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TRAITÉ

DES

MONNAIES GRECQUES ET ROMAINES

DEUXIÈME PARTIE DESCRIPTION HISTORIQUE

TOME PREMIER

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LE PUY-EN-VELA.Y

IMPRIMERIE R. MARGHESSOU, PEYRILLER, ROUCHON ET GAMON, SUCCESSEURS.

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TRAITE

DES

MONNAIES GRECQUES ET ROMAINES

PAR

ERNEST BABELON

MEMBRE DE l'iNSTITUT

DEUXIÈME PARTIE

DESCRIPTION HISTORIQUE

\

TOME PREMIER

COMPRENANT LES MONNAIES GRECQDE3 DEPUIS LES ORIGINES JUSQU'AUX GUERRES MÉDIQUES

j

PARIS ERNEST LEROUX, ÉDITEUR

28, RUE RONAPARTE, VI*

1907^

Tou» droits r^fterrés,

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AVANT-PROPOS

D*après le plan que nous nous sommes tracé en composant ce Traité des monnaies grecques et romaines, le présent volume^ qui est le premier de notre Deuxième Partie, comprend la description commentée et le classement justifié des monnaies grecques de la période archa:ique. Il renferme l'erplication de S,503 pièces portant un numérotage ininterrompu et disposées dans un ordre à la fois géographique et chronologique : nous débutons par les monnaies de la côte d'Asie- mineure et de rOrient ("n" / à 1004) ; viennent ensuite les séries de la Grèce propre et septentrionale ^ des Cyclades et de la Cyrénaique (n""' 1005 à 2023); en dernier lieu, les monnaies de l'Italie méridionale, de la Sicile et des autres colo- nies grecques de l'Europe occidentale ("n" 2024 à 2503).

C'est un besoin d'ordre et de méthode qui me porte à présenter, tout d'abord, ces observations^ d'une portée secondaire en elles-mêmes, mais qui ne sont pas inutiles quand il s'agit d'un ouvrage destiné^ par l'objet même de son contenu, à être con- sulté plutôt qu'à être lu. Par le même sentiment Je me sens obligé d'expliquer en quelques mots la marche de h publication.

La Première Partie- r/^ ce Traité (Théorie et Doctrine), ywi doit être une sorte d'introduction générale et de synthèse de la numismatique antique^ comprendra trois volumes. Le premier a paru en 1901; le second est prêt pour l'impression : il traite de l'histov^e de la monnaie dans l'antiquité^ de son rôle économique et donne les tableaux coordonnés et justifiés des systèmes monétaires. Lapublication en a été suspendue à cause des difficultés que j'ai éprouvées pour exposer avec méthode et clarté certains chapitj^es de la métivlogie numismatique. J'ai reconnu qu'il était indispensable, sous peine de paraître étaler des systèmes aj^bitraires et purement théoriques, de pj*océder au préalable à une révision de la i^épartition géographique et chronologique admise jusqu'ici pour un grand nombre de séries monétaires. On comprendî^a aisément j par exemple, que pour affirmer que tel système monétaire

5

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AVANT-PROPOS llî

après les désastres des Perses, et pour i'Occident, au triomphe définitif des Grecs de Sicile sur les Carthaginois.

Ainsi que l'a écrit M. Geo?'ges Perrot, « c'est une nécessité pour l'historien, de se fnarçuer des repères, sur la longue route qu'il doit parcourir; il est tenu d'établir, dans la succession indéfinie des phénomènes, ces divisions qui lui permet- tent de s'07'ienter et de ménager au lecteur des vues d'ensemble; mais ces procédés, tout indispensable qu'il soit d'y recourir, ont toujours quelque chose d'arbitraire. Par/ois, pourtant, il airive que la coupure corresponde à quelque événement mémorable ou à l'apparition de quelque grande œuvre de génie de l'homme *. »

L'année 41 9 est une de ces étapes qui marquent le point de départ d'une ère nouvelle dans le développement de la civilisation hellénique. C'est à cette date aussi que les historiens de l'art grec ferment leur premier chapitre et nous pourrions appliquer à Part monétaire ce qu'écrivait tout récemment un historien de la sculp- ture voulant caractériser par une métaphore l'état général de la Grèce au mo- ment de l'invasion des Perses : « La civilisation g?'ecçue en son ensemble^ dit-il, se présente comme une belle moisson drue qui a pris toute sa taille^ et dont le vert des épis, déjà palissant par places^ annonce la très prochaine maturité. * » Il suffira de jeter un coup d'œil d'ensemble sur nos planches pour justifier cette comparaison au point de vue numismatique, les monnaies antiques étant rexj^ression toujours vivante de la situation économique et le refiet direct du développement artistique dans tous les centres de civilisation.

Ainsi donc, la période de deux siècles comprise dans le présent volume est, en grande partie , ce que l'on a appelé « l'ère des tyrans », c'est-à-dire le temps les chefs absolus de la démocratie, dans la plupart des villes^ impriment à la civilisation grecque son caractère original et accentuent sa personnalité : tels, les Pisistratides à Athènes, Polycrate à Samos, Lygdamis à Naxos, les Mélides à Ephèse, les rois de Lydie, les Orthagorides à Sicyone, les Bacchiades à Corinthe, les Aleuades à Larisse, les rois de Macédoine^ les Battiades à Cyj^ène, les Pythagoriciens dans les villes achéennes de la Grande Grèce, Anaxilas à Bhégion, Théron à Agrigente, Hippocrate et Gélon à Gela et à Syracuse. Tous s'efforcent à l'envi de donner à leurs patries respectives l'éclat artistique le plus brillant, s'attribuant efficace- ment un rôle de protecteurs et de Mécènes, comparables en cela, comme on l'a souvent remarqué, aux tyrans des républiques italiennes du XV siècle.

1. G. Perrot et Ch. Chipiez, Hist. de l'art dans Vantiquité, t. VIII, p. 109.

2. Henri Lechat, Phidias, p. 5.

IV AVAXT-PROPOS

Mai^ si nous avons toujours eu en vue comme un phare lumineux y cette date terminale de 479, il va de soi que nous ne nous sommes pas astreint à la respecter étroitement dans les pays les événements politiques de 480 et 479 n'eurent pas un contre-coup immédiat sur les émissions monétaires. Bien au contraire, nous nous sommes fait une loi de rester tantôt un peu en deçà, tantôt même parfois de poursuivre assez loin au delà, lorsqu'un événement local d'une date précise fait arrêter ou prolonger la frappe d'une certaine catégorie de monnaies. C'est ainsi, pour citer quelques exemples^ qu'à Métaponte la suite des pièces incuses nous con- duit jusque vers 470; à Acanthe, à Zacynthe^ à Herœa d'Aixadie, dans les villes thessaliennes, nous descendons, pour des motifs analogues, à peu près aussi bas. Le roi Alexandre /" de Macédoine règne de 498 à 454 ; pouvions-nous^ sans motif apparent, faire deux groupes de ses monnaies, les unes antérieures, les autres posté)neures au passage de Xcrxès, en laissant ces dernières pour un volume sub- séquent? D'autre jmrt, on ne trourera point ici la tête des séries monétaires de Byzance, d'^nos, des villes de Crète, à l'exception de Cnossos, ni celles de l'Étru- rie, de Térina, de Témésa, parce qu'il n'est pas sur que ces séries débutent avant l'invasion des Perses en 480. On le voit, nous avons donc franchi par fois notre barrière et donné quelque élasticité à notre champ d'observations, au risque de provoquer les critiques des partisans de l'inflexible et étroite logique. Mais n'a-t-on pas de même discuté sur les frontières chronologiques que des nécessités prati- ques ont forcé les historiens à s'imposer ?

Un mot encore pour m' acquitter de la dette de reconnaissance que j'ai contrac- tée envers les conservateurs de collections publiques ou les amateurs qui ont bien voulu me fournir les moulages nécessaires à l'établissement des 85 planches cor- respondant à ma description. J'ai la conscience d'avoir largement usé, peut-être abusé, de leur temps et de leur libéralité; si la trop longue énumération de leurs noms me force à n'en citer aucun, j'ai du ynoins pris soin de mentionner au cours de ma description les collections publiques ou privées que j'ai înises à contribution pour compléter les séries que j'avais sous la main, au Cabinet des Médailles de Paris.

E. B. 7 novembre 1906.

PREMIÈRE PARTIE

UORIENT HELLÉNIQUE

toitie II.

CHAPITRE PREMIER

MONNAIES PRIMITIVES EN ÉLECTRUM

TAILLÉES SUIVANT L'ÉTALON MILÉSIAQUE

§ I. Les origines*

Au tome II de la Première partie de cet pondérales de ces monnaies. C'est l'appli-

ouvrage, nous démontrons que le mon- cation de cette doctrine et sa vérification

nayage primitif en électrum prit naissance par les monuments eux>mémes, que nous

dans le commerce des villes grecques ran- devons nous bornera présenter ici, dans la

gées à la file tout le long du rivage de description et le commentaire historique

l'Asie mineure occidentale, villes si floris- des médailles.

santés aux vn"" et vi^ siècles avant notre ère, Nous commençons par les monnaies

bien qu'elles fussent, en partie, sous l'hégé- d'électrum de l'Ionie méridionale, taillées

monie des rois de Lydie. Nous expliquons suivant le système que nous appelons éta-

dans ce même volume l'origine, la forma- Ion milésiaque, parce que la ville principale

tîon et le développement des différents sys- d'où il se propagea fut Milet. Voici les di-

tèmes de taille adoptés pour les divisions visions essentielles de ce système.

ÉTALON MILÉSIAQUE POUR l'ÉLECTRUH

Statère 14gr.56 à 13gr.92

l/2statère 7 28 6 96

1/3 de stat. (trité) 4 85 4 64

1/4 (tétarté) 3 64 3 48

1/6 (hecté) 2 42 2 32

1/12 (hémi-hecté) 1 21 1 16

1/24 (myshémihecté ou obole) 0 60 0 58

1/48 (hémiobole).. 0 30 0 29

1/96 (tartémorion) 0 15 0 14

1. Voyez la formation et l'histoire de ce système, dans le présent Traité^ Premihre partie, t, II (sous presse).

LES ORIGINES S

LINGOTS MONÉTIFORMES A TYPES INDÉTERMINÉS (vil* SIÈCLE).

i . Lingot circulaire à flan plat. Au droit, un carré en relief dont la surface est parsemée de traits cunéiformes disséminés sans ordre et dans tous les sens.

^. Carré creux dont la surface est ornée de traits qui, rassemblés deux à deux en pointe, paraissent former une étoile à quatre rayons.

Electrum très jaune, 15 mill. ; hémi-statère milésiaque, 7 gr. 13 {Paris) PL I, fig. 1.

F. Lenormànt croyait voir sur cet hémi- carré en relief présente seulement comme

statère, des signes cunéiformes il lisait des impressions irrégulières et certaine-

le nom de Cyrus. Ce savant s'est rectifié ment fortuites, ayant une certaine appa-

depuis, reconnaissant que ce la surface du rence de traits cunéiformes ' ».

2.

2. Lingot monétiforme à peu près semblable au précédent.

El. 13 (d'un titre inférieur) ; hémi-stat. miles., 7 gr. 10 {Londres *).

3. Lingot monétiforme globuleux ; sur la face bombée, on ne remarque qu'une série de globules sans ordre au milieu d'aspérités irrégulières.

Çt. Deux carrés creux sans symboles, placés côte à côte. EL 12 ; trité miles., 4 gr. 57 {Paris) PL I, fig. 2.

4. Lingot monétiforme globuleux presque semblable au précédent ; la face bombée est ornée d'aspérités irrégulières qui ressemblent vaguement à deux fleurons se dirigeant en sens inverse,

El. 12 ; trité miles., 4 gr. 64 {Paris) PL I, fig. 3.

5. Figure géométrique composée de huit lignes disposées en étoile autour d'un point central ; ces lignes sont coupées par quatre autres lignes disposées en croissants adossés, sur le bord de la pièce.

i. Fr. Lcnormant dans VAnnuaire de la Soc, bue cette pièce à la région thraco-macédonienne. franc, de numism,, t. IV, 1873, p. 202 et pi. Vlll, 11 2. B. Head, Britisk Muséum, Catal. Jonia, p. 2,

(ayec le poids erroné de 2 gr. 23). Lenormànt attri- 4 et pi. I, 4.

9 LE3 ORIGINES 10

Çt. Rectangle creux orné d'une longue tige à laquelle sont soudées de part et d'autre des barres transversales comme les branches d'un arbre ; deux glo- bules placés symétriquement dans les intervalles simulent peut-être des fruits.

El. 9 ; hecté miles., 2 gr. 23 {Paris) PL I,fig. 4.

6. Figure géométrique qu'on peut décrire de la manière suivante : Au centre, un globule en relief, entouré d'un cercle inscrit dans un carré; ce carré est lui-même inscrit dans un autre carré disposé de telle sorte que les angles du carré inscrit sont tangeants au milieu des côtés du carré externe ; de plus, ce carré externe a ses côtés formés de deux lignes entre lesquelles court une rangée de den ticules.

^. Trois empreintes creuses, l'une rectangulaire, les deux autres carrées et plus petites.

El. 13; hémi-stat. miles., 7 gr. 02 {Londres) PL I, fig. 5 *.

7. Figure géométrique disposée sur un flan presque hémisphérique et qu'on peut décrire de la manière suivante : Une grande croix inscrite dans un cercle très irrégulier; les compartiments triangulaires qui séparent les bras de la croix sont remplis, chacun, par un globule.

Çt. Carré creux dont le champ est occupé par une croix à branches bouletées.

El. 13 ; hémi-stat. miles., 7 gr. 02 {Londres) PL I, fig. 6 \

8. Carré en relief dont la surface est ornée d'une croix à branches bouletées.

Ç^. Dépression creuse, informe.

El. 8 ; hecté miles., 2 gr. 23, usée {Paris) PL I, fig. 7.

Il n'est pas nécessaire de revenir sur ce aucun emblème qui soit caractéristique

que nous disons au t. II (y Partie) du d'une autorité publique quelconque '. Ces

caractère de ces pièces primitives que leur lignes qui s'enchevêtrent et se croisent

poids milésiaque fait classer & Tlonie méri- irrégulièrement ; ces globules, ces protu-

dionale sans qu'on puisse préciser le lieu bérances, ces carrés ne sauraient être les

d'émission. Nous les avons considérées emblèmes ni d'une ville ni d'un chef d'Etat,

comme des monnaies privées, émises par D'autre part, la diversité d'aspect et d'aloi

des marchands, plutôt que comme des de ces pastilles monétaires trahit la diver-

monnaies d'Etat, parce qu'elles ne portent site de leur origine.

i. B. Head, Brit. Mus, Calai, lonia, p. 3, 6 et 2. B. Head, op. cit., p. 2, 5, et pi. I, 5.

pi. I, fig. 6. 3. Voyez le présent Traité, Première partie^ t. II.

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MILET

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La date de ces monnaies embryonaires ne saurait être fixée avec quelque préci-

sion; on peut leur assigner le milieu du vu' siècle.

§ II. Milet.

Milet, la ville la plus méridionale de rionie, était située sur le golfe Latmique, à proximité de Testuaire le Méandre vient déverser ses eaux limonneuses *. Elle fut, dit la légende, fondée par MCX^îtoç, fils d'Apollon, qui, chassé de Crète par Minos, avait été contraint de passer sur la côte de Carie. Plus tard, les Ioniens s'installèrent à Milet, sous la conduite de TAthénien Nélée; mais le fond de la population demeura toujours carien '. Dès avant le vm« siècle, Milet pourvue par la nature de quatre ports, était devenue la reine de Tlo- nie, Tun des centres commerciaux les plus considérables du monde ', et chaque jour ses vaisseaux, prenant la place des Phéni- ciens, allaient fonder de nouveaux comp- toirs sur toutes les côtes méditerranéennes. Les plus importantes des colonies de Milet, dès avant Tapparitionde la monnaie d'Etat, furent Abydos, Lampsaque, Parion sur THellespont; Proconnesos etCyzique sur la Propontide; Olbia, Panticapée, Sinope et Amisos sur le Pont Euxin *; Milet, remar- que M. G. Perrot, a tenait à honneur d'avoir fondé sur les plages de l'Hellespont, de la Propontide et du Pont Euxin, plus de qua- tre-vingts colonies » *.

1. 0. Rayetet A. Thomas, Milet et le golfe latmi- que, t. I. Paris, 1877-1880, in-4'».

2. E. Curtius, Hist. grecque, trad. Bouché- Leclercq, t. I, p. 285.

3. E. Curtius, op. cit., t. I, p. 509; G. Busolt, Griechische Geschichte, t. II, p. 455.

4. E. Curtius, op. cit., t. I, p. 513 et s.; G. Busolt, op. cit., t. II, p. 482 et suiv.

5. G. Perrot et Chipiez, Hist. de Varl dans Vanti- quilé, t. VIII, p. 254.

Dans le cours du vm* siècle, les Milésiens s'établirent jusque sur les bouches du Nil ils construisirent le fameux teTj^oç MiXt,- <jtu>v; plus tard, ils coopérèrent à la fonda- tion deNaucratis *. Ces colonies assuraient des débouchés aux marchandises qui, de l'intérieur de TAsie-mineure, affluaient dans les entrepôts de la métropole.

Autour de Milet, disons aussi d'Ephèse, de Smyrne et de Phocée, s'échelonnaient, comme leurs satellites, Priène, Myonte, Héraclée, Colophon, Lebedos, Téos, Clazo- mène, Erythrées, qui, avec les îles de Samos et de Chios, formaient la confédéra- tion ionienne '. Ces villes contribuèrent chacune pour sa part, à donner & l'Ionie l'éclat et la prospérité qui excitèrent la convoitise et la jalousie des rois de Lydie, dès l'avènement de Gygès, le chef de la dynastie des Mermnades sur le trône de Sardes, vers 687 avant notre ère '.

D'ailleurs, la possession de ces villes par les rois lydiens leur était nécessaire ; c'é- tait leur débouché obligé sur la mer. Leur capitale, Sardes, était le point de rallie- ment des caravanes qui arrivaient par l'Asie-mineure, de la Mésopotamie, de la Perse et même de l'Inde. Ces marchandises

1. D. MaUet, Le$ premiers établissements des Grecs en Egypte, Introd., p. 29, 148, 171 et auiv. ; G. Busolt, GHech. Geschichte, t. II, p. 480; FJinders Pétrie, Nankratis, Part. /, iSS^i-SS, p. 4.

2. E. Curtius, Hist. grecque, t. I, p. 286.

3. Nous adopterons les dates données par M. G. Radet, dans son livre La Lydie et le monde grec au temps des Mermnades (Paris, 1893, in-8o). Mais sur Tincertitude de la chronologie des rois de Lydie, voyez G. Busolt, GHech, Geschichte^ t. II, p. 438.

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de rOrient étaient destinées aux pays grecs qu'elles ne pouvaient atteindre que par les ports de la côte d'Asie>mineure ; les colonies grecques installées sur cette côte devaient chercher, de leur côté, à attirer chez elles ces marchandises, pour les emmagasiner dans leurs docks et en fréter leurs navires : tt les caravanes de Sardes, dit justement M. G. Radet, ne pouvaient rien exporter sans le concours des armateurs de Cymé, de Smyrne ou d'Ephèse » et de Milet *.

Aussi, les rois de Lydie, entrepositaires des produits asiatiques apportés dans leur capitale, devaient-ils chercher à mettre la main sur cette ceinture de colonies helléni- ques qui bordaient la mer et d'où les mar- chandises étaient expédiées pour la Grèce et le monde occidental. On s'explique donc l'origine et la cause des conflits prolongés qui s'élevèrent entre ces opulentes cités et les princes lydiens dès le temps de Gygès et d'Ardys. Pacifique ou belliqueuse, suivant les circonstances, la politique de ces rois n'eut qu'un but: s'emparer des ports oix venait déboucher tout le commerce de leur empire. Les Perses, après eux, poussés par les mêmes besoins, n'auront pas d'autre ambition.

Milet qui, sous son tyran national Thra- sybule, ami de Périandre de Corinthe, lutta longtemps contre les rois de Lydie Sadyatte (615-610) et Alyatte (610-561), dut subir, comme les autres villes ioniennes, le joug lydien ». Mais la domination des princes de Sardes, loin de nuire au com- merce des villes côtières, ne fît que le faci-

1. G. Radet, La Lydie au temps deaMermnades, p. 170; cf. E. Curtius, Hist. grecque, t. I, p. 291.

2. Hérodote, I, 20 à 22 ; E. Curtius, HisL grecque, t. I, p. 133; t. II, p. 130 et 134 ; G. BqsoU, Griech. Geschichte, t. U, p. 466.

liler, et, très libérale au point de vue poli- tique, elle ne porta nulle atteinte à l'art et aux institutions autonomes des Grecs d'io- nie. C'est sous l'hégémonie des rois lydiens que ces Grecs, si industrieux et commer- çants si avisés, créèrent la monnaie qui devait tant contribuer au développement de leurs relations réciproques *. Dans l'his- toire de l'art, on connaît ce qu'on est con- venu d'appeler les écoles ioniennes, dont les œuvres sont représentées surtout par les sculptures du temple des Branchides près de Milet, de l'Artémision d'Ephèse, de THéraion de Samos. On a fait ressortir la fécondité de ces écoles, leur originalité encore imprégnée de traditions orientales, avec des réminiscences mycéniennes, leur rayonnement fécond sur la Lycie et toute l'Asie-mineure, aussi bien que sur les îles égéennes, sur Athènes et sur la région thraco-macédonienne *. Nous aurons & si- gnaler les caractères de l'art ionien sur les monnaies d'Asie-mineure antérieures aux guerres médiques.

Après la chute de Crésus en 546 «, Milet continua à garder sa dynastie nationale, les Néléides, ses institutions et ses lois. Toutes les villes du Panionion profitèrent, sous les Perses comme sous l'hégémonie lydienne, de la même demi-indépendance. Hérodote * parle d'un traité conclu entre Milet et Cyrus, par lequel le roi de Perse ne fait que confirmer les conventions pas- sées avant lui entre Crésus et la ville.

1. Voyez notre Première partie, t. II, pour les développements.

2. G. Perrol, Hist, de Vart dans V antiquité, t. VIII, p. 252 et suiv.

3. G. Busolt {Griech. Geschichte, t. II, p. 459- 460) place la chute du royaume de Lydie en 541.

4. Hérod., I, 141, 4; E. Curtius, Histoire grecque, trad. Bouché-Leclercq, t. II, p. 150.

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BOLET

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Plus tard, dans la seconde moitié du VI* siècle, nous voyons Milet s'allier avec Lesbos pour essayer d'enrayer les empiéte- ments de Polycrate de Samos qui menaçait de lui enlever l'empire de la mer. Milet et Lesbos, complètement battues, perdirent leurs flottes ^ Le grand Roi, comme on le voit, laissait les villes grecques libres de s'entredéchirer, et même les satrapes ne se faisaient pas faute d'attiser entre elles le feu de la jalousie. Sous Darius (521-485), le tyran de Milet était Histiée ; après avoir contribué à sauver Tarmée perse lors de l'expédition de Scythie, il était devenu tout puissant en Asie-mineure. Sa flotte, ses richesses, ses projets ambitieux portè- rent ombrage au satrape Mégabaze : His- tiée dénoncé fut appelé à Suse, et le grand Roi retint le despote de Milet prisonnier à sa cour, sous prétexte qu'il ne pouvait se passer de ses conseils.

Aristagoras, gendre et cousin de Histiée, le remplaça à Milet. Soutenu en secret par son beau-père, Aristagoras provoqua la révolte générale de l'Ionie qui éclata en 498, malgré les sages conseils d'Hégésan- dre. Après une démonstration inutile sous les murs de Sardes, Tarmée des rebelles dut se replier devant celle des satrapes. En vain, Histiée qui s'était échappé de Suse, vint-il seconder Aristagoras. Celui-ci, voyant la mauvaise tournure que prenaient les événements, s'enfuit en Thrace. Histiée,

1. Hérod.,111, 39.

devenu à son tour suspect aux Milésiens, fut chassé et remplacé par Pythagoras.

En face de Milet s'élevait la petite île de Ladé : c'est que se rassembla la flotte grecque, sous les ordres de Dionysios de Phocée, pour attendre le choc de l'en- nemi *. Au dernier moment, les vieilles jalousies de ville à ville se réveillèrent; les tyrans négocièrent secrètement avec le grand Roi dans le but de conserver leur trône. Quand la flotte perse se présenta, les deux tiers des vaisseaux grecs s'étaient dispersés. Ceux qui restaient, principale- ment les Chiotes et les Milésiens, furent écrasés. La vengeance des Perses fut terri- ble: Milet fut réduite en cendres et tous les habitants mis à mort ou déportés à Anapé, à l'embouchure du Tigre; le sanc- tuaire d'Apollon Didyméen fut livré aux flammes ^.

C'était en 494. Milet détruite resta quel- que temps sans frapper monnaie. Elle ne se releva que vers 478, époque nous la voyons, comme toutes les villes ioniennes, s'allier aux Athéniens pour faire la guerre aux Perses. Nous aurons souvent, au cours du présent volume, l'occasion de faire allu- sion, pour l'intelligence de l'histoire mo- nétaire, aux graves événements politiques que nous venons de résumer.

1. Hérod., VI, 11 et suiv.; E. Curtius, Hist. greeq.^ t. Il, p. 212.

2. E. Curtius, Ilist, grecque^ t. II, p. 214; G. Fer- rot, Hist. de Varl, t. VIII, p. 269 et 271, note; £. PontrémoU etB. Haussoullicr, Dtcfj/mej. FoiaZ/e* de 1895 et 1896, in-4'>, 1903.

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MILET

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I. Pièces a la face stwée (vn« siècle).

Le groupe des pièces qui suivent (n^* 9 à 16) ont, mieux que les précédentes, les caractères de monnaies officielles. Elles ont plus d'uniformité dans leur aspect exté- rieur, ayant toutes le flan globuleux, ovoïde, à bords 'arrondis ; les empreintes creuses de leur revers ont un air de famille mani-

feste; elles constituent, enfln^ un ensemble bien coordonné, une série rigoureusement échelonnée suivant leurs poids. Elles sont sôrement de Tlonie méridionale; quant au lieu d'émission, il est probablement Milet, ainsi que nous le ferons ressortir au cours de la description.

9. Lingot ovoïde, aplati, présentant simplement sur Tune de ses faces, des stries parallèles, dans le sens de la largeur.

^. Empreinte creuse formée par trois poinçons, l'un rectangulaire et allongé, placé entre les deux autres, carrés et plus petits ; leur surface est ornée de protubérances irrégulières.

El. 14; hémi-stat. miles., 6 gr. 85, usé {Londres) PL I, fig. 8 *.

10. Lingot ovoïde, aplati, présentant simplement sur Tune de ses faces, les mêmes stries parallèles que la pièce précédente.

^. Deux carrés creux, côte à côte, d'inégale dimension ; leur surface est ornée de protubérances irrégulières.

El. 11 ; trité miles., 4 gr. 76 {Paris) PL I, fig. 9.

W H.

