui sont unis à l'éthal, on peut en appli- quant l'alcool d'une densité de 0,791 au résidu desséché, obtenir l'éthal parfaitement pur. 495. 60 parties d'une combinaison d'acide mar- garique et d'acide oléique fusible à 45"" unies à 4o parties d'éthal, forment un composé qui se fond de ^iS'^à.V*"- KÏHAL. 167 § IV. Propriétés chimiques qu'on observe dans des circonstances oii l*éthal est altéré. 496. L'éthal suffisamment chauffé avec le contact de Tair brûle comme la cire. Aq7. oSa d'éthal ont été mis dans un tube de ,^<^'.'j» <*« ferrc de o",oi de diamètre intérieur avec 2' d'acide furique à 66- Burl'éthal, sulfurique, à la température de l8^ Après cinq aveciecon- j .w , 1 .11 lacldcrair. mmutes de contact, lethal est toujours blanc. Après deux heures , il est très légèrement roux et il n'y a pas ou il n'y a qu'extrêmement peu de gaz sulfureux développé; l'acide n'est pas coloré. Après vingt-quatre heures, l'éthal a éprouvé un commencement de ramollissement ; l'acide est lé- gèrement ci^n. Après huit jours , l'éthal n'est pas dissous ; il forme une couche solide à la surface de l'acide, d'un blanc tirant sur le roux; les par- ties de cette couche qui sont en contact avec l'air ont une couleur pourpre : il n'y a pas d'acide sul- fureux sensible au papier de tournesol; l'acide sul- furique est citrin et légèrement opaque dans la couche qui touche Téthal. 498. A 1 00* l'éthal se fond et se colore fortement en rouge brun ; du gaz sulfureux se dégage ; la plus grande partie de l'éthal n'est pas dissoute : l'acide sulfurique n'est que très légèrement coloré. En cela l'éthal se comporte bien différemment de l'acide stéarique, de l'acide oléique , de la stéarine et de l'oléine. Aclioo de l'acide nitri' que. A. Eitrait aqueuK. Cristaux acides. B. Extrait alcoolique* HuHe. Liquide aqueux. (iOnsidéra* 168 tIV. II, CHAP. X. 499«A une température supérieure à loo"", l'é- thal noircit sans se mêler à Tacide sulfurique ; il se dégage du gaz sulfureux , mêlé , je crois , d'a- cide hydrosulfurique. 5oo. 2* d*éthal et 200^ d*a«îde nitrique marquant Sa"" à raréomètre, n'ont pas d'action à froid. Si on chauffe les matières, on observe après une heure qu'il s'est produit beaucoup d'acide nitreux. En opérant comme il est dit (46) on obtient un résidu pesant 1^,7359 4)resque incolore, acide, cristallin, que l'on réduit eu extrait aqueux A, et en extrait alcoolique B. 5oi. Il donne des cristaux acides et une eau- mère, qui n'est que très légèrement colorée en jaune : elle n'est point astringente, et ne précipite pas l'eau de chaux. 5oâ. Us sont semblables aux cristaux acides pré- parés avec l'acide stéarique (48). 5o3. Évaporé à siccité, il laisse un résidu de o*,o85 ; si on le reprend par l'alcool et si on mêle la solution à l'eau, on obtient une huile qui n'est qu'en très petite quantité , et un liquide aqueux. 5o4* Elle & une saveur légèrement amère : elle me parait d'ailleurs analogue à l'huile de l'acide stéarique (5i); elle se comporte comme cette der- nière avec le papier de tournesol. 505. Il contient les mêmes substances que l'extrait jé. 506. Quand on compare l'alcool , l'éther et Té- BTHAL. 169 thaï, entre eux, on voit les caractères des corps gras diminuer dans ces composés, à partir de celui qui contient le moins d'eau. Ainsi l'éthal est tout-à- fait insoluble dans ce liquide ; il est volatil comme une espèce de cire; il est très inflammable. L'éther sulfurique , par sa légère solubilité dans Teau , s'é- loigne déjà des corps gras. Enfin Talcool , moins inflammable que l'éther, peut s'unir à l'eau en toutes proportions; et il est remarquable que, par cette union , U perd de son affinité pour les sub- stances grasses, qu'il dissout en grande quantité quand il est déphlegmé , en même temps qu'il de- vient susceptible de dissoudre des matières très solu- bles dans l'eau, comme le sucre, sur lesquelles il n'a pas ou que très peu d'action lorsqu'il est concentré. S y. Préparation. 507. ( f^oyez livre III , chapitre 11 ). S yi. Nomenclature. 508. J'ai formé le nom d'éthal avec les deux premières syllabes des mots ither et alcool, d'après l'analogie de composition qui existe entre les trois substances. S yil. Histoire. 509. Je parlai le premier de 1 ethal , dans un mémoire lu à l'Iustitut le 116 février 1818. tjoat tur rétlul. 1^0 LIV. II, CHAP. XI. « ^ % ^/^ ^»i'^ ^ ^w* %^^»^>%»^ ^■^%i^^^i»% ^^fc%/%^^^^^im«^>^^<^<^^^^^>'^^^'^^*^'^ CHAPITRE XL DE LA €ÉTINE. § 1. Composition, «) • O. en poids. «n vol. Oxygène. , . ^ ^,478 . . 100 1 Carbone 81,660 . . 149O97 • • 19948 Hydrogène. . . 12,862 . . a34,8 . . 37,70 § IL Propriétés physiques, 5 1 1 . Elle se fond à 49*^ par le refroidissement, elle se prend en une masse incolore , lamelleuse , brillante. A une température Yoisine de 36o^, elle se volatilise sans décomposition; elle a une très légère odeur ; elle est insipide. § III. Propriétés chimiques qu'on observe sans que la cétine soit altérée^ Ô12. Elle est insoluble dans Teau. 5 1 3. 1 00 parties d*alcool d'une densité de 0,82 1 bouillant dissolvent â,5 parties de cétine. La so- lution dépose en refroidissant une grande partie de C£TI3kE. 171 cétine 5008 la forme de cristaux lamelfeiix • bril- lants et nacrés. Si 4- Ld cétine n'a aucune action sur les tein- tures de tournesol et d'hématine. ^ IV. Prapriétét chimiques qu'on observe dans des circonstances oit la cétine est altérée. 5t5. La potasse en réagissant sur la cétine à ^ctioiideU la température de do à 90*, la convertit en éthaK ^^JSe!' et en acides margarique et oléique. Voyez pour le détail de l'opération le % ti du chapitre 11 du livre m. 5 16. On prend 1 1* d*acide margarique fusible à Anioade u 5'|% 7» de cétine fusible à 48*; on les met dans un J^JÏ^'Jd, ballon de verre d'une capacité de 1 3 décilitres ; on ^'^J^i^*' ajoute 1 6* d'eau et 1 8' de potasse à l'alcool ; on fait *'«••».•»' •■ chauffer : les matières forment un magma gélati- neux ; on verse sur le magma 1 00' d'eau « et on fait bouillir pendant une demi-heure; on laisse macérer les matières pendant deux jours, puis on fait digé- rer pendant deux heures. Le liquide ne devient pas transparent ; on ajoute «loo* d'eau et on fait bouil- lir pendant quelques minutes ; enfm on plonge un thermomètre dans le ballon et on observe pendant le refroidissement les phénomènes que je vais dé- crire. A loo*, le liquide est laiteux* sans pour- tant présenter de flocons : à 66" il commence à <*éclaircir sensiblement, et alors on aperçoit dans rintérieiir des floeons demi-transparents. A fio*, il 1^2 LIV. II, GHAP. XI. est si limpide, que si on place sous le ballon un livre dont les caractères sont en petit' texte , on les lit sans peine. Le liquide conserve sa transpa- rence jusqu'à 56""; mais à partir de ce terme, il commence à la perdre peu à peu. A 54*9 la lec- * ture est moins facile qu'à SG"; à 5â*, elle est diffi- cile ; à 5o*, elle est absolument impossible ; on distingue à peine le noir des caractères du blanc du papier. Ensuite des flocons blancs se produisent dans les parties qui se refroidissent le plus , et à 46* la liqueur est blancbe et si visqueuse qu'elle semble ne former qu'une gelée nacrée. A 4^*9 elle est tout-à-fait opaque ; enfin à mesure qu'elle se re- froidit davantage, elle perd de sa viscosité; et, ce qu'il y a de remarquable, c'est que si on l'aban- donne à elle-même pendant plusieurs jours, il se produit une masse solide , nageant dans un liquide parfaitement transparent , ainsi que cela arrive au sang. 517. Dans l'expérience que je viens de rapporter, toute la cétine n'avait pas éprouvé le changement dont elle est susceptible quand elle est soumise à l'action de la potasse; carie poids de la graisse acide était au poids de la caisse non acide :: 474 • 526, au lieu du rapport de 60 :.4o> qui est celui que j'ai eu pour les produits delà cétine traitée directe- ment par la potasse '. ' Eo traitant de nouveau la graisse non acide par la po- CÉTINE. 175 5 18. Je ferai plusieurs remarques au sujet des résultats précédents. i"* Il n'est pas nécessaire que toute la cétine mise en contact avec de la potasse etdumargarate de po- tasse soit saponifiée pour qu'on obserye les phé- nomènes dont j'ai parlé ( 5 16 ), et j'ajouterai qu'ils se sont manifestés dans une expérience où la cétine avait donné 37,87 de graisse acide 9 et 6â, 1 5 de graisse non acide'; mais dans cette expérience le liquide n'a été transparent que depuis 69** jus- qu'à 57"* environ , tandis que dans la première il l'avoit été depuis 60" jusqu'à 56". 2"* La présence du margarate de potasse favorise beaucoup l'action de la potasse sur la cétine; car dans l'expérience décrite ( 5i6 ), le poids de la cétine acidifiée était de S'^ogS, tandis que dans une expérience faite comparativement avec celle- là 9 et absolument dans les mêmes circonstances 9 où on a exposé 7* de cétine fusible à 48" à l'action de 1 l'de potasse dissous dans l'eau, sans marga- rate de potasse, le poids de la cétine acidifiée a été tasse j'eQ ai acidifié une portion , et en réunissant la graisse acide, produite dans cette expérience, avec celle qui l'avait été dans la précédente, le rapport a été celui de 69,9 : 40, 1 ; la graisse non acide était de Téthal pur. * La cétine dont on s'est servi était fusible à 44"* 9 ^^ Tacide inargarique proyenait de la graisse de bœuf; il était fusible ù 57* et contenait de Tacide stéarique. ly/f *-ï^'* 1^9 CHAP. XI. seulement de 0^,576. S'il est permis de géné- raliser ce résultat , on voit que la présence d'un savon exerce une grande influence pour favo- riser la saponification d'une matière grasse, qui est en contact avec un alcali. Il est probable que cette influence vient de l'action qu'a le savon de sus- pendre ou de faire éprouver un commencement de dissolution à la matière grasse non saponifiée.Cette observation est applicable à l'art du savonnier. S"" Le phénomène de limpidité que présente la li- queur (5 16) dans un espace de température qui n'est guère que de 6 degrés , est remarquable en ce qu'il peut faire espérer que les causes de plusieurs phéno- m è nés que l 'on observe dans les liquides des anim aux vivants , et que l'on regarde généralement comme indépendants des forces physiques et chimiques, rentreront un jour dans le domaine de ces forces. AciioD de la 5 1 9. 5' de cétiuc ont été chauffés dans une cor- l'air. nue; la matière s est fondue, a exhale une vapeur qui s'est condensée en liquide jaunâtre dans le bal- lon adapté à la cornue : ce liquide s'est figé après la distillation en cristaux lamelleux qui pesaient en- viron 4^,5 , et qui étaient fusibles à 20'' ^b. Il a passé ensuite une matière brune qui ne différait de la précédente que par sa couleur; elle pesait oSs. H s'est produit en outre une eau acide et une huile empyreu ma tique : le charbon pesait o',o5. 020. La cétine sufiisamment chauffée avec le contact de l'air brûle comme la cire. CJiTlNE. IJJ 5a 1 . oSa de cétine en petits morceaux mis dans Action de *^ ^ racide sul- un tube de verre de o'",oi, de diamètre intérieur, furi(in« à 66» avec 2* a acide sulfurique, à la température de 27'', tact de l'air. sont dissous peu à peu ; après deux heures la solu- tion est complète, la liqueur est très légèrement ci- trine et visqueuse. Elle exhale une odeur très légère d'acide suif ureux ; vingt-quatre heures après le con- tact le liquide est partagé en deux couches, la cou- che supérieure fait environ les j du volume total ; elle est jaune orangé : la couche inférieure est jaune. Au bout de huit jours la première couche est d'un rouge brun foncé, excepté la surface en contact avec l'air qui est bleuâtre. On remar- que encore que cette surface est celle d'une pel- licule solide, et que ce qui est au-dessous est liquide. L'atmosphère du tube contient une quantité d'acide sulfureux très sensible à l'odorat et au papier de tournesol. En tenant les matières exposées à une température de loo*" peu à peu la première couche se change en charbon ; et il y a une quantité notable de gaz acide sulfureux qui se dégage sans effervescence, avec un peu d'acide hy- drosulfurique, à ce qu'il m'a paru. Au-dessus de 100*, il y a une vive effervescence et la cétine est réduite en charbon. 5aa. 2* de cétine chauffés avec 200* décide ni- céiinedo trique marquant Sa"* à Taréomètre exigent pour être ' 'rîque"* complètement dissous un temps beaucoup plus long que l'acide stéarique; en opérant comme il est dit J. Extrait aqacnx. Cristaux acides. /?. Extrait alcoolique. Huile. Liquide aqueux. 176 LIV. II, CHAP. XI. ( 46 ) 9 OD obtient un résidu pesant i',82 : il est incolore, visqueux, en partie cristallisé : on le réduit en extrait aqueux A et en extrait alcoolique B. 5â3. Il donne des cristaux acides et une eau-mère légèrement colorée, qui n'est point astringente, et qui ne précipite pas Teau de chaux. 524. Ils ne diffèrent pas des cristaux acides pré- parés avec l'acide stéarique ( 4^ )• 5â5. Évaporé à siccité il pèse o',3oo. Il est comme cristallisé ; dès qu'on y met de l'eau , il prend l'as- pect d'une huile. Dans cet état si on le dissout dans l'alcool et qu'on y ajoute de l'eau , on obtient une huile et un liquide aqueux. 526. Elle est analogue à celle qu'on obtient avec l'acide stéarique ; elle ne rougit pas le papier de tournesol sec , et rougit ce papier humide ; elle est soluble dans l'eau de potasse , et forme des combi- naisons insolubles avec la baryte et la chaux. 527. Il contient les mêmes substances que l'ex- trait-^. S V. Préparation. 528. F'oyez livre III, chapitre 11, paragraphe 1 § yi. Histoire et nomenclature. 529. La cétine est connue depuis un très grand nombre d'années dans le commerce sous le nom de sperma ceti^ blanc de baleine. Fourcroy l'a con- cAtihi. 177 fondue avec la cholestérine et la substance ^sse que donnent les cadavres enfouis dans la terre. Je distinguai ces substances Tune de l'autre en 18149 et je proposai en conséquence le nom de céHne, dérivé de xyitoc , baleine , pour désigner le $perma eeii. ia 198 tIV. H, CHAP. XIL CHAPITRE XII. STEARINE DE LA GRAISSE DE MOUTON. 53o. § I. Composition. en poids. en toI. Oxygène. . . . 9*4^4 • • 100 ... 1 €arbone. . . . 78,776 . . 833,3 . • . 10,89 Hydrogène.. . 11,770 . . ia495 . . . 19998'. § II. Propriétés physiques. 53 1. Elle est blanche , peu éclatante en compa- raison de l'acide stéarique, de la cétine, de la cho- lestérine ; elle se fige à l^\ Refroidie lentement , elle cristallise en aiguilles extrêmement fines. 53a. Dans le vide elle se volatilise sans décom- position. Elle est inodore quand elle n'a pas été exposée au contact de Tair. § III. Propriétés chimiques qu'on observe sans que la stéarine soit altérée. 533. 1 00 parties d'alcool d'une densité de 0,795 ■ Elle aTait été extraite par l'alcool. Je présume qu'elle re- tenait une très petite quantité de ce liquide. STiARIlfE DE LA GRAISSE Dl MOUTON. 1 79 bouillant dissolvent 16 parties de stéarine. La so- lution dépose de petites aifi^illes légères qui se réu- nissent en flocons. 534* Elle n'a aucune action sur les réactifs co- lorés. § lY. Propriétés ehimtques qu'an observe dam des circonstances oii la stéarine est attirée. 535. La potasse la réduit en glycérine et en acides stéarique, margarique et oléique, dont l'en- semble est fusible à 53*. Ces acides se prennent par le refroidissement en petites aiguilles fines radiées. 536. Distillée avec le contact de Tair» une par- tie se volatilise sans altération , et l'autre se réduit en acide carbonique , en hydrogène carburé , en un principe aromatique qui n*est pas acide» en huiles rousse et brune , en acides acétique et séba- cique» en eau et en charbon. 537. La stéarine, chauffée avec le contact de l'air, brûle à la manière du suif. 538. On met 0,2 de stéarine de mouton dans Aciioode un tube de verre de o",oi de diamètre intérieur fariq«eà66* avec a* d*acide sulfurique. Au moment du con- iMt de raîrl tact , la stéarine jaunit ; après deux heures , elle n'est pas dissoute ; elle est plus fortement colo- rée , l'acide voisin de la stéarine est coloré en jaune : il y a une odeur sensible d'acide sulfu* reux. Après vingt-quatre heures la stéarine parait A*ètre ramollie ; elle est plus colorée , ainsi que l80 ^ LIV. II, CHAP. XII. l'acide. Il y a de Tacide sulfureux dans le tube. Après huit jours , la stéarine est réduite en une matière solide d'une seule masse qui recourre l'a- cide sulfurique ; la partie de la stéarine qui est en contact avec cet acide l'a coloré en jaune brun jus~ qu'à une certaine profondeur. Le papier de tour- nesol est à peine rougi par l'acide sulfureux qui se trouve dans le tube à l'état gazeux. 539. Lorsque le tube est exposé à 1 oo"", la stéarine se fond et se dissout par l'agitation : il se dégage du gaz acide sulfureux sans effervescence : la solu- tion devient d'un rouge orangé; elle est parfaite- ment limpide , mais visqueuse. 540. A une température supérieure à 100*, il y a une vive effervescence, dégagement de gaz sul- fureux , et la stéarine est réduite en charbon. Action de ^4^- ^* de Stéarine n'éprouvent à froid aucun l 'acide ^nitri- changement de la part de 200* d'acide nitrique mar- quant Sa"* à l'aréomètre. En faisant chauffer, on observe au bout d'une heure qu'il ne s'est dégagé que très peu d'acide nitreux. En opérant comme il est dit (4^)9 on obtient un résidu pesant i%83, presque incolore, en partie cristallisé, qu'on réduit en extrait aqueux A, en extrait alcoolique'R. A. Elirait 54^. Il donue des criêtaux acides et une eau- aqueai. ^^^j.^ jaunc qui n'est point astringente , et qui ne précipite pas l'eau de chaux. Cristaux 543. Us sout scmblablcs à ceux qu'on obtient de l'acide stéarique traité par l'acide nitrique , avec STÉAftINE Dl LA GftA1881 Dl MOUTON. l8l cette différence « qu'ils forment avec la potasse un sel dont les cristaux en rosaces sont moins prononcés. 544* Evaporé à. siccité, il pèse o*,a7. Si on re- dissout l'extrait dans Talcool froid , et si on ajoute de Teau à la solution , on obtient : i* une haite qui se rassemble en gouttes , a* un liquide aqueux. 5/|3. Elle est jaune, sa saveur est amère et acre ; elle ne rougit pas le papier de tournesol sec , elle rougit celui qui est humide ; elle est très soluble dans 1 eau de potasse ; elle forme un composé inso- luble avec l'eau de baryte , qui m'a paru susceptible de se dissoudre dans un excès d'eau de baryte. 5/|6. Il contient les mêmes substances que l'ex- trait B. B, Bttrait alcoolique. !• Uailf . f Liquide âqoeat. 8 V. Siège. 547* Elle existe dans les graisses de mouton ^ de bœuf et de porc. S VI. Préparation. 54d- y ayez livre III , chapitre ui. S VIL Nomenclature. 549- J ai donné à cette substance le nom de stéarine , dérivé de r^otp, iuif^ parce qu'elle est le principe immédiat le plus abondant de la graissr de mouton. l82 LIV. Il, GHAP. XII. S YIII. Hiêtoire. 55o. Je la découvris en i8i3 , mais la descrip- tion n*en fut lue à l'Institut que le 4 ^^rll i8i4- f^oy^^ Oléine, S VIII. STEABINB DE LA GBAISSE d'hOMME. i83 »^^%^^%^^»^<^» ^^ i~" "~*~~""~'^*~~~^^-^-^-ti->t-i-i-i->-M imwjmf.^. <■» t.ri.ixC».XI CHAPITRE XIII. DE LA 6TÉAB1NE DE LA GBAI88E D'HOMMt. S I. Composition. 55 1 • Elle a les plus grands rapports avec la sléa^^ rine de mouton ; mais elle s'en distingue princi- palement en ce qu'elle donne par la saponifica- tion de Tacide margarique sans acide stéarique. $11. Propriétés phyMiquei. 552. Elle est blanche , peu éclatante ; un ther- momètre qu'on y plonge descend à 4i*> ^^ i^* monte à 49* ; parle refroidissement, elle cristallise en très petites aiguilles , dont la masse est termi- née par une surface plane. 5 III. Propriétés chimiques quon observe sans que la stéarine soit altérée. 553. loo parties d'alcool d'une densité de 0,795 bouillant dissolvent ai, 5 parties de stéarine. Par le refroidissement , beaucoup de stéarine se dépose sous forme de petites aiguilles. l84 LIV. II, CHAP. XIII. $ ly . Pra/niétéê chimùfue$ qu'an observe dan$ de$ eircan$tance$ oà la ttiarine e$t altérée. 554* Elle 86 comporte comme la stéarine de mou- ton , lorsqu'on la distille ou qu'on la chauffe avec le contact de Tair. 555. La potasse la convertit en glycérine et en acides margarique et oléique, dont Tensemble est fusible à 5i* » et qui présente de petites aiguilles réunies en entonnoir. S V. Siège. 556. Elle existe dans la graisse d'homme. OLilNK. l85 mmmmmm0ÊM0m»f*0*0»M^%^*^f90»^'%^im^f*i^f*^i*mimmim^0t0»^0^m^^f^m0Ê>*^>mim0»^mi^mwm^^*mm^im^m* CHAPITRE XIV DE t'OLilNB*. $ I. Campoiiiion. Oléine de graisse humaine préparée à froid en poids. en ▼ol. Oxygène . . 91987 . . 100 1 Ctfbooa • « 789S66 . . 78697 • • lO^aS . . 10 Hydrogène. ii)447 • • >i4>0 • • 18)89 • * >7>^ $ 11. Propriétés physiques. 557. Elle est incolore, elle a Taspect d'une huile. A 4* — o, elle est encore liquide, et ce n'est qu*à plu- ! * Oléine de graisse de porc extraite par Talcool : en poid». Mivol. O^j^èna. • • • • 9>^4^ • • 100 1 Carbone 79>o3o • • 897,7 • • io»Si . . 10 Hydfogènc. • . • ii»4» • • i>9)^ • • I9*i7 • * *7»7^ Oléine de graisse de mouton extraite par raleool : en poids. en vol. Omjaènc 9iS56 . « 100 . . 1 Carbone 79»^M • • 83o4i • • lo^SS . . 10 ■jdrofène. • . ■ 1^090 • . ii€,oS . . iS,6o . • 17,14 l86 LIT. II9 GHAP. XI?. sieurs degrés au-dessous de cette température qu'elle commence à se congeler en une masse formée d'aiguilles. Dans le yide, elle se volatilise sans décomposition. Sa densité est de 0,913 à la température de 1 S"". 558. Elle est inodore ou presque inodore ; elle a une saveur douceâtre qui n'est pas désagréable quand elle est fraîche. § III. Propriétés chimiquei quon observe sans que Coléine soit altérée* 559. 100 parties d'alcool d'une densité de 0,8 16 bouillant dissolvent 3,2 parties d'oléine. La solu- tion par le refroidissement laisse déposer une por- tion d'oléine. 560. L'oléine n'a absolument aucune action sur les réactifs colorés ; elle ne neutralise pas les bases alcalines. § lY. Propriétés chimiques qu'on observe dans 4es circonstances où l'oléine est at^ée. ^ 56 1. Quand on la chauffe avec le contact de l'air, soit dans une cornue , soit au milieu de l'atmo- sphère, elle se comporte à peu près comme les stéarines. 56a. La potasse convertit l'oléine en glycérine et en acides margarique et oléique. La glycérine est plus abondante que celle qu'on retire des stéa- OLEINE. 187 rioes : c'est le contraire pour les acides gras , et la combinaison de ces acides , au lieu d'être fusible à 5i ou SS"", comme lesL combinaisons qu'on obtient des stéarines 9 est fusible à 34'*95; cela est dû à ce que l'acide oléique^e trouve dans la première combinaison dans une proportion plus forte que dans les secondes. 563. On met 0,^2 d'oléine d'homme dans un Action de ^ l'acide tnl- tube de o^^^oi de diamètre intérieur avec â^ d'acide fariqueà 66* siilfurique à la température de 1 8^ Au moment du avec le con- contact l'oléine se colore en rouge orangé. Après deux heures 9 l'oléine forme une couche rousse à la surface de l'acide , et une partie est dissoute , car l'acide est coloré. Par l'agitation « les deux couches se mêlent et paraissent se dissoudre ; les matières ont une odeur sensible d'acide sulfureux. Après vingt -quiftre heures, le liquide est rouge orangé et paraît homogène : il s'est développé plus d'acide sulfureux que dans le traitement de la stéarine par l'acide sulfurique (538). Après huit jours, la couleur est plus foncée , et s'il y a quel- ques gouttelettes dans l'atmosphère du tube elles sont colorées en pourpre : il s'est développé une quantité d'acide sulfureux très sensible au papier de tournesol. 564- Quand on expose le tube à loo"", la. solution se fonce un peu en couleur ; elle ressemble d'ail- leurs à la solution sulfurique de la stéarine de mou- ton, si ce n'est qu'elle est un peu plus foncée, Action de l'acide nitri- que. A. Bitrait aqneai. Gristiax acidei. B. BztMdt alcooilqae. 1* Hnile. a* Liquide aqncui. 188 LIV. II, CHAP. XIV. qu'elle exhale plus de gaz sulfureux sans efferves- cence et qu'elle est moins visqueuse. 565. A une température supérieure à 100'', il y a une vive effervescence , dégagement d'acides sulfureux et hydrosulfurique , et l'oléine est réduite en charbon. 566. â* d'oléine humaine n'éprouvent à froid au- cune altération sensible de la part de aoo* d'acide nitrique marquant 3a* à l'aréomètre : après une ma- cération de quinze heures 9 si on fait chauffer , on observe au bout d'une heure qu'il s'est développé beaucoup d'acide nitreux. En opérant comme il est dit (46) , on obtient un résidu pesant 1^,7 lé- gèrement jaune, qu'on réduit en extrait aqueux A« et en extrait alcoolique B. 567. Il donne des cristaux acides et une eau- mère jaune , qui n'est pas astringente et qui ne précipite pas l'eau de chaux. 568. Ils sont semblables à ceux qu'on obtient avec l'acide stéarique (48). 56g. Evaporé à siccité, il laisse 0^,017 de résidu. Si ou le redissout dans l'alcool froid , et qu'on ajoute de l'eau, on obtient une huile et un liquide aqueux. 570. Elle me parait analogue à l'huile qu'on obtient avec l'acide stéarique ; elle est amère , jaune, rougit le papier de tournesol; elle est solu- ble dans l'alcool et l'eau de potasse. 57 1 . Il contient les mêmes substances que Tex- trait aqueux A. OLilNB. 189 S V. Siège. 672. Elle existe dans les graisses d'homme, de porc, de jaguar, d'oie, etc. S VI. Préparation. 573. Voyez livre III, chapitre m. S VU. nomenclature. 574- OUine vient d'o/«fim , huile. Je lui ai donné ce nom à cause de son état liquide à la température ordinaire; et, comme je l'ai dit (7), c'est cet état qui caractérisait Thuile avant mon travail : je l'a- vais d'abord nommée ilainie. % YIII. HitUAre. 575. Je la découvris en 181 3, mais la descrip- tion n'en fut lue à llnstitut que le 4 ^^"1 i8i4- Le 19 septembre de la même année, j'annonçai que l'oléine et la stéarine existent dans les graisses d'homme, de femme, de mouton, de bœuf, et dans le beurre de vache , et que dans ce dernier il 7 a en outre un principe odorant extrêmement remarqua- ble. J'annonçai la même année à la société philo- mathique que j'avais séparé deux substances de rhuile d'olive, de fusibilité différente, au moyen du froid et de l'imbibition du papier. igO LIT. II, CHAP. XY. CHAPITRE XV, DE LA PHOCÉNINE. § I. Propriété$ physiques. 576. A 17'' elle est très fluide. Elle a une densité de 0,954* Elle exhale une très légère odeur qu'on ne peut définir ; cependant un odorat exercé y reconnaît quelque chose d'éthéré et de l'acide phocénique. § IL Propriétés chimiques. 577. Elle est neutre aux réactifs colorés. 578. L'alcool la dissout en grande quantité quand il est bouillant. La solution très étendue d'alcool, distillée, laisse une phocénine qui rou- git le tournesol ; mais la quantité d'acide mis à nu est très petite, ainsi qu'on peut s'en convaincre en traitant la phocénine par la magnésie. 57g. 1 00 parties de phocénine traitées par la po- tasse ont donné Acide phocénique sec 3a, 8a Glycérine i5,oo Acide oléique hydraté 59,00 PHOcilflNE. igi § III. Préparation. 58o- Voyci litre IV, chapitre m. § IV. Nomenclature. 58 1. Phoeéninee^t dérité dephoeœna, marsouin • $. y. Histoire. 58a. J'en parlai dans un mémoire lu à Tln- stitut le 26 février 1818. ig2 LIV. II, CHAP. X?I. b%i%i^^^>»«i^ *^^UM^m^^ %^^*^»^^>»^^%<%^%^^ ^»*^%»%^^^^^^^^^»^^^%%<^%^^^^^^ ^ixmri. CHAPITRE XVL DE LA BCTIRINE. 5 ^' Propriétés physiqueê. 583. A ig^'elleesttrès fluide, et sa densité est de o^goS. Elle est presque toujours colorée en jaune « mais la couleur ne lui est pas essentielle : il y a des beurres qui donnent de la butirine presque inco- lore. Elle a une odeur de beurre chaud. Elle ne pa- rait guère se congeler qu'à zéro. S II. Propriéiéê chimiques. 584* Elle n'a absolument aucune action sur les réactifs colorés. 585. L'eau ne la dissout pas. 586. L'alcool d'une densité de 0,82a bouillant la dissout en toutes proportions ; la solution de 20 parties de butirine dans 1 00 parties d'alcool bouil- lant m'a paru se troubler par le refroidissement , tandis que celle de 1 20 parties de butirine dans 1 00 parties d'alcool est restée transparente ; yraisem- blablement cette dernière liqueur est une dissolu- tion d'alcool dans la butirine. BUTIBINB. 193 587. LfOrsqu'on distille une dissolution alcoo- lique peu chargée de butirine , cette substance détient acide ; et si on la fait digérer atec un lait de sous-carbonate de magnésie, après l'avoir sépa- rée de l'alcool qui n'a pas distillé, on ne trouve dans l'eau que des traces de butirate de magnésie, ce qui prouve que la quantité d'acide mise à nu est très faible ; après ce traitement la butirine n'a plus d'action sur le tournesol , et quand on l'incinère elle ne laisse pas sensiblement de résidu. 588. La butirine se saponifie facilement. Quand on en traite 100 parties par l'eau de potasse , et qu'on décompose le savon produit par l'acide pfaos- phorique , on obtient A un liquide aqueux , B une graisse acide. 689. En distillant le liquide aqueux il donne : 1* Un produit acide qui étant neutralisé par la baryte fournit a6 parties de sels enhydres ; a"" Un résidu fixe qui cède à l'alcool ia,5 parties de glycérine. 590. La graisse acide pèse 8o,5 parties. Elle ^^i^jj^ est formée d'acides margarique et oléique ; quand elle est fondue et qu'elle se refroidit, elle com- mence à se figer à 3a* ; mais la congélation est si loin d'être complète qu'à 16 degrés il y a une quantité notable de matière qui reste fluide. $ III. Préparation. 591. frayez livre IV, chapitre 11, section 3. i3 «q«eat. 194 l'I^* II» CHAP. XVI. BUTIBINB. S lY. Nomenclature. Sgs. Butirine dérive de butyrum , beurre. Ce qui m'a engagé à donner ce nom à- la substance qui fait le sujet de ce chapitre , c'est qu'elle con* tient les éléments du principe odorant du beurre. S V. Histoire. 593. Je la décrivis dans un mémoire lu à l'In- stitut le 14 juin 1819. LIV. II, CHAP. XVII. HIBCmB. IpS »■»» .|-i^----. ^- -».---»»---» — »» -11^. ^I-^.^., ., ti'fc-^-^-i-|_ru^.xX'«.l CHAPITRE XVIL DK l'hIBCINB. 5g4- J<^ v^'^i point obtenu l'hircine en assez grande quantité pour lexaminer d*une manière aussi détaillée que la phocénine et la butirine , ce- pendant je ne doute pas qu'elle ne constitue une espèce analogue à ces dernières. L'hircine est caractérisée par la propriété de donner de l'acide hircique quand on la saponifie. 595. Elle se trouve dans les graisses de bouc et de mouton ; c'est elle qui forme avec l'oléine la partie liquide du suif. Elle est beaucoup plus so- luble dans Talcool que l'oléine. i5. LIVRE III. PRÉPARATION DES ESPÈCES DE CORPS GRAS. CHAPITRE PREMIER. PRÉPAKATION DES ACIDES GRAS , ET ANALYSE DES PRO- DUITS DE LA SAPONIFICATION DES CORPS GRAS DV CINQUIÈME ET DU SIXIÈME GENRE. 596. On retire les acides gras, des corps gras appartenant aux 5* et 6* genres , que Ton a saponi- fiés ; mais il n'est pas nécessaire pour cela d'opérer la saponification de la stéarine , de l'oléine , de la phocénine /de la butirine , de l'hircine , à l'état de pureté : il sufiit de saponifier les suiCs, les graisses, les beurres, les huiles, en un mot les substances qui sont formées de ces principes im- médiats. PBiPABATIOlif DES COftPS GftAS. 197 *^»^>*i" *^%^>%%^%i%i<>^«%^^^^^^ PREMIÈRE SECTION. riirAiATioa du coim cmas qob l'ov tbut SAroRinia. § I. Préparation de$ graisêes d'homme , de porc , de bœuf 9 de mouton , etc. 597. Ou sépare ces graisses de la plus grande partie des membranes qui les enveloppent, on les met ensuite avec de l'eau dans un mortier de por- celaine, où on les presse au moyen d'un pilon. On renouvelle l'eau jusqu'à ce que les lavages soient incolores. Quand les graisses sont lavées, on les fait ëgoutter, puis on les fond aubain-marie, et on les passe à travers un filtre de papier Joseph placé entre deux fourneaux allumés. Parce qu'il est rare de ne pas jeter d'eau sur le filtre avec la graisse fondue, il est nécessaire de filtrer celle-ci une seconde fois. La fdtration des graisses a pour objet principal d'en séparer les dernières portions de tissu cellulaire. %U.Préparationdel'huitededauphinoudemar$ouin. 698. On l'extrait à peu près comme les précéden- tes du tissu qui la contient : après avoir nettoyé ce tissu le mieux possible, on le coupe en petits igâ LIY. III, GHAP. I. morceaux que Ton met dans un vase étroit avec de Teau. En exposant ce vase au bain-marie , à une température de 4o à 66^, l'huile se sépare à la surface de l'eau ; on l'y puise avec une petite cap- sule, et on la filtre comme les graisses précédentes : on retire encore une quantité notable d'huile en soumettant à la presse le tissu qui a été chauffe dans l'eau. $ ni. Préparation du beurre. 599. Le beurre qui doit servir aux expériences propres à en faire connaître la composition immé- diate , ainsi qu'à la préparation des acides butiri- que , caproîque et caprique , doit être séparé du lait de beurre. Je renvoie ce traitement au livre IV, chapitre 11. m^^^mt^w^^^mmmmm^^^M^^'^* DEUXIEME SECTION. SAPORinGÀTIOH FAI LÀ rOTASSB DBS GlAISSBS, HE L*BVILB DE DAvrom ov db ■aasovih, do bkobbb. 6oo. On prend 4 parties de la matière qu'on veut saponifier et 4 parties d'eau qui tiennent en dissolution 1 partie de potasse caustique ; on met le tout dans une capsule de porcelaine , que l'on expose ensuite à une température de loo"*; ou doit remplacer l'eau qui s'évapore , et éviter que SAPONIFICATION DBS GRAISSES. I99 le savon ne s'attache au fond de la capsule , sur- tout si Ton diauffe au bain de sable. On reconnaît que la saponification est opérée , lorsque la masse est homogène , demi - transparente , et qu'elle forme avec l'eau bouillante une dissolution parfai- tement limpide. Lorsque la saponification s'opère, il se développe avec la plupart des corps gras une odeur aromatique qui n'est pas désagréable. TROISIEME SECTION. 41IALTSB DBS PmODVITS DBS SAPOKinCÀTIOHS PliciDBKTBS. 6qi. On ajoute assez d'eau à la masse savon- neuse pour obtenir une dissolution qui ne soit pas filante quand elle est exposée à une température de 50"*; on la décompose ensuite par l'acide tarta- rique ou phosphorique , en ayant soin de ne mettre que la quantité d'acide suffisante pour séparer la matière grasse saponifiée de la potasse à laquelle elle est unie. Lorsque la totalité de cette matière est fon- due et rassemblée à la surface du liquide aqueux , on la laisse refroidir afin qu'elle se fige, puis oirdé- cante le liquide aqueux ; on lave la matière grasse saponifiée avec de l'eau jusqu'à ce que celle-ci n'en sépare plus rien Lorsqu'on opère sur de l'huile de dauphin, sur du beurre et des substances qui don- nent des acides volatils analogues aux acides pho-^ 200 LIT. Ili, GHAP. l. cénique, butirique, etc. , il faut éviter de trop chaufier la masse savonneuse que Ton décompose par l'acide tartarique ou phosphorique » et il faut surtout que la matière grasse que Ton soumet à l'action de l'eau pour en séparer les acides volatils ne soit exposée à l'air que le moins possible. Si on opère sur de petites quantités , il est avantajg;eux de laver la matière grasse dans un flacon fermé. 602. Je vais exposer la manière d'analyser: 1* la matière grasse saponifiée , qui peut être formée de trois acides , le sUarique , le margarique et Yoliique; a* le liquide aqueux, qui contient toujours de la glycérine, et dans plusieurs cas un ou plusieurs acides volatils. S' I*. Analyse de la matière grasse saponifiée , et préparation des acides gras fixes. ABTICIX i". Analyse de la matière grasse du savon de graisse humaine, formée d'acides margarique et oléique. Premier go3. On met daus une capsule de porcelaine ou procédés un ballon la graisse saponifiée avec 6 à 7 fois son poids d'eau; on fait chauffer, puis on y verse peui peu de l'eau de potasse caustique en agitant chaque fois la liqueur, et cela jusqu'à ce que toute la ma* tière grasse soit parfaitement dissoute. On trans- vase la dissolution dans un vaisseau où il y a une quantité d'eau qui est égale à 4o ou 45 fois le poids PEODtlTS DS8 SAPONIFICATIONS. SOI de la matière grasse; on l'abandonoe à une tempé- rature de 1 a à 1 5* ; peu à peu il se produit un dépôt nacré de bimargaraie de potasse tenant du suroléate de mime base. Lorsqu'il n'augmente plus visible- ment , on décante la liqueur surnageante , on verse de l'eau sur le dépôt afin de le laver , puis on jette le tout sur un filtre ; on fait évaporer les lavages. Quand ils sont suffisamment concentrés , on y réu- nit la liqueur qui a été décantée de dessus le dépôt nacré , on fait concentrer le tout , puis on y verse asseï d'acide tartarique pour neutraliser la plus grande partie de l'alcali qui a été mis à nu par la décomposition du margarate de potasse. Après ces opérations, on soumet la liqueur à des traitements successifs semblables à celui que je viens de dé* crire, jusqu'à ce qu'enfin on obtienne un liquide qui ne donne plus de dépôt nacré. 6o4* On rassemble les dépôts nacrés ; après qu'ils Prèpantk>a ont été égouttés et séchés, on les traite par l'alcool maf^riqoc. bouillant d'une densité de 0,820 ; on fait trois la- vages en employant chaque fois 8 parties d'alcool; CD filtre chaque lavage bouillant ; le premier se prend en masse par le refroidissement : ordinaire- ment le troisième ne dépose presque rien y quoi- qu'il reste environ o,o3 de résidu insoluble. Ce ré- sidu est formé de margarates de chaux et de fer, dont les bases proviennent de la matière qui a été saponifiée et des filtres. On jette le premier lavage alcoolique refroidi sur un filtre. Quand le dépôt 202 LIY. lil, CBAP. 1. est bien égoutté , on verse dessus successivement le deuxième et le troisième lavage , on y jette ensuite de Talcool , et enfin on presse fortement le filtre. Le dépôt retient encore du suroléate de potasse ; pour l'en séparer, on le dissout dans Talcool bouil- lant ; on laisse refroidir la solution et on la filtre. Si le dépôt contient un acide fusible au-dessous de 60*, on le soumet à un traitement semblable aux deux précédents. 605. Les liqueurs alcooliques d'où le bimargarate de potasse s'est précipité retiennent une quantité notable de ce sel en dissolution , ainsi que du suro- léate de même base. En les faisant concentrer, puis refroidir, on obtient, i* un dépôt formé de ces deux sels ; 2* une eau-mère tenant en dissolution une matière qui ne di£fère de ce dépôt que parce que le suroléate de potasse y est dans une proportion^ plus forte relativement au bimargarate. 606. Quand on a obtenu un bimargarate dont Taéide est ftisibleà 6o% on le fait cbaufier dans une capsule avec de l'eau et de l'acide hydrocblorique. Celui-ci s'empare de la potasse, et l'acide marga- rique vient surnager au-dessus du liquide aqueux; dès que cet acide est figé, on l'enlève et on le lave avec de l'eau jusqu'à ce que celle-ci ne précipite plus le nitrate d'argent. Si l'acide était mêlé do quelques parties étrangères , il faudrait le faire fondre et le filtrer dans du papier Joseph privé de sous-K^arbonate de chaux. PE0Dl{IT8 DES SAPONIFICATIONS. 2o3 607. Quand la dissolution de savon (6o3) ne PréMimUoo donne plus de dépôt nacré ^ on la fait concentrer et oïéîqw? on j verse un léger excès d'acide tartarique ; celui-ci s*unit à la potasse , et Tacide oléique qui en est sé- paré vient nager sur le liquide aqueux ; on enlève Tacide oléique avec une pipette , on Tagite avec de Teau chaude pour le laver. On le recueille ensuite dans un petit vase 9 et on l'expose à des degrés de température de plus en plus bas , qui doivent être insuffisants pour en congeler la totalité de la masse.^ Après chaque expositiou de l'acide oléique à un certain degré de froid , il est nécessaire de le filtrer dans un papier lavé à l'acide hydrochlorique , afin de séparer l'acide mai^arique qui s'est congelé. 608. S'il n'existait pas d'affinité entre l'oléate et BipUcitioii le mai^arate de potasse, il arriverait qu'après avoir pn>cédc. dissous ces deux sels dans l'eau bouillante, on ob- tiendrait par le refroidissement une solution pure d oléate de potasse et un dépôt de margarate ou de bimargarate de potasse, ou enfin un mélange de ces deux derniers sels suivant la proportion d'eau employée : le résultat serait encore le même si on appliquait l'eau froide au savon, l'oléate serait dissous à l'exclusion de l'acide margarique ; mais comme cette affinité existe , les choses se passent autrement. Lorsqu'on laisse refr«>idir la solution de |K>tas8e chaude qu'on vient de neutraliser pai les acides oléique il margarique, une portion seu^ lenicnt de l'acide margarique se précipite à i eta( / ao4 LIY. 111, CHAP. 1. de 8ur-8el ; l'autre portion reste en dissolution dans de l'eau qui contient à la fois de la potasse et de l'oléate de potasse. La liqueur refroidie abandonnée à elle-même , à une température constante , con- tinue à se troubler pendant quelque temps, parce que la force de solidité du sur-sel détermine la dé- composition d'une nouvelle quantité de margarate neutre, jusqu'au moment où cette force est en équi- libre avec la force dissolvante de l'alcali mis à nu et de l'oléate. Si à cette époque on abaisse la tem- pérature du liquide , ou bien encore si on affaiblit l'énergie de l'alcali et de l'oléate au moyen d'une addition d'eau ; ou enfin si on neutralise la plus grande partie de l'alcali mia à nu, la force de soli- dité détermine un troisième dépôt de bimargarate. Dans ce dernier cas surtout, il s'établit un nouvel équilibre entre l'oléate et le margarate, qu'il n'est plus possible de rompre, sans déterminer à la fois la décomposition de l'oléate et celle du margarate en alcali et en sur-sels qui se déposent. C'est pour cette raison qu'il est nécessaire dans la préparation de l'acide oléique de décomposer l'oléate de potasse , quoiqu'il retienne encore de l'acide margarique , et d'exposer ensuite l'acide oléique qui en provient à des températures de plus en plus basses, afin d'o- pérer la congélation de l'acide margarique. Dcaiième 6og. On traite à froid i oo parties de savon de procé é. gr^gg^ humaine à base de potasse , aussi sec que possible, par 200 parties d'alcool d'une densité de PBODUITS DES SAPONIFICATIONS. 205 098a I ; après vingt-quatre heures de macération on filtre et on passe de l'alcool sur la matière restée sur le filtre , qui est pour la plus grande partie com- posée de margarate de potasse , loléa te de cette base s'étant dissous en grande quantité dans Talcool. 610. On dissout dans 200 parties d'alcool chaud la matière restée sur le filtre ; par le refroidisse- ment, on obtientundépôt de margarate de potasse. On doit le faire égoutter, puis le redissoudre dans l'alcool chaud : on obtient un nouveau dépAt qu'il faut retraiter de la même manière jusqu'à ce qu'il donne un acide fusible à 6o^ 61 1. Quant au margarate qui reste en dissolution avec de l'oléate dans l'alcool refroidi , on l'obtient par la concentration et le refroidissement , et on le traite comme le précédent. 61a. L'oléate de potasse qui a été dissous par l'alcool froid doit être traité de la manière sui- vante : on fait évaporer doucement l'alcool , et on applique au résidu de l'alcool froid, le plus con- centré est le meilleur; l'oléate est dissous, et se trouve aussi sépare d'une quantité notable de mar- garate qui ne l'est pas. Après deux ou trois traite- ments, on obtient un oléate entièrement soluble dans l'alcool froid ; quand on y est parvenu , on décompose l'oléate dissous dans l'eau par l'acide hydrochlorique ou tartarique, et on traite l'acide oléique comme il est dît (607). 206 LIY. III , CUAP. I. ARTICLE II. Analyse de la matière grasae formée d'acides sièariqiie, mar- garique et oléique 9 provenant des savons des graisses de mouton 9 de bœuf et de porc Premier 6i3. On dissout la graisse saponifiée de mouton ^^^ dans l'eau de potasse faible , ainsi qu'on l'a fait pour la graisse saponifiée d'homme (6o3) : on ré- duit la solution , 1 "^ en matière nacrée , 2* en oléaU de potasse. Prépantion 6i4* L^t matière nacrée est formée de bistéarate, sféarlqûe! ^^ bimargarate et de suroléate de potasse ; on la fait sécher, et on la traite par l'alcool bouillant de la même manière qu'on a traité la matière nacrée du savon de graisse humaine (6o4)- Après plusieurs traitements successifs d'une quantité donnée de matière nacrée, on obtient un dépôt de bistéarate dont l'acide est fusible à 70*; on isole ensuite l'a- cide de la potasse par l'acide tartarique ou hydro- chlorique (606). Préparation ^^^' Quaut aux lavagcs alcooliques d'où le bi* stéarate a été séparé , ils contiennent du bistéarate, du bimargarate et du suroléate de potasse. En les faisant concentrer et refroidir, on obtient, i"* un dépôt formé de ces trois sels ; â* une dissolution de ces trois sels : mais il y a cette différence entre le dépôt et la matière dissoute , que dans le premier de l'acide margariqne t^RODUITS DBS SAPONIFICATIONS. 'JÙJ le suroléate est en petite quantité, tandis qu*il est la partie dominante de la dissolution. 6 1 6. En traitant le dépôt (6 1 5) par l 'alcool chaud, faisant refroidir la dissolution , puis soumettant le nouveau dépôt au même cercle d'opérations , on finit par avoir, i* du bistéarate de potasse ; â* du bimargarate de potasse dont l'acide est fueible de 56 à ôo""; j'ai essayé en vain de convertir ce der- nier en suroléate et en bistéarate : les traitements que je lui ai fait subir dans cette vue , loin de ren- dre l'acide moins fusible , ont au contraire abaissé son terme de fusion de quelques degrés. 6i7- Elle est la même que celle de l'acide oléi- Préparaiion ' •* de l'acide que du savon de graisse humaine (607). oiéîque. 618. On traite le savon à base de potasse par Deuxième procédé. 1 alcool froid, ainsi qu'il est dit (609). 619. La matière indissoute dans l'alcool froid est formée de stéarate , de margarate de potasse , et d'une faible quantité d'oléate de même base. On la soumet au même genre de traitement que celui que j'ai suivi pour analyser la matière nacrée du savon de mouton (6i4)- 620* Le traitement de loléate de potasse est le même que celui qui est décrit (612). 6â I . C'est par ce procédé que j'ai analysé la ma- tière grasse des savons des graisses de mouton , de bœuf, de porc, et celle du savon de beurre de vache. 622. (a) Dans la crainte que la chaleur n'eût altéré obaervationl l'acide stéarique qui pouvait exister dans la graisse ces sn/rex- ao8 LIT. III, CHAP. I. traction de humaine saponifiée, pendant les traitements pré- garique. cités, j'ai fait un sayon avec cette graisse en opérant au bain-marie ; la matière grasse de ce sayon, sépa- rée de son alcali au moyen de Tacide tartarique , a été unie à la potasse , et le sayon qu'on a obtenu a été traité par Talcool. Toutes ces opérations ont été faites au bain-marie, et malgré cela on n'a ob- tenu que de Tacide fusible à 6o^ (6) On a pris de la matière grasse proyenant d'un sayon préparé au bain-marie ; on l'a soumise à la presse entre des papiers, jusqu'à ce qu'elle ne les tachât plus r dans cet état elle était fusible à 53"*. On en a uni 78' à la potasse pure. On a traité le sayon par l'alcool froid d'une densité de 0,816 à trois reprises ; on a obtenu un sel blanc assez bril- lant, dont l'acide était fusible de 59'*,5 à 60*. Ce dépôt , redissous cinq fois de suite dans l'alcool , a donné un dernier dépôt dont l'acide était fusible à6o*. (c) On a fait un autre sayon de graisse humaine ayec du sous -carbonate de potasse, et le résultat analytique a été le même. (d) Enfin , en exposant du stéarate de potasse dissous dans l'eau et dans l'alcool à une tempéra- ture de 60 à 70* , pendant i5o heures, et en même temps au contact de l'oxygène pur, l'acide stéarique n'a point été altéré. PRODUITS DES SAPONIFICATIONS. 20g § IL Examen du liquide aqueux ; préparation de la glycérine et des acides volatils. • 6a3. Gomme la plupart des corps gras saponi- fiables ne donneDt pas d'acides volatils par la sa- ponification , il est nécessaire , avant de procéder à l'analyse du liquide aqueux (6oâ), de reconnaî- tre si celui-ci en contient. Pour cela, il suffit de dis- tiller une portion de ce liquide, de mettre dans le produit de la distillation une quantité de baryte sensible à Thématine , de faire éyaporer et de re- prendre le résidu par Teau ; de filtrer, et de voir si le liquide filtré contient quelque sel ; s'il n'en contient pas , l'examen du liquide aqueux est très simple. 62 A. On fait évaporer à siccité le liquide aqueux, ^ Uq^de ^ *^ T. 1 » aqaeuz ne et on traite le résidu par l'alcool déphleraié ; l'ai- contient pai 1 r d'acide Tola- cool filtré, puis évaporé, laisse la glycérine sous la tU. forme d'un liquide syrupeux. Par la raison que l'al- cool dissout un peu le tartrate et le phosphate de potasse, on trouve toujours des traces de sel dans la glycérine : c'est pourquoi, lorsqu'on veut obtenir cette substance parfaitement exempte de matière saline, il faut mettre dans une capsule palrttes égales de graisse de porc et de massicot bien pur, avec une certaine quantité d'eau ; exposer les matières à la température de loo""; remplacer l'eau qui s'évapore. Dans ce cas, la graisse se saponifie ; mais, comme les acides gras fixes qm se manifestent forment une combinaison insoluble avec l'oxyde de plomb , la •4 aïO LIT. II^I, CHAP. glycérine est seule dissoute avec une trace de cet oxyde. 