11. Lingot ovoïde, présentant une surface irrégulière (striée?) sans type.

l.F. Lenormant, dans V Annuaire de la Soc. fr, de numism., t. IV, 1873, p. 172, 3 (attribué à Gygés) ; B. Head, The coinage ofLydia and Persia^^, 12 et pi. I, fig. 2 Gygès ou Ardys); le même, Brit, Mus. Jonia, p. 2 et pi. I, fig. 3 Milet?). Fr. Lenormant a décrit {loc. cit., p. 171, n* 1) un statère qui serait très important, puisqu'il constituerait la tête de notre série : a Surface striée, sans empreinte de coin monétaire, i^. Carré creux résultant de Tim- pression de trois poinçons, dont un rectangulaire allongé, entre deux de forme carrée; dans Tem- preinte centrale allongée, on voit en relief, au fond du creux, un renard courant; dans le petit carré de gauche> une tête de cheval ou de cerf; dans celui

Tome II.

de droite, une fleur à quatre pétales vue d'en haut. Electrum, lingot ovoïde et globuleux. Poids, 14 gr. 19 (bien conservé). Statère vu en 1860, & Smyrne, chez M. Mavrogordatos. » Malheureuse- ment, Fr. Lenormant n'a pas fait dessiner sur la planche qui accompagne son Mémoire, ce précieux statère que personne n'a plus jamais signalé après lui de visu (cf. B. Head, Hist. numor., p. 545 ; Six, Num. Chron.y 1890, p. 212). Je doute de l'existence de cette pièce; l'identité de son revers avec celui des statères que nous décrivons ci-après, sous les 19 et 23, me porte à croire que F. Lenormant aura fait, en rédigeant son Mémoire, quelque con^ fusion dans ses notes de voyage.

19 MILËT 20

^. Deux carrés creux, côte à côte, d'égales dimensions, à surface irrégulière. El. 12; trité miles., 4 gr. 65 [La Haye) \

12. Lingot à face striée, avec deux carrés creux au revers (même descrip- tion que le nMO).

El. 9 ; hecté miles., 2 gr. 40 [Londres] PL I, fig. 10 ".

13. Lingot à face striée, comme les précédents, mais avec un seul carré creux au revers.

El. 7 ; hémi-hecté miles., 1 gr. 18 [Luynes) PL I, fig. 11 \

14. Même description.

El. 6 ; myshémihecté miles., 0 gr. 61 [Paris) PL I, fig. 13.

15. Autre exemplaire, 0 gr. 59 [Londres) *.

16. Lingot à face striée, comme les précédents.

^. Empreintes creuses formées par trois poinçons, l'un rectangulaire placé entre les deux autres carrés et plus petits ; dans le poinçon rectan- gulaire on distingue la silhouette d'un renard courant à gauche; la surface des deux autres poinçons est couverte de protubérances irrégulières.

El. très pâle, 19 sur 15 milL, 10 gr. 81 [Londres) PL I,fig. 12 \

Le poids de cette pièce Ta fait considérer d'argent; son poids est exactement celui

comme étant les trois quarts du statère. des monnaies d'argent de Grésus ''. Faut-il

Mais c'est une taille anormale et insolite croire que l'infime partie d'or qu'elle con-

dans réchelle des divisions de la monnaie tient, a été considérée comme négligeable,

chez les Grecs. En outre, les pesées hygro- et que ce statère de 10 gr. 81 fut mis en

métriques auxquelles on l'a soumise ' ont circulation non comme monnaie d'électmm,

permis de constater qu'elle ne contient que mais comme pièce d'argent du poids nor-

2 pour 100 d'or, tandis qu'elle a 98 pour 100 mal de la créséide d'argent de 10 gr. 89 ?

l.Slx,?irum.CAron.,l890,p.214,no24etpl.XVn,4. Mus. Ionia,p. 5, no 19(àMilet?).

2. F. Lenormant, loc, cit., p. 172, 4 Gygès); 5. F. Lenormant, op. cit.y p. 171, 2 et pi. VUI, B. Head, lonia, p. 3 et pi. I, flg. 9 Milet?}; Six, 1 Gygès); B. Head, dans le Num. Chron., 1875, dans le Num. Chron., 1890, p. 213, 20. p. 258 et pi. VII, 1 ; 1887, p. 304; le même, The coi-

3. Fr. Lenormant, loc. cit.^ p. 172, 5 Gygès) ; nage of Lydia and Persia, p. 12 et pi. 1, 1 Gygès B. Head, The coinage of Lydia and Persia, p. 12 ou Ardys); le môme, Eist. numor., p. 545; le môme, (donne un poids faux) et pi. I, fig. 4 Gygès ou lonia, p. 183, n* 1 et pi. III, 3 Milet?); Six, dans Ardys). le Num. Chron., 1890, p. 212, n? 17 Milet?).

4. B. Head, The coinage of Lydia, etc., p. 12 et 6. Num. Chron., 1887, p. 304. pi. flg. 5 Gygès ou Ardys); le même, Brii. 7. Voy. ci-après, chap. v.

21 MILET 22

Cette pièce, par sa taille et son titre, sou- à cause de son poids créséen, contemporain

lève un problème non résolu. de Grésus (560-546}, il s'ensuit que le

A part cette singularité^ la parfaite homo- groupe tout entier devrait, peut-être, se

généité du groupe à la face striée n'échap- placer chronologiquement vers la même

pera à personne : toutes les divisions s'en époque, c'est-à-dire peu avant le milieu du

rattachent à un statère milésiaque étalon vi« siècle. On l'a, jusqu'ici, classé à une date

de 14 gr. 30. Si le statère n^ 16 paraît, beaucoup plus reculée.

II. SÉRIE AU UON COUCHÉ.

Premier groupe : Lion à gauche.

17. Lion couché à gauche et détournant la tête en rugissant ; autour, un encadrement de deux lignes reliées par des denlicules.

I^. Empreintes de trois poinçons, Tun rectangulaire, placé entre les deux autres carrés et plus petits ; dans le rectangle central, des symboles indistincts parmi lesquels on a voulu reconnaître la silhouette d'un lièvre, des feuilles et un globule ; dans F un des poinçons carrés, le signe n ; dans Tautre une étoile à quatre rayons bouletés, X.

El. 23 sur 17 mill. ; stat. miles., 14 gr. 07 {Paris) PL I, fig. 15.

18. Autre exemplaire, 14 gr. 10 [Londres) \

No 19.

19. Lion couché à g. et détournant la tête en rugissant ; autour, le même encadrement que sur les n^ 17 et 18.

^. Empreintes de trois poinçons, Tun rectangulaire, placé entre les deux autres carrés et plus petits; dans le rectangle central, des globules et des aspé- rités incertaines (renard?) ; dans l'un des poinçons carrés, une tête de cerf; dans l'autre, une étoile à quatre rayons bouletés, X.

4. Mionnet, Supplémenl, t. IX, pi. X, flg. 1 (incer- Num. Chron., 1875, p. 264 Milel); le môme, The taine) ; Brandis, p. 394 Milet) ; Fr. Lenormant, coinage of Lydia^ p. 15 (aux rois de Lydie avant hc. cU,, p. 173-174 Alyatte) ; B. Head, dans le Crésus); le même, Catal. Lydia^ Introd. p. ziz.

23 mLET 24

El. 20 sur 16; stat. miles., 13 gr. 78 [coll. Greenwell *).

Les deux petits poinçons du revers de 1ère décrit ci-aprôs sous le 23 et repro- ce siatère sont les mômes que ceux du sta- duit sur notre pi. I, fîg. 17.

20. Lion couché à gauche et détournant la tête, comme sur le statère pré- cédent (mais sans Tencadrement).

I^. Empreintes de deux poinçons carrés, placés côte à côte; dans Tun, le signe R ; dans l'autre, une étoile à quatre rayons bouletés, x- El. 14 sur 11 ; tri miles., 4 gr. 69 {Paris) PI. I, fig. 14.

21. Autre exemplaire, 4 gr. 72 {La Haye.*),

Les poinçons du revers de ces trités sont du statère décrit ci-dessus 17 et repro- identiques aux deux petits carrés du revers duit sur notre pi. I, fîg. 15.

22. Lion couché à gauche et détournant la tête (comme sur le n^ 20). Çt. Empreintes de deux poinçons carrés, placés côte à côte, et dans lesquels

on ne distingue que des lignes en relief qui se croisent. El. 13 sur 9; tétarté miles., 3gr. 54 {Paris) PLI, fig. 16.

Deuxième groupe : Lion à droite.

23. Lion couché à droite et détournant la tète en rugissant ; au-dessus de la croupe de l'animal, une sorte d'entrelac ou de tresse ; au pourtour, un encadre- ment de deux lignes, pareil à celui du 17; sur le bord de la pièce une tresse recourbée qui ne saurait être la queue du lion.

I^. Empreintes de trois poinçons, l'un rectangulaire, placé entre les deux autres carrés et plus petits ; dans le rectangle central, on croit distinguer un renard courant à gauche et, derrière lui, trois globules disposés en triangle; dans l'un des poinçons carrés, une tête de cerf; dans l'autre, l'étoile à quatre rayons bouletés, x (comme sur les n" 1 7 à 20 '.

1. Greenwell, dans le Num, Chron,y 1897, p. 260 Alyatte) ; Six, dans le Num. Chron,, 1895, p. 19i et pi. XI, fig. n. note, et pi. VU, 10.

2. Ancienne coll. Ivanoff, Catal., 2S4; Bran- 3. J'ai fait remarquer plus haut (p. 17, note) que dis, p. 394 Milet) ; F. Lenorinant, dans VAn- ce revers est identique à celui du statère à face nuaire cité de 1873, t. IV, p. 174 Alyatte); B. striée que Fr. Lenormant prétend avoir vu à Head, The coinage of Lydia, p. 15 Sadyatte ou Smyrne en 1860.

25 MILET 26

El. 21 sur 16 ; stal. miles., 13 gr. 92 [Londres) PL I, flg, 17 *.

24. Lion couché à dr., détournant la tête en rugissant (sans encadrement). IJt. Empreintes de trois poinçons, l'un rectangulaire, placé entre les deux

autres carrés et plus petits ; dans le rectangle central on distingue nettement la silhouette allongée et la longue queue d'un renard courant vers la gauche ; devant la tête de l'animal, deux globules ; dans le petit carré creux du haut, la tête de cerf pourrait passer plutôt pour une tête de cheval ; dans le carré creux du bas, l'étoile à quatre rayons bouletés, X (comme ci-dessus). El. 14 sur 12; hémi-stat. miles., 6 gr. 93 (Londres) PL I, fig. 18 K

25. Lion couché à droite, détournant la tête en rugissant, la queue relevée (sans encadrement). Flan bombé.

IJ^. Empreintes de trois poinçons, l'un rectangulaire, placé entre les deux autres carrés et plus petits ; dans le rectangle central il semble qu'on distingue comme le profil d'une petite proue de navire, et au-dessous d'elle, une tête de poisson ; dans chacun des petits carrés latéraux, trois globules (?)

El. 20 sur 14; stat. miles., 13 gr. 95, usé [Londres) PL I,fig. 19. \

La même face bombée au droit caracié- aussi semblables sur le statère n^ 38 (pi. II, rise les stalères n®» 35 et 38, et les fig. 1) : on peut conclure, de ces observa- empreintes creuses du revers se retrouvent lions, à Fidentité d'atelier.

III. SÉRIE AU MUFLE DE UON.

Les pièces d'électrum, de poids milésia- sente de face ; mais, suivant les émissions,

que, qui forment la série suivante, consti- il y a tantôt un mufle de lion, tantôt

tuent un ensemble homogène dont le type deux et même quatre mufles de lions,

essentiel est un mufle de lion écorché, pré- toujours de face.

1. B. Head, dans le Num. Chron,, 1887, p. 280 et pi. III, fig. 6 Milet); Six, dans le Num. Chron,, pi. X, fig. 2 ; le même, lonia, p. 183 et pi. 111, fig. 5 1890, p. 213, 19 Milet ?).

(àliilet) ; Six, Num. Ckron., 1890, p. 213, n^' 18. 3. Brandis, p. 402 (dit à tort que le type est la

2. Brandis, p. 394 Milet); Fr. Lenormant, loc. Chimère) ; Fr. Lenormant^ loc. cit., p. 174, n* 12 et ci/., p. 174. 13 et pi. VIIÏ, 5(àAlyatte); B. Head, pi. VIII, 7 Alyatte); B. Head, dans le Num, The coinage of Lydia, p. 15 Sadyatte ou Alyatte); Chron., 1875, p. 264 Milet) ; le même, The coinage le même, dans le Num, Chron., 1875, p. 265 et ofLydia,^. 15; Hist, numor., p. 503 et 545 ; loniaf pi. VIII, fig. 4 Milet) ; le même, lonia, p. 184 et p. 183 et pi. III, fig. 4 Milet).

27

IflLET

28

26. Deux mufles de lions de face et juxtaposés en sens inverse, Tun en bas, Tautre en haut (ce dernier en partie rogné).

Çt. Empreintes de trois poinçons, l'un rectangulaire, placé entre les deux autres carrés et plus petits; dans le rectangle central, peut-être le renard cou- rant (?) ; dans les poinçons carrés, des lignes et protubérances irrégulières.

El. 19 sur 15; stat. miles., 14 gr. 22 {Londres) P1.I, flg. 20*.

27. Même description , mais le flan est beaucoup plus large ; les deux mufles de lions sont complets.

El. 21 sur 18 ; stat. miles., 14 gr. 19 {Paris) PI. I, flg. 21.

La comparaison des flg. 20 et 21 de notre pi. I, donne lieu aux remarques sui- vantes : le rectangle creux est le même sur les deux pièces et produit par le même poinçon ; il en est de même de l'un des deux carrés creux, le plus grand; mais pour le plus petit, il est différent sur les deux pièces et n'a pas été imprimé à la

même place. De ces observations qu'on peut faire également sur d'autres séries, il résulte que les empreintes creuses du revers de ces pièces primitives étaient produites par des poinçons isolés, indé- pendants les uns des autres, et nullement par un coin monétaire unique portant trois marques sur sa surface.

28. Mufle de lion de face.

^. Deux carrés creux juxtaposés, leur surface couverte de lignes irrégulières. El. 12 ; trité miles., 4 gr. 70 {Paris) PL I,fig. 22.

29. Autre exemplaire; les deux carrés creux du revers sont différemment disposés. Trité miles., 4 gr. 65 {Paris). PI. I, flg. 28 *.

No 80.

30. Mufle de lion de face,

Çt. Deux carrés creux juxtaposés, leur surface couverte de lignes irrégulières. El. 9 ; hecté miles., 2 gr. 29 {coll. Greenwell) \

31. Autre exemplaire, 2 gr. 32 *.

1. B. Head, dans le Num. Chron., 1887, p. 280 et samian Coins, p. 20, 2 Samos).

pi. X, 1 ; le même, Catal, lonia, p. 1, et pi. I, 1 3. Num, Chron,, 1893, p. 86 et pi. VIT, fig. 10.

(Milet ou Sardes ?). *• D'après Sestini, dans Percy Gardner, Samas

2. Brandis, p. 401 ; Percy Gardner, Samos and and samian Coins, p. 20, 3 Samos).

29 MILET 30

32. Mufle de lion de face.

jji. Carré creux orné de protubérances irrégulières.

El. 7 ; hémi-hecté miles., 1 gr. 15 {Londres) PL I, flg. 24. Autre, 1 gr. 13

(Londres) *.

@-®

No 33.

33. Mufle de lion de face. ^. Carré creux.

El. 6 ; myshémihecté ou obole miles., 0 gr. 54 {coll. Greenwell) •.

34. Carré de lignes en relief partagé en quatre carrés plus petits; dans chacun de ces petits carrés, un mufle de lion de face ; ces mufles de lions sont opposés deux à deux. ^. Deux carrés creux juxtaposés.

EL 12; trité miles., 4 gr. 55, usée {Paris) PL I, flg. 25. Autre, 4 gr. 56, usée {Londres) •.

IV. Séribs incomplètes a types divers.

No 35.

35. Bélier couché à droite et détournant la tète; il est sur une surface bombée comme un bouclier oblong.

^. Empreintes de trois poinçons, Tun rectangulaire placé entre les deux autres carrés et plus petits; les surfaces de ces poinçons sont couvertes d'aspé- rités irrrégulières.

EL 21 sur 18 ; stat. miles., 14 gr. 05 {Paris).

i. Numim. Chron.y 1887, pi. X, flg. 18; Brii, numum., 1894, p. ^1 ei Mélanges numism,, i,lll,

Muê. Catal, lonia, p. 348, n" 4 et pi. III, flg. 22 p. 20.

Samoa); Tattribution de ce groupe & Samoa ne 2. Num, Chron,, 1897, p. 267, n«> 4, et pi. XII, 4.

saurait être maintenue, à cause du poids milésiaque 3. Bnt, Mus. Calai, lonia, pi. I, flg. 7 ; Fr. Lenor-

des pièces qui le composent. E. Babelon, Rev. mant, op. ct^., p. 172(à Ardys). ,

31

MILET

32

Le type du bélier pourrait faire classer ce slatère unique et inédit, à Glazomène ; nous donnons plus loin à cette ville des électrums au type de la tête de bélier (n~ 190 à 195) qui sont taillés suivant l'étalon pho- caïque. Ici, le poids est milésiaque, Tatli-

tude du bélier détournant la tète rappelle celle du lion des statères précédents ; les empreintes creuses du revers sont sem- blables à celles de Milet; la face bombée du droit est pareille à celle des statères n" 25 et 38.

No 36.

36. Tête de bélier, à gauche, l'œil globuleux. I^. Carré creux. El. 10; hecté miles., 2 gr. 35 [coll. Greenwell) \

No 37.

37. Tête de bélier, à droite, l'œil globuleux. ^. Carré creux. El. 8; myshémihecté miles., 0 gr. 60 {coll. Greenwell) *.

Ces deux petites divisions milésiaques leur poids au statère 35 (voyez ci-après (n" 36 et 37) se rattachent par leur type et les no» 108 et 109 et 190 à 195).

38. Taureau en marche, tête baissée, à droite. Surface bombée comme un bouclier oblong.

I^. Empreinte de trois poinçons, l'un rectangulaire placé entre les deux autres carrés et plus petits; dans le rectangle, on distingue, en relief, comme une petite proue de navire et au-dessous d'elle, une tête de poisson ; dans chacun des petits carrés, un globule.

El. 20 sur 16; stat. miles., 13 gr. 99 [Paris) PL IL fig. 1 *.

Le rectangle du revers de ce statère est identique au rectangle du statère figuré sous le n^ 19 de notre pi. I ; mais les petits carrés latéraux du revers des deux pièces sont différents. On doit conclure de :

1. Num. Chron., 1897, p. 268, 6 et pi. XII, 8; la pièce au même type, de notre pi. III, fig. 20, qui pèse 0 gr. 65, se rattache à l'étalon phocaïque*

que les statères sont sortis de la même officine et sont contemporains; que les trois poinçons du revers furent imprimés chacun d'une manière indépendante. Laface bombée est pareille à celle des n" 25 et 35*

2. Num. Chron., 1897, p. 268, n* 7 et pi. XII, 7.

3. Brandis, p. 401, 2 Samos); Fr. Lenormant, loc. ci/., p. 175, no 14 Alyatte) et pi. VIII, 9.

33

HILET

34

39. Tête de taureau à gauche.

I^. Carré creux dans lequel il serait possible de distinguer les éléments d'une rosace à quatre pétales (?).

El. 7; mysbémi-becté miles., 0 gr. 57 [Paris] PL II, fig.2.

La série au taureau, de poids milésiaque» n'a pas encore élé reconstituée dans son ensemble; il y manque les tailles intermé- diaires entre le statère et la myshémi-hecté que nous venons de décrire.

Le statère suivant, que son type mixte rattache à la fois à la série au taureau qui précède, et à la série au lion qui va suivre, est encore isolé ; ses divisions n'ont pas été retrouvées jusqu'ici.

40. Protomés de taureau et de lion couchés, réunis par le milieu du corps et se dirigeant en sens inverse ; la patte du taureau est repliée, celle du lion est avancée.

^. Empreintes de trois poinçons, l'un rectangulaire placé entre les deux autres carrés et plus petits ; on ne distingue dans tous les trois que des formes vagues et imprécises.

El. 21 sur 16; stat. miles., 13 gr. 96 [Munich] PI. II, fig. 3 *.

41. Autre exemplaire, 14 gr. 18 [anc. coll. Ivanoff) *.

Le style et l'attitude de la protomé du lion rappellent les créséides (comparez notre pi. IX, fig. 1 à 12). Il serait possible que la juxtaposition curieuse des deux protomés de taureau et de lion indiquât une alliance monétaire ou commerciale entre deux villes dont le taureau et le lion étaient respectivement les emblèmes. Nous

retrouverons plus tard assez fréquemment deux protomés d'animaux divers accolées l'une à l'autre. Nous rappelons que cette association forme l'un des éléments essen- tiels de l'architecture des Perses Achémé- nides et qu'on a retrouvé aussi à Sidon et en Crète des chapiteaux bicéphales analo- gues à ceux de Suse et de Persépolis '.

1. Sestini, SlaUri anlichi, pi. IX, fig. 13; Fr. Le- normant, loc, cit., p. 175, n»i5 Alyatte) ; B. Head, The coinage of Lydta and Persia, p. U et pi. I, flg. 6 ; HUL numor., p. 545 (Sadyatte ou Alyatte).

2. Cat€U. Ivanoff y n* 152; Brandis, Dos Manz-

Mass und Gewichlswesen in Vorderasien^ p. 386, no 2 (décrit à tort comme ayant pour type deux protomés de lion).

3. British Muséum, Calai, of greek sculplure^ t. II, 1510 et pi. XXVll.

Tome 11.

35

MILET

36

V. SÉRIES A LA PROTOMÉ ET A LA TÊTE DE LION.

Premier groupe : Lion à droite.

42. Protomé de lion adroite, lagueule béante, le front orné d'une protu- bérance radiée, et une patte avancée comme pour saisir sa proie.

I^. Empreintes de trois poinçons, l'un rectangulaire placé entre les deux autres carrés et plus petits ; leur surface rugueuse paraît sans symbole.

EL 20 sur 16 ; stat. miles., 14 gr. 11 {Londres) PI. II, fig. 5 *.

Le style de celte protomé de lion n'est pas sans rapport avec le lion, une patte

avancée, qui figure accolé au taureau sur le statère 40, fîg. 3 de noire pi. II.

43. _ Tête de lion à droite, la gueule béante, le front orné d'une protubérance radiée. I^. Deux carrés creux, côte à côte, ornés de lignes irrégulières.

El. 13; trité miles., 4 gr. 70 [Londres) PI. II, fig. 4 \

44. Même description. Trité miles., 4gr. 75 [Paris) PI. II, fig. 6.

Il existe de nombreux exemplaires de cette trité dont le style est tout différent de celui de la tri précédente (comparez sur notre pi. II, les fig. 4 et 6) ». Les trités du type de notre n** 44 offrent une autre par- ticularité intéressante : c'est que, le plus souvent, leur surface, au droit comme au revers, est couverte de petites contre- marques. Sur un exemplaire de la coll. de Luynes, au Cabinet des médailles, j'ai relevé sept contremarques portant les symboles suivants : Tète de taureau ; deux croissants adossés; tête de sanglier; le symbole v;

deux globules ou annelets ; un oiseau ; enfin, le symbole JT. Un autre exem- plaire (coll. de Luynes) porte six contre- marques : une petite tête imberbe, à che- veux frisés, de profil à gauche ; les signes SS> ^) 8», 9. Un troisième exem- plaire (coll. de Luynes) en a peut-être une douzaine ; les plus reconnaissables de ces petits poinçons sont les suivants : y , 0> ^ , I, •; -^ » y , trépied. Sur un qua- trième, je relève les signes: bB , €i »<^ , *• J'en ai vu d'autres encore sur des exem- plaires demeurés dans le commerce.

1. B. lïead, Num. Chron., 1875, p. 263 et pi. VIT, 3; Tfie coinage of Lydia, p. 15; Hw/. numor,, p. 503 Milet); Bril. Mus, Catal. Lydia.v- ï^" ^ ^^ pi. I, 1 (attribuée à la Lydie); Fr. Lenormant, Annuaire de 1873 (t. IV), p. 173 Sadyatte) et pl.VllI, 6.

2. R, Head, Bril. Mus. Catal, Lydia, p. 1, 2 et pi. 1,2 (aux rois de Lydie).

3. Voyez notamment : BHt. Mus, Catal. Lydia^ p. 2, n»> 8 à 14; Six, î^um, Chron,, 1890, p. 202-203 Alyatte).

37

MILET

38

En comparant ces contremarques à celles que nous relèverons plus loin sur les sicles médiques, on constate qu'un grand nombre d^entre elles sont les mêmes, d*où la con- clusion que les tri tés d'électrum dont il s'agit ici, sont demeurées longtemps en circulation sous la domination perse, en concurrence avec la monnaie perse elle- même. Nous avons exposé ailleurs (t. II de la Première partie) le caractère de

ces contremarques, trop petites pour qu'elles puissent être reproduites sur nos planches : nous avons démontré qu'elles sont les estampilles apposées par les ban- quiers et les trapézites dépossédés par l'autorité publique du droit de battre mon- naie, mais continuant toutefois, comme les banquiers chinois de nos jours, à contre- marquer la monnaie ofllcielle qui passait dans leurs caisses.

45. Tête de lion à droite, la gueule béante, le front orné d'une protubé- rance radiée. j^. Deux carrés creux juxtaposés, sans symboles. El. 13 ; tétarté miles., 3 gr. 60 [Paris) PI. II, fig. 7.

La tétarté de cette série est aussi com- mune que la trité et elle porte souvent les mêmes contremarques ^ Par exemple, au

revers de notre n* 45, on remarquera, sur le bord de la tranche, la contremarque oo dans un carré.

46. Tête de lion à droite, la gueule béante, le front orné d'une protubé- rance radiée. çt. Deux carrés creux chevauchant en partie l'un sur l'autre.

El. 9 ; hecté miles., 2 gr. 32 [Luynes) PI. II, fig. 8 ^

47. Tête de lion à dr., gueule béante, le front avec protubérance radiée. I^. Un seul carré creux orné de lignes irrégulières.

El. 8 ; hémi-hecté miles., 1 gr. 20 [Paris) PL II, fig. 9.

4S A.

No 48 B.

48. Variétés : l'une de style élégant, 1 gr. 14 [Londres) ; l'autre, de style rude, 1 gr. 20 [Londres) '.

Il existe de nombreux exemplaires de cette hémi-hecté, pesantdeigr.20àlgr. 14;

1. B. Head, BriL Mus. CataL Lydia, p. 3, n* 15.

2. Fr. Lenormant, Annuaire cité, p. 173, n* 9 Sadyatte); Brandis, Dos MUnzwesen^ etc., p. 402,

6 (de Tanc. coll. de Rauch).

3. B. Head, Num, Chron,, 1887, p. 284, nw 15 et 16 et pi. X, 15 et 16.

39 MILET 40

les uns sont de style rude et barbare, contremarques variables ^; d'autres sont avec rœil globuleux, portant parfois des d'un style fin et élégant.

^H®

No 4».

49. Tête de lion à droite, l'œil globuleux, la gueule béante, le front orné d'une protubérance radiée. ^. Un seul carré creux. El. 7 ; myshémi-hecté miles., 0 gr. 60 [Londres) *.

No 50.

50. Même description.

El. 5 ; 1/96** de stat. miles., 0 gr. 15 et Ogr. 14 [Londres) \

51 . Tête de lion à droite, la gueule béante, le front orné d'une protubé- rance radiée ; devant, une légende (rognée) qui a l'aspect suivant : éft^^

I^. Deux carrés creux juxtaposés.

El. 10 ; hecté miles., 2 gr. 40 [Londres) PI. II, fig 10 *.

52. Autre exemplaire, avec la légende presque entièrement rognée. El. 10; hecté miles., 2 gr. 36, [fruste [Paris) PI. II, fig. 11.

Deuxième groupe : Lion à gauche.

No 53.

53. Protomé de lion à gauche, la gueule béante, une patte avancée. I^. Carré creux, sans symbole.

1. B. Head, Brit. Mus. CataL Lydia, p. 3, 17 à monnaies des rois de Lydie).

20, et pi. I, flg. 8 à 10; Six, Num. Chron,, 1890, 3. B. Head, Num. Chron., 1887, pi. X, 27; BHL

p. 203, 8 Alyatte). Mus. CataL Lydia, p. 4, n»* 25 et 26.

2. Six, Num. CArort., 1890, p. 202, 3 Alyatte); 4. Six, Num. Chron., 1890, p. 204 Alyatte); Head, Brit. Mus. Catal. Lydia^y. 5 et pi. I, fig. 13 B. Head, Brit. Mus. Catal. Lydia^ p. 3, no 16 et (attribué aux Cimmériens qui auraient imité les pi. 1, fig. 7.

41 HILET 42

EL 8 ; hémî-hecté miles., 1 gr. 15 [Berlin) *.

Six a rapproché cette pièce d'électrum en soit de ces pièces d'argent^ Six reconnaît

d*un groupe de monnaies d'argent au même qu'il n'est pas possible de reporter jusqu'à

type de lion, qui doit être, très yraisem- la Pamphylie la petite pièce d'électrum ^.

blablement, classé à la Carie. Après avoir Je crois qu'il faut la rapprocher du sta-

donné ces pièces à Olbia de Pamphylie *, tère de notre pi. II, fig. 5, qui est au même

Six a proposé ensuite de les attribuer à type, et donner ces pièces à Tlonie méri-

Physcos ou à Caunos de Carie. Quoi qu'il dionale, probablement à Milet elle-même.

54. Tête de lion à gauche, la gueule béante, le front orné d'une protubé- rance radiée ; devant, la légende : ... UA'^i.

Ç^. Deux carrés creux juxtaposés.

El. 13 ; trité miles., 4 gr. 71 (Munich) PI. II, fig. 12 \

55. Autre exemplaire, avec la légende rognée et fruste. El. 12 ; trité miles., 4 gr. 69 [Paris) PI. II, fig. 13.

56. Autre exemplaire, avec la légende rognée. Style rude et barbare. El. 13 ; trité miles., 4 gr. 70 [Londres) PI. II, fig. 14 \

No 57.

57. Tête de lion, à gauche, la gueule béante, le front orné d'une protu- bérance radiée; devant, une légende rognée. Çt. Deux carrés creux juxtaposés. El. 12; hecté miles., 2 gr. 33 [Greenwelt] \

N* 58.

58. Tête de lion, à gauche, la gueule béante, le front orné d'une

1. Six, dans le Num, Chron.^ 1890, p. 247, n* 1 15; Mionnet, Descr., II, p. 528, 84; Brandis, Caunos). Le 2 publié par Six, qui pèse 1 gr. 81, p. 388 (àCyzique); Six, Num. CAr., 1890,p. 203, n«10. est une hémidrachme milésiaque en argent, auxmé- 5. Six, dans le Num. CAron., 1890, p. 204, n<> 11 ; mes types. B. Head, Brit. Mus. Catal. Lydia, p. 5 et pi. I,

2. Six, Zeil. fur Num.^ t. YI, p. 81. fig. 11 (imitation barbare attribuée aux Cimmé-

3. Six, Num, Chron,, 1890, p. 250 et suiv. riens).

4.Sestini, Stateri antichi, p. 51, n9 12 et pi. lY, 6. Num. Cknm., 1897, p. 266, n* 1 et pi. XII, 1.

43 MILET 44

protubérance radiée; devant, la légende : ^11^. I^. Carré creux, El. 7; hémî-heclé miles., 1 gr. 16 {Vienne) \

No 59.

59. Tête de lion à gauche, la gueule béante, le front orné d'une protu- bérance radiée. Style barbare. I^. Carré creux.

El. 8 ; hémi-hecté miles., 1. gr. 18 [Greenwell) ^

60. Tète de lion à gauche (type indistinct). I^. Carré creux. El. 7 ; myshémi-hecté miles., 0 gr, 55 [Londres) *.

61. Tête de lion à gauche, la gueule béante, le front orné d'une protu- bérance radiée. Ç^, Carré creux.

El. 6; l/48« de stat. miles., Ogr. 31 [Luynes) PI. II, fig. 15 *.

62. Autres exemplaires, 0 gr. 31; 0 gr. 30; 0 gr. 29 (Londres) \

63. Tête de lion à g., gueule béante, le front avec protubérance radiée. I^. Carré creux rempli par une rosace épanouie, à quatre pétales séparées

par des folioles. El. 9 ; pièce fourrée, 1 gr. 20 {Luynes) PI. II, fig. 16.

Cette pièce a Taspect extérieur des mon- traitant des monnaies de Polycrate à Samos

naies d'électrum et les types des monnaies (ci-après, n®" 394 et 395) .

d'argent de Milet ; Tàme est en plomb et Un certain nombre des monnaies que

Tenveloppe extérieure seule est en élec- nous venons de décrire (n*** 61 et s.) portent

trum : ainsi s'explique son poids irrégulier, une légende plus ou moins bien conservée,

La pièce reproduite sur notre pi. II, mais qui est partout la même. Sestini, puis

fig. 17 est un statôre en plomb, défourré, Brandis y lisaient la forme barbare et im-

qui paraît être une imitation d'un statère de possible à admettre : MZYI^Et cherchant à

Milet, et dont nous parlerons plus loin en retrouver dans ce mot le nom de la ville de

1. Six, dans le Num, Chron., 1890, p. 204, no 13 4. Six, Num. Chron.y 1890, p. 202, n* 9 et pi. XVII, 8; cf. Num. Zeit. de Vienne, t. XVI, Alyatte).

1884, p. 32; t. XVlï, 1885, p. 2. 5. B. Head, Catal. Lydia, p. 4, n»» 22, 23 et 24;

2. Num, Chron., 1897, p. 267, no 2 et pi. XII. 2. Num, Chron,, 1887, p. 286 et pi. X, 24. '3. B. Head, Catal. lonia, p. 5, qo 18 Milet?).

4S

MILET

46

Cyzique *. En déchififrant les mêmes carac- tères dans un autre sens, Six a proposé d'y reconnaître le nom du roi de Lydie Alyatte (610-561) . La légende ne serait pas grecque mais lydienne. « Je ne vois, dit ce savant, aucun obstacle à compléter la lé- gende en FaXFtioL-zeç ou FaXFeaxec. . . Rien n'empêche d'admettre que le nom d'Alyatte, dont nous ne connaissons que la forme grecque, 'AXuaTXTjç, ait commencé en lydien par un F qui, naturellement, ne s'est pas conservé dans la transcription d'Hérodote et des auteurs postérieurs. Le second F est moins facile à expliquer; on s'attendrait à le voir disparaître avant le et ou e suivant^ ce qui aurait donné 'AXeiaTur,*;, ou bien^ s'il était transcrit par o, comme Velia se dit 'YiXti pour FéXï), de trouver 'AXuetaxTTjç ou 'AXuéaTT7)<;. 11 est donc probable que dans ces formes, et ou & ont été élidés entre les deux autres voyelles et que cette élision a été cause que la trace du digamma s'est conservée dans la voyelle . »

Cette ingénieuse conjecture est loin, tou- tefois, de nous satisfaire. Il faut d'abord, pour l'admettre, préjuger que la légende est lydienne plutôt que grecque, ce que rien ne démontre. Nous ne connaissons pas la fin du mot et même, nous ne sommes pas sûrs d'avoir le commencement. Il faut vrai- ment un trop ardent désir de donner des monnaies aux rois de Lydie, prédécesseurs de Crésus, pour saisir dans ces lettres, en- core incertaines pour la plupart, les élé-

1. Sestini, Slateri antichi, p. 51 ; Brandis, p. 179. Mommsen a mis en doute, avec raison, cette lecture, pensant que la légende en question est plutôt ly- cienne que grecque, mais il n'a proposé aucune ex- plication nouvelle {BisL de la monn, rom., t. I, p. 24).

2. Six, dans le Num. CAron., 1890, p. 207.

ments du nom 'AXu^ttïjc. Ce nom, comme ceux de Sadyatte, d'Adyatte et d'autres en- core, est composé de deux éléments, dont le second est le nom même du dieu Atys ou Attis ^ . La première partie de ce nom théo- phore est'AXu; quel qu'en soit le aens, il parait bien diflicile de la retrouver sous la forme 'FaXFet. Cet élément AXu se retrouve dans le nom du fleuve Halys, sans doute aussi dans le nom de la ville d'Halicarnasse et dans d'autres noms de l'Asie-mineure occidentale; nulle part, on ne le trouve transcrit FaXFe ou FaXFet, même dans des inscriptions indigènes.

D'un autre côté, on ne comprendrait guère pourquoi, seul de tous les rois ly- diens, Alyatte aurait fait graver son nom sur ses monnaies, et même seulement sur quelques-unes d'entre elles. Ni Crésus, ni Polycrate, ni Darius et ses successeurs achéménides n'ont placé leurs noms sur les espèces qu'ils ont fait frapper. Bref, si l'on doit pour toutes ces raisons, repousser la conjecture de Six, il est prudent de ne pas lui en substituer une nouvelle ; mieux vaut se résigner à attendre des pièces plus com- plètes ou mieux conservées. Un jour, sans doute, il surgira un statère à flan plus large que les hectés décrites ci-dessus, qui don- nera, avec une légende complète, la solution de cet intéressant problème d'où dépend le classement scientifique de la plupart des séries primitives en électrum .

A quelle époque et dans quel pays doit- on classer les monnaies qui précèdent? Nous traitons explicitement cette question au t. II de la /" Partie du présent ouvrage. Nous devons donc nous borner, ici, à cor-

i . G. Radet, La Lydie au temps des Mermnades^ p. 65 et 77.

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roborer notre démonstration par quelques observations techniques. Il est à remar- quer, tout d'abord, que deux des séries monétaires qui figurent sur notre pi. I, à savoir, la série à face striée (fig. 8 à 13) et la série au lion couché (flg. 14 à 19), sont sûrement les produits d'un atelier unique. En effet, ces pièces ont, au revers, les mêmes empreintes ou des empreintes simi- laires. Le poinçon rectangulaire au fond duquel on remarque un renard, se rencontre identique sur des pièces des deux séries. D'autres particularités de fabrique ne font que venir à Tappui de ces constatations : nous sommes en présence de séries moné- taires dont l'émission s'est succédée dans le même atelier.

Nous avons remarqué, d'autre part, que le statère au taureau (PI. Il, fig. 1) et le statère au bélier {Descr., 35), ont certai- nement été frappés dans le même atelier que le statère au lion couché qui figure sur notre pi. I, 19. Ces pièces ont la même face bombée, leur fabrique est identique ; sur deux d'entre elles on remarque même que les rectangles creux du revers ont les empreintes des mêmes poinçons. Sur les tri tés de la pi. I, fig. 22, 23, 25, les carrés creux sont aussi les mêmes que sur les tri- tés de la pi. Il, fig. 6, 12, 13, 14.

Bref, sans multiplier ces remarques de détail, on peut démontrer jusqu'à la cer- titude scientifique, qu'à l'exception des premiers lingots monétiformes de notre pi. I, fig. 1 à 7, toutes les pièces d'élec- trum que nous venons de décrire depuis le 8 de la pi. I, jusqu'au i7 de la pi. II, se tiennent les unes les autres, comme par la main, et ont été frappées dans le même atelier.

Cet atelier doit être cherché dans l'Ionie

méridionale. Tout le démontre : le poids milésiaque des pièces; le lieu des trou- vailles et, jusqu'à un certain point, les types monétaires.

Le groupe à la face striée (PI. I, fig. 8 à 13) a été attribué par Fr. Lenormant à ^ygès, le fondateur de la dynastie des Mermnades, dans les premières années da vii^ siècle, à cause du renard qui figure au revers du statère (PL I, fig. 12). Le renard, dit-on, serait ici, l'emblème du Dionysos lydien dont le nom indigène, Bassareus, se trouverait ainsi rapproché allégorique- ment du mot bassara qui signifiait renard en lydien, à ce que rapporte Etienne de Byzance *.

La subtilité même de cette interprétation est de nature à nous la rendre suspecte. Les types monétaires primitifs ne sont point, en général, inspirés par un aussi savant symbolisme. Si le renard du revers de nos pièces était le symbole divin et national des rois de Lydie, pourquoi ces princes auraient-ils dissimulé, en quelque sorte, l'emblème de leur dieu Bassareus dans un petit poinçon du revers de quelques- unes de leurs monnaies, au lieu d'en faire le type du droit, Timage prépondérante sur ces mêmes pièces? Nous connaissons en toute certitude les monnaies de l'un de ces rois lydiens, celles du puissant et riche Grésus ; eh bien ! les carrés creux du revers des créséides n'ont pas le renard; ils ne sont empreints d'aucun symbole. Pourquoi donc Grésus aurait-il abandonné l'emblème national de ses prédécesseurs?

D'autres divinités, comme Gybèle et Atys

1. Steph Byz., s. pad^xpzj; ; Fr. Lenormant, Les monnaies royales de la Lydie, dans VAnnuaire de la soc, fr, de numism.y t. IV, 1873, p. 181; G. Radet, La Lydie, p. 161 ; B. Head, Bist, numor., p. 545.

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avaient, chez les Lydiens, un rôle plus con- sidérable que Bassareus. Ne sont-ce pas» dès lors, leurs symboles qu'on s'atten- drait plutôt à renconter sur les monnaies lydiennes? Allons plus loin : nous connais- sons l'emblème particulier et traditionnel des rois de Lydie. C'est la bipenne, en lydien labrys, la hache lydienne S qui, après la chute de Crésus, demeura en Carie, le symbole national et qui figure, à ce titre, sur les monnaies des dynastes cariens Mau- sole, Idrieus, Pixodare : voilà Temblème qu'on s'attendrait à trouver sur les mon- naies d'électrum dont nous parlons, si elles étaient lydiennes.

Puisqu'il est avéré que ces monnaies sortent toutes du même atelier, leur attri- bution sera fixée si nous parvenons à déter- miner la patrie d'une ou plusieurs d'entre elles. Or, je crois qu'on peut démontrer que les monnaies au type du lion ou de la tête du lion sont de Milet, la capitale de rionie méridionale.

En effet, le type du lion couché, avan- çant une patte et détournant la tête (pi. l. fig. 14 à 19) a la plus frappante analogie avec le type de pièces d'argent dont nous traiterons plus loin, et dont Torigine mile- sienne est incontestable. Ces pièces d'ar- gent furent frappées à Milet entre la chute de Crésus en 546 et la ruine de Milet en 494. Leur type est, au droit, la protomé de lion couché et détournant la tête pour regarder en arrière ; au revers, une grande rosace dans un carré creux. Cette protomé de lion regardant en arrière est le type spécial de Milet sous la domination perse jusqu'en 494; elle reparaît et se perpétue

1. G. Radet, La Lydie, pp. H9, 134 et 155 ; E. Ba- belon, Mélangea numism., 1. 111, p. 105. Tome II.

dans cette ville lorsqu'elle recommence^ au rv« siècle, à battre monnaie. La rosace sty- lisée du revers est bien aussi un symbole caractéristique de la numismatique milé- sienne. Nous la trouvons sous une forme identique sur la petite pièce d'électrum fig. 16 de notre pi. II K

L'excroissance radiée, sorte de globule, rayonnant ou touffe de poils stylisée qui orne le front du lion sur un certain nombre de nos pièces d'électrum (voy. surtoutpl. II, fig. 4 à 13) se rencontre aussi, comme nous le verrons, sur le nez du lion des créséides, sur des hectés de Phocée et de Mytilène aux et iv* siècles, sur des statères d'argent de Llndos et ailleurs encore ^. Cette parti, cularité rappelle l'appendice analogue qui, parfois, orne la tête du griffon et qui n'avait d'autre but que de rehausser Taspect farouche de cet animal fantastique en exa- gérant la protubérance naturelle de l'os frontal ^. En numismatique, c'est à Milet seulement que ce globule poilu sur la tête du lion, persiste toujours, puis se développe et prend les caractères d'un emblème natio- nal. A force d'être reproduit par les gra- veurs des coins monétaires il grossit et finit par se détacher même du front de l'animal, si bien qu'on en arrive à se demander s'il n'est pas un globule rayon- nant placé devant le front du lion. Enfin, il devient un astre que le lion fixe en rugis- sant. La légende s'empare de cette repré- sentation; elle est interprétée à son tour sur les monnaies et c'est ainsi qu'après Tan 400 environ, et jusqu'à l'époque ro- maine, le type constant des monnaies de

1. Cf. E. Babelon, Mélangea num., t. Ill, p. 117.

2. Six, dans le Num. Chron.y 1890, p. 204.

3. Voy. le Lexicon der Mythologie de Roscher, y* Gi-yps; B. Head, Catal, Lydia^ Introd., p. xix.

4

SI

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Milet, en argent et en bronze, est un lion qui détourne la tète en rugissant pour fixer un astre radié, le Soleil. Le type du lion à Milet est ainsi devenu un mythe solaire que nous expliquerons plus tard. Le dévelop- pement graduel du symbole qui orne le front de Tanimal sur nos pièces d'électrum, est un argument de plus qui autorise à classer ces pièces à Milet.

Si Ton ne classait à Milet les monnaies d'électrum que nous venons de décrire, on serait contraint d'admettre que cette grande capitale deTIonie méridionale, si riche, si prospère, si puissante, tt;? 'Iwv^t); irpcJo^Tjfxa, suivant l'expression d'Hérodote *, n'eut pas de monnaies d'électrum, tandis que, ainsi que nous le constaterons bientôt, les autres grands ports de Tlonie aux vii'-vi« siècles, émirent, tous, d'abondantes séries de ce métal. L'attribution à Milet des groupes qui précèdent est en conformité avec ce que nous savons de l'extraordinaire dévelop- pement commercial et colonial de cette ville.

L'époque à laquelle appartient ce mon- nayage primitif d'électrum, à Milet, est assez difficile à déterminer. On a cru que les pièces à la face striée étaient du roi Gygès, c'est-à-dire remontaient au début du VII* siècle. Cette attribution ne reposant sur aucun fondement, la place chronolo- gique de ces monnaies redevient incer- taine. Cependant, je crois qu'on ne saurait guère les faire remonter, pour la plu- part d'entre elles, au moins, au-delà de l'époque de Crésus (561-546) pour les rai- sons suivantes :

i^ Le statère à face striée (PL I, fig. 12) est taillé d-après l'étalon spécial des mon-

1. Uérod., V, 28, 2.

naies de Crésus; il semble donc difficile d'admettre qu'il leur soit très antérieur *.

2o La petite pièce d'électrum fourrée de Milet (PI. II, Gg. 16) n'est pas antérieure aux monnaies d'argent qui ont la même rosace et ont été frappées entre la chute de Crésus en 546 et la ruine de Milet, en 494. Or, la tête de lion, au droit de cette pièce, n'est pas d'un style sensiblement plus avancé que celui des autres monnaies d'élec- trum au type de la tête de lion.

Le style même des pièces qui figurent sur nos planches I et II ne permet pas de les éloigner des créséides. C'est le même lion, le même taureau; ce sont les mêmes carrés creux, le même flan ovoïde, globu- leux. Le style des lions, à partir du n** 14 de la pi. I, indique un art avancé, en pos- session de tous ses moyens : c'est l'art ionien en plein épanouissement, que nous retrouverons à Samos avec Polycrate. Ce type si curieux du mufle de lion, de face (PI. I, fig. 20 à 25), existe aussi dans la numismatique samienne. Si, dans les types à la tête de lion, il en est quelques-uns de style rude et barbare (par exemple, pi. II, fig. 4 et surtout fig. 14) *, il s'en trouve d'autres, d'un art élégant et qui ne le cède en rien au style des statères de Crésus (p. ex., pi. II, fig. 3, 5, 6 à 13) : c'est la même technique, le même œil, la même cri- nière dont les longs poils forment comme

1. Voyez ci-dessus, p. 19.

2. Ces pièces de style rude et barbare ont été attribuées par M. Barclay Head aux Ciuimériensqui ont envahi le royaume de Lydie au vu* siècle ; ils auraient battu monnaie à Timitation des rois de Lydie (B. Head, Catal. Lydia, Introd., p. xx). Cette hypothèse est vaine ; les Cimmériens n'avaient pas plus besoin de monnaie que les Assyriens ou les Perses de Cyrus ; leur séjour en Asie-mineure fut d'ailleurs comme un ouragan passager qui se borna à tout détruire (Voy. notre Première Partie^ t. II).

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ÉPHÈSE

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un collier (p. ex., pi. II, flg. 6), la même perfection anatomique.

Tels sont les principaux arguments qui paraissent nous autoriser à conclure que les monnaies décrites ci-dessus, sous les n^* 9 à 63, ont être frappées àMilet, au plus tôt à la fm du vn* siècle et plus sûrement dans la première moitié du vi® siècle avant notre ère. A cette époque, Milet fut sous l'hégémonie d'Alyatle et de Crésus. Après des guerres incessantes entre Milet et les rois de Lydie, un arrangement avait été enfin signé sous Alyatte, en 604, aux termes duquel le roi de Lydie et Thrasybule, tyran de Milet, s'étaient déclarés hôtes et alliés '. A partir de ce moment, Milet subit la pro- tection des princes de Sardes, tout en con- servant l'autonomie de son gouvernement et de ses lois; elle fut ouverte au commerce lydien et les rois de Sardes eurent le droit

de lui réclamer un contingent de troupes pour leurs expéditions militaires. L'histoire intérieure de Milet, sous le protectorat lydien, est peu connue. Nous savons seule- ment que cette grande ville fut pendant deux générations en proie aux dissensions civiles K Au moment de Tavènement de Cré- sus en 561, elle s'était quelque peu affran- chie des liens que lui avait imposés Alyatte ; mais Crésus sut la rappeler à l'observation des traités ^

Telles sont les circonstances historiques au milieu desquelles furent frappées les séries monétaires primitives que nous venons de décrire. C'est, à n'en pas douter, l'hégémonie exercée par les rois de Lydie sur Milet et sur les autres villes d'Ionie, qui a donné naissance à la tradition sui- vant laquelle les Lydiens furent les inven- teurs de la monnaie.

§ III. Éphèse.

Bâtie sur le golfe d'Icarie, à l'embou- chure du Caystre, Éphèse était, avec Milet, la plus importante des colonies helléniques de rionie méridionale. Après la venue des Ioniens, elle garda toujours dans sa popu- lation un élément considérable emprunté aux races asiatiques des Lydiens, des Ca- riens et des Lélèges. Ces Asiatiques se grou- paient autour du temple fameux de leur déesse indigène, déesse lunaire que les Grecs devaient, plus tard, assimiler à leur Artémis. La tradition prétendait que ce vieux sanctuaire avait été bâti par les Pé- lasges ou par les Amazones ; la vénération dont l'entouraient aussi bien les populations

1. G. Radet, La Lydie, p. 193 et suiv.

autochtones que les Ioniens nouveaux ve- nus, contribua singulièrement à faire d'É- phèse l'un des centres les plus fréquentés de l'ionie, une sorte de capitale religieuse, un lieu de pèlerinage et aussi une ville de banquiers ' .

A cause du caractère asiatique de la déesse, autant que pour flatter les Grecs, les rois de Lydie respectèrent toujours l'Ar- témision d'Éphèse ; ils affectèrent de le combler de présents et d'enrichir son tré- sor, alors même qu'ils luttaient, les armes â la main, pour s'emparer de la ville.

1. G. Radet, op. cit., p. 211.

2. G. Radet, op, cit. ; E. Curtius, EisL grecque, t. 11, p. 150.

3. Voyez le présent Traitéy Première partie, t. II.

85

ÉPHÈSE

S6

Ces princes lydiens avaient, au surplus, des liens de famille avec les tyrans d'Ë- phèse : Gygès, le premier, maria sa fille à Mêlas TAncien, le chef de la dynastie éphé- sienne des Mélides ; il avait la prétention d'étendre sa protection sur la colonie grec- que et sur son temple. Survint, après le règne d'Ardys (652-615), la terrible invasion des Gimmériens : les barbares brûlèrent TArtémision. Il fut reconstruit aussitôt après que Sadyatte (615-610) eut repoussé les envahisseurs. Ces malheurs communs ne firent que resserrer les liens qui unis- saient lesËphésiens aux Lydiens. Un petit- fils de Mêlas TAncien, Miletos, épousa Lydé, fille d'Ardys. Mêlas II prit à son tour pour femme une fille d'Alyatte .

Aussi, le fils prodigue d'Alyatte, Crésus, avant de monter sur le trône de Sardes, trouva-l-il à Éphèse les ressources néces- saires à ses dissipations ^. Le jeune prince s'y était ménagé l'amitié de citoyens opu- lents qui lui prêtaient de l'argent : il obtint notamment des sommes considérables du riche banquier Pamphaës, fils de Théo- charidès '.

Cependant, une fois monté sur le trône de Sardes, Crésus eut la prétention de trai- ter la ville d'Ëphèse en conquérant; mais son parent, Pindaros, le dernier représen- tant des Mélides, soutint Thonneur et les droits de ses concitoyens ; une guerre s'en-

suivit et Crésus vint mettre le siège devant la ville; bientôt, soi-disant pour ne pas s'exposer à détruire de nouveau le temple de la déesse asiatique, le roi de Lydie pré- féra entrer en négociations avec les assié- gés. Pindaros fut exilé et Crésus se con- tenta d'une suzeraineté nominale sur Ëphèse. Hérodote nous informe que Topu- leut roi de Lydie dédia dans le temple d'Ar- témis, des taureaux et des colonnes d'or ^ .

Lors de la conquête perse de Cyrus, en 546^ le caractère asiatique du culte de la déesse éphésienne protégea encore la ville qui fut traitée avec mansuétude et son temple respecté. Plus tard, enfin, en 498, quand les villes grecques se révoltèrent contre Darius et essayèrent de secouer le joug perse, Ëphèse garda une prudente neutralité. Cette attitude inspirée, sans au- cun doute, par l'élément asiatique et reli- gieux de la population, favorisa le plan de campagne des Perses ; en même temps, il épargna h Ëphèse le sort de Milet, de Chios, de Lesbos et des autres villes qui avaient si imprudemment pris part à l'insurrec- tion (ci-dessus, p. 15).

Aussi, les monnaies d'Ëphèse en argent forment-elles, comme nous le verrons plus loin, après la cessation du monnayage de l'électrum dans cette ville, une suite conti- nue et sans lacune à partir du commence- ment du siècle.

1. G. Radet, op. cit., p. 134 et 172.

2. Nicolas de Damas, dans les Fragm. hisL graec, t. III, p. 397; Aelian., Var. hist., IV, 27.

1. Pour tous ces détaUs historiques, voyez : G. Ra- det, La Lydie au temps des Mermnades^ p. 197 et s. ; 207 et s.

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I. SÈME AU CERF.

No 64.

64. Cerf marchant adroite, en baissant la tête pour brouter; au-dessus, la légende rétrograde : aaab^ IAA3 ^OhWAO*

I^. Empreintes de trois poinçons, Tun rectangulaire, placé entre les deux autres, carrés et plus petits ; leur surface est ornée de lignes qui se croisent et de protubérances irrégulières.

El. 21 sur 14 mill. ; statère milésiaque, 14 gr. 06 {Londres)^. II, fig. 19 *.

65. Protomé de cerf couché à gauche, une patte repliée comme pour se lever, et détournant la tête.

^. Carré creux rempli de lignes qui se croisent.

El. 9 ; hecté miles., 2 gr. 33 (Londres) PI. II, fig. 18 *.

66. Protomé de cerf couché à droite, une patte repliée comme pour se lever, et détournant la tête.

I^. Carré creux orné de protubérances irrégulières.