11 est bon de décanter de temps en temps Teau qui a bouilli sur les matières , afin d'éviter que les portions de glycérine qui se manifestent d'abord soient exposées à la chaleur pepdant toute la durée de l'opération : on filtre l'eau , et on la fait évaporer au bain-marie. Le liquide ôsS. Si la matière grasse qu'on a saponifiée a tient des aci< douué un OU plusieuFS acidcs volatils 9 il faut d*abord mettre le liquide aqueux, provenant de la décom- position du savon par l'acide tartarique ou phos- phorique (6oi) 9 dans un flacon fermé À l'émeri , y ajouter assez d'acide pour convertir le tartrate ou le phosphate en sur-sel , attendre que celui-ci soit déposé s'il n'est pas entièrement dissous, décanter le liquide éclairci , et le distiller dans une grande cornue de verre à laquelle on a adapté un ballon tubulé à long col. Le produit acide volatil se distille avec l'eau, et l'on obtient un résidu formé de glycé* rine et de bitaitrate ou de sui^phosphate de potasse. Çâ6. La masse saline , qui peut s'être déposée dans le flacon où l'on a sur-saturé le sel du liquide aqueux par Tacide tartarique ou par l'acide phos- phorique ( 6â5 ) , étant imprégnée d'acide volatil ou d'acides volatils, il faut la laver un grand nombre de fois pour l'en dépouiller entièrement. On em- ploie à cet U5age les eaux qui ont servi à laver la madère grasse saponifiée ( 60 1 ) : on soumet ensuite chaque lavage à la distillation. PRODUITS DES SAPONIFICATIONS. 211 627. On réunit tous les résidus de distillation; on les fait évaporer à siccité , et on les traite par Talcool déphlegmé pour dissoudre la glycérine. Si Ton avait employé trop d'acide tartarique ou phos- phorique, pour saturer le liquide aqueux 9 Texcès d'acide serait dissous avec la glycérine. 628. Quant aux produits des distillations qui contiennent l'acide volatil ou les acides volatils > on les réunit ; on en fait évaporer une petite quantité pour savoir s'ils ne laissent pas de matière saline fixe, laquelle viendrait de ce que les distillations auraient été faites trop précipitamment : dans ce cas, il faudrait les distiller de nouveau. Enfin, quand on est parvenu à avoir un produit pur, on le sature avec de l'hydrate de baryte cristallisé ; puis on fait évaporer à siccité , si le produit de la distillation ne contient qu'un seul acide, comme cela a lieu pour celui qui provient du liquide aqueux obtenu de la décomposition du savon d'huile de dauphin ou de marsouin ; si ce produit contient plusieurs acides , comme cela a lieu pour celui qui provient du liquide aqueux obtenu de la décomposition du savon de beurre de vache, on sépare ces acides en traitant par l'eau les sels desséchés qu'ils forment avec la baryte , ainsi que je le dirai plus bas '. ' Je me suis assuré que quand on emploie un excès de baryte pour neutraliser le produit de la distiilalion du li- quide aqueux du beurre^ le résidii insoluble qu'on obtient 4. 212 LIT. III, CHAP. h AETICIX I**. Premier procédé. ^•Produit li^de* Préparation de l'acide phocénique hjdraté. 629. On met 100 parties de phocénate de ba- ryte sec dans un tube de verre étroit^ fermé à un bout ; on verse dessus âo5 parties d'acide phospho- rique aqueux d'une densité de 1,12, et on agite avec un fil de platine : on obtient 1* du phosphate de baryte à Tétat solide ; 2* un liquide aqueux taturi d'acide phocénique^, et contenant en outre du pho$^ phate acide de baryte ; 3* de V acide phocénique hy- draté qui surnage sur le liquide aqueux. 630. On décante Tacide phocénique avec une pipette ; il est ordinairement légèrement coloré en jaune ; il a une densité de 0,954 à la température de 2 1\ Si on le distille doucement au bain de sable, il se volatilise un produit liquide A incolore, qui se partage en deux couches , et il reste une matière épaisse de couleur brune B. 63 1. La couche la plus légère et la plus abon- dante est l'acide phocénique hydraté d'une den- sité de 0,933 à 28^ Pour l'obtenir à l'état de pu- est du 80us-cari)0Date de baryte pur, formé par l'acide car- bonique de l'air et la baiyte en excès. ' En saturant le liquide aqueux par l'eau de baryte, on pré- cipite le pbospbate de baryte, ainsi que l'adde pbosphorique qui n'est pas neutralisé ; 0 reste dans la liqueur du phocénate de baryte qui a toutes les propriétés que j'ai reconnues à ce sel. PRODUITS DES SAPONIFICATIONS. 2l3 reté, on le met en macération pendant quatre jours, sur a à 3 fois son poids de chlorure de cal- cium contenu dans une petite cornue de verre mu- pie d'un récipient ; puis on le distille au bain^ma- rie jusqu'à ce qu'il ne passe plus rien. L'acide ainsi obtenu a une densité de o,93â à 20^ Il ne préci- pite pas le nitrate d'argent. 63â. Quant à la couche la plus dense du liquide A^ elle n'est qu'en très petite quantité par rapport à la première ; et elle m'a paru une simple solution aqueuse d'acide phocénique. Elle est plus volatile que l'acide de la première couche. 633. Cette matière ne contient pas sensiblement ^* Matière ^ épaisse de d'acide phosphorique : elle provient d'une portion d'acide phocénique qui a été altérée par l'action de l'air et de la chaleur. 634* On met» dans un tube fermé à un bout, 1 00 parties de phocénate de baryte sec avec 33,4 parties d'acide sulfurique à ^& préalablement étendu de 33, 4 parties d'eau ; on agite le mélange avec un fil de platine; on obtient i^ du sulfate de baryte j â* un liquide aqueux^ S"" de V acide phocé- nique hydraté qui surnage sur le liquide aqueux. On décante celui-ci avec une pipette ; en ajoutant au résidu 33, 4 parties d'eau , on obtient une nou- velle quantité d*acide phocénique hydraté , qu'on décante et qu'on ajoute à l'autre quantité. Après cette opération , on ne sépare plus d'acide phocé- nique hydraté en versant dans le tube 33,4 parties cooleur bnine. Demième procédé. A. Prodoît liquide. B. Matièfe épaisse de coalear roQsse. 2l4 l'IT* III 9 CHÂP. I. d*eau contenant 1 3 parties d'acide sulfurique à 66*. Si alors on neutralise le liquide aqueux par deTeau de baryte , il reste dans la liqueur du phocénate de cette base, qui a toutes les propriétés que nous avons reconnues à ce sel. 655. L'acide phocénique hydraté est ordinaire- ment légèrement coloré en jaune ; il a une densité de 0,946 à âS"" ; si on le distille doucement au bain de sable , il passe un produit liquide A incolore , qui se partage en deux couches, et il reste une matière épaisse de couleur rousse B. 636. La couche la plus légère est l'acide pho- cénique hydraté d'une densité de o,g32 à 28^; la couche inférieure est extrêmement petite relative- ment à la première; elle est certainement une solution aqueuse d'acide phocénique ; elle a une tension plus forte que l'acide hydraté. Si on la laisse en contact avec le dernier, elle disparait parce qu'elle est dissoute. Si alors on distille au bain- marie la solution sur deux fois son poids de chlorure de calcium et qu'on fractionne le produit en por- tions , on trouve à chacune d'elles une densité de o,93â à 28^ Il ne précipite pas le nitrate d'argent. 637. Ce résidu contient une huile bitumineuse brune et un liquide acide qui, étant neutralisé par l'eau de baryte , ne donne pas de précipité ; mais si on fait évaporer le tout à siccité,et qu'on calcine le résidu dans un tube , il reste de la baryte carbo- natée mêlée d'un atome de sulfure. Cette expérience PRODUITS DES SAPONIFICATIONS. 3l5 prouve que si Tacide sulfurique existe dans l'acide phocénique hydraté (635 ), ce n'est que dans une proportion excessivement faible. ARTICIB II, Préparation des acides du beurre. 638. Les sels barytiques formés par les acides du beurre doivent être traités par le procédé sui- vant , quand on les a obtenus à l'état sec ( 628 }. (a) On en met 100 parties dans 277 parties d'eau à la température ordinaire ; après ^4 heures de ma- cération , on décante une première solution ; et en faisant évaporer une petite quantité pesée , le poids du résidu qu'on obtient fait connaître la propor- tion du sel et de l'eau qui constituent la solution. Cette proportion déterminée , on a facilement le poids du sel que les 277 parties d'eau ont dissous. En retranchant ce poids de celui des 100 parties de sel , on a la quantité de la matière indissoute que je nommerai premier résidu. (6) On met le premier résidu avec une propor- tion d'eau égale à celle qui constitue la première so- lution , et après une macération de 24 heures , on décante une seconde solution : on détermine , i"" la proportion de sel et d'eau qui la constitue ; 2'' le poids de la matière indissoute , que je nommerai second résidu. {c) En procédant sur le second résidu comme sur 2X6 LIV. III, GHAP. I. le premier , on obtient une troisième sotution et un troisième résiduj que Ton soumet au même traite- ment que le premier et le deuxième résidu. On con- tinue ce mode de traitement jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien , ou plutôt jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le sous-carbonate de baryte qui a été for- mé pendant les opérations que je viens de dé- crire , par l'acide carbonique de l'air et celui de l'eau qui ont réagi sur une portion des sels bary- tiques. 639* En faisant cristalliser spontanément les so- lutions, on obtient un nombre considérable de cristallisations différentes, qu'on peut cependant réduire à huit principales , y compris les quatre cristallisations qui appartiennent au butirate, au caprate et au caproate de baryte, et que j'ai décrites aux articles de ces sels (livre II ). Mais avant de par- ler des premières cristallisations, je crois devoir re- venir sur les quatre dernières, afin d'exposer les expériences qui m'ont fait conclure qu'elles appar- tiennent à des espèces définies, tandis que les au-- très crist^lisations sont dçs combinaisons indé- finies ou des mélanges de deux ou de plusieurs es- pèces de sels. FRBMrtRB CRISTALUSATION. Butirate de baryte. 64o. On ne peut séparer plusieurs sortes de ma- tières du butirate de baryte par la cristallisation : PRODUITS DBS SAPONIFICATIONS. 21^^ ▼oici les circonstances dans lesquelles j*ai fait mes expériences. 64 1* 20^,4 ^c butirate de baryte pulvérisé, qui auraient demandé 57*97 d*eau pour être dissous à la température de âo à a5*, ont été mis avec 9*94^ d'eau dans un flacon fermé. Après a4 heures , les matières étaient en pâte; et, comme il n*était pas possible de les filtrer dans cet état , on y a ajouté 9^,45 d'eau , et ^4 heures après on a filtré. r* Motution. Elle était formée de Eau 100 Sel 36,o5 Le résidu resté sur le filtre, égoutté, a été lavé avec 9^,45 d'eau ; le lavage ainsi que la première solution ont été évaporés spontanément. Le résidu lavé a été mis avec 9^,45 d*eau ; après a4 heures on a filtré. a* êolution. Elle était formée de Eau 100 Sel 36,o5 Le résidu resté sur le filtre , égoutté , a été lavé avec 9' ,45 d'eau ; le lavage ainsi que la seconde solution ont été évaporés spontanément. Le résidu lavé a été mis avec 9^,45 4'eau ; après 34 heures on a filtré. y iotutian. Elle était formée de Eau 100 Sel S5,a a\S LIV. III, GBAP. I. Le résidu resté sur le filtre a été dissous par 9*94^ d'eau qu'on a passés dessus , dans l'intention de le laver. Parce que je n'ai pu remarquer de différence dans les cristallisations obtenues des quatre solu- tions évaporées spontanément à une température comprise entre ao et 25"", ainsi que dans celles des lavages des résidus , j'ai conclu que l'eau ne réduit pas le butirate de baryte en plusieurs matières. 64^. Aux expériences précédentes il faut ajou- ter les suivantes : on a pris i3' de butirate de baryte qui avaient été dissous en premier lieu » et 5*98 de butirate de baryte qui avaient été dis- sous en second lieu ; on les a traités comme il est dit (640* Voici les résultats : ji. Butirate *3* mis avcc 12* d'cau à 21* ont donné , i'* w- tution diMOQi en premier lieu Eau. . • foo Sel 36,34 1*" ré$idu mis avec 6* d'eau à 26* a donné, 2* so- buion Eau 100 Sel 36,6i 2' riêidu mis avec 6^ d'eau à 26* a donné, 3* lution Eau 100 Sel.. 36,4 PRODUITS DBS SAPORIPIGATIOlfS. Stg 3* riiidu mis arec 6' d'eau à uG" a donné, ^""mo- tution Eau loo Sel 36 Enfin toutes ces solutions ont cristallisé de la même manière. 5*,8 mis avec 5*,5a d'eau i 26* ont donné» i'* so^ ^. Batiste tution tecoad Ueo. Eau 100 Sel 36 1** résidu mis avec 5^,32 d'eau à 2^9 a donné , 2* Moluiian Eau 100 Sel 36,5i 2* rétidu mis arec 5',3a d'eau à 22*, tout a été dis- sous; conséquemment nous ne pouvons pas savoir si la solution était saturée : elle était formée de Eau 100 SeL 28 Toutes ces solutions ont cristallisé sensiblement de la même manière que la solution du butirate ji. 643. Quand on traite le butirate de chaux par Batinte de l'eau à la température de i5% on ne le réduit pas ^VSîlî* en plusieurs sortes de sels ; c'est ce que prouvent les expériences suivantes. dâO Liy. III, GHAP. I. 5' de 8el ont été mis avec 8* d*eau. i'* solution : Eau loo Sel 17,58 1" résidu mis avec 8* d'eau a donné, 2* solution : Eau ioo Sel 17,64 a* résidu mis avec 4' d'eau a donné, 3* solution : Eau 100 Sel 17964 3* résidu ; il a été dissous dans une quantité d'eau suffisante : la solution a donné des cristaux absolument semblables à ceux des trois premières. Batinte de 644* ^ butiratc de strontiane traité par l'eau ^ traité par de la même manière que les butirates de baryte et de chaux , a donné les mêmes résultats. DEUXIEMB GRISTÂLUSÂTION. Caprate de baryte. Gaprate de 645. 2^,718 de ce sel réduit en poudre fine ont par î'eaa.^ été mis dvec 'jS^ d'eau distillée dans un flacon fer- mé ; les matières ont été agitées de temps en temps; la température était de 2i5*; après 48 heures l'eau a été décantée , et mise à évaporer spontanément sous la désignation de première solution ; le résidu a été traité par 76' d'eau : on a obtenu une seconde solution et un second résidu qui a été traité de nou* PRODUITS DES SAPONIFICATIONS. 2121 veau par 76' d'eau ; et ainsi de suite. Les solutions étaient formées de i** aolatioD. %• solot. 5* solot. 4* «oint. 5* solot. S* solot. Eau.. . loo • • 100 • . 100 . . loo • • loo • . loo Sel. • • 0)54 • • 0)56 • • 0|56 • • o^So • • 0|5o • • o^So 646. Craignant que la sixième solution n'eût pas eu le temps de se saturer^ parce que le résidu salin était en petite quantité et qu'il était formé des par- ties les plus grossières du sel qu'on avait mis en expérience , et que par cela même les corps qui de- vaient agir présentaient moins de surface que dans les premières solutions, j'ai fait évaporer la sixième solution à sîccité ; j'ai réduit la matière fixe en poudre fine ainsi que le sixième résidu salin , et j'ai mis le tout en contact avec l'eau. Cette fois j'ai obtenu une solution composée de Eau 100 Sel w o>65 Toutes les solutions évaporées spontanément n'ont donné que des cristaux de caprate. 647- Le caprate de strontiane, traité de la même Capnte de \ 1 j i_ j » i «trontiâoe manière que le caprate de baryte, a donne le traité par ^ , t Teaa. même résultat. TEOISlàlfE ET QUATRIÈME GEISTALLISATIONS. Caproate de baryte en lames et en aiguilles. 648. 1 1*,7 de caproate de baryte pulvérisé ont Caproatede été mis avec 24*936 d'eau dans un flacon fermé: parTean. 2^2 LIT* III) GHAP. I. on a abandonné les matières dans un lieu dont la température était de 20 à 25* , et après a4 heures on a filtré. On a passé sur le filtre 12*, 18, d'eau. On a obtenu par ce moyen une i " solutiouj un 1 " /i- vage et un i*' résidu : celui-ci a été soumis à l'ac- tion de 24*»36 d'eau ; on a obtenu une a* ioluiion , un 2* lavage fait comme le précédent ayec 12*, 18 d'eau ; et enfin un 2' résidu qui a été traité comme le premier; ainsi de suite. Les solutions étaient formées de !*• solotîon. a* loliit. 3* solnt. 4* Bolat. après 3 joun. Saa* • • loo • • • loo . • • loo . • • loo Sel«. • • 8,1 • • • 7*88 • • . 7,a4 • • • 7»^ 649« Ayant obsenré que le 4* résidu était formé de lamelles, cela m'a fait penser que si les trois der- nières solutions contenaient moins de sel que la première , cela tenait au défaut de division de la matière à dissoudre ; en conséquence j'ai réduit le 4* résidu en poudre aussi fine qu'il m'a été possible, et cela est assez difficile à cause de la flexibilité des cristaux de caproate. i^,4 ^^ cette poudre mis en contact à 2 r avec i o' d'eau pendant huit jours, ont donné une solution formée de Eau lOO Sel « 8,10 65o. Le résidu a été mis avec 7' d'eau , et après 48 heures on a décanté une liqueur formée de Eau 100 Sel « 7,a PRODUITS DBS SAPONIFICATIONS. %25 Ce qui n'aTait pas été dissous était inappréciable. 65 1 • Toutes les solutions, ainsi que les lavageSf évaporés spontanément, ont donné des cristaux absolument identiques par la forme, l'aspect, enfin par toutes les propriétés physiques. 65a. Quand on traite le caproate de chaux par Caprottc de cbâostrftité l'eau à la température de i4% on ne le réduit pas pwi'eao. en plusieurs sortes de sels : c'est ce que prouvent les expériences suivantes. 3* mis avec i3^ d'eau ont donné, i** solution Eau loo Sel a,o4 1* réêidu mis avec a5' d'eau a donné, a* $olutian Eau loo Sel a,o4 9* féiidu mis avec a5' d'eau a donné, 3* êotutian Eau 100 Sel 1,99 3* riêidu mis avec 25' d'eau a donné, 4* solution Eau loo Sel 1,99 4' réêidu mis avec a5' d'eau a donné, 5* Eau ICO Sel 1,94 22^ LIT. III, CHAP. I. 5* résidu. Il a été dissous par une quantité d'eau suffisante. Cette solution rapprochée a donné des cristaux absolument semblables à ceux des 5 pre- mières solutions ; TeaU-mére de ces cristaux était formée de Eau loo Sel a CINQUliMS CIUSTAIXISATIOIV. 653. Elle est sous la forme de petites lames réu- nies en crêtes de coq , ou en sphéroïdes. Ces cris- taux conservent leur transparence à Tair et même dans le vide sec ; dans cette dernière circonstance ils ne perdent pas d'eau ; pour loo d'acide sec , ils contiennent gS de baryte. Ils ont une odeur qui n'est pas aussi forte que celle dubutirate de baryte, et qui par là même se rapproche davantage de celle du beurre frais. lOO parties d'eau à io*,5 ont dis- sous 37,55 parties de cristaux. Je n'ai pu à cette même température les réduire en plusieurs sortes de cristaux; le seul indice qui m'ait fait soupçonner qu'ils étaient formés de plusieurs espèces de sels , c'est qu'en les examinant avec attention , j'ai aperçu quelques parties d'un blanc d'émail au mi- lieu de ces cristaux. 654. Je les ai fait dissoudre dans l'eau ; la solution évaporée spontanément dans une atmosphère de PRODUITS DES SAPONIFICATIONS. 22^ a5 à 3d* a donné des cristaux que j'ai séparés de leur eau -mère. En reprenant ces mêmes cristaux par l'eau , et faisant cristalliser leur eau-mère, j'ai réduit la cinquième cristallisation : i** En cristaux d'un blanc d'émail , comme empâtés. Us seront examinés sous la dénomination de 7"^ cristallisation. 2"" En aiguilles transparentes. Elles seront examinées sous la dénomination de 6* cristallisation. 655. Lorsque le liquide aqueux où se trouvent les Bemarque. acides du beurre (602) n'a été distillé qu'une fois, il contient toujours une quantité sensible de glycé- rine et de bitartrate ou de phosphate de potasse qui ont été projetés de la cornue dans le récipient par l'ébulliffon du liquide. Dans ce cas, lorsqu'on sature par l'eau de baryte le produit de la distillation, l'a- cide tartarique ou phosphoriqueest précipité par une portion de baryte, et la potasse qui s'y trouvait unie se combine à une portion des acides du beurre. Il résulte de là qu'en faisant cristalliser la liqueur qui contient les sels de baryte , on finit par obtenir des eaux-mères beaucoup plus chargées de sel que les eaux-mères qui donnent les cristaux que j'ap- pelle 6^ cristallisation. Les premières eaux-mères sont de deux sortes : les unes se prennent en masse ; elles sont principalement formées de bu- tiratc de baryte, de butirate et de caproate de po- tasse ; les autres sont incristallisables à l'air ; elles i5 2a6 LIV. III, CHAP. I. 80Dt principalement fonnées de butirate de po- tasse et de glycérine. Si ces eaux-mères contien- nent du caprate , ce n'est que dans une proportion très faible. SIXIÂME GRISTAIXISÂTION. 656. Les aiguillée transparentes ont été réduites: I* En butirate de baryte cristaUisé en prismes allongés. Ce sel était très abondant : on l'a obtenu pur en le faisant recristallisen a"" En une eau-mère qui a été réduite en aiguilles fines transparentes et en octaèdres. Ceux-ci n'étaient qu'en très petite quantité, puisque i5o parties de sels du beurre en ont donné à peine i partie. Â. AiguiUet 657* loo parties de ces aiguilles^ décomposées pmnteê' par l'acide sulfurique, donnaient 7a parties de ré- sidu sulfaté; 100 parties de butirate de baryte en donnent 75,2. 658. Ces aiguilles ont été traitées par un poids d'eau égal au leur. 1** solution formée de Eau 100 Sel 57,45 Elle a donné des aiguilles fines et des octaèdres. Lerésidusi été traité par une quantité d'eau égale i celle qui avait serri à la 1'* solution. PRODUITS DB8 SAPONIPICATIONS. 2* ioiuUan formée de S Eau loo Sel 36,5 227 Elle a donné des aiguilies fines tramparentes semblables à celles qui avaient été traitées. Le 2* résidu a été dissous dans une quantité d'eau suffisante ; la solution a donné du butirate de ba-- ryU cristallisé en prismes allongés. 11 suit de ces expériences que les aiguilles fines tramparentes étaient formées de butirate de baryte et de cristaux octaèdres. 659. De Feau qui était restée sur un excès de B. Cmtaiu rnstaux octaèdres^ à la température de tS*, a pro- duit une solution formée de Eau 100 Sel a6a 660. 100 parties de ces cristaux, décomposées par l'acide suif urique, ontdonné 68 parties de résidu sul- faté. D'après ce résultat et l'odeur de beurre des cris- taux« qui était aussi forte que celle du butirate pur, j'ai soupçonné qu'ils pouvaient être formés de deux butiratcs ; c'est ce qui a été confirmé par l'analyse et la synthèse : 1* par l'analyse, j'y ai découvert la baryte et la chaux ; 2* ayant dissous dans l'eau 2 parties de butirate de chaux et 3 parties de butirate de baryte , j'ai obtenu par évaporation spontanée de beaux cristaux octaèdres. i5. 228 LIV. III, CHAP. I. 661. Le butirate de chaux trouvé dans les sels barytiques du beurre provenait de la réaction du sous-carbonate de chaux des filtrés dé papier sur le butirate de baryte. SEPtiiME CRISTALLISATION. 662. Parce que cette cristallisation est formée de trois espèces de sels au moins» unies en des propor- tions très variées , les cristaux que nous y rappor- tons diffèrent les uns des autres par leurs propriétés physiques et leur solubilité dans Teau. Leur odeur est plus ou moins butirique , mais elle est toujours moins prononcée que celle des cristaux précé-^ dents (656). Leur forme est très difficile à décrire, cependant ils présentent en général de petites ai- guilles ou des lames opaques, et comme empâtées dans une matière d'un blanc d'émail. Je les ai ré- duits en cristaux de la 5* criêtallisation, en caproate et en caprate; mais ce dernier sel était toujours en faible proportion. J'ai toujours commencé à les traiter par deux fois leur poids d'eau ; et le résidu était traité par une proportion d'eau égale à celle qui constituait la solution précédente ; dès qu'on croyait apercevoir une différence de forme dans les cristaux qui se produisaientdansune liqueur, on dé- cantait i'eau-mère , pour la faire cristalliser à part. 663. En traitant de cette manière : !• Un échantillon A de la 7* cristallisation , on a eu PB0DUIT8 DBS SAPONIFICATIORa. 22g des solutions formées de !••. a*. 3v Eau. . too . . loo . . loo Sel.. . 58,3o . . 3i,75 . . 19 2* Un ichantilbn B de la 7' cristaUisatîpn , on a eu des solutions formées de i". a*. 3% Eau. . 100 . . . 100 . . . 100 Sel.. . 35,39. . . ig ... 17 3* Un ichantilbn C de la 7* cristallisation , on a eu des solutions formées de V\ av 5% Eau. . 100 . . 100 • . 100 Sel.. . 16596 . . 9»a8 . . 8,98 Il restait un mélange de caproate et de caprate de baryte. nOITlÉME CBISTAIXISATIOIf. 664* ^^^ cristaux sont en feuillets ou en lamelles plus ou moins épaisses, toujours opaques , n'ayant pas Todeur du beurre , mais celle de la sueur : des échantillons ont eu outre Todeur du bouc. Les la- melles se réunissent quelquefois sous la forme de choux-fleurs. 665. 100 parties de sel ont été mises avcr 5oo Traiienent pallies d*eau à a3*, pendant 34 beures. tuitw a. a30 LIT. III, CHAP. I. i'* solution^ Eau loo SeL 8,99 Le 1** résidu a été mis avec 5oo parties d'eau , pendant 94 heures. 2* solution 9 Eau 100 Sel 7941 Le 2* résidu a été mis ayee sgo^S d'eau. 3* iolutian , Eau. 100 Sd a,67 Le 3* résidu, qui pesait i3,8 parties, a exigé plus de 5 1 7 parties d'eau pour être dissous. Les deux premières dissolutions évaporées spon- tanément à une température de a3*, ont été ré- duites , i"" en petits cristaux icailleux^ formés de caproate et de caprate ; a* en caproate. La 3* solution a donné de petits cristaux icaH- leux qu'on a réduits , 1* en caprate ; 2"" en petites écailles formées de caprate et de caproate. La 4* solution a donné , 1* de petits cristaux ieait- leux semblables à ceux de la 3* solution ; 3* du caprate. Traitement 666. lOO partics ont été mises avec 800 parties tuiôn^^î'qyi à'e^u à 10*; le 1* résidu a été mis avec la propor* PB0DUIT8 DBS SAPONIFICATIONS. sSl lion qui constituait la r* solution et ainsi de suite éuit eo cbcMix- Heurt. • '••oIotioD. 9«folat. 3*iolat. 4* lolat. 5* lolot. Eau . loo . . loo . . loo . . loo . . loo Sei. . 7976 . . 4^44 • • <>97 • • ^>^ • • ^fi La première solution a donné du caproate pres- que pur, et les trois dernières du caprate presque pur. La seconde solution a donné de petites écailles formées de caproate et de caprate. 100 parties, traitées comnieréchantillonB, ont Jl*J,*^"^*. donné ***•<>• ^» euiièiDe 63,36 parties d'eau , on obtient un liquide acide limpide qu'on décante. En ajoutant au résidu 63,5 parties d'eau, on ne sépare plus d'acide liquide : on n'en sépare pas davantage en ajou- tant 63,5 parties d'acide sulfurique. 674* Le sulfate de baryte forme une pâte claire, I* avec l'eau qui n'est point entrée dans la com- position de l'hydrate d'acide butirique ; a* avec l'acide sulfurique qui n'est point entré dans celle du sulfate de baryte. Si on délaie le tout dans l'eau, et qu'on neutralise par l'eau de baryte « on obtient une dissolution de butirate, dont l'acide était dissous dans l'acide sulfJrique aqueux. Ce buti- rate a toutes les propriétés que nous avons trou- vées à ce sel. 675. L'acide butirique est limpide , incolore ou presque incolore ; sa densité à 5 * est de 0,976 ' ; il ne précipite pas le nitrate de baryte. 676. Distillé doucement au bain de sable , avec le contact de l'air, il adonné, 1* un acide parfaite- ment limpide et incolore, dont la densité à 10* était * Cette quantité est le double de celle uéccs»aire pour neutraliser la barjrte de butirate : cet excès d*acide est néces* Niire pour obtenir le maximum d*acide butirique hjrdratc. ' J*en ai obtenu dont la densité était A a8* de 0,971. â54 I«IV. III, CHAP. I. de 0,968; 2^ un résidu brun qui contenait de l'acide butirique pur et de l'acide butirique altéré coloré en brun ; l'eau de baryte a dissous l'acide pur et une petite quantité de l'acide altéré : il est resté des flocons colorés , dont une portion était inso- luble dans Tacide nitrique. H n'y avait pas d'acide sulfurique. 677. L'acide butirique d'une densité de 0,968 distillé au bain-oiarie sur son poids de chlorure de calcium , après avoir macéré pendant trois jours avec ce dernier, a donné un produit dont la densité était de 0,9675 à lo*. Préparation de l'acide caproïque. 678. On met dans un tube de verre fermé à unbout 1 00 parties de caproate de baryte avec 29,63 parties d'acide sulfurique à 66*, préalablement étendus de 129,63 parties d'eau : après 24 heures, on décante un liquide acide, limpide; c'est l'acide caproïque hydraté. En ajoutant ^9,63 parties d'acide sulfu- rique étendu de 29,63 parties d'eau , on obtient encore un peu d'acide caproïque qu'on ajoute au premier. La quantité de ce produit est à très peu près de 5o parties. 679. Le sulfate de baryte forme une pâte claire avec de l'eau et l'acide sulfurique en excès : on dé- laie le tout dans l'eau, et en neutralisant pari eau de baryte on obtient un sel semblable à celui qài a été décomposé. FaODlITS DES SAPONIFICATIONS. 235 680. L'acide caproiqueest limpide, incolore ou presque incolore. A 23*, sa densité est de 0,928? car un petit flacon contenant 6', 387 d'eau con- tient 5^,838 d'acide caproîque. 68 1. Cet acide ne contient pas d'acide sulfii- rique : si on le distille seul , et ensuite si on le met dans une petite cornue avec son poids de chlorure de calcium , et après 48 heures si on le distille au bain-marie, on obtient un 1* produit qui a une densité de 0,933 à la température de 36*. Préparation de taeide eapriqug. 683. On a mis 3',6o de caprate de baryte dans Preniep un tube fermé à un bout , avec 3^o6 d'acide phos- phorique vitreux dissous dans 8* d'eau ; on a obtenu l'acide caprique hydraté sous la forme oléagineuse. 683. Cet acide était incolore ; à is* sa densité était de 0,915 : il était congelé à 1 1*,5. 684* o*,i3 chauffés avec du massicot ont perdu o',oi d'eau. 685. L'acide hydraté, ayant été chauffé au bain- marie dans une petite cornue pendant 1 5 heures , n'a paru perdre que de l'eau acidulée : le résidu avait toutes les propriétés de l'acide caprique hy- draté, ainsi qu'on s'en est assuré en le combinant avec de la baryte. 686. 2*,95 de caprate de baryte ont été décom- Demiciu^ p4)sés dans un tube formé* par i'«/|0 d*acide sul- 236 LIY. III 9 CHAP. I. furique concentré, préalablenoeDt étendu de 1^,4^ d'eau. 637- L'acide hydraté qu'on a obtenu avait les pro- priétés qu'on a décrites liv. Il, chap. vu, i'* sect. 688. Le liquide aqueux d'où l'acide hydraté avait été séparé , ayant été étendu d'eau et neutralisé par la baryte pour en précipiter l'acide sulfurique , a donné du caprate de baiyte par l'éyaporation spontanée. Préparation de l'acide hircù/ue. 689. On décompose le savon de graisse de mou- ton à base de potasse par l'acide tartarique ou phos- phorique ; on distille le liquide aqueux , l'acide hir- cique se volatilise avec de l'eau. Lorsqu'on a un produit exempt des sels de potasse qui auraient pu passer mécaniquement dans le récipient (655), on le neutralise par l'hydrate de barjrte ; ojn fait évaporer le liquide à siccité, et on décompose l'hir- ciate de baryte par l'acide sulfurique préalable-» ment étendu de son poids d'eau. PBÉPARATION Dt LA CiTINE. 307 IT" T T^^^T^ T-^T ^'l'tTI 1 ■^■^■^■>-t"* »>1"1'T1'^ -fcrfc-fcl 11 tll »r> ->•»•>%-> >i m »%<,»» 1 CHAPITRE IL PRÉPABATION BT SAPONIFICATION DE LA CÉTINE. § 1. Préparation de ta citine. 690. La cétine , dont j'ai examiné les propriétés, avait été séparée, par le procédé suivant, d'une huile colorée en jaune que la cétine du comoferce con- tient toujours. 691. 5o' de cétine fusible à 44* ^^^ ^^^ triturés à froid avec 5o* d'alcool d'une densité de 0,816; les matières ont été abandonnées dans un lieu dont la température était de 18* à 90*; après vingt-quatre heures on a décanté l'alcool sur un filtre* Le ré- sidu indissous a été traité par 100' d'alcool bouil- lant dans un ballon, où on a laissé refroidir les matières : on a filtré* Le dépAt qui s'était précipité de l'alcool pendant le refroidissement , ainsi que la matière qui n'avait point été dissoute, ont été soumis à l'action de l'alcool bouillant, jusqu'à ce que le lavage refroidi , filtré et évaporé, ne laissât plus ou presque plus de matière huileuse. La cétine préparée par ce moyen était fusible i 49*- 692. On a obtenu la matière huileuse en faisant â38 LIT. III, GHAP. II. évaporer doucement au bain -marie l'alcool qui avait macéré avec la cétine du commerce , ainsi que ceux qui avaient servi à faire les deux premiers la- vages bouillants* Le résidu de leur évaporation commençait à se figer à 52'' ; à 2^ il présentait beaucoup de cristaux de cétine et une huile jaune. On a séparé ces substances par la filtration. Remarques ggS, EHg était jaune, elle exhalait Todeurde la cé- lur cette *' ' rhniie. tiue du commerce, et n'avait pas d'action sur les réactifs colorés. A i S"", elle était encore fluide. Sa solubilité dans l'alcool à O9821 était sensiblement plus grande que celle delà cétine fusible à 49'' ; elle était très difficile à saponifier par la potasse : cepen- dant on est parvenu à la convertir en acide marga- rique , en acide oléique , et en une matière grasse non acide fusible à 20* environ , qui m'a paru con- génère de l'éthal. 694* La petite quantité de l'huile extraite de la cétine, ne m'a pas permis d'en faire un examen suffisamment précis pour que je puisse lui assigner un rang définitif dans la classification des corps gras , mais tout porte à croire qu'elle appartient au quatrième genre de ces corps. Il serait curieux de savoir si cette huile serait à la cétine ce qu'est l'o- léine aux stéarines. 695. L'huile dont je viens de parler rend la cé- tine à laquelle elle est unie plus fusible , puisque celle du commerce se fond à 44"" » ^Ue la rend aussi plus soluble dans l'alcool à o,8si, puisque 100 PRÉPARATION DE LA GKTINE. 20g parties de ce liquide bouillant, qui ont dissous a, 5 parties de cétine pure, en ont dissous 3,5 de cétine du commerce ; il est évident que la couleur jau- nâtre et Todeur désagréable de celle-ci sont dues à des principes étrangers à la cétine etmême à l'huile, car j'ai obtenu la cétine parfaitement incolore et presque inodore ; et j'ai eu l'occasion d'obserter de l'huile incolore , et qui n'avait qu'une très légère odeur. J'ignore i quel point l'oxygène de l'air et la lumière peuvent avoir d'action sur la cétine du commerce. §11. Analyse des produits de la saponification de la cétine , et préparation de VéthaL 696. On opère très-bien la saponification de la cétine en mettant dans un ballon 100 parties de cétine avec 100 parties de potasse dissoutes dans aoo parties d'eau , et en faisant digérer ces ma- tières pendant plusieurs jours à une température de 5o à 90*; il faut les agiter de temps en temps. J'avais cru d'abord que la saponification de la cé- tine exigeait une température plus élevée que 1 00*, aussi l'avais-je faite dans mon digesteur distilla- toire; mais depuis je me suis assuré qu'où pouvait l'opérer au-dessous de cette température. 697. On ajoutede l'eau à la masse savonneuse, on j versede l'acide tartarique ou phosphoriqueenexcèst on fait chauffer suffisamment pour fondre la matière a^o Liv. m , CHAP. lu grasse, et assez long-temps pour que celle^cî se rassemble à la surface du liquide. En laissant re- froidir , on obtient , i" un liquide aqueux, 2"" une matière gra$$e. Liquide 698% En faisant évaporer le liquide aqueux au- aqncM- quel on a réuni les lavages de la matière grasse , on obtient un résidu auquel on applique Talcool à o,8oo. Celui-ci, évaporé doucement , ne laisse que 0,90 de partie d'un liquide syrupeux qui n'est nulle* ment sucré et qui est formé d'eau et d'une très petite quantité de matière organique colorée. MaUère Qgg^ £]ie p^ge 1 q 1 ^6parties ; elle est d'un j aune se- rin extrêmement léger : elle commence à se figer à 45% mais elle parait ne l'être complètement qu'entre 44 et 43""; elle reste molle jusqu'à 3g*. En prenant son terme de congélation, quand elle est fondue sur l'eau , on trouve 44*»5 à 43',5. Si elle s'est refroidie lentement , elle présente un tissu lamelleux et briU lant. loo parties d'alcool à 0,817 dissolvent sans bouillir 1 15 parties de matière grasse , la solution reste plusieurs heures sans se troubler ; après 24 heures, elle a déposé de très petites aiguilles brillan- tes. Elle rougit fortement le tournesol, et la liqueur rouge devient bleue quand on y ajoute de l'eau. 700. Cette matière grasse est formée d'éthal et d'acides margarique et oléique. Le moyen de faire l'analyse de cette matière est très simple. On la met dans une capsule avec de l'eau de baryte; on fait chauffer en ayant soin de remuer continuellement , SAPONIPICATION DK LA CÉTINE. ^4 1 afin que les acides soient complètement neutra- lisés. On enlève ensuite l'excès de baryte par Teau distillée bouillante, on applique de Talcool dé* phlegmé et froid à la matière bien desséchée. L'é- thaï est dissous avec un peu de margarate et d'o- léate de baryte. En faisant évaporer Talcool et re- prenant le résidu par une petite quantité d'alcool très concentré ou d'éther, on dissout Téthal , et on le sépare par ce moyen des savons de baryte qui s'étaient dissous avec lui; on réunit ceux «ci aux savons indissous dans l'alcool, et on les décompose par l'acide hydrochlorique pour avoir des acides margariquê et oliique hydratés. On obtient ensuite Vilhal en faisant évaporer l'alcool ou l'éther : si l'éthal contenait encore des savons de baryte, il faudrait le traiter par l'alcool froid ou par l'éther. 701. 1 o 1 ,6 parties de matière grasse provenant de 1 00 parties de cétine saponifiées sont formées de Acides margariquê et olélqoe hydratés fusi- bles à 45 6o,g6 Édial 40,64 101,60 702. Ils sont formés mMtâ^ diacides secs g6,35 d*eau 3,65 ainsi qu'on le reconnaît en 1rs traitant par le mas- sicot. 16 2/|3 ^ tir. III, CHAP. II. 7o3. Ils 80ut dissous en totalité par Teau de po- tasse bouillante. Le sayon abandonné au froid dé- pose du bimargarate de potasse nacri; le liquide sé- paré du dépôt dépose de nouveau bimargarate de potasse quand il est abandonné au froid » après toutefois qull a été concentré » et que son excès d'alcali a été neutralisé par Tacide tartarique ; enfin en filtrant de nouveau le liquide et en le soumet* tant au même traitement que le précédent jusqu'à ce qu'il ne dépose plus ou presque plus de bimaiv garate, on obtient une solution d*oléate de potasse* Acide «^o4* Le bimargarate de potasse dix savon de ce* tme est formé de Acide margarique. . . . loo Potasse 8,9 705. L'acide margarique de la cétine est fusible de 55* à 56""; il cristallise en petites aiguilles ra- diées ; il est insipide et inodore : à 60"* il est dissous en toutes proportions par l'alcool d'une densité de o,8ao; la solution rougit fortement le tournesol, et la liqueur rougiç redevient bleue lorsqu'on y ajoute de l'eau. 706. L'acide margarique de la cétine uni à la baryte , à la strontiane , au massicot , donne des savons formés Acide margarique 100 Baryte« 97^8 8AP01IIP1CATI0N DE LA CiTllIB. ^43 Acide margarique loo Strontiane. %Of06 Acide inargftri%.»^»*>^i>*i%<*^*^'%*^><*»^*^*>*'**'*^*^*'*^*"-*'*'*^**"^^'*^**'*^*^*****^^*'***"*^**^ CHAPITRE IIL ANALYSE IMMÉDIATE DES GRAISSES QUI SONT PEINCI- PAIEMENT FORMÉES DE STÉARINE ET d'oLÉINE , Et PRÉPARATION DE CES DEUX SUBSTANCES. 5 10. Les graisses dont je vais parler dans ce chapitre sont celles d'homme , de porc, de jaguar, d*oie , de bœuf, et de mouton. 7 II, Pour analyser les cinq dernières, on les traite dans un matras à long col par Talcool bouil- lant. En supposant que celui-ci ne soit pas en quantité suffisante pour dissoudre la totalité de la graisse, voici ce quW observe : il se dissout une combinaison d*oléine et de stéarine , dans laquelle la première est à la seconde dans un rapport plus grand que dans la graisse que l'on traite par l'al- cool, et il reste conséquemment une combinaison indissoute de stéarine et d'oléine, dans laquelle la première est à la seconde dans une proportion plus grande que dans la graisse. Si on laisse refroidir, la matière indissoute se fige, et se moule bientôt sur le fond du matras; et au bout de quelques heures la combinaison dissoute se réduit en deux autres combinaisons , Tune avec excès d'oléine qui reste I ANALYSE DES GHAI^SSS. ^4^ dans l'alcool, l'autre avec excès de stéarine qui s'en précipite : au bout de vingt^juatre heures, on agite la liqueur afin que la combinaison qui s'était dé- posée de l'alcool soit suspendue dans le liquide ; on jette ensuite promptement ce dernier sur un filtre. La graisse indissoute moulée sur le matras reste dans ce vaisseau ; on la traite de nouveau par l'alcool , et cela jusqu'à ce que tout ait été dissous, et ou jette sur le filtre, après chaque traitement, l'alcool refroidi et agité. On obtient par ce moyen , i"" des liquides alcooliques refroidis; 2^ de la stéa- rine retenant de l'oléine, qui s'est déposée de l'aln cool bouillant par le refroidissement. ni 2. On les fait évaporer doucement^ et on i^»vagc« ^ '^ alcuoiiques ajoute de l'eau quand on a chassé les t ^^ Talcool refroidi* et environ : on a par ce moyen un liquide aqueux i et de V oléine retenant de la stéarine. 713. Après avoir séparé l'oléine du liquide aqueux , on l'agite avec beaucoup d'eau afin de la laver, puis on la recueille dans un petit vase que l'on expose à une température suffisamment basse pour déterminer la congélation d'une portion de matière qui est principalement formée de stéarine. On sépare ensuite celle-ci de la partie fluide en fil-r trant dans du papier Joseph ; on expose successî-r vement la partie fluide à des températures de plus en plus basses, et on filtre après chaque e:itposition au froid. On finit par obtenir une oléine fluide à 4" '-^o, et mêmç au-dessQus. ^46 UV. III, CHAP. III. Stéarine re- 'ji^. PouF Tobteoir à Tétat de pureté , ou appro* l'oléine qoi chaot de cet état, il faut la redissoudre dans l'ai- 'dé ra£oôi'' cool chaud , faire refroidir la liqueur , la filtrer , ^dL^fl^t!' iwueillîr le précipité et le soumettre i de nouveaux traitements jusqu'à ce qu'on ait une stéarine dont la fusibilité reste constante. 71 5. L'analyse de la graisse d'homme et des graisses qui ont à peu près le même degré de fu- sibilité se fait de la manière suivante : on les ex- pose d'abord au froid ; il se concrète de la stéarine retenant de l'oléine; on jette cette matière sur un filtre ; on expose la liqueur filtrée au froid pour en séparer encore de la stéarine : par ce moyen, on ob- tient de l'oléine sans l'intermède de l'alcool. Quant à la stéarine, on l'extrait, au moyen de l'alcool ^ de la matière concrète restée sur les filtres. 716. J'examinerai dans le livre suivant les pro- priétés des oléines et des stéarines extraites de di- verses graisses. Je rapporterai seulement ici les ob- servations que j'ai faites sur les liquides aqueux (7 1 2) provenant des analyses de ces graisses. Liquide 717. Quoiqu'il eût été filtré plusieurs fois, il était teon de u légèrement trouble ; concentré , il avait une odeur naiMe de r « ji • • poi«. et une saveur nauséabondes que je ne puis compa- rer qu'à celles de la bile. Après l'avoir fait concen- trer davantage , on l'a filtré et on a séparé la petite quantité de graisse qui en altérait la transparence. On a fait évaporer doucement la liqueur filtrée en consistance sirupeuse , et on l'a privée ainsi de soo ANALYSE DKS-GRAISSIS. ^4? odeur et de sa sareur nauséabondes ; d'où il suit qu'un principe rolatil était la cause de ces proprié- tés. Ce principe existerait«il dans la bile? Le résidu de réraporation pesait o*,o5 , la quantité de graisse analysée était de 86* ; ce résidu était jaune y il n'é» tait ni acide ni alcalin ; sa saveur était piquante et salée. Il était soluble dans Teau et dans Talcool ; il ne contenait pas de glycérine ; il a laissé un résidu formé de chlorure de sodium , de sous-car- bonate de soude, et d'atomes de sous-carbonate de chaux et d'oxyde de fer. 718. n exhalait l'odeur de la bile comme le pré- cédent; il a donné un extrait jaune et amer. Celui qu'on a obtenu du premier lavage alcoolique de la graisse était alcalin ; celui qu'on a obtenu du der- nier était acide : il contenait de plus une trace d'huile empyreumatique. 719. Il avait une odeur désagréable; il conte- nait de la matière jaune, amère, huileuse, et à ce qu'il m'a paru un peu d'acide acétique. 720. Il était absolument inodore, et ne conte- nait qu'un atome de matière soluble dans l'eau. 721. Il n'exhalait pas l'odeur de la bile, mais il donnait un extrait acide semblable à celui obtenu du dernier lavage alcoolique de graisse d'homme (718). 722. Il était roux, alcalin ; il contenait un peu de chlorures de potassium et de sodium. 7a5. J'ai distillé de l'alcool qui atait servi aux Lil- laiBelhmarir ; le r ralco garate. Par le refroidissement il se imidoit on dépôt dans lequel le stéarate est au margarate , et surtout à l'oléate , dan« unr proportion plos forte qu'il ne l'était dan* le rfcsidtt avant le traitement par l'ilrtMil bouillant. ( ^'orts livre Ili , chjpilre I. ) C 250 LIV. IT, CHAP. I. 727. Il est évident, d'après l'examen de ces graisses, que la fluidité de la graisse humaine peut yarier. Ces variations tiennent à des pro- portions diverses de stéarine et d'oléine ; car la partie concrète de la graisse est une combinaison d'oléine avec excès de stéarine , et la partie fluide est une combinaison de stéarine avec excès d'o- léine. 728. Elle est blanche ; son odeur est très faible ' lorsqu'elle est solide ; mais si elle est en contact avec de l'eau bouillante, elle répand une odeur Gnine de fade et très désagréable. ^'^' 729. Lorsqu'on l'a fondue i 5o* et qu'on y a plongé un thermomètre, on observe que le mer* cure descend à 25%93, où il reste stationnaire quel- ques instants pendant la congélation de la graisse: si avant que la congélation soit complète on agite Je thermomètre, le mercure remonte à 27% 730. Il y a des échantillons dans lesquels le thermomètre descend à 29* et remonte à 3i*. 731. Celle que j'ai examinée provenait d'un animal qui était mort après une longue maladie ; elle avait une couleur jaune orangée, une odeur Grtiite de particulière très désagréable. ^"' 732. Le thermomètre que j'y plongeai après l'a- voir fondue à 4o*est descendue 29*, et est remonté ' Quand od a distillé une solution de graisse de porc dans Téther, le principe odorant distille avec Féther. GrtiMe d*( KXAMKN DES GEAI88B8. sSl i a9%5 lorsque U congélation a eu lieu ; mais je ferai obsenrer qu'il restait encore une certaine quantité de graisse qui n'était pas figée* 733. Elle était très légèrement colorée en jaune» elle aTait une odeur agréable , elle m'a paru se figer i 27'* 734* Elle est blanche , quelquefois elle a une CniMe de légère teinte bleuâtre ou rerdâtre ; i l'état de fraî- cheur , elle est presque inodore , ce n'est que quand elle a le contact de l'air qu'elle acquiert une très légère odeur de chandelle. 735. Quand on fond séparément des graisses de mouton qui ont été prises sur plusieurs individus , on en trouve dans lesquelles le thermomètre des- cend à 37* et remonte à 39*, et d'autres dans les- quelles il descend i 4o* et remonte i 4t*- 736. Celle que j'ai examinée était d'un jaune Qnime d« pâle , son odeur très légère ; un thermomètre qu'on j a plongé est descendu à 37* et est remonté à Zg\ 737. 100 parties d'alcool bouillant d'une den* site de o,8a 1 , ont dissous SolobUitd de ce» nrnÎMetdaii» raloooL 9,4^ <1^ graisse homaine* 9,1 8 de graisse de jaguar. 9,a6 de graisse de mouton. a,5a de graisse de bœuf. 738. 100 parties d'alcool bouillant d'une den< site de 0,816, ont dissous a^So de graisse de porc* 73g. Aucune des graisses dont nous parlons n'était acide 9 soit qu'on les étendit sur un papier de tournesol, soit qu*on en mêlât la solution al- coolique avec l'extrait aqueux de ce principe colo- rant. § II. De$ ehangemenU de nature que les graisses éprouvent par l'action de la potasse. 74o« 1 00 parties de chaque sorte de graisse ont été saponifiées par la potasse caustique à la chaux ; le savon a été décomposé par l'acide tartarique : on a obtenu une graisse acidifiée et un liquide aqueux tenant en dissolution du bitartrate de po- tasse , de la glycérine , et dans quelques cas un principe odorant. On a distillé le liquide aqueu]( , auquel on avait ajouté les lavages de la graisse aci- difiée ; on a neutralisé le produit par l'hydrate de baryte quand on lui a trouvé la propriété acide, et on a pesé le sel à l'état sec. Quant au résidu de la distillation , on en a séparé la glycérine au moyen de l'alcool concentré; on a fait évaporer ce der- nier , et on a pesé la glycérine à l'état sirupeux ; on a tenu compte du tartrate de potasse que l'alcool avait dissous '. ■ Plus loin ( livre V, chapitre 11 , section 1'* , § s ) on verra un moyen plus exact d'estiuier le poids de la glycérine. 00 EXAMEN DBS GRAISSESf. 255 Poids comparés des produits de ta saponification avec ceux des graisses naturelles. 74 1* On a obtenu par la saponification de i parties de graisse d'homme. de porc, demoatoo* de bœuf. Grttste acid. hydrat. . gS^ai . . . 95,00 . • • 96^54 • • . 96,00 Glycérioe 10,00 . . . Syio . • .. S^oo • • . 8,60 Sel de baryte. . . (inappréc.). , {idem,) • . o,3o . . (inappr. } 74â. Les graisses saponifiées étaient entièrement acides ; car en les unissant à la bar]rte , puis en traitant leur combinaison par Talcool , on n'en séparait pas de substance grasse non acide. Il est superflu de dire qu'elles rougissaient fortement le tournesol* 743. Elles étaient moins fusibles que les graisses d'où elles proyenaient ; car la graisse acidifiée d'homme se congelait en grande partie à 35"* : le thermomètre, plongé dans la graisse acidifiée de porc, descendait à Sg"" et montait à ^o'^yS; dans celle de mouton , il descendait à 4^'' et remontait à 50"*; dans celle de bœuf, il s'arrêtait à 4B% et dans celle de jaguar à 36^ 744* I^^s graisses acidifiées avaient une tendance plus grande à cristalliser en aiguilles que les graisses naturelles. 745* Elles étaient solubles en toutes proportions dans l'alcool d'une densité de 0,821 bouillant. On pouvait, jusqu'à certain point, se servir de ce liquide a54 l'I^v ^"^9 CHAP. I. pour les réduire d'une part en acides ttiarique et margarique , et d'une autre part en acide oléique. Voici l'expérience que j'ai faite sur la graisse aci- difiée de porc : i partie de cette graisse a été dis- soute dans son poids d'alcool bouillant ; par le re- froidissement, la solution s'est prise en masse : on a fait macérer cette masse dans l'alcool froid à plu- sieurs reprises ; on a obtenu une première liqueur alcoolique qui tenait en solution une combinaison des acides gras, fusible à aS* ; une seconde liqueur alcoolique, qui en tenait une fusible à 27*; enfin une troisième liqueur alcoolique , qui en tenait une fusible à Za"". Le résidu indissous par l'alcool était blanc , brillant , nacré : il était fusible à 5i ,5*. Les essais pour savoir s'il serait possible d'isoler les acides stéarique et margarique de l'acide oléique n'ont pas été poussés plus loin. 746. Les graisses acidifiées de porc , de mouton , et de bœuf, avaient sensiblement la même solubilité dans les eaux de potasse et de soude. 1 00 parties de graisse acidifiée ont été dissoutes par porc. moatoo. boeuf. Potasse.. . . i5,4o. . . . i5,4i* • • • i5,4s Soude. . . . 10,99 • • • • ïo>27 .... io,a4 747* Les glycérines étaient peu colorées; elles avaient une saveur agréable, à l'exception cepen* dant de celle de la graisse de jaguar. BXAMEÎf DES GRAISSES* â55 748. Le liquide aqueux qui prorenait de la dé- composition d'un savon préparé avec la graisse des reins d un homme (7^5) , et celui qui provenait d'un savon préparé avec la graisse du sein d'une femme , exhalaient une odeur de beurre très pro- noncée : mais j'ai tout lieu de penser que cette odeur était due à l'acide qui se produit dans la pu- tréfaction des tissus azotés , et non à de l'acide bu- tirique. Au reste , toutes les graisses humaines ne contiennent pas ce principe ; car celle dont j'ai parlé (726) en était absolument dépourvue , ainsi que celle du sein d'une femme 9 dont j'ai fait l'a- nalyse élémentaire 9 livre YI , chapitre 11 • 749- Le liquide aqueux du savon de graisse de mouton contient de l'acide hircique. 750. Quoiqu'on ne recueiUe pas une quantité sensible d'acide en distillant le liquide aqueux du savon de bœuf, cependant le produit de ce li- quide est légèrement acide , et il a la même odeur que celle que les bœufs exhalent quand ils ont été échauffés par une longue course. 761. Le principe odorant est bien plus développé dans la graisse de jaguar saponifiée que dans celle qui ne Ta point été. Cette odeur , que je ne puis définir, m*a rappelé celle qui se répand quelque- fois dans les ménageries d'animaux féroces. 75^. J'aurais bien désiré pouvoir examiner les principes odorants du savon de graisse de bceuf et de jaguar, comparativement avec les acides odo- a56 Liv. IV, CHAP. I. rants qui sont décrits dans le second livre ; mal- heureusement on n'en obtient que de si petites quantités , qu'il m'a été impossible de les étudier. § III. Examen comparatif des acides gras fixes de plusieurs sortes de graisses. 753. Les graisses acidifiées d'homme, de porc, de jaguar, d'oie, de mouton, et de bœuf, ont été combinées avec la potasse, et les savons qui en sont résultés ont été réduits en matières nacrées et en oiéates ' . AKTICLE I*'. Des matières nacrées et de leurs acides. 754* Les matières nacrées ont été purifiées par le procédé suivant : on a passé trois fois de l'eau sur ' Le savon de graisse de jaguar délayé dans l'eau a déposé une matière nacrée très brillante, qui était formée d'une combinaison d'acides margarique et oléique , fusible à 42^^» et d'une petite quantité de chaux unie à ces acides; Talcool appliqué à la matière nacrée a dissous la combinaison des acides à l'exclusion du saTon calcaire. La combinaison des acides neutralisée par la potasse a donné un savon qui a été réduit par l'eau en potasse et en bimargarate de potasse nacré. J'ai eu trop peu de graisse de jaguar pour rechercher la cause en vertu de laquelle le savon de cette graisse délayé dans Teau a donné un dépôt é^acides libres et non un dé-> p6t de bimargarate de potasse. EXAMEN DES 6EAISSES. 267 les filtres qui les contenaient ; on les a fait égoutter; on les a mises dans plus de quinze fois leur poids d'eau bouillante ; on a filtré les liqueurs refroidies , et on a passé à trois reprises de l'eau sur les filtres : enfin les matières nacrées ont été séchées à l'air, et traitées par l'alcool bouillant. Les dissolutions ont été filtrées ; après le refroidissement on a passé de l'alcool sur les filtres; on a pressé les matières na- crées qui y étaient restées , on les a fait sécher au soleil ; ensuite elles ont été analysées par l'acide hydrochlorique. Matière nacrée de graiaM buaonmr , de porc, de jaguar, d'oi«, demoulon, de b«Mif . Acide 100 . 100 . 100 . 100 . 100 . i5o Potasse S,85 . 8,8 . 8,6 . 8,78 . 8,68 . 8,78 755. J'ai fait bouillir des proportions égales d'eau et de ces matières nacrées pour savoir si elles se comporteraient de la même manière : au- cune d'elle n'a été dissoute. Les seules différences que j'aie remarquées étaient dans la demi-transpa- rence plus ou moins grande des liquides, et en- suite dans quelques globules d'apparence huileux qui se sont manifestés à la surface de l'eau qui avait bouilli avec la matière nacrée de mouton ; la matière nacrée de bœuf était moins opaque que celle de mouton , et celle-ci moins que la matière nacrée de porc. ' 766. L'alcool bouillant d'une densité de o,83â a dissous les matières nacrées en toutes propor- >7 â58 LIV. IV, CHAP. I. tioDS, car âo* d'alcool ont dissous 5o^ de matière nacrée à 60"^; on a fait concentrer l'alcool au point que celui-ci était à la matière nacrée :: 1 : 6 sans qu'il y ait eu de précipité. 767. Comparons maintenant les acides des di- verses matières nacrées : tous étaient d'un blanc brillant, insipides, presque inodores, insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool bouillant en toutes proportions ; leurs combinaisons saturées de potasse étaient solubles dans l'eau bouillante, et par le refroidissement elles se réduisaient en potasse et en matière nacrée. Les différences qu'ils m'ont présentées sont dans la fusibilité, dans la disposi- tion et la grandeur des aiguilles qui sont produites lorsqu'on laisse refroidir l'acide à la surface de l'eau. On jugera de ces différences par les des- criptions suivantes. 768. J'en ai obtenu : i"" En aiguilles très fines et alongées, disposées en étoiles planes, fusibles de SS"" à 56\ a"" En aiguilles très fines et très courtes , qui for* m aient des dessins ondes semblables à ceux de l'acide margarique de l'adipocire humaine. S"" En cristaux plats, brillants, entrelacés ou en étoiles comme ceux de l'acide de la matière nacrée de porc ; ils étaient fusibles de 56%5 à 56%8. 769. On l'obtient presque toujours en cristaux cTéedëporc. plats, brillants, entrelacés ou en étoiles, fusibles à 56%5. Acide de la matière nacrée d'homme. Acide de 1« matière n« EXAMEN DES GRAISSES. sSq 760. Semblable au précédent par sa forme; fu- Acide deia •ui A cco matière nt- Slble à 55''. crée d'oie. 761. En petites aiguilles radiées fusibles à Acide de u K Ko r matière na< DD jD. crée de • _ 763. En aiguilles fines, radiées , fusibles à 63'. Aci*iS*dc la 763. En petites aiguilles radiées, assez sembla- ""crtJde" blés aux précédentes , cependant les groupes d'ai- ™onton- guilles sont un peu plus saillants ; elles se fondent matière na- . ^ ^ créedebœaf. à 6o'. 764* En soumettant la partie acide des matières nacrées d'homme, de porc, de bœuf et de mou- ton à de nouveaux traitements , tels qu'ils ont été décrits livre III , chapitre i" , section 3 , § 1 : i"" Que celle de la matière nacrée d'homme était formée d'acide margarique fusible à 60^, d'acide margarique fusible à 56'', et d'acide oléique : ce dernier était en très petite quantité. 2'^ Que celle de la matière nacrée du porc était for- mée d'acide stéarique fusible à 70*, d'acide marga- rique et d'une petite quantité d'acide oléique. 3** Que celle de ta matière nacrée du ^â^a/* avait la même composition, si ce n'est qu'elle contenait plus d'acide stéarique fusible à 'jo^'^ par rapport à l'acide margarique, et moins d'acide oléique. 4"" Que celle de la matière nacrée du mouton di£Fé- rait de la précédente par une proportion plus forte d'acide stéarique fusible à 70' ; et relativement à l'acide margarique, par une proportion moindre d'acide oléique. »7- 260 LIT. lY, CHAP. U ARTICLE II. De Tacide oléique. 765. Tous les acides oléiques que j^ai examinés avaient les mêmes propriétés , abstraction faite de Todeur ; car, lorsqu'il s'est développé un principe odorant dans la saponification d'une graisse, il en reste presque toujours quelques traces dans l'acide oléique qui provient de cette graisse. 766. J'ai examiné les oléates de baryte , de stron- tiane, et les sous-oléates de plomb, préparés avec l'acide oléique d'homme, l'acide oléique de porc, l'acide oléique d'oie , l'acide oléique de mouton , et l'acide oléique de bœuf; et j'ai trouvé sensible- ment les mêmes propriétés et la même proportion de base et d'acide à chaque espèce d'oléate, quelle que fût l'origine de l'acide qui avait été employé à le préparer. § ly. Examen comparatif de la stéarine et de l'oléine de diverses graisses. ARTICLE 1*. Des stéarines. 767. Toutes étaient d'un très beau blanc, ino- EXAMEN DES GRAISSES. 261 dores ou presque inodores, insipides, et absolu- ment sans action sur le tournesol. 768. Un thermomètre qu'on y a plongé , après l'avoir fait fondre, est descendu à 41'* ^^ ^^^ ^^ monté à 49* ; par le refroidissement , la stéarine a cristallisé en aiguilles très fines dont la surface était plane. Cette stéarine est décrite liy. II , chap. xiii. 769. Elle exhalait une légère odeur de graisse de porc lorsqu'elle était fondue. Le thermomètre y est descendu à ZS"" et est remonté à 43""; par le re- froidissement elle s'est prise en une masse dont la surface était très inégale, et qui semblait formée de petites aiguilles. Lorsqu'elle se refroidissait promp- tement , les parties qui touchaient les parois du vase qui la contenait avaient la demi-transparence du blanc d'œuf cuit. 770. Le thermomètre y est descendu à 40* et est remonté à 43'' ; elle se figeait en une masse plane. 77 1 . Le thermomètre y est descendu à 40"" et est remonté à 44* » ^U^ s'^^^ ^K^e en une masse plane dont le centre , qui s'était refroidi plus lentement que les bords, présentait de petites aiguilles fines radiées. Cette stéarine est décrite liv. II , chap. xii. 772. Le thermomètre y est descendu à 39'',5 etest remonté à 44'' » ^U^ s'est figée en une masse dont la surface était plane et parsemée d'étoiles micro-r scopiques : elle avait une légère demi-transpai*ence. 773. 100 parties d'alcool d'une densité de 0,796 bouillant ont dissous ; Stéarioe d'hommei Stéarine de porc. Stéarine d'oie. Stéarine de mouton. Stéarine de bœuf. Solubilité dans l'alcool. 262 JLIV. IV, CHAP. I. aiySo de stéarine d'homme. i8,a5 de porc ». 36,oo d*oîe. 16,07 ^® mouton*. i5,48 -*^— — de bœuf. Saponification par la potasse. 774- 1 00 parties de stéarine d'homme saponifiées ont donné , Glycérine 8,6 Graisse acidifiée hydratée. . 94,9 Fusible àSi""; elle cristallisait en petites aiguilles réunies en entonnoir, 775. 1 00 parties de stéarine de porc , Glycérine 9,00 Graisse acidifiée hydratée. . 94)65 Elle commençait à se figer à S^"** mais le ther- momètre s'arrêtait à Sa""; elle cristallisait en petites aiguilles réunies en globules aplatis. 776. 100 parties de stéarine d'oie. Glycérine. 8,ao Graisse acidifiée hydratée. . 9494<> Elle se figeait à ^&*S; elle cristallisait en aiguilles réunies en entonnoir. " Dans une autre expérience on a eu 1 7,65. * Dans une autre expérience on a eu i5,o4* BXAMBN DBS GEAI88E8. s63 777. 1 00 partiesde $téarine de moulonout donnée Glycérine 89O Graisse acidifiée hydratée . • 94*6 Elle commençait à se troubler à 54''9 et le ther- momètre se fixait à 53''; elle cristallisait en petites aiguilles fines radiées. Le liquide aqueux a donné un peu d'acide hir- cique, mais Thirciate de baryte ne s'élevait pas à 0,3. 778. 100 parties de stéarine de bœuf ont donné, Glycérioe 9,8 Graisse acidifiée hydratée . • g5, 1 Elle commençait à se figer à 54*, mais elle ne rétait complètement qu'à Sa''; elle cristallisait en petites aiguilles réunies en globules aplatis. 779. Tous les savons de stéarine ont été analy- sés par les mêmes procédés que le savon des grais- ses d'où elles avaient été extraites; on a retiré de chacune d'elles de la matière nacrée et de l'o- léate : la première substance était beaucoup plus abondante que la seconde. 780. La partie acide des matières nacrées de stéarine de porc et d'oie avaient presque la même fusibilité que la partie acide des matières nacrées des savons des graisses de porc et d'oie. 781. La partie acide d'une matière nacrée de stéarine de mouton était fusible à 6a%5, tandis que celle d'une autre stéarine ne l'était qu'à 64*,8. 264 ^1^- 1^9 CHAP. 1. 78^. Quant à la partie adde d'une maliëie crée obtenue de la stéarine de bœuf, elle se fatt- dait i 6a*. AaTICLE u. Des 783* Toutes étaient fluides i 1 5* ; conserrées pendant un mois dans des flacons fermés » elles ne déposaient rien ; aucune n'était acide. Odeur j eouttur et deneité des oléines. bmMhie 7^^* lucolore, iuodore ; densité, 0,91 3. Oléine ^55. Incolore, presque inodore; densité, 0,915. Oléine 786. Citrine , odorante ; densité, 0,01 A* de legoâf . a -r 1 X 11 Oléine d'oie. 787. Légèrement citrioe, presque inodore ; den- sité , 0,929. Oléine 788. Incolore , légère odeur de mouton ; densité de inooton* ^ 0,916. d^^b^ 789. Incolore, presque inodore ; densité , 0,9 1 3. Solubilité dans l'alcool d'une densité de 0,795. Oléine 700. 1 1^,1 ont été dissous para* d'alcool bouil- dlioome. m *r lant ; la solution a commencé i se troubler i 77^. Oléine 791. 1 1^,1 ont été dissous i 75* par 9* d'alcool; • ?^' jg^ liqueur s'est troublée à 62*. Oléine 79a. 3',35 ont été dissous à 75'' par 2^,71 d'aï- « iHf«w- ç^^j . Y^ liqueur s'est troublée à 6o*. EXAMEN DES GRAISSES. â65 793. 1 i*,i ont été dissous i 76^ par 9* d'alcool ; oiéioe d'oie, la solution ne s'est troublée qu'à 5i*. 794- 3^,76 ont été dissous à 75"* par 3*,o5 d'al- oiéîoe cool ; la liqueur s'est troublée à 63*. 795. 5*,8 ont été dissous à 75* par 4*>7 d'al- oiéioe cool ; la liqueur s'est troublée à 63*. 796. Les oléines de porc , de jaguar , d'oie , de sapoDîfica- mouton 9 extraites par l'alcool 9 ont été saponifiées pouwU. par la potasse; 100 parties de ces oléines ont donné 89 parties de graisse acidifiée. 797* 1 00 parties d'oléine de bœuf, extraite par l'alcool, ont donné 9a,6partiesde graisse acidifiée. 798. Les quantités de glycérine n'ont point été assez exactement déterminées pour que j'en donne les poids , mais ces quantités étaient dans une proportion plus forte que celles obtenues des stéarines extraites des graisses par l'alcool. 799. Ces mêmes stéarines ayant produit moins de graisse acidifiée que leurs graisses respectives , et en outre les oléines en ayant produit moins encore, j'en ai conclu que les stéarines et les oléines avaient pu éprouver une légère altéra- tion pendant leur préparation , par l'action de la chaleur et de l'air; en conséquence, j'ai préparé des oléines de graisse humaine et de graisse de porc sans l'intermède de l'alcool, par la seule filtration de ces graisses dont une partie seule- ment était fluide. 800. 100 parties d'oléine humaine qui était a66 LI?. lY, CHAP. I. parfaitement fluide à o, et qui n'était qu'en partie figée à 4"^ au-dessous > ont donné , Glycérine 9,8 Graisse acidifiée, fusible de 34 à 35<> • gS 80 1 • 1 00 parties d'oléine de porc parfaitement fluide à 20* ont donné , Glycérine 9 Graisse acidifiée 94 § y. Conséquences des faits compris dans tes quatre paragraphes précédents. 802. Les graisses 9 considérées dans leur état naturel, se distinguent les unes des autres par la couleur, l'odeur et le degré où elles se fon- dent. 803. La cause de leur couleur est éyidemment un principe étranger à leur propre nature, puis- qu'on peut les obtenir parfaitement incolores. 8o4* Quant à leur odeur, elle parait résider dans des substances analogues à celles appelées butirine, phocénine , hircine ; mais ces substances ne sont contenues dans les graisses qui font l'objet de ce chapitre que dans une proportion excessive- ment petite. 8o5. La réduction des graisses en stéarine et en oléine rend compte des divers degrés de flui- dité que l'on observe entre elles. Mais doit-on re- EXAMEN DES GBAISSES. ^67 garder les stéarines et les oléines proyenant de dif- férentes graisses comme deux genres, lesquels comprennent plusieurs espèces, ou bien comme deux espèces dont chacune peut être absolument représentée par une stéarine ou une oléine ex- traite d'une des graisses quelconque que j'ai exa- minées. 806. Si les stéarines ou les oléines sont identi- ques, elles doiyent se comporter de la même ma* nière lorsqu'on les étudiera dans les mêmes cir- constances sous tous les rapports possibles; con- séquemment elles présenteront même forme , même solubilité dans l'alcool , même décomposition par la potasse ; conséquemment les acides gras et la glycérine qu'elles donneront seront identiques et en même proportion. 807. Les choses amenées à ce point , la question parait facile à résoudre ; car il semble qu'il n'y ait plus qu'à Toir si les stéarines et les oléines présentent cette identité de rapports. Or, les stéarines, amenées à peu près au même degré de fusibilité , présentent des différences. Les stéa- rines d'homme , de mouton , de bœuf et d'oie se coagulent en une masse dont la surface est plane ; celle de porc , en une masse dont la surface est inégale. Les stéarines de mouton, de bœuf, de porc, ont la même solubilité dans Talcool; la stéarine d'homme est un peu plus soluble, et celle d'oie l'est deux fois davantage. Les oléines 268 LIY. lYj CHAP. I. d'homme , de mouton , de bœuf , de jaguar j de porc, ont une densité d'enyiron 0,91 5, et celle d'oie de 0,929. Les oléines de mouton, de bœuf, de porc, ont la même solubilité dans Tal- cool ; Toléine d'oie y est un peu plus soluble. Si les différences dont je viens de parler étaient les seules que l'on eût observées , elles seraient insuffisantes pour faire considérer les stéarines ou les oléines qui les présentent comme autant d'espèces distinctes , par la raison que si une stéa- rine ou une oléine s'éloigne d'une autre par une propriété qui la rapproche d'une troisième, elle s'éloigne de celle-ci par une propriété qui la rap- proche de la seconde. Plusieurs caractères ne se réunissent donc pas sur une .même stéarine ou sur une même oléine pour la séparer des autres. Mais s'ensuit-il que les différences qu'elles présentent doivent être négligées de manière que l'on conclue affirmativement l'identité de ces corps? Non; car si on examine les stéarines de mouton et d'homme sous le rapport des produits de leur saponification , on voit , 1* que la stéarine de mouton a donné une matière grasse acide , fusible de 53 à 54"" 9 tan- dis que la seconde a donné une matière grasse acide , fusible il 5 1* ; et cependant la première stéa- rine était fusible à 44* ^t la seconde à 49** ûr , dans l'hypothèse où les stéarines seraient identi- ques , la stéarine d'homme , fusible à 49*9 devrait co6tenir moins d'oléine que la stéarine de mouton EXAMEN DES GEAIS8ES. 269 fusible à 43* ; et dès lors celle-ci , loin de donner une matière grasse acide moins fusible que celle obtenue de la stéarine d'homme, fusible à 49** aurait dû en donner une plus fusible , puisque , par la saponification , Toléine fournit plus d'a- cide oléique que d'acide stéarique ou margarique, et que c'est le contraire pour la stéarine, a* Que ta matière nacrée de stéarine de mouton contient beaucoup d'acide stéarique , tandis que la matière nacrée de stéarine d* homme n^en contient pas: celle- ci n'est formée que d'acide margarique et d'acide oléique. D'après ces considérations , les deux stéa- rines ne peuvent être confondues eu une seule espèce. Cette conséquence deviendra encore plus sensible lorsque je développerai , dans le YI* livre, section 3, la manière dont on définit les espèces des principes immédiats. 8o8. Si la stéarine d'homme et de mouton for- ment réellement deux espèces , il est extrêmement probable que les graisses qui donnent à la fois de l'acide stéarique et de l'acide margarique con- tiennent les deux espèces de stéaYine , et que la stéarine de mouton elle-même est unie avec de la stéarine d'homme , puisqu'elle produit de l'acide margarique en même temps que de l'acide stéa- rique. 2'JO LIV. lY, CHAP. II. CHAPITRE IL EXAMEN DU BEURBE DE VACHE ET PRÉPARATION ' DE LA BUTIBINE. 809. L'importance du beurre , considéré comme un des aliments les plus communs , comme le corps gras dont la nature est la plus compliquée, et celui qui parait s'éloigner davantage des substances qui sont assujetties à une composition définie , quand on a égard aux différences que présentent les di- vers beurres relativement à leur couleur, à leur odeur et à leur fusibilité, m'a engagé à exposer avec plus de détail que je ne l'ai fait pour les graisses l'histoire chimique du beurre de vache , qui a été surtout l'objet de mes travaux. PREMIÈRE SECTION. s iPA RATION DE LA PABTIB GRASSE DO BBVERB D*AVBC LE LAIT DE BETBBB. 810. On fait fondre le beurre frais à une tem- pérature de 60* dans un vaisseau alongé ; peu à peu le lait de beurre gagne le fond du vaisseau. SÉPARATION DU BE13RRE. '271 Lorsque la partie grasse est transparente et homo* gène 9 on la décante et on la jette sur un filtre qui est placé entre deux fourneaux. La partie grasse filtrée est ensuite agitée arec de Teau chaude à 40""; quand les deux matières sont suifisamment sépa- rées l'une de l'autre par le repos , on décante la partie grasse et on la filtre de nouveau. Après cette filtration , elle ne contient pas sensiblement d'eau, elle a perdu un peu de l'odeur et de la saveur du beurre frais ; c'est dans cet état que la partie grasse ya être examinée sous le nom de beurre. 81 1. Le lait de beurre séparé du beurre est lai- teux et acide ; quand on l'a filtré il ne reste sur le papier qu'une très petite quantité d'une matière solide retenant beaucoup d'eau entre ses particules. Cette substance blanche et azotée parait être du fromage; mais à ce sujet je remarquerai que l'on aurait tort de croire démontrer la présence du fro- mage dans le beurre frais en faisant observer le lait de beurre qui s'en sépare lorsqu'on le tient en fusion dans une cloche de verre étroite , car ce li- quide est pour la plus grande partie formé d'eau et de corps qui 7 sont dissous. 8 13. Le lait de beurre filtré est transparent, jaune; il a l'odeur du beurre et du lait; il rougit le papier de tournesol ; il a une saveur acide et douceâtre. 81 3. Quand on le distille, il se trouble aux pre- mières impressions de la chaleur , ensuite il s'é- 272 LIT. IV, CHAP. II. claircit; et par la concentration, des flocons- se manifestent. Produit delà 8i4- U ^st acide , il a Todeur du fromage et du d»im.tioo. j^.^^ ^^ pj^^^^ ^^jj^ j^ j^ frangipane. NeutraUsé par la baryte , et soumis ensuite à la distillation , il donne de l'ammoniaque et un résidu qui, étendu sur la main, exhale une odeur mixte, dans laquelle on distingue certainement celle de Tacide buti- rique et celle de l'acide acétique. Ce résidu aban- donné à l'air libre donne des cristaux qui, décom- posés par l'acide phosphorique , exhalent une odeur mixte d'acide butirique et d'acide acétique, et produisent des gouttes d'apparence huileuse qui surnagent sur le liquide aqueux. Bètidn de la 8i5. Quaud OU l'a filtré , il reste sur le papier des flocons de matière azotée mêlés de phosphate de chaux. Le liquide filtré contient beaucoup de sucre de lait , et en un mot toutes les substances fixes qui se trouvent dans le petit lait. Il a une odeur acide. 8 1 6. Pour déterminer la proportion du lait de beurre contenu dans le beurre frais, j'ai mis dans un entonnoir de verre , dont le bec était fermé avec un bouchon de cristal , 4o^ de beurre de Murs, en Anjou. Je l'ai fait fondre; lorsque la partie grasse a été bien séparée du lait de beurre, j'ai laissé figer le beurre , puis j'ai débouché l'entonnoir : j'ai ob- tenu 6* de lait de beurre. J'ai fermé l'entonnoir de nouveau, j'ai fait refondre le beurre, et j'ai obtenu 8ÉPABAT10N DU BSUBBI. fà'jZ encore o*»5 de lait de beurre ; donc loo parties de beurre frais de murs contenaient i6»35 parties de lait de beurre. %i^^%^^%«>^ %<»^»»*^ %'»^ %%«fc» CHAP. II. 819. 100 parties d'alcool bouillant, d'une den- sité de o,8ad, ont dissous 3»46 parties de beurre. $ IL De la saponification du beurre par Japoîa$$e. S20. ao' de beurre chauffés a?ec 8' de potasse à la chaux , dissous dans Teau , ont été saponifiés avec une grande facilité ; la masse savonneuse ayant été décomposée par l'acide tartarique, on a obtenu un liquide aqueux et une graisse saponifiée qui a été lavée avec de l'eau jusqu'à ce que celle-ci ne lui enlevât plus rien. Les lavages ont été réunis au liquide aqueux. j. Liquide 821. Il a été distiUé. S22. Le produit de la distillation était très acide; il exhalait l'odeur du fromage de Gruyère ; on l'a neu- tralisé par l'eau debaiyte^puis on l'a distillé : le pro- duit n'avait qu'une très légère odeur de glycérine ; le résidu desséché pesait i'; il était formé d'acides bu- tirique » caproîque et caprique unis à la baryte. 8^3. Le résidu de la distillation (8âi), évaporé presque à siccité, a cédé à l'alcool 2^,5'] de glycérine sirupeuse. B. GniMe 824* Elle pesait 17*«7. Un thermomètre qu'on Mponifiée. y plongeait après l'avoir fondue descendait à 39% et remontait à 4o** lors de la congélation ; en se solidifiant , elle cristallisait en partie en aiguilles étoilées, en partie en jmes aiguilles qui formaient des dessins ondes à sa surface. DES PROPRIÉTÉS DU BEURRE. 2'J^ 825* Elle était soluble en toutes proportions dans l'alcool bouillant. 8^6. 100 parties de graisse saponifiée ont été dissoutes par des eaux qui contenaient i5,ji4p^'* ties de potasse, et lO^SS parties de soude; et je fe- rai observer que ces alcalis contenaient un peu de chlorure, ce qui tend à augmenter la solubilité de la graisse acidifiée sur le résultat de l'expérience que je donne. 827. Le beurre ne produit pas de matière grasse non acide , quand on l'a laissé pendant un temps suffisant avec la potasse ; car 25^ de graisse saponi-* fiée qui provenait du beurre ayant été traités par l'eau de baryte , l'alcool ne leur a enlevé que o',38 d'une matière grasse 9 qui, ayant été soumise de nouveau à l'action de la potasse, a produit un savon soluble dans l'eau. J'ai observé que ces o',38 ont laissé exhaler une odeur ambrée, pendant leur sa- ponification* 828* La graisse acidifiée de beurre a formé avec la potasse ufn savon qui s'est réduit facilement en un dépôt de matière nacrée et en oléate de potasse. 829. La graisse acide de la. matière nacrée était D^p^tda fusible à SG"", 3 ; elle cristallisait en lames brillantes, nacrée. Ayant soumis à l'action de l'alcool bouillant la combinaison neutre de cette substance avec la po- tasse , on l'a réduite en stéarate de potasse et en margarate de potasse ; l'acide stéarique était fusi- ble à 67% mais par une congélation lente, il ne 18. ^76 LIV. lY, QHÂP. II. cristallisait pas aussi bien que Tacide stéarique des graisses de mouton, de bœuf et de porc, et s9t combinaison avec la potasse dissoute dans Talcool chaud se précipitait en gelée, oiétte de g58. L'acide oléique qu'on en a séparé avait toutes les propriétés physiques et chimiques de 1 a- cide oléique des autres graisses. $ IIL Analyse du beurre par l'alcool. 83 1 . Pour examiner les analogies que les prin- cipes immédiats du beurre de murs pouvaient avoir avec les espèces des corps gras que j'ai décrites dans le second livre , j'ai traité loo' de beurre par l'al- cool. J'employais environ un litre d'alcool dans chaque traitement ; le premier lavage a été fait par digestion , les autres ont été faits à la tempé- rature de So""; les trois premiers étaient acides, les suivants ne l'étaient pas sensiblement. Les cinq premiers lavages ont été réunis et distillés ; l'huile qu'ils ont donnée sera examinée sous le titre A* huile n* 1 . Quant à la substance grasse solide qui se dé- pose par le refroidissement des solutions du beurre dans l'alcool bouillant, ce n'a été qu'à partir du qua- trième lavage qu'il s'en est séparé une quantité no- table. Jai continué les lavages jusqu'à ce que tout le beurre eût été dissous et que la partie concrète se fût déposée sous la forme de petits cristaux que j'exa- minerai sous le nom de etiarine ( car la substance grasse qui se sépare des derniers lavages à l'état U« DIS PB0PIIBTÉ8 DU BICBBB. ^77 quide d'abord , et qui se solidifie ensuite , est plus fusible que la substance grasse qui se dépose à r&- tat de cristaux ; la première se fond à 35*, la seconde de 58* à 39*). L'huile séparée des derniers lavages, à partir du cinquième , sera examinée sous le titre d* huile n* a. Quant au liquide aqueux des cinq pre- miers lavages , il le sera sous le titre de liquide Mqueux II* 1 ; le liquide aqueux des derniers lavages le sera sous le titre de liquide aqueux n^ 2. ABTICLB 1*^. Des liquides squeux n* 1 et n* s» et de Talcooi qui avait •enri à Tanalyse du beurre. 83a. Le liquide n* 1 avait une odeur légère, mais cependant très sensible» de beurre frais'. Il était légèrement acide , légèrement coloré par le prin'^ cipe jaune du beurre ; la saveur en était amère et douceâtre. Il a été neutralisé par Teau de barjte ; le liquide , quoique très limpide » a déposé par la concentration une huile orangée qui a fini par se redissoudre. Le résidu de révaporation, outre cette huile orangée, contenait beaucoup de principe jaune soluble dans Teau et un peu de$ aeidee volatile du beurre unis à la baryte. 833. Le liquide n* a n'était presque pas acide ; * Celte odeur se retrouve principalement dans le de la distillation du premier larage du beurre frais , fait par infusion à une douce chaleur. 378 ^ly* i^9 GHAP. II. il ue contenait que des traces de principe jaune 9 et des acides volatils du beurre. 834* L'alcool qui avait été séparé des liquides aqueux par la distillation était légèrement acide , au moins celui que fournirent les premiers lavages; Tayaut redistillé sur de Thydrate de baryte » il a cédé de l'acide butirique à cet alcali. . 835. Il suit de là que l'alcool avait séparé du beurre un principe colorant jaune ^ de Vadde huîi^ Tique , un autre principe aromatique qui se trouve dans le beurre frais (je n'ai pu en avoir assez pour en étudier les propriétés )• Je fais abstraction de la partie grasse du beurre » formée principalement d'huile et de stéarine. ARTICLE II. De la stéarine du beurre. 836. La stéarine du beurre a été traitée par l'al- cool jusqu'à ce qu'elle fût devenue fusible à 44* * dans cet état elle avait les propriétés suivantes : 837. Elle était d'un blanc très éclatant ; son as- pect nacré annonçait qu'elle était formée de petites aiguilles, car j'ai observé que presque toutes les substances blanches qui cristallisent confusément en aiguilles très fines ont cet aspect. Elle était plus brillante que les stéarines des graisses qui ont été examinées précédemment 838. Fondue et refroidie lentement , elle pré- BE& PtOPRliTÉS DU BEUERE. i'jg sentait à sa surface de petites aiguilles brillantes réunies en étoiles. 839. 1 00 parties d'alcool d'une densité de 0982^9 bouillant, ont dissous 1,4^ parties de stéarine. 840. La stéarine exposée à l'air prenait l'odeur de chandelle. 84 1* 100 parties de stéarine se sont sajponifiées plus lentement que la butirine : on a obtenu de la masse savonneuse décomposée par l'acide tartari- que , un liquide aqueux, et une graisse acidifiée. 842. Le liquide aqueux a été distillé. 843. Le produit était légèrement acide ; neutra- lisé par la baryte» il a laissé Oy3 de partie de sel sec qui contenait un peu de butirate. 844* L'alcool a séparé du résidu 7,2 de glycé- rine sirupeuse. 845. La graisse acidifiée pesait g4»^ parties ; elle se fondait à 47''>^ » ^^^^ cristallisait par le re- froidissement, comme l'acide mai^arique du savon de beurre. Elle était formée d'acides stéarique, margarique et oléique. ARTICLE ui. De rhaile n° i. 846. Elle était colorée en jaune. Lorsqu'elle était privée d'alcool, elle répandait une légère odeur de beurre frais ; elle avait une saveur douce agréa- ble ; elle rougissait fortement le papier de tourne- sol. Exposée quelque temps à 1 o"", une portion se A, Liquide aqueux. Produit. Réiidu. B. Graisse acidifiée. aHo LIT- IV, CHAP. II. congelait, et une autre restait fluide au-dessous de 6*. 847* 100 parties d'alcool d'une densité de 0,8^^9 bouillant, ont dissous 283,4^ parties d'huile n^ i : la solution n'était pas saturée ; elle se troublait extrêmement par le refroidissement. L'ayant éten- due de beaucoup d'eau, ceUe-ci a séparé de l'huile, un peu de principe cabrant jaune et à' acide buii- rique. 848. 1 00 parties de cette huile se sont saponifiées avec plus de facilité que le beurre, et ont donné : A. Une quantité d'acides Tolatik représen- tée par sels de baryte secs io,5 S. Glycérine la^o C. Acides gras fixes fusibles à 35^ 84>9 849* LliuQe n* i derait son acidité à une très petite quantité d'acide butirique libre qu'elle con- tenait ; car l'ayant fait digérer avec un lait de sous- earbonate de magnésie, je l'ai obtenue à l'état neu- tre, et j'ai trouvé du butirate de magnésie dans l'eau. Après ce traitement , elle était aussi soluble dans l'alcool qu'auparavant. Je me suis convaincu encore par cette expérience qu'elle ne contenait pas d'acides gras fixes , car ceux-ci se seraient unis à la magnésie. ARTICLE IV. De l^buUe n» a. 85o. Elle était légèrement jaune , non acide au BK8 PEOPBliTÉS DU BBURIX. a8l tournesol ; elle arait une sareur douce et agréable, et moins de liquidité que l'huile n* i • 85 1. 100 parties d'alcool bouillant , d'une den- sité de o,8aa, ont dissous ao parties d'huile n* i; la solution s'est troublée extrêmement en se refroi- dissant , et elle n'a pas cédé d'acide butirique à l'eau avec laquelle on l'a agitée. 852. 100 parties se sont saponifiées moins faci- lement que la précédente» La masse sayonneuse était orangée , tandis que celle de l'huile n* i était d'un jaune de paille. 853. 1 00 parties d'huile n* a ont donné par la saponification : A. Une quantité d'acides Tolatils représentée par sds de baryte secs 8»S5 B» Glycérine d'une sareur plus agréable que celle obtenue de l*huUe n* i i t^oo C. Addes gras fixes f fusibles à 58*. . « . • • 84f 5o 854^ Parceque cette huile était beaucoup moins soluble dans l'alcool que la précédente , qu'elle donnait moins d'acides volatils par la saponifica- tion, j'en ai conclu qu'il y avait deux huiles dans le beurre; celle que j'ai nommée butirine^ et une autre qui eût présenté toutes les propriétés de l'o- téine si on l'eût obtenue absolument privée de bu- tirine. dSâ LIT. IT, GHAP. II. %'»^^>^>%^<»<%^^^^^^<^^>%^< et en un liquide formé des deux huiles retenant de la stéarine. J'ai facilité la séparation dea deux substances en amenant la substance solide contre les parois de la capsule, où je l'ai pressée avec une large spatule. 857* La substance liquide filtrée avait les pro-. priétés suivantes : elle était colorée en jaune , son odeur et sa saveur étaient celles du beurre chaud. A 19* sa densité était de o^gaa : elle ne rougissait pas le papier de tournesol humide sur lequel on l'é- PBÉPARATION DE Là BDTlBIlfl. d83 tendait, i oo parties d'alcool d'une densité de o»82 1 bouillant en ont dissous 6 parties* La solution n'a- yait pas d'action sur le tournesol. 858. On a mis dans un ballon 88* de la sub- stance liquide du beurre arec 88* d'alcool d'une densité de 0,796 ; on a agité les matières, qui ont macéré i une température de 19*. Après Tingt- quatre heures , l'alcool a été décanté et remplacé par 1 76* d'alcool, qui a été décanté après une ma- cération de yingt- quatre heures. Le résidu a été traité à chaud par 1 76* d'alcool ; tout a été dissous, mais, par le refroidissement, une portion de l'huile s'est précipitée. 859. Elle était très légèrement acide. On en a >• MoUm ftlOOOilflW* séparé l'alcool par une distillation ménagée. L'huile du résidu agissait légèrement sur le tournesol ; eUe devait cette propriété à une très petite quantité d'acide butirique qui avait été mis à nu ou pro- duit ; on l'a isolé , en faisant digérer l'huile avec un lait de sous-carbonate de magnésie ; le butirate de magnésie a été dissous par l'eau. On a décanté ce liquide, puis on a traité par l'alcool chaud l'huile qui était mêlée à l'excès de carbonate de magnésie ; on a filtré : par une éraporation lente de la liqueur , on a
tenu de la btUirin» absolu- ment neutre aux réactifs colorés, et qui ne laissait pas sensiblement de cendre quand on la brûlait. Elle a été décrite livre II , chap. xvi. 86o. Je vais comparer la butirine , i"" à la sub- 384 !'!▼• I^y OHAP. lU stance huileuse dissoute dans les 1 76* d'alcool de la seconde macération ; 3* à la substance huileuse qui est restée en dissolution à froid dans les 1 76' d'alcool qu'on avait fait chauffer avec le résidu de la seconde macération ; 3"* à la substance qui s'était précipitée de Talcool par le refroidissement. Je rap- pellerai ici que 100 parties de butirine saponifiée ont donné 9. Solatioa âloodUqne. 5. HoUe da rétîdiideU dduième iolatioo al- cooi Sels de baryte secs a6 Glycérine pure. la^So Acides gras fixes, fusibles à 39* .... So^So 861. Elle était moins acide que la solution pré- cédente (859). 862. L'huile qu'on en a obtenue était faune, moins odorante que la précédente , acide ; sa den- sité était de 0,920. loopartiesd'alcooldHmedensité de 0,8a 1 , bouillant , en ont dissous de 1 7 à âo par- ties : la solution était acide. 863. 100 parties d'huile désacidifiée par la ma- gnésie 9 ayant été saponifiées , ont donné Sels de baryte secs 14*7^ Glycérine pure . ii^oo Acides gras fixes , fusibles à Sa^*. . • . 83^95 864- Elle ne différait de la précédente qu'en Suqaê qli ^^ qu'cUc n'était presque pas acide , et qu'elle p^i^èJd^ donnait moins d'acides volatils par la saponifica- Tâleoolptr tion. le refroî( idis* PRÉPARATION DE LA BUTIRINB. ^85 865* Elle était jaune ; elle avait une légère odeur ^^a^" de suif; à 1 9% sa densité était de 0,920. 1 00 parties |!^cî'pj^ d'alcool d'une densité de 0,8^ * en ont dissous seu- Jndâot^n lement 5,5 parties. Cette solution n'avait aucune "'j^eniT* action sur le tournesol. 866. 100 parties se sont saponifiées moins faci- lement que la butirine. On a obtenu Sels barytiques secs 8,6 Glycérine pure 10,0 Acides gras fixes, fusibles à 3a<> go,o 867. La butirine, dont j'ai décrit les proprié- tés liy. II, cbap. xti, retenait certainement de l'o- léine, dont j'aurais vraisemblablement séparé une portion , si j'avais appliqué à la combinaison de l'al- cool peu concentré et froid. L'huile de la deuxième solution alcoolique, ainsi que les deux huiles du ré- sidu de cette seconde solution alcoolique , étaient des combinaisons d'oléine et de butirine auxquelles j'aurais pu enlever de la butirine en en traitant plusieurs fois les résidus par de l'alcool chaud, qui, par le refroidissement , aurait laissé précipiter de l'oléine, retenant moins de butirine que la combi- naison qui serait restée en dissolution dans l'alcool refroidi. 898. Cette analyse du beurre est d'autant plus RéHeiions. intéressante, qu'elle montre combien U serait facile de tirer, d'expériences sur les corps organiques, des conséquences contraires en apparence à la doctrine a86 LIV* IV) GHAP. II. des proportions définies. Par exemple , dans Texa- men que Ton ferait des parties huileuses fluides extraites des différentes sortes de beurre , si on se bornait à comparer ces parties huOeuses fluides entre elles , i* relativement à \a proportion respec- tive des différents produits de leur saponification , â"" relativement aux proportions d'oxygène, de car- bone et d'hydrogène qui les constituent média- tement , ne serait - on pas conduit à croire que la composition élémentaire de la partie huileuse fluide du beurre n'est assujettie à aucune propor- tion fixe ? tandis qu'en suivant notre marche d'ana- lyse on arrive à expliquer ces résultats par l'union en proportions indéfinies de principes qui sont chacun assujettis à des proportions fixes d'élé- ments. HUILE Dl MAISOUIH. 287 l-l^VUmmjl.Xl-Xl-Vm'fc |J-tn't">'>1'>'>'>'^*l*"~^^n^^ -»^- .^^.^^,^m^^^^^m^.^^m.m^mmm « M^,^,^,^,..,^^^^^^. CHAPITRE III. BXAMEN DI PLUSIEURS HUILES DE CETACES. ^i^%^^<%%«y»%*%<%^**» PEEHIÈRS SECTION, uâmn miL'Boitt Dv mabsooiii ooimini » detphinus phocœna. % V. Préparation. 869. On met la panne de manouin dans Teau, on fait chauffer les matières au bain-marie ; de lliuile se rassemble dans la partie supérieure du vaisseau , on l'y puise au moyen d'une pipette ; la panne est ensuite placée sur un plan incliné , où on la tient pressée pendant plusieurs jours; il s*en écoule beaucoup d'huile qu*on réunit à la première. S IL PfûprUtiê de tkuilê. 870. L'huile que j'ai examinée avait les proprié- tés suivantes. 87 1 . Elle était légèrement colorée en jaune ; son odeur était celle de la sardine fraîche; elle avait une densité de 0^937 à i6\ â88 LIV. IT, GHAP. III. 87a. Elle ne rougissait pas le tournesol; par son exposition à Tair et à la lumière elle a perdu son odeur de sardine ; sa couleur a pris plus dln- tensité, ensuite elle a disparu presque entièrement ; en même temps il s*est développé une acidité sensible et une odeur qui avait de l'analogie avec celle de certaines huiles de graines. 873. 5' d'alcool d'une densité de 09821, bouil- lant, ont dissous I* d'huile ; la solution se troublait dès qu'on la retirait du feu. Ayant ajouté 4* d'huile, la solution est devenue plus stable , et il m'a paru alors qu'elle pouvait s'unir à de nouvelle huile en toutes proportions. 874- 1 00 parties d'huile ont été chauffées avec 60 parties de potasse dissoutes dans 100 parties d'eau. Il s'est dégagé une odeur de cuir pendant la saponification. Le savon ayant été délayé dans l'eau chaude a été complètement dissous. On a ajouté à la solution de l'acide tartarique et on a obtenu un liquide aqueux et une graisse addifiie » desquels on a retiré : A Ud produit volatil adde , ayant une odeur de poisson , de cuir et d'acide phoeénique : oe produit neutralisé par Hydrate de ba- ryte a donné : phocénate sec 16 B Glycérine pure i4 C Graisse entièrement acidifiée ■ , ayant une odeur de cuir 8a,ao " Car ces 8a,a parties ayant été unis à la baryte et la masse HVILB DE MA180UIN. 26g 876. La graisse acidifiée ayant été unie à Teau dépotasse, on a réduit la combinaison en très beau bimargarate de potasse et en oléate coloré. Le bi- margarate a donné un acide du plus beau blanc cristallisé en aiguilles aplaties ; il était fusible à 56*. $ III. jinafyêê de t huile par t alcool et préparation de la phoeinine. 876. aoo' d'huile ont été mis avec 1 80' d'alcool d une densité de 0,797; on a fait ckauffer légère- ment, tout a été dissous; après a4 heures Talcool, qui surnageait sur l'huile^ a été décanté, puis il a été distillé ; il est resté une huile n* 1 : on a re- mis de l'alcool sur le résidu huileux, on a obtenu une huiU n* a qui a été dissoute, et une AcicY# n* 3 qui ne Ta pas été. Les liquides aqueux d'où les huiles avaient été séparées contenaient un principe colorant orangé, de Yaddc phoeénùiuef du principe ayant l'odeur du poiuon (895) • saTooneuse traitée par Talcool diaud , cdoi-ci n*a cooserré, apièâ af oir été rtfroidi, que o,a8 de partie d*uiie matière dans laquelle on n*a pu reconnaître que de Toléate de barjte. «9 ago LIT. IV, CHAP. III. 877. BuiUn*i. Elle était acide; sa deniité était de 0,93 1 à 1^. 100 partiefl de cette huile , traitées par an lait de tona^aroonate de magnésie^ ont cédé à l'eao 1,61 partie de phocénate de magné- sie mêlé d'une matière jaune amère» hnilense. Lliaile séparée de la magnésie pesait ^,i3 parties ; elle n'était pas acide, et laissait à peine un cent.* de cendres. 100 parties d^oile non acide ont donné par la saponification : A. Acide phooéni- que représenté par ^7,71 parties de pno- cénate de baryte sec. B, i4,5o parties de glycérine colorée, un pen amère. C 79 parties de grais- se entièrement acidi- fiée , formée d'acides margariqne et oléiqae. HuiU n* s. Résultat analogue, si ce n'est que le pho- cénate de magnésie était moins abondant et moins coloré. 100 parties d'huile non acide ont donné par la saponification : A» Acide phocéni- que représenté par 96,67 parties de phocé- nate de baryte sec. B. li^o parties de glycérine brune , légè- rement a mère, presque sans odeur de poisson. C 78,37 parties de graisse acidifiée, kkm. Huile n* 3. Elle n'était que très peu acide, sa densité était de 0,916. 100 parties d'huile saponifiée ont dégagé une odeur de cuir» l'huile a bruni , et on a obtenu ; A. Acide phocéni- que représenté par 1 a,9a parties de phocé- nate de baryte sec. B. laparties de gly- cérine sucrée , peu amère. C. 864 parties de graisse acidifiée, idem* 878. Ces résultats, tout-à-fait analogues à ceux que j*al obtenus de l'analyse de la partie huileuse du beurre, m 'ayant fait admettre l'existence de deux substances dans l'huile de marsouin, j'ai traité par de l'alcool faible et froid Yhuile n* i dés- acidifiée; j'ai obtenu la phocénine qui est décrite livre II , chap. xv; phocénine qui est plus voisine de 1 état de pureté que ne l'était Vhuile n"" i . Je ne HUILE OB MAlSOUIlf. a^l doute pas que si on eût traité YhuUê n* S par Tal* cool on en aurait séparé de la phocénine > et qu*il serait resté une substance très analogue i Toiéine. ^mm miw*m0t0ftt»^mm^m0im0tmmmm DBUXIÈMB SECTION. ■XAMBi DB L*a«nu D« de^fkimu ^ohioeps. S I. Préparation. 879. On Ta préparée comme la précédente. S II. Prapriétiê de eetiê huile. 880. Elle était légèrement colorée en jaune ci- trin ; son odeur était à la fois celles du poisson et du cuir apprêté au gras ; sa densité à ao* était de 0,918. 88 1 . 1 00 parties d'alcool, d'une densité de 0,8 1 2 , ont dissous 110 parties d'huile à la température de 70*. La solution n'a commencé à se troubler qu'à 5a*. 100 parties d'alcool d'une densité de 0,795 ont dissous ia3 d'huile i la température de ao*. 88a. L'huile et ses solutions alcooliques n'a* ▼aient pas d'action sur le papier et sur la teinture de tournesol. 883. 100 parties d'huile digérées pendant ao »9- 292 LIV. IV, CHAP. III. lieures dans l'eau de potasse concentrée n'ont pu être complètement dissoutes. La masse savonneuse, décomposée par l'acide tartarique, a donné : (a) De V acide phocénique. (6) 1 2,6 parties de glycérine rousse ayant une sa- veur à la fois douce et très désagréable. (c) 66,8 parties d'une graisse ayant une odeur de poisson , une saveur rance : «lie était formée d'a- cidesoUiqueetmargariqueeX d'une matière nonacide. 884- Ce résultat m'a fait soupçonner dans cette huile la présence d'une matière analogue à la cé- tine. § III. Analyse "chimique d*kuile de delphinus globi- ceps par son exposition au froid. 885. L'huile abandonnée à une température qui variait de S^ à 10* a déposé des cristaux qui ont été séparés par la filtration. L'huile filtrée a été exposée à 3"* — 0; elle a donné encore des cris- taux qui ont été séparés de la partie liquide. ARTIGU i". Examen de la substance cristallisée. 886. Cette substance a été égouttée sur du pa- pier Joseph, puis dissoute dans l'alcool bouillant, d'où elle s'est précipitée parle refroidissement sous la forme de beaux cristaux lamelleux. Ces cristaux » HUILE DB DBLPHINC8 6£0BICEPS. 