El. 8 ; hémi-hecté miles., 1 gr. 18 [Paris) PI. II, fig. 20 •.

i. Mionnet, Supplément, t. VI (1832), p. 213; Bor- rell^^um. Chron,, 1844, t. VII, p. 65; Weston, His- torié Notices on towns in Greece, Addenda, p. 162; Ch. Newton, dans le Numism. Chronicle, n. s. t. X, 1870^ p. 237; B. Head, dans le même recueil, n. 8. t. XV, 1875, p. 264 ; Percy Gardner, dans le même recueil, n. s. t. XVIII, 1878, p. 262; M. Frankel, dans VArchaeol. Zeitung, neue Folge, t. XII, 1879, p. 27 ; Percy Gardner, dans VArchœol. Zeitung, neue Folge, t. Xlll, 1880, p. 184; Barclay Head, The coi- nage ofLydia and Persia, p. 13; A. von Sallet, dans la Zeitschrift fur Numismalik, t. 1, 1874, p. 280 ; B. Head, Historia numorum, p. 526; le même, Guide to

the coins of theAncients in the Brilish Muséum, pi. 1, fig. 7 ; le même, Catalogue, etc., Jonia, Introd., p. xvm et p. 47, pi. III, fig. 8 ; Isaac Taylor, The alpha- bet, t. H, p. 43; Cauer, Deleclus inscript, graec, p. 347; J.-A. Blanchet, le^ monnaies grecques, p. 6; Imhoof-Blumer et 0. Relier, Tierund Pftanzenbilder, p. 15, no 33; E. Babelon, dans la Revue numisma- tique, 1894, p. 270, et 1895, p. 19; Mélanges numis- matiques, sér., p. 10; sér., pp. 33 et 67.

2. B. Head, dans le Num. Chron., 1880, p. 99, no 4; Catal. lonia, p. 47, 4 et pi. III, fig. 11.

3. Brandis, p. 393 ; B. Head, dans le Num. Chron,, 1880, p. 99, no 5.

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Les deux dernières pièces (n" 65 et 66) n'ont qu'un rapport éloigné avec le statère 64. Le type du cerf s y trouve dans une attitude toute différente. Ce cerf couché, détournant la tête, une patte repliée et avançant Tautre, comme si Tanimal faisait un effort pour se lever en regardant autour de lui avec effroi, se retrouve iden- tique sur les monnaies éphésiennes de l'âge postérieur. On ne saurait donc mettre en doute Tattribution à Ëphèse de ces deux petites pièces d'électrum, de poids milé- siaque.

Le statère n* 64 soulève d'intéressants problèmes qui ne sont encore résolus que par des hypothèses. La pièce fut acquise en 1825 par la Banque d'Angleterre à Bor- rell, consul anglais à Smyrne. Elle fut publiée pour la première fois en 1832 par Mionnet qui l'attribua à Erythrée d'Ionie,

enlisant la légende :0ANNOZEMIZ . EPY. Charles Newton, en 1870, proposa de l'attribuer à Éphèse et transcrivit la lé- gende : 0AENOR EMI IBM A. Pour lui, 0AENOR est pour «paÉvo;, ou mieux «poévo);, génitif possible de «pasvto, de la racine «paivo), briller. Le sens de la légende entière serait donc, d'après Newton : « Je suis l'emblème de la Brillante » ; la bril- lante serait un surnom d'Arlémis éphé- sienne, dont le cerf était le symbole. M. Percy Gardner, dans le Numismaiic Chronicle de 1878 proposa la lecture :

AVBi lAASI ^OSAO

soutenant qu'après la syllabe 0A, il n'y a pas de lettre, mais seulement une aspérité fortuite du métal; il faut lire, suivant lui, (pdtvoc et non «pd^wo; ou cpasvop. M. Percy Gard- ner nous informe, en outre, d'après une note manuscrite de Borrell^ que la pièce

fut trouvée à Boudroun; sur l'emplacement d'Halicarnasse. Pour lui, «pavoc, pour «pavéoc, est la forme du génitif de «pàvTj;, comme sur une inscription du vi« siècle, par exemple, eeéxXo; est le génitif de eeoxXfjc La légende monétaire en question signifierait donc : (t Je suis la marque ou le symbole de Pha- nès ». Et il se rencontre précisément qu'Hérodote mentionne un certain person- nage du nom de Phanès, qui était d'Hali- carnasse *. Ce Phanès, après avoir été au service du roi d'Egypte Amasis, passa dans l'armée du roi de Perse, Cambyse, qu'il aida à faire la conquête de l'Egypte en 525 av. J.-C.

Mais si Hérodote atteste que ce Phanès fut un chef de mercenaires grecs originaire d'Halicarnasse, rien dans son récit ne per- met de soupçonner qu'il eut exercé, à un moment quelconque, la tyrannie dans cette ville. S'il naquit à Halicarnasse et si le sta- tère d'électrum fut trouvé sur les ruines de cette ville, il n'y a point dans cette coïnci- dence un argument suffisant pour fixer l'at- tribution de la médaille à ce personnage. Les caractères paléographiques de la lé- gende monétaire ainsi que la forme du carré creux ne permettent guère de faire descendre la frappe de la médaille jusqu'au temps de Cambyse, vers 525. M. Percy Gardner s'est empressé de le reconnaître ; aussi, n'est-ce point au Phanès dont parle Hérodote qu'il attribue la pièce. Il suppose l'existence d'un autre Phanès dont aucun historien ne parle, qui aurait été le grand père du Phanès, chef des mercenaires grecs en Egypte, et aurait exercé la tyrannie à Halicarnasse vers le commencement du vi" siècle *.

1. Hérodote, III, 4.

2. Cf. B. Head, HisL numor,, p. 526.

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Ea 1879, Max Frankel a proposé, pour notre légende monétaire, la lecture sui- vante : AMB^ lAAJl ^OSLAO- Se pla- çant au point de vue philologique pour réfuter Tattribulion des savants anglais, Frânkel remarque que le dialecte que parle Tinscription est ionien et indique comme lieu d'origine une ville ionienne. Halicarnasse, au coutraire, était une ville dorienne comme Taffirme Hérodote * : c'est donc le dialecte dorien que devrait parler notre médaille si elle était d'Halicar- nasse. 4>dcvo(; est une forme impossible pour le génitif de *dtvT); ; et en effet, dit Frankel, la légende porte pour troisième lettre un iota ; il y a *a(vo<:. Gomme les derniers mots EMI ZHMAt pour elfxl cnifia, sont abso- lument stkrs, il faut donc trouver dans 4>AINOZ un génitif. Pour Frankel, c'est un génitif féminin pour 4>aivou(;, et il inter- prète comme Newton : *aivoùç el|x( o^fia, « Je suis le symbole de la Brillante », c'est-à-dire de TÂrtémis d'Éphèse, dont ^ivci) est une épithète, un surnom analogue, par exemple, à «po(T<p6po<:.

M. Percy Gardner ' répliqua que la troi- sième lettre incriminée ne saurait être un iota^ P, puisque le iota a la forme | dans le mot EMI de la même légende. Ce ne peut être, dit-il, qu'un N ainsi fait h ; il propose dès lors *dÉwo<:, qui serait un génitif possible dans le dialecte dorien ', et, dit M. Gardner, il est remarquable de constater ce génitif dorien sur une monnaie de la ville dorienne Halicarnasse. Malheureusement pour la thèse du savant anglais le mot tt^ikx. est

1. Hérod., II, 178.

2. Archœol. Zeitung, 37© année, 1879, p. 184.

3. Ahrens, Doriscfie Dialekten, p. 234.

purement ionien et non dorien (nous aurions

A. de Sallet répudia toutes ces conjec- tures pour en revenir à la lecture primitive deCh. Newton : AAAHi IM3 WOM3A0. Selon le savant allemand, 4>a&vop est pour *a(voç, c'est-à-dire *atvoû;, génitif de 4>aivio, surnom d'Artémis. Par analogie, il cite une Artémis Aau<palvat, à Cœla, dans la Cherson- nèse de Thrace ; un magistrat monétaire d'Athènes qui s'appelle ^avoxXii; (non formé sur *4va>, «paivo)), prend pour emblème par- lant une Artémis portant deux torches *.

P. Gauer propose d'interpréter *aivo(0)<: b{\)^1 Tr^[i.oLy considérant la troisième lettre comme un iota ^. C'est aussi l'opinion de M. Keil ^, tandis qu'Isaac Taylor lit S0hSA4>^

M. Imhoof-Blumer transcrit : 0AINO$ EMI $BMA 6t qualifie ainsi la pièce : « Statère d'électrum d'Éphèse ou d'Hali- carnasse ®. » Enfin, nous citerons encore, parmi les propositions les plus autorisées, celle que M. Barclay Head a finalement substituée à toutes les autres :

AAAB^ lAAI ^Oh3A0

mais il transcrit : *âvoç èjjtt or^ixa (avec sup- pression de ^), et déclare qu'il préfère attribuer la pièce à un certain Phanès,

1. Comme sur la pierre gravée de Thersis dont nous parlons ci-après, et comme aussi sur l'ins- cription du VI» siècle qui rappelle la mort d'un certain Arniadas et qui commence ainsi : ^di\ia xdSs'ApvidlSa... H. Roehl, n* 343; Kaibel, 180. '

2. A. de Sallet, dans la Zeit. fUr Num., t. I, 1874, p. 280 et t. X, 1883, p. 149.

3. P. Cauer, Delectus inscript, graec^ p. 347 (Leipzig, 1883, in-S»).

4. Dans VHermès, t. XXIX, 1894, p. 278.

5. Taylor, IJist. of alphabet, t. II, p. 43.

6. Imhoof-Blumer et 0. Keller, lier und Pflan^ zenbildeTy p. 15, 33.

63

ÉPHÈSE

64

d'Ëphèse, inconnu dans Thisloire, plutôt que de considérer ^ivo< comme une épi- thète d'Artémis.

Au point de vue paléographique, on n'a pas proposé encore de lire : iOSiA0, <l>dlpvo(; ; et c'est le nom qui, matériellement, serait le plus facilement admissible, à pre- mière vue. ^dtpvoc pour *4pvou(; serait le gé- nitif de *4pvï)<;, et Ton voit tout de suite qu'il s'agit d'un nom perse qu'on retrouve en composition dans un grand nombre d'au- tres, comme : PAarnabaze, Tissap/terne, ArtapAerne, Sdiitaphamès, Pharnace. Mais l'époque à laquelle appartient le stalère ne parait pas permettre de s'arrêter à cette conjecture. Un nom comme Phamês ne peut paraître dans une ville grecque de la côte occidentale de l'Asie-mineùre avant l'arrivée de Cyrus en 546. Or, notre stalère est très antérieur à cette date. Nous renon- cerons donc à cette lecture pour adopter iOHhA0» *dtvvo<;, la lettre S étant celle dont la forme normale rentre le mieux dans les éléments encore saisissables paléogra- phiquement sur la pièce.

L'attribution à Éphèse est mieux justi- fiée que toute autre pour les raisons sui- vantes :

D'abord, le type du cerf : cet animal étant, avec l'abeille, l'emblème d'Artémis éphésienne. En second lieu, la taille de la monnaie : c'est un statère milésiaque, c'est- à-dire d'un système propre à l'Ionie méri- dionale. L'aspect général de la pièce, son flan globuleux, allongé en haricot, les trois empreintes du revers indiquent aussi l'Io- nie méridionale.

D'autre part, il faut interpréter : « Je suis le sceau de Phanès », plutôt que « Je suis Temblème de la Brillante », parce que cette manière de désigner Artémis exclusi-

vement par l'une de ses épithètes, sans son nom, serait peu admissible, en dépit des quelques exemples d'une semblable ano- malie, qu'on s'est efforcé de rassembler.

Et puis, l'Artémis éphésienne n'est pas une Artémis Phosphores, lumineuse, irra- diante; c'était, au contraire, une Artémis noire, au triple rang de mamelles, d'ori- gine asiatique et n'ayant rien de commun avec l'Artémis dorienne ; elle n'a aucun attribut qui justifierait cette épithète de « lumineuse » ou c< brillante ».

Quel est ce Phanès dont nous avons ici la monnaie? Serait-il un banquier au ser- vice du fameux temple d'Artémis, le tré- sorier du temple ou même le grand prê- tre? Le type du cerf le donnerait à penser. Dans tous les cas, ce Phanès n'appartenait sûrement pas à la dynastie des despotes d'Ëphèse, successeurs de Mêlas l'Ancien, apparentés aux rois de Lydie, et dont nous connaissons les noms ^

De même que l'Apollon Didyméen de Milet, l'Artémis éphésienne reçut de somptueux présents de Crésus. Et puis, Éphèse était aux vn'-vi® siècles une grande ville de banque. On pourrait donc croire que Phanès fut, comme Pamphaès et Théo- charidès, un des grands manieurs d'pr d'Ëphèse qui prêtaient aux rois et dont les coffres-forts étaient remplis de métaux précieux *.

La légende du statère qui nous occupe fait parler la pièce ou plutôt le cerf lui- même : ei[i( (r?;(ia « je suis l'emblème, la marque, le type », la monnaie de Phanès. Nous savons quel était le sens du mol «njfxa

1. G. Radet, La Lydie, pp. i34 et 172.

2. Voir aussi dans Hérodote (VII, 27 à 29) l'his- toire du lydien Pythès.

6S

MONNAIES D ATTRIBUTION INCERTAINE

66

en numismatique '. Quant à la formule de la première personne, donnée à notre lé- gende, on la retrouve, semble-t-il, sur des monnaies frappées à Ségeste, dans la pre- mière moitié du V' siècle : SeYearaÇtr, ei{ji(, (( Je suis la monnaie ségestaine » ' . Mais nous Tavons plus sûrement sur une petite pierre gravée du vii^-vi* siècle qui porte, en dialecte dorien, Tinscription suivante, à côté d'un dauphin : Stpaio^ e(l)(xî dâfia jjiTi jjie âvocY£, « Je suis le cachet de Thersis,

défense de me briser » '.

Ainsi, voilà sur deux monuments con- temporains, la médaille et la pierre gravée, une formule identique. C'est la preuve, comme nous l'exposons ailleurs [Première partie^ t. II), que le type (<iTi(ia) jouait le rôle d'attestation du poids et de Taloi de la monnaie, de même que l'empreinte de la gemme, apposée au bas d'un contrat, était aussi l'attestation authentique de celui auquel le sceau appartenait.

IL Série a l'abeille.

67. Abeille vue de dos, encadrée d'un rectangle.

IJt. Deux carrés creux côte à côte, ornés de lignes et de protubérances. El. 12 ; trité miles., 4gr. 64 [Londres) PL II, fig. 21 *.

68. Autres exempl., 4 gr. 53 [Vienne) ; 4 gr. 37 [Londres) PI. II, fig. 23 \

L'abeille est, comme le cerf, l'emblème ordinaire de l'Artémis éphésienne et pa- rait constamment, comme nous le verrons,

sur les monnaies d'argent d'Ëphèse. Les prêtresses de la déesse portaient même le nom de (xéXtddat, abeilles.

§ IV. Monnaies d'attribution incertaine.

[lonie méridionale et Carie),

I. Etalon milésiaque [suite), 69. Chienne (levrette) couchée à droite, et levant une patte de devant ; on

1. Voyez notre Traité, f partie, t. I, p. 381.

2. Kinch, dans la Zeit, fUr Num., t. XVI, 1888, p. 187.

3. E. Babelon, La gravure en piètres fines, p. 97, fig. 69; O. Rossbach, dans VArchœol. Zeilung, 1883, p. 336-339 et pi. XVl, 19.

4. B. Head, dans le Num. Chron,, 1880, p. 99,

Tome II.

1; Calai. lonia, p. 47, 2 et pi. III, 9.

5. B. Ilead, dans le Num. Chron., 1880, p. 99, n«- 2 et 3; loniay p. 47, 3 et pi. III, 10. II faut peut-ôtrc reconnaître une abeille dans le type d'une toute petite division (0 gr. 13) publiée par B. Head, dans le Num, Chron., 1887, 'p. 286, 29 et pi. X, 29.

67 MONNAIES D^ATTRIBCnON INCERTAINE 68

lui voit un triple rang de mamelles; derrière elle, un arbre à tige grimpante et sinueuse comme le lierre, forme des enroulements symétriques au-dessus de l'animal.

^. Empreintes de trois poinçons, l'un rectangulaire entre deux autres carrés et plus petits ; le rectangle paraît partagé en trois carrés : au centre, des lignes qui se croisent et forment une sorte d'étoile; à droite et à gauche, des serpents dressés. Le carré du haut est orné d'un losange; dans le carré du bas, on distingue une tête d'antilope.

El. 20 sur 15 mill. ; stat. miles., 13 gr. 91 {Paris) PI. II, fig. 22.

L'aspect globuleux et ovoïde du flan, la unique appartient à l'Ionie méridionale,

disposition des empreintes creuses du Mais son type insolite ne nous permet pas

revers, le poids milésiaque, la provenance de préciser davantage l'attribution S smyrniote : tout indique que ce statère

70. Protomé de cheval harnaché, galopant à gauche ; au-dessus du dos du cheval un ornement arrondi qui est peut-être l'extrémité d'une aile (Pégase?).

^. Empreintes de trois poinçons, l'un rectangulaire entre deux carrés et plus petits ; on ne distingue dans ces empreintes que des lignes et des glo- bules n'offrant aucun sens.

El. 21 sur 16 ; stat. miles., 14 gr. 23 {Paris) PI. II, fig. 24.

Ce statère unique appartient par son leté technique fort remarquables et dignes

poids, son style, la forme du flan, la dispo- de la gravure sur gemmes,

sition des empreintes du revers, à l'Ionie C'est peut-être de ce beau statère qu'il

méridionale *. Le style du cheval harnaché faut rapprocher les trois divisions suivantes

est d'une finesse de détails et d'une habi- au type de Pégase :

71. Pégase allant au pas, à gauche, les ailes recroquevillées.

^. Deux carrés creux, côte à côte, ornés de protubérances irrégulières. El. 14 sur 10; trité miles., 4 gr. 73 {coll. Greenwell) '.

72. Autre exemplaire, 3 gr. 67, usée {Paris) PI. II, fig. 25.

73. Protomé de Pégase galopant à gauche, les ailes recroquevillées.

1. E. Babeloo, Mélangea^ série, p. 9 à 12. à Smyrne (Brandis, p. 390).

2. Brandis a classé, à tort, à Gymé d'Éolide, ce 3. ^um, Chron,, 1890, p. 28 et pi. III, 17. statère qui faisait partie de la coll. Ivanoff, consul

69

MONNAIES D ATTRIBUTION INCERTAINE

70

IJt. Carré creux au centre duquel est une croisette entourée de trois carrés inscrits les uns dans les autres.

El. 10; hecté miles., 2 gr. 37 [Londres) PI. II, fig. 26 '.

La prolomé de cheval ailé qui forme le type de cette hecté n'a rien de commun avec celle qui est le type ordinçiire de Lamp- saque; Télalon milésiaque n'a jamais été

en usage en Mysie. D'autres villes plus rapprochées de Tlonie méridiouale, comme Halicarnasse, ont pour type de leur mon- naies d'argent, la prolomé de Pégase.

No 74.

74. Protomé de cheval à gauche, une jambe avancée. IJt. Carré creux avec aspérités irrégulières.

El. 9 (pièce globuleuse) ; hecté miles., 2 gr. 39 {Greenwell) *.

75. Protomé de cheval à droite, une jambe avancée, l'œil énorme. Çt. Carré creux informe.

El. 9 (globuleuse); hecté milésiaque (?) , 2 gr. 13, poids faible; pièce usée [Paris) PI. II, fig. 27.

Le style de cette pièce la rattache à la précédente (d. 74) ; la faiblesse de son poids s'explique, sans doute, par le mauvais état de conservation.

Jusqu'ici les statères des séries que nous venons de décrire, ont présenté un revers d'une forme spéciale sur laquelle nous avons insisté à dessein, parce qu'elle est une marque de fabrique, un indice essentiel de provenance : toutes les pièces qui ont ce revers sont de Tlonie méridionale. Il con- siste, pour le statère et Thémi-statère, en trois empreintes creuses, une rectangulaire entre deux carrées; la trité n'a que deux

empreintes juxtaposées qui sont Tune et l'autre carrées; enfin, il n'y a qu'une seule empreinte, carrée, sur Thecté, Thémi-hecté et la myshémi-hecté. Ainsi, Je nombre et la dimension desempreintescreusesdiminuent avec le module des pièces ; dans la pratique, ce système ingénieux de frappe permettait de reconnaître au premier coup d'œil à quellesdivisionsmonélaires on avait à faire. Pourtant, certains ateliers, même en sui- vant l'étalon milésiaque, ont adopté d'autres formes de carrés creux (voyez notre pi. IIÏ). C'est ce que nous allons constater dans les descriptions qui vont suivre, sans qu'il

1. B. Head, Caéal. lonia, p. 3 et pi. 1, fig. 10; Wroth, CalaL Mysia, p. 78, note Lampsaque?). Cette pièce est probablement celle que Sestini a

publiée d'après le musée Ainslic. Sestini, Slaleri antichiy p. 67, 24 et pi. VI, 21. 2. fium, Chron.^ 1897, p. 263, 3 et pi. XI, 22.

71

MONNAIES D ATTRIBUTION INCERTAINE

72

soit possible de préciser les ateliers d'émis- sion, autrement qu'en disant que ces pièces

appartiennent à la côte de Tlonie méridio- nale ou de la Carie.

No 76.

76. Deux lions dressés héraldiquement, Tua en face de l'autre sur leurs pattes de derrière, et détournant la tête, l'un à droite, l'autre à gauche; entre les deux, une colonnette sur laquelle chacun pose une patte de devant.

^. Grand carré creux à surface rugueuse.

El. 19; stat. miles., 14 gr. {Londres) *.

Ce statôre acheté récemment par le Mu- sée britannique, à M. Lawson, de Smyrne, est probablement de Tlonie méridionale ou de la Carie ; mais, malgré le type des lions, on ne saurait l'attribuer à Milet; le flan est circulaire et non de forme allon- gée ; le revers a une large empreinte carrée à la place des trois poinçons que nous

avons rencontrés jusqu'ici (comparez les carrés creux des statères de nos pi. I et II). L'architecture de la Phrygie fournit des exemples de lions dressés et affrontés, analogues à notre type monétaire; parfois même sur certains bas-reliefSj les animaux sont, de même, hissant de chaque côté d'une colonne d'ordre ionique '.

77. Vache agenouillée adroite, détournant la tête pour regarder le veau qu'elle allaite; sur son dos, un fleuron.

^. Grand rectangle creux, dont la surface est couverte de protubérances, El. 23 sur 18; stat. miles., 13 gr. 93 (Munich) PI. III, fig. 1 \

A cause de son type, on a proposé suc- cessivement de classer ce statère à Cor- cyre, à Carystos, à Tarse. Mais, en consi- dérant que le poids est jnilésiaque et que le carré creux est en tout semblable à celui

des dariques d'or et d'argent des premiers princes achéménides, on est amené à admettre que la patrie de ce statère doit être cherchée dans une ville de l'Ionie méridionale ou voisine de cette région.

78. Tortue (les écailles de la carapace non indiquées).

1. W. Wroth/iVMm. Chron., 1896, p. 99, no 22 et pi. VU, 15; Hill, Journal of hellenic Studies^ t. XVII, 1897, p. 86 et pi. IT, 3.

2. Perrot et Chipiez, Hist. de Vart dans l'anti- quité, t. V, p. 111, 157 et 180.

3. Sestini, Stateri antichi, p. 53, 21 et pi. IV, fig. 23; Brandis, p. 402; B. Head, Hist. num,^ p. 612; Six dans le Num. Chron., 1884, p. 152; E. Babeion, Mélanges, 3* sér., p. 132.

73 MONNAIES d'attribution INCERTAINE 74

^. Deux rectangles creux placés côte à côte et séparés par une ligne en relief; le champ est orné d'aspérités îrrégulières. El. 19; stat. miles., 13 gr. 39 {Paris) PL III, fig. 2.

A cause du type de la lorlue, ce slatère relief, est celui des monnaies d'argent de

a été classé à Égine ^ Mais son poids Rhodes, de Posidion dans Tile de Carpa-

n'est pas éginétique, ni son carré creux ni thos, et de quelques pièces incertaines de

même le style de la tortue; enfin cette la Carie : c'est dans ces parages, voisins de

pièce serait la seule que Tatelier d'Ëgine Flonie méridionale, qu'il faut chercher la

eut frappée en électrum. Cette attribution patrie véritable du statère d'électrum à la

doit être répudiée *. Le revers, en forme de tortue : ce type est, d'ailleurs, fréquent sur

deux rectangles séparés par une ligne en les monnaies primitives de la Lycie.

79. Sorte de bouclier bombé dont Tépisème est orné de quatre fleurons stylisés et adossés les uns aux autres ; au centre, un umbo de forme carrée.

^. Deux rectangles creux juxtaposés et ornés de protubérances irrégulières. El. très jaune, 17sur 12; hémi-stat. miles., 7 gr. 12 (Pârm) PI. III, fig. 4 '.

Les deux rectangles creux du revers ainsi que les pièces suivantes, à la Cyrénaï-

permettent de croire que cet hémi-statère que; les fleurons qui décorent le bouclier

a été frappé à Rhodes ou sur les côtes de ne sauraient être pris pour des tiges ou des

Carie. C'est à tort qu'on a voulu le classer, fleurs de silphium.

80. Sorte de bouclier dont l'épisème est orné de trois fleurons stylisés et adossés (comme sur Fhémi-statère précédent).

Çt. Carré creux orné de protubérances irrégulières.

El. 9 ; hémi-tétarté miles. (?), 1 gr. 72 [Londres) PI. III, fig. 6 *.

Cette petite division que son type rat- tétarté milésiaque n'étant pas frappée en tache étroitement à l'hémi-statère précé- électrum; mais elle existe en argent dent (n** 79) a un poids anormal, Thémi- elle forme Thémidrachme ou triobole.

81. Sorte de bouquet formé de six fleurs réunies parleurs tiges et vu d'en haut (trois grandes fleurs à folioles imbriquées comme la rose, alternant avec trois boutons).

Çt. Carré creux orné de protubérances irrégulières.

1. B. Hcad, HisL numor., p. 331 ; Brit, Mus. Cat. 3. E. Babelon, Mélanges num., l^e série, p. 33 et Attica, Introd., p. lxvi. pi. UI, fig. 1 ; série, p. 134, 54.

2. £. BabeioD, Mélanges, sér., p. 50 et 133. 4. B. Head, Calai, lonia, p. 4 et pi. \, fig. 11.

75 MONNAIES d'attribution INCERTAINE 76

El. 14. ; hémi-stat. miles., 7 gr. 10. {Londres) PL III, fig. 5 *.

82. Trois grandes fleurs épanouies, se dirigeant en sens opposés autour d'un nœud central. ^. Carré creux.

El, 9; hémi-tétarté (?) miles., 1 gr. 76 [Londres) PI. III, fig.7 '.

Pour cette division inusitée en éiectrum (trihémiobole), voyez ce que nous avons et taillée dans le système *de l'argent dit ci-dessus (au n'» 80).

83. Tête nue d'Héraclès barbu, à gauche, les cheveux et la barbe figurée par des stries et des globules.

I^. Deux carrés creux, côte à côte.

El. 12 ; trité miles., 4 gr. 66 [Paris) PI. III, fig. 9.