2g5 séparés de leur eau-mère, ont été redissous, recris- tallisés et bien égouttés : c'est dans cet état qu'on les a examinés comparativement avec de la cétine qui se fondait au même degré qu'eux; je les nom- merai dorénavant cétine de dauphin. 887. Les deux cétines cristallisaient de la même manière, soit qu'on les laissât refroidir lentement à la surface de l'eau après les avoir fondues , soit qu'elles se déposassent de l'alcool. 888s Un thermomètre plotigé dans la cétine de dauphin indiquait 45%5 quand elle a commencé à se figer , et 4^*9^ quand elle l'a été complète- ment. 889. 1 00 parties d'alcool, d'une densité de 0,834? bouillant, ont dissous a,g parties de cétine dedau*- phin et 3 de cétine. Les solutions étaient neutres aux réactifs colorés. 890. On a fait bouillir pendant 3o heures dans des cornues de verre des poids égaux des deux cé- tines , 0*9 environ , avec a* de potasse dissous dans l'eau. La cétine s'est empâtée plus tôt que celle de dauphin. Comme il y avait une partie de cette der- nière qui ne paraissait pas avoir éprouvé l'action de l'alcali , on lui a fait subir un nouveau traite- ment par la potasse. On a décomposé ensuite les deux masses savonneuses par l'acide tartarique. La matière grasse saponifiée de la cétine de dauphin pe- sait o*,8â ; elle était fusible à 40"*. La matière grasse saponifiée de la cétine pesait 0^,76 ; elle était fu* ^94 ^I^« 1^> GHAP. III. sible à 38^ Ces deux matières ont été traitées par la baryte, puis par Talcool ; on a obtenu: De U cétiné de daaphin. (a) Ethai , fatible à 47* » Og,i5i. (6) Maiiirê aeide, fusible à 45* 0K,5Si. SUe était formée d'acidet mar- garique et oUiqve. De la cétive. (a) Ethûi^ fatible à 48«, Of^aij. (6) BiaiUf aeide , fiuible k ly , 0|,585. Elle était formée d'acidea mar- garique et oléique. 8gi • Si ces expériences ne démontrent pas l'iden* tité parfaite des deux cétines , elles prouyent du moins qu'elles ont la plus grande analogie. ARTICLE II. Examen de Thuile de dauphin dont on avait séparé les cristaux de cétine. 9q2. Sa couleur était un peu plus prononcée que celle de l'huile dont la cétine n'avait pas été séparée ; son odeur était plus forte ; elle était par- faitement liquide i 20\ A cette température sa densité était de 0,924 ^u lieu de 0,917, densité de rhuile qui contenait la cétine. 893. 100 parties d'alcool, d'une densité de o,8ao, ont dissous ayant de bouillir i4994 parties d'huile. La solution n'a commencé à se troubler qu'à 53*. Elle était légèrement acide au tournesol , et la li- queur rouge redevenait bleue par l'addition d'eau. Cette acidité était due à un peu d'acide phocénique; car on Ta fait disparaître en traitant l'huile par un HUILE DE DSLPHINUS GLOEICEBS. 2gS lait de magnésie calcinée. 3oo parties d'huile ont cédé à Teau i partie de phocénate de magnésie co- lorée en orangé. L'huile, séparée de Texcès de la magnésie au moyen de Talcool concentré , n'était pas acide ; elle brûlait sans résidu ; à 1 5* elle se congelait en une masse molle. 8g4. 1 00 parties d'huile non acide ont été mises en digestion pendant quinze heures avec 6o par*- ties de potasse dissoutes dans loo parties d'eau. La masse savonneuse n'a pas produit une liqueur parfaitement limpide quand on l'a fait bouillir dans l'eau. On a retiré de cette masse savonneuse : {j4) Une quantité d'acide phocénique repré- sentée par 34)6 parties de phocénate de baryte. (B) i5,oo parties de glycérine, qui contenait un peu du principe ayant l'odeur du cuir, ainsi qu'un principe de couleur orangée, qui existait pour la plus grande partie, si ce n'est en totalité, dans l'huile avant que celle-ci eût été saponifiée ; car au mo- ment où l'eau de potasse fut en contact avec l'huile, la couleur de celle-ci devint d'un brun orangé avant qu'on pût soupçonner que la saponification eût commencé ; d'où je conclus que le principe colo- rant n'est point produit par l'alcali , mais qu'il est mis à nu , et qu'il s'unit à la potasse, qui en rend la présence plus sensible en formant avec lui une com- binaison de couleur foncée. Ce principe est resté pour la plus grande partie dans le liquide aqueux qui provenait de la décomposition du savon par 2g6 LIV. lY, GHAP. III. Tacide tartarique; car l'huile saponifiée n'avait presque pas de couleur. (C) 66 parties d'huile sapanifiée. Cette matière, à no"", avait une densité de 0989a ; une très faible por- tion était congelée. A 1 o"*, la plus grande partie était à rétat de petites lames , tandis que l'autre partie était parfaitement liquide. Elle était d'un jaune lé- ger ; elle n'avait aucune odeur de poisson et de cuir; l'eau avec laquelle on l'avait agitée la lui avait enlevée : il ne lui restait que l'odeur rance des graisses saponifiées. 1 00 parties de cette huile, bouillies avec des eaux qui contenaient i3,53 par- ties de potasse pure et 9,5 parties de soude pure , n'ont pas été parfaitement dissoutes. L'huile saponifiée ayant été traitée par l'eau de baryte et l'alcool, a donné: (a) 5 1,7 parties d'une graisse acide, dont une portion seulement commençait à se congeler à aa"*; la congélation n'était complète qu'à l5^ Cette sub- stance a été réduite par l'analyse en acide marga- rique fusible à 54'', et en acide oléique fusible à 1 5*, qui n'avait que très peu d'odeur. (b) 1 493o d'une substance grasse non acide , qui m'a paru analogue à l'éthal, mais qui en différait par une plus grande fusibilité, et parce qu'elle semblait formée de deux substances , toutes deux non acides, mais dont l'une était fusible à 27* et l'autre à 35*. Je suis assez porté à croire que ces deux substances n'étaient pas pures, que toutes deux contenaient HUILE DE DELPHINUS GIOBICEPS. ^97 de réthal moins fusible dans une proportion plus forte que l'autre. 896. Il est évident pour moi que Thuile du del^ phinuê globicepê analysée, contenait, i"* de lapAo- cinine; â"" de la citine^ S"" de Y oléine; I^ un principe odorant ayant l'odeur de poisson , et qui me semble identique avec le principe odorant que j'ai trouvé dans le cartilage du squalue peregrinui ; 5"^ un principe orangé ; mais une partie de celui qu'on retire de l'analyse provient d'une altération que l'huile éprouve , ou plutôt un de ses principes , par l'action simultanée de l'oxygène atmosphé- rique et de la chaleur. Le principe qui a l* odeur du cuir apprêté à l'huile provenait de l'altération de l'acide phocénique (277)- TROISIÈME SECTION. SXAHBlf DB l'hVILS D« POISSON DU COMIIBBCB. 896. Elle était colorée en jaune orangé brun ; PropriéiéB. son odeur était celle du poisson et du cuir apprêté au gras : elle avait unedensité de 0,927 à 20*. A zéro, elle a conservésaliquiditépendant plusieurs heures; mais après quelques jours d'exposition à cette tem- pérature, elle a laissé déposer une matière grasse concrète, qui nëtait qu'en très petite quantité , et qui a été séparée par la filtratian. ag8 Liv. IT, CHAP. m. ARTIGLB r'. Examen de la partie liquide de l* huile de poi$$on. 897. Elle n'était pas acide au papier de tour- nesol. 898. 1 00 parties d'alcool, d une densité de 0,796 à 75% ont dissous 122 parties d'huile : la solution n'a commencé à se troubler qu'à 63* ; elle n'était point acide. 899- âoo' d'huile se sont saponifiés facilement quand on les a fait chîtuffèr ayec lâo' de potasse dissous dans 4oo' d'eau. La masse savonneuse , qui était colorée en brun , a été complètement dis- soute par l'eau froide. La dissolution a été décom- posée par l'acide tartarique : on a eu un liquide aqueux et une huile saponifiée. ^.Liquide 900. Il était fortement coloré en jaune brun; aqueux, .j ^^^.^ ^^^ odcur dc cuîr ; il a été distillé. Résidu de la 90 1 • Il a cédé à l'alcool de la glycérine colorée dutuutioD. ^^ jaune , d'une saveur très agréable. Froduit. 902* Il était acide; il avait l'odeur du cuir. L'ayant neutralisé par la baryte , on a obtenu seu- lement 0^,3 de phocénate sec. Cette quantité est bien différente de celle qu'on a retirée de l'huile du delphinui globiceps. B. HuUe 9^3* ^^^^ ^^^^^ P'^^ ^^ tendance à cristalliser •aponifiée. que l'huile naturelle; elle était sol uble en toutes proportions dans l'alcool d'une densité de 0,821 : HUILE DE P0I8S0N. 299 la golution contenait des acides margari({ue et oléique. 904. 1 00 parties de cette huile ont été parfaite- ment dissoutes par des eaux qui contenaient i3,45 parties de potasse et 9, 1 7 parties de soude. 905. 100 parties d'huile acidifiée, ayant été trai- tées par Feau de baryte et Talcool , n'ont donné que 0,6 de partie d'une matière grasse non acide, fortement colorée. 906. La solution de l'huile saponifiée dans l'eau de potasse , abandonnée à elle-même , s'est réduite en matière nacrée 9 qui s'est déposée, et en oléate , qui est resté en dissolution. 907. Des traitements successifs par l'eau de po* MMière tasse très faible, par l'alcool , ont prouvé qu'elle re- tenait une quantité notable de sur-oléate de potasse. On a fini de la purifier en la dissolvant dans l'eau de potasse : la solution , abandonnée à elle-même, a déposé un bimargarate de potasse, dont l'acide cristallisait en petites aiguilles fines radiées , et se fondait à 56"*. 008. Il a été décomposé par l'acide tartarique : oxh^ït de ^ '^ *^ * potasse. l'acide oléique provenant de cette décomposition ayant été exposé au froid , a laissé précipiter un peu d'acide margarique qu'on en a séparé. Après ce traitement l'acide oléique avait les propriétés suivantes : sa couleur était beaucoup plus foncée que celle des acides oléiques des graisses de porc , de mouton , de bœuf, etc. J'attribue la cause de cette 300 LIT. !▼, CHAP. III. couleur i un corps distinct de Thuile proprement dite , soit que ce corps provienne de la décomposi* tion qu'une- portion de l'huile aurait éprouvée par les procédés mêmes de son extraction , soit qu'il ait toute autre origine. L'acide oléique avait une odeur de poisson qu'il a communiquée à ses combinaisons avec la baryte , La stroutiane et l'oxyde de plomb. ARTICLE II. Examen de la matière grane concrète de Phuitè de poisson. 909. Après avoir été égouttée sur du papier Jo- seph , elle a été traitée par l'alcool bouillant ; celui- ci en a séparé beaucoup d'oléine. M'étant aperçu que la matière concrète se colorait dans ce traite- ment , j'ai cessé de la soumettre à l'action de l'al- cool : dans cet état elle a été fondue. Un thermo- mètre qu'on y a plongé est descendu à 21* et est remonté à 27* lorsqu'elle s'est figée. L'action de la chaleur lui a fait perdre son odeur de cuir. 910. 9' d'alcool, d'une densité de 0,796, ont dis- sous 5* de matière concrète. La solution a donné , en refroidissant, 1* de petites aiguilles radiées du plus beau blanc ; a* de petites aiguilles colorées eu jaune. Il est resté une eau-mère visqueuse, colorée en brun. Dans cette opération il m'a semblé que le principe colorant brun devenait plus abon- dant, soit qu'il s en format récllemeut aux dépens HUILE DE POISSON. 3oi mêmes de la matière grasse pendant le traitement, soit que ce principe s'isolât d'une matière qui en masquait la couleur. Le principe colorant devenait surtout sensible par l'action de la potasse. L'on a observé que la saponification a développé l'odeur du cuir que la matière avait perdue par la fusion. 91 1.3^96 de matière grasse colorée, ayant été sa- ponifiés par un poids égal de potasse, ont donné un savon qui a été décomposé par l'acide tartarique. qi2. Le Kquide aqueux a été distillé. ^* Liquide *^ 11 «queux. Qi3. L'alcool appliqué au résidu de la distilla- ^^f»?.?^®*» ^ Kl, dirtillttion. tion a dissous 0^,26 environ d un sirop jaune, dont la saveur d'abord amère et astringente finissait par être an peu sucrée. QiA. Le produit de la distillation avait une lé- P«>*??/*?«"« gère odeur de cuir et un peu d'acidité ; l'ayant neu- tralisé par la baryte, ou a obtenu o^^o3d'un sel sec, qui avait plutôt l'odeur de l'acide phocénique que celle du cuir : mais il y en avait trop peu pour qu'on pût prononcer sur sa nature. Q 1 5. La matière erasse saponifiée contenait deux ^* Matière substances que l'on a séparées mécaniquement ^ifiée. l'une de l'autre. La plus abondante pesait 3*,o6 : elle était d'un jaune orangé. Le thermomètre qu'on y a plongé, après l'avoir fondue, est descendu à 26%5, et est remonté ensuite à 2&*. Cette matière, très soluble dans l'eau de potasse, m'a paru entiè- rement formée d'acides margarique et oléique. La seconde substance ne pesait que o*,i4; elle était 502 UY. IV, CHAP. lU. HCIU DE POISSON. brune » infusible à 1 00*9 soluble en totalité dans Talcool bouillant : elle n'a pas laissé de matière fixe quand on Ta incinérée. g 1 6. D'après ces expériences, 1 00 parties de ma- tière grasse concrète auraient donné Matière grasse saponifiée 88,9 917. Telles sont les propriétés que m'a présen- tés la matière concrète séparée de l'huile de pois- son du commerce. Elles placent cette matière à côté de la stéarine plutôt qu'à côté delacétine. Au reste, comme il ne serait pas impossible que cette matière eût été étrangère à la nature de l'huile de poisson, et qu'elle n'y était d'ailleurs qu'en très pe- tite quantité , ce qui ne m'a pas permis de la sou- mettre à un grand nombre d'expériences, je ne regarde pas cette opinion comme suffisamment établie. 918. On peut conclure de tout ce qui précède que l'huile de poisson du commerce que j'ai exa- minée se rapproche de l'huile de dauphin par son odeur, mais qu'elle en diffère , r en ce qu'elle ne donne que des traces d'acide volatil par la saponi- fication; a* en ce qu'elle ne fournit pas de sub- stance cristallisée analogue à la cétine ; 3* en ce qu'elle se saponifie plus facilement qu'elle, et sans produire de substance non acide en quantité no- table ; 4'' en ce qu'elle contient beaucoup plus de principe colorant. LIT. If, CHAP. !▼• 6IAS DX8 CADATU8. 3o3 K»i%%^*»»»%^»»»»^>%»»% CHAPITRE IV. BXAJCXN DU 61A8 US CADATBX8 R DB L*AD1P0CIU. gig. Tout le inonde sait que les cadavres qui sont enfouis dans une terre humide ne présentent au bout d'un certain temps que des os recouverts de tissus membraneux plus ou moins altérés « et d'une matière que les fossoyeurs, qui l'ont re- marquée avant les savants , ont appelée gra$. gso. Fourcroy , à qui Ton doit le premier exa- men chimique du gras , l'a considéré à juste titre comme une espèce de savon , mais il a méconnu les caractères de la substance grasse lorsqu'il Ta rapprochée de la cétine et de la cholestérine , en les confondant toutes trois sous le nom commun d*adipaeire. J'ai établi dans le second livre les grandes différences qui existent entre la cétine et la cholestérine. Je ferai voir dans ce chapitre que Yadipocire du gras est formée de plusieurs pnn- eipe$ immédiate dont aucun ne peut être confondu avec la cholestérine ou la cétine. gai. Je traiterai dans un premier paragraphe de l'analyse du gras considéré comme saron, et dans un second des propriétés de Tadipocire et de son analyse immédiate. 5o4 l'IV. IV, CHÀP. lY § I**. Anaty$$ du gra$ extrait d'un cadavre du cimetière de$ Innocenté* 922. Après avoir détaché un morceau de gras de dessus un tibia, je Tai réduit en poudre et tamisé. J'en ai mis 5o* dans un matras avec 7 dé- cilitres d'alcool d'une densité de 0,822. J'ai fait digérer les matières à une température de 60* à 70^, et ensuite je les ai jetées sur un filtre. 923. Il s'est déposé par le refroidissement beau- coup de petits cristaux en aiguilles qui se sont groupés sous la forme de choux-fleurs. J'ai conti- nué de laver le gras avec l'alcool ; le second lavage n'a déposé que très peu de matière en se refroidis- sant, les derniers lavages ne se sont pas troublés. On a filtré le premier après qu'il a eu cessé de se troubler, et on a passé sur le même filtre tous les lavages, chacun dans l'ordre où il avait été fait. 924* Le résidu insoluble dans l'alcool pesait 4S85. 925. Je vais examiner, i"" ce rieidu, 2* le dépôt de$ lavagee atcaotiques refroidis ; Zl^ le$ lavages al- cooliques d*oii le dépôt s^était précipité; enfin je dé- duirai les conséquences qui résultent de cet examen relativement à l'analyse de l'adipocire. GRAS DES CADAVRES. 3o5 AIVTIGLB I' Examen du résidu insoluble dans TalcooL Lartge aqaem. 926. Il a été épuisé par Teau bouillante de tout ce qu'il contenait de soluble dans ce liquide ; il a été réduit à 3^,88 : l'eau avait donc dissous 0^,97 de matière. 927. Le lavage était coloré en jaune et sensi- blement acide ; il a été concentré en sirop , puis mêlé à l'alcool : il y a eu coagulation. 928. Le coagulé a été délayé dans l'eau ; il s'est déposé un peu de matière azotée retenant de la chaux : la dissolution contenait une matière coUh rante Jaune , une matière azotée , qui a donné à la distillation beaucoup de sous-carbonate et d'hy*- drocyanate d'ammoniaque; un sel calcaire neutre 9 que je crois être un lactate ; enfin une très petite quantité d'un tel de potasse^ que je crois être un lactate. 929. L'alcool avait dissous de la matière jaune ^ un acide libre, que je crois être le lactique; enfin un peu des sels présumés être des lactate$ de chaux et de pçta$$e. q5o. Le résidu (926) a été mis en macération peSfntlgSS pendant plusieurs jours avec l'acide hydrochlo- rique faible ; puis on a fait chaufier, on a étendu d'eau, et filtré. 93 1. L'ammoniaque a séparé de l'acide hydro- hSroch*^^^^^ 20 que. 3o6 UT. IV 9 CHAP. lY. chlorique, du phosphate de chaux j de l'oxyde de fer et de la magni$ie^ qui était probablement à l'état de phosphate. Le sous-carbonate d'ammoniaque , ajouté à la liqueur filtrée, en a précipité de la chaux à l'état de sous-carbonate. Il n'est resté en disso- lution qu'un atome de matière jaune. ^itbuTd'^T 9^^' L'alcool bouillanta dissouscerésida,excepté l'acide hy. o*,8 de matière, laquelle consistait, i*en matière drochioriqiie * i i i i i» i t azotée , qui provenait probablement de 1 altération des muscles; â* en petits morceaux de toile, qui étaient des débris des linges qui avaient servi à ense- velir les cadavres. La solution alcoolique a déposé, en se refroidissant, 2^ d'adipocire cristallisée. Si cette adipocire n'avait pas été dissoute lors du traitement du gras par l'alcool , cela tenait à ce qu'elle était unie à la chaux , tandis que celle qui l'avait été était combinée à la potasse et à l'ammoniaque. La solution alcoolique, refroidie et filtrée, a été mêlée à l'eau.On a obtenu o*,4d'une matière dont une partie ne différait de l'adipocire précédente que par plus de fusibilité , et dont l'autre partie était sous la forme de flocons blancs , que je n'ai pu examiner, à cause de leur petite quantité. L'eau qui avait servi à précipiter ces matières ne retenait qu'un peu de lactate de chaux. GRAS OE8 CADAVRES. 3o7 ARTICLE II. Examen du dépôt qui s'était formé dans les lavages alcooliques. 933. II était peu coloré ; il se fondait à 79%5. En prolongeant la fusion, il laissait dégager de Tammo- niaque , et devenait en même temps plus fusible. 10* de dépôt ayant été traités par l'acide hydrochlo* rique, ont donné 9^,7 d'adipocire légèrement co- lorée en jaune , fusible à 54^ La liqueur acide , éva- porée à siccité, a laissé 0^,73 de matière formée de 0^60 dliydrochlorate d'ammoniaque, o*, 1 2 de chlorure de potassium , oSoi de chlorure de cal- cium ; d'où il suit que le dépôt était formé d'adipa^ cire unie à de l'ammoniaque et à un peu de potane et de chaux. ARTICLE III. Examen des lavages alcooliques d'où le dépôt précédent s'était séparé. 934* Ils ont été concentrés à deux reprises , et à chaque fois ils ont déposé , en se refroidissant , une assez grande quantité de matière. Je vais exa- miner successivement ces deux dépôts sous la dé- signation ^de deuxième et troisième. 935. Le deuxième dépôt ayant été fondu et re- Deuxième froidi, a commencé à se troubler à Go"" ; mais la ^ 20. Trolfième dépôt. 3o8 LIV. lY, CHAP. IV. plus grande partie ne s'est figée qu'à 54^ loo par- ties , traitées par Tacidé hydrochlorique , ont donné 9994S parties d'adipoicire fusible de 53'' à 54^ L'acide hydrochlorique 9 évaporé, a laissé un résidu sec de o*,76. 936. Le troisième dépôt était figé entre 5i* et 5a'' ; mais il commençait à se solidifier au-dessus de cette température. 100 parties, traitées par l'a- cide hydrochlorique, ont donntf une adipoeire qui se figeait en totalité entre 5 1** et 5âf ; l'acide hydro- chlorique, évaporé à siccité , a laissé 2,4 parties de résidu. Alcool d*o6 937. Cet alcool a été mêlé à l'eau, et chauffé à Go** : il dépôt aTâit s'en est séparé 2* d'une adipoeire rouge fusible à 45% ^^*'^* et 0^,2 d'une matière floconneuse blanche. La liqueur aqueuse, isolée de ces deux matières, a été évapo- rée en consistance de sirop épais. Dans cet état, elle pesait 0^96'j: elle était rougeâtre et acide. Une por- tion ayant été incinérée , a dégagé beaucoup d'am- moniaque; la cendre était formée depotas$e,d'oxyde de fer y de carbonate de chauxj et d'un atome de sf- lice. L'autre portion a été dissoute par l'eau presque en totalité. La solution , filtrée et évaporée , a laissé un résidu auquel on a appliqué l'alcool ; celui-ci a laissé précipiter de la matière azotée et du tactate de chaux; il a dissous du iactate acide d'ammoniaque, un peu de Iactate de pota$$e, et de la matière cota-- rante Jaune. La liqueur dont je viens de parler avait beaucoup de ressemblance avec le lavage aqueux GRAS PES C^OÂVBEÇ. 3o9 du résidu du gras insolubile dans Talcool. Voici les expériences qui m'ont fait penser que Tacide de ces liqueurs était le lactique. Il était fixe ; il a re^ fusé de cristalliser ; il ne précipitait pas lea sets de plomb ; il formait même avec le massicot yn sel. soluble dans l'eau et l'alcool ; ses combinaisons, avec la potasse » la soude, étaient déliquescentes ; et il m'a semblé qu'il formait avec l'oxyde de zinc un sel insoluble ou peu soluble. ARTIGUS IV. Conséquences de l'examen précédent. 938. 1** Le gras des cadavres 9 considéré à l'état de pureté (c'est-à-dire abstraction faite de l'acide lactique et des lactates » de la matière azotée , etc. ) , n'est point un simple composé d'adipocire et d'am- moniaque, puisqu'une portion soluble de la matière grasse est unie à la, chaux et à la potasse. 2"* L'adipocire ne peut être considérée comme une espèce de corps , puisqu'on l'a obtenue avec des propriétés variables; ainsi l'adipocire du pre- mier dépôt (933) et celle du deuxième se fon- daient à 54''9 celle du troisième à Sa"", enfin celle de l'eau-mère à l^S"". Ces adipocires différaient encore par la couleur. 3"* L'adipocire la moins fusible paraissait avoir plus d'affinité pour les bases que l'adipocire plus fusible , puisque celle du savon calcaire (932), fu- 3lO LIT. IY9 CHAP. IV. sible à 54*9 était saturée de chaux; celle du premier dépôt (933^, également fusible à 54^*9 con- tenait une proportion très forte de base ; tandis que Tadipoeire de Teau-mère , fusible à 45"*, n'en contenait pas, ou qu'extrêmement peu. La com- binaison des bases avec Tadipocire la moins fu- sible a été une des causes de la séparation de cette adipocire d'arec l'adipocire plus fusible ; car en traitant par l'alcool, comme j'avais traité le gras nature), du gras auquel j'avais enlevé ses bases par l'acide hydrochlorique , je n'ai pu obtenir de ce dernier des adipocires aussi différentes en fusi- bilité que celles séparées du gras naturel. * § II. Examen de l'adipocire. 939. Puisque le gras est un savon , il était vrai- semblable que je trouverais à l'adipocire qui le constitue les caractères d'une graisse saponifiée, c'est-à-dire la propriété de se dissoudre en grande quantité dans l'alcool d'une densité de 0,820 bouil- lant , celle de rougir la teinture de tournesol 9 et enûxk celle de s'unir à la potasse avec la plus grande facilité, et cela sans perdre de son poids ni aucune de ses propriétés. Que l'on examine l'adipocire sous ces trois rapports , et l'on obser- vera, i"* qu'elle est dissoute en toutes proportions par l'alcool bouillant d'une densité de 0,820 ; 2* que cette solution rougit le tournesol , et je dois faire observer que l'adipocire se trouvait dans le GRAS DES CADAVllBS. 3l| gras analysé , à Tétat de sur*sel , puisque le gras dissous à froid dans Talcool rougissait le tournesol sans avoir été préalablement traité par un acide ; 3* que Tadipocire s'unit facilement à la potasse sans perdre de son poids , et sans que sa fusibilité et ses autres propriétés soient changées. C'est ce dont je me suis convaincu en unissant lo^ d'à- dipocire fusible à Si^'^S avec & de potasse à l'al- cool. En décomposant le savon par l'acide hydro- chlorique , fai obtenu 9^,9 d'adipocire fusible à 5i%5. 940. Il me restait à déterminer la nature des principes immédiats de l'adipocire. J'ai cherché d'abord à les isoler au moyen de l'alcool bouillant, L'adipocire sur laquelle j'ai opéré était fusible à 47*;, les substances en lesquelles je l'ai réduite étaient toujours colorées; l'une se fondait à ^tfj'j5j l'autre à 41^9^4* D'après cela j'ai eu recours à la potasse; j'étais sûr que cette base ne ferait pas éprourer d'altération k l'adipocire , puisque fe savais qu'une graisse qui a été saponifiée n'éprouve plus aucun changement de la part d'un alcali auquel on l'unit de nouveau , et qu'en outre je savais que l'adipocire était une graisse saponifiée. 94k J'ai fait chauffer 60^ d'adipocire fusible à 45* avec 4^0* d'eau qui tenait 3o* de potasse en dissolution : un savon mou , opaque , s'est séparé par le refroidissement d'une eau-mère orangée. 942. Le savon délayé dans l'eau a laissé déposer 3l2 LIV. IV, CHAP. IV. plus de 4o* ' de matière nacrée , semblable par son aspect au bimargarate de potasse. Le liquide savon- neux séparé de ce dépôt , décomposé par l'acide tartarique , a donné 1 6^ d'une adipocire rougeâtre plus fusible que celle qui avait été combinée à la potasse, 1^,5 d'une adipocire floconneuse qui se fon- dait dans l'eau bouillante en une matière en partie orangée , en partie blanche. La partie blanche m'a paru analogue à la matière dont j'ai parlé (937) : elle était en trop petite quantité pour être l'objet d'un examen. Toutes ces adipocires ont été réunies et combinées à l'eau de potasse. Quand le savon qui en est résulté a été épuisé de toute matière nacrée, on l'a.décomposé par l'acide tartarique, on a obtenu un acide huileux fluide à 7"". Je vais examiner : 1"* Le$ dépôts de matière nacrée , 2* L* acide huileux fluide à 7"" , 5** Ucau-mère du savon d* adipocire (94 0« ^ ^^* quelle on a réuni tous les liquides aqueux qui pro- venaient des dissolutions de savon qu'on ayait dé- composées par l'acide tartarique , après les avoir séparés des dépôts nacrés. * J*eD ai rectteîUi 40*9 naw il y eo avait eu de perdue. GIAS DES CADAVRES. 5l3 ARTICLE l**. Eiamen de la matière nacrée du saTon d*adipocire. 943. Elle a été purifiée par le procédé décrit livre III, chapitre I, section i» S I9 article 1. (6o3). 3* décomposés par l'acide hydrochlorique ont donné 2*979 d'un acide gras fixe, et o*,382 de chlorure de potassium, qui représentent o*, 24a de potasse : donc Acide ayS% 100 Potasse a42 8,78 94i* L'acide gras était fusible à 56*; il cristalli- sait en aiguilles extrêmement fines réunies de ma- nière i présenter une surface ondée. L'acide mar- garique de graisse d'homme fusible à 56* se prê- tante souvent sous la même forme. 11 était soluble en toutes proportions dans l'alcool bouillant , cris- tallisait en belles lames nacrées par le refroidisse- ment; la solution rougissait fortement le tournesol: il se combinait à la potasse dans le rapport de 100 à 1 8,2 ; en un mot il avait les propriétés de Tacide mai^arique. AITICU II. Examen de l'acide huileux. 945. Cet acide était fluide à 7*, coloré en oran* gé ; il rougissait fortement le tourne^^ol ; il était so- 3l4 UT. IV, CHAP. IV, lubie en toutes proportions dans l'alcool ; il formait avec la potasse un savon extrêmement soluble dans Teau ; la solution était jaune. Cet acide m'a paru se comporter avec le sous-carbonate de baryte comme l'acide oléique. En conséquence je le considère comme étant identique avec l'acide oléique : la seule différence notable qu'il présente est sa coup- leur, qu'il doit certainement à une substance étrangère. ARTICLE m. Examen de Teau-mère du savon d'adipocire, etc. 946. On a réuni à cette eau-mère , ainsi que je l'ai dit (942) 9 les liquides aqueux qui provenaient de différentes dissolutions savonneuses qu'on avait décomposées par l'acide tartarique , apirès en avoir séparé la matière nacrée. La liqueur qui est ré- sultée de ce mélange contenait un excès d'acide tartarique. Elle a été distillée. Produit. 947» L'eau qui s'est vaporisée a emporté avec elle un peu d'ammoniaque et un principe qui avait l'odeur de l'adipocire. fiéfida. 948. Le résidu était coloré en jaune orangé ; on a continué de l'évaporer dans une capsule; il y a eu un moment où l'on a aperçu à la surface de la liqueur des gouttelettes orangées qui m'ont paru être de Vacidê oléique; mais elles ont fini par se redissoudre dans l'excès d'acide tartarique, lorsque GRAS DES CADAVRES. 3l5 celui-ci a été plus concentré. On a neutralisé l'ex- cès de cet acide par du carbonate de potasse : on a fait évaporer à siccité, et on a appliqué l'alcool con* centré au résidu, afin de séparer le tartrate de po- tasse et le carbonate qui pouvait être en excès. 949* La solution alcoolique a été évaporée ; le ré- sidu a été repris par l'eau et mêlé avec Thydrochlo- rate de baryte ; il s'est fait un précipité à'oléaie de barjrte coloré en orangé ^ qui était mêlé de quel- ques atomes de tartrate et de sous-carbonate de baryte. On a obtenu l'acide oléique en traitant le précipité par l'acide tartarique , évaporant dou- cement à sîccité , traitant le résidu par l'alcool qui a dissous l'acide gras uni à un principe colorant jaune , mêlant l'alcool avec l'eau. 960. La liqueur qui avait été précipitée par Thy- drochlorate de baryte a été évaporée à siccité ; la matière fixe a été mise avec de l'alcool: il s'en est séparé un peu à'oléate de baryte qui était moins coloré que le précédent. La dissolution, filtrée, con- centrée, a été mêlée à un peu de sulfate de potasse, afin d'obtenir du chlorure de potassium et du sul- fate de baryte. Quand elle a été évaporée à sec, on a appliqué l'alcool; celui-ci s'est emparé d'une ma- iiere jaune orangée , très amère et soluble dans l'eau. Elle retenait un atome d'acide oléique. 316 LIV. IV, CI|A^». IV. ARTICLE IV. Conséquences. 961. L'adipo.cire n'est point une substance im- médiate simple 9 puisqu'elle se réduit , i"* en acide margarique, 2* en acide oléique, y en principe colorant jaune, 4* ^^ principe odorant. Les deux premiers corps constituent essentiellement Tadipo- cire ; l'acide margarique est dans une proportion beaucoup plus forte que l'acide oléique , car on ob- tient de 100 parties d'adipocire fusible à Ifi"", au moins 90 parties de matière nacrée dont l'acide est fusible à 4^'' , et seulement de 6 à 7 parties d'a- cide oléique; et on obtient de 100 parties d'adipo- cire fusible à 54*^9 1 00 parties de matière nacrée , et seulement 0,7 de partie d'acide oléique. 952. L'union de l'acide oléique avec le principe colorant jaune est très forte , et c'est assurément ce dernier qui donne à l'acide oléique de la tendance à se dissoudre dans l'eau et l'acide tartarique. 953. Il est évident que les différences qu'on ob- serve dans le degré de fusibilité de divers échan- tillons d'adipocire dépendent de la proportion respective de l'acide margarique à l'acide oléique. s 1". 954. J'ai examiné un assez grand nombre d'é- chantillons de gras, et quoique tous m'aient donné GRAS DES CADAVRES. 5l'J des résultats plus ou moins analogues à ceux que je viens d'exposer, cependant il n'est pas superflu de consigner ici ce que j'ai observé sur deux échan- tillons de gras produits dans des circonstances assez différentes de celles où le gras se fornoie lorsque les cadavres sont enfouis dans la terre. ARTICLE l"fc Moelle d'un os convertie en partie en gras. 955. Uq tibia de mouton trouvé au milieu de matières fécales, lorsqu'on a fait des fouilles près de la butte Ghaumont , pour le canal Saint-Martin, et qui, d'après les renseignements qui m'ont été communiqués, devait avoir séjourné dans ces matières pendant un siècle environ , ayant été brisé aux deux bouts a présenté sa moelle dans l'état où je vais la décrire. 956. Elle exhalait l'odeur des matières fécales ; elle était d'un blanc légèrement rosé ; un papier de tournesol rouge qu'on introduisait dans sa masse passait au bleu parce qu'il j avait de l'ammonia* que. La moelle mise dans l'alcool à la tempéra- ture de So"", n'était qu'en partie dissoute, et la solution n'agissait point sur le tournesol tant qu'elle n'avait pas perdu d'ammoniaque par l'ac- tion de la chaleur. ' 967. L'eau bouillante n'enlevait à la moelle que des traces d'un extrait roux, légèrement acide, 3l8 Llir. IV, CHAP. IT. salé , qui contenait du chlorure de sodium , et , à ce qu'il m'a paru de lliydrochlorate d'ammoniaque, mais sans glycérine ; pendant Tébullition , il s'était dégagé de l'ammoniaque et des traces d'acide hy- drosuif urique. 958. 100 parties de moelle supposée sèche ont donné à l'analyse 66 parties de savon calcaire et magnésien dont la partie acide était fusible à 4^*, 9 parties de savon ammoniacal, et enfin a5 parties d'une matière grasse non acide fusible à 37* ; mais je ferai observer que la moelle n'était point homo- gène, car des portions ont donné o,5o de leur masse de savon , et d'autres 0,20 seulement. ARTICLE II. Gras de bélier, formé au milieu d*une eau stagnante qui contenait du sulfate et du carbonate de chaux. 969. Il était blanc et couvert en quelques par- ties de sous-carbonate de chaux qui faisait une vive effervescence avec l'acide hydrochlorique. Il y a?ait dans ce gras des portions qui étaient entièrement formées de savon calcaire , tandis que d'autres of- fraient un mélange de savon calcaire mêlé d'adi- pocire libre. Saron 960. Il n'a cédé à l'alcool bouillant que du savon calcaire. « calcaire. 961. Traité par l'acide hydrochlorique faible , il lui a cédé de la chaux et des traces de peroxyde de GBAfl DBS CADAVBBS. SlQ fer; des fibres musculaires ont été séparées, et enfin une adipocire presque blanche , fusible à 44*» d'une odeur acre , désagréable , a surnagé sur le liquide. 96a. Cette adipocire était entièrement acide, car elle s'est dissoute instantanément dans Teau de potasse faible et chaude; et, séparée ensuite de l'ai- cali , elle avait le même poids et le même degré de fusibilité qu'avant d'y avoir été unie : elle n'avait perdu que des traces d'acide hircique et d'une ma- tière jaune amère. 963. Celte adipocire unie à l'eau de potasse très faible , a été convertie en matière nacrée dont l'a- cide était fusible à 57*, et en oléate dont l'acide était peu coloré. 964* Au moyen de l'alcool , on a réduit cette ^j^ c«i* matière en adipocire libre, fusible à 54** et en d'adipocin likftt savon dont l'adipocire était fusible à 46*. Ces deux adipocires étaient l'une à l'autre : : 1 : 3. J'ai tout lieu de penser que ces adipocires contenaient de l'acide stéarique, outre les acides margarique et oléique ; cependant je ne l'ai pas reconnu par l'expérience. LIVRE V- INTRODUCTION. 965. Les chimistes de l'école de Stafal, qui croyaient que l'acide qu'on obtient des huUes dis- tillées était un de leurs principes constituants , l'ont regardé assez généralement comme la cause de Tunion des huiles avec les alcalis. Plus tard, M. Ber- tfaoUet a fait dépendre cette union de l'affinité de l'huile elle-même pour les alcalis ; il a considéré avec raison les sarons comme des composés dans lesquels les bases salifiables sont neutralisées par des ma- tières gi*asses dont l'action est analogue à celle des acides. M. Œrsted a professé la même opinion. En- fin quelques chimistes ont avancé, sans s'appuyer d'ailleurs sur aucun fait positif, que l'huile ne pou- vait se saponifier qu'autant qu'elle absorbe de l'oxy- gène. Tel était l'état de la science lorsque j'ai com- mencé à travailler sur les corps gras. Je vais m'oc- cuper dans ce livre d'expliquer le changement de composition que beaucoup de corps gras éprouvent de la part des alcalis , changement qui constitue la saponification. Je considérerai cette opération sous deux points de vue généraux : 1* par rapport aux corps gras; 2* par rapport aux bases salifiables. Liv. ▼, pftEMiiu PABTIB9 sAPomncATioH. 3a 1 PREMIÈRE PARTIE. DS LA SAFOlflFICATlOH C0H8ID*B*B PAB BAPPOBT AUX CORPS OEAB. 966. Avant de faire usage dea faits qui soot exposés dans les livres précédents, et qui doivent servir de base à une théorie de la saponification , il est nécessaire d'examiner, i*si dans cette opération il se produit de Tacide acétique , a* s'il se forme de Tacide carbonique, 3* si le contact de Toxygéne libre est nécessaire pour qu'elle s'effectue. 91 Jâ2 LIV. V9 CHAP. I. 8AP01IIFIGATI0N. CHAPITRE PREMIER. § I**. Y a'Uil production diacide acétique dans la saponification ? 967. Sachant que la potasse à Talcool contient souvent de Tacide acétique, j'ai opéré la saponifica- tion de 190^ de graisse de porc par la potasse à la chaux : le savon a été décomposé par Tacide tartarique; le liquide aqueux qui en çst provenu a été distillé. Le produit ayant été neutralisé par la baryte, n'a donné que 0^,01 d'acétate sec, quantité si petite qu'on peut la négliger, quelle qu'en soit l'origine*. Ayant saponifié la même quantité de graisse par la potasse à l'alcool , le savon a donné 0^,1 5 d'acétate de baryte. Cette quantité, comparée aux 190' de graisse, est en- core bien petite, et, comparée au centigramme ' Il pourrait se faire que l*acide que je regarde ici comme de l'acétique lui fût analogue, aeulemeat par la volatilité et Todeur, et qu*il appartînt au groupe des acides gras volatile que j'ai fait connaître dans le livre IL Dans ce cas, il devrait son origine à une huile analogue à la butirine , à la phocènine qui existerait dans la graisse de porc. IL NE s't produit PAS D*AGIDE AgAtIQUE. 325 obtenu du savon formé avec la potasse à la chaux, prouve que la potasse à Talcool peut introduire de Tacide acétique dans les produits d une saponifi- cation. § IL Y a-U'il production d'aeide carbonique dans la saponification ? g68* Pour résoudre cette question , j'ai pris une cloche de o"',o3 de diamètre et de o",3 de hauteur ; je Tai renversée, et j'y ai mis du mer«- cure chaud à a8* jusqu'à ce qu'il restât un e^ pace suffisant pour contenii exactement i6^,5 de graisse fondue. Après que cette substance a été introduite dans la cloche , j'ai fermé celle-ci avec un obturateur de verre , et je l'ai renversée sur la cuve à mercure. Ensuite j'ai fait dissoudre ai* de potasse à l'alcool dans 66* d'eau]; j'ai prig deux volumes égaux de cette solution, j'en ai fait passer un dans la cloche, et l'autre dans une seconde cloche qui était remplie de mercure; j'ai exposé la première devant la porté d'un fourneau allumé pendant trente heures; j'agitais de temps en temps les matières : j'ai observé qu'il se déga- geait des bulles de gaz qui se rassemblaient dans la partie supérieure du vaisseau. Lorsque la sapo- nification a été achevée, j'aiintroduit dans la cloche qui contenait la potasse pure une mesure d'acide hydrochlorique concentré, qui était un peu plus ai. 3^4 UT* ▼» GHAP. I. SAPONinCATION. que suffisante pour neutraliser Talcali : il s'est dégagé 30"^ de gaz acide carbonique. Ayant ainsi reconnu la quantité de cet acide contenue dans la potasse qui avait servi à la saponification , j'ai fait passer Teau-mère du savon dans une cloche plus grande que celle qui le contenait, parce que je craignais que celle-ci ne fût trop petite pour recevoir tout l'acide carbonique qui pouvait avoir été produit. Cela étant fait » j'ai décomposé le sa- von par une mesure d'acide hydrochlorique égale à celle qui avait été employée dans l'expérience précédente. La décomposition a été très longue à s'opérer, à cause du peu de contact de l'acide avec le savon. Enfin , quand elle a été achevée , on en a réuni les produits à l'eau-mère , on a séparé le produit gazeux qui s'était dégagé , et on l'a analysé par la potasse. Il était formé de 3i*^ de gaz acide carbonique, et de 5^^,57 d'un gaz qui avait les pro- priétés de l'azote ; car il était impropre à la com- bustion , non inflammable, et insoluble dafns l'eau et la potasse. Je crois qu'on peut conclure de cette expérience qu'il ne se produit pas de quantité no- table d'acide carbonique dans la saponification de la graisse de porc. 969. Les graisses d'homme , de jaguar, de bœuf et de mouton m'ont donné le même résultat : on peut s'^ convaincre en jetant les yeux sur le ta- bleau suivant. IL NE s'y produit PAg d'aGIDE CARBON. Sd5 Alcali qui a tervi à la tapon, il etmtênttit ,,, ^'** < qaant. a d'acide carboniq. , . '^ < qu^Dl» a d'acide carboniq* dejagi^r. ^^ ^ aof d te 1 1"**^^* ^ <^'*pî^c* carboniq. AL qifin*apa*MerviÀ latap* U eonienaii quant, a d'ac. carb. + 5*«, quant, a d'acide carboniqi quant, a d'adde carboniq. quant, a d'ac. o« -f* 4<^it^* 970. La première colonne renferme la quantité * ■ et le nom de la graisse qui a été saponifiée ; !a seconde et la troisième colonnes indiquent s'il j a eu une différence entre le volume diacide car- bonique qu'on a obtenu de la quantité d'alcali qui a servi à saponifier la graisse, et le volume d'a- cide carbonique obtenu d'une autre quantité d'^l- cali qui n'a pas servi à la saponification , et qui était égale à la première ; quand il y a eu une diffé- rence , le gaz carbonique en excès est indiqué en centimètres cubiques. 97 1 . Le beurre et l'huile de poisson se sont sa- ponifiés sans produire d'acide carbonique. 97a. 3', 10 de cétine ont été fondus dans une cloche de verre ; quand la cétine a été figée , on a rempli la cloche de mercure, on l'a renversée *dans un bain de ce métal , et on y a introduit une forte solution de potasse qui contenait environ 5* d'alcali, et qui avait été soumise à une longue ébullition 3a6 LIV. V9 CHAP. I. SAPORIFIGATION. pour la priver d'air. Vu Tolume égal de cette soin* tioD a été mis de côté ; la cétine a été chauffée tous les jours pendant un mois ; au bout de ce temps , la saponification paraissait complète 9 et il ne s'était dégagé aucune quantité sensible de gaz. On a fait passer de Tacide hydrochlorique dans la cloche; après rentière décomposition du savon , on a ob- tenu un volume d'acide carbonique qui, ramené à la sécheresse extrême, à la température de o et à la pression de 0*9760 , occupait 30'*^. Le volume de potasse égal à celui qui avait servi à la saponifica- tion ayant été sursaturé par la même quantité d'a- cide hydrochlorique , a donné 21^^ de gaz acide carbonique ; conséquemment il y avait un excès de g'^'^de ce gaz, pesant o Soi 78 dans la po- tasse qui avait saponifié la cétine. Conséquemment 100 parties de cétine auraient donné 0,67 de par- tie d'acide carbonique ; je regarde cette quan tité comme étant trop petite pour être prise en consi- dération. $ III. Le gaz oxygène est-il néee$saire à la saponi- fication? 973. Quoique cette question soit presque com- plètement résolue par les recherches précédentes , cependant je crois devoir rapporter l'expérience sui- vante, qui a été faite avec beaucoup de soin. En pre- nant les précautions indiquées plus haut , j'ai oiis ELLE s'OPÈHE dans LE VIDE. 3^7 dans une cloche de 3 décilitres de capacité , con- tenant déjà du mercui-e , 5o^ de graisse qui avait été tenue pendant quelque temps en fusion : j'ai renversé la cloche dans un bain de. mercure; j'ai fait bouillir ensuite aSo^ ^^^^*^'^*^^^*^*^^^^^^^^ ^m^^m^^^M^^^im^'^^^ CHAPITRE IL ▼ UE8 GBNS&ALBS 8CB LA S APONIFICATION* 975. Rapprochons les faits qui doivent senrir de base à Tétude de la saponification, envisagée théori- quement, et qui se trouvent épars dans le chapitre et les livres précédents; coordonnons-les avec de nouveaux faits , afin d'en déduire des conséquences propres à reconnaître ce qui se passe dans l'action des alcalis sur les corps gras en général. 976. La cétine , les espèces de corps gras com- prises dans le 5* et le 6* genre , ainsi que les graisses qui en sont formées , ne sont pas susceptibles de s'unir immédiatement avec la potasse. Pour que cette union ait lieu , il est nécessaire qu'elles éprou- vent quelque changement dans l'équilibre de leurs éléments ; ainsi , sons l'influence alcaline , la cétine est changée en éthal et en acides gras fixes ; la stéa- rine et l'oléine sont converties en glycérine , en aci- des gras fixes; la butirine, la phocéniue, l'hircine, le sont en glycérine, en acides gras fixes, et en un ou plusieurs acides volatils ; et il est remarquable que ces conversions s'opèrent sans qu'il y ait ab- sorption d'oxygène , sans qu'il se sépare aucune VUES SBR LA SAPONIFICATION. 33l portion d'un des éléments des cotps gras ; de sorte que ces éléments se retrouvent en entier dans les produits de la saponification. Nous verrons dans le chapitre suivant que Vanafyse élimentaire de$ espèces de corps gras du 4* et du 5* genre , comparée avec celle des produits de leur saponification^ est iout-^ à'fait conforme à cette manière de voir. 977. Le changement que les corps gras éprou- vent pendant la saponification dans l'équilibre de leurs éléments étant déterminé par l'action d'un alcali , les corps qui se manifestent après la saponi* fication , ou quelques uns au moins , doivent avoir plus ou moins d'affinité pour les bases salifiables t et l'acidité n'étant que cette affinité portée à un certain degré d'énergie , on aperçoit sur-le-champ la possibilité que ces corps , ou quelques uns au moins 9 possèdent les caractères des acides. Dès lors, la manifestation des acides stéarique , marga^ rique et oliique, et celle des acides gras volatils y après la saponification^ se conçoit sans peine, ainsi que la proportionnalité qui existe entre la quantité d'alcali qui opère la saponification et la quantité des corps gras qui est saponifiée; proportionnalité qui est démontrée par les expériences rapportées dans le chapitre v de ce livre. 978* Il est évident que les corps gras les plus disposés â se saponifier doivent être ceux dont les éléments sont en des proportions telles qu'ils peu- vent en totalité constituer des composés doués de 33ii Liv. y, CHAP. II. l'acidité; c'est ce qui a lieu pour les stéarines, 1*0- léine , la phocénine , la butirine , dont les iVr de la masse au moins constituent des acides, tandis que le reste de la masse constitue la glycérine. Il est encore évident que la cétine, dont les f de la masse environ constituent Téthal qui n'est pas acide , doit être plus difficile à saponifier que les substances précitées'. ' Une cause qui peut avoir eocore de Tiiifluence sur ce résultat, c'est que Téthal restant interposé dans la masse que l'on saponifie oppose un obstacle mécanique ao contact de la potasse avec les particules de oétine qui ne sont pas ea< core fapooiflée^. SAPOlfIFIGATIOll DBS 6RAI88S8. 333 i«M«iv» ^^^mm09f^%i*^mimf^^0*m>90^i^mm0^t*t^0t*0%0*0%0*0v*^*0*^0**^*^*Mt*^*^^^^^*^^ »^*^ CHAPITRE IIL DS LA SAPONIFICATION. 979. Dans ce chapitre , je m'attacherai à déter- miner quels sont les changements qui arrivent aux corps gras saponifiables dans la proportion de leurs éléments , lorsqulls se transforment par le contact des alcalis, i* en acides gras, a* en glycérine ou en éthal. %^»*»^»» ^<»^%»»^^»»^^»»»»%»%^^% PREMIÈRE SECTION. M Là SAPomncATimi ms gbaissm m vomov, m rose ET D*B0II1IB. S !**. Anafy$e ilémentaire eomparie d$$ grai$$e$ ëê mouion, de parc et d'homme. 980. La graisse de mouton qui a senri à mes expé- riences était incolore, inodore, sans action sur les couleurs végétales ; 5' n'ont pas laissé une quan- tité appréciable de cendre ; un thermomètre qu'on j plongeait après l'avoir fondue descendait à 4o\5« et remonuit à 4a* lorsque la congélation avait lieu. Graisfe de DOIltOII* Gniase de porc. dlkoninie* Ckmtéquen- cct. 334 LIT- V, CHAP. III. 981. La graisse de porc était absolument inco- lore 9 elle n'avait qu'une odeur extrêmement lé- gère, elle ne changeait pas^les couleurs végétales ; 5' n'ont pas laissé de résidu sensible ; un thermo- mètre qu'on y plongeait après l'avoir fondue des- cendait à 29* quand elle commençait à se figer, et remontait à 3i*. 98a. La graisse humaine était colorée en jaune, inodore, sans action sur les couleurs végétales ; 5* n'ont pas laissé o^ool de cendre jaunâtre; à 17* elle commençait à déposer de la stéarine. poids. Tolmne. Oxygène. . . . 9,3o4 • 100 . . 1 Carbone 7^999^ • 849»^ • • ii»io . 1 Hydrogène. . . 11,700 . 196,75 . . ao,i8 . 1,82 Oxygène. . . . 9,756 . 100,00 . Cai^ne ' 79^098 . 810,80 . Hydrogène. . . 11,146 • ii4»3o . 10,59 • * 18,54 • >»7^ Oxygène. . . . 9,584 • 100, . . 1 Carbone.. • • . 79,000 . 