Le type de cette trité nous présente pour la première fois la figure humaine sur une monnaie, et cette image a des carac- tères d'archaïsme qu'on retrouve dans les œuvres sculpturales de la première moitié du vi® siècle. La tète de cet Héraclès est ins- pirée des représentations du Melqart orien- tal, avec son œil globuleux, de face, son

Héraclès (type monétaire agrandi).

nez énorme, ses lèvres épaisses, ses oreilles démesurées, sa barbe dont les frisures affectent la forme de globules juxtaposés, ce front bas, ces cheveux enfin qui descen- dent en tresses parallèles depuis le sommet

de la tête jusque sur le cou qu'on soup- çonne large et puissant. La barbe frisée qui envahit la face presque toute entière, ne se retrouve jamais aussi simiesque dans les types barbus de l'art grec archaïque, qu'il s'agisse d'Héraclès, des Centaures, des Géants ou des Satyres '. Cette caractéris- tique de la force brutale est de conception orientale ; on la retrouve dans les monstres assyriens à tète humaine. C'est en Orient qu'il faut chercher le prototype de notre effigie monétaire ; on peut dire qu'au point de vue de l'histoire de l'art cette tète d'Hé- raclès vient de Ninive en passant par la Phénicie. Il faut en rapprocher la tête du fameux colosse d'Amathonte, non moins bes- tialement barbu que l'Isdubar assyrien *. Mais nous comparerons surtout notre type monétaire à la tête du berger Eurytion sur le bas-relief d'Athiénau (au musée de New- York), qui représente Eurytion fuyant épouvanté à la vue d'Héraclès, avec les

i. B. Head, /oma,p. 2 et pi. ï, flg. 2 Cyrène ?).

2. B. Head, lonia, p. 4 et pi. I, fig. 12 Cyrène ?).

3. Par exemple, le type d'Héraclès est tout autre dans une sculpture du vi» siècle trouvée dans les

ruines de TAcropole d'Athènes. Lechat, Au musée de V Acropole d'Athènes, p. 125 (fig. 7).

4. Perrot et Chipiez, Hist. de Vart dans l'antiq,, t. m, p. 567.

77 MONNAIES d'attribution INCERTAINE 78

bœufs de son maître Géryon *. On retrouve venons de signaler sur la médaille. Et

dans ce bas-relief gréco-chypriote, pénétré ainsi, nous conclurons que cette influence

d'influences orientales, toutes les particu- orientale a pénétré l'art ionien jusque dans

larités de style et de technique que nous la gravure des coins monétaires '.

84. Tête humaine imberbe, à gauche, Tœil globuleux, roreille démesu- rée, les cheveux calamistrés sur le cou.

^. Carré creux à surface irrégulière, partagée en quatre compartiments. El. 6 ; myshémi-hecté, 0 gr. 40, rognée [Londres) PI. III, fig. 8 '.

Le poids de cette petite pièce est anor- un 24* de statèredu système créséen; mais,

mal dans le système inilésiaque elle comme elle parait rognée, on peut admettre

forme une myshémi-hecté très faible. Il vau- que son poids primitif était d'environ

drait mieux, peut-être, la considérer comme 0 gr. 59.

85. Deux coqs affrontés, se touchant par le bec (flan bombé). Çt. Deux carrés creux juxtaposés.

El. 11 ; trité miles., 4 gr. 73 (Londres) PI. III, fig. 10 *.

Il existe d'autres pièces d'électrum au tout difl'érent, qui sont taillées suivant môme type des deux coqs, mais d'un style l'étalon phocaïque (voyez ci-après).

86. Coq, à droite. Çt. Carré creux infonne.

El. 9 ; hémi-hecté miles., 1 gr. 07, usée [Paris) PL III, fig. 11.

87. Protomé de griffon ailé, à g., l'œil globuleux, les ailes recroquevillées. ^. Carré creux, orné de protubérances irrégulières.

El. 6 ; myshémi-hecté miles., 0 gr. 58 [Londres) PI. III, fig, 13 ^

88. Tête de griffon, la crête hérissée, Tœil globuleux, àg. ^. Carré-creux. El. 9 ; myshémi-hecté miles., 0 gr. 55 [Londres) PL III, fig. 14 \

No 8».

89. Chouette, à droite; devant, une pousse d'olivier. ^. Carré creux.

1. Perrot et Chipiez, Hist. de Vari, t. HI, p. 574; 3. B. Head, Caial. lonia, p. 5 et pi. I, fig. 17.

cf. Rev, archéoL, n. s. t. XXIV, 1872, pi. XXI. 4. B. Head, lonia, p. 3 et pi. I, 8 Dardanos ?).

2. Voyez pour les développements : E. Babelon, 5. B. Head, Calai. lonia, p. 4 et pi. I, fig. 15. Rev. nwn.y 1903, p. 409 et Mélanges num., t. IV, p. 73. 6. B. Head, Calai. lonia, p. 5 et pi. I, fig. 16.

79 MONNAIES d'attribution INCERTAINE 80

El. 5 ; 1/48^ de stat. miles., 0 gr. 28 {Londres) \

Si le type de celte petite pièce est ins- la rapprocher des électrum de poids pho-

piré de la chouette des monnaies athé- caïqiie, qui sont aussi au type de la

niennes, il n'y a pas lieu, pour cela, de la chouette, mais d'un tout autre style (Voyez

classer à Athènes. On ne saurait, non plus, ci-après, n** 208 à 210).

90. Tête de canard à droite, l'œil globuleux. ^. Carré creux. El. 8 ; hémi-hecté miles., 1 gr. H {Paris) PL III, fig. 15.

91 . Tête de sanglier à droite; devant, la légende lAA [)l] (?). ^. Deux carrés creux, côte à côte.

El. 9 ; hecté miles., 2 gr. 30 {Londres) PI. III, fig. 16 \

La tête de sanglier ainsi que la légende, lettres du nom du roi de Lydie Sadyatle :

telle que nous Tavons transcrite, paraissent ZAA (?) '• Mieux vaut s'abstenir que de

autoriser à classer cette hecté à Clazomène. risquer de semblables conjectures; nous

Toutefois, la lecture n'est pas certaine; dirons seulement que le double carré creux

Six a proposé d'y retrouver les premières du revers indique Tlonie méridionale.

92. Tête de bouc à gauche, l'œil globuleux. I^. Carré creux orné de trois globules.

El. 6; myshémi-hecté miles., 0 gr. 42 {Paris) PI. III, fig. 17.

Le poids de cette petite pièce est irré- séen. Cependant, la pièce suivante (no 93), gulier dans le système milésiaque; c'est au même type, est bien milésiaque. peut-être un 24« de slatère du système cré-

93. Tête de bouc à gauche, Tœil globuleux.

^. Carré creux orné de protubérances irrégulières.

El. 6; 1/48' de stat. miles., 0 gr. 28 {Paris) PL III, fig. 18.

94. Mufle de lion de face.

Çt. Scorpion dans un carré creux

El. 5; 1/48" de stat. miles., Ogr. 28 {Paris) PI. III, fig. 22.

1. Num, Chron., 1887. pi. X, fig. 43; B. Head, 2. B. Ilead, lonia, p. 17, n* 1 et pi. lU, 17.

Catal, lonia^ p. 5, 23 (Athènes). 3. Six, dans le Num. Chron., 1890, p. 211.

81 MONNAIES d'attribution INCERTAINE 82

95. Autres exemplaires, 0 gr. 28 [colL Six) * ; 0 gr. 24 {Londres) *.

La pièce de Paris qui provient de Tan- cienne collection Waddington, ayant été trouvée dans la petite île de Léros, en face de la côte de Carie, c'est à Léros qu'on Ta classée '. On pourrait tout aussi bien son- ger à une ville carienne du voisinage, comme Mylasa. En effet, on a frappé des pièces d'argent au type du scorpion après 480, dans la même région ^. Ce petit groupe monétaire au scorpion est tout à fait différent des pièces qu'on peut clas- ser à Astacos de Mysie, dont le scorpion était l'emblème parlant, le type héral- dique ".

Strabon raconte que les montagnes des environs de Mylasa et d'Alabanda en Carie, précisément en face de l'île de Léros,

étaient infestées de scorpions. « Alabanda, dit-il, est bâtie au pied de deux collines dis- posées de telle sorte qu'elles la font res- sembler à un &ne chargé de ses deux paniers, ce qui faisait dire à Apollonios Malacos, choqué à la fois de cette particularité et de la quantité de scorpions qui infestent la ville : Alabanda n'est qu'une bourrique char- gée de scorpions. Le fait est qu'à Alabanda, de même qu'à Mylasa et dans toute la mon- tagne entre deux, les scorpions pullulent'. » II y a entre ce témoignage, d'une part, le poids des pièces et le lieu des trouvailles, d'autre part, une coïncidence dont nous avons le droit de tirer parti en attribuant ces pièces soit à Léros, soit à Mylasa ou quelqu'autre ville carienne du voisinage.

96. Grenade (plutôt que petit vase). ^. Carré creux.

El. 4; 1/96» de stat. miles., 0 gr. 13 {Londres) PL III, fig. 23

No 97.

97. Objet ioeertain (pomme, tête de lion, vase?). ^. Carré creux. El. 5 ; l/96« de stat. miles., 0 gr. 14 {Greenwelt) \

No 98.

98. Globe radié. Çt. Carré creux.

1. Six, dans le Num, CAron., 1890, p. 232, n* 1 (anc. coll. Whittall).

2. h. Head, CataL lonia, p. 6. n«26.

3. Brandis, Mûnzwesen, p. 446.

4. Six, Num, Chron., 1890, p. 232.

5. Comparez aussi le scorpion qui forme le type du petit carré creux au revers du plus ancien sta- tére de Cyzique : notre pi. VI, fig. 1.

Tome II.

6. strabon, XIV, 2,26.

7. B. Head, dans le Num. Chron., 1887, p. 287, no 31 et pi. X, no 31 ; lonia^ pi. I, fig. 18 (le type est décrit comme étant un œil humain, et la pièce est attribuée, en conséquence, à Lesbos). Voyez d'autres petites divisions à types incertains dans Brit. Mu3. Catal. ïonia, p, 6.

8. Num, Chron,, 1897, p. 266, no 8 et pi. XI, 27.

6

83 MONNAIES d'attribution INCERTAINE 84

El. 5; 1/96'' de stat. miles., 0 gr. 14 [Whittall] \

99. _ Croix gammée (ou tétraskèle à branches carrées tournant à droite). IJt. Carré creux orné de protubérances irrégulières.

EL 7; hémi-hecté miles., 1 gr. 16 [Londres) PL III, fig. 24 \

100. Même description.

EL 5; 1/96° de stat. miles., 0 gr. 14 [Paris).

Nous verrons plus loin une autre série traskèle, étalonnées suivant le système de petites pièces au même type de la té- phocaïque (ci-après, n«» 235 à 239).

101. Globule au centre d'une couronne ou torsade (?). El. 6; myshémi-hecté miles., 0 gr. 59 [Whittall)\

102. Quatre croissants adossés autour d'un globule central.

Çt. Carré creux avec quatre croissants autour d'un globule (comme au droit). El. 7; myshémi-hecté miles., 0 gr. 59 [Paris) PL III, fig. 25.

No 103.

103. Quadrupède incertain, allant à droite. ^. Carré creux. El. 6; myshémi-hecté miles., 0 gr. 60 [Londres) *.

103 *^. Griffe de lion, de face (?). I^. Carré creux. EL 4; l/96« de statère milésiaque, 0 gr. 14 [La Haye) ^

Toutes les monnaies d'électrum de poids Rhodes. Mais dans cette région même, que

milésiaque se confinent dans Tlonie méri- de villes riches et prospères ont mon-

dionale et, exceptionnellement, surquelques nayerTélectrum et dont nous n'avons même

points de la côte de Carie et de Tîle de osé proposer les noms I Du vn« au v* siècle,

1. B. Head, Num, Chron,, 1887, p. 287, 30 et 4. B. Head, CataL lonia, p. 15, 74 et pi. II, 29; pi. X, 30 (Erythrées?) comparez ci-après le 232.

2. B. Head, Catal lonia, p. A et pi. I, flg. 13 5. Num, Chron., 1890, p. 232, 2 (anc. coU. Coriothe ?) Whittall et Six). Il y a des pièces d'argent au même

3. B. Head, Num. Chron,, 1887, p. 285, n* 21 et type de la griffe de lion, pi. X, 21 (Erythrées?).

85

MONNAIES D ATTRIBUTION INCERTAINE

86

Érythrées, Priène, Myonte, Pyrrha et d'au- tres villes encore, puissantes et commer- çantes, ont dû, tout aussi bien que leurs pro- ches voisines Ëphèse et Milet, frapper des monnaies d'électrum, et c'est probablement en grande partie à ces ateliers que doit re- venir noire série d'incertaines ^ Mais com-

ment, sans tomber dans l'arbitraire, donner à chacune sa part légitime?

Des découvertes nouvelles viendront sans doute lever la plupart de ces doutes; les monuments sur lesquels nous travaillons sont encore trop peu nombreux.

II. Petites divisions se rattachant plutôt a l'étalon éginétique.

Jusqu'ici on n'a pas encore signalé de statère ou même d'hémi-statère en élec- trum qui soit taillé dans le système éginé- tique, c'est-à-dire suivant un étalon de 12 gr. 57 environ. Nous avons dit plus haut les raisons pour lesquelles le statère à la tortue lui-même (n* 78) ne saurait être d'Ëgine. Mais il existe de petites divisions qui, même en tenant compte des déperdi- tions pondérales occasionnées par le frai ou des accidents de nature diverse, pa- raissent se rattacher mieux au système

éginétique qu'au système milésiaque. Après bien des hésitations, nous avons groupé ci-après ces petites pièces qui, géographiquement, se classent à la côte de Carie, à Rhodes (lalysos et Camiros), et peut-être encore à l'Ionie méridionale. C'est seulement lorsqu'on aura retrouvé les grandes divisions dont elles dépendent que l'on pourra mieux préciser le système pondéral appliqué à la taille de ces espèces, pour la plupart si embarrassantes parce qu'elles demeurent isolées.

##

No 104.

104. Protomé de Pégase ailé, bondissant à droite; dessous, un épi. Rt. Carré creux partagé en quatre petits carrés en ailes de moulin. El. 10; hecté éginétique, 2 gr. 06 {Sir) \

105.

105. Protomé de Pégase ailé, bondissant à droite.

1. E. Babelon, Mélanges numism,, t. IH, p. 138.

2. De ia coU. HamUton, Catal, 1867, 305 ; Six, Num. Chron., 1894, p. 314 et pi. XIH, 8 (cette pièce d'éiectrum est donnée, par erreur, sur la planche de Six comme étant en argent). Six propose de Tattri-

buer à Adramytion; son type et la forme de son carré creux la feraient plutôt classer à Lamp- saque. Elle ne saurait toutefois être rapprochée des statères d'électrum de Lampsaque qui figurent sur notre pi. Vm, flg. 1 à 5.

87

UONNAIES D ATTRIBUTION INCERTAINE

88

^. Tète d'aigle à gauche ; au dessus un fleuron ; dessous, les lettres lA (•laXu<Tiov). Le tout dans un carré creux. El. 6 ; myshémi-hecté éginétique, 0 gr. 46 {Paris).

Celte petite pièce inédile est très impor- tante parce qu'elle porte les initiales et les types de la ville de lalysos; elle prouve,

sans discussion désormais, que le mon- nayage d*électrum a été pratiqué jusque dans l'île de Rhodes.

106. Feuille de figuier. Çt. Carré creux à surface rugueuse. El. 8; myshémi-hecté éginétique, 0 gr. 52 {Londres) *. Autres exemplai- res : 0 gr. 49 {Paris) PI. III, fig. 3; 0 gr. 48 {Herm. Weber) ».

Ces petites divisions ont été frappées à mêmes coins. En outre, le système de la

Camiros : elles en portent le type; il est taille de Targent, à Camiros, est Tétalon

môme des pièces d'argent de cette ville qui éginétique. sont identiques et qu'on dirait sorties des

No 107.

107. Lion rugissant, assis à gauche et levant une patte de devant.

I^. Carré creux à surface irrégulîère.

El. 10 ; hecté éginétique, 2 gr. H {Greenwell) \

No 108.

108. Tête de bélier à gauche. ^. Carré creux. El. 9; hectééginét.,2 gr. 10 {Greenwell) *.

109. Tête de bélier à droite, Tœil globuleux. I^. Carré creux. El. 7 ; douzième de stat. éginét., 0 gr. 90 {Londres) PI. III, fig. 19 \

Comparez les pièces décrites plus haut sous les n^* 36 et 37 au môme type de la tète de bélier, mais de poids bien nette-

1. B. Head, Cai, Caria.p, 223, 1 et pi. XXXIV, 6.

2. Num, Chron,, 1896, p. 23, no 48 et pi. HI, 1.

3. Num, Chron., 1893, p. 86 et pi. VU, 11. Le

ment milésiaque et ci-après, n*^ 190 à 196, des pièces de poids phocaïque.

même type se rencontre sur des statères de Cyzique.

4. Num, Chron,, 1897, p. 268, n'> 8 et pL. XII, 6.

5. B. Head, lonia, pi. I, fig. 14 Gebren?}.

89 MONNAIES d'attribution INCERTAINE 90

110. Griffon, les ailes éployées, à gauche. IJt. Carré creux quadripartit.

El. 10 ; hecté éginét., 1 gr. 88 *.

111. Tête de coq, à droite. I^. Carré creux informe.

El. très jaune, 7 ; myshémi-hecté éginét., 0 gr. 50 [Paris) PI. III, fig. 12.

112. Scorpion. I^. Carré creux.

El. 7 ; 1/48' de stat. éginét., 0 gr. 22 [Londres) PL III, fig. 21 ».

No 113.

113. Œil humain ou grain d'orge (?) ^. Carré creux. El. 4; 1/96* de statère éginét., 0 gr. 13 [Londres) \

114. Crabe. ^. Carré creux.

El. 4 ; 1/96* de stat. éginét,, 0 gr. 11 [Londres) ♦.

115. Rosace à sept pétales, vue d'en haut. ^. Carré creux.

El. 6; 1/48*^ de stat. miles, ou éginét., 0 gr. 27 [Paris) PL III, fig. 27.

On peut comparer au type de cette pièce gent d'Érythrées, et ci-après des pièces d'électrum, la rosace des monnaies d*ar- d'électrum qui suivent Tétalon phocaïque.

116. Fleuron (?) ; à droite et à gauche, un objet incertain. ^. Fleuron épanoui, à huit pétales, dans un carré creux.

El. 7 ; 1/48* de stat. éginét., Ogr. 26 [Londres) \

1. Borrell, Num. Chron., t. VU, p. 70; Brandis, 3. B. Head, lonia» p. 6 et pi. I, 18 Ereaos?). p. 397 Téos). La pièce aurait été trouvée à Téos. 4. B. Head, lonia, p. 6, 29 Cos?).

2. B. Head, Num. Ckron., 1887, p. 287, n* 33, pi. X; 5. Newton, Halicamassus, t. II, part. II, p. 648; Cotai, lania, p. 12, 57, pi. Il, 13. B. Head, /onta, p. 6, 24 Ërythrées}.

CHAPITRE II MONNAIES PRIMITIVES EN ÉLEGTRUM

TAILLÉES SUIVANT L'ÉTALON PHOCAÏQUE

ÉTALON PHOCAÏQUE

Statère 16g,.82 à 15g,.36

1/2 statère 8 41 7 68

1/3 de stat. (trité) 5 60 5 12

1/4 (tétarté) 4 20 3 84

1/6 (hecté) 2 80— 2 56

1/12 (hémi-hecté) 1 40 1 28

1/24 (myshémi-hecté ou obole) 0 70 0 64

1/48 (hémiobole) 0 35— 0 32

1/96 (tartémorion) 0 17 0 16

§ I. Lingots monétiformes A types indéterminés (vn* siècle).

117. Pastille globuleuse ornée d'une protubérance carrée en relief, qui est partagée en quatre compartiments par deux lignes en croix.

I^. Carré creux partagé en quatre compartiments à surface irrégulière. El. 10; hecté phocaïque, 2gr. 50, poids faible {Paris) PI. IV, flg. 1.

118. Autre exemplaire, 2 gr. 50 {Londres) *.

119. Pastille globuleuse ornée d'une protubérance circulaire, bombée, découpée par des lignes irrégulières.

1. Pour l'histoire de l'étalon phocaïque, voyez le 2. B. Ilead, Calai. lonia, p. 10, 45 et pi. II, 6. présent Trailé, 1" partie, 1. 11 {sous presse).

93

LINGOTS MONETIFORMES A TYPES INDÉTERMINÉS

94

IJt. Carré creux partagé en quatre compartimenls par d'épais croisillons. El. 10; heclé phocaïque, 2 gr. 54 [Paris) PL IV, fig. 2.

No «20.

120. Pastille globuleuse ornée d'une protubérance circulaire, bombée, dont les contours paraissent ornés de lignes et de globules *. ^. Carré creux à surface irrégulière. El. 10; hecté phocaïque, 2 gr. 74 {Greenwell *).

Les ateliers d*où sont sorties ces pastilles monétiformes taillées suivant rétalon pho- caïque ne sauraient élre fixés d'une manière précise. Tout ce qu'on peut affirmer c'est qu^elles appartiennent à Tlonie septentrio- nale, point central de la diffusion du système

phocaïque. Nous avons considéré ces lingots sans type défini, plutôt comme des monnaies de banquiers et de commerçants que comme des monnaies d'Ëtat. Ils doivent dater du vue siècle ' (voyez le présent Traité, au t. II de la Première partie).

% IL Phooée.

Phocée, la ville la plus septentrionale de rionie, n'était qu'un rocher qui s'avançait en promontoire sur la mer, de sorte que, comme le dit E. Curtius, « ne fut-ce qu'à cause du manque d'espace, ses habitants durent se faire marins de profession ^ ». Ils fondèrent des établissements nombreux sur la Propontide et le Pont Euxin; ils coopé- rèrent avec Milet, Samos et d'autres métro- poles grecques, à la fondation de Naucratis, sur l'une des branches du Nil inférieur.

Enfin, vers le temps l'Ionie commença à être molestée ou dominée par les rois de

Lydie, les Phocéens prirent, en grand nom- bre, le parti d'émigrer au loin. Ils allèrent versl'an 600, fonder sur les côtes de la Gaule, Massalia, qui devint bien vite un puissant foyer de civilisation hellénique. Grâce à ce point d^appui pour leur commerce, les Pho- céens se substituèrent vite aux Samiens dans le trafic avec l'Ibérie ; dans cette der- nière contrée, ils se lièrent étroitement avec Arganthonios, roi deTartessos, qui, dit-on, vécut 120 ans et en régna 80, en demeurant toujours leur fidèle allié ^. Les événements que nous venons de ré-

1. L'ensemble ressemble vaguement à une fibule à arc très ornée.

2. Num. Ckron., 1897, p. 265, no 6 et pi. XI, 25.

3. Comparez ci-dessus, p. 7 à 10, n*» 1 à 8, les Un- gots monétiformes du même genre taillés suivant

Tétalon milésiaque.

4. E. Curtius, Hist. grecq., 1. 1, p. 283.

5. C. JuUian et 6. Radet, dans la Revue des études anciennes de la Faculté des Lettres de Bordeaux, t. V, 1903, p. 101 à 112.

95

PUOCÉE

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sumer eurent lear répercussion directe dans la numismatique, aussi bien des colonies phocéennes que de Phocée elle-même. Nous bornant, ici, à Tétude des monnaies de la mère-patrie, nous dirons qu'en envisageant les traits généraux de Thistoire politique et commerciale, on est porté à faire concor- der le début du monnayage de Phocée, avec la période de la plus grande prospérité maritime de celte puissante métropole,

c'est-à-dire dès avant la fondation de Mas- salia en 600. Les colons de Massalia, comme nous le constaterons en décrivant les pièces du trésor d'Auriol, à la fin du présent volume, emportèrent avec eux des mon- naies d'argent de Phocée aux types du phoque et du griffon. C'est donc dans la seconde moitié du vn" siècle que commence rémission des monnaies d'électrum que nous allons décrire :

121. Phoque nageant à droite; dessous, la lettre 0.

Çt. Deux carrés creux, d'inégale grandeur, placés côte à côte.

El. 21 sur 14 mill.; statère phocaïque, 16 gr. 50 {Munich) PL IV, fig.

122. Autre exemplaire, 16 gr. 50 {Londres) PL IV, fig. 5 ».

3

Au point de vue technique, il est intéres- sant de comparer Tun avec l'autre ces deux exemplaires du même statère. Ils ont été frappés avec les mêmes coins; leurs carrés creux sont identiques. Mais le plus petit de ces carrés n'est pas placé tout à fait à la môme place par rapport au plus grand. Sur le stalère de Londres, il est sensiblement plus haut que sur le statère de Munich. Que conclure de là? sinon ce que nous avons déjà observé à propos de pièces qui suivent rétalon milésiaque ', à savoir, que les poin- çons du revers de ces pièces primitives ont été apposés isolément et indépendamment les uns des autres. Et voilà comment il se fait que souvent deux carrés creux sont tantôt séparés distinctement, tantôt chevau- chent en partie Tun sur l'autre. Ce sont des

marques imprimées par des poinçons isolés et nullement, comme on le croyait naguère encore, des aspérités banales ménagées sur Tenclume monétaire, pour empêcher le lin- got de glisser sous le coup de marteau, au moment de la frappe de l'autre face *.

Tandis que, pour les statères de Milet et pour le plus grand nombre des statères de poids milésiaque, le revers est occupé par un grand rectangle entre deux carrés (par exemple, pi. I, fig. 12, 15, 17 à 21, etc.), le revers des statères de Phocée a reçu, au contraire, seulement l'empreinte de deux poinçons carrés, l'un plus grand que l'autre, et sans symbole. Les divisions du statère phocaïque que nous allons décrire, n'ont plus les deux carrés juxtaposés du système milésiaque, mais un seul carré partagé en

1. Sestini, Slateri anlichi^ p. 23, 1, et pi. I, flg. 1; Brandis, DasMûnz- Mass- und GewichUwesen, p. 396; Mommsen, Hist. de la monnaie romaine, 1. 1, p. 2;B. Head, Thecoinage of Lydia and Persia,p. 17; le mAine, dans le Numism. Chronicle^ 1875, p. 281, et pi. X, fig. 6; le môme, flist. ntimor., p. 506; le mAme, Catalogue of greck Coins^ lonia, Introd.,

p. xxi; Imhoof-Blumer, Monnaies grecques, p. 295; Imhoof-Blumer et 0. Keller, Tier-und Pflanzenbil- der, pi. IV, fig. 22.

2. W. Wroth, Num. Chron., 1894, p. U et pi. I, fig. 14.

3. Voyez, ci-dessus, p. 27 et 31.

4. Voyez le présent Traité, 1" p&rtie, t. I, p. 931.

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PHOGÉE

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quatre compartiments à surface îrrégulière. Ainsi, ce n'est pas seulement par le poids et le système pondéral que ces pièces dif- fèrent, c'est aussi par la fabrique.

Sous le type du phoque (<p(>>xT^), qui est Temblème parlant de Phocée, se trouve, sur les deux statères que nous venons de dé- crire, la lettre Q. Ce n'est pas, comme on pourrait le croire, un pAi, d'une forme par- ticulière, mais bien un thêta. La forme constante du phi à cette époque, en lonie, est 0 ou même 0 : c'est ce que prouve, entre autres, le statère de Phanès à Ëphèse (pi. II, fîg. 19) ' et toutes les inscriptions de cette partie de l'Asie-mineure, des îles égéennes et de la Grèce propre '.

En outre, le thêta revêt la forme 0, dès l'époque la plus reculée, notamment à £phèse et à Halicarnasse ; l'autre forme 9 est plus rare, bien qu'employée simultané- ment, comme nous le verrons en traitant des monnaies d'Athènes.