894929 • • 10,77 • >» Hydrogène. . . 11,416 . 119,11 • • 19,11 • 1,77 983. Les graisses de porc et d'homme contien* nent à peu près les mêmes proportions d'éléments ; la graisse de mouton contient plus de carbone et d'hydrogène. SAPOlIlPlGATIOlf DBS GEAI8SB8. 333 § II. Ânafy$e$ étémeniaire$ eamparée$ desproàttiu de la êapanification de$ grai$$e$ de tnautan « de parc et d'homme. 984* too parties' de chaque sorte de graisse ont été saponifiées par la potasse. Les savons ont été décomposés par Tacide phosphoricpie faible ; on a obtenu des acidee gra$ hydratée et des liquides aqueux tenant en dissolution de la glycérine , du surphosphate et du phosphate de potasse ; on a fait évaporer à siccité au bain-marie les liquides aqueux ; les résidus ont été traités par l'alcool froid. Les liqueurs alcooliques ont été concentrées au bain-marie , et les résidus ont été exposés au vide sec pendant tao heures , comparativement avec o*,5de glycérine d'huile d'olive qui avait été amenée au même degré de densité que les autres glycérines, et dont la composition avait été préalablement dé- terminée. On a ensuite incinéré les glycérines, et on a soustrait la matière inorganique fixe qu'elles contenaient. QfftItM d« iMatoii 100 de pore 100 d'koBBM 100 ont donné Actdctbydmét 96.50 .... 95,90 96*18 Glycérine 8*00 .... S,8i 9,66 io4,So 104^71 ioSM * On opérait »ur Si de grasse : toutes les fois qoe les ma- tièrcs ont été eiposéea à la chaleur» elles Font été au bain • inarie. 336 LIT. y, GHAP. III. GoDféqaen- 9^^* ^^ somme des poids de la glycérine et des cc«- acides hydratés de chaqpie sorte de graisse est plus grande que le poids de la graisse soumise à l'action de Talcali. 986. Puisque la saponification s'opère dans le vide (973) , et sans qu'il y ait dégagement d'aucun gaz, il faut qu'il y ait eu de l'eau fixée dans les produits de la saponification. Cette eau peut avoir été fixée dans deux circonstances : d'abord pen- dant l'action de l'alcali » ensuite lorsque les acides ont été séparés de la potasse au moyen de l'acide phosphorique. Je remarquerai que l'augmentation de poids est certainement plus grande que celle qui résulte de l'expérience , car les opérations assez multipliées au moyen desquelles la glycérine a été séparée des acides hydratés n'ont pu être pra- tiquées sans perte; et d'un autre côté, lorsqu'on a séché la glycérine et les acides hydratés par l'action de la chaleur, on en a indubitablement volatilisé, toutes les deux étant susceptibles de s'é- vaporer, surtout quand on les chauffe au milieu de l'atmosphère ; ajoutez à ces pertes celle qui a dû résulter de la réaction de l'oxygène de l'air sur le carbone et l'hydrogène de ces mêmes matières. SAPONIFICATION DES GBAISSES. ù.'ir jfnafyêe élémentaire de$ grai$$e$ acidifiée$ hydra-- îée$ , îeltiê qu*on let obtient $éparée$ de ta potasu au moyen de t' acide pho$phorique. 987- pokU ▼olane. Oxygène. • • Carbone. . . Hydrogène. . . io,5oo • . 77,5a8 . • •">97a • 100 738,36 . • ii4iOa • • 1 9*65 . i8,3o . i 1,896 Graitte «ci- difire de DKtulon flMÎ- ble 4 Si*. Oxygène. . . Carbone. • • Hydrogène. . . 10,69a . • 77*594 . • 11,714 • 100 . . 7^5,73 . . 109,56 . . 1 9*48 . 17,58 . 1 1,854 Graisse aci- difier de porr , ftuibie Oxygène. • . Carbone. • . Hydrogène. • • ii»o56 • . 77,466 . . ïi>47* • 100 • • 700,66 • • io3,8i . • 1 9*>5 . i6,G6 . 1 1,81 Graiiiw •cadifie« d'homme , cooeel^ ea p«Hieià5i% Les graisses acidifiées contiennent, à poids égal, Cooféq plus d'oxygène et d'hydrogène que leurs graisses respectives non saponifiées. 988. Si Ton chauffe les graisses acidifiées avec du massicot , il se dégage une quantité d*eau , que j'ai trouvée la même pour chaque sorte de graisse; c'est ce qui résulte des expériences suivantes ; 100 de araiMe «cidif. faydniée de montoa, )oat doDoë i^^ « 1 r 989. D'après ce résultat , et la composition élé- 338 LIT. y, GHAP. III. mentaire des graisses acidifiées hydratées, les graisses acidifiées anhydres » sont formées , Tableau comparatif de la campoêiiion ilémentaire des graiêseê aeidifiie$ anhydres. poidf. Tolame. Grtiifle Oxygène. . . . 79539 • 100 . . 1 mootoo. Carbone. . • • 80)465 • 1068980 • • iS^g^ . 1 Hydrogène». • 1 9,006 . i5g,47 • • 95,5g . i,83 Gniwe Oxygène. • . . 7,709 .100 . . 1 Carbone. . . • 8o,533 . 1041,96 . . i3,6i . 1 Hydrogène.. . 11,738 . i5i,90 . . 94,38 . 1,79 Oxygène. . • . 8,106 . 100 . . 1 Carbone. . . . 80,400 . 991,85 . . ia,g6 . 1 Hydrogène. • . ii,494 • i4>»79 • • ^^^7^ • i»7^ acidifiée de porc. Gnîtte acidifiée d'bommo. cet. Gonséqnen- 990. Dans Ics graisses acidifiées à Tétat anhydre, ou telles qu'elles sont quand on les a unies au mas- sicot à une température élevée, le carbone est à l'hydrogène, à très peu près, dans le même rapport que dans les graisses naturelles, mais Toxygène s'y trouve dans une moindre proportion. Analyse de la glycérine. 991. De la glycérine provenant de l'action de la litharge sur l'huile d'olive pure a été passée à l'acide hydrosuifurique, puis concentrée au bain- 8APONiriGATI01l DES GBAI8SB8. 539 marie. Dans cet état elle n'était presque pas colorée; elle a?ait une saveur douce très franche ; elle n'était point acide, i' chauffé dans un creuset de platine n'a pas laissé o*,ooi de cendre alcaline. Sa densité i la température de 17* était de t,95a ; c'est dans cet état qu'elle a été analysée : on Ta trouvée formée de eo poids. en vol. Oiygèoe. . . . 539978 • • 100 1 Carbone 37^066 • . 70^70 . . o»99 Hydrogène. . • g^oSS . • 16,99 . . 3,79 99a. a 5' de glycérine exposés au vide sec « à la tompérature de i5 à âo* avaient perdu après 5 1 heures 0*9706 d*eau lao «— I yOaS at6 1 ,aoo I mois 1 ,4^0 I mois et demi 1 »46o a mois I ySoo a mois et demi • . idrm '. 993. Dans cet état , la glycérine avait une den- sité de 1,27, à la température de 10*, et , d'après * Par ane eiposition de 1 16 heures au vide sec seulement^ o^ySoo de glycérine d^one densité de i«a5a ont été amenés au même degré de dessiccation que les a5s, c'est-à-dire* que cette glycérine avait une densité de 1^97. 22. 340 tIT. y, GHAP. III. l'analyse précédente , elle devait être formée de en poids; en toI. Oxygène . • 4/9944 • • ^19004 • • 100 • 1 Carbone . . Zy^fidô • . 4^>07> • * 78} 56 . i^oa Hydrogène . 8,390 . . S^gaS . » 17,50 • 9,81 OU Carbone 4o»07i Hydrogène a, 557 Oxygène. Hydrogèi '" ' Jeau .... 57,571 ine. .3 ^ ' 994> Voyons maintenant si les éléments des produits de la saponification de chaque sorte de graisses correspondent, en quantité, aux éléments des graisses d'où proviennent ces produits. SAPONIFICATION DES 6RAI88B8. 5^1 PREMIER TARLEAU. 9g5. Saponification de la graisu de mouton. COijv.. • o.So4 GraÎMe de mootOD fomée de. • ^Carb.. . 70*996 iHydr. • ii«700 rOsyg.. . 10,1 Sa ) ... 7,ooi i.i*i6a 96,500 9^«Soo À» 96*5 d'aeid. byd. aont fonnès. rOiTf.. . 4«o8o f feronéf • < Garb. . . 3,io6oa? • • • . 5ti (Uyd. • • 0,714 ( . • • . 0,1 B, 8,0 de glycérine iont feronéf. \ Garb. . . 3, 106 on ^ • • • . 5tao6 ,•0$ Eeo. . 4,S89 Eq iaisaot la tomme de ces produits et en les comparant aai élémaDts de la graisse naturelle » on a les résultats suivants : 4ml» OiTg^ac des acidea aert 7,001 ) • . « ^^ dolaglycérioc î.oBoJ •"•^« * • 9»^ + '*^ -boae de< acidea teca 74«S>S^ ^ ^^ • _^ ^^ d«Uglycérioe i,M>SS ^' ' ' ^^^ ^ ••^ •'rogèoedea acidea lecs ii,i6t> -- ^ ^ ..^ deUglycénoe 0,714) "''T* •• ««,700 -f» o^iyC 34a U^* ^9 CHAP. III. I DEUXIËMB TABLEAU. 996. Saponification de la graU$e de porc. X Graiuo de porc formée de. . . • < Garb. . . 79*008 ^»^ de.. . • . . ...4.6 + 0.0,; 109,53 1 100,000 344 LIV. V, CHAP. III. Résultats et conséquences. 998. i^ Onne retrouve pas dans les produits de la saponification tout le carbone des graisses naturelles. Les différences sont, pour la graisse de mouton^ de 0,976 de partie; pour la graisse de porc, de 1 , 1 5 1 ; et pour la graisse d'homme, de 0962a. Ce résultat peut être attribué à deux causes; !"* à Timperfection de mes analyses; a* aux pertes que j'ai faites en graisses acides et en glycé- rine dans les expériences que j'ai faites pour dé- terminer la proportion des produits de la sapo- nification (984)* Mais 9 d'après le degré de préci- sion de mes analyses, et ce que j'ai dit (986)» je crois que la seconde cause a plus d'influence que la première. 2"" Ily a eu de l'eau fixée et dans les acides hy^ dratés et dans la glycérine. Mais l'eau qui constitue les acides à l'état d'hy- drate pouvant s'être unie à ces acides au moment où ils ont été séparés de la potasse , et non pas pendant la saponification , je ferai abstraction de cette quantité d'eau , comme pouvant n'être pas essentielle à l'acte même de la saponification , afin de ne considérer que les acides à l'état anhydre. 3* Les 92,978 parties de graisse acide anhydre de mouton, les 92,400 parties de graisse acide an-- hydre de porc, et les 92,670 parties de graisse acide SAPONIFICATION DS8 GKAI88E8. 54S anhydre d'homme, eonîtennent moine d* oxygène et d'hydrogène que les loo partiee de graisu d'oà elteê proviennent \ Quoique je reconnaisse que , dans la détermi- nation de la proportion des produits de la sapo- nification, }*ai perdu une certaine quantité de ces produits (986), cependant ces pertes ne sont point assez grandes pour qu'on puisse leur attri- buer tout ce qui manque d'oxygène et d'hydro- gène aux graisses acides anhydres pour égaler les quantités d'oxygène et d'hydrogène des graisses naturelles; en conséquence « je n'hésite pas à conclure que de l'oxygène et de Vhydrogène des graiuee ont concouru avec du carbone de ces mêmes graissée à produire ta glycérine. Si l'on calcule pour les graisses acides anhydres de mouton et d'homme dans quel rapport se trou- vent l'oxygène et l'hydrogène qui leur manquent pour égaler les quantités d'oxygène et d'hydrogène de aoatoiiy dep<»rc« dVMiaie. Oiygène de la gniMe oatarelk. • 9,So4 • . 9,766 . . 9,584 ~^^— ^——•clde, • . . 7,001 • • 7,i4* • • 7»5i3 différence. • • a,5o3 . . t«6i4 • • *«o7i UydfOfèaedeUgreÎMeiiAtareUe. 11,709. .11,146. .11416 ->— ■ ■- ■ ecide, • . 1 1,161 • .10,845. . io,65o diflèreoce. . . o,5M . • o,Soi . • 0,766 346 LIT. V, GHAP. III. des graisses naturelles d'où elles proyiennent , on trouvé que Toxygène est insuffisant pour convertir tout rhydrogène en eau ; de sorte qu'il a dû pa$ser dans la glycérine une quantité d'oxygène et d*hy^ drogène^ représentée par de l'eau^de rhydrogène: résultat qui est d'accord avec l'analyse de la gly- cérine '. Si Ton fait le même calcul sur l'oxygène et l'hy- drogène qui manquent à la graisse acide anhydre de porc pour que les quantités de ces éléments égalent celles où ils sont dans la graisse naturelle, on trouve que Coxygène est à C hydrogène dans une proportion un peu plus forte que dans l'eau. Ce ré- sultat, qui n'est pas d'accord avec le précédent , me parait tenir aux erreurs des expériences \ 4* La glycérine d'une densité de i ,27 est formée et des éléments qui proviennent de la graisse et d'une quantité d^eau ou de ces éléments qui pro^ viennent du liquide alcalin oà s'opère la saponifica^ tion. ■ On a pour la graisse de moQtoQ » d'hcunine. Eaa 1,591 s,53o Hydrogène.. • . • • o#35o 0^507 * On a pour la graisse de porc 9 Kau »,957 Ofiygène o,oo3 8AP01IIFICATI0N DBS ORAI8SE8. 347 999* Ed définitiTe, dans la saponification la graisse se divise en deux portions très inégales. A, l'une , au moins égale aux -^ du poids de la graisse, est formée d'oxygène, de carbone et d'hy- drogène. Ces deux derniers sont entre eux dans un rapport peu différent de celui où ils se trouvent dans la graisse ; mais leur proportion relativement à l'oxygène est plus forte que dans cette dernière. B, l'autre portion, également formée d'oxygène, de carbone et d'hydrogène, fixe de l'eau pour con- stituer la glycérine d'une densité de 1,27. %%^<»^^%%^i^»^^%^«»^>%^ DEUXIÈME SECTION. ]>■ Là SAPONinCÀTIOll Dl LA CRTtHI. 1000* La cétine est formée de en poid«. ca vol. Oxygène 5,47B 1 Carbone 81,660 19,48 Hydrogène. . • . 13,862 3r>7<^ 1 00 1 • 1 00 parties de cétine traitées par l'eau de potasse ont donné r Actd. gras hyd. fus. à 45*. 60,96 là. anhydres. 58,735 Ethal 40,64 40,640 -III »■* • 101,60 9J>»3r5 22* 348 LIT. y 9 CHAP. III. 2"" O990 de partie d*un liquide syrupeux qui n'était nullement sucré et qui était formé d'une très petite quantité de matière organique colorée. 1009. Les acides gras hydratés ont donné à l'a* nalyse , eo poîdf. en toL Oxygène. . 11,688 . 100 . 7*^47 • • • • 1 Carbone. . 76,290 . 64197 • 46,5o7 .... 8,38 Hydrogène. 11,822 . 99,44 • 7,206 .... i5,g6 60,960 ioo3. Ces acides perdant, pour 100 parties, 3,65 parties d'eau, quand on les chauffe ayec le massicot, il s'ensuit qu'à l'état anhydre ils sont composés de en poidi. en vol. Oxygène. . 8,97 . 100 5,268 .... 1 Carbone. . 79,18 . 882,8 • 46>5o7 .... 11, 54 Hydrogène. ii,85 . i52,i . 6,960 .... 21,20 58,735 ioo4« L'éthal est formé de en poids. en vol. Oxygène. . . 6,2883 . • . 2,556 .... 1 Carbone. • . 79,7660 • . • 32,4 17 • • • • 16,60 Hydrogène. . 1 3,9452 . • . 5,667 •••• 35^54 40,640 1 oo5. La composition des acides gras et celle de réthal étant établies par l'analyse, et les poids de ces SAPONIFICATION DE LA CÉTINE. 3^9 deux matières obtenues d'un poids donné de ce- tine étant connus , examinons si ces déterminations s'accordent avec la composition de la cétine , et Toyons si on peut expliquer ce qui se passe dans la saponification de cette dernière* 1006. D'après les résultats précédents, il est visible , 1* Que le poids des matières obtenues de la cé- tine saponifiée excède celui delà cétine, lors même qu'on néglige les 0,90 de matière soluble dans l'eau ; 2* Que si Ton fait la somme des éléments des acides hydratés et de ceux de l'éthal , de létbal. 5,667 r*»*^* nifinlîoa 101,600 101,600 3* Que si l'on fait la somme des éléments des acides à l'état anhydre et de ceux de l'éthal , S 99,375 99,37s 35o Liv. y, CHAP. III. 4"* Que si Ton se rappelle que la sapooification se fait dans le vide sans dégagement de gaz , on admettra nécessairement qu'il y a fixation d'eau dans les produits de la saponification de la cétine. 5"* Que l'oxygène contenu dans les acides suppth $é8 anhydres, moins 0,209, est égal à celui de la cétine d'où ils proviennent. 6"* Que l'éthal est représenté par les éléments de l'eau, plus les éléments de l'hydrogène percarburé. 1 007. De ces faits tirons quelques conséquences pour nous représenter ce qui se passe dans la sapo- nification de la cétine. Dans cette opération , tout l* oxygène de la cétine fixe du carbone et de l'hydrogène dans le rapport oit ces àorps constituent des acides margarique et oléique, tandis que le reste de ces combustibles , dans la pro- portion des éléments de l'hydrogène percarburé, fixe de l'eau pour former l'éthal. Je fais abstraction de cette quantité de matière organique soluble , qui ne s'élève pas à 777 du poids de la cétine , parce que la production de cette matière me parait acci- dentelle plutôt qu'essentielle à l'opération. 1 008. Dans le tableau suivant je présente ce qui paraît se passer dans la saponification de la cétine, en admettant : 1 * Mon analyse de la cétine ; 2° Mon analyse des acides anhydres ; 3* Que tout l'oxygène de la cétine se retrouve dans les acides secs; SAPONIFICATION DE LA CÉTINB. 35l 4* Que 96,35 parties de ces acides fixent 3»65 parties d'eau pour détenir hydratés ; 5* Que réthal est représenté par 100 d'hydro- gène percarburé et 7,61 d'eau ; 6"* Qu'il ne se produit que de l'éthal et des acides gras fixes dans la saponification de la cétine. 352 LIV. IV, CHAP. III. TABLEAU. 1 009. Saponification de la cétine. Oiyg. 547* Aoêdes têcê conten. toat l'ozyg. de 100 de cet. ^ Garb. 48,36o .aS6 fOiyg. 5W Garb. 48,! Hydr. 7/ 6 1,074 qui filent 9,3 1 3 d'eao Jcidis hjfdr. oont. tout l'oijg. de 100 de cëtine . • . 63,387 Si 1*0Q soustrait le carbone et l'hydrogène des acides , du carbone et de l'hydrogène de la cétine, il reste j ^^^ 5)6^} quantités qui sont bien près de | ^'J^ l rapport des élé- ments de l'hydrogène percarburé. £n adoptant ce dernier rapport nous aurons pour le carbone et l'hydrogène qui fonnent l'éthal { ^^^- .' ! ! ! ! ! i ! .' ! iSl_ 58,7a5 aui fixent a,947 d'eau Éthtd proTenant de 100 de céttoe ii»^?^ 100 de cétine donnent donc Acidei hydratés 63,387 Étbal 411672 105,069 L*expérîence a donné Acidet hydratéa 60,060 Éthal 40,040 ' 101,600 Différence 3,459 La différence est due aux pertes des analyses , à la pro- duction de la matière soluble, et peut-être à un peu d*eau et d'acide carbonique produits par la réaction de l'oxygène atmospliérique. CONSIDÉRATIONS SDt LA CHOUCSTÉRINE. 3^3 TROISIÈME SECTION. COHSloiftATIOVS sut LA GAVSI QUI s'OPPOSI ▲ CI QUE L4 CBOLlSTiftllIB 81 SAPOHini. 1010. Deux choses concourent essentiellement à la saponification : l'influence d'un alcali , et la nature d'un corps gras tel que ses éléments puissent entrer dans la composition de nouvelles substances dont une au moins, possédant une grande affinité pour les alcalis, soit dans une proportion qui semble devoir être au moins la moitié du poidsdu corps gras. D'après cela, et la composition de la cholestérine', il est facile de concevoir pourquoi cette substance n*est pas saponifiable ; en effet, si l'on concentre tout l'oxygène sur i4 tolumes de carbone et 217 d'hydrogène pour constituer de l'acide stcarique , il restera 92,77 >^olumes de carbone et 36 volumes d'hydrogène. Or, comme ce reste est considé- rable, et que le carbone et l'hydrogène qui le constituent ne paraissent pas être dans un rapport * Elle est formée en volume Otygèo€ 1 Ctffbooe ^177 Hydrofène 65,o3 554 1^^* ^9 CHAP. III. convenable pour former ayec l'eau un composé quelconque , on voit pourquoi la cholestérine ne donne pas d'acide stéarique quand on l'expose au contact d'un alcali. LA 8AP. ULAT. A LA HAT. Mft BASES. 353 SECONDE PARTIE. DE LA 8AP0NIP1GAT10!! C0N8IDÉRÉB PAR RAPPORT ' AUX BASES 8AL1PIABLBS. CHAPITRE IV. DB l'action OB PLUSIBCR8 BASES SALIFIABLBS sot LA GBA1S8B DB POBC. 1011. La graisse qui a serri aux opérations sui* vantes atait toutes les propriétés que nous avons reconnues à la graisse de porc : un thermomètre qu'on y plongeait après Tavoir fondue à 4^** des- cendait à 39* j et remontait à 3i* quand on l'agitait § I**. Action de ta êoude sur la graisêe. 1012. a5' de graisse ont été saponifiés par i5' de soude à l'alcool. La saponification faite , on a décomposé le savon par l'acide hjdrochlorique : on a obtenu aS'^pS de graisse saponifiée. La graisse saponifiée, Tondue à So"*, se troublait beaucoup à 41*, mais elle restait fluide jusqu'à 39%37; elle se congelait alors par l'agitation , et le thermomètre montait à 39*960. Cette graisse ayant été traitée 23. 356 UT. T, CHAP. IV. SAPOMIFICATIOlf par Talcool a donné de l'acide margarique uni à de Tacide stéarique. i o 1 3. Pour analyser le savon de graisse de porc à base de soude , j'ai saponifié loo' de graisse par 6o* de soude à l'alcool dissous dans loo' d'eau; j'ai obtenu un savon assez dur , et une eau-mère qui contenait de la glycérine et un atome de principe colorant roux. ioi4* Le savon mis dans 26 litres d eau a été exposé à une température de 2^"" ; il s'est gonflé peu à peu et s'est converti en une gelée assez con- sistante qui était nacrée. J'ai fait chauffer les ma- tières jusqu'à faire bouillir l'eau ; tout a été dis- sous. Une matière gélatineuse demi -transparente s'est séparée de la liqueur par le refroidissement; elle ne s'est pas déposée au fond du vase, comme le fait la matière nacrée du savon de potasse. Au bout d'un mois, lorsqu'il m'a semblé qu'il ne se sé- parait plus de matière gélatineuse , j'ai versé la li- queur sur un filtre, après l'avoir mêlée avec de l'eau. La matière gélatineuse restée sur le papier s'est ré- duite par la dessiccation en pellicules d'un blanc jaunâtre , demi -transparentes , qui étaient for- mées de bistéarate et de bimargarate de soude mêlé d'une quantité notable de stéarate , de mar- garate et d'oléate de soude neutres. En les fai- sant redissoudre dans de l'eau de soude très éten- due et chaude, on a obtenu par le refroidissement du bistéarate et du bimargarate de soude nacrés z KELAT. A LA NAT. DES BASES, 357 •il est resté dans la liqueur de Toléate de soude. 101 5. La liqueur filtrée a été évaporée, puis étendue d'eau, et abandonnée à elle-même. Il s'est fait un nouveau dépôt qui ne différait du premier qu'en ce qu'il avait un aspect plus nacré : on a filtré , on a fait concentrer la liqueur ; on y a mis assez d'acide tartarique pour neutraliser la plus grande partie de l'alcali devenu libre par la sépa- ration du dépôt. On a abandonné la liqueur à elle- même pendant un mois environ ^ et on en a séparé un nouveau dépôt. Quand elle a cessé de se trou- bler on Ta décomposée par l'acide tartarique ; on a obtenu un acide oléique qui se congelait à 6* , et qui , conservé pendant plusieurs jours dans un petit flacon bouché , à la température de i o"* , dé- posait de l'acide margarique. 101 6. Il suit de ce& expériences que la soude saponifie la graisse de la même manière que la potasse, ou, en d'autres termes, qu'elle lui fait éprouver les mêmes changements de composition. § IL Saponification de ta graisse par la baryte. 1017. On a fait fondre parties égales de graisse et de baryte hydratée ; lorsque le mélange a été bien fait , on a ajouté six parties d'eau , et on a fait bouillir pendant douze heures : on remplaçait l'eau à mesure qu'elle se vaporisait. Enfin , lorsque la graisse a paru saponifiée, c'est-à-dire lorsqu'elle se durcissait quand on la mettait dans Teau froide , et 358 LIY. T, CHAP. lY. SAPONIFICATION qu'elle exigeait la température de l'eau bouillante pour être ductile , on l'a séparée du liquide aqueux. 1 o 1 8. On a fait passer dans ce liquide un courant de gaz acide carbonique pour en précipiter la ba- ryte libre qu'il contenait. On l'a filtré et on l'a fait évaporer : il a déposé un peu de carbonate de ba- ryte , qu'on en a séparé. Le résidu de l'évaporation était légèrement coloré en jaune ; il était alcalin au papier de tournesol rougi par un acide ; il avait une saveur amère et douceâtre qui m'a fait soup- çonner que la glycéfine qui pouvait s y trouver était combinée à la baryte. Ce résidu traité par l'alcool a cédé à ce liquide une combinaison de baryte et de glycérine qui a été décomposée par la quantité d'acide sulfurique strictement nécessaire pour pré- cipiter la baryte. La glycérine obtenue par ce moyen était presque incolore , et avait une saveur douce et très agréable. Quant à la partie du résidu insoluble dans l'alcool , c'était un mélange de la même combinaison et de sels qui existaient dans la baryte dont j'avais fait usage. Je pense que si l'on pouvait parfaitement dessécher la combinaison de glycérine et de baryte, elle serait insoluble dans l'alcool. i o 1 9. Le savon de baryte a été décomposé par l'a- cide hydrochlorique. La graisse qu'on en a obtenue se fondait entre le 39*,5 et le 4o*95 ; elle était jaune, cristallisait en aiguilles , était soluble en totalité dans moins de son poids d'alcool bouillant. La ML AT. A Là RAT. DBS BASES. 359 dissolution donnait par le refroidissement des cris- taux d'acides stéarique et margarique retenant de l'acide oléique. La graisse saponifiée se combinait Bfec la plus grande facilité à la potasse dissoute dans beaucoup d eau* 1 020. Il suit de ces faits que la graisse saponifiée par la baryte était absolument semblable à celle qui l'avait été par la potasse et la soude. § III. Saponification par ta sirontiane, 1 02 1 . Cette saponification présente les mêmes phénomènes et les mêmes résultats que la précé- dente : je n'en parlerai donc pas en particulier. S IV. Saponification par ta chaux* ioaa. On a saponifié de la graisse par sou poids d'hydrate de chaux délayé dans six parties d'eau ; la combinaison s'est faite avec assex de facilité. Le liquide aqueux a donné une glycérine presque in- colore » et quelques flocons Jaunes; la glycérine était combinée à la chaux. L'acide sulfurique, tersé dans le liquide aqueux concentré, en a dégagé une odeur de cassis qui n'atait rien d'acétique « ce qui prouve bien qu'il ne se produit pas d'acide acétique dans la saponification (967). ioa3. Le savon calcaire ayant été décomposé par l'acide hydrodilorique a donné une graisse 360 LIV. Y, CHAP. .IV. SAPONIFICATION blanche cristallisable en aiguilles , qui, ayant été fondue à 5o*, a commencé à se troubler assez abondamment à 4i* ; elle s'est figée à 39*, 37 : par l'agitation le thermomètre qui y était plongé est remonté à 39*,6o. Cette graisse ayant été traitée par Talcool , a donné des cristaux d'acides stéa- rique et margarique , et s'est comportée d'ailleurs comme la graisse saponifiée dont j'ai parlé plus haut. § y. Action de la magnésie sur la graisse de porc. ioâ4- Une pâte de graisse de porc et de magné- sie calcinée , faite à parties égales , abandonnée à l'air pendant deux ans , ne s'est pas convertie en savon , et , ce qui m'a paru remarquable , c'est que cettie graisse séparée de la magnésie n'était pas rance. Cela m'a conduit à rechercher à quel point l'emploi de la magnésie serait utile pour la conservation des corps gras et de quelques autres substances alimentaires; mais n'ayant pas encore terminé cette recherche, je ne puis en don- ner le résultat. 1 âo5. La magnésie hydratée, chauffée avec son poids de graisse fusible à 28*, au milieu de l'eau , s'y unit de manière à ne pouvoir en être séparée , lors même qu'on élève la température des matières à 100*. L'eau, après 24 heures d'ébuUition, ne cod- ' RELAT. A LA NAT. DES BASES. 36 1 tient pas sensiblement de glycérine en dissolution, et si on prend une portion de la matière solide , et qu'on en sépare la graisse au moyen de Tacide hydrochlorique, on voit que cette substance n'a éprouvé aucune altération sensible. Mais si l'on continue d'exposer la magnésie et la graisse à la chaleur pendant un temps suffisant , il arrive une époque où la saponification s'opère. Alors on trouve dans l'eau au sein de laquelle elle s'est faite une glycérine orangée qui a une saveur amère , parce qu'elle est unie à de l'acide oléique et à un principe colorant ; ces trois corps sont combinés à de la magnésie. En traitant le savon par l'acide hydro- chlorique 9 on sépare la matière grasse. Dans une expérience que j'ai faite, il n'y a eu que les o,36 du poids de la graisse saponifiés ; mais ayant séparé les 0,64 qui ne l'avaient point été, je suis parvenu , après deux traitements par la magnésie, à les sapo- nifier complètement. La graisse acidifiée provenant des trois traitements était fusible à 38* ; elle était dissoute par l'eau de potasse faible , et cette dis- solution après avoir été bouillie pendant cinq heures , décomposée par l'acide hydrochlorique , donnait une quantité de graisse dont le poids ne différait que de 0,02 de celui de la graisse qui avait été dissoute , et dont la fusibilité était de 38*. Cette substance était formée d'acides stéarique, marga- rique et oléique. 1026. Si, dans un premier travail , je a'ai.pas 36â LIY. ▼. CHA?. lY. SAPONIFICATION saponifié la graisse par la magnésie , cela tenait à ce que le traitement n'avait pas été suffisamment prolongé. Ayant opéré au milieu de l'air, j'ignore si celui-ci n'a pas exercé quelque influence. § YL Action de C ammoniaque sur la graisse de pore. Examen de la Uqaeur. Examen de la graisse. 1027. De la graisse de porc très divisée a été mise dans de l'eau qu'on a saturée ensuite d'ammonia- que; après i4 mois de contact, la graisse avait pris un aspect un peu nacré. Elle était en flocons. On a filtré. loaS. Cette liqueur n'étant pas transparente, a été filtrée jusqu'à ce qu'elle le fût devenue ; elle a été ensuite évaporée. Elle a laissé une matière jaune amère et légèrement astringente et acide , qui m'a paru formée de glycérine , diacide oléique, d'un principe cobrant orangé , et d'une trace d'un acide soluble dans l'eau. 1 029. Elle avait l'aspect nacré. Lorsqu'on y plonr geait un thermomètre après l'avoir fondue, on voyait qu'elle prenait de la consistance à 37*, mais qu'elle ne se solidifiait complètement qu'à 28\ En la trai- tant par deux fois son poids d'alcool à 0,8a 1, fil* trant la liqueur refroidie , puis faisant évaporer la dissolution, on obtenait une graisse jaunâtre, acide, représentant tt environ de la graisse soumise à l'ex* périenc£. Cette graisse était presque entièrement RELÂT. A LA NAT. DES BASES. 363 saponifiée , car Tayant reprise par l'alcool » on en a dissous la plus grande partie ; et cette partie ayant été dissoute dans la potasse, puis isolée, s'est trouvée n'avoir presque pas diminué de poids ni changé de fusibilité. io3o. Je conclus de cette expérience que l'am- moniaque dissoute dansl'eau ne saponifie la graisse à la température ordinaire qu'avec beaucoup de difficulté. § VU. Action de f alumine sur la graisse. io3i. J'ai réduit en poudre fine 1 5* d'alumine gé- latineuse qui avait été séchée au soleil ; je l'ai fait chaufier avec 1 5* de graisse exempte d'humidité. Les matières ont formé une espèce de pâte. Quand l'alumine a été parfaitement pénétrée de graisse, on y a ajouté de l'eau et on a fait bouillir pendant six heures ; le lendemain on a fait bouillir pendant trois heures : la graisse a paru se séparer entière- ment de l'alumine. On a fait bouillir de nouveau pendant trente heures : la graisse s'est séparée à la surface de la liqueur, et la plus grande partie de râlumine s'est déposée au fond de la capsule. On a décanté la liqueur, et on l'a fait évaporer ; elle a laissé des traces de sels alcalins provenant de l'alu- mine qui n'avait pas été complètement lavée, mai» elle n'a pas donné de glycérine. 1 o3a. La graisse ayant été fondue à 40'', s'est %ée 364 ^^' ^9 GHAPi lY. SAPONIFICATION à 3o*9 quoiqu'elle contint de Talumine. On Ta trai- tée, ainsi que l'alumine qui s'était déposée, par l'a- cide hydrochlorique ; on a obtenu une graisse qui était encore fluide à 29*, par conséquent l'alumine n'avait pas changé sensiblement la fusibilité de la graisse. La graisse a été traitée par quatre fois son poids d'alcool bouillant, il n'y en a eu que très peu de dissoute; le résidu était encore fluide à 28*. L'alcool a déposé des globules huileux par le re- froidissement. La liqueur , filtrée et évaporée , a laissé quelques gouttelettes d'huile jaune qui rou- gissaient légèrement le tournesol , sans avoir les caractères d'une graisse saponifiée ; car elle n'était qu'un peu plus soluble dans l'alcool bouillant que la graisse ordinaire , et ne se saponifiait pas mieux que celle-ci. io33. On peut conclure de ces faits que l'alu- mine ne saponifie pas la graisse de porc, au moins dans les circonstances où j'ai opéré. S yiIL Saponification par l'oxyde de zinc, \oil\. J'ai fait chauffer dans l'eau bouillante i5' de graisse avec 10^ d'oxyde de zinc préparé par la combustion; il en est résulté un savon presque fluide à la température de 1 00*. L'eau décantée de dessus le savon a laissé , après avoir été évaporée » un résidu roux, légèrement acide au papier de tour-- nesol, ayant une saveur douce, amère et astringente. RELAT. A LA NAT. DSS BASES. 365 J'ai cru qu'il contenait un sel de zinc : en consé- quence j'y ai recherché la présence des acides sulfu- rique, nitrique et hydrochlorique , mais je n'ai ob- tenu que des atomes d'acide acétique , et d'un prin- cipe qui avait l'odeur du cassis. J'ai pris une autre quantité du résidu , je l'ai délayée dans l'eau hy* drosulfurée ; il s'est séparé un peu de matière jaune huileuse et amère y ainsi que de l'hydrosulfate de zinc. L'eau évaporée a donné une glycérine dont la sayeur , quoique assez douce , était encore amère et désagréable. J'ai essayé de communiquer la même saveur à la glycérine pure en la faisant bouillir avec l'oxyde de zinc, mais je n'y ai pas réussi ; de sorte que je ne sais à quoi attribuer la saveur désagréable de la glycérine formée pendant la saponification de la graisse par l'oxyde de zinc. 1 o35. Pour séparer la graisse de tout l'oxyde de zinc qui y était uni , il a fallu faire bouillir le savon à plusieurs reprises avec l'acide hydrochlorique étendu d'eau. Après cette opération , la graisse était légèrement colorée en jaune ; fondue à 55*9 ^U^ ^^ troublait à 45*; à 39*95, elle était extrêmement trouble, mais elle ne se figeait complètement qu'à 35*. Elle paraissait soluble en toutes proportions dans l'alcool bouillant , et la liqueur déposait par le refroidissement des cristaux d'acides stéarique et margarique retenant de l'acide oléique. 10 36. La graisse saponifiée par l'oxyde de zinc, dans l'opération que je viens de décrire, différait un 366 LIT. T, CHAP. !▼. SAPOlflFICATIOIf peu par sa fusibilité de celle qui l'avait été par la po* tasse. J'ai fait une seconde expérience » dans la vue de déterminer si cette différence était accidentelle: la graisse saponifiée qui en est résultée fondue à 55* s'est troublée à 4o%5; à 39% 5 , elle était en grande partie figée , cependant elle était un peu molle; à 38'*,5, elle était solide. Il est évident, d'a- près cette dernière expérience, que l'oxyde de zinc saponifie la graisse de la même manière que les alcalis. S IX. Action de l'oxyde de cuivre sur ta graisne. 1037. Parties égales de graisse et d'oxyde de cui- vre brun ont été tenues dans l'eau bouillante pen- dant trente-six heures : l'eau filtrée ne contenait ni glycérine ni oxyde de cuivre; elle n'a laissé après avoir été évaporée qu'une trace de matière rousse, huileuse , amère et acide. La graisse qui s'était figée i la surface de la liqueur était d'un noir verdâtre» à cause d'un peu d'oxyde qu'elle retenait ; elle se fi- geait à 26'', après avoir été fondue à 4o*. Elle était peu soluble dans l'alcool bouillant ; cependaAt la dissolution rougissait très légèrement la teinture de tournesol. L'eau versée dans la liqueur rougie faisait reparaître la couleur bleue. Cette propriété appar- tenait à un peu de graisse qui avait été altérée par l'action de l'air et de la chaleur. Quant à l'oxyde de cuivre , il s'était déposé, pour la plus grande partie , RBLAT. A LA NAT. DES BASES. 367 au fond de la capsule où Ton avait opéré. La graissa traitée par l'acide hydrochlorique se fondait à ag* environ » et se comportait comme la graisse ordinaire. 1 o38. J'ai conclu de cette expérience que l'oxyde de cuivre brun ne saponifie pas la graisse. § X. Saponification par le ma$$icot. loSg. Parties égales de graisse et de massicot ont été mises dans l'eau bouillante. Au bout de dix heures, la saponification a paru complète : le mas- sicot avait perdu sa couleur jaune , il était devenu blanc ; la liqueur au milieu de laquelle la saponifia- cation s'était opérée était parfaitement incolore : elle a laissé 9 après avoir été concentrée 9 un sirop de glycérine qui n'était presque pas coloré , et quelques flocons fauves. Ce sirop n'était ni acide ni alcalin ; il a été mis dans une cloche de verre étroite avec de l'acide sulfurique qu'on venait d'étendre de son volume d'eau ; il ne s'est pas dégagé de traces sensibles d'acide acétique ; il s'est produit une odeur analogue à celle qu'on observe lorsqu'on distille avec un acide l'eau-mère d'un savon de soude ou de potasse , et en même temps il s'est déposé un atome de sulfate de plomb. io4o. Le savon de massicot a été mis en diges- tion à une douce chaleur avec de l'acide nitrique très étendu d'eau. La graisse qui s^est séparée a été 368 LIT. T, GHAP. IT. SAPONIFICATION, fondue à 5o* ; elle a coûiniencé à se troubler a 41^*9 et s'est figée entre 59*,5 et 39*,75. Elle in*a présenté toutes les propriétés d'une graisse qui a été saponifiée par les alcalis. Elle s'est unie à l'oxyde de plomb sans le concours de l'eau et avec une grande facilité : séparée de cet oxyde par l'a- cide nitrique , on lui a trouvé toutes les propriétés qu'elle manifestait avant d'y avoir été unie ; par conséquent elle avait éprouvé dans sa première union avec le massicot (loSg), tous les change* ments qu'elle était susceptible de recevoir de l'ac- tion de cette base. Résumé du chapitre iv. io4i- Il suit des expériences que je viens d'ex* poser : Que la soude , la baryte , la strontiane, la chaux, l'oxyde de zinc , l'oxyde de plomb jaune, convertis-* sent la graisse de porc en acides stéarique, mar- garique et oléique , et en glycérine 9 absolument comme le fait la potasse. Que les produits de la saponification, quelle que soit la base qui l'ait opérée , sont entre eux dans la même proportion ; car, dans toutes les saponifica- tions, la graisse cède à l'eau la même quantité de matière , et la graisse saponifiée a toujours la même fusibilité. 1 042. Puisque la baryte , la strontiane, la chaux, l'oxyde de zinc et l'oxyde de plomb jaune forment RELAT. A LA NAT. DIS BASES» 36q arec les acides stéarique, marçarique et oléique des combinaisons insolubles dans Teau, il s'ensuit que Taction de ce liquide » comme dissolvant du saron » n'est pas nécessaire pour que la saponification ait lieu. Il est remarquable que les oxydes de zinc et de plomb, qui sont insolubles dans l'eau et qui don- nent naissance à des composés qui y sont égale- ment insolubles , produisent les mêmes résultats que la potasse et la soude : cela prouve qu'ils ont une puissance alcaline très forte. 1 043. L'opération de la saponification ainsi gé- néralisée fait voir que la préparation des emplâtres par la litharge est une véritable saponification. L'oxyde de plomb ayant sur la graisse la même ac- tion que la potasse et la soude , il s'ensuit qu'à la rigueur on pourrait faire ded emplâtres avec la graisse saponifiée extraite d'un savon alcalin ; mais avant de le faire 9 on devrait rechercher si dans l'emplâtre qu'on voudrait imiter, il n'y aurait pas une proportion de graisse non acide, afin que s'il y en avait réellement, on ajoutât cette proportion de graisse non acide à la graisse saponifiée avant d'unir celle-ci à la litharge. io44* Il est remarquable que la magnésie, dont les analogies avec les alcalis proprement dits sont d'ailleurs si frappantes, ne puisse convertir la graisse en savon qu'avec beaucoup plus de diffi-- cultes que les oxydes de plomb et de zinc, qui sont généralement regardés comme moins alcalins que 34 070 UT. T, CHAP. XT. SAPONinCAnOR cette base salifiable. Mais si cette dernière ne sa- ponifie la graisse qu'avec beaucoup de lenteur, elle présente, ayant d'effectuer la saponification, le phé- nomène d'une base qui contracte avec un corps gras non acide une union telle 9 que l'espèce de composé qui en résulte est homogène et que la graisse ne peut en être isolée lorsqu'on l'expose dans l'eau bouUlante , quoique dans cette cir- constance deux causes tendent à séparer les sub- stances, 1* leur différence de densité, 2* la fa- culté qu'a la magnésie à l'état de pureté d'imbiber l'eau : on se rappelle sans doute que la graisse se sépare de l'alumine, quand on met le mélange de ces corps dans l'eau bouillante (io3i). 1045. On voit par ce qui précède que les bases salifiables ont trois manières de se comporter avec la graisse. 1* Elles convertissent cette substance en glycé- rine et en acides stéarique, margarîque et oléique ; telles sont la potasse, la soude, la baryte, lastron- tiane, la chaux , les oxydes de plomb et de zinc , la magnésie et l'ammoniaque : ces deux dernières n'a- gissent qu'à la longue. 2* Elles contractent une union, ou plutôt une adhésion avec la graisse sans lui faire éprouTer aucune altération ; telle est la manière dont agit la magnésie avant qu'elle opère la saponification • 3* Elles ne contractent pas d'union sensible . c'est le cas des bases qui , ayant été préalablement ULAT. A LA 11 AT. DES BASES. 37 1 mélangées arec la graisse j s'en séparent lorsqu'on met le mélange dans l'eau bouillante. io46. Je pense que dans plusieurs circonstances les alcalis solubles peuvent exercer sur les corps gras non acides une action qui ne va pas jusqu'à les dénaturer, soit que le contact ne soit pas assez pro- longé « soit que les alcalis soient affaiblis par une trop grande quantité d'eau. Il me semble que c'est par une aifinité de ce genre que les alcalis et les sous-carbonates alcalins solubles , enlèvent des taches produites par des graisses qui ne sont pas acides. io47* I^r^u'on s'occupera de classer les bases salifiables d'après llntensité de leurs propriétés al- calines , il faudra tenir compte de leur énergie sa- ponifiante, car cette faculté n'est essentiellement que la force alcaline. «4 J7^ UT- ▼» CUAP. ▼. DS LA SAPONIFICATION 1 -l'ai ->'>'> l'ail i'>nTii'i'l'>i">iii*i'>nTtiitr>iTim-ii-Mi-ir%->r»r>vi^iir>-t-»i-»i-lli->i'>f>i-l-»»->->(iiii-inn t CHAPITRE V. DE LA QUANTITÉ DE GRA1S8B QU'UN POIDS DONNÉ DE POTASSE PEUT SAPONIFIER. expcriencCi 1048. Pour rendre moins incomplètes les expé- riences relatives à l'action des bases salifiables sur la graisse , il restait à reconnaître quelle est la quantité de graisse qu'un poids donné d'alcali peut saponifier. Pramîère 1 o49' 20^ de graissc de porc » qui se seraient réduits par une saponification parfaite à igSiiS d'acides gras hydratés , ont été tenus pendant cin- quante heures au moins a?ec de l'eau bouillante , dans laquelle il y avait 3'y3i5 de potasse pure; conséqueminent la graisse saponifiée qui pouvait se produire était à l'alcali dans le rapport de loo à i8. On a obtenu une masse gélatineuse demi-trans- parente 9 parfaitement homogène , entièrement so- lubie dans l'alcool bouillant : cette solution ne * rougissait pas le tournesol ; elle se prenait en gelée par le refroidissement. La masse savonneuse était pareillement soluble en totalité dans l'eau bouil-> lante^ls^ solution n'était que très légèrement opa-- ULAT. A LA PROP. D£ LA BASE QUI l'opÂRB. 573 Une; concentrée elle se prenait en gelée par le refroidissement ; étendue d'eau » elle déposait beaucoup de matière nacrée. ]o5o. Il suit évidemment de cette expérience que Ton peut saponifier un poids donné de graisse en n'employant que la quantité d'alcali nécessaire pour neutraliser les acides stéarique, margarique et oléique que cette graisse peut donner. Un léger excès d'alcali est nécessaire toutes les fois qu'on veut obtenir un savon aussi dur que possible ; car l'eau non alcalisée agit sur le savon comme dissol- vant 9 tandis qu'elle ne peut le dissoudre si elle contient une certaine proportion d'alcali. Le sel marin agit à la manière de la potasse; mais je ne pense pas que son action sur l'eau soit assez forte pour enlever autant de ce liquide au savon que le font la potasse et son sous-carbonate. io5i. J'ai fait bouillir pendant plus de soixante neuiième heures 20* de graisse dans une eau qui contenait 1^,657 de potasse pure : par conséquent la graisse saponifiée qui pouvait être produite était à la po- tasse réelle :: 100:9. On ne remplaçait l'eau qui se vaporisait que quand la matière était presque à siccité* On a obtenu une masse homogène qui avait les propriétés suivantes : elle était presque entière- ment soluble dans l'alcool bouillant ; la solution n'avait aucune action sur le tournesol ; elle se trou- blait abondamment parle refroidissement* On l'a fait bouillir dans 5 décilitres d'eau ; il s'est séparé une expérience. 374 UV. y, CHAP. V. DE* LA SAPOlfiriGATION matière grasse fluide à la surface de la liqueur. On a jeté les matières sur un filtre ; le liquide filtré a été concentré : il tenait , i* de la glycérine ; a' un vé- ritable savon alcalin , qui a déposé de la matière nacrée, formée de bistéarate et de bimai^arate de potasse. Examen de io5a. Cette matière était blanche : elle a été la matière restée lur le bouilHc daus 3 décilitres d'eau ; il s'est fait une émulsion épaisse, et une matière grasse blanche, en partie fluide , s'est rassemblée à la surface de la liqueur. ^.Matière io53. Elle uc tachait pas le papier aussi facile- anche, mcut que la graisse^ordinaire. L'ayant traitée par l'alcool , je me suis convaincu qu'elle était formée de graisse non altérée, d'une petite quantité de bistéarate , de bimargarate et de sur-K>léate de po- tasse , il y avait en outre une trace d'un principe verdâtre. B. Emaiaion 1 o54* EUc a été jetée sur un filtre ; la liqueur fil- trée était légèrement laiteuse , et contenait un peu de savon alcalin ; la matière restée sur le filtre était blanche, opaque ; chauffée dans une capsule, elle a perdu de l'eau, s'est fondue en un liquide oléagi- neux , jaune et transparent ; dans cet état elle a été traitée , à plusieurs reprises , par l'alcool bouillant. Après cinq ou six lavages , il est resté une matière peu soluble dans l'alcool , qui avait les propriétés principales de la graisse non saponifiée. J'ai obtenu du premier lavage refroidi un dépôt pulvérulent vpaiiie. RBLAT. A LA PBOP. DE LA BA8B QUI l'OPÈRE. 37$ de nature grasse : il était moins fusible que la graisse , cristallisait en aiguilles , n'était pas très so* lubie dans l'alcool , ne rougissait pas le tournesol. Je ne sais à quel corps rapporter cette substance ^ l'analyse immédiate de la graisse pure et celle de la graisse saponifiée ne m'ayant jamais rien offert d'analogue. Le premier lavage fdtré a été réuni aux autres lavages. Ceux-ci ont donné, par la concen- tration et le refroidissement 9 une quantité notable de bistéarate et de bimargarate de potasse. Ils rete- naient en dissolution, i* une graisse fusible à 26* en- viron , qui paraissait avoir été saponifiée , car elle rougissait fortement le tournesol , et était très so- luble dans l'alcool : elle ne laissait qu'une quan- tité très petite de potasse par l'incinération ; a* un peu de savon alcalin soluble dans l'eau; 3* des atomes de graisse non altérée ; 4"* des atomes de bistéarate et de bimai^arate de potasse. io55. 11 est évident que dans l'expérience précé- dente la potasse n'avait saponifié que la quantité de graisse qu'elle peut convertir en savon neutre ; car il est vraisemblable que les sur-savons trouvés dans la matière insoluble dans l'eau , s'étaient séparés du savon par l'action de ce liquide sur le savon neu- tre. La seconde expérience m'a mis à même d'observer que la graisse non saponifiée peut for- mer, avec du sur-savon et du savon alcalin , sinon un composé chimique , au moins un mélange très intime qui forme une émulsion avec l'eau , et qui 576 LIV. ▼, CHAP. T. SAPONIFICATION n'a pas la propriété de tacher les étoffes. C'est une émulsion de ce genre qui se produit dans les dé* graissages où les corps gras qu'on sépare des étoffes ne sont pas saponifiés. OPiUX PAft LES CAIB. 0E POTA88S. 377 CHAPITRE VL lA SPAOKinCATIOn PBUT-BLLB ftTlB OPitiB PAl LES CARBONATBS DS POTASSE BT PAB LE 80U8-CABBO- HATE D'AMMOIflAQtE ? io56. AprèB avoir considéré la saponification par rapport à la nature des bases salifiables et à la quantité de graisse qu un poids donné d'alcali peut saponifier , il est intéressant de déterminer si la force alcaline balancée par une force acide faible, telle que celle de Tacide carbonique , conscnre en- core asset d'énergie pour développer la force acide dans la graisse soumise à son contact. 3 l*** Action du carbonate de poîaeee $ur la graUu de porc. 1 057. On a pris 3o* de graisse de porc fusible i 27*; on les a fait digérer et bouillir dans une eau qui contenait 60* de carbonate cristallisé : la plus grande partie de la graisse a été saponifiée ; le savon a été étendu dans une grande quantité d Vau cbaude; la graisse non saponifiée s'est rassemblée i la sur- face du liquide , où elle a été recueillie. On l'a trai- Première portioD. 378 UT. y, CHAP. TI. SAPONinCATION tée de nouveau avec 3o' de carbonate de potasse cristallisé ; à l'exception d'un gramme , elle a été saponifiée. On a séparé ce gramme, et enfin on l'a saponifié en le traitant avec 2* de carbonate. io58. Les dissolutions de savon ont été réunies; elles étaient limpides* On les a fait concentrer; il ne s'est pas manifesté de gouttes huileuses à la surface du liquide. A un certain degré de concentra- tion, le savon a été précipité de l'eau par l'action de l'alcali carbonate ; on a jeté les matières refroidies sur un filtre. Il est passé un liquide qui a fait une vive effervescence avec l'acide tartarique , qui n*a pas donné sensiblement de matière grasse, par conséquent tout le savon était resté sur le filtre. La liqueur saturée par l'acide tartarique a été éva* porée à siccité ; le résidu a cédé à l'alcool beau*» coup de glycérine; le savon a été enlevé de dessus le filtre. On l'a divisée en deux portions. 1 oSg. D'abord on en a séparé en la pressant entre des papiers jos^h tout ce qu'il était possible d'en séparer d'eau-mère par ce moyen. On l'a dissoute dans l'eau bouillante , puis on en a versé la solution dans un excès de nitrate de baryte. Le précipité , recueilli et séché, adonné à l'analyse de la graisse acidifiée fusible à 36*, et de la baryte. Il ne conte- nait pas de quantité notable d'acide carbonique ; te savon produit par ie carbonate de poUute ne diffère donc pas d'un savon ordinaires en conséquence dans l'opération que je viens de décrire , Vaeide OrtftÉB PAR LIS CARB. DB POTASSE. ^79 carbonique a été eha$$é de ta portion de pota$$€ (fui 9*e$t unie à la graisse acidifiée. 1060. Elle a été dissoute en totalité par l'eau DenxUme bouillante ; la dissolution abandonnée à elle- même a donné , i*" un dépôt nacré formé de bisiéa'- rate et de bimargarate de potasse ^ a* de Yoliate de potasse. io6i. Le carbonate de potasse bouilli dans l'eau se convertit en sous-carbonate , ainsi que je m'en suis assuré ; la saponification est donc déterminée par ce sel, et non par du carbonate, puisqu'elle a été opérée dans l'eau bouillante* Il est très pro- bable que c'est l'excès de potasse du sous-carbo- nate qui détermine la saponification , et qu'au mo- ment où celle-ci a lieu, l'acide carbonique, qui était uni à la portion d'alcali qui deyient base du savon, se retranche sur une portion de sans -carbonate pour produire du carbonate, si la température per* met à cette combinaison de se former; ou, si la température ne le permet pas , cet acide carboni- que se dégage à l'état gazeux. io6â. Ayant mis de la graisse de porc avec du sous-carbonate de potasse qui avait été préalable*' ment rougi dans un creuset de platine, puis dissous dans un peu d'eau bouillante, j'ai observé que la saponification se produisait, sans le contact de l'air^ dans une cloche qui reposait sur le mercure et qui était placée entre deux fourneaux allumés ; fai vu aussi qu'il n'y avait un dégagement d'acide car^ 38o UV. V, CHAP. VI. SAPONIFICATION bonique qu'après la formation d'une grande quan- tité de savon, et lorsque les matières étaient expo- sées à une température assez élevée pour décom- poser le carbonate de potasse ; et qu'en traitant de la graisse en excès par une forte solution de sous- carbonate de potasse , on obtenait à la longue de beaux cristaux de carbonate , lesquels étaient fa- ciles à séparer mécaniquement de la graisse non saponifiée et de la masse savonneuse. S II. Action du sous^carbonate d'ammoniaque $ur ta graisse de porc. io63. 35* de graisse de porc fusible à 27% incor- porés avec du sous-carbonate d'ammoniaque su- blimé , ont été introduits dans un flacon bouché avec du liège. La matière occupait le tiers de la capacité du vaisseau. Le flacon a été abandonné dans un endroit de mon laboratoire où le soleil ne donne jamais , et où la température varie de o à 18**. On a ouvert le flacon. La surface de la graisse était jaune dans quelques endroits. On a traité la matière avec des quantités d'eau dont la somaie pouvait équivaloir à deux litres. On a obtenu uue émulsion blanche dans laquelle on apercevait beau- coup de paillettes nacrées semblables à celles du bistéarate de potasse. to64* On à jeté sur un filtre j de l'émulsion ; le liquide filtré était très légèrement opalin.^ L*ayant OPiftiB PAR IX «OUfl-GARB. d'aMMON* 38 1 filtré de nouveau, on Ta obtenu parfaitement lim- pide. Dans cet état , il contenait, entre autres sub- stances , un peu d'huile acide en dissolution. Cette filtration étant extrêmement longue , on a mis les quatre autres cinquièmes de l'émulsion dans un yase de verre allongé que Ton a chauffé au bain- marie. L'émulsion s'est partagée en trois couches liquides. La couche inférieure aqueuse était presque limpide; les deux autres couches étaient oléagineu- ses : la plus légère était d'un jaune^ citrin , la plus dense était d'un jaune orangé* Après qu'elles se fu- rent figées , on a séparé la couche inférieure , on l'a filtrée , et on y a réuni ensuite le liquida filtré qui provenait du premier cinquième de l'émulsion. Je vais examiner ces liquides sous le nom de liquide aqueux; j'examinerai ensuite la partie grasse de l'émulsion, c'est-à-dire les deux couches supé- rieures de l'émulsion qui avait été chauffée. ARTICLE r'. Examen du liquide aqueux. 1 o65. Il était jaunâtre , très alcalin , il moussait pair l'agitation. L'acide hydrochlorique en déga- geait de l'acide carbonique, et le troublait très légèrement en en séparant un peu d'huile acide orangée. io66» L'ayant mis sur le feu, il y a eu un dé- 382 LIT. y, CBkV. VI. SAPONinCATION gageaient dé carbonate d'ammoniaque , et des gouttes d*huile acide orangée se sont manifestées à la surface du liquide. Après Tévaporation de l'eau, on a obtenu un réiidu iyrupeux qui pesait près de 2*. Il était orangé, acide ; sa saveur, d'abord légè- rement douceâtre, devenait ensuite très amère et piquante. Il était très soluble dans l'alcool; l'eau froide en dissolvait i*,6 d'une matière syrupeuse et séparait o',âO à'huile acide orangée. A, Hniie 1 067. Cette huile était encore liquide à S"" ; mais onmgée. ^^^ s'épaississait après avoir été exposée quelques jours à l'air. Elle était insoluble dans l'eau froide, et ne cédait à ce liquide bouillant que des traces de matière colorante. Elle était très soluble dans l'ai* cool : la solution rougissait la teinture de tourne- sol, et la liqueur rougie redevenait bleue par son mélange avec l'eau ; elle était soluble dans l'eau de potasse très faible ; la solution déposait de la matière nacrée et retenait de VoléaieeX une matière colorante orangée. "L'huile acide orangée était donc un composé A' acide oléique, à' acide margarique et d'un principe orangé. B. MatièK 1068. Elle était jaune, sa saveur, quoique amère, l'était moins que celle à\x réêidu eyrupetu: ; elle était sensiblement plus douce. Elle était formée de glycérine 9 d'acide oléique^ de principe orangé^ à' ammoniaque et d'eau, et , à ce qu'il m'a semblé , de traces d'un acide qui forme avec la baryte un sel soluble dans l'eau , et insoluble dans l'alcool. •yropenie. 0?ÉBÉE PAR LE SOUS-GARB. d'aMUON. 383 Voici les expériences qui m'oDt conduit à cette con- clusion. Ayant versé un peu d'acide sulfurique dans la matière syrupeuse , il s'en est séparé un peu d'à- cide oléique et de principe orangé ; on a filtré y on a fait bouillir la liqueur avec un excès d'eau de baryte; il s'est dégagé de Vammoniaque; il s'est précipité de Votéate et dix principe orangé uni à de ta baryte^ et un peu de sulfate et de sous-carbonate de baryte. La liqueur filtrée a été évaporée à siccité, et le ré- sidu a été traité par l'alcool; des flocons blancs ^ qui m'ont paru être un 9el de baryte, en ont été séparés. L'alcool filtré a été évaporé ; le résidu a été repris par l'eau. Au moyen de l'acide sulfuriqqe on a précipité de la liqueur, un peu de baryte et de principe orangé. )^a même liqueur évaporée ensuite a donné de la glycérine syrupeuse , peu colorée » dont la saveur n'était presque pas mêlée d'amer- tume; cette substance, traitée par l'acide nitrique, a produit beaucoup d'acide oxalique. 1 069. Je me suis assuré que Vacide oléique uni au principe colorant orangé était la cause de l'amer- tume de la glycérine en prenant de ce même acide coloré j le dissolvant dans l'alcool , et le mêlant ensuite à de la glycérine d'huile d'olive. En faisant évaporer la solution , on a obtenu un résidu syru- peux dont la saveur, d'abord douce, devenait ensuite très amèie et piquante, comme le résidu êyrupeux ( 1 066) ; et ce qu'il y a de remarquable , c'est que l'eau froide en séparait de l'acide oléi- 584 U^* ^9 CHAP. yi. SAPONIFICATION que coloré. La combinaison de l'acide olëique el du principe colorant n'a pas ou que très peu de saveur à l'état de pureté, probablement parce qu'elle est insoluble dans la salive. ARTICLE II. Examen de la partie grasse de Témabion. 1070. Cette matière faisait émulsion avec Teau, par la raison qu'une portion de sa masse était unie à l'ammoniaque. Elle paraissait se figer à Sg^» mais à plusieurs degrés au-dessous de cette température elle était encore molle. L'acide hydrochlorique» en en séparant l'ammoniaque, lui enlevait la pro- priété de faire émulsion avec l'eau; toute l'ac- tion de ce liquide se bornait à blanchir la surface de la matière. Elle ne présentait qu'une seule tou- che après avoir été fondue , laquelle commençait à se figera 43**» et conservait de la mollesse à quel- ques degrés au-dessous. Lorsqu'elle se figeait len- tement et sans agitation , elle ne présentait point à sa surface les inégalités que présente la graisse de porc. Elle avait la couleur orangée de l'adipo- cire molle. Elle était très acide au tournesol. 1071 .Le poids de cette matière, y compris celui de la portion de matière grasse restée sur le filtre » s'élevait à un peu plus de 3a' , quoiqu'il y en eût eu de perdu. 107a. 100 parties de matière grasse ont été trai- OPÉRÉE PAR LE SOUS-^CARBON. d'aMMON. 385 t^es par 760 parties d'alcool bouillant d'une den- sité de 0,835. On a laissé refroidir , puis on a dé- canté le liquide ainsi que la portion de matière grasse qui avait été dissoute et qui s'était précipitée par le refroidissement. Je vais examiner, A, la matière grasse dissoute dans l' alcool bouillant; B , la matière grasse indissoute dans l'alcool. A. Matière grasse dissoute dans l* alcool bouillant. 1 073. Séparée dé l'alcool, ellepesait 62,5 parties; elle était orangée , elle comm.ençait à se figer à 36'', mais elle n'était dure qu'à 28^ Elle avait tous les ca- ractères d'une graisse entièrement acidifiée, car elle rougissait fortement le tournesol; elle dégageait de l'eau quand on la chauffait avec le massicot, et elle formait avec la baryte un savon duquel l'alcool ne séparait pas sensiblement de matière grasse non acide. C'est ce que les expériences suivantes démontrent. 1074* Les 6a, 5 parties de cette matière ont été unies à l'hydrate de baryte. La masse savonneuse qui en est résultée a été soumise à l'action de l'al- cool chaud. 1 075. Cette matière n'était pas acide ; séparée de j. Matière l'alcool , elle commençait à se figer à 53«. Elle ""^«"e^r était d'un jaune orangé. L'acide hydrochlorique ^**'"^' en séparait de la baryte, et mettait en liberté 07,5 parties d'une graisse orangée acide , fusible 25 386 LIV. V, CHAP. VI. SAPONIFICATION à 35^ Cette graisse , neutralisée de nouveau par la baryte , et traitée ensuite par l'alcool légèrement chaud , se divisait en deux combinaisons ; lune soluble, dont la graisse acide pesait :2 8, 7 5 parties, était fusible à So""; l'autre indissoute, dont la graisse acide pesait 8,75 parties, et était fusible à 36*,5. Les deux graisses acides se dissolvaient complète- ment dans la potasse faible. ^ n. Matière 1076. Privéc de baryte , elle pesait a5 par- par Taicooi ties ; elle était fusible à 37*,5. Elle cristallisait par le refroidissement, comme la graisse de porc sa- ponifiée , en aiguilles entrelacées ; elle était pres- que blanche. 1077. Ce qui prouve maintenant que toutes ces graisses acides étaient complètement acidifiées, c'est qu'après les avoir réunies, on en a mis loo parties qui étaient fusibles à 33'',5 avec 70 parties de potasse dissoutes dans l'eau : on a tenu les matières sur le feu pendant huit heures , puis on a obtenu du savon décomposé par l'acide hydro- chlorique, 98 parties de graisse acide, fusible à 33*, et un liquide aqueux , qui , ayant été évaporé , a laissé un résidu auquel l'alcool n'a enlevé que 3 parties de matière soluble, lesquelles ne conte- naient pas sensiblement de glycérine , mais un peu de tartrate et d'oléate de potasse : l'acide de l'o- léate pesait 0,1 départie, ainsi qu'on s'en est con- vaincu en traitant ce résidu par l'acide acétique très faible, qui n'a pas dissous l'acide oléique. OPÉn^E PAK LE SOUS-CARBON. d'aHUON. ZSj B. Matière indissoute dans l'alcool bouillant (i 07a). 1 078. Elle pesait 37,5 parties ; elle était blanche, fusible à 5i**; mais au-dessous elle était encore molle. Elle était légèrement acide au tournesol. On Ta traitée par Teau de baiyte , puis par Talcool bouillant. 1079. Cette matière pesait â 5 parties; elle était jt. Matière fusible à 29* environ ; elle contenait 5 parties de r.icooi!^*'^ graisse acide , qu'on en a séparées en la traitant par l'acide hydrochlorique , puis par Falcool chaud. Celui-ci a retenu la graisse acide et a laissé dé- poser une graisse que l'on a obtenue parfaite- ment exempte d'acide après plusieurs dissolutions dans l'alcool. 1 080. Âpres avoir traité cette matière par l'acide b. Matièn- hydrochlorique pour en séparer la baryte , on a dans l'aicooi obtenu i2,5 parties de matière , à laquelle l'alcool a enlevé 1 partie de graisse acide. Quant à la graisse non-acide, elle a été réunie à la précé- dente et soumise ensuite à l'examen suivant. 1081. Cette matière était blanche; elle avait con- Matière serve l'odeur de la graisse de porc; elle était fu- sible à Si"" '. Quand elle se figeait lentement et sans agitation, elle présentait à sa surface les mêmes * Parce que dans le traitement alcoolique qu'on lui avait fait subir pour la purifier, on avait dissous proportionnelle- uieot plus d'oléine que de stéarine. 25. 388 Ur. ▼, CHAP. YI. SAPONIFICATION Inégalités que montre la graisse de porc ; elle ne-* tait pas plus soluble dans Talcool que cette graisse : la solution n'avait pas d'action sur le tournesol. Ayant traité a'^i de graisse non-acide par la po- tasse 9 on a obtenu 1^9954 d'acides oléique et mar- garique fusibles à 44*9 et une glycérine sirupeuse qui pesait o',â65. Celle-ci était presque incolore, sa saveur était très douce et sans amertume sensible. 1082. Je n'oserais assurer que l'action de l'oxy- gène atmosphérique n'eût pas exercé quelque in- fluence dans la saponification produite par le sous- carbonate d'ammoniaque. § III. Action des sotu^boraUê defOttuH et de soude sur la graine de porc. 1 o83. 3o^ de sous-borate de potasse sec ( qui préalablement avait été fondu, puis cristallisé) ont été exposés à la température de l'eau bouillante , avec de l'eau et 10' de graisse de porc , pendant cin- quante heures environ. On a séparé beaucoup de graisse qui n'avait point été altérée , et qui s'était figée à la surface de la liqueur pendant son refroi- dissement ; on en a séparé encore , par la con- centration ; enfin on a obtenu une liqueur pres- que limpide , qui , ayant été mêlée à l'acide farta- rique , a donné o',â environ d'une matière grasse acide, fusible à 34*" environ, légèrement jaune, qui était véritablement saponifiée, et qui, ayant OFiiiB FAR U S0C9-CA1101I. D*Alflf01l. SSg été redissoule par ud peu d eau dépotasse chaude, s'est réduite , par le refroidissement , en matière nacrée et en oléate de potasse. I o84* Le borax a donné le même résultat. 1 o85. Il suit de là que si les sous-borates de po- tasse et de soude peuvent opérer la saponification , ce n'est que très faiblement , parce que probable- ment l'acide borique, ne pouvant être ni précipité ni réduit en vapeur , s'oppose i l'énergie de la po- tasse et de la soude. LIVRE VI. RÉSUMlâ £T CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. 1 086. Je me propose deux objets dans ce livre : premièrement, celui de résumer les propriétés principales que les corps gras m'ont présentées ; en second lieu , celui d'établir plusieurs des rapports qui existent entre ces corps et ceux qui sont con- nus depuis long-temps. Ces rapports prouveront que de mes recherches découlent plusieurs consé- quences importantes pour la chimie générale et pour quelques arts. PREMIERE SECTION. ETAT DB LA S€IBlfCB SVB LBS G0BP8 6BAS AVAIIT l8l5. 1087. Avant mon travail, les corps gras n'étaient connus que par une grande inflammabilité , une a£Ginité pour Teau extrêmement faible , quand elle n'est pas absolument nulle ; en un mot ils n'étaient connus que par des propriétés tout-à-fait insuffi- santes pour les caractériser comme ordre de sub- stances, puisque ces propriétés se retrouvent au même degré ou à des degrés peu différents dans LIV. Yl. ETAT i>E LA SC. SUR LES CORPS GRAS. 5gi d'autres matières organiques. On savait en outre que plusieurs de ces corps produisent des sayon& ou des emplâtres , suivant qu'on les traite par la potasse et par la soude , ou bien par Toxyde de plomb; mais on ignorait ce qu'il y a de commun entre ces deux traitements, ainsi que les change-- ments que les bases saliûables déterminent dans la composition des corps gras soumis à leur action. 1088. La seule distinction établie parmi ces corps l'avait été d'après la considération de leur fusibilité plus ou moins grande (7). De là les groupes des huiles, des beurres, des graisses , des suifs, des cires. Dans l'origine , ces mots ne s'ap- pliquèrent qu'à une seule sorte de substance , ils furent véritablement spécifiques; mais à mesure que la civilisation amena de nouveaux besoins , que le commerce établit des communications entre des pays éloignés , le nombre des corps gras s'ac- crut, et l'on dut naturellement réunir les substan- ces analogues pour en former des genres à chacun desquels on imposa le nom de la substance le plus anciennement connue , auprès de laquelle on ran- geait celles qui lui ressemblaient : c'est ainsi que des noms spécifiques devinrent génériques. Lors- que les savants fixèrent leur attention sur les groupes dont je parle , ils s'aperçurent bientôt que chacun de ces groupes, particulièrement ceux des huiles, des beurres et des graisses, renfermaient un nombre si considérable de substances disr* SgS l'IV. VI. ÉTAT DE LA 8G. SUR LES CORPS GRAS. tiiictes par la fusibilité , l'odeur, la couleur, etc., qu'il paraissait illimité. Tel était l'état de la science au moment où je commençai à ro'occgper de l'é-» tude de ces corps. DEUXIÈME SECTION. YVES GKMiBALES SOB LÀ COXPOSITIOB IHHBDIATB DBS C0BP9 naAs. d«rrckÎM * ^^9' **^® premières découvertes, en faisant con- ""^Té"**"* naître les acides margarique et oléique , qui à tous les caractères que Ton attribue aux corps gras joi- gnent celui de l'acidité , ont contribué certainement à modifier les idées qu'on a^ait alors sur la com- position des acides organiques, que l'on considé- rait généralement comme des composés où il y avait un excès d'oxygène sur la quantité de cet élé- ment nécessaire pour former de l'eau avec l'hy- drogène contenu dans ces mêmes acides. Elles ont contribué aussi à généraliser l'idée de l'acidité , en établissant un groupe d'acides organiques avec un excès de matière combustible, qui semble être aux autres acides organiques ce que sont , dans le règne inorganique , les acides hydrosulfurique et hydro- tellurique aux acides oxygénés. L'acidité, une fois démontrée dans les acides margarique et oléique , a fourni un caractère extrêmement précieux pour partager les corps gras en deux ordres ; celui dea y vas GÉNÉRALES SUR LES CORPS GRAS. 3g5 corps gras acides , et celui des corps gras non acides ; et cette distinction a Tait entrevoir dès lors la pos- sibilité d'appliquer avec succès l'analyse chimique à des substances qui jusque là avaient été consi- dérées comme immédiatement simples , faute de moyens suffisants pour séparer les principes im- médiats qui les constituent. 1000. Dès que j'ai eu étudié les acides marga- DécooTerte * des stéarines rique et oléique» j ai recherché si les graisses ne etdei'oiéioe. seraient pas formées de deux espèces de principes immédiats non acides et différant l'un de l'autre par la fusibilité. C'est ce qui m'a conduit à décou- vrir les stéarines et l'oléine. Arrêtons-nous à ces résultats ; l'oléine est liquide à o , la stéarine de mouton est solide à 44"* 9 ^^ 1^ stéarine d'homme l'est encore à /^g""; ces trois substances peuvent s'unir ensemble en proportions indéfinies. D'après cela , on conçoit pourquoi les huiles 9 les beurres , les graisses, les suifs, dont elles constituent la totalité ou la presque totalité de la masse, peuvent différer en fusibilité , sans qu'on doive compter autant d'espèces différentes qu'il y a d'huiles, de beurres , de graisses , de suifs , qui diffèrent les uns des autres par leur degré de fusibilité. 1 00 1 • La connaissance de l 'oléine et des stéarines DécooTerte ^ des acides ne suffisait pas cependant pour expliquer toutes grasodo- les différences que présentent les corps gras dans la phocénîoe ^ composition desquels elles entrent; car plusieurs de rine , etc. ces corps, par exemple le beurre de vache, sont 394 ^^^' ^I* ^^^^ GÉiNÉKALES odorants et colorés» tandis que les stéarines &t roiéiue sont inodores ou presque inodores , et absolument incolores. Or, quand on examine des composés or- ganiques sous le rapport de leur composition immé- diate, on ne peut se flatter d'avoir atteint le butqu'on s'était proposé en entreprenant cet examen, qu'a- près être parvenu à expliquer les propriétés de ces composés, en démontrant ou qu'elles appartiennent à desprincipes immédiatsquiles manifestent au plus haut degré quand ils sont isolés , ou qu'elles appar- tiennent, non pas à un principe immédiat en parti- culier, mais àplusieurs qui sont combinés ensemble, dételle sorte que ces propriétés sont le résultat d'une combinaison, et non l'apanage d'un des principes immédiats de cette combinaison. Dans ce dernier cas, les propriétés que l'on considère, loin de se manifester avec plus d'intensité dans un des prin- cipes immédiats que l'on a isolés, s'évanouissent tout-à-fait; telles ne sont point les propriétés qu'ont certains corps gras d'être odorants et colorés. A mesure qu'on isole leur partie liquide de leur partie solide, on observe que l'odeur et la couleur se con- centrent dans leur partie liquide , et qu'en appli- quant l'alcool à cette dernière, on obtient un priu- cipe volatil et odorant, et un principe coloré qui est soluble dans l'eau. A la vérité les quantités de ces principes sont petites en comparaison de celles qui restent dans la partie grasse. On observe aussi que les corps gras colorés, exposés à la lumière « SUR LES CORPS GRAS. SqS à ]'actioQ du charbon, se décolorent sans que leur composition en paraisse altérée ; et , quand ils sont très odorants, en les traitant par un lait de magnésie» on obtient une quantité notable de principe odo- rant, combiné avec cet alcali': enfin en traitant rhuile de dauphin, et la partie liquide du beurre par Talcool froid, on réduit la première en oléine et en phocéninef et la seconde en oléine et en buiirine. 1 0Û2. La découverte des acides gras odorants est Considérj- ^ ^ ^ tion sur la très importante sous le rapport de la chimie et phucénioe, 11 11 1 '* butirioe , SOUS celui de la physiologie animale, puisqu on y et l'hircine. rattache de nombreuses considérations. En effet , il est remarquable de voir des composés comme la phocénine , la butirine , l'hircine , contenir des acides volatils, ou leurs éléments complètement neutralisés ; sous ce point de vue, ils ont beaucoup d'analogie avec leséthers, qui passent pour être for* mes d'acides et d'alcool. Dans ces deux ordres de substances il n'y a point d'acidité libre , mais l'é- quilibre des éléments est-^il troublé, soit par la force alcaline, soit par l'action de l'air, de la chaleur, l'acidité se manifeste ; ainsi la phocénine , la bu- tirine , qui, à l'état de pureté , sont inodores , ac- quièrent par leur exposition à l'air chaud l'odeur forte qui est propre à leurs acides. Dans cet état , * C'est au moins le résultat que j'ai obtenu en traitant de rhuile de dauphin et des beurres odorants par la magnésie^ 396 LIV. TI. TUBS GBNiRAUS elles rougissent le tournesol; et si on les traite par la magnésie , on obtient nn phocénate » un butirate de cette base. C'est la fixité de la phocénine et de la butirine , et le peu de matière odorante qui est mis en liberté à la fois , pendant l'exposition à l'air du beurre et de l'huile de dauphin , qui rend ces dernières substances susceptibles d'exhaler de l'o- deur pendant un temps assez long ; car s'il ne se développait pas de matière odorante à mesure qu'il s'en évapore , le beurre et l'huile de dauphin au- raient bientôt cessé d'être odorants par leur expo- sition à l'air , ainsi que cela arrive à cette sorte de beurre artificiel que l'on prépare en imprégnant l'axonge d'acide butirique (33o). 1 093. 11 n'est pas inutilede faire observer qu'a- vant mes recherches sur le beurre de vache et sur l'huile de dauphin , on n'avait aucune idée précise sur la nature des principes odorants de ces substan- ces y et que si on eût voulu la reconnaître par l'ex- périence , dans une atmosphère imprégnée de ces mêmes principes, on n'y serait pas parvenu, i cause de la rareté de leurs vapeurs. Si on considère main- tenant les émanations produites dans plusieurs cir- constances par des matières organiques qui rendent l'air auquel elles sont mêlées extrêmement nui- sible à l'économie animale , et qui jusqu'ici n^ont pu être examinées , à cause de la faible proportion où elles se trouvent dans l'atmosphère , il est per- mis d'espérer qu'un jour on saisira la matière de âUR LES CORPS GRAS. 397 Ces émanations dans les substances d'où elles s'ex- halent, de même que les odeurs du beurre » de rhuile de dauphin, ont été saisies dans ces sub- stances mêmes , en quantité suffisante pour qu'on ait pu en constater la nature. 1094. L'analyse chimique donne actuellement la raison des différences que présente le beurre de vache sous le rapport du degré de fusibilité et de l'odeur. Suivant qu'il contient plus ou moins de stéarine relativement à l'oléine et à la butirine , il est plus ou moins fusible ; suivant la proportion de la butirine, il a une odeur plus ou moins forte ; enfin, comme les acides odorants ne sont pas l'un à l'autre dans des proportions constantes , la na- ture de l'odeur est différente; ainsi les beurres qui contiennent, relativement à l'acide butirique , plus d'acides caproique et caprique ont une odeur toute différente de ceux qui sont dans le cas con- traire. 1095. Le beurre de femme , d'après un examen assez léger que j'en ai fait, m'a paru contenir les mêmes principes immédiats que le beurre de vache. 1 096. Le beurre de chèvre contient des acides bu- tirique, caproique , hircique, et peut-être de l'acide caprique ( voyez la i** note )• Il est très vraisem- blable que l'odeur qui distingue le lait de la chèvre de celui de la vache provient de l'acide hircique. 1 097. L'analyse du beurre, telle que je l'aidonnée, 398 UV. VI. VUES GÉNÉRALES était nécessaire pour connaître les principes immé* diats des fromages du commerce ; car les odeurs si variées de ces matières sont principalement dues au développement des acides du beurre 9 et» quand la fermentation est prolongée 9 à l'altération de l'a- cide caprique ; c'est surtout à cette dernière cause qu'il faut rapporter l'odeur du fromage de Roque- fort ; et la preuve , c'est qu'un caprate humide , ou une solution d'acide caprique , qu'on abandonne dans un flacon qui contient de l'air , exhalent ab- solument la même odeur. Je ne prétends pas dire que toute l'odeur des fromages fermentes soit due aux acides du beurre : i*" parce que , dans la fer- mentation des substances organiques azotées , il se développe un acide qui a une odeur analogue à celle de l'acide butirique , et que les fromages con- tenant du caséum , on a toute raison de croire que cet acide se trouve dans les fromages fermentes ; 2"" parce qu'il est bien probable que la stéarine et l'oléine peuvent devenir rances , et contribuer par là à rendre les fromages odorants, en donnant naissance à des acides volatils, et à un principe aromatique non acide. 1098. Enfin l'odeur désagréable du cuir apprêté à l'huile de poisson est due à la décomposition de l'acide phocénique contenu dans cette huile ; car l'eau à laquelle on ajoute quelques gouttes d'acide phocénique prend à la longue la même odeur (377). SUR LES CORPS GRAS. 3gg 1 099. La phocénine répandue dans des propor- tions très diverses dans les huiles des dauphins , la butirine qui existe dans le lait des mammifères , doivent appeler l'attention des physiologistes rela- tivement aux régions où elles se trouvent. 1 1 00* La composition immédiate des huiles, des Dîitmction beurres , des graisses et des sui£s , ayant été établie confondi» par les observations précédentes, j'ai ensuite étudié d'adipocire. comparativement les trois corps que Ton s'était plu à confondre sous le nom d'adipocire^ malgré les grandes différences qu'ils présentent. La partie du gras des cadavres humains, à laquelle j'ai réservé le nom d'adipocire, est formée presque en tota- lité d'acides mai^arique et oléique , elle possède donc éminemment l'acidité ; en cela on ne sau- rait la confondre avec la cétine et la cholestérine , qui sont absolument sans action sur les réactifs colorés. D'un autre côté, la cétine se transforme par l'aùtion des alcalis en acide margarique, en acide oléique et en éthal ; elle se fond à 49'' 9 tandis que la cholestérine n'éprouve aucune altération de la part de la potasse, et qu'elle exige une tem- pérature de 1 37** pour se fondre. 1 101. i^'En définitive, la découverte d'un petit Résomé. nombre d'espèces de corps gras susceptibles de s'unir ensemble en proportions indéfinies expli- que les différences de fusibilité, d'odeur, de saveur, que présente ce nombre prodigieux de suifs , de graisses , de beurres et d'huiles que nous rencon- 400 ' LIV. YI. VUES GÉNÉRALES troDs dans les êtres organisés , en même temps qu'elle ramène aux lois des compositions définies une classe entière de matières qui semblaient s'y soustraire. Il est évident que les stéarines, roléine^ la phocénine, la butirine » l'hircine, sont aux suifs ? aux graisses, aux beurres , aux huiles qu'elles con- stituent , ce que les métaux qui , comme l'étain et le plomb, Tétain et le cuivre, peuvent s'allier ensemble en proportions indéfinies, sont à leurs alliages. 2"" Les espèces de corps gras que j'ai éta- blies forment dans la chimie organique une classe nouvelle de substances qui présentent des groupes très distincts les uns des autres ; ainsi il j a des corps gras acidesetdes corps gras qui ne le sont pas. Par* mi les premiers, on trouve en premier lieu les acides stéarique, tnargarique et oléique, qui, relativement à la n^anière dont ils se conduisent au feu, corres* pondent à l'acide benzoîque ; en second lieu les acides odorants , qui correspondent à l'acide acé* tique. Parmi les corps gras non acides , il en est qui n'éprouvent aucune action de la part des al* calis , comme l'éthal , la cholestérine. Il en est d'autres qui, par l'action des mêmes corps, sont convertis en acides gras fixes , ou en acides gras volatils. SUB LES CORPS GRAS. /|0I TROISIEME SECTION. PKiPABATlON DES BSPàCBS DB C0BP9 GRAS. 1 1 02. En chimie végétale ou animale, un composé Le nombre organique est considéré comme une espèce de prin-- qu'oa em- cipe immédiat , brsqu*on ne peut en séparer plusieurs i^nàiyseor- sortes de matières sans en altérer évidemment la ?,è8^petit! nature (5). Mais les principes immédiats orga* niques étant presque toujours des composés ter- naires ou quaternaires , et leurs éléments ayant une disposition marquée à former des combinai- sons 'plus simples que celles qu'ils constituent actuellement , il est difficile de s'assurer si une substance organique qu'on examine doit être con- sidérée comme une espèce de principe immédiat , ou comme une réunion de plusieurs espèces. En effet les moyens énergiques , si propres à dévoiler la nature des matières inorganiques , sont exclus de l'analyse organique immédiate ; et s'il est né- cessaire de soumettre cette substance organique à l'action de corps susceptibles de s'y combiner, afin de savoir si dans les combinaisons qu'elle pro- duit elle agit en conservant toutes les propriétés qu'elle avait avant la combinaison , il faut que ces corps ne puissent changer l'équilibre des élé- ments qui la ferment. Cette condition limite 26 402 UV. Vr* PRÉPARATION extrêmement le nombre des réactifs qu'on peut employer ; les acides et les alcalis n étant sus- ceptibles de l'être que quand ils sont étendus d eau 9 et leur usage étant encore presque toujours borné au cas où Ton agit sur des principes immé- diats doués de l'alcalinité ou de Tacidité , il ne reste guère à la disposition du chimiste que Tac- lion du froid ou plutôt celle de la force de solidité des substances exposées à des températures plus ou moins basses , et l'action dissolvante de l'eau , de l'alcool et de l'éther. C'est à lui à tirer le meil- leur parti de ces moyens d'analyse , en variant les circonstances où il place les corps qu'il cherche à décomposer. iio3. Ces considérations étaient nécessaires, 1* pour donner une idée juste de la manière dont j'applique les dissolvants aux matières organiques* soit pour les réduire en plusieurs principes immé- diats , soit pour savoir si une substance organique doit être considérée comme une espèce pure ou comme une réunion de plusieurs espèces , a"" pour faire sentir toute l'importance que mérite le mode ^d'opérer que je propose, ce qui peut être exprime en principe de la manière suivante : MftoièK 1 1 o4 • Onprend un poids diiermini d*unê sabsiana dont j'appli- . . que le» dis- oTganique A qui exige i oo partieê d'un liquide B matièrps pouT être dissouM. On met ce poids avec i o parties i^ liquide B. Lorsqu'onjuge que la solution est saiurii, on la décante, et on verse sur le résidu lo parties dt DES ESPÈCES DIS CORPS GRAS. 4^^ B. On obtient une seconde ioluiion , qu'on décante comme la première. On continue d* opérer ainsi Ju9^ qu'à ce que la substance A soit entièrement dissoute^ % ou jusquà ce qu'elle cesse de céder quelque chose au liquide B* Enfin ^ on traite la substance A de la mime ma- nière par des liquides C , D , E , etc. 1 1 o5. Il peut se présenter deux cas : iio6. La substance >^ ne sera pas dissoute en Premier oh. totalité , ou , si elle Test , toutes les solutions qu'elle aura données successiTement ne seront pas identi- ques ; elles diflfèreront par la proportion de la ma- tière dissoute, par la couleur , par l'odeur, etc. Dans ce cas la substance j^ ne sera pas une espèce pure ; il faudra chercher à en séparer les principes immédiats en soumettant le résidu des dissolutions partielles évaporées aux mêmes traitements que la substance ^ elle-même. 1107. Toutes les solutions que la substance ^ Second ca«i. aura fournies avec un même liquide seront identi- ques. Dès lors elle se sera comportée comme une espèce , et la probabilité qu'où aura pour la con* sidérer comme telle sera d'autant plus grande que la substance aura été soumise à l'action d'un plus grand nombre de dissolvants, et i Taction d'un même dissolvant dans un plus grand nombre de circonstances variées. 1 1 o8. On voit donc que> dans la chimie organi- que,pour établir l'existenced'un principe immédiat 26. 4o4 l'I^- ▼!• PRÉPARATION comme espèce , on suit la même marche que dans la.chimie inorganique lorsqu'on établit qu'un corps doit être considéré comme simple. Il est érident que , dans les deux cas , la conclusion à laquelle on est conduit est celle de l'expérience , et qu'on ne la considère pas comme absolue , mais bien comme re- lative aux moyens employés. Toute la dijGTérence qu'il j ait, c'est que, dans l'analyse inorganique, les cir- constances où les corps peuvent être placés sont beaucoup plus Tariées; et que, non seulement on est maître de faire agir la chaleur et l'électricité avec toute l'énergie qu'on leur connaît pour disso- cier les éléments de la matière , mais qu'avec leur action on peut encore faire concourir celle des af- finités les plus fortes , telle que les affinités d'un comburent, d'un combustible, d'un acide et d'un alcali , au lieu que dans l'analyse organique on ne fait guère agir que des dissolvants neutres i des températures peu élevées. 1 109* La méthode que j'ai suivie est applicable à l'essai des principes jmmédiats qui ne sont ni acides ni alcalins , ainsi qu'à l'essai de ceux qui sont doués de l'une ou l'autre de ces propriétés* Les essais qu'pn fait sur les principes immédiats acides ou alcalins sont plus multipliés que ceux qui peuvent être tentés sur les principes immédiats neutres, par la raison qu'en unissant une matière organique successivement à plusieurs bases si elle est acide , ou successivement à plusieurs acides si DES ESPiCES DE CORPS GRAS. 4^^ elle est alcaline, on multiplie ainsi les circon- stances dans lesquelles on peut faire agir un même dissolvant sur une même matière. Enfin la méthode est applicable au cas où Ton fait agir les dissolvants dans mon digesteur distillatoire. 1110. Puisqu'il est aussi impossible de s'assurer qu'une substance organique est une espèce , qu'il Test de s'assurer qu'un corps que nous appelons simple est réellement un élément, et cependant comme la chimie organique approchera d'autant plus de la perfection , que nous aurons plus de raisons de croire que les principes immédiats qui passent pour des espèces , en sont yéritablement , il est utile d'exposer ici les propriétés d'après les- quelles on distingue les principes immédiats en espèces, et de discuter la valeur de ces propriétés comme caractères distinctifs. 1111. Toutes les propriétés dont je veux parler peuvent composer quatre ordres de caractères : 1* La composition; a* Le$ projniités physiques; S"" Les propriétés chimùiues , qu'on observe tant que les substances n'éprouvent pas d^altération , qu'elles agissent par attraction résultante. 4* Les propriétés chimiques^ qu'on observe lorsque les substances éprouvent une altération quelconque , soit dans la proportion de leurs éléments , soit dans .l'arrangement de leurs atomesou de leurs particules. ma. Des compositions différentes établies d'à- Composition .|06 UV. VI. PREPARATION près la nature des éléments, ou d'après la propor« tion des mêmes éléments, sufiiseatpour faire dis- tinguer des principes immédiats ; mais ce carac- tère ne suffit plus dans le cas où deux substances ont donné à peu près les mêmes résultats à Tana- lyse , et dans le cas où des substances auraient la même composition avec des propriétés dififérentes ; car les mêmes éléments , unis dans la même pro- portion , peuvent produire des composés di£Féients, si leurs atomes ou leurs particules sont suscep- tibles de prendre des arrangements différents. H n'est pas superflu de faire remarquer que le carac- tère tiré de la composition n'aurait pas de valeur si on avait négligé de faire les essais dont il a été question plus haut ( 1 1 o4)« Propriétés m 3. Ces deux ordres de propriétés distinguent propriétés très bien les principes immédiats qui en présentent qiî'on^ob. de différentes ; mais il est des substances qui , quoU q'iiries sab- quc distinctcs l'une de l'autre , n'offrent à notre ob- ^l^"^^ servation qu'un si petit nombre des propriétés dont ^^*' je parle , et nous les présentent si rapprochées les unes des autres , qu'elles ne suffisent point pour caractériser ces substances » et ce qui accroît en- core la difficulté qu'on éprouve à en définir les es- pèces 9 c'est une ressemblance de composition • Propriétés inA. LorsQUC Ics trois premiers ordres de pro- fiumiques ^ ^ x r qu'on ob- priétés sont insuffisants pour distinguer des sub- icrvc lorsque "^ i iissubstan. stauccs cu espèces , il ne reste plus que les carac- teres tires des changements de nature que ces sub« DBS B8PÂCES D£ CORPS GHAS. /(Oy stances sont susceptibles d'éprouver dans leur transformation en d'autres composés. C'est alors au chimiste d'observer ces transformations des principes immédiats qu'il compare dans la vue de savoir s'ils sont identiques ou différents ; c'est à lui de voir si les nouveaux produits sont ou ne sont pas de la même nature. Dans le premier cas, il doit rechercher s'ils sont dans la même propor- tion; car des espèces différentes peuvent don- ner lieu aux mêmes produits. C'est ainsi que se comportent le sucre , le ligneux , lorsqu'on les distille ou qu'on les traite par racide nitrique. Enfin , dans le second cas , il doit étudier les pro- priétés des nouveaux produits et chercher surtout à voir si leur composition s'accorde avec celle des principes immédiats qui leur ont donné naissance. iii5. Les considérations générales dans les- quelles je viens d'entier devaient précéder le ré- sumé de mes procédés analytiques et l'exposé des raisons que j'ai eues pour établir comme espèces des principes immédiats préparés par ces mêmes procédés. 1 1 1 6. La préparation des acides stéarique et mar- piéparation garique est fondée sur ce que les stéarates, les mar- ^*^ni ^^ garâtes de potasse , sont moins solubles dans l'al- cool que les oléates , et la séparation de l'acide ^ margarique d'avec le stéarique est fondée sur ce que ce dernier forme avec la potasse un sel moins soluble que ne Test le margarate de la même base. 4o8 UV. YI. PRÉPARATION Mais raffinité mutuelle de ces sels est assez grande, i^'pour que de Tacide Méarlque , formant , avec des acides margarique et oléique , un composé fusible à 55*, étant neutralisé par la potasse, puis traité par l'eau froide, soit réduit en potasse d'une part, et d'autre part en bistéarate, en bimargarate et en sur- oléate, qui ne sont pas dissous ; et cependant l'o* léate de potasse est déliquescent , et pour que sa dissolution se décompose spontanément, il faut qu'elle soit très étendue d'eau et exposée pendant un temps assez long à une basse température; 2* pour que Toléate de potasse , qui est très soluble dans Talcool, ne puisse être séparé, par un seul traitement alcoolique, du stéarate et du margarate de potasse , qui à froid sont très peu solubles dans le même liquide. 1 1 1 7. On a considéré les stéarates et les marga- rates de potasse comme purs , lorsqu'on les dissol- vant cinq fois de suite dans l'alcool bouillant , le précipité formé pendant le refroidissement conte- nait un acide dont la fusibilité était la même que celle de l'acide qui restait en dissolution dans Tal- cool refroidi. iii8. J'ai préparé Tacide oléique, en séparant par l'alcool froid l'oléate de potasse' du stéarate et du margarate de même base , puis décomposant l'oléate par l'acide tartarique, et exposant l'acide oléique à des températures de plus en plus basse^ pour en séparer les acides stéarique et margarique DES ESPiCES DB CORPS GRAS. 4^9 qui avaient été dissous par l'alcool avec Toléate. 1119. La séparation des acides volatils du beurre est fondée sur ce que les sels qu'ils forment avec la baryte sont inégalement solubles dans l'eau froide ; et ces sels , quoique très inégalement solubles à l'état isolé, ne laissent pas que d'avoir une affinité mutuelle assez forte. 1 120. Quoique j'aie soumis ces sels aux épreuves indiquées (i io4) 9 et que j'aie bien des raisons de croire qiie je les ai obtenus à l'état de pureté , ce- pendant, lorsqu'on aura l'occasion de soumettre les acides qui les constituent à. un nouvel examen, il sera utile de soumettre à de nouvelles épreuves d'autres sels que ceux que j'ai examinés. 1 1 â 1 • La préparation de la cétine et des stéa- Préparation * *" des corps rines est fondée sur ce que ces substances sont gras non acides* moins solubles dans l'alcool froid que les sub- stances qui les accompagnent , et sur ce qu'elles cristallisent dans des circonstances où les autres substances restent liquides. Mais comme celles-ci ne diffèrent point extrêmement de la cétine et des 'stéarines par leur solubilité, et qu'elles ont d'ail- leurs pour ces dernières une affinité qui n'est pas entièrement surmontée par la force de cristallisa- tion, il est bien probable que la cétine et les stéa- rines que j'ai préparées n'étaient point aussi pures qu'il sera possible un jour de les obtenir. 1 122. La préparation de l'oléine est fondée sur ce qu'elle est plus soluble dans l'alcool froid que les 4 10 UV. VI. PBEPAKATIOlf Stéarines , et sur sa plus grande fusibilité. C'est en soumettant à l'action de l'alcool et du froid les oléine qui sont unies à de fortes proportions de stéarines, et en soumettant seulement au froid les oléine qui ne sont unies qu'à de faibles propor- tions de stéarines, que je suis parvenu à analyseriez suifs , les graisses , les beurres et les bulles. Pour séparer entièrement les stéarines de l'oléine en ex- posant ces corps à des températures de plus en plus basses et en séparant chaque fois la matière qui se solidifie , ainsi que je l'ai fait, il faudrait qu'il y eût un moment où les stéarines , en se solidifiant avec de l'oléine , formassent une telle combinaison, que celle-ci n'^ût aucune affinité pour la portion d'o- léine qui reste liquide à la température où cette combinaison se fige , ce qui est peu vraisemblable , puisque la matière congelée retient de l'oléioe. D'après cette considération je pense que les oléiue que j'ai étudiées retenaient des stéarines. 1 1 23. La préparation de la butirine et de la pho- cénine est fondée sur ce que l'alcool froid à 0,822 dissout ces substances en toutes proportions, tandis qu'il ne dissout que très peu d'oléine ; mais l'affi- nité mutuelle de ces corps fait présumer que la butirine et la phocénine que j'ai préparées rete- naient de l'oléine. 1 1 24* La difficulté de sépai-er facilement les stéa- rines etl'oléine d'une graisse, asseï exactement pour en estimer les proportions respectives ^ oi 'a con- DES ESPÈCES J>E CORPS GEAS. 4 > ^ duit à penser qu'il serait utile, pour arriyèr à ce but , de déterminer les degrés de fusibilité de proportions connues de ces trois substances , ainsi que je Tai fait pour les acides margarique et oléique (aoâ). 1 1 !i5. J'ai décrit avec beaucoup de détails la manière de préparer les diverses espèces de corps gras, afin qu'on puisse avoir une idée juste de mes procédés, qull soit facile de les répéter, et qu'on sache bien sur quelle base repose la distinction de mes espèces. J'espère que ces détails rendront plus faciles les perfectionnements que mes mé- thodes d'analyse doivent indubitablement recevoir du temps. Si les arts et la physiologie sont suscep- tibles d'être éclairés par la chimie organique , ils le seront par le perfectionnement de ses procédés d'analyse. iia6. L'acide stéarique et l'acide oléique, tels Revae des , espèces d'a- que nous les avons étudiés, pouvaient retenir, le cidés stéari- premier de l'acide oléique, le second de l'acide ^%e. stéarique; malgré cela, comme espèces, ils sont bien caractérisés. i;* Quoique leur composition soit assez analo- gue quant à la nature et à la proportion des élé- ments , cependant l'acide stéarique contient , pro- portionnellement au carbone , plus d'hydrogène que l'acide oléique. a"* Ils diffèrent beaucoup par le degré de fusi-» bilité : l'oléique est encore fluide au-dessous de o^ le stéarique ne se liquéfie qu'à 70'. 4l2 LIV. iu PRÉPARATION 3* Si Ton ne remarque pas de di£Eérence sensible entre leur capacité de saturation , parce qu'ils con- tiennent à très peu près la même quantité d'oxy- gène, et que le rapport de cet oxygène à l'oxygène des bases qu'ils neutralisent est le même dans les stéarates que dans les oléates , les grandes diffé- rences qu'on obsenre entre les combinaisons quHs font respectivement avec la potasse et la soude sont bien propres à les distinguer l'un de l'autre. 1 12'j. Si les propriétés que je viens de rappeler caractérisent les acides stéarique et oléique, il est évident que , si on parvient un |our à séparer du premier de Tacide oléique, et du second de l'acide stéarique, leurs différences deviendront encore plus frappantes. Acide 1 1 28. L'existence de l'acide margarique, comme marguiqae. 11 j espèce , n est point aussi bien établie que celle de? espèces précédentes , lorsqu'on réfléchit aux nom- breuses analogies de cet acide avec le stéarique; cependant je n*ai pu faire autrement que de l'en distinguer, puisque, i* il est plus fusible de 10°; a* en traitant par l'alcool le margarate de po- tasse , il m'a été impossible de réduire ce sel eu stéarate et en oléate ; 3' l'acide margarique con- tient plus d'oxygène que le stéarique et Toléique. Acides pho- 1 1 2Q. L'cxistcnce de ces acides , comme espèce^ ^otmqae. distinotcs, rcposc sur des propriétés si difierentef telles que la composition, la densité, l'odeur J^ Mubilîté dans l'eau, la capacité de saturation, It» DES GSP^.GES DE COApS GRAS. /^l5 propriétés des sels, qu'il est impossible de ne pas les admettre. Toutes les tentatiyes que j'ai faites pour réduire ces acides en un principe odorant non acide , et en un principe acide , ont été infructueuses ; plu- sieurs de leurs combinaisons salines ont été sou- mises à l'action d'une légère chaleur , à l'action d'un courant d'acide carbonique , à celle de l'al- cool ; enfin elles ont été exposées pendant plus de cinq ans à l'air libre, sans qu'on ait observé de diminution sensible ^ans l'intensité de l'odeur de l'acide qui était resté en combinaison avecles bases. 