Cependant, sur les monnaies primitives de la ville de Phasélis, en Lycie, dont le nom commence comme celui de Phocée, par la lettre phi, on voit, dans le champ du revers, cette môme lettre isolée •. Il n'est donc pas possible de nier la relation di- recte de cette lettre, thêta, avec l'initiale des noms de Phocée et de Phasélis. Cette relation s'explique de la manière suivante.

Fr. Lenormant a démontré que l'origine de la lettre phi doit être cherchée non pas dans le ? [qoppa] comme l'ont cru certains, auteurs, mais en réalité dans la forme pri- mitive du 0 {thêta). « Il est en grec, dit-il,

1. Voyez ci-dessus, p. 57, 64.

2. A. Kirchhoff, Studien zur Gesch» des grieck. AlphabeU, pi. I.

3. Voyez notre pi. XXIII, fig. 6 et Brit. Mus. Catal. Lycia, pi. XVI, fig. 5.

Tome II.

une lettre qui existait déjà dans Talphabet cadméen, dont la figure est très voisine de celle de 0, et dont la prononciation était considérée comme très rapprochée de celle de celte dernière lettre, puisque toutes deux s'échangeaient souvent, c'est le thêta. La permutation du thêta et du phi est un fait bien connu des grammairiens et qui se produit dans presque tous les dialectes helléniques. On la remarque surtout en éolien et en dorien. Homère emploie le mot «pXI^/erai pour OXi'^sTai [il accablera) ; Pindare, «pX^v pour ôXav [briser) ; Théocrite, oî)<pap pour ouôap [mamelle]. Mais ce ne sont pas seulement les écrivains classiques qui nous fournissent des exemples de cet échange entre deux articulations voisines. Nous en rencontrons aussi quelques-unes dans les monuments épigraphiques. Tel est l'emploi de la forme «pf^pa pour ÔTjpa dans une ins- cription de Sparte. . . N'est-il pas permis de croire après cela, que 0 dérive de 0 ou

Nos statères d'électrum de Phocée et d'argent de Phasélis sont un argument de haute valeur en faveur de la thèse de Fr. Lenormant, puisque Xephi, initiale du nom de ces deux villes, y a encore la forme du thêta; ou plutôt que le thêta y remplace le phi. En outre, sur Thecté décrite ci-dessous, sous le n*" 125, on a les initiales 0 Oi qui confirment encore cette théorie. Il faut donc admettre que le nom de Phocée, *w- xaia, se prononçait par une articulation voisine de Çôkaiâ, Çôkea, et 4)a<n)Xic; se pro- nonçait Çasêlis^ assimilation du phi et du thêta courante en grec moderne, mais que notre prononciation érasmienne du grec

1. Fr. Lenormant, art. AlphabeturnlàeinB le Die t. des antiq. gr. et rom, de Daremberg et Saglio, p. 2U3.

7

99 PHOCÉE 100

nous empêche de saisir tout d'abord. Les qui permirent aux Phocéens immigranls de

grammairiens remarquent que celte assimi- s'installer sur le rocher ils bâtirent leur

lalion avait lieu surtout dans les dialectes ville; Lesbos et Cymé, proches voisines de

éolien et dorien. Or, Phasélis était une co- Tionienne Fhocée, demeurèrent toujours

lonie dorienne et quant à Fhocée, elle était les centres de la nationalité éolienno *. en plein pays éolien; ce sont les Éoliens

123. Deux phoques nageant en sens inverse.

I^. Carré creux partagé en quatre compartiments irréguliers. Kl. \ i ; hecté phoc, 2 gr. 62 [Munich) PI. IV, fig. 4 «.

124. —Autre exemplaire, mal frappé, 2 gr. 50 {Londres) \

125. Phoque nageant à gauche ; dans le champ, 0—0.

I^. Carré creux partagé en quatre compartiments irréguliers. Kl. 10 ; he( phoc, 2 gr. 60 {Paris) PL IV, fig. 6.

Los lettres 00, au droit, sont probable- omicron long pour oméga (voyez ci-dessus ment les initiales du nom de Phocée, avec p. 98).

126.

126. Trois phoques nageant en cercle et paraissant se poursuivre; au centre, un globule.

1^. Carré creux partagé en quatre compartiments.

El. 10; heclé phoc, 2 gr. 56 {Greemvell) *; autre ex., 2 gr. 59 {Paris).

127. Tète de phoque à gauche, Tœil globuleux; dessous, un petit phoque nageant à gauche.

Ri^, Carré creux partagé en quatre compartiments. Kl. \0; hecté phoc, 2 gr. 59 [Paris) PI. IV, fig. 7.

liH. Autre exemplaire, 2 gr. 61 {Londres) \

1 Voyet (wur les dtWeloppeinenti : E. Babcïon» 3. B. Head, CataL hnia, pi. IV, 6.

fffr, fiumi^m., 1903, p. Ai\ et auiv., et Mélanges 4. .Vimi. Chron.. !897, p. 259, 3 et pi. XI, 15.

Hum^^m, t. IV. p. 18 et 8. 5. B. Head, CataL lonia, p. 204, n* 7 et pi. IV,

â. Sc«imi, Siateri antichi, p. 24 et pi. I, flg. 2. fig, 1,

101 PHOCÉE 102

129. Autre exemplaire, trouvé à Chiusi [Florence).

130. Même tête de phoque à gauche. I^. Carré creux. El. 7; hémi-hecté phoc, 1 gr. 31 {Londres) PL IV, fig. 8*.

131. Même tête de phoque. ^. Carré creux.

El. 6; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 64 [Londres) PI. IV, fig. 9 *.

132. Même tête de phoque. I^. Carré creux.

El. 6; 1/48» de stat. phoc, 0 gr. 33 [Paris) PI. IV, fig. 10.

133. Autres exemplaires, 0 gr. 31 [Londres) ' ; 0 gr. 32 [Paris).

134. Même tête de phoque à gauche. I^. Carré creux.

El. 5; 1/96" de stat. phoc, 0 gr. 18 [Parvi) PI. IV, fig. 11.

135. Autre exemplaire, 0 gr. 17 [Paris) PI. IV, fig. 12.

136. Autre exemplaire, 0 gr. 15 [Londres) *.

137. Tête de phoque à droite, Tœil globuleux. IJi'. Carré creux en quatre compartiments.

El. 7; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 61 [Londres) PI. IV, fig. 13 ^

Cette myshémi-hecté ou obole d'électrum seconde moitié du vu* siècle, nous possé-

(n® 137) n'appartient pas à la môme série dons quelques points de repère historiques

que les n" 127 à 136, bien qu'elle soit au qui permettent de préciser aussi Fépoque

même type de la létede phoque : cette tête il cessa. Lorsque Cyrus eut pris Sardes

est tournée non plus à gauche, mais à et culbuté Tempire de Crésus en 546, les

droite. Les autres divisions avec la tète à villes grecques de la côte se trouvèrent

droite n'ont pas encore été retrouvées. menacées par les Perses. En vain Phocée

Les pièces que nous venons de décrire députa Tun de ses citoyens les plus élo-

(n** 121 à 137) constituent, avec quelques quents, Pythermos, pour solliciter l'inler-

pièces d'argent qui seront décrites plus vention des Lacédémoniens; en vain ceux-

loin, l'ensemble du premier monnayage de ci envoyèrent à Sardes auprès de Cyrus,

Phocée. Tun des leurs, Lacrinès, porteur d'un mes-

Si nous en avons fixé les débuts dans la sage comminatoire : Cyrus n'en fut que

1. B. lleafl, Num, Chron., 1875, pi. X, 16; CataL 3. B. Head, CataL lonia, p. 205, 11. lonia, p. 204, 8. 4. B. Head, Catal. lonia, p. 205, H a.

2. Wroth, Num. Chron., 1889, p. 260, 36 et 5. Wrolh, Sum. Chvon., 1889, p. 2G0, 37 et pi. XII, 16; B. Head, Catal. lonia, p. 204, 9/ pi. Xil, 17 ; B. Head, CataL l0nia, p. 204, n* 10 i

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PHOCÉE

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plus inflexible et menaçant. Alors, le roi de Tartessos, Arganthonios, qui se trouvait à Phocée, offrit aux Phocéens de Fargent pour construire en toute hâte un rempart autour de leur ville. Harpage, le lieutenant de Cyrus, parut bientôt et s'avança, deman- dant à entrer dans la ville comme ami et allié. Les Phocéens sollicitèrent un jour de répit pour délibérer; puis, ils profitèrent de ce délai qui leur fut accordé, pour mettre à la mer leurs navires et y embar- quer leurs familles, leurs meubles, les sta- tues de leurs dieux ; enfin, ils s'embar- quèrent eux-mêmes et firent voile vers Chios. Les Perses, ajoute Hérodote, eurent donc Phocée, mais vide d'habitants *. Mal accueillis par ceux de Chios, les Phocéens fugitifs se décidèrent à faire voile pour l'île de Cyrné(laCorse)où, vingt ans auparavant, ils avaient installé un comptoir, Alalia; ils finirent, après des luttes contre les Cartha- ginois et les Étrusques, par se fixer sur la côte d'Italie ils fondèrent Vélia vers 544.

Cette première chute de Phocée entraîna nécessairement la fermeture de son atelier monétaire. C'est donc avant 545 que se place le groupe des monnaies au phoque que nous venons de décrire.

Les Grecs d'Ionie ne lardèrent pas à se

rendre compte que le joug des Perses, comme celui de Crésus, n'était pas si dur qu'ils ne pussent s'en accommoder. Au temps de Darius (521-486), Phocée, déjà en partie repeuplée, était gouvernée, comme beaucoup d'autres villes grecques d'Asie- mineure, par un tyran protégé par le roi de Perse ; ce tyran s'appelait Laodamas *.

Dans la révolte des villes grecques d'Asîe- mineure contre Darius, en 498-494, Phocée qui y prit part ne put armer que trois vais- seaux, tandis que Samos en avait 60, Les- bos 70, Téos 17, Priène 12, Erythrées 8, etc., et cette statistique peut nous donner quelque idée de l'importance respective de chacune de ces villes. Néanmoins, la confé- dération prit pour chef un Phocéen, Diony- sios, qui fut battu à Ladé, comme nous l'avons raconté plus haut ^ Lui-mônoe avec ses navires et trois autres qu'il avait pris, fit voile pour l'Occident. Phocée fui prise et ruinée pour la seconde fois *.

C'est dans la période comprise entre la première restauration de Phocée après 546 et le désastre de Ladé en 494, que se place la petite série de pièces phocéennes d'élec- trum, au type de la tète de griffon, dont voici la description .

138. Tèle de griffon à gauche ; derrière, un petit phoque. ^' Carré creux partagé en quatre compartiments.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 61 {Paris) PI. IV,fig. 14.

139. Autre exemplaire, 2 gr. H, usée; poids faible {Londres)

140. Tête de griffon à gauche; derrière, un petit phoque.

i. Hérod., I, 152; cf. G. Radet, La Lydie au temps des Mermnades, p. 211. 2.:Hérod.,MV, 138.

3. Voyez ci-dessus, p. 15.

4. E. Curtius, Hist. grecq., t. H, p. 212-213.

5. Head, Calai, lonia, p. 203, 13 et pi. IV, 9.

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PHOCÉE

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Ci-. Carré creux à surface irrégulière.

EL 6 ; myshémi-hecté phoc, G gr. 66 [Paris] PL IV, fig. 15.

141. Autre ex., variété de coin, G gr. 65 [Paris) PL IV, fig. 16.

142. —Autres exemplaires, 0 gr. 63; 0,63 ; 0,61 [Londres) \

Sur les monnaies du groupe que nous venons de décrire (n»« 138 à 142), la lêle de griffon a remplacé le phoque ou la tète de phoque des pièces de la première série (n»» 121 à 137). Mais le griffon ou la léte de griffon n'est pas un emblème exclusif de Phocée. Nous constaterons bientôt qu'il forme le type ordinaire des monnaies de Téos. Cependant, il ne saurait y avoir au- cune incertitude de classement pour notre groupe (nos 138 à 142), puisque les pièces qui le composent ont en symbole, derrière la tète du griffon, un petit phoque. Cet emblème est la marque de Tatelier de Pho- cée comme le thon est la marque de Tale- lier de Cyzique.

Comment expliquer Tintroduction à Pho- cée du type de la tête de griffon, emprunté manifestement à Téos? Le repeuplement de Phocée après Texode de Tan 546 donne la réponse à cette question. Sous Darius (521-486), Phocée était déjà redevenue assez importante pour avoir un tyran. Comment et par qui s'était effectué ce repeuplement subit? Les historiens ne le disent point; mais la numismatique auto- rise à croire qne ce fut par Téos; ce sont des Téiens qui vinrent habiter Phocée abandonnée.

Vers le même temps, les Téiens allèrent sur la côte de Thrace fonder Abdère, ils introduisirent aussi leur type national du

griffon. Puisque nous voyons, à la même époque, le griffon traditionnel de Téos s'in- troniser à Abdère et à Phocée, il nous est permis de croire que la nouvelle Phocée, elle aussi, ne fut qu'une colonie de Téos. Voilà comment il se fait que Temblème héraldique des Téiens fait son apparition à Phocée et se substitue au phoque. On com- prend aussi, du même coup, pourquoi le phoque se trouve ajouté, derrière la lêle du griffon, en symbole accessoire, comme marque spéciale de Tatelier de Phocée.

Après le désastre de Ladé, en 494, et la fuite de Dionysios pour les parages occi- dentaux, une troisième Phocée se forma et grandit sous Thégémonie des Perses. La destruction de Milet, de Chios, des villes de Lesbos, lui fut avantageuse; elle devint rapidement prospère. Elle commence, peu après 494, à émettre cette longue et magni- fique série d'heclés d'électrum, épaisses, globuleuses, qui, bien avant le milieu du V* siècle, deviennent d'un style si char- mant : pièces qui sont aujourd'hui la joie des collectionneurs et étaient célèbres dans Tantiquité même sous le nom de phocaides (çpu)xa(8£<;, «pwxatxol crcaTf^pac, ora- TT^pe; owxaixai, 'âxxai (ptoxalôeç) . La frappe en persista jusque vers le temps d'Alexandre *•

Le classement chronologique des hectés de Phocée est fort délicat ; à de rares ex- ceptions près, on n'a pour guide que le

1. B. Head, Calai, lonia, p. 205, n"» 16, 17 et 18. et pi. IV, 12.

2. Voyez notre Traité, i^^ Partie^ t. 1, p. 489.

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PHOCÉE

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slyle des pièces, dont on apprécie plus ou moins rigoureusement Tarchaïsme. Le carré creux du revers persiste toujours. Le poids des plus anciennes Exxai cpoDxatSe^, émises sous la domination perse, ne dépasse pas 2 gr. 70; il correspond, par conséquent, à un statère étalon d'environ 16 gr. 20. Leurs types sont très variés. Nous décrivons ci- après seulement les plus anciennes, c'est- à-dire celles que Ton peut attribuer, par leur style, à Tépoque de Darius 1", fils d'Hyslaspe (521-485) ou de Xerxès (485-465 avant J.-C). La caractéristique essentielle

de toutes les phocaides est celle que nous avons signalée pour les pièces au griffon : c'est le petit phoque, placé dans le champ, à côté du type principal. Parfois, ce sym- bole est mal venu à la frappe ou rogné, à tel point qu'on a pu en méconnaître l'exis- tence et classer, avec Brandis, à des ateliers divers, des hectés qui sont, en réalité, d'origine phocéenne. Mais une observation plus attentive ou des exemplaires de meil- leure conservation ont prouvé que ce petit phoque ne manque jamais que par une cause fortuite.

143. Tête de femme à gauche, de style archaïque, diadémée et les che- veux calamistrés; elle a des boucles d'oreilles et un collier; devant le visage, un petit phoque (en partie rogné).

I^. Carré creux partagé en quatre compartiments. El. 10; hecté phoc, 2 gr. 58 {Paris) PI. IV, fig. 17.

144. Autre exemplaire, 2 g. 57 {Londres) \

Le style de cette tète de femme est fort remarquable, avec son œil de face, allongé et bridé à la chinoise, la saillie de la pommette des joues, l'exagération du men- ton, les cheveux tuyautés descendant en vrilles épaisses sur la nuque, et disposés en

rangées de frisures parallèles tout autour du front '. Les statues de l'époque archaï- que (vi® siècle) trouvées dans les îles égéennes, en Béotie et à Athènes, et jus- qu'aux figures des frontons du temple d'Ëgine présentent les mêmes caractères.

145. Tête de Satyre de face, barbue, avec des oreilles de cheval.

^- Carré creux partagé en quatre compartiments.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 59 {Londres) PL IV, fig. 18 \

Cette tête de Satyre a un caractùre archaï- que des plus prononcés, avec son nez épaté,

ses joues tuméfiées, sa barbe rude, ses yeux en amande, son expression à la fois joviale

1. B. Head, lonia, pi. ÏV, 1; cf. Brandis, p. 387.

2. Voyez une tête de femme analogue, mais cas- quée, sur une hectô attribuée dubitativement à Le»-

bos, Numism, Chron., 1892, p. 32 et pi. IH, 3, et ci- après sous notre 203. 3. B. Head, CalaL lonia, pi. IV, 3/

109 PHOCÉE 110

el bosliale *. Sa parenté avec des figures laquelle les graveurs des coins monétaires de Satyres sur des gemmes gravées, est un étaient souvent en même temps des gra- argument à Tappui de la théorie suivant veurs de gemmes.

146. Tête de taureau à figure humaine, barbu et cornu, à gauche; der- rière, un petit phoque.

IJt- Carré creux partagé en quatre compartiments. El. H; hecté phoc, 2 gr. 55 (Paris) PI. IV,fig. 19.

147. Autre exemplaire, 2 gr. 57 (Londres) '.

Au point de vue de la technique et du tères d'archaifsme que les hectés précé- stylo, cette curieuse tête de dieu-fleuve, dentés, aux types de la tète de femme et sans doute TAchélous, a les mêmes carac- du Satyre '.

148. Sirène de profil à gauche; au dessus, un petit phoque. 1^' Carré creux partagé en quatre compartiments.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 52 (Londres) PI. IV, fig. 20 ♦.

149. Autre exemplaire, 2 gr. 54 (Paris) PL IV, fig. 21.

150. Tête de griffon à gauche; derrière, un petit phoque. 1^' Carré creux partagé en quatre compartiments.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 59 (Paris) PL IV, fig. 22.

La tête de griffon de cette hecté est d*un sur Thecté n* 14 de la même planche : le style moins archaïque que celle qui figure type du griffon s'est prolongé longtemps.

151. Tête de taureau de profil à gauche, la corne droite, Fœil globuleux; sous la section du cou, un petit phoque.

^- Carré creux en quatre compartiments.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 57 (Londres) PL IV, fig. 23 \

152. Tête de veau à droite; au dessus, un petit phoque. ^' Carré creux en quatre compartiments.

1. Comparez notamment les Satyres^hippopodes 3. Comparez les principales représentations de figurés sur des scarabées contemporains. E. Babe- l'Achélous et des autres dieux-fleuves dans VAr- Ion, Rev. numwn., 1903, p. 418 et Mélanges numism., chaeoL Zeitung, 1862, pi. 168.

t. IV, p. 82. 4. B. Head, Calai, lonia, p. 204, n* 5 et pi. IV, 5.

2. B. Head, Calai, lonia, pi. IV, 4. 5. B. Head, Catal. lonia, p. 206, n* 25 et pi. IV, 15.

111 PUOCÉË 112

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 59 [Londres) PL IV, fig. 24*.

153. Tète de sanglier à droite ; dessous, un petit phoque, Ç2,. Carré creux en quatre compartiments.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 65 [Paris) PL IV, fig. 25.

154. Autre exemplaire, 2 gr. 56 [Londres)^.

Les heclés aux types de la lôte de veau argent de Lesbos que nous décrirons (n® 152) et de sanglier (n" 153 et 154) plus loin (voyez nos pi. XIV et XV). rappellent les types des monnaies de bas

155. Protoméde taureau à droite, détournant la tête à gauche, les patles repliées ; au dessus, un petit phoque.

^. Carré creux en quatre compartiments.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 60 [Paris) PL IV, fig. 26.

1

No 156.

156. Lion couché à gauche, allongeant une patte; au dessus, un phoque. Çt. Carré creux partagé en quatre compartiments.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 61 [Londres) '; 2 gr. 56 [Greenwelt) \

157. Tête de bouc à gauche; dessous, un petit phoque. I^. Carré creux partagé en quatre compartiments.

El. 11; hecté phoc, 2 gr. 58 [Paris) PL IV, fig. 29.

No 158.

158. Bouquetin couché à gauche, levant une patte de devant; au dessus, un petit phoque. ^' Carré creux en quatre compartiments. El. 10; hecté phoc, 2 gr. 56 [Greenwell) \

1. B. Head, Catal, lonia, pi. IV, 16. 4. Num. Chron., 1897, p. 259, n»2 et pi. XI, 14.

2. B. Head, CataL lonia, pi. IV, 18. 5. Num, Chron., 1897, p. 260, 4 et pi. XI, 16,

3. Num. Chron., 1896, p. 95, n^ 15 et pi. Vil, 11.

113 LESBÛS 114

159. Tête de guerrier de profil à gauche, entièrement recouverte par un casque à aigrette; dessous, un petit phoque.

^. Carré creux en quatre compartiments.

El. 10; hecté phocaïque, 2 gr. 60 {Paris) PL IV, fig. 27.

Le globule de l'œil du guerrier, qu on tête humaine. Ce type rappelle les pièces distingue nettement sous le nasal indique d'argent de Tlle de Galymna et d'autres piè- seul que, sous le casque, se dissimule une ces dont le classement est incertain.

160. Tête de guerrier barbu (Ares?) à gauche, coiffée du casque ionien orné d'un fleuron; dessous, un petit phoque.

Çt. Carré creux partagé en quatre compartiments. EL 10; hecté phoc, 2 gr. 60 {Paris) PL IV, fig. 28.

La barbe et les cheveux du guerrier (comparez la tète du dieu-fleuve, pi. IV, sont représentés par des séries de globules fig. 19). Ces indices autorisent à placer juxtaposés; Toeil est globuleux et de face cette hecté, semble-t-il, encore avant 480.

§ III. Lesbos.

L'Ile de Lesbos (Métélin), située à proxi- produits en bas argent ou billon, plus

mité des côtes de la Mysie et de la Troade, abondants et plus variés (PI. XIV et XV).

et le centre le plus important des Ëoliens, Nous nous bornerons, ici, à une simple

eut deux villes qui frappèrent des mon- description des monnaies d'électrum

naies d'électrum et aussi de bas argent, (pi. IV, fig. 30 à 33) dont le style est bien

dès le vï® siècle; ce sont Mytilène et dififérent, comme on peut le constater, de

i^cthymne. Nous traiterons plus ample- celui des phocaîdes contemporaines, môme

ment des débuts et des caractères de ce lorsque ces dernières sont aux types de la

monnayage dans le chapitre consacré à ses tète de veau ou de la tète de sanglier.

MvTniiNE.

No 161.

161 . Tête de veau, à droite ; au dessus, un symbole (fleuron, phoque ?).

Tome U.

145 LESBOS 116

I^. Carré creux partagé en quatre compartiments irréguliers. El. il ; hecté phoc, 2 gr. 60 (Berlin) \

162. Même tête de veau (sans symbole).

I^. Carré creux partagé en quatre compartiments.

El. 9; hémi-hecté phoc, 1 gr. 30 {Paris) PL IV,fig. 30.

No 169.

163. Autre ex., variété de coin, 1 gr. 30 [Munich) *.

No 164.

164. Même tête de veau. 1^. Carré creux à surface irrégulière. El. 5; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 65 (Munich) \

Pour justifier le classemenl à Mylilène d'argent et de bronze, qui sont au même de ces pièces de poids phocaïque, il suflii type de la lête de veau, accompagné par- d'invoquer les monnaies de billon, puis fois de la légende MY ou MYTl ^.

2. MÉTHYMNE.

165. Tète de sanglier à gauche. Style rude et sec, œil globuleux. Çt. Carré creux orné d'aspérités irrégulières.

El. 11 ; hecté phoc, 2 gr. 74 [Paris) PI. IV, fig. 31.

166. Tète de sanglier à g. ; style barbare, œil globuleux. Çt. Carré creux. El. 8; hémi-hecté phoc, 1 gr. 38 [Paris) PI. IV, fig. 32.

167. Tête de sanglier à g. ; style barbare, œilglobuleux. Ç^,. Carré creux. El. 8; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 67 [Paris) PL IV, fig. 33.

1. Prokesch-Osten, Inediia de 1854, pi. IV, 12 3. Sestini, op. ci/., p. 54 et pi. IV, fig. 26. (Clazomène) ; comparez Thecté de Phocée de notre 4. W. Wroth, Catal. Troas, etc., pi. XXX, fig. 20 pi. IV, fig. 26. à 22 et pi. XXXVII, fig. 11, 12 et 13.

2. Sestini, Stateri antiehi, p. 54 et pi. iVi fig. 25.

117

168

TÉOS

118

Tête de sanglier, à droite. ^i. Carré creux. El. 5; 1/48* de stat. phoc, 0 gr. 34 {Londres).

L'attributioo à Méthymne de ces pièces d'électrum du vi* siècle, au type de la tète de sanglier, peut s'appuyer sur Texistence des monaaies d'argent au type du sanglier, avec la légende MA0YMNAIOI *..

Ainsi, dans Tile de Lesbos, située presque en face de Phocée, deux villes frappèrent des monnaies d'électrum de poids phocaïque, dès la première moitié du vT siècle : Mytilène, au type de la tète de yeau, et Méthymne au type de la tète de sanglier. Plus tard, peu après Tan 480, les deux villes s'associèrent et commencèrent

en commun rémission des hectés de Les- bos, dont le poids ne dépasse guère 2 gr. 60. Souvent ces pièces d'électrum ont un pelit coq en symbole accessoire à côté du type principal qui varie. En6n, vers Tan 400, intervint entre Phocée et Myli- lène un traité d'alliance monétaire dont le texte nous a été conservé, et qui eut pour but et pour effet de développer encore la frappe des hectés d'électrum de Phocée et de Lesbos, d'un style si charmant et à types si variés; les émissions se prolon- gèrent jusqu'au milieu du iv* siècle.

§ IV.

Téo8«

Située, comme Lébédos et Golophon, sur la mer d'icarie, à l'entrée du golfe d'É- phèse, Téos, l'une des villes les plus an- ciennes de la confédération ionienne, fut l'une des neuf métropoles grecques qui, au milieu du vi" siècle, envoyèrent des colons à Naucratis dans le delta du Nil '. Les Téiens possédaient déjà, à cette époque, de même que les Phocéens, les Milésiens, les Clazoméniens, des établissements sur les rives du Bosphore cimmérien ; ils prirent une part prépondérante à la fondation de Phanagorie '.

C'est peut-être à ces relations commer- ciales de Téos avec le pays lointain les griffons d'Apollon Hyperboréen gardaient la Toison d'or, que nous devons de voir

i. Cf. notre pi. XV, fig. 19 et 20. 2. Hérod., II, 118; cf. E. Curtius, Hist. grecq., t. I, p. 529.

paraître le griffon comme type héraldique sur les monnaies de Téos.

Les vicissitudes de l'histoire de Téos que Ton connaît peu, au temps de la lutte des villes grecques contre les Lydiens, puis contre les Perses, durent être les mêmes que celles de Phocée, de Glazomène, de Ghios. Elle fut soumise au joug par les Lydiens; puis, devant l'invasion perse en 546, la plupart de ses habitants émigrèrent pour aller coloniser Abdère, sur la côte de Thrace, ils transportèrent, comme à Phocée, le type du griffon *.