1 1 3o. Ces acides sont analogues par l'odeur, par Acides ca- la densité; mais le caprique est solide à 1 1"", et le ^«^prique. caproïque est encore liquide à 9"* — o. Ils diffèrent aussi par la composition et par les propriétés de leurs sels. I i5i* Non seulement cette substance est carac* choiestérinc térisée par sa composition, parce qu'elle ne se fond qu*à 137"*, parce qu'elle se change en une sub- stance astringente par l'acide nitrique ; mais elle l'est encore par la propriété qu'elle a de n'éprouver aucune altération de la part de la potasse. D'après ce résultat on ne peut admettre qu'elle contienne aucune des espèces de corps gras saponifiables. 1 1 3â . Quoique cette substance soit bien distincte Ethai. de toutes les autres espèces par sa fusibilité à 5â*, son inaltérabilité par la potasse , et sa composi- tion analogue à celle de l'alcool et de l'éther; ce* pendant j'avoue que je n'ai pas fait un grand 4l4 ^^^' "^I- PRÉPARATION nombre d'essais pour la réduire en plusieurs sub* stances immédiates. Céline. 11 33. La cétine est une espèce qui me parait sufiisamment caractérisée par les produits de sa saponification ; en e£Fet , si par la potasse elle est réduite en acides margarique et oléique, elle ne donne point de glycérine comme les autres espèces de corps gras saponifiables » et en outre elle donne réthal, que celles-ci ne donnent jamais. Stéarines et ' *54* Sî les deux stéariues d'une part et Toléine oléine, d'une autre part ne peuvent être distinguées par des caractères tirés de la couleur, de la saveur , de l'odeur, de la tension de leurs vapeurs, de l'action de l'eau ; si elles ne peuvent être caractérisées par l'action de l'alcool et de l'éther , qui est trop ana- logue sur les trois substances, et si on trouve que la différence qui existe entre leurs proportions d'oxygène et d'bydrogène est trop petite pour être prise en considération, il est évident que les deux stéarines sont suffisamment distinguées de l'oléiDe, i"* par la fusibilité, l'oléine étant fusible  4* ^ti- dessous de o, et les stéarines ne se fondant qu'à 4^' et 49*; A* pt^f Isi manière dont elles se comportent avec la potasse : toutes trois se convertissent bier en glycérine, en matière acide peu fusible et en acide oléique ; mais les stéarines donnent une forte proportion de matière acide peu fusible , tandis que l'oléine donne au contraire une forte proportion d V cide oléique. Si on venait à prouver que les stéarines DES ESPACES DE CORPS GRAS. 4^^ et Toléine , telles que je les ai étudiées, contenaient les premières de l'oléine, et la seconde de la stéarine, les dififéœnces que j'ai obsenrées , loin de dispa^ raitre dans les espèces pures, deviendraient en- core plus sensibles. 11 35. La distinction de ces stéarines l'une de stéarine l'autre est fondée sur les différences que j'ai établies stéarintTda entre les acides margarique et stéarique ; en effet, "**"*<*"• si on saponifie comparativement ces deux stéarines amenées au même degré de fusibilité , on trouve que le savon de stéarine d'bomme est formé d'a- cide margarique et d'acide oléique , dans une pro- portion telle que leur réunion est fusible à 5i*; tandis que le savon de stéarine de mouton est formé d'acide stéarique, d'acide margarique et d'a- cide oléique , dans une proportion telle que leur réunion est fusible à 53^ Or, s'il j avait identité entre ces stéarines , il y aurait identité entre les produits de leur saponification. 1 136. La distinction de ces espèces ne peut être Phorénine, ... . batirioe. mise en doute , puisque nous ne connaissons aucun corps saponifiable qui donne des acides phocé- nique et butirique par la saponification ; et si l'on pensait que la pbocénine et la butirine continssent assez d'oléine et de stéarine d'bomme pour qu'on put attribuer à ces deux substances l'origine des addes margarique et oléique que j'ai trouvés dans les produits de la saponification de la pbocénine et de la butirine , telles que je les ai étudiées ces /|l6 LIV. TI» PREPARAT. DES E8P. DE CORPS GR. substances à l'état de pureté seraient caractérisées par la propriété de se convertir en glycérine et en acides volatils. Et conséqucmment les distinctions que j'ai faites subsisteraient toujours. QUATRIÈME SECTION. Dl PL1TSIIUR5 PROPRIÉTÉS DES 8TBARATB8 , DBS MARCiRATES ET DES OLÉaTES de potasse ET DE SOUDE , RBLATIVEMEHT Ari blSSOLTA^TTS. 1 1 37. Les propriétés qu'ont les acides sléarique. margarique et oléique d'être absolument insolu- bles dans l'eau et de se dissoudre dans l'alcool ei l'éther m'ont engagé à donner une attention toute particulière à l'action de ces liquides sur les stéa- rates 9 les mârgarates et les oléates » particuUèie- ment sur ceux à base de potasse , de soude et d'am- moniaque. Depuis long-temps je désirais tirer quel- ques résultats généraux de l'action que les dissol- vants exercent sur les combinaisons des corps qu*iL< dissolvent , par la raison que les dissolvants sont le« principaux instruments de l'analjse organique, ainsi que je l'ai dit plus haut (1 lOâ). Il me parais- sait important surtout de déterminer à quel poiot des combinaisons de principes immédiats douè> de propriétés antagonistes peuvent résister à 1 a^ tion qu'un dissolvant neutre exerce inégalement sur chacun de ces principes^ DES SliAR., DES MARG. ET DES OLÉAT. 4^7 11 38* Examinons Taction de Teau, de l'alcool et de réther sur les stéarates de potasse. 1 1 39. L'eau froide mise avec le V^ de son poids ^Ï!^^ ^* de stéarate de potasse ne le décompose pas ; elle est absorbée , et le sel prend la forme d'un muci- lage épais. 1 i4o« L'eau froide mise avec Icrrr^de son poids de stéarate entre en concurrence avec l'acide stéa- rique ( qu'elle ne dissout pas , comme on sait ) pour lui enlever la potasse ; mais l'insolubilité du bistéarate limite son action de telle sorte que la moitié seulement de la potasse est dissoute , tandis que l'autre moitié reste en combinaison avec tout l'acide à l'état de bistéarate. 1 i4i* Si la température est élevée à 100*9 l'insov lubilité du bistéarate n'étant plus alors suffisante pour balancer l'affinité de l'eau et de la potasse dissoute j la dissolution du stéarate mis en expé- rience est complète. 1 142* La preuve que l'insolubilité du bistéarate de potasse dans l'eau est moindre à chaud qu'à froid , c'est que si l'on applique l'eau bouillante au bistéarate , on lui enlève une quantité notable de potasse et d'acide 9 et en une proportion telle que la partie qui n'est pas dissoute contient proportion- nellement à la base plus d'acide que le bistéarate lui-même. Si on recueille ce résidu , et si on le soumet de nouveau à l'action de l'eau bouillante , il perdra encore de la potasse , et il , se changera 27 Action de l'éther. Action de l'alcool. 4 18 LIV. VI. PROPRIÉTÉS en une matière fusible à 72*, qui contient 4 fo'^ plus d'acide que le stéarate neutre ; de sorte que cette matière paraît être un quadro$iiarate , analo- gue au (fuadroxalaU de poîa$$e. 1143. L'éther, ayant plus d'action sur lacide stéarique que sur la potasse, doit produire des ef- fets inverses de ceux de l'eau , si toutefois il a assez d'énergie pour changer l'état d'équilibre de la po- tasse unie à l'acide stéarique : or c'est préciséineiit ce que l'expérience démontre. Faites bouillir de l'éther sur du bistéarate de potasse^ filtrez la li- queur après son entier refroidissement , répétei plusieurs fois l'opération ; vous aurez des dissolu- tions éthérées diacide stéarique presque exempt de potasse, et un résidu qui pourra contenir plus de base que le stéarate neutre ; car celui-ci cède de l'acide stéarique à l'éther bouillant ii44- I^'^^^ool' dissolvant bien et la potasse et l'acide stéarique, tend par là même à maintenir la composition du stéarate et du bistéarate de potasse avec lesquels on le met en contact , ainsi qu or l'observe. Si le quadrostéarate dissous dans l'alcoo bouillant est réduit par le refroidissement en bistéa- rate de potasse qui cristallise , et en acide qui re5t< en dissolution , cela tient surtout à ce que la forer de solidité du bistéarate concourt alors avec Tafli' nité de l'alcool pour l'acide stéarique ; affinité qi* est encore favorisée par la faible proportion de potasse dans le quadrostéarate. 1. DES STEÂR., DES MARG. ET DES OLÉAT. 4^9 1 145. Oayoit qu'en faisant réagir successivement de l'eau froide et de l'éther bouillant sur du stéa- rate de potasse » ou en sépare successivement de la potasse et de Tacide stéarique , de manière que l'affinité de deux principes antagonistes combinés cède à l'action de dissolvants neutres. 11 46. Le margarate de potasse se comporte comme le stéarate de potasse avec les dissolvants. 1 147« L'oléate de potasse , quoique soluble dans l'eau froide » a cependant une tendance à se ré- duire en sur-sel insoluble et en potasse , quand il est dissous dans une grande quantité d'eau. 1 1 48. Les stéarates et les margarates de soude et d'ammoniaque mis dans l'eau se réduisent éga- lement en alcali et en sur-sels insolubles. 1 149. Ces décompositions sont remarquables Contéqaen sous plusieurs rapports. i"" Elles démontrent que dans l'explication qu'on donne de la décomposition qu'un sel éprouve de la part d'un dissolvant^ il ne faut pas considérer la force de solidité de l'élément indissous d'une ma- nière absolue ^ mais qu'il faut la considérer relative- ment au dissolvant ; puisque si un liquide A dis- sout la base d'un sel à l'exclusion de son acide , un liquide j9 pourra dissoudre l'acide de ce même sel à l'exclusion de sa base , et qu'un troisième liquide pourra dissoudre l'acide et la base sans décomposer le sel : la stabilité de ce dernier sera donc relative aux liquides avec lesquels on le mettra en contact. 27. cef. f^20 LIV. VI. PROPHléTÉS 2* Elles démontrent que , s'il y a des cas où un sel étant en contact avec un liquide qui le dis- sout, on peut croire que Taffinité du liquide ne dérange pas l'économie de la combinaison saline, il ne serait pas exact d'étendre cette conclusion i tous les cas. Ainsi le stéarate de potasse est dis- sous par l'eau bouillante ; mais cette dissolution se décomposant, par le refroidissement en potasse et en bistéarate qui se précipite , il est vraisembla- ble , d'après la loi de continuité , que le passage des éléments du stéarate neutre à ce second état d'équilibre ne se fait pas brusquement , mais qu il a lieu graduellement ; qu'en conséquence il j a un moment où la dissolution présente, non pas du stéa- rate neutre , mais de l'eau de potasse unie à du bistéarate ; et il est vraisemblable que parmi les dissolutions permanentes des sels neutres , il en est qui présentent un sous-sel ou un sur-sel uni dans la dissolution au reste de l'acide ou de la base qui constituaient la combinaison neutre , avant qu'elle eût été dissoute. 1 1 5o. Sous le rapport de l'influence que les dis- solvants peuvent avoir pour séparer les principes immédiats des sels, on n'a guère examiné jusqulri que l'action de l'eau sur le nitrate de bismuth, le chlorure d'antimoine, le nitrate et le sulfate de pe- roxyde de mercure, le sulfate de cuivre. Tout en re- connaissant qu'on a eu raison de faire dépendre ces décompositions, i • de l'affinité de l'eau pour l'acide. DES STÉAR., DES MARG. ET DES OLSAT. /^fÀl u* de la force de cohésion de la base » 5* et de la fai- ble alcalinité de cette dernière, cependant j'avoue- rai qu'avant mes recherches j'accordais trop d'In- fluence à la troisième cause eu comparaison de celle que j'accordais à la première ; et la considération suivante me paraissait encore conforme à cette opi- nion : « Les corps qui jouissent à un haut degré de la propriété comburente et ceux qui jouissent de la propriété acide, en s'unissant les premiers aux combustibles, les seconds aux alcalis, forment des combinaisons qui sont assujetties à des pro- portions définies et qui présentent les exemples les plus frappants d'une affinité énergique, puis- que ce sont elles qui offrent le phénomène de là combustion et celui de la neutralisation. D'une autre part , lorsque des corps qui n'ont pas de propriétés antagonistes s'unissent ensemble , il en résulte ordinairement dés combinaisons en pro- portions indéfinies; telles sont celles qu'on observe, 1 * lorsqu'un solide est dissous par un liquide , u* lorsqu'un fluide élastique est absorbé par un li^ quide , 3"* lorsque des liquides s'entre-dissolvent* Or, ces combinaisons , qu'on appelle dissolutions, ne présentant point la disparition de la propriété caractéristique qu'un corps qui en fait partie peut avoir , et un assez grand nombre d'entre elles étant évidemment formées d'éléments qui ont une faible action mutuelle , j'étais porté à regarder toutes ces V comfrtnaûons INDISTINCTEMENT comme des résultais i\22 LIT. VI. PROPRIÉTÉS 9 d'affinités beaucoup plus faibles que celles ifui don- • nent lieu aux combinaisons définies ; et diaprés cela^ »y> pensais que les sels déeomposables par les dissol-- wvants étaient formés de principes qui n'avaient » qu'une très faible action mutuelle. » 1 i5i. Aujourd'hui , je crois que parce qu'un sel est décomposé par un dissolvant ce n*est point une raison d'en conclure, en général pour tous les cas indistinctement f que l'acide et la base qui le con- stituent n'ont qu'une faible action mutuelle ; et les considérations suivantes prouvent que les acides gras fixes sont assez puissants, et que si plu- sieurs de leurs combinaisons cèdent à l'action de Teau et de l'éther, c'est que l'affinité de ces corps pour la potasse , ou pour l'acide gras des sels , est assez énergique. En effet , t les acides stéarique , • margarique et oléique décomposent les sous-car- » bonates de potasse , de soude , de baryte , à la tem- • pérature de loo""; lorsque ces acides sont dissous • dans l'alcool et qu'ils sont versés dans des solu- »tious alcooliques de plusieurs sels dont les bases • sont susceptibles de former un savon insoluble • dans l'alcool , la décomposition des sels a lieu ; • c'est ce qu'on observe particulièrement avec le > nitrate d'argent. > 11S2. La propriété que possède le butirate de po- tasse dissous dans un peu d'eau , de former avec une quantité notable d'acide butirique hydraté un liquide qui est neutre au papier de tournesol bleu , et qui de- DES STÉAR.9 0£8 MARG. ET DES OLÉAT. ^u5 vient susceptible de le rougir quand on y ajoute de l'eau (370) 9 est propre à démootrer Tinfluence que les dissolvants exercent dans les essais que l'on fait avec ce papier réactif pour savoir si un sel est avec excès d'acide. // est évident qu'un excès d'acide con- tenu dans un set ne pourra être indiqué par le tour- nesol que dans le cas où cet excès d'acide aura pour l'alcali du tournesol une affinité plus forte que celle du principe colorant pour ce même alcali. Or la force de solidité du principe colorant uni à la fois avec la potasse et le papier est telle , que l'excès d'acide contenu dans la solution du butirate de potasse concentrée ne peut enlever l'alcali au principe co- lorant ; mais par l'addition d'eau la force de soli- dité de la combinaison alcaline du principe colo- rant est assez diminuée pour que la potasse neu- tralise l'excès d'acide butirique. Si alors on fait chauffer doucement le papier de tournesol rouge , l'alcali, qui s'était uni à l'acide butirique, quitte ce dernier pour former un composé solide avec le principe colorant , et le papier repasse au bleu. Ce qui démontre que c'est principalement la force de solidité de l'extrait de tournesol qui s'oppose à ce que son alcali s'unisse à l'excès d'acide butirique contenu dans la solution de butirate de potasse con- centrée , c'est que si on met de l'extrait de tour- nesol sec dans cette même liqueur , qui n'a pas d'action sur le papier de tournesol , l'extrait sec est dissous , et il passe au rouge. On peut, en faisant 4^4 UV. VI. PROPRIETES évaporer la liqueur rouge dans une capsule de verre obtenir un résidu bleu , qui repasse au rouge en se dissolvant dans l'eau ; mais ce résultat est moins facile à obtenir que lorsqu'on opère avec le papier de tournesol. Il n'est pas impossible que l'afii- nité du butirate de potasse pour un excès d'acide, croissant en même temps que la portion d'eau qui tient ces corps en dissolution , diminue , concoure avec la force de solidité du tournesol , à ramener au bleu le tournesol qui a été préalablement rougi par la solution de butirate acide de potasse peu concentrée. 1 153« Si la quantité d'eau dans laquelle du buti- rate de potasse avec excès d'acide est dfssous a tant d'influence sur l'action du papier de tournesol, l'espèce de réactif coloré que l'on emploie en géné- ral pour constater la neutralité dans les sels en a une très grande sur les résultats, ainsi que je Tai constaté il y a long-temps ; la liaison des faits qui le prouvent avec l'observation précédente m'en- gage à les rappeler ici. Une même solution saline est acide à un réactif et alcaline à un autre ; par exemple , le papier de tournesol plongé dans la solution d'acétate de plomb , d'hydrocblorate de protoxyde d'étain devient rouge , tandis que l'ex- trait de campêche versé dans ces solutions les fait passer au bleu , ce qui indique un excès de base. Ces résultats , qui paraissent contradictoires quand on envisage la neutralité d'une manière absolue* DES STÉÂR., DES MÂRG. ET DES OLÉÂT. ^*J0 s'expliquent aisément en considérant, dans le pre- mier cas, la tendance des bases à se précipiter, et l'affinité de Talcali du tournesol pour les acides acétique et hydrochlorique ; et dans le second cas, la tendance des oxydes de plomb et d'étnin à for- mer avec lliématine des composés insolubles dans l'eau. 1 154- On voit donc , i* fu'un sel avec excès dia- cide peut parattre neutre au papier de tournesol;. 3* qu'un sel neutre peut parattre acide à un réactif coloré , et alcalin à un autre. CINQUIÈME SECTION. VDR9 CBRiBALBS SVM, l'âGTIOH liciF10Q€E DES Bk^Efi SAUFIÂBLES ET DBS G0EF8 GEAS. 1 1 55. Après avoir décrit chaque espèce de corps gras, ainsi que les moyens de les préparer, je me suis occupé des changements que les stéarines , l'o- léine, la butirine, la phocénine, la cétine, éprou- vent lorsqu'étant soumises à l'action des bases salifiables elles produisent des savons. 1 156. On peut définir aujourd'hui exactement le sens qu'on doit attacher au mot saponification , créé pour désigner l'opération par laquelle on fait le sa-- von , ou encore le phénomène que présente un corps gras lorsqu'il concourt avec un alcali à produire du 4^6 LIV. VI. ACTION RECIPROQUE savon. Les savons étant des réunions de stéarate, de margarate et d'oléate, et ces composés étant toujours préparés en grand avec les huiles et les graisses formées de stéarine et d'oléine, corps qui ne sont point acides aux réactifs colorés , il s'ensuit que la saponification est une opération par laquelle , au moyen d'un alcali , on obtient de certaine corps gras non acides ^ des corps gras acides , ou qu'elle eii te phénomène que présentent des corps gras non aci- des lorsqu'ils manifestent l'acidité apfes avoir éi( soumis à l'action d'un alcali. Mais si on fabriquait des savons en unissant directement un alcali avec des acides stéarique , margarique ou oléique , h définition précédente ne serait plus applicable ; et* en effet , ce n'est point là une saponification , c'est la même opération que la combinaison d'un acide quelconque avec une base pour former un sel , et d'ailleurs , dans les ateliers , on n'a jamais formé de savon par l'union directe des acides dont je viens ' ^ de parler avec la potasse ou la soude : consé quemment ce qui constitue la saponification, c'est moins le savon qui en est le résultat , que l'acidité que manifeste une matière grasse , après qu'elle s été soumise à l'action d'une base alcaline. 1157. Nous avons vu que trois sortes de corps sont nécessaires à la saponification , 1* un corp> gras de la nature des deux stéarines, de l'oléine. de la cétine , de la phocénine , de la butirine et de l'hircine ; 2* une base salifiable ; S"" de l'eau. DES BASES SALIF*. ET DES CORPS GEÂS. 4^7 Nous avons vu en outre que cette opération s'ef- fectue sans le contact de l'oxygène atmosphérique. J'ai envisagé la saponification sous deux rapports généraux, i* relativement aux corps gras , 2* rela- tivement aux bases salifiables. A. De la saponification envisagée relativement aux corps gras. 1 1 58. £n comparant la composition élémentaire des graisses d'homme, de porc et de mouton, celle de la cétine avec la composition des produits de leur saponification , on voit que la masse et la pro- portion des éléments de ces produits représentent , aussi exactement qu'on peut l'espérer dans l'état actuel de la science, la composition que j'ai as- signée aux corps d'où ils proviennent. 1 iSg. On voit encore que dans la saponification des graisses , celles-ci se partagent en deux portions très inégales, i* Tune qui s'élève au moins slux-^- du poids des graisses, et qui est formée d'oxygène, de carbone et d'hydrogène : ces deux derniers sont dans un rapport peu différent de celui où ils se trouvent dans les graisses ; mais leur proportion relativement à l'oxygène est plus forte que dans cette dernière ; a* l'autre portion qui est également formée d'oxygène , de carbone et d'hydrogène , et qui fixe de l'eau pour constituer la glycérine d'une densité de i ,27. 4 SI 8 Llf. VI. ACTION RÉCIPROQUE 1 i6o. Les analyses élémentaires de la stéarine de mouton et de l'oléine que j'ai faites, s'accordent avec ce que je viens de dire. En effet : i*La stéarine de mouton contient moins d'oxj* gène, et, proportionnellement au carbone , plui^ d'hydrogène que l'oléine. 2* La stéarine de mouton en se saponifiant donne plus d'acides gras et moins de glycérine que l'oléine , et la stéarine donne beaucoup moin.^ d'acide oléique que l'oléine. ii6i. Or ces résultats sont conformes d'une part avec la composition de la glycérine et celle des acides gras, et d'une autre part avec mes ob- servations sur la saponification des graisses. 1162. L'analyse élémentaire de la cétine s'ac- corde pareillement bien avec celle des produits dr sa saponification ; dans cette opération , tout 0^ oxygène fixe du carbone et de r hydrogène dant d rapport oà ces corps constituent des acides marg^- rique et oliique , tandis que le reste de ces combui- tibles, dans la proportion des éléments de l'hydrogim perearburé , en fixant une portion de l'eau gui tiVn^ la potasse en solution , forme de rithaL J'ai con- sidéré comme accidentel à l'opération la pro- duction d'une quantité de matière soluble qui n^ s'élève pas à ~ du poids de la cétine qui a ète saponifiée. La grande masse de matière qui n'entre pas dans la composition des acides , et qui forme l'éthal, c'est-à-dire une substance qui n'est pa^ DES BASES SALIF. ET DES CORPS GRAS. 4^9 susceptible de neutraliser les acides , ni de se dis- soudre dans Teau, peut, à un certain point, ex- pliquer pourquoi , dans la même circonstance , la cétine se saponifie plus lentement que les stéa- rines et l'oléine. 1 163« Je terminerai mon résumé sur la saponi- fication envisagée sous le rapport des corps gras , en rappelant que si la cholestérine n'est pas sus- ceptible d'être saponifiée , cela tient très probable- ment à la petite quantité d'oxygène qu'elle con- tient , et à ce que son carbone est à son hydrogène dans un rapport beaucoup plus grand que dans l'hydrogène percaburé. Or, dans les corps gras sa- ponifiables , le carbone est à l'hydrogène dans un rapport assez approché de celui où se trouvent ces éléments dans l'hydrogène percarburé. i. De ta saponification envisagée relativement aux bases satifiables. 1 164« En considérant la saponification sous le rapport des alcalis qui la déterminent , j'ai exa- miné quelles sont les bases salifiables susceptibles de convertir en savons les stéarines et l'oléine , quelle est la quantité de ces corps qu'un poids dé- terminé de potasse est capable de saponifier , et enfin s'il est possible d'opérer la saponification par des sous-sels. 1 165. Le premier examen m'a donné lieu d'ob- 430 UV. VI. ACTION RÉCIPROQUE server que toutes les bases salifiables qui ont $eni à mes expériences peuvent former trois groupes re- lativement à leur manière de se comporter avec les stéarines et l'oléine. Le premier groupe comprend des bases qui, comme l'alumine , à l'état humide, ne contractent aucune union avec ces substances; car après les avoir incorporées ensemble , il suffit de les exposer à l'action de l'eau bouillante pour que la plus grande partie des stéarines et de Vo* léine vienne surnager, tandis que l'alumine reste au fond de l'eau. Le deuxième groupe comprend des bases qui s'incorporent avec les stéarines et 1 o- léine assez fortement pour que l'on ne puisse le' en séparer quand on met les matières dans Teau bouillante ; telle est la magnésie , lorsque son ac- tion n'a pas été assez prolongée pour opérer la sa- ponification. Enfin le troisième groupe comprend les bases qui sont susceptibles de convertir en peu de temps les stéarines et l'oléine en savon et en gly- cérine. Nous avons vu que la potasse, la soude yl^ baryte, la strontiane, la chaux, c'est-à-dire \^ bases alcalines fixes qu'on a regardées comme k' plus énergiques, opèrent la saponification en pro- duisant la même quantité de glycérine et la mèm^ proportion d'acides gras fixes. L'oxyde de zinc e: l'oxyde de plomb , qui jouissent éminemment àt l'alcalinité par la manière dont ils neutralisent le> acides , présentent des résultats semblable<( ; ca^^ montre que la préparation des emplâtres p^^ DES BASES SAUF. ET DES CORPS GRAS. 4^1 1 oxyde de plomb n'est qu'une saponification. Il est remarquable que la saponification soit égale- ment produite et par des bases qui forment des savons solubles , et par des bases qui en forment d'insolubles ; mais ce qui a lieu de surprendre , c'est que la magnésie n'opère que difiicilement la saponification , quoiqu'elle ait des caractères al- calins très prononcés. L'ammoniaque liquide se comporte de la même manière ; mais cela doit moins étonner, puisque sa volatilité ne permet pas qu'on expose les corps au feu. 1 166. Embrassons maintenant d'un même coup d'œil les deux éléments de la saponification que nous venons de considérer isolément. 1 167. D'une part les stéarines et l'oléine, soit iso- lées , soit combinées entre elles, et formant alors des suifs, des graisses ou des huiles , et d'une autre part la cétine, loin d'avoir une action acide sur les réactifs colorés, n'ont pas même d'affinité , ou n'en ont qu'une extrêmement faible pour les bases sali- fiables capables d'en opérer la saponification. Mais l'analyse élémentaire de ces substances, comparée à celle des produits de leur saponification , fait voir la possibilité que les -r^ des stéarines et de l'oléine passent à l'état acide, le tV restant étant de la glycérine ; que les -^^ de la cétine passent de même à l'état acide , tandis que le reste de la cé- tine, en fixant de l'eau , forme de l'éthal. Dès lors on conçoit comment l* action d'un alcali^ en chan" 43a LIT. VL ACTION RECIPROQUE géant l'état d'équilibre où de certaines praporiim d'oxygène, de carbone et d'hydrogène, eoMiitiunt de$ corps qui n'ont pas d'affinité pour ces alealU , peut déterminer un nouvel équilibre ou ces mêmes proportions d'éléments constituent des corps doués Ai l'acidité. . 1 168. J'ajouterai qu'une quantité donnée d'alcali ne peut développer dans un corps gras saponifiable. que la proportion de matière acide capable de for- mer ayec l'alcali une combinaison neutre. Ainsi la potasse , chauffée avec une quantité de graisse telle qu'en se saponifiant complètement elle produirait avec l'alcali un sur-savon , ne produit qu'un savon neutre; conséquemment il n'y en a que la moitié qui se saponifie , l'autre moitié reste là poar dé- montrer que la force alcaline est la cause de la sa- ponification. 1 1 69. Enfin un résultat curieux, c'est que la force alcaline du sous-carbonate de potasse, quoique en partie affaiblie par l'acide carbonique y est encore assez puissante pour développer l'acidité dans b graisse soumise à son contact. Si la température n'est pas trop élevée , il n'y a que la moitié de b potasse qui opère la saponification , l'autre moitié retient tout l'acide carbonique à l'état de carbo- nate neutre. APPLIGATIOMS DE MES RECHERGHES. 4^^ Vm/»<%/^«^v^^'%>%^%'^^^-^'^^'* %/%^%«i^'^ SIXIÈME SECTION. APPLIGATIÛKS DE MES RECHERCHES. 1170. Les analyses que J'ai faites d'un grand Ap^J|«^*«oiis nombre de corps gras font voir que les graisses les bustioo. plus abondantes en stéarines sont celles qui con- tiennent le plus de matière combustible. 1171. La possibilité de séparer aisément une portion de l'oléine des graisses abondantes en stéarines donne le moyen d'augmenter les qualités du suif ; celui-ci en perdant de l'oléine, perd de sa couleur et de son odeur, les principes colorant et odorant se trouvant surtout dans l'oléine ; il devient aussi moins fusible , et par là il est moins suscep- tible de tacher les étoffes sur lesquelles il peut être accidentellement répandu ; mais, lors même qu'on parviendrait à en séparer toute l'oléine , il n'au- rait point encore les propriétés de la cire , car je démontrerai plus tard que cette substance est ab- solument distincte des corps auxquels on l'a géné- ralement assimilée. Je ferai observer que l'espoir que plusieurs personnes m'ont dit avoir de con- vertir le suif en cire au moyen de l'acide nitrique ne s'accorde point avec mes expériences; car , lors- qu'on opère comme je l'ai fait (46) 9 l'acide ni- trique, en brûlant du carbone et de l'hydrogène, tend à faire prédominer l'oxygène dans le corps 28 434 !'!▼• VI. gras soumis à son action ; or ce résultat est cod- traire à celui qu'il faudrait obtenir pour changer le suif en cire. 1 172. Les expériences sur la conversion des ca- davres en gras, que la nature de Tadipocire mz suggérées 9 ont prouvé qu'il n'y a pas , ou que très peu d'avantages à opérer cette conversion en grand, par la raison que les parties grasses des cada- vres contribuent seules à la formation de Yadipocirt. J'ai constaté que la quantité d'adipocire qu'on obtient de l'albumine, du tissu jaune élastique* du tendon , de la fibre musculaire , etc. 9 est plus petite que la quantité de matière grasse qu'on se* pare de ces mêmes substances au moyen de Tal- cool et de l'éther sulfurique , et je me suis assuK en outre que ces dissolvants extraient simplement la matière grasse qu'ils tiennent en dissolution; conséquemment ils n'en déterminent pas la for- mation comme on l'a prétendu. Il en est de même lorsque l'acide nitrique est chauffé avec les sub- stances azotées précitées et le gluten ; il met i QU la matière grasse contenue dans ces substances en l'altérant plus ou moins. Les expériences doD> je parle ^ ainsi que les conséquences nombreuse* qu'on en déduit, seront exposées fort en dét<û' dans mes recherches sur les matières azotées d*or> gine animale ; j'y prouverai que dans Véconotnv animale les muscles ne se changent point en adi pocire , ni même en graisse. APPLICATIONS DE MES RECHERCHES. 4^^ 1 173. Dès que j'ai eu découyert que les parties Applications grasses des savons sont douées de l'acidité et qu'elles savw^nicr. se réduisent en trois acides différents, le stéari- que, le margarique et l'oléîque , j'ai vu que l'art du savonnier recevait de ces connaissances une pré- cision qu'il n'avait pu avoir tant que la nature des savons n'avait pas été parfaitement connue. En effet, ces composés , une fois rangés parmi les sels^ entraient dans la classe des combinaisons qui sont assujetties à des proportions définies , et dès lors on devait espérer qu'en en étudiant la fabrication avec les lumières de la science , on parviendrait à la placer sur la même ligne que la fabrication de l'alun, du sulfate de fer, etc. Mais, pour ar- river à ce point , il fallait déterminer les proprié- tés des corps gras avant la saponification , fixer la proportion des produits de cette opération , en dé- terminer toutes les circoiil^tances essentielles. Après avoir fait ces recherches suc un même corps gras , il fallait les répéter sur des ço^s de la même série, afin d'expliquer cette diverèîté qu'on remarque dans les propriétés des savons. Ces composés diffèrent prin- cipalement sous deux rapports : i" ils sont durs ou mous; 2* ils ont une odeur plus ou moins forte , ou bien ils sont dépourvus de cette propriété. Je vais les examiner sous ces deux points de vue. 28* 436 uv. Yi. À. Des savons considérés sous le rapport de leur degré de dureté ou de mollesse. 1 1 j^. On appelle savons durs ceux qu'on obtient en saponifiant Thuile d'oli?e, et surtout les graisses animales, par la soude ; et savons mous ceux qu'on obtient en saponifiant par la potasse les huiles de graines en général, et les huiles animales plus ou moins fluides. 1 1 75. Quand on cherche en quoi consiste la pro- priété qu'ont les savons d'être durs ou mous , on trouve que ces propriétés dépendent de la ma- nière dont ils agissent sur l'eau. En efifet les savate durs perdent la plus grande partie de leur eau de fabrication par l'exposition à l'air, et quand ils 1 ont perdue ils ne se dissolvent que lentement dans l'eau froide , et sans s'y délayer. Les savons mous , au contraire , ne peuvent jamais être séchés par leur exposition à l'air, ils retiennent plus ou moin> d'eau qui les rend mous ou gélatineux ; et si, Iot^ qu'on les a séchés au moyen de la chaleur, on le^ met dans Teau froide , ils sont dissous par ce li- quide ou s'y délaient plus ou moins. 1 1 76. Si on cherche maintenant pourquoi un savon est plus ou moins soluble dans l'eau , on en trouvera les causes, i^dans la nature de sa base^i^ câline; a!* dans celle de la matière grasse quic.^' unie à cette base. Examinons successivement 1 h^ « fluence de ces deux causes. APPLICATIONS 0E MES RECHERCHES. 4^7 1 1 77. Elle est démontrée par les expériences sui- i* inRoence vantes. Que Ton saponifie le même corps gras par aîc«imêr la potasse et ensuite par la soude, et on obser- vera constamment que le savon de soude est moins soluble dans l'eau froide que le savon de potasse. 1 1 78* Si la base alcaline seule avait de l'influence a* loflaence 1 , .1 ^ de la matière pour constituer les savons durs ou mous , il est grasse qui » . 1 . . 1 • /% » 1 est uoie à évident que tous les corps gras saponifies par la raicaii. potasse donneraient des savons mous, tandis qu'ils en donneraient de durs quand ils le seraient par la soude. Or c'est ce qui n'arrive pas : car l'huile d'olive, et surtout les graisses animales peu fusibles, donnent avec la soude des savons qui sont beau- coup plus durs que les savons d'huiles de graines et d'huiles animales à base de soude , et en second lieu ces mêmes huiles forment avec la potasse des savons beaucoup plus mous que ne le sont les savons d'huile d'olives et de graisses animales peu fusibles à base de potasse : mes recherches expli- quent complètement ces résultats. Rappelons d'a- bord l'action de l'eau froide sur les savons , ou plutôt sur les sels que les acides stéarique , oléi- que et margarique forment avec la soude et la potasse. 1 1 79. Le stéarate de soude peut être considéré comme le type des savons durs; il ne parait pas éprouver d'action de la part de lo fois son poids d'eau : le stéarate de potasse produit un mucilage épais avec la même proportion d'eau. L'oléate de 438 uv. VI, soude est soluble dans lo fois son poids d'eau } l'oléate de potasse forme une gelée avec le double de son poids d'eau , et une dissolution avec quatre fois son poids. Il est assez déliquescent pour que 100 parties absorbent dans une atmosphère saturée de vapeur d'eau à la température de i s"* , 162 par-r ties de ce liquide. 1 1 80^ Les combinaisons de l'acide margarique avec la soude et la potasse ne diffèrent de celles àe l'acide stéarique avec les mêmes bases qu'en ce que Teau exerce une action plus forte sur les pre- mières combinaisons que sur les secondes. 1181. Les stéarates , les margaratcs et les oléates de potasse ou de soude peuvent s'unir ensemble en toutes sortes de proportions. 1 18a. On explique très bien les différences que présentent les savons sous le rapport de la solidité ou de la mollesse , avec les notions précédentes e\ les résultats suivants que l'analyse m'a donnés. 1* Les savons de graisse humaine, d'huiles vé- gétales S sont formés d'oléates et de margarates unis en des proportions très variables : on remar- que en outre que les savons sont d'autant plus mous qu'ils contiennent plus 4'oléate et consé- quemment moins de margarate. d* Les savons, des graisses de mouton , de bœuf * Je lie parle ici que des savons fortnés avec des corps gras végétaux plus ou mofos Ou ides. APPLICATIONS DE MES BEGHERCHE8. 4^9 et de pore, le savon de beurre, abstraction faite des sels odorants qu'ils peuvent contenir, sont formés, non seulement de margarate et d'oléate comme les précédents , mais encore de stéarate. L'on ob- serve que leur dureté est d'autant plus grande que le stéarate est plus abondant relativement à l'o- lëate. 1 1 83. D'un autre côté , mes expériences ayant appris que ce sont principalement les stéarines qui donnent les acides stéarique et mai^arique , et l'o- léine qui donne l'acide oléique , il s'ensuit , i *" que , diaprés la proportion des stéarines à l'oléine conte- nues dans les corps gras saponifiables , propoition qu'on peut conclure du degré de fusibilité de ces substances , il est possible de prévoir le degré de dureté qu de mollesse des savons que ces corps pro- duiront ; 2* qu'il est facile d'imiter un savon donné, en prenant des stéarines et de l'oléine dans des proportions telles que les acides stéarique, marga- rique et oléique qu'elles sont susceptibles de former par l'action des alcalis, soient entre eux dans le même rapport que celui où ces acides se trouvent dans le savon qu'on se propose d'imiter. Ainsi , en ajoutant à des huiles qui ne donneraient que des savons mous avec la soude , des corps abondants en stéarine, tels que la cire du myrica cerifera^ une sub- stance produite en abondance par un arbre d'Afri- que , qui m'a été remise par un savant voyageur anglais , on peut imiter le savon d'huile d'olive , 44o "v- vi- sa von qui ne diffère bien essentiellement des savons d'huiles de graines' qu'en ce qu'il contient moins d'acide oléique. 1 1 S4- ^^ ^^^ évident que ces notions sont la base de l'art du savonnier, et qu'elles lui donnent un degré de précision qu'il ne pouvait avoir tant qu'on a ignoré l'analyse de la partie grasse des savons en trois acides , et pourquoi les corps gra^ saponifiables produisent des savonsi durs ou des savons mous, B. Des savons eansidirés sous le rapport de t odeur. 1 185. Les savons sont ou inodores, comme ceux de graisse humaine , de graisse de porc » ou odo- rants > comme ceux de beurre , d'huile de dauphin, de suif. Les odeurs des savons sont dues à des prin- cipes absolument distincts des acides stéarique* margarique et oléique ; car » D'une part, en décompojsant ces savons dissou.^ dan9 l'eau par l'acide tartarique ou phosphorique . et en soumettant à la distillation les liquides aqueux filtrés , on observe , i"* que le produit provenant du ' Je ne parle ici que des huiles de gaines qu*on emploi* le plus ordiaairemeiit dans la fabrication des sarons moa5. car j'ai trouvé des huiles extraites de semences végétales (^^ m'ont présenté des substances grasses différentes de la stéa- rine et de l'oléine. APPLICATIONS DE MES RECHERCHES. 44 > savon de beurre contient des acides butirique , ca- proîque et caprique; a"* que le produit du savon dliuile dedauphin contient de Tacide pbocénique ' ; 3"* que le produit du savon de suif contient de Ta- cide bircique. D'une autre part ^ en lavant suffisamment les acides stéarique , margarique et oléique , on finit par amener ces acides à un tel état de pureté qu'en les unissant à la potasse et à la soude , ils forment des savons absolument inodores. C'est ce que j'ai particulièrement constaté pour la partie grasse du savon de beurre'. 1 1 86. Les applications que je viens de faire dé- montrent à la fois combien des recherches en ap- parence purement spéculatives , sont susceptibles d'éclairer les arts , et combien il était nécessaire , avant de faire les applications dont j'ai parlé, d'en- treprendre ce grand nombre d'expériences aux- quelles j'ai soumis les corps gras saponifiables , ainsi que les produits de leur saponification. ■ Quand cet acide est altéré, il communique au produit ou plutôt au savon une odeur de cuir apprêté à l'huile de poisson. * Il est difficile d'enlever toute l'odeur à la partie grasse du savon d*huile de dauphin, parce que sa liquidité, et sa lé- gèrelé par rapport à l'eau, s'opposent au contact intime des deux liquides. 44^ ' l'i^* ▼!• SEPTIEME SECTION. GOHJBCTUIKS SV% LA GOMPOSITIOR DK PLUSIKCIS BSPka^ DK GOlPS eiAS. Conjcctnpw 1 1 g^. Dan» tout ce qui a été dit jusqu'ici, j'ai cher- priétéa des ché à établir le plus de rapports possibles entre le< corps gruMi- faits , je me suis efforcé , dans le petit nombre d'ex- rétat pi^sa- plications que j'ai données, de me tenir dansle^ m epuret jj^jj^^g j^ Texpérience ; il n'est pas inutile main- tenant d'exposer, sur la nature de plusieurs espèce' de corps gras , quelques conjectures parmi lesquelles il en est qui se présentent si naturellement à 1*65- prit qu'on aurait lieu de s'étonner de ne les pa^ trouver dans cet ourrage. 1 1 88. Les produits de la saponification de io<> parties de stéarine et de loo parties d'oléine, 5 Acide phocénique tec. . . 3a,89 Acidei voUtili. ...... i.)»68 Acide oléiqi|e • ...... 59,00 Acid. marg. faûb. 4 55*. . 16,90 Acid. oléiq. liq. ko 65,6o 1 igi. Dans la manière de voir précédemment énoncée, il serait conforme à l'analogie de con- sidérer , 1"* La phocénine, telle qu'elle a été décrite, comme formée d'oléine et d'une autre substance qui se- rait caractérisée par la propriété de se changer, sous l'influence alcaline , en glycérine et en acide pho- cénique , ce serait donc la phocénine pure ; 2"* La frutcrtn^^ telle qu'elle a été décrite, comme ' Si Tacide margarique est réellement distioct de l'acide stéarique, il faudra nommer la stéarine qui le fournit margarine j et conserrer le nom de stéarine à la stéarine de mouton. 444 "^" ^^• formée de cinq principes immédiats: i"" d^oUine; a* de stéarine; 3* d'une substance qui se converti- rait, par l'action alcaline, en glycérine et en acide butirique , ce serait la buiirine pure ; 4"* d une sub- stance qui se convertirait , par la même action, ei. glycérine et en acide caproîque, ce serait la cfl- proïne ; S"" d'une substance qui se convertirait, par la même action, en glycérine et acide caprique. ce serait la caprine. 1 19a. Enfin ,noujours dans la même hypothèse, on pourrait considérer la cétine comme formée d^ deux principes immédiats , dont l'un serait carac- térisé par la propriété de se convertir, dans la s^ ponification, en acide margarique et en éthal: tandis que l'autre le serait par la propriété de j^ convertir en acide oléique et en éthal. Il exi>*' d'ailleurs, pour la purification de la cétine, It^ mêmes difficultés que pour celle de la stéarine etd l'oléine (11 ai). Goniectaref 1 1 g3. Lcs conjccturcs précédentes sont de natui 8iir la com- . /»» i»r. »•!•* poiîtion im- à être confirmées par 1 expérience, parce qu il ne^ espèce! de psis absurdc de penser qu'on trouvera un jour dai^ Jj^JfiÇJ^ les êtres organisés des stéarines , de l'oléine, dcl cétine, etc., absolument pures, ou qu'on par- viendra à obtenir ces substances à cet état par ! moyen des procédés chimiques. Mais les conjer tures suivantes , relatives à l'arrangement des élé- ments qui constituent plusieurs espèces de curp gras, sont, je l'avoue, des hypothèses qu od u' ESPECES DE CORPS GRAS. 44^ pourra guère démontrer complètement : malgré cela je les expose, dans la persuasion où je suis qu'elles sont susceptibles de suggérer de nouvelles recherches. 1 1 94* Nous avons vu que la phocénine et la bu- tirine , qui ne sont pas acides , donnent , quand on les traite par la potasse, des acides et de la glycé- rine ; qu'exposées à l'action simultanée de l'air et de la chaleur, elles deviennent odorantes et sus- ceptibles de céder à la magnésie les principes de leur odeur. Les éthers végétaux et l'éthernitreux, qui pas- sent pour être des combinaisons d'acides et d'alcool, présentent des propriétés analogues. Us ne sont point acides ; quand on les traite par la potasse , ils se réduisent en alcool et en acides ; exposés à l'action de l'air et de la chaleur, une portion de leur acide est mise à nu. D'après ces analogies , n'a-t-on pas quelques raisons pour considérer la phocénine et la butirine comme des combinaisons d'acides odorants et de glycérine anhydre, ou plu- tôt d'une substance formée d'oxygène , de car- bone et d'hydrogène , qui , en fixant de l'eau , constitue la glycérine ? 1 195. Si on admet le rapprochement que je fais* entre la composition immédiate des éthers végé- taux et celle de la phocénine et de la butirine , on ne peut s'empêcher de l'étendre aux stéarines et à l'oléine ; car celles-ci ont la plus grande analogie avec la phocénine et la butirine, par la manière 446 LIT. VI. dont elles se comportent , non seulement lors- qu'elles sont exposées à l'action des alcalis , mai> encore lorsqu'elles le sont à l'action de l'oxygène et à celle de l'acide sulfurique concentré. En effet, (a) Les stéarines et l'oléine, sous l'influence alcv line 9 se changent en glycérine et en acides gr^^ fixes , comme la phocénine et la butirine se chan- gent en glycérine et en acides gras volatils. (b) Les stéarines et l'oléine , exposées à l'ac- tion de l'oxygène , deviennent acides ; et si alop il se produit des acides volatils et un produit aro- matique non acide, il se manifeste des acides gras fixes , comme il se manifeste des acides phocé- nique et butirique lorsque la phocénine et la bu- tirine sont exposées à l'action de l'oxygène. {Fojc- la note 2 k la fin du volume. ) (c) Lorsqu'on met les stéarines et l'oléine avec l'a- cide sulfurique concentré, il se manifeste des acido gras fixes etpeut-être delà glycérine(/^. /a note 5fl'^ fin du voL ) ; de même qu'en exposant la phocéniDee: labutirineàl'action de l'acide sulfurique conceDtn^ il se manifeste des acides phocénique et butirique et peut-être de la glycérine. ( J^. la note l^ à la fin du toi II 96. A la vérité, on peut opposer à cette opi- nion plusieurs objections que je suis d'autant moio^ disposé à taire, qu'en 18149 dans mon troisièni^ mémoire sur les corps gras', où je traitai le mè\^^ ' Annales de Chimie, tome 94, page 1 13. ESPACES DE COUPS 6BA8« 44? sujet ) ces objections me parurent alors assez fortes pour me faire penser qu'il était plus naturel dé considérer la glycérine et les acides gras fixes » pro«- duits de la saponification des stéarines et de l'o* léine , comme des substances de nouyelle forma-^ tion, que de Içs considérer comme les principes immédiats des stéarines et de l'oléine ; mais à cette époque je ne connaissais ni la phocénine ni la butirine , j'ignorais l'analogie qu'il j a entre les ré- sultats de l'action de l'oxygène sur les corps gras saponifiables , et les résultats de l'action des al-^ calis sur les mêmes corps. Au reste , je yais rap- porter les objections que j'ai faites à l'opinion qui me semble aujourd'hui la plus probable , avec les réponses qui me paraissent en atténuer la force. (a) Les acides stéarique , margarique et oléique sont insolubles daus Teau ; la glycérine s'y dissout très bien; comment se fait-il que l'eau n'enlèye pas ce principe aux acides qu'on y suppose combinés? C'est par la raison que l'eau froide n'enlève pas la potasse au bistéarate et au sursiliciate de cette base. (b) Pourquoi les acides stéarique, margarique et oléique , etc. , qui sont solubles en toutes pro- portions dans l'alcool d'une densité de o,8ai bouil- lant , forment-ils avec la glycérine anhydre , qui est soluble dans le même liquide ( au moins quand elle est hydratée), des combinaisons qui n'y sont pas très solubles ? C'est par la raison que Tacide 448 uv. VI. sulfurique et la potasse forment un sel neutre peu soluble dans Teau ; que Tacide acétique et l'alcool forment un étherpeu soluble dans le même liquide, et cependant Tacide sulfurique et la potasse, Tacide acétique et l'alcool, sont très solubles dans Teau. (c) Les acides stéarique , margarique , oléi- que , etc. , ayant une action énergique sur le tour* nesol, pourquoi la glycérine, douée d'une affinité sensible pour la potasse , et qui par là semble être acide plutôt qu'alcaline , neutralise-t-elle l'actioi: des acides gras sur le tournesol? C'est parla raisoc que l'alcool forme avec les acides nitreux, acéti- que y citrique , des éthers qui ne sont pas acides. (d) Comment se fait^il que les acides stéarique. margarique , oléique ^ etc. , mis en contact avec I glycérine, ne reproduisent pas des stéarines , de IV léine, etc.? C'est qu'en présentant ces corps Vun» l'autre, ils sont à l'état d'bydrate, que dès lorsleiu affinité mutuelle n'est pas assez forte pour qu'ils r* dépouillent des proportions d'eau qui sont étrao^ res à la composition des stéarines, de Toléine, et< Au reste, l'acide acétique « l'acide benxoîque,etc. mis en contact avec l'alcool, soit à chaud, soit- froid , ne produisent jamais d'éther tant qu'ils O' sont pas sous l'influence d'un acide minéral. (e) Pourquoi la saponification ne s'opère-t-el! pas instantanément lorsqu'on présente aux ma- tières saponifiables une base alcaline? Sans pn^ tendre répondre à cette objection de manière à I ESPÈCES DE CORPS GRAS. 449 détruire , cependant on peut considérer comme un obstacle assez puissant à la saponification la diffi- culté d'établir un contact intime suffisamment prolongé entre deux liquides qui se mêlent diffi- cilement. 