Le griffon est l'emblème de Téos comme le phoque est celui de Phocée et le sphinx, celui de Chios. Les monnaies d'électrum de poids phocaïque, qui sont au type de la

3. E. Curtius, op, cii., t. I, p. 518, 522. A. Voyez ci-dessus, à Phocée, p. 105.

149

TÉOS

120

tête de griffon doivent être classées à Téos, plutôt qu'à Phocée, quand elles ne portent pas dans le champ, le petit synobole du phoque *.

Les monnaies d'électrum, décrites ci- dessous sous les n®* 169 à 176, au type de la tète de griffon, représentent le monnayage de Téos antérieur à Texode de 546; elles forment le pendant des monnaies au type du phoque (ci-dessus, n®» 121 à 137) à Pho-

cée, et aussi des monnaies au type du sphinx à Ghios. Le griffon des monnaies de Téos a généralement, à la naissance du bec, une protubérance bulbeuse, parfois très accentuée, qui se remarque, d'ailleurs, sur des monuments autres que les monnaies *; on peut rapprocher cet appendice, emblème de force et de puissance farouche, du glo- bule à poils rayonnants qui fait saillie sur le naseau du lion de Milet *.

169. Tête de griffon à gauche, la gueule béante, le bec orné de deux protubérances bulbeuses ; derrière, la légende I$OAA.

I^. Carré creux de très petites dimensions.

El. 18 ; statère phoc, 16 gr. 58 {Munich) PI. V, fig. 2 *.

170. Tête de griffon à droite, la gueule béante, le bec orné d'une protu- bérance bulbeuse.

1^' Carré creux orné d'aspérités irrégulières.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 75 [Luynes) PI. V, fig. 1.

171. Même tête de griffon adroite. I^. Carré creux. El. 9 ; hémi-hecté phoc, \ gr. 38 [Paris) PL V, fig. 3.

172. —Même tête de griffon. IJt. Carré creux quadripartit. El. 7 ; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 65 [Paris) PL V, fig. 4,

173. Autre exemplaire, 0 gr. 65 [Londres) ^

174. —Même tête de griffon à gauche. 15^. Carré creux quadripartit, El. 6 ; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 67 [Londres) *.

175. Même description.

El. 5 ; 1/48** de stat. phoc, 0 gr. 30 [Londres) \

1. Voyez ci-dessus, à Phocée, p. 108.

2. Voyez, par exemple, Perrot et Chipiez, Hist, de Vart, t. III, p. 857 et 867; Furtwaengler, Gryps, dans le Lexicon de Roscher, t. I, p. 1763.

3. Voyez ci-dessus, p. 50.

4. Sestini, Slateri antichi, pi. IX, fig. 5; Brandis, p. 397 ; Mommsen, Hist, de la monn, rom., t. I, p. 2; B. Head, dans le Numism, Chron», 1875, p. 282;

le même, The coinage of Lydia and Persia, p . 18 ; le même, HisL numor., p. 506 et 511; le même, lonia, Introd., p. xxi; Roscher, Aiisf. Uxicon der MythoU, V Gryps, p. 1763.

5. B. Head, Cal, lonia, p. 205, n* 14 et pi. IV, 10.

6. B. Head, Cat. lonia, p. 205, 15 et pi. IV, 11.

7. B. Head, op. cit., p. 206, 19.

421

TÉOS

122

176. Même description.

El. 4; 1/96^ de stat. phoc, 0 gr. 13 {Londres) \

La légende du statère n* 169, pièce unique du cabinet de Munich, a exercé la critique de nombreux savants. Sestini, en 1817, dans ses Staiein aniichi, lisait T$OAA = T{o4;. Mais une observation plus attentive a permis de constater que la première lettre de la légende est I (Q et non J. Dès lors, on s'est cru autorisé à penser que la légende de la pièce n'avait plus de rapport avec le nom de la ville de Téos; c'est pour- quoi on Ta classée à Phocée, ainsi que tout le groupe des pièces à la tête de griffon ^ Il faut lire zioç, la première lettre étant bien un C; la seconde donne à Viota la forme S que cette lettre a aussi dans les inscri- ptions de la 6n du vu'' et du commencement du VI* siècle ; la dernière lettre ne peut être qu'un sigma couché, ^\, forme qui se ren- contre couramment à la même époque *,

Qu'est le mot Z^oçîOn sait qu'en grec, les trois lettres du même organe, J, Ai Z* se confondaient souvent dans la prononcia- tion et qu'elles pouvaient parfois, dans l'écriture, être prises l'une pour l'autre. Le nom même^de Zeus qui a un zêta au nomi- natif, prend un delta aux cas obliques (Zeuç, At<5c, Atot, etc.). Au lieu de Zeuc, on disait,

dans certaines contrées Zifjv et Ti^v, en do- rien Tdtv. Sur une monnaie de Polyrhénion, en Crète, à Teffigie d'Auguste, la légende TAN KPHTAFENHS accompagne le type de Zeus Grétagénès ^. On a rapproché le zâ<; (Zav<5<:) mentionné par Phérécyde de Léros (vers 480), du dieu Tévr^ç qui donna son nom à rile de Ténédos, et qui paraît identique à Tinia, le Zeus des Étrusques '. A Mylasa, on adorait Zeus Carios sous le nom de Ztjvoico- ffetSwv, parce que ce dieu avait à la fois les attributs de Zeus et de Poséidon ". Dans le dialecte de Lesbos, le Z remplaçait souvent A ou Ai; on disait Z(5wuffo< pour Ai6vu<yoç '. Ces observations d'ordre philologique, au- torisent à considérer la légende IIOM comme l'équivalent de AIOZ ou de TIOZ- Il est évident qu'on ne saurait, ici, songer à lire Zt<5c; pour Atôç, le nom de Zeus '. En effet, que viendrait faire ce nom de Zeus à côté de la tête de griffon? On doit donc reconnaître dans ce mot ZI02i tout sim- plement une variété dialectale de TI02» le nom même de la ville de Téos. Cette inter- prétation est confirmée indirectement par ce qu'Hérodote nous apprend des nombreuses variétés dialectales des villes ioniennes '.

1. B. Head, op. cit., p. 206, n* 20.

2. B. Head, Hist. numor.y p. 506; le même, Catal. lonia, Introd. p. xxi.

3. A. Kirchhoff, Studien zur Gesch. des griech. Alphabets, pi. I.

4. J. Svoronos, ffum. de la Crète ancienne^ t. I, p. 284 ; Cauer, Delectus inscript. graecarum, 11° lt6.

5. Charles Lenormant, Trésor de Numism., Nou- velle galerie mythologique, p. 19.

6. OTerbeck, Kunstmythologie, t. II, p. 268 ; Zeit. fûrNum., t. II, p. 112.

7. O. Hoffmann, Die griech. Dialekte, 1. 11, p. 514 ;

Cauer, op. cit., 522. On trouve encore ^aizéBu^ pour SaicÉ6<i); ZaïOûveio^ pour AiaOuveio; ; t^iST^Xov pour fiiiÔT^Xov ; Ci vuxTcJç pour 6ii vuxt6ç, etc.

8. C'est cependant Pavis de M. Bruno Kcil, dans VHermès de Berlin, t. XXIX (1894), p. 279-280.

9. Hérodote, I, 142 : « Les Ioniens n'ont pas tous la même langue; ils font usage de quatre dialectes. Milet est de leurs villes la première au midi; viennent ensuite Myonte et Priène, celles-ci sont en Carie et parlent un même langage; celles de la Lydie sont Éph(''se, Colophon, Lébédos, Clazomène et Phocée qui n'ont point la même langue que les

123

BMTRNE

124

Nous verrons plus loin un certain nombre de monnaies d'argent au type du griffon,

qui se rattachent étroitement au groupe en électrum que nous venons de décrire \

§ V. Smyme.

Les monnaies d'éleclrum, de poids pho- caïque, reproduites sur notre planche V, fig. 5 à 13, sont probablement de Smyrne plutôt que de Lesbos. L'ancienne Smyrne était bâtie au fond du golfe Hermios, à Tem- bouchure du Mélès, entre Phocée au nord et Glazomène au sud. A une courte distance, au nord de Smyrne, était Testuaire de THer- mos, lequel passait sous les murs de Sardes. Smyrne se trouvait ainsi le port le plus rap- proché de la capitale du royaume des Merm- nades et le plus facilement accessible aux marchands lydiens. De là, les conflits san- glants qui surgirent entre cette ville et les rois de Lydie, et la persistante opiniâtreté de ces derniers à vouloir s'emparer de cette

ville grecque. Le poète Mimnerme de Colo- phon, contemporain de Tyrtée, a célébré la résistance héroïque des Smyrniotes aux efforts des soldats de Gygès. La guerre du- rait encore quand Gygès mourut vers 632 ^; elle se prolongea sous ses successeurs, avec des alternatives diverses. Mais sous Alyalte (610-561), Smyrne succomba définitivement; vers Tan 585 elle fut prise et détruite. Ada ter de ce moment, elle resta plus de trois siècles à l'état de bourgade sans importance et ne se releva que sous Alexandre '.

De ce qui précède il résulte que les mon- naies de Smyrne ne sauraient être posté- rieures à 585. Ce sont probablement les suivantes :

177. Tête de lion à droite, rugissant et tirant la langue. I^. Carré creux orné d'aspérités irrégulières.

El. 20; statère phocaïque, 16 gr. 05 {Paris) PI. V, fig. 5.

178. Tète de lion à gauche, rugissant el tirant la langue. I^. Carré creux orné d^aspérités irrégulières.

El. 23; stat. phoc., 16 gr. 06 [Luynes) PI. V, fig. 7.

179. Autre exemplaire, 16 gr. 10 {Londres) *.

précédentes, mais un dialecte propre. Il y a encore trois autres villes ioniennes : deux sont situées en des Iles, Samos et Chios; la troisième, Erythrées, est sur le continent. Chios et Erythrées parlent le même dialecte; Samos a le sien à elle seule. Ainsi, il y a quatre dialectes. »

1. Voye7, par exemple, B. Head, Calai. Tonia, pi. XXTII, 3 et s. Phocée).

2. Pausanias, IX, 29, 4; Lane, Smyrnaeorum res gestae, p. 19; Curtiust Hiat. grecque^ t. Il, p. 130.

3. G. Radet, La Ly die ^ p. i91\ Ramsay, HUt. geogr. of Asiamittor^p. 61.

4. Brandis, p. 393 ; B. Head, The coinage of Lydia and Persiay p. 17, et pi. I,flg. 7 Sardes); B. Head, Hist. numor.j p. 506 Mytilènc); le même, Guide to Ihe coins of the Ancienls, p. 5, n^ 10, et pi. I, fig. 10; le même, lonia. Introd,, p. xx, et p. 9, n*39, pi. II, fig. 1; même ouvrage, p. 236, n* 1, pi. III, fig. 1 Smyrne).

125 SMYRNE 126

La tête de lion de ces statères (n®'177 à de stalères de bas argent dont Tatlribu- 179) a une analogie frappante avec le type tion à Lesbos est certaine (cf. pi. xiv, fig. 2).

180. Tête de lion à gauche, rugissant et tirant la langue; cercle au pourtour. Flan bombé comme Tépisème d'un bouclier. IJt. Carré creux quadri partit. El. U; hecté phoc, 2 gr. 76 {Londres) PL V, fig. 6 '.

181. Tête de lion à gauche (la gueule fermée).

^. Carré creux au centre duquel est un globule d'où rayonnent quatre branches cruciformes (?).

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 70 {Paru) PL V, fig. 8.

182.— Variétés: 2 gr. 76 {Greenwell)\tgv. 66 {Lôbbeckey.lgv. %^{LaHaye)\

183. Tête de lion à droite, la gueule béante. Çt. Carré creux. El. 9; hémi-hecté phoc, 1 gr. 30 {Paris) PL V, fig. 9.

184. Tête de lion à gauche, la gueule béante. Çt. Carré creux.

El. 7; 1/48* de stat. phoc, 0 gr. 33 et 0 gr. 34 {Paris) PL V, fig. 10.

185. Tête de lion à gauche (la gueule fermée). I^. Carré creux. El. 7; 1/48* de stat. phoc, 0 gr. 34 {Paris) PL V, fig. 11.

No 186.

186. Tête de lion à droite. ^. Carré creux.

El. 7; l/48« de stat. phoc, 0 gr. 38 {Greenwell) ' .

187. Lion marchant à droite, levant une patte de devant et détournant la tête en rugissant. Çt. Carré creux quadripartit.

El. 11; hecté phoc, 2 gr. 57 {Londres) PL V, fig. 12 *.

188. Autre exemplaire, 2 gr. 55 {Paris).

1. Brandis, p. 395; B. Head, Lydia and Persia, Num. Chron., 1890, p. 204, 55.

p. 17, et pi. I, fig. 8 Sardes) ; le même, lonia, p. 10, 3. Num. Chron., 1897, p. 267, 3 et pi. XII, 3.

n* 43 et pi. II, fig. 4; avissi, p. 236, 2 et pi. III, 4. B. Head, Catal, lonia, p. 184,no 5 et pi. III,fig.7

fig. 2 Smyme). Milet).

2. Sum. Chron,, 1890, p. 28 et pi. UI, 19; J. P. Six,

127

CLAZOMÈNË

128

189. Tête de lion à gauche, la gueule béante. Flan bombé; style rude.

^i. Carré creux quadripartit.

EL H; hecté phoc, 2 gr. 74 (Parh) PL V,flg. 13.

L'attribution à Smyrne de toutes les mon- naies qui précèdent n'est que vraisembla- ble; nous avons déjà fait remarquer que les premières monnaies de billon frappées à Lesbosont le même aspect que les pièces d'électrum ici décrites *. Le classement, à Smyrne, de ces dernières est fondé sur le lieu des trouvailles de la plupart d'entre elles, qui est Smyrne et les environs immé- diats; il s'appuie aussi sur ce fait que cette série qui débute au vii« siècle ne se continue pas et s'arrête brusquement à une époque qui peut être la destruction de Smyrne en 585. Enfin, lorsqu'après Alexandre, Smyrne rebâtie recommence à battre monnaie, le lion est, avec l'Amazone Smyrna, le type qu'elle s'empresse d'adopter. Nous pouvons

ajouter que si Ton retirait à Smyrne nos pièces archaïques au type du lion, cette ville n'aurait plus de monnaies à l'époque pri- mitive, ce qui, vu son importance, paraîtra invraisemblable *.

On remarquera le caractère primitif de ces têtes de lion, surtout sur les statères n" 177 et 178; leur style vigoureux et ex- pressif, cet œil énorme, globuleux, encadré de deux épais croissants, cette crinière hir- sute sommairement représentée par une série de mèches parallèles. La diversité des types de lions que nous avons groupés ici suflit ât indiquer que la plupart des divi- sions manquent encore dans chaque série : nous avons le statère, les autres divi- sions font défaut ou réciproquement.

§ VI. Clazomène.

Les pièces décrites sous les n*» 190 à 106, sont de petites divisions d'un groupe au type du bélier, dont le statère n'a pas encore été retrouvé, car on ne saurait les rapprocher du statère au bélier couché que nous avons décrit plus haut (ci-dessus, no 37). Ce n'est ni le même style ni le même étalon, ainsi que nous l'avons fait ressortir.

D'un autre côté, l'attribution géogra- phique de toutes ces pièces au bélier est fort embarrassante. On a proposé tour à tour de classer celles que nous décrivons ici

à Cébren en Troade^ à Glazomène, àSamos. Mais Cébren, qui a pour type de ses premières monnaies en argent, une tête de bélier, était loin de la mer et n'a pas avoir un atelier monétaire avant 480. Samos a adopté pour ses monnaies d'élec- trum l'étalon euboïque (voyez ci-après, n<*» 388 et 389). Glazomène, au contraire, était située sur la c<)te méridionale du golfe de Smyrne, non loin de Phocée, dans le centre du domaine de l'étalon phocaïque auquel appartiennent les pièces au bélier ci-dessous décrites. Elle était, aux vii*-

1. Comparez notre pi. XIV, fig. 1 à 5.

2. B. Head, Calai. lonia, Introd., p. xx et p. 236.

129 CLAZOMÊNE 130

vi*" siècles, Tune des villes ioniennes les mettre qu'elle n'eut pas, comme ses voî- plas florissantes, et il serait difïicile d'ad- sines, monnayé Télectrum à cette époque.

190. Bélier marchant à droite. ^. Carré creux quadripartit. El. 10; hecté phoc, 2 gr. 71 (Pam) PI. V, fig. 15.

Le style du bélier, sur l'hecté n" 190, est médaille eut été exécuté par un artiste

particulier; la tête de Tanimal est énorme, habitué à graver les pierres fines à Taide

démesurée; ses pattes trop longues sont du foret. Les premières pièces d'argent de

bouletées, c'est-à-dire formées de nodosités Cranion au type du bélier présentent les

superposées, comme si le coin de la mêmes particularités.

No 191.

191. Tête de bélier à gauche. ^. Carré creux irrégulier. El. 10; hecté- phocaïque, 2 gr. 78 (Berlin).

192. Tête de bélier à gauche. I^. Carré creux quadripartit. El. 6; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 65 (Six) *.

193. —Autre exemplaire, 0 gr. 65 (Londres) PL III, fig. 20 *.

194. Tête de bélier à droite. ^. Carré creux.

El. 6; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 59 (Paris) PI. V, fig. 16.

195. Autre exemplaire, 0 gr. 57 (Londres) ^

Le poids de ces dernières pièces (no» 194 dans ce cas, elles se rattacheraient au sta- et 195) est peut-être plutôt milésiaque ; tère décrit ci-dessus, sous le n^ 37.

196. Tête de bélier à droite. Çt. lisse. EL 7; 1/48' de stat. phoc, 0 gr. 32 (Berlin) \

!. ffum. Chron., 1890, 211, note tl. 3. B. Head, Catal. ïonia, p. 5, n* 17.

2. B. Head, CalaL lonia, p. U, n* 52 et pi. Il, 4. Ane. coll. Imhoof, Zeit. fur Numism., t. Iltt fig. 10 (àCébren?)» p. 309, 7.

Tome It.

131

MONNAIES D ATTRIBUTION INCERTAINE

132

§ VIL —Monnaies d'attribution incertaine.

(lonie septentrionale).

Etalon puocaïque {suite).

Les monnaies d'électrum qui suivent sont taillées d'après l'étalon phocaïque, ce qui, aidé de quelques autres indices, per- met de les classer sûrement, au moins pour la très grande majorité, dans Tlonie septen- trionale ou la région avoisinante. Quant à déterminer avec précision les ateliers qui

les ont émises dès le début du vi*" siècle, on ne peut faire à ce sujet que des conjectures plus ou moins justifiées. Il est aisé de cons- tater au surplus, que la plupart d'entre elles sont isolées et que les séries aux- quelles elles appartiennent sont encore très incomplètes.

197. Chimère debout à gauche ; elle a une tête et un corps de lion ; sa queue se termine en tête de serpent, et sur son dos est entée une tête d'aegagre.

Ci'. Deux carrés creux à surface irrégulière juxtaposés, l'un beaucoup plus petit que Tautre.

El. 20 ; stat. phoc, 16 gr. 35 (Londres) PI. V, fig. 14».

M. Barclay Head a classé tour à tour ce statère unique, à Sicyone, en plein Pélopo- nèse et à Zéléia enTroade. La présence d'une monnaie d'éiectrum au milieu du monnayage sicyonien est irrationnelle ; d'ailleurs, la Chimère des monnaies d'ar- gent de Sicyone n'a aucun rapport de style ni d'attitude avec celle-ci. L'attribution à Zéléia de Troade n'est pas justifiée davan- tage, cette ville ne paraissant pas avoir frappé monnaie avant le milieu du iv* siè- cle '. Le poids phocaïque nous indique rionie septentrionale comme patrie de ce statère. En outre, si Ton compare les em- preintes creuses du revers avec celles du

revers des statères de Phocée (pi. IV, flg. 3 et 5) on sera bien près de conclure que le statère à la Chimère est, lui aussi, de Pho- cée. Le revers des pièces primitives est en quelque sorte souvent une marque de fabrique. A. Milet, c'est un rectangle entre deux petits carrés; à Téos, un carré tout petit ; à Smyrne, un grand carré ; à Phocée, deux carrés, un grand et un petit, juxtapo- sés. Si le statère au type de la Chimère (pi. V, fig. 14) n'est pas de Phocée, il a été frappé par une ville qui était en étroite union monétaire avec Phocée : dans celle hypothèse on pourrait songer à Mytilène (voyez ci-après, p. 138).

1. F. Lenormant^ Monn, royales de la Lydien pi. X, flg. 9; le même, Hist. numor., p. 506; le pi. VIII, flg. 14; B. Head, The coinage of Lydia and même, Joniay p. 9, 41 et pi. Il, fig. 2. Persia, p. 18; le môme, Num. Chron., 1875, p. 283 et 2. W. Wroth, Catal. Troas, etc., Introd., p. xuv.

133

MONNAIES D ATTRIBUTION INCERTAINE

134

198. Centaure emportant une Ménade dans ses bras, à droite.

^. Carré creux quadripartit.

El. 20; stat. phoc, 16 gr. 32 (Londres) PL V, fig. 17 '.

A cause du type du Centaure, on a voulu attribuer ce statère phocaïque à Thasos ou aux Oresciî de Thrace, dont les monnaies d'argent ont aussi un type de Centaure em- portant une Ménade. Mais le poids, le style, la fabrique, la provenance, tout condamne

cette attribution. Le carré creux du revers et la fabrique semblent rapprocher ce sta- tère de ceux de Chios qui figurent sur notre pi. YIII, fig. 6 et 8, mais qui sont d'un poids très inférieur.

199. Tête imberbe d'Héraclès h gauche, coiffée de la peau de lion.

Çt. Carré creux quadripartit.

El. 11 ; hecté phoc, 2 gr. 56 [Paris) PL V, fig. 18.

Cette hecté connue en une dizaine d'exemplaires (2 gr. 62 à 2 gr. 50) «, était classée autrefois à Héraclèe de Bithynie, à cause de son type d'Héraclès '. Cette attri- bution est sans fondement; mais, au IV' siècle, la tète d'Héraclès coiffé de la

dépouille du lion parait sur les monnaies d'argent et de bronze d'Erythrées d'Ionie, ce qui pourrait donner une base à l'attri- bution à cette ville des pièces d'électrum au même type, mais beaucoup plus anciennes.

200. Masque de Gorgone, de face.

IJt. Carré creux irrégulier, orné d'une sorte d'étoile à quatre branches ter- minées par des globules.

El. 20 sur 15 ; hémi-stat. phoc , 8 gr. 21 [Paris) PI. V, fig. 20.

201. Autre exemplaire, 7 gr. 99 [Londres) *.

Le revers de cet hémi-statère rappelle les étoiles à branches boule tées de cer- taines pièces de Milet (comparez noire pi. I, fig. 6, 14 et 18).

A cause de son type de Gorgone, il a été classé successivement à Ërétrie en Eubée,

puis à Parion en Mysie. Celte dernière hy- pothèse est la plus vraisemblable ; il y a une analogie assez grande entre cet hémi- statère et les premières drachmes d'argent de Parion que nous donnons plus loin. En outre, Tun des deux exemplaires connus

1. B. Head, The coinage ofLydia and Persia, p. 18 ; le même, daas le Numiamalic Chronicle^ n.s.^t. XV (1875)» pi. X, fig. 11; le même, Historia numorum, pp. 174 et 506 ; le même, /onia, p. 9, 42, et pi. U, fig. 3 (Thrace ou Thasos).

2. Six, Zeil. far Num,y t. V, p. 99.

3. B. Head,//i«/. numor., p. 441.

4. B. Head, Nujn. Chron . , iSSl , p. 287 (àÉrétrie); le même, Calai. lonia, p. 13, 58 et pi. 11, 14 Parion)-, W. Wroth, Ca/fl/. Mysia, p. 94, note.

135

MONNAIES D ATTRIBUTION INCERTAINE

136

a élé trouvé dans le voisinage de cette ville '. Malgré tout, il ne faut pas oublier que le masque de Gorgone se voit égale- ment plus tard, sur les monnaies d'Asta-

cos * et de Lesbos *. C'est plutôt par l'exa- men du revers et de la fabrique qu'on arri- vera à préciser Taltribution.

202. Buste de femme, de profil à gauche, Tœil formé d'un globule énorme, les cheveux longs retombant sur les épaules; la tête parait ceinte d'une couronne formée de globules. Çt. Carré creux.

El. 7 ; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 64 {Paris) PL V, fig. 21.

No 203.

203. Tète casquée d'Athéna à gauche ; style archaïque.

^. Carré creux.

El. 10 ; heclé phoc., 2 gr. 59 {Montagu) *.

N* 204.

204. Têtes accolées (janiforme) d'un Satyre barbu, à droite, et d'une nymphe, à gauche; style archaïque. B^- Carré creux. El. 10;hémi-hecté phoc, 1 gr. 2Q {Greenwell) \

No 205.

205. Coq à droite, tenant dans son bec un coquillage.

I^. Deux carrés creux juxtaposés, l'un beaucoup plus petit que l'autre.

\. Wroth, Mysioy p. 94, note.

2. Imhoof-Blumer, Monnaies grecques, p. 234.

3. Wroth, Troas, etc., pi. XXX, fig. 4.

4. Nt/m. Ckron,, i892, p. 32 et pi. 111, 3 ; comparez pour le style Thecté de Phoc^e décrite ci-dessus,

p. 107, sous le no 143.

5. Sum. Chron,, 1897, p. 262 et pi. XI, 20. Compa- rez une heclé de Cyzique au mAme type, Greenwell, The coinage of Cyzicus, pi. Il, 25.

137. MONNAIES d'attribution INCERTAINE

El. 20; stat. phoc, 16 gr. 22 [Lùbbecke) ^

206. Tète de coq tenant un coquillage dans son bec.

138.

^. Carré creux.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 60 {Berlin) \

Le slatère n^ 205 a, au revers, deux car- rés creux identiques à ceux de Phocée (pi. IV, fig. 3 et 5) et à celui du statère au type de la Chimère (pi. Y, fig. 14). Nous savons, d*aulre part, que le coq figure en petit symbole annexe sur toute la série des hectés de Mytilène. Cette dernière ville,

enfin, a pu être liée dès le vi^ siècle par un traité d'alliance monétaire avec Phocée, comme elle le fut plus tard, après le milieu du v< siècle. Ainsi, les pièces 205 et 206, de même que le statère 197, peuvent appartenir à Phocée ou à Mytilène.

207. Deux coqs en regard, se battant (?) I^. Carré creux quadripartit. El. 11 ; hecté phoc, 2 gr. 61 {Londres) PL V, fig. 22 ^

Le coq paraît sur quelques autres mon- naies d'éleclrum qui n'ont aucune parenté de poids et de style avec la précédente ^. Il

en est de même des monnaies d'argent et de bronze de Dardanos, aux et iv« siè- cles : elles sont d'un style tout différent *.

208. Chouette debout à gauche, regardant de face. Çt. Carré creux sillonné de diagonales en relief.

El. 9; hémi-hecté phoc, 1 gr. 36 {Paris) PL V, fig. 23.

209. Autre exemplaire, avec le même carré creux, 1 gr. 36 {Londres) •.

210. Autres exemplaires, 1 gr. 34 ; 1 gr. 31 ; 1 gr. 29 '.

On a classé ces petites pièces d'électrum, tour à tour à Athènes, à Chalcis d'Eubée, à Lébédos, à Délos et ailleurs encore *. En dernier lieu, Six a cru reconnaître dans le carré creux du revers de cette hémi- hecté, un grand A qui serait l'initiale du

i. Lôbbecke, Zeit, far Num., t. XVII, p. 8 et pi. I, fig. 13.