1 197. Enfin j j'ajouterai que les propriétés de la glycérine anhydre peuvent être très différentes de celles que nous lui connaissons après qu'elle a fixé de l'eau ; car les matières organiques sont susceptibles de s'unir à l'eau en des proportions définies de deux manières : i"* en conservant plus ou moins leurs propriétés principales , comme un sel minéral anhydre qui fixe de l'eau de cristallisation ; 2"* en acquérant des propriétés absolument distinctes de celles qu'elles avaient avant de s'être combinées avec ce liquide , comme l'amidon qui , sous l'in- fluence de l'acide sulfurique faible , en fixant de l'eau , se convertit en sucre de raisin. 1198. Au reste, quelle que soit celle des deux opinions que l'on préfère à l'autre , je vais résumer l'explication de la saponification (a) dans l'hypo- thèse où les corps gras saponifiables sont considé- rés comme immédiatement formés d'oxygène , de carbone et d'hydrogène , {b) dans l'hypothèse où ils sont considérés comme immédiatement formés d'acides gras et d'un composé qui , en fixant de Tcau , forme la glycérine ou l'éthal. ^9 45 O LIV. VI. De la saponification dans la première hypothiu. 1 199. Les stéarines, Toléine , la phocénine^la butirine, Thircine, sont formées d'oxygène, de carbone et d'hydrogène dans des proportions telles, qu'une portion de leurs éléments représente ud acide gras fixe ou volatil , tandis que l'autre portion 4- de l'eau représentent la glycérine. La cétineest formée des mêmes éléments , dans des proportiop> telles, qu'une portion représente une matière acidt grasse fixe , tandis que l'autre portion consistant eu carbone et en hydrogène (dans la proportion des éléments de l'hydrogène percarburé)+de l'eaa. re- présentent l'éthal. Maintenant ces corps saponifia- blés sont-ils soumis à l'action d'une base salifiabk suffisamment énergique ; l'équilibre des éléoieots est rompue, la force alcaline détermine l'acidité dans une portion de la masse des substances sapo- nifiables, tandis que le reste de cette masse, ec fixant de l'eau , constitue la glycérine ou l'éthal Dans cette hypothèse, la saponification estunph^ nomène du même genre que celui que présenteot les métaux , lorsqu'ils se dissolvent dans un acidt en s'oxydant aux dépens de l'eau; il n'y a à différence que dans la nature de la force qui ev développée : dans la saponification , c'est la force alcaline qui détermine le développement de la fot^ acide i et , dans la dissolution des métaux , c>>- / r C9PECC8 DE C0EP8 GlAS. ]:}l la force acide qui détermine le développement de la force alcaline : dan.s les deux cas« des seU sont forinés avec des matériaux qui ne contenaient « tout développé, qu'un seul des principes immé- diats des sels produits. De la êapofiificaiion dans la uconde hypothèse. I2UO. Les stéarines, l'oléine , la phocénine* la biitirine, sont des espèces de sels formés d'un acide grn9 anhydre, fixe ou volatil, et de glycérine an- hydre; la cétine est également une espèce de sel, mais la base qui neutralise la partie acide, au lieu d*ètre de la glycérine est de Thydrogéne percar* buré; cette composition rapproche la cétine des éthers , qu'on regarde comme des composés d'un ;icîde et d'hydrogène percarburé. Dans cette hypo- thèse, la saponification n'est que la décomposition d'un sel gras par une base salifiable qui prend la place de la glycérine anhydre ou de l'hydrogène percarburé , pendant que ces derniers corps , en fixant de l'eau , donnent la glycérine syrupeuse ou réthal. FIN. jq. ^E= NOTES. PBËHIÂBE NOTE. Sur l*anafys€ du beurre de chèvre. {a) Je n'ai eu que 4§,5 de sels barytîques prorcnant deli décomposition du savon de beurre de chèvre. Cette quaniitt a été mise avec ias,5 d'eau à aa*. Au moment du cootici il s'est dégagé une odeur mixte d'acide caproîque cl d'acide hircique. On a obtenu une i'* solution formée de Eau » Sel «6.«» 1" résidu: mis avec i4c,64d'eau9 iladonnéunea**o&û« formée de Eau 100 Sel 9»«9 a* résidu : mis avec i ig,5o d'eau» il a donné une 3* sobéo' formée de Eau loo Sel 3,t5 3* résidu : mis avec a i^^^i d'eau, il a donné une 4* solutio' formée de Eaa loo Sel. 0^755 NOT£8. 4^3 4* résidu: mU arec 5o* d'eau > il a doQQé une 5* sohàthn formée de Bau loo Sel - . . . o,5o 5* résidu : sa dissolution a donné des cristaux semblables à ceux de la 5* solution ; ils y ont été réunis. (&) Les cristaux des 5* et 6* solutions étaient semblables aux cristaux de caprate impur ; et sans l'odeur très forte d'acide hircîque qu'ils exhalaient , on aurait pu les confondre avec eux. N'ayant pas eu o^,4 ^^ <^9 cristaux pour mes essais , et d'un autre côté^ n'ayant fait qu'entreyoir quelques unes des propriétés de l'hirciate de baryle^ et n'étant pas sûr de la capacité de saturation de son acide , il m'a été impossible de m'assurer si ces cristaux sont réellement un mélange de caprate et d'hirciate de baryte. Ce qu*il y a d'important , c'est d'a\K>ir constaté que le principe odorant qui distingue le lait de chèvre du lait de vache se retrouve dans les sels ba^ ry tiques provenant de Vanafyse du savon du beurre de chè- vre. Tous les faits connus actuellement s'accordent pour faire considérer ce principe odorant comme un acide dont l'odeur est celle de l'acide hîrcique. DEUXIÈME NOTE. Des réêultatê de radian de l'oxygène sur la graisse de porc. {a) De la graisse de porc étendue sur les parois d'un flacon à l'émeri rempli d'oxygène^ a été abandonnée dans un lieu où le soleil ne donne pas. Au bout de trois ans 9 la plus grande partie du gaz était absorbée; et s'il s'était produit du gaz acide carbonique 9 ce n'était que dans une proportion extrê^ 454 NOTES. moment faible. La graisse semblait aroir perdu de sa fusibi- lité , car, après l'avoir fondue , elle commençait à se troubler à 55<>; mais la solidification ne se faisait qu*à ^y^ : ayant d'aroir été soumiseà Faction de i'air^ 27® était bien le point de solidification de la graisse 9 mais le trouble' ne commençait qu'à 3 1^. Quand la graisse se figeait 9 elle présentait à sa surface des inégalités plus grandes qu'avant d'avoir été soumise à Faction de Tozy- gène. Elle était blanche et exhalait une forte odeur de rame évidemment aromatique et acide. {b) La graisse a été agitée à plusieurs reprises avec l'eau. Chaque fois l'eau a été filtrée après être restée Tingt- quatre heures en contact avec la graisse. Je vais examiner. i« les lavages de la graisse rance^ a* la graisse ranoe lavée. S l". Lauage aqueux de la graisse ronce. (c) Il était acide et odorant. Son odeur était absolunieni semblable à celle de lu graisse rance. {d) Il a été disUllé. Hésidii de la (e) Ce résidu était jaune, acide et amer; il était recouvert dégouttes huileuses orangées f qui m'ontparuanahguesà ta- cide oléiquedel'adipocire des cadavres {g^S). Ces gouttes ont été séparées du liquide qu'elles recouvraient ; celui-ci, éva- poré à siccité et repris par l'eau froide y a encore abandonne des gouttes huileuses qu'on a séparées. Aprè^ce traitement le liquide aqueux était moins coloré 1 moins amer • sa sayeur acide était plus franche; elle était mêlée cependant d'uo goût d'empyreume. Ce liquide ^ évaporé , donnait un extrait orangé absolument distinct de la glycérine, qui paraissait forme d'une substance grasse et .d'une substance incristalliaable. — L'extrait se séchait à Tair, sa solution aqueuse ne précipitait l'eau de baryte que très légèrement ; en faisant évaporer j siccité^ et traitant ce qui restait pur l'alcool, celui-ci nVn* NOTES. 455 levait qu'une trace d*uQ sel barytique et d*une huile acide orangée précipitable de l'alcool au moyen de l'eau. {/) Les expériences précédentes me font considérerle résidu de la distillation {d) comme un composé d*€icide oléûfue, de principe colorant orange, d'un acide fixe soluble dans Veau , uni peut-être à une substance organique non acide, [g) Le produit de la distillation {d) avait l'odeur de la Prpdait de la graisse rance ; on l'a distillé après l'avoir neutralisé par l'eau de baryte. On a obtenu, \^ un produit volatil, 2^ un résidu salin barytique. {h) Il avait l'odeur de la graisse rance 9 sauf l'odeur acide Prodait de cette substance. Cette odeur était absolument semblable à celle d'un produit non acide que l'on obtient en distillant les graisses avec le contact de l'air. La dissolution aqueuse du principe odorant non acide de la graisse rance , conservée pendant quelques mois dans un flacon fermé, prenait l'odeur du fromage de Roquefort. (i) Ce résidu a été traité à trois reprises par trois portions Résidu salin d'eau : brytiquc. Le r' lavage était formé de Eau • 100 Sel 9^^ Le a* lavage était formé de Eau / ! quant, qu'on n'a pas déterminées. 3Cl«. * • • • • '' Le 3* lavage était formé de Eau. 100 Sel 1,01 (A) Il semble que dans le résidu salin il y avait deux sels barytiques : cependant, comme je ne les ai pas séparés, jo Lavagef alcooiiqaes. Résida in- dissous par i'alcooi. 456 NOTES. n'assure pas cette conclusion ; j'ajouterai seulement que b matière acide des sels barytiques, isolée de la baryte, h présente à l'état d'un hydrate oléagineux semblable à l'acide caproîque hydraté. — Et s'il existe deux acides volatils dao> la graisse rance » il faudrait rechercher si l'un est prodoH par la stéarine, et l'autre par l'oléine. 5 II. Examen de la graisse rance iavée. (m) Elle a été traitée par son poids d'alcool d'une deofii' de OySai bouillant — On a filtré la liqueur après qu'elle été refroidie, et on l'a fait évaporer; il est resté un extni( huileux, liquide à i5<», visqueux au-Kiessous de cette tempe rature, très acide , soluble en toutes proportions dans Tal- cool froid, d'une densité de o,8ai.Je n'ai point examinée résidu indissous dans l'alcool ; il m'a paru formé , pour l plus grande partie au moins , de stéarine et d'oléine. (n) L'extrait huileux (m) a cédé à l'eau bouillante u^ matière jaune semblable à celle qui est décrite (e) : quao^ il a eu cessé d'en céder, on l'a dissous dans l'alcool et prr ciplté par l'eau; celle-ci a encore dissous de la nmtièrejaun' (o) L'extrait huileux , après le traitement précédent , étJ visqueux à 1 5* ; il semblait être formé d'une substance !> quide, et d'une substance solide interposée dans la pi^ mière. On l'a traité par la magnésie, au milieu de I^j bouillante ; celle-ci ne retenait presque rien en dissoluti()< Quant à la matière huileuse qui avait fait pâte avec la \&^ gnésie, on l'a traitée par l'alcool froid, puis par Talco» bouillant. {p) Les lavages alcooliques contenaient iine graisse ne* acide avec un peu de savon de magnésie, {q) Ce résidu était formé de margaraie et d'oiéate ^ magnésie^ et probablement de stéarate de la tn/éme base, h' NOTES. 457 acides séparés de la magnésie étaient à 18*, en partie sous la forme d'aiguilles , et en partie à Fétat liquide. Je me suis assuré que la matière dont je parle s'unissait à la potasse sans perdre de son poids et sans changer de fusibilité , et que le savon de potasse se conrertissait dans l'eau en matière nacrée et en oléate, (r)La graisse de porc, exposée au contact du gaz oxygène i\ la température ordinaire, absoii>eune quantité considérable de ce gaz. L'oléine et la stéarine se changent , 1* En principe colorani orangé f ^* En acide Jijùe sohible dans Teau ^ 3* En une substance non acide soluble dans Veau , 4* En un principe volatil non acide , 5* En un ou deux acides volatils, congénères des acides gras yolatils qui forment le a* genre des espèces décrites dans cet ouTrage. C'est au principe volatil non acide, et à la matière acide volatile, que la graisse rance doit son odeur. Il est probable que tous ces principes volatils se forment dans la distillation des graisses, telle qu'on fait ordinairement cette opération. 6* En acides gras fixes. TROISIEME NOTE. De faction de l'acide sulfurique sur le$ êtéarines et l'oléine. . PRBMiiRE SECTION. Dl l'ICTIOM DB l'ICIOB SOLrDIIQVB SOI LA GBA188B DB rOBC (a) 6t,5 de graisse de porc, mêlés avec 6*, 5 d'acide sulfu- rique concentré, ont été exposés à 100* pendant quelques mi- q58 NOTES. nutes; les matières se sont colorées légèrement en bran, ei une petite quantité de gat sulfureux s'est dégagé. (i) Au bout de huit jours les matières ont été étendues avec 5o' d'eau : on a séparé un liquide €u:ide d'une matière gnaste. (c) La matière grasse mise airec loo* d'eau a formé une émulsion homogène qui a été décomposée dès qu*OD a e« neutralisé à chaud l'acide sulfurique de cette émulsion ptr la magnésie: la matière grasse, d'abord fluide , a pris peu à peu de la consistance en se combinant à la magnésie qu'oo a?ait ajoutée en excès. Le saron magnésien a été laré 4 Teaa bouillante. {d) Je Tais examiner, i* ^ liquide adde {b) ; a*ile Uquùk aqueux au sein duquel la matière grasse s'était unie è la ma- gnésie ; 3* le savon magnésien. L'eau qui arait serri à le larer a été réunie au liquide aqueux. § I. Le liquide acide {b). (e) Il a été mêlé à un léger excès d'eau de baryte, on a filtré ; je n'ai pas recherché si le précipité contenait quelqus autre sel insoluble que le sulfate de baryte. La liqueur filtrée, éyaporée à siccité, a laissé un résidu qui a été traité par l'al- cool. On a obtenu une matière indissoute et une soluiion air coolique. [f) Modère indissoute [é). C'était un sel de baryte dont l'acide me parait analogue à l'acide sulfos^inique , c'est pourquoi je le désignerai par le nom dTacide suifoadipique. Cet acide estprobablement formé d'acide hyposulfurique uni à uue matière organique. Le sulfoadipate de baryte pesait o%33, abstraction faite du sous-carbonate de baiytequiy était mêlé. Il était très soluble dans l'eau et presque insoluble dans l'alcool. Lorsqu'on le distillait dans un tube contenant un peu d'air, on obtenait entre autres produits 9 1* une Tapeur acidf NOTES. /|59 empyreumatique extrêmement acre, daos laquelle oa recon- naissait la présence de l'acide sulfureux et du gaz acide hydro- sulfurique; a* du soufre; 3* du sulfure de baryte mêlé de char- bon. Le sulfoadipate de baryte ayait une saveur d'abord pi- quante et ensuite légèrement douceâtre ; je ne l'ai pas obtenu cristallisé. Lorsqu'on en précipitait la baryte par l'acide sul- furique, on en retirait un acide syrupeux d'une saveur très aigre qui donnait à la distillation des produits analogues à ceux du sel, avec cette différence qu'ils étaient plus acres et plus huileux. Il restait beaucoup de charbon. (g) Solution alcoolique (e). Évaporée à siccité, elle a laissé o',ao d'un résidu qui contenait du sulfoadipate de baryte et une matière organique soluble dans l'eau et dans l'alcool, sy- rupeuSe, douceâtre, qui peut-être était de \sl ^ycérine, § II. Du liquide aqueux {d). (h) U était neutre aux réactifs colorés. On Ta fait évaporer : l'alcool^ appliqué au résidu de l'évaporation , a séparé du sulfate de magnésie. La solution alcoolique étendue d'eau a été concentrée puis mêlée à de l'eau de baryte ; celle-ci a précipité de la magnésie et une matière organique qui était en trop petite quantité pour être examinée. Quant à la solu- tion aqueuse, elle m'a paru formée, pour la plus grande partie au moins, de sulfoadipate de baryte , car cette solu- tion évaporée a laissé o'^o^ d'un résidu insoluble ou peu so- luble dans l'alcool, soluble dans l'eau, qui donnait à la diS' tillatlon les mêmes produits que le sel (y*). S III. Du savon tnagnésien {d), (i) U a été lavé à trois reprises par quinze fois son poids d'alcool bouillant. Les lavages ont donné un dépôt qui a été séparé par la filtration. 460 NOTES. AinCLB 1. Rètida indiaioiu. (Ai) Il a été décomposé par l'acide h jdrochlorique ; on a ob- tenu 1^,9 d'une matière prisse, brune, Jusîble à 48% qui s'est dissoute instantanément dans la potasse très étendue. Cette matière séparée de la potasse, après aroir bouilli ayec elle, ayaît la même fusibilité qu'auparayant , ainsi que le même poids; ce qui proure qu'elle était entièrement acide. Elle faisait une émulsion ayec l'eau acidulée par l'acide sulfurique et hy- drochlorique. Cette émulsion était décomposée, i* par la con- centration, a^ par la neutralisation de l'acide sulfurique on hydro-chlorique, 3* par un excès d'acide sulfurique ou hjdro- chlorique. La matière grasse était en §;rande partie formée d'adde margarique , d*adde oléique , et probablement dia- cide stéariqucj et d'une substance qui communiquait à ces trois acides la propriété de faire émulsion ayec l'eau acidulée. Cette dernière substance contenait probablement de l'acide h jposulfurique ^ car elle donnait à la distillation beaucoup d'acide bjdrosulfurique^ et sa combinaison ayec la barjte donnait beaucoup de sulfure quand on la chauffait au rouge. ARTICLE II. Dépôt CO- CO C'était un sayon magnésien dont les acides gras pe- saient 0,^95, étaient fusibles à 47'» et n'ayaient point la pro- priété de faire émulsion ayec l'eau acidulée, soit à chaud soit à froid. Ils ne donnaient pas ou presque pas de produit sulfuré à la distillation. NOTES. 4^1 ÀKIICLE III. N Matière restée en solation dans l'alcool refroidi. (m) Cette matière, après aroir été séparée de l'alcool, n'a rien cédé à l'eau, si ce n'est une trace d'un sel magnésien. Traitée par Tàlcool froid, on en a séparé une matière insolu- ble pesant' o<, 18, dont la composition était analogue à celle du dépSt (/). Quant à la solution alcoolique, elle a laissé après l'éyaporadon 1^,60 d'une substance rougsdtre qui a cédé à l'acide hydrochlorique o<,o3 de magnésie : on n'a pas recherché si l'acide n'ayait dissous absolument que de la ma- gnésie. (n) Elle était orangée, elle faisait émukion arec l'eau aci- Propriétés dulée chaude; elle absorbait l'eau froide. Quand on la laissait ^^ roageàtiê refroidir, après l'avoir fondue, elle se congelait à si9*,5, ou p"»** d« nia^esie plutôt à cette température elle prenait beaucoup de consis- pesant 1,57. tance sans derenir absolument solide. (o) G*, 5 de cette substance ont été uhauffés dans l'eau; ils se sont fondus sans que l'eau ait paru agir dessus, ayant ajouté 'de l'eau de baryte sur-le-champ la matière grasse a pris de la consistance, parce qu'elle s'est combinée à l'al- cali. Cependant la combinaison est devenue fluide sans que l'eau bouillit; on a décanté l'eau de baryte qui était en ex- cès, on a lavé la matière insoluble avec l'eau bouillante,, puis avec l'alcool bouillant. (p) Résidu iruUsiouspar l'eau et l'alcooL La baryte ayant été séparée de ce résidu par l'acide hydrochlorique , on a obtenu une matière d'un rouge orangé qui avait les propriétés suivantes : elle était fusible à aS*, elle absorbait l'eau froide; elle faisait avec l'eau acidulée une émulsion décomposable par la concentration , les acides et la magnésie. Elle était soiuble dans l'eau de potasse, et en se combinant à cet ai- 462 NOTES. cali elle n'éprouTaît aucun changement de fusibilité; sa dis- solution alcaline laissait précipiter du bimargarate de potasse mêlé peut- être de bistéarate. La matière d'un rouge orangé donnait beaucoup d'acide h jdrosulfurique à la di5tillatioD;je pense qu'elle différait de la matière ffxuse, brune y fusible à ifi*{k)f en ce qu'elle contenait de plus grandes proportùms d'acide oléique et de la substance que j'ai considérée comme formée d'acide hjposulfurlque et d'une matière organique ; j'ignore les rapports que cette substance pouvait atoir arec l'acide sulfoadipique. {q) Lavage aqueuœ du résidu (/?)• Il contenait de la in- ryte unie ù une matière qui donnait à la distillation des pro- duits sulfurés. (r) Lavage alcoolique du résidu (p), H contenait une por- tion de matière analogue au résidu (p). Goaféqaen< La graisse de porc traitée par son poids d'acide sulfurique a donné : i* De l'acide sulfoadipique ^ qui est incristalli sable ^ so- luble dans l'eau et l'alcool ; qui donne des produits sulfurés par la distillation , et qui forme ayec la baryte un sel solable dans l'eau et presque insoluble dans l'alcool. 2* Une matière soluhle dans Veau et t alcool , incristalii- sable, douceâtre. Je suis d'autant plus porté à croire que cette matière était de la glycérine ^ que la graisse de poro traitée par la moitié de. son poids d'acide sulfurique a fourni une substance qui a les plus grandes analogies avec la glyoériae* Gomme cette dernière elle conservait sa liquidité dans le Tide sec; sa saveur était douce; cependant elle avait un arrière- goût piquant qu'elle devait à une petite quantité de sulfoadi- pate de baryte qu'on y découvrait par la distillation* Si i< n'avais pas trouvé ce sel dans la substaace dont îepsrk» j'aurais prononcé sans hésitation son identité avec laglycéria^' 3'* De l'acide margarique. ces. '«p ai tii N0TB8. 4^3 ^; 4* ^^ Pacide oléique, ^^, 5* De l'acide stéarique : mais ce dernier n*a pas été isolé ^ des deux précédents. ^ 6** Une substance organique combinée probablement à de fg r acide kyposulfurique. C'est elle qui donnait aux acides pré- _ cédents la propriété de faire émulsion a?ec Teau acidulée. Le ^1 temps ne m'a pas permis de l'isoler de ces acides ; cependant j'aurais bien désiré saroir si elle est réellement distincte de l'acide sulfoadipique f comme il le paraîtrait d'après ce résultat 5 que quand on la traite par la baryte ainsi que les acides gras qui V accompagnent , la combinaison de cette substance avec la baryte reste pour la plus grande partie unie ou mélangée avec le savon barytique forme' par les acides gras; et si^ dans le cas où la substance est distincte de l'acide sulfoadipique , cette même substance ne pourrait être con- sidérée comme une combinaison d'acides gras fixes et d'a- cide hyposulfurique , tandis que l'acide sulfoadipique pour- rait être considéré comme une combinaison de glycérine et d'acide hyposulfurique. On Yoit donc qu'en traitant par l'acide sulfurique la graisse de porc , cette matière se partage , comme dans la saponifica- tion , en deux portions très inégales: i* l'une qui est soluble élans l'eau, et qui est formée d'acide sulfoadipique et d'une substance qui paraît être de la glycérine ; a* l'autre qui est ' insoluble dans l'eau , et qui est formée d'acides gras fixes et d'une substance dont la composition est analogue à celle de l'acide sulfoadipique. Je me suis assuré que dans le traitement précédent il ne se produit pas de quantité notable d'acide acétique. Je n'ai point recherché s'il se produit quelque substance alcaline. i 464 NOTES. DEUXIÈME SECTION. DB l'action DB l'acide SDLFDIIQUB SOI LA flriAEIRB 01 MOOTOH. (a) 6^,68 de stéarine de mouton fusible à 43* ont été traités par 6K968 d*acide sulfurique comme la graisse de porc. Les phénomènes pendant l'action ont été les mêmes. (b) Au bout de huit jours les matières ont été mises en contact ayec Teau ; on a obtenu un liquide acide et une ma- tière grasse qui a fait émulsion avec Teau quand elle a été séparée du liquide acide. Cette émulsion a été réduite par la magnésie en un liquide aqueux et en un savon de magnésie. S I. Du liquide acide {b), (c) Ce liquide a été mêlé à une quantité d'eau de baryte un peu plus que suffisante pour précipiter tout Tacide sulfu- rique qu'il contenait. Le liquide filtré a été distillé ; le pro- duit m'a paru contenir une trace d'acide acétique. Le résidu de la distillation contenait, l'de l'acide sulfoadipique; a" une matière organique soluble dans l'alcool et dans l'eau, syru- peuse, douceâtre, qui peut-être était de la glycérine. L'acide sulfoadipique était représenté par o<,45 de sulfoadipate de baryte. La seconde matière pesait o^,a, mais elle retenait du sulfoadipate de baryte. § II. Du liquide aqueux [b). {d) Il a été éyaporé à siccité. L'alcool a séparé du résidu du sulfate de magnésie : il a dissous du sulfoadipate de ma- gnésie, et peut-être une matière organique. S III. Du savon de magnésie. {e) Il a été traité cinq fois par l'alcool froid, puis deux fois par l'alcool bouillant. Je vais examiner, 1^ le résidu indissous NOTES. 4^^ par talcool; a° la matière dissoute par Valcaol froid; y* la matière dissoute par Valcool bouillant, ÀRTIGLC I. Réûdn indiuoiu par l'alcooL ^f) Il a été décomposé par Facide salfurique. On a obtenu une graisse jaune fusible à ^^^ pesant 2^,95 , qui ne faisait pas émulsion ni arec Teau pure ni a?ec Teau acidulée, soit à chaud soit à froid. Cette graisse était entièrement saponi- fiée, car l'ayant mise dans Teau de potasse faible et chaude elle a été dissoute sur-le-champ. La liqueur ayant été bouil- lie , le saron ayant été décomposé par l'acide phosphoriquc , on a obtenu une graisse fusible à b'p^ qui pesait autant que la matière qui ayait été unie à la potasse. Cette graisse était formée diacides stéarique, margarique et oléique; on en a obtenu de l'acide stéarique fusible à 69*, très brillant, qui ne donnait pas une trace de gaz sulfuré à la distillation. À&TIGLB II. Matière dissoute par l'alcool froid. (g) Elle pesait 1^,75 ; elle était jaune; mise arec loo'd^ean chaude elle n^a pas fait émulsion, mais elle est deyenue en | partie floconneuse. L'eau n'a dissous qu'une trace d'un sel magnésien ; comme cette matière était acide, on l'a neutra- lisée par un lait de magnésie : l'eau ne contensdt presque pas de matière soluble. [h) En traitant le sayon par l'alcool, j'ai réduit la ma- tière organique qui le constituait, \^ En une graisse acide pesant o^, 19, fusible à 44^, qui ne faisait point émulsion ayec l'eau, et qui était entièrement saponifiée; 3o 466 NOTES. 3® En une graisse acide pesant 1*954 fusible à 36^, q^ faisait légèrement émulsion arec l'eau acidulée; elle n'tti pas entièrement saponifiée : car après ayoir été bouillie d .• la potasse et séparée de cet alcali , elle était fusible à 'i'; Dans cet état^ elle faisait émulsion ayec l'eau acidulée comir auparavant ; distillée , elle donnait des produits sulfurés. {k) La substance qui donnait à la matière précédente ^ propriété de faire émulsion arec l'eau était analogue à cr dont j'ai parlé dans la 1'* section de cette note (^]. ARTICLE UI. Matière dÎMOute par l'alcool boaiUant. (/) Cette dissolution s'était abondamment troublée pjr refroidissement : elle a été filtrée. (m) Matière précipitée par refroidissement. G*était mélange de graisBe acide , de sayon de magnésie et de graisse non acide. Ayant neutralisé par la magnésie, p traité par l'alcool, on a obtenu 9 1* o*,7 d'une graisse entièrement acide Jusible à ^v a* 0*9 a d'une graisse non acide fusible à 4%* (cette c tière était de la stéarine qui n'arait pas été ea contact ;i^'' l'acide sulfurique). (it) Matière restée en dissobuion dans V alcool Jroid. \ était entièrement acide, fusible à 44*> ®^^^ i^ faisait pas^^^ qu'extrêmement peu, émulsion ayec l'eau ; elle pesait o'.'' elle donnait des produits sulfurés à la distillation. ( o ) Lorsqu'à une température de 5o* on traite le suif \ la moitié de son poids d'acide sulfurique concentré, on - tient , en layant les matières ayec l'eau , un layage qui c tient de Vadde hircique et une substance qui a les plus grai '• rapports ayec la glycérine. La matière indissoute par Yf contient des acides gras fixes. NOTES. 467 (^ ) On YoU que Tactioa de Tadde sulfurique sur la stéa- Gonclaaîon< rine est tout-à-faît analogue à celle qu'il exerce sur la graisse de porc j et que par ce traitement on obtient entre autres produits de V acide stéarique bien caractérisé, (ç) M. Braconnot, ayant moi, ayait obserré que le suif traité par la moitié de son poids d'acide sulfurique est changé en une matière qui a une grande aptitude à se com- biner avec les alcalis, QUATRIÈME NOTE. PBEMIÈRE SECTION. ACTION DR l'aCIDB SOLrUBIQCI 8UI LA PIOC^HIRB. {a) 1^9 5 de phocénine ont été mis|aYec i',5 diacide sul- furique à 66% on a fait chauffera 100% on a abandonné les matières à elles-mêmes: au bout de huit jours elles exha^ laient une odeur mixle d'acide phocénique et d'acide sulfu- reux. On a yersé dessus 40^ d'eau ; peu à peu une matière huileuse s'est séparée à la surface de l'eau. Quand celle-ci a été transparente on l'a pompée ayec une pipette. Elle sera examinée sous la dénomination de liquide acide. {b) La matière huileuse a fait émulsion ayec 5o' d'eau; cette émulsion a été décomposée par la magnésie. On a obtenu un liquide aqueux neutre et un saumon magnésien, § I*'. Liquide acide et Uquide aqueux neutre, ( c) On a précipité l'acide sulfurique de ce liquide acide par un léger excès d'eau de baryte , et on a filtré la liqueur pour séparer le sulfate de baryte'. ' Oq n'a pas recherché si le sulfate de baryte séparé était pur. 3o. 468 NOTES. {d) On a ëyaporé le liquide aqueux neutre à siccité ; le résidu a été traité par Talcool : il est resté du sulfate de ma- gnésie. L'extrait alcoolique éraporé à siccité a été dissoas dans Teau, puis mêlé à Teau de baryte pour en séparer U magnésie. La liqueur filtrée a été réunie à la liqueur (c). {e) Les deux liqueurs c etd, contenant de la baryte^ontété distillées arec de Tacide phosphorique. On a obtenu deTacide phocénique représenté par 0^,^00 de phocénate de baryte seo; mais on en avait perdu. Ce phocénate de baryte distillé n'a pas donné de sulfure ; seulement le résidu j mis avec l'acide hydrocblorique , a laissé dégager une trace d'acide hjdro- sulfurique, qui n'était pas sensible à l'odorat, mais quia noirci le papier imprégné d'acétate de plomb. Ce produit était très probablement accidentel. (y) Le résidu de la distillation, outre l'acide phosphori- que, contenait, 1* une matière organique soluble dans Veau et dans l'alcool, qui était peut-être de la glycérine; 2' de r acide sulfo^adipique. Ces matières pesaient oi:,a5. S II. Du Sayon magnésien, (g) Ce saTon a été traité par l'alcool froid , puis deux fois par l'alcool bouillant. Celui-ci n'a donné qu'un léger dépôl en se refroidissant ÀBTICLB 1. Da résida indis^ous par l'alcool. (A) Ce résidu a été traité par l'acide bydrochlorique ; il a 4onné os, 5 d'un acide qui ayait toutes les propriétés de l'acide oléique coloré : il ne contenait pas ou que très peu de soufre. NOTES. 4^9 ▲ITICLB lU Du dépôt de U solation alcoolique. (») ^6 dépôt, traité par Tacide hydrochlorique , a donné oiyOy d'un acide oléiqae qui ne faisait pas émulsion avec Feau^ et qui à froid était dissous complètement par Teau de potasse^ ▲inCLB III. De U solation alcoolique refiroidie. {k) La solution alcoolique, évaporée à siccité^ a laissé un résidu jaune-orangé qui a été traité par l'acide hydrochlo- rique; la matière grasse pesait 0^,5 1. Elle était peu colorée; elle ne fabait presque pas émulsion avec l'eau acidulée. Elle était dissoute à froid par l'eau de potasse ; cependant la dis- solution n'était pas complètement transparente, et certaine- ment elle contenait une très petite quantité de matière grasse non acide, susceptible de se saponifier; car, par l'ébullitionj^, la dissolution devenait parfaitement limpide. Cette matière, distillée avec de la baryte, a donné uix peu de gas sulfuré x. et une trace de sulfure de baryte* En traitant la phocénine par l'acide sulfurique , on obtient donc, entre autres produits, de l'acide phocénique, de l'acide oléique , et de Tacide sulfoadq>ique« DEUXIÈME SECTION. PB L^ACTIOX BB L'IOIBB MJLrOBIQUB fDB LA BOTIBIBB. La butirine, traitée absolument comme la phocénine, a donné des résultats tout-à-fait analogues; seulement, au lieu d'acide phocénique , on a obtenu de l'acide butirique proba- ùf^O N0TE8 blemtDt uni aax autre» acides Tolatils du beurre 9 et il m'3 semblé que les proportions de l'acide sulfoadipique et de U matière émulsire étaient plus fortes que celles des mêmes matières fournies par la phooénioe. FIN DES NOTBS. >"(f » 1 I /if Ê y /v.i m A ' ^ y !0 ^\¥ -f • >*V I - I TABLE DES MATIERES. LIVRE 1. CiAPirii 1. Définidons Page i nt'fniilioo de re$pèce dans les corps composés a Dr fini lions des mots variété, g^nrtf princes immédiate orfçaniques 4 l/expre5sioii de corps gras ne peut rtre le sujet d*une «Irûnition scientifique 5 <.HAPiTBB 11. Description du procédé au moyen duquel on peut faire V analyse élémentaire des corps fftu. . • S LIVRE 11. 'I ablrati des espèces de corps gras décrites dans Pou- ▼ rage ao ilHAmsLzl, De tacide stéaritpte et des stéarates. ... ai >FCTios 1. De Tacide stéaricpie i^. ^ I. CompoMtioQ iB. ^ a. Propriétés physiques de Tacide hjdraté a3 ^ 5. Propriétés chimiques qu*OQ obserre sans que Tncide soit altéré 34 I ). Propriétés chimiques qu*on obserre dans des cir- constances où Tacide est altéré 3 5 p 5. Siège * St P G. Préparation it, ^ ^« Nomenclature Sa M. ilîaioir« n. 47 3 TABLE DES MATCàKES. Sectioh II. Des stéarates p. 5: Art. 1. Du stéarate de j>otas8e â. Art. II. Du bistèarate de potasse ^ Art. m. Du stéarate de soude >.■ Art, lY. Du bistèarate de soude ST^ Art. T. Du stéarate de baryte ih Art. Ti. Du stéarate de strontîane 5^ Art. yn. Du stéarate de chaux 5: Art. Tiii. Du stéarate de plomb it. Art IX. Du sous-stéarate de plomb 5n Art. X. Du stéarate d'ammoniaque. . , • ib Ghapitbb II. De l'acide margarùfue et des margarates . ô>j Sbgtioet I. De Tacide margarique ib $ 1. Composition i^. S a. Propriétés physiques. Gi 5 3. Propriétés chimiques qu'on observe sans que l'acide soit altéré th S 4* Propriétés chimiques qu'on obserye dans des cir- constances où l'acide est altéré d Sbctioh II. Des margarates €ô Art. I. Du margarate de potasse èh Art. II. Du bimargarate de potasse 6; Art III. Du margarate de soude 6' Art iT. Du bimargarate de soude • • . • 6^ Art. T. Du margarate de baryte 6; Art Ti. Du margarate de strontîane. . • • 6^ Art TU. Du margarate de chaux *...•.. d Art. Tiu. Du margarate de plomb ». (V. Art. CL Du sous-margarate de plomb ih Art. X. Du margarate d'ammoniaque 7* Obserrations sur les acides stéarique et margariqae. • 71 GHAPiriB III. De l'adde oléique etdesoléates «... 7' SlcnoH I, De l'acide oléiqoe ih TASLE DES MATIÂRES. 4?^ § 1. Composition ^5 § a. Propriétés physiques • . 77 S 3. Propriétés chimiques qu*QD obserre sans que Tacide soit altéré ib\ S 4- Propriétés chimiques qu*on obsenre dans des cir- constances où l'acide est altéré 78 S 5. Siège 8» S 6. Préparation ib. S 7. Nomenclature ib. S 8. Histoire 81- Table des termes de fusion , de combinaisons de l'acide oléique avec l'acide margarique * . . 87 Sbctior II. Des oléates 84 Art. I. De l'oléatc de potasse ib-. Art. II. Du sur^oléate de potasse • 87 Art. III. De J'oléate de soude 88 Art. lY. De Toléate de baryte 91 Art. T. De l'oléate de strontiane 9a Art. Yi. De l'oléate de chaux. • , . 93 Art. Yii. De l'oléate de magnésie 94 Art. Yiii. De l'oléate de zinc ib* Art. IX. De l'oléate de cuiYre g5 Art. X. De l'oléate de cobalt 96 Art. XI. De l'oléate de nickel ib. Art. XII. De l'oléate de chrome t^. Art XIII. Du sous-oléate de plomb » . . 97 Art. xiY. De l'oléate d'ammoniaque. . . . r 98 1*' Tableau. Examen comparatif du stéarate de po- tasse de mouton^ du margarate de potasse d'homme et de l'olt'ate de potasse d'homme ib, a* Tableau, Examen comparatif du stéarate de soude de mouton , du margarate de soude d'homme et de l'oléate de soude d'homme ib. 474 TABLE DES MATIÈRES. CâAPiTBB IV. De V acide phocénique et des phocénates. 90 Sbgtioet I. De l'adde phocénique ih, 5 1. Composition ih. S 2. Propriétés physiques 101 § 3. Propriétés chimiques qu'on obserye aana que Tacide soit altéré 101 § 4- Propriétés chimiques qu*on obserre dans des cir- constances où Tacide est altéré iiô S 5. Préparation 104 § 6. Nomenclature ih. / S 7. Siège et hbtoire ih. Section 11. Des phocënates io5 Art. I*'. Du phonénate de baryte ih Art. II. Du phocénate de strontiane io> Art. III. Du phocénate de chaux im) Art. iT. Du phocénate de potasse 1 1» Art. y. Du phocénate de soude m Art. Ti. Du phocénate de plomb 113 Art. yn. Du sous-phocénate de plomb 11* Art. yiii. Du phocénate d*ammoniaque \\\ GHAPiTas V. De Vacide butirique et des butinâtes» . . iiS Sbctioh I. De l'acide butirique ih. 5 1* Composition 1^. 5 B. Propriétés physiques 11; S 3. Propriétés chimiques qu'on obserye sans que Ta- cide soit altéré . . » ibiJ S 4* Propriétés chimiques qu'on obserye dans des cir- constances où l'acide est altéré im § 5. Nomenclature ih 5 6. Siège et histoire t^ Sbctioh 11. Des butirates l'ic Art. I. Du butirate de baryte L^ Art. 11. Du butirate de strontiane ir TABLE DBS MATlitES. /|73 Art. 111* Du butirate de cbaui 1 34 Art. IT. Du butirate de potasse laS Art. r. Du butirate de soude 1:17 Art. VI. Du butirate de plomb. 19H Art. vil. Du sous-butirate de plomb 109 Art. viu. Du butirate de cuivre i5o Art is. Du butirate de linc i3a Art. 1. Du butirate d*aramoniaque i53 CHAriTftB VI. De Vacidt ct^rou/ue et des caproates . i34 SccTioR I. De Tacide capnûque ih. 5 1. Compositioo i^. S 9« Propriétés phy^iqut*^ iTrf) ^ 3. Propriétés chimiques qu'un observr sans que Ta- c'ide suit altéré ibiiL § 4- Propriétés chimiques qu'on observe d«in<» des cir- consta^ices où Tacidc est altéré 1 r>7 ^ 5. Préparation ^ib, ^ 6. Nomenclature lA. \ 7- Siège 138 S 8. Histoire ib. >ECTioii 11. Des caproates ib. Art. I. Du caproate de barjte ib, Kri^ 11. Du caproate de strontiane iTx) krt. III. Du capro%te de chaux i4o irt. IT. Du caproate de potasse i4i kft. ▼• Du caproate de soude ib» irt. ▼!• Du c«pro«te d'ammoniaque 149 iBAPrrmB. yii* De Tacide cuprique et des eapnUes . . i43 Ecnon I- t>t Tacide capriqoe ib. I. Composition ib. '1. Propriété» physiques 145 5. Proprietéi chimiques ib. 4. Prcp«ratî«*n i4ti 47^ TABLE DES MATliRES» 5 5« Nomenclature 146 S 6. Siège ib, S 7. Histoire ib. Section ii. Des caprates ib» Art. I. Du caprate de baryte ib. Art. II. Du caprate de strontiane 149 Ghafitbi YIII. De l'acide hircique. i5i Ghapitbb IX. De la cholestérine i53 5 I. Composition ib. S 2. Propriétés physiques î^- 5 5. Propriétés chimiques que Ton obserye sans que la cholestérine soit altérée i^- 5 4* Propriétés chimiques qu W observe dans des cir- constances où la cholestérine est altérée i56 S 5. Préparation 1^9 § 6. Nomenclature ib' S 7. Histoire. ii' Chapite X. De Viihal 161 $ I. Composition ^^ S a Propriétés physiques 16a S 3. Propriétés chimiques qu'on observe sans que la cétine soit altérée i63 S 4* Propriétés chimiques qu'on observe dans des cir- constances où la cétine est altérée l6; 5 5. Préparation 169 5 6. Nomenclature « . • • ^^ S 7. Histoire '*• Chapitre XI. De la cétine . '• .. - 17^ § 1. Composition « . . i^> S a. Propriétés physiques '^' S 5. Propriétés chimiques qu'on observe sans que la cétine soit altérée • ^ ^ TABLE DE» MATIÉIB8. /|77 S 4* Propriétés chimiqoes qu'on obserre dan» des cir- constances oA la cétine est altérée 171 S 5. Préparation i;6 S 6. Histoire et nomencJalure ih. Cainni XII. De la êtéarine de la gnâsse de mouton . 178 S !• Composition iù, $ 9. Propriétés physiques lA. S 3. Propriétés chimiques qu*on obserre sans que la stéarine soit altérée ib $ 4- Propriétés chimiques qu*on obserre dans des cir* constances oA la stéarine est altérée 1 79 ; 5. Siège 181 i 6. Préparation th. \ 7. Nomenclature ib. i 0. Histoire 18a la Arma XllI. De la sU^arine de grouse d*homme. . . i85 a. Composition • ib» 0. Propriétés physiques iù. 3. Propriétés chimiques qu*on obserre sans que la »trarine soit altérée ib. 4. Propriétés chimiques qn'on obserre dans des ctr- rcm^tances où la stéarine est altérée 184 a. Siège ib. Bkm%%Xiy. De roicine i85 1. Composition • ib. a. Propriétés physique* lA. 3. Propriétés chimiques qu*on observe sans que IV Icine soit altérée |86 /|. Propriétés chimiques qu'on obsenre dans des cir- constances où Tolétne est altérée ib. 5. Sirge i8)i <>• Préparation ib. «". Nomenclature 1^. 47S TABLE DES MATIÈRES. S B. Histoire û. Ghapitbb XV. De la phocénine 1^ S 1. P/opriétés physiques ù 5 a. Propriétés chimiques iV 5 5. Préparation lo 5 4* Nomenclature i^ $ 5. Histoire il Chapitbe XYI. De la butinne i(r § 1. Propriétés physiques il S a. Propriétés chimiques it 5 3. Préparation u} § 4* Nomenclature lu. § 5. Histoire I I Chapitib XVII. De l'hircine . 10 LIVRE III. PnÉPARÀTIOlf DES ESPECES DE GOBPS GBiS lOr Chapitre I. Préparation des acides gras, et analyse des produits de la saponification des corps gras du 5* et du C* genre ih Section i. Préparation des corps gras que l'on Teut saponifier ur § 1. Préparation des gniisses d'homme, de porc, de bœuf, de mouton, etc ih 5 a. Préparation de Thuile de dauphin ou de marsouin . k 5 5. Préparation du beurre 19^ Sbctioit II. Saponification par la potasse des graisses , de l'huile de dauphin ou de marsouin , du beurre • . v Segtiok m. Analyse des produits des saponifications précédentes np. S 1 . Analyse de la matière grasse saponifiée , et prépa- ration des acides gras fixes 21M TABLE DES MATIÈRES. 479 Art. 1. Analyse de la matière grasse du sayon de graisse humaine formée d'acides margarique et oléique . . . ib. Art. II. Analyse de la matière grasse formée d'acide? stéarique, margarique et oléique , provenant des sayons des graisses de mouton, de bœuf et de porc. . ao6 S a. Examen du liquide aqueux ; préparation de la gly- cérine et des acides yolatils . . . . , 209 Art. I. Préparation de Tacide phocénique hydraté . . . aia Art. il. Préparation des acides volatils du beurre. . . . ai5 Préparation de l'acide butirique a3i Préparation de l'acide caproîque a54 Préparation de Tacide caprique a35 Art. m. Préparation de l'acide hircique 256 GHAPinBlI. Préparation et saponification de la cétine • 237 5 I- Préparation de la cétine i^« S 2. Analyse des produit» de la saponification de la cé- tine, et préparation de l'éthal 23^ Chapitre III. Analyse immédiate des graisses gui sont principalement formées de stéarine et d'oléine, et pré' parution de ces dewr substances 244 Formule pour séparer les différents produits qui se ma- nifestent dans le traitement des corps gras saponifia- bles par la potasse 24B LIVRE IV. EXAHEII GOMPARiTlF DE FLUSIEUES SORTES DE GRAISSES ET DU GRAS DES CADAVRES 24g Chapitre I ib^ § I . De plusieurs propriétés que l'on peut reconnaître dans les graisses sans les décomposer ib^ S 2. Des changements de nature que les graisses éprou- vent par l'action de la potasse 252 48o TABLE DES MATIÈRES. S 3. Examen comparatif des acides gras fixes de plu- sieurs sortes de graisses ?> Art. I. Des matières nacrées et de leurs acides i> Art. II. De l'acide oléique ^^ § 4* Examen comparatif de la stéarine et de Toléine de diverses graisses i' Art. I. Des stéarines Art. II. Des oléines 2t § 5. Conséquences des faits compris dans les quatre paragraphes précédents -:<- GHAPiTaB II. Examen du beurre de vache , et prépara- tion de la butirine r Segtioii I. Séparation de la partie grasse du beurre d'arec le lait de beurre Sbgtioh II. Des propriétés du beurre et de son analyse., r' 5 1. Des propriétés que l'on peut obserrer dans le beurre 9 sans que ses principes immédiats soient sé- parés h il 5 9. De la saponification du beurre par la potasse . . . r 5 3. Analyse du beurre par l'alcool ' Art. I. Des liquides aqueux n**' i et 3 , et de l'alcool qui ayait serri à l'analyse du beurre v, Art. II. De la stéarine du beurre ::; Art. III. De l'huile n* i . * ; Art. IV. De l'huile n® a :i Sbctiov III. De la préparation de la butirine :i Chàpitib III. Examen de plusieurs huiles de cétacés « :i Sbctioh I. Examen de l'huile du marsouin commun . . J S 1. Préparation t 5 a. Propriétés de l'huile \ % 3. Analyse de l'huile par l'alcool , et préparation de la phocénine «l Sbctiov ii. Examen de l'huile du delphinus ghbiceps . ^ TABLE DES MATIÈRES. <|8l S I. Préparation • • 991 5 a. Proprictês de cette huile • • . • • ib, S 5. Analyse chimique de Thuile du delpkùuu globi'- crpt par »on eipo»ition au froid 999 Art. 1** Eiamen de la substance criMallisce • ib^ Art. 11. Examen de l*huile de dauphin 9 dont on atait ^paré les cri Maux de rétine • 99) Sectioji III. Exumen de Thuile de poisson du com* merce • • 9ç)7 Art. I. Examen de la partie liquide de lliuile de pois- Mtn 9()8 Art. 11. Examen de la matière grasse concrète de Thuile de poisson 3oo ^^fiAP. lY.ExamrndupnsdcscaJavrrsetdetadipocire, 3i>3 { 1. Analyse du gras extrait d*on cadaire du cimetière c Io9 Innocents • 3o4 ki-f. i**. Examen du résidu insoluble dans Talcool . . • 3o5 if r. II. Examen du dépôt formé dans les latages alcoo- liques S07 1 1 . III. Examen des laTages alcooliques dont le dépAt précédent s*était séparé ib. rt. !▼• Conséquences de Texamen précédent J09 3. Examen de Padipocire 3io rt. 1. Examen de la matière nacrée du savon d*adi- pocire 3i3 t r. II. Examen de Taride huileux ib. t. III. Examen de Teau-mère du saTon d'adipocire • • 3i4 t . iT. Conséquences ib. 7p 517 Ci. Moelle d*un os cooTertie en partie en gras. • . . ib* t. II. Gras de bélier, formé au milieu d*une eau •.c.ignaote qui contenait du sulfate et du carbonate de liuux 3i8 3l .^82 TABLE DES MATIERES. LIVRE V. iNTRODtiCTIOW '^■ I*'* pABTiE. De la saponification considérêt parrap- port aux corps gras '• Chapitbb I -^ § 1. Y a-t-il production d'acîde acétique dans la sapo- nification § 2. Y a-t-il production diacide carbonique dans b saponification '' § 3. Le gaz oxygène est -il nécessaire à la saponifi- cation '^ Ghâpitbb il F'ues générales sur la saponificaiion. . • '' Ghàpiteb IIL De la saponification >' Sbctioh I. Delà saponification des graisses de mouton, de porc et d^homme ^ 5 I. Analyse élémentaire comparée des graisses Art. 1. Examen du liquide aqueux 38 1 Art. it. Examen de la partie grasse de l'émulsion . . • 384 § 3. Action des sous-borates de potasse et de soude sur la graisse de porc 588 LIYRE YI. RisVMi ET GORSIDÉRÂTIOHS GÉNÉRALES 39O SEGnoN I. Etat de la science sur les corps gras avant i8i5 i^. 484 TABLE DES MATIÈRES. Section ii. Vues générales sur la composition des corps gras :x^ Segtioh III. Préparation des espèces de coipa gras . . ^oi Section it. De plusieurs propriétés des stéarates , des margarates et des oléates de potasse et de soude ^ re- latiyement aux dissolvants ^r Section t. Vues générules sur Taclioa réciproque des bases salifiables et des corps gras * ' 4^ Section ti. Applications de mes recherches 4:c Section tu. Conjectures sur la composition de plu* sieurs espèces de corps gras ^ 4 1: NOTES. Pbbhieeb note. Sur l'analyse du beurre de chèrre* . . 4': Deuxième note. Des résultats de l'action de Tozygène sur la graisse de porc 47 TaoïsiBMB NOTE. De l'action de l'acide sulfurique sur les stéarines et J'oléine 4^ Première section. De l'action de l'acide sulfurique sur la graisse de porc. . • v Deuxième section. De l'action de l'acide sulfurique sur la stéarine de mouton 40] QvATEiBMB NOTE. Première section. De l'action de l'a- cide sulfurique sur la phocénine 41'; Deuxième section. De l'action de l'acide sulfuricpie sur la butirine 4 ' ! ▲ Tik FIN DE LA TAhLE DES MÂTIEEES. ERRATA. Pag€ ^9» 65, II 95» » 94» 97» 106, 139» 193. a49» a59, 29>> 3o9, 346, 38o, 4oa, ligne a, au lieu de cristallin , littx il a donné , — 0K,3l — cristallin , — je l'ai décrit — o,aa97 — 0,0637 — o,ai2 — 0,07 — 100, io3,5 — m] z Lgnre , ajoutez ( 485 ) lisez en partie cristallisé , il donne o,3i en partie cristallisé , je le décrivis o«,aa97 og,o637 os,aia o«,07 :: 100 : io3,5 (»83) (3'9) S (468) en partie cristallisé , action o8,a anhydres - 4ii - , --, cristallin, 175, a* noie marginale, au lieu de cétine, — 179, ligne ao, au lieu de o,a — 18, — enhjdres — 3, ajoutez bt ou gaas dis casavms i3, après % 1 ajoutez j'ai yu, i3, au lieu de d'hnilede, lisez 16, — solnble — 18, — ces — on a ouvert le flacon, ajoutez au bont de cinq ans. '"' '"'" ''' "'^ lisez mode. ( Revue des espèces. de l'huile du notable ses — 10, — a3, au lieu de ce^ f-j , 1 (Revue des espèt "dWd«^'" '«"{ Acide. .,é«i, j [^ etoléique. 446, ligne 11, au lieu de l^^ produit aroma- ^ .. Ç une substance aro- .... i tiqne, 3 '•**'-') matique. — 47G» "gj^* a» «' 32, au heu de la cétine soit altérée , lisez l'élhal soit altéré. "~ .1. ligne 2^, — la cétine est altérée, — l'é thaï est altéré. — 404, — 1, à composition , oioiifeis immédiate. — » — 8, au lieu de \iSy lisez ^^S, Figure ^ de la planche, — c' o', il faut & on& r Thlft book ahonld to r«tanMd tha Ubrsry on or beforo tho iMt ■tamped bolow. A fine of ûre oento a day is inourrod by rotalning it boyond tha spooillad tlma* Flaaaa ratom prompUy. .^ , / t^\ \ « A V c-t*»- /• )«. M«28^0H ^ ë»m mm