2. Lôbbecke, Zeil. fUr Num., t. XVII, p. 9.

3. B. Head, Calai, lonia, p. 10, n* 44 et pi. II, 5 Smymeî); W. Wroth, Calaï, Troas, Introd., p. xui Dardanos).

4. Voyez nos pi. UI, fig. 10 et pi. VIII, fig. 10; Wrotb, TroaSy lotrod. p. xlii.

5. Wroth, Troas^ pi. IX, fig. 3 & il; cf. ci-après,

nom de l'île de Délos : ces pièces à la chouette auraient été, suivant ce savant, frappées à Délos par les Athéniens, au temps de Pisistrate. Mais la lecture de la lettre A dans le champ du revers parait être une illusion d'imagination. L^attribu-

notre pi. XVI, fig. 10 et 11.

6. Bril. Mus. Catal. Atlica^ p. xiii, et p. 1, pi. 1, 1.

7. Six, Num. Chron., 1893, p. 119. Nous avons classé à rétalon milésiaque (ci-dessus, no 89) une petite pièce de 0 gr. 28 qui parait avoir pour type une chouette d'un tout autre caractère que les pièces décrites ici.

8. Beulé, Monn, d'Athènes, p. 19 et 65 ; B. Head, Calai, Allica, pi. 1, 1.

139

MONNAIES d'attribution INCERTAINE

140

tioQ à Délos ne repose sur aucun fonde- ment. On serait plutôt porté à classer ces pièces à Athènes, parce que, sur cinq exemplaires connus de Thémi-hecté, il en est trois, au moins, qui ont été trouvés en Âttique. Malheureusement, le poids des pièces est phocaïque et ne saurait convenir à Athènes; ce serait la seule monnaie d'électrum de cette ville ; son type de chouette n'a qu'un rapport éloigné de style et de fabrique avec la chouette des plus anciennes pièces d'argent d'Athènes. Il est préférable de chercher la véritable patrie de ces pièces sur la côte d'Asie-mineure. On pourrait peut-être songer à les placer en tête du monnayage de Lébédos, ville voisine de Téos et à qui le poids phocaïque convient parfaitement. Lébédos eut^ plus

tard, la chouette comme type essentiel du revers de ses monnaies d'argent et de bronze. Néanmoins, j'inclioe à penser que la véritable patrie de ces petites pièces à la chouette, est Lampsaque au temps les descendants d'Hippias régnaient dans cette ville. On sait que ces tyrans placèrent sur leurs monnaies lampsacéniennes, la tète d'Athéna avec la pousse d'olivier; ils auraient donc pu, en s'inspirant des mêmes traditions, faire frapper des mon- naies d'électrum au type de la chouette; les relations de ces tyrans avec Athènes expliqueraient comment il se fait qu'on a trouvé un certain nombre de ces petites pièces d'électrum dans les champs de l'Altique *.

211. Vache à droite, détournant la lête. ^. Carré creux. El. 8; myshémi-heeté phoc, G gr. 65 {Paris) PI. V, fig. 24 '.

212. Autre exemplaire, Ogr. 65 {Greenwelf} '.

213. Oie debout à droite, détournant la tête; derrière, un lézard. Ç^. Carré creux.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 55 {Berlin) PI. V, fig. 25 *.

No -214.

214. Oie debout à droite, détournant la tête. - El. 8; hémi-hecté phoc, 1 gr. 29 {Londres) '.

215. Tête d'oie à gauche. I^. Carré creux. El. 5; 1/48*^ de stat. phoc, 0 gr. 33 {Londres) \

Çt. Carré creux.

1. Voyez ci-après le chapitre consacré aux mon- naies d'Athènes.

2. Brandis, p. 401 Samos).

3. Num. Chron., 1897, p. 264, 4 et pi. Xï, 23.

4. Fricdiaender, Zeit, fUr iVum., %, VI, p. &.

5. B. Head, Catal. lonia, p. 10, 46; le même, Hist, numor.y p. 176; Num. Chron., 1887, p. 290 et pi. XI, flg. 45.

6< B. Head, Catal. lonia, p. 11, 54«

141

MONNAIES D^ATTRIBDTION INCERTAINE

142

Les trois pièces au type de Toie (n^* 213 cher ces pièces des produits du mon-

à 215) sont généralement classées à Eion nayage d'électrum des villes d'Asie-mineure

de Macédoine dont les monnaies d'argent pour acquérir la conviction que, malgré

sont effectivement aux mêmes types, leurs types, elles ne sauraient en être sépa-

L^hecté no 213^ avec le lézard derrière Toie, rées. L'un des exemplaires du Musée bri-

est la copie exacte des pièces d'argent de lannique provient, d'ailleurs, de Smyrne. cette ville. Toutefois, il suffit de rappro-

216. Prolomé de bouquetin bondissant à gauche, la patte repliée.

I^. Carré creux.

El. H; tétarté phoc, 4 gr. 18 {Paris) PI. V, fig. 26.

No 217.

217. Protomé de bouquetin bondissant à droite, la patte en avant. ^. Carré creux quadripartit.

El. 8; hémi-hecté phoc, 1 gr. 36 [Loncb^es] *.

218. Griffon ou autre quadrupède assis à droite (type obscur). IJt. Carré creux.

EL 8; hémi-hecté, 1 gr. 31 [Paris) PI. V, fig. 27.

219. Deux dauphins nageant en sens inverse, et séparés par deux glo- bules ; cercle de points au pourtour. ^. Carré creux.

El. 11; hecté phoc, 2 gr. 51 [Paris) PI. V, fig. 28.

220.

220. Roue à quatre rais. Çt. Carré creux. El. 9; hémi-hecté phoc, 1 gr. 40 [Londres) '.

221. Autre exemplaire, 1 gr. 34 [Londres).

Le type de la roue a fait classer ces hémi- hectés à Ghalcis d'Eubée. Mais Ghalcis em-

1. B. Head, British Muséum^ Catal, lonia, p. 15 2. B. Head, Catal. Central Greece^ p. i06, n«' 4 et et pi. U, 26. 5 et pi. XX, fig. 3.

143 MONNAIES d'attribution INCERTAINE 144

ploie Tétalon euboïque pour la taille de ses nous savons que le monnayage d eleclrum monnaies d'argent; rétalon phocaïquen^au- d'Asie-mineure emprunte ses types aax rait pas sa raison d'être en Eubée; enfin, villes étrangères les plus diverses.

222. Scarabée vu de dos, ^i. Carré creux orné de globules. El. 6 ; 1/48* de stat., 0 gr. 38 {Paris) PI. V, fig. 29.

223. Fleuron étoile; au centre, un globule entouré de deux cercles concentriques ; au pourtour, un troisième cercle dentelé.

Çt. Carré creux cruciforme.

El. 16; hémi-statère phoc. (?), 7 gr. 09 {Londres) PI. V, fig. 30*.

224. Fleuron épanoui, à douze pétales rayonnant autour d'un globule dans un cercle ; sur le bord inférieur, une ligne horizontale et un ornement en forme de croisillons.

^. Deux carrés creux juxtaposés.

El. 12 sur 9; hecté phoc, 2 gr. 61 {Londres). PL V, fig. 31 «.

225. Étoile à neuf branches séparées par des globules. ^. Carré creux. El. 10; hecté phoc, 2 gr. 54 {Londres) PI. V, fig. 32 '.

Les pièces qui précèdent (n^* 223 à 225) type des n""' 223 et 225 est assez différent

ont été classées avec assez de vraisem- de celui du 224 pour qu'on puisse se

blance à Érythrées; Tune d'elles (le demander si les trois pièces ont bien la

n** 224) a été trouvée sur les ruines de cette même origine; de plus, si le poids des n«»

ville et plus tard, au siècle, Érythrées a 224 et 225 est bien phocaïque, celui du

des monnaies d'argent qui ont pour type de 223 paraît, ainsi que la forme du carré creux,

revers un fleuron semblable ^.Cependant, le se rapporter plu(<)t à l'étalon milésiaque ^.

No 226.

226. Chien couché en rond, la tête à droite. ^. Carré creux.

l.B.Head,iV«m. CAron.,1867, p. 305; CalaLJonia, p. 117 et pi. III, flg. 14.

p. 116, no 1 et pi. m, fig. 12 Érythrées). 4. B. Head, CataL lonia, pi. XV, flg. 2 à 7.

2. Borrell, Num. Chron.y t. VI, p. 64 (trouvée à 5. On pourrait, semble-t-il, rapprocher du n" 223 Érythrées); B. Head, lonia, p. 117, n* 5 et pi. III, la toute petite division, aussi de poids milésiaquei flg. 13 (Érythrées). que nous décrivons ci-dessus, sous le 98 w*,

3. B. Headt Sum, Chron.^ 18S7, p* 290; Calai, lonia^

145 MOiNNAlES D^TTRIBUTION INCERTAINE 146

El. 9; hémi-hecté phoc, 1 gr. 34 {Greenwell) *.

2Ï7.

227. Tête de cheval adroite. ^. Carré creux quadripartit. El. 8; hémi-hecté phoc, 1 gr. 36 {Londres) K

No t28.

228. Tète de cheval à droite. ^. Carré creux. El. 5 ; 1 /48<» de stat. phoc, 0 gr. 33 {Londres) \

No 229.

229. Cavalier nu, sur une protomé de cheval au galop à droite. IJt. Carré creux à surface irrégulière.

El. 7; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 65 {Londres) *.

230. Bucrane de face. I^. Carré creux.

El. 8; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 65 {Paris) PL V, fig. 83.

231 . Autres ex., 0 gr. 67 {Londres) ' ; 0 gr. 67 {Greenwell) \

d^

NO 23i.

232. Quadrupède incertain, à gauche; au dessus, trois globules. IJt. Carré creux à surface irrégulière.

\. Num. Ckron,, 1897, p. 265, 5 et pi. XI, 24. 4. B.Head, Catal. lonia, p. 118, 12 et pi. III, 16

2. Num. Chron., 1887, p. 290, n* 47, et pi. XI, 47; Érythrées).

Calai, lonia, p. 40, 47 et pi. Il, 8. Voyez ci-dessus 5. W. Wroth, Num, Chron., 1899, p; 111 et pi Vllf,

n«74 et 75, les pièces au type de la protomé de 12; cf. A. de Courtois, Rev, num,, 1864, p. 189, et

cheval, de poids milésiaque. pi. VII, 10.

3. Num, Chron., 1887, p. 291 et pi. XI, 56; Catal. 6. Num, Chron,, 1897, p. 268, 5 et pi. XII, 5. lonia, p. 11, n* 55.

Tome IL 10

147 MONNAIES D^ATl^RlBCtlON INCERTAINE 14Ô

El. 8; hémi-hecté phoc, 1 gr 31 {Londres) *.

No 233

233. Jambe humaine nue, à droite. ^. Carré creux. . El. 8; myshémi-hecté phoc., 0 gr. 65 [Greenwell) '.

234. Bouclier dont l'épisème est orné d'un foudre. Çt- Carré creux. El. 8; hémi-hecté phoc, 1 gr. 35 {Paris) PL III, fig. 26.

235. Croix gammée (tétraskèle) tournant à droite; au pourtour, quatre croissants. ^. Carré creux quadripartit.

El. 9; hémi-hecté phoc, 1 gr. 29 {Paris) PL V, fig. 34 '.

236. Autre ex., 1 gr. 24 {Paris) PL V, fig. 35.

237. Même description.

El. 7; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 64 {Paris) PL V, fig. 36 *.

238. Même description.

El. 6; l/48« stat. phoc, 0 gr. 31 {Londres) PL V, fig. 37 \

239. Môme description.

El. 4; 1/96° de stat. phoc, 0 gr. 15 {Paris).

La croix gammée ou tétraskèle {swas- bien que leur poids soit faible par rapport

tika) qui forme le type des n°' 235 à 239, à la normale. D'autres monnaies d'électrum

rappelle celle du revers des pièces d'ar- au même type de la croix gammée et sem-

gent de Corinthe au vi« siècle •. Nos élec- blables d'aspect, sont Uiillées suivant Téta-

trum se rattachent à l'étalon phocaïque, Ion milésiaque (ci-dessus, n®' 97 à 101}.

1. B. Head, lonia, p. 15, 73 et pi. II, fig. 28; 3. Cf. Brit. Mus., Catal.Ionia, p. 10, n<>48 et pi. 11, comparez ci-dessus, le 103. fig. 9.

2. Num. Chron,, 4897, p. 263, 2 et pi. Xr,21. 4. Cf. Brit. Mus., CalaL lonia, p. U, 51, et Le même droit existe sur des monnaies d'argent Num. Chron.^ 1887, pi. XI, fig. 53.

dont nous donnerons plus loin un spécimen ; cf. 5. B. Head, CalaL lonia, p. 5, n^ 22.

Num. Çhron., sér., t. X (1890), p. 329 et pi. XIX, 21. 6. B. Head, CataL Corinthus, etc., pi. 1, fig. 2 à 13.

149

CYZIQUE

180

§ VIII. Cyzique.

La position géographique de Cyzique, avec ses deux ports sur la Propontide, à mi-chemin entre la mer Egée et le Pont Ëuxin, la désignait naturellement pour être Tune des grandes étapes des navires qui faisaient le commerce entre les métro- poles ioniennes et leurs colonies du Nord. Aissî, fut-3lle appelée très vite à un grand développement commercial. Vers Tan 756, une colonie de Milésiens, guidée par un oracle d'Apollon, vint s'y établir; elle fut renforcée, vers 675, par une colonie de Mé- gare.

Cyzique eut ensuite à subir la domina- tion des rois de Lydie; puis, après la chute de Crésus, en 546, elle passa comme toute rÂsie-mineure sous le sceptre de Cyrus, Elle demeura sujette du Grand Roi jusqu'en 478, époque où, par suite des désastres de Xerxès, la domination perse sur les villes grecques de la côte d'Asie-mineure fut pour un long temps évincée. Cyzique passa alors sous Thégémonie d'Athènes ; elle de- vait y demeurer, avec des alternatives di- verses, jusqu'en 405, date de la bataille d'Aegos-Potamos qui mit fîn à la thalasso- cratie athénienne.

Les statères d'éleclrum de Cyzique (K^^îi- xTjVot TZTZTipzç), répaudus dans le com- merce de la mer Egée, même encore après Alexandre, sont taillés suivant l'étalon phocaïque *. Les plus anciens remontent au commencement du vi" siècle, sinon jusqu'au vu*; les plus récents sont du milieu du IV' siècle; on ne trouvera décrits ici que

ceux que leur style ou d'autres considéra- tions permettent de classer avant 478 ou 475 environ.

Les anciens numismates, comme encore Brandis en 1866, prenant pour base de leurs attributions le type des pièces d'éleclrum, furent conduits par à disperser dans les villes les plus diverses les produits du mon- nayage de Cyzique. Mais il est démontré aujourd'hui que l'atelier unique de toutes ces pièces est bien Cyzique qui emprunta un peu partout aux autres villes grecques leurs types monétaires pour se les appro- prier, non toutefois sans ajouter un petit thon en symbole, à côté du type principal. Ce principe ne souffre aucune exception. Le thon était l'emblème des pêcheries que Cyzique avait installées sur le Pont Euxin et qui étaient l'objet le plus important de son commerce. Ces pêcheries immenses, décrites par Strabon *, compre- naient non seulement la pêche proprement dite, mais le séchage sur place du poisson qui était ensuite emballé et transporté sur tous les marchés de la Grèce et jusqu'en Syrie *.

Ainsi, toutes les monnaies d'électrum qui ont en symbole le thon {ir7)Xa{jL'5(;), sont de Cyzique, quel que soit le type principal, de même que toutes celles qui ont le phoque sont de Phocée, et toutes celles qui ont le coq sont de Mytilène. Le type principal était probablement laissé au choix des offi- ciers monétaires et servait à différencier les magistratures, peut-être annuelles.

1. Voyez notre Première partie, t. I, p. 486 à 488 et t. II (sous presse).

!. Strabon, XII, 19; cf. I, 16.

9. E. CurtiuB, Hist; grecq.f t. Ij p. 516*

ISl

CYZIQUE

132

Les divisions de la monnaie d'électrum de Cyzique sont le statère, dont le poids maximum est de 16 gr. 50 environ et peut descendre jusqu'au dessous de 16 gr. Vhecté ou sixième du statère (2 gr. 75) Vhémi'hecté ou douzième de statère (1 gr. 38) exceptionnellement, la myshémi-hecté [0 gr. 68) et Vhémiobole ou l/48« de statère (Ogr.35).

L'aspect épais, lourd, du flan monétaire aux bords fendillés et irréguliers reste le même tant que dure ce monnayage qui contient néanmoins, parmi ses types, au point de vue artistique, de véritables chefs- d'œuvre. Le classement chronologique des cyzicènes est des plus délicats parce que rien, en dehors du style, ne peut, sauf ex-

ceptions, servir de guide; par surcroît, il est arrivé que Cyzique garda au revers de ses statères, le carré creux sans type, jus- qu'à la fin de son monnayage d'électrum, c'est-à-dire longtemps après que le carré creux eut disparu des autres séries monétai- res grecques. Le carré creux des Cyzicènes, très caractéristique, a, sauf pour les plus anciennes pièces, la forme de quatre com- partiments disposés en biais les uns par rapport aux autres, comme les ailes d'un moulin à vent ^ La description qui suit ne comprend que les pièces que leur style ou d'autres considérations permettent de con- sidérer comme antérieures à l'établisse- ment de l'hégémonie athénienne ou anté- rieures à 475 environ.

240. Thon dont les ouies sont ornées de bandelettes noueuses, terminées par un gland lotiforme.

Ç^. Deux carrés creux d'inégales dimensions, le plus grand orné d'aspérités irrégulières; dans le plus petit, on distingue un scorpion en relief.

El. 19 mill. ; stat. phoc. 16 gr. 32 {Londres) PI. VI, fig. 1 *.

Ce statère, unique jusqu'ici, peut remon- ter jusqu'au milieu du vii« siècle; il est cer- tainement le plus ancien de Cyzique et, par son type du thon, il forme comme le pen- dant du plus ancien statère de Phocée au

type du phoque. Les carrés creux de ces pièces^ eux-mêmes, ne sont pas sans analo- gie; le scorpion qui figure dans le plus petit des deux carrés était l'emblème par- lant d'Aslacos, ville voisine de Cyzique '.

1. Cf. notre Première partie, t. I, p. 930. Les tra- vaux principaux auxquels ont donné lieu les Cyzicènes sont énumérés en note dans notre Première partie, 1. 1, p. 487. La monographie de M. Greenwell (1887) dispense de consulter les travaux ant/>ricurs; il y faut joindre le Catalogue des séries du Musée britannique par M. W. Wroth, Mysia, paru en 1892, et quelques pièces publiées ultérieurement, surtout dans le Numismatic Chronicle.

2. Fr. Lenormantf Monn, royales de la Lydie, pi. Vin, fig. 13; B. Head; The coinage ofLydia and

Persia, p. 18; le même, Num. Chron., 1875, pi. X, fig. 7 ; le même, Guide to the coins ofthe Anciens, pi. I, fig. 12; Greenwell, The electrttm coinage of Cyzicvs, p. 45 et pi. I,fig. 1 ;B. Head, CalaL !onia, p. 9, n«40; W. Wroth, Catal. Mysia, p. 18, 1 et pi. 111, fig. 20.

3. Les bandelettes noueuses attachées aux ouies du poisson rappellent celles qui tombent des mains de TArtémis éphésienne, de la Héra samienne et d'autres divinités; elles ont un caractère religieux. Cf. E. Babelon, Revue numism.^ 1904, p. 129.

153 CTZIQUE i84

241. Tête de thon, à droite; derrière, deux ornements lotiformes *; dessous un thon.

^' Carré creux partagé en quatre compartiments. El. 19 ; stat. phoc, 16 gr. 20 {Berlin) PI. VI, fig. 2 \

242. Deux thons superposés, nageant à gauche ; dessous, deux pinces de crabe ou de homard. Çt. Même carré creux.

El. 18 ; stat. phoc, 16 gr. 20 [Berlin) PL VI, fig. 3 \

243. Tête de thon a droite, placée sur une phiale {patella) *. ^- Carré creux quadripartit.

El. 8; hémi-hectéfphoc, 1 gr. 36 [Paris) PL VI, fig. 4.

244. Tête de thon à gauche; dessous, une queue de thon. I}t. Carré creux quadripartit.

El. 10 ; hecté phoc, 2 gr. 68 [Paris) PL VI, fig. 5 ^

245. Tête de thon à droite ; dessous, un thon. I}t. Carré creux quadripartit.

El. 8 ; hémi-hecté phoc, 1 gr. 34 [Paris) PL VI, fig, 6 •.

246. Tête de thon à droite ; dessous, un thon. ^. Carré creux quadripartit.

El. 8 ; hémi-hecté phoc, 1 gr. 39 [Paris) PL VI. fig. 7 \

247. Thon nageant à droite ; sur la queue, une fleur de lotus; dessous, une tête de thon, à droite. ^. Carré creux quadripartit.

El. 10 ; hecté phoc, 2 gr. 72 [Paris) PL VI, fig. 8 \

248. Thon nageant à droite. Çt. Carré creux quadripartit.

El. 7 ; myshémi-hecté phoc, 0 gr. 64 [Paris) PL VI, fig. 9. Autre, 0 gr. 62 [Greenwell) \

1. Ces ornements lotiformes sont semblables aux 3. Greenwell, p. 123, tï? 161 et pi. VI, fig. 24 extrémités des bandelettes qui décorent le thon sur (voyez ci-après, p. 158-159).

le statère n* 240. D'après Imhoof-Blumer et 0. Kcller 4. Plutôt que sur un bouclier rond ou un disque (Tier und Pflanzenbilder auf Mûnzen vnd Gemmen^ d'athlète; comparez ci-après nos n'» 278 à 280.

pi. VU, 10), la tête de poisson sur ce statère et sur 5. Greenwell, p. 123, n" 167 et pi. VI, 31.

les autres pièces figure la même tête (voyez 6. Greenwell, p. 123, 165 et pi. VI, 29.

nw242etsmv.), serait la tête du poisson que les 7. Greenwell, p. 123, n* 166 et pi. VI, 30.

naturalistes appellent pt/ina nobilis, 8. Greenwell, p. 123, n<> 164 et pi. VI, fig. 28.

2. Grecnweli, op. cit., p. 123, 163 et pi. VI, 26. 9. Num, CAron., 1897, p. 269, 9 et pi. Xll, 9,

155

CTZIQUE

156

No £49.

249. Thon nageant à gauche; au-dessus, un coquillage (pecten). I^. Carré creux irrégulier.

El. 20 ; slal. phoc, 16 gr. 10 [Greenwelt) \

250. Même description. Çt. Carré creux quadripartit. El. 9; hémi-hecté phoc, 1 gr. 37 {Londres) PI. VI, fig. 10 \

251. Thon entre deux têtes de thons. Çt. Carré creux irrégulier. El. 8; hémi-hecté phoc, 1 gr. 33 {Paris) PI. VI, fig. 11.

252. Thon à gauche; au-dessus, une tête de thon à droite; au-dessous, une queue de thon. Çt. Carré creux quadripartit.

El. 9; hecté phoc, 2 gr. 70 {Berlin) PI. VI, fig. 12 '.

253. Tête de thon à gauche; au-dessus, un thon. Çt. Carré creux quadripartit.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 69 (Londres) PL VI, fig. 13 *.

No 254.

254. Deux têtes de thon, Tune au-dessus de l'autre; à droite, un thon et deux globules. Çt. Carré creux quadripartit.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 69 {Bruxelles) \

255. Deux têtes de thon et, à droite, un thon, comme au n* 254 ; dessous, deux globules. IJt. Carré creux quadripartit.

El. 9; hémi-hecté phoc, 1 gr. 38 {Paris) PI. VI, fig. 14 ••

1. Num. Chron.y 1893, p. 83, n* 5 et pi. VII,6.

2. Greenwell, p. 122, n- 160 et pi. VI, 23; Wroth, Calai. Mysia, p. 20, 15 et pi. IJI, 19.

3. Greenwell, p. 123, n" 162 et pi. VI, 25.

4. Greenwell, p. 123, 163 et pi. VI, 27;

Wpoth, p. 18, n* 2 et pi. Ill, 8.

5. Greenwell, p. 124, 168 et pi. VI, 32.

6. Autres, dans Greenwell, p. 12», n" 168 et pi. VI, 33; Wroth, p. 18, 4 et pi. III, 10.

187

CWIQUË

158

256. Tête de thon, à gauche. ^. Carré creux quadripartit. El. 6; 1/48* de stat. phoc, 0 gr. 31 {Londres) PI. VI, fig. 15 '-

257. Queue de thon ; cercle au pourtour. Çt. Carré creux quadripartit.

El. 8; hémi-hecté phoc, 1 gr. 34 {Londres) PL VI, flg. 16 '.

258. Dauphin à gauche; dessous, un thon. Çt. Carré creux quadripartit.

El. 10; hecté phoc, 2 gr. 62 {Londres) PI. VI, fig. 17 ^

259. Même description.

El. 8; hémi-hecté phoc, 1 gr. 32 {Londres) PI. VI, fig. 18 *.

Les pièces que nous venons de décrire sous les n~ 241 à 239, ont un carré creux tout différent de celui du statère n"^ 240. Ce carré creux est encore mal défini, irrégu- lier et comme incertain; on y observe pourtant déjà comme les éléments essen- tiels du carré creux en ailes de moulin qui va être désormais, à partir du n* 260, la règle constante sur les cyzicènes, de même que le petit thon en symbole se verra tou- jours, sauf accident de frappe, à côlé du type principal variable.

La différence de style et de technique qu'on remarque entre les pièces qui pré- cèdent (n*" 240 à 259) et celles qui vont suivre, semble indiquer une interruption dans le monnayage cyzicénien, analogue à celle que nous avons signalée à Phocée. Cette suspension, sans doute occasionnée par les guerres de la fin de l'empire lydien ne fut que momentanée. Sous le règne de Darius fils d'Hystaspe, commence la longue série des Cyzicènes à revers uniforme qui devait durer jusqu'au milieu du iv« siècle.

260. Crabe tenant dans ses pincesunetête de thon; dessous, un petit thon. ^. Carré creux partagé en quatre conaparliments disposés obliquement, en

ailes de moulin à vent. El. 18; stat. phoc, 16 gr. 10 {Berlin) Tl. VI, fig. 19 '.

261 . Même description.

El. 9; hecté phoc, 2 gr. 69 {Paris) PL VI, fig. 20 ».

262. Même description.

1. Wroth, Afy»tfl,p. 19, 7 et pi. III, 13; variété, pi. lU, 14.

2. Wroth, p. 19, n* 9 et pi. III, 15.

3. Greenweli, p. 121, 157 et pi. YI, 19; Wroth p. 19, Qo 12 et pi. m, 17.

4. Greenweli, p. 121, 157; Wroth, p. 19, n- 13 et pi. m, 18.

5. Greenweli, p. 121, n* 158 et pi. VI, 20.

6. Autres exemplaires : Greenweli, p. 121, 158 et pi. VI, 21 ; Wroth, p. 19, no 10 et pi. UI, 16.

159 CYZÏQCE

El. 8; hémi-hecté phoc, 1 gr, 35 [Paris) PL VI, fig. 21.

160

S'il n'est pas une simple copie du lype monétaire de Gos, le crabe sur les stalères de Cyzique (n** 260 à 262) peut se rappor- ter au culte d*Océanos ou plutôt d'Euxinos,